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 J'aurais tant à apprendre de toi tous ces mots tendres qu'on sait, moi je ne les sais pas. J'ai poussé comme on respire ce qui m'a fait vivre était à moi. Je n'ai jamais appris à donner tant d'amour. ❅ Matthew&Ellana

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Ellana McGregor
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MessageSujet: J'aurais tant à apprendre de toi tous ces mots tendres qu'on sait, moi je ne les sais pas. J'ai poussé comme on respire ce qui m'a fait vivre était à moi. Je n'ai jamais appris à donner tant d'amour. ❅ Matthew&Ellana   Dim 10 Déc - 19:22

J'aurais tant à apprendre de toi tous ces mots tendres qu'on sait, moi je ne les sais pas. J'ai poussé comme on respire ce qui m'a fait vivre était à moi. Je n'ai jamais appris à donner tant d'amour.
Matthew ∞ Ellana
J'ai mal, j'ai mal et tout ce que je pense c'est que peut-être le bébé à mal aussi. Je sais que je panique pour « rien », j'ai suivi les exercices, les entraînements, mais c'est tellement rien comparé à la réalité. Une fois que nous sommes dans la voiture, je ne calcule pas ce qu'il fait, je ne réagis pas quand il hurle qu'une femme est sur le point d'accoucher, même si franchement j'ai envie de rire, et je ne réagis pas quand il dit mon prénom. J'ai appelé Matthew tout le long du trajet et il n'a pas répondu. J'ai laissé des messages et je me sens désespérée car je ne veux pas accoucher toute seule, mais si cela continue c'est ce qu'il va se passer bon sang... 
- Premier message : Matthew c'est moi, Ellana. Je viens de perdre les eaux s'il te plaît, réponds moi... Deuxième message : Matthew... C'est encore moi... le travail à... Bon sang... Commencé et on m'emmène à l'hôpital... Je vais essayer de te rappeler... Cinquième message : Matthew je sais pas où tu es j'espère que tu vas entendre mes messages. J'ai besoin de toi, je peux pas le faire toute seule... Je vais pas y arriver sans toi...
C'est le dernier message que je lui laisse alors que Thomas se gare juste devant l'hôpital. Nous entrons dedans et je n'ai besoin de rien dire que Thomas annonce ce qu'il m'arrive. J'ai eu beaucoup de chance de l'avoir, comme il a dit, il est définitivement arrivé au bon endroit au bon moment. On m'installe sur un fauteuil et on commence à me guider dans une chambre afin de faire des examens, vérifier que le bébé va bien et puis regarder à combien je suis. C'est que le début du travail, je me dis qu'il doit rester un peu de temps encore, le temps que Matthew vienne. Mais alors qu'on est en train de me conduire dans la chambre, j'entends le dialogue entre l'infirmière et Thomas.
- Vous pouvez venir vous préparer, je vais vous montrer où…
- Me préparer ?
- J’imagine que le papa ne veut pas rater la naissance de son bébé.
Quand j'entends cela, je me tourne vers eux alors qu'un sanglot m'échappe. Je suis déjà épuisée, j'ai mal, je transpire et je ne retiens pas les larmes qui ont envie de couler. On pourrait croire que c'est l'excitation, la joie, mais c'est la profonde tristesse et la peur qui me tiraille le ventre. Ca et le fait que je vais avoir un bébé accessoirement. 
- Je suis désolé… je ne suis pas le papa…
Nouveau sanglot alors que la non présence de James me donne envie d'hurler. Cependant la voix de Thomas me ramène à la réalité.
-… est-ce que tu veux que j’appelle quelqu’un, Ellana ?
Je serre doucement sa main comme une bouée de sauvetage mais ej sais que je vais devoir le laisser partir et je finis par lui tendre mon portable.
- Matthew... Appelle Matthew s'il te plaît... Il m'a promi qu'il serait là...
Une fois cela fait, tout semble se passer si vite. On m’amène dans ma chambre, on fait tous les tests qu'il faut et me voilà allongée sur le lit, tout plein de trucs dont j'ai totalement oublié le nom sur mon ventre afin de s'assurer que le bébé va bien. Je ne suis pas encore assez dilaté et je fixe comme hypnotisé l'écran qui montre les battements du cœur de mon bébé. Mains sur le ventre, je ne cesse de lui dire que tout vas bien se passer, seulement il doit ressentir ma panique, il doit savoir que je ne suis pas du tout rassurer. Aller je dois respirer, tout va bien se passer. Une infirmière rentre et m'explique tout ce qui est en train de se passer. J'apprécie le fait qu'elle prenne le temps de me parler, me voyant seule je soupçonne aussi qu'elle ne veut pas... et bien me laisser seule tout simplement. Viens même le moment où elle me donne enfin la péridurale, ce qui a le don de me faire respirer un peu plus facilement.
- S'il vous plait... Mon ami dehors il devait appeler mon frère... Vous savez où ils en sont... Je ne peux pas faire ça tant qu'il n'est pas là hein ?
Elle me regarde pleine de compassion et hoche la tête.
- Nous devons y aller, vous pouvez accoucher d'un instant à l'autre Madame...
- S'il vous plaît... Cinq minutes...
Un dernier regard et elle hoche la tête.
- Cinq minutes, pas plus.
Et voilà que je fixe la porte, priant pour qu'il arrive à temps.
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: J'aurais tant à apprendre de toi tous ces mots tendres qu'on sait, moi je ne les sais pas. J'ai poussé comme on respire ce qui m'a fait vivre était à moi. Je n'ai jamais appris à donner tant d'amour. ❅ Matthew&Ellana   Dim 11 Fév - 16:27

A demi-avachi sur sa chaise, le regard de Matthew était ostensiblement fixé sur sa main qui jouait à faire tourniller un stylo dans un sens, puis dans l’autre. Toutes ses pensées étaient tournées vers cette soirée catastrophique où il avait décidé de faire rencontrer Héloïse à ses parents. Tout d’abord victorieux d’avoir pu obtenir l’aval de son père pour un tel repas, il avait bien vite déchanté en réalisant qu’il ne s’agissait guère plus que d’un traquenard. Le jeune couple n’était pas les seuls invités, puisque Jane et ses parents avaient été conviés. Un affront que l’éditeur ne digérait toujours pas. Il s’était attendu à beaucoup de mesquineries de la part de son père, peut-être une certaine froideur, mais pas à un plan aussi odieux. Non seulement, il ne prenait pas les sentiments de Matthew au sérieux à l’égard de celle qu’il avait choisi, mais en plus, il insultait Héloïse en faisant se pavaner Jane devant son nez. L’éditeur n’était pas idiot. Il savait que son père avait d’autres ambitions que de le voir quitter sa petite amie ; il souhaitait aussi que son ancienne belle-fille devienne la femme de Matthew. Pour ce dernier, cette option n’était pas envisageable. Il n’y avait plus de la douleur quand il songeait à la rousse comme autrefois. Désormais, il s’agissait d’un sentiment bien plus puissant, bien plus violent et dévastateur : la haine. Il la haïssait du plus profond de ses entrailles. Même s’il avait ses ennemis, il n’était pas d’un naturel belliqueux. Pourtant, il n’aurait eu aucune once de regrets ou de tristesse à la savoir morte et enterrée. Dans son regard d’émeraude, il voyait se dessiner les pires machinations, les desseins les plus détestables. Cela ne faisait plus aucun doute. La discussion qu’il avait eu avec son père avait achevé de lui dévoiler ce qu’il craignait le plus : qu’on lui fasse du chantage et qu’il soit contraint de quitter Héloïse. L’ultimatum était lancé. Tout reposait désormais sur ses épaules et ça le rendait fou. Mais ce dont il se souvenait le plus de ce dîner, ce fut le courage sans précédent d’Héloïse. Elle avait su garder la tête haute, affronter ceux qui ne méritaient pas qu’elle pose les yeux sur eux. Il l’admirait et il ne l’en aimait que davantage. Mais ce courage serait-il suffisant ?

« Monsieur McGregor ? Monsieur McGregor ? » L’éditeur releva brusquement le nez de son stylo, affrontant les regards dans toute l’équipe qui se trouvait en salle de réunion avec lui. Depuis le début, il était ailleurs, n’écoutant pas un brin de ce qui était en train de se passer. Il croisa brièvement les prunelles inquiètes d’Héloïse, mais se déroba aussitôt à elle. Depuis cette soirée, il l’évitait maladroitement. « Hmm… oui, c’est très bien. Enfin… je pense que nous allons reporter la réunion. Veuillez m’excuser. » Il se retira sous les yeux médusés de ses employés. Il prit le chemin de son bureau, consultant son téléphone au passage. Il le mettait en muet à chaque fois qu’il était en réunion. Il émergea en constatant qu’il avait un nombre improbable d’appels manqués de sa jeune sœur Ellana. Ses entrailles se tordirent en entendant les messages laissés. Elle était en train d’accoucher, appelant désespéramment pour qu’il vienne la retrouver. Il voulut s’empresser de la rappeler, mais au même moment, son téléphone sonna. « Ellana ?! » Sauf que ce fut une voix d’homme qui lui répondit. Il fronça les sourcils. « Qui êtes-vous ? » Il n’aima pas la réponse. Un illustre inconnu qui avait amené sa sœur à l’hôpital. Alors qu’il avait promis qu’il serait là pour elle. Son ton était froid. Il s’en voulait terriblement. « J’arrive. » Il sortit de son bureau en trombes, attrapant tout juste sa veste au passage. Il croisa Héloïse qui tenta de lui parler. « Je n’ai pas le temps. » dit-il, s’exemptant dans la moindre explication.

***

« Ellana McGregor. Je suis son frère. Elle m’attend ! » Jamais il ne mit si peu de temps pour se rendre à l’hôpital mais il crut que le trajet avait duré des heures. Il fut rapidement conduit dans la chambre où se trouvait sa sœur. « Ellana ! » Une vague de soulagement l’assaillit quand il vit qu’il n’était pas encore trop tard. Il s’empressa d’aller à son chevet et de prendre sa main. « Je suis là. Ne t’en fais pas, tout va bien se passer. » Il n’en avait pas la moindre idée. Les accouchements étaient un sujet nébuleux pour lui. Qu’aurait-il pu en savoir ? Mais il avait fait une promesse à sa cadette. Celle d’être toujours présent pour elle. « Tu étais où ? Ça t’est arrivé quand ? » Pour qu’un inconnu lui réponde au téléphone. Mais ce n’était pas trop le moment. Tout le monde était en branle dans le corps médical. « Où en es-tu ? »
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Ellana McGregor
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MessageSujet: Re: J'aurais tant à apprendre de toi tous ces mots tendres qu'on sait, moi je ne les sais pas. J'ai poussé comme on respire ce qui m'a fait vivre était à moi. Je n'ai jamais appris à donner tant d'amour. ❅ Matthew&Ellana   Sam 17 Mar - 0:03

J'aurais tant à apprendre de toi tous ces mots tendres qu'on sait, moi je ne les sais pas. J'ai poussé comme on respire ce qui m'a fait vivre était à moi. Je n'ai jamais appris à donner tant d'amour.
Matthew ∞ Ellana
Je respire de plus en plus vite alors que je ne cesse de fixer la porte. Je sais que l'infirmière va venir d'une minute à l'autre pour me dire que nous n'avons plus le temps et que je dois absolument accoucher tout de suite sinon cela pourrait devenir dangereux pour le bébé. Seulement je ne peux pas le faire seule, je le sais. J'ai beau jouer aux femmes fortes, j'ai beau tenter de vivre cette grossesse du mieux que je peux, je sais que je n'arriverais pas à faire cela toute seule.
Impossible.
Je fixe la porte, me mettant même à prier pour que Matthew passe celle-ci. J'ai besoin de lui et j'espère que Thomas a pu le joindre. Et s'il n'avait pas pu ? Et si Thomas était en pleine réunion si bien qu'il ne verra mes messages que d'ici une heure, deux, trois ? Je ne cesse de m'imaginer le pire alors que les larmes coulent sur mes joues. Des larmes de peur, des larmes de stress, des larmes de tristesse aussi. J'aurais dû vivre cela avec James, pourtant il n'est pas à mes côtés, il ne sait même pas qu'il aurait dû être pire.
Normalement, il aurait dû me tenir par la main. Normalement il aurait dû se plier à mes volontés pour être certain que je sois dans de parfaites conditions. Normalement il m'aurait embrassé le front et m'aurait regardé avec cet amour si particulier. Normalement il devrait être à côté de moi, à me dire des mots doux.
Mais nous ne sommes même plus dans le normalement... Nous sommes dans cette réalité où il n'est pas auprès de moi et tout ce qu'on peut entendre ce sont les battements de mon cœur qui s'emballent, de mes larmes qui coulent et de ma respiration saccadée, si rapide qu'on pourrait croire que je suis en train de m’étouffer.
J'entends des bruits de pas et je me dis que c'est l'infirmière qui revient, qu'elle va me forcer à y aller. Je sais qu'elle a raison, je sais aussi que je suis capable d'hurler parce que je ne veux pas le faire seule.
Je ne peux pas.
Seulement ce n'est pas elle, mais bel et bien mon frère qui passe le seuil de la porte. Il semble presque aussi essoufflé que moi alors qu'il hurle mon nom, comme soulagé d'être arrivé à temps.
- Matthew !, je dis avec presque autant d'empressement.
Je tends mes bras vers lui et il s'empresse vers moi afin de prendre ma main dans la sienne. Je la serre avec force, certainement trop fort mais je ne me rends vraiment compte de rien parce que voilà que je pleure de joie. Il est là, il est présent avec moi et bon sang, j'ai tellement besoin de lui. Mais nous sommes deux, et je me sens maintenant plus fort.
- Je suis là. Ne t’en fais pas, tout va bien se passer.
J'hoche la tête alors que je me mordille la lèvre inférieure. Ma respiration est toujours aussi forte et je ferme les yeux alors qu'une contraction se fait ressentir. Je penche la tête en arrière alors que je me retiens d'hurler. Cela fait si mal... Elle ne mentait pas en me disant qu'elle n'attendrait pas plus de cinq minutes, je ne pense pas être capable de supporter ça bien longtemps. Je me tourne vers lui finalement et le regarde alors qu'il me pose tout un tas de questions, ce qui est bien légitime.
- Tu étais où ? Ça t’est arrivé quand ?
- C'est arrivé dans la boutique. J'ai perdu les eaux et on m'a amené à l'hôpital tout de suite. Ca m'est arrivé il y a presque deux heures maintenant. C'est arrivé à une vitesse folle et... C'est pour bientôt...
- Tout de suite même, réponds l'infirmière alors qu'elle rentre dans la chambre. Elle se place à côté de moi et regarde tout ce qu'elle doit regarder alors que je ne lâche pas mon frère des yeux.
- Où en es-tu ?
- J'ai supplié pour t'attendre, mais on doit aller en salle de travail...
- Et maintenant. Mettez une blouse Monsieur, on l'amène !
D'autres personnes arrivent, l'une d'elles tendant une blouse à Matthew et j'hurle presque alors qu'on commence à faire rouler mon lit et que je suis obligée de lâcher la main de Matthew. On rentre dans une nouvelle pièce et je gémis fortement alors que je sens une nouvelle contraction.
Finalement il est de nouveau auprès de moi et je reprends sa main.
- J'ai peur... Ne me laisse pas...
Je sais qu'il ne le fera pas si bien que je ne comprends pas pourquoi je lui dis cela à voix haute, mais je crois que j'ai tellement peur que j'ai besoin de l'entendre me dire qu'il reste auprès de moi. Finalement la sage femme me donne des instructions, m'explique comment cela va se passer et dès qu'une contraction arrive, je me redresse légèrement avant de pousser de toutes mes forces. Je me laisse retomber sur le lit alors que je reprends mon souffle. Le petit caniche comme on nous a appris dans les exercices. Pourtant, cela n'a rien à voir avec les exercices, c'est tellement plus fou, tellement plus intense... Impossible de se concentrer.
Nouvelle contraction, j'hurle en poussant... Et je pousse encore... Encore... Encore avant de retomber.
- Je vais jamais y arriver... J'en peux plus... J'en peux plus...
La sage femme tente de me rassurer et les larmes coulent encore sur mes joues. Je ne me suis jamais sentie aussi faible qu'en cet instant. Elle me demande de pousser encore et je me redresse de nouveau, poussant de toutes mes forces alors que je sens que je vais tomber. Pourtant je continue, car c'est mon fils qui est en train d'arriver. Seulement, quand mon dos retombe sur le lit, je sais que je ne serais pas capable de faire plus.
Et alors que je me dis que je suis une mère affreuse, un cris, non, un pleur spécifique se fait entendre. Je redresse à peine la tête et vois alors qu'elle tient mon fils dans ses bras. Je n'ai plus à pousser, il est là...
Et voilà que je continue de pleurer, mais d'une joie immense, d'un amour incontrôlable, infini.
La sage femme se rapproche de moi avec un sourire.
- Voici votre fils Ellana. Vous êtes maman...
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: J'aurais tant à apprendre de toi tous ces mots tendres qu'on sait, moi je ne les sais pas. J'ai poussé comme on respire ce qui m'a fait vivre était à moi. Je n'ai jamais appris à donner tant d'amour. ❅ Matthew&Ellana   Ven 23 Mar - 14:34

Il avait failli ne pas être là pour cet événement si important dans la vie de sa sœur. Pire encore, il s’agissait d’une promesse. Ellana ne pouvait pas être seule lors de la mise au monde son premier enfant. Matthew aurait voulu céder sa place à James, qu’il soit présent pour la naissance de son fils. Sauf qu’il n’était plus de ce monde. C’était le cœur meurtri que le poète était forcé de prendre sa place pour que sa sœur ne traverse pas cela toute seule. Il le lui avait promis. Si cet enfant n’avait plus de père, il lui restait un oncle qui souhaitait veiller à son bonheur, sa protection et sa santé. Cela commençait par sa présence à l’hôpital. Dire qu’il avait failli ne jamais savoir qu’elle était en train d’accoucher… Il arriva auprès d’Ellana sur le fil du rasoir, conscient que cela s’était joué à quelques secondes avant qu’il ne puisse plus accéder à elle. Il n’aurait jamais laissé une telle chose arriver, quitte à retourner tout le bâtiment s’il avait fallu. Mais il était là. Il tenait sa main. Il était auprès d’elle et il ne la laisserait jamais seule. Il lut le soulagement crispé par la douleur de sa sœur. Visiblement, les contractions se faisaient de plus en plus rapprochées et puissantes. Il s’enquit rapidement de savoir à quel stade elle en était et quand tout ceci était arrivé. Apparemment, elle était dans la boutique à ce moment-là, et c’était un illustre inconnu qui l’avait menée à l’hôpital. L’enfant ne tarderait pas à venir… Et même maintenant. Il lui caressa le visage, comme pour chasser l’inquiétude qui dévorait encore le visage d’Ellana, toujours angoissée par sa solitude. « Je suis là. Je ne pars pas. Je serai là. » Il en faisait le serment. Il ne l’abandonna deux minutes que pour enfiler une blouse suite aux directives de l’infirmière. Trop longtemps, il lui sembla.

Rapidement, il revint auprès d’elle. Sa main vint prendre instinctivement la sienne, la serrant fort. « Je ne te laisse pas. Je suis là. Je serai toujours là. » Les supplications de sa sœur lui déchiraient le cœur. Dans son regard, il pouvait voir le fantôme de James danser. La sage-femme débarqua un instant plus tard. Elle donna ses directives. Matthew réalisa combien un homme pouvait se sentir impuissant dans un moment aussi intense que celui-là. Que pouvait-il faire de plus hormis lui tenir la main et l’encourager dans cette épreuve ? Rien. Alors il s’y employa du mieux qu’il le pouvait. Tandis qu’Ellana poussait, il tenait ses doigts étroitement serrés entre les siens. Peu importait la douleur, elle ne pourrait être égale à celle qu’elle devait ressentir au même moment. Tout près d’elle, il l’encourageait de ne pas abandonner, de ne pas faillir, de faire cela pour son enfant, le découvrir, le rencontrer et l’aimer. « Tu es courageuse, Ellana… Tu peux le faire. Fais-le pour eux… » Pour James. Pour le bébé. Ses mots se couplèrent à ceux de la sage-femme qui encourageait la future maman à poursuivre. Et soudain, dans une dernière poussée, un cri retentit de la salle d’accouchement. Le hurlement du bébé. Du nouveau James Fraser qui entrait dans ce monde. Un sourire étira les lèvres de Matthew. Il serra la main d’Ellana. « Ella, tu l’as fait… Il est là. » Ce fils qui la raccrochait à la vie. Que se serait-il passé si elle n’avait pas porté la vie en elle au moment où James était mort ? Toute sa force, tous ses espoirs, elle les avait puisés dans cet enfant. En regardant ce corps rougeau qui s’agitait dans les bras de la sage-femme, Matthew comprit qu’il devait la vie de sa sœur à ce petit être. Il dut quitter l’étreinte d’Ellana pour couper le cordon quand on lui proposa. D’un regard, sa sœur l’enjoignit à le faire. Une émotion étrange lui serra la gorge face à un tel spectacle de la vie. Pour ses propres enfants, il espérait que ce serait la même chose. Il voyait ce bébé qui criait, prenait son air à plein poumon et agitait ses petits membres. Dès qu’il n’était plus lié par le cordon, l’infirmière vint le poser sur la poitrine de sa mère. Matthew les rejoignit, caressant tendrement le front de sa sœur. « James est avec nous… » murmura-t-il pour que seule sa sœur l’entende. Le James qui les observait d’en-haut, et le James qui venait de naître aujourd’hui.
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Ellana McGregor
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MessageSujet: Re: J'aurais tant à apprendre de toi tous ces mots tendres qu'on sait, moi je ne les sais pas. J'ai poussé comme on respire ce qui m'a fait vivre était à moi. Je n'ai jamais appris à donner tant d'amour. ❅ Matthew&Ellana   Jeu 2 Aoû - 22:43

J'aurais tant à apprendre de toi tous ces mots tendres qu'on sait, moi je ne les sais pas. J'ai poussé comme on respire ce qui m'a fait vivre était à moi. Je n'ai jamais appris à donner tant d'amour.
Matthew ∞ Ellana
Les mots de Matthew, je les ai entendus, seulement je n'arrivais absolument pas à lui répondre. J'aurais voulu le remercier, lui dire à quel point c'était important à mes yeux qu'il soit auprès de moi. J'aime sentir sa main dans la mienne, même si je la serre certainement un peu trop fort. J'aime sentir qu'auprès de moi j'ai mon frère que j'aime de tout mon cœur prêt à accueillir son neveu avec moi. Ces mots me rassurent, ces mots me permettent de me redresser afin de pousser un peu plus. Ces mots me permettent de trouver le peu de force qu'il me reste afin de mettre au monde mon fils.
Quand un hurlement se fait entendre, je me détends. Je sais que je n'ai plus a pousser, je sais que je n'ai plus à me battre parce que mon fils est présent, mon fils est né.
- Ella, tu l’as fait… Il est là.
Je ris presque de bonheur alors que les larmes coulent toujours. Mon sourire est immense, terriblement grand, aussi grand que le bonheur que je peux ressentir en cet instant. La sage femme vient poser mon fils qui arrête de pleurer pour finalement respirer fort contre ma poitrine, retrouvant certainement quelque chose de familier pour lui. Je le garde contre moi, embrassant son front avec tendresse alors que je me sens soudainement complète. C'est étrange aussi, parce qu'il y a encore quelques minutes il était dans mon ventre au chaud et je viens maintenant de le rencontrer.
- James est avec nous…
Je regarde Matthew qui me caresse tendrement la peau. Je suis certaine que je suis affreuse, je me sens pleine de sueur mais cela ne gâche rien en cet instant magique. Je sens bien qu'il parle non seulement du petit être avec nous, mais aussi de mon défunt mari qui doit veiller sur moi, sur nous-même.
L'infirmière s'approche de nous gentiment, m'expliquant toutes les procédures avant que je puisse le récupérer, tout en me disant qu'on allait me conduire dans ma chambre. Finalement elle pose la question que tous nouveaux parents entendent :
- Comment s'appelle ce petit ange.
Je souris tout en fixant mon frère, il sait déjà la réponse mais ca n'en rend pas moins ce moment intense.
- James Junior Fraser...


Matthew est resté toute la nuit a mes côtés. Je lui ai dit qu'il n'était pas obligé mais il n'a absolument jamais voulut partir. Je ne l'ai pas trop rejeté parce qu'au fond j'avais besoin de lui auprès de moi. Il est encore tôt mais il n'a pas hésité d'ailleurs à se lever le premier afin d'aller me chercher un petit déjeuner « digne de ce nom » comme il m'a dit. C'est vrai que pour moi, avec mon palé sensible, c'est difficile de manger les repas de l'hôpital. Quand il est revenu avec de la viennoiserie Française, je dois avouer que je l'ai clairement plus aimé ! Assise sur le lit, dos contre le coussin j'ai le bébé contre mon bras en train de s'endormir. Il ne cessait de s'agiter dans son petit lit donc je me suis permise de le prendre contre moi et dès cet instant il a cessé de s'agiter.
- Est-ce que tu sais que tu es le meilleur frère du monde. Tu aurais un croissant pour moi ? Oh et que dirais-tu si ce midi on mange sushis ! Si tu savais à quel point cela m'a manqué !!
Je le laisse s'installer à mes côtés alors qu'on petit déjeune. Je ne cesse de reporter mon regard sur mon fils, comme pour être certaine qu'il va bien, et aussi qu'il est bel et bien auprès de moi. C'est vraiment étrange de le voir auprès de moi maintenant. Mais en même temps je ne sais pas comment j'ai fait pour vivre sans lui dans ma vie. Quand je redresse la tête vers lui je remarque bien son regard fixé sur son neveu.
- Tu veux le prendre ?, je lui demande, me redressant pour qu'il puisse le prendre dans ses bras.
Une fois cela fait, je m'installe et le regarde faire, un spectacle tout simplement magnifique.
- Tu sais, il y a une chose que je voulais te demander, mais que je n'ai pas encore eu l'occasion de faire. J'aimerais beaucoup que tu deviennes son parrain ?
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: J'aurais tant à apprendre de toi tous ces mots tendres qu'on sait, moi je ne les sais pas. J'ai poussé comme on respire ce qui m'a fait vivre était à moi. Je n'ai jamais appris à donner tant d'amour. ❅ Matthew&Ellana   Dim 12 Aoû - 17:31

C’était si surréaliste à vivre… La naissance de son neveu. Matthew avait la sensation désagréable de contrefaire une place qui n’était pas la sienne. Il n’aurait jamais dû être là, remplacé par James. Hélas, ce destin si capricieux en avait décidé autrement, empêchant à ce père de connaître le visage de son enfant et l’arrachant à sa paternité. Pour Ellana, elle était condamnée à chérir le fantôme d’un mari qui n’était plus et endosser un rôle de parent qu’ils auraient dû détenir à deux. Mais seule, non, elle ne l’était pas. Matthew lui avait promis qu’elle ne le serait jamais et qu’il veillerait pour toujours sur elle et sur cet enfant. Il les mettrait à l’abris du besoin, il les protégerait des jugements de son père, il appuierait toutes les décisions de sa sœur, de ce qu’elle croyait juste et bon pour son enfant. Il ne serait peut-être pas un père, mais il serait un oncle présent et prévenant, une figure paternelle pour ce bébé qui ne pourrait s’accrocher qu’à une photo ou la mémoire d’un homme qui ne vivait plus que dans la parole de son entourage. Oui, il serait là. De la même manière qu’il était là, à tenir la main d’Ellana dans la sienne tandis qu’elle était en train de donner la vie. C’était émouvant et étourdissant à la fois. C’était d’une infinie tristesse et d’une grande beauté. C’était un moment de recueillement et un instant de renaissance. C’était toutes ces choses à la fois qui ne pouvaient pas être définies. C’était la vie.

Et enfin, elle était là cette vie. Cette vie qui criait à plein poumons pour absorber l’air. Cette vie qui se manifestait pour la première fois dans le monde. Cette vie dont le cœur battait à tout rompre. Cette vie qui se présentait en chair et en os à ces personnes qui la chériraient toute leur vie. Cette vie qui éclipsait la mort. Cette vie qui amenait tant d’amour. Un petit garçon. James était désormais parmi eux, respirant le même air qu’eux, ouvrant les yeux sur le même monde qu’eux. Il était là, le corps rougeaux, la stature si petite, les membres qui s’agitaient dans tous les sens. Le rire d’Ellana se joignit au sien dans cet instant de pure félicité. Durant ces minutes précieuses, Matthew oubliait tous les problèmes qui auréolaient son quotidien, le poids terrible qui pesait sur son cœur et la plaie béante qui s’étirait sur son âme. Il ne voyait qu’une plus qu’une seule chose : James Junior Fraser.

***

Il n’avait pas voulu les quitter tout de suite, que ce soit elle ou le bébé. Il sentait que sa présence était encore importante pour cette naissance si particulière. James était un beau bébé qui dormait paisiblement, ne se manifestant pour l’instant que pour être nourri ou changé. Durant cette nuit qui s’était écoulée, il avait à peine dormi. Il n’avait cessé de surveiller le sommeil de sa sœur, d’être vigilant sur celui du bébé. Et quand son regard se perdait sur cette forme minuscule dans ce lit, il songeait à sa propre paternité. Aurait-il un jour la chance d’être père ? A ses yeux, seule Héloïse pouvait être la mère de ses enfants. Cela résonnait comme une évidence dans les tréfonds de son âme. Il le savait, comme une évidence pure. Mais désormais que son destin s’arracherait au sien, qu’en serait-il ? A Jane, il ne voulait rien offrir de plus que ce mariage dont il était l’esclave. Mais à son père ou à elle, il ne ferait pas le plaisir de fournir le moindre héritier. Ainsi, il contemplait James en se disant qu’il serait sûrement ce fils qu’il n’aurait jamais. Il prendrait soin de lui, et de sa mère. Et il en ferait de même lorsque ce serait le tour de June. Ce fut pourquoi, dès le matin, il s’empressa d’aller acheter un petit-déjeuner digne de ce nom à Ellana. La bouffe était immonde ici, et ce n’était pas comme si elle était convalescente. Manifestement, c’était au goût de sa sœur qui rayonnait de joie et qui n’avait qu’une hâte : le repas de midi. « Ne t’en fais pas, je me chargerai de ça ! Tu auras tout ce que tu voudras. » Il s’en faisait même un devoir. Quand tout à coup, elle lui proposa de prendre James dans les bras. Des bébés, il n’en avait jamais eu entre les doigts, aussi ne fut-il pas très enthousiaste au départ. « Tu es sûre de toi ? » Car lui ne l’était pas du tout. Mais Ellana insista, déposant précautionneusement le bébé dans les bras de Matthew. D’abord hésitant, ce dernier trouva finalement la bonne position. Un sourire s’étira sur ses lèvres tandis qu’il contemplait le poupon. « Coucou toi… » Son doigt se tendit pour effleurer doucement l’ovale si petit de sa joue. Tout était si petit quand ils viennent de naître. Tout à coup, la demande d’Ellana le ramena sur terre. Il la dévisagea longuement, ému par sa demande. En soi, ce n’était pas très étonnant mais il était honoré. « Tu sais bien que rien ne pourrait me rendre plus heureux. » C’était au-delà de ça. Matthew était peut-être un froid, un patron exécrable, un auteur hautain, un homme prétentieux, mais pour sa famille, il était capable de tous les efforts du monde. Il vint prendre la main de sa sœur dans la sienne, la serrant avec tendresse. « Je prendrai soin de vous, Ellana. Je te fais la promesse que je serai toujours là pour lui, ainsi que pour toi. Quoi qu’il advienne. » Une promesse qu’il comptait tenir. La seule qu’il se sentait encore capable d’honorer alors que tout son monde s’écroulait…

FIN
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J'aurais tant à apprendre de toi tous ces mots tendres qu'on sait, moi je ne les sais pas. J'ai poussé comme on respire ce qui m'a fait vivre était à moi. Je n'ai jamais appris à donner tant d'amour. ❅ Matthew&Ellana
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