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 « Les joies de la vie conjuguale » + Samuel ♥

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Anya Gallagher
Admin Regina George
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DATE D'INSCRIPTION : 11/08/2017
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MessageSujet: « Les joies de la vie conjuguale » + Samuel ♥    Dim 11 Fév - 15:29

« Ne rentre pas trop tard, mon canard. Je me ferai belle pour toi… » je minaude d’une voix mielleuse au téléphone. Et par me faire belle, j’entends bien être habillée comme une pure allumeuse afin d’émoustiller les sens et les désirs de mon époux. Je ne suis pas le genre d’épouse bien sage qui attend que son mari rentre, ayant fait la cuisine avec amour, préparé les pantoufles dans l'entrée et un verre de whisky pour son confort personnel –bien qu’il peut m’arriver quelquefois de lui servir, ce fameux verre, mais généralement, le mien n’est jamais bien loin. Samuel a épousé une véritable princesse capricieuse, et il le sait mieux que quiconque. Voilà déjà plusieurs semaines que j’habite à Los Angeles auprès de Samuel après notre merveilleux mariage à Las Vegas. Un mariage qui nous ressemblait si bien. Extravagant, scintillant et irraisonné. S’installer dans cette ville de Californie n’était pas une découverte en soi, mais bien un retour à mes racines. Il n’est pas dans ma nature d’être nostalgique et sentimentale. J’aurai même bien vu ma vie ailleurs pour le restant de mes jours. Los Angeles n’était pas une ville qui m’attirait. Mon passé n’était pas une chose que je recherchais. Il représentait tout ce que je n’étais pas avant d’arriver à New York. Une mannequin populaire et adulée. La côte Est américaine avait vu naître ma célébrité à grands coups de stratégies malhonnêtes, de manipulation et d’opportunités créées, ou trop belles pour être laissées de côté. De cette ville immense, j’en avais fait mon fief durant de nombreuses années. Si j’avais dû partir à la conquête d’autres territoires, ils auraient été nouveaux. Mais voilà que le destin avait placé Samuel Gallagher sur ma route. Un coup de foudre comme ceux qui nous transpercent une fois dans une vie. Une évidence. Ce genre d’opportunité qui ne s’abandonne pas au hasard. Je l’avais désiré mien autant qu’il m’avait désiré sienne dans un accord parfait. Et par amour, je l’avais suivi à la cité des anges.

Débordante d’amour et impatiente d’être à ce soir, je raccroche avec l’homme de ma vie. Lorsque je prends vraiment la peine d’y songer, je me dis que c’est presque irréel. Et puis la seconde d’après, je me rappelle toujours que je le vaux bien et que tout ceci n’est que la suite logique des choses. Le début de mon existence ne m’a pas gâté. Nous pourrions même dire que c’était tout l’inverse. Aujourd’hui, je ne décèle aucun bémol. Je suis une mannequin célèbre ayant décroché un prestigieux contrat chez ‘Her’ magazine. Je suis adulée, admirée et enviée pour ma carrière, mais aussi mon mariage avec un homme charismatique, riche, influent et si sexy ! Je pouvais jouer les princesses dans tous les hôtels, les restaurants, et autres établissements qu’il possédait, n’ayant qu’à exhiber le nom de Gallagher pour obtenir tout ce que je désirais. Certains, pétris de jalousie, laissaient courir la rumeur que tout cet argent n’était pas gagné dans la légalité, mais je n’en croyais pas un mot. Quand bien même, qui osait penser qu’il fallait être fondamentalement honnête pour réussir ? Moi-même, je n’avais pas hésité à manipuler ou tricher pour arriver à mes fins. Cela n’est pas forcément évident à admettre, mais je ne dois pas ma célébrité qu’à ma belle gueule et mon cul de déesse. La gloire, ça se travaille. Moi, la chance, je n’y crois pas. On se la crée ou non. C’est ainsi. L’unique point noir de mon existence portait le nom d’Aaron Samuels. Un odieux connard qui n’était autre, hélas, que le bras droit de mon tendre époux. Pour une raison qui m’échappait totalement, il avait décidé de me prendre en grippe et de remettre en question mon mariage à Samuel. Aucune occasion n’était trop bonne pour qu’il vienne me faire chier. Avec sa tête de premier de la classe, j’avais envie de lui donner des claques toute la journée. Tout ce qui me retenait, c’était l’impeccable manucure de mes ongles que je ne souhaitais pas abîmer. Et accessoirement, le fait que mon mari m’avait demandé de me montrer gentille avec lui. « Mademoiselle Cooper ? Le shooting va reprendre. » intervient la voix d’une assistante à côté de moi. Je me retourne pour lui faire face, balayant l’air de ma chevelure blonde comme une grande star de cinéma. D’ordinaire, je lui aurai sûrement lâché une remarque acerbe pour avoir osé m’appeler encore par mon nom de jeune fille, mais mon récent coup de téléphone avec l’homme de ma vie a radouci mon cœur et mon âme. Je me contente de lui adresser un léger sourire satisfait et suffisant. « C’est Madame Gallagher maintenant, mon chou. » dis-je en faisant claquer mes talons sur le sol. Ne s’improvise pas diva qui le veut.

***

Votre correspondant est actuellement indisponible. Veuillez laisser un message… « Le salaud ! » je m’écrie, excédée d’entendre une nouvelle fois cette rengaine robotique. Toute à ma fureur, je lance mon portable à l’autre bout de la chambre. Plusieurs heures que j’attends que Monsieur Gallagher daigne montrer le bout de son nez, mais ce dernier est aussi absent qu’injoignable. Je pourrai être inquiète si l’événement se révélait inédit. Ce qui n’était pas le cas. Le travail… toujours le travail. Excuse qu’il me ressortait à chaque fois, comme une matrice bien construite. En aucune façon, je ne remettais en cause sa parole, mais l’idée qu’il puisse m’oublier au profit de ses affaires me plongeait dans une rage folle. Engloutissant les dernières gouttes d’alcool qui restaient dans mon verre, je me relève pour le remplir de nouveau du liquide d’or pétillant. Si cela n’éteint pas ma colère, ça étanche au moins ma soif. Je retourne faire les cent pas dans notre chambre, mes hauts talons claquant bruyamment et ma nuisette légère s’agitant dans mes mouvements. Puis j’attrape mes talons l’un après l’autre, leur faisant prendre leur envol pour rejoindre le portable à l’autre bout de la pièce. Plusieurs fois, je suis déjà descendue dans les étages inférieurs sans aucune pudeur, ceux où se trouvent les autochtones étranges que Samuel laisse demeurer sous son toit. Avec guère d’amabilité, je les avais questionnés sur les affaires de mon mari. Aucun d’eux n’avait été fichu de me répondre, ou aucun n’en avait l’envie. Enragée, je me retrouve comme une lionne en cage dans cette chambre. La patience n’est pas une vertu chez moi. Toutefois, l’alcool, l’attente et la fatigue finissent par avoir raison des longues heures où je rumine de colère. Je m’endors dans nos draps délicats et satinés.

Malgré tous les efforts du monde de mon mari pour ne pas me réveiller, il suffit que des pas s’approchent dans le couloir pour que j’ouvre les yeux. Néanmoins, je ne me manifeste pas tout de suite quand il ouvre la porte de la chambre. Il n’allume pas la lumière, se mouvant dans l’obscurité. Dans ma tête, j’ai déjà prévu au moins cent façons différentes de le tuer avant qu'il ne regagne le lit conjugal. Si bien qu’il a tout juste le temps de s’allonger dans les draps, émettant un soupir éreinté et douloureux que je me retourne brusquement dans le lit. Je pince son flanc de toutes mes forces en guise de première attaque. « Espèce d’abruti ! T’étais où ?! » je m’exclame, brisant le silence de la nuit. Cette fois, je le tape de mon poing sur l’épaule, puis sur la poitrine. Telle une sauvage, je viens me mettre à califourchon sur son buste pour le frapper encore, ne cernant pas une seule seconde dans l’obscurité que je tape dans de la chair endolorie et blessée. Je préfère me dire que j’ai beaucoup de puissance à la force de ses plaintes. « Je t’ai attendu toute la nuit ! Tu crois que je t’ai épousé pour que tu me traites comme ça ?! » Certainement pas ! Je n’étais pas un petit jouet à exhiber pour faire beau. Mes doigts fins viennent pincer son nez, geste puéril, mais libérateur. « Qu’est-ce que tu as à dire pour ta défense ? Non, je ne veux même pas l’entendre ! Excuse-toi ! Et ne refais plus jamais ça, Gallagher ! »
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Samuel Gallagher
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MessageSujet: Re: « Les joies de la vie conjuguale » + Samuel ♥    Lun 12 Fév - 9:47


Les Joies de la Vie Conjugale
Et le Prince Charmant se pencha pour embrasser la Belle au Bois Dormant...


La Perfection. Avec ce mariage, j'ai frolé la perfection. J'ai été à un cheveu de la perfection. Ma femme est tout ce que je veux, sauf... sauf qu'elle m'affuble d'un surnom totalement ridicule que je ne supporte pas. Elle fait ça uniquement pour me faire chier, je le sais. Mais allez changer les idées dans la tête d'une femme. Et surtout de la mienne. Impossible. J'ai beau lui répéter un milliard de fois que "mon canard" c'est totalement humiliant, elle s'en fout royalement. D'un certain côté, je dois bien avouer que ça me pèse et du coup, j'ai arrêté de le lui faire remarquer. J'ai laissé tombé. C'est peut-être la seule bataille que je perdrais... Tout ça pour un "mon canard"... Franchement, vous la voyez, vous l'humiliation, non?

Je raccroche alors que l'hôtesse de l'air me demande de ne pas utiliser mon téléphone en vol. Je l'emmerderais bien, mais nous sommes sur une compagnie publique. Je n'ai pas pris mon avion personnel. Officiellement, je suis en déplacement pour une antenne ou une succursale que j'aimerais ouvrir à Mexico. Les hôtels prolifèrent là-bas. Officieusement, je vais rencontrer deux burritos de frères qui voudraient bien passer un accord. Une partie des docks de Los Angeles contre une partie de leur butin. Une sorte de location quoi. A voir les termes exacts du contrat. Mais à mon avis, ils cherchent juste à m'impressionner. Aaron est à mes côtés. Nous y allons à deux, c'est plus discret. Je souris à la stewardess et range docilement l'appareil dans ma poche intérieure. Je donnerais cher pour une clope, là-maintenant, tout de suite. Sans oublier un bon coup de whiskey derrière la cravate. Mais je veux être totalement sobre et en parfait contrôle de mes mouvements quand on rencontrera les Sanchez...

* * *

Je soupire en me laissant tomber dans mon canapé. J'ai mal partout. Ah, ils savent donner des coups, les mexicains... Mais je sais les recevoir aussi. Je m'écrase dans le cuir cherchant une enveloppe douce et fraiche de la matière. Je fermerais bien les yeux pour m'endormir ici, mais un lit est tout de même plus confortable qu'autre chose. En grimaçant à cause de mon bras, je sors mon paquet de clope et j'allume l'avant-dernière. Je me lève pour aller jusqu'au petit bar. En chemin, je vire ma veste et la basarde sur un fauteuil. La cigarette entre les lèvres, je sors une bouteille de Sexton. Pas besoin de verre, j'en vide déjà un bon tiers directement au goulot. Et tout en scrutant par la fenêtre les lumières de la Ville des Anges, je repense à cet après-midi... international. Ce n'est pas forcément un raté, vu que de toutes manières je n'allais céder aucune part de mes docks si durement acquis, mais je voulais proposer quelque chose d'autre... Ils n'ont pas voulu. Ils sont morts. Nous sommes vivants. Ce n'est pas franchement une réussite. On a étêté le cartel Sanchez... Mais ces cons-là, ils ont tous des frères ou des oncles, ou des fils, ou des pères prêts à reprendre les rènes. Et je sens qu'ils vont vouloir se venger. Les mexicains, c'est comme les rats. On en tue un, y'en a cent qui pointent le bout de leur nez. Ah, il ne faut pas que j'oublie, demain, je vire la femme de ménage et celle de chambre. Pas question d'avoir d'autres mexicains chez moi. On sait jamais, ça a toujours des cousins dans tous les coins et je ne veux pas qu'on me trahisse... Surtout de l'intérieur de ma propre maison.

Ma clope et la suivante terminée, la bouteille vidée ou presque, je finis par aller au lit, grimpant douloureusement les escaliers. Je ne cherche pas à ne pas faire de bruit. Je suis juste trop las pour en faire. Partisan du moindre effort, ce soir, je fais tomber la cravate, le veston, la chemise, le pantalon, godasses et chaussettes. Et je tente, j'avoue, de ne pas réveiller le crocodile aux dents acerrées qui dort dans son côté du lit. Je commence à m'étaler pour m'allonger, tentant de ne pas appuyer là où ça fait mal et pose ma tête sur l'oreille en soupirant d'aise. Mais le crocodile a le sommeil léger et il se retourne en une fraction de seconde. Bien trop rapidement pour que je puisse l'arrêter que déjà Anya me broie les côtes que j'avais douloureuses. Je tais un cri de douleur en grinçant simplement des dents. Puis la furie me saute dessus, frappant mon épaule, elle aussi douloureuse et mon torse tout autant tuméfié. C'est là, que l'alcool ingurgité quelques minutes plus tôt me permet de réagir avant que la douleur ne monte au cerveau. J'attrape ses petits poings qui tentent de pincer mon nez et non seulement lui colle une baffe maison, mais bougonne durement.

- Fais chier, Anya! J'ai pas de compte à te rendre.

Oui, je l'ai giflé et alors? Sous prétexte que c'est une femme, j'ai pas le droit de lui en coller une? Vous avez vu ce qu'elle m'a fait? Pour un peu, elle m'aurait mordu! Je la repousse de son côté du lit afin de soulager mes muscles endoloris. Je ne sais pas si la baffe l'a calmé, mais en tout cas, elle me laisse tranquille, juste assez pour me masser l'épaule et tenter de reprendre une respiration naturelle et normale. J'en tousse bruyamment d'ailleurs. Ca pique douloureusement dans ma trachée, j'ai les poumons en feu. Bordel, j'ai besoin d'une clope. Je fouille dans le tirroir de la table de nuit pour en sortir un paquet de clopes. Le briquet n'étant pas loin, j'allume, avec des doigts fébriles, le baton de nicotine. Je sais que c'est pas ça qui va guérir la douleur, mais ça va l'atténuer. Et libéré, je soufle la fumée de la première grande bouffée. J'suis sur que ce con de buveur de tequila m'a pété les côtes... J'vais pas m'excuser pour la gifle, elle l'a méritée.

- Fais vraiment chier, Anya. Ma main droite appuie sur mes côtes pour tenter de faire passer la douleur. J'peux pas rentrer tranquillement, sans que tu ne me sautes dessus comme une harpie? J'suis majeur et vacciné! J't'ai dit que je ferais au mieux. Merde!


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Anya Gallagher
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MessageSujet: Re: « Les joies de la vie conjuguale » + Samuel ♥    Sam 17 Fév - 17:11

Ma fureur est sans égal quand j’entends ses pas qui entrent dans la chambre. Pire que de rentrer si tard, il n’en profite même pas pour ménager le bruit qu’il fait. Un peu de respect n’aurait sûrement pas été de trop. Je refusais d’être cette femme qui attend bêtement le retour de son mari, n’ayant aucune nouvelle à laquelle se raccrocher. Tout ce que je pouvais me figurer, c’était que son travail était très prenant. Parce qu’il s’agissait toujours de la même excuse. Une rengaine qui était devenue une mélodie entêtante. Je ne m’étais pas mariée avec lui pour devenir une victime de plus de la vie conjugale : un couple qui ne fait plus aucun effort. S’il me pensait acquise, il se trompait lourdement. Bien que mon amour pour lui était sans limite et que je considérais que nous nous appartenions l’un et l’autre, je ne resterai pas bêtement à croiser les bras en attendant que ça passe. Notre mariage devait être un prolongement de notre amour, une preuve que nous étions dévoués l’un à l’autre, pas une preuve puérile que nous étions arrivés à l’apogée de notre histoire. Car une fois que le point culminant a été atteint, c’est la descente qui vient. Et moi, cette descente, je ne voulais pas encore en voir l’horizon. C’est pourquoi, je ne supporte pas de passer en deuxième place après son travail. Anya Cooper n’est jamais un second choix. Cela, je l’avais décidé depuis bien longtemps. Trop souvent, durant mon enfance, il avait fallu que je fasse passer mes désirs après le reste. Quand nos parents étaient encore là, nous devions nous taire, faire ce que notre folle de mère disait. Et tous les soirs, la voir attendre que notre père rentre. Sauf qu’il rentrait tard. Qu’il avait bu parfois. Et surtout, qu’il partageait le reste de son temps avec une autre femme. J’avais vu ma mère souffrir jusqu’à en commettre un acte abominable dont j’avais été le témoin. Hors de questions qu’un tel scénario puisse se reproduire. Hors de questions de devenir elle. En débarquant à New York, avec l’ambition de devenir mannequin, j’avais cette idée bien précise dans la tête. D’être importante, d’être adulée, de devenir de ces gens qu’on ne fait pas attendre. Moi, je ne voulais pas attendre. Et certainement pas mon mari.

Il ne s’est pas sitôt posé dans le lit que je me jette sur lui telle une sauvage. Il ne fallait pas s’attendre à une autre réaction. Entre nous, cela a toujours été ainsi. Electrique, farouche, passionné. Il ne me faut pas plus de temps pour l’engueuler et poursuivre ma pluie de coups sur lui. Vient subitement cette réaction à laquelle je ne m’attendais pas. Je me reçois une claque au visage, plus choquante que douloureuse. Je me fige, réalisant mal qu’il a osé porter la main sur moi. Et pas de compte à me rendre ?! Sérieusement ? Bien entendu qu’il a des comptes à me rendre. Je suis sa femme ! Je pousse un cri aigu quand je suis expédiée sur le côté. « Non mais ça va pas ?! » je m’écrie, mais il s’en fout comme de son premier pot de bébé. Jamais de ma vie, il ne m’a traitée de la sorte. Merci bien la vie de mariée ! J’ai envie de lui hurler dessus, de le frapper jusqu’à ce que je n’ai plus de force dans les bras et qu’il s’excuse. Cette réaction m’aurait ressemblé. Cela aurait pu être moi. Mais je me retrouve allongée à côté de lui, à dévisager sa silhouette qui se découpe dans l’obscurité avec la gorge serrée. D’ordinaire, je suis bien plus combattive que ça, et une bouffée de colère monte en moi quand je sens les larmes me monter aux yeux. Sauf que je les retiens par fierté et bravade. Je me contente de l’observer d’abord s’allumer une cigarette comme si de rien n’était. Une fois encore, je me fais traiter de chieuse. Sauf que ça, il le savait en m’épousant que j’étais une emmerdeuse. Ce n’était pas pour le déranger jusqu’ici. Je peux sentir dans son haleine des vapeurs d’alcool. L’enfoiré, il est bourré en plus. « Mieux, ce n’est pas suffisant. » je parviens à lui répliquer, assassine. Je l’aurai bien gratifié d’un nouveau coup dans les côtes, mais j’appréhende de m’en reprendre une autre. Surtout qu’il se les masse comme si elles étaient douloureuses. Il ne va quand même pas me faire croire qu’il a eu si mal que cela ?! « Et évidemment que tu me dois des comptes. Je ne suis pas ta mère, mais ta femme. Si t’es pas là, je m’inquiète, abruti ! » En vrai, je suis surtout énervée d’être reléguée au second plan. L’inquiétude, je l’avais, mais refourguée bien au fond de moi. Sauf que pour attendre le cœur du gros roc à côté de moi, je devais la jouer plus fine. « Je te rappelle que moi aussi, j’ai une carrière. Ça me prend du temps, mais quand je te dis que je serai là, j’y suis. » Je me lève du lit, n’ayant pas besoin d’allumer la lumière pour trouver le chemin de la salle de bain. En route, je lance une nouvelle réplique. « Je ne me suis pas mariée avec toi pour devenir ta potiche qui attend à la maison ! » Certainement pas ! J’allume la lumière et observe mon reflet dans le miroir. Manquerait plus que j’ai la marque ! Par chance, ce qui est légèrement rouge partira automatiquement demain. Je n’en reste pas moins verte de rage. Je reviens d’un pas énervé vers la chambre, allumant la lumière agressive du plafonnier et posant les mains sur les hanches. « Mon visage, c’est mon outil de travail, je te rappelle. La prochaine que tu… Mon canard ! » Mon ton coléreux se transforme en un cri d’angoisse que je contiens en plaquant ma main parfaitement manucurée sur ma bouche. Exposé pleinement à la lumière, je peux voir que mon mari est couvert de plaies, d’hématomes et de sang. Totalement horrifiée, je me précipite à son chevet, m’agenouillant à côté du lit. Je vais pour poser ma main sur son visage, mais je me retiens, de peur de lui faire mal. « Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? Mon dieu, qui t’a fait ça ? » Il n’exerçait pourtant pas le métier le plus dangereux du monde. Est-ce qu’il aurait eu des problèmes avec des partenaires mécontents ? « Pourquoi tu ne m’as rien dit, idiot !? » je le presse de questions, ne pouvant m’empêcher de l’insulter dans mon inquiétude. Quel espèce d’imbécile !
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