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 « Les joies de la vie conjuguale » + Samuel ♥

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Anya Gallagher
Admin Regina George
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DATE D'INSCRIPTION : 11/08/2017
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MessageSujet: « Les joies de la vie conjuguale » + Samuel ♥    Dim 11 Fév - 15:29

« Ne rentre pas trop tard, mon canard. Je me ferai belle pour toi… » je minaude d’une voix mielleuse au téléphone. Et par me faire belle, j’entends bien être habillée comme une pure allumeuse afin d’émoustiller les sens et les désirs de mon époux. Je ne suis pas le genre d’épouse bien sage qui attend que son mari rentre, ayant fait la cuisine avec amour, préparé les pantoufles dans l'entrée et un verre de whisky pour son confort personnel –bien qu’il peut m’arriver quelquefois de lui servir, ce fameux verre, mais généralement, le mien n’est jamais bien loin. Samuel a épousé une véritable princesse capricieuse, et il le sait mieux que quiconque. Voilà déjà plusieurs semaines que j’habite à Los Angeles auprès de Samuel après notre merveilleux mariage à Las Vegas. Un mariage qui nous ressemblait si bien. Extravagant, scintillant et irraisonné. S’installer dans cette ville de Californie n’était pas une découverte en soi, mais bien un retour à mes racines. Il n’est pas dans ma nature d’être nostalgique et sentimentale. J’aurai même bien vu ma vie ailleurs pour le restant de mes jours. Los Angeles n’était pas une ville qui m’attirait. Mon passé n’était pas une chose que je recherchais. Il représentait tout ce que je n’étais pas avant d’arriver à New York. Une mannequin populaire et adulée. La côte Est américaine avait vu naître ma célébrité à grands coups de stratégies malhonnêtes, de manipulation et d’opportunités créées, ou trop belles pour être laissées de côté. De cette ville immense, j’en avais fait mon fief durant de nombreuses années. Si j’avais dû partir à la conquête d’autres territoires, ils auraient été nouveaux. Mais voilà que le destin avait placé Samuel Gallagher sur ma route. Un coup de foudre comme ceux qui nous transpercent une fois dans une vie. Une évidence. Ce genre d’opportunité qui ne s’abandonne pas au hasard. Je l’avais désiré mien autant qu’il m’avait désiré sienne dans un accord parfait. Et par amour, je l’avais suivi à la cité des anges.

Débordante d’amour et impatiente d’être à ce soir, je raccroche avec l’homme de ma vie. Lorsque je prends vraiment la peine d’y songer, je me dis que c’est presque irréel. Et puis la seconde d’après, je me rappelle toujours que je le vaux bien et que tout ceci n’est que la suite logique des choses. Le début de mon existence ne m’a pas gâté. Nous pourrions même dire que c’était tout l’inverse. Aujourd’hui, je ne décèle aucun bémol. Je suis une mannequin célèbre ayant décroché un prestigieux contrat chez ‘Her’ magazine. Je suis adulée, admirée et enviée pour ma carrière, mais aussi mon mariage avec un homme charismatique, riche, influent et si sexy ! Je pouvais jouer les princesses dans tous les hôtels, les restaurants, et autres établissements qu’il possédait, n’ayant qu’à exhiber le nom de Gallagher pour obtenir tout ce que je désirais. Certains, pétris de jalousie, laissaient courir la rumeur que tout cet argent n’était pas gagné dans la légalité, mais je n’en croyais pas un mot. Quand bien même, qui osait penser qu’il fallait être fondamentalement honnête pour réussir ? Moi-même, je n’avais pas hésité à manipuler ou tricher pour arriver à mes fins. Cela n’est pas forcément évident à admettre, mais je ne dois pas ma célébrité qu’à ma belle gueule et mon cul de déesse. La gloire, ça se travaille. Moi, la chance, je n’y crois pas. On se la crée ou non. C’est ainsi. L’unique point noir de mon existence portait le nom d’Aaron Samuels. Un odieux connard qui n’était autre, hélas, que le bras droit de mon tendre époux. Pour une raison qui m’échappait totalement, il avait décidé de me prendre en grippe et de remettre en question mon mariage à Samuel. Aucune occasion n’était trop bonne pour qu’il vienne me faire chier. Avec sa tête de premier de la classe, j’avais envie de lui donner des claques toute la journée. Tout ce qui me retenait, c’était l’impeccable manucure de mes ongles que je ne souhaitais pas abîmer. Et accessoirement, le fait que mon mari m’avait demandé de me montrer gentille avec lui. « Mademoiselle Cooper ? Le shooting va reprendre. » intervient la voix d’une assistante à côté de moi. Je me retourne pour lui faire face, balayant l’air de ma chevelure blonde comme une grande star de cinéma. D’ordinaire, je lui aurai sûrement lâché une remarque acerbe pour avoir osé m’appeler encore par mon nom de jeune fille, mais mon récent coup de téléphone avec l’homme de ma vie a radouci mon cœur et mon âme. Je me contente de lui adresser un léger sourire satisfait et suffisant. « C’est Madame Gallagher maintenant, mon chou. » dis-je en faisant claquer mes talons sur le sol. Ne s’improvise pas diva qui le veut.

***

Votre correspondant est actuellement indisponible. Veuillez laisser un message… « Le salaud ! » je m’écrie, excédée d’entendre une nouvelle fois cette rengaine robotique. Toute à ma fureur, je lance mon portable à l’autre bout de la chambre. Plusieurs heures que j’attends que Monsieur Gallagher daigne montrer le bout de son nez, mais ce dernier est aussi absent qu’injoignable. Je pourrai être inquiète si l’événement se révélait inédit. Ce qui n’était pas le cas. Le travail… toujours le travail. Excuse qu’il me ressortait à chaque fois, comme une matrice bien construite. En aucune façon, je ne remettais en cause sa parole, mais l’idée qu’il puisse m’oublier au profit de ses affaires me plongeait dans une rage folle. Engloutissant les dernières gouttes d’alcool qui restaient dans mon verre, je me relève pour le remplir de nouveau du liquide d’or pétillant. Si cela n’éteint pas ma colère, ça étanche au moins ma soif. Je retourne faire les cent pas dans notre chambre, mes hauts talons claquant bruyamment et ma nuisette légère s’agitant dans mes mouvements. Puis j’attrape mes talons l’un après l’autre, leur faisant prendre leur envol pour rejoindre le portable à l’autre bout de la pièce. Plusieurs fois, je suis déjà descendue dans les étages inférieurs sans aucune pudeur, ceux où se trouvent les autochtones étranges que Samuel laisse demeurer sous son toit. Avec guère d’amabilité, je les avais questionnés sur les affaires de mon mari. Aucun d’eux n’avait été fichu de me répondre, ou aucun n’en avait l’envie. Enragée, je me retrouve comme une lionne en cage dans cette chambre. La patience n’est pas une vertu chez moi. Toutefois, l’alcool, l’attente et la fatigue finissent par avoir raison des longues heures où je rumine de colère. Je m’endors dans nos draps délicats et satinés.

Malgré tous les efforts du monde de mon mari pour ne pas me réveiller, il suffit que des pas s’approchent dans le couloir pour que j’ouvre les yeux. Néanmoins, je ne me manifeste pas tout de suite quand il ouvre la porte de la chambre. Il n’allume pas la lumière, se mouvant dans l’obscurité. Dans ma tête, j’ai déjà prévu au moins cent façons différentes de le tuer avant qu'il ne regagne le lit conjugal. Si bien qu’il a tout juste le temps de s’allonger dans les draps, émettant un soupir éreinté et douloureux que je me retourne brusquement dans le lit. Je pince son flanc de toutes mes forces en guise de première attaque. « Espèce d’abruti ! T’étais où ?! » je m’exclame, brisant le silence de la nuit. Cette fois, je le tape de mon poing sur l’épaule, puis sur la poitrine. Telle une sauvage, je viens me mettre à califourchon sur son buste pour le frapper encore, ne cernant pas une seule seconde dans l’obscurité que je tape dans de la chair endolorie et blessée. Je préfère me dire que j’ai beaucoup de puissance à la force de ses plaintes. « Je t’ai attendu toute la nuit ! Tu crois que je t’ai épousé pour que tu me traites comme ça ?! » Certainement pas ! Je n’étais pas un petit jouet à exhiber pour faire beau. Mes doigts fins viennent pincer son nez, geste puéril, mais libérateur. « Qu’est-ce que tu as à dire pour ta défense ? Non, je ne veux même pas l’entendre ! Excuse-toi ! Et ne refais plus jamais ça, Gallagher ! »
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Samuel Gallagher
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MessageSujet: Re: « Les joies de la vie conjuguale » + Samuel ♥    Lun 12 Fév - 9:47


Les Joies de la Vie Conjugale
Et le Prince Charmant se pencha pour embrasser la Belle au Bois Dormant...


La Perfection. Avec ce mariage, j'ai frolé la perfection. J'ai été à un cheveu de la perfection. Ma femme est tout ce que je veux, sauf... sauf qu'elle m'affuble d'un surnom totalement ridicule que je ne supporte pas. Elle fait ça uniquement pour me faire chier, je le sais. Mais allez changer les idées dans la tête d'une femme. Et surtout de la mienne. Impossible. J'ai beau lui répéter un milliard de fois que "mon canard" c'est totalement humiliant, elle s'en fout royalement. D'un certain côté, je dois bien avouer que ça me pèse et du coup, j'ai arrêté de le lui faire remarquer. J'ai laissé tombé. C'est peut-être la seule bataille que je perdrais... Tout ça pour un "mon canard"... Franchement, vous la voyez, vous l'humiliation, non?

Je raccroche alors que l'hôtesse de l'air me demande de ne pas utiliser mon téléphone en vol. Je l'emmerderais bien, mais nous sommes sur une compagnie publique. Je n'ai pas pris mon avion personnel. Officiellement, je suis en déplacement pour une antenne ou une succursale que j'aimerais ouvrir à Mexico. Les hôtels prolifèrent là-bas. Officieusement, je vais rencontrer deux burritos de frères qui voudraient bien passer un accord. Une partie des docks de Los Angeles contre une partie de leur butin. Une sorte de location quoi. A voir les termes exacts du contrat. Mais à mon avis, ils cherchent juste à m'impressionner. Aaron est à mes côtés. Nous y allons à deux, c'est plus discret. Je souris à la stewardess et range docilement l'appareil dans ma poche intérieure. Je donnerais cher pour une clope, là-maintenant, tout de suite. Sans oublier un bon coup de whiskey derrière la cravate. Mais je veux être totalement sobre et en parfait contrôle de mes mouvements quand on rencontrera les Sanchez...

* * *

Je soupire en me laissant tomber dans mon canapé. J'ai mal partout. Ah, ils savent donner des coups, les mexicains... Mais je sais les recevoir aussi. Je m'écrase dans le cuir cherchant une enveloppe douce et fraiche de la matière. Je fermerais bien les yeux pour m'endormir ici, mais un lit est tout de même plus confortable qu'autre chose. En grimaçant à cause de mon bras, je sors mon paquet de clope et j'allume l'avant-dernière. Je me lève pour aller jusqu'au petit bar. En chemin, je vire ma veste et la basarde sur un fauteuil. La cigarette entre les lèvres, je sors une bouteille de Sexton. Pas besoin de verre, j'en vide déjà un bon tiers directement au goulot. Et tout en scrutant par la fenêtre les lumières de la Ville des Anges, je repense à cet après-midi... international. Ce n'est pas forcément un raté, vu que de toutes manières je n'allais céder aucune part de mes docks si durement acquis, mais je voulais proposer quelque chose d'autre... Ils n'ont pas voulu. Ils sont morts. Nous sommes vivants. Ce n'est pas franchement une réussite. On a étêté le cartel Sanchez... Mais ces cons-là, ils ont tous des frères ou des oncles, ou des fils, ou des pères prêts à reprendre les rènes. Et je sens qu'ils vont vouloir se venger. Les mexicains, c'est comme les rats. On en tue un, y'en a cent qui pointent le bout de leur nez. Ah, il ne faut pas que j'oublie, demain, je vire la femme de ménage et celle de chambre. Pas question d'avoir d'autres mexicains chez moi. On sait jamais, ça a toujours des cousins dans tous les coins et je ne veux pas qu'on me trahisse... Surtout de l'intérieur de ma propre maison.

Ma clope et la suivante terminée, la bouteille vidée ou presque, je finis par aller au lit, grimpant douloureusement les escaliers. Je ne cherche pas à ne pas faire de bruit. Je suis juste trop las pour en faire. Partisan du moindre effort, ce soir, je fais tomber la cravate, le veston, la chemise, le pantalon, godasses et chaussettes. Et je tente, j'avoue, de ne pas réveiller le crocodile aux dents acerrées qui dort dans son côté du lit. Je commence à m'étaler pour m'allonger, tentant de ne pas appuyer là où ça fait mal et pose ma tête sur l'oreille en soupirant d'aise. Mais le crocodile a le sommeil léger et il se retourne en une fraction de seconde. Bien trop rapidement pour que je puisse l'arrêter que déjà Anya me broie les côtes que j'avais douloureuses. Je tais un cri de douleur en grinçant simplement des dents. Puis la furie me saute dessus, frappant mon épaule, elle aussi douloureuse et mon torse tout autant tuméfié. C'est là, que l'alcool ingurgité quelques minutes plus tôt me permet de réagir avant que la douleur ne monte au cerveau. J'attrape ses petits poings qui tentent de pincer mon nez et non seulement lui colle une baffe maison, mais bougonne durement.

- Fais chier, Anya! J'ai pas de compte à te rendre.

Oui, je l'ai giflé et alors? Sous prétexte que c'est une femme, j'ai pas le droit de lui en coller une? Vous avez vu ce qu'elle m'a fait? Pour un peu, elle m'aurait mordu! Je la repousse de son côté du lit afin de soulager mes muscles endoloris. Je ne sais pas si la baffe l'a calmé, mais en tout cas, elle me laisse tranquille, juste assez pour me masser l'épaule et tenter de reprendre une respiration naturelle et normale. J'en tousse bruyamment d'ailleurs. Ca pique douloureusement dans ma trachée, j'ai les poumons en feu. Bordel, j'ai besoin d'une clope. Je fouille dans le tirroir de la table de nuit pour en sortir un paquet de clopes. Le briquet n'étant pas loin, j'allume, avec des doigts fébriles, le baton de nicotine. Je sais que c'est pas ça qui va guérir la douleur, mais ça va l'atténuer. Et libéré, je soufle la fumée de la première grande bouffée. J'suis sur que ce con de buveur de tequila m'a pété les côtes... J'vais pas m'excuser pour la gifle, elle l'a méritée.

- Fais vraiment chier, Anya. Ma main droite appuie sur mes côtes pour tenter de faire passer la douleur. J'peux pas rentrer tranquillement, sans que tu ne me sautes dessus comme une harpie? J'suis majeur et vacciné! J't'ai dit que je ferais au mieux. Merde!


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Anya Gallagher
Admin Regina George
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MessageSujet: Re: « Les joies de la vie conjuguale » + Samuel ♥    Sam 17 Fév - 17:11

Ma fureur est sans égal quand j’entends ses pas qui entrent dans la chambre. Pire que de rentrer si tard, il n’en profite même pas pour ménager le bruit qu’il fait. Un peu de respect n’aurait sûrement pas été de trop. Je refusais d’être cette femme qui attend bêtement le retour de son mari, n’ayant aucune nouvelle à laquelle se raccrocher. Tout ce que je pouvais me figurer, c’était que son travail était très prenant. Parce qu’il s’agissait toujours de la même excuse. Une rengaine qui était devenue une mélodie entêtante. Je ne m’étais pas mariée avec lui pour devenir une victime de plus de la vie conjugale : un couple qui ne fait plus aucun effort. S’il me pensait acquise, il se trompait lourdement. Bien que mon amour pour lui était sans limite et que je considérais que nous nous appartenions l’un et l’autre, je ne resterai pas bêtement à croiser les bras en attendant que ça passe. Notre mariage devait être un prolongement de notre amour, une preuve que nous étions dévoués l’un à l’autre, pas une preuve puérile que nous étions arrivés à l’apogée de notre histoire. Car une fois que le point culminant a été atteint, c’est la descente qui vient. Et moi, cette descente, je ne voulais pas encore en voir l’horizon. C’est pourquoi, je ne supporte pas de passer en deuxième place après son travail. Anya Cooper n’est jamais un second choix. Cela, je l’avais décidé depuis bien longtemps. Trop souvent, durant mon enfance, il avait fallu que je fasse passer mes désirs après le reste. Quand nos parents étaient encore là, nous devions nous taire, faire ce que notre folle de mère disait. Et tous les soirs, la voir attendre que notre père rentre. Sauf qu’il rentrait tard. Qu’il avait bu parfois. Et surtout, qu’il partageait le reste de son temps avec une autre femme. J’avais vu ma mère souffrir jusqu’à en commettre un acte abominable dont j’avais été le témoin. Hors de questions qu’un tel scénario puisse se reproduire. Hors de questions de devenir elle. En débarquant à New York, avec l’ambition de devenir mannequin, j’avais cette idée bien précise dans la tête. D’être importante, d’être adulée, de devenir de ces gens qu’on ne fait pas attendre. Moi, je ne voulais pas attendre. Et certainement pas mon mari.

Il ne s’est pas sitôt posé dans le lit que je me jette sur lui telle une sauvage. Il ne fallait pas s’attendre à une autre réaction. Entre nous, cela a toujours été ainsi. Electrique, farouche, passionné. Il ne me faut pas plus de temps pour l’engueuler et poursuivre ma pluie de coups sur lui. Vient subitement cette réaction à laquelle je ne m’attendais pas. Je me reçois une claque au visage, plus choquante que douloureuse. Je me fige, réalisant mal qu’il a osé porter la main sur moi. Et pas de compte à me rendre ?! Sérieusement ? Bien entendu qu’il a des comptes à me rendre. Je suis sa femme ! Je pousse un cri aigu quand je suis expédiée sur le côté. « Non mais ça va pas ?! » je m’écrie, mais il s’en fout comme de son premier pot de bébé. Jamais de ma vie, il ne m’a traitée de la sorte. Merci bien la vie de mariée ! J’ai envie de lui hurler dessus, de le frapper jusqu’à ce que je n’ai plus de force dans les bras et qu’il s’excuse. Cette réaction m’aurait ressemblé. Cela aurait pu être moi. Mais je me retrouve allongée à côté de lui, à dévisager sa silhouette qui se découpe dans l’obscurité avec la gorge serrée. D’ordinaire, je suis bien plus combattive que ça, et une bouffée de colère monte en moi quand je sens les larmes me monter aux yeux. Sauf que je les retiens par fierté et bravade. Je me contente de l’observer d’abord s’allumer une cigarette comme si de rien n’était. Une fois encore, je me fais traiter de chieuse. Sauf que ça, il le savait en m’épousant que j’étais une emmerdeuse. Ce n’était pas pour le déranger jusqu’ici. Je peux sentir dans son haleine des vapeurs d’alcool. L’enfoiré, il est bourré en plus. « Mieux, ce n’est pas suffisant. » je parviens à lui répliquer, assassine. Je l’aurai bien gratifié d’un nouveau coup dans les côtes, mais j’appréhende de m’en reprendre une autre. Surtout qu’il se les masse comme si elles étaient douloureuses. Il ne va quand même pas me faire croire qu’il a eu si mal que cela ?! « Et évidemment que tu me dois des comptes. Je ne suis pas ta mère, mais ta femme. Si t’es pas là, je m’inquiète, abruti ! » En vrai, je suis surtout énervée d’être reléguée au second plan. L’inquiétude, je l’avais, mais refourguée bien au fond de moi. Sauf que pour attendre le cœur du gros roc à côté de moi, je devais la jouer plus fine. « Je te rappelle que moi aussi, j’ai une carrière. Ça me prend du temps, mais quand je te dis que je serai là, j’y suis. » Je me lève du lit, n’ayant pas besoin d’allumer la lumière pour trouver le chemin de la salle de bain. En route, je lance une nouvelle réplique. « Je ne me suis pas mariée avec toi pour devenir ta potiche qui attend à la maison ! » Certainement pas ! J’allume la lumière et observe mon reflet dans le miroir. Manquerait plus que j’ai la marque ! Par chance, ce qui est légèrement rouge partira automatiquement demain. Je n’en reste pas moins verte de rage. Je reviens d’un pas énervé vers la chambre, allumant la lumière agressive du plafonnier et posant les mains sur les hanches. « Mon visage, c’est mon outil de travail, je te rappelle. La prochaine que tu… Mon canard ! » Mon ton coléreux se transforme en un cri d’angoisse que je contiens en plaquant ma main parfaitement manucurée sur ma bouche. Exposé pleinement à la lumière, je peux voir que mon mari est couvert de plaies, d’hématomes et de sang. Totalement horrifiée, je me précipite à son chevet, m’agenouillant à côté du lit. Je vais pour poser ma main sur son visage, mais je me retiens, de peur de lui faire mal. « Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? Mon dieu, qui t’a fait ça ? » Il n’exerçait pourtant pas le métier le plus dangereux du monde. Est-ce qu’il aurait eu des problèmes avec des partenaires mécontents ? « Pourquoi tu ne m’as rien dit, idiot !? » je le presse de questions, ne pouvant m’empêcher de l’insulter dans mon inquiétude. Quel espèce d’imbécile !
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Samuel Gallagher
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MessageSujet: Re: « Les joies de la vie conjuguale » + Samuel ♥    Sam 24 Fév - 19:09


Les Joies de la Vie Conjugale
Et le Prince Charmant se pencha pour embrasser la Belle au Bois Dormant...


Oui, justement, ça va pas. Je me suis pris des coups dans la gueule, alors forcément ça va pas. Quand je repense à l'Hercule basané qui m'a collé une correction, j'en ai encore des frisson tout partout. Mais j'avais une bonne étoile et un coup de feu a fait de son cerveau un gruyère. Comment ça se fait que moi, j'ai pas pris de balle? Je sais pas trop. Ma Bonne Etoile sans doute. Du coup, je me suis fait soigné dans l'avion, on a enlevé le sang, j'ai pris des anti-douleurs, mais rien y fait, j'ai les côtés en compote, mon front qui me lance, j'ai mal dans l'épaule, sur le torse, mais ça va, je connais pire. J'ai eu pire. J'dois pas avoir une gueule trop cassé, des beaux bleus sur le torse et une égratignure sur la tempe. Bon, ok, ok, j'aurai peut-être pas dû la gifler, mais elle m'a fait mal! Enfin, pas mal comme le Captain Mexico, mais quand même. Ah, elle est belle la médecine qui dit qu'il faut soigner le mal par le mal. Non, non, ça ne marche pas, la preuve en image avec Anya qui me pince les côtes, pile là où ça fait vachement mal!

- Excuuuse-moi, voilà... Anya, j'ai pas pu te répondre avant... Excuse-moi, chérie. Si le premier "excuse-moi" sort comme on vomit une limace peu ragoutante, le deuxième est bien plus doux, plus honnête, plus gentil... sincère. Bon sang, Anya, j'peux pas être à tes ordres dès que tu te sens esseulée. J't'emmerde pas avec ta carrière, alors laisse moi à mes affaires.

Il n'y a pas de trace de colère dans la voix. Je recrache la fumée lentement. La nicotine calme mes douleurs, mes articulation, mes muscles endoloris. Peut-être pas "calme" dans le sens de guérir, mais elle oculte la douleur. Nan, il n'avait pas besoin d'une potiche non plus. Mais ironiquement, il s'esclaffa intérieurement un truc du genre "nan, tu t'es marié pour pomper mon compte en banque..." Et puis, non, Anya était... ok, c'était une pin-up, pimbèche, chieuse, terriblement chiante, mais elle était sienne et il l'aimait, sincèrement, pour cela. Parce qu'elle ne se laissait pas marcher sur les pieds et parce qu'elle n'était justement pas une plante d'intérieur qu'on sortait pour faire joli.

Et puis, tout à coup, le noir salvateur de la pièce passe au blanc bruleur de rétine et je grimace, ça fait tirer la peau sur ma tempe et ça pique bordel de p*tain de dieu. Et la voilà qui se met à brailler. On peut pas dormir tranquille dans cette maison? Merde, je suis chez moi! Mon Canard? Elle en est encore à ce surnom ridicule? La colère qui s'était dissipé refait surface, pas à la même intensité, certes. Mais franchement, vous avez vu la tronche du canard? De toutes manières, il est défiguré le canard. J'écrase le mégot dans le cendrier sur la table de nuit pour éviter qu'Anya ne se blesse en se précipitant sur moi.

- J'suis tombé dans les escaliers. D'un air de dire "c'est rien, laisse tomber". D'un air de dire "c'est pas tes oignons". D'un air de dire "vaut mieux pas que tu saches". J'pensais que tu dormais, j'ai pas voulu te réveiller, il est plus de trois heures du matin. Et tu m'as sauté dessus comme une walkyrie sur son cheval fou. J'ai pas eu le temps de te prévenir. Je l'arrête, juste avant qu'elle n'y pense. Non... pas d’hôpital... c'est rien... c'est juste une chute dans l'escalier... Sers-moi plutôt un verre, ma douce. Ca terminera d'annihiler mes sensations. Bordel, j'ai mal partout. Maintenant que l'adrénaline de la bagarre est passée, toute la douleur ressurgit. Je grimace en m'installant plus confortablement contre la tête de lit. Ma main caresse sa joue que j'ai frappé quelques instants plus tôt. T'inquiète pas, j'ai connu pire.


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Anya Gallagher
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MessageSujet: Re: « Les joies de la vie conjuguale » + Samuel ♥    Lun 26 Fév - 21:01

« Excuuuse-moi, voilà… Anya, j’ai pas pu te répondre avant… Excuse-moi, chérie. » Je n’aime pas du tout sa réponse. Même si son ton s’attendrit à mesure qu’il poursuit ses excuses, je n’apprécie pas. Il est agacé, énervé. Sauf que ce soir, je ne cautionne pas qu’il puisse y avoir plus en énervé que moi. Lorsque je suis en colère, il ne peut y avoir que moi dans cette situation. Autrement, je deviens infecte. Sur ce point, nous nous rejoignons –hélas- avec mon époux, puisqu’il affiche un mécontentement aussi vif que le mien. Toutefois, à défaut de se faire engueuler par ma personne et d’avoir été physiquement agressé, il peut se targuer de ne pas avoir passé des heures à s’inquiéter à mon sujet. Il me savait gentiment à la maison, à l’attendre comme une cruche dans cette tenue légère que je porte toujours –soit dit en passant. Et la potiche, ça ne m’intéresse pas. Cela peut paraître assez contradictoire avec la fonction que j’exerce, mais je fais prendre à ma vie professionnelle et personnelle deux chemins bien particuliers et différents. Sous cette couche de superficialité, il y a un caractère bien trempée, une âme qui ne cesse de vouloir s’élever plus haut dans la société et dans les yeux des gens. J’ai suffisamment trimé au cours de ma vie, j’ai suffisamment commencé en bas de l’échelle sociale pour jouir d’avoir un brin de reconnaissance aujourd’hui. Et cela passait notamment par mon mari qui aurait pu s’inquiéter de me laisser seule et sans nouvelle à la maison. Alors il peut gémir et ronchonner autant qu’il le désire, je m’en moque bien pas mal. D’autant plus qu’il a levé la main sur moi. Non mais il m’a giflée ! De cette main que l’alcool a principalement guidée. Parce qu’il s’est permis de boire en plus, le salaud ! Un instant, je m’imagine qu’il a eu un rendez-vous avec un potentiel gros client et qu’il n’a pas pu lâcher l’affaire dès un premier verre. Cela me paraît encore le plus probable, n’osant même pas penser qu’il ait eu une raison meilleure pour me préférer à un autre. Certes, il ne m’emmerdait pas avec ma propre carrière comme il le soulignait si justement. Mais merde ! Je suis sa femme ! Pas le chien qu’il retrouve le soir devant la porte de la maison !

Je sens l’odeur de la cigarette qui vient titiller mes narines et je me redresse. Dans l’obscurité, je le fusille du regard. Il sait que je n’aime pas quand il fume petite pensée émue pour Ninon l’infirmière et Timo le vilain. Pas que je me soucie grandement de sa santé. C’est juste que c’est terriblement mauvais pour ma peau. Déjà qu’il se permet de me mettre des baffes ! Mais la moindre de mes égoïstes considérations s’envolent quand j’allume la lumière, découvrant un affreux spectacle. Un Samuel blessé dans nos beaux draps de satin. Merde ! Le chemin se fait vite dans mon cerveau et je comprends mieux pourquoi il a juré comme une fillette quand je me suis attaquée à lui. Un bref instant, oui bref, je ressens une pointe de culpabilité. Je me rue auprès de lui, attestant des dégâts. Il est mon mari, mon amant, mon confident et celui pour qui je donnerai ma vie. De savoir qu’il peut être dans cet état-là me fout dans une rogne et une inquiétude immense. Je serai prête à aller démonter la tête de ceux qui s’en sont pris à lui. J’attends des explications qui se soldent pas un pathétique « J’suis tombé dans les escaliers. » Je hausse un sourcil, l’observant dubitative. « Tombé dans les escaliers ? Tu te fous de moi ? Blonde, ce n’est pas ma couleur naturelle, je te signale ! » C’est qu’il me prenait pour une conne en plus ? Néanmoins, je peux comprendre qu’il veuille masquer la vérité pour ne pas m’inquiéter. Je préfère le laisser poursuivre son récit et j’affiche une moue désolée à mon amoureux. Je m’en veux désormais de lui avoir sauté dessus comme une furie. Je ne l’avais pas beaucoup ménagé… J’ouvre la bouche pour évoquer l’hôpital, mais comme s’il savait déjà ce que j’allais dire, il me devance et refuse. Je pourrai batailler, mais il a cette expression que je lui connais bien. Je ne pourrai pas lui faire entendre raison. Ma main vient donc se poser sur la sienne tandis qu’il me caresse la joue. Je lui offre un sourire tendre, embrasse la peaume de sa main avant de me lever pour lui servir à boire. Quelques heures plus tôt, le fameux verre qui lui était destiné avait fini dans mon gosier. Petite vengeance personnelle. Je m’en vais donc lui resservir le même et je lui tends le fameux verre. Je ne le rejoins pas tout de suite, m’échappant momentanément dans la salle de bain pour récupérer une serviette que j’humidifie. Je retourne m’asseoir à côté de lui. « Tu aurais dû m’envoyer un message… » je bougonne malgré tout, d’une moue boudeuse mais charmante. Je vais pour porter le tissu à son visage afin de retirer le sang. Son léger mouvement de recul me force à préciser. « C’est pour pas tâcher les draps. » Non, ce n’est pas vrai. C’est parce que je t’aime, idiot. Que je veux prendre soin de toi et que je veux que tu ailles mieux. Seulement, je connais sa fierté. Ah les hommes ! Je m’applique à tamponner doucement son visage pour faire disparaître l’hémoglobine sans qu’il me prenne pour une bourrine. Dire que quelques heures plus tôt, j’étais prête à lui faire bouffer cette serviette ! Je reste insatisfaite de ses réponses, mais je sais que je ne peux rien obtenir si ce n’est par la manière douce. Je change de tactique. « Je ne te crois pas pour les escaliers… pourquoi tu ne veux pas me dire ce qu’il s’est passé ? » Mon esprit gamberge évidemment. Je songe à une mauvaise rencontre… pourtant, il est un homme plutôt protégé non ? Des représailles de concurrents ? Une mauvaise affaire dans laquelle il s’est fourré ? Je songe à beaucoup de choses. « Tu sais, je ne suis pas une petite chose fragile. Je peux comprendre. Je n’aurai pas peur. » Il sait très bien quel genre de femmes il a épousé. Même si je peux gueuler pour un ongle cassé, je ne suis pas une petite nature. J’ignore s’il connaît véritablement mon passé. Je ne l’avais que peu évoqué. Même si j’aime Samuel et que je lui voue une confiance totale, ce sont mes origines dont j’ai honte. Depuis mon enfance, je suis une battante.
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Samuel Gallagher
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MessageSujet: Re: « Les joies de la vie conjuguale » + Samuel ♥    Mar 20 Mar - 18:48


Les Joies de la Vie Conjugale
Et le Prince Charmant se pencha pour embrasser la Belle au Bois Dormant...


Ok, ok, j'suis pas tombé dans les escaliers, et c'est franchement un gros mensonge, mais ça m'évite de lui basarder un truc méchant dans la tronche, du genre "va te faire voir chez Marcel" ou "lache-moi la grappe". Non, j'ai pas envie de la faire chier, j'veux juste qu'elle me laisse tranquille. Et le coup des escaliers, y'a pas mieux.

- Anya, vas demander à Aaron si tu veux. J'suis tombé dans les escaliers.

Je sais qu'elle n'ira pas lui demander. Elle n'aime pas Aaron et Aaron ne l'aime pas non plus. C'est... d'un certain côté, mieux comme ça, je n'aurai pas à m'inquiéter pour elle. C'est que je suis jaloux et j'aime pas voir quelqu'un trainer autour de ma douce moitié. Je lui demande à boire et elle se redresse pour aller me servir un verre. Elle revient rapidement avec le liquide ambré. Rien que d'ici, à l'odeur, je sais que ça va me désinfecter de l'intérieur. J'en avale une grosse gorgée, descendant le liquide presque cul sec. J'en laisse une gorgée en vérité.

- J'suis désolé, Anya... vraiment.

J'ai zappé le message, j'avoue. Mais ça ne fait pas longtemps que je suis marié après tout. J'ai jamais eu de compte à rendre, surtout pas à une femme, alors. Déjà que je me tiens bien en sa compagnie, c'est vous dire les efforts que je fais. Elle s'assoit sur le bord du lit, une serviette humide entre ses doigts. Quand elle l'approche de mon crane, je bouge la tête. J'ai pas besoin de ça. Mais elle insiste. Les draps? On peut en racheter des draps si ce n'était que ça... Je soupire, mais la laisse faire finalement. J'ai connu pire. Elle essuie le sang séché de mon visage, j'ai terriblement envie d'une nouvelle clope. Nan, j'ai fumé comme un pompier aujourd'hui et je sais qu'elle n'aime pas ça. Vous voyez, j'suis gentleman, j'fais attention à ma dulcinée.

- Je ne te crois pas pour les escaliers… pourquoi tu ne veux pas me dire ce qu’il s’est passé ? Oui, je sais. Tu sais, je ne suis pas une petite chose fragile. Je peux comprendre. Je n’aurai pas peur.

Ca c'est ce qu'on dit. Mais je sais qu'elle aura peur. Je refuse de l'impliquer dans mes magouilles. Elle ne vient pas de ce monde, alors pas question de l'introniser. Elle doit rester dans son petit monde de starlettes et de paillettes. C'est mieux ainsi. A moi les rats et les requins. J'ai les armes pour ça, elle, non. Je sirote, en silence la dernière gorgée de whiskey avant de poser le verre sur la table de nuit. Puis, aussi rapidement qu'un chat agile, c'est à mon tour de lui sauter dessus. Tant pis si ça pique dans les côtes, tant pis si ça tiraille dans l'épaule. Je lui roule la pelle du siècle et m'agrippe à elle comme si elle était ma dernière bouée de sauvetage. D'une certaine manière, c'est ce qu'elle est. Ma dernière bouée de sauvetage. Anya a son caractère égoïste, naïf et vindicatif. J'aime son sang chaud, j'aime son sourire, j'aime sa force de vivre et c'est grace à ça que je ne me noie pas dans le boulot. J'veux pas finir par demander le moindre centime à celui qui me doit du fric. J'aime le temps qu'elle me fait perdre, ce sont des moments précieux que je n'échangerais pour rien au monde. Mes doigts courent sur la nuisette, cherchant le meilleur moyen pour la lui retirer.

- Madame Gallagher, vous avez épousé un rustre! Mais il compte bien vous faire l'amour avec douceur.

Oui, je sais ce n'est pas bien de noyer le poisson dans l'eau mais je veux qu'elle oublie cette "descente dans l'escalier". Elle ne doit pas découvrir le fin mot de l'histoire. Jamais. Je la perdrais.

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Anya Gallagher
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MessageSujet: Re: « Les joies de la vie conjuguale » + Samuel ♥    Ven 23 Mar - 14:21

Je n’y crois pas une seule seconde. Une bête chute dans les escaliers ? Mon Samuel, je le connais un peu mieux que cela. Il n’est pas du genre gaffeur, et même avec un sacré coup dans le nez. Je l’ai déjà vu bourré comme cochon, mais capable de faire des claquettes, un numéro de jonglages et la toupie en même temps. Donc la chute… « Anya, vas demander à Aaron si tu veux. J’suis tombé dans les escaliers. » Je grimace. Plutôt casser mes louboutins que d’aller voir cet empafé pour lui demander des informations sur mon mari ! Moins je le vois, mieux je me porte. Et quand bien même, je me prenais par la main pour aller mener mon enquête, il me répondrait assurément de la merde. Une énième connerie qui me rendrait totalement chèvre, m’empêchant d’apprendre le fin mot de l’histoire. Nous nous lancerions à nouveau dans une croisade, une joute terrible d’où personne ne ressortait véritablement vainqueur, mais enragés. Et les soucis, ce n’était pas bon pour ma peau. Aussi, je préfère encore lui donner le bénéfice du doute. Je lui accorde une moue boudeuse, trahie par un sourire. « Bon d’accord. » Il aurait tout de même pu appeler, ce que je lui fais justement remarquer ! Cette fois, je reçois un pardon sincère qui achève d’éteindre ma fureur. Contre lui, je ne parviens pas à être en colère très longtemps. Par ses gestes, ses mots et son regard, il arrive à m’adoucir et me faire croire n’importe quoi. En vrai, je suis une faible créature entre ses doigts.

Il a suffisamment suscité ma clémence pour que je veuille soigner les blessures qu’il porte. Munie d’une serviette humide, je veux au moins faire disparaître les quelques traînées de sang sur son visage. Justifiant que je ne veux pas qu’il salisse les draps, je parviens à mener à bien mes soins. Alors que je me suis convaincue de la version de Samuel, les blessures que je nettoie me font douter de ce qu’il a pu me dire. Est-ce que ça ressemble vraiment à une chute dans les escaliers ? J’en doute fortement. Ces stigmates ressemblent plutôt à une bagarre, ou ce genre de choses. Pourquoi est-ce qu’il me le cacherait ? Avait-il peur de me choquer ou de m’effrayer ? Ce n’est pas comme si je n’en avais pas vu d’autres… Comme ma mère assassinant mon père sous mes yeux. Je n’ai jamais raconté cette histoire à Samuel et je n’ai pas la moindre idée de s’il peut être au courant d’une manière ou d’une autre. Sûrement doit-il penser que je suis une fille fragile. Après tout, les paillettes et le luxe m’entourent. Mais si j’ai pu attirer l’attention de mon mari, c’est bien parce que je suis différente des autres. De nouveau, je remets ses paroles en doute. Mon ton a perdu toute sa hargne afin que ça n’explose pas entre nous. Au moment où je lui dis que je n’aurai pas peur, j’y crois de toutes mes forces. Sauf que je suis bien loin de me douter de l’horrible vérité, d’imaginer seulement ce qu’il en est vraiment des agissements de Samuel, de sa vie et de ce qu’il est. Le monstre derrière le masque. Aurai-je peur si je devais le savoir ? Peut-être… Sûrement un peu. Mais ce soir, je n’ai pas à apprendre cette fameuse vérité. Mon époux pose son verre, m’attire à lui, plaque ses lèvres contre les miennes et nos bouches se lient. De ce baiser, j’en oublie ma question, mes doutes et mes inquiétudes. Je m’embrase de ce contact sauvage si particulier à Samuel. Il a une attraction animale qui me rend folle et me fait tourner la tête. Ses doigts glissant sur la frontière de ma nuisette me donnent des milliers de frissons. Je souris contre ses lèvres tandis qu’il me dit qu’il va me faire l’amour. « Il ne faudrait pas te casser… » je minaude, me moquant des blessures qui parsèment son corps. Je viens me positionner à califourchon sur lui, délaissant la serviette de bain. Mes lèvres rejoignent les siennes dans un baiser enflammé. En même temps, je guide ses mains pour retirer le fin tissue qui sépare nos corps.

***

Je soupire de satisfaction, la respiration haletante, la peau moite et brûlante de nos précédents ébats, alanguie contre mon mari. Mes doigts courent délicatement sur son torse fort. Je sens son cœur qui pulse, sa peau qui frémit. Çà et là sont apparus des traces de ses blessures. Je ne reviens pas à la charge sur ses stigmates. Je n’y pense même plus. « On dirait que t’as fait la guerre. » je ris doucement. Je dépose un baiser sur son épaule. « Mon guerrier… Je te trouve sexy. » Si seulement je savais… je ne dirai sûrement pas les choses ainsi. Pour l’heure, je n’y pense pas. Je n’y songe pas. Je me redresse sur mes coudes pour croiser son regard. « Au fait, je ne t’ai pas dit, mais aujourd’hui, j’ai signé un nouveau contrat. » Je souris, toute fière de moi. Je sais qu’il partage ma vanité. Il m’aime pour cela. « Tu as devant toi la nouvelle tête d’affiche de « Her ». » Le magazine le plus en vogue de la mode et des tendances. Bref, la consécration pour ma carrière. Pour le lancement, il aurait une grosse campagne de communication. Ma tête sera partout. « J’espère que tu es prêt à me partager avec le reste du monde, petit guerrier. »
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