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 « There's a grief that can't be spoken. There's a pain goes on and on. Empty chairs at empty tables » Héloïse ♥

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Matthew McGregor
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MessageSujet: « There's a grief that can't be spoken. There's a pain goes on and on. Empty chairs at empty tables » Héloïse ♥   Mer 14 Fév - 22:48

Les yeux clairs du poète restaient poser sur le petit être qui dormait paisiblement dans son lit. Son souffle calme et régulier agitait cette poitrine si minuscule. Matthew en vint à l’envier, désireux de regagner cette insouciance, cette pureté qui lui paraissait si lointaine. Venant tout juste de naître, James Fraser Junior ne se doutait pas un seul instant de la complexité de l’existence, de son injustice et de ce qui pouvait l’attendre. Un soupir glissa d’entre les lèvres de son oncle. « Tu ne sais pas dans quelle famille de fou tu as débarqué… » Mais il ferait tout pour le protéger quoi qu’il advienne. Tout comme il protégeait ses sœurs et ceux qu’il aimait. Comme il protégerait Héloïse, quoi qu’il puisse lui en coûter… Son regard se reporta sur sa cadette qui s’était elle-même assoupie. L’accouchement s’était déroulé mieux qu’il n’avait pu l’espérer. Dire qu’il avait failli en être absent… mais par chance, il avait découvert ses messages suffisamment tôt pour être présent à l’hôpital, tenant la promesse qu’il avait fait à sa sœur. A défaut de ne pas avoir le père de l’enfant, il y aurait son oncle. Il s’attendrissait de cet être si fragile. Au départ, il n’avait pas osé le prendre dans ses bras, de peur de le briser. Mais à force de l’insistance d’Ellana, il avait tenu son neveu contre son cœur et, un bref instant, il s’était demandé ce que cela lui ferait d’être père. Une pensée qu’il s’épargna bien vite, songeant que dans ses fantaisies, Héloïse était la seule à pouvoir être la mère de ses enfants. Cela ne se produirait jamais…

Les entrailles à vif, il ne parvenait plus à ordonner ses pensées depuis quelques jours. Les chimères de son amour pour Héloïse rodaient autour de lui comme des ombres insaisissables. Son cœur lui hurlait que leur histoire ne pouvait prendre fin, mais sa raison savait déjà qu’il était temps de mettre un terme à tout cela. Comment s’y résoudre ? De nouveau, son portable vibra dans sa poche. Il n’avait pas besoin de le consulter pour savoir que c’était encore un message de la jeune femme. Il ne lui répondait plus depuis ce fameux soir. Ni à ses appels, ni à ses messages. Au travail, il l’évitait maladroitement, froidement, à tel point que ça en devenait purement grotesque. Il reculait l’issue fatale, comme pour se prouver que tout ceci n’était pas réel, mais l’ombre de son père paradait non loin de lui. Ses menaces, il les mettrait à exécution. Il n’avait plus le temps… aucun répit. Aucun espoir. Et peu à peu, aussi lentement que sa décision se murissait, il mourait un peu lui-même. Des cœurs, il en avait brisé des tas sans le moindre scrupule. Il ne s’était jamais embarrassé de ménager les sentiments des demoiselles en face de lui. Aujourd’hui, c’était différent. Il ne voulait pas quitter cette brune merveilleuse qui avait rallumé les lanternes de son existence. Il ne pouvait se séparer de cet être qui lui avait redonné foi en tout ce qu’il croyait perdu, insipide et sans saveur. En la perdant elle, il se perdait aussi.
Il consulta sa montre. Il était la fin de journée. Il avait passé la nuit avec Ellana, prenant soin d’elle pour ces premiers instants où elle faisait connaissance avec un enfant qui n’avait pas de père. Lâchement, cette contrainte l’avait arrangé. Cela lui donnait une excuse pour se défiler, pour être injoignable, pour ne pas agir trop vite. Il lui fallait mûrir la manière dont il allait s’y prendre. La mort dans l’âme, il savait qu’il devrait frapper un coup fort pour que tout soit définitivement terminé. Pour briser la fougère et l’empêcher de s’accrocher encore. Il lui troquait une existence malheureuse contre un chagrin éphémère. A cet instant, Matthew croyait véritablement qu’il faisait le meilleur choix pour eux. Que ce sacrifice serait son plus beau geste d’amour. Il y croyait comme l’homme sait que le soleil se lèvera tous les matins et qu’il se couchera tous les soirs. Ces certitudes se voulaient immuables pour affronter l’horreur de la situation. Il le fallait. Pour elle. Juste pour elle…

***

Le lendemain, Matthew ouvrit la porte de son bureau et longea les couloirs de la maison d’édition d’un pas décidé. Si son flegme ne laissait rien transparaître, son cœur était en train de battre comme un fou dans sa poitrine. Bien qu’il n’en ait nullement l’envie, Ellana l’avait renvoyé travailler plutôt que de rester sagement à son chevet, et à celui de James. S’il ne le désirait pas, il savait que ce n’était plus négociable. Les papiers qu’il détenait entre ses doigts lui brûlaient les mains. Il aurait voulu les jeter, les déchirer, les détruire, mais il n’en trouvait même plus la force. Ce qui lui semblait être du courage, il le rassemblait dans ce qu’il projetait de faire. Cruel. Froid. Terrible.

Quand il ouvrit la porte du bureau d’Héloïse, une expression glaciale était plaquée sur son visage. De ce face-à-face, il redoutait tout mais ne comptait pas faillir. Ce furent pourtant les prunelles de la femme aimée qui manquèrent de lui faire perdre tout son courage. Il la connaissait trop bien pour ne pas cerner la fatigue, le chagrin et l’inquiétude qui avaient alimenté ses larmes. Une lame plantée en plein cœur… Il se rappelait des promesses qu’il lui avait fait autrefois. La rendre heureuse… ne jamais la faire souffrir… Mais il n’avait pu tenir ses promesses. Il se sentait brusquement comme un imposteur, un criminel, un con devant ces yeux qui ne réclamaient que son amour. A toutes ces fois où il s’était répété que cet amour était une mauvaise idée, il répondait aujourd’hui vrai… « Bonjour. » glissa-t-il sans chaleur avant de s’avancer à son bureau. Il déposa les documents devant son nez. Sans plus de préambule, il poursuivit. « Voici ta lettre de renvoi. Je pense qu’il n’est plus nécessaire que tu travailles au sein des éditions McGregor. » Brutal. Violent. Mortel. Il ne se départait pas de cette expression hautaine qu’il avait su lui décerner autrefois. « Il faut comprendre que la situation est compliquée. » Elle n’était pas compliquée. Elle était sans issue. Il se faisait l’effet d’un monstre à chaque mot qu’il prononçait, ébranlant l’esprit de la jeune femme. Qu'en serait-il d'eux ? Il ne pouvait encore se résigner à l'annoncer. « Ne t’en fais pas pour la suite. Je te ferai des lettres de recommandation. Tu n’auras aucun mal à retrouver du travail dans une autre maison d’édition. » C’était encore la dernière chose qu’il lui paraissait encore possible de faire pour elle. Cependant, il connaissait déjà sa réponse. Elle refuserait d’être aidée, qu’il lui fasse un semblant de charité. Qu’importe. Il œuvrerait à son insu. Il osa tout juste la regarder quand il conclut maladroitement par un : « J’ai du travail. » avant de tourner les talons vers la sortie.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « There's a grief that can't be spoken. There's a pain goes on and on. Empty chairs at empty tables » Héloïse ♥   Jeu 15 Fév - 16:31

Encore un jour s’éveillant et venant chatouiller mon visage par les rayons du soleil. Encore une fois, mes iris claires sont déjà ouvertes lorsque l’astre inonde ma pièce de sa douce lumière, éclairant ma chambre, complètement en désordre, avec ces cartons recouvert d’une légère couche de poussière, sur ces vêtements jetés à la hâte. On pourrait presque croire que j’ai passé mon temps dehors et n’ait pas eu le temps de ranger cette pièce. Pourtant, la vérité est autre. Ces derniers jours, je suis juste capable de rentrer chez moi, de venir m’allonger dans mon lit et de me calfeutrer sous la couette, histoire de pleurer à mon aise. Quand les canaux lacrymaux sont secs, je passe le reste de mon temps à envoyer des messages à Matthew, à l’appeler. Mais à chaque fois, je me heurte à son silence, au fait de tomber sur sa messagerie, de laisser sa voix m’envelopper d’une douce chaleur, d’un fin sourire jusqu’à ce que le bip sonore me rappelle qu’il est temps de dicter mon message ou alors de raccrocher. J’ai fini par apprendre son annonce par cœur, étant la seule chose auquel je peux m’accrocher. Le son de sa voix. C’est tout ce qu’il me reste ces temps-ci, au moment où Matthew ne cesse de m’éviter. Ce que je ne comprends pas. Ce qui me tue à petit feu tant je ne supporte pas cette situation. Chaque jour, ma peine s’agrandit, mon cœur pleure un peu plus et je m’accroche au fur et à mesure qu’il devient plus distant. J’ai l’impression de nous revoir après notre dispute dans cette salle de musique, dans mon école. A la seule différence, qu’à l’époque, je savais pourquoi nos rapports étaient tendus. Or là, c’est tout le contraire. Je ne comprends pas son indifférence et sa froideur. Pourquoi m’ignore-t-il depuis le repas ? Je sais que je ne me suis pas bien comportée. Mais quand même, nous nous aimons suffisamment forts pour savoir que nous devons parler. Le dialogue est ce qui peut nous sauver. Et malheureusement, si je suis prête à discuter avec lui, ce n’est pas ce que souhaite mon petit-ami. Et ça me rend malheureuse. Je ne sais même pas où il est. Il a cessé de venir au bureau, il a cessé de répondre à mes appels. Autrement dit, je vis un calvaire. Je n’ose même pas appeler l’une de ses sœurs, elles doivent certainement m’en vouloir aussi d’avoir gâché le repas. Mais bon sang, je n’ai jamais été habituée à ce que l’on me traite ainsi. Plus que jamais, j’ai l’impression d’être une moins que rien, de mériter les pires châtiments du monde. Et dans un sens, je me dis aussi que je ne mérite pas que Matthew m’ignore. Pas après tout ce que nous avons vécu. L’espoir demeure là. Sans doute, cette situation est passagère et que bientôt, nous pourrons nous serrer mutuellement dans nos bras. C’est la seule chose qui me permet de me lever après une énième nuit blanche, le corps fracassé et la tête bourdonnante d’avoir tant pleuré. Il me faut aller travailler et avec un peu de chance, mon poète sera enfin là.

La douche me fait du bien et me permet de me réveiller un peu mieux. Mais ce n’est pas ça, et durant le trajet, je ne sais comment j’arrive à tenir pour ne pas m’endormir au volant. Une fois arrivée, le café est bienvenue et je prends place, non sans un pincement au cœur. Il n’est toujours pas là… Et ça me rend folle. Je n’ai personne à qui parler, personne à qui demander de me rassurer un peu. Encore moins son père m’ayant simplement glissé un regard glacial en guise de bonjour. Mon dieu… La situation devient tellement compliquée. Et pourtant, je tiens bon, me jetant sans trop tarder dans ce que j’ai à faire. Une montagne de dossiers pour combler l’inquiétude. Beaucoup de mails à traiter pour ignorer la douleur. Des appels à passer pour ne pas m’effondrer. Je ne fais donc plus attention à rien jusqu’à ce que j’entende des pas. Relevant la tête, je sens mes entrailles se tordre lorsque je constate que c’est Matthew. Et subitement, je suis envahie par une myriade de sentiments : un mélange de chagrin, de colère. J’ai envie de me redresser et de lui crier dessus. Mais nous sommes au travail et j’ai appris, avec le temps, à prendre sur moi. Et puis, je suis si fatiguée aussi… Je n’ai plus la force de rien, si ce n’est que de murmurer doucement « Ça me rassure de te voir… » Quand bien même, je ne devrais pas être aussi clémente. Pourtant, je suis terriblement soulagée de savoir qu’il va bien, qu’il est en vie. Pourtant, j’ai l’impression d’être tombée dans un bassin d’eau froide. Car si ma voix ne témoigne d’aucun mauvais ressenti à son égard, la sienne me vrille les tympans par sa froideur. Je suis pourtant prête à discuter mais il en décide autrement. Et ma surprise est grande lorsqu’il se contente de déposer des documents, me parlant de cette même voix dénuée de tendresse et de chaleur. Durant quelques secondes, je crois qu’il me parle d’un manuscrit sur lequel je dois travailler. Mais non, il parle de mon renvoi au sein des Editions et je sens comme un plomb atterrir au fond de mon estomac. « Je te demande pardon ? » Je bredouille d’une voix stupéfaite en regardant le papier où après une lecture rapide en diagonale, je comprends qu’il est en train de me renvoyer d’ici. Mon dieu… Mon cœur n’a jamais battu aussi fort que maintenant. Mes entrailles se tordent un peu plus lorsque je relève le regard, le fixant d’un air hébété. Je suis en train de chercher un quelconque signe d’amusement de sa part. ça ne peut être qu’une blague de sa part. Je ne vois rien d’autre, si ce n’est que je ne comprends pas. Lorsqu’il reprend la parole, j’entends ses mots mais je ne les intègre plus. Tout me semble être si loin alors, le monde me paraît si flou. Il me renvoie ? Il souhaite que je quitte les Editions, que je cesse de travailler avec lui ? Pourtant, les raisons me paraissent évidentes. Sans doute ce n’est plus possible d’œuvrer avec son père dans notre sillage. Mais pourquoi une telle froideur ? Pourquoi un tel éloignement ? « A-Attends ! Matthew ! » Je finis par dire en me redressant au moment où il s’en va. Heureusement, la pièce est petite et je finis par bien vite me retrouver devant lui, l’empêchant de quitter la pièce. Pas comme ça. Pas sur ces mots. Pas avec cette voix cruelle. Mes yeux sont déjà emplis de larmes mais je demeure forte et vaillante. Il faut que je comprenne. Il faut qu’il me dise ce qui le ronge. Il faut que cette tension cesse. Le fixant de cet air malheureux, j’essaye de parler d’une voix un peu trop tremblante à mon gout « Je peux comprendre tellement de choses. Je peux comprendre que tu m’en veuilles… Je peux comprendre que tu aies besoin d’être seul… Je peux comprendre que tu ne veuilles plus que je travaille avec toi, alors que ton père ne souhaite pas nous voir ensemble. Je peux comprendre tellement, parce que c’est toi… Parce que je suis amoureuse de toi… Parce qu’un bel avenir nous attend… Mais je ne peux comprendre tes silences… Tu n’as répondu à aucun de mes appels, ni de mes messages… » Avançant d'un pas, je romps la distance. Mes doigts viennent se perdre dans le tissu de sa veste de costume. Et je m’agrippe bien que mes mains ne cessent de trembler. J’ai tellement envie de me jeter contre lui, j’ai tellement besoin de sentir ses bras autour de moi, qu’il me dise que tout va bien, que je n’ai pas à m’inquiéter, qu’il est là. « S’il te plait. Il faut que tu me dises ce qu’il y a… Il faut que tu me parles comme tu as si bien su le faire auparavant… Je t’en prie… » Je secoue doucement la tête, sentant une larme rouler le long de ma joue tandis que je bredouille d’une voix ternie par ma peine « Cette situation est en train de m’achever doucement… Je ne peux plus rester dans ce silence… Je ferais tout ce que tu voudras mais je t’en conjure, parle-moi… Dis-moi ce que je dois faire pour que nous puissions être heureux comme avant… » Et finalement, le besoin se fait trop fort et finalement, je viens me blottir contre lui, humant son parfum avec force, laissant mon chagrin revenir au galop.  « Pitié… »

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « There's a grief that can't be spoken. There's a pain goes on and on. Empty chairs at empty tables » Héloïse ♥   Sam 17 Fév - 13:29

Le besoin de la prendre dans ses bras était trop fort, trop intense… mais il ne pouvait y céder, mettre à terre tous les plans qui étaient les siens. Il sentait les blessures de son cœur, semblables aux siennes. Il voyait le chagrin et l’inquiétude qui l’avaient ravagée ces derniers jours. La culpabilité l’étreignait à l’en rendre fou. Si son cœur avait été seul dirigeant de son être, il ne l’aurait jamais laissé seule, il lui aurait dit combien il la voulait pour toujours, que sa famille ne signifiait rien si elle était absente de son existence, qu’elle ne devait pas être inquiète, qu’elle ne devait pas douter… mais il ne le pouvait pas. Face à cette femme qu’il aurait voulu rassurer par des mots tendres, il se voyait devenir un homme froid et cruel, il se voyait être monstre. Il lui semblait qu’il revenait à cette époque suivant ce baiser incontrôlé qu’il lui avait donné. Combattant cet amour irraisonné qui le dévorait de l’intérieur, il n’avait eu d’autres recours que de la repousser pour ne pas céder à ses sentiments. Depuis le début, il savait qu’il ne pouvait s’autoriser cette passion avec Héloïse. Ils ne seraient jamais acceptés par son monde. Ils auraient dû toujours lutter. Son père n’aurait jamais donné son accord. L’amour ne saurait triompher face à des forces aussi puissantes et injustes. A l’époque, il n’avait voulu se faire aucune illusion sur la manière dont les choses se dérouleraient. Mais ce qu’il n’avait pas prévu, c’était que son amour devienne bien plus fort que la moindre de ses convictions. Ses sentiments l’avaient rendu aveugle… Et tout ce qu’il avait pu craindre autrefois était en train de se produire. Il se découvrait encore plus cruel qu’il ne l’avait pensé. Il lui avait promis qu’elle serait heureuse, qu’il se battrait pour eux, que l’amour serait plus fort… Tant de promesses qui n’avaient plus le moindre sens. Tout dans son cœur et dans son âme se révoltait. Il souffrait. Il suffoquait de cet amour dont la flamme s’éteignait peu à peu, étouffé entre les mains implacables de son père.
Comme il aurait voulu revenir en arrière… Revenir à ce voyage au Japon et réprimer ses sentiments pour la jeune femme. Cette nuit-là, il ne l’aurait pas veillée. Il ne lui aurait pas avoué qu'il l’aimait tant qu’il en souffrait dans chaque fibre de son être. Pas plus qu’il ne l’aurait entraînée dans cette histoire qui ne pouvait prendre qu’une issue tragique. L’effort était immense pour ne pas flancher face au regard malheureux de la femme qu’il aimait. Son cœur se lacérait dans sa poitrine sans qu’il ne puisse s’autoriser à laisser quoi que ce soit transparaître.

Tel un monstre implacable, il venait de déposer l’ordre de renvoi de la jeune femme sur son bureau, énonçant sa décision d’une voix glaciale. Il connaissait déjà la réaction d’Héloïse. Bien que cette nouvelle serait dure à avaler, elle songerait qu’il faisait cela uniquement pour calmer son père, non pour marquer la fin de leur histoire, sa volonté de ne plus jamais la voir. Il la connaissait par cœur. Car le cœur d’Héloïse était constitué d’espoir, de douceur et d’optimisme. Toutes ces qualités qui avaient fait qu’il l’avait aimée, qu’il l’aimait encore, et qu’il l’aimerait sûrement en dépit de tout. L’hébétude que lui renvoyaient ses prunelles sombres le mettait au supplice. Une seconde de plus dans ce bureau n’était pas soutenable. Tournant les talons, il s’apprêtait à partir mais cela aurait été mal connaître ce petit brin de femme qui refusait d’abandonner si vite. Sa mâchoire se comprima d’agacement et de douleur. Pourquoi le retenait-elle ? Pourquoi rendait-elle les choses plus dures ? Mais une part de lui n’avait pu s’empêcher d’espérer qu’elle se poste entre lui et la porte. Il n’osa la regarder, perdant ses yeux vers cette porte qui était à la fois son salut et son bourreau. Il ne pouvait soutenir ces prunelles baignées de larmes, ce visage implorant, cette expression de souffrance et de chagrin. « Héloïse… » souffla-t-il de dépit. Mais il n’en demeura pas moins stoïque, ne cherchant pas à s’échapper davantage. Il lui fallait encaisser chaque parole qu’elle prononçait de cette voix rompue de tristesse et de désespoir. Un bel avenir nous attend… Si seulement elle savait combien elle avait tort… Plus rien ne les attendait. Il ne s’agissait que de la fin de tout. La fin d’un rêve qui s’était révélé bien trop court. Quel idiot d’avoir pu croire un seul instant en eux, en l’avenir, et en l’amour. A sentir ses mains se poser sur lui, il manqua de tressaillir. Se rendait-elle compte de l’effet qu’elle pouvait avoir sur lui ? De la force d’attraction qu’elle pouvait détenir, mais il luttait contre elle désespéramment.
Lui parler… lui dire… que lui dire hormis qu’il n’avait plus le choix ? Que rester ensemble se résumait à une vie de torture et à une carrière brisée ? Héloïse était bien trop talentueuse, bien trop passionnée pour qu’il l’éloigne de son domaine de prédilection. Tout comme il ne pouvait la condamner à une existence où ils seraient sans cesse persécutés par son père. Lui-même n’était plus très sûr d’en avoir le courage. Il n’eut pas la force de la repousser quand elle vint se blottir dans ses bras. Il demeurait pétrifié. Sentait-il comme son cœur battait comme un fou ?

Lentement, tel un automate, ses bras se levèrent, faisant mine d’aller enlacer les frêles épaules d’Héloïse. Comme il fut dur de ne pas achever ce geste qu’il brûlait d’offrir. Une dernière étreinte qu’il pourrait graver dans son cœur à tout jamais. Car de ce parfum qu’il embaumait ses narines, il n’en sentirait plus l’odeur délicate. De cette chaleur qu’elle communiquait à son étreinte, il n’en ressentirait plus les bienfaits. De ces lèvres qui savaient sourire, il n’entendrait plus son rire délicat. De cette bouche qui savait si bien prononcer son prénom, il n’entendrait plus ses mots d’amour. Tout n’était que fin, ténèbres et abysses… Alors, avec la douceur des derniers instants, ses mains se posèrent sur ses épaules. « Il n’y a plus qu’une chose à comprendre, Héloïse. » Il l’éloigna de lui, se détachant à regret d’elle. « C’est fini. » annonça-t-il d’un ton calme. Aucune émotion. Aucune souffrance. Aucun scrupule. Il ne se laissait le droit de rien ressentir. Il recula d’un pas, son expression changeant du tout au tout. Il n’était plus tout à fait lui-même, un sourire cruel striant ses lèvres. « Tout ceci était peut-être amusant au début, mais ce n’est plus le cas. » Il s’adossa contre la porte, mains dans les poches dans une posture nonchalante. Comme il se haïssait en cet instant. Mais pitié… qu’elle y croit malgré tout. « Je dois tout de même admettre que c’était plutôt amusant au départ. Outre le fait que j’étais bien déterminé à emmerder mon père de t’avoir foutue entre mes pattes, ça changeait un peu de me retrouver avec une fille aussi… spéciale. » L’adjectif claqua dans sa bouche avec sarcasme et condescendance. Pour peu, c’était presque à croire que Jane avait parlé à sa place. Il poursuivit ce discours qui écorchait son âme et sa chair. « Dans le fond, tu es plutôt attachante, je dois le reconnaître. Je n’aurai jamais pu penser que toute cette histoire dure aussi longtemps. Je me lasse généralement plus vite. » Un an… à la fois long et tellement court… Pourquoi ne leur avait-on accordé qu’une si brève année ? Il haussa les épaules. « Seulement voilà… » Il marqua une pause, contemplant ce visage qu’il observait sans doute pour l’une des dernières fois. Arriverait-il à prononcer ces mots qui inscriraient encore plus de douleur sur le visage de la jeune femme ? Pouvait-il se résigner à la faire tant souffrir ? Quand sa voix se fit entendre, il crut que c’étaient les mots d’un autre qui venaient de résonner dans la pièce. « Les enjeux sont trop importants maintenant. Je ne veux plus défendre aussi farouchement un caprice. Tu n’en vaux pas la peine. »

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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « There's a grief that can't be spoken. There's a pain goes on and on. Empty chairs at empty tables » Héloïse ♥   Mar 20 Fév - 21:15

Je nous revois durant cette année. Si longue et à la fois si courte. Je nous visualise au Japon, témoin de notre incertitude et puis ensuite de l’aveu de nos sentiments. Il y avait ce besoin de l’autre inassouvi, il y avait l’espoir et la désillusion : nous n’avions rien à faire ensemble. Il était un être doté de lumières, venant d’un monde que je ne connaissais pas, quand moi je me trouvais dans la pénombre, vivant une existence des plus paisibles, auréolée de l’innocence dont je fais preuve encore. Il avait tout balayé, mes peurs, mes angoisses. Timide, je me découvrais un besoin de lui dire la vérité, de ne pas le laisser quitter cette chambre d’hôtel. Ça n’avait rien de sensuel, ni de charnel : c’était juste un besoin d’amour que je ne pouvais plus taire. Et la suite l’a démontré : notre histoire a été si belle. J’ai en tête chacun de ses mots, chacun de ses gestes. Je revois chaque expression de son visage. Que ce soit au sommet de la tour Eiffel, que ce soit le lendemain de Noël ou lors de ma remise des diplômes, il m’a toujours regardé avec l’amour au bord des lèvres, l’amour dans ses caresses, la tendresse faisant briller ses prunelles claires. Je n’ai jamais douté de ses sentiments pour moi. Il m’a aimé comme moi je l’aime encore. Et toujours. Parce qu’il a fait de notre relation quelque chose de spécial, parce qu’à travers lui, j’ai trouvé mon alter égo, mon âme sœur. L’inconnu au coin d’une rue, le palpitant battant si fort à en perdre la tête, la raison A se perdre soi-même. « C’est fini. » Aussi dévastateur qu’un je t’aime murmuré au creux d’une oreille. Je me demande si c’est une blague. Si je comprends que je suis l’objet de sa colère et de sa déception, je ne peux cependant laisser ces deux mots nous gâcher. « Matthew... » J’arrive tout juste à murmurer d’une voix blanche tandis que ses mains m’éloignent de lui. Doucement mais fermement. Je me laisse faire sans trop comprendre. Hier encore, nos lendemains n’étaient faits que de promesses. Aujourd’hui, j’ai l’impression de chuter à même le sol. D’en rencontrer la surface dure et rocailleuse, m’écorchant chaque parcelle de peau et d’âme. Pourquoi dit-il ça ? Pourquoi plus que jamais je ressens cette impression d’avoir tout gâché ? Qu’a bien pu dire son père lorsqu’ils se sont concertés en privé au moment de nous en aller ? Pourquoi notre histoire doit-elle se finir ainsi ? « Tu...Tu ne peux pas me faire ça… » Je gémis doucement en secouant la tête. Je suis si fatiguée et si lasse, ayant si peu d’énergie pour me mettre en colère, pour lui faire comprendre que notre combat doit continuer, qu’il faut croire en ce que nous nous sommes promis : d’être là l’un pour l’autre, de se soutenir quoi qu’il arrive. Je l’ai toujours pensé plus fort que moi. Me suis-je réellement trompée ? J’en viens à en croire, car chaque mot prononcé par l’homme que j’aime, me donne encore plus la sensation d’un couteau s’enfonçant dans mes chairs. Tout mon être entier hurle face à la douleur que je ressens. Elle n’est pas physique, elle se situe dans mes pensées, dans mon cœur, dans cet amour que j’ai cajolé pendant si longtemps. Face à un Matthew ne ressemblant pas à celui que je connais, je reste immobile, le fixant d’un air implorant laissant face, petit à petit, à une hébétude. Il me paraît si cruel alors tandis que je n’ose croire à ce qu’il me dit, comme si rien de tout ce qui s’était déroulé, entre nous, n’avait de sens. « Arrête… Je t’en supplie… » J’arrive tout juste à murmurer ces quelques mots, juste pour ne pas l’entendre plus. Mais hélas, ma requête n’est pas entendue. Car le plus terrible arrive : quand il dit que je n’en vaut pas la peine. A ce moment, je suis simplement capable de laisser échapper un hoquet empli de douleur, demeurant immobile. Si seulement… Si seulement, j’avais eu suffisamment de caractère pour pouvoir répliquer m'enrager, pour, ne serait-ce, que le repousser, pour l’empêcher d’en dire plus. Mais hélas, je ne suis rien de cela : je suis celle qui subit, qui se retrouve à contempler son amour la quittant, avec des mots si froids, si cruels que j’ignorais combien il était facile de jeter quelqu’un, de l’abandonner après lui avoir fait miroiter monts et merveilles durant tant de temps.

Pourtant, même si les mots me brisent le cœur, l’étincelle demeure encore vaillante. Elle ne s’éteindra pas facilement. Nous avons tant vécu tous les deux même si ça n’a duré qu’un an. Et j’entends encore ces mots d’amour, ces promesses. Nous devions même prendre un appartement. J’ai donné congé de mon bail pour mon appartement, j’ai commencé à emplir des cartons. Je ne peux pas croire que tout ceci n’était qu’une illusion, un passage éclair de bonheur. Qui, finalement, se révèle n’être qu’une vaste mascarade. « Je ne comprends plus rien... » Je secoue la tête, m’essuyant brièvement les yeux. « Comment peux-tu dire que c’est fini après tout ce qu’on a vécu ? Et puis, comment peux-tu dire des choses aussi terribles. Tout ceci après ces promesses… Ces projets… On doit s’installer ensemble et … » Mon visage n’est qu’un amas de douleur et de tristesse. Si depuis deux jours, je me sentais extrêmement mal, désormais ce n’est rien comparé à ce que je ressens maintenant. L’incompréhension me tétanise, l’amour me pousse à m’accrocher encore et encore. Il ne peut en être ainsi. Matthew a sans doute besoin d’être rassuré, que je lui montre que je suis là pour lui. Je m’accroche à d’infimes parcelles d’espoir, préférant presque me convaincre que non, il n’a pas évoqué notre relation comme une simple façon d’affronter son père, il ne m’a pas considéré comme étant « spéciale » avec tant de condescendance, que j’ai l’impression d’être revenu à ce fameux dîner, ressentant plus que jamais la sensation de n’être qu’une moins que rien… Non, il ne peut en être ainsi. « Je n’arrive pas à croire que tu puisses me dire toutes ces choses. Te servir de moi… pour contrer ton père. » Je secoue à nouveau la tête, sentant mon cœur s’effriter malgré tout. « Personne ne peut avoir si peu de cœur pour jouer avec les sentiments de quelqu’un...  » Je le fixe d’un air hébété, me demandant même si je ne me suis pas trompée sur lui. Il y a ce cœur fou d’amour qui se dit que non, il y a certainement une raison derrière tout ça. Et puis, il y a l’esprit qui intègre les gestes, les mots, qui se dit que finalement, Matthew s’est joué de moi. Malgré cela, j’ai l’impression que rien a de sens. Je suis tellement perdue. « Il y a forcément une raison… Et surtout, il y a une solution… On pourrait se cacher comme auparavant si c’est suffisant pour que nous soyons heureux… » J’ai presque envie de venir me blottir contre lui, de pleurer tout mon soul, mais je n’arrive plus à faire aucun geste, le palpitant meurtri, croyant encore à un peu d’espoir. « Mais s’il te plait mon amour… Ne me quitte pas… J’ai besoin de toi, je ne peux pas imaginer vivre éloignée de toi… Je t’aime bien trop… » Et je m’accroche, me servant, non pas de ce qu’il me dit maintenant, mais de nos souvenirs communs, de toutes ces fois où il a été merveilleux, drôle et aimant. Je ne peux croire que durant un an, il ait joué la comédie au point de m’avoir eu durant tout ce temps, au point de n’avoir rien vu venir. Ce serait si méchant d’ailleurs, de m’utiliser pour alimenter un conflit, de me laisser l’aimer au point de m’offrir entièrement à lui, mon âme lui appartenant désormais.
Il y a forcément une raison derrière tout ça…

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « There's a grief that can't be spoken. There's a pain goes on and on. Empty chairs at empty tables » Héloïse ♥   Dim 25 Fév - 19:38

« Matthew… Tu… tu ne peux pas me faire ça… » Ses entrailles se tordirent d’une douleur atroce. Jamais encore, il n’avait vécu pire épreuve que celle-ci. Que le ciel lui fasse revivre mille fois le jour où il avait découvert l’infidélité de Jane et qu’il se fasse planter à l’autel le jour de leur mariage, plutôt que de devoir causer une telle peine à Héloïse et mettre un terme à leur histoire. A chaque mot qu’il prononçait de cette bouche devenue une arme cruelle, il se parjurait lui-même. Il trahissait son cœur, son esprit et son âme en assénant des paroles meurtrières à l’être si tendre qui se trouvait en face de lui. A voir ce visage si délicat se tordre de douleur, une révolte enfla en sa poitrine. N’avait-il pas le choix ? Ne pouvait-il pas exister un autre moyen ? Il l’aurait emmenée avec elle. Il l’aurait éloignée de tout cela. Il l’aurait protégée comme il avait promis de le faire depuis les premiers instants. Oui… fuir… Pourquoi ne pourraient-ils pas jouir de ce bonheur si pur que d’aimer ? Pourquoi les sentiments qu’ils possédaient l’un pour l’autre n’était pas une raison suffisante pour qu’ils demeurent ensembles ? Mais l’égoïsme de ses pensées et de ses désirs le renvoya à son propre égoïsme. Les paroles de son père le heurtèrent de plein fouet. Avait-il le droit de l’ôter à sa famille ? Qui était-il pour la forcer à une existence où ils devraient se battre ? Se cacher ? Se refuser tout ce dont ils auraient pu jouir s’il n’avait pas été lui, et si elle n’avait pas été elle ? Il lui vint le dégoût atroce de ses origines, de son nom et de sa famille. Que n’aurait-il pas donné pour n’être rien en cet instant ? Pour parjurer son nom et ne plus être un McGregor. Pour être digne de l’aimer sans souffrance et jugement. Mais il ne le pouvait pas. Ses mains étaient liées. Son besoin de la préserver était trop puissant pour flancher aux inflexions de son âme. Il ne pouvait la prendre dans ses bras. Pas plus qu’il ne pouvait revenir sur la moindre de ses paroles. Même s’il devait s’en déchirer l’âme, il fallait qu’elle croie à ce ramassis d’horreurs qu’il était en train de lui servir. Il fallait qu’elle se convainque qu’il n’était qu’un être froid, cruel et manipulateur. Il préférait encore être haï que de la savoir se perdre à cause de lui. Il préférait encore sa colère à ses larmes.

Il ne savait pas à quelle réaction s’attendre tandis qu’il déversait tout ce fiel mensonger. Son sourire narquois exprimait une nonchalance qui masquait la tourmente de son esprit. Il dévisagea longuement celle qui était sa triste proie, attendant de voir quelle serait la suite. Il en espérait de la colère. Une fureur qui la pousserait à le rejeter, à lui hurler dessus, même à le frapper s’il le fallait. Il voulait voir luire le dégoût et la haine dans son regard, même s’il savait que la moindre étincelle de colère de sa part achèverait de lui fendre le cœur. Hélas, ce fut rendre la torture plus violente encore que de la voir s’accrocher de la sorte. Elle n’osait croire à aucune de ses paroles. Elle se raccrochait désespéramment à des souvenirs, à des mots qui prouvaient qu’elle n’était pas rien pour lui. Elle était son ciel, sa terre, soleil et ses étoiles. Elle était cette lumière dans l’obscurité qui avait su le guider vers une existence aux couleurs éclatantes et chatoyantes. Elle était la vie. Elle était sa vie. Et en laissant s’éteindre cette flamme d’amour dans ses prunelles sombres, il mourait avec elle. Il serait étouffé avec elle, réduit à l’état de cendres froides. « Tu es décidément bien trop naïve pour avoir pu croire une seule seconde que nous pourrions avoir un avenir ensemble. » Déménager et vivre ensemble. Devenir un véritable couple, peut-être un mari et une femme, et plus tard des parents… Autant de projets qui avaient résonné comme des pures évidences aux oreilles de Matthew. Aujourd’hui, il s’en voulait de cette folie, de ces illusions qu’il avait plantées tout au long de son chemin. Comment avait-il pu croire une seule seconde que la vie pourrait être aussi simple ? Comme il s’en voulait d’avoir été si idiot… et pire encore, d’avoir entraîné Héloïse dans ces mirages cruels.
Incapable d’encaisser la moindre vérité qu’il lui jetait au visage, la brune s’enlisait dans ses chimères. Un soulagement coupable le transperça de constater qu’elle ne baissait pas les bras si vite, qu’elle ne pouvait croire aussi facilement à la nature mauvaise qu’il essayait de se donner. Sa fierté de l’observer se démener fut encore plus douloureuse à encaisser. Plus encore de l’entendre deviner la vérité. Oui, il y avait une raison. Sa méchanceté n’était pas innée. Elle n’était même pas voulue. Il y était contraint, forcé… Son cœur se serra dans sa poitrine à l’idée qu’elle puisse pousser plus loin ses réflexions désespérées. Il savait que si la moindre lueur d’espoir luisait entre eux, elle n’abandonnerait jamais. Or, c’était exactement ce pour quoi il œuvrait. Il voulait la voir abandonner. « Héloïse… » Il ne put s’empêcher de lâcher ces mots avec une douleur qu’il tenta de masquer par une inflexion plus agacée dans le ton de sa voix. Ne rêvait-il pas lui-même de se cacher ? D’abandonner tout pour ne s’abreuver jamais que de l’amour qu’il lisait dans ses prunelles ? A toutes ses demandes, il voulait céder. Il voulait la serrer contre lui à lui en briser les os. La couvrir de promesse d’amour et de bonheur à l’en rendre ivre. Il la voulait pour lui tout seul. Damner père, mère, sœurs et amis juste pour l’entendre murmurer encore et encore son prénom…
Mais il n’avait pas le droit.
Il ne pouvait pas flancher.
Il ne pouvait pas être si égoïste.
Il fallait la briser.
Encore une dernière fois.

« Regarde-toi… » lâcha-t-il avec lassitude. « Tu es pathétique. » Il soutint son regard sans aucune fierté. Sa lâcheté le rendait fou. Pour poursuivre, il détacha son regard d’elle et fit quelques pas dans la pièce. Il s’approcha du bureau, fit mine de s’intéresser à quelques papiers sans en avoir l’air. « Comment as-tu pu croire une seule seconde que nous pourrions avoir un avenir ensemble ? Que tu pourrais même être différente des autres ? » Son regard croisa brièvement le sien. Glacial et rieur. « Ce n’est pas comme si tu n’avais pas été mise au courant. Ton erreur a été de toujours vouloir croire désespéramment que je pouvais être quelqu'un de bon. » Héloïse n’avait jamais ignoré la réputation qu’il traînait derrière lui quand elle était arrivée dans la maison d’édition. Un coureur de jupons qui se moquait bien des états d’âme de ses proies.  Des cœurs et des orgueils, il en avait brisé beaucoup. Sauf qu’Héloïse avait été différente. Il n’avait jamais voulu la faire souffrir, la quitter, la mésestimer. Il ne voulait que construire avec elle un avenir qu’ils n’auraient finalement jamais. Dans le fond, même si ce n’étaient que des mensonges, ce n’était pas incohérent. « Je dois cependant admettre que tu avais ce petit quelque chose de spécial qui te rendait plus agaçante que les autres. J’ai failli croire que mon père avait définitivement trouvé une personne dont je serai désintéressé. Mais tu as été étonnante. Tu es plus pugnace que je le croyais même si tu restes une pauvre chose fragile. Et c’était vraiment amusant de changer un peu de toutes les idiotes que je me tape d’habitude. » Parce qu’elle était différente. Sublime. Unique. Étincelante. Il ne voulait pas la perdre. Je ne veux pas te perdre… Pitié, ne m’en veux pas. « J’aurai bien fait durer le plaisir plus longtemps, mais ça commençait à prendre des proportions un peu trop grandes. J’avais trop à perdre et surtout… » Il laissa phrase en suspens. Le temps d’aller se placer derrière le bureau de la jeune femme. Il darda un regard cruel sur Héloïse. Pitié, ne me regarde pas avec ces yeux-là… « Pas assez à gagner. » Il attrapa les papiers qu’il avait déposé devant elle en arrivant ici quelques minutes plus tôt. Il les agita mollement dans l’air. « Tu n’as qu’à te consoler avec l’idée que, d’ordinaire, je ne traite pas mes relations avec autant de soin une fois que je les quitte. » Sois forte. Sois brave. Sois violente. Sois haineuse. Sois cruelle. Mais je t’en prie, ne t’accroche pas.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « There's a grief that can't be spoken. There's a pain goes on and on. Empty chairs at empty tables » Héloïse ♥   Jeu 1 Mar - 11:14

Le poids des mots est tellement dévastateur. Il est si facile de briser une personne rien qu’en se servant de sa bouche, en déversant un flot de venin l’atteignant au plus haut point. Il est facile d’user de la méchanceté en frappant là où ça fait mal, là où il devient difficile de lutter, faisant que le combat cesse. Au moins, j’aurais été jusqu’au bout, je me serais accrochée. Mais à quel prix ? Est-ce ainsi que doit se terminer un an d’amour ? Dans une désillusion cruelle, dans la révélation d’une vérité que j’ai, jusque-là, ignoré. Comment pouvais-je savoir que tout était faux… Comment aurais-je pu avoir le moindre soupçon. Je n’ose y croire. Et pourtant, malgré mes supplications, les mots me vrillent mes tympans, m’atteignent en plein cœur, m’écorchent l’âme. Comment peut-il dire que tout ce qui s’est produit n’a eu aucun sens pour lui, que tout a été fait pour affronter son père. C’est si illogique à mes yeux, et pourtant, l’attitude de Matthew finit par doucement me convaincre du contraire. De ses mots empoisonnés, je me laisse atteindre par le venin, se diluant dans mes veines, s’insinuant dans mon esprit. Rien n’a eu de sens alors… Absolument rien… Et je demeure immobile, tenant debout parce que mes jambes ne se sont pas encore écroulées quand tout est en train de chuter autour de moi. Mon monde. Mon présent. Mon futur. Les souvenirs demeurent autour de moi et chaque détail me ramène à cet homme en qui j’ai donné ma confiance, en qui je me suis offerte comme jamais, en qui j’ai pris soins plus que ma propre vie. Cet homme me faisant comprendre que notre relation n’a été bâtie que sur des mensonges, que si moi j’ai aimé passionnément, il en a rien été pour lui. Tout commence à devenir clair. Je sors d’un brouillard épais et mon chemin s’éclaire pour m’offrir le néant. Je n’ai que ça de toute manière… Je n’ai pas le choix que d’accepter et d’encaisser. Même si la pilule passe difficilement. « Tu me trouves pathétique … ? » Les sentiments contraires font rage en moi. Entre déception et passion, je ne sais sur quel pied danser. Dois-je accepter ou me battre encore ? Pourtant, quel est mon combat ? Celui d’entendre les pires insanités à mon égard, de comprendre qu’à tout donner à quelqu’un, on finit par se perdre. Cela en est trop pour moi. Toutes les mauvaises émotions de ces derniers jours finissent par ressortir et finalement, je romps la distance pour m’approcher de lui, laissant parler toute la négativité en moi. Et ma main se lève pour lui coller une gifle retentissante. Pourtant, je n’arrive même pas à être en colère, fixant ce regard que j’ai adoré, que j’aime et que j’aimerais pour un bon moment. « Etait-ce pathétique de  vouloir t’aimer, de te soutenir, de vouloir te libérer de tes chaînes familiales ? » Un gémissement franchit mes lèvres tandis que je me tais, reculant d’un pas. Je n’ose même pas croire que j’ai pu perdre mon sang froid et l’avoir giflé. Et pourtant, c’est bel et bien le cas…  « C’est… C’est… » Je secoue la tête doucement, laissant couler mes larmes, « Je dois rêver… C’est juste un horrible cauchemar… J’aimerais tellement me réveiller même si je sais que ce n’est pas un songe, hélas…  » Je le fixe d’un air implorant face à son visage de marbre, dénué du moindre chagrin, d’une once de compassion. « Comment peux-tu dire de telles horreurs… Comment peux-tu me faire comprendre que tout ce qui s’est passé entre nous n’a eu aucun sens pour toi… » Je l’observe, tenant ces papiers de renvoi. « Comment ai-je pu être aussi bête aussi… » Le cerveau a emmagasiné l’information. Tout est fini Et le combat me paraît vain, je cesse de lutter parce que, dans le fond, ça ne sert plus à rien. C’est un pugilat en solitaire et perdu d’avance. Après une belle histoire, voilà qu’il me vire comme une malpropre. Sans aucune forme de politesse que celle de me déverser tant d’atrocités. En cet instant, le poids des mots est fort. Il est si terrible que je suis confortée par l’idée que le monde ne peut plus tourner, que je n’ai pas à m’en faire… Peut-être qu’il s’arrête en cet instant. Ainsi c’est ça ? Avoir mal à un point que seule l’envie de mourir nous taraude ? Ainsi est-ce ça d’aimer une personne au point de ne pas pouvoir entrevoir une lueur d’espoir. La chute paraît sans fin. Et les mots se meurent à la lisière de mes lèvres. Je ne me sens plus assez forte pour lutter tandis que mes mains finissent par se rejoindre, mes doigts s’effleurant et venant toucher le métal précieux ornant mon annuaire. J’ai perdu la partie et cette fois-ci, lorsque je tends la main, il n’y a qu’une profonde lassitude. Mes gestes sont lents tandis que je saisis sa main libre pour y déposer la bague qu’il m’a offerte à notre premier Noël, celle d’une promesse qu’il m’a faite. Je crois entendre sa voix résonner à mes oreilles lorsqu’il me murmurait qu’il ne me laisserait pas tomber. « Il vaut mieux que je te la rende alors… Histoire que tu puisses réitérer ton petit numéro…  » Mes yeux se posent sur le bureau, fixant d’un air hagard ce que je dois récupérer, n’osant même plus regarder cet être que j’ai tant aimé. « C’était très convaincant… » Je prends alors les papiers qu’il tient dans son autre main, les papiers qu’il faut que je signe marquant ainsi la fin d’une ère. J’ai fait mon temps ici, j’ai été heureuse la plupart du temps. « S’il te plait, peux-tu t’en aller ? Je te signerais les documents, je vais récupérer mes affaires … Et m’en aller. Mais laisse-moi juste la possibilité de quitter ces bureaux avec le peu de dignité qu’il me reste… » Au point où nous en sommes, je ne serais guère surprise de voir ma requête refusée. Ainsi, la fougère aura été piétinée avec acharnement. Pourtant, malgré ce qu’il m’arrive, mon âme reste encore pure. Il a juste ôté toute forme d’innocence et d’enthousiasme. Je me sens vide. « S’il te plait Matthew… Va-t-en… » Finis-je par dire en contournant mon bureau, pour regarder l’écran de l’ordinateur et éviter de croiser son regard. Je serais capable de m’écrouler et d’éclater en sanglots.
Si seulement, j’avais pu préparer mon cœur à un tel chagrin…

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « There's a grief that can't be spoken. There's a pain goes on and on. Empty chairs at empty tables » Héloïse ♥   Jeu 1 Mar - 21:16

Il est des douleurs indicibles. Qui ne peuvent être contées. Ecrites. Ou simplement envisagées. En observant le visage d’Héloïse se tordre de douleur à l’assaut de ses mots, il se sentait mourir un peu lui-même. Lâche, il l’était. Cruel, bien plus encore. Ah comme il se haïssait en cet instant présent ! Du premier jour où il avait compris que la jeune femme était sa destinée, son unique désir avait été de voir l’étincelle de bonheur et d’amour dans ses yeux. Tout ce qu’il désirait, c’était qu’elle soit heureuse. Qu’elle ne manque de rien. Qu’elle vive une existence d’une douceur égale à la sienne. Qu’elle soit chérie par quelqu’un qui la méritait. Matthew avait cru, l’espace d’un rêve, que son vœu avait été exaucé. Il ne s’était juste jamais figuré que l’avenir d’Héloïse se construirait sans lui s’il souhaitait que ses désirs se réalisent. Sa présence dans sa vie n’apporterait que le malheur, que la désillusion. Et pour éviter que son futur ne soit terni par l’absurdité du sort, il lui fallait frapper un grand coup. S’il se détestait déjà, elle devait le détester plus encore. Dorénavant, il fallait que le nom de Matthew claque dans sa bouche avec dégoût. A sa simple vision, il la voulait révulsée. Et pour atteindre ses atroces volontés, l’éditeur avait compris qu’il ne pouvait exister qu’un unique moyen : lui faire perdre toute lueur d’espoir. Lui ôter cette lumière qui brillait au fond de son cœur. Retirer l’éclat à ses sombres prunelles. Eteindre ce feu si puissant que la passion et l’amour attisaient. Il devenait son bourreau pour la protéger. Bien à regret…

Il se remémorait sans mal ces premiers instants auprès d’elle. A la voir maladroite, rougissante, empotée et intimidée, il ne lui avait pas donné une semaine. Rares étaient celles qui parvenaient à tenir longtemps un poste auprès de lui, surtout les fragiles stagiaires. Pourtant, elle s’était accrochée contre toutes attentes. Elle s’était montrée entêtée, déterminée et volontaire, à tel point qu’il en avait été ébranlé lui-même dans ses habitudes. Elle n’avait pas uniquement chamboulé son quotidien. Elle avait renversé son univers entier par sa douceur, son amour, sa détermination, cette magie qu’elle possédait en elle. Cette grâce avec laquelle elle savait sublimer le sentiment amoureux. Elle l’avait pas seulement aimé. Elle lui avait rendu l’amour. A son cœur. A son âme. A son être froid et malade. Dans ses ténèbres, elle avait rallumé les étoiles… Et une à une, Matthew était en train de les éteindre. « Tu me trouves pathétique… ? » A la souffrance dans la voix de sa bien-aimée, Matthew ne sut comment il parvint à ne pas flancher. Inébranlable, il soutenait son regard avec un rictus cruel. Grimace atroce sur ce visage à qui Héloïse avait rendu sa douceur autrefois. Ces temps étaient morts… Il ne chercha pas à éviter cette gifle qu’il reçut. Il la méritait. Il le savait. Et cela empêchait son cœur de crier que tout ceci n’était qu’un tissu de mensonges. Il l’aimait. Bon sang, je t’aime Héloïse ! Il n’osa prononcer la moindre parole de la jeune femme, de peur de laisser échapper une vérité malencontreuse. Lentement, il pouvait voir l’étincelle dans son regard s’amenuiser. Il la sentait perdre pied jusqu’à chuter complètement. Il observait l’espoir s’envoler de sa poitrine amoureuse. Cet amour avait du sens pour lui. Elle n’avait jamais été pathétique d’avoir voulu l’aimer, le soutenir, le libérer… Elle avait été tout cela à la fois. Et presque par gratitude, il lui rendait ses sacrifices pour un avenir qu’il jugeait meilleur pour elle. En avait-il le droit ? Il tentait de ne pas se poser la question… Son cœur se mit à battre comme un fou de ne pas pouvoir la prendre dans ses bras alors qu’elle était si proche de lui. Il pouvait sentir les effluves délicates et enivrantes de son parfum. Il pouvait presque sentir son souffle impétueux sur sa peau. Mais tout ce qui était chagrin sur son visage se transformait en colère. Il obtenait ce qu’il désirait, mais jamais victoire ne fut plus amère que celle-là. En la voyant retirer cette bague qui scellait une promesse faite autrefois, ses entrailles se tordirent. La culpabilité le heurta en pleine poitrine. Il avait promis de la rendre heureuse… il espérait que ce sacrifice en vaudrait la peine. Il se retrouva bientôt avec l’anneau entre ses doigts. Le contact du métal le brûlait presque. Pitié, garde-le… Il est à toi. Il est à nous. Il sera une part de moi avec toi… Son visage demeurait de marbre tandis qu’il enfouit le bijou dans la poche de son pantalon. La donner à une autre ? Folie ! Insensé ! Elle représenterait à jamais ce qu’ils représentaient autrefois l’un pour l’autre. Oh, maintenant, elle y croyait. La trahison. La honte. Le chagrin. La révolte. Il lisait tout cela dans son regard. Elle lui demandait de partir. En franchissant le seuil de ce bureau, il savait que cela serait la dernière fois qu’il aurait un échange avec elle. Il y avait peu de chance qu’ils se recroisent un jour. Elle partirait aujourd’hui. Son renvoi était imminent. Son cœur ne put s’y résoudre tout de suite. Alors qu’elle se dérobait obstinément à son regard, il la contempla une dernière fois. Sa chevelure chaude et brune nouée en une natte désordonnée dans lesquels ses doigts ne pourraient plus se perdre. L’ovale délicat de son visage qu’il ne pourrait plus caresser avec tendresse. La courbe gourmande de ses lèvres qu’il ne pourrait plus embrasser. L’éclat de ses prunelles sombres qui ne brilleraient plus pour lui. Sa peau douce et laiteuse qui ne frissonnerait plus jamais à son contact. A tout cela, il offrait un adieu silencieux. Un pardon muet tandis qu’il tournait les talons sans oser profaner le silence qui s’était instauré entre eux. Toute parole plus haineuse aurait été cruelle. Il sortit du bureau avec la sensation d’avoir laissé toute son âme, son cœur et son être de l’autre côté de la porte. Il venait de perdre la vie. Il marcha tel un automate jusqu’à son propre bureau. Et alors qu’il allait refermer la porte derrière lui, il croisa le regard de son père. Un bref coup d’œil où l’accord tacite venait d’être passé. L’expression de triomphe qui enlaidit les traits de son père manqua de lui faire avoir un haut-le-cœur. Il préféra s’enfermer seul dans son antre, seul avec sa peine. Un silence mortuaire le cueillit. Il se sentait engourdi par l’océan d’émotions qui le submergeait mais qu’il se devait de contrôler. Tout ceci ne lui paraissait pas réel… Lentement, il sortit la bague de sa poche, la contemplant comme observerait un trésor perdu… Ses paroles lui revinrent en mémoire. De cette confession qu’il avait autrement faite à la nuit.

J’ai peur de t’aimer à peu près, de ne pas mériter tout cela. Je voudrais être entièrement digne de toi. Je voudrais t’aimer mieux, Héloïse Bennett…

Il avait échoué…

FIN
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