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  Phantom faces at the window, phantom shadows on the floor, empty chairs at empty tables where my friends will meet no more. ❅ Héloïse&Ellana

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Ellana McGregor
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MessageSujet: Phantom faces at the window, phantom shadows on the floor, empty chairs at empty tables where my friends will meet no more. ❅ Héloïse&Ellana   Sam 24 Fév - 14:49

Phantom faces at the window, phantom shadows on the floor, empty chairs at empty tables where my friends will meet no more.
Héloïse ∞ Ellana
Cela fait quelque temps que je trouve Matthew étrange. Je ne saurais expliquer pourquoi mais j'ai remarqué à quel point son humeur était changeante. Avec moi, il se forçait à sourire, il s'occupait de Jamie de façon merveilleuse et je voyais en lui l'oncle parfait et la figure masculine idéale pour mon fils. Cependant, quand il ne pensait pas que je le regardais, je voyais bien son sourire se faner, ses traits se durcir et son regard devenir vide. J'essaye de temps en temps de savoir ce qu'il y a de nouveau dans sa vie sans l'accuser de ne rien me dire. Il reste très succin, en surface et ne rentre jamais dans les détails. Je connais assez mon frère pour savoir que c'est grave, et je le connais aussi assez pour savoir que, tant qu'il ne voudra pas me le dire, il ne faut pas le forcer. Quand il est avec moi, je fais donc tout pour qu'il passe un bon moment, tout pour le voir sourire, le faire rire et pour qu'on fasse des choses ensemble. Il est vrai que maintenant, je me rends compte à quel point ma famille pouvait me manquer quand j'étais en Angleterre. Bien sûr, j'étais heureuse à cette époque, mais bon sang ce que ma famille pouvait me manquer. Ce genre de moments simples avec mon frère me permettait de voir l'Amérique sous un nouveau jour. Je me rends bien compte que ce n'est pas tant le pays qui compte, mais bel et bien avec qui nous nous trouvons.
Seulement, plus le temps avance, plus j'ai besoin de savoir ce qui ne va pas. Je m'inquiète sincèrement pour lui et j'aimerais qu'il s'ouvre à moi comme j'ai pu le faire récemment. Je ne sais pas ce qui lui arrive mais je suis certaine que cela a à voir avec notre père. Je me souviens qu'avant la naissance de mon fils, papa mettait la pression sur les épaules de Matthew, et si cette fois il avait réellement craqué. Je dois absolument savoir ce qui ne va pas et rapidement maintenant. J'en ai marre d'attendre, et s'il veut rien me dire, je serais capable de le torturer... Bon, peut-être pas, mais je pourrais faire de super bons plats et lui dire qu'il n'a pas droit de les manger... C'est une bonne torture ça non ?

Je soupire alors que je mets mon manteau, Jamie est prêt pour sortir et nous allons faire une petite balade. Dans son manteau ourson, il est tout simplement adorable. Il commence à bien ouvrir les yeux, et s'il ne discerne encore pas tout, je vois bien qu'il en prend plein la vue chaque fois que l'on sort. Il est tellement adorable que j'ai une chance inouïe. Oui, il ne fait pas encore bien ses nuits, mais dans le fond il ne se plaint jamais, il s'occupe comme il peut, il est fasciné par son doudou et je dois avouer que je suis aux anges. Et puis, chaque fois qu'il me voit au réveil, il a cette façon de me sourire qui est tout simplement craquante. Comment ne pas être amoureuse de ce petit bout de chou.
Aujourd'hui le soleil est présent et il faut clairement en profiter. Je finis par sortir et je commence à marcher dans la ville. Je ne sais pas où je vais mais cela n'a pas vraiment d'importance dans le fond. Je vais là où mes pas me porte et je pense que c'est une bonne philosophie. Pendant que je déambule dans les rues, mon esprit ne résiste pas à l'envie de penser à Thomas. Cet homme auquel je pense certainement trop, mais qui pourtant ne quitte pas mon esprit. Je repense à notre nouvel an, simple et tellement sincère à la fois, à ces merveilleuses choses que nous avons pu nous dire. Nous nous sommes rarement vu depuis car il travaille beaucoup et je m'occupe de James, mais nous nous envoyons souvent des messages, tard le soir, et je m'endors toujours le sourire aux lèvres. De plus, il me doit un dîner. Il nous doit un dîner, rien que lui et moi...
Alors que je souris bêtement, je remarque une silhouette que je reconnais. Je la fixe certainement un peu trop mais c'est belle et bien elle et je suis tellement heureuse de la revoir. Je m'avance vers elle, essayant de ne pas la percuter avec ma poussette non plus, ça pourrait lui faire mal.
- Héloise !!! je dis avec un immense sourire.
Par reflexe je la prends dans mes bras. J'ai toujours été ainsi, au plus grand désespoir de mon père, et de mon frère et ma soeur parfois. Dès que j'apprécie quelqu'un, je lui fais des câlins, souvent, trop souvent.
- J'ai l'impression que cela fait tellement longtemps ! Comment vas-tu ? Ca te dirait qu'on aille boire un thé, je commence à avoir mal aux pieds et je pense que nous poser nous fera du bien ? Qu'est-ce que tu en dis ?
Je parle beaucoup, je ne remarque pas d'abord sa mine basse et je me sens soudainement un peu honteuse. Maintenant, plus encore j'ai envie qu'elle vienne avec moi, mais je ne pourrais pas la forcer. J'espère vraiment qu'elle va vouloir s'ouvrir à moi car je sens bien qu'elle a besoin de parler, et elle s'ouvrira peut-être plus que Matthew... Et si cela concernait Matthew ? Non... Il me l'aurait dit... Je crois...
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: Phantom faces at the window, phantom shadows on the floor, empty chairs at empty tables where my friends will meet no more. ❅ Héloïse&Ellana   Dim 25 Fév - 22:52

« Tu es décidément bien trop naïve pour avoir pu croire une seule seconde que nous pourrions avoir un avenir ensemble. »

Ça fait quelques jours que je tourne en rond. Quelques jours où les jours se succèdent et se ressemblent. Quelques jours où j’ai pris l’habitude de faire semblant. Mentir est devenu mon passe-temps, n’ayant eu d’autre choix que de quitter l’appartement où je vivais. Je croyais le quitter pour m’installer avec Matthew. Mais hélas, il n’est rien de tel. D’un avenir plein de projets et de promesses, je me retrouve à m’envelopper de douces illusions et de mensonges éhontés. Je suis tellement pathétique. A en pleurer. Je me déteste au point où je suis incapable de dire la vérité à quiconque, ne serait-ce qu’à ma famille. Je suis retournée chez ma grand-mère en attendant, ayant prétexté que l’emménagement avec Matthew ne verrait le jour que lorsque les potentiels travaux seraient finis. Elle est si loin de la vérité, si loin de savoir, qu’en réalité, il n’y a pas de travaux, pas d’appartements, rien que l’obscurité et les larmes pour me rappeler ce que j’ai perdu… Incapable de l’admettre aussi, je continue de m’accrocher, dans l’espoir qu’il pourrait revenir sur sa décision, qu’il pourrait se rendre compte qu’il m’aime, que j’ai tant voulu pour lui, tant souhaité d’ailleurs. Aussi, je ne peux me résoudre à accepter l’évidence : il m’a quittée. Il m’a laissée tomber et désormais, j’erre comme une âme en peine dans les rues de la ville. La journée, je marche inlassablement, faisant croire que je travaille quand j’ai été virée, que je suis en train de préparer ma future vie quand celle-ci s’est arrêtée. J’évite tous les endroits où je pourrais augmenter la blessure lancinante que je ressens en moi. Comme une pointe s’enfonçant dans mes chairs meurtries. Il me manque tellement… A un point que ça en est inimaginable. L’amour se bat contre la déception, le chagrin constant et la cruelle sensation de désillusion… J’avais tout faux et désormais, je m’aperçois combien j’ai tout misé en lui, combien je l’ai mis sur un piédestal, le faisant briller en m’effaçant. A ce jour, je me suis perdue. Seule. J’ai l’impression d’être vide, de n’avoir rien d’intéressant à donner, à partager. Je suis vide.

 « Tu es pathétique »

Et le soleil régnant sur Los Angeles ne suffit pas à m’apporter de la joie. Marchant, mon regard perdu dans le vide, j’avance sans but autre que de m’occuper, mon esprit divaguant vers des temps heureux. Des temps, désormais, anciens. Et je sursaute lorsque je finis par croiser Ellana. Je ne m’attends pas à la voir, ni même à ce qu’elle vienne à ma rencontre. Son esprit aurait pu réchauffer mon âme gelée, mais des jolies couleurs que j’appréciais voir, je ne les vois plus, mon monde étant devenu terne depuis. « Ellana… » Je murmure doucement, le cœur battant la chamade tandis qu’elle m’enlace avec affection. Je ne fais plus attention à ce qui m’entoure et j’aurais très bien pu lui rentrer dedans, que je ne l’aurais pas reconnu. La voir enjouée, cependant, fait plaisir à voir. Tout comme sa poussette que je finis par remarquer. Ainsi, son enfant est né. Je savais qu’elle devait accoucher, Matthew m’en avait parlé. Mais depuis, tous les contacts ont été rompus, je me suis convaincue, qu’après le repas catastrophique, Ellana ne voulait plus me parler. Pourtant, avec sa sœur, elles se sont tellement appliquées à m’aider dans cette préparation que ce soit la tenue ou le cours de maintien pour bien me conduire à table. Hélas, tous ces efforts n’ont servi à rien. Quand elle me propose d’aller boire un thé avec elle, je ne sais que répondre. Que pourrons-nous dire alors que plus rien ne nous lie désormais ? J’étais si contente de la considérer comme ma belle-sœur…

« Comment as-tu pu croire une seule seconde que nous pourrions avoir un avenir ensemble ? Que tu pourrais même être différente des autres ? »

Face à ses paroles emplies de bons sentiments et de bonne volonté, je suis incapable d’en voir le positif. Je suis dans un état second, occupée à regarder la poussette et puis Ellana, puis la poussette à nouveau. « Il est né… » Mes yeux rencontrent le visage endormi d’un adorable poupon. Son fils. Il paraît si paisible et en bonne santé et je suis ravie. Tout comme de voir qu’Ellana a l’air d’aller bien mieux. Chaque jour semble la rendre encore plus gaie et enjouée. Et je pourrais tellement être heureuse. Mais je n’y arrive pas. Je n’y arrive plus. Ça me demande un effort inestimable, une force que j’ai perdu. Je suis brisée tel un miroir ayant chuté au sol. Il m’a piétinée et je peine à me relever, je peine à être heureuse de croiser sa sœur, fixant un bébé endormi. Tout ce que je trouve à penser, c’est qu’il aurait pu être le nôtre, celui que nous avons tant imaginé durant des conversations basées sur la seule pensée d’un bel avenir, où nous aurions été ensemble. Invincibles. Forts. « Tu n’as qu’à te consoler avec l’idée que, d’ordinaire, je ne traite pas mes relations avec autant de soin une fois que je les quitte. » Ma lèvre inférieure finit par se mettre à trembler. Et elle coule le long de ma joue, une larme parmi les milliers ayant chutées depuis. Et tout à coup ça en est trop pour moi. Revoir sa sœur. Rencontrer ce bébé. Et réaliser que tous ces rêves se sont effrités au gré du vent et de ma peine. « Je suis désolée… » Finis-je par murmurer d’une voix hachée par les sanglots. « Je suis vraiment… désolée… » Je suis incapable de relever la tête pour voir le visage d’Ellana, sans doute surprise. Je me contente juste de fixer le bébé endormi. « Il… Il m’a quittée. » Et elle est là, l’horrible vérité. Celle qui écorche l’âme, m’empêche de respirer, faisant en sorte que je ne vis plus. « Et j’ai si mal à mon cœur… » Finis-je par conclure dans un gémissement lancinant, n’étant que la pure représentation de ce que Matthew se fait de moi : je suis juste pathétique.

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Ellana McGregor
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MessageSujet: Re: Phantom faces at the window, phantom shadows on the floor, empty chairs at empty tables where my friends will meet no more. ❅ Héloïse&Ellana   Sam 17 Mar - 0:09

Phantom faces at the window, phantom shadows on the floor, empty chairs at empty tables where my friends will meet no more.
Héloïse ∞ Ellana
Alors que la jeune femme murmure mon prénom, je ne la reconnais pas. Je l'ai toujours connu souriante, je l'ai toujours vu charmante, des étoiles brillant dans ses yeux même si elle ne s'en rendait certainement pas compte. Je me souviens de ses lèvres souriant timidement, chaleureusement, respectueusement. Mais voilà, lorsque je la vois j'ai l'impression de voir un fantôme. Ses yeux sont plus sombres que jamais, son teint est fade et j'ai l'impression d'avoir à faire avec une personne éteinte.
En fait, la personne que je vois en face de moi n'est que le reflet de ce que j'ai pu être lorsque j'ai perdu James, lorsque j'ai perdu mon mari. J'ai envie de la prendre dans mes bras, j'ai envie de lui dire que tout ira bien, seulement je ne sais pas ce qui la met dans cet état. Un problème à son travail, un problème familial ou pire, un problème avec Matthew ?..
- Ellana...
Même sa voix me semble si rauque, si basse. Je peine vraiment à la reconnaître et mon coeur se serre de la voir ainsi. J'adore Héloïse et j'ai envie de la reprendre dans mes bras afin de la consoler, quels que soient ces maux.
- Il est né...
Je suis son regard et observe mon fils qu'elle ne quitte pas des yeux. Là, je me rends compte qu'elle ne savait même pas pour la naissance de mon fils, le neveu de Matthew. Comment Matthew a-t-il pu ne pas lui dire ? Et si c'était tout simplement parce qu'ils ne se parlaient plus ? Cela expliquerait tellement de choses, notamment le comportement de Matthew ces derniers temps, et cela expliquerait aussi cette ombre d'Héloïse qui me fait face. Je ne sais pas quoi faire, vraiment, j'aimerais agir mais je ne sais tout simplement pas comment. Est-ce que je dois lui parler, est-ce que je dois la reprendre dans mes bras... Chaque personne réagit si différemment avec la tristesse, je me suis laissée sombrer dans le silence, Matthew se recroqueville sur lui-même, en silence lui aussi. Il semblerait que cela soit de famille. Alors je décide de me taire, lui laissant totalement la possibilité de partir même si j'ai terriblement envie d'être présente pour elle.
Je remarque alors ses lèvres trembler et la larme couler sur sa joue. Je suis littéralement face à un miroir de ma tristesse il y a bientôt un an de cela. Je me sens moi-même frissonner et sans savoir pourquoi les larmes me montent aux yeux. Non, je ne sais pas pourquoi, pourtant au fond de moi mon cœur sait déjà...
- Je suis désolée… Je suis vraiment… désolée…
Je secoue la tête.
- Non... Non ne le sois pas Héloïse...
Et puis la nouvelle tombe comme une massue, malgré son évidence. On n'est jamais vraiment préparé à ce genre de chose, surtout lorsqu'on est face à des âmes sœurs. Parce que je n'ai aucun doute quant à cela.
Héloïse est Matthew sont des âmes sœurs, du genre qu'on trouve rarement, voire jamais dans une vie. Ils ont eu la chance de se trouver, si rapidement, de quoi profiter d'une vie pleine de bonheur si longtemps... Du moins, je le pensais.
- Il… Il m’a quittée.
Je le savais...
Mais pourquoi lui faire autant du mal alors que je sais qu'il souffre aussi. Il le porte peut-être mieux, la classe McGreor on dira, seulement son regard ne le trompe pas. Je le connais par cœur et bon sang, je ne l'ai jamais vu aussi malheureux que ces derniers temps, malgré les petits moments de lumière en présence de son neveu.
Les larmes cette fois sont au bord de mes yeux, prêt à couler à tout instant, il ne faut plus grand chose...
- Et j’ai si mal à mon cœur…
Voilà... il n'en fallait pas plus pour que mes larmes se joignent aux siennes. Parce que sa souffrance je la comprends, parce que je ne souhaite cela à personne. Je me souviens lorsque dans ce centre commercial je me suis mise à pleurer et je lui ai dit de profiter de chaque instant parce qu'on ne sait jamais quand cela peut se terminer. Je ne pensais pas que cela serait aussi rapide. Ce n'est pas aussi radical, certes seulement j'ai si mal au cœur pour elle, pour lui, pour eux.
Maintenant je sais ce que je dois faire. Je la prends dans mes bras et la serre fort contre moi, ma main caressant doucement son dos dans un geste que j'espère rassurant, ou du moins consolateur. Je ne sais combien de temps on reste comme ça et je m'en moque. Tant qu'elle a besoin de moi, je serais là. Parce qu'Héloïse, elle est bien plus que ma belle-sœur (mon ancienne belle-sœur), elle est une personne que je considère comme une amie ici, si douce et pure. Elle est amusante, drôle, intelligente, une alliée si importante dans ce monde qui m'effraie encore un peu...
Je finis par me reculer tout en restant proche d'elle. Je la regarde droit dans les yeux et souris timidement.
- Est-ce que cela te dirais de boire une tasse de thé avec moi ? J'aimerais beaucoup te présenter à mon fils lorsque celui-ci se réveillera, je murmure afin de créer une intimité entre nous.
Car cette conversation ne concerne que nous, pas les passants qui nous lancent des regards interrogateurs. C'est entre femmes aux cœurs brisées que cela se passe, entre nous.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: Phantom faces at the window, phantom shadows on the floor, empty chairs at empty tables where my friends will meet no more. ❅ Héloïse&Ellana   Lun 2 Avr - 21:44

Jamais, je n’ai connu de telles douleurs. La seule que j’ai pu ressentir fut lorsque j’ai perdu ma maman. Mais depuis, j’ai appris à me relever, à devenir plus forte, à affronter le monde en m’entourant d’une douceur et d’une innocence m’ayant permis de garder un cœur pur et incroyablement naïf. Voilà qu’il m’a joué des tours et désormais, je ne suis que l’ombre de moi-même. J’ai l’impression d’être ailleurs, de sentir mon estomac se tordre dans une lancinante douleur. J’erre comme une âme en peine, à la recherche de ce bonheur. Je sais pourtant où il se trouva mais hélas, j’en suis privée. Pourtant, j’ai tellement besoin de lui. Matthew me manque et c’est atroce tout simplement. Je n’arrive pas à me consoler autrement. Et lorsque je me trouve face à Ellana, tout s’empire. Elle me semble alors si proche de ce que je rêve de retrouver. C’est la sœur de mon amour et pourtant, tout nous sépare. Comme si ce lien s’éteignait. Comme si je perdais ce que nous avons bâti en apprenant à nous connaître et à nous aimer. Malgré cela, lorsque je finis par fondre en larmes, je me retrouve entourée par sa douceur. Elle me console en ayant l’air de ne pas comprendre quoi que ce soit. Sans doute a-t-elle cela étrange que je ne sois pas au courant de la naissance de son fils. Forcément, si tout allait bien, Matthew m’en aurait parlé. Ce qui n’est pas le cas. Et je lui annonce alors l’horrible vérité : celle que notre couple n’ait plus. Que j’ai perdu une part de moi-même. Et ça fait si mal. Je pleure à chaudes larmes et la chaleur des bras d’Ellana peine à me réconforter. Tout est devenu si difficile désormais. Comme si tout s’éteignait au fur et à mesure, que les couleurs vives devenaient ternes, le temps devenant morose. Est-ce donc ça d’avoir le cœur brisé ? Mon palpitant se retrouvant au creux d’une seule et même personne capable de serrer sa poigne, et de faire mal. Je souffre tant et le remède me semble inexistant.

Face à Ellana, je ressens tout cela. Amplifié. Démesuré. Le chagrin est grand et face à celle que j’ai considéré comme ma belle-sœur, je m’accroche à l’espoir de tout ce qu’elle représente. Cette amie et alliée que j’ai appris à connaître au fil du temps. Cette personne qui est la sœur de Matthew, c’est fou comme il me paraît alors proche. Ça ne comble pas l’absence de l’être aimé, mais alors que je devrais la laisser tranquille et m’en aller, je reste dans ses bras, je reste là à l’entendre me proposer d’aller boire un thé quelque part. Le fait qu’elle veuille me présenter son fils me touche beaucoup. Mais d’une certaine manière, ai-je encore le droit de faire cela ? Que dirait Matthew s’il l’apprenait ? Sans doute qu’il me trouverait encore pathétique, qu’il m’intimerait l’ordre de ne plus m’approcher des siens ? Les mots horribles entendus n’ont eu de bienfait que de me faire perdre toutes formes de confiance en moi. J’ai si peur désormais, d’être à côté de la plaque encore, de croire que le monde m’entourant va encore me trahir. Pourtant, Ellana a l’air sincère… Ses yeux sont brillants de larmes comme les miens. Et je ne me sens pas de cœur à m’enfuir. Ce n’est, cette fois-ci, pas la solution. « Je… Je veux bien… » Finis-je par dire en sortant un mouchoir afin de me moucher et de me tamponner les yeux. Heureusement, il n’y a pas besoin de marcher longtemps pour trouver notre bonheur. Durant les quelques pas effectués, je demeure le silence bien trop occupée à me calmer un peu. Ça risquerait d’être une bien mauvaise idée que d’afficher ce visage baigné de larmes. Je laisse Ellana demander une table lorsque nous entrons dans ce petit salon. Puis, l’une en face de l’autre, je l’observe s’occuper de son fils, lui enlevant sa veste afin qu’il n’ait pas chaud dans ce lieu. J’arrive même à sourire face au petit visage d’ange. « Il est tellement beau… » Je finis par souffler, quelque peu intimidée d’être là. Je ressentirais toujours cette gêne avec elle. Ellana est tellement belle, tellement classe aussi. J’ai tellement l’impression d’être gauche à ses côtés. « Comment l’as-tu appelé ? » Matthew m’avait dit qu’il devait s’appeler James normalement. Mais est-ce que cela a changé depuis ? Je n’en ai aucune idée. Tout me semble changé désormais. Comme si maintenant, je vivais dans la réalité de ce monde de brutes. « C’est James non ? Matthew m’a… » Mais la seule prononciation de ce prénom achève de me brûler les entrailles. Une intense douleur sourde faisant que mes yeux se remplissent de larmes. Les baissant, je me perds dans la contemplation de mes cuisses sur lesquelles reposent mes mains crispées et s’agrippant au tissu de ma robe. « Dé-Désolée… » Ma voix tremble tellement. « C’est ridicule de se mettre dans un état pareil pour ça » Je me sens mortifiée parce qu’Ellana a vécu bien pire. J’ai presque l’impression que mon mal être ne mérite pas d’exister comparée à tout ce qu’elle a vécu. Mais la blessure est si vive en cet instant…

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Ellana McGregor
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MessageSujet: Re: Phantom faces at the window, phantom shadows on the floor, empty chairs at empty tables where my friends will meet no more. ❅ Héloïse&Ellana   Lun 21 Mai - 17:57

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Suite à cet échange des plus tristes, il faut le dire, nous nous dirigeons sagement vers un salon de thé. Je sais, je sens même que cela sera le bon endroit, propice à la conversation. Je dois avouer que j'aurais certainement préféré l'inviter à la maison, mais Matthew me rend souvent visite, et au vu de ce qu'Héloïse me dit, je comprends facilement pourquoi. Il a besoin de se changer les idées et voir son neveu (et moi je l'espère), lui permet de sourire, du moins d'avoir un semblant de bonheur.
Je ne savais pas ce qu'il lui arrivait, mais je le connaissais pas cœur. Et même si je n'ai pas voulu me le dire, même si je le pensais fort, j'avais l'impression de me voir lorsque j'avais perdu James. J'ai bien essayé de lui poser des questions, d'en savoir plus mais il a toujours eu l'art de contourner la conversation. Alors je savais que je ne tirerais rien de lui et j'ai décidé de me montrer seulement présente, sans l'embêter plus.
Cependant je ne me suis jamais senti aussi impuissante qu'en ce moment. Est-ce qu'il a ressenti la même chose vis-à-vis de moi lorsque je suis arrivée aux Etats-Unis ? Est-ce qu'il a tout tenté pour me sortir de ma torpeur et que je n'ai rien fait, me laissant couler ? En fait, j'ai déjà la réponse.
Oui.
Oui il a fait cela pour moi et ça n'a rien donné, jusqu'à ce que j'apprenne que j'étais enceinte. Il faut croire que c'est un trait de famille, et que lorsque nous sommes malheureux, nous le vivons pleinement, passionnément, avec une fougue certaine. Mais cela est uniquement parce que nous aimons pleinement aussi, passionnément, avec fougue et à en crever.
Et je crois qu'Héloïse fait elle aussi partie de cette catégorie, et cela me fait mal pour elle.

Nous entrons dans un charmant petit salon de thé qui, par chance, est presque vide. Nous nous installons en silence et je mets la poussette à mes côtés. Je me penche alors pour prendre mon fils et lui retirer son manteau avant de finalement le remettre dans la poussette. Il a les yeux grands ouverts, sage comme une image, et observe les alentours comme le petit curieux qu'il est déjà.
- Il est tellement beau…
Je redresse la tête vers Héloïse et lui sourit timidement alors que je me sens rougir.
- Il a pris mes yeux bleus, mais il a le sourire de son père ainsi que sa chevelure blonde. Il a aussi ses pommettes...
Je me pince les lèvres, triste à mon tour en me disant qu'il ne saura jamais qu'il a un fils, qu'il a une famille bien plus grande comme on l'a toujours rêvé.
- Comment l’as-tu appelé ? C’est James non ? Matthew m’a…
Je vois bien que le simple fait de dire son prénom l'a fait frissonner de douleur, et je me sens à nouveau impuissante.
- James Junior oui... Mais on a prit l'habitude de le surnommer Jamie...
Je vois bien les larmes lui monter aux yeux et je me mordille la lèvre inférieure alors que je ne sais pas vraiment quoi lui dire.
- Dé-Désolée… C’est ridicule de se mettre dans un état pareil pour ça…
Je secoue la tête vivement, lui signifiant que je ne suis pas d'accord.
- Ce n'est pas ridicule... Regarde moi... Presque un an après sa mort, chaque fois que je pense à lui, que je prononce son prénom et que j'observe ce que mon fils a en commun avec lui, j'ai envie de pleurer, d'hurler même... Bien sûr que je suis comblée maintenant et que j'apprends à vivre sans lui et avec son fils.
La serveuse arrive et je nous commande du thé vert pivoine blanche avant de reporter mon attention sur Héloïse.
- Je ne pense pas que c'est ce que tu souhaites entendre, mais je vais te le dire quand même... Je ne connais pas les détails, il ne m'a même pas dit que vous n'étiez plus ensemble, mais je le connais. Je le connais par cœur même. Il semble si absent, il sourit mais ce n'est qu'une façade. Ses yeux ont perdu de leurs éclats et Dieu que je m'inquiète pour lui. Parce qu'il me dit que tout vas bien, parce que je le sens sincère que lorsqu'il est auprès de moi et de mon fils... Mais il est malheureux... Je n'arrivais pas à comprendre pourquoi, mais cela me semble si clair maintenant. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais il ne veut pas de cela... Et je mettrais presque ma main à couper que mon père est dans le coup.
Je secoue la tête en fronçant le nez, dégoûtée. Je me souviens parfaitement comment il avait tout fait non seulement pour que je quitte James, mais pour que lui aussi laisse tomber nos fiançailles. Seulement nous avons toujours tenu bon et nous avons vécu heureux, ensemble.
Je sais que c'est ce qu'il doit se passer maintenant pour Matthew. Avec Héloïse, et personne d'autre.
- Je peux essayer de parler à Matthew, comprendre. Je ne peux rien te garantir, mais sache que même si tu veux m'en empêcher tu n'y arriveras pas. Vous êtes fait l'un pour l'autre, de ça, j'en suis certaine.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: Phantom faces at the window, phantom shadows on the floor, empty chairs at empty tables where my friends will meet no more. ❅ Héloïse&Ellana   Jeu 7 Juin - 20:15

J’en suis à ce stade-là. Etre si misérable. L’ombre de moi-même ; pas de sourire, pas de rire, pas d’éclat dans la voie. Rien que la triste vérité de ma vie actuelle. Il me manque… Il me manque tellement bon sang. Et j’ai l’impression d’être ce chat à qui on a coupé la moustache, ayant perdu son chemin, ses repères. Ma vie semble tellement nouvelle et si triste comparé à l’ancienne. L’hébétude finit par laisser place à la résignation ; l’acceptation, aussi. Parce qu’il faut composer avec son absence, il faut se lever sous un soleil majestueux et avec cette douleur sourde dans le ventre. Le plus terrible, c’est le manque de sa présence, du son de sa voix, de son rire, sa respiration paisible. Tout ce qui a fait qu’un beau jour, mon regard l’a dévisagé autrement, qu’un beau jour… Héloïse Bennett est follement tombée amoureuse de Matthew McGregor. Dans ce salon de thé, en compagnie d’Ellana, je prends conscience de l’immensité de ce monde, de combien il est parfois difficile de vivre. Et par-dessus-tout, je comprends ce que la sœur de Matthew a pu vivre. A bien des égards, nos histoires sont complémentes différentes, mais le sentiment de perte reste le même. On fait alors semblant. On se force à sourire. Et je m’accroche au regard bleu de ce bébé, il est tellement beau. Et je suis heureuse qu’il puisse apporter de la lumière dans la vie d’Ellana. Elle le mérite tant. Cependant, la seule évocation du prénom de l’être aimé suffit à ce que ma vue se brouille. Je ne distingue plus rien, et doucement je ferme les yeux, afin de me calmer. Ce n’est pas le moment de fondre encore en larmes, surtout que nous sommes dans ce lieu petit et avec du monde, pourtant. Les paroles d’Ellana me permettent de réagir, d’ouvrir à nouveau les yeux pour l’observer. Je me sens si détestable. Après tout, je pleure comme si j’avais pu vivre pire qu’elle. C’est terrible, d’ailleurs, cette sensation de se faire constamment horreur.

Laissant Ellana prendre commande, j’en profite pour reprendre contenance, m’essuyant les yeux et souriant au bébé, occupé à découvrir le monde autour de lui. Puis, quand la sœur de Matthew reprend la parole, je sens mon cœur battre un peu plus fort. Je ne respire plus, ressentant ce besoin impérieux de le retrouver, lui, et tout ce qu’il m’apporte dans ma vie. L’entendre révéler qu’il est malheureux achève de tordre mes entrailles, rendant l’incompréhension plus grande. Pourquoi être triste de son existence alors qu’il m’a prouvé le contraire. L’évocation de l’implication de leur père dans cette histoire ne m’étonne guère. Après tout, notre existence s’est dégradée à la suite de cette entrevue, survenue après ce repas catastrophique. Cette entrevue dont je n’ai rien pu obtenir d’autre que le silence. Et s’il s’était dit quelque chose à ce sujet ? Tout à coup, le doute apparaît. Grand, lumineux et impitoyable. Est-ce qu’il était véritablement sincère lorsqu’il m’a quittée ? «  Je ne sais pas quoi te répondre… Tout est si confus… » Je ne sais même pas si Ellana dit vrai ou non. S’il est malheureux ou si c’est parce qu’il a conscience d’avoir été horrible avec moi. Elle ne savait même pas que nous n’étions plus ensembles. Finalement, se joue-t-il de sa sœur ? Les questions sont trop nombreuses. Et la solution m’apparait soudain. Celle qu’Ellana propose en allant parler à Matthew. Je suis alors tiraillée par l’envie d’accepter et la peur de m’accrocher encore. Les mots résonnent encore dans mon esprit. Il m’a présentée comme un être pathétique. Et ça, ces mots-là résonnent encore, m’empêchant de m’accrocher, ayant mis fin à cette volonté tenace me caractérisant. Je me suis éteinte comme on plonge un lieu dans l’obscurité. Je suis désormais incapable de retrouver mon chemin. « Tu es tellement bienveillante… Je ne mérite, sans doute, pas une telle gentillesse de ta part. » Ma main vient tendrement se poser sur la sienne. « Je n’arrive même pas à savoir si c’est une bonne idée ou non. Tu sais… Matthew m’a dit des choses si horribles… Que j’ai fini par comprendre qu’il le pensait vraiment. Il est vrai que son père ne m’a jamais acceptée… Mais fut un temps où il était décidé à lui tenir tête. » Les pensées sont confuses, s’alliant au chaos régnant dans mon cœur. Il suffit d’une parole et voilà que je doute tout à coup. « Peut-être a-t-il abandonné ? Je n’en sais rien… Je n’ai jamais compris pourquoi l’être le plus aimant, devenait, tout à coup, sujet à une colère tellement viscérale que parfois, je me demande même si je ne suis pas en train d’éprouver de la haine… » Je me tais, ramenant ma main vers sa jumelle, les joignant ensemble afin de cesser le tremblement. Tandis que ma voix s’éraille avant de s’éteindre dans un nouveau sanglot. « Mais ce qui est terrible. C’est que malgré tout ça, malgré ce qu’il a dit… Je l’aime… Je l’aime… Et il me manque tellement… »
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MessageSujet: Re: Phantom faces at the window, phantom shadows on the floor, empty chairs at empty tables where my friends will meet no more. ❅ Héloïse&Ellana   Jeu 14 Juin - 18:21

Phantom faces at the window, phantom shadows on the floor, empty chairs at empty tables where my friends will meet no more.
Héloïse ∞ Ellana
C'était assez terrible de me trouver ainsi devant Héloïse. J'avais l'impression de me revoir il y a quelques mois alors que je tentais de me remettre de mon deuil. Je ne l'ai toujours pas fait, je doute de le faire un jour, mais j'apprends à vivre avec dirons-nous. Je me lève chaque matin en réalisant un peu plus chaque jour qu'il n'est plus, j'avance en élevant son fils du mieux que je peux, et je pense m'en sortir pour le moment. J'avance aussi et j'ouvre mon cœur aux autres personnes. Notamment à un homme en particulier.
Cela fait près d'un an que James est parti, et je n'ai jamais eu le temps, ou plutôt l'envie de me lancer dans une nouvelle relation. Mais le fait est que je me sens seule et que, plus les jours passent, plus j'admire les femmes seules qui élèvent leurs enfants. Et puis, je n'ouvre pas vraiment mon cœur à un inconnu. Thomas Hudson a été mon mentor. Je l'ai admiré et il a fait que ma cuisine s'élève toujours plus haut. Aujourd'hui, je l'ai retrouvée dans des circonstances vraiment amusante quand on y pense maintenant. Il a fallu qu'il tombe le jour de mon accouchement. On a passé le nouvel an ensemble, des soirées ensemble, on cuisine ensemble.
Ensemble.
J'aime ce mot, j'aime la sensation que je ressens lorsque je l'associe à Thomas. Je crois qu'avec lui je me sens avancer plus vite, plus loin. Et bon sang, ce que cela peut faire du bien.
Oui, en regardant Héloïse j'ai l'impression de me revoir lorsque j'ai perdu mon mari, et plus elle me parle, plus je me sens totalement démunie, et plus je comprends le comportement de Matthew. Bon sang, la prochaine fois que je vais le voir, je crois que je vais le gifler pour le réveiller. Pas certaine que ce soit la meilleure des solutions mais ce que ça peut me démanger. Parce que, même si je ne sais clairement rien de cette histoire, je connais Matthew. Je ne l'ai jamais vu aussi amoureux, souriant, heureux. Il était tout simplement comblé et voilà qu'il fiche tout en l'air. Non, ça ne sent clairement pas bon, et je peux clairement mettre le doigt sur le problème.
Monsieur McGregor.
Je lui propose alors de lui parler, non, je m'impose en ne lui laissant pas le choix. Je vais parler avec mon frère et je compte bien lui ouvrir les yeux. Je ne sais clairement pas ce que cela peut donner mais je ne compte pas abandonner leur couple. Je crois en leur histoire d'amour, j'ai vécu la mienne et je refuse qu'ils gâchent leur histoire.
- Tu es tellement bienveillante… Je ne mérite, sans doute, pas une telle gentillesse de ta part.
Je secoue vivement la tête alors que sa main se pose sur la mienne.
- Tout le monde mérite de la gentillesse, et toi encore plus Héloïse.
- Je n’arrive même pas à savoir si c’est une bonne idée ou non. Tu sais… Matthew m’a dit des choses si horribles… Que j’ai fini par comprendre qu’il le pensait vraiment.
Mon Dieu... Il a dû lui faire tellement de mal afin de la repousser au plus loin.
- Qu'a-t-il osé te dire ?.., je demande, inquiète.
- Il est vrai que son père ne m’a jamais acceptée… Mais fut un temps où il était décidé à lui tenir tête. Peut-être a-t-il abandonné ? Je n’en sais rien… Je n’ai jamais compris pourquoi l’être le plus aimant, devenait, tout à coup, sujet à une colère tellement viscérale que parfois, je me demande même si je ne suis pas en train d’éprouver de la haine… Mais ce qui est terrible. C’est que malgré tout ça, malgré ce qu’il a dit… Je l’aime… Je l’aime… Et il me manque tellement…
Je serre sa main dans la mienne, comprenant tellement ce qu'elle peut ressentir. Je comprends le naufrage dans le regard de Matthew, je comprends pourquoi il semble distant avec moi comme s'il ne voulait pas me dire ce qu'il lui arrivait, comme s'il avait trop peur que je ne lise en lui. Alors il passe le temps comme il peut, au travail, auprès de moi et de son neveu. Je veux être présente pour Héloïse parce que, non seulement je la considère comme une amie, et en plus elle est la femme que mon frère aime. Alors s'il a peur de se battre, s'il se pense seul avec la famille, il va m'entendre et il va savoir que je compte me battre à ses côtés pour qu'il vive son histoire d'amour.
J'ai eu la mienne, il mérite la sienne maintenant.
- Il va falloir que tu me donnes ton numéro que je te tiennes au courant. C'est une mission qui me tient à cœur. Si tu veux je vais l'appeler opération Cupidon.
Je ris un peu avant de reprendre mon sérieux.
- J'aime mon père... De tout mon cœur seulement, il a grandi d'une certaine manière et ne comprend pas qu'on puisse s'éloigner de cette voie. J'ai eu mon histoire d'amour et je sais qu'il m'en veut encore de l'avoir trompé pour épouser un militaire. Maintenant que je suis de nouveau... libre... Il rêve de me faire épouser un homme riche et de bonne famille. Matthew est son seul fils et je crains qu'il ne lui mette beaucoup plus de pression sur les épaules. Je ne cherche pas à défendre mon frère pour ce qu'il te fait, c'est clairement un imbécile seulement... Même si cela semble fou, ce n'est pas vraiment facile d'être un McGregor.
Je soupire avant de prendre une gorgée de mon thé pour me relaxer. Je me tourne vers Jamie qui est endormie et je souris. Au moins, on peut parler tranquillement, il semble à l'aise avec nous aussi, et puis ce n'est pas un McGregor. J'y ai veillé.
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MessageSujet: Re: Phantom faces at the window, phantom shadows on the floor, empty chairs at empty tables where my friends will meet no more. ❅ Héloïse&Ellana   Mer 20 Juin - 21:19

Ce n’est pas évident de parler. Surtout à Ellana. J’ai l’impression de dire trop de mauvaises choses dans le dos de son frère. Et ça me rend tellement mal. Je n’ai pas envie qu’il croit que je dis des méchancetés par derrière, alors que je ne suis pas comme ça. Ni que je cherche la compassion d’autrui. Et surtout pas celle de sa sœur. Il me parait inconcevable de faire une telle chose. Pourtant, je dis la vérité lorsqu’elle pose ses questions, qu’elle apprend que nous ne sommes plus ensembles. Il m’est d’ailleurs difficile d’en expliquer les raisons, de revivre cet événement traumatisant. Pourtant, les mots sortent. J’essaye de maîtriser le ton de ma voix, les pleurs mais c’est difficile. Et si elle est incroyablement compréhensive, je l’en remercie. Même quand elle me propose de questionner son frère à ce sujet. Sans doute n’en revient-elle pas non plus. Il m’est très pénible de devoir rappeler ces mots prononcés dans ce bureau. En cet instant fatidique où le cœur est tombé bien bas, ayant cessé de respirer. « Il ... Il a dit que tout ça était du vent... Qu’il m’avait utilisé comme moyen de pression vis à vis de son père... » Je me tais, inspirant bruyamment. « Qu’il ne m’aimait pas... » Je secoue la tête, me reprenant quelques seconds pour ne pas céder à une nouvelle crise de larmes. « Que j’étais pathétique... » Le dernier mot est prononcé dans un murmure, empli de souffrances. Et alors je me dois d’expliquer cette incompréhension, le fait de ne pas avoir été aimée, le fait d’avoir été dupée. Je n’y ai vu que du feu. Et désormais, que me reste-t-il ? Je crois éprouver de la haine, mais je sais qu’il s’agit avant tout de l’amour. Pur et véritable. Désespère et tragique. Je l’aime... Je l’aime tellement... C’est terrible et je finis par croire que Matthew a sans doute raison. Suis-je pathétique ? Visiblement, pas aux yeux d’Ellana. Et son soutien me paraît sans failles. Elle arrive même à me faire sourire se décrétant comme étant ce petit Cupidon capable de réparer nos cœurs. Y arrivera t-elle ? Je le lui souhaite, de tout mon cœur.

J’en viens à en apprendre plus au sujet du père de Matthew. Visiblement, se mêler des histoires de ses enfants est un passe-temps qu’il affectionne. Je suis surprise de savoir qu’il s’en est pris à Ellana. Il est vrai qu’avec son passé, je n’ai jamais eu le courage de lui demander de me raconter son histoire avec son défunt mari. J’avais l’impression de trop m’immiscer dans une partie de son cœur encore bien souffrante. Le cœur bat si fort. A l’histoire d’Ellana, je trouve des similitudes avec la mienne. C’est sûr que la présence de Jane autour de nous me paraît évidente. Elle est belle. Elle est riche. Elle a un rang. Et je n’ai pas tout ça. Ma seule beauté est celle d’aimer un homme entièrement et passionnément. J’aime comme un enfant. De l’amour véritable et pur, sans aucune forme d’arrière pensée. Pourquoi ne peut-il pas s’arrêter à cela ? Pourquoi Matthew a eu besoin d’employer de tels mots ? « Je ne suis pourtant pas une mauvaise personne... Je n’ai pas de soucis de drogues ou d’alcool ... » Je contemple ma tasse de thé fumante. « Tu sais... Toi seule pourra plus en savoir. Après tout, Matthew ne m’a rien dit et pourtant, on se parlait. On avait confiance l’un en l’autre. Et puis... Je peux tellement comprendre... Bien sûr, je me serais battue, je n’aurais pas lâché l’affaire. Mais là... Après tout ce qu’il s’est dit... J’aimerais croire qu’il n’a fait que suivre la voie imposée par votre père. Mais... » Il y a toujours ce mais, cette petite voix qui me rappelle qu’il y a bien plus que cela. Peut-être qu’il m’a véritablement considéré comme une histoire insipide. Comme quelque chose que l’on oublie. Une aventure ayant pris fin à la suite d’un très très long lendemain. Pourquoi avoir été si terrible ? C’est ça que je ne comprends pas. Avait-il véritablement une motivation à me faire du mal, à me bercer d’illusions et de faux amours. « Tu sais, parfois, je me dis que le mien était de ne pas ébruiter cette relation. Et puis, je me rappelle toujours... Qu’il faut arrêter de se bercer d’illusions. » Il ne m’aime pas. Et quand bien même, je m’accroche à l’espoir qu’Ellana puisse y trouver des réponses. Je ne sais si elles me satisferont. J’en prends le risque.

Je prends aussi conscience que nous ne parlons que de moi. Et ma nature discret prend le dessus. Je me balaie furtivement les yeux avec un mouchoir avant de prendre un air enjoué. Je me force et c’est très difficile. « Enfin assez parlé de moi ! Comment est-ce que tu vas ? Ça se passe bien avec ce petit ange ? Il est tellement beau, on a envie de lui croquer les joues... » Voir son visage endormi dans ce landau est assez apaisant, même si ça n’apaise pas la peine. Ça ouvre même des envies de maternité. Et même si la vie ne l’a pas gâté, Ellana peut s’avérer chanceuse de la naissance de ce petit cœur. Il est tellement mignon.
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MessageSujet: Re: Phantom faces at the window, phantom shadows on the floor, empty chairs at empty tables where my friends will meet no more. ❅ Héloïse&Ellana   Jeu 2 Aoû - 22:02

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Je n'aime pas la voir ainsi, si triste et comme vide de sens. Je me souviens avoir été ainsi il y a quelques mois encore... Et puis je n'aime pas la voir ainsi parce qu'elle reflète ce que Matthew ressent en ce moment. Je lui en veux de ne pas m'avoir parlé, de ne pas m'avoir confié ce qui lui arrivé. J'ai bien senti qu'il allait mal, et même si je lui posais des questions, il arrivait à détourner mon attention avec mon fils. Il a toujours été doué pour cela, et je n'ai pas voulu le déranger. Matthew a toujours été fort pour cacher ses émotions, il n'est pas du genre à tout nous dire comme on peut le faire avec June. C'est certainement parce qu'il est le seul fils McGregor et que, depuis toujours il a connu cette pression familiale, bien avant ma naissance. Je n'ose imaginer tout ce qu'il peut avoir sur le cœur et cela m'attriste, surtout en cet instant. J'aimerais qu'il ose se confier à moi, mais une part de moi-même pense que s'il ne dit rien, c'est qu'il a honte de ce qu'il fait en ce moment. Surtout lorsqu'Héloïse me dit ce qu'il a osé lui dire pour rompre avec elle.
- Il ... Il a dit que tout ça était du vent... Qu’il m’avait utilisé comme moyen de pression vis à vis de son père... Qu’il ne m’aimait pas... Que j’étais pathétique...
Je ressens bien la douleur dans sa voix, et naturellement je pose une main rassurante sur la sienne. Comment ne pas se sentir tomber et triste quand l'homme que l'on aime nous dit cela sans flancher afin de rompre avec nous. Je ne peux m'empêcher de m'insurger, de lui dire que je n'y crois pas une seule seconde et que je suis certaine qu'il l'aime encore. C'est alors que je me promets de lui parler, de lui ouvrir les yeux s'il le faut parce que je sais qu'ils sont faits l'un pour l'autre. J'ai connu Matthew avec plusieurs femmes, et il n'a jamais été plus épanoui, plus heureux, plus lui que lorsqu'il était avec Héloïse. Et je suis certaine que derrière tout ce qu'il se passe en ce moment pour le couple n'est autre que le plan de mon père. Je me permets alors de lui parler de lui, de lui expliquer pourquoi il agit ainsi. Beaucoup de personnes envient notre nom, notre aristocratie. Seulement ils ne se rendent pas compte du revers de la médaille. Ce n'est pas facile d'être une McGregor, et encore moins le fils unique McGregor.
- Je ne suis pourtant pas une mauvaise personne...
Je soupire, tellement triste qu'elle puisse se remettre en question alors qu'elle est vraiment une femme adorable.
- Malheureusement ce n'est pas assez... Pour moi, crois moi c'est plus que suffisant, parce que tu es une personne sincère, authentique et je sais que tu aimes mon frère pour ce qu'il est et non pour son rang.
Je l'écoute finalement me parler, me dire qu'elle a un peu abandonné car ses paroles ont cessé de faire battre son cœur. Je peux comprendre, il a dû frapper fort pour l'éloigner au plus vite.
- Mais là... Après tout ce qu’il s’est dit... J’aimerais croire qu’il n’a fait que suivre la voie imposée par votre père. Mais...
Rien que d'entendre son mais, mon cœur se serre un peu. Ce mais prouve que même si elle veut y croire, elle a tout de même des réticences. Je peux le comprendre, maintenant que son cœur est meurtri elle cherche à se protéger et je ne peux pas la blâmer pour cela.
- Tu sais, parfois, je me dis que le mien était de ne pas ébruiter cette relation. Et puis, je me rappelle toujours... Qu’il faut arrêter de se bercer d’illusions.
- Ce n'était pas une illusion Héloïse. Je l'ai vu de mes propres yeux... Je sais qu'il a brisé ton cœur et je suis désolée pour cela, mais je crois toujours en vous, et je compte bien parler à Matthew je peux te le promettre.

Finalement, comme pour changer de conversation elle commence à me parler de mon fils. Tout comme Matthew, elle a compris que parler de mon bébé était une bonne façon de changer de conversation, et je ne voudrais pas la mettre mal à l'aise en insistant.
- Comment est-ce que tu vas ? Ça se passe bien avec ce petit ange ? Il est tellement beau, on a envie de lui croquer les joues...
Je ne peux m'empêcher de sourire alors que mes joues rosissent de plaisir. Mon fils a véritablement été ma bouée de sauvetage, et aujourd'hui il est mon bonheur quotidien.
- C'est parfois un peu difficile la nuit vu que je suis la seule à devoir me lever, mais cela n'est tellement rien comparé au bonheur qu'il me procure. Ce n'est pas facile d'être mère mais je n'échangerais ma place pour rien au monde.
Car on dit bien qu'être mère est le plus beau métier du monde et je ne peux que confirmer. En regardant ce petit ange blond à mes côtés, je ne peux m'empêcher de me sentir heureuse, de sentir mon cœur gonfler d'amour pour mon fils. J'espère vraiment qu'un jour Héloïse connaîtra ce bonheur, et ce que je souhaiterais par-dessus tout, c'est qu'elle le connaisse avec mon frère, Matthew.
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MessageSujet: Re: Phantom faces at the window, phantom shadows on the floor, empty chairs at empty tables where my friends will meet no more. ❅ Héloïse&Ellana   

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