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 « Hand in my hand and we promised to never let go. We're walking the tightrope » Alaric ♥

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Elinor Goldstein
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MessageSujet: « Hand in my hand and we promised to never let go. We're walking the tightrope » Alaric ♥   Lun 26 Fév - 20:54

« Quitte ? » Elinor en voulut à sa peau de frémir à la chaleur caressante de la voix d’Alaric. Elle en voulut à son cœur de partir dans une embardée folle. Elle en voulut à ses bras de vouloir resserrer plus encore cette étreinte qui les maintenait liés l’un à l’autre. Elle en voulut à ses prunelles de se noyer désespéramment dans les siennes, comme un assoiffé aurait besoin d’eau. Elle en voulut à ses lèvres de tant rêver rejoindre les siennes. Elle en voulut à Mike de la garder prisonnière de son joug par d’aussi odieuses menaces. Elle en voulut à sa leucémie de la tuer jour après jour, de l’éloigner de cette vie qui lui était autrefois si chère. Elle en voulut à l’inconstance de l’univers de lui avoir brodé un tel destin. Et elle s’en voulut à elle-même d’aimer Alaric contre toute raison. De tout ce qu’il lui avait raconté, elle aurait pu trouver son passé effrayant et juger qu’il n’était pas un homme bon. Leurs vies étaient diamétralement opposées depuis la naissance. Tandis qu’elle était née dans un foyer sain, cultivé, aimant et aisé ; il n’avait eu la chance de connaître l’amour d’une mère et d’un père, la bienveillance d’une famille, les encouragements d’êtres chers autour de lui pour lui montrer la voie. Aurait-elle eu un regard si bienveillant si la mort ne la narguait avec autant d’insistance et avait modulé sa capacité à estimer les gens ? Elle se plaisait à croire que non. Ses origines ne l’avaient jamais tissée imbue d’elle-même, ni même orgueilleuse. L’aurait-elle aimé autrement ? Elle l’ignorait. Sûrement n’aurait-elle jamais quitté Pyair. Elle aurait accepté sa demande en mariage, ils auraient été mari et femme. Une telle question ne se serait pas posée. Elle ne se serait jamais trouvée en panne, au beau milieu de la nuit, sur le bord d’une route peu fréquentable. Le destin n’aurait pas mis Alaric sur son chemin, cette âme si différente de la sienne, et pourtant, qui se dessinait si complémentaire à la sienne. Alors oui, un bref instant, le cœur de la brune s’embrasa de cette fureur contre la vie, contre le sort qui l’empêchait de pouvoir l’aimer. Ou simplement encore, de pouvoir l’embrasser.
Qu’est-ce que tu fous, Elinor ? Pourquoi tu te fais autant de mal ? Pourquoi tu t’acharnes à vouloir faire souffrir tout le monde autour de toi ?
Et comme si Alaric avait été le témoin de ses révoltes muettes, il se détacha brusquement d’elle. Ses entrailles se serrèrent et elle vibra de colère contre elle-même de ressentir ce geste tel un synonyme d’abandon. Elle n’avait pas le droit de se sentir aussi démunie dès lors qu’elle perdait la chaleur de ses yeux et la sécurité de ses bras. Pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de le remercier intérieurement… D’être celui qui était le plus fort des deux. De ne pas flancher. De ne pas lui laisser le droit de l’aimer…

***

« Never sure, never know how far we could fall. But it's all an adventure… » La voix fredonnait doucement ces paroles avec une pointe de mélancolie. Elinor, en l’absence d’Alaric, s’affairait à mettre de l’ordre dans la maison. C’était devenu un exercice quotidien tandis qu’il travaillait le jour. Elle prenait soin de Shadows, s’assurait que le ménage était fait, préparait à manger, et se reposait plus que tout. Elle se donnait la sensation de prendre de la hauteur sur sa situation actuelle alors qu’elle ne faisait que la fuir, s’en échapper pour ne pas affronter les choses en face. Tout n’était que désordre dans son cœur et son esprit. « That comes with a breathtaking view, walking the tightrope… » Que n’aurait-elle pas donné pour tout effacer d’un revers de main. Dans la sécurité que lui offrait le mécanicien, elle en oubliait ses obligations, l’inquiétude qu’elle pouvait susciter, sa maladie et cette mort qui la guettait de loin. Elle se perdait dans cet égoïsme atroce de nier tout ce qu’il pourrait véritablement advenir. « You pulled me in, and together, we're lost in a dream always in motion… » Shadow la suivait dans son sillage à chacun de ses pas. Elle passa rapidement par la salle de bain, brossa ses cheveux en s’observant dans le miroir. Si la fatigue résidait toujours, il n’y avait guère plus de traces des blessures qui parsemaient sa peau. Tout juste une légère entaille au sommet de son front. Les stigmates de son accident s’étaient effacés. Des blessures visibles, rien ne demeuraient. Le mal croupissait plus en profondeur, insidieux et sournois. Une quinte de toux la secoua brusquement, faisant s’affoler le chiot à côté d’elle qui se mit aboyer de tous les côtés. Elle s’accrocha au bord de l’évier, ne trouvant de répit à brève suffocation que lorsqu’un filet de sang jaillit d’entre ses lèvres. Elle se dépêcha d’ouvrir les robinets pour chasser les tâches écarlates qui tachaient honteusement l’émail blanc de la cuve. Elle s’essuya la bouche, tentant de faire disparaître le goût ferreux de l’hémoglobine. Si son esprit lui mentait, son corps ne savait se taire… Au fond d’elle, elle le savait… cette situation ne pourrait plus durer aussi longtemps.

« Tu travailles encore à cette heure ? » La question était posée d’une voix douce, à la fois pour se manifester auprès du mécanicien, mais aussi par amusement. Le garage ne trouvait nul habitant hormis un Alaric recouvert de cambouis. Face au regard interrogateur de l’homme, elle s’expliqua. « J’avais besoin de marcher… Quand je me suis rendue compte que j’étais proche du garage, je me suis dit que j’allais venir te retrouver ici. Je me doutais que tu y serais encore… » Parce qu’il ne quittait pas son ouvrage aussi facilement. Était-ce à cause de sa présence ? Elle était un poids, elle en avait conscience. Non pas par son comportement, mais par cette attirance qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre à laquelle ils ne pouvaient pas céder. C’était pourtant ainsi… C’était écrit. Elle avait besoin de lui. Elle jeta un œil à son ouvrage. « Je ne savais pas que tu t’occupais aussi des motos… »
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: « Hand in my hand and we promised to never let go. We're walking the tightrope » Alaric ♥   Mar 27 Fév - 19:13

Une torture. C’était une véritable torture. Chaque jour. Chaque nuit. Il avait pourtant encaissé un certain nombre de chaos dans sa vie. Il avait pourtant enduré un certain nombre d’échecs dans sa vie. Il avait pourtant subi un certain nombre de sévices dans sa vie. Mais être près d’Elinor sans pouvoir la toucher, la posséder, l’embrasser, lui exprimer tout ce qu’elle le forçait à éprouver – et plus encore – avait atteint la première place au classement. Quelques fois, il se détestait d’être un tel samaritain et imaginait la possibilité de demander à la jeune femme de partir, de quitter son appartement aussi sûrement qu’elle quitterait sa vie. Mais la lâcheté n’était jamais loin et lui murmurait à l’oreille qu’il n’était pas prêt à la laisser partir, à subir cette troublante vérité – qui était qu’elle ne lui appartenait pas et ne lui appartiendrait jamais. Comment une femme était-elle parvenue à briser tous ces obstacles et cette carapace qu’il avait mis tant d’années à forger ? La réponse le dépassait totalement, et il avait choisi de ne pas chercher à comprendre le comment du pourquoi. Elinor existait. Cela suffisait à le rendre heureux, et cela suffisait à le rendre misérable. Il n’avait jamais éprouvé sentiment aussi complexe, l’envie de la connaitre aussi intense que l’envie de ne l’avoir jamais rencontrée. L’envie de la voir sourire et de l’entendre rire, aussi intense que l’envie de la voir souffrir autant que lui de ne pas pouvoir laisser libre court à leurs sentiments. Il n’était pas idiot. Il était ignorant sur beaucoup de choses, mais il n’était pas idiot. Ses regards ne trompaient pas. Ses sourires ne trompaient pas. Ses gestes ne trompaient pas. Mais elle avait demandé. Mais elle avait choisi. Mais elle avait décidé. Et il avait promis de respecter ses choix. Il avait promis de ne plus aborder le sujet. Il avait promis de ne plus l’importuner. Il avait promis de ne plus rien tenter. Il avait promis. C’était une véritable torture. C’était un véritable parcours du combattant. Mais Alaric Winchester n’était pas homme à briser une promesse. Et il n’était pas homme à imposer aux autres ce que lui-même n’avait jamais accepté qu’on lui impose. Il estimait que si la jeune femme le désirait autant qu’il la désirait, si elle l’aimait autant qu’il était persuadé de l’aimer, elle finirait par faire les bons choix et par prendre les bonnes décisions. Il préférait croire au possible. Il préférait croire au destin. Il préférait croire en la patience. Après tout, Dan avait débarqué dans sa vie et avait tout chamboulé une fois. Elinor pouvait être un nouveau bouleversement dans sa vie, il était prêt. Mais pas elle. Et vivre avec elle devenait de plus en plus compliqué pour lui. Oh, ce n’était pas un homme des cavernes et il n’était pas aussi frustré sexuellement parlant – qu’on ne le prenne pas pour ce qu’il n’était pas. S’il ne la désirait que sexuellement, il n’aurait sans doute fait aucune promesse et l’aurait déjà mise dans son lit il y a bien longtemps – fiancée ou pas, déterminée ou pas. C’était bien ce qui rendait les choses incroyablement compliquées et difficiles. Aussi s’évertuait-il à rester loin de la maison, le plus souvent possible, le plus longtemps possible.

« Tu travailles encore à cette heure ? » que l’objet de ses désirs vient perturber sa solitude. Il travaille encore à cette heure, en effet. A vrai dire, il n’a pas vu l’heure. A vrai dire, il ne regarde plus l’heure. A vrai dire, il rentre parfois en plein milieu de la nuit – quand elle dort et qu’il est sûr de ne pas la croiser. Si déterminée, si décidée, si fataliste et pourtant si incapable de rester loin de lui, de sortir de sa vie, de retourner à la réalité. Il la détestait parfois pour cela. « Je ne travaille pas vraiment, » qu’il répond en souriant néanmoins, car il est incapable de lui être désagréable. Un comble venant de lui. Accroupi face à son nouveau passe-temps et sa nouvelle échappatoire, il est ravi d’être couvert de cambouis et de ne pouvoir être tenté par la jeune femme. Se rend-elle compte à quel point elle le perturbe et le rend fou ? Sans doute pas. « J’avais besoin de marcher, » qu’elle lui explique naturellement, qu’elle partage son besoin de s’évader. Du moins le perçoit-il ainsi. Il aime l’idée qu’elle soit aussi perdue et aussi troublée que lui. Ce ne serait pas juste sinon, n’est-ce pas ? « Quand je me suis rendue compte que j’étais proche du garage, je me suis dit que j’allais venir te retrouver ici, » qu’elle justifie naturellement sa présence à une heure aussi tardive sur son lieu de travail. Il lui offre un regard, elle lui offre un sourire. Et leur monde est écroulé. Alors il détourne les yeux et se remet au travail, crispant les mâchoires et taisant tout ce qui le traverse à cet instant, entre doute et désir, entre frustration et incompréhension. « Je me doutais que tu y serais encore, » qu’elle enchaîne naturellement. Il était chaque soir ici, aussi n’y avait-il rien d’étonnant à ce qu’elle le retrouve en effet à son garage. Non, ce qui était surprenant ce soir était qu’elle soit venue le trouver. Le troubler. Le rendre fou. « Je ne savais pas que tu t’occupais aussi des motos. » La mécanique en tout genre n’avait aucun secret pour lui. Mais il parlait peu de ses prouesses de mécanicien, il évoquait peu son travail au quotidien car il imaginait naturellement et à bonnes raisons que cela ne l’intéressait pas. Après tout, elle avait conduit une voiture antique et mal en point pendant des mois, voire des années – que pouvait-elle y connaitre, hum ? Mais ça, il le garde pour lui. « On s’occupe de tout ici, mais cette moto m’appartient. Depuis maintenant une semaine, » qu’il ajoute comme un gosse qui a acquis un nouveau jouet dont il rêve depuis toujours. « C’est en partie à cause d’elle que je rentre tard en ce moment, je l’avoue, » qu’il lui dit en passant une main sur son menton, réflexe naturel et automatique, qui l’amène à se foutre du cambouis partout sur la tronche. Mais pas grave, il est habitué. « J’en ai déjà deux, mais j’ai toujours rêvé d’en avoir une comme celle-ci. Alors quand on me l’a apportée pour la vendre à petit prix, j’ai pas hésité. Certaines personnes ont tendance à abandonner trop rapidement les choses en imaginant qu’elles sont cassées, brisées et terminées, » qu’il ajoute sans imaginer une seconde à quel point ses mots peuvent atteindre la jeune femme. « Moi, » qu’il ajoute en se relevant et en plantant son regard dans le sien, « je n’abandonne jamais, » qu’il prévient fièrement en passant devant elle pour rejoindre le lavabo et rincer ses mains du mieux qu’il le peut. « Tu te sens mieux ? » qu’il lui demander après s’être retourné, alors qu’elle semble perdue dans ses pensées, le regard rivé sur la moto qu’il vient de lâcher enfin. Elle semble surprise par sa question. « Je te trouve plutôt fatiguée depuis quelques jours, » qu’il explique en haussant les épaules. A vrai dire, il y a des jours où elle semble même exténuée, pour ne pas dire au bout du rouleau, voire malade, et d’autres jours où elle semble rayonnante et pleine de vie. « Si tu as besoin d’air, et de te changer les idées, j’ai peut-être quelque chose à te proposer, » qu’une idée lui vient soudain tandis qu’il avance vers elle d’un pas lent. Le regard carnassier et rempli de malice. Elle attend patiemment, elle semble même retenir un souffle qui ne vient pas alors qu’il est plus proche qu’il ne le devrait, qu’il ne le voudrait, qu’il ne le faudrait. « Toi, moi, le vent et un sentiment de liberté jamais exploré, » qu’il ajoute en souriant légèrement. « Je te propose un tour en moto, Elinor », qu’il ajoute en riant légèrement face à son trouble. C’est qu’il est ravi de la voir troublée, c’est qu’il est agacé de la voir troublée.

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Elinor Goldstein
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MessageSujet: Re: « Hand in my hand and we promised to never let go. We're walking the tightrope » Alaric ♥   Jeu 1 Mar - 21:24

Sa volonté de prendre de la distance avec Alaric se disputait à son désir d’être auprès de lui constamment. Il s’agissait d’un besoin, d’une pulsion, d’une envie irrépressible. Et à mesure qu’elle comprenait qu’elle ne pourrait plus rester à ses côtés aussi longtemps que son cœur le désirait, Elinor avait de plus en plus de mal à se détacher de lui. Comme pour profiter du peu de temps qu’ils leur restaient ensembles. Pour s’offrir un rayon d’espoir au crépuscule de sa mort. A ses heures les plus sombres, elle voulait se souvenir de cette rencontre du hasard… ce rendez-vous inespéré entre deux êtres si différents l’un de l’autre, que rien ne prédestinait à être ensembles, à s’attirer… à s’aimer en dépit de tout. Elle voulait que la bienveillance d’Alaric soit le dernier témoignage qu’elle retiendrait de la nature humaine. Son sourire. Ses gestes. Sa générosité. Son visage. Son regard… Tout ce qui faisait de lui l’être qu’elle désirait le plus en ce monde. Si rien dans ses actes ne laissaient entrevoir la moindre forme d’attirance, les prunelles de la jeune femme ne pouvaient pas mentir. Quelquefois, elle le contemplait à la dérobée, idéalisant un univers dans lequel la maladie et David n’auraient pas leur place. Un univers où elle serait libérée des chaînes qui entravaient les élans de son cœur. Un univers où elle n’aurait plus peur d’aimer et d’être aimée en retour. Elle se rêvait franchir les pas… exprimer à Alaric toute sa reconnaissance, tout son amour, toute son adoration… elle se rêvait l’embrasser, lui confesser combien elle se sentait perdue avant que sa route ne croise la sienne. Elle se rêvait l’aimer purement et simplement. Elle se rêvait courageuse et vivante. En le mécanicien, elle voyait cet homme fort et généreux qu’elle idéalisait autrefois. Ce compagnon qui saurait l’aimer et l’encourager. Ce compagnon qui serait là même quand elle se croirait seule. Ce compagnon avec qui elle se voyait danser… Alaric aurait pu être cet homme. Ces rêveries d’enfant revêtaient aujourd’hui un visage. Celui d’Alaric.

« Je ne travaille pas vraiment. » Elle n’aurait pas dû aller le voir. Ce fut un des premiers constats qu’elle se fit en entendant le timbre de sa voix pour la première fois de la journée. Toujours cette douceur et cette bienveillance ; mais Elinor décelait cette légère rancœur naissante. Sa présence était aussi lourde pour elle que pour lui. Si elle connaissait les motifs de son refus, il n’en était pas de même pour le mécanicien. Parfois, elle se demandait pourquoi il ne l’avait pas encore jetée dehors. La culpabilité montait en elle. Elle abusait de sa bonté. Elle le chassait presque de sa propre maison. Lui qui rentrait parfois tard le soir, quand la jeune femme était censée être endormie depuis bien longtemps. Sauf que ses yeux ne parvenaient à se clore tant qu’elle n’avait pas entendu du bruit dans l’entrée. Il l’évitait… elle le savait. Le garage était devenu son nouveau refuge, mais là encore, elle empiétait sur son espace. Elle se sentait obligée d’expliquer les raisons de sa venue. Un heureux hasard qui n’en était pas vraiment un. Il devait le deviner quelque peu à ce regard étrange qu’elle lui portait parfois. Cette insistance qu’elle lui assénait sans le vouloir quand les prunelles du mécanicien se dérobaient aux siennes. Elle avait besoin de se contact autant qu’elle le craignait. Car dès lors que leurs yeux s’imbriquaient l’un dans l’autre, il lui était impossible de faire taire les élans affolés de son cœur. En définitive, il était le plus sage des deux… Quelle folie ! Elle fit taire le cours de ses pensées pour écouter Alaric expliquer son ouvrage sur cette moto qu’il venait récemment d’acquérir. « Certaines personnes ont tendance à abandonner trop rapidement les choses en imaginant qu’elles sont cassées, brisées et terminées. » Le souffle de la jeune femme se coupa. Elle sentit ses membres devenir fébriles… son cœur s’emballer à une vitesse folle pour se serrer brutalement. Sa peau frissonna. « Moi, je n’abandonne jamais. » Ah ! Si son cœur pouvait hurler, sûrement le ferait-il à cet instant. Ce fut comme s’il pouvait lire dans ses pensées les plus profondes et percer son secret. Elle crut presque que ce fût le cas. Un bref instant. Le temps d’un battement de cils avant de comprendre que tout ceci était absurde. Elle put cependant faire taire cette pulsion qui monta brusquement en elle. Les paroles voulurent remonter du fond de ses entrailles et faire éclater la vérité dans sa bouche. La force des convictions d’Alaric manqua de la faire flancher complètement. Heureusement n’était-il pas face à elle pour observer la lutte des sentiments dans son âme. Ce besoin de se confier à une épaule qui serait forte, robuste et courageuse. Tout ce qu’elle n’était pas. Presque par lâcheté, elle eut le désir de décharger une partie de son fardeau. Pourquoi ne le porteraient-ils pas à deux ? Mais aussi vite que cette idée vint, elle fut chassée par le visage de Dan qui s’imprima dans son esprit. Un fardeau, Alaric en portait déjà un. Celui de son père adoptif. Celui de son propre passé. Qui était-elle pour lui imposer tout cela ? Elle sortit soudain de sa torpeur à la question d’Alaric. Prise en dépourvue, elle ouvrit la bouche pour répondre mais aucun son n’en sortit. Non, elle n’allait pas bien. Et il avait raison quand il la trouvait fatiguée. Chaque jour, elle dépérissait un peu plus. Chaque jour la rapprochait de cette fin inéluctable. Elle se forgea difficilement un sourire rassurant qu’elle adressa à Alaric. « Oui, je vais bien. Je suis juste très préoccupée en ce moment. » Elle n’avait pas besoin d’expliquer pourquoi. Ils le savaient tous les deux. Son mariage. Cet accident. Leur attirance. Ce départ qu’elle devait presser au plus vite… « Si tu as besoin d’air, et de te changer les idées, j’ai peut-être quelque chose à te proposer. » La jeune femme retint son souffle, observant Alaric dans une démarche qu’il n’adoptait pas d’habitude. Son comportement l’hypnotisait en même temps qu’il l’inquiétait. De ce regard fascinant et malicieux, elle en perdait le fil de ses pensées. Elle n’osait suggérer la moindre idée dans son esprit. Que pourrait-il bien lui proposer ? Pourquoi son cœur battait-il si vite dans sa poitrine ? Lui, elle, le vent et la liberté… Une si belle promesse qui enfla dans la poitrine d’Elinor. Elle esquissa un sourire timide, comme une sage jeune femme qu’un un mauvais garçon viendrait séduire. « Je n’ai jamais fait de moto. » confessa-t-elle, bien que la proposition était plus qu’attrayante. Elle dévia son regard pour échapper au joug ensorceleur de ses yeux et de son sourire. « Tu as dû en séduire plus d’une avec ce genre de proposition. C’est ta technique spéciale ? » minauda-t-elle d’un ton espiègle en s’approchant un peu plus de la moto sur laquelle ils embarqueraient sûrement. Au fond, elle savait qu’elle aurait mal s’il lui répondait oui. Qu’elle n’était qu’une parmi tant d’autres. Et pourtant, elle ne voulait pas être séduite. Ils n’avaient pas le droit d’être ainsi. « Mais je crois que je ne pourrai pas dire non à une telle invitation. » Pas à ce sourire. A ces yeux. A cette bouche. A Alaric. « Je suis prête à faire corps avec le vent. » s’amusa-t-elle une nouvelle fois se retournant vers lui. Elle en avait désormais le besoin impérieux. Son expression rieuse se transforma en une moue plus énigmatique. « Offre-moi la liberté ce soir… » Juste pour un soir, fais-moi me sentir libre… Fais-moi oublier tout ce qui constitue ce monde… qu’il ne reste plus que toi, moi et liberté… fais un sorte que nous soyons un « nous » brave et invincible… Fais-moi être vivante pour une dernière danse avec toi.
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: « Hand in my hand and we promised to never let go. We're walking the tightrope » Alaric ♥   Jeu 22 Mar - 19:04

Il n'avait jamais été un homme à laisser ses sentiments prendre le dessus sur la réalité de sa vie. Il avait toujours choisi de suivre son instinct plutôt que ses désirs. Particulièrement parce que ses désirs étaient voués à l'échec, et que la déception et l'amertume semblaient lui être prédestinées. Jusqu'à ce qu'il rencontre Lou Morland. Le feu, la glace, le brin de folie, l'aventure humaine et la découverte de quelque chose d'incroyablement fort. La jeune fille de 16 ans avait tout bousculé dans sa vie, bouleversant ses principes et sa vie toute entière. Avant elle, il n'avait jamais laissé personne l'approcher suffisamment pour voir ce qui se cachait sous la carapace. Avant elle, les apparences étaient que trompeuses et malveillantes, lui offrant une solitude certaine et une tranquillité désirée. Dan avait suivi dans cette lignée, mais la relation qu'il entretenait avec son père adoptif et de coeur était quelque chose qu'il chérissait à part. Rien de comparable. Jamais. Lou, elle avait été la femme de sa vie. Son pilier. Sa bouffée d'oxygène. Une tornade. Un séisme. Elle était ancrée en lui à jamais, et ce même s'il ne parviendrait sans doute pas à lui pardonner ses fautes, ses erreurs, sa trahison. Quand on avait aimé ainsi, il était quasiment impossible de réparer ce coeur meurtri. Quasiment impossible de croire en l'amour de nouveau. D'ailleurs, Ric n'était plus jamais retombé amoureux. D'ailleurs, Ric avait cumulé les relations sans grande importance. Et d'ailleurs, même celles avec qui il aurait pu connaître une belle histoire n'avaient jamais su atteindre son coeur. Il était trop aigri. Trop indépendant. Trop déçu. Trop fermé. Trop grincheux. Trop violent. Pour aimer et être aimé. Telle était la fatalité qu'il avait acceptée et comprise. Puis, elle avait débarqué. Cet ange sorti de nulle part. Cette personne que tout le monde attend et espère quasiment toute sa vie, parfois sans parvenir à la trouver. Cette personne qui bouleverse chaque certitude, chaque projet, chaque détermination, juste parce que c'est Elle. Il ne croyait pas à l'âme soeur, tout simplement parce qu'il avait aimé au-delà des mots, en vain. Mais il reconnaissait volontiers l'importance d'une personne dans la vie d'un homme. N'était-il pas sur le point de perdre l'une d'entre elles ? Lorsque Dan partirait, bientôt, Alaric plongerait dans une abysse sans fin, il le savait. Peu de choses le retiendraient. Peu de choses le sauveraient.

Et Elinor était certainement la seule à avoir le pouvoir de le sauver de lui-même. De la violence. De la solitude. De la fatalité. De l'illégalité. La seule à pouvoir faire la différence. Et elle ne le ferait pas. Car tel était le destin d'Alaric Winchester. Car tel était le destin d'Elinor Goldstein. Elle était fiancée, à un homme qu'elle n'aimait pas et qui ne l'aimait pas. Elle allait partager sa vie avec un autre homme, créer des liens puissants, des liens que beaucoup ne prenaient jamais à la légère. S'il n'était pas croyant, Alaric accordait cependant un grand respect et une grande importance aux liens sacrés du mariage. Ce qui rendait la situation actuelle encore plus compliquée et difficile. Car s’il respectait ces vœux, il crevait d’envie d’oublier ses principes quand il était avec la jeune femme. Une situation donc invivable, et pourtant il ne parvenait pas à la renvoyer chez elle, encore moins à la sortir de sa vie. Il lui suffisait d’être loin d’elle pour se donner des forces et du courage, se décider à lui demander de quitter son appartement – pour ne pas dire sa vie intégralement – mais aussitôt qu’il l’apercevait ou l’entendait, il n’était qu’un homme. Un simple homme démuni face à cet amas de sentiments qui l’envahissaient à chaque fois. Un simple homme perdu. Un simple homme au destin solitaire, qui une fois avait rêvé de plus grand, de plus beau, de plus fort. « Oui, je vais bien. Je suis juste très préoccupée en ce moment, » qu’elle répond machinalement quand il lui avoue la trouver mieux. Elle était souvent pâle. Elle était souvent exténuée. Elle donnait souvent l’impression d’être malade – trop malade pour sortir, trop malade pour travailler, trop malade pour ne pas qu’il le voit. Il mettait cela sur le compte d’une vie plutôt mouvementée, entre les répétitions de sa pièce, son dévouement à cette même pièce et son travail, ses bienfaisances, un mariage à préparer – difficilement puisque éloignée de son fiancé en titre… Et un boxeur à tenir éloignée d’elle comme la peste, sans pouvoir y parvenir apparemment. Oui, il y avait de quoi être fatiguée. L’idée de l’emmener loin d’ici, quelques minutes, quelques heures, lui était venue naturellement et spontanément. Il n’avait pas prémédité sa proposition, tout comme il n’osait pas espérer avoir lu tous ces sentiments divers et complexes dans ses prunelles. L’attirance, irrésistible et fascinante. La gentillesse, innée et ravissante. L’amour, naturel et sincère. Mais elle ne l’aimait pas. Mais elle ne le désirait pas. Non. Car elle allait en épouser un autre et qu’elle avait été claire à ce sujet : c’était un fait, c’était acquis, c’était irréversible. « Je n’ai jamais fait de moto, » qu’elle confesse, attisée par la peur comme par la curiosité. « Je te sortirais bien l’éternel « il y a une première fois à tout, » mais ça serait ringard, » qu’il plaisante gentiment en souriant sans cesser de l’observer – chaque trait, chaque réaction, chaque geste. Essayer de la découvrir, essayer de la comprendre, essayer de la cerner. En vain. « Tu as dû en séduire plus d’une avec ce genre de proposition, » qu’elle lance sur le ton de la conversation. Le sujet des femmes était un sujet quelque peu délicat compte-tenu de leur situation. Pendant une fraction de secondes, il crut qu’elle se moquait de lui. « C’est ta technique spéciale ? » qu’elle enchaine néanmoins. Lui ne peut que se trouver face à elle, immobile, comme ancré dans la pierre et figé dans le temps, ses yeux incapables de dévier d’elle. Il n’y avait eu qu’une seule femme en réalité, avec qui il avait partagé sa place sur une moto. Avec qui il avait connu la liberté, le vent et l’éternité. Et il l’avait aimée, cette femme. Tout comme il aimait cette femme, face à lui. « Et moi qui pensais être énigmatique et mystérieux… tu m’as démasqué, » qu’il répond pourtant, qu’il fait croire pourtant, qu’il ne nie pas pourtant. « Cela dit je te rassure, » qu’il enchaine pourtant, tout proche d’elle, « je tiens toujours mes promesses, même si elles sont parfois difficiles à tenir, » qu’il termine et qu’il fait référence au fait qu’il a promis de ne plus lui poser de questions, de ne plus exiger d’elle ce qu’il n’a pas à exiger, de ne plus la mettre devant le fait accompli, de ne plus avoir envie de l’embrasser à en devenir fou. Oui, il a promis. Oui, il peut tenir sa promesse. « Mais je crois que je ne pourrais pas dire non à une telle invitation, » qu’elle le libère d’un poids soudain. Yeux dans les yeux. Il ne peut que lui offrir un sourire, ravi et soulagé. Alors que son cœur est meurtri et totalement perdu. Quelle complexité étrange. « Je suis prête à faire corps avec le vent, » qu’elle continue à murmurer, tel un ange irréel. Si elle était prête à faire corps avec le vent et découvrir ce sentiment de liberté nouveau, elle n’était pas prête à abandonner une vie de principes pour une vie de bonheur. Et lui qui avait tant galéré à trouver sa place, à trouver la foi de pouvoir vivre en étant lui-même et heureux de ce qu’il avait, il ne pouvait pas lui en vouloir. Il s’en voulait surtout à lui-même d’être aussi faible et perturbé par la situation. De s’être laissé emprisonner bêtement, facilement et sans crainte après toutes ces années à se barricader. « Offre-moi la liberté ce soir, » qu’elle lui murmure et lui exige dans un souffle, comme un appel à l’aide, comme un espoir inavouable. Se rendait-elle compte à quel point ces mots prononcés pouvaient être forts, intenses, profonds, et surtout perturbants ? Se rendait-elle compte qu’en lui demandant cette liberté, même pour un soir, elle ouvrait une porte qu’il avait promis de ne jamais franchir ?

Et il lui offrirait cette liberté. Et il lui offrirait ce moment de paix. Et il lui offrirait ce qu’elle demandait. Car il n’y avait rien, absolument rien, qu’il ne puisse refuser à cette ensorceleuse. Car il n’y avait rien, absolument rien, qu’il ne pouvait faire pour cette femme qui était parvenue en un laps de temps limité à capturer ce que beaucoup avaient tenté d’obtenir en vain : son cœur. Un sourire, un regard, ils n’avaient besoin de rien d’autre pour comprendre les mots qui ne s’entendaient pas. Alaric n’était de toute façon pas un grand fervent de longs discours et de longues déclarations. Et pourtant, Dieu savait à quel point il avait des choses à confier à Elinor. Dans un autre univers, il l’aurait sans doute embrassée à perdre haleine face à sa demande silencieuse mais évidente. Dans un autre univers, il l’aurait sans doute embrassée comme si sa vie en dépendait face à cette échappatoire qu’elle semblait réclamer et espérer. Mais dans cet univers-ci, il se contente de lui tendre le casque qui va avec la liberté et de frissonner quand elle s’installe derrière lui et s’accroche comme si le diable était à leurs trousses. « Accroche-toi bien, » qu’il enfonce le clou néanmoins. Sadique et autodestructeur, oui ça ressemblait bien à Alaric Winchester. Amoureux de la femme qu’il ne faut pas, de la seule femme qui n’est pas pour lui, incapable de l’éloigner pour ne pas plus souffrir qu’il ne souffre déjà. Sa seule récompense, c’est sans doute de savoir – oui, de savoir – qu’elle souffre autant que lui de ne pouvoir laisser libre court à ses propres sentiments. Alors, il profite. Alors, il vit l’instant présent. Ne serait-ce que ce soir, que cette virée nocturne. Ne serait-ce qu’une soirée, que quelques heures sous le clair de lune. Ne serait-ce que cette nuit étoilée, laisser place à cet univers parallèle. « N’ai pas peur, » qu’il la rassure avant de démarrer lentement, augmentant la vitesse crescendo à chaque seconde. Elle ne crie pas, elle ne hurle pas, elle ne lui demande pas de s’arrêter, de ralentir ou de la ramener. Elle serre, fort, elle se cramponne et il sent son cœur battre la chamade dans cette course folle contre la montre. Là, tout de suite, elle est la seule et unique chose qui compte.

Et ça fait mal.

Combien d’heures ont-ils roulé ? Combien d’heures ont-ils profité de la liberté ? Combien d’heures à faire corps avec le vent ? Il s’en moque. Le temps n’a pas de limite quand il s’agit de le passer avec elle. Et c’est terrible de penser qu’il lui faut se séparer d’elle, qu’il lui faut prendre ses distances, que le temps passé ensemble ne peut pas, jamais, changer la situation dans laquelle ils sont. Une impasse. Ils se sont arrêtés quelques instants, pour profiter du spectacle époustouflant qui s’offre à eux sur les collines de la ville, la mer à perte d’horizon avec pour seul éclairage une lune quasi-pleine. Perdus dans la nature, libres et indépendants. Son regard dérive vers elle, les cheveux au vent et le regard perdu au loin, elle semble apaisée et… heureuse. Peut-être n’aurait-il pas dû la regarder. Peut-être n’aurait-il pas dû oublier. Peut-être n’aurait-il pas dû écouter son cœur. « Elinor, » qu’il se lance enfin, qu’il se décide, qu’il essaie, qu’il prend son courage à deux mains. Pour lui dire que ça ne peut plus durer, que c’est trop dur, trop tortueux, trop compliqué que d’être près d’elle. Pour lui dire qu’il doit la ramener. La laisser retrouver sa vie, celle qu’elle a choisie. Pour lui dire qu’il est temps qu’elle assume ses choix, ses responsabilités. Pour lui dire qu’il est temps qu’elle quitte sa vie, qu’elle le libère de son emprise. Au lieu de quoi, les mots se bloquent, se coincent dans sa gorge. « Et merde, » qu’il a le temps de grogner dans sa barbe avant de se jeter sur ses lèvres qui ne cessent de le hanter et de l’appeler.

Partir. S’éloigner. Echapper. Fuir. Loin. Très loin. Pour céder. Prendre. Réclamer. Savourer. Aimer.

C’est leur premier baiser. Dur. Intense. Grisant. Electrisant. Délicieux. Exigeant. Dans tout le désespoir qui l’habite, il l’embrasse comme il a toujours rêvé de le faire. Dans ce baiser, il exprime tout ce qu’il ne peut pas lui dire à voix haute. Dans ce baiser, il y met sa frustration, son dévouement, sa rage, sa violence, son cœur à nu. Dans ce baiser, il se livre. Dans ce baiser, il offre. Dans ce baiser, il se perd encore plus. Parce que ses lèvres, tentatrices, qu’il espérait ne plus désirer une fois goutées, répondent aussi fougueusement. Parce que ses lèvres, diaboliquement douces, le rendent complètement dingue. Que ses mains se perdent dans sa chevelure brune. Que son souffle se mêle au sien. Que son cœur bat contre le sien. Que la réalité est loin derrière eux, que le rêve se poursuit encore un peu. Juste un peu. Avant de reculer légèrement, front contre front, nez contre nez, souffle contre souffle, yeux dans les yeux. « Le temps d’une minute, d’une seconde, j’ai juste besoin d’oublier qui tu es, qui je suis, qui nous sommes. Le temps d’une minute, » qu’il continue en l’embrassant de plus belle. « D’une seconde », qu’il l’embrasse encore et encore. « Je veux juste oublier la réalité, » qu’il la soulève dans ses bras pour la rapprocher comme pour l’emprisonner. Pour ne jamais la laisser repartir.

Le temps d’une nuit. Le temps d’un rêve.

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Elinor Goldstein
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MessageSujet: Re: « Hand in my hand and we promised to never let go. We're walking the tightrope » Alaric ♥   Jeu 12 Avr - 21:21

Ça éclatait dans sa tête, dans son cœur, dans son esprit ; comme des milliers de parasites qui pullulaient, qui chuchotaient, chahutaient, dansaient autour d’elle, qui la martyrisaient et la mutilaient, qui ne lui laissaient aucun répit, qui prenaient les fils de ses pensées pour les emmêler, s’emparaient de ses sentiments pour les écorcher, les enivrer jusqu’à ce qu’ils en perdent la notion du temps, de l’espace, du bien, du mal et le moindre bon sens. Des pensées, elle en avait des tas. Elles fourmillaient parfois dans un ordre parfait, et soudain, comme si quelqu’un venait donner un immense coup de massue sur leur base fragile, elles explosaient, se dissipaient et se désordonnaient. Le regard d’Alaric, sa voix, ses gestes, ses mots étaient la tempête qui bouleversait l’univers entier d’Elinor. Ils dissipaient ses résolutions, malmenaient les fondations de cette vie qu’elle s’était construite avec application. Une immense forteresse de glace froide, austère, invisible et si fragile. Elle la sentait se fissurer, s’ébrécher par endroit, craqueler progressivement. Quant à son cœur… Ah le traître ! Ah la scélérat ! Sa poitrine se chargeait du bouillonnement de ses sentiments pour les brouiller, les ajouter les uns aux autres, les mélanger, les emmêler jusqu’à ce qu’ils ne détiennent plus aucun sens, jusqu’à ce qu’ils soient dépossédés de leur essence première, qu’ils noient la raison raflée par une vague violente et passionnelle, que ne répondent plus que les pulsions de l’âme et le cri du cœur. A tout ce fouillis, ce bazar, ce remue-ménage, ces ruines et ces décombres, il n’y avait que le regard d’Alaric pour la ramener sur les bords du rivage, sauve et protégée. Que lui pour lui faire comprendre que le grand bordel de sa vie, c’était de ne pas être avec lui, de s’interdire de l’aimer comme son cœur le désirait. Mais à toutes ces pensées qui la dorlotaient, un spectre vicieux assombrissait son univers. Et sur cet immense bazar, il gonflait ses poumons rapiécés, soufflait de toutes ses forces son haleine pestilentielle et balayait ses doutes, ses égarements, ses faiblesses, ses parasites qui chuchotaient dans sa tête pour ramener un ordre simple et terrible : elle allait mourir. Quelques mots qui emportaient avec eux, dans un funeste cortège, l’espoir, l’amour et la lumière…

« Cela dit je te rassure, je tiens toujours mes promesses, même si elles sont parfois difficiles à tenir. » Un sourire craqua les lèvres d’Elinor. Triste et résigné. De tous les deux, il était le plus fort, le plus brave. Il était celui qui parvenait à ancrer ses taillons fermement enfoncés dans le sol pour ne pas plier face au déchaînement des éléments. D’elle, il n’exigeait rien, et c’était presque pire que d’être contrainte à épouser David. A sa manière, il l’enfermait dans ses propres douleurs, ses secrets et ses non-dits. Par vengeance ou par inconscience ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Tout ce qu’elle savait, c’était qu’elle méritait cette souffrance qui éclatait dans sa chair, l’infestait et la mutilait. Alors pour une fois, juste une fois, elle désirait la liberté. Trop belle pour être refusée. Trop étincelante pour que ses yeux se détournent. Trop ensorcelante pour lui résister. Et comme si elle s’accrochait à ce qu’il lui restait de vie dans ce corps à l’agonie, elle enroula ses bras autour de la taille du motard. L’odeur du cuir, de l’essence, de son parfum se mêlèrent, envahirent ses narines et enivrèrent ses sens. Elle en perdait presque l’esprit, mais ce soir, elle se vouait corps et à âme à l’appel de cette liberté qui se dessinait avec des contours d’éternité et d’espoir. Un soupçon d’ailleurs et de meilleur. De plus grand, de plus beau. Et tandis que les pneus s’abîmaient sur l’asphalte, elle se sentit devenir puissante, immense et invincible. Son cœur battait dans sa poitrine à une allure aussi folle de la leur, menaçant d’exploser à chaque seconde. Cette douce excitation engourdissait ses membres, amenait un sourire apaisé sur ses lèvres, des larmes à ses yeux. La maladie était loin. Si loin d’elle, de son corps empoisonné, de sa chair malade, de son être décharné, de son cœur en lambeaux. Elle pouvait fermer les yeux et invoquer à elle les souvenirs les plus heureux de son enfance, les passages les plus heureux de sa vie où la mort ne venait pas la hanter dans sa sombre robe d’apparat. La tristesse n’était plus là pour venir se coller à sa peau, suinter contre elle tout son malheur et ses souffrances, ses peines et ses désillusions. Elle demeurait libre, légère et heureuse dans ce nouveau monde qui s’offrait à elle, avec ses épreuves et ses imperfections ; mais toujours avec la certitude qu’il y aurait toujours des bras pour la rattraper avant qu’elle ne chute à jamais. Ces mêmes bras qui l’aidèrent à descendre de la moto sans tomber.

Ils avaient roulé longtemps. Suffisamment pour qu’elle se sente engourdie, mais étrangement sereine. La beauté des lieux la captura instantanément. La hauteur de la colline d’où ils étaient juchés leur permit de cueillir l’éclat de l’horizon et la splendeur d’un océan doux où la pâleur de la lune se reflétait. Et ils demeuraient là, enrobés du manteau sombre de la nuit à contempler ce paysage qui leur tendait les bras. Le vent s’engouffrait dans sa chevelure brune et chaude avec une délicatesse qu’elle n’avait plus ressentie depuis longtemps. Elle s’offrait à nouveau à ce que le monde avait de plus beau à lui donner, comme un prisonnier découvrirait la lumière du jour après des années. Puis il y avait Alaric à son côté. Si grand, si fort, si beau face à cette nature qui semblait s’incliner devant lui. Sa voix vibra en elle, tel le grondement de la roche qui s’effondre. Elle se tourna vers lui, et toutes ses pensées qui se disputaient dans son esprit, il lui sembla les voir fourmiller au-dessus de sa tête. Chuchoter aussi au creux de son oreille. S’amuser à ses dépens. Lui démanger le cerveau. Le rendre fou de cette même folie qui le poussa à attraper son visage entre ses mains, sèches et délicates à la fois, pour l’embrasser. Et là, toutes ses pensées, ses sentiments, ses parasites éclatèrent et explosèrent en morceaux, comme des milliers de confettis au creux de sa poitrine. Plus de murmures. Plus de coups. Plus de tempête. Plus de vagues fracassantes. Juste l’étourdissement de ce baiser. Les lèvres d’Alaric ne parlaient pas mais elles exprimaient mieux qu’un million de mots ce qu’il ressentait. Elle le découvrit aussi confus que lui entre passion, frustration, tendresse, rancune, intensité, exigence, douceur, amertume, sincérité et accablement. A cet instant, elle n’était plus que l’exacte essence des sentiments qu’il lui insufflait dans ce baiser vital. Elle ne chercha pas à lui échapper, ni à le repousser. Elle se fondait en lui avec la passion du désespoir. Elinor aussi voulait oublier qui il était, qui elle était, qui ils étaient. Elle souhaitait oublier ce serment qui la liait à David, cette maladie qui était comme une empreinte au fer blanc sur sa peau meurtrie, tout ce qui les séparait et qui les confrontait. Elle était en train de se perdre, mais avec aucune volonté de vouloir se sauver de son sort. La ferveur qu’elle voyait luire dans les prunelles sombres du mécanicien était la plus belle offrande qu’elle pouvait recevoir. Elle se laissait emprisonner par ses mots, ses bras, ses lèvres, son odeur, son intensité si particulière. Elle était à lui. « Je voudrais tant que tu ne sois pas toi… que je ne suis pas moi. Que nous soyons autres. » Sans le poids de leur existence. Sans la mort qui planait au-dessus d’eux. Sans cette route atroce qui leur écorchait les genoux et le cœur. « Je voudrais n’être qu’à toi… » murmura-t-elle contre ses lèvres, comme un cri désespéré. Mais ce n’était pas à David qu’elle appartenait, ni à quiconque ; c’était la Mort qui avait noué des liens autour de ses poignets. Juste le temps d’un rêve merveilleux et inaccessible.

***

Elle portait l’empreinte de ses lèvres sur les siennes comme si elles étaient désormais inscrites dans sa chair. L’ivresse de ce premier baiser le tenaillait encore. Il lui avait insufflé cette vie qui lui manquait et qui brillait dans les poitrines des cœurs conquis. Le moteur de la moto vrombissait, mais elle n’avait d’yeux que pour ce souvenir ravissant, ses bras qui tenaient fermement la taille d’Alaric tandis qu’ils rentraient chez lui, cette torpeur qui les avait emportés tous les deux. Elle vibrait du souvenir de son contact. Et plus le temps passa, plus sa chair devint exigeante. Elle réclamait plus. Elle le réclamait lui, en entier et pour toujours. Sa chaleur. Son parfum. Ses caresses. Ses baisers. Arrivés à la maison, elle demeurait toujours groggy du contact de sa peau contre la sienne. Le silence de l’habitation les cueillit dans le calme de la nuit. Son regard croisa celui du mécanicien et elle se sentit rougir affreusement. Ce fut à son tour de laisser s’exprimer son courage et la tourmente de ses sentiments. Bannissant la gêne qui s’instaurait entre eux, elle captura ses lèvres avec la même fougue qu’ont ces gens qui savent que le temps leur est compté. « Laisse-moi être ta femme. Pour une nuit. » murmura-t-elle, nez contre nez, souffle contre souffle. Comme elle l’avait été le premier soir où il l’avait ramenée ici. Comme ce soir où elle l’avait appelée dans un grand cri de détresse. Et tant elle l’aimait qu’elle en tremblait de ce désir dévastateur. Elle craignait le refus. De ne pas être aimée. De ne pas être à lui avant la fin. « Laisse-moi être à toi. Juste pour cette nuit. Juste pour ce soir… » Une toute dernière fois, pour une ultime danse...
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: « Hand in my hand and we promised to never let go. We're walking the tightrope » Alaric ♥   Sam 19 Mai - 13:38

Elle était sienne. Il était sien. Dans ce baiser si longtemps attendu, si longtemps espéré, si longtemps désiré, si longtemps réfréné, il exprimait des choses qu’il serait sans doute à jamais incapable d’exprimer par des mots. Dans ce baiser, il libérait bien plus de choses qu’il ne saurait jamais le dire. Dans ce baiser, il se livrait bien plus entièrement qu’il ne le ferait jamais plus. Et s’il avait espéré, désiré, voulu ardemment se libérer de cette attirance irrépressible et irrésistible envers la jeune femme, il comprit très vite son erreur. Plus il l’embrassait, plus il goûtait ses lèvres, plus il la désirait. Plus elle l’embrassait, plus elle se serrait contre lui, plus il en voulait. A cet instant, s’il ne l’avait pas compris avant, il comprenait qu’Elinor Goldstein avait pris bien plus que possession de sa maison ou de sa raison. Elle avait pris possession de son cœur. Elle avait pris possession de son âme. Et elle prendrait possession de son corps – il s’en faisait même la promesse. Il n’avait jamais rien désiré, ni qui que ce soit, autant qu’il désirait Elinor Goldstein. C’était effrayant. C’était puissant. C’était bouleversant. C’était intense. C’était évident. Elle était sienne. Il était sien.

Fin de l’histoire.

Il n’avait pas eu l’intention de l’embrasser. Il ne l’avait pas prévu. Il ne l’avait pas prémédité. Il l’avait juste trop désiré. Un seul baiser, avait-il demandé. Un seul baiser, avait-il exigé. Un seul baiser, lui avait-elle offert. Un baiser qui avait duré une éternité, et qui en même temps avait été trop court. Tous les baisers du monde auraient été trop courts pour eux. Car aucun baiser ne pouvait changer la réalité. Et si la réalité le rattrapait sur le chemin du retour, son esprit était resté sur les collines, avec elle. Comment pouvait-il accepter de la perdre ? Comment pouvait-il accepter de ne plus l’avoir dans sa vie ? Comment pouvait-il tolérer qu’elle appartienne à un autre ? Comment pouvait-il accepter qu’elle lie sa vie à un autre ? Comment pouvait-il supporter l’idée qu’un autre – LUI – la touche ? Ses pensées divaguaient, mais les bras d’Elinor autour de sa taille, son souffle dans sa nuque, tout en elle l’apaisait et l’empêchait de quitter ce rêve dans lequel il les avait plongés malgré lui. « Je t’avais promis, » qu’il murmure dans le vent, sachant pertinemment qu’elle ne pouvait l’entendre. « Je suis désolé, » qu’il dit simplement. Désolé. Mais pas désolé. Comment pourrait-il être désolé quand son cœur était rempli d’une joie intense ? Même éphémère. Même spontanée. Même hors du temps. Il savait. Elle savait. Ils savaient. Et pour l’instant, pour l’instant ça lui suffisait amplement. Il n’avait pas eu l’intention de l’embrasser. Et il n’avait pas l’intention de recommencer. Foutaises, qu’il se dit à lui-même tandis qu’ils entraient chez lui après cette virée nocturne qu’ils ne désiraient, ni l’un ni l’autre, qu’elle ne se termine. Il avait toujours eu l’intention de l’embrasser – dès l’instant où son regard s’était posé sur elle un soir d’été, dans les rues malfamées de Venice Beach. Et il avait bien l’intention de recommencer – si ce n’était pas l’intention, il savait que l’envie et le besoin ne le quitteraient jamais. Allait-il la repousser, alors qu’elle choisit d’oublier la gêne, d’oublier qui ils sont, d’oublier la réalité pour se perdre de nouveau dans ses bras ? Allait-il la repousser, tandis que ses lèvres réclamaient de nouveau les siennes ? En était-il seulement capable ? Il entendait souvent dire que les femmes possédaient et contrôlaient le monde, et jusque-là il n’avait jamais compris pourquoi. Elinor le possédait entièrement. Eternellement. « Laisse-moi être ta femme. Pour une nuit, » qu’elle lui demande, qu’elle exige entre deux souffles. Il perçoit son désir, aussi ardent que le sien. Il perçoit son amour, aussi profond que le sien. Il perçoit son désarroi, aussi intense que le sien. Et il perçoit la peur, aussi incompréhensible que la sienne. « Laisse-moi être à toi. Juste pour cette nuit. Juste pour ce soir, » qu’elle continue dans ce même souffle. Ils ne sont d’ailleurs que ça. Souffles. Frissons. Tremblements. Un cocktail explosif d’émotions puissantes, un cocktail qu’il avait oublié depuis très, très longtemps. Combien de secondes s’écoulent alors avant qu’il ne cède ? Combien de secondes, à la tenir serrée dans ses bras, délicate et forte à la fois ? Combien de secondes, à contempler ce regard éperdu, avant de lâcher prise ? Il l’ignore. Et il s’en moque. Tout ce qui compte à cet instant, c’est elle. Seulement elle. Cette fois, quand il l’embrasse, la fougue laisse place à la tendresse. Cette fois, quand il l’embrasse, la passion laisse place à l’amour. Tout son corps s’embrase que de l’avoir là, à portée de mains, que de l’avoir là, offerte et sienne. Toute son âme s’embrase, de lui appartenir enfin. Ses mains brûlent, de la toucher enfin tandis qu’il la déshabille aussi lentement que possible, mettant de côté l’homme brutal qu’il peut être. Sa peau brûle de sentir les mains de la jeune femme sur sa propre peau, tremblantes. Ses lèvres s’enflamment, tandis qu’il parsème sa peau de baisers trop longtemps suspendus et imaginés. A l’entendre gémir sous ses mains et sous ses lèvres, il craint de perdre la raison lui-même. Il finit par la soulever dans ses bras, la laissant l’entourer de ses jambes interminables et parfaites. Le jean à moitié défait, torse-nu, il l’emporte avec lui dans la chambre. Pour une nuit. Juste pour une nuit. Pour la vie. Juste pour la vie. Il ne sait pas comment, mais il parvient à la déposer délicatement sur les draps dans lesquels elle dort depuis des semaines maintenant. Il ne sait pas comment, mais il parvient à l’embrasser tendrement. Il ne sait pas comment, mais il parvient à lui exprimer des choses qu’il n’a jamais su exprimer avant. A lui dire, par ses gestes et par sa retenue, à quel point elle est importante. Des minutes et des minutes à goûter, à mordiller, à caresser, à embrasser, à la contempler. Libre. Libre de l’aimer. Libre de lui appartenir. Libre de le désirer. Des minutes et des minutes à profiter de cette nuit. Des minutes et des minutes à savourer leur moment, leur instant. Des minutes et des minutes, lèvres contre lèvres, mains dans les mains, peau contre peau, avant de ne faire plus qu’un.

Ils étaient là où ils devaient être.

Le plus dur, quand on fait un rêve merveilleux, c’est le réveil. Brutal. Douloureux. Inévitable. Membres enlacés, ils semblent incapables de détourner les yeux l’un de l’autre. Le soleil n’est pas levé, mais ils le savent, la nuit se termine bientôt. Une main perdue dans sa chevelure qu’il adore, elle pose une main délicate sur son cœur. Comme si elle savait, comme si elle savait qu’elle allait le détruire à jamais. « C’est la première fois que je ne tiens pas ma promesse, » qu’il finit par murmurer. Choisissant la légèreté à la fatalité. « Et c’est la première fois que je ne le regrette pas, » qu’il ajoute en la faisant légèrement rire. « Je suis content que tu m’aies rejoint au garage ce soir, » qu’il dit simplement. Dans ces mots, il dit bien plus de choses qu’on ne le croit. Qu’il est content qu’elle soit venue, car elle lui manquait. Qu’il est content qu’elle soit venue, car il avait passé la meilleure soirée et nuit de sa vie. Qu’il est content qu’elle soit venue, car ils étaient liés à jamais. Peu importait la suite. Ils ne pouvaient pas changer les faits. Ils ne pouvaient pas niés la vérité.

Bip. Bip. Bip.

« Désolé, je vais l’éteindre… » qu’il soupire en se foudrayant intérieurement de ne pas avoir éteint ce maudit téléphone. Ils n’avaient que cette nuit. Ils ne pouvaient pas perdre une seconde. Mais en apercevant le numéro affiché, tout s’écroule. Tout son monde bascule. Parce qu’il sait. Parce qu’il comprend. Parce qu’il pressent. Tétanisé, le cellulaire vibre toujours dans sa main. Tétanisé, le cellulaire ne s’éteint à aucun moment. C’est la main de la jeune femme à ses côtés, posée sur son avant-bras, qui le sort de sa tétanie. « C’est Dan… » qu’il parvient à dire la gorge nouée.

Il n’y a pas besoin de mots pour comprendre. L’Hôpital l’appelait pour une seule et unique raison. Il était parti. Il l’avait quitté. Pour toujours.


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