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 Sweet flower of heavenly birth you were too fair to bloom on earth. ♡ Caly & Oli

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Oliver J. Sterling
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DATE D'INSCRIPTION : 15/11/2017
MESSAGES : 439

MessageSujet: Sweet flower of heavenly birth you were too fair to bloom on earth. ♡ Caly & Oli   Mar 27 Fév - 23:07


Sweet flower of heavenly birth you were
too fair to bloom on earth.
Calypso & Oliver



Décembre 2017.
8h.



La voilà déjà qui s'agitait, bras croisés et insultes fleuries à peine maitrisées. Heureusement que le ridicule n'assassinait personne. Ah, pauvre républicains. Oui, bien plus que l'adversaire démocrate bataillant encore et pour toujours en lui, l'homme, était écœuré devant cet écroulement rageur de puérilités qu'il en venait à les plaindre par instant dans ses plus sombres songes. Les plaindre d'être représentés par des personnes telles que cette stupide madame Edison... et tant d'autres. Ça en deviendrait presque risible si ce n'était pas tant pitoyable. Toujours la même rengaine. Toujours les mêmes excuses. « J'entends que vous et vos fabulations ne puissiez naturellement pas entendre cela et y trouver des solutions, mais la réalité n'est autre que... [...] » Une évidence. Son expérience encore et toujours remise en cause. Était-ce innovent ? Était-ce surprenant ? Était-ce même touchant d'une quelconque manière ? Non, rien de tout cela. Le prince raillait de son existence toutes âmes sur cette terre méprisant son ascension et ses combats à l'aide d’allégresse bien trompeuse et de sourires facétieux. À l'aide d'une verve à la fois charmeuse et hargneuse, à l'aide d'un courage et d'un regard perçant, à l'aide d'un tout, qui, lui, ne se montrait que toujours peint d'une honnêteté électrisante. Seul dans la vie du jeune prodige blondinet aux faussetés incalculables. Le faible halo de lumière de ce tableau peint de sang provenant de ses propres blessures. « Qui le peut, dans ce cas, vous ? À quoi sert de dénigrer mes valeurs et mes engagements quand les vôtres n'atteignent pas un millième de ceux que vous prôniez avec tant de ferveur devant votre électorat au meeting dernier de monsieur Wilson ? Voyez-vous, je pense que les américains méritent plus de franchise de votre part. Quant à ce qui concerne mes capacités auditives, je trouve cela touchant que vous vous en souciez, mais rassurez-vous, je me vois dans le regret de vous affirmer que tout va bien de ce côté là. Je vous entends, à regret... Mais je vous entends, les américains aussi. » acheva Oliver J. Sterling sous une note ironique légèrement arrosée par la lassitude cuisante qui l’embaumait sur le moment. L'assemblée laissa vibrer quelques rires et chuchotements et le politique esquissa un petit sourire en coin quand il perçut le visage de la républicaine s’assombrir de contrariété. Le couteau retourné légèrement dans la plaie béante. Un temps mort et le combat de l'éloquence reprit de plus belle entre les deux. Cette pitoyable aigrie, aussi obstinée pouvait-elle prétendre l'être, menait une carrière jonchée de contradictions, de retraites et de trahisons, parfois rendues publiques, parfois bien cachées à l’œil du républicain lambda le plus survolté. Ces temps-ci, elle faisait une fixette sur lui; le Sterling rebelle traître à sa dynastie, la nouvelle tête prisée des presses politiques. Un intérêt réel ou une jalousie maladive ? Oliver ignorait bien ses raisons, et, honnêtement, il s'en tapait comme de sa dernière conquête. Seulement il peinait à s'en débarrasser, de cette pauvre conne. Aussi collante qu'un vulgaire chewing-gum s'étant coincé sous la semelle de l'une de ses paires des plus couteuses Richelieu. Il pouvait toujours retirer sa chaussure, mais ce n'était pas digne du standing irréfutable de monsieur Sterling, ça non.

Continuer de rire de cette médiocrité, continuer de se battre même contre les plus indignes et puérils, continuer de fulminer face à l'injustice éternelle. Il devait passer par là. Nul n'avait le choix, lui d'autant moins que les autres. Il avait la cicatrice sur le front marquée au fer, ensanglantée et venimeuse, laissée par nul autre être exécrable que son propre paternel. La cicatrice républicaine. Celle qui faisait de tous ses combats des mensonges, puisque fut un temps, et même encore souvent aujourd'hui, où l'on entendait à chacune de ses apparitions des répliques telles que; "baigné dans les idéaux républicains, comment ce gamin peut-il honnêtement prétendre à parler au nom des démocrates ?" Cette cicatrice laissée à portée de vue de tous, cette cicatrice, qui, doucement, gentiment, commençait à guérir et le laisser s'épanouir. Lui, le grand. Lui, celui qui avait gravi tant. Oliver rêvait encore plus grand.

...

10h30.

La harpie laissée derrière, Oliver choisit le salon sophistiqué non loin de l'open space des buildings Sterling pour traîner son humeur brumeuse sur les canapés de cuir clinquants, le Washington Post et une tasse de café entre les mains. Alerte, il savourait ses brèves minutes de solitude bienheureuses ... avant qu'une démarche assurée, mêlée à une autre plus gracile, ne viennent mettre un terme à sa retraite bien méritée. « Oliver, enfin ! Ça fait une éternité que j't'appelle, tu ne m'as pas prévenu que tu quittais les locaux aussi tôt... » Un soupir las et le prince ne daignait même pas hausser un regard vers son petit protégé, préférant boire une gorgée de son breuvage bien mérité. « Parce que tu te soucies de ma ponctualité maintenant... ? Figure toi que je passais du bon temps avec madame Edison et ses délires à la pointe. » souffla simplement le blond, ironique, en abaissant finalement lentement son journal pour regarder une à une les deux silhouettes se présentant face à lui. Son frère agaçant mais irréfutablement toujours gagnant dans son cœur de glace et... une charmante créature. Une jolie black aux traits fins et aux courbes joliment dessinés. Immédiatement, comme trop souvent, son sourire de prédateur se dessina sur ses lèvres rosées de tombeur récidiviste de ces dames. « Bonjour mademoiselle. » minauda-t-il, les yeux pétillants de malice. « Tu avais rendez vous avec mademoiselle Calypso Epps, ici présente, il y a une heure de ça. » ajouta Leo, mais Oliver ne l'écoutait pas vraiment, plongé dans le regard ombré de la belle inconnue. « Tu pourrais au moins t'excuser, je sais pas... Je te signale qu'elle va assurer tes arrières maintenant. C'est définitif, fini les remplaçants, tu vas pouvoir te plonger pleinement dans tes projets à ses côtés, c'est... » Un froncement de sourcil passager et Oliver reporta son regard émeraude sur son petit frère, qui, semblait-il, avait reçut un coup sur la tête pour déblatérer autant d'imbécilités à la suite. Il avait fait quoi ?! Se redressant, le visage métamorphosé, la rage montait jusqu'au regard tempétueux d'Oliver, qui, méfiant et supérieur, balança son journal sur le canapé à sa gauche et se leva, furibond. La colère se lisait à peine sur son visage d'éphèbe imperturbable, pourtant, impossible de ne pas la remarquer tant sa présence était imposante et éprise d'une aura dangereuse. « Leofstan, arrête tes conneries maintenant, tu veux bien, c'est quoi cette histoire ? » Et le blond n'eut même pas sa réponse que son cadet lui imposa des documents détaillants la réalité des faits (la belle était engagée et rien n'y ferait) et s'éclipsa dans un simple : « Bon, eh bien, vous devez avoir des tas de choses à vous dire, je vais vous laisser... Mademoiselle Epps, ravi de vous avoir rencontré, à très bientôt. Bye Oliver ! » Un petit clin d’œil insolent et le brigand fuyait déjà pour sa vie. Pas fou, il connaissait bien le loup. Probablement la jeune femme y songerait aussi d'ici peu.
BY BLACK PUMPKIN
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Calypso Epps
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MessageSujet: Re: Sweet flower of heavenly birth you were too fair to bloom on earth. ♡ Caly & Oli   Jeu 1 Mar - 19:08


Sweet flower of heavenly birth you were
too fair to bloom on earth.
Oliver & Calypso



Il y avait, chez le jeune politicien, un petit quelque chose qui lui faisait penser à un fauve, en pleine chasse. Calme, et faussement lascif, elle voyait l’animal prêt à bondir à la gorge de sa victime pour l’achever d’un coup de crocs. Mais il ne pressait rien, par jeu ou goût de l’humiliation, ayant une parfaite connaissance de la détente de ses muscles et des faiblesses de sa proie. Il lui semblait même, qu’il arborait une certaine lassitude, la battue prenant des accents trop faciles. C’était ce qu’il exprimait, par ses gestes et sa posture, alors que son regard céruléen restait alerte et qu’il semblait à Calypso qu’elle pouvait y voir la mécanique de ses pensées s’y agiter. Les arguments de son opposante étaient mièvres, consternant et se contredisaient sans cesse. La lutte était inégale dès le départ donnant au discours de Madame Edison des accents comiques dont elle ne semblait pas consciente. Ses attaques molles réduisaient sa crédibilité de minute en minute et il était évident avant même la fin du débat, de celui qui avait l’avantage. Pour la jeune femme, la démonstration était édifiante. Elle sentait ses poumons se gonfler d’un souffle de fierté. Si elle ne crachait pas sur l’élégance naturelle du jeune Sterling, c’était l’Homme Politique à qui elle avait prêté son allégeance. Elle trouvait ses combats audacieux, n’en déplaise à ses détracteurs qui rabaissaient ses mérites à son droit de naissance. Calypso voulait croire, elle, en quelque chose de plus noble. Elle prêtait à l’acidité de ses paroles, l’agacement d’avoir sans cesse à se justifier de son nom, comme s’il devait s’en excuser. Elle n’avait qu’une hâte, c’était d’enfin le rencontrer.


Sur les traces de cadet Sterling, elle se sentait la tête un peu légère et les paumes moites. Leofstan Sterling était déjà intimidant alors qu’il n’était guère plus âgé qu’elle. Il se dégageait de lui une assurance qui en aurait désarçonné plus d’un – ou était-ce parce qu’elle voyait trop les reliefs de l’aîné se refléter en lui ? - mais son regard regard rieur le rendait abordable. Se faisant discrète à ses côtés, elle observait entre ses cils celui qui lui faisait maintenant figure de patron. Bien qu’il soit installé nonchalamment à profiter de quelques instants de répit, il ne perdait rien de son aura animale. Une dualité qu’elle trouvait déconcertante sur ses traits de petit angelot blond et qu’elle n’avait pas décelé si forte à travers les écrans. Lorsqu’elle croisa son regard, un frisson courut entre ses omoplates et elle se sentit bêtement rougir. Elle n’avait pour elle, que la couleur foncée de sa peau, pour la prémunir d’être immédiatement taxée de groupie un peu cruche. Même sa voix avait la compacité d’un touché étrangement indélicat et elle rompit leur échange de regards en se tournant avec soulagement vers le jeune Léo qui renchérissait. Secouant la tête, elle voulu signaler que les excuses étaient inutiles – son temps n’avait pas la valeur de celui de son patron – mais les mots restèrent coincés au fond de sa gorge alors que la densité de l’air tournait à l’aigre d’un seul coup.

Interloquée, elle écarquilla les yeux en détaillant le jeune Leo qui la jetait en pâture entre les griffes d’Oliver, comme un objet encombrant. La colère élégamment muselée du politicien donnait à ses genoux la consistance de gelée. Elle avait trouvé normal que ce ne soit pas Oliver qui conduise les entretiens mais elle était restée persuadée qu’il en avait donné l’initiative  et avait même approuvé son dossier en amont. Elle regrettait maintenant, l’inconfort instigué par le flirt léger qu’il avait initié. Elle se sentait prise à la gorge par le bouillonnement de colère qu’il contenait une énergie qui aurait été mieux dépensée entre des draps.

* Caly bon sang... * Se morigéna-t-elle, en se forçant à faire quelques pas en direction de son nouveau patron.

« Votre frère est indéniablement un homme plein de surprises... » Dit-elle enfin, laissant filtrer un rire un peu embarrassé. « Monsieur Sterling, je suis ravie de l’opportunité de travailler à vos côtés. » Surenchérit-elle, en tendant sa main au jeune homme pour le saluer, lui adressant cette fois un franc sourire ravi, le regard dégoulinant d’admiration.

« Je suis votre carrière depuis ses débuts, et j’ai assisté à votre débat de ce matin, c’était brillant. Edison ressemble de plus en plus à vieux bouledogue enragé qui se cherche une excuse pour mordre. Il est évident que vous êtes pour elle, ce qui menace le plus ces élections. » Elle le dit, son sourire s’épanouissant sur ses lippes, tant il était évident pour elle que le futur visage de l’Amérique se tenait devant elle. « J’ai noté tellement d’incohérences dans ses propos que ça en devenait gênant. Mais je suis certaine que ça ne vous a pas échappé. » Soudain plus asserte, parce qu’elle se savait dans un domaine qu’elle maîtrisait, elle invita d’un geste l’homme à se rasseoir et posa son sac contre le fauteuil qui faisait face au sien. « On m’a transmis votre agenda et comme je le sais déjà chargé je me suis permise de nous réserver une table pour ce midi pour une transition plus en douceur avec vos précédents assistants. Ce sera un bon moyen pour commencer à unir nos efforts sans trop tirer sur votre emploi du temps. J’espère que vous aimez les épices, je vous emmène dans mon mexicain favori.» Elle s’était dit qu’un peu d’audace ne pouvait pas faire de mal et que le meilleur moyen de briser un peu la glace, c’était autour de bons plats et d’apéritifs bien frappés.  

« Après nous attaquerons les choses sérieuses. L’Amérique n’attend pas. » Souffla-t-elle, sortant son carnet de notes au cas où il souhaiterait déjà lui transmettre quelques consignes. « Vous devez être d’excellente humeur après ce matin non ? » Babilla-t-elle, essayant de faire disparaître la colère qui engluait les traits du politicien.


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Oliver J. Sterling
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MessageSujet: Re: Sweet flower of heavenly birth you were too fair to bloom on earth. ♡ Caly & Oli   Ven 9 Mar - 21:04


Sweet flower of heavenly birth you were
too fair to bloom on earth.
Calypso & Oliver



Leofstan avait toujours été ainsi; imprévisible et insolent au possible. De ce fait, l'ainé aurait du se douter qu'une telle mascarade lui serait lâchement jouée à un moment donné. D'autant qu'il ne pouvait pas continuer à martyriser éternellement ces petits remplaçants incompétents, bien que cela le défoulait énormément. Seulement il n'avait vraiment pas prévu cette éventualité de si tôt. Il n'était pas prêt, il ne s'y était même pas préparé et n'avait à aucun moment tenté de s'y mettre, d'ailleurs. Ainsi, le fait était clair et net : il n'accepterait pas cette maudite demoiselle, aussi jolie était elle... du moins pas officieusement parlant. Mauvaise foi ou vengeance personnelle insensée d'un camarade et ami qu'il avait lui même congédié pour le bien de son image future, le choix était là mais Oliver était un homme de conviction fort compliqué. Pourtant, sa bonne conscience (si tant était qu'il en avait une) ne cessait de lui hurler que Parker n'était plus et qu'il était évident qu'il lui fallait bien lui trouver un remplaçant définitif plutôt que de jouer aussi fielleusement les politiciens grands maitres solitaires. Ça ne le mènerait nulle part sur le chemin de la gloire. Les choses étaient clairement moins simples depuis sont départ, l'épuisement le gagnait plus rapidement et la colère le submergeait bien plus facilement. Indispensable, cet homme lui était devenu indispensable, et c'était trop tard qu'il l'avait réalisé. Ces dernières semaines, le chouchou des démocrates nageait entre les rendez-vous annulés et les meetings organisés à la toute dernière minute. Il était surchargé et n'avait que très peu de moment à s'accorder, paradoxalement, ils avaient toujours été ses moments préférés. Si Parker avait été là, aujourd'hui, en cette matinée remarquable, il n'aurait clairement pas perdu autant de temps avec Edison, maintenant qu'il y réfléchissait. Mais Oliver ne pouvait revenir en arrière, mais Oliver ne pouvait concevoir qu'un ou une autre puisse l'aider, il était bloqué, ainsi, il ne parvenait définitivement pas à trouver un terrain d'entente avec lui même. Il était son adversaire le plus coriace. Dans son esprit proactif en constante réflexion, les arguments positifs et négatifs luttaient vaillamment avec détermination dans un débat tristement stérile. Il n'y avait pas de vainqueur, que des perdants. Et, lui, observait la scène, fulminant d'une rage monstrueuse qu'il contrôlait à la perfection avec l'élégance fabuleuse qu'il portait si bien sur ses traits gracieux. Les mots filaient mélodieusement des lèvres pulpeuses de la jeune proie à la peau chocolat, et le félin expérimenté n'y prêtait que maigre intérêt, son regard pourtant bien fixé sur ses deux pupilles admiratives.

Elle lui tendit une main, celle de l’abnégation. D'un geste vif, il se saisit du document déposé par Leo et le feuilleta rapidement, les sourcils froncés. Méprisant, comme un jeu d'enfant lui collant aux traits si joliment, il l'observa de bas en haut et s'attarda sur la main frêle qu'il finit par serrer avec une fermeté et une rigidité digne... et bien, de lui même, très certainement. Son regard de jade et son esprit s'assombrissaient au fur et à mesure qu'elle parlait, la demoiselle n'avait, alors, à l'instant, aucune conscience de la réalité de la situation dans laquelle elle venait de sombrer, et, lui, gardait ce regard venimeux ancré dans cette joie écœurante, lui, lui laissait le plaisir de lui serrer la main, comme l'on vendait son âme au diable, l'esprit naïf et bienheureux, ce dernier ne pouvait que se montrer avenant.

Il lui offrit un sourire, celui de l'imposteur hypnotiseur. Avant de déclarer quelques mots simples, mais tranchants, allant en opposition totale avec la posture charmeuse qu'il abordait pendant ces quelques longues secondes de silence durant lesquelles mademoiselle Epps s'extasiait de son beau parcours et riait des belles conneries que prônaient Edison. Le désintérêt dédaigneux ; « Par pitié, épargnez-moi vos fadaises. » Le ton claquait de froideur. L'attitude, d'un dédain prodigieux. Là était le véritable animal. Là était le franc et honnête connard. Oliver John Sterling, pour vous desservir, avec un immense plaisir. Son nouveau fardeau semblant se trouver être une demoiselle bavarde et entreprenante, Oliver souffla simplement, comme l'on se lassait des bêtises d'une enfant un peu trop dispersée. « Vous vous permettez bien des choses, ma chère. » commenta-t-il d'une voix doucereuse, le danger s'approchant d'un pas feutré. Il l'observa l'inviter à s'asseoir. L'inviter à se calmer, l'inviter à collaborer. Quelles idées. Il était très bien debout. Il était très bien dans sa colère incolore, il était très bien dans son dégoût. « Écoutez-moi très attentivement... » commença-t-il, autoritaire, détachant avec élégance le bouton de son costume pour se mettre plus en aise et enfouissant naturellement ses mains dans ses poches. « Vous avez du cran, c'est indéniable et... c'est charmant, vraiment, mais ce ne sera pas suffisant. Enregistrez bien ces paroles au mot près, cela pourrait vous servir à l'avenir. Monsieur Michael Parker a été mon seul et unique assistant et jamais personne n'a atteint sa grandeur et n'y parviendra un jour. C'est une certitude, bien plus encore, une évidence. » grogna-t-il alors, plus farouchement cette fois-ci, souhaitant réellement la confronter lourdement à ses menaces subtilement saillantes qu'il amenaient avec sureté et aisance. « Les autres n'ont été que des petits chiens de passage imposés pour agrémenter mes journées trop tranquilles et occasionnellement signer quelques papiers. » Le mépris s'installait avec plaisance et dansait dans la voix du politicien. C'était aussi doux qu'agressif. Et le fait était clair dans ses paroles : elle aussi ferait partie intégrante de la meute de ces canidés à ses yeux, bien qu'il devrait la supporter sur le long terme. « Il se trouve que mon frère s'est amusé à jouer les responsables irresponsables. Prendre des décisions sans réflexion, aucune, sans songer aux conséquences de ses actes, n'est-ce pas amusant ? » Question rhétorique moqueuse. Il la défiait de son regard orageux d'y ajouter son mot. « Nous aurons tout le temps de discuter de mon emploi du temps lorsque j'aurai décidé qu’il en en sera temps... Justement. Maintenant, suivez-moi, je vous prie, je vais vous guider à votre bureau. » lança-t-il, le ton et l'attitude s'étant travestis, aussi rapidement et imperceptiblement qu'un simple clin d’œil, en quelque chose de plus distant et de plus professionnel. Quittant déjà la pièce avec entrain, le patron ne manquait pas à ses devoirs. En quelques pas à peine dans l'opence space où il se fit aborder à plusieurs reprises sans qu'il ne daigne donner de son temps, il ouvrit avec nonchalance une porte en verre aux bordures argentées. Un bureau, et pas n'importe lequel. Celui ayant accueilli de nombreux abrutis avant la nouvelle idiote à venir. Une fois dans le dit-lieu, Oliver se retourna vivement, observa vaguement la jeune femme se trouvant dès à présent dans son nouveau bureau. Lieu dénué de toute appartenance, tout sonnait le chic et la brillance. Une pièce très éclairée avec une baie vitrée donnant sur les buildings voisins, ceux tenus par Harlan; les banques Sterling. Le bureau était jonché de papiers divers et variés, de dossiers incomplets et d'un désordre complet dans sa globalité. Preuves que ses anciens toutous n'étaient que des bons à rien..! « Vous voilà chez vous. » se moqua-t-il subtilement, n'attendant en réalité que le moment où il la laisserait seule dans cette immense pièce. D'un coup, il se rapprocha de la jeune demoiselle, tel le lion qui se mouvait vers la gazelle, et capta son regard. Le sien étant aussi impitoyable que ses futures paroles. « Je vais être plus direct avec vous : vous n'essaierez pas de vous imposer, encore moins de m'approcher, de me proposer des idées ou que sais-je encore. Vous perdriez votre temps et principalement le mien. Je n'ai pas demandé vos services, mais je vais devoir en faire usage. À partir de maintenant je veux que vous soyez disponible, je veux pouvoir vous contacter à toute heure, je dois pouvoir vous faire confiance. Je vise l'excellence, je n'attends pas de vous un travail pitoyablement correct ou acceptable. La médiocrité ne m'intéresse pas. Vous serez amenée à me faire des comptes rendus sur les activités de nos adversaires tout comme à me conseiller sur un simple costume ou à m'apporter un vulgaire dossier situé à l'autre bout du continent. » Il s'éloigna dans un petit sourire narquois, lançant avant de partir ces dernier mots pour achever la bête blessée. « Vous êtes là, faites comme si je ne l'étais pas. L'Amérique n'attend peut être pas, mais, vous, si. Bonne journée mademoiselle Epps. » finit-il en quittant définitivement les lieux sans un regard en arrière pour aller se cloitrer dans son bureau personnel. Quelques heures s'écoulèrent durant lesquelles il peina à se retirer la jolie black de son esprit. Son existence l’horripilait, il avait pourtant été rabrouer Leo dans les buildings des Banques Sterling où il s'était réfugier, mais rien à faire, il ne lui en voulait jamais bien longtemps, à celui-là. Il était pourtant le coupable dans cette histoire, sauf qu'il avait été rapidement décidé (par nul autre qu'Oliver, forcément) que ce serait Epps qui en pâtirait. Injuste, probablement, mais de mise chez un homme tel qu'Oliver J. Sterling. Il ne fallait jamais s'attendre à mieux.

Lorsque le politicien revint à ses bureaux, il était bientôt midi. Il avait discuté avec le frère, marchandé avec l'ennemi sur quelques affaires officieuses et s'était pris la tête avec un journaliste affamé. Une belle fin de matinée ayant déjà très mal débutée. Il se souvint alors des mots de Calypso, la colère l'épuisant avec lenteur. Vous devez être d’excellente humeur après ce matin non ? Il n'avait même pas daigné lui répondre, c'était à peine s'il l'avait écoutée lui raconter ses plans détaillés d'élève modèle bien organisée... Avec un 20/20, elle remportait facilement la meilleure note de l'examen du manque de chance (poissarde tmtc). Sincèrement, elle aurait pu sonner à la porte d'un autre démocrate qui l'aurait sans doute bien mieux acceptée. Mais non. Dommage pour la douce.

Soudain, sans même toquer à la porte, Oliver pénétra dans la pièce où il avait laissée la demoiselle quelques heures plus tôt. « Eh bien, que faites-vous encore ici ? Vous n'aviez pas réservé une table je ne sais où pour nous deux ? » lança-t-il sans attendre davantage de réaction quant à sa réapparition inattendue. Les clés de sa bagnole hors de prix se baladant habilement entre ses doigts, et sa veste de costume tenue sur son épaule, il l'attendait. Le lion avait faim... et peut être était-il curieux, aussi, rien qu'un peu. « À moins que vous n'ayez changé d'avis... ? » Un petit sourire railleur en coin. Une petite certitude en tête. Elle semblait audacieuse, et probablement persévérante... Mais ce n'étaient pas censé être de bonnes choses, alors pourquoi cela l'amusait-il tant ?
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Calypso Epps
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MessageSujet: Re: Sweet flower of heavenly birth you were too fair to bloom on earth. ♡ Caly & Oli   Mer 28 Mar - 15:58


Sweet flower of heavenly birth you were
too fair to bloom on earth.
Oliver & Calypso



L’agacement, bien palpable du politicien, l’enveloppait d’un courant froid alors même que sa rage était brûlante. Il serra sa main, mais comme on s’acquittait d’une tâche pénible, à regrets et cela froissa un peu sa belle assurance. Par réflexe, pour dissimuler nervosité et incompréhension, Caly avait déversé un flot de paroles enthousiastes qui était censé apaiser les tensions en détournant l’ire de son nouveau patron dans des débats plus productifs. Elle peinait à se dire qu’elle était responsable directement d’un tel changement d’humeur, car il s’était montré particulièrement « taquin » avant de connaître les raisons de sa présence auprès du cadet Sterling. Vaillamment elle se raccrochait à une hardiesse qui, elle le croyait, aurait séduit l’homme entreprenant qu’était Oliver. Parce qu’elle croyait en l’Homme, plutôt que de s’arrêter au politicien, elle avait sans doute commis une faute importante. Mais rien, à ses yeux, qui ne justifia l’accueil qu’elle reçut. S’il semblait l’ignorer au départ, dans les instants suivants elle aurait prié pour que cela demeure ainsi. Un sursaut lui échappa alors que les premières paroles tombaient comme un couperet. De mémoire, personne ne lui avait parlé ainsi depuis ses 15 ans. Rabrouée comme une gamine un peu puérile, elle se mordit l’intérieur de la joue en baissant le regard sur son carnet, trop choquée pour penser à la moindre répartie spirituelle. Elle avait le sentiment que Leofstan Sterling s’était payé sa tête en la livrant toute crue au lion de la famille. Loin de vouloir lui déplaire d’avantage, elle lui offrit un silence attentif alors qu’il faisait couler à ses oreilles les mérites de son ancien assistant, réglant par la même occasion l’opinion qu’il s’était faite d’elle sans même lui avoir laissé une chance de faire ses preuves. Elle n’était pas à la hauteur. Parce qu’elle était une femme ? Noire ? Ou simplement parce qu’elle n’était pas Michael Parker ? Elle n’eut pas le temps de se pencher d’avantage sur la question, puisqu’il continuait son monologue agressif, écorchant la belle image qu’Epps s’était faite de lui. Doctor Jekyll et Mister Hyde, en chair et en os devant ses yeux éberlués. Elle se rappelait un jour avoir lu que la réalité ne pouvait jamais se mesurer au fantasme. Qu’elle se montrait toujours décevante et elle devait avouer en ces instants que c’était vrai. Se gardant bien de répondre à sa question, comprenant qu’il n’attendait ni son opinion, ni ses commentaires, elle se contenta de subir avec résignation le souffle de rage s’abattant sur elle. Démon incarné derrière un visage angélique, le regard de l’homme la clouait littéralement sur place tant il était intense. C’est à la hâte, qu’elle rassembla ses affaires et les miettes de sa personne, pour se lancer sur les talons du politicien, obligée qu’elle était de trottiner pour suivre ses grandes enjambées furieuses. Elle comprit, à cet instant, les regards de commisération reçus depuis ses premiers instants dans ces bureaux et les chuchotements qui l’avait suivie où qu’elle se rende. On leur prêtait une attention discrète et amusée, et Calypso s’attarda alors à ralentir son allure et coller un sourire ravi sur son visage. Elle ne donnerait à personne la satisfaction de la voir plier si vite, ni le moindre angle d’attaque sur la personne d’Oliver Sterling, trop consciente des enjeux que cela pouvait entraîner.

Sterling avec lequel elle faillit d’ailleurs entrer en collision, quand il se stoppa subitement au milieu de ses nouveaux quartiers. Chez elle… Elle y jeta un regard un peu sceptique, car en dehors des meubles de bonne facture, il y régnait un chaos sans non et l’endroit était aussi froid qu’une cellule de prison et fleurait la terreur ambiante que faisait régner le maître des lieux. Le dépit grimpant en flèche dans son esprit, elle ne vit pas le vif mouvement qu’il fit en sa direction et étrangla piteusement un hoquet de surprise quand il se planta face à elle pour lui infliger une autre diatribe acide qui la laissa perplexe. Dans le même souffle il lui interdisait toute manœuvre tout en réclamant qu’elle soit à ses pieds prête à répondre au moindre de ses caprices. De nouveau, elle se mordit la joue, mais cette fois pour réprimer un sourire involontaire. Elle devait garder ses opinions pour elle et globalement éviter de lui imposer sa présence tout en se tenant à sa disposition pour le conseiller sur des costumes ? Cette fois, la colère de Sterling à son égard devenait ridicule et elle comprenait qu’elle allait devoir se lancer sur un dangereux rôle d’équilibriste. Faisant claquer son cahier sur le bureau, quand le politicien eut déserté les lieux, de frustration engrangée dès les premières secondes de cette rencontre atypique, elle se laissa aller à auto-apitoiement quelques instants avant de brusquement se ragaillardir. Elle n’allait pas baisser les bras aussi facilement ! Et elle prouverait à Oliver Sterling qu’elle valait autant, sinon plus qu’un Parker. A moins… à moins évidemment que leur collaboration ait dépassé les termes du cadre professionnel. Amis ? Amants peut-être même ? Ce ne serait pas si fou de le penser Après tout, les fiançailles toutes fraîches d’Oliver Sterling à une perle de la haute société de LA laissait un arrière goût un peu suspect en bouche. De mémoire, ils n’avaient jamais été vus ensemble jusqu’à cette fameuse soirée. Et la pression médiatique qui pesait sur les épaules d’Oliver rendait tout secret difficile à conserver. Tandis qu’elle spéculait, Epps se mit en devoir de remettre un peu d’ordre dans le chaos ambiant qui régnait sur son nouveau domaine. La tâche l’occupa le reste de la matinée mais l’heure du déjeuner approchant, elle y voyait déjà plus clair. Ses rares incursions à la machine à café ne manquaient pas de susciter l’attention et elle se contentait de leur opposer en enthousiasme sans failles, ce qui en désarma plus d’un. Elle avait dans l’idée de s’acheter un snack au distributeur comme repas quand Oliver Sterling fit soudain une apparition surprise. Plein de morgue et d’autosuffisance, il semblait la jauger avec amusement et elle se demanda si son caractère ombrageux n’était qu’un acte, ou si sa nature perverse allait plus loin. Elle n’avait en tout cas pas l’intention de mordre à l’hameçon.

« Je me croyais privée de formuler le moindre avis. » Répondit-elle, pince sans rire, lui rendant son regard en haussant un sourcil entendu. Dans le même mouvement, elle attrapa son sac et sa veste, invitant d’un mouvement du menton le politicien à ouvrir la marche. Son premier voyage dans un bolide de luxe aurait pu être agréable, si l’air qui régnait dans l’habitacle n’avait pas été aussi vicié. Pourtant elle s’entendit dire. « Cela a dû être difficile pour vous de perdre un homme d’exception comme Parker. Il n’est pas le seul d’ailleurs avec lequel vous avez cessez de collaborer. Toute votre équipe a été remplacée, en dehors des postes occupés par votre famille. Est-ce que vous craigniez une ingérence de votre père dans votre campagne ? » Elle tourna son regard vers le jeune homme, concentré sur sa conduite. « Tournez sur la droite au prochain feu. Le restaurant se trouve juste après. » L’établissement était sûrement loin des standards auxquels Sterling était habitué, mais elle s’était dit qu’un peu d’air frais ne lui ferait pas de mal. Ici au moins il ne risquait pas de tomber sur un de ses opposants ou une horde de journalistes. La décoration bigarrée explosait la rétine mais le résultat était dépaysant et curieusement harmonieux. Bien que la matinée se soit montrée à l’inverse de ses attentes, l’odeur des épices et la musique entraînante ranima un peu son humeur. « Permettez moi faire une toute petite suggestion Monsieur Sterling, prenez le risque de laisser le serveur choisir à votre place. Ils sont extrêmement doués pour déceler ce dont vous avez réellement besoin et envie. Dans tous les cas, vous allez vous régaler. Ils n’ont pas d’étoiles mais ils surpassent de loin les établissements les plus côtés. »


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Oliver J. Sterling
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MessageSujet: Re: Sweet flower of heavenly birth you were too fair to bloom on earth. ♡ Caly & Oli   Dim 8 Avr - 15:01


Sweet flower of heavenly birth you were
too fair to bloom on earth.
Calypso & Oliver



Le Silence. La claque vicieuse et puérile qu'il venait de porter nonchalamment contre la délicate peau café de cette naïve petite créature, demoiselle Epps, bientôt le voile des ténèbres l'emporterait. De par son accueil de qualité, de par ses regards et ses mots précieusement comptés, Oliver l'avait touchée, il le savait, précisément là où ses calculs l'avaient dirigé, là où il le fallait. Bienvenue au palais, celui du roi destructeur, coureur, trompeur et manipulateur et bien tant d'innombrable autres malheurs ! Il avait tout observé, tout apprécié des effets de sa jolie comédie sur la belle enfant, une comédie maitrisée, à la fois superbement enrôlée et subtilement sincère, de rancœur, de colère passagère du prince à qui on forçait la main. Il avait apprécié, il s'en était délecté, de cette violence de circonstance, un aspect bien sombre de sa personnalité. Apprécier d'admirer le choc procuré se questionner, la déception imminente se lamenter... Cela l'éclatait, le sale gamin parfait -pas tant que cela aux pures lueurs de la réalité-. Le regard pétillant du futur souffre douleur qui se décomposait, le sublime sourire chaleureux qui perdait de son émerveillement, la posture si fière et si sûre qui vacillait légèrement. Chaque détail. Chaque petit mouvement inconscient et si peu perceptible. Mais rien n'échappait au prédateur, jamais. Le vicieux politicien n'eut néanmoins pas le plaisir de l'enfoncer davantage dans sa désillusion -s'en était déjà suffisant de toute manière-, pour cause : elle ne décrocha pas un seul mot. Ses sourires, sa voix, son entrain, avaient péri douloureusement dans son désarroi plombant... Et il aurait tout fait à cet instant pour lui arracher ne serait-ce qu'une infime part de ses sentiments et pensées, pouvoir la sonder plus qu'il ne pensait en être possible. Elle demeurait solidement. Grandement. C'était charmant. Était-il une sincère déception à ses yeux, dès à présent ? Il l'espérait secrètement. Elle devait faire face à la réalité. À la sienne. Il ne l'avait pas choisi. C'était un odieux fait. Mais elle était là, et, c'était très bien comme ça... Oui, il le pensait, après ces quelques heures passées à y songer sereinement. Il se moquait bien de qui elle était, mais sa présence, à elle comme celle d'un ou une autre assistant(e) permanent(e) en général était indispensable pour sa carrière d'exception. Il ne pouvait définitivement plus gérer tout tout seul. C'était imbécile de penser le contraire, très inconscient de sa part, et s'il l'était effectivement par moment... Il ne serait certainement pas imbécile ! La surcharge de travail finirait par le rendre dingue à s'en torturer nuit et jour et les erreurs se manifesteraient petit à petit les unes après les autres. Aucune fausse note ne lui était permise. Il se l'interdisait cordialement. Ces derniers temps, rien n'allait plus, il jouait le monsieur parfait sous les projecteurs, mais une fois ceux-ci éteints, tous ceux qui avaient le malheur de croiser son divin chemin n'en revenaient pas les mêmes le lendemain. L'imbuvable Sterling l'était plus que jamais. Il était là, à la surplomber de toute sa supériorité exécrable. Mais où était celui qui pouvait le contenir ? Harlan ? Non, lui était bien trop occupé à gérer les banques à leur nom qu'il lui avait léguées. Parker. Définitivement. Il avait toujours le bon mot, jamais celui de trop. Pas d'agaçantes et interminable tirades, il n'était que dans la simplicité des mots lourdement dosés et affreusement justes. Quelque part, il était comme un second mentor, son premier étant sans doute, aucun, son illustre oncle. Là, à l'épauler et le guider sur le bon chemin. Là, à l'engueuler et lui rappeler qui il était... Mais cela, il l'avait oublié à l'instant même où les pas de l'assistant, brillant Homme, avaient franchi les portes de sortie du building Sterling à Washington. Plus rien n'y ferait dorénavant. Oliver J. Sterling n'était pas plus l'ange déterminé à changer son pays en une idylle que le démon perfide jouant avec les vrais anges en répugnant tout de ce monde insipide. Rien ne le définissait totalement, et c'était triste d'en arriver là en feignant d'apprécier farouchement ce tout. Tout pouvoir impliquait de grandes responsabilités forcément d'immenses sacrifices. Se perdre... Pour mieux se retrouver en un personnage miraculeusement façonné pour le malsain d'un avenir très certain, très grand. Le chevalier Sterling. Le tempétueux Sterling. Les deux lui convenait. Il s'en foutait. Et cette gamine naïve s'y ferait.

Il l'abandonna, là, entre les barreaux de sa nouvelle cellule et ceux de ses mots tranchants, qui peut être, aux yeux de l'innocente brebis ébène, pour certains, n'étaient que peu légitimes... Mais la vérité et la justice n'avaient que peu de pouvoir face à la conviction, l'envie de faire le bien, ou de bien faire l'envie. Laissée derrière comme il se défaisait avec hargne de sa cravate trop serrée les soirs où il repartait ensuite, plus à l'aise, passer du bon temps dans ses soirées plus libérées. Ces quelques heures qu'il lui accordait bien volontiers qu'elle se devait de passer à réfléchir à sa stupidité. Que s'était-elle imaginée en se pointant ici, prête à le soutenir corps et âme dans ses grands projets ? Sans doute les même conneries que tous ces autres crétins avant elle. "La sincérité d'un grand Homme, louable personnage que ce jeune citoyen américain luttant de ton son immense cœur rougeoyant, battant à tout rompre d'un respect et d'un amour sans limite, pour l'avenir des siens." Ha. Si tout ceci avait un sens, celui délicieusement dégueulasse de la politique en avait un tout aussi valeureux. Il n'y avait que les apparences et leur doucereux compagnons; les mensonges à répétition. De millions d'autres sympathisants, mais nul besoin de les nommer uns à uns, Calypso les rencontreraient tôt ou tard sans même qu'Oliver n'ait à la contraindre violemment à les embrasser amoureusement.

Il se délectait de cette déception qu'il avait fait naitre en si peu de mots et de jeu, dans le regard atrocement pénétrant et profond de la brunette, comme d'une victoire dans les sondages. C'était assez pitoyable, il en convenait. Cela n'avait pas plus de sens que sa colère du moment qu'il lui avait assenée, parfaitement maitrisée et jouée pour mieux blesser. Et le voilà qui revenait, yeux de lynx perçants et sourire sinistrement malicieux collé au minois charmant, toute colère s'était évaporée dans les méandres de sa complexité pour ne laisser place qu'aux étincelles de quelque chose de plus pervers encore. « Je me croyais privée de formuler le moindre avis. » Elle retrouvait sa langue en une effluve de rancune, voilà quelque chose qui lui plaisait, presque à contre cœur. Un grand sourire d'ivoire s'immortalisa de longues secondes sur le visage Apollon du politicien alors que son regard se plissait, s'assombrissait, d'un amusement certain. « En effet, vous avez bien retenu votre leçon, toutes mes félicitations. » acquiesça Oliver, penchant légèrement sa tête sur le côté pour l'analyser franchement de ses deux opales magnétiques. « Mais vous omettez une petite subtilité... Cela s'annule si je vous accorde la liberté d'en déclarer un. Quel qu'il soit. » appuya-t-il de son ton mielleux, autoritaire. La dictature exquise du libérateur.

Une fois tous deux confortablement installés auprès de son amante favorite du moment ; une attirante Mclaren flambant neuve aux couleurs de son possesseur, bleue-vert acier, Oliver déposa élégamment, par habitude, sa paire de lunettes de soleil sur son nez. Cette barrière l’empêchait non seulement de craindre le soleil tapant de LA, mais surtout de se sentir plus... seul, quelque part. Ce qui n'était malheureusement pas le cas. La nouvelle assistante étant à ses côtés. Elle ne se fit même pas prier pour prendre la parole... et lui qui comptait l'ignorer le temps du trajet... Un long soupir s'extirpa de ses lèvres à la fin de la petite analyse de la demoiselle. « Gosh... Vous ne lâchez pas l'affaire, vous, hein. » jura le blond, s'amusant à moitié de la situation. Un bref regard accordé à sa passagère pour la dévisager avec supériorité, regard qu'elle ne capterait pas cependant, mais peu importait. « Ça vous intrigue, n'est-ce pas ? » répondit-il, joueur, après de longues secondes de silence où seul le moteur du bolide s'était montré assez courageux pour râler et étouffer les tensions et les alentours. Oliver suivit les instructions de sa guide sans broncher, ne répondant toujours pas aux questionnements de la douce. Une fois arrivés à destination, le peu de foule présente dans les ruelles se mit à fixer quelques instants l'engin et ses occupants, happés par la curiosité. Le prince tourna la clé de son carrosse pour venir ensuite retirer ses lunettes avec l'élégance qui lui était innée. Reportant son regard libéré de toute vitre les séparant dans celui ombré de Epps. « Mon "père" n'est pas une priorité pour le moment. » souffla-t-il doucement, paradoxalement avec une pointe évidente de virulence certaine et un dégout immense dans ce simple mot. Un mensonge qui ne se cachait même pas, une menace clair : si elle mentionnait encore le paternel, ça allait très mal finir pour elle.

Alors que les pas dorés de l'élu franchirent le seuil de ce lieu exotique à ses ressentis d'enfant issu de l'élite, des yeux se braquèrent quelques instants sur lui, sur eux. Habitué, le blond enfouit simplement ses mains dans les poches de son costume, attendant la suite avec cette patience qui n'existait pas. Une jolie jeune demoiselle à la peau halée vint alors rapidement à eux, peinant à voiler cette panique qui semblait l'habiter. Elle les salua, puis les guida à une table, loin des regards indiscrets, pour finir par les laisser quelques instants. Oliver ne la quitta pas des yeux un instant, un fin sourire charmeur aux lèvres. Puis, seuls, galant personnage que cet horrible Sterling, il vint tout de même s'approprier quelques secondes l'espace de Calypso avec douceur pour l'accompagner à se dévêtir (pas entièrement, dommage lol) et lui reculer sa chaise. Cela ne semblait pas tellement coïncider avec l'ambiance du restaurant, mais il s'en tapait cordialement... Ce n'était que par pur principe et stricte éducation... qu'il ne suivaient pourtant pas à la lettre à chaque jour de sa vie, certes. Jetant un œil critique global à l'intérieur de l'endroit, Oliver se permit un commentaire vacillant entre moquerie et léger ravissement tout en s'asseyant nonchalamment. « Je dois dire que vous me surprenez. » Impossible d'y voir clair dans ce regard brumeux vicieux qu'il lui lança. « Dites moi, mademoiselle Epps. » fit Oliver après quelques instants, toute place de malice et de jeu dissipés pour ne laisser place plus qu'au véhément esprit professionnel. « Vous qui semblez si proche du milieu journalistique, connaissez-vous Jessica Collins ? » Question un peu abrupte et suppositions tout de même présentes et moqueuses malgré le sérieux qu'il s'était prétendu revêtu. « Si ce n'est pas le cas, vous apprendrez à la connaitre. Elle sera votre première petite mission. » enchaina le politicien sans même lui laisser le temps de lui répondre, menton relevé vers la serveuse les ayant accueilli tout à l'heure, marchant de son déhanché gracieux en leur direction. Collins lui pourrissait l’existence dans la vie de tous les jours autant qu'Edison ne le faisait derrière les écrans ces temps-ci, et s'en était assez. Il lui fallait s'en débarrasser. Trouver ses points faibles pour l’anéantir et la mettre définitivement hors d'état de nuire. Une mission qui plairait, il en était sûr, à la demoiselle face à lui. Ironie, qu'elle était belle. Il s'agirait de son premier test qui définirait l'attitude et le personnage curieux qu'était cette demoiselle Epps. Finalement, la serveuse revint à eux, attendant leur commande, un joli sourire aux lèvres, et Epps l'étonna quelques chronos secondes en lui annonçant une absurdité, une de plus. « Que je laisse quelqu'un choisir à ma place ?! » s'insurgea-t-il, le ton et l'attitude maitrisés mais détonants clairement de cet irrespect du lion affamé qui contrôlait tout, même ses repas, qu'il mimait à la perfection. « Avec plaisir, le destin de mon estomac est entre vos mains... ou plutôt entre celles de mademoiselle. » finit-il dans un clin d’œil étonnement destiné à la black, et non la serveuse, l'attitude séductrice et aimable collée à la peau. Ce repas et cette discussion s'annonçaient plus intéressants qu'il ne voulait bien l'accorder.

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Sweet flower of heavenly birth you were too fair to bloom on earth. ♡ Caly & Oli
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