AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 « You’re my person » [Naïa]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Héloïse Bennett
Admin lapin sectaire
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 5337

MessageSujet: « You’re my person » [Naïa]   Jeu 1 Mar - 11:17

« Monsieur McGregor, puis-je vous parler ? » Je demande d’une petite voix en toquant à la porte. Voilà deux jours que le dîner a eu lieu, apportant son lot de malheurs et de désarrois. Et dire que tout allait si bien auparavant. Désormais, j’ai l’impression de me retrouver au milieu d’un champ de ruines, contemplant avec stupeur le chaos régnant autour de moi. Dire que je suis malheureuse est un euphémisme, j’ai l’impression de suffoquer, ressentant constamment une boule dans mon ventre. Si seulement les choses pouvaient s’arranger… mais hélas, malgré un optimisme dont je peux faire preuve à tout moment, j’ai l’impression que tout est désormais compliqué. J’en suis au point de venir voir le père de Matthew pour essayer d’arranger les choses. Car le problème est là : je n’ai plus de nouvelles de son fils. Ce dernier ne répond ni à mes appels, ni à mes messages. Et autant dire que ce silence m’angoisse terriblement. Je suis même prête à faire un détour par son appartement pour essayer de savoir ce qu’il devient. Parce que je ne suis pas de ces personnes qui restent dans l’ignorance. J’aime quand les choses se règlent, quand le dialogue s’opère vite. Et je souhaite qu’il en soit ainsi avec mon petit-ami. Cependant, si je suis prête à parler de ce dîner raté, il n’en est rien pour lui. Aussi, depuis deux jours, il m’ignore superbement. Ce silence me rend dingue, terriblement malheureuse. Et j’en suis à ce point-là. A venir toquer à la porte d’une personne ne me portant pas dans son cœur. « Je n’ai rien à vous dire. Allez vous-en. » Sa voix froide me fait l’effet d’un poignard planté en plein cœur. Mais pour Matthew, je préfère tenir bon. « Je vous en prie, laissez-moi la possibilité de vous parler… » - « Non Héloïse, vous avez suffisamment fait de dégâts. Je ne tiens pas à discuter avec vous. » Ses mots sont si difficiles à entendre. « De toute façon, ça ne changera rien. » Pourtant, moi je crois en la bonté de chacun. Dans un besoin naïf d’être rassurée, je deviens assez stupide pour tendre la joue pour me faire gifler. « S’il vous plait Monsieur McGregor… Je n’ai plus de nouvelles de votre fils… » Ma voix gémissante ne semble pas l’atteindre. Il a juste entendu que j’étais dans l’ignorance totale concernant ce qu’il advenait de Matthew. Face à mon air désespéré, son sourire cruel me semble être si douloureux. « Vraiment… ? Et bien ça veut tout dire. Pourquoi continuez-vous à vous échiner. Ne comprenez-vous pas que vous avez perdu ? » Il se lève de sa chaise et la contourne pour venir se planter devant moi. Le regardant, je ne peux m’empêcher de remarquer combien il ressemble à Matthew. L’expression de son regard diffère de celle de son fils. Moins aimant, moins chaleureux. « Vous croyez que vous pouvez lutter contre moi, Héloïse ? » Je vais pour ouvrir la bouche mais il a déjà repris la parole. « Sachez que je gagne toujours Héloïse. D’une manière ou d’une autre. » Me contournant, il sort de la pièce me laissant seule, hébétée et le cœur encore plus en miettes. Pourtant, je ne peux croire à cette éventualité. Matthew et moi sommes faits l’un pour l’autre. Il ne peut en être autrement. Il faut que je puisse avoir de ses nouvelles par un moyen autre que son père. La seule question est comment.

La journée finit par s’achever et pourtant, mes tentatives de joindre Matthew se sont révélées infructueuses. Il continue de m’ignorer et ce silence me tue. Il me dévaste. C’est terrible comme sensation. Je ne cesse de dévisager mon téléphone dans l’espoir que l’écran s’allume pour voir qu’il m’a envoyé un message ou qu’il m’appelle. Mais hélas, il demeure silencieux, fendant un peu plus mon cœur. Si seulement il pouvait me joindre pour me rassurer. Si seulement… Hélas, je termine mon travail dans une solitude plus que pesante. Mon téléphone ne s’allume que pour me rappeler que ce soir, j’ai mon cours de piano. Ces leçons que Matthew m’a offert. Durant un instant, j’hésite à annuler. L’idée d’aller plutôt au domicile de mon petit-ami me paraît mieux, ça me permettrait d’apaiser mon esprit tourmenté. Mais je n’ose pas aller au-delà de cette simple pensée. Je me dis qu’il a réellement besoin d’être seul. Qu’il a besoin de temps pour réfléchir. J’essaye d’ignorer les paroles de son père, pas plus tard que ce matin. Et finalement, je finis par me convaincre d’aller à ma leçon. Cependant, le cœur est gros, l’envie est peu présente. Je suis ailleurs durant le trajet, me laissant emporter dans la circulation dense jusqu’à arriver au Conservatoire. Je me rends vers la salle de musique dans un état second, peu motivée. Et pourtant, je sais que ça me fera du bien, qu’il est nécessaire que je me change les idées afin de ne pas devenir folle. Ce silence me rend dingue. Et pendant que je me dirige dans les couloirs immenses du Conservatoire, je tente une dernière fois de joindre Matthew. Mais encore une fois, je tombe sur le répondeur. Ça me désespère de plus belle. Et durant une fraction de seconde, je suis à deux doigts de rebrousser chemin et d’aller le retrouver. Cette idée ne disparaît de mon esprit que parce que je croise une silhouette familière. Pas celle de mon prof de piano d’ailleurs… « Naïa ! » Je m’exclame, en esquissant vainement un sourire joyeux. C’est peine perdue. Pourtant, je ne suis pas encore au point de m’effondrer. Si j’ai déjà beaucoup pleuré, je demeure avec l’idée que rien est totalement perdu, qu’il y a encore de l’espoir pour qu’il puisse décrocher. Je ne songe pas à ce que cela puisse être fini, pas après tout ce que nous avons vécu. Nos sentiments. Notre couple secret, puis la révélation au grand jour. Nos vacances en France. Non pas après tout ça… « Comment vas-tu ? » Je demeure d’une voix se voulant enjouée. Mais la tristesse demeure encore là. Elle n’est pas prête de partir.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Naïa Argent
Admin fanatique
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
MESSAGES : 658

MessageSujet: Re: « You’re my person » [Naïa]   Mar 6 Mar - 21:41

« Pitié, sors de cette salle de bain, je vais être en retard ! » Scénario classique… Konan prend dix millions d’années pour se préparer. A chaque fois, cela me rend folle. Pourtant, ce n’est pas bien compliqué de prendre une douche, de se sécher, s’habiller et de partir. Qu’il ne me fasse pas rire… il s’agit d’un homme ! Cela ne nécessite pas des heures de se peigner les trois centimètres qu’il a sur la tête. Il n’a pas à se maquiller. Et puis… est-ce que je suis la seule à penser que les hommes ont toujours bonne mine ? Qu’ils se réveillent, se couchent, reviennent d’une soirée arrosée, ou autre, ils ont toujours la même tête. Alors non… il n’est pas censé mettre autant de temps pour se préparer ! Je serai bien tentée d’installer une caméra dans la salle de bain pour savoir ce qu’il trafique durant autant de temps, mais il s’agit de mon jumeau… j’aurai trop peur de ce que je pourrai découvrir. Je me contente alors de râler de l’autre côté de la porte. De plus, ce n’était pas comme s’il n’était pas au courant que j’avais un directeur de comédie musicale tortionnaire qui n’acceptait pas les retards. Après, à chaque fois, je suis obligée de me dépêcher et de courir dans tous les sens pour arriver à l’heure, d’autant que la maison est bien loin du Conservatoire. Je dois traverser toute la ville à chaque fois avec la tête imprimée dans le parebrise. Un jour, je préviens, je vais avoir un accident !! Je n’aurai aucun scrupule à accuser mon frère d’avoir causé mon malheur par accès de vanité masculine. Je tambourine encore de mes petits poings sur le battant de bois. « Sors de là !! » Unique réaction que j’obtiens… il se met à chanter plus fort qu’il ne le faisait déjà. Je vais le tuer ! Je lâche un soupir excédé. Il me faut un bélier… je vais défoncer cette porte ! Me voilà prête à assaillir cette porte par tous les moyens, quand la salle de bain est miraculeusement libérée. « Enfin ! » je m’exclame, mes poings sur les hanches. Konan m’adresse un sourire insupportable. Un jour… vraiment… je vais le tuer ! Je manque de me jeter sur lui afin de lui ébouriffer sa chevelure pleine de gel, mais je me retiens. Je n’ai pas le temps ! Je me précipite donc vers la salle de bain. Je me crois arrivée au but… c’est sans compter sur ma sœur Sam qui s’y engouffre en premier avec la petite Mia dans les bras. « Désolée, c’est urgent. Il faut que je la change ! » Non mais c’est une blague ?! Et je me fais claquer une nouvelle fois la porte au nez. C’est définitif… ça ne peut plus continuer comme ça ! Nous sommes trop dans cette maison !

Evidemment, cela n’a pas manqué. Je suis arrivée en retard. Je me suis engouffrée dans ma voiture, avalant mon café et mon petit-déjeuner en même temps que je conduisais comme une folle à travers les rues de Los Angeles. Un jour, si je n’ai pas d’accident, je me ferai aussi arrêter par la police. Bref, j’aurai eu le pompon. De même, j’ai bien le temps de recevoir un regard noir et une remarque acerbe de Goldstein. La journée commence bien…

***

C’est totalement éreintée que je me traîne jusqu’à la salle de cours de piano. J’aurai pu m’épargner de souffrir plus aujourd’hui, mais le piano a ce pouvoir étrange de me détendre et de me reposer. Parce que j’en ai besoin là ! Nous n’avons pas arrêté de travailler comme des fous. Les décors sont presque créés et mis en place. Nous commençons déjà à répéter avec les chorégraphies et les costumes. Et mon dieu… que c’est dur de danser avec une robe, si légère soit-elle. De ce fait, l’effort à fournir s’en trouve encore plus considérable. Je suis persuadée que je vais mourir d’une crise cardiaque sur scène très prochainement… j’espère que Goldstein me fera un beau discours à mon enterrement. D’ordinaire, j’ai beaucoup de mal à trouver du temps pour me rendre à mes cours de piano. Depuis le démarrage de la comédie musicale, je peine à m’octroyer du temps. Plusieurs fois, c’est Goldstein qui s’est appliqué à me faire travailler mes leçons. Oui… il est partout dans ma vie. Toutefois, pour une raison étrange, je suis moins détendue quand il est mon professeur. Lors de ces répétitions, nous nous retrouvons tous les deux. Il s’assoit généralement à côté de moi, et je suis terriblement mal à l’aise. Sa proximité me trouble. Je pense que j’en ai bien plus peur que je ne le pense… il m’impressionne. Et en même temps, je me sens de plus en plus à l’aise avec le temps en sa présence. Il se radoucit. Il fait des compliments. Mais quand nous sommes en tête à tête… je ne sais pas. Je ne suis pas à mon aise. Aussi, je préfère me retrouver avec le professeur Hamilton. Et avec un peu de chance, peut-être pourrai-je croiser la route de… « Hilouiiiz ! » je m’égaye en voyant sa bouille brune arriver dans le couloir. Je ne remarque pas tout de suite sa fatigue, trop contente de croiser mon amie. Il faut dire qu’entre la comédie musicale, Caleb, le nouveau poste d’Héloïse et son Matthew, nous n’avons plus autant de temps qu’auparavant. Je n’attends pas une seconde de plus pour venir la prendre dans mes bras et lui faire un immense câlin. « Je vais bien ! Hormis que je suis fatiguée et que… bah tu en fais une tête… » J’observe sa mine basse, ses yeux qui ont été rougis et gonflés par les larmes. En une fraction de seconde, mon cœur se serre dans ma poitrine. « Ma Héloïse, qu’est-ce qu’il t’arrive ? Tu as pleuré ? » Je demeure totalement désemparée, ne comprenant pas une seule seconde ce qu’il se passe. Je me remémore tout ce qui aurait pu la mettre dans un état pareil depuis les dernières nouvelles qu’elle m’a donné. Jusqu’ici, elle était radieuse depuis son voyage en France. Elle avait pris son nouveau poste à la maison d’édition. Tout se passait bien avec son chéri qui voulait la présenter officiellement à ses parents… Non, il n’y avait rien qui aurait dû être une ombre dans le tableau. « Tu veux qu’on aille parler ailleurs ? » Tant pis pour Hamilton et le piano. Au regard empli de détresse d’Héloïse, je comprends qu’il s’agit de quelque chose de grave.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin lapin sectaire
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 5337

MessageSujet: Re: « You’re my person » [Naïa]   Dim 25 Mar - 22:06

Je me dis qu’être venue pour le cours de piano est, finalement, une mauvaise idée. Surtout dans cet état-là, d’être si malheureuse. Mon monde s’écroule tout doucement et je me raccroche à tous ces rebords s’effritant sous mes doigts. Je continue, cependant, à croire que ce n’est pas en train de se terminer, que ce silence va finalement cesser, que Matthew va me parler. J’y crois et je tiens bon. Malheureusement, je sais que je ne peux faire bonne figure en attendant. Et lorsque je me retrouve au conservatoire, je ressens alors toutes ces mauvaises émotions revenir. Pourtant, voir Naïa me procure un peu de chaleur. Sa bonne humeur est contagieuse. Et être enlacée par ses bras frêles arrive à m’apporter un peu de baume au cœur. C’est si difficile alors de lutter pour ne pas me mettre à pleurer. Après tout, ce serait inutile, je risquerais de l’inquiéter. Alors que tout va bien… Du moins, je l’espère. Cependant, le hic c’est que nous sommes devenues proches, on se connaît désormais. Et elle me connaît trop. Elle sait comment je suis et si elle se lance bien vite dans un babillage comme on a si bien l’habitude, elle et moi, elle remarque bien vite que quelque chose ne tourne pas rond. Mon cœur se serre alors face à sa mine inquiète. Et je m’en veux terriblement de lui causer du souci. Après tout, elle ne mérite pas ça, elle était si gaie et enjouée avant de me voir. Forcément, elle me demande ce qui ne va pas, ce que je nie difficilement en secouant la tête. « Si ça va bien… » J’ai presque envie de lui dire que j’ai eu une poussière dans l’œil. Mais je ne me sens pas d’âme à mentir. C’est trop pour moi. Je me raccroche à tout ce qui peut me faire du bien, me convaincre que tout va pour le mieux et d’essayer cette part d’inquiétude me rongeant un peu trop. « C’est juste… » Mais je me tais, préférant détourner le regard en fixant un point sur ma droite. Ainsi, je peux m’éviter de voir son visage inquiet. Mais sitôt en faisant cela, je me retrouve envahie par ces angoisses, je revois encore le visage de Matthew, son expression indescriptible ne présageant rien de bon, sa voix me confirmant qu’il souhaite être seul ce soir alors qu’il s’agissait de nos un an. Une année d’amour qui laisse un gout de cendre au creux de la gorge.

Naïa me propose alors de nous rendre dans un endroit plus calme. Pourtant, je sais qu’elle a son cours elle aussi. Ce n’est pas du loisir comme moi. C’est important pour elle, c’est pour sa comédie musicale. Et je ne tiens pas à gâcher quoi que ce soit. Elle y met tant d’ardeur, comme elle me l’explique à chaque fois, quand nous évoquons le projet de sa vie. Je suis si fière d’elle, heureuse qu’elle résiste contre la fatigue et la peur de se retrouver sur scène. Mais elle tient bon, Naïa m’est si précieuse. « Non ne t’embête pas ma Naïa, ça va aller… C’est juste… » Mais à ce moment-là, le poids de la culpabilité devient trop lourd. Mes entrailles se tordent dans un violent spasme. Et je me tais, inspirant doucement. « Enfin, ça va… » Même si je sais que non, ce n’est pas le cas. J’ai le cœur en miettes. Un petit-ami devenu fantôme, ne répondant pas à mes messages après une soirée ayant tourné au drame. Que dois-je en déduire ? Que dois-je penser ? C’est si silencieux désormais. Et l’inquiétude demeure. Elle me tenaille bien trop. « Naïa… » Je murmure doucement, mes yeux se remplissant de larmes. « Je crois que j’ai détruit notre couple… Matthew ne me répond plus… Et je ne sais plus quoi faire… » L’impuissance demeure, elle est là. Dévastatrice. Je ne sais plus quoi faire, que je me répète à nouveau pour moi-même. Et je sens alors que ma main est doucement prise par une autre, qu’on m’emmène là où le silence paraît moins violent que l’agitation environnante. Lorsque la porte claque, que le calme prend sa place, je prends conscience que Naïa nous a amené dans une pièce vide. Il n’y a pas encore de cours visiblement. Et je sais qu’elle va me demander ce qui ne va pas. On se connaît si bien. De toute façon, j’ai besoin de parler. J’ai besoin d’expliquer ce que je ressens, ce que j’ai fait. J’ai aussi besoin que Naïa me donne son avis, ses conseils, qu’elle me dise que je m’inquiète pour rien et que tout ira bien par la suite. « Hier soir, c’était notre anniversaire et tu le sais, je t’en avais parlé, il y avait la rencontre avec ses parents. Enfin… la présentation officielle… Sauf que… » Je déglutis doucement, les mots sortant presque tous en même temps, tant le besoin de me confier est là. « Il y avait Jane. Son père l’avait convié avec ses parents. Et je me suis sentie tellement à côté de la plaque… Ils me faisaient tout le temps ressentir que je n’étais pas à ma place. C'était une telle humiliation, comme si je n'étais qu'un être abject et repoussant... Et Matthew… » Je me tais, sentant mon cœur se tordre un peu plus, à la seule évocation de ce prénom voulant tant dire. Porteur de joie d’ordinaire, mais de tant de tristesse aujourd’hui. Je relève un regard larmoyant et malheureux vers mon amie et doucement je chuchote « Je ne sais pas ce qu’il a… Il est bizarre depuis… Comme si … Comme si tout ce que son père a dit hier, était vrai… Qu’il a fini par accepter… » et ça c’est incroyablement douloureux.
Ça remet en cause tant de choses d’ailleurs.











Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Naïa Argent
Admin fanatique
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
MESSAGES : 658

MessageSujet: Re: « You’re my person » [Naïa]   Jeu 12 Avr - 23:20

Je peux lire la tristesse sur son visage sans même qu’elle n’ait prononcé un seul mot. Elle assombrit son regard d’ordinaire si tendre et pétillant. Elle rend terne et faux ce sourire qu’elle tente d’esquisser, comme un masque qu’elle porte. Je ne supporte pas de voir cette souffrance qui se tait au creux de sa gorge, cette inquiétude qui le torture et la malmène sans qu’elle ne puisse se confier à personne. Toutes les questions qu’elle se pose, je peux déjà les voir pulluler au-dessus de sa tête, venir la martyriser sans qu’elle ne puisse trouver la moindre réponse. Et moi, ça me déchire le cœur, car je n’ai jamais vu fleurir qu’un immense sourire sur ce visage de poupée. Depuis notre rencontre, je ne lui connais que cette bonne humeur constante, qu’elle traîne dans son sillage comme un parfum qui enivre les sens. Elle est belle, Héloïse. Dans ce qu’elle dégage et dans ce qu’elle a à offrir. Je pense que c’est pour cela que je l’aime autant. Il n’y a pas de contrefaçons, de fausseté ou de malhonnêteté en elle. Elle apparaît telle qu’elle est avec le reste du monde. Elle ne cherche pas à être quelqu’un d’autre. Je pense que sur ce point, nous nous rejoignons sûrement et que c’est pour cela que nous nous entendons si bien, qu’il me semble même que nous sommes foncièrement semblables. Nos caractères diffèrent quelque peu, mais notre nature demeure la même. Ainsi, elle ne peut guère me cacher le chagrin qui la malmène. Pour une fois, je sors la comédie musicale de ma tête, les chansons, les répétitions, ça et Caleb de mes pensées… Je relève le nez de mes histoires personnelles pour ne plus être intéressée que par ce qu’Héloïse va me dévoiler. J’admets que je n’ai pas la moindre idée des soucis qui me tourmentent tant. Des chagrins, il peut y en avoir des tas. La famille, les amis, le travail, les amours… Je ne peux pas me vanter d’avoir eu de nombreuses histoires avec les garçons, de connaître le gros chagrin d’amour. Je n’ai pas énormément d’expérience de ce côté-là, mais quelque chose, comme une intuition, m’indique que c’est vers là que les problèmes s’opèrent.

Je voudrais l’emmener ailleurs pour que nous puissions parler au calme. Peu importe pour la leçon de piano, elle n’est en rien capitale. Je sens qu’elle ne pourra pas se livrer dans ce couloir où les oreilles peuvent épier nos propos et que nous serons ensuite enfermée dans cette salle de classe. Enfin, elle me parle, les yeux emplis de larmes pour me révéler ce qu’il en set de la situation. Je m’en veux que mes soupçons soient bons. Toute l’histoire tourne autour de Matthew et de son couple. Je fronce les sourcils, assimilant les informations. « Quoi ? Mais qu’est-ce qu’il… » Je cerne les regards qui se tournent vers nous. « Allons ailleurs. » Ma main vient prendre délicatement la sienne et je la guide plus loin. Grâce à ces dernières semaines, je peux me vanter de connaître le Conservatoire par cœur. Ainsi, je trouve rapidement une pièce où je sais que nous serons tranquilles pour discuter. Je referme la porte derrière nous et nous fait asseoir sur un banc de piano. « Raconte-moi tout… qu’est-ce qu’il s’est passé pour que tu dises un truc pareil ? » Héloïse, détruire leur couple ? Je n’y croyais pas une seule seconde. Comment cela pourrait-il être possible ? A chaque fois qu’elle me parlait de Matthew, il me semblait que tout était parfait. Ils revenaient tout juste d’un voyage en France paradisiaque en plus. Tout ce que je savais des dernières informations, c’est qu’elle devait rencontrer sa famille. Justement, elle me rappelle que tout s’est déroulé hier soir. Je grimace en entendant le prénom de Jane. Cette dernière, j’en ai suffisamment entendu parler pour savoir que rien n’augurait de bon. A mesure qu’elle poursuit son récit, je sens la colère et l’indignation qui montent en moi. « Quoi ? Mais comment osent-ils ! Pour qui est-ce qu’ils se prennent ? » je m’insurge. Je ne comprenais rien à cette société obscurantiste au possible. Puis comment dire des horreurs pareilles à un être aussi doux qu’Héloïse ? Et dans toute cette histoire, il y avait aussi Matthew qui n’était plus lui-même. Je prends les mains de mon amie, souhaitant balayer au plus vite ses inquiétudes. « Voyons, comment Matthew pourrait accepter une chose pareille ? C’est surréaliste ! » Dans le fond, je ne le connais pas vraiment, mais Héloïse m’en parle tant… « Il n’a pas l’air d’être un idiot. Il doit bien se rendre compte que toute cette histoire n’a aucun sens… » Cela n’explique hélas pas ses silences. Je ne veux quand même pas qu’elle puisse se faire des idées noires. « Tu sais, il doit être chamboulé lui aussi… c’est quand même sa famille qui se retourne contre lui. Il faut peut-être lui laisser le temps de digérer tout ça. » Je ne supporte pas de voir les larmes qui menacent de dévaler ses joues. Je caresse doucement son visage. « Puis franchement, ils ne sont qu’une sale bande d’imbéciles s’ils s’imaginent un seul instant que tu n’as pas ta place parmi eux et que Jane est mieux que toi. Ce n’est pas toi qui est abjecte et repoussante, ce sont eux ! Et ils devraient avoir honte. Pas toi ! » Il n’en fait pas même l’ombre d’un doute dans mon esprit. Je lui accorde un sourire tendre avant de cogiter plus longuement sur le problème. « Et Matthew, il était comment avant la soirée ? Est-ce que c’est vraiment après le repas qu’il a changé ? Comment il a pris la présence de Jane ? » Parfois, des petits détails pouvaient être bien plus éclairants que n’importe quelle parole.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin lapin sectaire
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 5337

MessageSujet: Re: « You’re my person » [Naïa]   Mer 16 Mai - 8:20

Je me sens tellement à côté de mes pompes. Le mot juste est anéantie. J’ai si mal au fond de moi, errant plus que je n’avance. Comme si toute motivation avait quitté mon corps. Je me fais violence pour ne pas m’écrouler et pleurer franchement. J’en ai bien besoin. Le cœur est gros. Mais je tiens bon. Je me dis que mes inquiétudes sont infondées, j’y crois encore plus tandis que je raconte mon histoire à Naïa, la soirée telle qu’elle s’est passée. Si pleine d’espoir et de promesse. Et finalement chaotique. Chaque mot me lacère un peu plus. J’ai l’impression de revivre chaque instant. Les regards froids. Les répliques acerbes. Et puis finalement, cette sortie bruyante. Terrifiante. Glaçante. L’impression que le monde s’écroule dans cette voiture, au moment où Matthew me disait de m’en aller, qu’il avait besoin d’être seul. Depuis, tout me semble si incertain. Et pourtant… J’y crois encore. J’essaye de positiver. Mais c’est difficile. Et Naïa le comprend si bien. Mon amie paraît choquée de ce que je raconte. Et il y a de quoi l’être. Tout semble si irréaliste. Comme si ce rêve était en train de prendre fin. Sa surprise fait écho à la mienne, même si je ressens cet écœurement. Il y a de quoi après tout. Être jugée ainsi. L’humiliation m’a semblé si terrible. Et revivre cette soirée au travers de mes mots me déchire, me fait un peu plus mal. « Il allait bien au départ. Il était un peu tendu, mais il promettait encore de m’aimer dans sa façon d’être. » J’évoque Matthew et la façon dont il a réagi. « Ensuite, lorsque le père et Jane se sont attaqués à moi, il a pris ma défense. Je me disais alors que tout irait bien. » Et puis il y a eu la dégringolade. « Il y a eu un moment où la pique a été plus violente, où elle a fait plus mal. » J’inspire doucement. « Son père a tout simplement dit que peu importe ce que je ferais, je ne serais jamais des leurs. Suite à cela, je me suis dit que le moment était venu de m’en aller... Peut-être aurais-je dû rester. Mais à ce moment-là, Matthew était d’accord et me suivait. Il voulait même partir à peine arrivés. Et là... » Je me tais, mes yeux s’emplissant soudain de larmes. « Son père nous a retenu en souhaitant parler à son fils, ce que j’ai encouragé. Mais je n’ai jamais su ce qu’il en était. Matthew s’est refermé sur lui comme une huître. Il n’a plus rien dit. On est rentré, il m’a raccompagné chez moi. Et depuis... Je n’ai plus de nouvelles. Et depuis je ne sais plus... Je ne sais plus si c’est moi, si c’est lui... Si c’est son père... Je ne sais plus... Il ne me donne plus de nouvelles... Qu’est-ce que j’ai fait bon sang !? » Et là, c’est trop, j’éclate en sanglots, le coeur au bord des lèvres.

***

Qu’est ce que j’ai fait ? J’ai fini par le savoir. Je n’ai servi qu’à être l’instrument de la discorde. A permettre au fils d’affronter le père. Et tout ce qui s’est ensuivi n’a plus eu de sens. Comme si cette histoire d’amour n’avait été qu’une immonde farce dans laquelle, je suis l’actrice, celle que l’on hue. Et depuis, je erre dans un brouillard si épais que je ne sais plus où aller. Alors, en attendant, je coupe tous ces fils me liant à Matthew. Mettre ce qu’il lui appartient dans un carton. Mais ne pas l’appeler pour lui dire de récupérer. Effacer le répertoire des appels mais être incapable de supprimer ses messages et toutes ces photos. Ne plus me rendre dans son quartier, mais voir son visage dans chaque détail de cette ville. Il est partout où je vais. Y compris au Conservatoire où je me rends pour voir mon professeur de piano. Il paraît abasourdi de ma décision si ce n’est qu’il comprend. Je lui ai indiqué ne plus avoir le temps avec mon travail. C’est surtout que je ne souhaite pas les continuer. Et puis, vu comment les choses ont changé, je crains que Matthew n’ait cessé de m’offrir les leçons. Et je ne tiens pas à ce qu’on me donne une facture que je ne pourrais pas payer. Aussi, une fois que mes adieux sont faits, je me dirige vers la salle où Naïa est censée répéter. Je n’ai pas vraiment le droit d’y entrer, mais j’ai appris à venir discrètement, relevant si oui ou non, son terrible patron se trouve dans les parages. Quand il n’est pas là, tout le monde paraît plus serein et détendu. Sauf moi... J’avance doucement vers la scène où ils répètent. Je croise le regard de mon amie, mais je suis incapable d’esquisser un sourire ou autre. Mon visage n’est que le reflet de ce que je ressens : ça ne va pas. Je me contente simplement de secouer la tête un peu comme ce médecin qui est incapable de dire que son patient s’est éteint pendant l’opération.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Naïa Argent
Admin fanatique
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
MESSAGES : 658

MessageSujet: Re: « You’re my person » [Naïa]   Dim 20 Mai - 0:25

Pour toujours, les larmes de ceux que j’aime m’ont toujours rendu profondément malheureuse. Les émotions des autres s’impriment en moi comme du papier buvard. Colère, joie, tristesse, enthousiasme, désespoir…. Et dans les yeux d’Héloïse, je peux lire mille sentiments qui la rongent, l’assaillent et la torturent sans qu’elle ne puisse se débattre. Il y a le doute, la peur, le chagrin, la culpabilité, le désarroi et, brillant derrières les nimbes de ces affres, une lueur d’espoir fou. Des chagrins d’amour, je n’en ai pas vécu assez pour étouffer les angoisses de ma meilleure amie avec des paroles rassurantes tirées de mes propres expériences. J’en suis incapable. Car dans le fond, des expériences, je n’en ai pas vraiment eu. Mon cœur demeure emmuré dans les souvenirs d’une nuit qui se rejoue parfois dans mes nuits les plus agitées, dans des jours plus sombres que les autres. Mes amours, ils ont toujours été par procuration. Je n’ai jamais osé faire le moindre pas vers un homme. Et lorsque je contemple la mine éplorée d’Héloïse, je ne peux que continuer à les craindre et à redouter les malheurs dans lesquels ils nous plongent. Et pourtant, il y a Caleb. Un rivage inattendu auquel je m’accroche de toutes mes forces en dépit de l’incertitude et de la terreur qui terrasse mon être. Mais ici, au conservatoire, il n’est pas question de moi. Je sais déjà que nulle note ne résonnera au piano aujourd’hui quand j’entraine la brune avec moi vers un lieu plus paisible. Elle n’a pas besoin de tous ces yeux qui se posent sur elle, qui la scrutent et qui s’interrogent.
L’attitude de Matthew est incompréhensible. Au mieux, et avec les informations que j’ai à disposition, je tente de la rassurer. Vaine entreprise. Que puis-je bien savoir des intentions de son éditeur ou de ce qu’il se trame dans son esprit ? Tout n’est qu’un épais brouillard qui entoure les frêles épaules tremblotantes d’Héloïse. Je la réconforte par une main qui caresse doucement son dos tandis qu’elle m’explique en détail le déroulement de la soirée. A l’évidence, quelque chose de grave s’était produit au soir de ce repas. Un événement plus violent que les autres qui, comme un verre qui se brise, avait détruit une construction étonnement fragile. Je ne veux pas m’avouer vaincue aussi vite que la brune. Mon esprit s’est toujours révélé étrangement optimiste, me tirant de nombreuses douleurs. Si je ne me fais aucune illusion sur la violence des sentiments de la famille McGregor et que je les porte en coupable, j’accorde un bref crédit au fameux Matthew. Peut-être n’a-t-il besoin que du temps de la réflexion ? Mais comme cela est cruel pour Héloïse ! « Il aurait au moins dû te dire quelque chose… » je me sens obligée de dire, bien que cela n’arrangera pas l’histoire. Elle éclate brusquement en sanglots et mon cœur se fend. Naturellement, je la prends dans mes bras et je la berce doucement. Rien n’est pire que l’incertitude. « Tu n’as rien fait, ma Héloïse. J’en suis sûre et certaine. Qu’est-ce qu’il pourrait bien te reprocher ? Tu as été sincère et de bonne volonté jusqu’au bout. Ce sont eux qui ont mal agis. Matthew finira bien par s’en rendre compte. » Je l’éloigne un peu de moi, efface maladroitement les larmes sur ses joues avec une certaine pudeur conférée par notre amitié neuve et je lui souris. « Attends encore un peu, peut-être ? Il ne pourra pas indéfiniment te laisser sans nouvelle. Je suis sûre que les choses vont s’arranger. »

***

Mais les choses ne se sont pas arrangées. Il ne me suffit que d’un regard pour comprendre l’issue de l’histoire quand je découvre Héloïse dans le grand amphithéâtre où je répète. Ses traits sont tirés par la fatigue, ses yeux usés par des larmes qui ont trop coulé, sa mine assombrie par la fatalité. Mon cœur se serre dans ma poitrine, m’interrompant dans ma chorégraphie. Aujourd’hui, Gabriel Goldstein est parti bien plus tôt des répétitions. Quelque chose d’important avait-il prétendu en nous laissant pour dernière consigne de continuer à travailler. Cela n’était pas dans sa nature de sacrifier des heures de répétition avec l’approche de la première, mais maintenant que je savais pour son enfant, je m’inquiétais. Etait-ce en rapport avec Mélodie ? L’air tranquille qui trônait sur son visage en quittant le conservatoire indiquait le contraire. Toujours est-il que nous sommes seuls avec Damien, celui qui joue le Duc et quelques autres figurants pour répéter. L’ambiance est bien plus légère en dépit du poids qui pèse constamment sur ma poitrine depuis quelques temps. Je m’abîme dans le travail. Le chant, la danse, le texte à apprendre. Tout ça pour oublier. Et soudain, la présence d’Héloïse qui balaye tout. « Un instant, je reviens. » dis-je à Damien, n’ayant aucun remord à quitter la scène en l’absence du fléau Goldstein. Je m’approche de mon amie, prête à lui poser des questions, mais son regard vaut toutes les réponses du monde. Je me contente juste de la prendre dans mes bras en dépit du costume de scène que je porte. Celui de la première scène où Satine apparaît à Christian. Je la sens qui tremble dans mes bras avant que les pleurs ne l’assaillent. Je resserre mon étreinte, caresse ses cheveux doucement. Puis doucement, je l’entraîne ailleurs hors de l’amphithéâtre par une porte donnant sur les quartiers privés. Nous logeons un long couloir jusqu’à ce que nous nous retrouvions dans les vestiaires des femmes. Nous nous asseyons sur un banc et j’attends, patiente, que le flot de ses larmes se tarissent et que son chagrin soit moins vif pour poser ma question. « Tu l’as revu, c’est ça ? » Question presque rhétorique. Je connais la réponse depuis un moment. « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Est-ce que… il a décidé d’écouter son père ? » Alors, Héloïse m’explique, n’épargnant que peu de détails sur leur dernier échange. Je tombes des nues avant d’être foncièrement scandalisée. « T’utiliser… Comment a-t-il osé ? Mais quel monstre ! » je m’offusque avec humeur, prenant les mains de mon amie dans les miennes. Je serai difficilement de celles qui pourraient trouver une excuse aux hommes. « C’est à n’y rien comprendre ! Avoir poussé le vice aussi loin pour finalement… » Je ne parviens pas à finir mes phrases, le fils de mes pensées s’embrouillant. « Oh ma Héloïse, comme je suis malheureuse pour toi. Tu ne mérites vraiment pas cela ! » Trop pure. Trop innocente. Trop bienveillante. Pourquoi cela devait-il arriver à celles qui n’avaient rien demandé ? « Et maintenant… que vas-tu faire ? » Elle ne pourrait plus travailler là-bas. Et elle devait aussi déménager avec Matthew. Qu’allait-il advenir désormais ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin lapin sectaire
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 5337

MessageSujet: Re: « You’re my person » [Naïa]   Jeu 31 Mai - 7:45

Vraiment, je ne pensais pas mériter cela. Je suis tellement déçue. La tristesse m’accapare complètement. Et c’est difficile pour moi de devoir annoncer l’inévitable. Mais je le fais, parce qu’il y a tous ces gens autour de moi, s’inquiétant. Ces personnes que j’ai appris à aimer au fil du temps, qui m’ont vu être heureuse d’être avec Matthew, de me voir découvrir l’amour, le cajoler avec force. Et désormais… Tout semble si loin, je ne suis que l’ombre de moi-même. Il n’y a plus de sourire, plus de joie de vivre, rien qu’une âme ayant vieilli trop rapidement, souffrant, pleurant, hurlant sans cesse. Et par-dessus-tout, Matthew me manque. J’ai l’impression d’être ce bébé qu’on a arraché au sein de sa mère, seul et abandonné. J’ai besoin de sa chaleur, de ses bras, d’entendre sa voix, son rire, le voir sourire. J’ai besoin de tout mais hélas, j’ai atterri sur le sol gelé, de ce monde trop grand, trop triste, trop morne. Je suis dans un état second, encore hébétée. Je n’arrive même pas à parler à Naïa, à lui dire cette irrémédiable vérité, que mon cœur pleure sans cesse, nuit et jour. Sans s’arrêter. Si seulement… Si seulement… Je pouvais être plus forte, plus solide. Mais je n’y arrive pas. Entre incompréhension et chagrin, je suis ailleurs. Lorsque les bras de mon amie s’enroulent autour de moi, je ne dis rien, je ne réalise même pas. Je suis encore dans ce bureau, à vivre et revivre ce moment où ce rêve a pris fin. Cet instant tragique me réveillant la nuit, en sueur et haletante, me laissant découvrir, pantelante, cette chambre où s’amoncèle cartons et souvenirs. La chaleur des bras de Naïa finit par me ramener à la réalité. Et tout à coup, ce trop-plein émerge, l’émotion est forte. Et je suis incapable de retenir mes larmes. J’ai trop pleuré et ça ne semble pas prêt à s’arrêter. Je suis si inconsolable. Combien de temps restons-nous ? Je ne sais pas. Je sens juste, au bout d’un moment, que Naïa m’amène ailleurs. Ça doit lui sembler gênant au milieu de ses compagnons. Surtout en pleine répétition. Mais je suis incapable de me soustraire à sa douce étreinte pour la laisser tranquille.

Nous arrivons dans un vestiaire où l’on s’assoit sur un banc. J’entreprends de sortir un mouchoir afin de me tamponner les yeux et me moucher. J’en ai presque mal à la tête de tant pleurer. Naïa prend place à mes côtés. « Il m’a quittée. » Finis-je par bredouiller d’une voix misérable. Forcément, elle veut savoir et il est difficile pour moi de lui expliquer sans me remémorer avec force tout ce qu’il s’est passé. « Ce n’était pas vraiment son père le problème, mais lui… Il m’a indiqué qu’il s’était joué de moi. Il n’a jamais eu de sentiments pour moi. En vérité, Matthew m’a expliqué qu’il s’était simplement servi de moi pour mécontenter son père. » Aussi fou que cela peut paraître. J’ai fini par accepter ce qu’il m’a dit. Ça me semble toujours aussi fou. Mais c’est ainsi. Mon cœur est tellement en lambeaux et je rejoins la surprise de Naïa. C’est à se demander si la foi en ce monde vaut la peine d’exister. Je souris à mon amie, cette dernière semble tellement choquée de ce qu’il s’est produit. «   Je n’y ai vu que du feu… » Et c’est tellement insensé tout cela. Sa compassion me fait du bien, même si elle n’apaise pas complètement les maux. La douleur reste forte. Je ne sais même pas comment sera composé mon demain. Je suis vide. Triste. Seule. « C’est gentil à toi d’être là. Il ne faudrait pas trop que je te retarde dans ta répétition. » Et puis, j’étais simplement venue prendre congé de Monsieur Hamilton. La question suivante de Naïa m’arrache un élancement douloureux dans la poitrine, me rappelant que je suis dans une profonde galère, que j’ai vraiment cru que l’existence serait douce et idyllique. « Et bien je … » Je déglutis légèrement, secouant la tête. « Je ne sais pas ce que je vais faire Naïa. Je suis censée bientôt rendre les clés de mon appartement. Les cartons sont faits mais je n’ai toujours pas trouvé d’appartement. Je pourrais retourner chez mes grands-parents mais c’est difficile pour moi. J’aurais alors l’impression d’avoir réellement tout perdu… » Reniflant doucement, je m’essuie mes yeux constamment humides ces derniers temps. « Il faut que je trouve du travail. Mais je ne trouve pas pour l’instant. J’ai du mal à afficher une bonne mine. Il faut juste que je me ressaisisse. » Je lui glisse un sourire embué. Très peu convaincant, je l’admets. « Mais ça ira, ma Naïa. Je serais forte, je vais m’en sortir. Et ça ira mieux. Dans quelques mois, ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Et on sera en train d’en rire quand je viendrais assister à la première de la Comédie Musicale. » Mes épaules se mettent à trembler. Je suis incapable de faire mieux, et alors que je souriais, voilà que je me blottis dans ses bras, si misérable. « Il me manque tellement Naïa… C’est à en mourir tellement il me manque… »


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Naïa Argent
Admin fanatique
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
MESSAGES : 658

MessageSujet: Re: « You’re my person » [Naïa]   Mer 18 Juil - 15:01

Je ne supporte pas de voir cette tristesse qui accable le visage de mon amie. Plutôt empathique de nature, je suis rapidement émotive concernant les sentiments des autres ; toutefois, quand il s’agit de gens qui me sont chers, la peine s’exacerbe et je deviens comme une éponge. De véritables amis, je n’en ai pas eu énormément. Concernant la gente masculine, je ne me suis jamais sentie à l’aise en sa compagnie, et les dernières années n’ont rien arrangé de ce côté-là. Quant aux filles, je me lie bien moins facilement qu’il ne pourrait y paraître. Sans nul doute parce que je n’en ressens pas le besoin avec deux sœurs aînées et mes triplés. Je ne suis jamais seule. Mais avec Héloïse, c’est autrement différent. J’ai cette sensation que nos âmes sont si semblables qu’elles se sont reconnues immédiatement et notre amitié s’est offerte à nous dans la plus pure des évidences. Je ne suis donc nullement gênée quand elle se présente lors de ma répétition. De plus, Goldstein n’est pas dans les parages, ce qui me permet de m’éclipser sans craindre d’être rabrouée. Puis comme il l’avait dit… je connaissais la pièce sur le bout des doigts. Il me faisait confiance. Cependant, pour plus de discrétion, je guide Héloïse jusqu’aux vestiaires des demoiselles. Autour de nous, ce sont des amoncellements de tissus, de tulles, de perles, de soie, de satin et de parures qui nous entourent. La première n’étant plus qu’à quelques semaines à peine, nous répétons en costumes avec les décors presque finalisés. L’imminence de notre représentation accroît considérablement mes angoisses et mon excitation. Mais pour l’heure, je ne songe qu’à Héloïse et à sa détresse. Lorsque je lui demande ce qu’il s’est passé pour que ses yeux soient rougis, j’apprends sans surprise que Matthew a rompu avec elle, bien que j’aie espéré de tout cœur que cela ne puisse être vrai. La nouvelle me fait comme l’effet d’un poids sur le cœur et l’estomac. A mes yeux, ils apparaissaient comme un couple soudé, terriblement amoureux et prêts à combattre n’importe quelle adversité. D’apprendre qu’ils ne sont plus ensembles jette un froid dans mes entrailles et souffle sur le feu de mes espoirs amoureux. Je songe à ma propre relation avec Caleb. Si notre statut social n’est pas un enjeu entre nous, nos emplois du temps sont bien chargés, notamment le mien et je ne peux pas m’empêcher de me demander ce que cela deviendra après que la première soit un triomphe. Ma vie risque de changer radicalement… est-ce que nous y survivrons ?

D’une voix dévorée par le chagrin, Héloïse m’explique les circonstances de cette rupture. Je passe de triste à scandalisée par les propos qu’à pu tenir le jeune homme. Je tombe complètement des nues, n’osant croire à la manière dont se sont déroulées les choses. Se servir d’Héloïse ? C’était une aberration ! Personne ne pouvait être aussi cruel pour commettre un acte pareil ! Et pire encore, faire cela à une personne aussi innocente et gentille qu’Héloïse ! Cela me choque et me révolte profondément à la fois. « Non, ne t’en fais pas pour ça. La pièce, nous la connaissons par cœur. Il ne s’agit que de peaufinage. » je la rassure en prenant doucement ses mains. Je souhaite lui accorder le plus de temps et d’intérêt possible. Je sens bien qu’elle en a cruellement besoin. Et soudain, c’est un florilège de questions qui m’assaillent concernant le devenir de mon amie. Je ne souhaite pas l’angoisser outre mesure, mais je ne peux pas m’empêcher de m’enquérir de son avenir. Après tout, elle devait aménager avec lui. Elle devait rendre les clefs de son appartement bientôt, sans ne plus avoir la promesse de vivre avec Matthew. La situation était critique, d’autant que je peux comprendre qu’elle ne veuille pas retourner à la case départ. Mes méninges se mettent alors à tourner à toute vitesse en même temps qu’elle m’expose le reste de la situation. Elle n’a pas plus de travail, plus d’appartement, un cœur en friche et une âme brisée. Avec son sourire infiniment triste, elle a beau me dire que cela va s’arranger, je ne parviens pas en croire un seul. Forte, elle l’est mais je crains que cette histoire ne lui ait fait bien trop de mal. Son corps finit par lui prouver le contraire bien avant moi en se mettant à trembler. D’instinct, je la prends dans mes bras quand elle s’y blottit. Sa peine est si déchirante… Je lui caresse tendrement le dos, impuissante face à cette situation. « Je sais, Hélo… je sais. » Je la laisse pleurer contre moi, ne pouvant que me montrer présente face à sa douleur. Je ne peux cependant pas m’empêcher de réfléchir à la tournure des événements, aux solutions qui peuvent se présenter à elle. Et tout à coup… j’y pense. « Dis, Héloïse… » Je la détache doucement de moi, en proie à une intense réflexion. Je redresse finalement mon regard amande sur elle. « Je ne pourrai hélas pas faire grand-chose contre le manque… mais pour l’appartement et le travail, je peux t’aider ! » Un brin d’espoir tinte dans ma voix à mesure que le plan prend forme dans mon esprit. Un peu plus enthousiaste, je poursuis. « On pourrait vivre ensembles ! Cela fait quelques temps que je voudrais quitter la maison que je partage avec mon frère et mes sœurs pour prendre mon indépendance. J’ai un peu d’argent de côté avec le boulot, mon avance sur la pièce et la future première… On pourrait faire une colocation ! Comme ça, on ne serait pas seule et on pourra se soutenir ! » Tout à coup, c’est de manière beaucoup plus radieuse que je songe de à l’avenir en dépit de tout ce qui arrive. « Puis pour ton travail, je peux peut-être t’aider, moi. Avec toutes les représentations qu’on va faire sur l’année, on va sûrement avoir besoin de gens. Pour aider les artistes, s’occuper des costumes, des accessoires, voir l’organisation… une sorte d'assistante en gros, tu crois que tu pourrais être capable de faire tout ça ? Je te recommanderai ! Même auprès de Goldstein, s’il le faut. En plus, je crois bien que mon avis compte maintenant. Je suis sûre que je peux faire quelque chose pour toi ! Qu’est-ce que tu en dis ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin lapin sectaire
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 5337

MessageSujet: Re: « You’re my person » [Naïa]   Lun 6 Aoû - 18:46

Parler à Naïa me soulage en quelques sortes, j’arrive à m’apaiser. Mes yeux ont tant pleuré et pourtant, je suis surprise de me rendre compte qu’il y a encore tant de larmes en moi… Je lui raconte tout. Comment Matthew m’a laissée tomber, comment toutes ces choses horribles m’arrivent. Entre la douleur de l’abandon, je dois aussi œuvrer avec le stress de ne pas savoir dans quoi je vais travailler, comment je vais pouvoir payer mon loyer. Et ainsi de suite… je sais que je ne suis pas seule malgré tout. Ma famille est là. Je pourrais facilement retourner chez mes grands-parents. Cependant, je n’y tiens pas. Revenir à la case départ me mettrait plus bas que terre. Je serais incapable de me relever et je n’y tiens pas. Je veux conserver mon indépendance si durement acquise, je veux montrer de quoi je suis capable même si ces temps-ci, je suis juste bonne à me lever et à errer comme une âme en peine. On devait emménager ensemble. On avait choisi notre appartement, si grand, si lumineux avec tant de commodités que j’ignorais jusqu’à présent. Et là, je reviens au néant, avec la sensation d’être devenue misérable, de ne pas arriver à rebondir et à aller de l’avant. Où est donc passée ma force ? Où est donc passée cette Héloïse si forte, capable de tant de choses, capable d’être ce roseau se relevant après la tempête pendant que le chêne se brise en deux ? Face à Naïa, je me livre dans cette souffrance véritable, perdue dans l’amour que j’éprouve pour Matthew, incapable de me raisonner, pleurant dans ses bras. Et ça fait du bien. Ça soulage et je suis heureuse d’avoir une telle amie dans ma vie, parce que Naïa m’expose une idée. Est-ce qu’elle est réfléchie ou juste le témoin d’une impulsion venant sur l’instant. Je n’en sais rien. Mais elle me propose de m’installer avec moi, que nous soyons des colocataires. Je l’observe sans rien dire, découvrant une Naïa bien décidée à quitter ses frères et ses sœurs pour venir vivre avec moi. D’ailleurs, elle a aussi la solution pour le travail. Parce que, bien sûr, le problème demeure. Il me faudra un travail pour continuer à payer le loyer. J’ai suffisamment économisé pour piocher dans mes réserver mais je sais que, tôt ou tard, il me faudra me trouver un autre job, qu’il faudra peut-être arpenter le sol d’une nouvelle maison d’édition, quand bien même, je ne me sens pas encore la force de faire cela. C’est encore trop tôt. Alors l’offre de Naïa est plus alléchante, séduite par l’idée de travailler au sein de la comédie musicale même si la tâche est ingrate, différente de ce que je faisais autrefois. Qu’importe, il me faut de l’argent. Et Naïa m’apporte du changement, greffant de l’espoir dans un cœur ayant beaucoup souffert. « Naïa… C’est si gentil… » Je bredouille en posant ma main sur mon cœur après m’être détachée d’elle pour pouvoir l’observer, elle et son regard gentil, elle et ses yeux doux et rieurs. « Ce serait avec joie. Je n’ai tellement pas envie de me retrouver seule. Que oui… Bien évidemment, tu es la bienvenue. » Et ça me rappellera l’époque où j’étais avec Lullaby aussi. L’époque me paraît tant changé et pourtant, avec Naïa ce sera complètement différente. On sera encore plus sur la même longueur d’ondes.

***

« Est-ce que tu veux qu’on se regarde l’Ordre du Phénix ce soir ? » Finalement, les jours se sont écoulés et finalement, j’ai appelé mon propriétaire pour lui dire que je restais, qu’une nouvelle colocataire viendra. Il a accepté, rompant ainsi la fin du bail. J’ai commencé à travailler pour la comédie musicale. Et autant vous dire que c’est un travail bien éreintant. Je n’arrête pas de courir dans tous les sens. Le soir, quand je rentre, je suis crevée. Parfois il y a Naïa, parfois non, tant Monsieur Goldstein souhaite qu’elle bosse encore et encore, la grande première arrivant très vite. Naïa m’a dit que c’était prévu pour le huit juin. Autant dire que parfois, mon amie stresse beaucoup et j’essaye de faire de mon mieux pour la soutenir. Nous nous entendons merveilleusement bien, destinées à être des colocataires parfaites. On rigole beaucoup, à se raconter des bêtises, à se houspiller gentiment. Nos soirées sont toujours emplies de nos rires alors que nous gagatons devant des films en tout genre. Ça change que d’être seule et de pleurer sans cesse. Au contraire, je me sens bien mieux, oubliant petit à petit ce chagrin d’amour. Ça n’efface pas l’absence cruelle mais au moins, je me force à aller bien. Eddie, qui vit avec moi désormais, a cessé de s’échapper. Et ça fait un moment que je n’ai plus revu Matthew depuis notre baiser passionné dans les bois. « Ou alors, on peut regarder le prince de sang-mêlé mais je te préviens, quand Dumbledore meurt, je vais pleurer ! » Je me mets à rire, sortant un peau de glace que j’exhibe comme un trophée. « Tadaaaam ! De la glace à la fraise ! » Je m’affale sur le canapé, dans mon pyjama repousse-cuniculophobe, Eddie à mes pieds et Panpan dormant sur l’épaule de Naïa. « J’ai cru mourir aujourd’hui, tellement, j’ai couru dans tous les sens. Et toi, tu arrives dans la ligne droite ! Mon dieu, comme j’ai hâte d’y être à cette première ! ça approche ! ça approche ! ça approche ! » Je clame tout en tapant dans mes mains.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Naïa Argent
Admin fanatique
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
MESSAGES : 658

MessageSujet: Re: « You’re my person » [Naïa]   Dim 12 Aoû - 18:06

Tout résonne avec une évidence certaine dans mon esprit. A chaque problème, les solutions me viennent avec une clarté édifiante. Héloïse n’a plus d’endroit où vivre ? Alors nous vivrons ensembles ! Et en même temps que je règle ses problèmes, il me semble que je trouve une solution aux miens. Cela fait quelque temps que je ne supporte plus que nous soyons tous massés les uns sur les autres à la maison. J’ai besoin de prendre mes libertés, en dépit de tout l’amour que je ressens pour mes sœurs et mon frère. Sauf que je le ressens, ce besoin dévorant de progresser dans ma vie. Et puis, pour être honnête, le départ de ma jumelle est pour moi une terrible souffrance que j’ai dû mal à exprimer. Voir cette chambre vide me fait trop mal pour que je puisse rester plus longtemps dans cette maison qui a abrité tant de nos souvenirs. Mais de la même manière qu’elle est parvenue à avancer, parcourant aujourd’hui le monde, je dois en faire de même. Et quel merveilleux voyage à démarrer qu’en la compagnie d’Héloïse ? C’est vrai, nous nous connaissons que depuis peu, mais il y a quelque chose entre nous, vibrant dans une évidence discrète, qui me pousse à penser que je ne pourrai pas trouver meilleure colocataire. En vérité, je crois même que je ne pourrai pas trouver une meilleure amie qu’en sa personne. Elle est si douce, si compréhensive, si bienveillante et si généreuse que je n’ai aucune crainte en sa compagnie. Elle me rassure de ses sourires, de son optimisme constant. Alors, à voir ses larmes aujourd’hui, je cède à toutes mes pulsions. Mon instinct me crie de l’aider. Aussi, je lui propose cette colocation, de même que je parle de ce travail autour de la comédie musicale. Certes, ce n’est pas grand-chose, mais cela lui permettra au moins de rebondir le temps de trouver quelque chose de mieux. Dans une période de difficultés, il n’y a rien de pire que de faire du surplace. De cette manière, elle aura l’impression d’avancer quelque peu, même si ce n’est pas forcément dans la direction qu’elle aurait voulu au départ. Mon cœur bat plus intensément dans ma poitrine, d’excitation et d’appréhension. Je crains qu’elle ne me prenne pour une folle, qu’elle ne ressente pas notre lien avec autant de force que moi. Sauf que je me trompe sur toute la ligne. Et un sourire immense s’empare de mes lèvres quand elle accepte que nous vivions ensembles. Je ressens de la joie, un soulagement immense et une bouffée d’affection pour cette brune qui m’est devenue si essentielle. Débordante de bonheur, je lui saute au cou. « Je suis si conteeente ! » Sauf que dans mon élan, le banc sur lequel nous nous trouvons chavire et nous tombons toutes les deux à la renverse dans un cri aigu. Chacune s’accroche l’une à l’autre, et une fois que la peur est passée, étalées toutes les deux sur le sol, nous partons d’un grand éclat de rire.

***

« Oh oui, l’Ordre du Phénix ! C’est mon préféré ! » je babille, enthousiasmée à cette idée. Je tente de chasser toute la douleur qui se masse dans ma poitrine, mais c’est terriblement compliqué. Cela fait un jour que je ne suis plus avec Caleb. Nous avons rompu et j’ai le cœur en friche. Toutefois, je n’ai pas encore eu l’occasion de l’annoncer à ma colocataire, tout bonnement parce que j’ai honte de moi. Alors depuis hier, je pleure en silence et dans l’ombre. Puis toute ma journée de travail m’a permis de ne pas trop y penser, notamment avec les exigences de Monsieur Goldstein. La première approche, et cela se sent. De plus en plus, il sollicite notre présence jusqu’à tard. Mais cette fois, j’ai pu être libérée pour ma soirée que je passe avec Héloïse. Cette colocation est encore plus merveilleuse que je ne le pensais. J’ai emménagé dans l’appartement qu’elle possédait déjà, me créant mon petit cocon et c’est une véritable bouffée d’air frais. De plus, nous nous entendons à merveille. Dès que nous sommes à l’appart, nous passons notre temps ensembles à regarder des vidéos, des films, des séries. Nous partageons nos livres et nos lectures. Puis surtout, nous réalisons tous les points en commun que nous avons, les amours que nous éprouvons pour un même acteur. Eddie Redmayne et Ewan McGregor. Autant de sujets qui alimentent sans cesse nos discussions quand nous sommes dans le canapé, ou en train de faire la cuisine, ou de nous brosser les dents dans la salle de bain, où encore quand, avant de dormir, nous sommes dans le même lit et que nous nous endormons ensembles sans nous en rendre compte. C’est presque comme avoir une sœur. Et même elle, je sens qu’elle souffre un peu moins de sa rupture. « Oooh de la glace ! Tout ce dont j’avais besoin ! » Une glace pour une rupture, c’est essentiel. Je m’enthousiasme en prenant garde à Panpan qui se tient dans mes bras. En vivant avec Héloïse, j’ai appris aussi à vivre avec des animaux, que ce soit son lapin ou son chien. Mais autant l’un que l’autre, sont adorables et ce sont nos petits bébés. Je me décale pour laisser de la place sur le canapé à Héloïse. « Oui, la journée était é-pui-sante ! Goldstein est de plus en plus exigeant. Je crois que si la première n’est pas un succès, il nous suicide tous avant de se tailler les veines. » Autant dire que cela fait beaucoup de pression sur nos épaules, et notamment les miennes. « Plus ça approche, et plus je suis morte de peur. Imagine que j’ai un trou ? Ou que je perde ma voix le soir de la première ? Ou pire, que je me vautre parterre ? » Parce qu’autant Héloïse que moi, nous sommes la maladresse personnifiée. Les soupirs incessants de ma professeur de danse me le prouvent assez. « Je crois que si cela devait arriver, je me jetterai dans l’océan pour m’y noyer. » Je serre un peu plus Panpan contre moi, comme une peluche. Ce dernier relève le museau et vient le coller doucement contre mon nez. Je rigole aux chatouilles de ses moustaches sur ma peau. « Tu seras là pour la première, hein ? Ça me fait tellement peur… Je ne veux pas être toute seule. Surtout que… Caleb ne sera pas là. » Je perds mon sourire, et mon expression se transforme en une espèce de grimace tandis que je tente de retenir le sanglot qui me monte dans la gorge. Face au regard interrogateur de mon amie, j’annonce la nouvelle qui me fait si mal. « Avec Caleb, on s’est séparé. » De le dire, de l’exprimer, ça me renvoie la réalité en pleine face. Et je ne peux pas lutter contre les pleurs qui m’assaillent, faisant dévaler les larmes sur mes joues. C’était sans doute pour le mieux, surtout pour lui, mais je m’en veux terriblement de cette histoire et de toute cette douleur. Car dans le fond, je suis amoureuse de lui.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: « You’re my person » [Naïa]   

Revenir en haut Aller en bas
 
« You’re my person » [Naïa]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Such a precious toy, boy you’ll be my foil. [Luce & Jim]
» 03. Boy, one day you'll remember me !
» « And i won't waist a minute without you » le 22/10 à 01h23
» You're in trouble here [Mission terminée]
» and he said “listen, listen, i’m not afraid to go if it’s with you, i was born to live for you”, 04.03 - 03:11

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vice et Versa :: D'où venons-nous ? :: Hollywood :: Conservatoire de Los Angeles-