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 Danse with the Morning Star ~Oliver~

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Siobhan O'Sullivan
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DATE D'INSCRIPTION : 07/03/2018
MESSAGES : 899

MessageSujet: Danse with the Morning Star ~Oliver~   Sam 10 Mar - 15:56

Un coup de téléphone... et c'est son trip de trois jours à Borrego qui tombe à l'eau. Certes, Siobhan aurait pu refuser. Mais il y a des offres que l'on ne refuse pas sous peine d'y perdre pas mal de crédibilité. Elle est inscrite dans plusieurs agences de placement et lorsque certaines sociétés de catéring ont besoin de renforcements en plus de leurs effectifs habituels,  c'est à elles qu'ils font appel. Et lorsque la plus prestigieuse d'entre elles vous demande si vous êtes intéressée pour travailler le soir de l’événement mondain le plus attendu depuis des mois, un Non est  synonyme de radiation directe des listes. Bien sur, cela ne sera jamais exposé comme tel, mais les propositions se tarissent pour ne plus jamais revenir.

Non seulement l'Irlandaise a besoin du salaire que va lui rapporter cette exceptionnelle soirée, mais comment se priver du plaisir personnel de découvrir en même temps que le gratin de la ville la nouvelle aile du Musée ainsi que les expositions qui viennent l'enrichir? Cela fait des mois maintenant que celui ci était en travaux et lorsque la date de la soirée d’inauguration a été connue, c'est toute la sphère mondaine et politique qui s'est retrouvée en émois. Car les invitations ont été triées sur le volet et Monsieur le Maire ainsi que le conservateur prononceront le discours de rigueur.  Aucun faux pas ne sera permis. Aucune maladresse. Elle n'est pas inquiète. Si elle peut parfois être tête en l'air et distraite, Siobhan ne se permet pas ce genre d'erreur professionnellement.

Shelby est verte de jalousie depuis qu'elle sait que sa collègue va couvrir un tel événement et Mathias a gentiment arrangé son emploi du temps de manière à ce qu'elle soit libre le lendemain. Il sait parfaitement que la fatigue pour le personnel va bien au delà des heures de la soirée. Tout le travail de nettoyage et le stress accumulés retombent sur les petites mains. Pour une fois, elle prend sa pathétique excuse de voiture pour se rendre au Lacma. La simple perspective de rentrer chez elle en transport après des heures et des heures sur pieds est insupportable. Les portes ouvrent à vingt heures. La présence du personnel est exigé dès seize heures. Avec les employés du Musée, elle s'affaire à disposer de grandes tables  où sont déposées des pyramides de coupe de champagne. En attendant, les précieuses bouteilles restent glacées à la température parfaite en attendant leur ouverture.  Sur la droite de l'exposition temporaire principale, savamment orchestrée pour ne pas risquer d'accidents, une fontaine à chocolat attend sa mise en route, de même qu'un chef découpera pour les invités des petits morceaux de fruits exotiques qu'ils pourront agrémenter à leurs guises. Il y a ainsi plusieurs petits Ilots d'où les serveurs navigueront dans la foule pour proposer moults petites délicatesses qui enchanteront les palais autant que les yeux.

Trois heures intensives qu'elle ne verra pas passer, totalement affairée et concentrée sur les différentes taches qu'ils ont à réalisés. Aucune place pour l'incertitude. Chacun sait exactement ce qu'il doit faire et quel sera son rôle pour la soirée. Il est prévu un temps de danse après les premières deux heures, l'orchestre sera sur place, sous l'immense verrière, avec la particularité d'être composés de musiciens professionnels qui ne joueront qu'avec des instruments qui sont normalement exposés. Pour le temps d'une nuit, ils vont retrouver leurs Voix. Si le temps est clément, les grands panneaux de verres seront ouverts pour permettre aux invités de profiter du ciel nocturne.

Dix neuf heures. La tension monte et chacun est prié d'aller se changer. De mettre la tenue réglementaire qui leur a été fournie, à leurs mesures, pour l'occasion. Une jupe noire, droite, dont la coupe s'arrête à mi mollet. Une chemise blanche sur lequel elle passe un gilet noir sans manches, boutons fermés, aux fines rayures blanches. Une fleur bleue piquée sur le devant apporte une touche délicate de couleur. Hors de questions de laisser sa chevelure cuivre en liberté. Un chignon sévère sur l'arrière de son crane qui laisse sa nuque à nue. Pas de bijoux, un maquillage des plus neutres.

Dix neuf heure trente. Une dernière revue des troupes. Les cuisiniers s'affairent à fignoler les premiers amuses bouches, sachant que tout est frais, cuits au fur et à mesure. Les serveurs, eux, prennent discrètement place là où ils dérangeront le moins les invités. On ne doit les voir que lorsque les verres seront vides ou les mains dégarnies. Et certainement pas avant que le discours de lancement de la soirée ne soit prononcée. Ce n'est qu'une fois le dernier mot articulés que le champagne doit commencer à circuler. Et il y a une hiérarchie à respecter. Siobhan prendra ses instructions d'une des responsables et c'est elle qui lui indiquera qui servir et dans quel ordre. Les divers cadres du musée sont sur place et près a se mélanger à la foule et divertir leurs hotes. Plus de trois cents personnes sont attendues. A peine fraction du gratin social de la ville.

Vingt heure. Les portes sont ouvertes, les premiers invités commencent à arriver à leur grès. Le maire n'est prévu que dans un quart d'heure et fera son entrée par une autre porte, pour éviter tout problème sécuritaire. Aucune menace ne plane, mais il est hors de question de prendre le moindre risque. Siobhan se fond dans l'ombre, observant les tenues rutilantes et les robes éblouissantes. Los Angeles dans sa parure d'oiseau lyre.
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Oliver J. Sterling
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DATE D'INSCRIPTION : 15/11/2017
MESSAGES : 593

MessageSujet: Re: Danse with the Morning Star ~Oliver~   Lun 26 Mar - 0:28

Une fois encore. Il chantait les louanges du garant de ses besoins du moment, un sourire absolument angélique trônant sur ses lèvres charnues et rosées, comme l'on porterait fièrement une médaille de parfait premier. Ce qu'il était. Grand vainqueur, cet après-midi encore. Et on le croirait, parce qu'il semblait émaner de lui en continu cette sincérité qui faisait fondre toutes les méfiances possibles les unes après les autres. Les journalistes se battant toujours plus bestialement pour obtenir son attention, rien qu'une seconde, rien qu'un regard, un maigre instant, pour pouvoir proposer sa chaine et avoir l'exclusivité de ses précieux mots. Lui, restait impeccablement droit, non pas comme la Justice qu'il n'avait jamais guère respectée comme il se devait, mais comme le chemin de lumière de l'excellence qu'il prenait pas à pas depuis sa tendre et belle enfance. Le petit prince devenu roi, qui se pavanait, une fois encore. Descendu de son estrade, de son trône doré, il n'eut d'autre choix que de venir quelques secondes à la rencontre de ces affamés. « Monsieur Sterling ?! » ... « Que pensez-vous du dernier aveu de Madame Edison ? Elle semblait clairement vous prendre pour responsable du...! » ... « Cela veut dire que vous êtes d'accord avec lui ?! »

Le premier micro lui tombant sous la main saisit avec élégance, et les mots qui s'envolèrent pour ne laisser place qu'au silence respectueux.

« Je ne parlerai pas de Madame Edison aujourd'hui, cela devient ridicule et je ne vais certainement pas m'attarder sur de telles futilités. Quant à mon collègue et précieux ami, Monsieur Clark, nul doute que sans lui rien de tout cela ne serait arrivé. Nous ne pouvons que nous incliner, tous, c'est un homme de valeur. Je vous remercie pour votre attention et vous souhaite une très bonne fin d'après-midi. » Des paroles maitrisées aussi bien que les apparences. Un dernier sourire colgate et la tête prisée de la sphère politique s'éclipsa dans la foule grâce à ses gardes du corps.

De retour au manoir Sterling, l'héritier parla affaire avec le frère et clamé, de sa personne, dirigeant des banques à leur nom. Comme souvent, les désaccords et les malentendus fusaient au fil des secondes et des rires moqueurs de l'ainé qui était supposé être le plus résonné. Leo ne préférait pas s'en mêler et Kristy avait quitté l'immense salon pour rejoindre ses quartiers à l'étage, la mine déconfite et ce regard réprobateur furtif vers Oliver. « Tu fais comme tu l'entends, petit frère, mais tu as intérêt à régler ça au plus vite. » souffla mielleusement le politicien en se rapprochant d'un Harlan au regard franc, franchement déçu, l'observant yeux dans les yeux, pour s'assurer de son accord. Ce dernier soupira et tourna la tête, visiblement bien plus blessé par le comportement de son ainé que le sujet de leur conversation. Leur relation n'allait pas en s'améliorant, c'était un fait, et Oliver ne comptait rien faire pour y changer quoi que ce soit. Il n'avait pas le temps pour ces conneries. Enfin, c'était ce qu'il s'efforçait à croire. La journée dura une éternité, comme la précédente, et certainement la suivante. C'était une question de contrôle. Encore. Toujours. Ce soir, le coureur de ces dames ne pourrait pas profiter de ses propres mondanités monstrueusement débridées, assez orgiaques pour être qualifiées de bacchanales. Tristement, son agenda ne le lui permettait pas. Ça l'ennuyait, affreusement. Il avait choisi l'une de ses innombrables poupée barbie, hasardeusement pour l'occasion. Au moins, il pourrait profiter de l'inauguration pour approcher des têtes peureuses et d'autres plus discrètes de son milieu et d'autres horizons où l'opportunisme qui l'habitait avec évidence lui ferait gravir des échelons et/ou gagner des points, peu importait où et auprès de qui. Intéressante et fort utile serait donc cette obligation d'apparition, bien qu’infiniment emmerdante, il ne se le cacherait pas. Apprêté comme un mannequin, Oliver s'admirait une dernière fois dans l'immense miroir de sa salle de bain pour s'assurer de la perfection de l'image qu'il renvoyait; la chevelure dorée légèrement volatile, le costume couteux aux couleurs bleu-vert faisant ressortir de plus belle ses prunelles d'azur, ses Richelieus Rael brillant de toute leur cherté déconcertante. L'homme était irrésistible, comme trop souvent, personne n'en avait jamais douté, après tout. Plus qu'à feindre d'aller récupérer Emy... Anna, Jessica... ? Bon. Sérieusement. Il se foutait pqs mal de son petit nom.

Lorsqu'ils arrivèrent, lui et sa bimbo qui entourait son bras avec possession et une excitation indéniable collée au visage, Oliver ne se fit pas prier pour aller saluer et accueillir le beau monde arrivant petit à petit, accordant d'immense sourires policés dont lui seul avait le secret et quelques compliments bien sentis que l'on lui rendait toujours avec grand plaisir. Il avait préféré prévenir en arrivant tôt, pour toujours plus d'avantage et par précaution. L’intérêt que tout le monde lui portait n'était que pour le rendre plus à l'aise, lui, le charmeur, le séducteur, l'orateur hors pair. Il était comme un poisson dans l'eau. Ou plus particulièrement un requin... voire un dauphin, pour les plus connaisseurs en leur sujet bien trompeur. Rien ni personne ne pouvait le perturber. Pas même la chevelure de feu de cette silhouette élégante se mouvant magnifiquement entre les gens importants. Un objectif en tête, aussi puéril et obsédé était-il : découvrir le visage de cette déesse. Rapidement, Oliver guida le boulet qui lui tenait toujours le bras pour venir se tenir sur le chemin bien tracé de la belle employée... qu'il connaissait. Avait connue ou... Aucune importance, ses jolies taches de rousseurs lui disaient quelque chose. « Mademoiselle, vous... » Mais aussitôt, les lumières se firent plus sombres, plus chaudes, et Oliver se tût, les sourcils froncés, contrarié d'être ainsi coupé. Les invités dorénavant au complet, le Maire allait entamer son discours comme il était prévu. Le blond jeta un rapide coup d’œil à l'assemblée qui s'était tue en un quart de seconde et voulu reporter son intérêt complet sur la jolie rousse... Mais elle avait disparue. Où ? Il l'ignorait bien, et sans doute faisait-elle son boulot à la lettre, mais, lui, s'en foutait, lui, aurait souhaité lui toucher deux mots, ce n'était pourtant pas tant demandé. Finalement, monsieur le maire mis fin à ses belles paroles et la soirée d'inauguration pu enfin débuter comme elle se devait de le faire. Comme tout était si précieusement calculé. « Oli, chéri, il voulait dire quoi par... » Les yeux clos l'espace d'un instant, comme un bouclier anti-stupidité. Et la mâchoire qui se serrait si légèrement, imperceptiblement, et pourtant si suffisamment. « Contente toi de sourire, ma douce. » lui souffla-t-il au creux de l'oreille, un faible sourire en coin. Le regard profond qu'il lui accorda ensuite la fit immédiatement taire sur le moment. Il n'était pas question qu'elle lui gâche sa soirée ou lui fasse perdre son temps, elle ou un autre, d'ailleurs.
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Siobhan O'Sullivan
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DATE D'INSCRIPTION : 07/03/2018
MESSAGES : 899

MessageSujet: Re: Danse with the Morning Star ~Oliver~   Lun 26 Mar - 10:46

Avant même l'arrivée des premiers officiels, Siobhan ne peut manquer de remarquer un couple qui se mêle aux invités déjà présents. L'homme accroche immédiatement son regard tant il lui est familier. Une haute silhouette, la taille svelte et une élégance affirmée, la chevelure blé soigneusement mise en scène. Si jamais elle avait un doute, lorsque ils se retournent de manière fugitive pour accueillir l'une ou l'autre des personnalités de la soirée, celui est levé dès qu'elle reconnait le sourire un peu trop courtois, les prunelles lapis lazulis qui ne sont pas tout à fait aussi souriantes que sa bouche. Pas un regard n'est accordé à l'eye candy qui s'agrippe au bras du jeune homme. Du peu qu'elle connait d'Oliver, elle n'a aucune importance, et si la sucrerie fait l'erreur de vouloir prendre trop de place dans l'espace du jeune homme, elle se retrouvera très rapidement reléguée dans les ombres d'où il la sorti!

Elle hésite. N'est pas certaine de vouloir aller à sa rencontre. Non. Ce serait une mauvaise idée. L'ambivalence se joue dans son coeur et sa démarche. Ils ont partagés peu de temps ensemble et l'idée de le côtoyer dans un cadre aussi professionnel la déplaît. Sans compter qu'elle est loin d'etre à son avantage dans son uniforme. La décision est prise sans autre atermoiement.  Mais peut être que plus tard, dans la semaine, elle l'appellera. Pour voir. Parce que le voir avec cette nana inutile l'agace. Parce que si ils n'ont partagés que quelques semaines, elles ont été intenses et plaisantes. Parce que c'est Oliver Sterling, et qu'elle était certaine que leurs chemins ne se croiseraient plus tant ils ne vivent pas dans la même Ville.

Mais le Petit Prince en décide autrement et soudain ils se retrouvent nez à nez.  De sa démarche de danseuse, elle évite toute collusion avec la personne qui se trouvait derrière elle, et plonge droit dans le regard bleu qui ne la lâche pas. Candy ne semble pas remarquer ce qui se joue entre les deux mais Siobhan sent une pointe d'irritation tempérer cet instant. Un peu plus même. Car l'expression du visage d'Oliver ne trahit pas une franche reconnaissance, plus les fragrances d'un souvenir éphémère. Elle aurait pu comprendre qu'il ne souvienne pas d'elle si leur liaison datait de plusieurs années, c'est loin d'être le cas. A peine quelques mois. Il pourra sentir que les iris bronze se chargent d'un début d'orage. Heureusement, le maire est arrivé et il commence son discourt. Siobhan doit reconnaître que sous l’irritation, qui est son émotion favorite et surtout celle qui lui permet de dissimuler tout le prisme de ce qu'elle ressent, il y a une pointe de déception bien présente.  Bien sur qu'il ne s'agissait pas du grand amour, il n'y avait pas la moindre confusion à ce sujet, ni pour lui ni pour elle. Mais...

Sans même en avoir conscience visiblement, Oliver lui a fait passer sa plus belle soirée à Los Angeles depuis son arrivée. Alors que le discours s'étend et se poursuit, il n'est pas difficile pour la Sylphide de se laisser happer par ce souvenir là en particulier.

~
Quelques nuits déjà qu'ils passent ensembles, au grès des emplois du temps de l'un et l'autre. Jamais chez elle. Elle ne supporte pas l'idée qu'il voit l'appartement minable dans lequel elle vit. Siobhan n'a pas honte de sa vie, mais n'a pas besoin de ressentir d'avantage le fossé qui les sépare. Pourtant Oliver n'est pas du genre à s'embarrasser de contrainte quand ce n'est pas lui qui les fixe. Lorsque la porte sonne vers 17h30, elle hésite : elle n'attend personne, profitant de sa soirée sans taff. C'est avec  un simple jean tee shirt qu'elle va ouvrir.  Ouvrant de grands yeux face à Oliver, ils ne sont pas censé se  voir ce soir, il avait une obligation. Il est vêtu d'un extravagant smoking qui le met parfaitement en valeur et elle ne peut s’empêcher de le manger du regard. Il est porteur de plusieurs boites de tailles différentes qui encombrent ses bras. La surprise et le plaisir de sa présence l'emportent sur l'agacement de le voir débarquer chez elle sans prévenir alors que la porte claque derrière lui.

-Mais... qu'est ce que tu fais là?!
-Je t'emmène à l'Opéra. Prépare toi!


Ce qu'elle ne dit pas, ce qu'elle refuse de dire, c'est qu'elle n'a pas la moindre tenue digne d'une telle sortie. Si seulement il l'avait prévenu un petit peu plus tôt! Elle aurait pu trouver un moyen de s'arranger! Là, la simple pensée de peut être lui faire honte lui grippe le ventre. Mais cela ne peut la retenir de faire un pas vers lui. Tranquillement, propriétaire, elle passe ses bras autour de sa taille pour l'attirer contre elle. Un court baiser. Elle goute ses lèvres. Juste un peu. Pour un autre, plus long, plus appuyé, où la gourmandise qu'elle a de sa bouche est plus présente, plus intense. Un soupire serein contre lui, puis elle relève la nuque et cherche son regard, sans se détacher de lui. Ca ne durera pas, ils le savent, mais tant que ca durera, elle entends bien profiter de chaque instant de leur temps à eux.
-Tu me laisses combien de temps?

~

Les  lumières se rallument et il est temps pour les serveurs de commencer à passer entre les convives avec les coupes de champagne et les différentes petites bouchées. Siobhan retourne immédiatement vers sa chef de rang qui lui indique qui servir. Pas directement le maire, elle préfère confier cette tache à un de ses serveurs qu'elle connait bien et avec lequel elle travaille depuis longtemps. Par contre, elle lui indique le groupe d'invité qui se trouve juste devant le pupitre. Une légère grimace. Evidemment, le Petit Prince est parmi les convives et il rassemble autour de lui une nuée de personnes qui désires des miettes de son temps. Son charisme et son charme sont indéniables et elle ne retient pas un sourire amusé.  Elle tient son plateau de coupe d'une seule main et circule entre les petites groupes qui se forment. Dès que chacun aura un verre, ils pourront s'égayer dans les expositions à leur gré. Parce que les regles de la galanterie l'impose, elle se tourne d'abord vers Candy.

-Une coupe de champagne, Mademoiselle? -Elle laisse le temps à la jeune femme de répondre, et de se servir si tel est le cas, avant de se retourner vers lui. Son ton est affreusement professionnel lorsqu'elle s'adresse à lui. Mais ses prunelles sont braquées dans les siennes dans une attitude bien plus intimes
-Monsieur Sterling? Vous désirez un peu de champagne? Si vous souhaitez une autre boisson, je me ferais un plaisir de vous servir.

Plus elle est agacée, plus son accent irlandais ressort. Elle est loin d'être complètement en colère, aussi est ce simplement une pointe à peine plus prononcée qu'à l'ordinaire qui vient teinter sa diction, mais définitivement présente à l'oreille
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Oliver J. Sterling
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DATE D'INSCRIPTION : 15/11/2017
MESSAGES : 593

MessageSujet: Re: Danse with the Morning Star ~Oliver~   Lun 2 Avr - 15:22

Ivre de mondanité, Oliver débutait merveilleusement bien la soirée. Le corps s’endormait dans son vestige, le ventre immensément repu de comédies, la tête pleine de mensonges écoutés et portés, la voix fêlée de cris serpents. Et le cœur rassasié de tempêtes. Rien ne semblait se tenir fièrement à la hauteur de l’écœurement Sterling. Tout ceci ne l’amusait guère, le sale gamin râleur et emmerdeur. Et son apparence, divine tromperie, chantait tout le contraire, tant que cela en devenait hypnotisant pour beaucoup. Presque autant que la Beauté aux vagues enchantées par le soleil crépusculaire ne s’était elle-même emparée de son intérêt le plus total. Cette soirée durant, du moins. Une durée limitée, comme souvent. Question d’honnêteté et de pragmatisme. Oliver, arrogant personnage s’autoproclamant Seigneur du Temps (Doctor Who ftw), et principalement du sien et de celui de ceux qu’il manipulait à sa guise, calculait jusqu’à la seconde perdue, ne voyait toujours le mal jusqu’au regard accordé bêtement gâché. Ce moment qu’il daignait bien offrir à cette charmante demoiselle n’était pas uniquement conséquence à ses élans reconnus de valeureux cavaleur. Il y avait autre chose de plus… perturbant. Non, jamais il ne le dirait ni ne le montrerait ouvertement, mais tel était son état d’incompréhension et d’agacement lorsque l’apparition brumeuse de la serveuse, quelconque au premier abord, vint, une fois les spots lumineux réchauffés, se trouver une place précieuse dans son esprit parfaitement libéré en début de soirée. Ces douceurs de rousseurs, ce regard d’ambré accusateur. Il y avait quelque chose qui ne correspondait pas. Au temps, au moment. Le blond n’eut cependant pas bien le temps d’y réfléchir plus intensément qu’il feint de se trouver foncièrement happé par les sages paroles du maire. La réalité était des plus risibles, une fois de plus, il se foutait totalement de sa gueule, la sienne comme une autre, avec la sienne, la belle. Belle gueule d’ange, belle gueule de petit con méprisant. Mais du puissant.

Les rideaux retombèrent lourdement et l’attention jouée de l’héritier américain se volatilisa à la seconde même où l’alcool et les amuses bouches se mirent à être gentiment proposés au rythme des pas mesurés des invités. De nombreuses mains serrées fermement, encore, quelques autres féminines légèrement embrassées, petit sourire séducteur aux lèvres, toujours. Son eye candy de l’occasion présente (uniquement à but contemplatif, comme on s'en doute), à peine pour lui pourtant. Il l’ignorait royalement, mais les remarques stupides s’obstinaient par moment à s’extirper de ses lèvres charnues, si bien qu’il devenait un brin plus dur. Il n’en fallait pas plus pour qu’elle ne comprenne son rôle, se remette à sa place destinée, celle de l’invisible jolie poupée. C’est alors que la vision revint le hanter de façon plus directe. Plus clair. Il y voyait plus clair, ça le frappait plus que jamais. Siobhan. Mais rien ne paraissait sur lui, bon acteur ou simple habitude acquise et devenue de façon malsaine naturelle ? Rien n’était sûr. Son visage, parfaitement camouflé sous son masque apprêté, ne luisait d’aucune expression ou émotion différente de celles qu’il jouait depuis ce début de mondanité. Évidemment qu’il se rappelait d’elle. Il n’avait d’yeux que pour elle. Comment l’oublier ? Elle avait compté, sa sulfureuse irlandaise. Un long moment, ils furent mêlés l’un à l’autre et ce ne fut certainement pas pour lui déplaire. Ils s’étaient finalement perdus de vue, comme il était alors convenu. Il ne gardait que de bons souvenirs. Un fin sourire poli se glissa sur ses lèvres alors que la douce s’affairait à son travail, proposant une coupe à celle qui s’appropriait son bras pour la soirée. Celle-ci l’accepta volontiers. Et quand ce fut son tour, Oliver garda son image de prince parfait, se délectant secrètement du petit accent de son ancienne amante redoré par une irritation légère mais perceptible aux yeux perçants du politicien. « N’auriez-vous pas quelque chose de plus… extravagant à me proposer, s'il vous plait ? » souffla-t-il de sa voix suave, l’amusement éclairé subtilement dans le ton et le regard plissé. Il n’y avait jamais grandes boissons extraordinaires dans ce genre de soirées, pour diverses raisons ; budgétaires, simple cohésion avec la foule importante, les consommations à respecter et des milliers d’autres problématiques qui faisaient que l'on se retrouvait avec les mêmes coupes de champagnes et autres whiskys hors de prix… Il y avait de quoi le blaser, lui qui était né dans ces évènements mal étanchés, peut-être était-il difficile en tant qu’immense fêtard et tapageur, mais il n’y croyait pas, à cela, puisqu’il organisait de nombreuses soirées où parfois la quantité surpassait la qualité sans que cela ne le dérange plus que nécessaire tant que l’alcool faisait son effet. « Vous êtes ravissante, mademoiselle, si je puis me permettre. » Et il se l’était déjà permis, sourire carnassier à fossettes et regard céruléen à tomber.  « Tu la connais, Oli ? Je pensais que c’était moi, la plus jolie. » La voix stridente exagérément indignée de la brunette lui montait au cerveau. Une moue doucereuse se forma sur le visage angélique d’Oliver, puis il lui prit doucement la taille pour venir embrasser sa joue droite. Contenance, maitresse des lieux. « Du tout, tu n’as rien à craindre. » minauda-t-il à son oreille, son regard chaud toujours fermement attaché à celui foudroyant de la sublime rousse. Si il cherchait à obtenir une réaction de la part de Siobhan ? Probablement. Aucuns de ses mots et gestes n'étaient anodins, après tout. Il y avait forcément un but, un petit plan, un début d'idée, il n'était pas question d'agir pour agir. Il fallait un résultat, peu importait lequel, il ignorait même celui qu'il voulait. Ça n'avait que peu d'importance. Sa mémoire sélective s'était méchamment jouée de lui quelques minutes plus tôt, et, finalement, ça l'ennuyait... alors il avait trouvé la meilleure manière de parer son agacement envers sa propre personne en jouant le rôle qu'il s'était octroyé spontanément. Quelque part -dans un lieu très lointain, alors hehe-, c'était honnête de sa part. Lui qui imprimait chaque visage d'hommes et femmes importantes de son monde si bien et si précisément, incapable de se remémorer le visage d'une inoubliable ? C'était impensable. De nombreuses autres femmes de passages, sans doute, même très souvent... mais pas elle. Et puis, cela ne datait pas de si longtemps. Des bribes de leurs soirées délicieuses partagées lui revenaient en trombe; les galas, l'opéra et partout où il souhaitait l'emmener avec plaisir et où elle se laissait guider sans trop résister. Les nombreux cadeaux pour la submerger, la sublimer (si seulement c'était possible), la voir sourire, rire à ses côtés. Il savait ses réticences, il savait mais il ne les avait jamais vraiment entendues. Consciemment, il en était devenu sourd, de ses remarques, légères ou plus appuyées, de ses regards qui en disaient longs. Mais lui préférait profiter de leurs moments rien qu'à eux, lui se foutait de ses craintes et de ce qu'elles pouvaient bien signifier à la fin, pour elle, pour lui. Puisqu'il ne la voyait pas, à ces instants, la fin. Il ne voulait pas l'écouter parce qu'il était bien, à ses côtés, et que c'était suffisant, elle n'avait rien à lui prouver, à se reprocher ou à envier à quiconque. Sa force, son élégance, son intelligence... Tout ce qui faisait d'elle ce qu'elle était l'avait longtemps charmé. Elle était importante et elle l'ignorait bien, par moment. La revoir en ce soir lui faisait terriblement plaisir même s'il s'en cachait. La dissimulation était un art et lui l'artiste tourmenté.
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Danse with the Morning Star ~Oliver~   Jeu 5 Avr - 14:00

Bien sur qu'elle leur propose à boire. Bien sur que son sourire est gracieux, que ses manières sont déliées et d'un professionnalisme sans faille. A aucun moment, la Fille d'Erin ne permet à ses humeurs d'entacher son service. L'enjeu est pour elle trop important et le moindre faux pas sera sévèrement sanctionné tant les convives n'accordent aucune merci à leurs subalternes. Et les yeux d'Oliver, elle sent, sont rapaces attachés au délié de ses poignets. Si elle avait le moindre doute, ceux -ci finissent par s'envoler alors qu'il demande un nectar qui le démarque. La tonalité de sa voix sinue le long de sa colonne vertébrale en un délicieux rappel d'instants bien plus intimes. Siobhan ne marque aucune surprise à son exigence. Il est évident qu'il veut de exceptionnel, n'est il pas le Golden Boy de la Ville?

-Donnez moi quelques minutes pour voir ce que je pourrais vous proposer qui plairait à votre palais.

Si il veux d'avantage que du champagne et scotch précieux, il devra attendre qu'elle ait finit son premier tour de plateaux avant de pouvoir revenir plus librement vers lui, disposant de quelques minutes avant de circuler avec les délicat amuse-bouche. Le demi sourire en coin qui orne les lèvres de Siobhan lui indiquera sans faille combien elle sait qu'il deteste devoir patienter, quelque en soit le motif. Mais après tout, il fait bien supporter à la jeune femme sa comédie d'amant attentionné!

-Monsieur est trop aimable, souffle t'elle, tentant de dissimuler son agacement à le voir s'affairer à l'oreille de Candy. Cependant, c'est un jeu. Un jeu en ombre et soleil. Car si les lèvres s'attardent sur la peau satinée aux cremes luxueuses, les iris au paradis trompeur dansent dans les prunelles cuivres de son ancienne flamme. Mais.... Siobhan doit reconnaître que Candy est parfaite pour la soirée huppée. Elle doit avoir le bon pédigrée, fait les bonnes écoles et s’insérer dans le parfait réseaux de relations. Peut être son père est il un homme qu'Oliver a besoin d'éblouir à des fins qui lui sont propres?

-Mademoiselle est sans égale.

Dans sa catégorie, cela va sans dire. Et puis, une petite flatterie pour éviter un ego froissé par une remarque inélégante ne lui coûte rien. L'espace de quelques brefs instants, Siobhan ne peut s’empêcher de douter. De se demander si c'est là tout ce qu'elle a été pour le trop charmant politicien, le divertissement de quelques semaines, une Candy d'un genre un peu différent de celles dont il a l'habitude jusqu'à la nausée, l'excitation de sortir avec une demoiselle que jamais son parti ni sa famille n'approuverait? Pourtant... elle ne croit pas. Où plutôt, sa fierté et son orgueil refusent de considérer cette option pendant plus d'un soupçon de secondes. Non. Elle refuse toutes comparaison avec ce parfum fade et propret qui entoure la jeune femme. Siobhan a conscience que son jugement impitoyable est porté par un manque total d'objectivité. Mais déjà un couple se présente pour faire des ronds de jambes avec Oliver et elle s'efface dans les méandres de la salle, proposant aux autres convives le plaisir d'un raffraichissement à bulle. Ce qui ne signifie pas qu'elle a oublié la requête du jeune homme. Non point. C'est en pilote automatique que la Sylphide s’acquitte de ses taches, ses pensées revenant inlassablement aux moments passés ensemble.

~
Il s'avère que le temps que lui laisse Oliver est assez court... Mais Siobhan ne s'en offusque pas, elle aime ce temps accéléré quand ils sont l'un avec l'autre. Il n'y a de place ni pour l'ennui ni pour le moindre rythme. Le jeune homme a finit par déposer ses boites sur son canapé affaissé, l'enjoignant à ouvrir, à découvrir. C'est l'un de leur point de friction. Nombre de fois, Siobhan lui a dit et répété qu'elle ne voulait pas tant de présents. Il n'écoute pas. Jamais. Enfant délicieusement gaté qui n'en fait qu'à sa tête. Un dernier baiser à ses lèvres alors qu'elle finit par oter les couvercles. Parce qu'elle est au dessus, elle commence par la plus petite, portant l'embleme d'un joailler qu'elle ne connait pas. Et c'est un cri de ravissement qui s'échappe des lèvres framboises.

-Oliver! C'est magnifique, mais c'est trop! Je ne peux pas les garder! -Car la parure corail est sans égale. Loin des colliers conventionnels, la teinte d'un délicat orangé viendra réhausser sa peau pâle et attiser les braises de ses cheveux. Quand aux boucles d'oreilles, une liane d'or blanc descend pour finir par des tisons de corails qui viendront effleurer les flancs de son cou de cygne. Elle finit par relever ses prunelles noisettes et secoue la tête. Entre agacement et plaisir. -Juste pour ce soir, d'accord? Je te les rends à la fin de la soirée.

Le ton n'admet aucun argument, aucun refus. La parure de bijou est un enchantement pour les yeux, et elle sait qu'elle regrettera de les lui redonner, mais elle ne peut pas. Ne peut accepter des présents aussi indécents. Du bout des doigts, Siobhan effleure le corail sanglant avant de passer à une boite bien plus imposante. Et à nouveau... il a trouvé exactement ce qui peut faire faiblir la resolution de sa compagne. La jeune femme s'arrache à sa contemplation et l'attire par sa parfaite cravate pour lui donner un long baiser. Il ne s'agit plus là d'un baiser de bienvenu, ho non. Ses lèvres sont exigeantes, demandantes tout en étant généreuses. De sa langue elle cherche sa jumelle avant de relacher Oliver, la respiration altérée.
-Si.. tu es sage... il est possible que j'envisage de ne porter QUE le corset, un soir désoeuvré...

La tenue qu'il a choisit pour elle pour la conduire au marche de l'Opéra n'a rien de discrète ou de sobre. Un corset de velours sombre orné de fil d'or et une longue jupe vaporeuse en mousseline crème qui viendra bouillonner entre ses jambes à chacun de ses pas, accentuant sa démarche sauvegeonne et indomptée.
-Ce délicieux Mr Sweetlove nous attends dehors?
Car il est certain que règne une certaine inimité entre les deux. La méfiance est la pierre de voute de leur relation pour l'instant, et elle craint qu'il ne finisse par découvrir ce qui a mené ses pas de l'Irlande à Los Angeles. Mais déjà elle abandonne le sujet du garde du corps d'Oliver pour disparaître dans la minuscule chambre de l'appartement, non sans laisser la porte ouverte, permettant au jeune homme la vision précise de l'habillage de son amante. Il ne lui faudra que quarante minutes pour se préparer à sa convenance. De ses talons hauts à ses boucles soigneusement arrangées, il a transformé Siobhan en une Morgan tout droit sortie de Brocéliande. Déjà l'impatience gagne Siobhan. L'idée de cette soirée est merveilleuse. Ce sera la première fois qu'elle va à l'Opéra.
~

-Sio, tu rêves? Tu voulais me demander quelque chose? l'interpelle l'un des barmans de la soirée, alors qu'elle attendait sagement qu'il ait finit avec ses verres à remplir pour une seconde tournée.
-Oui pardon. Est ce que tu as de quoi me faire une margharita bleue?
-C'est pas très réglementaire ca. Juste pour toi, alors! Attends, laisse moi réfléchir. Il faut..
. Silencieusement, pensivement, il fait un inventaire de ce dont il a besoin. L'avantage de la Californie c'est que le Tequila est omniprésent, le curacao est moins courant, mais il aime avoir un bar bien garni quelques soient les occasions, ce n'est pas pour rien que l'homme se fait payer aussi cher. - Oui, je dois avoir. Avec de la Grand Patron Anejero, rien que ca. Je te fais tout de suite. Un nanti que tu veux impressionner?
-Hummm pas tout à fait non...

Il faudra peu de temps pour que le cocktail soit exécuté à la perfection et remis à la demoiselle. Les invités ont commencés à s'égayer dans la nouvelle aile, observant les différentes oeuvres d'art qui sont exposées pour leur amusement. Certaines salles sont plus ou moins éclairées selon les différentes luminosités dont les artefacts ont besoins. Il faut quelques minutes à Siobhan pour repérer Oliver dans une alcove un peu à l'écart de l'allée principale. Il parait en grande discussion avec un autre homme, mais de Candy, point. Elle est peut être aller se repoudrer le nez. Ou sniffer un rail de coke avec ce même nez. Parce qu'il serait impensable qu'une serveuse interrompe la discussion des deux hommes, Siobhan se place légèrement en retrait mais parfaitement en vue de son ancien amant. Intérieurement, elle piaffe. Elle réalise qu'elle n'aime pas le revoir dans un cadre où elle est aussi limité quand il peut tout se permettre. Le laissant libre de prendre congé de son interlocuteur ou non, le coktail en un équilibre parfait dans sa main droite.

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Oliver J. Sterling
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MessageSujet: Re: Danse with the Morning Star ~Oliver~   Ven 1 Juin - 0:21

Le prince héritier était maitre du jeu. Celui, qui, injuste, avait naturellement fait de lui le privilégié absolument dominant de la partie. Les deux anciens amants se jaugeaient, se lorgnaient, tantôt piquants, tantôt plus intimes, vils ensorceleurs. Jeux de regards, de sourires et de mots, rappelant les effluves exquises d’un passé sulfureux qu’ils avaient partagé le temps d'une éclipse, d'une étreinte. Derrière la valse des apparences, ils avaient tous deux parfaitement conscience de l’état actuel de la situation. Le blond pouvait bien entreprendre ce qui l’enchantait de son côté, se permettre de se jouer de sa rousse tant que son esprit fiévreusement compétiteur le voulait, elle, ne pouvait que se contenter de l’ignorer ou de déclarer forfait. Ce qui n'arriverait pas. C’était un avantage considérable qui lui plaisait assez, cette position suprême qu'il avait pourtant bien l'habitude d'arborer, il était inutile de le nier. Finalement, cette soirée s’annonçait être plus fascinante qu’elle n'aurait du l'être. Oliver n'était pas homme à se satisfaire de simples retrouvailles hasardeuses, pas quand le sujet principal se trouvait être une certaine Miss O'Sullivan. Ses prunelles acérées, prédatrices, se dardèrent un instant sur elle avec l'acuité d'un faucon pour suivre son ballet mondain. Elle souriait, elle suivait à la lettre ses directives qui lui avaient été strictement dictées, elle esquissait une chorégraphie apprise par cœur. Elle était délicieuse. Mais était-ce seulement surprenant ?

Il avait consciemment touché un point sensible, l'américain, et attendait, tout sourire, une maigre réaction de son irlandaise impulsive favorite. Réaction qui fut à la fois subtile et puérile selon ses goûts bien précieux, mais, après tout, n'était-il pas celui qui l'avait entrainé dans cette danse ? Ce sourire évocateur le rendait fou, mais rien n’y paraissait, jamais rien... ou si peu. Un imperceptible froncement de sourcils et le dragon bleu soufflait déjà de malice. Elle n’allait pas lui échapper aussi facilement. Personne n'échappait à Oliver John Sterling ! « Mais je vous offre bien volontiers tout ce que vous désirez… » continua-t-il de minauder, accompagnant de son signe gracile de la main, un sourire polisson. Les sens de ses mots étaient multiples et colorés, c'était là la touche Sterling, c'était elle la petite sucrerie aguicheuse. À cet instant, il n'était focalisé que sur elle. Ce fut cependant bref car la brunette qui lui tiendrait le bras toute la soirée durant l’attira légèrement par surprise contre elle, possessive, dans une courte étreinte langoureuse qu'il fit mine d'apprécier grandement.

Le petit jeu du petit prince reprit.

Les compliments et la comédie qui en découla ne manquèrent pas de divertir le politicien. Pourtant, quelque chose n'allait pas. Sa Siobhan semblait tant s’efforcer à contenir tout ce qu’il avait toujours excessivement admiré chez elle, que, capricieusement, il ne supportait pas de la voir ce soir évoluer dans son milieu à lui, celui où l’on se devait de laisser de côté ses pulsions et sa vie. Sa retenue pouvait bien la rendre outrageusement excitante, elle n'en était pas moins prisonnière. De ce jeu. Elle n'aimait pas ça. Il le savait. Sa chaleur, sa spontanéité, ses élans de lionne sauvage et indomptable. Il se souvenait de tout. Elle était libre, il avait toujours vu la Sylphide ainsi. La liberté avait des aspects si délicieux qu’il se souvint parfaitement, qu’à ses côtés, il en avait souvent oublié ses propres obligations et laissé par mégarde quelques barrières s’affaisser pour venir oser la frôler à ses côtés. Un jeu quelque peu dangereux qui fut bref mais savoureux. Évidemment, la lourde réalité écrasait impitoyablement ses petits moments d’illusion pour les réduire au rang de futiles, oubliables. Du moins voilà ce qui n'était que prétendu. Le politicien restait sous contrôle de tout. Tout le temps. Ou presque. Les souvenirs persistaient. Fucking memory.

. . .

Cet après midi là, Oliver dut encore supporter les extravagances sans noms de son cadet, muni de son éternel regard insupportablement grave et de ses arguments guimauves tous plus incohérents les uns que les autres. Le politicien savait bien que pour l'économiste et collaborateur de toujours, droit dans ses richelieus et dans ses convictions qui forgeaient sa personnalité de glace, il n'était qu'un animal politique absolument dépourvu de sentiments. C'était toujours la même rengaine. Toujours les mêmes sous entendus, les mêmes craintes voilées, les même sourires mi-nerveux mi-soucieux en coin. Il dut les supporter, ses extravagances, il dut LE supporter, ce frère étranger.

Mais, cette fois, ce ne fut pas pour longtemps. S'il était vraiment cet animal pour Harlan, il prendrait donc le rôle très à cœur ! Alors il s'acharna, il rugit, le félin sauvage touché par la rage, pour creuser lestement le fossé qui les éloignaient depuis leur naissance.

Oliver quittait vivement le Financial District de San Francisco, trottinant déjà en direction de son jet privé, lorsque l'idée de se changer radicalement d’environnement et d'objectif lui vint à l'esprit. Sio. Il lui avait informé qu'ils ne pourraient pas se voir aujourd'hui. Et c'était normalement le cas, mais ses plans avaient changé et il en était bien heureux. C'était égoïste, pourtant. Il en avait conscience au fond de lui. Il devait penser à ses devoirs envers son pays, à ceux envers sa famille, à sa carrière légitime. Pas à lui même et ses petits désirs personnels. Mais, pour le moment, il ignorait bien volontairement cette petite voix moralisatrice qui résonnait étrangement comme celle blessante du parâtre évincé. Puis comme pour jouer les diablotins et appuyer ses conflits intérieurs, l'esquisse d'un sourire se figea un long moment au coin des lèvres du politicien qui rêvassait de l'événement unique qu'il pourrait bien concocter à sa belle pour la surprendre de nouveau. Pour ne pas qu'elle s'ennuie, jamais. Car là était tout l'enjeu. Assez paradoxal venant de lui.

Ce soir, ils iraient à l'opéra. C'était décidé. Là, maintenant, tout de suite. Tout serait méticuleusement calculé pour que Siobhan passe la soirée la plus mémorable de sa vie à LA en sa compagnie. Il voulait lui faire plaisir, la voir sourire et l'entendre rire toute la nuit, la couvrir de cadeaux et d'étreintes. Rapidement, les esclaves collaborateurs proches du prince exigeant ne se firent pas prier pour répondre à la seconde même à ses attentes du moment. Ce dernier était même allé chercher l'irlandaise expressément chez elle lorsque tout fut préparé. Des boites plein les mains, paré fraichement d'un de ses somptueux costumes parfaits à la cravate marine en soie, pour l'occasion, il s'était imposé à elle. Si elle fut d'abord décontenancée par sa soudaine apparition et ce qu'il s'en suivrait inéluctablement, elle se laissa doucement aller pour son plus grand plaisir, non sans toutefois garder quelques réserves... qu'il parviendrait bien un jour ou l'autre à faire oublier. Car elle serait inévitablement divine dans ces parures et qu'elles étaient faites à sa mesure. « Voyons, ma douce Siobhan… » souffla le blond de sa voix suave, se rapprochant lentement de son pas prédateur pour s'accaparer les hanches de son amante. « Tu sais bien à quel point tu es sublime peu importe ce que tu portes. J'aime particulièrement ta tenue d'Eve. » finit-il dans un sourire ravageur. Il lui vola un baiser et se détacha rapidement pour reprendre une maigre distance, l’intiment de se dépêcher un peu d'un léger geste du poignet. Le temps était compté. Mais elle revint néanmoins à lui et il en oublia bien vite ses résolutions passées. Le goût de ses lèvres, le désir dans ses yeux et sa voix. Elle le rendrait fou un jour, il serait prêt à y miser beaucoup de ses dollars dorés. « Tu me connais. » La gueule d'ange qui allait bien avec, certes, un poil surjouée sous ses airs de diablotins libidineux. Il serait forcément sage. Il l'était toujours. N'est-ce pas ?

« Pas ce soir, non, il... Excuse moi deux petites secondes. » Une sonnerie et le jeune homme décrocha immédiatement, coupant court à leur discussion. « Très bien. Nous discuterons de tout cela dans trois semaines lors de mon passage à Berlin, monsieur Feldmann. » Les mots filaient aisément à travers le téléphone, le regard céruléen de l'homme d’État, lui, se délectait de la vue sensuelle qui s'offrait à lui. « Mademoiselle O'Sullivan est-elle prête ? » Question rhétorique. Voilà déjà qu'il s'emparait de sa main, sourire mutin en coin, pour la guider tel le gamin impatient et joueur qu'il était, lui laissant tout de même le temps de fermer la porte des lieux et de prendre ce dont elle avait besoin avant de s'en aller. Le trajet en limousine (il ne comptait pas conduire dans l'un de ses bolides ce soir) ne fut pas interminable mais Oliver s'amusa à lui cacher les yeux de ses mains histoire de titiller sa curiosité et sa frustration. Quelques baisers dans le cou gracieux de cygne et chuchotements appuyés. Il ne cachait pas son ravissement de la retrouver ce soir encore. Elle était une bouffée d'air frais.

. . .

« Abby n'est pas avec vous ? » Oliver lança un bref regard interrogateur à son confrère démocrate qui lui souriait si faussement. Mais le jeune homme retrouvait tout juste ses esprits. Abby ? Ah. « Elle discute avec sa sœur pour le moment. » déclara-t-il en la désignant au loin d'un léger signe gracile de la tête. Il n'avait pas suivi grand chose de cette conversation, honnêtement. Il fallait dire aussi que l'écouter lui raconter ses vacances avec sa femme n'était pas non plus si passionnant. Qu'est-ce qu'il ne fallait pas faire pour bien se faire voir des anciens... et pour guetter le retour de la rousse. En parlant de la louve, là voilà qui patientait dans un coin non loin. Oliver choisit de faire durer l'instant. Il avait patienté. Elle patienterait donc aussi. Nah. En réalité il serait tout aussi agacé qu'elle d'attendre, pour diverses raisons, mais ça, elle n'était pas censée le deviner. Il profita d'une seconde d’inattention de son interlocuteur pour offrir un clin d’œil provocateur suivi d'un sourire discret dont seul lui avait le secret à sa serveuse préférée à la chevelure enflammée.

Un peu las de son propre jeu, le prince se délaissa de son sujet non sans politesse et sourires bien pensés pour venir directement à la rencontre de Siobhan. « Une margharita bleue ? » La tête légèrement penchée sur le côté, le blond observait son ex-amante d'un œil amusé. « Excellent choix... mademoiselle. »
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Danse with the Morning Star ~Oliver~   Ven 15 Juin - 13:13

Pour la première fois depuis qu'elle a commencé a travaillé, elle a envie de tout plaquer. De se barrer et qu'importe les conséquences. Elle se rend rapidement compte qu'elle ne supporte pas de devoir jouer la comédie face à Oliver. C'est la première fois qu'ils se croisent dans ces conditions et elle deteste cela. Deteste devoir se plier aux regles de bienséances. De ne pas faire de vagues. Pas faire de scandales. Elle est completement contrainte par les directives qui ont été donné aux serveurx ce soir. La soirée doit être parfaite. Les invités triés sur le volet satisfait au mieux de leurs capacités. Aucune fausse note n'est tolérable. Et certainement pas du fait des employés.

Et elle? Et elle... elle doit contempler une autre espèce de cinéma. Elle doit souffrir des attentions du politicien avec sa greluche. La colère qui l'envahit n'est pas bonne conseillère. Elle en a conscience. Et pourquoi cette colère? Pour l'heure, elle refuse de se pencher sur cette petite question là. Heureusement, les quelques minutes loin de la foule pour attendre sa commande spéciale lui permet de reprendre quelques contenances. Jalouse? Non. Impossible. Ce n'était pas comme ca que se déroulait leur relation. Et depuis qu'ils ont cessés de se "fréquenter", elle a rarement songé au trop charmant politicien, refermant sans difficulté cette page un peu folle qu'ils ont partagés. Alors pourquoi le revoir maintenant, avec cette fille insipide à son bras est une telle secousse? Il mérite mieux. Il est fiancé, putain. Elle a envie d'une cigarette. Impossible pour l'instant, ce n'est pas encore le moment pour elle de prendre une pause. Si au moins Oliver pouvait dissimuler à quel point il appréciait de se retrouver au coeur de ce petit théatre, mais l'amusement qui pétille dans ses prunelles océanes n'est que trop perceptible.

Enfin la boisson est prête. Il la voit. Et la fait attendre. La laisse quelques trop longues secondes, le temps de finir son échange avec son interlocuteur. Il sait. Son clin d'oeil complice, son sourire... Il sait. Et Siobhan a envie de lui tirer la langue. Elle lui décoche une oeillade un peu sombre. Il ne perd rien pour attendre. No, my sweet... You'll see! Enfin l'interlocteur semble prendre conscience que d'autres personnes attendent son attention précieuse et il quitte l'alcove. Non sans froler d'un peu trop près l'irlandaise. Laissant courir un regard un peu trop appuyé sur les courbes de la donzelle, une main vagabonde sur le creux de sa taille. Qui parait presque innocente, inconsciente. Connard.. Un demi sourire orne son visage alors qu'il tourne la tête vers Oliver.

-On m'appelle, je le crains. Mais je vous laisse avec une charmante... compagnie, à ce que je constate. Soyez sage, monsieur Sterling. J'en profiterais pour voir ce qui retient votre délicieuse Abby.

Un rire trop gras ponctue les paroles et le départ. Siobhan s'est crispée. Cela manque de la faire basculer. Elle fourre la boisson dans les mains d'Oliver avec un trop de force et un peu moins de sa grace habituelle. Un pas en arrière la conduit dans un recoin un peu plus sombre, à l'abri des regards distraits qui pouraient plonger dans l'alcove. Il faut qu'elle reprenne son calme. Planter un baiser sur les lèvres ironiques du Petit Prince serait un bon moyen de le sortir de cette arrogance tranquille qu'il affiche en masque parfait. L'impulsion est si forte, si tentante qu'elle a presque l'impression de sentir ses lèvres sous les siennes. De sentir sa bouche s'ouvrir à la sienne. De deviner les mains qui agripperaient ses hanches, se délaissant de son costume politique, quelques secondes. C'est l'homme qui l'attirait. Pas l'animal ambitieux qu'il affiche si souvent. Siobhan se force à détourner les yeux du jeune homme pour les poser sur l'oeuvre d'art à sa droite. La regardant sans la voir.

-Si je me souviens bien, quand tu délaisses les whisky, c'est l'un de tes coktails préférés...

Soudain, cela en devient insuportable. Les masques ne sont pas sa spécialité. Certes, elle dissimule, anéantit son passé, se contente d'omission plutot que de mensonge. Mais au quotidien, Siobhan est Siobhan. Est ce qu'Edward lui avait parlé de ce que ses recherches lui ont appris? Bien sur que le garde du corps personnel du Golden Boy avait tout découvert. Ils avaient finit par s'entendre plutot bien d'ailleurs. Est ce qu'il a sa soirée? Mais elle n'a jamais demandé au jeune homme si il avait parlé à son patron des zones d'ombre de sa conquete. Après tout, elles ne menaçaient pas sa sécurité. A priori. Les prunelles caramel de la Sylphide reviennent sur Oliver. Le transperce. Un long soupire.

-Excuse moi Oliver, mais c'est intenable. Il n'y a pas de doute que tu sois bien meilleur comédien que moi.

Sa main vient effleurer la joue du jeune homme, caresse ephémère. Sa peau la brule. L'appelle. L'invite. Torture suave. L'Irlande lui manque. Déjà, elle tourne sèchement les talons. S'éloigne du torrent incompréhensible d'émotions qu'il suscite en elle. Oliver est une très mauvaise idée. Parfait quand il ne s'agissait que de partager des moments dorés. De prendre un plaisir sans conséquences. Elle n'est pas prête pour un revers de la médaille. Pas alors qu'il a son masque d'homme mondain.

-Mais Sio, tu étais passés où?! Ca fait au moins 5 min que tu devrais être en train de servir la nouvelle tournée de champagne?! -Ainsi interpellée, elle foudroie celui qui se trouve en travers de son chemin.
-C'est pas le moment. Je vais fumer une cigarette.
-Tu sais très bien ce qu'à dit....
-Je prends cinq minutes, c'est tout!
-Tu va te faire virer, avec ces conneries... C'est bon va y, je te couvre. Quand tu es dans cette humeur, tu serais capable de gifler le premier venu.
-T'es un amour, je te revaudrais ca.


Elle s'éloigne à grandes enjambées et prend un couloir déserté. En quelques secondes, elle franchit une grande salle dont la particularité est d'avoir une grande porte fenetre qui donne sur un grand balcon. Celui ci domine le jardin particulièrement ouvragé du Musée. Le silence qui l'entoure est un baume pour ses nerfs à vifs. Avant même de s'allumer sa cigarette, elle prend un quart de seconde pour se défaire de ses chaussures à talons. Sentant la fraicheur de la pierre sous la plante de ses pieds. La flamme d'un briquet. Une respiration. La saveur acre du tabac. Elle a envie d'un verre. Ou de plusieurs. De se perdre dans une gueule de bois et un lit inconnu. Et bien qu'elle les repousse de toutes ses forces, d'autres fragments de Lui reviennent. Tenaces et lumineux.

~
Ofelia etait en retard. Ou bien était ce elle qui était en avance? Elles s'étaient données rendez vous dans un bar discret de la ville, parce que cela faisait trop longtemps qu'elles n'avaient pas passées une soirée ensemble. Atablée au comptoir, Sio chattait tranquillement avec le barman, sirotant un whisky en écoutant les notes de Jazz du duo live. Impossible de manquer son entrée. Avec sa haute taille, il avait failli se prendre la poutre apparente qui surmonte l'entrée, ne se baissant qu'au dernier moment, par un reflexe de survie. Elle a sourit. Bien sur qu'elle avait sourit. Et l'attente de la brunette lui avait soudain parue bien plus légère.
~
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Oliver J. Sterling
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MessageSujet: Re: Danse with the Morning Star ~Oliver~   Mar 24 Juil - 15:54

Comme tout homme en contrôle drastique de son apparence, de ses pensées, de son existence mais aussi et surtout, de celles des autres, ceux qui l'entouraient de bien trop près, Oliver ne s'octroyait que peu d'écarts qui ne lui soient réellement nocifs. Il avait stoppé (d'accord, fortement diminué) les drogues depuis un temps et maintenait fermement les rênes de sa consommation d'alcool (lol), à l'ère des médias sociaux et de la frustration des gueux de ce monde, les réputations ne tenaient plus qu'à un fil et le Prince Dorée tenait à la sienne plus qu'à toute autre chose, lui qui ne visait pas moins que la Maison Blanche itself, d'ici une quinzaine d'années. Grand maximum. Alors évidemment, la cigarette n'avait pas sa place dans son univers aseptisé, celui qui nouait ses tempes, contractait sa mâchoire et lui filait des migraines cauchemardesques, desquelles il ne parlerait jamais. Non, bien sûr, l'esprit sain dans un corps sain, le surhomme propre à Nietzsche, c'était tout ce vers quoi il tendait. Ironiquement, c'était la façon dont on l'avait façonné, lui, le parfait républicain à en devenir, le portrait craché de son paternel écœurant, l'héritier d'un grand empire épris de cette hargne dont il ne se déferait jamais. Une majestueuse éducation tombée à la dérive, échec cuisant d'un parent méprisant, mais la colère demeurait fausse alliée de l'héritier. Elle serait toujours là, toujours pesante, dédaigneuse, pour lui rappeler indéfiniment à quel point il lui ressemblerait quoi qu'il entreprenne dans sa si royale ascension.

Légitime leader de la petite rébellion familiale surmédiatisée, tout s'était si bien enchainé. Si vite. Le golden boy n'avait pas un souffle à s'accorder. Pas une bouffée de cette fumée cancéreuse. Pas un baiser exquis de ses lèvres pulpeuses. Rien de tout ça n'était à sa portée. En première ligne se tenaient droits et fiers, son ambition vicieuse et dévorante et son amour infini pour une patrie d'impitoyables arrogants dont il faisait consciemment partie.

Elle n'avait pas sa place officielle dans son planning, la nicotine. Pas plus que l'irrésistible beauté qu'était sa tendre Siobhan, réapparue d'on ne sait où, n'avait la sienne dans ses hypothétiques rêveries nostalgiques. Sur l'instant présent, Oliver sentait qu'il se devait de choisir entre l'une ou l'autre pour ne pas craquer. Chose impensable, certes, mais la hargne qui hurlait sa part d’égoïsme était par instant plus forte. Peut être lui fallait-il les deux. Certainement aucune. Chacune de ces tentatrices avaient leurs avantages qu'il ne connaissait que trop bien mais également, et surtout, leurs inconvénients qu'Oliver n'était pas prêt à recevoir sous son masque parfait. Il était difficile de se décider. Mais tout aussi compliqué de se laisser tenter.

Un dilemme impensable et un délicieux jeu de circonstance qui s'installa.

Une mélodie rondement menée par la gestuelle exquise du chef d'orchestre. Monsieur Sterling, lui même. Mais rien de tout cela ne divertissait son ex-amante. Rien de ses sourires, ni de ses remarques ou de ses embrassades exagérées avec la greluche ne lui plaisait. Il ne savait si la jalousie dévorante luisant de mille enfers dans le regard de sa rousse ne l'amusait, ou alors si elle ne l'intriguait au point de venir à douter. De ses idées infantiles, de sa distraction malvenue. Il voulait la pousser jusqu'au ravin. Jusqu'à cette extrême limite où il verrait enfin briller la vérité. Mais il en oubliait par malheur qui elle était. Ce qu'elle avait représenté. Ce qu'elle représentait. Elle n'était pas l'une de ces politiques dont il pouvait se jouer et se délaisser la seconde où il aurait ce qui l'intéressait. Elle n'était pas à sa place. C'était peut être cela qui le poussait à agir ainsi, tout compte fait. Elle n'était pas où elle devait se trouver, loin de ces masques terrifiants de fausseté que, lui, prenait malin plaisir à porter jour après jour. Elle était entrée dans sa mélodie et lui n'avait d'autre choix que de la faire jouer avec lui, pour ne pas causer de fausses notes, pour se satisfaire de façon un peu malsaine du pouvoir que lui octroyait sa domination sur leur relation passée, alors qu'il se pavanait dans son élément.

Un bref instant, la mâchoire du blond se contracta face au cinéma bien appuyé du vieux démocrate. Son regard azur si clair devint plus opaque alors qu'il força un sourire policé à l’écœurant personnage dont il se devait de garder les faveurs. Hypocrisie maladive lui ourlant les entrailles. Enlève tes sales pattes de ma belle, fucking bastard ! Naturellement après son départ, la comédie reprit son cours, rien ne devait être bouleversé pour la simple raison de sa présence et de ce qu'elle pouvait bien lui causer. Comme ces légères sautes d'humeurs passagères, par exemple. Un sourire, cette fois parfaitement enchanteur, se refit sur ses lèvres et le masque reprit sa place initiale. Il allait reprendre le jeu du chat et de la souris. Jeu qui ne reprit finalement pas son cours. La réaction finement excessive de Siobhan surprit quelque peu Oliver, mais il ne se fit nullement prier pour la suivre dans l'ombre des regards et des manipulations sordides qu'empestaient les lieux. Elle le surprenait sans vraiment le surprendre.

Un regard de braise qui se perd, qui le fuit. Devient amer. Souffre douleur d'un combat intérieur. Le sourire éblouissant et la malice des iris océans qui s'évanouissent à sa suite. Oliver s'en veut. L'espace d'une seconde. L'espace d'un chuchotement suppliant, il redevient l'humain, l'Homme derrière le tribun : « Siobhan… » Tout lui revient. Le goût de sa peau. L'empreinte de ses lèvres. Ses sourires radieux. Et sa douceur l’électrise. Elle l'invite, consciemment ou pas, elle le torture si délicieusement. Son regard dévie inévitablement sur ses lèvres qui lui manquent. Il résiste. Les yeux clos, il se contente de savourer l'éphémère d'une caresse, souvenir d'un autre temps, sans ne prononcer plus aucun autre mot que le poème de son prénom. Siobhan.

Évidemment qu'il allait la retrouver. Elle avait fuit, comme lui fuyait derrière ses obligations. Ses belles apparences. Ce n'était que de bonne guerre. Mais il ne pouvait pas renoncer à cette pulsion qui le ravageait en son for intérieur. Celle qui lui hurlait de laisser tomber les masques. D'oublier tout ce pourquoi il se cachait. Pour un moment passé à ses côtés. Quelques secondes, quelques minutes de plus. Il ne pouvait pas la laisser s'en aller de nouveau. Pas comme ça. Pas après tout ça.

Lorsqu'il perçut sa silhouette de dos, il demeura un long moment à l'entre brasure de la porte, incapable d'énoncer sa présence. Elle était stupéfiante de beauté. Une beauté interdite. Une beauté dangereuse. La longiligne absolument enivrante de ses jambes. La fumée savoureuse qui s'évaporait de ses lèvres pulpeuses au fil de ses bouffée avides. Son abondante et soyeuse chevelure abricot s'échouant intimement jusqu'à ses reins. Un sourire sacré se dessina en coin. Ancré d'une douceur volatile, d'une existence inconsciente.

Finalement. Dans la pénombre de l'immense salle, la tête bouclée s'engouffra prudemment dans l'entre brasure.

Rares étaient les personnes qui pouvaient se venter d'avoir connu un Oliver Sterling hésitant, pourtant, à l'instant, il ressemblait à un enfant complétement penaud. Perdu entre son irrésistible envie d'étreindre l'irlandaise par surprise et l'embrasser jusqu'à ne plus pouvoir en respirer et celle de fuir avec cette image sublime de son amante sans ne jamais se retourner. Probablement était-ce la meilleure idée. Sur ces pensées déroutantes, il se défit soigneusement de son costume sur le canapé et se mit à desserrer sa cravate. Il avait terriblement chaud. Il était terriblement las. D'un pas lent, tel le félin qui chassait, il vint se poster à quelques centimètre dans le dos de sa rousse. Il se pencha vers elle pour venir lui murmurer à l’oreille. « Tu m'as beaucoup manqué. » Reprenant bien rapidement ses distances et ses esprits, il alla se positionner à sa droite, respirant l'air frais sans même chercher à camoufler son apaisement soudain sur son visage bien plus expressif. Après quelques secondes de silence, il scruta plus franchement le regard de Siobhan dans l'espoir d'y déceler quelque chose lui indiquant l'éclat d'un sentiment. N'importe quoi. « Je t'en prie, ne sois pas comme ça... ne m'en veux pas. »
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Danse with the Morning Star ~Oliver~   Mar 31 Juil - 14:45

Le souffle de son prénom. Qui la poursuit. Qui résone dans les coursives de son esprit. Qui talone les battements de son coeur au rythme de ses pas précipités. Siobhan ne s'est pas retournée, n'a pas jetté de regard en arrière sur les lèvres qui viennent de souffler son prénom avec un timbre presque défait. Elle ne peut pas. Elle continue sa course en avant, presque indifférente à l'enjeu professionnel dans lequel elle se trouvait. Faux pas qui lui coutera peut être cher mais dont elle ne parvient pas à se préocupper. Non. Ses pensées ne dansent qu'à la mélodie d'un chuchottement trop intime. Trop personnel. Trop humain.

Ses doigts tremblent en extirpant une cigarette de son paquet. Ses doigts tremblent et luttent avec le briquet, pour produire une flamme qui ne la rechauffera pas. A quel moment? A quel moment sont ils passés d'une bleutte, d'une liason joueuse et sans attache, à Ca? A cette envie dévorante de revenir sur ses pas, de le plaquer contre un mur et de perdre son souffle dans le sien? A quel moment les iris océans sont ils passé d'un plaisir sans conséquence à la necessité presque vitale de les retrouver, d'en admirer les humeurs changeantes et les sentiments plus profonds?

Bien sur qu'elle avait permis à leur liason de s'endormir sans heurts. Bien sur qu'elle avait balayé le besoin de le voir. Ce n'était pas leur marché tacite. Pas d'attache, pas de sentiment. Juste une harmonie de corps et d'humeur en fonction de leurs caprices. Rien de plus. Son  ventre se crispe devant l'énormité du mensonge qui se dévoile. Elle refuse. Refuse de sombrer dans de nouvelles abysses. Rien ne peut exister de réels entre eux. Ils sont deux joueurs, deux illusionnistes. Il est... il est brillant. Il est promis à un avenir qu'elle n'ose à peine effleurer. Et Oliver ignore tout d'elle. De ses failles, de ses trahisons, des dangers qu'elle peut representer pour une carrière politique. Elle va retourner le voir. Lui expliquer posement que son comportement était déplacé. Qu'elle a réagit sous le coup de la surprise. Rien de plus. Bien sur qu'ils peuvent rester amis, qu'ils prendront un verre de temps en temps ensemble. Une tromperie de plus. Elle disparaitra une seconde fois de son paysage. Il l'oubliera, dans les bras d'une brune ou d'une blonde. Ou de sa fiancée.

Elle n'aura pas à bouger, au final. Bien qu'elle ne tourne pas la tête, il envahit tout l'espace, il remplit l'atmosphère de Lui. Son parfum sophistiqué palpite à ses narines. Elle inspire une bouffée de cigarette, espérant le remplacer par les saveurs acres du tabac. Cela ne change rien. Il est là. Siobhan ne dit rien, mais peut voir son reflet dans l'une des grandes vitres contre lesquelles elle s'appuie presque. Son visage s'adoucit à sa vision. Ses traits perdent un peu de leur dureté alors qu'elle prend de plein fouet la fatigue qui semble l'étreindre. Il parait si loin de l'image controlée qu'il offre au monde. Et il l'emeut. Parce qu'elle a l'impression, à cet instant, que ces émotions dévoilée n'appartiennent qu'à elle. Qu'il lui offre la vision de l'Homme qu'il est vraiment. Celui qu'il etait lors de ces mois frivoles. Celui qu'elle...

Il se départ de ses attribut de tribun et Siobhan pivote un peu vers lui. Juste un peu. Pour mieux s'absorber dans ce tableau qui enivre son coeur. Oliver s'approche, et presque impercptiblement, elle ploit vers lui. Tournesol à son soleil. Des paroles. Qui résonnent et murmurent en miroir avec ce qu'elle tait. Elle ne prend conscience que ce soir combien cet homme là lui a manqué. Combien ceux qui ont partagé son lit depuis n'étaient là que pour effacer le souvenir de leurs étreintes. Uniquement pour banir ses éclats et le velouté de ses rires. Il reprend un peu de distance et son masque doit être mieux fixé qu'elle ne le pensait. Car ses tourments interieurs sont muets, tus. N'atteingnent pas ses yeux. N'ourlent pas sa bouche. Lui est intense. Si intense.

-Comme quoi, Oliver? Comme toi? -ne peut elle s’empêcher de demander, avec une pointe de cruauté dont elle a conscience. Une pointe de cruauté qui jusque là n'avait pas fait partie de leur rapports. -Comme ce politicien brillant et tellement lisse? Ce n'est certainement pas Lui qui m'a manqué. -Son ton se craquelle, se fissure. Son visage inexpressif se fendille et c'est une vague limpide qui chasse ces ombres. - L'homme... l'homme qui est avec moi maintenant? Tu m'as manqué aussi.

Bien plus qu'elle ne le prononce. Bien plus qu'elle ne l'avoue. Plus qu'elle ne le devrait. Ses prunelles ne le quittent plus. C'est tellement naturellement que ses pieds se meuvent. Que ses mains trouvent sa taille svelte. Qu'elle l'enlace. Sa nuque se renverse en arrière. Juste un peu. Juste pour sentir son souffle sur son visage. Proche à ce point. Proche à l'embrasser si leurs sens brulent la raison. Et soudain, sa respiration se fait plus courte. Déchirant les pages de sa bonne conscience. Son regard s'embrase d'un feu plus intime. Balayant ses resolutions. Siobhan se hisse encore un peu et ceuille ses lèvres. La porte derrière eux est encore entre ouverte, mais elle l'a oublié. Ce baiser à une saveur d'été et de liberté. Elle n'en a pas le droit. La Sylphide devrait le relacher. Sans parvenir à s'y contraindre. Finalement, sa bouche s'écarte, bijou impie. A peine. Le temps de murmurer quelques paroles fébriles. Quelques paroles folles.

-Oliver, quittons cette soirée. Emmène moi ailleurs. Tu étais venue pour l'inauguration, elle est faite. Viens avec moi. N'importe où, mais pas ici.
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Oliver J. Sterling
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MessageSujet: Re: Danse with the Morning Star ~Oliver~   Sam 6 Oct - 16:28

« Comme quoi, Oliver? Comme toi? » Ses mots avaient claqué, virulente attaque frappant son ego surdimensionné. Il lui aurait été si simple de sombrer dans la facilité, de contrer la colère de sa douce retrouvaille dans le seul but de la blesser et de remporter l'assaut, en grand tribun politique passant ses journées à démanteler les barrières défensives de ses adversaires les plus coriaces, cela n'était que routine ; mais Oliver n'était pas d'humeur à blesser qui que ce soit, et lui concédait largement cette rancune qu'elle pouvait bien lui porter naturellement. Il comprenait les enjeux, prenait sur lui pour tempérer la rouquine tant qu'il le pouvait... Ou alors rien de tout cela. Sa vie ne tournait pas qu’autour de la politique et du paraître, disaient-ils... vraiment ? « Pourtant, c'est bien triste, ma douce, mais je ne suis personne d'autre que cet homme là. Celui même que tu vois en face de toi. Je ne dois pas t'avoir beaucoup manqué, dans ce cas... » avait-il soufflé alors, un air faussement triste s'emparant de son regard... mais à y regarder de plus près, il s'agissait bien plus de celui mutin du diable s'habillant en prada.

La tension ne s’apaisait nullement dans la pièce et le blond n'essayait pas d'y changer quoi que ce soit. Il n'avait jamais été question d'autre fulgurance que celle de la passion entre eux. Il ne savait donc pas comment appréhender les autres. Les petites colères, amertumes du passé, incompréhensions, jalousies et déceptions. Toutes ces belles idioties n'avaient pas d'importance pour lui. Ce soir, elles en avaient car Siobhan leur en portait.

Doucement, ses prunelles irisées se déplacèrent le long de sa taille puis sur ses hanches. L'irlandaise était d'une attirance sans équivalence. « Évidemment, que je t'ai manqué. » Sa voix chaude, lascive, vint s'approcher du cou de sa dulcinée pour venir frôler, puis goûter sa peau d'une délicatesse et d'une lenteur langoureuse. Avide de son grain de peau, de l'effluve enivrante s'évaporant de sa chevelure interminable. Une cascade de désir et de bons moments passés qui ressurgissait, plus violente que jamais. Entre deux baisers dévorants, le politique en oubliait son devoir, sa vie, sa véritable amante. Mais, ce fut à cet instant même, celui où cette simple phrase, pouvant passer pour banale, s'extirpa des lèvres tentatrices de son irlandaise. La voix de la raison se fit plus aguicheuse encore. À ses mots doux, à ses folies mirobolantes, il répondit par la fermeté. « Qu'est-ce que tu racontes ? » avait-il alors craché comme la vipère le ferait de son venin, les sourcils froncés par l'émergence d'une colère vive, bien que passagère. Le blond se défit brusquement de l'étreinte qui le liait à Siobhan et se retourna, lui faisant ainsi dos, laissant par la même occasion s'échapper un grognement agacé. « Je ne compte aller nulle part. Ma place est ici, que tu le veuilles ou non. » Ici. Il était évident que cet "ici" désignait tout ce qu'entourait son existence et non seulement cette inauguration sans réel intérêt pour le politicien. Tout ce qu'elle n'avait su apprécier chez lui, finalement. C'était un tout. Lui aussi avait ses rancunes. « La tienne, en revanche, est n'importe où, mais pas ici. » reprit-il tout en reportant son regard dur sur elle; ses mots étaient teintés de cette once de mépris qu'il ne lui accordait jamais en ces temps révolus, s'efforçant à se parer d'un masque supérieur de désintérêt total du prince d'Amérique. « C'est vrai, quand on y pense, tu n'as jamais eu ta place à mes côtés, dans ces milieux trop artificieux. On ne devrait pas se manquer, peut-être que ce n'était qu'un jeu, agréable, mais duquel on se lasse et se passe bien volontiers. » Il sous entendait que cela en avait été un pour lui. Qui saurait la vérité, de toute manière ? Certainement pas la sincère et vibrante demoiselle O'Sullivan. C'était bas. Vil. C'était Sterling dans ses plus ignobles atours. Il était beau, souvent, mais pas à cet instant. Pas avec ce regard. Pas avec ce mépris pour celle qui ne méritait que ses plus beaux mots et plus douces attentions.

Après un bref silence, l'héritier de la puissante dynastie américaine se tourna vers un magnifique tableau qui trônait sur un mur de la pièce qu'ils s'étaient tous deux accaparée. Il resta là, un moment, profondément énigmatique, à analyser le chemin dessiné. Une œuvre lumineuse peinte par un célèbre artiste français. Seule une tâche noircissait le second plan de l’œuvre, presque invisible, elle annonçait l'inconnu, le danger; l'orée d'une minuscule forêt ténébreuse si loin et si près de tout. « Il y a une ombre sur ce tableau, regarde bien, cherche la attentivement, tu vas finir par comprendre... Elle porte ton nom et ton visage. Tu n'as rien à faire ici, ma belle, tu ne fais pas le poids face à l'envergure d'un tel paysage. » assena-t-il sèchement, lui faisant face quelques instants. Il voulait s'assurer que chacun de ses mots l'avait touchée droit au cœur. Il fallait qu'elle comprenne, peu importe la manière. Ce qu'ils faisaient était mal. Il s'écarta davantage alors, son costume de haute qualité de nouveau boutonné et sa cravate prête à être resserrée. Il désigna l'ensemble de l'endroit de ses bras pour appuyer ses dires et en faire le château du prince... avant de prendre la porte pour retourner surplomber sa plèbe du haut de son trône de fer. Oliver s'arrêta quelques secondes, la poignée en main et le visage inexpressif. « Ce fut un plaisir de te revoir, quoi que tu puisses en penser, mais parfois il faut savoir faire face à la réalité. Et la réalité, ce n'est pas nous, ça ne l'a jamais été. »
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Danse with the Morning Star ~Oliver~   Mar 30 Oct - 17:22

Cette confrontation a un gout de cendre et d'amertume. Un whisky prometteur qui aurait mal tourné. Mais le petit jeu manipulateur du politicien a eu raison du calme professionnel de la jeune femme. Le voir jouer les paons dans son arène politique, offrir mains tendues et mots enjoleurs avec cette pimbeche sans caractère pendue à sa taille  a appuyé sur les lèvres d'une plaie qu'elle ignorait posseder. Qu'il attende d'elle le même masque parfait tout en s'amusant à pourfendre sa cuirasse? Non. Ce n'est pas elle. Ce ne sera jamais elle! Il découvre une facette de lui dont elle ignorait tout et qui est bien laide. Ce n'est pas comme cela qu'elle veux se souvenir de son amant enjoleur. Elle se cabre à ses mots qui confirment. Qui enfoncent. Qui ajoute l'injure à la blessure.

Son regard caramel le dévisage. Le regarde vraiment. Presque froidement. Essayant de voir celui qui l'a touché sous cette armure de dedain. Il ne l'a jamais vraiment porté en sa présence. Oh, parfois, lorsque les circonstances les ont mis sous les feus d'un acteur de son rôle politique, mais jamais assez longtemps pour entacher leurs rendez vous. Non. Celui qui est là ce soir...

-Non. Ce soir, je n'ai qu'un épouvantail parlant devant moi. Une cruche vide et sans substance.  Pas celui que j'ai appris à connaitre. Pas celui que j'ai croisé dans ce bar aussi anonyme que lui. Aussi envoutant que le Jazz qui...


Mais pas cette fois. Cette fois, elle refuse l'attrait des souvenirs qui viennent si aisement à son esprit. Et soudain, cela n'a plus d'importance. Plus vraiment.  Parce que leurs baisers parlent pour eux. Parce que leurs mains qui s'étreignent ont leur propre langage. Siobhan en veux plus. Tellement plus. Parce que l'odeur de sa peau matinée de son parfum capiteux effiloche sa raison. Parce que cette étreinte, ici, ne peut être qu'avortée. Et qu'elle veux encore une nuit avec lui. Encore une nuit à se reveiller et laisser courrir ses doigts sur son dos et son torse pour le tirer à son tour du sommeil. Sa bouche danse contre sa jumelle, assoifée de sa saveur. Ses bras se nouent dans son dos, froissent brièvement sa chemise. Avant que sa folie ne s'exprime au détriment de toute raison.

Il s'arrache de l'écrin de son corps et soudainement, la jeune femme est glacée. Glacée par l'éclat acide de ses prunelles qui la jauche. Glacée par l'agressif de sa voix. Et fissurée par les mots assassins qui dévalent de sa bouche délice. -Je n'avais pas voulu dire...

Il la coupe. Impitoyablement. Et il franchit une ligne invisible mais bien réel. Les mots, elle peut les encaisser. Pas le dédain qui les empoisonne. Pas le mépris de classe qui rayonne de lui. Plus il parle, plus elle se raidit. Plus son visage se ferme. Moins ses émotions ne transparessent, soigneusement claquemurée derrière la porte close de la fortresse qu'elle errige autour d'elle. Son dos se raidit, la ligne de sa bouche est froide, ses épaules sont régaliennes. Mais son regard? Son regard le juge avec autant de froideur. Elle le décortique et il est évident qu'elle le trouve en deça. Qu'il pèche dans son estime. Bourgeois vain et sans force. Siobhan croise les bras sur sa poitrine.

-Je ne parlais que d'une nuit, Oliver. Pas d'une vie. Je n'ai jamais planifié d'avenir ensemble. Je ne suis pas Cendrillon qui attend son Prince Charmant
. -assène t'elle d'une voix craquante, à la sécheresse desertique. Si c'est là tout l'opinion qu'il a d'elle. Un divertissement avec une fille de cette basse populace dont les enarques ont les oreilles rabattus, alors effectivement, sa place n'est pas ici. -Mais je te remercie pour cette précision. J'espère que ce bref contact avec le petit peuple ne t'a pas trop contaminé.

Il aurait du se taire. S'en tenir à cela. Mais non. Il doit porter l'estocade. Un jeu. Il la blesse. A cet instant, il l'abime durement. Il broie les moments qu'ils ont passés ensemble et les teintes d'une peinture visqueuse et glauque. Un jeu. Elle n'a jamais avec lui. N'a jamais pensé une seconde qu'il jouait avec elle. Un instant, son armure vacille et c'est un puit de souffrance qui s'exprime dans ses iris caramel. Elle recule presque d'un pas devant sa violence, avant de reprendre un controle sauvage. Il examine une obscure peinture avec une attention intense, et dont, oui, à cet instant, elle lui tient rigueur. Qui pourtant lui permet de reprendre contenance. Ses pensées sont en miettes. Qu'est ce qu'elle a fait? Qu'est ce qu'elle a dit pour qu'il choississe d'agir ainsi? Elle n'arrive pas à reflechir convenablement. Elle ne parvient pas à comprendre. Il n'explique pas réellement les raisons de ces coups de fouets -Tu es hideux, Oliver. -Cette fois, c'est à peine perceptible. Un murmure qui ne traverse pas la pièce. Elle refuse de regarder la toile. Et se prend de plein fouet ses remarques. -Ne t'inquiètes pas. Je m'en vais. Tu es idiot. J'aurais pu être ton refuge, tes instants de repits, de respiration. Ces instants de calme qui t'aurais permis d'accomplir toutes tes ambitions. - Elle bouge dans la pièce. La traverse et le bouscule lorsqu'il s'encadre dans l'embrasure de la porte. Comme si elle ne pouvait pas rester une seconde de plus à respirer l'air vicié, à inspirer le même oxygène que lui. -Ne me rappelle pas.

Elle allait s'échapper. S'enfuir, pour de bon cette fois. Mais non. Il lui fallait le dernier mot. Un plaisir de la revoir. Comment ose t'il. Comment ose t'il lui déclarer une telle horreur après l'avoir réduite en miette. Après avoir détruit les quelques mois qu'ils ont passés ensemble. Comme ca. Pour rien. Comme un enfant qui se lasse d'un délicat bibelot et le brise dans une crise de colère. Elle s'immobilise net dans sa retraite. Siobhan pivote sur ses talons. Et cette fois...  Elle fait trois pas vers lui.  Son visage exprime pleinement le maelstrom de ce qu'il vient de lui faire vivre. La Sylphide rousse ne cherche plus à à dissimuler sa peine, sa detresse, sa colère. La manière dont il vient de les réduire à néant, de l'abimer , elle autant que lui...  Elle ne comprend pas son besoin de tout raser. Son bras se détend et c'est une gifle qui le cueille en plein visage. Une gifle sans la moindre retenue dans le geste. Bien au contraire, elle y a mis toute sa force, et pour son gabarit, ce n'est pas peu dire. Il aura du mal à expliquer le parfait hématome en forme de main qui va prendre vie sur la perfection de son visage. Elle ne bouge pas. Siobhan lutte avec la volonté farouche de le frapper une seconde fois. Alors, elle décide, à son tour, de le frapper avec ses mots. Et tout comme lui, ils sont fait pour causer le plus de dommage possible. De lui faire aussi mal qu'il vient de lui en faire. La réalité? La réalité, c'est qu'il en faudrait si peu pour qu'elle se fonde à nouveau dans ses bras. Il a touché une corde qu'elle pensait désaccordé. Et il a décidé de l'étrangler avec. De lui ouvrir la gorge et de déchiqueter sa cage thoracique. Plantée face à lui, elle ne bouge plus d'un iota. Et si ils sont sortis ou presque de la petite pièce, elle ne lui permet pas de se faufiler dans le couloir. Elle occupe, envahit tout l'espace.

-Je te souhaite beaucoup de bonheur dans ton mariage prochain. Je ne doute pas que ces noces ne comblent parfaitement ta famille et les attentes de ton parti. Tu transmettra mes félicitations à Lucrecia. Il lui faudra aussi beaucoup de courage pour passer le reste de sa vie à tes cotés. J'espère qu'elle pourra trouver son épanouissement loin d'un mari aussi minable, aussi méprisable que celui avec lequel elle va s'unir.  
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Oliver J. Sterling
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MessageSujet: Re: Danse with the Morning Star ~Oliver~   Dim 11 Nov - 15:34

Le légendaire masque de circonstance du politicien se paraissait aisément, si alléchant, si parfait de toute sa perfection évidente ; paré de strass et de paillettes, illuminé par le feu des projecteurs de la scène où il jouait excellemment le rôle principal qui lui était dû, coloré par les sourires conquis de ses admirateurs, renforcé par les esquisses de mépris de ses détracteurs. L'on ne remarquait rien, l'on ne savait rien, jamais, mais l'on admirait ou l'on jalousait le jeune démocrate ou que l'on soit sur cette f*cking planète. Il inspirait forcément les sentiments, ceux même que lui ne faisait qu'imiter hypocritement. C'était Oliver John Sterling. L'homme d'Etat que vous ne verrez jamais ailleurs qu'entre les huis clos de la grandeur américaine.

C'est là le jeu de la Politique. Peu importe qu'elle est-elle. Républicaine, Démocrate. Le jeu demeure éternellement le même. Celui du père, puis du fils. Celui qui se veut bienveillant, celui pourtant bien méchant, celui qui vous charme en un instant, et, soudain, vicieux, par derrière, vous assène d'un coup mortifère brutal. Vous ne pouvez alors plus rien y faire, il est là, vous désarme, vous enlarme. Il est là, impassible, inatteignable et gonflé d'assurance et d'égocentrisme. Il est là, vous électrise de son charisme infidèle, et vous, ne l'êtes plus, . C'est l'impulsion du lion supérieur, fiévreux félin féru de tant de Pouvoir, détestable mâle autocrate qui croît et ne croit plus même en ses propres vérités. C'est la loi du règne qui s'empare de celui s'étant dès sa naissance auto-proclamé Roi. Beaucoup trop tôt. Jeune lionceau prince. Magnétisme pendu aux lèvres cruelles d'un souverain qui ne sait que vaincre, qui ne sait que piller, qui ne sait que détruire, qui ne sait que mordre. Les lionnes et le clan avec... Comme son père avant lui.

Les retrouvailles avec l'irlandaise prirent alors un tournant inédit. Plus concret, plus réel, peut-être. Une pitoyable scène de ménage. Une fatalité qu'Oliver se serait bien passé de devoir supporter, surtout en ces temps. Il s'en moqua alors mielleusement comme il savait si bien y faire; les délices d'une danse sensuelle pour faire taire les mots et les pensées trop intrusives. Au bord des lèvres de la Sylphide, il perdit tout sens de la réalité, elle qui avait si lestement remis en question son existence depuis lors. « Chuut, tais-toi, laisse moi t'embrasser encore une fois. » la coupa-t-il dans un murmure lascif, las de l'entendre énumérer sa mauvaise couverture qui ne lui plaisait pas le moins du monde, avant de reprendre encore ses lèvres de cette avidité non dissimulée. La ballade des passionnés pris fin plus rapidement qu'il ne l'aurait jamais souhaité. Les mots de sa rousse lui eurent rappelé farouchement un certain sens du devoir. Le sien. Celui dont elle ne faisait pas partie et ne comprendrait jamais pas même une minime part de cette flamboyante passion qui l'animait, lui. Et ce qui devait arriver arriva. Enfin, il était temps qu'il se réveille de ces rêveries absurdes. La réalité, ce n'était pas ça. Le temps d'une seconde à peine, l'homme politique américain avait repris ses apparats trompeurs et méprisants et se détachait de toute étreinte avec celle qui le détournait de son chemin pavé d'or et de succès. Il n'avait pas de temps pour ces puérilités. Pas de temps pour elle, pour ce semblant de "eux". Pour une nuit ou plus. Là n'était pas la question. Il n'en avait jamais eu... Oh, vraiment, Oliver ?

L'animal politique s'était armé de sa verve mauvaise et, le fils noble, de son dédain empoisonné certain. Pas de retour en arrière possible, rien ne pouvait faire tomber le masque du Roi tyrannique. Son regard se dardait sur sa proie difficilement, sur la femme du bas peuple, comme avec un dégoût irrévérencieux qu'il ne portait, aussi puissamment, qu'aux impétueux républicains, partenaires complices des crimes de son abominable père. Il en oubliait qui elle était. Et surtout qui il était, lui, en sa présence. Le Roi régnait sur sa cour, son royaume magnifique, tandis qu'une tâche indélébile s'imprégnait de son si beau tableau. Siobhan, soufflé par l'oracle, le prénom de poésie sonnait une prophétie au bord de l'écueil. Seigneur Sterling craignait pour son château, pour sa place, pour son cœur de glace, peut-être, aussi, un peu... « Sois reconnaissante que le Prince Charmant ne t'ait pas encore congédiée, mais rassure toi, ça ne saurait tarder... » siffla Oliver de son timbre chatoyant en jetant l'ombre d'un regard électrique à Siobhan, en qui, sur l'instant, il ne voyait plus rien de son amante pour qui il vouait encore, sans qu'il ne veuille l'accepter, une tendresse trop inexcusable, trop inexplicable. Il voyait en revanche tout de ses micro-expressions bâillonnées, de ses barrières qu'elle érigeait de nouveau plus que jamais, l'encerclant, protectrices robustes face à son assaillant impitoyable et imprévisible, de ses larmes qui voulaient terriblement s'échapper pour venir chatouiller ses irrésistibles tâches de rousseur qu'il avait abominablement adorer baiser sans discontinue. Et cette colère soudaine, cette souffrance passionnelle qu'elle lui renvoyait à la gueule et qu'il partagea l'espace d'un miroitement éblouissant dans le regard des mers franc, de mensonges par millier. Il voyait en direct tous les dommages et toutes les défenses s'allier pour venir se former en bataillons. « J'ai l'habitude, ne t'inquiète donc pas pour moi. Je ne peux plus être souillé désormais. J'ai déjà été vacciné de tous ces gueux... » sourit-il, mauvais, de cette esquisse noire qui n'atteint pas même ses irrésistibles fossettes, impossible. En observant franchement la furie sublime se décomposer devant lui, il ne se remit pas une seule seconde en question. Il était ébloui par cette rage intérieur, ce mépris inventé de toute pièce, cette envie de tout balayer, de tout détruire jusqu'à la dernière miette. Ce semblant de relation passionnelle qui n'aurait jamais dû être. Mais ses sous-entendus horribles le prirent aux tripes sans qu'il ne puisse rien y faire. Putain qu'il se haïssait là, tout de suite, pour se montrer si... Injuste et totalement félon. Il se haïssait plus qu'il ne pourrait jamais se pardonner pour la rejeter aussi salement. Mais pour l'heure et pour longtemps; l'homme n'était plus que démon aux attraits d'ange.

« Tu es hideux, Oliver. »

Le murmure résonna un long moment dans sa tête, terrible vérité indélicate venant frapper en retour son âme désarçonnée. Vengeance de circonstance. Le chuchotement fit le tour, une fois, deux fois, trois fois, beaucoup trop de fois, il ne parvint plus à compter... Plus même à savoir ce que ses mots signifiaient. Les sourcils froncés fermement pour seule contenance, le mépris s'était alors doucement estompé pour ne laisser place qu'à l'indifférence déguisée. Les mots ne pouvaient plus traverser les barrières de ses lèvres. Il demeurait là, devant elle, interdit, terriblement froid et distant. Il avait froid... Il ne put plus longtemps soutenir ce regard lourd de sentiments qu'il avait suscité en elle, de ceux qu'il ne lui avait jamais infligé l'existence avant aujourd'hui. Ses deux iris s'échappèrent un moment et il trouva enfin le courage de murmurer quelques souffrances en retour : « Je te remercie. »

Il ne restait plus qu'au Golden Boy de prendre la porte sans ne jamais se retourner. Rejoindre son trône, délaisser, au dessus de tous, le peuple malade, jamais content en la représentation de demoiselle O'Sullivan. C'était si simple. Mais un Sterling ne jouait jamais sur la simplicité des choses, c'était bien connu. Il lui fallait asséner le coup de grâce, comme si les précédents n'avaient pas déjà été assez puissants. Il lui fallait s'assurer le non-retour. Cependant, il est vrai, Oliver n'avait pas du tout imaginé la suite de ses plans se dérouler de cette manière là. Pourtant, n'aurait-il pas dû s'en douter ? Connaissait-il si peu la tempête de flammes contre laquelle il avait savouré à maintes reprises se brûler la peau ? Evidemment qu'elle réagirait. Evidemment qu'elle le laisserait sur cette marque brutale, bien méritée. Evidemment et pourtant, rien ne résonnait à l'évidence. Pas même les derniers mots qu'elle eut l'audace de lui adresser, le plombant littéralement sur place, un maigre moment décontenancé. Il prit un temps à se poser, lui et ses sentiments contradictoires qui le torturaient à en damner toute son arrogante Amérique. Lentement, un sourire quasi-provocateur parvint à se frayer un chemin à travers les dédales de la Fin. « Voilà qui est flatteur. Évite tout de même de parler de ce que tu ne sais comprendre, my love... Lucya et moi même sommes sauvés par les miracles de l'amour, si ce n'est pas adorable. Je pense qu'elle saura s’accommoder du minable et méprisable fiancé que je suis, mais nous te remercions pour tes craintes et tes éloges fort touchantes. » Oliver s'était approché au plus près de la rousse pour venir à son tour approcher sa main de la joue de l’irrésistible tentatrice. Lui, seulement, avec la douceur tortionnaire, il vint simplement la frôler pour en apprécier le grain de peau une toute dernière fois. Cependant, pas téméraire devant la colère dévastatrice, il se recula aussi vite. Il n'aurait pas voulu se prendre une seconde baffe, la première l'ayant suffisamment pris au dépourvu. Il se permit avec une insolence abîmée de lui offrir un dernier sourire parfait, puis porta son attention sur sa montre Patek Philippe. Il était temps de partir. Il fallait qu'il se casse d'ici au plus vite.

« Maintenant, tu m'excuseras, la plèbe attend son Roi. » rit-il légèrement, ironique... ou pas du tout. Il se retourna pour faire face à un camarade démocrate, un jeune de 20 ans qu'il avait pris sous son aile et qui semblait effroyablement gêné d'assister à une telle scène. Oliver haussa un sourcil, puis le prit par l'épaule pour le guider dans le couloir, sans aucun regard en arrière pour la femme auteure de ce drame tranchant qui étranglait son cœur sur l'instant. En silence, en retrait, il souffrait et souffrirait certainement bien plus une fois de retour au manoir Sterling, seul. Un scotch coûteux au poing, puis deux, puis toute la bouteille et toutes les autres liqueurs inabordables pour le commun des mortels qui passeraient sur son chemin. Des verres brisés, les maux révélés. Et la haine infinie. Envers lui, forcément. Il déchanterait une unique nuit. Puis la journée suivante, il brillerait de mille feu comme si rien ne l'avait jamais touché du haut de son piédestal. Insaisissable, incontournable, admirable Sterling. Personne ne savait se qu'il pouvait bien cacher derrière tant de perfection.
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Danse with the Morning Star ~Oliver~   Dim 25 Nov - 9:19

Non. Ce n'est pas possible. Alors que tout vacille et s'effondre, c'est l'incrédulité qui domine dans l'âme de la jeune femme. Pourquoi. Pourquoi cette attaque de serpent à sornette? Pourquoi la violence d'un hiver nucléaire entre eux après les douceurs tendres qui existaient entre eux? Ils se sont quittés sans drame, sans rage, en sachant que la vie les séparait. Avec une pointe de fatalité teintée de mélancolie. Du moins, c'est ce que l'Irlandaise avait ressenti. Les obligations du jeune politicien s'étaient multipliées, elle avait instauré, en douceur, de la distance dans leurs rendez vous. Un soleil couchant sur la radiance de leur liaison. Interdite, dangereuse, mais avec une passion qui l'avait empêché de se montrer raisonnable. Impitoyable. Dans les mots et les attitudes, il ravage et implose. Mais pourtant, fugitivement, dans l'éclat d'une prunelle, il trahit ses meurtrissures. Dans la courbe sèche de ses lèvres, dans un mouvement de main ou de poignet. Des bris de faiblesse, des morceaux fracturés qui contredisent l'ignoble de sa posture. Qui  l'assiègent de supplices. De ces maux qu'il partage autant qu'il inflige.

Fugitivement, dans l'azurine de ses prunelles, des fléches douloureuses qui irradient d'Oliver. Il dissimule mieux. Il se protège mieux. Mais pas au point que son amante en soit totalement aveuglée. Impossible. Et le goût d'hydromel de ces insensés baisers ne peut être un mensonge de fiel. Ho, elle ne l'engage pas sur ce terrain. Siobhan ne supporterait pas de l'entendre lui dire qu'il n'était avec elle que pour la baiser. Que la seule et unique chose qu'il attendait d'elle, c'était qu'elle ouvre ses cuisses bien gentiment quand il en avait l'envie. Non. Elle n'est pas assez courageuse. Elle ne peut supporter ce soupçon, qui pourtant, en devient légitime. Après tout, que pouvait il bien vouloir d'une obscure petite serveuse sans grand intérêt? Ne vient il pas d'admettre qu'il vaux bien plus que ca? Non. Ce qu'ils avaient ensemble... c'était plus. C'était au delà de l'alchimie  de leurs étreintes.  Et elle Sait. Et pourtant, l'ombre cruelle des doutes la sape et la déconstruit. Alors elle se raccroche. A ces instants fugitifs, dans son regard qui s'accroche au sien, qu'il a aussi mal qu'elle. Qu'il souffre autant qu'elle de cette passe d'arme qui ne fait aucun prisonnier. De ces barbelés qui écorchent leur esprit.

Et alors qu'un sourire dégueulasse se joue sur les lèvres de printemps, le pourquoi ne cesse de la tourmenter. Avant que ses épaules ne se carrent. Que son attitude se roidisse. Qu'importe le Pourquoi. Elle ne sera pas sa Victime. Refuse de se déchiquetter en se demandant ce qu'elle a pu faire de mal. Si elle l'a blessé de manière inconsidérée ou par des paroles maladroites. Refuse d'être le bourreau et le victime de cette mauvaise pièce. Il ne peut plus être souillé, assène t'il.

-Il semblerait que je le sois encore.


Réplique t'elle, sans pitié. Souillée par la simple présence de son arrogance criminelle. La douleur qui l'étreint, qu'elle n'imagine pas n'est pas un rempart suffisant pour qu'elle l'épargne. Siobhan cherche à le blesser encore d'avantage. Délibérement. Hideux. Et en une phrase, elle sait qu'elle a égratigné son coeur. Qui n'est de glace que par sa volonté. L'estoc est presque mortel pour ce Eux à peine effleuré, pour ce Nous qui n'avait pas le droit d'exister. Elle le voit. Qui en recule presque. Et l'Irlandaise doit baillonner l'instinct qui la pousse à l'enlacer. A effacer ce masque sordide sous des baisers et des mots doux. A raturer ces zebrures cinglantes. A réparer. Non. Ce serait trop facile. Neill l'a piétiné sans qu'elle ne s'en appercoive. Elle a les yeux grands ouverts pour Oliver. Mais n'en ressent, au final, aucune satisfaction.

Combat de gladiateurs à mort sans Cesar pontife. Ils auraient du en rester là. Certes ensanglantés, mais encore debouts et vivants. A peu près. Non. L'un et l'autre vont trop loin. Lui dans ses paroles, elle dans ses gestes. Siobhan regrette la gifle à l'instant où elle la porte. Elle aurait voulu conserver, idiote, le souvenir de sa bouche dévorant la sienne. De sa taille emprisonée par  ses bras. Quand bien même le reste est immonde. Mais non. Même ça, ils le défigurent. Il ne reste plus entre eux que l'impact de sa main contre sa peau. Pour mieux franchir le sujet Tabou. Mademoiselle Lucrecia. La femme aussi invisible que présente. Il sourit. Encore. Alors qu'elle git devant lui, défaite. Lui accordant la pleine victoire sur ce champ de bataille. Siobhan entend à peine ses dernières paroles. Ou peut être que si. Sauvés par les miracles de l'amour. Elle avait cru.... Elle pensait qu'il ne... Est ce qu'il... Sa langue collée au palais, elle a encore trop de fierté pour poser LA question qui vient de la ravager. De toute manière, elle s'en fout. Ce n'est plus son problème. Il fait ce qu'il veux, avec qui il veux. Et nul doute que Miss Candy ne doit pas être la première  à être à son bras depuis qu'ils se sont éloignés. Et probablement le lit impersonel d'une chambre d'hotel. Pas comme si elle était restée chaste non plus. Sauf qu'elle ne souvient plus des visages. Ni même des noms.

Ses prunelles s'agrandissent sous le choc. Il est trop proche. Il a rompu toute distance entre eux, au point qu'elle peut sentir son parfum se méler aux effluves de sa peau. Toxique.
-Tu es toxique, Oli. Ne...
Me touche pas. Mais Siobhan n'est plus articulée. Sa main s'est déjà emparée de la rondeur de sa joue. Une caresse. Une caresse impie qu'elle ne devrait pas tolérer mais qu'elle ne peut repousser. Pourtant, elle se cabre. Cavale sur le point de mordre. Il s'éloigne aussi vite. Et elle voit l'âme fletrie et recroquevillée de Voldemort, en présage funeste de celui qu'il pourrait devenir si il poursuit dans ces traces dénuées d'humanité. Elle voudrait pouvoir le retenir. Mais elle hait. Un peu. Un spectateur met fin à l'huis clos. Ils sont si laids. Alors qu'ils peuvent être si beau. L'irlandaise recule dans la pièce. Si elle était certaine que ce n'était que de la comédie de la part d'Oliver, ou si elle était certaine qu'il n'épprouvait rien qu'une maigre colère, ce serait si facile. Mais elle a Vu. Elle a vu la peine et la douleur ombrager son ironie.  Elle a senti le déchirement qui resonne.  Il est loin d'être aussi imperméable qu'il ne l'imagine. Pas ce soir. Elle a perçu l'horreur qu'il s'inspire dans les recoins de son regard. Et c'est insoutenable. Le Pourquoi est un tourbillon qui demande une reponse. Qui n'en aura pas. Ils sont allés trop loin pour un retour en arrière. Elle s'engouffre sur le balcon pour s'allumer une autre cigarette. Regrettant l'absence d'herbe. En sachant qu'elle ne peut s'y abandonner. Dans son état, elle partirait dans une spirale aussi glauque que destructive. Non. Ni herbe, ni hallucinogène, ni alcool. Elle n'a pas envie de se noyer aussi facilement. Elle est plus forte que ca. Et des étreintes mal faites, mal pensées, contre des murs humides de crasse, elle a déjà donné. C'est terminé. Oliver ne mérite pas cette plongée dans ses abîmes.






Ils sont terminés.
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MessageSujet: Re: Danse with the Morning Star ~Oliver~   

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Danse with the Morning Star ~Oliver~
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