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 « Vous n'auriez pas vu une jolie blonde passer ? » + Jordan ♥

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Matthew McGregor
Admin cuniculophobe
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DATE D'INSCRIPTION : 13/03/2016
MESSAGES : 3451

MessageSujet: « Vous n'auriez pas vu une jolie blonde passer ? » + Jordan ♥   Jeu 15 Mar - 17:48

Tout s’était déroulé bien trop vite. Arrivé bien plus tôt que le reste des employés, Matthew s’était rendu instinctivement dans le bureau d’Héloïse. Dans ce qui était son territoire il y a peu encore… De là où elle avait posé ses effets personnels, la surface de son bureau était lisse et vide. Plus aucune trace de cette assistante éditoriale si chère à son cœur. Son parfum lui-même ne flottait plus dans l’air. A peine quelques jours auparavant, il avait viré Héloïse sans autre forme de procès. Aucun préavis. Aucun indice qui aurait pu mener à cette décision qui s’était imposée irrévocable. Dans la journée, la brune avait dû faire ses affaires et quitter définitivement les murs de la maison d’édition. Et tandis que Matthew s’abîmait dans la contemplation absente de ce bureau, il lui semblait qu’il la voyait encore assise à ce fauteuil. Un chignon maladroit noué par un stylo. Ses sourcils légèrement froncés. Son regard concentré. Son crayon qu’elle mordillait tandis qu’elle était plongée dans l’étude approfondie d’un manuscrit. Un sourire empli d’une infinie tristesse étira légèrement les lèvres de l’éditeur à cette apparition déchue. Il se souvenait du premier jour où il l’avait rencontrée. Pendant plus d’une semaine, Matthew s’était entêté à ne pas mettre un pied dans la maison d’édition. Non pas qu’il souhaitait mener la vie dure à sa stagiaire, mais bien pour emmerder son père qui lui avait imposée. Et à raison ! Pugnace et aussi têtue que lui, Héloïse devait être cette assistante qui le pousserait à terminer son prochain ouvrage. Le destin infernal d’un auteur qui brille est qu’il doit rester le plus longtemps possible à sa place pour tenir sa notoriété et être rentable au regard de sa maison d’édition. Matthew n’avait pas coupé à la règle. Un an après son dernier ouvrage, il lui fallait produire à nouveau ce qui était considéré comme un « best-seller », mais tout le monde savait dans l’univers de l’édition que tout ceci n’avait plus le moindre sens. Les gens n’achetaient même plus pour l’histoire, mais bien pour le nom qui s’affichait sur la couverture. Rien qui ne motivait considérablement Matthew à produire et se creuser la tête pour une histoire hors du commun. A croire cependant que la douleur alimentait sa créativité. Dès lors qu’il ne travaillait plus, Matthew s’attelait à l’écriture de cet ouvrage qu’il avait correctement avancé. Il se sentait dans la continuité de cet auteur à la plume maudite. Toujours était-il qu’il n’avait rencontré Héloïse qu’une semaine après son embauche. Du premier regard qu’il avait posé sur elle, une foule de préjugés l’avait envahi. Malgré un joli minois, il la considérait sotte, immature, distraite, inconséquente, incompétence… autant d’adjectifs qui ne lui donnait que de maigres chances auprès de l’intransigeant Matthew McGregor. Et pourtant… ô comme il avait eu tort ! En si peu de temps, elle était devenue son tout, son essentiel, sa raison d’être. Son existence s’était illuminée autour de son sourire. Aujourd’hui, il devait apprendre à vivre sans elle. Il ne parvenait à croire encore que tout était fini. Des larmes d’Héloïse, il préférait croire à des chimères. De son visage ravagé par la douleur, il lui semblait que ce n’était pas vraiment elle. De cette rupture qui n’aurait jamais dû avoir lieu, il croyait à un terrible cauchemar. Mais chaque matin, à son réveil, la réalité le renvoyait brutalement au vide de son existence. Héloïse n’était plus là, emportant avec elle le cœur, l’âme et l’esprit de Matthew. Sa flamme s’était éteinte à l’heure où la haine avait remplacé l’amour dans le regard sombre de son aimée. Il ne vivait plus. « Excusez-moi... Je… je cherche Monsieur McGregor. » Matthew releva un regard peu engageant sur le nouveau venu. Un bref coup d’œil lui apprit qu’il s’agissait du nouvel apprenti qui tenterait sa chance pour le poste de secrétaire d’édition. « C’est moi. » Guère encouragé par le ton froid de l’éditeur, le jeune homme s’empêtra dans ses mots jusqu’à finalement se présenter. « Je sais qui vous êtes. C’est ici. Vous avez tout sur le bureau. » Soit une pile de dossiers sur le bureau. Il accorda un dernier regard à cette pièce qui n’habiterait plus jamais le rire d’Héloïse.

***

« Il paraît qu’une jolie blonde habite ici. Vous la connaissez ? » Un sourire mutin sur les lèvres, cette première phrase de l’éditeur fit office de bonjour dès lors que Jordan ouvrit la porte. La fameuse demoiselle était son amie la plus chère. Matthew ne s’entourait que de peu de gens. Passé le cercle familial, on ne lui comptait que peu d’amis, à cause d’un caractère peu avenant et d’une forte envie qu’on lui foute la paix. Ainsi, dès lors que quelqu’un pouvait affirmer qu’il demeurait dans l’entourage amical de l’auteur, cela voulait dire qu’il vouait un profond respect et une grande affection à la personne. Cela était le cas pour Jordan qui était devenue cette amie de longue date. Ce genre d’amitié qu’il trouvait précieuse car ils s’étaient vus évoluer l’un et l’autre, sans avoir à s’expliquer les chemins tortueux de leur existence. De plus, cette relation était dépouillée de la moindre ambiguïté. Matthew se moquait souvent du fait qu’elle serait sûrement la dernière personne avec qui il voudrait avoir une histoire, dû à son caractère trop tempétueux. Ils passeraient leur temps à s’engueuler. « Tu serais libre pour prendre un verre, ou tu n’as pas encore terminé de repasser les chemises de Goldstein ? » se moqua-t-il. La voir enrager était généralement une récompense satisfaisante. Il connaissait plutôt bien l’implacable artiste, son esprit exigeant et dédaigneux. A ce jeu, il était dur de savoir qui était le pire quand un McGregor et un Goldstein étaient de mauvais poil. Mais par chance, Jordan n’était pas l’employée de Matthew et tout ce qu’il demandait, c’était un verre pour se vider la tête.
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Jordan McGrath
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DATE D'INSCRIPTION : 27/12/2017
MESSAGES : 308

MessageSujet: Re: « Vous n'auriez pas vu une jolie blonde passer ? » + Jordan ♥   Dim 25 Mar - 14:05

Bon sang mais j’allais la tuer ! Impossible de faire un pas dans l’appartement sans manquer de me vautrer. « Mais dégageeuuuuhh ! Non, non, pas toi Lucy. Désolée. » D’un nouveau pas instable je tentais d’enjamber Gloria qui me voyant avancer, se mettait au devant, tout en continuant à se frotter contre mes jambes sous des miaulements stridents. Je vais la tuer !!!! « Oui d’accord. On fait ça. Je m’en charge demain matin. Envoie moi tout ça par mail, mais t’inquiète je gère. » T’inquiète je gère. Cette phrase je devais la sortir au moins cent fois par jour. Parce qu’au final c’était ça mon job. Gérer. Gérer les rendez-vous, gérer les imprévus, gérer les crises, gérer la femme en furie ou les producteurs acharnés, les musiciens inquiets ou encore les diverses réunions auxquelles Monsieur Goldstein devait assister. Et parfois même gérer Goldstein lui-même. Et je crois que j’étais devenue experte en gestion. Mais gérer un chat affamé. Ça, c’était au delà de mes compétences. Un fois mon téléphone raccroché d’avec Lucy, je mettais le portable sur le canapé pour tenter une nouvelle fois d’aller poser mon sac. N’y parvenant pas sous les « miaou miaou miaou miaou miaaaaaaouuuuuu » répétés et incessant je finis par me laisser tomber sur le canapé. Gloria en profita alors pour sauter sur mes genoux, tricoter ma jupe crayon à 300 dollars et me filer des coups de boule. Tout ! Absolument tout, était bon pour ce chat pour tenter de me soudoyer. Des je t’aime hypocrites pour un bol de patée. En cet instant je détestais ce chat. La journée avait été compliquée. Sans une seule seconde à moi, pas même le temps d’avaler un truc à midi, il avait fallut gérer diverses crises. Comme si c’était mon problème que la révision de la voiture des musiciens n’avait pas été faite ! Je me retrouvai parfois à gérer de ces trucs ! Que je savais même pas comment ou pourquoi les gens avaient eu mon numéro de téléphone ! Un bip m’informa que Lucy avait bien envoyé le mail. Je soupirai avant de recevoir un nouveau coup de tête félin. D’un geste expert je retirai mes talons hauts. Ah quel bonheur ! Les fesses sur le canapé, les pieds à plat. Je n’avais plus envie de bouger. Jamais. « Miaaaaaaaaaaaouuuuu. » Et merde !

Alors un son retentit à la porte. Et re merde. Le chat sous le bras, je me levais pour aller ouvrir. « Il paraît qu’une jolie blonde habite ici. Vous la connaissez ? »
A cet instant précis, toute ma lassitude de la journée disparu. « Mattiiiiii. » Je lâchais aussitôt le chat dans un miaou dépréciateur et vexé pour venir enlacer mon ami et déposer un baiser sur sa joue. « Que je suis contente de te voir. Vas-y entre. » Je m’écartais pour le laisser entrer et me dirigeais vers la cuisine. « Attend faut que je nourrisse le fauve parce que sinon je vais en faire une écharpe. » Je n’avais pas fini de m’approcher du comptoir que Gloria, dans sa tyrannie absolue était déjà sur place à tournoyer et à m’empêcher d’ouvrir les tiroirs. Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi, si ils étaient si pressés que ça, les chats nous entravaient dans nos mouvements pour qu’on puisse les nourrir plus vite !!! Illogique les gars. Illogique totale ! Une fois la poilue servie je regardais mon ami et lui sourit. Que j’étais heureuse de le voir ! J’avais l’impression que ça faisait une éternité. Même si on s’envoyait régulièrement des messages, avec Matthew on ne se voyait pas souvent. Il faut avouer qu’il était un écrivain à succès, avec des grandes responsabilités et une pression familiale et professionnelle énorme. Et pour ma part, je bossais pour un homme avec des grandes responsabilités, et devait tout gérer afin que la vie de mon patron soit facile. Quant à la pression familiale, si elle n’était pas là, rien que le boulot valait tout le reste… « Tu serais libre pour prendre un verre, ou tu n’as pas encore terminé de repasser les chemises de Goldstein ? » Je plissais les yeux pour lui offrir un “ah ah“ muet. Puis je répliquais, hautaine et extrêmement fière de moi. « Je ne repasse pas les chemises de Monsieur Goldstein trésor. Je lui ai appris à le faire lui-même. » Monsieur Goldstein, tout talentueux qu’il soit, était un patron exécrable. Je ne doutais pas que Matthew lui trouve multitude de circonstances atténuantes pour excuser la tyrannie de mon Boss. En tant que Patron d’une très grande boite, Monsieur McGregor avait de quoi être tout aussi tyrannique. Mais quand bien même j’étais l’assistante de Goldstein. Non seulement j’étais THE ASSISTANTE, mais en plus j’étais une McGrath. Certes je n’étais pas dans l’entreprise de papa, et certes je préférais faire mon petit business de mon coté. Mais cela ne voulait pas dire que je ne pouvais pas être aussi terrifiante que ces messieurs. Mes stagiaires le savaient d’ailleurs très bien, et même le Boss avait dû apprendre à ronger son frein quand il s’agissait de me mordre. Après quelques coups de gueule où je l’avais laissé se débrouiller sans moi, Monsieur Goldstein et moi avions trouvé une entente parfaite. Donc non, je n’avais rien à craindre des dictateurs d’entreprises. J’offris alors mon plus beau sourire à Matthew et entreprit de ranger mon sac et mes talons. « J’ai un email de menace à envoyer et je suis toute à toi. » Que je lui annonçais en cherchant mon téléphone entre les coussins du canapé. « Tu veux aller dehors ou tu préfères qu’on se commande un truc ? Sers toi un verre, fait comme chez toi. J’ai du Laphroaig, cadeau d’un client après lui avoir dit que j’aimais le whisky tourbé. » Là dessus, j’abandonnais Matthew quelques minutes, mon portable en main, et rédigeant déjà mon email vindicatif. Je me dirigeais vers la salle de bain, où tout en écrivant mon message j’échangeais ma jupe crayon pour une paire de jeans. Bien plus confortable. Je ne me gênais pas avec Matthew. Les McGregor et les McGrath se connaissaient depuis des lustres, fréquentant les mêmes cercles et ayant les même amis. Les McGregor avaient d’ailleurs été parmi les premiers à apprendre pour mon adoption. Et si les premiers regards s’étaient montrés implacables, j’avais comme pour mes parents, ravis tous les coeurs. Seul mon grain de folie déplaisait un peu dans cet univers guindé, mais je crois que c’est justement ce qui plaisait à Matthew. D’aussi loin que je me souvienne je l’avais toujours regardé avec mes yeux d’enfant de la rue, ce qui fait que d’entrée, je lui avais parlé avec franchise et sans étiquette. Lorsqu’il avait rompu avec ma meilleure amie, et pour ce qu’elle lui avait fait, je m’étais retournée comme une furie contre la rousse. C’est là je crois que les McGregor avait compris que sous l’apparente irresponsabilité il y avait tout de même des valeurs et de la loyauté. Certes, bien qu’une McGrath, je ne représenterai jamais l’archétype du bon parti pour leur fils, mais au final, avec mon franc parlé je m’étais distinguée bien plus valeureuse que Jane et sa mise en pli parfaite. Et depuis ce jour là, mon amitié avec Matthew s’était débarrassée de tout filtre et il était devenu mon plus cher ami et allié dans la vie. Et j’espérai bien être la même chose pour lui, même si nos vies respectives nous empêchaient parfois de nous voir.

De retour dans le salon, je finalisais mon email et appuyais sur envoyer. Puis, fière de moi, je posais mon téléphone et regardais enfin mon ami. « Alors mon petit Matti, comment vas-tu ? » Je savais très bien qu’il détestait ce surnom. C’était bien pour ça que je l’utilisais… Un sourire sur les lèvres, je me saisis d’un verre de scotch puis m’affalais dans un des fauteuils.
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