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 J’étais dedans et dehors, fasciné et écœuré tout à la fois par l’inépuisable diversité de la vie. ♔ Matthew

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June H. McGregor
Admin McCarthienne
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MessageSujet: J’étais dedans et dehors, fasciné et écœuré tout à la fois par l’inépuisable diversité de la vie. ♔ Matthew   Ven 16 Mar - 16:24

« Je n’aime pas du tout l’immeuble d’avant … L’appartement à beau être magnifique je n’arrive pas à m’y projeter … » Nous vous présentons en exclusivité la meilleure défense de June McGregor pour ne pas prendre un appartement trop grand comme le voudrait sa douce famille. Je n’ai pas du tout envie de posséder une telle surface, un simple petit appartement cosy et chaleureux pourrait amplement me suffire. Ce qui n’est pas au goût de mes parents bien entendu. Ceux-ci avaient d’ailleurs prit soin de me faire une liste d’adresse à aller visiter ainsi que de voir quels lieux étaient les mieux placés par rapport à mon futur lieu de travail. Ils avaient pris également le soin de nous fournir quelques noms de personnes à rencontrer une fois sur place et si le temps nous le permettait entre les visites des appartements. Dans ma nouvelle aventure j’avais réussi à convaincre mon frère à venir. Le temps d’un week-end à New-York pour me trouver un nouveau chez moi, vivre loin de ma famille une nouvelle fois. La famille McGregor devenait de nouveau éparpillée dans le monde, même si finalement elle reste sur le même continent. Je me sens telle une nouvelle expatriée, trouvant sa place dans une nouvelle ville et un tout nouveau monde. Les buildings semblaient pousser comme des champignons tout autour de nous et le plus drôle était ce genre de petites maisons anciennes qui étaient conservées dans un patrimoine chéris par toute la population amoureuse de la belle architecture. Nous marchions le long de commerces non loin du centre hospitalier de Manhattan et je devais avouer que j’adorais le coin. Les immeubles se dressaient partout autour de nous mais aucun encore n’avaient réussis à attirer ma curiosité au point d’aller visiter l’appartement se trouvant à l’intérieur.

« Merci d’être venu avec moi. » Je remercie une nouvelle fois mon frère, entrainé de force dans cette histoire. Il était au courant de tout depuis le début et j’espérais secrètement que mon choix de partir loin d’eux, de Josh et de mon ancien travail n’allait pas chambouler une nouvelle fois la vie de tous. « Je me vois mal venir ici toute seule, enfin du moins pour choisir un appartement ! » Je tente de plaisanter, sachant très bien que j’aurais été capable de prendre le premier venu qui est le plus proche de l’hôpital. Il faut dire que je ne pense pas pouvoir vivre beaucoup dedans au départ, il me faudra connaître les dossiers de nouveaux patients, prendre connaissance de mes nouveaux collègues même si j’en connais déjà deux ou trois noms reconnus ainsi que connaître tout bêtement les lieux ! Je sens que je vais me perdre dedans au début, comme lorsque je me perdais au début à Los Angeles, avec le temps et de la persévérance je finirais bien par connaître l’endroit comme ma poche tout comme mon futur quartier.

« Oh Matt regarde ! » Je lui indiquais d’un geste de la main l’annonce annonçant le futur appartement que je devais visiter, l’adresse était la bonne et il faut dire que la façade de l’immeuble me plaisait beaucoup. Dans un style vintage assez agréable, quelque chose qui changeait beaucoup de ce tout ce que j’avais pu voir depuis le début de notre séjour. Enfin, de notre première journée finalement. Je marchais plus vite vers l’endroit, entrainant mon frère à la même cadence. L’appartement se trouvait au premier et devait posséder un petit balcon. L’agent immobilier nous y attendait pour nous le faire visiter, une fois les salutations faites nous sommes montés pour voir les lieux et faire un rapide tour. Mais dès la porte poussée le charme opéra. De large vitres éclairait une pièce à vivre recouverte d’un beau plancher. La cuisine ouverte sur la pièce donnait cet aspect conviviale que je recherchais avec assiduité. Si je devais vivre dans cette ville alors ce serait dans ce genre d’appartement et non pas dans un autre. « Si cet endroit est aussi beau que la première pièce que je vois alors vous n’avez pas de soucis à vous faire, je l’achète ! » Ma bonne humeur me porta vers les grandes vitres des lieux, la vue était magnifique. Le soleil donnait sur les vitres des buildings voisins, un peu plus loin un petit parc laissait pointer sa verdure. Je n’étais qu’à 10 minutes de marche de mon boulot et j’avais largement de place pour y vivre seule, voir même avec un chat si l’envie me prend. Ce qui risque d’arrivé, bien entendu. C’est que j’avais pris goût à la présence du chien de Matt et je me vois mal vivre sans un animal domestique à présent. « Qu’est-ce que tu en penses ? » M’adressais-je à mon frère en espérant que mon sourire soit aussi contagieux que ce que j’espère. Car au final, mon cœur est toujours en morceaux mais pour le moment je le vis bien.
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: J’étais dedans et dehors, fasciné et écœuré tout à la fois par l’inépuisable diversité de la vie. ♔ Matthew   Ven 23 Mar - 14:35

Matthew connaissait bien New York. Très régulièrement, il s’y rendait pour assister à des événements liés au monde du livre. Ce n’était pas rare qu’il doive faire également des déplacements pour accompagner des auteurs, rencontrer des éditeurs, décrocher des contrats, s’occuper de cessions… Bref, la vie d’un éditeur de renom. Toutefois, cela ne signifiait pas pour autant qu’il appréciait la ville. Bien au contraire. Trop grande. Trop bruyante. Trop empirique. La hauteur de ses buildings lui donnait le tournis. Il préférait à la démesure de cette immense cité, le calme étendu de Londres, et la proximité de cette campagne qu’il affectionnait tant. Il n’était guère enthousiaste à l’idée que sa sœur déménage à l’autre bout de l’état, mais il comprenait les motivations de son départ. Lui-même, s’il le pouvait, il s’enfuirait à l’autre bout du monde. Toutefois, il ne le pouvait pas. Ce qui l’emmerdait principalement, c’était ce qui forçait cette décision. Ne pouvait-elle pas seulement trouver un autre hôpital à Los Angeles plutôt que de prendre la poudre d’escampette si loin ? Il savait pertinemment qu’elle s’en allait à cause de son histoire avec Josh. Les papiers du mariage avaient été délivrés au fameux chirurgien et plus rien ne les liait l’un à l’autre. Cela devait-il marquer la fin d’une potentielle relation ? Visiblement. Matthew n’avait pu obtenir la moindre information supplémentaire hormis celle de la confirmation du divorce. June s’était refermée comme une huître, annonçant sobrement qu’elle comptait déménager à New York rapidement comme c’était prévu. Il n’avait pas cherché à creuser plus. Dans la famille, ils savaient les uns et les autres comment ils fonctionnaient. S’ils devaient parler, ils le feraient. Autrement, il fallait qu’ils se fichent la paix. Du coup, Matthew ne l’embêtait pas, déjà bien content que sa sœur lui ait demandé de l’accompagner à New York pour l’assister dans ses choix d’appartement. Leurs parents avaient voulu mettre le nez dans ses affaires, mais c’était mal connaître June quand elle avait une idée dans la tête. Elle avait déjà dédaigné nombre d’appartements très McGregoriens, mais qui n’étaient pas à sa convenance. Il sentait qu’elle allait se trouver un chez-elle à la Ellana. Avec beaucoup de simplicité, et petit. Bien qu’il ne s’opposait pas à ce départ, Matthew redoutait de vivre seul et d’être confronté à lui-même dans le vide de son existence.

« C’est normal. Je ne t’aurai pas laissé te perdre dans New York toute seule. » Un maigre sourire étira les lèvres de Matthew. Depuis quelques semaines maintenant, il jouait un rôle. Il n’était plus lui-même, arraché à ce qui donnait un véritable sens à sa vie. A ces heures où la vie ne le happait pas, c’était le souvenir d’Héloïse qui dansait autour de lui. Il se forçait à ne pas savoir ce qu’elle faisait, où elle était, ce qu’elle devenait… Bon sang, comme il avait envie de lui envoyer un message, d’aller la voir une dernière fois pour imprimer le délicat ovale de son visage dans sa mémoire. Il lui semblait qu’ils n’avaient eu que trop peu de temps ensembles face à l’infinie de cette existence où ils seraient séparés l’un de l’autre. Son cœur était froid, sombre et sec. Chaque jour était un calvaire que l’ombre d’Héloïse hantait. Mais face au reste du monde, il ne pouvait rien montrer. Il portait un masque qui lui allait si mal… « L’extérieur me plaît déjà beaucoup… » nota l’éditeur tandis que sa sœur le traînait vers le prochain appartement qu’ils devaient visiter. Pleine d’enthousiasme, elle ne fut pas longue à s’engouffrer dans l’appartement pour visiter le lieu dès lors qu’elle repéra l’agent immobilier. En tous points, il était semblable à ces appartements newyorkais typiques. Simples mais avec beaucoup de caractère et de charme. Matthew n’était pas insensible à l’atmosphère qui se dégageait de chacune des pièces. June s’agitait entre toutes les pièces de l’appartement en s’extasiant. Son frère était plus lent dans sa visite. Le cœur lourd, cette journée lui rappelait bien trop les visites qu’il faisait avec Héloïse pour choisir un appartement pour eux. Dire qu’ils devraient être en train d’emménager… Mais jamais ils ne vivraient ensemble. Jamais ils ne pourraient plus construire quoi que ce soit. Une silhouette, comme une ombre, glissa rapidement devant ses yeux. Tandis qu’il se trouvait dans une immense pièce qui pourrait faire office de salon, l’image d’Héloïse apparut. Rayonnante. Souriante. Aimante. Elle engloba la pièce de ses grands bras ouverts. « Comme c’est beau ! Matthew, cet endroit est merveilleux ! » Elle étudia de ses grands yeux bruns l’espace autour d’elle. « Ici, nous mettrons un canapé ! Et que dirais-tu de mettre une immense bibliothèque contre le mur ? Et le piano, ici ! » La silhouette éthérée s’évanouit d’un coup de vent, laissant l’esprit de Matthew pantelant. Son cœur sombra lentement dans sa poitrine, jusqu’à ce qu’il entende à nouveau le rire d’Héloïse. Il s’élança vers la source de ce doux éclat, arrivant dans la chambre. Il retrouva le corps de son aimée, se laissant nonchalamment tomber dans les draps neufs. « Ce lit est parfait ! Matthew, comme nous serons bien ici ! » Un triste sourire étira les lèvres de l’éditeur. Toutes ses entrailles se tordirent à cette vision perdue et ses yeux s’embrumèrent de larmes. Héloïse se redressa, dévisageant Matthew de ce regard qu’elle savait lui adresser à lui seul. Elle caressa sa joue, et il en sentit presque son empreinte. « Mon amour, qu’est-ce que tu as ? Nous serons heureux… tu l’as promis. » Une promesse qu’il avait rompu. Sans qu’il ne la touche, le poids de la bague d’Héloïse alourdissait sa poche. Cette bague qui scellait tant de rêves déchus. Sa gorge se serra, privé de parole. Elle lui manquait. C’était terrible comme elle lui manquait… chaque jour, chaque heure, chaque seconde… Le temps n’y faisait rien. Il avait toujours plus mal. « Qu’est-ce que tu en penses ? » Matthew manqua de sursauter. La voix de June l’avait brutalement ramené sur terre. L’ombre d’Héloïse s’effaça complètement, laissant derrière elle un cœur à la dérive. Devenait-il simplement fou ? Il se passa une main sur le visage, comme pour ôter tous les vestiges de sa fatigue et de son chagrin. Lorsqu’il se retourna, il arborait une expression tranquille. « J’aime vraiment beaucoup, c’est un appartement avec sacrément de caractère. » Il jeta ses mots rapidement, s’accordant de faire un tour plus appuyé du propriétaire pour donner un avis véritablement construit. « Tu n’as pas peur que ce soit trop petit ? » L’appartement, pour un spécimen appartenant au commun des mortels, n’était pas petit. Il était même plutôt grand, mais pas pour un McGregor. Il parvenait difficilement à s’arracher à l’empreinte d’Héloïse qui restait désespéramment agrippé à sa chair. « Est-ce que c’est loin de l’hôpital ? » demanda le poète à l’agent. Ce dernier répondit qu’il n’était qu’à une demi-heure, ce qui était royal dans une ville aussi immense. Il observa l’expression de sa sœur et retint un rire amusé. « Tu te projettes déjà, c’est ça ? » Il la connaissait par cœur.
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June H. McGregor
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MessageSujet: Re: J’étais dedans et dehors, fasciné et écœuré tout à la fois par l’inépuisable diversité de la vie. ♔ Matthew   Ven 13 Avr - 13:36

J’étais impatiente et terrifiée tout à la fois, j’avais terriblement envie de changer de vie, de changer de décor et de vivre loin de tous mes ennuis passés. Cette offre d’emploi était une merveilleuse nouvelle pour une fille qui ne savait pas quoi faire pour changer d’air. Ce changement de vie, bien que non voulu à la base, me donne envie de rêver en couleur de nouveau. Cet appartement me représente, il représente le magnifique futur qui s’étale devant mes pieds, quelque chose qui se trouve être loin de Josh, loin de notre divorce, de mes sentiments pour lui et de ce danger constant de se faire prendre dans notre remise de papiers ou d’échange sur le sujet de notre pariage passé. J’allais pouvoir tout recommencer ici, dans un endroit qui me plait beaucoup, dans une ville qui ne semble jamais dormir et qui est toujours active. Il y a toujours quelque chose d’intéressant à savoir dans un immeuble aussi, parfois la voisine qui pourrait laisser entrer de douter invités ou encore le voisin du dessus qui ennuie tout le monde avec des fêtes en continu chaque soir. Bon, ce ne serait pas le cas de l’immeuble où je m’apprête à vivre, trop de standing dans le coin pour que la voisine laisse entrer un voyou de bas étage pour passer la nuit. Mais il y aura certainement des choses à voir, à vivre et surtout quelque chose pour me faire rire. Je ne remarquais pas vraiment le trouble de mon frère, plongée dans mes propres pensées et dans mes sentiments envolés principalement. Je peux m’imaginer vivre dans cet appartement, adoptant un petit chaton pour qu’il ne soit pas trop vivre et me donner une envie de rentrer chez moi pour ne pas enchainer trop d’heure au boulot. Je me vois très bien dans un petit canapé cosy dans le coin lumineux du fond du salon, près de la fenêtre pour pouvoir observer le monde défiler à mes pieds. L’idée est plaisante et pourtant j’imagine aussi que Josh pourrait être dans la cuisine en train de nous préparer des smoothies, pourquoi ça ? Aucune idée. Peut-être parce que mon chat pourrait s’appeler Violette et que ce goût passe tellement bien avec d’autres associations de fruits. Mais je me reprends tout de même, je vais être heureuse. Je dois être heureuse.

Après une brève tentative d’avoir un avis de Matthew, je remarque que lui aussi est perdu bien loin dans son univers. Tout en fronçant les sourcils j’accueillais sa remarque qu’il a bien pu faire lors de nos autres visites également. Quelque chose n’allait pas mais bien évidemment ce n’est pas chez les McGregor que l’on apprend dès le plus jeune âge pouvoir communiquer ce que l’on ressent avec les autres. Alors je garde le silence même si sa seconde remarque me fait sourire. « Il est bien assez grand pour que je puisse y vivre seule, avec un chat peut-être … » Je réponds en jetant un nouveau coup d’œil à l’endroit. Je l’aimais beaucoup, il dégageait ce je ne sais quoi qui donne envie d’en faire son chez soi. Je vérifiais la distance avec mon futur lieu de travail, constatant que nous n’étions vraiment pas trop loin de ce dernier. « A peine 10 minutes en taxi, et puis je peux très bien m’acheter un vélo pour pouvoir faire du sport les jours où je n’aurais pas le temps. » Me convaincre, me convaincre que ce lieu est parfait, que je vais m’y plaire énormément et que jamais je ne pourrais rentrer à Los Angeles. Me persuader que je fais les bons choix … Ce n’est pas une chose facile. « Oui, je m’y projette déjà. » Je lui réponds simplement mais il était temps que je comprenne à mon tour ce qui n’allait pas chez lui, cette petite chose qui fait que son regard s’est à nouveau éteint même si je craignais d’en connaître déjà la réponse. C’est donc sur un ton délicat et incertain que je lui demande : « Je suis étonnée qu’Héloïse n’est pas souhaité nous accompagner. Je pensais qu’une aventure de recherche dans l’immobilier lui aurait plu. » Et j’aurais aussi eu envie d’ajouter qu’une aide féminine pour choisir un nouvel appartement n’aurait pas été de refus. « D’ailleurs, cela fait un moment que je ne l’ai pas vue, comment va-t-elle ? » Je demande avec innocence, sachant très bien que la réponse de mon frère ainsi que le ton qu’il emploiera me donnera toutes les réponses. C’est ce que nous avons appris depuis tout petit, apprendre à décrypter les visages et les expressions, la seule chose utile que nos parents aient finalement réussi à nous transmettre si l’on oublie ce nom qui ouvre trop facilement des portes. Mais mon intrusion dans la vie de mon frère était trop vive, trop dure et je me devais d’alléger l’ambiance. « Je me demande si je vais être capable de cuisiner seule ou si je vais finir par commander à manger tous les soirs … » Plaisantais-je en me dirigeant vers la cuisine, les fenêtres laissant entrer un grand bain de lumière sur les plans de travail en bois, mes doigts en caressant la surface tout en me dirigeant vers ces dernières. « Je vais être si loin de vous … » Formulais-je enfin à voix haute, rendant alors les événements encore plus réels à mes yeux.
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: J’étais dedans et dehors, fasciné et écœuré tout à la fois par l’inépuisable diversité de la vie. ♔ Matthew   Jeu 12 Juil - 9:28

Matthew n’aurait refusé la demande de sa sœur pour rien au monde. Suite à son divorce avec Josh, elle voulait prendre du recul sur les choses, prendre un nouveau poste à New York. L’éditeur savait que les déménagements n’étaient jamais très simples, surtout quand on laisse une partie de notre cœur au loin. Aussi, il l’avait accompagnée sur la côté est de l’Amérique, à la recherche de l’appartement parfait. La jeune femme avait déjà fait une première sélection d’une série de logements qu’elle souhaitait visiter. Et si, jusqu’à présent elle n’avait pas été charmée, il semblait qu’elle venait ici de trouver son bonheur. L’écrivain ne pouvait pas s’estimer débordant de joie à l’idée que sa cadette parte s’exiler à l’autre bout de l’Amérique à cause d’une peine de cœur, mais une partie plus égoïste de son esprit se disait que cela tombait à pic. Concernée par son propre chagrin et par sa poursuite professionnelle, elle pourrait se tenir éloignée des affaires de son frère, et notamment, de son histoire avec Héloïse. Car si, pour l’instant, Matthew n’avait pas tenu ses sœurs au courant de sa rupture inattendue et déchirante avec la jeune femme, elles finiraient bien par le savoir. De même qu’elles assisteraient à la suite du plan qui consistait à épouser Jane en dépit de tout ce qui avait pu se passer. Si le Lord avait su choisir avec une cruelle précision les mots qu’il avait servis à Héloïse pour qu’elle croie en son mensonge, il doutait que June ou Ellana puissent être aussi dupes d’un tel stratagème. Leur père, bien qu’aimant à sa manière, pouvait parfois se montrer d’une cruauté terrible s’il était convaincu du bienfondé de son entreprise. Généralement, toutes ses machinations servaient l’intérêt familial, leur richesse et leur réputation. Matthew avait l’impression d’être un vulgaire pion sur un échiquier géant, et c’était piteusement qu’il admettait que sa manière de rompre avec Héloïse avait été l’unique chose sur laquelle il avait pu avoir du contrôle. Mais pourrait-il dissimuler la vérité plus longtemps ? Actuellement, le jeune homme s’accommodait très bien de l’esprit préoccupé de sa sœur. June valsait à travers les appartements, des idées plein la tête, des doutes aussi, et des ressentiments. Pensait-elle constamment à Josh de la même manière qu’il ne parvenait à s’arracher Héloïse de la rétine ? Entendait-elle aussi sa voix dans chaque soupir qu’il entendait à loin ? Pouvait-elle sentir son parfum à chaque déplacement d’air ? C’était à en devenir complètement dément…

Matthew rassembla ses esprits et se constitua une expression neutre quand il rejoignit sa sœur dans le salon. Inutile d’être devin pour comprendre que cet appartement l’avait touchée en plein cœur. Effectivement, il s’agissait d’un merveilleux logement newyorkais, parfaitement convenable pour une interne seule encore en étude. Toutefois, pour des yeux mcgregoriens critiques, il paraissait bien petit. June, heureusement plus pragmatique, semblait s’en satisfaire. Cet endroit représentait tous les avantages dont elle avait besoin. En somme, il était parfait. Un léger sourire se greffa sur les lèvres du poète en observant ses yeux rêveurs qui se projetaient déjà dans cet appartement. Rien de ce qu’il pourrait dire ne parviendrait à le faire changer d’avis, aussi convaincant soit-il. Il s’approcha de la fenêtre, observant l’animation de la rue en contrebas, songeur et lointain. Son sourire s’était évanoui comme une bougie qu’on souffle. Sa main, enfouie dans la poche de son jean, éprouvait le métal précieux de la bague d’Héloïse. Il tressaillit quand il entendit le nom de cette dernière de la bouche de June. Il manqua d’avoir une plus vive réaction, mais il parvint à se contenir. Il était glace, roideur et impassibilité. Il serait inébranlable. « Héloïse avait des choses plus importantes à faire. » Comme se retrouver un travail après avoir osé la renvoyer. Son ton était placide, presque indifférent. S’il ne pouvait pas jouer la comédie en prétendant que tout allait bien et qu’ils vivaient toujours le parfait amour, il n’était pas obligé d’afficher sa peine. Comment est-ce qu’elle allait ? Le visage pétri de douleur et de larmes d’Héloïse s’accrocha au reflet de la vitre par laquelle il regardait. Son cœur se serra dans sa poitrine, malheureux et en souffrance. Il maintint un silence suffisamment long qui lui permit de répondre sans que sa voix ne puisse le trahir. « Pas très bien, sans doute. Mais elle s’en remettra. » Ses paroles étaient presque jetées avec désinvoltures. Econome d’informations, il souhaitait lui faire comprendre qu’il ne voulait pas pousser plus loin cette conversation. La pudeur McGregor était dans son camp et sa sœur ne poussa pas plus loin l’interrogatoire.

L’ambiance parut s’alléger, mais le cœur de Matthew ne restait pas moins aussi lourd que du plomb. Il s’arracha à la fenêtre pour suivre sa sœur vers la cuisine. Songer à son départ lui faisait également un pincement au cœur. Ils avaient longuement vécu en cohabitions. « Los Angeles et New York, ce n’est pas le bout du monde. Tu pourras venir nous voir. Puis je fais beaucoup de déplacement sur la côte est. Je passerai te dire bonjour. » Il n’en était pas moins que les choses ne seraient plus tout à fait les mêmes. Il en convenait assez bien. June creusait un peu plus le vide immense qui se formait dans sa poitrine. « Tu nous manqueras, c’est certain. » admit Matthew, plus émotif qu’il ne l’aurait voulu. Il s’adossa contre l’un des murs de la cuisine, observant longuement sa cadette. Il croisa les bras sur sa poitrine, et osa une question qui lui brûlait les lèvres depuis leur arrivée à New York. « Tu es sûre de ce que tu fais ? »
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