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 T'es né comme ça ou on t'a marché dessus ? Raphaël

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TEAM DONNA
Lou Morland
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MessageSujet: T'es né comme ça ou on t'a marché dessus ? Raphaël   Dim 18 Mar - 9:40

Je marche de long en large, ma main faisant claquer les lanières du martinet dans un petit bruit qui ferait frétiller n’importe quel sado-maso du coin. Mon regard parcourt la rangée de mioches se trouvant devant moi. Penauds, leurs yeux ne cessent de suivre le mouvement de l’objet responsable de bien des châtiments corporels dans le passé. Je me suis dit qu’il était temps d’agir. Ils ne sont pas sages et ça devient impossible. Dernièrement ils ont même organisé une mutinerie au réfectoire afin de protester contre le fait qu’il n’y a avait pas assez de frites et de burgers au repas. On a bien vite remis les choses en ordre et les mains ont été douloureuses lorsqu’il a fallu appliquer la punition : mille lignes et privés de dessert pendant deux jours. Pourtant ça ne les effraie nullement. Et ils ont recommencé encore. Je ne sais quelle mouche les a piqué mais ça me soule. Et autant dire que j’ai fini par être intransigeante. Implacable. Terrible Loulou est en action ! Prenez garde ! Ainsi, le martinet s’est imposé comme la meilleure solution. Au début, j’ai hésité entre le fouet et le sabre. Mais le cuisinier m’a fait comprendre que le sabre risquait d’être dangereux et le fouet pouvait ramener à l’esclavagisme. Alors je me suis décidée pour autre chose. Ça n’a pas été une mince affaire d’en trouver un. J’ai trouvé mon bonheur dans un sex-shop pour vous dire. Même qu’il y a écrit sur le manche « petit coquin ». Autant dire que ma main est toujours fermement posée dessus histoire que personne ne lise cela. Il suffit de rien pour que les enfants prennent la confiance. Ainsi munie de mon instrument du plaisir - ou de peur au choix - j’essaye de remettre de l’ordre. « Vous voyez cela bande d’ingrats !? Et bien ce sera votre prochaine punition si vous n’êtes pas sages ! » J’ai l’impression d’être Poison Ivy devant tous ses sbires, la fixant avec appréhension. « Comprenez-bien. Ma patience a des limites. Et vous êtes en train de les atteindre... Je vais devenir moins gentille. En plus ça fait mal... » Et à ses mots, je fais claquer le martinet contre ma cuisse pour faire une petite démo en douceur sauf que... « TA MÈÈÈRE ÇA BRÛÛÛLEEEE !!!!! » Je m’exclame en poussant un gémissement de douleur tant la brûlure est forte malgré le jean séparant ma peau des lanières de cuir. J’ai claqué trop fort et les larmes me montent aux yeux. Vite vite faut que je me reprenne. « Vous voyez ? Ça arrache à mort ! » Je continue de marcher de long en large non sans boiter légèrement. Quel est le fils de macaque capable de se flageller avec ça !? Faut vraiment être ouf, j’en reviens pas. « Maintenant, tenez vous à carreaux. Et soyez sages. Sinon... » Et là point de démo, je secoue l’objet de torture devant leurs yeux terrifiés, fière de moi. J’espère que ça va les calmer. Et sans plus attendre, je mets fin à cette entrevue glaçante « Déguerpissez. » Un signe de tête et les voici en train de se ruer vers la porte de sortie allant je ne sais où. Je me sens victorieuse et très en beauté avec mon martinet. Je suis prête à faire le grand écart de la victoire mais je sens alors qu’on s’agrippe à ma main. M’apercevant qu’il s’agit de Lyra, je lui souris tendrement mais je sais ce qu’elle attend de moi. Et ma réponse ne lui fera pas plaisir. « Il n’est pas venu. » Ses épaules s’affaissent, son visage, auparavant empli d’espoir, témoigne désormais d’une intense déception. « Hey... » Je m’accroupis pour me trouver à son niveau. « Il viendra, et tu sais pourquoi ? » Elle secoue la tête, me fixant d’un air intrigué. « Parce que s’il ne vient pas, j’irais lui botter le cul avec ce martinet ! Avec ces lanières, j’imprimerais ton prénom sur sa cuisse. Et il ne pourra plus jamais oublier que tu l’attends, ça marche ? » Si je ne lui apporte pas de bonnes nouvelles, je ne peux cependant nier que mes paroles l’ont réconfortées. Elle sourit avant de se jeter à mon cou et de me chuchoter « Je t’aime Lou. Et botte lui le cul très fort alors ! » Bon en temps normal, je l’aurais reprise mais bon j’ai mal parlé devant elle et puis je sais qu’elle est triste parce que ce troufion ne vient pas. Heureusement qu’elle est enfant et que je peux encore lui procurer un peu de bien être. Du moins j’essaye.

***

Bien plus tard, lorsque j’ai fini ma journée. Je suis assez fière de moi. Les petits se sont tenus à carreaux et je n’ai pas arrêté d’exhiber mon martinet de partout. Avec le cuisinier, nous sommes partis sur une conversation salace résumant tout ce que nous pouvions faire avec. Et autant dire que j’avais hâte de m’en servir. Mais pour l’heure, je me contente de me casser. C’est la fin de ma journée et en plus, j’ai un cours de boxe thaïlandaise. Autant dire que ça va saigner et ça va chier. J’ai trop d’énergie à revendre et j’ai terriblement envie de me servir de mon nouveau jouet. Il va juste falloir convaincre le prof. Ce n’est pas gagné mais j’y crois. Aussi, montant dans ma voiture de sport, je m’élance en faisant serrer le frein à mains. Les pneus fument et crissent sur le bitume. C’est ce que j’appelle, partir avec élégance. Durant le trajet, je m’époumone comme une dingue sur du Lady Gaga, égérie de la communauté LGBT. Autant dire que c’est la mienne aussi. Et c’est alors que, me trouvant dans Beverly Hills, je le remarque. AH ! Voilà comment je vais me servir de mon martinet. Ni une ni deux, je me gare n’importe où. Peu importe. J’ai pas le temps ok ? L’heure est grave. Et je sors de ma voiture, répondant à un badaud par un majestueux doigt d’honneur lorsqu’il vient me dire que je suis mal garée. Accélérant le pas, j’exhibe l’objet tant aimé et avance vers la silhouette, dos à moi. La chevelure m’a permise de le reconnaître. Sa veste de motard démodé aussi. C’est dommage parce qu’il a un beau cul quand même. Mais c’est un mec et c’est suffisant pour me donner envie de vomir. Et puis, merde, j’ai envie de rire et de le sermonner aussi. Surtout rire. « ALORS PEDOBEAAAAR ON CHERCHE MAMAN ?! » Je m’exclame en lui claquant le boule d’un solide geste de martinet. Le frottement du cuir contre le jean éveille mon rire enjoué, et je dois admettre que ce son est ... irrésistible. Le laissant pivoter, je m’écarte d’un pas en arrière afin d’éviter toute réaction violente et physique de sa part. « Bonjouuuuuuur ! « !Mon sourire est jovial. J’ai trooooop envie de rire mon dieu. Et vu sa gueule, ça m’aide pas à garder mon sérieux. « T’es ma première victime du martinet, autant dire que j’ai adoré. Est-ce que tu peux pivoter et te pencher un peu pour que je puisse encore te claquer les fesses avec ? Allez steuuuplaiiiit !? » Il va me tuer c’est clair. Mais je m’en moque. Je n’attends que ça d’ailleurs.
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Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: T'es né comme ça ou on t'a marché dessus ? Raphaël   Ven 23 Mar - 14:45

Il ne savait comment elle avait fait pour savoir qu’il avait trouvé un travail et dans quel garage il travaillait. Il soupçonnait son frère Daniel de s’être mêlé de ce qui ne le regardait pas. Leur première rencontre, après plus de vingt ans de séparation, ne s’était pas déroulée sous les meilleurs auspices. Raphaël n’avait pas apprécié son ton moralisateur et les propos qu’il avait tenu. A l’entendre, il devait lâcher-prise, regarder Judith partir sans qu’il ne proteste. Elle demeurait encore sa femme ! S’il prenait son mal en patience, il n’en perdait pas moins son objectif de la ramener à lui ; non plus par la force, mais par les sentiments. Sauf que lorsqu’il l’avait vue arriver en cette fin d’après-midi, la détermination dans son regard lui fit comprendre qu’elle avait dressé d’épaisses et grandes murailles autour de son cœur. Il avait extirpé sa tête du capot où il travaillait avec application. Son travail avec Alaric lui avait conféré une certaine rigueur. Professionnellement, du moins. « Bonjour… » Le ton trahissait les émotions qui nouait la gorge de Judith. Toutefois, Raphaël ne décelait aucune faiblesse causée par des sentiments amoureux qui continuaient à la faire douter de ses choix. Non. Il ne sentait que la crainte et l’appréhension. Autrefois, il ne l’aurait pas vu. Un voile était posé sur son regard. Qu’est-ce qui avait changé dès lors ? En retrouvant certains membres de sa famille qui représentaient son socle d’autrefois, il semblait qu’il avait retrouvé cette part d’humanité qui lui avait fait défaut toutes ces années. Parce que désormais, il n’y avait pas que Judith qu’il pouvait décevoir. Mais aussi sa famille, Becca… Et même Lyra qui prenait une place étrange dans sa vie malgré tous ses efforts pour l’ôter de ses pensées. Etait-ce donc tout cela ? Mais plus encore, et sans qu’il ne se l’avoue, la mort de Mary l’avait ébranlé à un point inimaginable. Jusqu’ici, elle demeurait ce doux regret qu’il avait laissé dans le sillage de son passé. Même s’il avait renoncé à elle, il la savait en vie, quelque part. Il se rassurait quelquefois à l’idée qu’elle songeait parfois à lui, qu’elle pouvait regretter de lui avoir demandé de partir vingt ans plus tôt, qu’elle portait la même cicatrice que lui. Sans avoir la prétention de croire qu’il le reverrait un jour, il aimait savoir que ses pas foulaient encore cette terre. Aujourd’hui, ce n’était plus le cas. Elle était morte, mettant un terme définitif à cette histoire qui s’était éteinte il y a déjà bien longtemps. Il réalisait combien ses sentiments n’avaient aucune cohérence. Que tout ceci était ridicule. Il aurait presque aimé ne pas savoir, mais la fille de Mary était venue lui apporter la terrible nouvelle. Cette fille. Sa fille. A toutes ces années qui s’étaient écoulées, il n’avait pas uniquement perdu la femme qu’il aimait, mais aussi sa fille. Pourquoi ne lui avait-elle pas dit ? Pourquoi ne lui avait-elle pas rendu sa paternité ? Pourquoi ne pas avoir pu rentrer à nouveau dans sa vie ? Il en devenait fou de se frapper l’esprit de toutes ces questions. Si seulement il avait su… S’il avait su, il se serait battu pour rester avec Mary, pour être le père de cette gamine qui le détestait tant. Tout n’était que regret quand il se noyait dans le regard de Skylar, si semblable à celui de sa mère. Quand il vit Judith, ses entrailles se serrèrent de cette sensation trop familière. Il la perdait elle aussi. Devait-il mener aussi ce combat voué à l’échec ? « Il fallait que je te voie… pour te donner ça. » Elle lui tendit les papiers. Sans aucun autre mot, Raphaël attrapa les documents après s’être frotté ses mains souillées de cambouis sur son pantalon. Il eut à peine à jeter un coup d’œil pour comprendre de quoi il s’agissait. Il les lâcha négligemment sur le capot, retournant à son ouvrage. « On en a déjà parlé. » Et c’était non. La voix froide du motard savait effrayer suffisamment son épouse autrefois. Pas cette fois. « Avec Derek et la petite, nous allons quitter Los Angeles. C’est fini, Raph… » Se battre ne rimait à rien. La fin du combat. La fin de cette guerre. Il était comme un soldat qui luttait pour défendre un champ de ruines. Il ne répliqua pas mais arrêta son travail. Il aurait voulu continuer à lui dire de rester et de l’aimer. Lui ordonner. Lui demander. Lui supplier. Pour la première fois, son regard l’en dissuada. Il ne savait pourquoi il ne parvenait plus à défendre ce que son cœur désirait. Il était épuisé de se battre lui aussi. Trop d’amers sentiments le tenaillaient. « Je te les laisse… » Il ne le retint pas tandis qu’elle s’en allait avec la même gravité où elle était arrivée. La mâchoire du mécanicien ne se desserrait pas, comme si la moindre parole aurait été souffrance. Après quelques minutes, il prit à nouveau les papiers entre ses doigts. Longuement, son regard s’accrocha à ce papier qui portait la signature de sa femme, et qui attendait désespéramment la sienne.

***

La douleur fut inattendue et fulgurante. Il reçut le coup en plein derrière, le faisant hurler avec un ours blessé dans toute la rue. Son beuglement fut presque couvert par le hurlement joyeux de cette voix qu’il redoutait. Un jour, il en ferait des cauchemars de cette nana. Il devrait faire des thérapies, faire un travail intérieur sur lui-même. Comment avait-elle fait pour le retrouver ? Ne pouvait-elle pas lui ficher la paix ? Pour l’heure, il se retourna d’un bloc, fou de rage et envoya son bras en premier, désireux de lui en retourner une qui la foutrait parterre. Mais la furie était agile. D’un pas en arrière, elle esquiva le coup. La salope. Comment cette fille faisait-elle pour arborer les réactions les plus improbables qui soient ? Elle passait de la rage au contentement, telle une bipolaire de l’extrême. Son regard noir ne devint plus que le représentant d’une rage souveraine. Il foudroya Lou qui, si elle n’était pas cette tarée congénitale, ce serait enfuie en courant. Sans un mot, il attrapa ce fameux martinet. Son geste fut suffisamment rapide et violent pour qu’elle n’ait pas le temps de resserrer sa prise sur l’objet. Il ne prit pas la peine de vérifier où il le lançait. Son bras s’arma d’une longue amplitude, propulsant l’objet long vers l’horizon, se perdant dans une foule et s’échoua probablement sur quelqu’un, car un cri lointain retentit ; et le tout, sans lâcher Lou du regard. Elle avait des beaux yeux cette connasse. Mais là, il ne s’arrêtait pas vraiment sur ce détail. « Va-chi-er. » grogna-t-il sombrement, détachant clairement chaque syllabe entre ses dents serrées. Sa fureur froide était encore la meilleure chose qu’elle pouvait espérer. Du moins, si elle ne poursuivait pas ses assauts de dégénérée. Il se retourna, non sans une certaine appréhension. Son cul lui faisait mal, mais l’objet du délit était bien loin. Il se barra donc. Trop envieux de mettre de la distance entre cette folle et lui, il ne prit pas garde au fait que les papiers du divorce s’étaient échappées de sa veste, tombant au pied de la furie brune.
Dommage.
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Lou Morland
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MessageSujet: Re: T'es né comme ça ou on t'a marché dessus ? Raphaël   Ven 6 Avr - 7:29

Je crois que si je devais expliquer ma vie à un psy, il m’internerait direct ! C’est vrai que mon caractère est assez foufou fufufu , je peux passer du rire à la fureur en une fraction de secondes. Pleurer, ce n’est pas mon truc. Je pleure rarement. Pour des choses qui me font mal oui, mais la plupart du temps, je me contente de serrer les dents et de frapper sur ce qui arrive devant mon nez. Ouiiii, je suis une ouf moi ! Je frappe même les chats errants et les vieilles mémés ! Sans peur, ni reproche la Lou ! Et forcément, quiconque aurait pu peur d’affronter Pedobear armée du martinet. Surtout lorsque l’on connaît le fin caractère du monsieur. Pour ma part, je ne ressens rien en dehors du fait que je devais le voir, et qu’il a fini par apparaître devant mon champ de vision. C’est parfait ! J’ai plein de choses à lui dire, je dois lui castagner le cul jusqu’au sang, afin de voir ses larmes couler le long de ses joues râpeuses. Pour Lyra. Uniquement pour elle, ma toute petite. Mais pour l’instant, nous ne sommes pas encore au stade de la conversation au coin du feu. Pour l’instant, c’est Party Hard !!! Et je compte bien y mettre tout mon cœur. Sauf que si j’esquive son poing bien placé, je n’évite pas l’enlèvement du martinet. « Nooooooon ! » Je braille tandis que je vois l’objet de mes désirs s’envoler, au loin, atterrissant sur ce je-ne-sais-quoi… Aussitôt, ma lèvre inférieure remonte et se met à trembler tel un enfant s’apprêtant à fondre en larmes. En plus, il me dit d’aller chier. « Mais.. Mais… » Je pose ma main sur mon cœur, tandis qu’il tourne les talons pour se casser.  Et bah dis donc, il est mal léché le petit ours ! Il a oublié de boire son café ou quoi ?! Alors que j’étais de si bonne humeur !! C’est un comble ! Un traître à son destin ! Je suis choquée ! « C’est pas gentiiiiil !!! » Je braille soudain, en serrant les poings de chaque côté de mon corps. « Connard ! Connard ! Connard ! » J’explose soudain, avant de replier soudain les bras et de m’accroupir. Ouais, vu comme ça, on dirait que je suis en train de chier. Mais non, j’ai décidé de bouder fixant la silhouette de dos, d’un regard noir jusqu’à ce que… un point blanc attire mon attention. Je me rends compte alors qu’il s’agit de papiers. Et pas n’importe lequel, des papiers officiels évoquant un divorce que je finis par prendre. Les noms me sautent à la figure et il y en a qu’un qui me fait sonner l’alarme dans ma tête. « Mais ! » Je me redresse afin de voir si ce glandu ne s’est pas mis à courir afin de me fuir. Mais non, je l’aperçois encore au loin.

Ni une, ni deux, je me redresse aussi agile qu’un colibri, et aussi souple qu’un chimpanzé, et voilà que je cours, papiers en main que je finis par glisser sous mon t-shirt pour avoir les mains libres. Je cours vite, on m’appelle Usain Bolt vous savez ? Enfin, on s’en branle. Je finis par arriver vers vite vers Raphaël, et sans un mot, je me jette dans son dos, m’agrippant à son cou non sans lui avoir claquer le boule avant. « Pédobeaaaaaar ! T’as oublié un truc super important ! » Le temps qu’il capte tout ça, qu’il réagisse et rugisse comme le lion qu’on essaye de dompter, j’ai raffermi ma prise, enroulant mes jambes autour de sa taille, serrant plus les jambes. Vous savez qu’en boxe thaï, il me suffit juste de donner un coup de rein en arrière et nous basculons. Sauf que moi je fais une roulade arrière et que lui, bah il va avoir mal. Mais ce n’est pas le but de mon geste. Je me contente de rire comme une damnée « Les papiers de ton divorce ! Rhalala, t’es tellement occupé à vouloir t’éloigner de moi que tu fais tout tomber ! » Quelle insouciance mes amis ! Ce petit chou a trop de choses en tête. « Imagine un jour que tu fasses tomber ton p’tit kiki, hein ? Bon ce ne sera pas quelque chose dont on se plaindra mais quand même ! Mais où as-tu donc la tête ? » Il va me tuer !! C’est clair ! J’aurais dû appeler les pompes funèbres juste avant. Mais l’envie de le faire chier est trop tentante. Même quand il se démène pour se débarrasser de moi. Sauf que je m’accroche, tous sourires. « En plus, tu as lancé mon jouet ! Ce n’est pas bien, maman est très colère… » Venant plaquer ma joue contre la sienne, je tourne légèrement la tête pour lui susurrer à l’oreille. « Très en colère… J’fais comment moi ce soir pour envoyer mon partenaire au septième ciel. » Et puis, parce qu’il se démène trop, je finis par me jeter en arrière comme dans la boxe thaï, nous entraînant tous deux dans la chute. Sauf qu’il bouge trop et bien ce glandu. Au lieu de pivoter complètement, afin de me retrouver sur lui et de l’immobiliser encore plus, je me retrouve simplement dos plaqué contre le trottoir, Raphaël toujours immobilisé contre moi. Alors je dégaine mon arme ultime destinée à me laisser la vie sauve. « Hey, j’suis sérieuse, t’as fait tomber tes papiers du divorce ducon ! Donc t’as retrouvé ta femme mais elle ne veut plus de toi ! Tu vas faire quoi ? Je connais des gars sympas qui pourront t’aider à tourner la page de ton livre, ah que j’suis drôle !! » Mon rire surgit parmi nous, je suis insupportable parfois, oui même moi, je le reconnais ! « Mais ça va sinon ? T’as peut-être besoin de pleurer ? Je dois avoir un vieux kleenex au fond de ma poche. » #tropdecompassion


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Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: T'es né comme ça ou on t'a marché dessus ? Raphaël   Jeu 12 Avr - 23:14

Ça le rongeait et ça le dévorait. Ça le grignotait et ça le rendait fou. Toute cette amertume, cette douleur, cette colère, cette rancune, cette violence qui pulsaient en lui à chaque seconde. Ses sentiments s’emberlificotaient à ses pensées, ça s’entortillaient et ça me mordaient la queue dans une danse macabre. Il ne parvenait plus à éclaircir ses idées, ni même à poser une véritable émotion à ce qui était en train de se produire. Les papiers dans la poche intérieure de sa veste, il sentait tout le poids qu’il transportait avec lui. Ça lui alourdissait le cœur et les entrailles. Il en était malade de se dire qu’il était en train de perdre la partie, qu’il devrait encore dire adieu à une femme qu’il aimait sans avoir le droit de se retourner. Il était abandonné, banni, rejeté, malmené une fois encore par un cœur qui ne le désirait plus. Comment faisait-il pour embraser des cœurs qui s’éteignaient d’un simple souffle ? Au fond de lui, il le savait mais la vérité ne lui plaisait pas. Il n’avait pas envie de l’entendre car il n’avait aucune intention particulière de changer. Il ne devait être aimé que pour ce qu’il était. Et à côté de cela, dans ce monde où il courait après des rêves perdus, des fous lui couraient après. A commencer par cette folle dingue qui, après avoir maltraité son séant, braillait son jouet envolé. Raphaël songeait parfois qu’il vivait à la bien mauvaise époque. Quelques siècles auparavant, dans cette Amérique redoutable et intraitable, il aurait pu la descendre sur place avant de poursuivre son chemin, déchargeant le monde d’un ennui supplémentaire. Car Lou était catégorisé dans la case des personnes problématiques. Depuis qu’elle était entrée dans son existence avec cette maudite gamine, tout ne faisait que s’empirer. Pourquoi n’étaient-ce pas elles qui prenaient le large ? Toujours était-il qu’il ne possédait pas la patience d’écouter ses revendications, de se chamailler avec elle ou de supporter ses sautes d’humeur. Il n’était pas son mec, merde ! Aussi tourna-t-il les talons, bien décidé à abandonner une Lou transformée en Hedwig sur le trottoir.

Sur les prochains mètres qu’il parcourut, il se crut débarrassé définitivement d’elle. Trop beau pour être vrai… Mais il y croyait de toutes ses forces, gageant qu’une partie du cerveau de la brune avait assimilé la nature de Raphaël. Aujourd’hui, il valait mieux pour le commun des mortels de le laisser tranquille. Même Becca n’aurait pas assez de pouvoir pour balayer les pensées sombres qui gravitaient autour de lui. Mais Lou n’était pas le commun des mortels. Lou n’avait pas un cerveau qui souhaitait sa protection. Lou n’avait pas cette alarme dans son esprit qui lui hurlait quand est-ce qu’il fallait fermer sa gueule. Alors Lou, elle se mit à gueuler et courir après le motard. Ce dernier, l’air renfrogné, ne prit ni la peine d’écouter, ni la peine de s’arrêter pour entendre ce qu’elle s’époumonait à dire. Qu’elle aille crever en Enfer ! Brusquement, il sentit une chose venir s’accrocher à son dos, enrouler ses jambes autour de sa taille et ne plus s’en décoller. « Bordel, dégage de là ! Casse-toi !! » beugla-t-il comme un ours attaqué, se démenant dans tous les sens pour lui faire lâcher prise. Dieu l’envoyait-elle sur Terre pour le punir ? Raphaël n’était pas croyant mais il se posa subitement la question. Il s’immobilisa quand elle parla des papiers du divorce. Quoi… ? « T’as fouillé dans mon manteau, connasse ?! » l’accusa-t-il immédiatement, n’écoutant pas qu’il était en tort. En même temps, avec toutes les conneries qu’elle pouvait déblatérer à la seconde, il fallait bien qu’il fasse du tri dans les informations. Question de survie. Il reprit de plus belle pour la faire descendre de son dos. Quand il la sentit partir en arrière, son bras partit d’un seul coup pour la retenir par le poignet. Si bien que lorsqu’ils s’écrasèrent au sol, ce fut ensembles. Les gens autour d’eux s’écartèrent plus encore qu’ils ne s’étaient déjà éloignés. Il ne serait pas venu à l’idée d’un seul d’intervenir dans cette joute qui les opposait. A savoir qui était la vraie victime… De nouveau, elle évoqua le divorce, sa femme… Elle se moquait tant que son sang se mit à bouillir dans ses veines. Pire que tout, ce fut le rire qui fusa de sa gorge. Une malade mentale… Retrouvant ses vieux réflexes de l’armée, il pivota rapidement pour se retrouver face à la jeune femme. De son corps, il la gardait plaquée contre le bitume et empêchait le moindre de ses mouvements. Elle aurait voulu se gratter le nez qu’elle n’aurait pas pu. Sa main libre pinça son visage entre ses doigts. Dans d’autres circonstances, il aurait pu rire de la gueule de poisson asthmatique que cela lui faisait, mais pas là. « Ta gueule ! Ta gueule ! Ta gueule, putain ! » rugit-il dans un cri grondeur et douloureux à la fois. Le cœur broyé, l’âme en friche, les entrailles déchirées. Il avait trop mal pour que quiconque se joue de lui. « Qu’est-ce que j’t’ai fait pour que tu fasses chier autant ?! Va en emmerder d’autres, sale garce ! Y’a suffisamment d’autres connards comme toi sur terre ! » Il referma sa prise, plongeant son regard noir dans le sien. « Je t’ai déjà dit de ne jamais parler de ma femme. Alors maintenant, tu fermes ta-putain-de-grande-gueule. » Il détacha bien chaque syllabe. D’un geste brusque, il la relâcha, récupéra ses papiers et se redressa de toute sa hauteur. « Ne t’avise plus jamais de te mêler de mes affaires. » Ce n’était pas un ordre, c’était une menace qui vibra dans la gorge de Raphaël. Des personnes osèrent s’approcher quelque peu, croyant à une agression de la jeune femme. Et de l’un d’eux qui crut bon de dire à Raphaël de se calmer, il reçut son poing en pleine face. De nouveau, il tourna les talons sans accorder la moindre considération à Lou, ou à l’autre type qui avait le nez en sang.
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Lou Morland
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MessageSujet: Re: T'es né comme ça ou on t'a marché dessus ? Raphaël   Dim 20 Mai - 8:00

Non mais ce mec est sacrément en rogne quand même. Bon ok, j’avoue que je suis insupportable. Mais ça partait pourtant d’une bonne intention. Après tout, j’aurais pu le laisser se démerder tout seul. Imaginez que je le laisse partir, ses papiers par terre. Il se présenterait alors chez l’avocat sans rien ? J’ai bon coeur, c’est une évidence. C’est juste que je ne sais pas comment réellement l’exploiter. Je suis un peu handicapé e de ce côté là. Et surtout, j’ai zéro compassion. Parce que je pourrais m’attrister de son sort. Seulement voilà, ce n’est pas le cas. Je le brutalise un peu plus, allant toujours plus loin dans la provocation. Sa manière de réagir me fait tellement rire en plus. Sauf que voilà, lui ne rigole pas. Mais alors pas du tout. Et même qu’il se fait plaquer au sol, par mes soins. Il pivote rapidement et je dois avouer que je n’ai pas le temps de contrer. Immobilisée par son corps, le visage pris par l’étau de sa main, je gémis parce qu’il est en train de me faire mal. Et j’aime pas. Je pourrais m’énerver, réagir en ruant comme un cheval enragé. Mais sa colère est si grande que j’en suis tétanisée. Voilà que moi, Lou Morland, je suis muette face à un homme me demandant de me taire, hurlant comme un dératé. Visiblement, j’ai été trop loin. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Il n’est vraiment pas content du tout, me sommant de mêler de mes affaires. Et surtout, surtout ! De ne plus jamais parler de sa femme. Sur ces mots, il me relâche avant de se redresser tout en prenant ses papiers. Je me redresse tandis que quelques passants s’approchent de nous deux. Si l’une s’accroupit à côté de moi, l’autre s’approche de Raphaël et se mange une bonne droite dans la tronche. « Mais... Mais Pedobear... » Je murmure bouche bée. Il s’éloigne sans même se retourner. « Mademoiselle, souhaitez vous que nous appelions la Police ? » Me demande la femme, avec un sourire peiné. « Mais quel chenapan ! » Je ris faussement tout en me redressant avec élégance. Bon ok, je grimace parce qu’avoir eu son poids contre moi, ça m’a un peu fait mal. Mais qu’importe, j’ai un honneur à sauver. « Ne lui en voulez pas mes braves, ce jeune étourdi souffle d’un pluri-dédoublement de la personnalité. Vous savez tous les matins, je le retrouve en train de se taper la tête contre le mur. D’ordinaire il a ses cachets mais là... Oups ! C’est vrai que Mademoiselle Patricia a tendance à se montrer violente parfois. » Petit clin d’œil face à des gens peu rassurés. « Je vais le récupérer. Ne vous inquiétez pas, ce soir il dormira dans sa chambre capitonnée ! » Éclatant d’un rire de bourgeois et les saluant d’un élégant signe de la main, je m’élance alors vers la destination où il est parti, braillant « Keviiiin Weeenddeeell Cruuuumb !!! » Sauf que je ne retrouve pas cette tignasse. Je vais dans une rue, puis dans une autre. Mais rien. « Mais naaaaaan ! » Je geins d’un air profondément malheureux avant de donner un violent coup de main dans une poubelle. Oui j’suis un peu bipolaire. Mais voilà, j’ai perdu Pedobear et ça me gave ! Pire que d’avoir été plaquée au sol sans ménagement. 
***

Mais je me remets bien vite de mes émotions, bien décidée à profiter de ma soirée arrivant. D’ailleurs, point de bar gay ce soir. Je rentre dans un de mes endroits favoris de la ville. Même que j’ai rencontré Otto. Zack. Même Pedobear. C’est vraiment le lieu de toutes les rencontres. C’est donc d’une voix claironnante. « BONSOUEEEERE PARIIIIS ! » Je clame tout en venant prendre place sur l’un des tabourets. Surmotivée, je tape un air sur le comptoir avant d’être accosté par le barman que je connais bien. « Saluuuut mon pote ! Tu me sers comme d’hab’ ! J’ai eu une journée de chien-là, j’te raconte pas ! » Pivotant sur l’assise, j’en profite pour regarder l’assemblée. Quand je le remarque alors. Assis tout seul à une table. Il ferait presque peine à voir. Bon ok, j’avoue mon cœur se serre. Je manque presque d’étouffer quand je m’aperçois que je suis en train de ressentir de la compassion pour lui. Est-ce parce qu’il m’a plaqué au sol ? Le cerveau a t-il été touché ? Serais-je en train de devenir gentille. « SAINT ANTOINE ! » Je pose une main sur mon cœur en me demandant ce qu’il m’arrive. « Tout va bien Loulou ? » Me demande le barman avec un sourire amusé. Je secoue la tête. « File-moi un sac… en papier… » Il se met à rire, me demandant si je suis déjà bourrée. Mais il me tend le sac et j’en profite pour le foutre à ma bouche, respirer lentement et sûrement. Quelques secondes avant de l’enlever. « Arrête, j’éprouve de la compassion !! » Et d’un bond, je me lève et vais donc m’asseoir en face de l’autre couillon, mon sac dans ma bouche. Inspire. Expire. Inspire. Expire. Puis je l’enlève sans être choquée de sa façon de m’accueillir. « On dit bonjour Kevin. Ce n’est pas bien de souhaiter la bienvenue aux gens de cette façon ! » Et pouf, je me remets le sac. Mon dieu, depuis quand n’ai-je pas éprouvé quelque chose comme ça. Surtout après ce qu’il m’a fait Et ce que je lui ai fait entre autre. « J’ai quelque chose à te dire mais à chaque fois, que j’essaye de te le dire, je sens que je m’étouffe ! » D’ailleurs, le sang tape contre les tempes. Et cette fois-ci, je respire plus fort et finit par ajouter d’une voix digne d’une personne constipée depuis quarante-cinq jour. « Désolée … » Finis-je par dire avant de reprendre le sac dans la bouche. Inspire. Expire. Inspire. Expire.


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MessageSujet: Re: T'es né comme ça ou on t'a marché dessus ? Raphaël   Mar 17 Juil - 16:12

Raphaël n'était pas réputé pour détenir le meilleur caractère qui soit. Il était bougon, râleur, impulsif, violent, cynique, bourru… en cela, il fallait lui reconnaître une certaine constance dans l'humeur. Néanmoins, s'il n'allait rarement en s'arrangeant, il y avait des jours où c'était bien pire que cela. Des jours où toute sa mauvaise humeur se déversait et l'enrobait comme un manteau de fumée sombre, avec des idées noires qui pullulaient au-dessus de sa tignasse, des yeux qui luisaient comme des braises ardentes. Ce jour-là était de ceux-là. Le motard était d'une humeur massacrante, portant sur lui tout le poids de ce chagrin, de cette injustice et de cette colère qui l'accompagnaient quotidiennement. Toute personne sensée, rien qu'en constatant l'allure de sa mine, se serait bien gardé de l’accoster, même pour lui annoncer la fin du monde. Sauf que Lou Morland n'était pas sensée. De même qu'elle ne possédait aucun instinct de survie quand la situation l'exigeait. Lou Morland, d'une certaine manière, ne devait pas tenir à la vie et au lieu de passer son chemin, elle avait creusé un peu plus ce puits de rage muette qui perforait l'âme de Raphaël. Il y a de nombreux points sensibles sur lesquels il n'était pas bon de l'attaquer, et sa situation avec son épouse en faisait partie. Il ne put se contenir plus longtemps.

Ce fut pour cela qu'il l’abandonna étalée sur ce trottoir sans aucune once de scrupules ou de remords. Et si une foule dense ne s'était pas massée autour de la malheureuse il y serait sûrement retourné pour l'achever à coups de pied dans les côtes. Hélas pour ses nerfs, cela n'était pas une conduite légale et acceptée. Parfois, il se rêvait encore sur le champ de bataille, avec pour ennemie Lou Morland sur laquelle il pouvait déverser toute sa violence et toute haine viscérale qui l'animait pour cette brune horripilante. Tuer des gens… c'était un des seuls aspects de la guerre qui lui manquait. Sans doute devrait-il verser une liste des personnes à abattre en cas d'apocalypse. Si Derek était sans conteste en tête Lou suivrait juste après.
Au fond du gouffre, Raphaël s'éloigna en pestant avec tant de hargne que les gens autour de lui s'écartèrent sur son passage. Il ne supportait plus cette existence qui lui filait entre les doigts comme de la fumée, de cet avenir qui ne prenait aucune forme et de ce présent qui se frayait un chemin entre des ruines. Le mécanicien savait qu'il n'était pas un homme foncièrement bon, il ne comprenait juste pas pourquoi il n'avait jamais eu droit à une étincelle de bonheur. Et à chaque fois qu'un peu d'amour lui était offert, il était aussitôt jalousement repris par cette main du destin. Et pareil à toutes les fois où Raphaël ne comprenait pas une situation il se mettait à boire sans soif, sans ivresse. Juste avec le besoin irrépressible de sentir le liquide lui brûler le gosier, lui brouiller les sens et l'empêcher de penser. Il voulait simplement s'oublier.

***


Raphaël avait perdu le compte des bars qu'il avait écumé, des verres qu'il avait bu, des pensées empoisonnées qui s'étaient échappées de son esprit depuis le début de la soirée. Il ne s'abîmait plus qu'à contempler d'un œil tourbe l’éclat de son verre qui se reflétait sur la surface lisse de sa table. Il ne comprenait plus le monde dans lequel il vivait où il devait batailler si fort pour conserver tout ce qui lui était cher autour de lui. Et à un moment où il aurait souhaité que ce soit Judith qui revienne dans sa vie, c’était une fille totalement inconnue et une gamine qui débarquaient dans son quotidien sans qu’il les choisisse ou qu’il ne les désire. Chienne de vie… ronchonnait-il en son for intérieur. Obnubilé par toutes les idées noires qui s’agitaient au-dessus de sa tête comme des parasites, il ne prêta pas attention à la personne qui rentra dans le bar à grand renfort de cris et de gesticulations. A vrai dire, c’était même étonnant qu’il la loupe tant elle était bruyante. Lou Morland. Cette furie furieuse. Cette créature improbable qui n’eut toujours pas la présence d’esprit de passer son chemin plutôt que de s’imposer à la vision de l’ivrogne. Raphaël aurait pu s’énerver de la voir débarquer si l’alcool ne lui embrumait pas l’esprit au point qu’il n’était plus certain d’être dans cette réalité. Et la voir respirer dans un sac et l’appeler Kevin ne lui donnèrent pas plus la sensation d’être dans le monde réel. Loin de là. « Dégage de là. » grogna-t-il par réflexe. Ne sait-on jamais ! De nouveau, le visage de la brune s’enferma dans ce sachet avant d’émerger à nouveau pour lui débiter un flot de paroles incompréhensibles. Il haussa un sourcil, circonspect et un brin méfiant. Qu’allait-elle encore lui sortir cette grosse conne ? Au même moment où il buvait une gorgée de son whisky, elle lança la bombe. Elle s’excusait. Il demeura longuement silencieux, l’observant de ses yeux vitreux. Il n’en ressentait aucune satisfaction, aucun contentement face à ce retournement de situation. Elle culpabilisait à cause de son comportement de tout à l’heure ? Peu lui importait. Il grommela un peu avant de lui donner sa réponse. « Tes excuses, qu’est-ce que tu veux que ça me foute ? Tu t’es cru suffisamment importante pour que ça change quelque chose à ma vie ? » Après tout, qu’est-ce qu’il en avait à faire de cette nana ? Depuis qu’il la connaissait, elle ne faisait qu’empoisonner son existence. Sa bouche était pâteuse et sa voix était chargée d’effluves d’alcool. Avec la mine basse, il n’était pas beau à voir. Il se renfrogna un peu plus, se tassant sur lui-même. Il ne lui accorda plus un regard. « Ce ne sont pas tes excuses de merde qui vont me ramener ma femme. » Après tout, elle savait tout désormais. Du moins, de cette histoire de divorce. Il aurait bien voulu qu’elle soit la dernière au courant, mais ce n’était hélas pas le cas. Il se plongea à nouveau dans son verre, agitant sa main d’un geste désinvolte pour faire comprendre à Lou qu’elle pouvait passer son chemin.
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MessageSujet: Re: T'es né comme ça ou on t'a marché dessus ? Raphaël   Dim 29 Juil - 11:54

Doux Jésus, je suis à deux doigts de défaillir habituée par cette compassion que je ressens rarement. Et surtout pas pour un type comme Raphaël. Même si quelque part, il me fait de la peine, à être assis tout seul à sa table, avec son verre. Sa solitude me fait peine à voir, ça me donnerait presque envie de pleurer même si, soyons claires, je pleure rarement. Aussi, je me contente simplement de m’installer en face de lui, d’inspirer fortement dans mon sac en papier et d’essayer de ne pas mourir d’asphyxie. En plus, je lui présente mes excuses et ça, c’est horrible à dire. Je ne m’excuse jamais, ne revenant pas sur mes décisions. Tout comme j’admets difficilement quand j’ai tort. Et pourtant là, je m’excuse, je m’approche de lui, je m’installe en face, je prends mes quartiers, mes aises, wesh gros, bien ou bien ? Bon je suis guère étonnée de le voir me dire de dégager. Cependant, je secoue la tête, continuant à souffler dans mon sac en papier. Hors de question que je bouge, je fais même un petit signe du doigt au serveur pour qu’il vienne me donner quelque chose. Puis quand j’ai jugé que je ne vais pas mourir, j’enlève mon sac respiratoire et m’installe plus confortablement même quand il me dit ne pas accepter mes excuses, qu’il s’en fiche complètement. Je hausse les épaules, souriant de contentement. A croire que plus il est méchant, plus je kiffe ça. « Bien sûr que ça va changer le cours de ta vie, trésor. Beaucoup n’ont pas la possibilité de boire un verre avec moi. Considère ta chance phacochère. » Je papillonne légèrement des paupières avant de rire à nouveau et d’ajouter « Donc accepte mes excuses connard, surtout quand elles sont dites si gentiment et poliement. » Je me mets à rire comme une dinde. Même s’il prend une voix dramatique pour me rappeler que sa femme ne reviendra pas avec mes excuses. Ce ton pris me fait lever les yeux au ciel. Encore une victime de la vie et de l’amour. Ils sont nombreux quand même. Cependant, je dois admettre que ça me fait quelque chose, ça me fait de la peine. Parce qu’il se la joue sous ses grands airs mais finalement, il en chie dur comme s’il était constipé du cul depuis trois cent ans. « Je sais. En plus, s’il fallait que je te la ramène, tu risquerais de la retrouver complètement lesbienne et amoureuse de moi. » Ma voix est sûre. J’ai parfaitement confiance en mon pouvoir de charme et persuasion. Je prends une grandre inspiration et parle tout à coup d’une voix sérieuse. « Mais je suis bienveillante et je ne compte pas te faire de la peine. Mais bon, on se connaît par le biais de Lyra. Je ne pouvais pas te laisser dans ton coin. Lyra a besoin de te voir en pleine forme. C’est vrai qu’on ne s’apprécie pas beaucoup. J’ai pété ta moto et je t’ai cassée la gueule mais tu comptes pour elle. Alors, c’est comme si on était… Amis. Et puis, c’est triste pour ta femme, mais c’est la vie. Et ça veut dire que tu peux trouver mieux ailleurs… Faut le voir comme ça mon petit kiki joli. » Tout à coup, je me tais interdite. « OH COOON ! » Je hurle soudain avant de me lever, de me prendre le visage dans mes mains, de fléchir les genoux et de sauter comme une sauterelle, choquée. « Comment j’ai été trop gentille, là. Ce n’est pas dans mes habitues. Oh con ! J’ai été si bienveillante ! Seigneux Dieu, tu crois que j’aurais une place au Paradis des bisexuelles névrosées ? » Je demande à Raphaël d’un regard suppliant tout en revenant m’asseoir en face de lui.

Bon ça n’a pas l’air de le faire rire. Ni même de le dérider. « Décoince toi un peu la nouille. On dirait que t’as pas baisé depuis cinq siècles. » Et je suis hyper sérieuse. Ça va lui donner des urticaires ou des hémorroïdes. J’ai étudié ça en médecine avant que mon corps ne soit couvert de cicatrices des suites de mon terrible accident de voiture. Depuis la vie continue. Mais voilà, je n’oublie pas de croquer la vie à pleine dents. Et je pense qu’il en aura bien besoin. Mais comment dérider quelqu’un qui, à la naissance, n’est pas né avec l’option « rigolade sincère avec la tête qui part en arrière sous l’éclat de rire ». C’est alors que mon visage s’éclaire comme si j’avais une hyper bonne idée. Ce qui est le cas. « J’ai une idée Kevin Pedobear ! ça te dirait d’essayer de me cogner ? Quand je suis énervée, j’adore m’acharner sur quelqu’un. Bon comme je peux aller en prison, je préfère me battre contre un sac de boxe et c’est super efficace.  » Fixant Raphaël d’un air ravi, je continue à exposer mon idée. « Mais comme je suis là, je peux te faire office de cobaye. Tu pourras essayer de me faire du mal. Même si je te souhaite bien du courage pour y parvenir. Bon chance. » Je déclare avec un petit rire de gamine. Ça ferait presque froid dans le dos. De toute façon, s’il dit non, c’est clair que je vais rester ici, que je lui foutrais une châtaigne quand on sortira du bar, histoire de lui remettre les idées en place. Je n’aime pas quand les gens souffrent, s’apitoient sur eux-même. Faut qu’il se relève, faut qu’il aille de l’avant. Ce n’était pas la bonne, il doit changer, en trouver une autre. Ou un autre. Moi je dis que je le verrais bien devenir gay, fréquenter les ckubs de ce genre. Il se couperait les cheveux, se ferait pousser une super moustache hyper vintage, porterait que des marcels super sexy. J’entrevois un avenir pour lui. J’y crois.

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MessageSujet: Re: T'es né comme ça ou on t'a marché dessus ? Raphaël   Mer 1 Aoû - 22:24

Quelquefois, Raphaël se surprenait à penser qu’il était bien trop gentil, que sa tête n’inspirait pas suffisamment de frayeur et de répulsion. Après tout, s’il n’était pas animé d’une infime part de bonté, qu’est-ce qui pourrait bien l’empêcher d’agripper la tête de la brune par les cheveux pour lui éclater le visage contre le rebord de la table ? Ou encore de prendre ce sac plastique dans lequel elle rejetait tout son air pour lui enfoncer jusqu’au fond de la gorge et l’étouffer avec ? Ou de prendre son verre pour lui écraser sur la tronche ? Un millier de scénarios plus violents les uns que les autres se jouaient dans son esprit. Ça le soulagerait indéniablement, ça le purifierait, ça expulserait toutes ses frustrations. Et des conséquences, il s’en moquait bien assez. Des nuits au poste de police, il en avait faites. Une garde à vue, ce ne serait pas la dernière. Une plainte, il n’aurait qu’à l’ajouter à toutes celles qu’il se traînait derrière lui. Le motard ne craignait pas les déboires avec la justice. Aussi, s’il ne ratatinait pas le charmant visage de cette Lou Morland, il en concluait qu’il pêchait par bonté d’âme. Il était comme cela Raphaël, un être généreux et avec tant à offrir. A aucun moment, cependant, il ne lui vint à l’esprit que son corps était trop embrumé et empâté d’alcool pour esquisser le moindre geste. C’était tout juste s’il parvenait à ouvrir correctement les paupières ou à prononcer des paroles intelligibles. « J’en ai rien à foutre de tes excuses. » grogna-t-il à nouveau. Cette nana ne détenait aucune logique. Pourquoi lui courait-elle constamment après alors qu’elle ne pouvait manifestement pas le saquer ? Son rire l’irritait au plus haut point. Tout dans ses attitudes le rendait fou d’énervement. Elle mettait ses nerfs à rude épreuve, plus encore en parlant de sa femme. Mais à force de la menacer sans ne détenir aucun impact, il eut une réaction désabusée. Il lâcha un soupir noyé d’alcool et de désespoir pour cette créature en face de lui. Parce qu’elle se croyait irrésistible en plus ? Quelle plaie ! Il tiqua quand elle expliqua les raisons de sa présence et de sa compassion. Ainsi, c’était en rapport avec Lyra ? La fureur se calma quelque peu à la mention de la petite fille. Cela ne l’empêcha pas de lâcher un rire amer quand elle évoqua leur « amitié ». « Tu doutes vraiment de rien, toi. » Et trouver une autre femme ? Ce n’était certainement pas au programme. Il répondit par un grognement, leva les yeux au ciel et prit une gorgée de son verre pour s’empêcher de lâcher une vacherie. Pour peu, il en devenait presque attentionné.

Et puis… revirement soudain de situation où Lou redevint… Lou. Il l’observa d’un œil atterré bondir sur ses jambes et se dédier à son coup de théâtre, dépité de l’inépuisable bêtise de cette femme. Face à elle, il en venait à regretter ses tête-à-tête avec sa fille biologique. C’était pour dire ! « Je crois qu’il n’y a pas de Paradis pour les gens comme toi et moi. » Il la mettait dans le même panier que lui. Car sous ses bonnes intentions vivait une véritable sauvage. Une sauvage très impolie d’ailleurs, et il était assez hypocrite pour s’en insurger. Il jura dans sa barbe une fois de plus, l’admonestant à aller chier plutôt que de l’emmerder encore. « Très émouvant ton petit discours. Maintenant, je pense que tu peux dégager. » Elle n’avait pas réussi à éloigner ses pensées obscures, mais il n’attendait rien d’elle. Il ne pouvait pas être déçu. Ce fut là qu’elle lui proposa de la cogner. Il haussa un sourcil, circonspect. Pas qu’il n’en rêvait pas avec force. D’ailleurs, ce n’était pas non plus comme s’il ne l’avait pas déjà fait. Mais là, à froid, c’était une requête étrange. « Je ne me battrai pas avec toi. » annonça-t-il simplement, buvant tranquillement son verre. Mais ses sourcils se froncèrent à la réaction de la jeune femme qui prenait ça pour une marque de lâcheté. Il s’énerva trop rapidement. « J’te dis que je ne veux pas te frapper, merde ! » Si, il avait envie. Mais depuis son histoire avec Judith, il ne se plongeait plus aussi aisément dans la violence. Il se renfrogna, envoya bouler toutes les propositions de Lou, même quand elle voulut l’emmener dans son club de boxe. Il refusa tout en bloc. « Bordel, tu ne peux pas me lâcher le grappe ? Pour quelqu’un qui ne me supporte pas, je te trouve bien sur mon dos ! » Elle ne lui laissa pas le choix. Sans qu’il ne comprenne vraiment pourquoi sans doute à cause de tout l’alcool qu’il venait d’ingérer, elle parvint à le traîner hors du bar jusqu’à sa voiture. Il se retrouva dans son tacot, pestant et râlant de se retrouver là sans parvenir à lui résister. Quelques temps plus tard, ils pénétraient dans ce club de boxe désert à cette heure de la nuit. Il enfouit ses mains dans ses poches. « Et maintenant ? » La conclusion paraissait évidente : ils étaient là pour se défouler complètement. Avec ses mots, Lou le lui expliqua, crispant sa mâchoire d’énervement. La colère, il la sentait pulser en lui à mesure qu’elle déballait sa flopée de paroles. « Bordel, ta gueule ! » hurla-t-il avec force, enfonçant son poing dans le punchingball accroché au plafond à côté de lui. Il avait frappé de toutes ses forces, déversant une partie de sa rage dans ce coup. Etonnement, cela lui fit un bien fou. Alors il redonna un coup, puis un autre, jusqu’à ce que cela ne devienne plus qu’une salve de collisions entre son poing et la masse plantée au plafond. Il oublia que Lou était présente, exultant toute sa colère, sa douleur, son injustice, sa frustration et sa peau dans chacun de ses coups. Et puis, à bout de souffles, il s’interrompit, se retenant au poids suspendu. « Ça fait du bien. » admit-il avant de se tourner vers la brunette, un léger sur les lèvres. « Y’a des gants dans le coin ? Je crois que j’ai bien envie de te mettre ta pâtée, la morveuse. »
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MessageSujet: Re: T'es né comme ça ou on t'a marché dessus ? Raphaël   Dim 12 Aoû - 16:58

Si si j’éprouve de la compassion pour ce Pedobear. Un petit peu, pas beaucoup quand même, déconnez pas les gars. Et je suis face à lui, je m’excuse, j’essaye de lui remonter le moral. Mais il a coincé son humour dans son cul, parce que rien ne le fait rire, y compris quand j’évoque sa femme qui aurait viré lesboche en me connaissant. Mais non, il ne connaît pas le rire. D’ailleurs est-ce qu’il rit vraiment ? J’essaye de me l’imaginer, mais c’est compliqué. Se roulant par terre, se tapant la cuisse en riant d’un rire cristallin. « T’as déjà ri dans ta vie ou ça se passe comment l’humour chez toi ? » Je lui demande d’une voix curieuse, en levant un sourcil interrogateur. Qu’importe, je continue mon travail de réconfort. J’en viens même à me présenter comme une amie vis à vis de Lyra, mais il me repousse. Comme toujours. Mon dieu mais il est d’un chiant. Je me dis qu’il a besoin de péter un bon coup. Il me paraît trop constipé de tout. Bon ok, il doit divorcer mais quand même, il va s’en retrouver de la femelle. Je peux même trouver une nana de mon répertoire s’il le faut. Après tout, on est potes. Son avis, je m’en carre, je suis sa pote et puis c’est tout. Il ne va pas me faire chier ce con ! Alors j’utilise mon arme fatale : Je lui tranche la gorge Je lui propose d’aller taper un peu sur un punching-ball. Et bien sûr, il me dit non. Levant les yeux au ciel, je râle de plus belle « Mon dieu, t’es chiant Rafiki ! Alors tu vas lever tes fesses de ta chaise et tu viens avec moi. Ça te fera du bien. Et bien mieux que cette gnôle dont tu te gaves. » Je me lève et croise les bras, l’observant avec une lueur de défi dans le regard. « Ta femme est une abrutie. Elle ne sait pas ce qu’elle perd. Alors, souris à la vie bon sang ! Ça pourrait être tellement dramatique. J’ai lu une histoire d’un mec né sans queue. Tu imagines ? L’angoisse.  » Sauf que non, j’angoisse pas trop. Alors j’attaques sur sa propre motivation la déguisant autrement. « T’es lâche. T’es nul. T’as trop peur de venir parce que tu ne veux pas me montrer que t’es une mauviette.  » Booooon j’admets, c’est méchant. Mais qu’il lève son cul ridé ! 

Finalement, il finit dans ma voiture super puissante. J’ai eu gain de cause en lui chapardant les clefs de sa moto - enfin je crois, c’est ce qui trainait sur la table - et finalement, il a fini par monter. Il ne m’a même pas fracassé la tête. « Je suis fière de toi. » Je chantonne d’une voix allègre, sourire jusqu’aux oreilles. Et sans plus tarder, telle une Dominique Toretto en manque de testostérone, j’enclenche la première et démarre sur les chapeaux de roues, roulant comme une folle. C’est vrai que j’ai eu un grave accident de voiture, des plaques, des vis, des cicatrices mais qu’importe, ce n’est pas grave. J’adore rouler vite et c’est comme ça qu’on arrive très très vite à la salle d’entraînement. Elle est toujours ouverte même si pour l’heure, il n’y a pas de cours et très peu de monde. C’est parfait pour tabasser du vieux biker bourré. « On va s’éclater !! » Je m’exclame en esquissant une danse de la joie. On arrive devant le punching-ball et il me demande ce qu’il en est.« Maintenant. On va se tourner les pouces. Mais noooon ! T’es naze, frappe ! Allez sac à chiasse, frappe donc ! Frappe donc en imaginant la gueule de quelqu’un qui t’énerve. » Et aussitôt, il hurle pour que je me taise, tapant comme un fou. Juste un coup. Et je dois dire que je suis impressionnée par sa force. Croisant les bras, je l’observe faire avec un grand sourire. J’ai deviné juste. J’ai l’impression qu’il est un peu comme moi, quand j’ai rencontré Alaric, quand il m’a permis d’exhumer une rage que je gardais au fond de moi, tel un poison. Désormais, j’arrive à mieux gérer mes émotions. Et je suis ravie d’aider Raphaël ainsi. Jusqu’à ce qu’il cesse et que je l’observe avec une mine extrêmement satisfaite. Ça lui a fait du bien. « T’as vu hein ! C’est agréable !  » C’est alors qu’il me demande s’il y a des gants par ici, il est décidé à me foutre une raclée. Sa remarque me fait éclater de rire. « Tu risques d’avoir une grosse déception mon petit chat. » Je m’approche de lui, une lueur bestiale brillant dans mon regard. « Mais je ne me bats pas avec des gants. Uniquement à mains nues. Tu veux toujours que je te foute une rouste ?  » Visiblement, ça ne lui fait pas peur. Alors je me mets face à lui et en position. « Ne retiens pas tes coups Pedobear.  » Et alors la guerre commence. Et autant vous dire que ça fait mal. Pour un gars ivre, il se débrouille bien. Je remarque vite ses mouvements mais je suis toujours surprise de ses réflexes. Il en a énormément. Cet homme sait vraiment se battre. Je me prends des coups, je lui en donne. J’en reçois. Il grogne. Je feule de rage. Et ça se bat à mains nues, même pas du combat. Juste un affrontement presque sanglant. Je m’en sors bien. Et à un moment donné, je triche aussi. Bah quoi ? On n’a pas énoncé des règles merde ! Je lui touche les parties, un coup bref et concis, un peu douloureux mais pas trop, mais suffisamment pour venir me foutre dans son dos, m’agripper à lui, et m’enrouler autour de ses jambes et de ses bras. M’arcboutant, je me renverse en arrière, nous entraînant dans notre chute. Mon dos encaisse mon poids et le sien mais je ne le lâche pas. Au contraire, je raffermis ma prise en beuglant. « Dis que je suis la plus forte !!!! Ou je te déchiquète les oreilles !!!! » En confirmation, mes dents agrippent l’une de ses oreilles et je sers suffisamment pour qu’il comprenne que se dégager risque de lui faire très très mal. C’est la Lou’s Attack. J’y rigole pas en bagarre que voulez-vous !

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MessageSujet: Re: T'es né comme ça ou on t'a marché dessus ? Raphaël   Dim 12 Aoû - 20:34

Lou n’était pas uniquement une emmerdeuse. Elle était l’être le plus insupportable, le plus vulgaire, le plus insolent, le plus brutal, le plus hystérique, le plus bipolaire et le plus dangereux qu’il ait été donné de voir à Raphaël. Des séjours en prison, il en avait fait, mais les brutes épaisses qu’il y croisait semblaient soudain moins redoutables que cette brune avec son sac plastique. Il aurait même préféré un mois au trou plutôt qu’une seule seconde passée avec cette dégénérée. Elle n’était pas seulement agaçante, il semblait également qu’elle détenait un don certain pour cerner les sujets sensibles et appuyer comme une dératée sur les points faibles, comme on jouerait à tuer la taupe. C’était presque troublant de déceler autant de clairvoyance chez une femme dénuée de la moindre compassion humaine, bien qu’elle clame haut et fort qu’elle en éprouvait à l’instant. Mais vu l’état dans lequel cela la mettait, elle ne devait guère être habituée. Autant dire que c’était tout autant d’éléments et de paroles qui avaient pour effet de plonger Raphaël dans une colère profonde qui lui aurait fait lever les fesses de sa chaise si l’alcool n’engourdissait pas ses muscles. Il était comme une poupée de chiffons, posé tel un déchet à cette table où s’amoncelaient les cadavres de trop de verres de whisky. Pitoyable scène, mais Raphaël ne savait pas débattre autrement avec la souffrance. Il préférait l’anesthésier dans l’alcool plutôt que de l’affronter. Et toute cette rage qui se massait dans sa poitrine s’endormait progressivement, indolente entre les doigts de l’ivresse. A l’énergie que Lou déployait face à lui, il ne répliquait que par un œil tourbe et vitreux. Il n’était vraiment pas beau à voir, mais il s’en moquait éperdument. Il était pire qu’un adolescent ayant perdu l’amour de sa vie. Son esprit entier était parasité par l’image de Judith qui se calquait de toutes parts sur sa rétine, comme s’il avait observé le soleil trop longtemps. Et puis elle sortit brusquement les mots auxquels il ne s’y attendait pas. Des mots où elle ne portait plus la cape de l’emmerdeuse, ni encore celle de cette femme vulgaire et insultante. Des mots où elle apparaissait sous un visage amical. C’était déroutant. Est-ce qu’elle venait vraiment de prendre son parti plutôt que l’enfoncer complètement ? Certes, elle ignorait les raisons de ce divorce, et sûrement aurait-elle révisé son jugement en connaissance de cause, mais brusquement, il la regarda autrement. Ce fut fugace, comme un éclair dans le ciel, une étoile filante qui transperce la nuit, mais il éprouva un sentiment étrange à son égard. Aussitôt contrebalancé par une nausée certaine face à cet élan d’affection qu’elle avait déversé sur lui. Par chance, presque, elle revint sur le ton qu’elle employait le mieux : celui du défi.

Il ne sut trop comment, mais elle parvint à l’embarquer dans cette idée stupide d’aller se défouler à la salle de sport. C’était con, car depuis qu’il la connaissait, son unique souhait avait été de lui ravager la gueule, et maintenant qu’elle le proposait, il n’en avait plus envie. Comme un enfant qui réclame un jouet et qui ne délaisse dès qu’on le lui cède. Raphaël était un grand gamin qui se prit cependant au jeu de défouler toute sa colère dans ce punching-ball. Ce dernier vêtit plusieurs visages. A commencer par celui du Derek, plus celui de Peter, Lou, toutes les personnes qui avaient pu l’emmerder au cours de sa vie et contre lesquels il pouvait enfin se défouler. Ce n’était pas seulement de la colère qu’il exultait, c’était un sentiment de rage profond, d’injustice et de souffrance atroce qui ourdissait dans ses veines comme un poison sans qu’il ne puisse jamais s’en défaire. Et ça lui fit incroyablement du bien, jusqu’à ce que, à bout de souffle, il trouve le moyen de sourire. A cette heure de la nuit, avec autant d’alcool dans le sang et une bonne dose d’efforts, cela prenait peut-être plus la forme d’un rictus, mais peu importait. Il se sentait plus libéré. Suffisamment pour proposer à la brune de lui casser les dents. Par égard pour elle, mais aussi parce que cela faisait longtemps qu’il ne s’était plus battu, il lui proposa les gants, mais elle dédaigna sans faire de manière. Manifestement, elle aimait la castagne autant que lui. « Tu l’auras voulu. Il ne faudra pas pleurer auprès de ta mère lorsque tu n’auras plus de dents. » Il aimait cette lueur de défi qui brillait dans les prunelles sombres de Lou. Elle se retrouvait face à un ours, toute brindille qu’elle était, et elle venait encore la ramener. Il ne sut si c’était le whisky qui parlait pour lui, mais il demeurait impressionné. Aussi ne retint-il pas ses coups, ses attaques et ses assauts face à la jeune femme. Il débordait d’une énergie nouvelle, plutôt satisfait de se rendre compte qu’il n’avait rien perdu de ses réflexes de l’armée. Bien au contraire, c’était comme un automatisme qui poussait son corps à anticiper les attaques de la demoiselle. Et lui-même, il devait admettre qu’elle était plutôt du genre robuste et implacable. Elle parvenait à anticiper certaine de ses attaques et même à les contrer. Mais au-delà de la technique, il se défoulait plus que jamais. Jusqu’à ce qu’elle ne ruse odieusement, elle frappa dans son entre-jambe, juste assez pour qu’il lâche un râle et perdre momentanément son attention. Suffisamment pour qu’elle s’accroche à son dos, l’envoie balader en arrière avec elle comme dans la rue ce matin. Elle raffermit sa prise, l’exhortant à dire ce qu’il ne voulait pas dire. « Plutôt crever ! » grogna-t-il. La douleur ne se fit pas attendre. Il sentit son oreille être mordue entre ses crocs puissants, lui arrachant un beuglement proche de la bête. Il tenta de se défaire d’elle, mais elle était forte la bougresse. Finalement, il céda. « OK, c’est bon, t’es la plus forte ! » s’écria-t-il, bien que chaque mot lui arrache la gueule. Fidèle à sa menace, elle desserra sa prise. Ce fut à son tour de la prendre par surprise. Habilement, il inversa leurs positions, de sorte à ce qu’elle se retrouve plaquée sur le sol la face la première, et lui à califourchon sur elle. Sa main attrapa son bras qu’il bloqua dans son dos en un angle peu naturel. S’il forçait ou qu’elle se débattait, elle pouvait clairement se briser un os. « Alors, qui c’est le meilleur ? » murmura-t-il contre son oreille dans un rictus satisfait. « J’ai pas bien entendu… » se moqua-t-il avant de la libérer de son emprise. Il se redressa, tendant sa main vers la sienne pour l’aider à se relever. Si, contrairement à ce qu’il pensait, elle ne le tira pas à lui pour l’envoyer au tapis, elle s’empressa de lui envoyer un coup dans le bide grâce à l'élan. Il accusa le choc, se tenant les entrailles qui hurlaient déjà du trop-plein d’alcool. « Pétasse ! » Il grogna de douleur, jusqu’à reprendre un peu plus de contenance. Pour le coup, il alla s’étaler sur le sol sans plus de cérémonie. Son monde tournait quelque peu, presque l’intégralité de son corps était douloureuse et il sentait le goût et l’odeur du sang dans sa bouche et dans ses narines, mais il était content. « T’es plutôt douée pour une fille. » fit-il remarquer. En vrai, elle lui avait mis une sacrée raclée, même s’il était bourré et qu’il manquait d’entraînement. Elle était forte. Elle aurait pu faire l'armée facilement. « Comment ça se fait que tu saches te battre comme ça ? »
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MessageSujet: Re: T'es né comme ça ou on t'a marché dessus ? Raphaël   Ven 21 Sep - 19:24

Quand c’est le moment de combattre, je dois avouer que je ne retiens pas mes coups. J’y vais, je fonce et peu importe les cris de douleur, je donne tout ce que j’ai. Je suis incapable de faire à moitié. Et souvent, mes profs ont stoppé l’entraînement parce que je n’étais pas capable de faire semblant. Il fallait que je pète des bras pour me sentir bien. Jusqu’à ce que j’ai rencontré Alaric, son club de boxe et que beaucoup de choses se sont révélés à moi. L’art du combat est une chose tellement importante pour moi. Si je ne m’entraîne pas, au moins, trois fois par semaine, je suis malheureuse. Alors face à Raphaël, je donne tout ce que j’ai. Je ne ménage pas mes coups, il est hors de question que ce blaireau puisse croire que je suis faible. Oh non. Je vais lui montrer de quel bois se chauffe une Lou Morland. Et c’est le cas, je donne tout, je le défonce. J’encaisse, je grogne jusqu’à crier victoire, l’immobilisant par la seule pression de mes dents contre son oreille. Ahhh les oreilles des hommes, c’est aussi dérangeant que leurs bijoux de famille. Dès lors que tu les chopes, c’est fini pour eux. #tuel’amour. Mais qu’importe, j’obtiens ce que je veux et il avoue que je suis la plus forte. Et c’est hautement jouissif. J’adore, j’adore, j’adore. Je rêverais de l’entendre le redire mais bon, je ne veux pas abuser non plus. Il risquerait de mal le prendre. Aussi, je me contente donc de desserrer ma prise, croyant en sa bonté et au fait qu’il ne m’attaquera plus. Le combat me semble fini. Mais c’est mal le connaître. Il est aussi fourbe que moi, et soudain, sans que je comprenne, sa prise se referme sur moi et voilà qu’il inverse les positions. J’ai juste le temps de gueuler un puissant cri de rage avant de me retrouver face contre le sol, Raphaël à califourchon sur moi. Je me débats comme je peux, jusqu’à ce qu’il me saisisse son bras et le tord de façon à ce que je sache très bien que, si je me débats trop, il va me briser l’os. « T’es un enfoiré !!! T’avais pas le droit !! » Cependant, m’énerver ne change rien, il ne dégage pas, se contentant juste de me retourner ma question. « C’est toi… » Je me contente de grommeler d’une voix suffisamment basse, mais ce n’est pas à son gout. « ’TAAAIN !!! C’EST TOIIII !!! » Même à Pékin, ils ont entendu mon hurlement. « Et si tu n’as pas entendu, branche ton sonotone à quarante-cinq ans, tête de bite !! » Mais ça lui suffit. Et aussitôt, je sens que l’étau se libère de mon bras, et que le poids sur moi s’envole, me faisant me relever d’un bond agile. Je l’observe d’un œil soupçonneux avant de lui balancer un coup dans l’estomac. AAAH !! Il ne l’a pas vu venir celui-là !! Et effectivement, c’est le cas ! Hilare, je l’observe s’insurger mais je contente de lui faire un petit signe de la main, comme si je lui faisais coucou. « Bah quoi ? » Je lui demande d’une voix innocente et charmeuse.

En tout cas, la bagarre a pris fin et je mesure l’ampleur des dégâts. J’ai l’arcade qui saigne un peu, et la bouche est un peu tuméfiée. Les bras et les jambes sont intacts mais je sens des raideurs me faisant comprendre qu’il n’a pas retenu ses coups. Néanmoins, c’est un combat qui a fait du bien. Même lui paraît moins constipé du cul, ça fait plaisir à voir, même que je lui glisse un grand sourire avant d’aller nous prendre deux bouteilles d’eau, dont une que je lui lance. C’est alors qu’il me complimente sur ma façon de me battre et ça fait plaisir à entendre, jusqu’à ce qu’il me questionne sur comment j’ai appris à me battre ainsi. « Merci du compliment. » Je lui réponds entre deux gorgées d’eau. « Je peux te retourner le même d’ailleurs, t’as pas retenu tes coups, c’est bien. » Nouvelle gorgée parce que tout cela m’a fortement désséchée. « Et j’ai préféré l’art du combat au piano et à l’équitation que mes propos m’ont imposé. Je viens d’une famille où les enfants n’ont pas de liberté. Alors j’ai fait ma rebelle… » Je souris un peu, affichant un air de psychopathe. « Et donc je me suis inscrite à un cours de karaté au grand dam des parents. Et j’ai adoré ça. Alors, au fur et à mesure, j’ai appris d’autres sports de combats, sans jamais cesser de m’entraîner… Et puis, il y a eu quelqu’un dans ma vie qui pratiquait d ela boxe… Alors, la baston ça me connaît. » Je souris de plus belle quoi que la mélancolie fait un peu trembler ma voix. Heureusement, je me reprends aussitôt. Alaric et le passé ne me gâcheront pas cet instant où j’ai mis sa rouste à Raphaël. « Et toi ? Tu sais vraiment bien te battre. T’as des réflexes impressionnants. Tu pratiques un sport ? Je te voix bien dans un combat de rue, à vivre illégalement. J’sais pas, t’as une tête de délinquant, t’es un voyou. » Je me mets à rire buvant encore une gorgée de l’eau. Et puis, je me rappelle pourquoi je l’ai trouvé dans ce bar, le but de notre rencontre du matin et sa colère … Si brute, si puissante aussi. Je décide de changer de conversation, de but en blanc. Parce que j'en ai envie. « Tu as pu la voir ? » Je lui parle de son divorce, ne sachant pas s’il va aimer ou non. Mais je n’en ai rien à foutre, je suis trop curieuse et les potins, j’adore ça. #bisoubisougossipgirl


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MessageSujet: Re: T'es né comme ça ou on t'a marché dessus ? Raphaël   Dim 14 Oct - 20:04

Raphaël devait l’admettre, se battre était un exutoire tout particulièrement satisfaisant. Certes, il ne s’était jamais épargné une bagarre, mais c’était toujours en réponse à un besoin souverain de faire du mal, de se défendre, souvent imbibé qu’il était d’alcool. Là, c’était principalement un défouloir qu’il s’offrait, non sans la satisfaction assez importante de pouvoir passer ses nerfs sur la bouille de Lou Morland. Cette chieuse l’emmerdait depuis suffisamment longtemps pour qu’il y prenne un plaisir non dissimulé. Dans le fond, c’était presque comme se battre contre un homme. Cette nana était un vrai garçon manqué. Ainsi, il n’avait aucun scrupule à ne pas retenir ses coups, à se battre férocement, à mettre toute la puissance qu’il pouvait dans ses attaques. Il fallait reconnaître qu’elle était une adversaire expérimentée et coriace. Elle ne se laissait pas si facilement dominer et savait rendre tout ce qui lui était envoyé. Et pour la première fois, il se mit à l’apprécier. Au prétexte qu’elle n’était pas une chochotte, au prétexte qu’elle savait se battre habilement, au prétexte que sa démarche était presque celle d’une amie. Cela n’allait pas aussi loin dans l’esprit de Raphaël, mais il fallait admettre que c’était au moins un début dans l’avancée de leur relation. Un éclair de complicité qui traversait le ciel orageux de leur histoire. Un sourire satisfait craqua son visage austère quand elle admit à plein poumons qu’il était le plus fort. « M’en veux pas, je voulais que le monde l’entende. » ricana-t-il en la libérant de son emprise. Beau prince, il l’aida même à se redresser. Mais c’était mal connaître la vermine brune qui en profita aussitôt pour lui asséner un coup à l’estomac. Un coup bas. C’était traître. La salope… Il grommela contre elle, l’injuriant et s’insurgeant. Mais elle n’en avait plutôt rien à foutre, préférant le narguer dans les grandes largeurs. Dans le fond, il devait l’admettre, il était amusé.

L’instant d’après, il s’écrasa sans douceur sur le sol, s’allongeant pour reprendre ses forces et son souffle. Le combat était définitivement terminé. Le goût métallique du sang se faisait sentir dans sa bouche mais il s’en foutait royalement. Rien n’était plus satisfaisant que d’avoir mis la pâté à cette nana. Puis Raphaël, il l’aimait bien cette douleur-là. Car dans des moments-là, il savait pourquoi il souffrait. Ce n’était pas juste une conséquence aléatoire de la vie. Celle-là, il l’avait choisie et ça lui donnait la sensation d'avoir un peu de contrôle sur les choses. Étrangement plus loquace et curieux, il interrogea Lou sur les origines de son savoir-faire au combat. Il attrapa la bouteille d’eau qu’elle lui lança, nettoyant un peu le goût du sang dans sa bouche. Se redressant sur les fesses, il l’écouta lui parler de ses origines, de cet univers dans lequel elle avait grandi. Il haussa un sourcil d’étonnement. « Attends, t’es une petite bourgeoise, toi ? » Autant dire qu’il ne s’en serait jamais douté. Une petite princesse, la demoiselle… Pour le coup, elle lui inspirait plus Fiona dans Shrek qu’une belle poupée de porcelaine. « T’as pas le profil. J’te crois pas. » pouffa-t-il avant d’engloutir de nouvelles gorgées d’eau. Fallait reconnaître qu’ils s’étaient bien desséchés. Elle s’assit côté de lui. La question lui fut retournée également. Il conserva un silence qui appesantit l’atmosphère plus légère de ces dernières minutes. Pour lui, la violence, il l’avait d’abord connue dans son adolescence. Mais se battre… c’était à la guerre qu’il avait su tout ça, qu’il s’était forgé ses réflexes. Se battre ou crever. Cela avait été une obligation durant de trop longues années. « J’ai fait l’armée. Tout ce que j’ai appris, je le connais de là ou du terrain. La pratique, c’est dans le quotidien. » Pour toutes ces fois où il aurait dû se taire mais qu’il avait préféré le langage des poings, pour toutes ces fois où il n’aurait pas dû avoir besoin de la violence mais qu’il ne pouvait pas s’en empêcher, parce que ça vibrait dans chaque fibre de son être. « Puis mon boss me fait faire des combats de temps en temps. Ça permet de pas rouiller... » Il tourna la tête vers Lou, un sourire moqueur sur les lèvres. « … surtout quand on tombe sur des pestes comme toi. » Après, est-ce qu’il était un voyou ? Plus vraiment depuis quelque temps. Il fallait lui reconnaître une conduite bien plus exemplaire ces dernières semaines en comparaison de toutes les embrouilles dans lesquelles il traînait à Philadelphie. Est-ce qu’il reprendrait malgré tout ? Il n’en était pas certain. Maintenant, il y avait Becca, Skylar et la gamine… Ses pensées dévièrent vers Judith quand Lou l’évoqua. Pour une fois, sans moquerie, sans petit ton insupportable dans la voix. Presque comme… si elle s’en souciait véritablement. Il n’émit qu’un grognement à sa question, tel un ours mal léché. Il n’aimait pas en parler. Pas l’évoquer. Pas rouvrir les blessures. Et pourtant… « Ce matin, elle est venue me voir. » Il parlait presque en grommelant et vite, peu désireux de s’étirer sur le sujet. Ça le faisait chier parce que ça lui faisait mal, et que cette douleur-là, il ne l’avait pas choisie. « Elle m’a apporté les papiers du divorce. Elle veut que je les signe. A l’entendre, il n’y a plus aucun esp… » Il s’interrompit. Quel con. Pourquoi est-ce qu’il fallait qu’il lui raconte tout cela ? Qu’il lui donne encore plus de raisons de se foutre de sa gueule et autant d’armes pour qu’elle s’en serve contre lui ? Il n’aimait pas se sentir aussi vulnérable et idiot. Il se racla la gorge. « Bref. Elle s’est déjà planifié une belle vie. » Une vie où il n’avait plus sa place. Ça écorche, ça blesse, ça fait mal. Raphaël dévia subitement de sujet. « J’sais pas pourquoi la petite s’accroche à moi comme ça. Même ma propre fille n’a pas l’air de vouloir de moi. Je n’ai pas grand-chose à lui offrir. Pas même une famille. » Et lui-même n’était pas certain de vouloir en être une.
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