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 « Elle t’emmène avec elle, je t’emmène avec moi » Jordan

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Gabriel Goldstein
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DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
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MessageSujet: « Elle t’emmène avec elle, je t’emmène avec moi » Jordan   Mer 4 Avr - 13:11

Il s’était fixé une date pour la première. Enfin, il était temps selon lui. Les choses prenaient une nouvelle tournure. Et désormais, Gabriel mettait les bouchées doubles. Il le fallait. Tout devait être absolument parfait. Aussi, se montrait-il intransigeant avec les comédiens, tranchant avec les monteurs-sons, les musiciens. Il n’y avait plus de temps à perdre et la perfection ne concernait que les gens compétents. Avec sa secrétaire, ils avaient préparé les dates, et la plus importante, celle de la première. Le huit Juin. C’était pour lui une date essentielle. Celle de son anniversaire bien sûr. A vrai dire, on lui avait proposé plusieurs dates durant ce fameux mois. Mais le huit lui avait paru être une bonne idée. Un brin prétentieux, le pianiste avait soldé son choix, comme on solde son sort. Sur le moment, il n’avait absolument pas pensé à la famille, aux siens qui auraient, sans doute, apprécié faire autre chose que de voir son spectacle. Du moins, c’est qu’il avait pensé en constatant que Delilah avait paru si peu heureuse de ce grand événement. Mélodie, elle, n’avait vu que la possibilité de pouvoir se rendre à un spectacle, de pouvoir observer le fruit de son travail. Petite fille encore perdue dans le monde de ses rêves, elle n’avait pas encore compris la signification de cette date. Ce n’était pas l’anniversaire de son père mais le début du succès pour le Moulin Rouge. Autrement dit, seule sa femme faisait la tête. A croire que cette année, il n’y aurait pas de voyages pour ça, pas de fêtes. Rien d’autre que cette comédie musicale. Encore et toujours. Et justement, aujourd’hui, Gabriel avait rendez-vous avec le propriétaire de la salle de spectacles. Située sur Hollywood, elle jouissait d’une assez bonne place, bien située et prête à les recevoir. Il avait chargé Jordan de s’occuper de la paperasse. Elle était efficace et il était content qu’elle soit là, quand bien même, les débuts n’avaient pas été évidents. Il faut dire qu’elle avait son caractère et il avait le sien. Se faire remettre à sa place n’avait pas été facile à admettre mais quand le tout se couronnait de succès, nul doute qu’il avait oublié à force. Aussi, était-il tranquille désormais. Jordan s’occupait de gérer le plan administratif de l’événement. Il lui avait sélectionné une liste d’invités à qui il faudrait envoyer les cartons d’invitation. Ensemble, ils avaient bossé sur l’apparence de ces précieux sésames. Il faut dire qu’avec l’envergure que prenait la comédie musicale, les places valaient leur pesant d’or. Mais il était confiant sur le succès. Ils avaient tous tant travaillé. Aussi, ce matin, se trouvait-il dans une voiture les menant vers le rendez-vous. Durant le trajet, Gabriel resta silencieux, ne parlant que pour se lancer dans une longue, très longue discussion avec sa fille. Il s’était levé aux aurores et elle dormait encore. Aussi, tenait-elle à raconter les détails de sa nuit, les rêves qu’elle avait fait, le côté agréable du petit déjeuner ou durant ce temps, sa mère lui avait coiffé les cheveux avec une douce brosse tandis qu’elle regardait les dessins animés. Il n’avait cessé de sourire comme un idiot jusqu’à ce qu’il fut l’heure d’y aller, de parler à sa femme avec l’impression d’une douche froide, laissant la magie s’éteindre subitement comme lorsque l’on soufflait sur la flamme d’une bougie.

Il sortit de la berline en compagnie de Jordan. Il y avait pas mal de paperasses se trouvant dans une pochette que tenait la blonde. Beaucoup de choses qu’il faudrait signer sans doute. Lui et les papiers ça faisait deux. Il était doué pour le piano et faire rire sa petite fille. Pour le reste, tout était qu’insignifiance. « Les choses se concrétisent. » Dit-il à l’attention de sa secrétaire avec un sourire en coin. Il ne niait plus qu’elle était particulièrement douée. Ils étaient faits pour bosser ensemble. Et puis ce qu’il appréciait chez elle, c’est qu’en débit de son caractère de cochon, elle était investie, elle comprenait facilement, elle ne disait rien quand il s’agissait de prévenir Delilah qu’il rentrerait tard. Mais pour l’heure, tout était lié à la mise en place de la salle. Ils devaient y aller afin de signer le contrat de locataion. La première aurait lieu le huit Juin et ensuite, s’ensuivraient six autres représentations. Avec à la clé, la possibilité qu’en cas de succès, ce soit reconduit pour d’autres dates. Il avait besoin de Jordan parce que justement, il ne tenait pas à se faire avoir et d’autres part, il n’avait pas le temps de tout lire. Il dictait ce qu’il souhaitait, Jordan appliquait. Aussi, fut-il ravi de voir le propriétaire, homme qu’il avait eu l’honneur de croiser durant quelques soirées communes. Ce dernier les amena dans son bureau où après les avoir fait asseoir et proposé le café, il entra dans le vif du sujet, demandant à voir le contrat. Pendant que sa blonde sortait ce qu’il fallait, Monsieur Walter – le propriétaire – discutait avec Gabriel. « Los Angeles est grande mais on commence à entendre des échos de cette pièce. Espérons qu’elle ait du succès. » Il l’espérait tout autant. « Oui, on va croiser les doigts. Normalement dans quelques jours, les billets seront mis à la vente. » D’ordinaire, les billets se vendaient assez tard. Mais Gabriel avait fait le choix d’attendre, d’évoquer sa pièce, d’attiser l’attente et l’impatience. Risqué mais sans doute, ça payerai. « Et puis, la première sera fabuleuse. Dans l’entrée, il sera possible de mettre en place un panneau pour les photos officielles. Peut-être allez-vous avoir des stars qui viendront ! Quelle belle soirée en douze Juin. » Les derniers mots firent froncer les sourcils du pianiste. « Le douze Juin ? Vous devez faire erreur Monsieur Walters. Nous avions convenu du huit Juin. » - « Ah non, je vous assure… Que c’est le douze, c’est ce qui est écrit dans mon agenda. D’ailleurs, le huit a été réservé pour quelqu’un d’autre. » Il eut l’impression que du plomb lui coulait dans l’estomac. Comment ça le douze ? Mais il était hors de question ! Gabriel voulait le huit. « Jordan, pouvez-vous revoir les papiers s’il vous plait. J’avais cru comprendre que le huit était pour nous… » Et autant dire qu’elle n’avait pas intérêt à s’être trompée. Pas sur ça…

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Jordan McGrath
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MESSAGES : 308

MessageSujet: Re: « Elle t’emmène avec elle, je t’emmène avec moi » Jordan   Jeu 31 Mai - 17:45

Cela faisait des semaines, pour ainsi dire des mois que nous négocions avec Monsieur Walter quant à la location de sa salle pour la première du Moulin Rouge, comédie musicale produite et mise en scène par mon patron, Monsieur Goldstein. Autrement dit, cela fait des mois que je harcelais, manipulais, négociais avec le service location et la secrétaire personnel du propriétaire des lieux. Et même si parfois je déléguais des taches à des personnes en dessous de moi, ou appartenant à d’autres services, je connaissais le sujet sur le bout des doigts. Mon père, Henry McGrath, m’avait appris à toujours avoir une dose de contrôle sur tout ce qui se passait. Et cela passait par la connaissance, et ce, même si on était le grand chef de plusieurs grandes entreprises.
C’est pourquoi, tandis que la berline dans laquelle j’étais installée avec mon patron nous emmenait à notre lieu de rendez-vous, je tapotais énergiquement sur le clavier de mon téléphone, attachée déjà, à prévoir l’organisation d’une tournée prochaine. Oui. J’avais fois en cette comédie. Fois en mon patron, aussi talentueux qu’exécrable, et je savais avoir tiré les bonnes ficelles pour nous permettre une renommée mondiales. J’avais fois en mon travail, on peut le dire oui.

Je sais ce que vous pensez. Comment une blondinette aussi fofolle peut-elle se montrer si confiante en ses capacités ? C’est très simple. Je suis un requin. Le genre de requin qui a grandit avec d’autres requins. Non seulement je ne suis pas née avec une cuillère en or dans la bouche, mais quand la fameuse cuillère est arrivée dans mon assiette, il a fallut se battre pour se faire respecter, pour apprendre, être crédible et ne pas se faire marcher sur les pieds. Parce que j’étais l’adoptée, parce que j’étais la fille de, parce que mes parents avait de l’argent. A chaque seconde de mon parcours j’ai dû jouer des coudes voir des poings, pour parvenir à mes fins, et faire en sorte que mes parents réalisent avoir fait un bon investissement. Je pense que c’est aussi ce que Monsieur Goldstein se dit. Qu’il a fait un bon investissement en prolongeant mon contrat et en ayant fait de moi son petit toutou. Je le gratifiais d’ailleurs d’un sourire malicieux en réponse à sa remarque en sortant de la voiture. Quelques minutes plus tard nous avions retrouvé Monsieur Walter dans son bureau en compagnie de sa secrétaire à lui, Stacy. J’avais par ailleurs beaucoup échangé par téléphone et email avec cette dernière. Après les formulations de politesse, j’attaquais ma partie et m’emparais de ma pochette, dans laquelle était rangé quantité de documents, plus ou moins utiles.

Soigneusement, je déposais avec précaution le contrat édité en trois exemplaires devant Monsieur Walter. Trois exemplaires, parfaitement rédigés. Un pour le propriétaire, un pour nous, et un autre pour nos actionnaires. Beaucoup de monde avait injecté de l’argent dans cette affaire, et il était normal qu’ils aient un certain droit de regard sur le business qui se menait ici. Par chance, mes années de formation dans les entreprises de mon père avaient de moi une super femme d’affaire, même si je préférais la place confortable de salariée et non de boss. Après avoir soigneusement disposé les contrats, je posais symboliquement un stylo hors de prix sur le dessus, en signe de bon augure. Pendant ce temps, mon patron discutait joyeusement avec le propriétaire. Mon sang ne fit qu’un tour lorsque Monsieur Walter annonça la date du 12 Juin. Non il avait dû se tromper. Je levais la tête pour apercevoir les froncements de sourcils de Monsieur Goldstein. Oups. Mon patron releva l’erreur mais l’autre insista. Le 8 Juin n’était pas disponible. Mon coeur manqua un battement tandis que tout le savoir de papa me coulait dans le cerveau. C’était impossible. Je n’avais pas fait d’erreur. Je savais que je n’avais pas fait d’erreur. Alors quoi ? Je me repassais en quatrième vitesse tout ce que mon père m’avait appris. Des négociations au contrat. Les termes, les signatures, les accords verbaux, tacites et écrits. Les techniques de négociations, de filouteries. A qui et pour qui profitait le crime. Qui tirait les ficelles dans un contrat et qui gagnait la part la plus grosse. Aussitôt mon regard se porta sur l’assistante de Monsieur Walter, qui paniquée, fouillait comme une dératée dans sa paperasse. Ses yeux étaient sur le point de lui sortir du crâne. Non. Ce n’était pas à elle qu’étaient rattachées les ficelles. Nouveau regard au propriétaire des lieux tandis que mon patron exigeait assez sèchement les papiers. Aussitôt je me redressais, droite comme un I et tout crocs dehors. Ma pochette en main, je l’ouvris tout en allant me placer derrière mon patron. « Il n’y a rien à revoir Monsieur. Le 8 est pour nous. » Mes yeux bleus se plantèrent alors, glacials, dans le regard de Monsieur Walter.  Silencieusement je le sondais tandis qu’il jetait un regard négligeant à sa secrétaire paniquée. Sortant des papiers de ma pochette je les plaçais devant Monsieur Goldstein en expliquant.

« Voici toute notre conversation courriels avec le service location de Monsieur Walter. Comme vous le voyiez c’est bien le 8 qui est mentionné partout. Et juste ici, voici l’accord préalable à cette réunion, et la signature de Monsieur Walter juste là. »

Nouveau regard plein d’arrogance à Monsieur Walter. Un requin je vous dis. Là tout de suite, je me faisais avocat. Et quel avocat ! La secrétaire, galèrait toujours dans sa paperasse, les larmes aux yeux. L’espace d’une seconde elle me fit de la peine. Mais je décidais de ne pas lâcher l’affaire et d’aller bien au fond de cette affaire. Si on cherchait à entuber mon patron et à me faire porter le chapeau, des têtes allaient tomber. Laissant mon boss examiner les preuves évidentes de mon excellent travail, je m’approchais de la jeune femme terrifiée. Lui prenant ses documents des mains, je la gratifiais d’un sourire amical. « Stacy, c’est ça ? Laissez je vais vous aider. »

« Je ne comprends pas ! Ce doit être une erreur de ma secrétaire, ou bien vous vous abusez. Comment pouvons-nous faire ?! C’est un scandale. C’est que j’ai promis le 8 à un très gros client et je ne peux absolument pas lui retirer la date car… »

Si il y a bien une chose que j’ai apprise en grandissant en orphelinat pour la première partie de ma vie, c’est de ne jamais, mais jamais, me départir de mon assurance. Comme un chat qui fait battre en retraite un ours. Parce que le chat, lui, il n’a pas peur de se chercher la bricole avec un ours, plus de 100 fois sa taille et sa puissance. Le chat est un barge. Le chat n’a pas peur. Le chat fonce. Et l’ours lui se dit : si le petit gars il est si sûr de lui c’est qu’il doit être capable de m’avoir. Je vais peut-être pas tenté du coup… Moi je suis un chat, je suis barge. Et mon père adoptif m’a souvent confirmé qu’il fallait être un chat en affaire. Qu’en ayant affaire à des escrocs il fallait savoir escroquer soi-même. Mais Monsieur Walter lui, m’apparaissait tout à coup comme un chaton à peine ébouriffé. Il se cherchait des justifications qui à mes oreilles sonnaient creuses alors que mon boss avait devant lui, la preuve que je n’avais commis aucune faute. Mais avec un patron comme Goldstein, j’étais non seulement préparée à en prendre plein la gueule, mais j’étais surtout préparée à ce qu’on essaie de me la mettre à l’envers. Parce que soyons réalistes, c’est toujours la secrétaire qu’on vire en premier. Comme si un licenciement pouvait excuser la félonie des chefs. C’est bien pour ça, que révoltée de l’imprimante, assassin assumé de la forêt Amazonienne, j’imprimais tout, absolument tout mes échanges par mail avec les services concernés lorsqu’il fallait négocier un contrat. Cela personne ne le savait, parce que rarement ce genre de situation se produisait, où il fallait que je justifie même ce que j’avais mangé à midi. Mais voilà, aujourd’hui ça se produisait. Mais j’étais armée. Contrairement à cette Stacy au bord de la crise de nerf qui cherchait désespérément une trace de son erreur dans ses papiers et dans ses emails. Erreur qu’elle n’avait pas commise. Mon oeil expert ne trouvait nulle part l’allocation de la fameuse date à un autre client.

« Mais bon sang Stacy ! Comment avez-vous pu commettre une erreur pareille ! Vous êtes une incapable Mademoiselle ! Vous êtes virée. »

Sur la surprise j’écarquillais les yeux tandis que la jeune femme éclatait en sanglots.

« Ça va aller Stacy. » Lui dis-je en lui tapotant le bras. Je me tournais vers mon patron en secouant la tête légèrement. Cette fille n’y était pour rien. Le propriétaire nous prenait pour des cons. Prenait mon boss pour un con. Lentement je me redressais, royale comme jamais et plantais mon regard dans celui de Gabriel Goldstein. Cela faisait un moment que je travaillais pour monsieur Goldstein, et j’osais espérer qu’entre ma qualité professionnelle et mon ascendance britannique exemplaire, il me faisait parfaitement confiance. Ne m’étais-je pas vendue à lui en lui promettant que je serais le rempart à tous ses problèmes ? Droite comme un I et souple qu’un chat je m’avançais de la table, du coté de mon boss tout en toisant notre interlocuteur. Ma jupe crayon et mes talons hauts soulignant parfaitement mes formes et me donnant l’allure d’une avocate de droit international. J’étais l’inquisitrice.

« Monsieur Walters, vous dîtes que la date du 8 est réservé à Monsieur Williams. John Williams ? » Il ferma les yeux d’un air suffisant, s’appuyant comme un paon faisant la roue, tandis que la pauvre Stacy reniflait toujours. La réaction de l’homme me fit sourire comme une gamine devant un sapin de Noël. « C’est impossible. »

Ces yeux écarquillés, quel régal… Il ouvrit la bouche mais je le coupais, tout en m’approchant de mon patron, sortant ainsi vulgairement Monsieur Walters de notre conversation. « Monsieur Williams est en concert au Royal Albert Hall le 9 Juin, avec Hans Zimmer. Je doute qu’il performe la veille à Los Angeles. » Que je confiais à mon patron, comme la marraine la bonne fée faisant des confidences.

L’autre montra les crocs et cracha.
« Comment pouvez-vous savoir une telle chose ? »

« Ma mère a déjeuné avec sa femme la semaine dernière. »

Mon regard pétillant et plein de malice s’attarda un instant sur le visage de Goldstein avant qu’un sourire mutin n’apparaisse sur mes lèvres. Je daignais enfin regarder Monsieur Walter.

En amoureuse de musique, ma mère, au delà de m’obliger à apprendre le piano classique et jazz, était une grande amie de conservatoire de nombreux compositeurs, et de leurs femmes. Manque de bol pour notre propriétaire, Zimmer et Williams étaient de grands amis des McGrath, et le Royal Albert Hall était comme une seconde maison pour ma mère. Pas plus tard que la semaine précédente elle m’avait envoyé un message me disant combien Suzanne, l’épouse de Zimmer, était triste de ne pas me savoir à Londres. Elle nous invitait donc au concert de son mari et de son ami, et serait ravie que je sois des leurs. Cette dernière phrase cachait, je le savais, en réalité l’envie de ma mère de me voir. Cela faisait un moment que je n’étais pas rentrée à la maison, et je savais que je manquais à mes parents. Sans oser me le dire, maman cachait ses regrets dans des parades et rejetait la faute sur ses amies. Suzanne, souhaitait me voir. Suzanne à qui j’avais parlé genre trois fois dans ma vie.

Devant le regard médusé de monsieur Walter je m’autorisais un sourire mesquin. « Stacy, allez prendre vos affaires et n’oubliez pas un CV. » Pour le reste, je laissais libre champs au boss de l’atomiser.
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Gabriel Goldstein
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MessageSujet: Re: « Elle t’emmène avec elle, je t’emmène avec moi » Jordan   Ven 15 Juin - 19:21

Il n’en croyait pas ses oreilles, se disant qu’il y avait probablement une erreur. Le sang battait à ses tempes, le cœur s’emballait dans une course folle. Gabriel flippait. Mais à un niveau tellement haut qu’il pouvait être capable de claquer sur le vol, victime de son succès et d’une crise cardiaque. Parce qu’en l’occurrence, le huit juin était sa date. Il ne pouvait y en avoir une autre. Il fallait que ce soit ce jour-là et il y tenait. Plus que de raison. De plus, il en avait bien parlé autour de lui. Les invitations avaient été envoyées déjà. Ils les revoyaient encore ces invitations brodées de fils d’or, aux lettres incrustées. Il le voyait ce beau et fier « huit ». Alors non, il ne pouvait accepter que ce soit une autre date. Il ne pouvait tolérer l’erreur. Pourtant, il demeurait stoïque même s’il bouillait déjà d’une colère noire. Pourtant, il n’était pas ce genre d’hommes à s’emporter. Les cris ? Inexistants. Il était animé de colère froide. Et puis, il avait un sang-froid à toute épreuve. Il ne paniquait pas, restait calme, tentant de chercher la raison d’une telle erreur. Naturellement, son premier réflexe fut de se tourner vers Jordan, afin qu’elle lui explique ce qui n’allait pas. Il avait une pleine confiance en elle. D’ordinaire, elle n’échouait pas. Ils avaient mis du temps à trouver l’équilibre, les débuts n’avaient pas été évidents. Elle avait son caractère le sien. Elle l’avait affronté, il avait abdiqué. Parce qu’en dépit de tout, Jordan lui était dévouée, elle le connaissait. Et même si parfois Delilah en supportait difficilement la présence, Gabriel savait qu’elle était compétente, qu’il ne pouvait y en avoir une autre. Aussi, il se félicita intérieurement de l’avoir à ses côtés. Elle était sûre d’elle et bien moins empotée que la secrétaire de Monsieur Walter. L’affrontement éclata entre sourires hypocrites et preuves montrées. Jordan avait le mérite d’être carrée dans sa façon de bosser. Et à l’inverse de cette pauvre cruche en face de lui, elle ne se perdait pas dans sa paperasse. Il resta silencieux, laissant sa secrétaire montrer de quoi elle était capable, prouvant ainsi que leur date était bien celle du huit Juin. « Monsieur Walter, malgré toute la bonne sympathie que j’ai pour vous, il faudra vous arranger avec votre client. Mais le huit Juin est pour le Moulin Rouge. » Son ton était ferme. Il ne lâcherait pas l’affaire. Oh non. Plutôt crever. Il était prêt à tout.

Il fut de marbre lorsque la secrétaire fut virée. Vu son degré de nullité, il valait mieux qu’elle cesse. Il n’était pas homme à s’émouvoir sur le cas des autres. Il avait fort à faire. Et puis quand bien même, elle avait deux bras, deux jambes pour trouver un travail. Elle n’était pas malade. Elle ne pouvait pas mourir à tout instant comme sa précieuse fille. Aussi, ne fut-il nullement peiné. Elle n’avait qu’à faire son travail. Cependant, il ne jugea pas opportun de l’enfoncer plus. Il demeura silencieux tandis que Jordan se démena encore plus, apportant des preuves supplémentaires sur ce différend. Il leva un sourcil lorsqu’elle argua que sa femme dînait avec l’épouse d’Hanz. Vraiment ? Que pouvait donc être cette personne connaissant des collègues de boulot. Que ce soit John ou Hanz, en mélomanes se respectant, ils avaient souvent eu l’occasion de se croiser. Mais qu’il y ait la mère de Jordan, là, Gabriel ne savait que penser… Le monde était petit ?

« Quoi qu’il en soit. » Reprit-il d’une voix calme, une fois que Jordan eut parlé à l’ex-secrétaire. « Il faudra nous refaire le contrat, Monsieur Walter. Je ne tolèrerai aucune autre date. Nous avons déjà versé un acompte assez conséquent. Je refuse un changement. » Fier et digne, il ajouta de cette voix toujours aussi calme. « De très nombreuses invitations ont été envoyées. Les billets ont déjà été imprimés et je n’ose imaginer le cout global de cette unique date. Par conséquent, il va falloir que vous régliez votre différend avec votre client. De surcroit, je serai prêt à contacter mes avocats si vous interposiez à ce que nous nous reproduisions le huit. » Il était prêt à tout. Et d’ailleurs, il était prêt à signer le contrat que Jordan avait préparé. Il lui tira la chaise, galant. « Asseyez-vous Jordan, nous avons pas mal de paperasses à signer je crois. » La voix était amusée légèrement, et il attendit que sa secrétaire prenne place, pour en faire de même. Il ne comptait pas partir. La date serait pour lui. Monsieur Walter lui, paraissait bien embêté. Il ne savait que dire et finalement, il sembla abdiqué, se lançant dans un bégaiement, laissant comprendre qu’il devait appeler son autre client. Gabriel le salua d’un signe de tête, le laissant s’en aller et le laissant avec Jordan, seuls. Stacy avait mystérieusement disparu. « C’est du bon boulot, Jordan. Je suis content de vous faire pleinement confiance. » Dit-il en l’observant avec un sourire en coin. Et puis, il y avait ce détail qui le chiffonnait. « Et votre mère connaît bien l’épouse d’hanz ? je suis surpris. Mais ça ne m’étonne guère… Vous n’avez jamais vraiment parlé de vous. » Et lui n’avait jamais fait l’effort de s’y intéresser
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MessageSujet: Re: « Elle t’emmène avec elle, je t’emmène avec moi » Jordan   

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« Elle t’emmène avec elle, je t’emmène avec moi » Jordan
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