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 « Parmi les étoiles admirées, mouillées ; par des fleuves différents et par la rosée, j'ai seulement choisi l'étoile que j'aimais et depuis ce temps-là je dors avec la nuit. » + Gabriel ♥

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Delilah Goldstein
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DATE D'INSCRIPTION : 14/04/2018
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MessageSujet: « Parmi les étoiles admirées, mouillées ; par des fleuves différents et par la rosée, j'ai seulement choisi l'étoile que j'aimais et depuis ce temps-là je dors avec la nuit. » + Gabriel ♥   Lun 23 Avr - 21:43

Les notes effectuaient un ballet vertigineux dans les airs. Elles s’affolaient, virevoltaient, voltigeaient à la manière de ces seigneurs ailés qui parcourent le ciel et qui s’abattent soudain vers la terre. Dans cette mélodique agitation, aucune fausse note ne venait perturber la fureur de la musique. C’était comme un immense champ de bataille où les noirs s’entrechoquaient aux blanches, souffraient les soupirs et les silences, les dièses et les bémols, mais toujours dans un accord parfait. Il n’y avait que cette symbiose pure pour occulter la course du temps, le poids de l’incertitude et l’inquiétude qui broyait sa chair et ses os. Ce ne fut qu’à l’agonie du morceau que le silence reprit son règne dans ce salon bien trop grand. La quiétude qui suivit le tourbillon symphonique fut bousculée par l’éclat de deux mains qui frappaient frénétiquement l’une contre l’autre. Le tendre regard de Delilah couva la frimousse enthousiasmée de Mélodie. « C’était magnifique, maman ! » La mère déposa un baiser sur le front de la blondinette qui se lova contre elle. Elle la prit dans ses bras comme la terre accueille les racines et la vie. « Ton père joue bien mieux. » Une brève pointe de jalousie perça dans ce ton si humble et presque murmuré. L’ombre de Gabriel dansait devant ses yeux, l’imaginant à ce piano qui était comme un deuxième corps pour lui. A la première heure où ses yeux s’étaient posées sur lui, il était à son piano. Déjà, elle avait compris que si elle voulait le trouver un jour, il n’en serait jamais bien loin. L’enfant balaya les propos de sa mère en se serrant un peu plus contre elle. « Quand est-ce que papa arrive ? » Le cœur de Delilah se lacéra. Une nouvelle entaille qui ne faisait que s’ajouter à un millier d’autres. Les souffrances de Mélodie étaient les siennes, et dans cette voix si pure que l’innocence de l’âge habitait, elle décela cette vague de tristesse. Plus violente encore fut l’empreinte d’évidence qui perça ses propos. La petite fille n’était pas idiote. Elle s’habituait aux absences de ce père constamment occupé, dévoué à cette carrière que Delilah avait laissé derrière elle, et ça la tuait à petit feu, Delilah. « Ton père est très occupé. Tu le verras ce soir. » Sa main frotta affectueusement son dos, la poussant légèrement pour qu’elle descende du banc de piano. « Va prendre ton manteau, mon trésor. Nous partons. »

***

Immonde rengaine, dissonante mélodie, malheureuse composition que celle qui se déroulait bien trop souvent dans son quotidien au goût de Delilah. Dès qu’elle franchissait les portes de l’hôpital, Mélodie toujours dans son sillage, un sentiment terrible s’emparait d’elle. L’agitation des lieux résonnait à ses oreilles comme le grincement d’un violon désaccordé. Il fallait supporter de voir son enfant être manipulée, étudiée sous toutes les coutures ; ne pas montrer toutes les craintes qui envahissent le corps et à la chair à ce moment-là ; ni toutes les peurs qui déciment l’esprit à l’idée qu’une nouvelle terrible puisse surgir ; donner la sensation à Mélodie que tout ceci était normal, que cela allait s’arranger, qu’elle allait guérir et qu’elle n’avait pas besoin de la présence de son père. Sauf que rien de tout cela n’était vrai. La terreur la dévastait comme la tempête déracine les arbres. Mélodie n’allait pas mieux, la maladie l’affaiblissant un peu plus chaque jour, usant ce cœur si fragile et vulnérable. Son père ne serait pas plus présent pour elle. Quelquefois, Delilah souhaitait pouvoir compter pour deux et posséder les larges épaules de Gabriel pour supporter le poids de toute cette misère, mais elle ne le pouvait pas. Pas plus qu’elle ne pouvait arracher son cœur de sa poitrine pour l’offrir à sa fille. Elle aurait été prête à tout sacrifier pour qu’elle guérisse, qu’elle puisse avoir la vie d’une fillette normale de son âge, mais ce n’était pas le cas. Elle dépérissait lentement, et Delilah avec elle. Le médecin s’approcha finalement d’elle au terme de tous les examens. Ils n’étaient que tous les deux tandis qu’une infirmière aidait Mélodie à se rhabiller. C’était un homme vieux, spécialiste de la maladie qui touchait l’enfant, brillant et reconnu. Gabriel avait fait un sorte qu’elle ne soit traitée que par le meilleur. Souvent, Delilah se demandait qui, de l’enfant ou du médecin, allait être emporté en premier. « Son état demeure stable, mais il ne s’améliore toujours pas. Il faut continuer à rester vigilant, Madame Goldstein. Poursuivez son traitement. Je la reverrai très bientôt. » Hélas, à chaque mot, c’était une musique qui dissonait, un mouvement qui se perdait et des partitions qui se déchiraient en morceaux. Les mots étaient des armes féroces qui vagabondaient sur son corps et entaillaient sa chair. Delilah, douce et discrète Delilah, restait fièrement droite et écoutait sagement chacun de ces mots qui blessent.

***

D’un gracieux mouvement du poignet, Delilah fit tournoyer le liquide couleur de miel dans son verre. Elle en prit une gorgée, éprouvant le goût particulier de ce vin boisé que Gabriel faisait venir directement depuis la France. Elle ne l’avait pas attendu pour ouvrir une bouteille, dégustant dans une froideur tranquille le doux breuvage. Cela faisait longtemps qu’elle avait appris qu’il ne fallait plus l’attendre pour quoi que ce soit. Aussi, l’étonnement la traversa-t-elle quand elle vit sa voiture se garer dans la cour plus tôt que d’accoutumé. Elle ne prit pas la peine de l’accueillir, entendant la porte claquer depuis l’entrée. En quelques pas, Gabriel fut dans le salon. « Je viens tout juste coucher Mélodie. Elle dort déjà, cette journée l’a épuisée. » Le ton était détaché, insensible. Elle se reporta sur la contemplation de ce soleil qui déclinait paresseusement dans le ciel. Autrefois, ses yeux auraient nargué l’astre pour ne dévorer que son mari ; aujourd’hui, il semblait que c’était la vision de Gabriel qui écorchait sa rétine. « Je t’ai sorti un verre. Au cas où. » Parce qu’au fond brûle un piètre espoir. Il s’endort parfois, s’éteint un peu, mais il demeure et il suffit quelquefois d’une étincelle pour l’embraser. L’amertume reprit sa place dans son cœur et dans son âme. « Tu as oublié… une fois de plus. » Ses paroles étaient comme une sentence, une guillotine qui s’abattait brutalement sur la jugulaire du musicien. Si son être hurlait qu’elle faisait mention de Mélodie, sa petite voix dans sa tête ne s’éveilla pas pour l’informer qu’il n’était pas le seul à avoir fait l’impasse sur quelques événements...
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Gabriel Goldstein
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MESSAGES : 1183

MessageSujet: Re: « Parmi les étoiles admirées, mouillées ; par des fleuves différents et par la rosée, j'ai seulement choisi l'étoile que j'aimais et depuis ce temps-là je dors avec la nuit. » + Gabriel ♥   Mar 8 Mai - 18:21

Il avait fait en sorte que tout soit parfait. Il n’avait négligé aucun détail, veillant à ne rien omettre. Perfectionniste dans l’âme, Gabriel avait tenu à tout organiser lui-même. Ce qui était une nouveauté. Habitué à tout reléguer à sa secrétaire, il avait tenu à s’en occuper lui-même. Ce n’était pas tous les jours que six ans de mariage se fête. Et il avait mis les petits plats dans les grands. Delilah allait être subjuguée, du moins l’espérait-il. Il avait vu les choses en grand parce qu’il s’agissait là d’une ode à l’amour envers sa femme. Il la trouvait exceptionnelle, belle, intelligente et drôle. Pourtant, le temps s’écoulait. Et dans sa chute lente, le pianiste avait toujours l’impression de passer à côté de tant de choses, de ne pas savoir s’exprimer, de ne pas clairement lui expliquer qu’il ne souhaitait pas la perdre. Et pourtant, il la sentait fuir entre ses doigts telle une volute de fumée. Et pourtant, il demeurait silencieux, préférant se dire que tout allait pour le mieux, qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. Tout allait bien. Et ce soir, il lui réservait un bel anniversaire de mariage. Aussi, avait-il fait en sorte de partir un peu plus tôt, laissant les chanteurs en pleine répèt’. La date de la première approchait et il était débordé. Son agenda était rempli, il n’avait même pas le temps de prendre une pause pour un café. Il le buvait en gueulant comme un putois, la pression grandissant chaque jour. Mais pour ce soir, il faisait une exception. Il était dans a voiture, fier de lui, tel un enfant réussissant un dessin sans dépasser en dehors des traits. Il avait tout prévu. Il devait arriver à vingt heures, inviter sa femme à se préparer tandis qu’une nourrice devait arriver, spécialement embauchée pour la soirée. Ça et une infirmière de garde au cas où, quelque chose se passer pour Mélodie. Il n’était pas inconscient et puis de toute façon, sa femme n’aurait pu accepter de laisser leur enfant sans aucune protection. Sa vie était si fragile. Et pourtant, ce soir, il voulait honorer sa femme, il voulait la voir sourire comme durant leurs premiers instants. Il voulait voir briller cette flemme dans son regard. Il voulait être cet homme qu’elle avait choisi en lui disant oui. Il voulait être ce pianiste alliant la douceur des touches de son piano, à la complainte lancinante de cet arche vibrant sur ces fragiles cordes.

Aussi, lorsqu’il arriva, il se gara et sortit rapidement de sa voiture. Il ouvrit la porte d’entrée de leur luxueuse maison et se dirigea vers le salon, où sa femme s’y trouvait. Froide et fière, se buvant un verre. L’absence d’enfant ne révélait qu’une seule chose : le marchand de sable était passé. « Bonsoir. » Dit-il simplement en posant sa veste sur une chaise. Une femme de maison s’en occuperait, c’était le cadet de ses soucis. Sa femme lui avait servi un verre et il accepta d’un signe de tête, venant s’asseoir en face d’elle dans l’immense salon. « Merci. » Il prit le verra contenant la liqueur ambrée et but une gorgée lorsque Delilah lui révéla avoir oublié encore une fois. Durant cet instant, il crut qu’elle évoquait leur anniversaire de mariage et cela le fit sourire. Il était si loin de la vérité à vrai dire. « Je crains de devoir te contredire. Mais je n’ai pas oublié. » Oh non, il avait tout planifié. Cette soirée allait être parfaite. « D’ailleurs, lorsque nous aurons fini de boire ce verre, je te demanderais d’aller te préparer. Je te réserve une surprise ce soir. » Son sourire était sincère, Gabriel croyait sincèrement bien faire. Il ne se doutait que les foudres allaient s’abattre sur lui, que l’oubli du rendez-vous médical ne pouvait se justifier par l’organisation d’un anniversaire de mariage. Fêter l’amour au milieu d’une vie en suspens, dont l’espérance tenait au détriment d’un fil assez fin et menaçant de rompre. « Mais je ne t’en dis pas plus, tu verras par toi même. » Il espérait que ça lui plairait, que ses yeux brilleront pour ce mari qu’il espérait être bon. Et puis en tant que père, également. Il n’omettait jamais ce détail, Mélodie était la prunelle de ses yeux. « Et comment va notre petite fille d’ailleurs ? A-t-elle été sage ? Elle m’a expliquée que dernièrement, elle adorait faire de la peinture avec toi mais que tu l’engueulais lorsqu’elle oubliait de se laver les mains. Elle a juste omis de me dire qu’elle avait sali le sofa de la salle à manger. » Il avait vu les marques par lui-même, avec un mélange de fierté et d’amour. Gabriel était fou de sa fille, il espérait autant que Delilah qu’elle puisse guérir, mais il évitait d’y penser, trop souvent. Cette vérité faisait mal.



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Delilah Goldstein
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MessageSujet: Re: « Parmi les étoiles admirées, mouillées ; par des fleuves différents et par la rosée, j'ai seulement choisi l'étoile que j'aimais et depuis ce temps-là je dors avec la nuit. » + Gabriel ♥   Jeu 10 Mai - 20:31

La nuit avait posé son voile sur la ville. Au travers de la fenêtre, Delilah distinguait l’animation tranquille de ce quartier résidentiel qui était son royaume depuis presque une décennie. Mais son regard ne se portait pas vers le bitume luisant sous l’éclat des réverbères. Ses prunelles se reflétaient dans cet océan éclaboussé d’étoiles. Comme une princesse captive, la blonde rêvait d’ailleurs. Un ailleurs où elle pourrait redémarrer son existence sans faute note, où elle pourrait arranger les gammes selon son souhait, imposer son propre tempo, ne pas laisser la main du destin agripper les fils de sa vie. Elle modelait cet univers parfait à l’image de ceux qu’elle dessinait petite fille. Les couleurs y étaient chatoyantes, les ciels d’azur et les soleils radieux. Le malheur n’y détenait aucune emprise, sinon celui de laisser l’œuvre incomplète. Quelquefois, il lui semblait que lorsqu’elle avait laissé tomber ses crayons, quelqu’un s’en était saisi à sa place, avait griffonnée maladroitement sur ses feuilles de papier, renversé le pot de peinture et frotté pour effacer la tâche. Mais elle était indélébile. Delilah n’y pouvait rien. Aucun sort, aucun dessin, aucune musique ne pouvait conjurer le mauvais sort. Elle baignait dans cette latence dramatique jour après jour, observant le temps défiler avec une impuissance résignée.
Dans ce combat quotidien contre la maladie de sa fille, Delilah déplorait de ne pas être épaulée par son époux. Le père de sa fille. L’homme qu’elle aimait sûrement encore un peu. Il brillait par son absence. Souvent, la jeune femme songeait qu’il avait tout d’un être solaire. Il attirait l’admiration de tous, et si ce n’était pas cela, il s’agissait d’une jalousie motivée uniquement par l’envie. Gabriel était un homme brillant, un génie reconnu. Où qu’il passe, il était forcément remarqué par son charme froid, son assurance certaine, sa prestance incontestable. Et de cet éclat qu’il produisait, il s’en aveuglait lui-même à tel point qu’il en oubliait sa famille, et pire encore, sa propre fille. Delilah s’était habituée à vivre dans l’ombre de cet homme qui ne souffrait pas l’indifférence. Au départ, les ténèbres ne l’avaient pas effrayée. Elle s’en était accommodée, retenue vers la lumière par la main de sa fille dans la sienne. Mais une fois qu’elle ne serait plus là, que lui resterait-il alors ? La terreur d’un vide immense sous ses pieds éperonnait chaque jour la violoniste un peu plus. Et les absences répétées de Gabriel, ses oublis et ses maladresses la renvoyaient à sa solitude.

La vision de deux phares brillant dans la nuit informa Delilah que Gabriel venait de rentrer. Elle s’étonna de le voir de retour si tôt alors que tout son temps était consacré à la comédie musicale. Elle quitta son poste d’observation pour se diriger vers la table basse du salon. Là, elle versa un verre à son mari, plus par automatisme que par volonté de le satisfaire, et prit place confortablement dans un fauteuil. Si la tendresse et l’amour l’animaient autrefois dès que son époux rentrait à la maison, elle ne ressentait plus qu’une triste amertume et un ennui certain quand il franchissait la porte d’entrée. Elle déplorait généralement cette tragique tournure des événements, mais ce soir, elle était trop en colère pour s’apitoyer sur leur relation. Les colères de Delilah étaient froides, sans éclat, ni effusions, mais chaque mot, choisi avec minutie, était taillé pour blesser son adversaire. Il ne mit guère longtemps à lui reprocher son nouvel oubli concernant le rendez-vous à l’hôpital. Cette scène n’était pas la première à se dérouler entre les murs de cette cage dorée. Comme une pièce de théâtre qui n’avait plus besoin d’être répétée, Delilah s’attendit à des pardons, à voir se dresser l’excuse de la comédie musicale tel un étendard. Elle n’aurait pas la patience de les affronter. Toutefois, la réponse du musicien la prit de court. La jeune femme fronça ses sourcils délicats en une moue d’incompréhension. Pourquoi un tel sourire ? Pourquoi une mine si satisfaite ? Elle le laissa poursuivre, préférant démêler le mystère à la lumière de ses prochaines paroles. Ses informations n’en furent que plus nébuleuses… Quelle surprise pouvait-il bien lui préparer pour s’offrir les excuses de sa femme ? « Une surprise ? » répéta-t-elle, atterrée et ennuyée. Gabriel voulait préserver son mystère, et son insistance fit rouler les yeux de Delilah au plafond. Elle crut être arrivée au point culminant de l’absurdité de cette conversation, mais ce fut sans compter sur la nouvelle intervention de Gabriel. « Oh pitié, arrête ! Tais-toi. » Ce fut comme un cri du cœur. Elle n’éleva pas forcément beaucoup la voix pour dire cela, mais le ton y était. Elle était découragée par l’attitude de son mari. « Est-ce que cela te plaît de jouer les idiots ? Combien de mensonges vas-tu encore inventer pour te dédouaner de tes erreurs ? » Elle avala la dernière gorgée de son verre, décroisa ses jambes avec élégance pour se lever, se remplir un nouveau verre et venir se poster à la fenêtre comme elle l’était auparavant. Son allure droite et fière masquait la douleur lancinante qui frappait son être. « Mélodie avait de nouveau un rendez-vous à l’hôpital cet après-midi et tu n’étais pas là. Tu as encore oublié, ou alors, tu n’as pas jugé suffisamment important de venir soutenir ta fille. » Elle se maudissait de ses faiblesses, mais elle ne put empêcher sa voix de trembler à partir de cet instant. Delilah pivota de trois-quart vers Gabriel, mais pas suffisamment pour soutenir son regard. « Elle te réclame, Gabriel. Elle ne comprend pas pourquoi tu n’es pas là. Qu’est-ce que je peux lui répondre, moi ? Que ton travail compte bien plus que tout le reste ? » Le reste. Sa famille. Sa fille. La maladie qui la rongeait et menaçait de la leur prendre. La gorge de Delilah se serra. Elle crut rompre le charme en buvant une nouvelle gorgée de vin, mais elle manqua de s’étouffer. Elle retint ses toussotements. Au même moment, une larme dévala sa joue, plus de chagrin que d’étouffements, mais elle préféra mettre cela sur le compte de son étourdissement. « Je ne sais quel genre de réjouissances tu avais prévu, mais tu peux à présent l’oublier. » Elle ne lui pardonnerait pas. Pas ainsi. Pas tout de suite. Pas aussi aisément.
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MessageSujet: Re: « Parmi les étoiles admirées, mouillées ; par des fleuves différents et par la rosée, j'ai seulement choisi l'étoile que j'aimais et depuis ce temps-là je dors avec la nuit. » + Gabriel ♥   

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