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 « The loneliest moment in someone’s life is when they are watching their whole world fall apart, and all they can do is stare blankly. » Nate ♥

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Kimia Turner
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DATE D'INSCRIPTION : 20/08/2015
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MessageSujet: « The loneliest moment in someone’s life is when they are watching their whole world fall apart, and all they can do is stare blankly. » Nate ♥   Mar 1 Mai - 21:05

C’est un bip assourdissant qui vient me vriller les tympans et qui amplifie la douleur à mon crâne comme au lendemain d’une soirée trop arrosée. Je m’entends à peine gémir, sortant peu à peu du brouillard nébuleux dans lequel je me trouve. Mon cerveau est incapable de déterminer où je me trouve, ce que je fais ici et quels sont les événements qui se sont déroulés un peu plus tôt. Je me sens flotter dans une moitié d’univers si loin du nôtre. Je veux m’y plonger, me noyer, me laisser dorloter par lui jusqu’à ne plus ressentir aucune douleur, ni aucune agression extérieure ; mais la réalité se rappelle brutalement à moi. Les souvenirs surgissent. Comme des fulgurances, des éclairs qui déchirent la toile de mon inconscience pour me ramener pleinement dans mon corps. Je me redresse subitement dans les draps. Mon regard s’accroche à tout ce qui compose mon environnement autour de moi. Une chambre d’hôpital. Je me découvre attachée à toute sorte de machines et la panique s’empare de moi. Qu’est-ce que je fiche ici ?! Dans un geste brusque, je retire les capteurs qui sont collés sur ma poitrine, la pince à mon doigt et le fin tuyau qui envoie de l’air dans mes narines. Je n’ai cependant pas le courage suffisant pour ôter la perfusion à mon bras. « Mon dieu. Mon dieu. Mon dieu… » Je ramène mes jambes contre ma poitrine, emprise ma tête entre mes doigts et tente de rassembler les moindres détails de ce qu’il s’est passé. A chaque flash qui éclate dans ma tête, mon cœur s’accélère et mes membres se raidissent. Je me rappelle mon altercation avec Mike. Ma fuite de notre appartement. Les messages sur mon portable qui exprimaient explicitement à Otto que notre histoire n’aurait pas d’avenir, écrit de la main de Mike. Puis de ma course en vélo pour arriver à temps jusque chez mon meilleur ami et finalement… l’accident. « Otto ! » je m’écris soudain, réalisant que son esprit demeure sûrement toujours infesté par le mensonge même si une part de ma raison espère qu’il n’aura pas cru un seul mot de ce qui était écrit sur ce message. Et s’il n’est pas auprès de moi, je me dis qu’il ne doit pas être courant pour ce qu’il s’est passé… Il ne m’en faut pas plus pour rassembler mon courage et arracher le plus délicatement possible la perfusion dans mon bras. « Aaah ! Ça fait mal ! » je m’exclame, surprise par la douleur et le sang qui en jaillit. Mon cri semble suffire à alerter une infirmière qui rentre dans ma chambre. Une magnifique brune à la peau tannée et à l’épaisse chevelure bouclée, mais je ne m’attarde pas spécialement sur ce détail. Elle plairait bien à Nate. « Mademoiselle, ne vous agitez pas comme cela ! » Avec des gestes d’une rapidité et d’un professionnalisme que je n’aurai jamais cru possible, elle attrape une compresse qu’elle vient immédiatement me comprimer sur le bras. « Il faut que je sorte d’ici ! » je lance précipitamment, ce qui force l’infirmière à poser une main sur mon épaule pour me rallonger et me faire un pansement au bras. Elle vérifie aussi celui à ma tête. « Vous avez eu un accident et vous vous êtes cognée la tête. De plus, vous ne pouvez pas partir dans votre état. Mais rassurez-vous, le béb… » - « Non mais vous ne comprenez pas, je dois vraiment partir d’ici ! C’est urgent ! » Je secoue la tête pour rejeter toutes ses idées. Elle m’informe également que mon mari est en route pour l’hôpital, mais je nie encore du chef. Mon mari ? Mike ? Il est bien la dernière personne que je voudrais voir en ce monde ! Je réitère mon besoin urgent de partir, affirmant que je vais très bien, mais ce n’est pas au goût de l’infirmière à court d’arguments. « Je vais chercher le médecin, restez ici. » Sauf que je ne l’écoute pas. Elle n’a pas sitôt passé la porte de la chambre que je m’extirpe du lit. Je me bats contre tous les vertiges qui me prennent pour enfiler en quatrième vitesse ma veste et mes chaussures qui sont posées dans un coin de la chambre sur une chaise. J’estime que je n’ai pas le temps pour le reste, prenant tout de même le soin de récupérer mon portable. Deux secondes plus tard, je suis dans le couloir, furetant de tous les côtés en espérant ne pas croiser la fameuse infirmière et le médecin. Comment est-ce qu’ils font dans les films ce genre de choses ? Est-ce qu’il vaut mieux prendre ses jambes à son cou et courir, ou s’en aller l’air de rien ? Indécise, je fais un peu mélange des deux, marchant lentement par moment en baissant la tête, ou bien courant à certains instants. Je trouve les escaliers et, sachant qu’ils sont rarement utilisés, je les dévale à toute vitesse. Une fois dans le hall d’entrée, je me crois débarrassée du moindre souci, quand je croise tout à coup Mike. Je fige, me raidis et le dévisage avec reproche. Lui ne me renvoie qu’un profond chagrin, de la honte et du regret, sauf que je n’ai pas la moindre once de compassion en moi. Alors lorsque je reprends ma route vers la sortie, je le pousse de toutes mes forces avec colère, l’empêchant d’obstruer mon passage.

***

« Otto ! » Mon cri fait écho dans toute la maison. Pas sitôt sortie de l’hôpital, j’ai pris un taxi, direction la maison de mon petit ami. Si la porte était fermée, je sais où est-ce qu’il cache sa clef jumelle. Me voilà à hurler à travers toutes les pièces pour me retrouver, ne percevant que le silence pour réponse. Ma dernière destination est la chambre et, au travers de mes yeux embrumés de larmes, je distingue les placards ouverts, les commodes éventrées et toutes ses affaires qui n’y sont plus. « Non… » je plaque ma main devant ma bouche pour étouffer un sanglot. Mon cœur est en train de se déchirer en mille morceaux, comme une feuille de papier que l’on déchire. Je me morigène, je me fais violence, je nie ce qui pourrait être l’évidence même. J’ai beau composer son numéro, aucune réponse ne m’est donnée. Je ne reçois qu’une tonalité angoisse. Alors je me mets à réfléchir à toute vitesse à la meilleure option qui s’offre à moi. Je me fais mille scénarios. Je tente de trouver un sens à ce qui n’en a pas. Tout s’enchaîne avec une fulgurance inédite jusqu’à ce que je ne me plie à ce qui me semble être ma seule possibilité sur le moment : Nate. Il est le meilleur ami d’Otto, si ce dernier n’est plus joignable, je suis persuadée qu’il détient les informations qu’il me manque, ou du moins, une partie. Aussi, je ne tarde pas à prendre la route pour débarquer chez lui. Dans le fond, je ne suis même pas sûre de le trouver à son domicile. Je ne fais que parier sur le fait qu’il est tard et qu’il est sûrement rentré chez lui, quitte à devoir l’attendre. Je me mets donc en route, le cœur gros et l’esprit en vrac jusqu’à arriver devant chez lui. Je tambourine à la porte comme une forcenée. Je ne réalise pas que je dois passer pour une folle entre mon pansement à la tête, ma tenue d’hôpital couverte par ma veste, l’hématome sur ma joue et les larmes qui dévorent mon visage. Bref, une tête à faire peur. La porte s’ouvre soudain, et je ne lui laisse pas le temps de poser la moindre question. « Nate, il faut que tu m’aides ! Je cherche à joindre Otto, mais je n’ai pas la moindre idée de où il est passé ! » Je ne me laisse pas le temps de respirer, totalement paniquée. « Il ne répond plus au téléphone. Il n’est pas non plus chez lui… ses affaires ne sont plus là et… Je ne sais plus quoi faire... » Au fur et à mesure, ma voix se noie dans mes pleurs. Je lève un regard désemparé vers Nate. « Pitié, dis-moi qu’il est chez toi… »
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