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 « Qui sourit n'est pas toujours heureux. Il y a des larmes dans le cœur qui n'atteignent pas les yeux. » Siobhan ♥

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Elinor Goldstein
Admin Mourante
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DATE D'INSCRIPTION : 19/08/2015
MESSAGES : 516

MessageSujet: « Qui sourit n'est pas toujours heureux. Il y a des larmes dans le cœur qui n'atteignent pas les yeux. » Siobhan ♥   Dim 20 Mai - 0:33


L’envie était mordante. Ça la chatouillait, la pinçait, la malmenait et menaçait de la faire flancher. Il n’aurait suffi que d’une unique pression pour appeler le numéro, avoir l’espoir qu’il décroche, qu’elle puisse entendre sa voix et qu’elle se rassure à la chaleur de son timbre. Une unique pression pour avoir la chance de lui dire combien il lui manquait, combien elle l’aimait et qu’elle s’en voulait d’être partie. Une unique pression pour ensuite pour le supplier de la pardonner, le supplier de venir la chercher et de l’emmener loin, le supplier de la laisser mourir lentement dans l’étreinte réconfortante de ses bras. Elinor ne s’y résigna pas. Elle ne pouvait même pas en vouloir à la vie, car elle n’en avait plus. Elle ne pouvait plus se tourner vers l’avenir, car il n’y en avait pas non plus. L’horizon était d’un éclat inaccessible, loin, faible. Tout autour d’elle revêtait le costume de la mort. Et comme une pièce trop bien répétée, elle demeurait la brillante actrice de cette farce grotesque qu’était devenue son existence. Le masque était posé là, sur son visage émacié par la maladie. Son corps mimait une vitalité que le cancer qui rongeait sa chair et sa carcasse faisait mentir. Ses mots déguisaient la chute lente qui la précipitait dans les bras de la mort. Dans cette tragique comédie, il n’y avait qu’une seule personne qui avait autant à cœur de jouer son rôle à la perfection.

David pénétra subitement dans la chambre sans s’annoncer. Elinor s’empressa de dissimuler son portable dans le tiroir de sa table de chevet, s’arrachant au besoin d’appeler Alaric, comme un appel au secours. Son fiancé farfouillait dans la commode, tirant bientôt une cravate qu’il s’employa à nouer autour de son cou de ses doigts nerveux. Constatant sa difficulté, la jeune femme se leva du lit et lui ôta l’ouvrage des mains. L’agacement de David laissa place à l’étonnement d’être secouru par Elinor. Leurs rapports n’étaient guère heureux et détendus. La comédienne avait pu noter la déchéance de leur relation au moment où il l’avait demandée en mariage. Si elle lui en voulait des motifs qui l’avaient poussé à demander sa main, elle enrageait plus encore qu’il ait fait cela en public, et au nez et à la barbe de Pyair. Avait-il besoin de plus de souffrance qu’il n’en éprouvait déjà ? N’était-ce pas cruel de lui faire comprendre qu’Elinor lui était définitivement perdue ? Elle le méprisait pour cette cruauté qu’il pouvait avoir envers les autres, et non pour elle. En son for intérieur, Elinor se résignait à penser qu’elle méritait ce qui lui arrivait et les mauvais traitements de David. Elle faisait trop de mal autour d’elle pour ne pas en subir les conséquences, même si c’était de la main d’un autre. Et pourtant, dans un fugace instinct de révolte et de haine, elle songea à nouer cette cravate bien trop fort autour du cou de David, à serrer, serrer et serrer encore jusqu’à ce que son souffle s’éteigne, pour mettre un terme à ses jours, éteindre ses ambitions, et le punir. « Cette soirée m’inquiète. Je sais qu’ils m’attendent au tournant. Je les déteste, ces chiens. » Les paroles amères de David tirèrent Elinor de son mutisme morbide. Il faisait référence à la réception organisée ce soir dans la demeure. La jeune femme se tenait loin de la politique et des affaires de son fiancé, mais elle savait que des personnalités importantes seraient présentes ce soir, à dessein pour le politique de s’attirer leurs faveurs, leurs soutiens, et surtout, leurs voix. Tout ce qui pouvait servir à sa campagne. Elle ne trouva rien à lui répondre, confinée au creux d’elle-même par cette résignation sourde. « Merci. » dit-elle quand elle eut fini son ouvrage. Elle voulut s’éloigner mais il la retint par la main. Rien de brutal, mais de ferme. Il la ramena près de lui, une expression plus grave sur le visage. Il porta la main d’Elinor à ses lèvres et l’embrassa. Cela faisait un moment qu’elle remarquait son comportement étrange. Lorsqu’elle était revenue, après de nombreux jours sans donner de nouvelles suite à leur dispute, l’accueil de David avait été indifférent et glacial. Il s’était ensuite mué en un attachement étrange, en une quête d’une chose que la jeune femme lui refusait depuis quelques temps et qu’il ne trouvait plus ailleurs, en dépit de toutes ses maîtresses. De l’amour et de la tendresse. Car aussi étonnant que cela pouvait paraître, ils s’étaient aimés, à leur manière, au début. Il n’en restait plus rien dans le cœur d’Elinor. Des ruines. Un désert asséché. Une plaine aride. Pour David, c’était encore un combat. Il vola un baiser auquel elle ne chercha pas à se soustraire mais qu’elle ne lui rendit pas. Ses lèvres sur les siennes effaçaient celles d’Alaric, lui permettaient d’oublier la fièvre de leur amour. Car elle devait oublier… Face à l’absence de réaction d’Elinor, son baiser se fit plus appuyé, la fit reculer contre la commode sur laquelle elle buta. Il mit fin à cette vaine tentative et fit claquer sa langue contre son palais, d’agacement et de frustration. « Veille à ce que tout soit parfait pour ce soir. » Et il s’en fut rapidement, ne laissant à Elinor que l’amertume de ce baiser.

***

Et le soir vint. En fiancée dévouée et impliquée dans la cause de son compagnon, elle avait dû se plier aux exigences de David qui voyait d’un bon œil qu’elle soit à l’origine de l’organisation de la soirée. Elle s’y était attelée, en dépit du temps que lui prenait ses propres répétitions pour sa pièce de théâtre, de son immense fatigue et de son désintérêt pour les intérêts politiques. Elle n’avait pas démérité, sachant exactement ce qu’il fallait prévoir en de telles circonstances. Elle appartenait à des hautes castes de la société depuis son enfance. Le nom de Goldstein brillait et imposait face à la foule. En outre, David, en revenant d’une journée mouvementée, s’était trouvé très satisfait, bien qu’il n’ait pas décoléré. Elinor s’en moquait. Elle avait donné les instructions au personnel avec application, puis s’était préparée, détruisant les indices de sa maladie, et accueillait désormais les convives avec patience et amabilité. Ils étaient très nombreux et il lui sembla que le champagne manquait. Trouvant une excuse pour se soustraire à un interrogatoire appuyé qui la forçait à parler de ce mariage qu’elle reniait, elle s’approcha d’une charmante rouquine qui faisait le service. Par la même occasion, elle remarque cette dernière était retenu par un invité trop insistant. Ainsi, elle la tirait de ses griffes. « Il me semble qu’il va bientôt manquer du champagne. Pourriez-vous en faire ramener de nouvelles coupes, je vous prie ? » Par la même occasion, elles échangèrent ce regard entendu que s’accordent les femmes qui se sauvent la mise. La comédienne esquissa même un sourire avant de voir disparaître la rouquine. Son attention fut rapidement happée par des convives qui ne lui laissaient pas une minute de répit. Et pourtant, dieu qu’elle se sentait fatiguée. Habituée à ses faiblesses, Elinor pouvait les sentir venir. Alors dès que la tête commença lui tourner, elle s’excusa poliment et se retira. Certaines pièces de la maison avaient été condamnées, ou laissées uniquement accessibles au personnel. Elinor trouva refuge dans un salon vide, réservé uniquement à entreposer des plateaux et des verres qui serviraient pour plus tard. Elle s’accrocha à l’un des rebords d’une table, prenant de grandes respirations pour ne pas flancher. Il ne fallait pas qu'elle se donne en spectacle ce soir. En outre, elle sentit bientôt du sang couler de son nez sans qu'elle ne puisse rien faire. Rapidement, elle tenta de stopper le flux sanguin et ne prêta pas garde au fait qu’elle n’était plus seule.
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Siobhan O'Sullivan
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DATE D'INSCRIPTION : 07/03/2018
MESSAGES : 401

MessageSujet: Re: « Qui sourit n'est pas toujours heureux. Il y a des larmes dans le cœur qui n'atteignent pas les yeux. » Siobhan ♥   Mer 23 Mai - 12:10

Visiblement la compagnie qui l'emploie comme extra est satisfaite de ses prestations. Cela fait plusieurs fois qu'elle l'appelle pour des missions auprès de clients exigeants. Siobhan préfère travailler dans des milieux plus détendus, mais ne refuse jamais ce genre de propositions. Cette fois ne déroge pas à la règle. Sinon que le mandataire a tenu a la rencontrer en personne. Ce qui est plutot rare. En général, ses employeurs sont au dessus de ce genre de préoccupation. Ils laissent l'embauche du personnel de maison à des assistants ou des sous -fifres.

Tiré dans un costume parfaitement coupé, le regard froid et le dos inflexible, l'entrevue s'est déroulée dans un climant glacial. Le besoin de contrôle de cet homme était perceptible dans le moindre de ses mots et gestes. Pas une proposition de verre d'eau ou rafraîchissement, une liste d'exigence longue comme un jour sans pain, le tout agrémenté de questions à la limite de l'indécence. Elle n'a pas aimé la course de ses prunelles sur elle. Ni lubriques, ni lascives. Mais froidement calculatrices. Il jaugeait un cheval de course pour être certain qu'il allait lui ramener la coupe. Une animosité aussi intense que soudaine pour cet individu. Mais... Un salaire pour la soirée qui lui permettra d'amener l'épave qui lui sert de voiture chez un garagiste pour tenter de lui donner un de vie pour les prochains miles. Rien de garanti. L'homme, David quelque chose, finit par confirmer le choix de l'agence. Du bout des lèvres. Il concluera en l'informant d'adresser toutes questions à sa fiancée qui sera en charge de l'organisation lors de la soirée. Siobhan dissimulera parfaitement l'irritation ressentie durant ces trop longues minutes. Ses éclats d'humeurs ne peuvent s'exprimer dans ces moments là. Frustration. Si Mademoiselle est du meme acabit que Monsieur, cela promet d'être... réjouissant.

***

C'est deux heures avant la réception que la jeune femme se présente aux portes de la Demeure. Mademoiselle a donné les dernières instructions au personnel régulier et c'est l'un d'eux qui relaie celles-ci. Sans s'attarder d'avantage, la Sylphide aide à la mise en place, se familiarise avec les lieux, en particulier l'office et les cuisines. L'enjeu est visiblement crucial pour le maitre de maison. Les murmures vont bon train. Il briguerait un poste politique. Il s'agit pour lui d'assoir sa crédibilité et de nouer les bonnes relations. La réputation de sa future femme est loin d'être négligeable. Pensez donc, une Goldstein. Autant dire une Sterling ou une Kenedy  Il a les dents longues. Malgré elle, Siobhan a tendu l'oreille à la mention des Sterlings. Elle redresse la nuque et s'oblige à se concentrer d'avantage sur l'alignement des coupes de champagne. Avec l'envie de les balayer toutes d'un revers de la main. D'écouter le fracas du cristal rencontrant le sol. Maelstrom. Depuis qu'elle a recroisé la route du jeune politicien, son sourire s'invite un peu trop dans ses songes. Est ce qu'il est invité ce soir? Elle espère que non. Elle n'a aucune envie de le voir à nouveau avec le carcan de son professionnalisme sur les épaules. Le leur.

Trop rapidement, les portes s'ouvrent et les premiers invités arrivent. Le temps s'effrite aux rythmes des échanges et de la valse des serveurs en toile de fond. Elle n'a pas le temps de prêter une  attention réelle à la maitresse des lieux, sinon qu'elle parait bien frêle dans sa délicieuse robe de soirée. Néamoins, Siobhan ne peut que noter la douceur dépouillée d'arrogance avec laquelle elle s'adresse à ses employés lorsque elle rectifie un arrangement ou un autre entre deux discussions aux cotés de son futur époux ou seule avec ses hotes.

Siobhan se glisse dans le rythme de métronome de sa profession. Jusqu'à la première fausse note. Un homme déjà aviné par le champagne de prix ou peut être gonflé de sa propre importance, pose une main trop lourde sur son bras. Par une pirouette de langue et de hanche, elle s'en défait sans mal, disparaît dans la cuisine pour déposer son plateau vide, le charge à nouveau. La jeune femme allait reprendre son menuet entre les diverses personnes quand l'homme évincé lui coupe le passage après quelques pas. Il se permet de lui hoter le plat des mains. Le pose sur la table à portée, et parvient à ne casser aucune coupe. Le demi sourire à ses lèvres est bien victorieux alors qu'il enserre à nouveau son poignet d'une main chargée de trop de chevalières. Il pue le fric et l'indécence.

-C'est bien trop lourd pour un ravissant rouge-gorge comme toi, voyons.
-Monsieur, je vous prierais de me laisser continuer à travailler...
-Allons, allons, je suis certain que si je vais voir David en lui expliquant que j'ai besoin de vos... services pour ce soir, il comprendra parfaitement que je vous arrache à votre service.
-Je crains qu'il y ait erreur sur... -
Le ton de Siobhan atteind le subzero et elle décroche la main indésirable de son articulation. Ou du moins essaie. Il lui serait aisé de le faire, si elle n'avait pas peur de causer une scène qui lui serait dommageable. L'homme sent bien son avantage et ressert sans vergogne sa poigne. Assuré de son immunité.
-Ne me joue pas les petites naives, rouge-gorge. Tu va pas me faire croire que c'est la première fois que tu reçois et accepte ces propositions. J'ai largement de quoi te redonner le sourire.

Cette fois, elle va le gifler. Tout son corps se crispe et se contracte. Elle est à deux doigts de foutre en l'air le calme de la soirée, mais il lui est intollerable que ce connard bouffi s'octroie de tel privilège avec elle. C'est l'intervention de Mademoiselle qui lui évite ce faux pas.
-Tout de suite, mademoiselle Goldstein. -L'expression de soulagement et le regard de remerciement qu'elle adresse à celle ci a beau etre fugitif, il n'en est pas moins d'une sincérité absolue. A l'intervention d'Elinor, l'homme relache Siobhan et recule d'un pas. Il adresse un sourire absolument coulant à la jeune femme, permettant à l'Irlandaise de se faufiler entre les tables et de disparaitre.

-Elinor, cette soirée est une réussite. Décidement, David a bien de la chance de vous avoir à ses cotés.

Hélas, il ne pourra profiter plus longement de Mademoiselle que celle ci est déjà appelé ailleurs par ses devoirs. Siobhan, quand à elle, est blème d'une rage qui la fait trembler. Pour éviter une esclandre avec la prochaine personne qui lui adressera la parole, elle se retire dans l'un des salons mis à dispostion des serveurs pour leur faciliter les échanges de services. Elle repousse le lourd rideau de brocard et entre ouvre la fenetre. Elle sort son paquet de cigarette et allait bientot s'allumer une cigarette quand elle entend la porte qui se referme dans son dos. Mince. A moitié dissimulée, elle hésite sur la direction à prendre. Après un soupir, Siobhan fait un pas dans le cercle de lumière. La silhouette dans l'angle du salon est reconnaissable et c'est une expression d'alarme qui repousse toute autre considération. Mademoiselle est bien trop pâle sous son maquillage et un saignement de nez trahit la fatigue qui doit être la sienne. A moins que ce ne soit la chaleur de la maison qui ne soit en cause. Rapidement, elle franchit la distance qui les sépare et offre à Mademoiselle la serviette blanche qui ne la quitte jamais. Cette fois, la Sylphide oublie totalement sa place et c'est délicatement qu'elle conduit la jeune femme vers un fauteuil  pour qu'elle y prenne place.

-Asseyez vous, Mademoiselle. Est ce que vous avez mangé quelque chose depuis le début de la soirée?

Dès qu'elle est assise, elle présente sur la table basse un verre d'eau fraiche à sa disposition, qu'elle pourra prendre quand son sang aura  à nouveau coagulé. Et avise dans le même temps, son paquet de  cigarettes et son briquet abandonnés à coté, lorsqu'elle s'est d'abord approchée de Mademoiselle.
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