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 « La musique est la langue des émotions » Cassiopée

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Héloïse Bennett
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MessageSujet: « La musique est la langue des émotions » Cassiopée   Sam 26 Mai - 15:36

Encore une journée à chercher du travail. Le temps me paraît si long. J’ai l’impression de perdre mon énergie, constamment. A essayer de chercher des raisons de continuer, de trouver une façon ou une autre de remonter la pente. Mais c’est compliqué. La motivation s’effrite, autant que la mesure d’urgence s’impose. Je n’ai toujours pas de travail. Je dois bientôt quitter mon appartement et je n’ai pas les moyens de me payer un nouveau loyer, avancer la caution etc… Je sais que dans le pire des cas, je serais contrainte de retourner vivre chez mes grands-parents du côté de Santa Monica. Mais je n’y tiens pas. Je n’ai pas très envie à vrai dire. Parce que j’ai déjà pris mon indépendance. Parce que je me suis habituée à vivre seule et que ce retour aux sources risquerait de me faire plus de mal que de bien. Il me rappellerait trop bien les raisons qui font que ma vie est devenue qu’un chaos immense. Cependant, j’évite d’y penser désormais. Ça me fait bien trop mal. Le souvenir subsiste. Les sentiments, aussi. Je ne sais pas comment on guérit d’un chagrin d’amour. J’ai récupéré le chien, et ça s’arrête là. Le reste ne dépend que de moi, de ma volonté. Alors je tiens bon. Je le dois. Trop de gens comptent sur moi, dans mon entourage. Ils sont persuadés que ça ira mieux. Il y a ceux qui m’encouragent aussi à postuler, à nouveau, dans l’édition. Mais je n’ai pas envie de replonger. Le souvenir de ma rupture avec Matthew est trop récent encore. Je ne suis pas prête. Alors, je continue à chercher ailleurs, ayant postulé dans les boutiques d’un centre commercial. Ne sait-on jamais, peut-être ont-ils besoin d’une vendeuse ? Je n’ai jamais essayé ce genre de métier et c’est, sans doute, le moment d’élargir mon horizon. Ce lieu est une bonne idée. Après tout, ça grouille de mondes sans arrêt. Ils doivent sans doute embaucher. Et j’y crois. Je suis optimiste. Aussi, une fois que j’ai épuisé mon stock de cv à remettre, je m’octroie un petit passage chez ce disquaire se trouvant entre deux grandes enseignes. J’adore passer du temps là-bas car il y a énormément de ressources musicales.

J’aime bien cette boutique parce qu’elle est minuscule. Et pourtant, les rayons sont surchargés de cds, de dvds aussi. De quoi s’octroyer un peu de bon temps. Faute d’argent, je ne suis pas ici pour acheter mais au moins, voir et être curieuse. Me changer les idées aussi. Ça ne peut me faire que du bien. Arpentant les rayons, je regarde un peu ce qui est à vendre, avant de rejoindre ma partie préférée du magasin. Celle où il y a de la musique classique. Je m’y rends, remarquant qu’une jeune femme rousse s’y trouve déjà. Depuis que j’ai cessé les leçons de piano, ça me manque cruellement. Je rêverai de pouvoir en jouer de nouveau mais tout comme pour l’édition, je n’en ai pas très envie. Je préfère écouter de la musique, me morfondre dans mon coin, en me disant que chaque mélodie me ramène à Matthew. C’est fou cette importance accordée. J’aurais pu m’en détacher plus facilement. Mais je n’y arrive pas. Il est de partout finalement. Y compris dans la musique classique, tous ces compositeurs que nous avons appris à aimer. C’est alors que je remarque ce que la femme tient dans ses mains. « Vivaldi… » Je murmure doucement, avec un sourire. Ce n’est pas mon genre, d’ordinaire, d’accoster les gens en plein magasin. Mais aujourd’hui, j’ai envie de me sentir bien, de cesser de pleurer un amour perdu, d’aller de l’avant. Il le faut de toute façon. Il faut que je réapprenne à sourire aussi, sinon je n’arriverai jamais à trouver du travail. « Je ne sais pas si vous avez déjà écouté ce CD. Mais il est fabuleux. C’est ce genre de mélodie qui suffit à nous éveiller et à nous égayer. Elle nous transporte vers des horizons si beaux, d’ailleurs… » Et la musique m’aide à m’endormir, ces temps-ci, elle me rappelle Matthew mais elle est aussi un moyen de s’oublier. Aujourd’hui, elle est devenue mon exhutoire.




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Cassiopée Desnuits
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MessageSujet: Re: « La musique est la langue des émotions » Cassiopée   Mer 30 Mai - 18:03

Une monstruosité merveilleuse. Voilà comment la jeune française percevait Los Angeles. « L.A «  dixit les parisiens branchés jusqu'au bout des ongles. Elle les trouvait si pédants ces bobos parigots qui se prenaient pour le nombril de la capitale. Cela lui semblait loin désormais, bien qu'elle vînt à peine de fouler le sol américain.
En cet après midi de printemps, elle avait choisi de parcourir l'artère principale de la mégapole :Wilshire Boulevard . Appelé également The backbone , la colonne vertébrale ou bien, tentant maladroitement de cloner une des plus belles avenues du monde, les « Champs Elysées de l'Ouest ». Cassiopée sourit à la comparaison improbable, décrite succinctement dans le guide touristique qu'elle tenait à la main. Allons donc, ça ne flattait sans doute que l'imaginaire des autochtones ! Hormis le titre ronflant et évocateur, aucun élément ne pouvait s'égaler avec Paris. Enfin, tel était son avis, bien subjectif !  A moins d'empoussiérer et de vieillir prématurément les bâtiments, on évoluait à travers des rues rutilantes de modernité et de vitres miroirs, plaquées sur les gratte-ciels. Des géants qui lui donnaient le tourni. Elle s'amusait de temps en temps à marcher le nez en l'air, tentant d'apercevoir le crâne de ces Gargantuas métalliques et bétonnés. Figés, ils l'impressionnaient. Une sorte de grâce, à la fois massive et aérienne, se dégageait de ces tours immenses, placées de part et d'autre des larges voies piétonnes. Une grandiosité qui n'existait pas en France.
La circulation, bruyante et incessante, crachait de grosses berlines, des pick-up, des 4X4, des motos, des scooters...On klaxonnait, on criait, on parlait... Une foule aléatoire se déplaçait sur le trottoir et la rousse, au bout d'un moment, en eut plein les oreilles et les pieds. Depuis combien de temps marchait-elle ainsi, au hasard ? Jetant un coup d’œil à droite et à gauche, elle finit par s'engouffrer à l'intérieur d'un centre commercial. Au fur et à mesure qu'elle avançait, l'effervescence s'apaisa, laissant derrière le grouillement du boulevard. Une devanture attira soudain son attention. La façade, toute de bois vêtue, contrastait avec l'architecture contemporaine ambiante. Un libraire musical. Curieuse, elle entra.
Petite, la boutique n'en recelait pas moins une multitude de références. Allait-elle trouver son bonheur ? Elle se mit à fouiner les Cds de musique classique. Ah ! Vivaldi...Et voilà qu'une jolie brune l'accostait :

-Euh...non, en fait, je viens de tomber dessus et c'est super car il est rare de trouver des interprétations de ces concertos. Il faut s'y connaître un peu pour apprécier ça. Vous êtes mélomane ? Musicienne ?

Il était très agréable pour Cassiopée de rencontrer quelqu'un qui exprimât une sensibilité fine avec autant de simplicité. La mentalité américaine s'affranchissait totalement de ce mutisme de communication qui verrouillait les français. Ici, on pouvait s'adresser à l'autre, cet inconnu de passage que l'on croisait au hasard , sans aucune retenue.

-Et je suis d'accord avec vous, la musique transporte si loin...oui..., bien plus loin que nous n'irons jamais ici-bas et c'est si bon !

Elle hésita puis ajouta, tout sourire, trop heureuse de papoter avec une américaine !

-Je viens tout juste d'arriver près de Los Angeles. Je suis française et je travaille depuis très peu de temps ici. J'avoue que j'ai envie de...tout découvrir ! Et je trouve ce pays vraiment chouette. Les américains sont carrément moins coincés que nous !

Elle ne put s'empêcher un trait d'humour :

-Cassiopée. Je suis parisienne mais... je me soigne !
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « La musique est la langue des émotions » Cassiopée   Sam 9 Juin - 19:30

Ce n’est pas mon genre de venir accoster les gens sans les connaître. D’ordinaire, je suis bien trop réservée pour pouvoir leur dire quoi que ce soit. Mais dans ce lieu, je me sens comme à la maison. J’y suis trop souvent venue et puis, le cd qu’elle tient, m’aide à venir vers elle, à lui donner mon avis. J’adore Vivaldi. J’adore toutes les compositions ayant été travaillées par de nombreux musiciens. C’est alors que la jeune femme finit par me répondre. Sa réponse me fait sourire. Enfin quelqu’un qui a l’air de s’y connaître. C’est rare pourtant. Maintenant, les gens écoutent de ces choses affreuses. Seule la musique classique arrive à ravir mon cœur à chaque fois. Et j’ai face à moi quelqu’un me demandant si je suis une mélomane. « Et bien… je suis une très grande fan de classique. » Je souris, gênée, coinçant une mèche de cheveux derrière mon oreille. « Et puis, il m’arrive de jouer du piano. Je me débrouille comme je peux. » Et mes leçons me manque cruellement. J’aime tant cet instant solennel lorsque mes doigts effleurent l’aspect lisse des touches, que le son résonne dans ce silence, le perçant comme le soleil perce les nuages par ses rayons puissants. « Lorsque je joue, je me sens transportée dans un autre monde. Un peu comme lorsque j’écoute du Vivaldi. » et ça, il y a rien de mieux. La rousse semble d’accord avec moi, et ses propos déclenchent un petit rire. « Je suis bien d’accord. Que serions-nous sans musique ? » Finis-je par ajouter. Je regarde les autres cds se trouvant devant nous, bien désireuse de voir s’il y a des exemplaires que je n’aurais pas. Bien sûr, ce n’est pas maintenant que je vais dépenser. Mais c’est toujours un moment agréable que de fouiller pour trouver la perle rare. Et puis, ça permet de ne pas trop réfléchir, ne pas trop se poser de questions sur ce quotidien devenu lourd. Je pense à cet appartement que je dois rendre, ce boulot que je ne trouve pas. Et puis, ce cœur… Ce cœur qui pleure sans cesse. Quand irais-je mieux.

La voix de la jeune femme rousse, se trouvant à mes côtés, m’extirpe de ces pensées noires se ramenant telle une tempête que l’on aperçoit au loin. Ses paroles attirent immédiatement ma curiosité, surtout lorsqu’elle m’annonce d’où elle vient, ses origines et ce qu’elle pense de l’Amérique. « Oh mon dieu !! Une française ! » Je m’exlame d’une voix stupéfaite. Aussitôt un sourire apparaît sur mon visage. « Je suis née à Paris et j’y ai vécu jusqu’à mes dix-huit ans. Mon père est américain, de Los Angeles plus précisément. Mais ma mère, était française. Ça fait tellement plaisir de rencontrer des gens qui connaissent le coin. » Sa remarque sur la mentalité des Américains est amusant. Et elle n’a pas tort. Ici, les gens sont un peu plus ouverts qu’en France. Surtout à Paris d’ailleurs où je n’ai jamais oublié ce côté agaçant à tout juger et critiquer. « Mais je comprends ce que vous voulez dire, les américains sont des amours. » Il faut juste savoir tomber sur les bonnes raisons, celles qui ne vous briseront pas le cœur. Les nuages noirs reviennent vite et je fais un effort immense pour ne pas penser à Matthew. « Je m’appelle Héloïse d’ailleurs. Et vous ? » Un sourire apparaît sur mon visage, parler du bien. Ça permet d’oublier un peu. « Et donc, tout à l’heure, vous me demandiez si j’étais mélomane ? Est-ce le cas pour vous aussi ? ça voudrait alors dire qu’on a énormément de points communs ensemble ! » Voilà que rencontrer une française met du baume au cœur, ça fait du bien au moral. Ça permet de penser à autre chose. J’aurais tant de choses à lui dire d’ailleurs, savoir comment va la France même si ‘-j’y suis allée l’été dernier. « Ça doit vous changer de Paris, d’ailleurs. Même si pour le coup, Los Angeles reste quand même une ville où ça grouille de partout. Et tout le temps. » En soi, elle n’est pas si différente de Paris.
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Cassiopée Desnuits
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MessageSujet: Re: « La musique est la langue des émotions » Cassiopée   Jeu 14 Juin - 12:04

Pour certains êtres, la musique révélait une sensibilité particulière où la soif d'un ailleurs se lovait  avec délectation dans les harmonies, rythmées par les clés de sol ou de fa ou de do... Souvent contemplatifs, amoureux toujours des sonorités orchestrées, gourmets de cette liberté indicible qu'ils offraient à leur esprit, c'était des errants qui batifolaient avec les volutes colorées de ressentis réservés. Abîmés dans leurs émotions intérieures, ils se repaissaient et s'abandonnaient aux sons, comme l'on naissait: un besoin vital, une respiration fraîche et désaltérante face à la touffeur du monde.
Cassiopée était de ceux-là, s'enivrant à l'envie de mélodies envoûtantes dont elle raffolait. Elle aimait tant vivre près de ses songes. Se laisser bercer par ses insouciants fantasmes était son luxe suprême. Par bonheur ou malheur, qui pouvait savoir...elle possédait la capacité de vivre des instants de rêves où elle oubliait la réalité. De temps en temps, elle se complaisait à disparaître dans une brume légère et éphémère, qui camouflait le quotidien et permettait  de s'en échapper. Elle y réussissait par la pensée, par cette conscience transfigurée et intérieure où l'on s'émerveillait d'un vol de papillon, de la légèreté d'un nuage, par les boum boum de morceaux choisis...Toutes ces choses, si humbles, qui faisaient lever la tête et regarder en avant.
Et l'inconnue vivait sans aucun doute les mêmes tempos. Une complicité implicite que Cassiopée perçut, liée par un mouvement identique qui se passait de longs discours. Le peuple des mélomanes n'éprouvait nul besoin d'étaler sa passion. Quelques mots et on se comprenait.
La jeune française s'adressa à l'américaine avec bienveillance et s'attarda à lui sourire.

-”Vous vous débrouillez comme vous pouvez”...Mmh...J'imagine très bien que ça peut être un peu plus que ça, et si je ne me trompe pas, vous ne direz pas que vous jouez très bien. Les vrais musiciens ne parlent jamais de la manière dont ils jouent. Ils jouent, c'est tout.

Deux pianistes qui se rencontraient. Un point commun suspendu aux méandres hasardeux de Los Angeles, qui semblait davantage noyer les piétons dans un anonymat radical plutôt que de favoriser des rencontres improbables.
Les iris rieurs, Cassiopée, cependant, ne lâchait pas l'inconnue du regard. Sans la connaître, elle décelait malgré tout...Quoi donc? De la fatigue? Une mélancolie? Il lui en fallait si peu parfois, pour deviner l'invisible.

-Waouh! Vous êtes la première personne à qui je parle un peu depuis mon arrivée et vous êtes française! Ça, c'est trop fort! De quel quartier êtes-vous? Avec mes parents, nous étions sur Montmartre, tout près de la place du Tertre. J'aimais beaucoup.

Cette ombre,voilant les prunelles de son interlocutrice, qu'elle remarqua en silence. A tel point que la jolie brunette n'entendit pas qu'elle s'était déjà présentée.

-Eh bien, je suis très heureuse de vous rencontrer, Héloïse.

Le sourire carnassier, elle s'égaya de son inattention, et, généreuse et délicate, répéta son prénom:

-Je m'appelle Cassiopée. Disons que je m'amuse, oui, à frapper les touches aussi! Je me fais plaisir et ça me suffit!

Une pensée venait de lui traverser l'esprit. Après tout, pourquoi pas? Une pause serait bienvenue.

-Oui, c'est vrai que L.A est une vraie machine de guerre, ajouta-telle en riant. Euh...Écoutez Héloïse. J'ai marché tout l'après-midi, j'ai mal aux pieds et j'ai soif! Ça vous dirait que l'on prenne un verre? Si vous êtes disponible évidemment! Franchement, ça me ferait plaisir de passer un moment avec une fille sympa comme vous. Une discussion entre françaises, ça vous tente?

L'ancienne psychologue était plutôt directe. Elle ne s'embarrassait guère de tous ces falbalas de conventions sociales qui régissaient, voire polluaient, les relations humaines. Toutes ces années auprès de patients en souffrance, lui avaient enseigné une chose essentielle: dire avec simplicité était une des clefs indispensables pour aller vers l'autre et plus si affinités, quel que soit ce “plus”. Et Cassiopée aimait les autres, naturellement, irrémédiablement.

Il n'y avait pas que la légèreté d'un bon moment à partager et se pauser qui motivaient l'ancienne psychologue. Un pressentiment assez clair s'était immiscé en sa conscience. La suite ne lui appartenait pas, certes, quoi qu'il advienne. Mais elle ne pourrait s'empêcher d'aller au-delà des apparences.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « La musique est la langue des émotions » Cassiopée   Mer 20 Juin - 21:17

Le destin fait bien les choses. Après tout, que peut être la probabilité de rencontrer une personne dont les similitudes peuvent faire, limite, un peu peur ? Parce que nous sommes françaises, parce que nous aimons la musique, parce que je suis la première personne à qui elle parle ici, et qui a vécu, de surcroit, à Paris ! On devait se rencontrer, c’est une évidence. Et le courant passe très vite aussi. Ça fait du bien au cœur. De pouvoir parler d’autre chose, sans que je ne me mette à pleurer. Trop de larmes ont coulé depuis. Il est temps que je puisse rire et m’extasier en parlant à quelqu’un d’autre. « Quelle coïncidence, c’est fou ! Et puis, en plus, la France reste quand même grand et pourtant, nous venons de la même ville ! D’ailleurs, Montmartre est un quartier que j’adorais ! Nous habitions près du Champ de Mars. » Et je me souviens de ce quartier assez bien fréquenté. Que pouvait rêver de mieux mes parents que de vivre dans cet endroit. La chance à un appartement qui appartenait à la famille de ma mère depuis plusieurs générations. Ainsi, nous n’avons jamais vraiment souffert de vivre en banlieue et de souffrir des transports. Et Paris me manque pour cela. Même si j’aime beaucoup Los Angeles. Je lui souris, parce qu’elle me semble véritablement sympathique. Son visage est doux et elle me paraît tellement avenante. Je me sens, immédiatement, en confiance, me présentant et apprenant, en retour, qu’elle s’appelle Cassiopée. « C’est un bien joli prénom. Très poétique d’ailleurs. » Forcément, pour une amoureuse des mots. Je trouve que son prénom est doux, ça donne presque envie d’ouvrir un cahier et d’y écrire quelques vers. Même si ces derniers temps, j’ai eu envie de tout sauf d’écrire. Ce n’est pas quelque chose qui me manque particulièrement. Il y a trop de souvenirs me liant à Matthew. Fort heureusement, les paroles de la rousse m’extirpe de toute pensées néfastes, surtout lorsque j’apprends qu’elle joue un peu de piano. Alors là… Que dire d’autre à part que je l’aime déjà.


Elle semble même lire dans mes pensées lorsqu’elle me propose d’aller boire un verre. Son compliment me va droit au cœur, et ça fait plus plaisir de s’entendre dire que je suis sympa plutôt que d’apprendre par Matthew que je suis pathétique. Véritablement, cette rencontre me paraît être un souffle libérateur, la possibilité de me changer les idées, de voir un peu de positif dans un monde fait de noirceur, ces derniers temps. « Avec grand plaisir, je crois que nous avons bien des choses à nous dire et qui sait ? D’autres points communs à se découvrir. » Souriant de plus belle, j’entreprends de reposer un CD que j’avais pris, réfléchissant à où nous pouvons aller. « Il y a, pas très loin de cette boutique, un petit snack où ils servent des smoothies vraiment délicieux, on pourrait y aller. » Et nous voilà, donc parties. Quelle étrange rencontre d’ailleurs ! Si ça avait été un garçon, j’aurais fui comme la peste. Mais là, je me sens vraiment bien. Elle paraît si sereine, ayant autour d’elle une espèce d’aura rassurante. Pendant que nous avançons, j’entreprends timidement de lui proposer que l’on se tutoie. « C’est mieux que de se vouvoyer non ? » Les joues sont bien rouges d’oser une telle chose. Mais elle n’a pas l’air d’avoir plus d’années au compteur que moi. Nous finissons par arriver et nous prenons place. Par bonheur, comme nous sommes en semaine, le lieu paraît moins fréquenté. Il faut au moins un avantage à ne pas travailler. Je lui souris lorsqu’elle est en face de moi, bien décidée à en apprendre bien plus sur elle. Je suis quelqu’un de très curieux. « Je ne me remets toujours pas de cette coïncidence ! » Me voilà en train de rire, histoire de briser cette gêne première que l’on ressent toujours dans ces cas-là, si c’était une bonne idée ou non de la suivre. « Et donc, tu es là depuis peu. Pourquoi avoir quitté la France ? Non pas qu’il s’agit-là d’une curiosité mal placée. Mais c’est vrai que les Etats-Unis, c’est une façon de vivre tellement différente de la France. On peut même dire que c’est le jour et la nuit. Il y a autant du positif que du négatif. » Et puis, j’ai tellement d’autres questions à lui poser. « Et puis, ça fait si longtemps que j’ai quitté ma chère France que je suis bien curieuse de savoir si ça a changé, même s’il est vrai que lorsqu’on est sur place, on a le sentiment que les choses changent moins… » C’est vrai. Pourtant, j’y suis allée cet été, à Paris, dans ce pays que j’affectionne tant. Mais je n’ai pas eu le sentiment d’être complètement dépaysée. Cependant, le séjour a été assez court pour que je ne puisse pas avoir le temps de complètement m’en acclimater.
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