AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 « La musique est la langue des émotions » Cassiopée

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Héloïse Bennett
Admin Sucrette
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 5653

MessageSujet: « La musique est la langue des émotions » Cassiopée   Sam 26 Mai - 15:36

Encore une journée à chercher du travail. Le temps me paraît si long. J’ai l’impression de perdre mon énergie, constamment. A essayer de chercher des raisons de continuer, de trouver une façon ou une autre de remonter la pente. Mais c’est compliqué. La motivation s’effrite, autant que la mesure d’urgence s’impose. Je n’ai toujours pas de travail. Je dois bientôt quitter mon appartement et je n’ai pas les moyens de me payer un nouveau loyer, avancer la caution etc… Je sais que dans le pire des cas, je serais contrainte de retourner vivre chez mes grands-parents du côté de Santa Monica. Mais je n’y tiens pas. Je n’ai pas très envie à vrai dire. Parce que j’ai déjà pris mon indépendance. Parce que je me suis habituée à vivre seule et que ce retour aux sources risquerait de me faire plus de mal que de bien. Il me rappellerait trop bien les raisons qui font que ma vie est devenue qu’un chaos immense. Cependant, j’évite d’y penser désormais. Ça me fait bien trop mal. Le souvenir subsiste. Les sentiments, aussi. Je ne sais pas comment on guérit d’un chagrin d’amour. J’ai récupéré le chien, et ça s’arrête là. Le reste ne dépend que de moi, de ma volonté. Alors je tiens bon. Je le dois. Trop de gens comptent sur moi, dans mon entourage. Ils sont persuadés que ça ira mieux. Il y a ceux qui m’encouragent aussi à postuler, à nouveau, dans l’édition. Mais je n’ai pas envie de replonger. Le souvenir de ma rupture avec Matthew est trop récent encore. Je ne suis pas prête. Alors, je continue à chercher ailleurs, ayant postulé dans les boutiques d’un centre commercial. Ne sait-on jamais, peut-être ont-ils besoin d’une vendeuse ? Je n’ai jamais essayé ce genre de métier et c’est, sans doute, le moment d’élargir mon horizon. Ce lieu est une bonne idée. Après tout, ça grouille de mondes sans arrêt. Ils doivent sans doute embaucher. Et j’y crois. Je suis optimiste. Aussi, une fois que j’ai épuisé mon stock de cv à remettre, je m’octroie un petit passage chez ce disquaire se trouvant entre deux grandes enseignes. J’adore passer du temps là-bas car il y a énormément de ressources musicales.

J’aime bien cette boutique parce qu’elle est minuscule. Et pourtant, les rayons sont surchargés de cds, de dvds aussi. De quoi s’octroyer un peu de bon temps. Faute d’argent, je ne suis pas ici pour acheter mais au moins, voir et être curieuse. Me changer les idées aussi. Ça ne peut me faire que du bien. Arpentant les rayons, je regarde un peu ce qui est à vendre, avant de rejoindre ma partie préférée du magasin. Celle où il y a de la musique classique. Je m’y rends, remarquant qu’une jeune femme rousse s’y trouve déjà. Depuis que j’ai cessé les leçons de piano, ça me manque cruellement. Je rêverai de pouvoir en jouer de nouveau mais tout comme pour l’édition, je n’en ai pas très envie. Je préfère écouter de la musique, me morfondre dans mon coin, en me disant que chaque mélodie me ramène à Matthew. C’est fou cette importance accordée. J’aurais pu m’en détacher plus facilement. Mais je n’y arrive pas. Il est de partout finalement. Y compris dans la musique classique, tous ces compositeurs que nous avons appris à aimer. C’est alors que je remarque ce que la femme tient dans ses mains. « Vivaldi… » Je murmure doucement, avec un sourire. Ce n’est pas mon genre, d’ordinaire, d’accoster les gens en plein magasin. Mais aujourd’hui, j’ai envie de me sentir bien, de cesser de pleurer un amour perdu, d’aller de l’avant. Il le faut de toute façon. Il faut que je réapprenne à sourire aussi, sinon je n’arriverai jamais à trouver du travail. « Je ne sais pas si vous avez déjà écouté ce CD. Mais il est fabuleux. C’est ce genre de mélodie qui suffit à nous éveiller et à nous égayer. Elle nous transporte vers des horizons si beaux, d’ailleurs… » Et la musique m’aide à m’endormir, ces temps-ci, elle me rappelle Matthew mais elle est aussi un moyen de s’oublier. Aujourd’hui, elle est devenue mon exhutoire.




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassiopée Desnuits
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 18/05/2018
MESSAGES : 365

MessageSujet: Re: « La musique est la langue des émotions » Cassiopée   Mer 30 Mai - 18:03

Une monstruosité merveilleuse. Voilà comment la jeune française percevait Los Angeles. « L.A «  dixit les parisiens branchés jusqu'au bout des ongles. Elle les trouvait si pédants ces bobos parigots qui se prenaient pour le nombril de la capitale. Cela lui semblait loin désormais, bien qu'elle vînt à peine de fouler le sol américain.
En cet après midi de printemps, elle avait choisi de parcourir l'artère principale de la mégapole :Wilshire Boulevard . Appelé également The backbone , la colonne vertébrale ou bien, tentant maladroitement de cloner une des plus belles avenues du monde, les « Champs Elysées de l'Ouest ». Cassiopée sourit à la comparaison improbable, décrite succinctement dans le guide touristique qu'elle tenait à la main. Allons donc, ça ne flattait sans doute que l'imaginaire des autochtones ! Hormis le titre ronflant et évocateur, aucun élément ne pouvait s'égaler avec Paris. Enfin, tel était son avis, bien subjectif !  A moins d'empoussiérer et de vieillir prématurément les bâtiments, on évoluait à travers des rues rutilantes de modernité et de vitres miroirs, plaquées sur les gratte-ciels. Des géants qui lui donnaient le tourni. Elle s'amusait de temps en temps à marcher le nez en l'air, tentant d'apercevoir le crâne de ces Gargantuas métalliques et bétonnés. Figés, ils l'impressionnaient. Une sorte de grâce, à la fois massive et aérienne, se dégageait de ces tours immenses, placées de part et d'autre des larges voies piétonnes. Une grandiosité qui n'existait pas en France.
La circulation, bruyante et incessante, crachait de grosses berlines, des pick-up, des 4X4, des motos, des scooters...On klaxonnait, on criait, on parlait... Une foule aléatoire se déplaçait sur le trottoir et la rousse, au bout d'un moment, en eut plein les oreilles et les pieds. Depuis combien de temps marchait-elle ainsi, au hasard ? Jetant un coup d’œil à droite et à gauche, elle finit par s'engouffrer à l'intérieur d'un centre commercial. Au fur et à mesure qu'elle avançait, l'effervescence s'apaisa, laissant derrière le grouillement du boulevard. Une devanture attira soudain son attention. La façade, toute de bois vêtue, contrastait avec l'architecture contemporaine ambiante. Un libraire musical. Curieuse, elle entra.
Petite, la boutique n'en recelait pas moins une multitude de références. Allait-elle trouver son bonheur ? Elle se mit à fouiner les Cds de musique classique. Ah ! Vivaldi...Et voilà qu'une jolie brune l'accostait :

-Euh...non, en fait, je viens de tomber dessus et c'est super car il est rare de trouver des interprétations de ces concertos. Il faut s'y connaître un peu pour apprécier ça. Vous êtes mélomane ? Musicienne ?

Il était très agréable pour Cassiopée de rencontrer quelqu'un qui exprimât une sensibilité fine avec autant de simplicité. La mentalité américaine s'affranchissait totalement de ce mutisme de communication qui verrouillait les français. Ici, on pouvait s'adresser à l'autre, cet inconnu de passage que l'on croisait au hasard , sans aucune retenue.

-Et je suis d'accord avec vous, la musique transporte si loin...oui..., bien plus loin que nous n'irons jamais ici-bas et c'est si bon !

Elle hésita puis ajouta, tout sourire, trop heureuse de papoter avec une américaine !

-Je viens tout juste d'arriver près de Los Angeles. Je suis française et je travaille depuis très peu de temps ici. J'avoue que j'ai envie de...tout découvrir ! Et je trouve ce pays vraiment chouette. Les américains sont carrément moins coincés que nous !

Elle ne put s'empêcher un trait d'humour :

-Cassiopée. Je suis parisienne mais... je me soigne !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin Sucrette
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 5653

MessageSujet: Re: « La musique est la langue des émotions » Cassiopée   Sam 9 Juin - 19:30

Ce n’est pas mon genre de venir accoster les gens sans les connaître. D’ordinaire, je suis bien trop réservée pour pouvoir leur dire quoi que ce soit. Mais dans ce lieu, je me sens comme à la maison. J’y suis trop souvent venue et puis, le cd qu’elle tient, m’aide à venir vers elle, à lui donner mon avis. J’adore Vivaldi. J’adore toutes les compositions ayant été travaillées par de nombreux musiciens. C’est alors que la jeune femme finit par me répondre. Sa réponse me fait sourire. Enfin quelqu’un qui a l’air de s’y connaître. C’est rare pourtant. Maintenant, les gens écoutent de ces choses affreuses. Seule la musique classique arrive à ravir mon cœur à chaque fois. Et j’ai face à moi quelqu’un me demandant si je suis une mélomane. « Et bien… je suis une très grande fan de classique. » Je souris, gênée, coinçant une mèche de cheveux derrière mon oreille. « Et puis, il m’arrive de jouer du piano. Je me débrouille comme je peux. » Et mes leçons me manque cruellement. J’aime tant cet instant solennel lorsque mes doigts effleurent l’aspect lisse des touches, que le son résonne dans ce silence, le perçant comme le soleil perce les nuages par ses rayons puissants. « Lorsque je joue, je me sens transportée dans un autre monde. Un peu comme lorsque j’écoute du Vivaldi. » et ça, il y a rien de mieux. La rousse semble d’accord avec moi, et ses propos déclenchent un petit rire. « Je suis bien d’accord. Que serions-nous sans musique ? » Finis-je par ajouter. Je regarde les autres cds se trouvant devant nous, bien désireuse de voir s’il y a des exemplaires que je n’aurais pas. Bien sûr, ce n’est pas maintenant que je vais dépenser. Mais c’est toujours un moment agréable que de fouiller pour trouver la perle rare. Et puis, ça permet de ne pas trop réfléchir, ne pas trop se poser de questions sur ce quotidien devenu lourd. Je pense à cet appartement que je dois rendre, ce boulot que je ne trouve pas. Et puis, ce cœur… Ce cœur qui pleure sans cesse. Quand irais-je mieux.

La voix de la jeune femme rousse, se trouvant à mes côtés, m’extirpe de ces pensées noires se ramenant telle une tempête que l’on aperçoit au loin. Ses paroles attirent immédiatement ma curiosité, surtout lorsqu’elle m’annonce d’où elle vient, ses origines et ce qu’elle pense de l’Amérique. « Oh mon dieu !! Une française ! » Je m’exlame d’une voix stupéfaite. Aussitôt un sourire apparaît sur mon visage. « Je suis née à Paris et j’y ai vécu jusqu’à mes dix-huit ans. Mon père est américain, de Los Angeles plus précisément. Mais ma mère, était française. Ça fait tellement plaisir de rencontrer des gens qui connaissent le coin. » Sa remarque sur la mentalité des Américains est amusant. Et elle n’a pas tort. Ici, les gens sont un peu plus ouverts qu’en France. Surtout à Paris d’ailleurs où je n’ai jamais oublié ce côté agaçant à tout juger et critiquer. « Mais je comprends ce que vous voulez dire, les américains sont des amours. » Il faut juste savoir tomber sur les bonnes raisons, celles qui ne vous briseront pas le cœur. Les nuages noirs reviennent vite et je fais un effort immense pour ne pas penser à Matthew. « Je m’appelle Héloïse d’ailleurs. Et vous ? » Un sourire apparaît sur mon visage, parler du bien. Ça permet d’oublier un peu. « Et donc, tout à l’heure, vous me demandiez si j’étais mélomane ? Est-ce le cas pour vous aussi ? ça voudrait alors dire qu’on a énormément de points communs ensemble ! » Voilà que rencontrer une française met du baume au cœur, ça fait du bien au moral. Ça permet de penser à autre chose. J’aurais tant de choses à lui dire d’ailleurs, savoir comment va la France même si ‘-j’y suis allée l’été dernier. « Ça doit vous changer de Paris, d’ailleurs. Même si pour le coup, Los Angeles reste quand même une ville où ça grouille de partout. Et tout le temps. » En soi, elle n’est pas si différente de Paris.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassiopée Desnuits
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 18/05/2018
MESSAGES : 365

MessageSujet: Re: « La musique est la langue des émotions » Cassiopée   Jeu 14 Juin - 12:04

Pour certains êtres, la musique révélait une sensibilité particulière où la soif d'un ailleurs se lovait  avec délectation dans les harmonies, rythmées par les clés de sol ou de fa ou de do... Souvent contemplatifs, amoureux toujours des sonorités orchestrées, gourmets de cette liberté indicible qu'ils offraient à leur esprit, c'était des errants qui batifolaient avec les volutes colorées de ressentis réservés. Abîmés dans leurs émotions intérieures, ils se repaissaient et s'abandonnaient aux sons, comme l'on naissait: un besoin vital, une respiration fraîche et désaltérante face à la touffeur du monde.
Cassiopée était de ceux-là, s'enivrant à l'envie de mélodies envoûtantes dont elle raffolait. Elle aimait tant vivre près de ses songes. Se laisser bercer par ses insouciants fantasmes était son luxe suprême. Par bonheur ou malheur, qui pouvait savoir...elle possédait la capacité de vivre des instants de rêves où elle oubliait la réalité. De temps en temps, elle se complaisait à disparaître dans une brume légère et éphémère, qui camouflait le quotidien et permettait  de s'en échapper. Elle y réussissait par la pensée, par cette conscience transfigurée et intérieure où l'on s'émerveillait d'un vol de papillon, de la légèreté d'un nuage, par les boum boum de morceaux choisis...Toutes ces choses, si humbles, qui faisaient lever la tête et regarder en avant.
Et l'inconnue vivait sans aucun doute les mêmes tempos. Une complicité implicite que Cassiopée perçut, liée par un mouvement identique qui se passait de longs discours. Le peuple des mélomanes n'éprouvait nul besoin d'étaler sa passion. Quelques mots et on se comprenait.
La jeune française s'adressa à l'américaine avec bienveillance et s'attarda à lui sourire.

-”Vous vous débrouillez comme vous pouvez”...Mmh...J'imagine très bien que ça peut être un peu plus que ça, et si je ne me trompe pas, vous ne direz pas que vous jouez très bien. Les vrais musiciens ne parlent jamais de la manière dont ils jouent. Ils jouent, c'est tout.

Deux pianistes qui se rencontraient. Un point commun suspendu aux méandres hasardeux de Los Angeles, qui semblait davantage noyer les piétons dans un anonymat radical plutôt que de favoriser des rencontres improbables.
Les iris rieurs, Cassiopée, cependant, ne lâchait pas l'inconnue du regard. Sans la connaître, elle décelait malgré tout...Quoi donc? De la fatigue? Une mélancolie? Il lui en fallait si peu parfois, pour deviner l'invisible.

-Waouh! Vous êtes la première personne à qui je parle un peu depuis mon arrivée et vous êtes française! Ça, c'est trop fort! De quel quartier êtes-vous? Avec mes parents, nous étions sur Montmartre, tout près de la place du Tertre. J'aimais beaucoup.

Cette ombre,voilant les prunelles de son interlocutrice, qu'elle remarqua en silence. A tel point que la jolie brunette n'entendit pas qu'elle s'était déjà présentée.

-Eh bien, je suis très heureuse de vous rencontrer, Héloïse.

Le sourire carnassier, elle s'égaya de son inattention, et, généreuse et délicate, répéta son prénom:

-Je m'appelle Cassiopée. Disons que je m'amuse, oui, à frapper les touches aussi! Je me fais plaisir et ça me suffit!

Une pensée venait de lui traverser l'esprit. Après tout, pourquoi pas? Une pause serait bienvenue.

-Oui, c'est vrai que L.A est une vraie machine de guerre, ajouta-telle en riant. Euh...Écoutez Héloïse. J'ai marché tout l'après-midi, j'ai mal aux pieds et j'ai soif! Ça vous dirait que l'on prenne un verre? Si vous êtes disponible évidemment! Franchement, ça me ferait plaisir de passer un moment avec une fille sympa comme vous. Une discussion entre françaises, ça vous tente?

L'ancienne psychologue était plutôt directe. Elle ne s'embarrassait guère de tous ces falbalas de conventions sociales qui régissaient, voire polluaient, les relations humaines. Toutes ces années auprès de patients en souffrance, lui avaient enseigné une chose essentielle: dire avec simplicité était une des clefs indispensables pour aller vers l'autre et plus si affinités, quel que soit ce “plus”. Et Cassiopée aimait les autres, naturellement, irrémédiablement.

Il n'y avait pas que la légèreté d'un bon moment à partager et se pauser qui motivaient l'ancienne psychologue. Un pressentiment assez clair s'était immiscé en sa conscience. La suite ne lui appartenait pas, certes, quoi qu'il advienne. Mais elle ne pourrait s'empêcher d'aller au-delà des apparences.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin Sucrette
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 5653

MessageSujet: Re: « La musique est la langue des émotions » Cassiopée   Mer 20 Juin - 21:17

Le destin fait bien les choses. Après tout, que peut être la probabilité de rencontrer une personne dont les similitudes peuvent faire, limite, un peu peur ? Parce que nous sommes françaises, parce que nous aimons la musique, parce que je suis la première personne à qui elle parle ici, et qui a vécu, de surcroit, à Paris ! On devait se rencontrer, c’est une évidence. Et le courant passe très vite aussi. Ça fait du bien au cœur. De pouvoir parler d’autre chose, sans que je ne me mette à pleurer. Trop de larmes ont coulé depuis. Il est temps que je puisse rire et m’extasier en parlant à quelqu’un d’autre. « Quelle coïncidence, c’est fou ! Et puis, en plus, la France reste quand même grand et pourtant, nous venons de la même ville ! D’ailleurs, Montmartre est un quartier que j’adorais ! Nous habitions près du Champ de Mars. » Et je me souviens de ce quartier assez bien fréquenté. Que pouvait rêver de mieux mes parents que de vivre dans cet endroit. La chance à un appartement qui appartenait à la famille de ma mère depuis plusieurs générations. Ainsi, nous n’avons jamais vraiment souffert de vivre en banlieue et de souffrir des transports. Et Paris me manque pour cela. Même si j’aime beaucoup Los Angeles. Je lui souris, parce qu’elle me semble véritablement sympathique. Son visage est doux et elle me paraît tellement avenante. Je me sens, immédiatement, en confiance, me présentant et apprenant, en retour, qu’elle s’appelle Cassiopée. « C’est un bien joli prénom. Très poétique d’ailleurs. » Forcément, pour une amoureuse des mots. Je trouve que son prénom est doux, ça donne presque envie d’ouvrir un cahier et d’y écrire quelques vers. Même si ces derniers temps, j’ai eu envie de tout sauf d’écrire. Ce n’est pas quelque chose qui me manque particulièrement. Il y a trop de souvenirs me liant à Matthew. Fort heureusement, les paroles de la rousse m’extirpe de toute pensées néfastes, surtout lorsque j’apprends qu’elle joue un peu de piano. Alors là… Que dire d’autre à part que je l’aime déjà.


Elle semble même lire dans mes pensées lorsqu’elle me propose d’aller boire un verre. Son compliment me va droit au cœur, et ça fait plus plaisir de s’entendre dire que je suis sympa plutôt que d’apprendre par Matthew que je suis pathétique. Véritablement, cette rencontre me paraît être un souffle libérateur, la possibilité de me changer les idées, de voir un peu de positif dans un monde fait de noirceur, ces derniers temps. « Avec grand plaisir, je crois que nous avons bien des choses à nous dire et qui sait ? D’autres points communs à se découvrir. » Souriant de plus belle, j’entreprends de reposer un CD que j’avais pris, réfléchissant à où nous pouvons aller. « Il y a, pas très loin de cette boutique, un petit snack où ils servent des smoothies vraiment délicieux, on pourrait y aller. » Et nous voilà, donc parties. Quelle étrange rencontre d’ailleurs ! Si ça avait été un garçon, j’aurais fui comme la peste. Mais là, je me sens vraiment bien. Elle paraît si sereine, ayant autour d’elle une espèce d’aura rassurante. Pendant que nous avançons, j’entreprends timidement de lui proposer que l’on se tutoie. « C’est mieux que de se vouvoyer non ? » Les joues sont bien rouges d’oser une telle chose. Mais elle n’a pas l’air d’avoir plus d’années au compteur que moi. Nous finissons par arriver et nous prenons place. Par bonheur, comme nous sommes en semaine, le lieu paraît moins fréquenté. Il faut au moins un avantage à ne pas travailler. Je lui souris lorsqu’elle est en face de moi, bien décidée à en apprendre bien plus sur elle. Je suis quelqu’un de très curieux. « Je ne me remets toujours pas de cette coïncidence ! » Me voilà en train de rire, histoire de briser cette gêne première que l’on ressent toujours dans ces cas-là, si c’était une bonne idée ou non de la suivre. « Et donc, tu es là depuis peu. Pourquoi avoir quitté la France ? Non pas qu’il s’agit-là d’une curiosité mal placée. Mais c’est vrai que les Etats-Unis, c’est une façon de vivre tellement différente de la France. On peut même dire que c’est le jour et la nuit. Il y a autant du positif que du négatif. » Et puis, j’ai tellement d’autres questions à lui poser. « Et puis, ça fait si longtemps que j’ai quitté ma chère France que je suis bien curieuse de savoir si ça a changé, même s’il est vrai que lorsqu’on est sur place, on a le sentiment que les choses changent moins… » C’est vrai. Pourtant, j’y suis allée cet été, à Paris, dans ce pays que j’affectionne tant. Mais je n’ai pas eu le sentiment d’être complètement dépaysée. Cependant, le séjour a été assez court pour que je ne puisse pas avoir le temps de complètement m’en acclimater.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassiopée Desnuits
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 18/05/2018
MESSAGES : 365

MessageSujet: Re: « La musique est la langue des émotions » Cassiopée   Ven 29 Juin - 0:43

Ah! Ces mystérieuses affinités, tissées au hasard de ce que la vie apportait. Les meilleures étaient celles de l'inattendu. Surprenantes, elles vous cueillaient au moment où vous vous y attendiez le moins.
-Le champ de Mars? C'est un quartier chic!
La jeune femme devait être issue d'un milieu aisé pour habiter dans le septième arrondissement de la capitale. Cassiopée y avait traîné ses guêtres durant ses études, en particulier l'été. Elle y avait de joyeux souvenirs, là où il faisait bon se prélasser face à la grande Dame. Après les cours, un peu de métro et l'on pouvait goûter à cette merveilleuse verdure en plein Paris qui ressourçait les étudiants débordés. Les guitares et la bière coulaient alors du son et des bulles avec insouciance. On refaisait le monde, on y croyait. On riait. Tout semblait facile parce qu'il n'y avait que soi à penser.
Attentive à l'américaine, l'ancienne psychologue cherchait à mettre un mot sur ce qu'elle percevait de cette jolie inconnue.” La bonté”, oui c'était ça. Elle transpirait la bonté. Et Cassiopée raffolait de cette authentique gentillesse qui émanait de certains êtres. Une véritable douceur qui embaumait la bienveillance. Une qualité qui, parfois, en devenait presque suspecte quand elle s'exprimait, tant elle était rare.
Un sourire amical plus tard, amusée de sa réaction, la rousse répondit en levant les yeux au ciel:
-Oui, ça...! C'est grâce à ma chère Mam's que je serai poursuivie toute ma vie par des étoiles! C'est lourd à porter ces bestioles, je vous assure, ajouta-t-elle en riant.
-Il y a toujours à se dire, même dans le silence, j'en suis convaincue. Et peu importe que ce soit des points communs ou non, l'important c'est de partager et de s'enrichir dans la découverte de l'Autre. Alors, allons-y!
Tout en marchant vers le snack, la française songea que ce type de rencontre était bien plus improbable et difficile à Paris. Là-bas, les gens étaient perpétuellement pressés et plus ou moins stressés. Une méfiance latente et lancinante dominait les relations humaines. L'effet de masse et de concentration du nombre d'habitants provoquait une espèce de crainte intrinsèque, où toute situation inconnue et imprévue dans la rencontre d'autrui était mal perçue d'emblée. Et courir après le temps était LE sport parisien par excellence. Ainsi, s'offrir des minutes à prendre un verre, à flâner, à discuter de tout et de rien, se métamorphosaient en luxe suprême.
Jolie Héloïse, spontanée et un peu timide, s'inquiétant avec grâce si sa compagne du moment allait accepter le tutoiement.
-Mieux, je ne sais pas, en tous cas, c'est plus simple et pas de problème, tout ce que tu veux!
Elle eut un grand sourire sincère, savourant un chouette moment qui s'annonçait. Une pause bienvenue, toute en légèreté, qui contrastait totalement avec le quotidien qu'elle vivait depuis son arrivée. Ici, il y avait du bruit, du mouvement, des lumières, des cris, des rires...Une existence urbaine dans toute sa splendeur. Un contraste terrible, de fait, face au silence claustral qui régnait chez Alastar Black. La compagnon de sobriété prenait un bain de vie, littéralement. Un délice.
-Oh! No “souçaille” répondit-elle en français, exagérant l'accent américain avec humour. Je me doute bien que ce n'est pas de la curiosité mal placée, et à quand bien même, je suis assez grande pour refuser de répondre si c'était le cas.
Le regard intense, Cassiopée choisit de répondre sans faux-semblant:
-J'ai eu un chagrin d'amour et dans la foulée, on m'a proposé un poste ici. J'ai sauté sur l'occasion, avec la sensation aussi que quelque chose m'attendait. On verra bien! Mais je suis super contente. C'est génial de partir à l'aventure, comme ça. J'ai beaucoup de chance. Après, bien sûr, ça ne va pas toujours être évident car j'ai tout laissé à Paris: ma famille, mes amis...Mais je ne regrette rien. Je ne connais encore personne mais ça va venir, je ne suis pas inquiète. Ceci dit, c'est carrément agréable de t'avoir rencontrée. Je te trouve super sympa et...J'aime l'Amérique!
Elle se mit à rire, juste comme ça, parce que c'était vrai, parce qu'elle se sentait heureuse.
-Si ça a changé depuis ton départ? Disons que c'est saturé d'embouteillages et de pollution plus qu'avant, en tous cas quand j'étais petite. Et je trouve qu'il y a encore plus de gens! Sinon, tu sais, Paris c'est Paris! Ça reste une des plus belles capitales du monde! Et toi? Tu veux bien te raconter un peu?  J'aime les autres, ça m'intéresse. On apprend toujours plein de choses.

Aller à l'essentiel, au cœur, à cœur. La française en était passionnée. Ça pouvait déranger, choquer, interpeller... La démarche n'était pas anodine et provoquait toujours une réaction, quelle qu'elle soit. Mais c'était plus fort qu'elle. Un virus incurable.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin Sucrette
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 5653

MessageSujet: Re: « La musique est la langue des émotions » Cassiopée   Mer 18 Juil - 19:14



On se retrouve l’une en face de l’autre, dans ce petit café. Et je me sens toute heureuse à l’idée de pouvoir rencontrer quelqu’un de Paris, de pouvoir parler avec. Il est vrai que j’ai quelques contacts avec la famille de Maman. Mais ce n’est pas forcément constant. On a jamais été très proches. L’arrivée de mon père dans la vie de ma mère a toujours été la source de conflits. Mes grands-parents maternels ne l’ont jamais jamais accepté. Ils ont toujours voulu, en mon père, celui qui l’arracherait de sa terre française. Ça n’a jamais été le cas. Il s’est avéré que la vie-même, le destin a enlevé ma mère. Et ça, mon père ne leur a jamais pardonné. Aussi, c’est tendu. J’ai vécu sans avoir trop de liens avec eux, les appelant plus par obligation familiale que par sympathie ou affection. Aussi, je suis ravie d’apprendre que tout va bien sur Paris. La ville me manque même si j’y ai été l’été dernier. Mais ça me semble si loin. J’étais avec Matthew. On était véritablement heureux alors que désormais, je suis si triste. Tout me paraît terne. Rencontrer Cassiopée m’apporte un peu de réconfort. Elle apparaît comme une lueur d’espoir. C’est peut-être trop. C’est peut-être fou aussi. Mais c’est ce que je ressens, m’accrochant à la moindre entaille trouvée sur cette escalade que peut représenter la vie. J’apprends bien vite la raison de sa venue ici et j’admire sa franchise tout comme son ouverture d’esprit face à mes questions un peu trop indiscrètes. Mon cœur se serre lorsque j’apprends qu’elle a quitté la France, famille et amis suite à un chagrin d’amour. Ça me ramène aussitôt à moi et à ce que je vis. Est-ce la meilleure des solutions ? « Tu étais partie seule ? Mon dieu… Je te trouve vraiment courageuse. Jamais je n’aurais pu oser une telle chose. » Mon visage se feint d’une expression gênée. « Excuse-moi, je suis maladroite dans mes propos…. Ce n’est pas ce que je voulais dire… Pour tout t’avouer, je me suis séparée de mon copain aussi. Et… Je suis encore là pourtant. » Ce n’est pas une marque de courage. Au contraire, je souffre d’être là, d’avoir cette crainte de le croiser constamment. Alors autant dire que le changement de pays me paraît être une solution radicale. « C’est pour ça que je te trouve forte de tout plaquer. Mais l’essentiel, c’est que tu puisses être heureuse et te sentir bien. » Et sur ça, je ne peux m’empêcher de rougir, d’autant plus qu’elle a l’air d’aimer le pays, me trouvant très sympathique. Cette réponse déclenche mon rire amusé. « C’est la French touch. En vérité, je trouve ça tellement génial d’avoir un peu de France parmi ces américains. Ils ont le patriotisme sévère » Et c’est quelque chose que je n’ai toujours pas compris, que l’on trouve partout, que ce soit dans les films américains en passant par les drapeaux suspendus devant l’entrée. A Paris, en dehors des établissements publics, je n’ai jamais vu un drapeau français suspendu devant l’entrée d’un immeuble. On est plus coincés sur ça.

Quoi qu’il en soit, Cassiopée finit bien vite par me demander ce que je fais ici. Et là, c’est un peu difficile à répondre. Mais parce qu’elle est gentille, honnête, je joue sur ce même tableau, me dévoilant sans prendre de pincettes. « Et bien, je suis ici depuis mes dix-huit ans. Mon père est de Los Angeles et à la mort de ma mère, nous avons donc quitté la France avec ma grande sœur. Ensuite, j’ai fait mes études et j’avais un travail. » Je soupire alors, inspirant doucement pour ne pas me laisser envahir par le chagrin. Même si, sans m’en aperçevoir, mon regard s’est quelque peu éteint, la mine plus grave et triste. « Mais actuellement, je suis en train d’en chercher un nouveau parce que euh… j’ai été viré. Et le boss… Et bien, c’était mon petit-ami…. Enfin, c’est une histoire un peu folle. » Je souris même si j’ai conscience que je ne dis rien de drôle et que mon attitude est tout sauf désinvolte. « Il ne faut jamais sortir avec son patron, voilà la morale de l’histoire ! » Et je ris alors que j’ai envie de pleurer. Parce que j’ai été bête, parce que je n’aurais pas dû me laisser envahir par l’amour dans cette histoire. Etant donné que je viens de gâcher l’ambiance, je tente vainement de changer de sujet. « Et tu bosses dans quoi toi ? » S’il le faut, j’ai déjà dû lui poser cette question, mais qu’importe, la pirouette est facile quand il s’agit de tout faire pour ne pas fondre en larmes.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cassiopée Desnuits
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 18/05/2018
MESSAGES : 365

MessageSujet: Re: « La musique est la langue des émotions » Cassiopée   Mar 14 Aoû - 0:16

Héloïse, jolie Héloïse, pourquoi cette gêne apparente qui ne pouvait échapper à Cassiopée?
-Tu n'es maladroite en rien, je t'assure. On ne se connait pas mais ce que je peux te dire, c'est...Sois toi-même, en tous cas avec moi. J'aime ce qui est brut et sans détours, ce qui n'empêche pas la délicatesse dans la manière de dire les choses bien sûr, surtout lorsque c'est difficile. Tu sais...Très souvent,beaucoup des mal-êtres que j'ai rencontrés trouvent leur origine dans les non-dits. C'est ce que j'ai remarqué en tous cas.  “Dire les mots pour éviter les m.a.u.x”, quelque chose comme ça. Mais c'est tellement vrai. Plein de pathologies pourraient être évitées si on disait les choses tout de suite ou au moins, sans attendre que les situations se gangrènent. Enfin, mes excuses, je dois te saouler avec ça! Tu dois te dire, ouh lala, elle puire la psy à fond!
Sans se dévoiler, la rousse pouffa, tout en se bouchant le nez, louchant à l'envie, se moquant d'elle-même, radieuse d'une auto-dérision qu'elle affectionnait. Puis, poursuivit, creusant la réflexion:
-Sais-tu véritablement de quoi tu es capable? On ne le sait pas tant qu'on ne s'est pas expérimenté. Là, aujourd'hui, si tu le dis, tu ne pourrais pas tout plaquer. Ok, mais plus tard, dans six mois, un an, cinq ans, dix ans...suivant les circonstances ou les opportunités, tu ne peux pas savoir. Personne ne peut savoir.
Il y eut un bref silence.
-Il n'y a aucun courage là-dedans. C'est plutôt une fuite, une lâcheté. Va savoir. Et puis, quelle importance? Je m'en fous. L'essentiel est que je me sens bien ici, maintenant. Le reste...
Elle haussa les épaules, désinvolte. Son job lui prenait toute son énergie pour le moment, mais elle était heureuse car elle se sentait à sa place.
“Je suis encore là pourtant.”
Une petite phrase, une toute petite phrase, émise dans la spontanéité.Des mots courts comme un battement d'ailes mais longs comme le Nil. Une rupture qui devait être récente. Quel sens donner à ces termes? Avait-elle tenté de se suicider? L'idée que cela fut possible, l'effleura. Cassiopée se tut alors, devinant un chagrin encore bien présent. Le silence l'inviterait à se confier mais elle était libre de le faire ou non.
La française lui sourit avec affection:
-Tu as tout compris, sauf que je ne suis pas aussi forte que tu le penses.
Et les joues d'Héloïse virèrent légèrement dans un joli pourpre. Pourquoi donc? Elle l'écoutait, intriguée. Sa compère féminine était une âme sensible doublée d'une immense et authentique gentillesse. Des qualités qu'elle percevait de nouveau avec acuité.
Faire bonne figure. Camoufler son chagrin avec si peu de moyens quand tout transpirait la pire des douleurs, celle de l'Amour. Brave soldat serrant les dents et les poings, s'efforçant tant bien que mal de survivre à Ça, cette horreur innommable qui laminait et déchirait les cœurs sans espoir. Que crois-tu Héloïse? J'ai compris...
Elle s'emmêla dans un rire, tentant de faire taire les larmes qui lui contractaient la gorge et la voix. Mais l'ancienne psychologue en avait trop vu de ses condamnés du quotidien, qui luttaient contre leurs émotions, pour se laisser duper. Il suffisait d'être simplement dans une écoute active et tous les symptômes apparaissaient. Une lecture facile de l'autre, à la portée de tout le monde, pour peu que l'on soit attentif.
Elle ne répondit pas tout de suite mais se mit à sourire, regardant l'américaine avec une extrême douceur.
-Mon boulot...Je pêche des étoiles au bord de la Lune.
Elle attendit quelques secondes avant de poursuivre presqu'en chuchotant:
-C'est difficile une rupture, tellement dur...C'est pire qu'un deuil, parce que l'autre vit toujours, quelque part.
A quoi bon lui dire qu'elle était une ancienne psychologue? Cela risquait de l'effrayer et Cassiopée détestait être catégorisée. Et puis, ce n'était pas le sujet. Au-delà de certaines compétences en son domaine, elle était une femme comme les autres et c'était ça qu'elle acceptait de partager, rien d'autre pour le moment.
Sans réfléchir, elle posa sa main sur celle d'Héloïse:
-Je suis une inconnue pour toi. Dis-toi que tu ne me reverras jamais. Alors, n'éprouve aucune honte ou gêne ou peur ou je ne sais quoi. Lâche les vannes, pleure, si c'est ton besoin du moment. On s'en tape du regard des autres, du mien. Sois libre. Vis ce que tu as à vivre, même si pour l'instant, ce sont des larmes.
Il n'y avait rien d'autre à dire. Son cœur se pinça au souvenir de sa propre histoire mais l'éloignement avait détruit les derniers scories de chagrin qui la poursuivaient. Elle était passée de l'autre côté, mue par cet espoir viscéral qu'un Prince Charmant allait surgir, tôt ou tard.
Levant son verre, elle avala une large goulée de smoothie à la fraise.
-La morale...Tu sais quoi? Fuck la morale! Je te souhaite d'être heureuse, et si ça passe par le fait que tu tombes encore amoureuse d'un futur boss, ou d'un autre, et alors, où est le problème? Tu verras bien. Demain est un autre jour. Je sais que c'est facile à dire. Ce ne sont que des mots et je ne suis pas à ta place.
Elle farfouilla dans son sac et en sortit un morceau de papier et un stylo.
-Je te donne mon numéro, si un jour ou une nuit, tu veux qu'on se revoit. Juste comme ça. Pour tout te dire, je bosse chez un particulier, un anglais. Un type dépressif, très dépressif... J'essaie de faire en sorte qu'il se reconnecte à la Vie mais le bonhomme est un dur à cuire, pfffff. Enfin bref, voilà. Rien d'extraordinaire, tu vois.
Qu' Alastar soit en phase de sevrage et drogué jusqu'à l'os, ne regardait personne. L'instinct protecteur et le réflexe du secret professionnel avaient ressurgi, naturellement. Dans la foulée, le visage de l'astrophysicien apparut dans son esprit comme un diable de sa boîte. "Vade retro Satana", pensa-t-elle avec humour.
Il était temps qu'elle rentre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin Sucrette
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 5653

MessageSujet: Re: « La musique est la langue des émotions » Cassiopée   Lun 10 Sep - 7:20

J’ai l’impression de m’ouvrir un peu trop, d’oser dire ce que j’ai sur le cœur. Il y a chez Cassiopée une part de douceur et de spontanéité donnant envie de se confier facilement. J’ai bien envie de tout lui raconter, du début à la fin. Pourquoi un beau jour, je suis tombée amoureuse de mon patron, pourquoi je me suis rendue compte que lui aussi éprouvait quelque chose pour moi, qu’il m’avait embrassée avant de se rétracter, combien j’ai eu mal et peur. Je pourrais lui raconter qu’après tout ça, la suite est devenue plus belle, que j’ai découvert l’amour avec un grand A, que j’ai appris que le cœur ne se contentait pas seulement d’aimer, il acceptait tout de l’autre, grandissait et devenait plus grand. De ce monde infiniment grand, je découvrais que j’étais capable d’être amoureuse à un point inimaginable au point de le voir oser révéler notre relation au grand public, devenir sa petite amie officielle. Et puis… la chute, noire, terrible, fatale. Un smoothie à la fraise et à la banane qui me font réaliser combien j’ai mal, combien mon cœur, infiniment grand, souffre d’avoir été rejeté, est rempli de ces étagères débordantes de souvenirs. Et je plonge, et je me perds. Et je suis incapable de remonter la pente, je raconte mon histoire avec une facilité désarmante, la véritable histoire de cette étudiante qui s’est laissée être aimée par son boss… Enfin, c’est ce que je croyais. Et avec Cassiopée, ça fait du bien de parler. Je la questionne d’ailleurs au sujet de son métier. Sa réponse me fait sourire. « Incroyablement poétique mais incompréhensible. » Je doute qu’elle soit une pêcheuse professionnelle. Elle n’a pas du tout la tête pour. Néanmoins, j’aime beaucoup cette personne. Au fil des secondes s’écoulant, je réalise qu’elle est pleine de douceur, de bons sentiments et surtout de bons conseils. Même quand elle m’invite à lui parler avec franchise, sans pudeur. « J’espère qu’on pourra se revoir… » Lui dis-je avec un soupçon d’espoir dans le regard. Elle a l’air tellement gentille, tellement ouverte à la conversation et surtout, elle est française. Elle me rappelle Paris et tout à coup, j’ai presque le mal du pays. Si j’avais du courage, je suivrais ses conseils à la lettre et m’en irais sur le champ. Mais là, j’en suis incapable. Je ne me sens pas suffisamment mâture pour oser partir toute seule, loin de tout et loin de Matthew même s’il m’a rejetée. Une part de moi continue de croire… Il faut que j’arrête.

« De toute façon, j’ai découvert que dans les ruptures, le temps est notre meilleur allié. Seul lui peut nous guérir. » Mes paroles manquent de conviction. Je découvre les aléas de la rupture. « C’est juste que je ne sais pas combien de temps il faut attendre… je n’ai jamais… Enfin … C’était ma première relation, tu vois ? J’ai toujours eu tendance à idéaliser l’amour et lui… lui a réussi à me rendre cette vision complètement erronée. Peut-être que le temps me fera changer d’avis. » Je souris à Cassiopée avant de boire et finir mon smoothie. Papoter ainsi est agréable. J’aimerai lui demander son numéro pour la revoir mais je n’ose pas. Je suis bien trop timide pour ça. C’est alors qu’elle-même sort un papier et y note son numéro, m’invitant à la contacter si jamais j’ai besoin. Et c’est alors qu’elle me révèle son job : travailler et remettre sur pied un homme dépressif. « Oh… » Je murmure tout simplement la fixant d’un air surpris. Mais mon visage s’adoucit aussitôt et je souris avec tendresse. « Et bien, il est très chanceux alors… Parce que tu réussis bien ton travail… Redonner l’envie aux autres. » Cette conversation m’a fait un bien. Ses mots plein de vérités auront su me faire réagir même si ce n’est pas gagné. « En tout cas, je vais garder tes coordonnées très précieusement. Sois certaine que je te recontacterai non pas parce que tu me boostes à nouveau mais juste parce que tu es quelqu’un de vraiment super. » Et je suis tellement sincère tandis que je dépose un billet pour nous deux. « C’est pour moi. » Mon sourire s’élargit. Même si ma situation financière est un peu critique, ça me fait vraiment plaisir de l’inviter, même si ce n’est rien du tout. « Je t’enverrai un message pour que tu ais mon numéro, aussi. » On se lève de nos chaises, parce qu’il est l’heure pour nous de nous quitter. « A bientôt alors, et ravie d’avoir fait ta connaissance. » Et que dire à part que j’ai hâte de la prochaine fois ? Cette fille possède une aura si reposante, c’est bienfaiteur pour l’âme.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: « La musique est la langue des émotions » Cassiopée   

Revenir en haut Aller en bas
 
« La musique est la langue des émotions » Cassiopée
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» ( M ) REDMAYNE × La musique est la langue des émotions
» la musique est la langue des émotions (t'écoutes quoi, toi ?)
» [MUSIQUE] Era
» Décès d'Éval Manigat, père de la musique du monde québécoise
» la langue d'enseignement,facteur de pauvreté

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vice et Versa :: d'où venons-nous :: Downtown-