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 Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”

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Ejaz Salvador
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DATE D'INSCRIPTION : 20/06/2018
MESSAGES : 8

MessageSujet: Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”   Mer 20 Juin - 13:55




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"Nom & prénom du personnage"


◑ Nom Répondre ici. ◑ Prénom(s) Répondre ici. ◑ Date et lieu de naissance Répondre ici. ◑ Nationalité Répondre ici. ◑ Orientation sexuelle Répondre ici. ◑ Statut civil Répondre ici. ◑ Profession et/ou études Répondre ici. ◑ Quartier d'habitation (les descriptifs des quartiers sont ici Répondre ici en détaillant la nature du logement ◑ Qualités et défauts de ton personnage Décris ton personnage en quelques adjectifs mettant en avant ses qualités et ses défauts Répondre ici. ◑ Avatar Répondre ici. ◑ Groupe Répondre ici. ◑ Crédits @Never Utopia pour l'avatar, répondre ici.

L'hémorragie de tes désirs s'est éclipsée sous la joue bleue dérisoire



Tics et manies et de ton personnage
Merci de bien vouloir décrire ton personnage en une dizaine de lignes à propos de ses rêves, de ses peurs les plus profondes. Les tics et manies qu'il peut avoir. Ce qu'il aime ou ce qu'il n'aime pas. Bref apprends-nous ce que l'on doit savoir de ton loulou! Merci de bien vouloir décrire ton personnage en une dizaine de lignes à propos de ses rêves, de ses peurs les plus profondes. Les tics et manies qu'il peut avoir. Ce qu'il aime ou ce qu'il n'aime pas. Bref apprends-nous ce que l'on doit savoir de ton loulou!
Le petit cocon de ton personnage
Merci de bien vouloir décrire le logement dans lequel ton personnage vit, s'il vit tout seul, en colocation, en concubinage. Ou bien en partouze géante tous les soirs ! La description de chaque quartier se trouve dans la partie "Contexte". Merci d'être cohérent sachant que du côté de Beverly Hills, on trouve rarement des appartements insalubres.
Que pense t-il de la ville de Los Angeles ?
Répondre ici en cinq lignes minimum. Répondre ici en cinq lignes minimum. Répondre ici en cinq lignes minimum. Répondre ici en cinq lignes minimum. Répondre ici en cinq lignes minimum. Répondre ici en cinq lignes minimum. Répondre ici en cinq lignes minimum. Répondre ici en cinq lignes minimum. Répondre ici en cinq lignes minimum.
Pourquoi avoir choisi ce groupe ?
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Quel est le petit secret de ton personnage ?
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Du temps qui se passe contre duquel on ne peut rien...


Parce que nous sommes curieuses, forcément, nous allons te demander touuuuut un tas d'informations bien croustillantes à ton sujet. Ton prénom/pseudo Répondre ici. Ton petit âge Répondre ici. Ce que tu fais dans la vie à part tuer des gens Répondre ici. Personnage inventé ou scénario Répondre ici. Où as-tu connu le forum? Répondre ici. Un dernier petit mot ? Répondre ici.

Être ou ne pas être, telle est la question sinusoïdale de l'anachorète hypochondriaque

Code:
[url=url de la fiche de présentation][color=red]◑[/color][/url] <span class="titlecat1">Nom de l'avatar</span> - Nom du personnage
[b]Nom & prénom du personnage : [/b][i]Quartier d'habitation[/i]
[b]Nom & prénom du personnage : [/b] [i]Métier[/i]

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Ejaz Salvador
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DATE D'INSCRIPTION : 20/06/2018
MESSAGES : 8

MessageSujet: Re: Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”   Mer 20 Juin - 13:55



Dessine-moi un mouton





Le monde entier est un théâtre, Et tous, hommes et femmes, n'en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles.




ACTE I

« Tu es beau, tu es fort, tu es l’amour de ma vie… »  

C’est les premiers mots qui ont été prononcés à mon égard le 8 mai 1976. Mon père ce grand homme fort bourré de valeurs et de principes me tenait contre son torse me murmurant à l’oreille, sans jamais s’arrêter, « Tu es beau, tu es fort, tu es l’amour de ma vie… ». Bien entendu je n’en ai aucun souvenir, cependant j’aime m’accrocher à cette histoire que ma mère se complait à me conter encore et encore comme pour me dire « mais si souviens toi Esgh ». Esgh est mon surnom depuis toujours par ma mère, c’est l’un des rares mots en Dari que j’ai la chance de connaitre.

Ma mère Emna Salvador est la femme la plus discrète qui soi. Je ne sais pas grand-chose de son enfance en Afghanistan, car oui ma mère est Afghane, elle n’en a jamais parlé. Les très rares fois où j’ai abordé le sujet j’ai vu son regard se voiler, sa mine s’attrister, alors j’ai abandonné l’idée de savoir. Je suppose qu’elle n’a pas eu la chance d’avoir une enfance douce et heureuse. Je ne sais pas non plus comment elle est arrivée en Espagne, je sais juste qu’elle avait 10 ans à son arrivée et qu’elle est venue avec son père qui était laitier.

Mon père Abel Salvador, lui est un pur Espagnol… pur et dur ! Il vient d’une bonne famille où l’argent n’a jamais manqué, mais l’amour lui il n’en a pas vraiment reçu de la part de ses parents. Il a été élevé par des nonnes, à l’époque cela se faisait beaucoup en Espagne. Il a suivi une éducation catholique assez rustre… Il a toujours su ce qu’il voulait et a monté à lui seul une entreprise de commerce international qui se porte plutôt bien encore à ce jour. Il a toujours eu ce besoin de se prouver à lui-même qu’il n’avait besoin de personne pour avancer et je pense aussi prouver à ses parents que ce n’est pas d’argent qu’il avait besoin mais juste de soutien.

Mes parents se sont rencontrés très jeunes, le « coup d’orage » n’arrêtait pas de dire ma mère à qui voulait l’entendre. Elle n’a jamais voulu intégrer qu’il s’agissait plutôt de « foudre » afin ça énervait grandement mon père c’est surement pour cela qu’elle en jouait. A l’annonce de leurs fiançailles les parents de mon père ont définitivement coupé les ponts, il est tout bonnement inacceptable d’avoir pour belle fille un pauvre Afghane des petits quartiers  de Chipiona… Alors ils ont été de petits boulots en petits boulots pour se payer de quoi avoir un toit et surtout leurs études, car il avait ce besoin de se prouver qu’ils pouvaient être quelqu’un … ensemble.

Ma mère a fini par décrocher son diplôme d’avocate et mon père un je ne sais quoi dans le commerce, je n’ai jamais bien compris l’intitulé à rallonge de ce diplôme. Une fois leur situation professionnelle établie le besoin d’avoir un enfant c’est vite fait ressentir, ils ont alors 24 et 25 ans lorsque la sentence tombe pour ma mère elle n’en aura jamais…  Nous sommes dans le tout début des  années ’70 alors lorsque vous avez trouvé l’un des meilleurs médecins du pays et que tombe l’annonce du terme « stérile » la terre se dérobe sous vos pieds. Pour mon père adopter n’était pas envisageable, un enfant OUI mais LEUR enfant sinon rien.

Ils ont alors continué leur chemin et est né l'obsession de faire grandir leur entreprise, cela en est même devenu leur raison d’être. Comme si l'entreprise était devenu subitement l'enfant qu'il ne pourrait jamais avoir... Enfin jusqu’à l’annonce de la grossesse de ma mère. Alors qu’elle arrivait à l’aube de ses 30 ans et qu’elle avait abandonné l’idée de tenir un jour son enfant dans ses bras elle était enceinte de son miracle…

« Esgh notre vie a débuté ce fameux jour du 8 mai 1976 à 3h46… le jour de NOTRE naissance à tous les trois… Nous avions décidé, bien avant ta naissance que tu te nommerais Ejaz, notre miracle. Ton père, si certain que tu serais un garçon se voyait déjà t’emmener jouer au foot le dimanche matin sur les plages de Chipiona. Les hommes est leur instinct… alors lorsque l’infirmière nous a annoncé que tu étais son petit garçon tant attendu il m’a regardé et il a fondu en larme. Non pas qu’il fût soulagé que tu sois bien un petit garçon, je pense qu’il a juste compris, à cet instant précis, que quoi qu’il arrive il t’aimerait à en déplacer des montagnes. Alors sans un mot il t’a pris dans ses bras, t’a serré contre son cœur et a répété inlassablement durant des heures « Tu es beau, tu es fort, tu es l’amour de ma vie… Ejaz »  

Mes parents ont toujours été mes piliers dans la vie. Beaucoup viendront dire qu’avec de l’argent tout est beaucoup plus facile et je ne viendrais pas les contredire. Cependant avec de l’argent ou non élever un enfant n’a rien de facile…
Ils n’ont jamais couru à la facilité des nourrices, j’ai grandi dans les locaux de l’entreprise de mon père vagant entre ses piles de dossiers clients et les montagnes de codes de procédures pénales de ma mère. Je n’ai jamais connu que l’amour de deux parents aimants se battant corps et âme pour leur fils. La devise de mes parents a toujours été de vivre en s’amusant, de garder le sourire quel que soit les épreuves. Il faut vivre pour mourir et il est moins long de vivre en s’amusant que de vivre en pleurant.

« Ejaz vient… »
Ma mère tapote le coin du lit sur lequel elle est couchée. Cela fait plusieurs semaines maintenant qu’elle a une « baisse de régime » selon ses propres propos. J’ai 16 ans, 3 mois, 20 jours et, environ, 17 heures, je connais ma mère par cœur et aussi loin que je me souvienne je ne l’ai jamais vu aussi affaiblie. Je n’ai plus 5 ans je me doute que quelque chose ne va pas mais je pense que l’on est jamais vraiment prêt à écouter… Alors mes yeux se sont fermés, je me suis allongé à ses côtés je lui ai pris sa main que j’ai serré de toutes mes forces.
« Ça ira mama… tu es belle, tu es forte, tu es l’amour de ma vie… ».
J’ai vu ses larmes rouler sur ses joues. Ce n’était pas les larmes que j’ai vus sur la photo de mes premiers pas, ce n’est pas non plus celles qu’elle avait dans les yeux lors de ma première kermesse, ni même celle que j’ai aperçu lorsqu’elle m’a surpris à fumer pour la première fois… Nous avions juste compris l’un et l’autre qu’il faudrait être fort, fort pour ne pas sombrer, fort pour mon père qui allait désespérément souffrir… Ce soir-là nous nous sommes endormies ainsi, en larmes, l’un contre l’autre, tous les deux contre le reste du monde, tous les deux à jamais… Je me sentais fort avec elle je n’étais pas sûre de l’être autant sans sa présence, j’allais devoir apprendre, apprendre à dire adieu… pour la première fois de ma vie.

Deux mois, onze jours et 9 heures plus tard les magnifiques yeux ébènes de mon mère se fermaient pour la dernière fois.


ACTE II

« TARADO ! »

Une grosse pile de papiers vient s’échouer à côté de moi sur le lit, on est passé à deux doigts du meurtre. Devant moi se tient Louve. Je n’ai jamais vu personne porter aussi bien son prénom. Louve est une jolie jeune femme pleine de vie au caractère… enfaite non… n’abordons pas ce sujet nous pourrions y passer des heures entières.

Louve est avant tout notre voisine, qui est aussi une camarde au lycée, mais aussi qui fût une camarde au collège, en primaire… enfin bref vous l’avez compris elle et moi c’est depuis toujours, enfin presque. La magnifique brune est Française, du moins née en France, c’est là-bas que ses parents se sont connus, son père est Américain il vient de Los Angeles  où un truc dans le genre, en tout cas il a un accent qui ferait mal aux oreilles de n’importe qui !

« Tu vas te bouger les fesses Ej’ ! OK ce qui est arrivé est horrible. OK il te faut du temps pour t’en remettre. OK elle te manque. Mais tu comptes rester enfermé le reste de tes jours dans cette chambre puante ou tu vas lever tes fesses de sale Espagnol de ce foutu lit et tu vas reprendre le cours de ta vie comme ta mère l’aurait voulu ? Car de là où elle est-elle doit avoir envie de te secouer TARADO ! »

Je vous l’avais dit on ne va pas passer des heures à épiloguer sur son caractère. Mais en même temps elle n’avait pas tort, bon elle aurait pu y mettre un peu les formes mais le fond y est. Cela fait un peu plus d’un mois que je n’ai pas remis les pieds en cours, je n’en ai plus forcément la force. Là-bas on va me plaindre, me regarder en soupirant « le pauvre » pourtant c’est la vie, aussi dur soit-il pour moi il faut se rendre à l’évidence… c’est dur pour ceux qui restent mais c’est la vie… Mon père vivait son deuil en s’enfermant dans son travail, je ne le voyais presque plus lui qui a toujours été hyper présent n’était que l’ombre de lui-même. Un corps sans vie, sans âme… sans amour.

« J’y penserai… et Louve, « imbécile » n’est pas une ponctuation.  »

Elle hausse les sourcils et de rage claque la porte de ma chambre. La tornade est partie elle a balayé de sa présence le calme ambient et surtout mon esprit. Les heures tournent sur mon réveil et les paroles de Louve vont et viennent dans mes songes. Il est 21 heures la rue est redevenue calme, la maison est désespérément silencieuse et cette pile de feuille n’a toujours pas bougé de mon lit. Je la contemple comme pour espérer qu’elle finisse par disparaitre comme le font ses foutus magiciens des rues. Mais au fond la brune caractérielle a raison il faut que je me ressaisisse, ma mère n’aurait jamais accepté mon état… notre état.

Il est 23h je suis installé sur la table de la cuisine, les restes de pain un peu dur et d’une tranche de jambon en main, mes cours devant les yeux. La porte d’entrer s’ouvre des pas se font entendre sur le vieux parquet.

« Tu n’es pas couché ? »

La silhouette de mon père affaibli apparait au seuil de la porte. Il me fait de la peine, j’ai mal pour lui autant que pour moi. C’était l’amour de sa vie, sa raison d’être, ils se sont toujours battus main dans la main et maintenant il doit reprendre le combat seul… enfin presque. J’ai beau être son fils et il a beau m’aimer de manière démesuré ma mère lui manque désespérément et mon visage lui rappel jour après jour les traits qu’il a tant aimé aimer.

« Non, j’ai des cours à bosser pour demain… Il faut qu’on avance tous les deux, Pa’ c’est ce qu’elle aurait voulu ».


Ses mains passent sur son visage fatigué. Il le sait, ça sonne comme une évidence, mais c’est encore trop frai pour lui, mon père est un grand sensible malgré les apparences qu’il se donne, ma tendre mère adorait le charrier sur ce point. Il se lève m’embrasse sur le front.

« Je sais Esgh, ça viendra ne t’inquiète pas… ».


ACTE III

« Toi ? Mais tu es aussi discret qu’un hippopotame !  »

J’ai maintenant 21 ans, je suis marié depuis quelques mois à une certaine Louve, vous en avez peut-être déjà eu vent… J’ai un diplôme dans le commerce en poche, l’idée de reprendre l’entreprise familiale était déjà bien ancrée dans mon esprit, mais suite à une opportunité fortuite d’entrer dans l’armée tout a été remis en cause. Cela n’a jamais été mon ambition de base, mais l’idée me plait. J’en ai beaucoup parlé à mon père avant d’en parler à ma femme. Lui me dit de foncer de ne pas s’attacher à une entreprise familiale, de me créer mes propres rêves.  Louve n’est pas vraiment du même avis.

« Un hippopotame tu as pas trouvé plus glamour qu’un animal qui fait le ventilateur avec sa queue lorsqu’il fait ses besoins ? »

« Parce que tu te crois drôle en plus ? TARADO ! Toi tu vas être agent infiltré dans l’armée ? Mais tu vas te faire dégommer à la première mission. Tu ne sais déjà pas te réveiller sans ameuter tout le quartier comment veux-tu être assez discret pour infiltrer des gangs où je ne sais quelle connerie ? »

C’était sa façon bien à elle de dire qu’elle tient à moi et qu’elle a peur pour la suite. Louve n’a jamais eu vent du flegme à la Française elle a plutôt hérité du côté bourru Américain de son père. Mais c’est ce qui me plait en elle. On est opposé en tout point elle est impulsive, je suis réfléchie, elle est le feu, je suis la glace, elle ne s’ouvre à personne, je parle à tout le monde… Louve est mon complément mon tout… Je comprends mieux mon père, perdre l’être que l’on aime vraiment sincèrement c’est perdre la moitié de son être. Je ne veux pas perdre Louve, je ne ferais rien qui puisse me mettre en danger, je ne veux pas qu’elle souffre. Alors je la prends dans mes bras, je lui murmure des mots rassurants, des mots qu’elle a envie d’entendre pour contrer ses maux.

Le 21 juin 1997, j’ai 21 ans et je prends mes fonctions d’agent infiltré, au sein de l’armée Espagnole. Je sais que ce ne sera pas tous les jours faciles, que j’aurais besoin de rassurer ma femme en permanence mais je sur certain que cela en vaut la peine. Et ce jour-là j’ai revu cette lueur dans les yeux de mon père, cette lueur qui dit qu’ensemble on est invincible. Je ne savais pas encore à quel point cette lueur me sauvera la vie bien plus tard.


ACTE IV

« Ce sera donc un garçon et une petite fille. »


Les yeux de Louve se tourne vers moi emplies de larme, je lui caresse doucement les cheveux nous sommes le 23 septembre 1998. Nous avions su dès la première échographie que ce serait des jumeaux, ce choc-là était donc déjà digéré, mais apprendre leur sexe fut l’une des expériences les plus marquantes de ma vie. Nous n’arrêtions pas de nous chamailler à savoir qui aurait raison ou non, mais aucun de nous avait imaginé l’espace d’un instant avoir la chance d’avoir un garçon et une fille. Tout se mélange dans ma tête, mais je suis tellement heureux.

Durant les mois qui ont suivis nous prenions soins de choisir un à un les décors de leur chambre ou encore leurs futurs tenus. Je dis « on » mais en fait non, j’ai été beaucoup absent durant cette période. Nous avons été envoyés pour des missions dans les pays de l’Est de l’Europe, anciens pays de l’ex-URSS, afin de calmer un peu le jeu. Dès que je le pouvais je rentrais, mais ce n’était bien entendu pas assez fréquent. Je sais que Louve m’en a beaucoup voulu, encore aujourd’hui je pense, mais je voulais le meilleur pour eux et le meilleur passait aussi par mon salaire. Alors oui moi j’ai été pas mal absent, mais mon père a été présent à chaque instant pour elle. Pour lui Louve était sa fille. Elle l’envoyait sur les roses comme elle le faisait avec moi je pense que cela lui rappelait aussi un peu ma mère, même-ci, il ne nous l’a jamais avoué.

Janvier. La mission se termine mon retour est imminent, l’avion de l’armée est déjà prêt sur le tarmac il n’attend plus que nous, j’empoigne mon téléphone je vois le nom de Louve apparaitre avec le nombre 5 en rouge. Mon cœur palpite, ma femme allait accoucher et je suis à 6 heures de vol de chez moi. Je me dépêche de lui écrire un message avant d’embarquer « Si tu peux attend… » la réponse ne se fit pas attendre « TARADO ! » Ok d’accord celui-là je l’ai bien cherché comme si elle y pouvait quelque chose la pauvre… Mais je m’en veux. Elle m’avait prévenu, je lui avais dit qu’on aurait le temps, que je serais présent quoi qu’il arrive et me voilà enfermé dans un grand oiseau de ferraille qui ne vole vraiment pas assez vite à mon goût. Je suis crispé ses six heures sont une éternité, à chaque turbulences je manque de vomir. L’avion se pose enfin il est 20h12 en Espagne. Je ne perds plus de temps je cours le plus rapidement possible à ma voiture, laissant mes camarades sur le tarmac et je file en trombe j’ai un peu plus d’une heure de trajet en temps normal… en temps normal.

20h57 je suis devant les portes battantes de la maternité, une infirmière passe devant moi « Mme Salvador s’il vous plait ? » Je vois qu’elle me regarde interloquée, elle ne semble pas comprendre ce que je cherche « Je cherche ma femme elle doit accoucher… Mme Salvador » . Elle me montre du doigt l’écriteau « salles de travail ». Je franchis les portes plus rapidement que le vent, une infirmière accoudée sur un grand comptoir semble discuter avec une collègue

« Je cherche Mme Salvador, elle a normalement été admise dans votre service… »
« On va souffler et reprendre son calme mon petit monsieur, vous n’allez pas me la stresser plus que nécessaire ! »


Elle me regarde avec un large sourire j’ai compris que je pouvais m’apaiser, Louve me tuerai de ne pas avoir été là plus rapidement, mais au moins je n’avais rien loupé… Quelques heures plus tard ils étaient dans mes bras Ava, prénom espagnol que Louve a pris soins de choisir et de changer à foison. Notre princesse a déjà les traits de sa mère, si seulement elle pouvait aussi hériter de son caractère. Certes ce n’est pas tous les jours faciles mais au moins je serais rassuré, aucun homme ne lui marchera sur les pieds. Puis Arya, prénom Afghan comme un hommage à ma mère même-ci je sais que son passé en Afghanistan a semblait douloureux elle était fière de ses origines. Notre petit prince à plus pris de moi… le pauvre. Je les tiens tous les deux contre moi et là je comprends ce que ma mère avait cherché à me faire comprendre au sujet de mon père. Les larmes ont coulés sur mes joues ce n’étaient pas de la nostalgie, non juste du bonheur « Vous êtes beaux, vous êtes forts, vous êtes l’amour de ma vie… »

ACTE V

« Tu n’es pas sérieux ? »

Nous sommes le 19 février 2013, je viens d’apprendre que je partais en mission en Afghanistan, je sais que Louve va me tuer, mais quelque part je suis heureux de pouvoir me rendre sur la terre natale de ma mère.

« Louve c’est une mission comme une autre ce n’est pas la première. On va juste épauler les Américains, je serais vite de retour. »
« On les emmerde les Américains c’est leur problème pas le nôtre… en tout cas pas le tien ! »
« Pourtant tu l’es à moit… »
« La ferme Ej’. Va te faire tuer si ça te chante, j’en ai marre de tes conneries de mission, à attendre en permanence que tu me reviennes en vie et prier pour ne pas avoir un de ses foutus appels…»


Elle sort de la pièce en furie prenant grand soin à claquer la porte derrière elle. Une marque de fabrique…  Comme je la comprends au fond de moi et comme je m’en veux. Mais j’aime vraiment ce que je fais, je suis entourée d’une très bonne équipe soudée, il n’y a aucune raison pour que les choses ne se passent pas comme elles le doivent… Aucune raison ! Louve est de nature anxieuse à toujours s’inquiéter pour des futilités, je suis toujours revenu de mes missions sans aucune égratignure. Puis Ava et Arya ont maintenant 14 ans, ils sont grands, ils ont moins besoin de ma présence.

Ava est une magnifique jeune adolescente qui ressemble trait pour trait à sa mère, mais avec mon caractère. Ma princesse est une douce rêveuse, qui ne cherche pas le conflit, toujours positive et attentive… Ma douce Ava j’ai tellement peur pour elle à chaque instant. Peur qu’elle tombe sur une « Tarado » qui ne cherchera qu’à lui briser son cœur si fragile… Pourtant je sais que ça finira bien par arriver…
Arya lui est un superbe ado’ athlétique et très intelligent. Il ressemble tellement à sa mère dans sa façon d’être. Il est l’opposé de sa sœur, sûr de lui il ne se laisse pas marcher sur les pieds et si il faut foncer dans le tas il y va tête baissé… sans réfléchir à la moindre conséquence.

Mes deux amours… Pourquoi je prendrais le risque de les perdre.


ACTE VI

« Mais tu es aussi discret qu’un hippopotame ! »


C’est cette phrase de Louve qui a raisonné dans ma tête lorsque j’ai compris… Compris qu’il était trop tard pour faire demi-tour, compris que c’était terminé, compris que Louve avait raison, compris ce voile qui apparaissait dans les yeux de ma mère à la seule évocation de l’Afghanistan… Cependant il était trop tard pour comprendre quoi que ce soit… Il m’avait pourtant accepté je commençais à avoir leur confiance… maintenant il n’y avait plus rien juste un tas de cendre et les miennes en feront bientôt parties…

Le front au sol, l’arme sur la tempe, c’est froid le canon d’une arme… glacial… comme-ci la mort était vraiment au bout. Je n’ai pas bien compris ce qu’il s’est exactement passé. J’ai juste vu cet homme s’approcher d’un soldat lui murmurer quelques mots à l’oreille en pointant son index dans ma direction, et là j’ai compris… On me relève brusquement du sol, comme on soulèverait une poupée de chiffon, et on me jette en cage vulgaire chien que je suis. Alors mon seul salut sera le silence ce taire, ne rien laisser paraitre, juste espérer… espérer qu’un jour le destin mette quelqu’un sur mon chemin. Je sais que ça arrivera je ne sais pas quand et je ne sais pas non plus si il ne sera pas déjà trop tard… mais ça arrivera. Ma mère me disait toujours qu’il n’y a pas d’orage sans soleil, de pluie sans chaleur…

Il fallait que je garde les notions de temps, il ne fallait surtout pas que j’oublie pour ne pas perdre la tête. J’utilisais les moyens en ma possession, cailloux, bout de bois… et je traçais dans le sable la date tous les jours inlassablement. Il fallait que je reste humain et je ne pouvais me fier à rien d’autre qu’à ma tête pour cela. Et pourtant c’est un joyeux bordel là-haut.  Entre la voix de Louve qui me traite encore et encore de « TARADO », la douceur de ma Ava et les tirades de mon Arya mon esprit s’embrouille… Et mon père je n’imagine même pas dans quel tourment il se trouvera à l’annonce de ma disparition… car je reste lucide ils ne me relâcheront pas de sitôt, je serais donc très vite aux yeux de tous déclaré « disparu » et dans quelque temps quand ils arriveront au bout de leur procédure je serais déclaré « mort » et une commémoration  sera faite, sans corps… mort pour la nation. Quelle belle connerie. Il faut que je parte… je ne peux pas mourir dans ce trou à rat !

Le temps file… et moi je suis là, j’observe, j’écoute et surtout je ne dis rien. Ça fonctionne on m’oubli petit à petit, je suis comme un animal que l’on pense à nourrir de temps à autre mais à qui on apporte aucune attention, cela me convient… ça me laisse du temps pour réfléchir à un moyen de sortir… Soudain la porte s’ouvre un homme a la carrure impressionnante et jeté au sol et  comme monté sur un ressort il rebondi et fonce de nouveau dans le tas. Je suis dans le coin de ma « cellule » le regardant, ce n’est pas l’un des leur ça c’est sûr. En même temps pourquoi enfermerait-il l’un de leur homme tu es stupide Ejaz ! Je ne sais pas ce qu’il leur a fait mais en tout cas il a bien morflé. Les coups pleuvent sur lui comme tombe la pluie lors des grosses averses en Espagne. Je finis par me redresser, chien oublié que je suis, et crier autant que ma gorge me le permettait « STOP ». Encore aujourd’hui je me demande ce qui m’a pris. L’un des Afghans c'est approché assez près pour que je puisse lire la hargne dans son regard vide. Il m’a hurlé dessus en Dari et ils sont partis. Je serais bien incapable de vous traduire ce qu’il m’a dit, ça doit être à base de « mort » de toute façon… Je m’approche de ce qui sera maintenant mon « colocataire ».

« Moi c’est Ejaz… Ejaz Salvador… ça va aller ? »

Je lui tends la main qu’il rejette instinctivement et marmonne quelque dans une langue qui ressemble à de l’anglais mais avec sa lèvre tuméfiée je ne suis pas certain que sa diction soit parfaitement correcte. En tout cas j’ai bien compris qu’il n’en avait rien à secouer de ma présence. Je n’ai même pas l’impression qu’il m’ait réellement vu. Les heures passent il a déjà fait 10 fois le tour de notre cage et à chaque fois que nos regards se sont croisés j’avais l’impression qu’il voulait me tuer.

« Tu peux au moins me donner ton prénom… ça détendrai peut-être un peu l’atmosphère ? »

Son regard noir se pose de nouveau sur moi. J’ai bien compris qu’il n’était pas ouvert à la discussion et aux présentations. Nous sommes visiblement condamnés à cohabiter pour un petit moment il faudra bien qu’il se déride… ou pas.

Les mois passent je ne sais toujours pas qui il est, si ce n’est la cible favorite de nos bourreaux. Alors si lui ne parle pas je le ferais. J’ai cru comprendre qu’il était américain à son accent à couper au couteau il me rappelle étrangement le père de Louve. Heureusement qu’elle a décidé que, pour nos enfants, il serait bien de parlait aussi anglais à la maison, juste pour les habituer… au cas où... Ma Louve…

« Tu es marié ? Moi j’ai une femme… magnifique et deux enfants… des jumeaux Arya et Ava. »

Il ronchonne dans son coin je sais que je l’ennuie mais c’est pas grave il faut que l’on se souvienne. On ne doit pas oublier le passer et se contenter de subir sinon autant réclamer la mort. Et je ne veux pas mourir pas ici... pas dans ses conditions et je suis sûr qu'au fond de lui il n'en a pas plus l'intention que moi. La nuit est maintenant tombée, il fait froid... oui même en plein désert les nuits sont horriblement froides, à moins que ce soit mon corps affaibli par la faim et les conditions d'hygiène spartiate qui se rebelle...

« Tu sais de quoi j'ai envie là tout de suite Eagle ? »

Eagle c'est ainsi que je l'ai surnommé, puisqu'il n'a jamais eu la courtoisie de bien vouloir me donner son prénom. Je trouve que cela lui convient parfaitement. L'aigle est l'emblème de l'Amérique, enfin c'est ce qui est dit dans les livres d'écolier en Espagne, en plus cet oiseau impressionne de par sa carrure... Eagle aussi. Cet homme est aussi bourru qu'intriguant à mon sens, puis il semble aussi solitaire que le volatile... C'est étrange à quelqu'un il me rappel un être très familier...

« De la fermer ? »
« Non d'une bonne Paëlla... avec du riz bien épicé, des petites crevettes fraichement pêché, du chor... »
« La ferme Shab ! »

Il manque juste un « Tarado » et je me sentirai presque à la maison. Shab c’est le surnom qu’il m’avait attribué c’est pourtant pas faute du lui avoir donné mon prénom à au moins… je ne sais même plus combien de reprise.  Shab en Dari signifie en réalité « bonne nuit », ma mère me le murmurait au coin de l’oreille chaque soir juste avant de s’éclipser de ma chambre. Je fais de même avec mes enfants depuis leur naissance un moyen de transmettre un petit bout de cette femme formidable qu’ils n’auront jamais eu le bonheur de croiser. Alors ce petit mot est rassurant le soir, je le murmure à Eagle comme je le murmurerai à mes enfants pour leur souhaiter la nuit la plus agréable possible… Ce soir-là je m’endors en pensant à une immense Paëlla pleine de saveur… je sais je suis un cliché sur pattes, mais ce n’est pas bien grave.

Les mois et peut-être même les années s’égrainent sans que je n’ai aucun contrôle sur ma destinée. Je pense tous les jours à ma famille… J’ai perdu toute notion de temps à force de dérèglement des saisons, j’ai l’impression de devenir fou, de perdre le fil que je me suis pourtant obligé à tenir jusqu’à présent. C’est dur je perds pied et pourtant la douce voix de ma mère me rappel inlassablement qu’après l’orage vint la pluie. Sauf que j’ai l’impression que l’orage m’a traversé et que je suis devenu qu’un légume léthargique sans aucune espérance de guérison. Ce n’est pas moi je ne suis pas comme ça, l’espoir ne m’abandonne pas mais dans de telles conditions comment faire pour garder une lueur d’espoir ? Cette lueur même que j’ai vu dans le regard de mon père lors de ma première prise de poste, cette lueur dans le regard de Louve lorsque nous avons appris sa grossesse, cette lueur dans le regarde d’Arya et Ava lors de leur premier pas… cette lueur qui vous dit que malgré toute la peur qui vous enivre vous êtes assez fort pour surmonter les obstacles…

Jour après jour Eagle fait les cents pas dans notre cage, plus je le vois agir et plus je me dis que ce surnom lui va à ravir. Tentez de mettre en cage un aigle je ne suis pas certain que vous puissiez le contenir bien longtemps c’est un peu ce qui se passe avec Eagle. Il était fort, avec une hargne sans égale, alors que moi, doucement, j’avais cette impression que l’espoir me quittait peu à peu. Alors je m’accrochais à cette petite lueur qui me disait que l’on arriverait à fuir. Je les ai observés, longuement… nos bourreaux. Nous devons être en période de Ramadan. Le soir lorsque le soleil disparait l’espace de quelques courts instants nos bourreaux aussi… Il s’agit que de quelques fractions de seconde… assez pour prendre quelques mètres d’avance. C’est totalement faisable mais Eagle est une grosse bourrique et le temps qu’il veuille bien se donner la peine de m’écouter ils seront déjà de retour… Si c’est réellement le Ramadan cela ne dur qu’un mois… un de mes voisin à Chipiona le faisait, j’attendais la fin de son Ramadan avec autant de ferveur que lui… les pâtisseries du L’Aïd ont toujours été mon pêché mignon. Alors tous les soirs je rabâche mon plan à Eagle…

« Les hommes en armes disparaissent toujours quelques secondes. Dès qu’ils sont loin de notre champ de vision toi tu casses leur espèce de serrure et on fuit par la gauche. Le temps qu’ils réagissent au bruit de la serrure qui se brise nous aurons déjà quelques mètres d’avance, pas assez pour éviter les balles mais assez pour courir le plus vite possible vers l’horizon. »


A chaque fois qu’il posait le regard sur moi, j’avais l’impression qu’il me prenait pour un fou. Mais les fous ça ose tout et j’étais sur de moi ! De toute façon il fallait tenter notre chance mourir en essayant de s’en sortir ou mourir dans cette cage quoi qu’il arrive la finalité était la même. Je ne partirai pas sans lui et je sais que malgré ce qu’il pourrait dire, il ne partirait jamais sans moi… Le soleil se couche la lune apparait de l’autre côté… la pleine lune, le moment de tous les possibles. Cette lune entière nous aidera à nous guider dans le désert qui nous attend… c’est le moment où jamais.

« Eagle, c'est le moment où jamais ! »
« Putain, quand est-ce que tu vas la fermer, Shab ? T'es un vieux disque rayé ! »
« On n’a pas le temps Eagle… »


Je ne sais pas si c’est pour me faire taire une bonne fois pour toute mais il m’a écouté et m’a suivi… Nous voilà comme deux imbéciles à essayer d’éviter les balles à courir le plus vite possible. Mes jambes sont endolories par tant d’année de captivité mais il faut que je cours, je n’ai pas le temps de réfléchir je dois juste fuir. Eagle est à mes côtés, nous n’avons pas encore réussi mais au moins nous l’avons tenté ensemble…

« Dégages Shab »

Dans l’euphorie du moment je ne comprends absolument pas ce qu’il me raconte.

« Faut qu’on se sépare alors dégages ! On les a tous dans le dos si on ne se sépare pas très rapidement on va crever tous les deux ! Il y a un gros rocher à la forme étrange à quelques kilomètres je l’ai vu lorsqu’ils m’ont emmené dans ce trou, ont se rejoint là-bas… »
 
Je suis à bout de souffle et ne comprend qu’un mot sur deux pourtant il a l’air convaincu et ne me laisse pas le temps de riposter il prend un virage à 180° et emmène avec lui les trois quart des soldats à notre poursuite. Il est stupide complétement stupide… c’est du suicide. En me retournant je vois mes deux tortionnaires autant à bout de force que moi et pourtant encore déterminé à me faire la peau. C’est à ce moment-là que j’ai compris… il n’est pas suicidaire il a juste cherché à me sauver la vie au détriment de la sienne…

ACTE VII

« Il y a un gros rocher à la forme étrange à quelques kilomètres […], ont se rejoint là-bas. »

Ca fait des jours que je marche en cherchant un stupide rocher qui n’existe pas, je sais qu’il m’a menait en bateau… Et pourtant je ne me résous pas à l’abandonner… Je ne sais pas où il est je sais même pas si il est encore en vie, je ne sais même pas son prénom… mais je me suis attaché à sa présence on peut le dire. Le savoir peut-être mort me fait terriblement chier, surtout que moi aussi je vais mourir au milieu de ses dunes de sable interminable il s’est sacrifié pour moi pour que je meurs comme un con au milieu de nulle part. Au fond il devait avoir raison ce n’était pas le bon moment pour partir… Je m’allonge dans le sable me laissant brûler par le soleil. C’est terminé je jette l’éponge, je suis à bout de force, au bout du combat contre moi-même. J’ai fait ce que j’ai pu, tenu autant que possible… à l’heure qu’il est tout le monde me pense mort de toute façon alors pourquoi poursuivre.

« Shab, tu n'es qu'un imbécile, mon pote ! »

Cette phrase raisonne comme un mirage au loin, au milieu du désert avec un soleil de plomb quoi de plus normal ? Cependant un petit « je ne sais quoi » me pousse à avancer et si ça n’en était pas un et si après l’orage le soleil revenait immuablement ? Alors je me redresse et j’avance il faut vérifier au moins… Avec un peu de hauteur je vois un homme en contre bas je me penche alors et vois que je suis sur une espèce de rocher à la forme étrange. Bordel il ne mentait pas ? La vie s’empare de nouveau de moi, je me sens de nouveau léger… on est libre… on est vivant ! Sans que je m’en aperçois vraiment j’avais retrouvé le sourire, pas celui que je maintenais contre vent et marais en cellule non, un vrai sourire, je savais que tout ne pourrai aller que mieux maintenant !

« Qu'est-ce que j'ai bien pu faire encore cette-fois ci, amigo ? »

Il m’a attrapé dans ses bras et qu’une accolade bien virile à vous en décoller un poumon j’ai senti que nous étions liés à jamais. Nous avions traversé le pire il nous restait qu’à retrouver le meilleur. Eagle lui avait sauvé la vie et bien plus qu’à une reprise, comme un ange gardien il a veillé sur moi et m’a donné la force de traverser tout ce foutu merdier. Sans lui je serai assurément mort dans ma cellule à compter les jours en espérant que l’orage se dissipe…

Le reste c’est enchainé très rapidement, un hélicoptère, un drapeau américain, le sol américain que je n’avais encore jamais foulé de ma vie. Des sourires, des pleurs, des remerciements, de la fausse compassion… Rien ne m’atteint, ni pansent cette plaie bien trop béante. Il ne me reste que mon cher Eagle sur qui me reposer, lui comprend et comprendra à jamais… Cependant je suis vivant il me faut retrouver MA terre… mon refuge… ma famille. J’annonce a Eagle mon départ imminent, je ne sais pas si il me comprend, il ne semble pas en tout cas… mais j’ai ce besoin de renouer avec mon passer pour me construire mon avenir. Je pars en ayant cette amertume de laisser mon frère derrière moi… Je lui avais dit que je lui ferais visiter mon pays et je compte bien tenir promesse…

ACTE VIII

« Le numéro que vous demandez n’est plus attribué »


J’essaie encore et encore au cas où… J’ai dû le composer un million de fois depuis mon arrivé en Amérique. J’espérai que cela n’était juste une question de code de pays où je ne sais trop quoi mais non Louve a dû changer de numéro… Chez nous il n’y a plus personne, enfin si une nouvelle famille que j’ai effrayée en me présentant au pas de la porte m’apprêtant à entrer comme je l’ai toujours fait… La maison de mon père est en friche… Il ne me reste que l’entreprise à visiter.

A mon arrivé les portes sont closes, cependant j’ai mon vieux trousseau que j’avais laissé dans mon casier à la caserne. J’ouvre les portes tous est désespérément silencieux. Je m’approche du bureau de mon père prenant soin de frapper à la porte espérant au fond l’entendre me sommer d’entrer… Rien… juste une lettre posée sur le grand bureau massif, sur l’enveloppe était inscrit en lettres capitales « TARADO ».

Ejaz,

J’espère du fond du cœur qu’un jour tu retrouveras cette lettre… même-ci je dois t’avouer que l’espoir m’a abandonné depuis un an maintenant… Ton père te pense vivant, il m’a dit qu’il le ressentait, le vide n’était pas entier… cependant le vide l’a emporté lui aussi. Il a survécu à ta maman parce que tu étais là… tu n’es plus là, sa bouée de sauvetage sans est allé, même-ci il nous aime éperdument les enfants et moi nous ne sommes pas toi Ejaz.

J’ai longtemps lutté contre vent et marais appelant tous les jours ta brigade les menaçants de les tuer un à un si il ne bougeait pas leurs fesses de sales militaires Espagnols, j’ai de la chance ils ne m’en ont pas tenu rigueur… J’ai attendu près du téléphone des mois durant sursautant aux moindres appels, d’ailleurs un commercial qui essayait de me vendre des fenêtres a passé un sal moment une fois… J’ai tenu bon comme tu l’aurais fait Ej’ mais il a fallu me rendre à l’évidence pour les enfants. On ne vivait plus on survivait sans toi…

J’ai pris la décision de fermer l’entreprise, elle n’a plus lieu d’être sans vous trois et je ne suis pas assez forte pour en prendre la charge. J’ai vendu la maison vivre avec des fantômes c’est trop difficile tes enfants avaient l’impression de te voir chaque matin siroter ton café… j’avais l’impression que tu ameuté encore tout le quartier à chaque réveil… mon hippopotame. Je suis retournée retrouver mon père aux Etats Unis, on essayera de se reconstruire là-bas… Au moins je suis certaine que chaque rue ne me rappellera pas un bout de notre vie, il ne me reste que les traits de nos enfants et mes souvenirs pour me dire que tu n’es qu’un TARADO mais que je t’aime éperdument…

Lou’


Les larmes roulent sur mes joues, la lueur ce dissipe de nouveau…

Cela fait deux ans que je me bats pour retrouver ma famille, lorsque vous êtes déclarés mort il est difficile de revenir à la vie. Après plusieurs appels à droite et à gauche, des centaines de détectives plus tard, ils sembleraient qu'ils soient à Los Angeles. Ca m'a pris quelques mois mais j'ai fini par décrocher un poste dans la "Delta Force". Oui je sais un Espagnol dans l'armée Américaine ? Ils me doivent bien ça non ? Il me fallait un emploi pour partir, je n'étais pas sur d'y retrouver ma famille, alors autant ne pas tout perdre...



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Otto Winspire
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DATE D'INSCRIPTION : 12/09/2015
MESSAGES : 1803

MessageSujet: Re: Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”   Mer 20 Juin - 14:47

Rebienvenue ! cute

J'ai suivi avec un temps de retard ton post dans la partie invité, mais je vois que le beau Ejaz t'a finalement séduite ! Excellent choix de scénario, j'ai hâte de voir le duo avec Bubu ! heart2
Tout plein d'inspi pour ta fiche !
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Pénélope Solète
Admin esclave
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DATE D'INSCRIPTION : 02/06/2016
MESSAGES : 759

MessageSujet: Re: Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”   Mer 20 Juin - 14:57

GNIIIIIIIIII (ici Héloïse)
Je suis tellement heureuse de te voir par ici ! coeur
avec ce merveilleux scénario en plus huhu
J’ai dévoré ce que tu as déjà mis, c’est beau, c’est merveilleux Ouaaaaaah
Trop hâte de rp avec toi of course le regard pervers Et bon courage pour ta fiche aussi cheers
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Ejaz Salvador
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DATE D'INSCRIPTION : 20/06/2018
MESSAGES : 8

MessageSujet: Re: Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”   Mer 20 Juin - 15:37

Merci à tous les deux vous êtes des amours cute
Oui c'est un sublime scénario.. comment ne pas craquer amour
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Matthew McGregor
Admin cuniculophobe
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DATE D'INSCRIPTION : 13/03/2016
MESSAGES : 3451

MessageSujet: Re: Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”   Mer 20 Juin - 16:51

Oscar Isaac... je me meuuurs bave Excellent choix de scénario en tout cas, et très beau début d'histoire, hâte de lire la suiiiite cute
Rebienvenuuue parmi nous et bon courage pour la suite de la rédaction de ta pièce. J'espère que ce ne sera pas une tragédie huhu coeur
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Pyair Lucky
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DATE D'INSCRIPTION : 13/02/2017
MESSAGES : 582

MessageSujet: Re: Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”   Mer 20 Juin - 18:24

Re-bienvenue par ici du coup cute et au plaisir de RP avec toi (j'ai pleins de perso, on aura de quoi se trouver quelque chose )
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Elsa D. Wilkerson
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DATE D'INSCRIPTION : 23/02/2016
MESSAGES : 1066

MessageSujet: Re: Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”   Mer 20 Juin - 23:27

Re-bienvenue !!! amour

Même si je ne sais pas qui tu es … Arrow Arrow Arrow

J'aime déjà le poétique dans ton histoire. Courage pour le reste de ta fiche et amuses-toi bien avec ton nouveau perso. mouton
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Ejaz Salvador
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DATE D'INSCRIPTION : 20/06/2018
MESSAGES : 8

MessageSujet: Re: Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”   Jeu 21 Juin - 9:10

Merci beaucoup pour votre accueil à tous les trois hug
Et Pyair avec grand plaisir pour le lien cute
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Alex Regan
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DATE D'INSCRIPTION : 09/07/2017
MESSAGES : 721

MessageSujet: Re: Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”   Jeu 21 Juin - 10:50

Re bienvenue à toi !!! hello

Courage pour la suite de ta fiche !!! mouton
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Ejaz Salvador
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DATE D'INSCRIPTION : 20/06/2018
MESSAGES : 8

MessageSujet: Re: Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”   Jeu 21 Juin - 11:27

Merci jolie demoiselle hug
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Buster Marshall
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DATE D'INSCRIPTION : 10/02/2018
MESSAGES : 117

MessageSujet: Re: Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”   Jeu 21 Juin - 14:03

SHAAAAAAAABBB aaaah aaaah
Je te souhaite la bienvenue plus officiellement, amigo héhé coeur
Tu sais très bien où me trouver en cas de questions/suggestions/problèmes/simple désire de me harceler avec amour, etc... huhu
J'aime déjà tellement cette histoire qui se profile, ta plume est fabuleuse amen
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Ejaz Salvador
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DATE D'INSCRIPTION : 20/06/2018
MESSAGES : 8

MessageSujet: Re: Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”   Jeu 21 Juin - 16:19

Je te remercie officiellement alors, puisque nous sommes dans les protocoles huhu
Ah oui j'ai déjà trouvé le chemin

Merci encore tu es un amour coeur
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Alaric Winchester
Admin Brisé
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DATE D'INSCRIPTION : 10/09/2016
MESSAGES : 603

MessageSujet: Re: Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”   Jeu 21 Juin - 19:50

Quel excellent choix hug
Bienvenue hug2
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Ejaz Salvador
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DATE D'INSCRIPTION : 20/06/2018
MESSAGES : 8

MessageSujet: Re: Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”   Hier à 7:57

Merci beaucoup poutou
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MessageSujet: Re: Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”   

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Ejaz - “Une vie sans émotion est une vie perdue.”
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