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 Silence, maraud, je parlemente ▵ Aaron & Ofelia

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Ofelia Velasquez
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MessageSujet: Silence, maraud, je parlemente ▵ Aaron & Ofelia   Jeu 21 Juin - 10:58

« Par pitié, ne fais rien de stupide. »

C’est idiot, comme recommandation. C’est même la recommandation la plus idiote du monde – mon frère me jette un regard en coin et je soupire, consciente de la bêtise pourtant évidente de mes paroles. La situation en elle-même était stupide – atrocement, dangereusement stupide. Plus stupide encore, elle semblait s’enliser. J’avais quitté le studio du magazine Her quelques heures plus tôt. C’était mes premiers jours et franchement, bonjour le boulot à la con. Entre la harpie de patronne et les mannequins toutes plus gourdes et teigneuses les unes que les autres… Heureusement qu’il y avait Penny, elle au moins elle était gentille, et saine d’esprit. Apparemment, c’était chose rare dans le milieu de la mode. Mais je lui devais le poste que j’occupais, poste dont j’avais besoin, donc à moi de serrer les dents et d’éviter soigneusement de dire tout haut ce que je ne pouvais m’empêcher de grommeler – quand Venus Blossom avait le dos tourné, naturellement. Je comptais aussi un peu sur mon talent pour que la cheftaine de toute cette équipe de psychopathes en hauts talons me laisse un peu souffler : j’avais du talent dans bien peu de domaines, mais j’en avais dans la photographie. Une situation un minimum stable était de plus en plus nécessaire, d’autant que mon frère s’apprêtait à passer plus de temps que prévu ici. Son mafieux de patron nouait toujours plus de liens avec les cartels d’Amérique latine, or Octavio les connaissait tous – merci Papa. Donc ce n’était pas demain qu’on pourrait enfin se tirer de là.

Mon frère marche à mes côtés, en silence. Il m’attendait à quelques pâtés de maison de mon nouveau lieu de travail, on était allés manger dans un troquet mexicain tout proche. Lui non plus ne s’était pas fait à la nourriture étasunienne, ou alors il faisait semblant de ne pas s’y être fait pour me faire plaisir : moi, j’avais pris en horreur tout ce qui émanait de ce pays avant même d’avoir atterri à Los Angeles. La preuve, l’unique amie véritable que je m’étais faite ici n’était même pas américaine, mais irlandaise.

Le soir tombe et il fait un peu moins chaud à mesure que l’astre diurne disparaît derrière l’océan. Peu à peu, l’obscurité gagne du terrain. Octavio me raccompagne jusqu’à mon quartier, Venice Beach – il sait où j’habite mais refuse d’y entrer, par sécurité pour moi. Et il ne veut rien me dire de l’endroit où lui, il habite. Je déteste ça. Cette ville, ce pays, cette vie qui n’en est pas une. Nous parlons peu, lui et moi, sur le chemin, mais sa présence me fait du bien. Et je sais, je sens que c’est réciproque, je le connais, mon petit frère. J’ai peur pour lui, et parfois j’ai envie de me mettre à prier comme le faisait ma mère, chapelet dans une main et croix en or dans l’autre. Sauf que je ne suis ni aussi catholique, ni aussi croyante que ma mère – mais quand je vois dans quelle situation nous avons atterri, Octavio et moi, j’en viens à remercier le ciel de l’avoir rappelée aussi tôt. Elle serait morte de toute façon, mais ç’aurait été de peur, d’inquiétude, d’effroi. Cela lui avait été épargné, tant mieux. Lors de nos petites conversations, mon frère et moi abandonnons l’anglais pour l’espagnol, notre espagnol, cet espagnol argentin incompréhensible pour un madrilène tant il était mâtiné d’italien, d’allemand, de langues amérindiennes et même de quelques relents gaéliques. Un homme se retourne sur notre passage, marmonne quelque chose à propos des immigrés mexicains et poursuit sa route. « Ils sont vraiment trop cons, ici, je lâche excédée, un pet d’accent espagnol et tout de suite ils partent dans leurs histoires de burritos. A croire qu’ils n’ont pas la moindre notion de géographie. Depuis quand latino signifie mexicain ? D’ailleurs, faudra un jour qu’on leur explique, à ces maîtres du monde, que le Mexique c’est l’Amérique centrale, pas latine. Zéro pointé en culture générale, les gars. On parie combien qu’ils sont deux dans toute la ville à savoir situer Buenos Aires sur une carte ? Quand je pense qu’ils sont tous là à se prendre pour les meilleurs, c’est presque pitoyable… Octavio, tu m’écoutes ? »

Mais non, mon frère a complètement passé outre ma diatribe, et sur le coup je pense que c’est tout simplement parce-qu’il y a droit à chaque fois qu’on se voit. C’est vrai que je pourrais parfois changer de disque, mais c’est comme ça, j’aime râler. Surtout après ces péteux d’étasuniens. Sauf que mon cadet fixe une silhouette dans le starbucks, une silhouette qu’on distingue à travers la vitre, un homme assis seul à sa table. J’ouvre la bouche, il m’interrompt : « Ofelia, on se tire, vite. »
Et voilà que le Octavio déguerpit presque en courant de l’autre côté de la rue, moi sur ses talons.Je garde les yeux rivés sur son visage fermé, sur sa mâchoire crispée. Il vire à droite, le café est hors de vue. « Tu m’expliques ? Je lance.
- Le type, là, je le connais. C’est Aaron, un des gars de Gallagher. Tout ce que j’espère, c’est qu’il ne nous a pas vus ensemble.
- Ils sont proches, les deux ?
- C’est son bras droit, enfin c’est l’impression qu’il donne. »


Je soupire, inspire profondément, expire lentement. Octavio reprend la marche, plus lentement, mais son visage s’est figé et je l’arrête. « Laisse, je rentre seule. Respire, frérot, il ne nous a pas vus, il nous tournait le dos.
- T’es sûre ? »

Absolument pas. « Oui, j’en suis sûre. Rentre chez toi, Octavio, je vais finir la route tranquillement. Personne ne nous a vus, sois tranquille. Allez, arrête de tirer ta tronche de Pablo Escobar, personne n’y croit. Rentre chez toi. »
C’est un gamin, mon frère. Un gamin qui s’est fourré dans la merde jusqu’au cou et qui patauge pour s’en sortir. Il se détend un peu à mes paroles, m’embrasse et tourne les talons, quand moi je fais quelques mètres le temps de le voir disparaître dans l’obscurité d’une autre rue. Et je fais demi-tour, je me rue vers le starbucks, vers cet Aaron. Je fais vivement taire cette petite voix dans ma tête qui me dit que c’est pire qu’une mauvaise idée, que c’est la pire idée du monde. Foutu pour foutu, je n’avais pas grand-chose à perdre, si ? Comprendrait-il qui j’étais ? Octavio et moi ne nous ressemblions pas tellement, sinon pour les cheveux bruns et l’accent latino. Bon, de toute façon à tracer comme je l’avais fait, j’étais maintenant devant le café – et le dénommé Aaron n’avait pas bougé d’un iota. J’ai avancé la main vers la porte, me suis rétractée, avant d’ouvrir cette même porte et de me décider à entrer. Aux grands maux, les grands remèdes, j’inspire à fond et je m’approche. « Vous êtes bien Aaron ? »
Et je m’assois en face de lui. « Désolée d’interrompre votre pause en solitaire, mais j’ai à vous parler et ça n’attendra ni demain, ni un autre jour. » Parce-que tant qu’à faire, autant poser les bases dès le début : « je sais pour qui vous bossez et j’ai besoin de vous. Pas pour moi même, mais pour quelqu’un d’autre – pour celui qui est récemment entré dans votre... » Leur quoi, leur groupe ? Leur équipe ? On était pas au football, bordel, même si j’en aurais voulu à Octavio de jouer pour les USA et non pour l’Argentine, j’aurais préféré qu’il devienne footballeur plutôt que mafieux. « Votre bande, là. Octavio Hoffmeister. Vous voyez de qui je parle ? »

Heureusement que je n’étais pas venue à LA dans le but de me faire des amis, parce que j’étais à cet instant très précis absolument persuadée que j’étais en train de me faire les pires ennemis de ma vie. Papa, t’aurais pas pu être éleveur de chèvres au lieu d’être l’homme d’affaires le plus corrompu de toute l’Argentine ?
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Aaron Samuels
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MessageSujet: Re: Silence, maraud, je parlemente ▵ Aaron & Ofelia   Jeu 21 Juin - 17:54

Assis à cette table, je profite d’un peu de répit. Le besoin d’être seul a pris le dessus et sans rien dire, j’ai pris ma voiture, me retrouvant dans le centre. Il y a le monde, les touristes, l’agitation perpétuelle d’une ville ne dormant jamais. Ça me fait du bien de me fondre dans la masse, de devenir le commun des mortels. Oublié l’agent du FBI et sa couverture. Oublié le mafieux se faisant passer pour ce qu’il n’est pas là. Je suis juste le gars qui se sirote son café glacé, profitant d’un peu de solitude. À trop être avec les membres de ce cartel, j’en perds parfois un peu les pédales. Aussi, c’est appréciable d’être dans ce starbucks, de lire un vieux journal traînant sur une table déserte. Je lis pour passer le temps pendant que le jour se couche petit à petit. Il y a du monde dans cet endroit. Je me suis retrouvé à sourire comme un idiot à deux nanas ayant pris place non loin de ma table dont le regard en coin ne m’a pas laissé insensible. Mais ça s’arrêtera là. Il vaut mieux ne pas embrigader plus d’innocents qu’il y en a déjà. Aussi, je replonge bien vite dans mon journal, lisant plus pour passer le temps qu’autre chose. Rien est intéressant et de toute façon, mon cerveau ne les enregistre pas. En revanche, celle qui m’interpelle par mon prénom. Ça oui. Je relève aussitôt un regard froid pour faire face à une brune de petite taille, me fixant. Je ne réponds pas parce que je suis en train de me demander d’où elle me connaît. Mon prénom et mon nom sont ceux d’une couverture (même si je m’appelle Aaron en vrai). À Los Angeles, en dehors de ma soeur, il n’y a personne que je connais. Tout comme, je n’ai jamais vu ce visage. Un frisson me parcourt dans ma nuque. Elle ne peut que me connaître de l’autre côté. Cet aspect de ma vie pour laquelle je lutte tant. Je la laisse poursuivre tandis qu’elle prend place en face de moi, décrétant qu’elle ne peut me parler que maintenant. Plutôt gonflée quand même. Je suis encore plus sur mes gardes, lançant un bref regard au dehors, détectant s’il y a un truc louche. J’ai bien pris soin de regarder auparavant. Au cas où j’avais été suivi. À bosser pour Gallagher, on développe une psychose. J’ai l’impression qu’à tout moment, je vais me prendre une balle entre deux yeux.

« T’es qui ? » Je demande sans aucune forme de politesse, de patience, la fixant d’un regard froid. C’est là qu’elle m’annonce ce que je n’ai pas envie d’entendre. Qu’elle sait pour qui je bosse. Bien sûr, ce n’est un secret pour personne dans le monde de la criminalité. Mais ça me fait toujours un drôle d’effet. Et même si je suis peu aimable, que je la tutoie comme si elle n’était que la voisine de palier, je suis toute ouïe, me demandant ce qu’elle peut me vouloir. Elle a besoin de moi. Je me redresse, me tassant contre ma siège, ne disant rien d’autre, apprenant qu’elle vient pour une personne. Et le nom est donné sur cette table. Hoffmeister. Ouais je vois qui est ce gland. Elle a sacrément de courage quand même. Ou alors, elle me flique depuis un moment. Et ça, je n’aime absolument pas. J’en suis presque prêt à la choper par le bras, à l’emmener dans une ruelle sombre et lui faire son compte pour qu’elle oublie a jamais mon visage, mon nom. Je ne compte pas compromettre mon enquête en cours depuis des années pour me faire pigeonner de la sorte. L’état américain ne s’embarrasse pas de l’état d’âme concernant deux trois cadavres surtout quand il s’agit de la sécurité intérieure, de l’ordre public. « Oui. Et ? » J’y vais à tâtons. « Tu as bien révisé tes leçons. Mais, ça ne me dit pas qui tu es, ce que tu me veux, à moi ou à ce coco. » J’en croise les bras, la toisant de plus belle. « Si tu cherches à l’abattre, tu fais erreur, je ne suis pas ton chevalier servant. Peut-être que tu fais erreur sur tout. » Qu’est ce qu’elle me veut putain ! Je dois dire que ça me rend dingue même si je suis étonnamment calme. Peut être parce que nous sommes dans un starbucks, que je ne veux pas laisser mon café, dont je déguste une nouvelle gorgée. « Je ferais comme si je ne t’avais pas vu, mais il vaut mieux pour toi que tu t’en ailles. T’as l’air de connaître des choses dangereuses pour un si joli minois comme le tien.  » Sa tête trahit des origines hispaniques - MEXICOOOOOO - et j’en viens à me demander si elle ne fait pas partie de ce cartel ennemi dont nous avons refait la façade récemment à coup d’essence, de flammes incendiaires et de mexicains ayant été transformés en burrito pour le coup.
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Ofelia Velasquez
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MessageSujet: Re: Silence, maraud, je parlemente ▵ Aaron & Ofelia   Mer 27 Juin - 16:23

Feu ma mère avait coutume de répéter qu’on pouvait tout dire à condition de rester poli. Feu mon père avait coutume de répéter qu’on pouvait tout dire à condition de rester calme. L’un et l’autre savaient y faire : ma mère s’emportait souvent pour un rien, mais ne jurait jamais – le genre de personne particulièrement horripilantes qui lâchent un « flûte ! » quand tout le monde enverrait un « merde ! » - mais le « flûte ! », elle le hurlait si fort et avec une voix si aiguë que j’avais l’impression qu’elle me perçait un tympan, alors que je me trouvais à l’autre bout de l’appartement. Et il était grand, l’appartement. Mon père, quant à lui, était très calme. Il pouvait lâcher des « bordel à cul pompe à merde » avec une sérénité qui ferait pâlir d’envie un moine bouddhiste. Moi, j’étais entre les deux : je m’énervais vite, je haussais facilement le ton, et en débitant un chapelet d’insultes à ma façon. Heureusement pour mon entourage, j’avais la voix plutôt rauque, pas aussi aiguë que celle de ma mère – non parce que je m’étais souvent demandé comment avait fait mon père pour ne pas virer sourd à force.

Enfin, là n’était pas franchement la question.

Là, j’étais assise dans un Starbucks face à un Aaron d’humeur apparemment massacrante. Était-ce moi qui le mettait dans cet état ou était-ce son état naturel, je n’en savais rien et je m’en fichais complètement. Il me demanda qui j’étais d’un ton peu amène et je ne pris même pas la peine de répondre – rester polie m’était impossible en règle générale, j’avais assez rongé mon frein avec l’autre Adolf Hitler de la mode toute la journée – officiellement elle s’appelle Venus Blossom, mais sans déconner, dans une vie antérieure c’était au minimum Heydrich. Faites moi penser à aller payer un commando tchèque pour l’abattre. BREF, je m’égare. Trop de Venus Blossom dans une même journée pour pouvoir garder mes jurons pour moi, mais rester calme était sans doute dans mes cordes. Alors je n’allais certainement pas m’énerver face à l’autre énergumène. Ce serait plutôt contre-productif si je voulais qu’il garde un œil sur Octavio. Octavio qu’il connaît, ce gaillard méfiant tassé sur son siège comme un animal prêt à bondir. Pour un peu, il serait foutu de m’égorger dans la ruelle du coin, le salaud ! Ou du moins c’est l’impression qu’il donne, mais je soutiens son regard, comprenant avec une pointe d’étonnement que je n’ai pas peur. Je devrais peut-être, mais ce n’est pas le cas. A mes risques et périls sans doute – ce constat a quelque chose d’apaisant. Face à moi, Aaron est aussi aimable qu’une porte de prison, ce qui est assez logique après tout. Si j’étais un mafieux, moi aussi, la petite inconnue qui se tape l’incruste avec le discours que je tiens me foutrait sacrément en rogne. Si j’étais vraiment un mafieux, j’irais en fait sans doute l’égorger dans la ruelle du coin.

Ouais mais je suis pas un mafieux, alors allez tous vous faire foutre, je fais ce que je veux.

« Je suis bonne élève il faut croire, » répondis-je avec calme et froideur, « quant à savoir qui je suis, je m’appelle Ofelia. Je connais ton prénom, tu connais le mien, nous voilà a égalité. Tu n’en sauras pas plus me concernant et je ne veux pas en savoir plus sur toi, j’en ai strictement rien à foutre. Je ne cherche pas à l’abattre, et le chevalier servant serait bien utile si il pouvait résoudre mes emmerdes, mais d’une t’as pas franchement la tête de l’emploi » - même si il était plutôt intéressant visuellement parlant - « de deux, en l’état actuel des choses il serait plus une source d’emmerdes supplémentaires, donc non. En fait, c’est toi qui fait erreur sur tout. »

Si trois fées s’étaient penchées sur mon berceau  au jour de mon baptême comme dans la Belle au Bois Dormant, une m’avait donné la témérité, d’autre le talent pour la photographie, la troisième avait été prise de gastro au moment de me refiler la prudence.

« Je ne m’en irais pas, » je réplique, « je ne me lèverais de cette chaise que pour aller me commander un latte, et ça c’est si j’ai le courage de boire un jus de chaussettes pareil, trouver un café correct dans ce pays relève de Koh-Lanta. » Et en plus à coup sûr, ces abrutis seront incapables d’écrire correctement mon prénom. A moins que l’un deux ait deux-trois notions d’espagnol, et encore. « Crois-moi, si je connaissais plus de choses dangereuses, je serais pas là en train de te casser les couilles. » J’aurais fait cramer la villa de Gallagher et tout son personnel dedans, pour commencer, et là je serais dans l’avion pour Buenos Aires avec mon frère. Peut-être même qu’on serait déjà arrivés. Qu’on serait tranquilles en Patagonie, loin de Los Angeles, du soleil infernal et des gens idiots. « Je l’ai dit, je suis là pour Octavio Hoffmeister. Je sais que ton boss a besoin de lui pour ses magouilles avec l’Amérique du sud. D’ailleurs je sais pas sur quel pays tu es en ce moment, mais tu devrais t’intéresser au Pérou, vu les gueules de sicarios de leur équipe de foot, ça sent Narcos à plein nez. Mais bref, je crois pas que t’aies besoin de moi pour régler tes affaires – ou celles de ton patron. C’est Hoffmeister qui a besoin de moi, parce que c’est le pire narcotrafiquant du monde » - sans déconner, vous imaginez Godefroi de Montmirail dans un cartel de drogue, vous ? Non ? Pourtant c’est un peu ce que doit donner Octavio, en plus jeune et en plus beau - « et que ton boss va bientôt s’en rendre compte, et qu’il va le faire descendre. » J’aime bien jouer la nana sûre d’elle qui sait ce dont elle parle, alors qu’en fait pas du tout. Je n’ai aucune idée du sort que Gallagher réserverait à un Octavio décevant pour ses petites affaires, mais je préfère envisager tous les scénarios possibles, y compris et surtout en fait, les pires. C’est mon côté Littlefinger. « Tout ce que je veux c’est éviter que ça arrives. Et c’est pour ça que j’ai besoin de ton aide – pour que tu évites qu’il se fasse fusiller par votre petite équipe. »

Entre Gallagher, Aaron et Venus Blossom, j’étais entourée d’un sacré club de connards. C’est vraiment trop top, les States. Bordel, rendez moi ma Patagonie.
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Aaron Samuels
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MessageSujet: Re: Silence, maraud, je parlemente ▵ Aaron & Ofelia   Lun 9 Juil - 17:42

De base, je n’aime pas les gens. C’est chiant. Ça pue. Ça parle. Ça casse les pieds. Ça peut paraître mignon mais c’est surtout relou. Un peu comme cette nana ayant pris place devant moi, sans demander l’autorisation. J’aurais pu être en train de siroter mon café avec quelqu’un après tout. Bon ok. Il n’y qu’un seul café où trône un majestueux « Aronne » - Les employés de Starbucks ont décidément un GROS problème avec les prénoms – mais je suis hors sujet. Surtout lorsqu’elle aborde directement la chose en évoquant l’un des gars de Samuel. Et ça, je n’aime pas non plus. Ça laisse sous-entendre qu’elle en sait pas mal, qu’elle sait que je bosse pour lui. Et ça je déteste. J’ai l’impression qu’on me coupe l’herbe sous le pied et c’est encore plus enrageant. Pourtant, je demeure calme. Et pas aimable mais ça, c’est le côté naturel de ma personne. Elle me dit se nommer Ofelia. Mais je n’ai aucune idée de si elle dit vrai ou non. Elle finit simplement par me faire comprendre que d’une, elle ne dégagera pas d’ici, que de deux, elle tient à protéger Hoffmeister. Selon elle, il s’agit d’un gars assez nul à l’emploi, qu’il risque de se faire descendre par Samuel. Et là, je fronce carrément les sourcils. Je dois le reconnaître, elle a captivé mon attention. Et je suis silencieux. Attentif. Le coeur battant trop fort même. Encore une demeurée qui veut sauver son mec ou je ne sais quoi... Mais j’arrive pas à me faire à cette idée. Il y a un truc en plus. Quelque chose qui me tanne le cerveau. Je pourrais lui dire d’aller se faire foutre, que j’en ai rien à battre. Mais non, il y a quelque chose de bizarre dans sa démarche. Je ne saurais saisir quoi. « Vu que tu joues cartes sur table, autant éviter de perdre son temps. » Je l’observe sans rien dire, regard froid et mine peu encline à toute conversation. « Ton petit laïus ne me dit toujours qui t’es, ni même comment tu sais qui je suis dans ce merdier. » Je laisse quelques secondes s’étaler entre nous tandis que je l’observe sans rien dire d’autre. « Quand bien même, ton Octavio, s’il a passé un pacte avec le diable, il doit le tenir jusqu’au bout. Tu ne reviens pas en arrière comme tu le souhaites. Tu ne peux pas revenir sur ta décision. Quand tu décides de le servir, c’est à la vie, à la mort. » Je pousse un soupir, m’enfonçant dans ma chaise. « Alors c’est sûr... Il n’y a pas de contrat à signer avec une putain de clause de confidentialité où les conséquences qui seront décidées si les objectifs ne sont pas tenus... Et pourtant, dans ce type de job, il est monnaie courante qu’une vie humaine soit un prix à payer. » Et je ne comprends pas comment elle sait. Parce que si Octavio est le pire narcotrafiquant de la terre, il est, aussi, con comme un manche à balais pour en avoir trop dit à cette nana. Qui est-elle ? D’où elle connaît aussi mon identité ? Elle ne peut pas être une collègue de boulot. C’est impossible. L’enquête relève des services secrets. Il n’y a rien au dessus. « Octavio sait à quoi s’en tenir. » Je lâche d’une voix grave. Parce que c’est un véritable problème ces cartels. Ça offre des facilités pour avoir du pognon quand on a pas de diplômes. Putes. Dealers. Tueurs. Ils sont nombreux dans ce darkweb de la vie. Et c’est terrible de ne pouvoir rien y faire. Cependant, la vie humaine a l’échelle mondiale, le respect de l’ordre public, tout cela me parait plus précieux que la seule vie d’un petit dealer de rien du tout. Il disparaîtra sans créer d’émois. A part celui de cette femme.

Je finis par soupirer. Je prends mon gobelet et boit une gorgée avant de le reposer et de replonger mon regard dans celui de cette femme. « Ofelia c’est ça ? » Je me tais, l’observant comme si j’étais un rayon x. J’ai presque envie de me lever, de m’en aller comme un prince. Parce que je ne la sens pas. Je ne saurais dire pourquoi. Un frisson partant de la base de mon cou et allant jusqu’en bas de ma colonne vertébrale. « Pourquoi penses-tu que je sois celui qui doit t’aider ? Qui me dit que t’essayes pas tout simplement de m’avoir ? » A mon avis, elle doit savoir pour ma couverture. Cette idée me travaille, j’essaye de ne pas y penser. Mais ça pourrait expliquer beaucoup de choses. « Après tout. T’as l’air de savoir pas mal de choses ? Hoffmeister est ton petit ami et il t’a tout raconté, c’est ça ? » Me demandez surtout pas de vérifier leurs ressemblances ou autre. Je serais juste capable de les comparer à des bouffeurs de tacos. Rien de plus. Je soupire de plus belle. « Peu importe de toute façon, je ne peux rien faire pour toi. Tu me demandes de protéger quelqu’un qui s’est volontairement jeté dans la gueule du loup, tout seul. S’il voulait avoir la vie sauve, il aurait dû postuler ici et vendre des cafés dégueu tout en charcutant le prénom des gens, tu vois ? » Puis, surtout, il m’en faudra beaucoup plus pour me convaincre. Pour me mettre en confiance afin d’avoir le cran de parler à Samuel. « Et puis en plus... Je suppose que tu me demandes de faire ça sous couvert de bénévolat, je présume ? » Autant dire que je n’approuve pas sa démarche. Mais alors pas du tout.
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MessageSujet: Re: Silence, maraud, je parlemente ▵ Aaron & Ofelia   

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Silence, maraud, je parlemente ▵ Aaron & Ofelia
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