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 « Et je voudrais que tu te rappelles notre amour est éternel et pas artificiel. » ♥︎ Dimitri

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Luce H. Kane
Admin soutif en perdition
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MessageSujet: « Et je voudrais que tu te rappelles notre amour est éternel et pas artificiel. » ♥︎ Dimitri   Sam 7 Juil - 9:50


6 avril 2018



La mort à l’âme. Tel est l’état d’esprit dans lequel je me retrouve piégée ce matin. Je me réveille pourtant dans ses bras, situation si confortable qui m’avait tant manquée, mais il y a ce fameux « hic » qui ne colle pas dans mon histoire d’amour. Allongée dos contre lui, ma main vient caresser mon ventre, allais-je réellement faire ça aujourd’hui ? Oter la vie à un être qui n’en possède pas le choix ? Oui. Oui, parce que je suis égoïste. Envers Dimitri, moi et la vie que nous sommes en train de mener comme s’il s’agissait d’un champ de bataille où nous devions éviter des bombes. Un soupire franchi mes lèvres tandis que je tente de me concentrer sur la respiration calme et sereine de Dim. Rien ne semble le troubler quand il dort, on pourrait presque croire qu’il n’a rien d’une personne complètement déjantée prête à faire n’importe quoi et n’importe quand. Je me tourne doucement pour lui faire face, observer son visage aux traits apaisés contrairement à ce que j’ai pu voir lors de mon annonce. L’inquiétude l’avait rongé, il était tout aussi paumé que moi et pourtant il a fait la chose la plus improbable qu’il soit : me rassurer. Une personne peut-elle réellement changée au point de nous étonné ? J’ai pu le constater par moi-même lorsque je lui ai annoncé ma grossesse, le sentiment de peur et la seule solution que je pensais être envisageable : avorter.

Je dois passer quelques minutes à le regarder dormir avant de me pousser à l’évidence : je ne pourrais pas retarder l’événement d’aujourd’hui, aussi macabre soit-il. Le cœur serré, je dépose un baiser au coin de ses lèvres en espérant ne pas le réveiller. Mon passage dans la salle de bain se fait à une vitesse éclaire avant de rejoindre la cuisine, l’endroit que je préfère dans son appartement. Mais aussi l’endroit que je préfère peu importe où je me retrouve. Je reprends les mêmes gestes à chaque fois, une agréable routine rassurante avant de commettre l’irréparable. Comme toujours, je prépare de trop, certaines choses doivent être trop salées aussi car mes goûts ont l’air complètements différents depuis que je suis enceinte. Enceinte … Mes lèvres se pincent, mes yeux se ferment un instant. Dans quelques heures, dans une petite journée maximum ce sera terminé. Il n’y aura plus rien qui puisse faire obstacle dans cette histoire d’amour qui renait de ses cendres, rien du tout … Alors pourquoi ai-je cette sensation de faire quelque chose de travers ? Les paroles de Thomas me troublent, et si c’était lui qui avait raison ? Et si la seule réponse n’était que de me féliciter et de laisser les choses se dérouler comme elles devraient l’être ? Laisser une erreur dans nos vies, mais peut-être l’erreur la plus heureuse ?

Tasse de café à la main, je n’arrive pas à m’asseoir à table, préférant rester debout pour le moment. Perdue dans mes pensées, je ne vois pas l’homme que j’aime le plus au monde arrivé à son tour dans la cuisine. Ce n’est qu’une fois à ma hauteur et me sortant de mes rêveries que je remarque sa présence. « Salut toi. » Je murmure avec tendresse en enroulant mes bras autour de lui, mes yeux se perdant dans son regard et mon cœur suivant le mouvement. « Je crois que j’ai encore fait de trop, pour ne pas changer … » Je souris en regardant autour de moi, omelette, bacon, pancakes trônaient sur la table tandis que je me contente de hausser les épaules d’un air innocent. « Et si c’est trop salé, ce n’est pas ma faute, c’est aussi un peu de la tienne ! » Un brin d’humour tenté qui ne fit pas vraiment l’effet que je pensais.

Petit déjeuner passé sans que je n’avale rien, nous avons pris place dans sa voiture. Bon sang cette voiture … Elle me rappelle quelques brigues d’histoires honteuses, des aventures qui nous ont amenées à ça … Mes mains se posèrent sur mon ventre tandis que le trajet se passe dans un silence étrange, j’avais peur et lui aussi. Malgré les sourires et les paroles rassurantes rien n’y faisait, le doute m’envahissait plus on approchait de l’hôpital.

Depuis notre place de parking, l’établissement semblait immense et me donnait des vertiges. Je ne pu m’empêcher de regarder Dimitri, trahissant cette fois l’inquiétude qui me ronge depuis que je suis levée. « On est ensemble, n’est-ce pas ? » J’avais besoin qu’il me le dise, j’avais besoin de l’entendre et sentir sa présence. « S’il te plait, ne me lâche pas … » Ma main agrippa la sienne. J’avais fait les démarches, toujours en présence de Dim. Le premier rendez-vous de la journée, une chouette échographie pour constater l’avancée de ma grossesse, une simple « routine » avant de passer à l’examen le plus compliqué.

« Bonjour, Luce Kane, j’ai rendez-vous à 10h30 … » Ma voix n’est qu’un murmure à peine audible alors que je m’adresse à la secrétaire, ignorant mes plans, se contentant de nous sourire en pensant que nous attendions un merveilleux évènement. Elle nous demanda de patienter jusqu’à ce que je sois appelée. Une fois dans la salle d’attente, je me penche à l’oreille de Dim : « Est-ce que tu veux venir avec moi ? Je veux dire, là dedans … » J’avais besoin de lui. Terriblement.
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Dimitri Cooper
Admin bruyant
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DATE D'INSCRIPTION : 18/08/2015
MESSAGES : 1253

MessageSujet: Re: « Et je voudrais que tu te rappelles notre amour est éternel et pas artificiel. » ♥︎ Dimitri   Mar 17 Juil - 2:01

Lorsque ce matin, je me réveille. Je me demande si je n’ai pas rêvé. C’est étrange comme sensation, j’ai l’impression d’avoir une gueule de bois persistante que je n’arrive pas à éradiquer. Pourtant, quand je le vois le visage de Luce au moment de me lever, je ne peux m’empêcher de me sentir heureux. Cependant, cette sensation est éphémère. Luce a l’air grave. Semblable au mien sans nul doute. Parce qu’aujourd’hui, sera un jour étrange, un jour de peine qui nous libérera. Mais pourquoi je n’arrive pas à m’en satisfaire. Je prends conscience que le faire nous sauvera, que nous ne pouvons pas aller jusqu’au bout de cette aventure. Cette grossesse qui arrive comme un cheveu sur la soupe. Il est clair que je n’en veux pas. Je ne suis pas prêt à avoir un enfant. Et j’ose espérer qu’il en est de même pour Luce. Mais ces temps-ci, le dialogue est compliqué. Je n’ose pas parler de ce sujet-là, je vois bien que ma petite amie est ailleurs, et pire, qu’elle se force. Lorsque je la retrouve en train de boire son café, je m’approche d’elle sans bruit jusqu’à ce qu’elle me remarque. Sa tendresse apparaît aussitôt sur chaque parcelle de sa peau. Mais hélas, je l’ai vu … Ce doute terrible. Ce mal-être que cette grossesse cause. Quelle est la meilleure des solutions ? Je me le demande… Tout le temps. Et le plus terrible, c’est que je n’ai pas la solution. Alors je me conforte dans les faux-semblants. Ça fait du bien au cœur. Dans un sens, ça rassuré. « T’as bien dormi ? » J’enroule mes bras autour de sa taille pour pouvoir la serrer tout contre moi. J’ai été si heureux de la retrouver. Je ne pensais pas me retrouver avec un bébé. Ça gâche le plan, ça gâche même ma façon d’être. Voilà pourquoi je respecte la décision de Luce, voilà pourquoi je ne peux m’empêcher d’être heureux que le rendez-vous pour avorter soit aujourd’hui. « T’es un amour d’avoir préparé tout ça. Je vais me régaler. » Je dépose mes lèvres contre les siennes pour oser des gestes tendres. « Et puis tu vas m’aider à tout dévorer… "

Sauf que Luce ne mange pas, Luce est ailleurs. Et ça me rend fou. Je ne dis rien cependant jusqu’à ce que nous arrivions à l’hôpital. J’ai meublé le temps en conversant sur des sujets anodins. LE genre de sujet qui passe crème quand on ne sait pas quoi dire. Ou plutôt qu’on sait de quoi on veut parler… Mais on se tait. Et lorsque Luce me prend la main me suppliant de ne pas la lâcher, je l’observe sans rien dire durant quelques secondes… Avant de soupirer.  « Je suis là… Je ne te laisserais pas tomber aujourd’hui, je te le promets. » Bon sang, c’est si difficile à dire. Et je m’en veux d’avoir été con, pas assez prévoyant. A vrai dire, je ne sais même pas quand est-ce qu’on a merdé, c’est un sujet que je n’ai pas évoqué avec elle. « Je t’aime, et c’est le plus important » Et ça l’est plus que ce bébé. Je ne tiens pas à la perdre, alors pourquoi je ressens ce vide en moi ? Pourquoi j’ai l’impression d’être en train de perdre quelque chose. Déposant un baiser sur sa main, j’entreprends de sortir de la voiture. Puis, nous nous rendons à l’accueil où Luce se présente. Pendant ce temps, je regarde un peu autour de moi. Il y a toujours de tout dans cet hôpital et je dois dire que je n’aime pas vraiment la situation. Tout me rend mal à l’aise. Les gens. L’odeur aseptisée. Le sourire de la secrétaire qui voit « échographie Kane » sur son planning. Ah putain, fais chier ! Et nous nous asseyons dans la salle d’attente. Heureusement, on ne poireaute pas longtemps, et lorsque le médecin arrive, Luce me demande si je souhaite être là. « Bien évidemment, je ne te lâche pas. » Je souris et nous prenons place dans cette chambre d’hôpital où on installe Luce, on lui soulève son haut pour faire apparaître son ventre encore bien plat. Puis, le gel est posé, l’échographie peut commencer. Et si tout est noir au départ. Bien vite, un petit machin gris arrive que le médecin nous présente comme le bébé. Je retiens ma respiration. La nausée arrive et je ne me sens pas bien. Peut-être parce que voir ce genre de choses déclenche un myriade d’émotions. Je n’en sais rien. Le pire est quand tout à coup, un battement léger se fait entendre. Aussi rapide que les ailes d’un oiseau. Il me faut l’explication du docteur pour comprendre qu’il s’agit du battement de son cœur. Il vit. Et là, ça en est trop. « Arrêtez… » Mais il ne m’a pas entendu. « Arrêtez ! » Et aussitôt, le petit bruit furtif cesse. « On ne compte pas le garder. Luce n’est pas venue pour apprendre que le… Qu’il est en bonne santé ! » Et moi, je ne suis pas venu pour me sentir encore plus coupable que jamais.

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Luce H. Kane
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MessageSujet: Re: « Et je voudrais que tu te rappelles notre amour est éternel et pas artificiel. » ♥︎ Dimitri   Hier à 13:08

La matinée est longue et douloureuse, elle ne laisse pas les esprits tranquilles et les tortures inlassablement. Lutter pour ne pas que les larmes coulent, lutter pour ne pas flancher avant d’entrer dans cet hôpital, je m’accroche fermement à la main de Cooper dans la mienne, le seul lien sur lequel je peux compter pour ne pas tomber. Je me sens coupable, coupable d’avoir été si débile pour tomber enceinte, je me sens coupable de faire endurer tout ça à Dimitri alors qu’il n’avait rien demander non plus et je me sens une dernière fois coupable envers ce bébé qui grandit et qui n’a rien demander non plus. Je réfléchis à toute allure sur le bien et le mal de cette situation, me sentant encore plus idiote que jamais en entrant dans le bâtiment. Heureusement Cooper est là pour me soutenir, Cooper qui en sait encore moins que moi sur la situation et de ce qu’il doit se faire et ce qui est le mieux à faire surtout. On est perdu, deux beaux idiots complètement perdus face à une situation qui les dépasse. Le plus important dans cette histoire ? Que Cooper soit là malgré tout, sa présence prouve tellement de chose bien plus forte, je peux me rendre compte alors à quel point il m’aime et jusqu’où il serait prêt à aller pour moi, c’est presque romantique ! Si seulement nous n’étions pas dans une merde quasi totale … Je lui aurais sauté au cou pour lui faire l’amour. En faisant attention, plus question d’oublié quoi que ce soit à présent on sait quel genre de connerie cela entraine et le point auquel nous ne sommes pas prêt.

Enregistrement à l’accueil, les sourires, les comportements … J’ai beaucoup de mal à assumer. Je suis une horrible personne sur le point de tuer un être vivant, peut-être que c’est pour cette raison que je n’arrive pas à me regarder dans le miroir ? Rassurée en comprenant que Dimitri allait venir avec moi, qu’il ne me lâcherait pas la main durant toute l’échographie, durant tout ce qu’il va falloir faire pour que nous retrouvions une vie paisible … Encore faudra-t-il faire face aux évènements passés et pouvoir à nouveau se regarder dans la glace en se disant : mais si tu es quelqu’un de bien, tu as pris la bonne décision, la meilleure solution. On finit par prendre place dans la chambre, l’échographie commence et je suis particulièrement anxieuse. Pourquoi sommes-nous obligés de subir ça ? Pourquoi tenter de voir s’il va bien alors que nous sommes sur le point de nous en séparer ? Pourquoi ce médecin s’oblige à me sourire alors qu’il doit pourtant savoir que non, non putain non on en veut pas ! L’écran s’allume tout de même, toute en nuance de gris, petit point au milieu devant être le bébé, je plisse les yeux pour essayer de le voir un peu mieux. Je ne pouvais pas me l’imaginer, sérieux dans mon ventre il y a ce si petit truc ? Ma gorgée est nouée par l’émotion … Et là, c’est un grand boum dans mon cœur, les larmes montent automatiquement à mes yeux je ne peux plus quitter l’écran qui me fait face, je ne peux plus m’empêcher de fixer cette petite chose grise qui apparaît. Un bébé … Mon bébé … Notre bébé. Il était bien là, réel, à l’abris d’un monde extérieur idiot, dangereux et cruel. J’entends bien Dimitri demander d’arrêter, plusieurs fois même mais peu importe, ma respiration se fait difficile, une première larme se met à rouler sur ma joue tandis que le battement d’un petit cœur régulier se fait entendre. Dim fini par expliquer ce qu’il va se passer au médecin, ma main vient serrer la sienne plus fort que jamais. Non, je ne pouvais pas faire ça, je n’en serais pas capable sauf si je tiens à mourir à petit feu après. Il est le fruit d’un amour véritable, notre amour, et même s’il n’est pas parfait c’est le nôtre et je refuse de détruire quoi que se soit touchant à l’amour que je porte à Dimitri. Alors avorter ? Non, non, j’en mourrais à mon tour.

Le médecin semble choqué mais moi, moi je sais que le pire reste à venir. Parce que je dois l’avouer à Cooper à présent. « Dim … » Je murmure une première fois, ignorant les commentaires du médecin nous expliquant que c’est une routine, une obligation avant n’importe quelle étape que nous avons choisie. « Dim … Je ne peux pas faire ça. » Je déclare les yeux embués de larmes que je retiens depuis le levé du soleil. « Je ne peux pas … Ce … Ce bébé … C’est un peu de toi, un peu de moi mais surtout beaucoup de nous … C’est notre amour qui a produit ça et je me sens incapable de détruire ce que nous avons construit, y compris ce bébé … Même s’il n’arrive pas au bon moment, il est de nous. » Ma respiration se coupe tandis que les larmes brouillent complètement ma vue, j’essuie mes joues avec peu d’élégance, n’osant presque pas regarder l’homme que j’aime dans les yeux. Etais-je en train de nous détruire ?  
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« Et je voudrais que tu te rappelles notre amour est éternel et pas artificiel. » ♥︎ Dimitri
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