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  « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤

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Matthew McGregor
Admin Christian Grey toi même !
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MessageSujet: « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤   Dim 15 Juil - 8:01

Matthew aimait l'air de la France presque autant qu'il chérissait sa tendre Angleterre, bien que cette première eut des saveurs de vacances. Pour un bref répit, il n'avait plus à songer aux affaires, à la pérennité de la maison d'édition, à sa rentabilité et aux prochains plans commerciaux ; pas plus qu'il ne devait se plier aux mondanités en faisant belle figure, à se déverser en courbettes, à faire de beaux sourires à la Duchesse de Blackwood pour les fonds importants qu'elle versait aux éditions McGregor, ou à parader une coupe de champagne à la main ; guère moins participer aux chasses, aux soirées d'inauguration, aux cocktails, vernissages, réceptions ou salons de thé. Ses séjours en France prenaient des accents de liberté très appréciés par l'homme d'affaire. Certes, ces déplacements de l'autre côté de la mer étaient toujours motivés par une raison professionnelle, mais il ne ratait jamais une occasion de prendre du bon temps. Il avait noué de nombreuses relations au fil des années qui lui avait permis d'accroître son carnet d'adresse pour des clubs très privés, des soirées plus festives qu'un défilé de petits fours ainsi que des événements plus qu’intéressants. Dans ses débauches françaises, Matthew était généralement accompagné d'acolytes qu'il pouvait juger de fidèles. En ces genres d'endroits, ce qui amusait le jeune homme, ce n'était pas tant la démesure que ce besoin viscéral de balayer la pression, de combler un vide atroce qui grignotait ses entrailles. Sa tête s'emplissait de musiques et d'ivresse, sa bouche se rassasiait d'autres bouches sans qu'il ne leur trouve de saveur particulière. Il y avait quelque chose de terriblement grisant et frustrant à la fois dans ces beuveries insensées. Cet agréable abandon de soi, couplé à un sentiment de vertige immense, au-dessus d'un néant qui ne s'emplit de rien. Matthew usait, abusait, s'enivrait avec passion sans n'être jamais satisfait de rien, pas même de l’extravagance. Dans le fond, chaque soirée ressemblait à une autre. Il n'y avait que la fille qui changeait de prénom, mais encore aurait-il fallu que Matthew s'en enquiert.

Ce fut justement au lendemain d'une de ses soirées arrosées que le lord s'éveilla lourdement au son désagréable de sa sonnerie de téléphone. Il grogna, pesta, étira le bras et maugréa à nouveau quand il comprit qu'il s'agissait de son père. Il raccrocha sans aucun état d'âme et repartit à son sommeil, tandis qu'une crinière blonde s'agitait dans les draps à côté de lui. Infime répit qui fut brisé par les assauts du paternel McGregor. Bien à contrecœur, il attrapa son téléphone, vit les nombreux mails reçus, les appels manqués et les messages en attente. L'un d'eux s'affichait dans la plus parfaite des évidences : « Rendez-vous avec Antoine Gallimard, 10h30. » Il fallut une seconde à Matthew pour se souvenir de l'endroit où il se trouvait, une deuxième pour réaliser qu'il était presque 10h, et une dernière pour comprendre que cette journée ne serait pas la sienne. « Eh merde ! » s'écria l'éditeur en s'extirpant des draps sans considération pour la silhouette nue à ses côtés. Il ne sembla prendre conscience de son existence que lorsqu'il manqua de s'embroncher dans la robe qui traînait par terre tandis qu'il s'élançait vers la salle de bain de la chambre d'hôtel. Il se contenta de la lui jeter dessus, prêt à lui expliquer qu'elle devait rapidement se tirer, mais il se ravisa à temps. Un cas de conscience, comme une fulgurance en dépit du brouillard qui enrobait ses sens, lui fit réaliser que cette chambre d'hôtel n'était pas la sienne. Il dut retenir un soupir de soulagement, avant de se montrer très précautionneux à la récolte de ses effets personnels. En cinq minutes, il avait tout récupéré. En dix de plus, il s'était lavé et habillé, en deux de plus, il était déjà dehors, ne laissant plus aucune trace de son passage. Sur le parvis de cet établissement luxueux, il rajusta correctement sa montre au prix extravagant, puis héla un taxi qui l'amena directement au lieu du rendez-vous, un café huppé du quatrième arrondissement parisien. Sans ménager son effet, Matthew débarqua pile à l'heure sous l'œil sentencieux de son père qui se garda bien de remontrances en public.
Si l'éditeur détenait plusieurs facettes, celle qu'il arborait dans le cadre du travail était des plus concernées, sérieuses, impitoyables et professionnelles qui soit. Sa vision de l'entreprise et des bénéfices était d'une rigueur toute mathématique et pragmatique, ce qui lui permettait d'établir des stratégies complexes et audacieuses, mais efficaces. Un aspect singulier qui faisait souffler le froid et le chaud dans l'esprit de son père, rassuré que l'affaire familiale soit destinée à ses mains expertes et sagaces, mais plus que soucieux des activités de son fils. Aussi, même si les négociations se soldèrent pas un franc succès pour les éditions McGregor et le rachat des droits d'un des titres les plus populaires de Gallimard, Edward McGregor ne parut guère plus réjoui à la fin du rendez-vous qu'il ne l'était à son commencement. Une fois qu'il se retrouvât seul avec sa progéniture au départ de leur homologue français, il ne put s'empêcher de lui faire la leçon. « Tu as failli ne pas être là. Où est-ce que tu es encore allé te fourrer hier soir ? » D'un air froid et détaché, Matthew prit une gorgée de son café avant de répondre. « J'étais là. » A ses yeux, ceci était l'unique moral de cette soirée. Il s'était montré à l'heure, il n'y avait pas eu d'incident et, par conséquent, aucune raison de lui en tenir rigueur. À côté, son père ne décolérait pas de son arrogante assurance. « Il faut que tu cesses cette vie-là. Ce n'est pas ainsi qu'on se construit une situation comme il faut. Tu as un rang à tenir, Matthew. Une conduite à respecter. Tu es parti si tôt de la réception chez les Deneuveille que je n'ai rien su te trouver comme excuse. » La mâchoire du jeune homme se crispa. Il n'aimait guère les remontrances, et encore moins les leçons de moral. Toutefois, il eut la sagesse de ne pas répliquer afin de ne pas aggraver son cas. « Ce soir, il va y avoir une réception chez Jean-Marc-Emmanuel de Lavallières. Richard Bennett, le mari de sa sœur sera présent également, et notamment leur fille. Tu seras son cavalier pour la soirée. » Matthew manqua de s'insurger, scandalisé par la tournure des événements et l'idée de se coltiner une gosse de riche, mais il se ravisa. À chaque écart de conduite, il savait que cela se solderait par une contrepartie qu'il devait honorer pour avoir la paix un certain temps. Il abdiqua dans un soupir résigné. Après tout, ce ne serait que pour une soirée…

***


Accompagné de son père, Matthew franchit les portes de l'une des immenses demeures de Lavallières. Il fallait reconnaître à la France un nombre considérable de domaines tous aussi majestueux les uns que les autres. Si le jeune homme n'aimait pas l'artifice, il se ravissait du raffinement. Il n'en était pas plus heureux de se retrouver en ces lieux, mais le cadre s'annonçait agréable. À espérer que la fille serait au moins aussi attrayante… Mondanités, paroles banales, présentations inutiles et maelström d'hypocrisie, la soirée débuta sans guère plus de fantaisies que d'ordinaire. Matthew se conformait à ce florilège de code avec aisance et ennui. Il n'en oubliait cependant pas sa mission principale. Bennett… ce nom ne lui évoquait-il pas déjà quelque chose ? Ne les avait-il pas déjà rencontrés lors d'un de ses nombreux déplacements en France ? Il aurait juré que oui, mais impossible de se remémorer l'existence d'une fille. « Ah voici ma nièce ! Laissez-moi vous la présenter. Mon enfant, avance, je te prie. » Jean-Marc-Emmanuel fit venir la jeune fille d'un geste élégant de la main, arrachant Matthew à l'étude approfondie de son verre tandis qu'il était assommé de lassitude par les discussions insipides qui résonnaient sous les hautes voûtes de la salle de réception. Ses prunelles s'accrochèrent sans pudeur à la frêle silhouette qui venait de les rejoindre. Matthew haussa un sourcil, circonspect. Avec soulagement -il devait l'admettre- elle était plutôt plaisante à regarder. En vérité, elle était mignonne. Mais mignonne comme le serait une poupée tout juste extraite de sa boîte, comme un visage doux tout juste sorti de l'enfance, comme le serait la frimousse d'une princesse vêtue de tulles et de flanelle, comme une danseuse de procelaine prisonnière de sa boîte à musique. Tout autant de critères qui ne rentraient pas dans les canons de beauté du jeune homme. Elle était là, à observer le monde avec ses grands yeux noirs qui brillaient d'émerveillement ; avec ses joues légèrement rosées par l'émotion ; cette mine trahissant un esprit naïf et léger ; cette stature qui donnait la sensation qu'elle aurait pu se briser en mille morceaux d'un souffle de vent. Matthew sut tout de suite qu'elle n'obtiendrait pas son affection. Elle l'agaçait déjà, avec ses airs de poupée fragile et ses manies enfantines. « Je vous présente ma très chère nièce, Héloïse Bennett. » Matthew lui accorda un imperceptible mouvement de tête, accompagné d'un « enchanté » qui ressembla plus à un grognement qu'à un mot aimable. Il fut présenté à son tour avec son père. Ce dernier montra un intérêt tout particulier pour la jeune femme, à la surprise de son fils. « C'est un réel plaisir de vous rencontrer, miss Bennett. Votre père m'a tant parlé de vous et a tant vanté vos mérites. Je dois d'ailleurs m'entretenir avec lui. Je vous laisse entre les mains de mon fils, Matthew. » D'un air entendu avec Jean-Marc-Emmanuel, ils délaissèrent les deux jeunes gens, vouant la jolie Héloïse à une soirée plutôt particulière. Peu désireux d'entretenir la conversation, le jeune homme poussa un long soupir, reposa sa coupe sur un plateau pour en reprendre une autre. Il ne daigna pas en proposer une à sa cavalière tacite. Dans son esprit, il ne faisait pas l'ombre d'un doute qu'elle ne devait pas boire autre chose que du jus de pomme ou du sirop de grenadine. « J'espère que vous n'aviez pas trop d'espoirs, car je ne compte, ni vous faire la conversation, ni vous faire danser, et encore moins vous dorloter toute cette soirée. » Il but quelques gorgées de son verre avant de poursuivre de son bel accent anglais. « Sentez-vous libre d'agir comme bon vous semble et d'aller voir ailleurs. Ce n'est pas moi qui vous ferais la leçon. A dire vrai, je m'accommoderai très bien de vous savoir loin de moi. »
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤   Dim 15 Juil - 20:11

« Lalalaaaaa… Lalalaaaa…. Lalalaaaaa… » C’est tout en chantonnant que je gambade dans l’immense propriété de mes parents. J’ai tant à faire aujourd’hui. Je suis dé-bor-dée. La matinée a commencé dès lors que le soleil a effleuré délicatement mes paupières fermées. J’ai alors ouvert les yeux me réveillant en douceur, caressant doucement le poil soyeux de mes chats et puis, je me suis empressée de venir prendre le petit-déjeuner avec Mère. Et puis, une fois le tout englouti, je me suis apprêtée afin d’aller faire du cheval. Tornado a été particulièrement enthousiaste et nous avons trotté pendant un bon moment avant que ne soit l’heure d’aller déjeuner avec ma Mère. Comme souvent, nous avons retrouvé des amies et avons déjeuné ensemble dans un restaurant gastronomique. La conversation fut intéressante et j’ai apprécié cet instant jusqu’à ce que l’heure de rentrer soit arrivée. Ainsi, mon après-midi est calme. Je peux profiter d’une promenade dans l’immense jardin, occupée à cueillir des fleurs pour en faire un beau bouquet. De toute façon, il me faut garder mes forces pour ce soir. Nous sommes invités chez une réception organisée dans la demeure de mon oncle. Et autant vous dire que j’ai hâte. Ces évènements sont toujours plaisants et vivifiants. J’ai bien sûr déjà prévu ce que je mettrais ce soir. Il ne manque plus que de se préparer, de laisser la coiffeuse et la maquilleuse faire le reste. Ainsi l’après-midi se poursuit sans encombre. Puis vient le temps de se préparer, de prendre un bain, et de se vêtir. Je suis vraiment trop contente de ma robe, ainsi que de ma coiffure. J’en ai même profité pour glisser quelques diamants dans mes boucles brunes #larichesse. « Tu es si belle ce soir, chérie. Tu vas en faire tourner des têtes. » Me dit Mère d’une voix tendre. Cependant, je suis loin de l’idée de faire tourner des têtes. Au contraire, j’ai d’autres ambitions chez mon Oncle. « Oh non, Mère. Vous savez que je ne tiens pas à attirer l’attention ! Croyez-vous que mon Oncle me permettra d’aller nourrir ses chevaux ? » Je voue un amour inconditionnel pour ces bêtes. De toute façon, je suis folle des animaux. On me compare souvent à Brigitte Bardot. Mais ma Mère ne le voit pas de cet œil. « Ah non ! Cette fois-ci, tu n’iras pas voir les chevaux. » Le ton catégorique ne m’oppose pas de résistance. Je ne dis rien même si je compte bien aller voir les étalons que ce cher Jean-Marc-Emmanuel possède. D’ailleurs, je demeure surprise de Mère. C’est rare qu’elle ne me laisse pas faire ce que j’entends, surtout quand elle sait combien je suis sage et raisonnée. Ce n’est que lorsque la limousine nous emmène que j’apprends le terrible dessein que Père et Mère envisagent pour moi.

« Un… Un cavalier !? » Je suis complètement stupéfaite de savoir ça. « Oui, mon Trésor. Ce soir, Jean-Marc-Emmanuel reçoit ses amis tout droit venu des terres anglaises. Et nous aimerions que tu tiennes compagnie à son fils. Il est l’hériter d’une grande chaîne éditoriale. Et cela ne serait que le reflet de « l’amitié » que nous nous portons mutuellement. » Je ne sais que dire, la mine choquée, même si en soi, être la cavalière de quelqu’un ne me semble pas dérangeant. J’ai déjà tenu compagnie à des invités, y compris danser quand il s’agissait de le faire. Je me souviens avec émotion de cette valse dansée avec mon cousin, Martin-Didier. « Et bien… Si vous y tenez… » Je souris doucement ne tenant jamais à contredire mes parents. « Et comment s’appelle mon cavalier ? » Je suis curieuse et au moment où Mère va pour me répondre, le téléphone de Père sonne. Il décroche se lançant dans une conversation nous confortant au silence jusqu’à ce que nous arrivions. Nous sortons, accueillie par le voiturier ainsi que les employées de maison. Durant une bonne heure, nous nous efforçons de saluer tout le monde arrivant. C’est que mon Oncle a la folie des grandeurs. Il aime bien recevoir beaucoup de monde, aussi, le temps de se dire quelques mots agréables.

Et c’est alors que je le rencontre,
Pour la toute première fois.

Je suis pourtant fort occupée à siroter un verre de grenadine, faite maison par les employées de mon Oncle. Et je suis en train d’échafauder un plan pour  aller voir les chevaux. Toutefois, je ne peux rien faire, étant appelée par mon oncle. C’est avec un grand sourire que je vais vers lui, aperçevant qu’il se trouve deux hommes que je ne connais nullement.  J’apprends qu’ils sont tous deux des McGregor. « Je suis ravie de faire votre connaissance, Messieurs McGregor. » Mon sourire est grand, radieux. Et je remarque la bienveillance des deux hommes les plus âgés. Toutefois, du troisième et plus jeune, l’accueil est moins chaleureux. Toutefois, je ne fais pas vraiment attention. Enfin… jusqu’à ce que je me retrouve face à lui. Je suis loin de me douter qu’il s’agit du cavalier en question. La seule chose qui me vient en tête, c’est qu’il n’a pas l’air d’avoir envie de faire la conversation. « Oh mais je vous rassure Matthieu, je ne comptais pas vous demander cela. Vous n’êtes pas mon employé de maison quand même ! » Et je ris gaiement, agitant ma main comme si j’étais en train de chasser une mouche imaginaire. Je suis complètement imperméable à sa mauvaise humeur, ne comprenant pas qu’il est tout simplement exécrable. Je vis tellement dans une bulle d’amour que j’ignore tout mauvais ressentiment à mon égard. A vrai dire, je ne connais encore personne qui ne m’aime pas. « Et ça tombe très bien ! Si on me cherche, dites-leur que je suis allée me rafraîchir. Je pourrais alors prendre tout mon temps pour retrouver mon cavalier. Mes parents ont tenu à ce que j’en ai un, c’est incroyable, non ? Croyez-vous qu’il accepterait qu’au lieu de danser, nous puissions aller voir les chevaux ? Mon Oncle possède de magnifiques pur-sangs. Ah cher Monsieur, s’il vous plait, pouvez-vous me refaire un sirop de grenadine ? » Je me suis adressée à un serveur, surpris de ma politesse et qui acquiesce aussitôt. Pourtant, il me paraît normal de lui parler gentiment. Je me reporte à mon interlocuteur, ayant complètement oublié qu’il ne me ferait pas la conversation. « Je suis au bord du gouffre, Matthieu. Il faut absolument que je retrouve mon cavalier. Comment pourrais-je faire ? Je ne sais même pas comment il s’appelle ! Il sera peut-être plus aimable que vous ! » Et je ris à nouveau, sans une once d’ironie ou de méchanceté. Après tout, il a peut-être des soucis de santé, qui sait ?


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Matthew McGregor
Admin Christian Grey toi même !
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MessageSujet: Re: « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤   Mar 17 Juil - 16:54

Matthew n'était guère réjoui à l'idée de devoir tenir compagnie à une demoiselle durant toute la soirée, mais quand il la vit arriver, il comprit que sa misère serait bien supérieure à celle qu'il avait pu imaginer. Pourquoi lui imposer une telle compagnie ? Le jeune homme était déconcerté par l'attitude de son père et la « punition » qu'il avait cru bon de lui infliger ce soir. D'ordinaire, au cours de ces soirées, il n'était pas du genre d'Edward McGregor de le tenir ainsi à la baguette. Si Matthew avait un caractère bien particulier, il n'était pas moins rompu aux mondanités et -même si chacun connaissait les rumeurs le concernant- personne n'avait eu à se plaindre de ses civilités. La pauvre Héloïse Bennett n'eut hélas pas besoin d'ouvrir la bouche pour être déjà jugée de la manière la plus partiale qui soit. Elle lui apparaissait comme une créature fragile, légère, futile et inintéressante. Pourquoi diable son père lui mettait-il entre les pattes ? Quel était ce regard entendu qu'il avait échangé avec Jean-Marc-Emmanuel de Lavallières avant de les laisser tous les deux en tête-à-tête ? Le flair aiguisé de Matthew lui indiquait qu'il n'aimait pas cela du tout et que le pire restait à prévoir. Et la fille en face de lui ? Il l’aimait encore moins. Si le lord savait faire montre d'une hypocrisie certaine et redoutable quand la situation l'exigeait, il n'en devenait pas moins un être exécrable quand il se décidait à ne pas apprécier quelqu'un et à le lui faire savoir. Héloïse Bennett ne serait pas sa cavalière ce soir, il s'en faisait le serment. Un brin déçu, il s'était même résigné à rendre cette soirée plus intéressante en lui proposant bien plus lucratif et agréable que la danse. À tous les coups, elle pourrait tomber dans les pommes, voire pire, s'étouffer dans sa grenadine. Non, décidément, il ne comptait pas honorer cette promesse qu'il avait pu faire à son père quelques heures plus tôt. Cela ne relevait plus du rôle de cavalier, mais bien de garde-enfant. Hors de question. Sans faire de détour, Matthew lui exprima le fond de sa pensée. Aucun état d'âme, ni de beaux rubans pour décorer ses mots. Il les jeta tout cru à la face de cette poupée de porcelaine. Lors d'un infime instant de culpabilité trop rapide pour être évoqué, Matthew se demanda si elle n'allait pas se briser en mille morceaux.
Et soudain, elle parla. Sa voix s'éleva avec tant de douceur, semblable à un bonbon de l'enfance, que Matthew guetta les papillons et les fleurs qui pourraient s'échapper de sa bouche. Les paroles s'envolèrent en note, jusqu'à ce que le disque ne s'éraille, faisant grimacer le lord. « Matthew. » la reprit-il d'un ton froid et placide, l'orgueil bafoué par cette erreur de linguistique. Comment osait-elle maltraiter son prénom avec tant de désinvolture ? La suite de son discours lui laissa une drôle d'impression : celle que cette jeune femme n'était pas singulière. Non, elle était unique. Et à cette constatation qui le frappa comme la foudre, il eut le désir impérieux de s'enfuir au plus vite sans demander son reste. Dans ses fantaisies douteuses, il s'imagina même la dénoncer en tant que sorcière et la faire brûler en place public. La culpabilité finit par le ronger. Et si elle n'était simplement que faible d'esprit ? Cela pourrait concorder. Voilà pourquoi elle ne pouvait être délaissée sans cavalier. Voilà pourquoi son père en avait tant entendu parler. Sa démence devait avoir atteint un degré suffisamment important. Pauvre enfant. Il ne put avoir la confirmation à toutes ses interrogations que lorsqu'elle l'interrogea sur son futur cavalier. Il tomba des nues, incapable de former une pensée cohérente durant quelques secondes. Elle ne savait pas qui il était réellement ?! « Attendez, vous le faites exprès ? Votre cavalier, c'est… » Il s'interrompit brusquement. Soudain, elle lui vint cette fulgurance qui l'empêcha de commettre l'impair. Cette niaise buveuse de grenadine à la bave de licorne venait de lui offrir sa planche de salut. « Incroyable. » répondit Matthew, très laconique et peu investi de la conversation. Pourtant oui, cette histoire de cavalier était un scandale ! « Je suis persuadé que votre cavalier doit se trouver non loin et qu'il n'osera rien vous refuser. » Satisfait d'être débarrassée de cette ridicule ingénue en si peu de mots, il s'apprêtait à prendre son envol sur ses paroles jetées sans enthousiasme quand elle lui demanda son assistance pour retrouver son fameux cavalier. Elle était au bord du gouffre ? Eh bien qu'elle s'y jette, grommela intérieurement Matthew. Qu'elle aille tresser la crinière de ses poneys et qu'elle ne l'emmerde plus ! Il n'était pas aimable ? Soit, il ne pouvait pas lui en vouloir pour ce constat édifiant, toutefois, il exigeait de la cohérence. Si elle désirait une compagnie plus agréable, il ne fallait pas qu'elle lui demande de l'aide.
Presque aussi ingénieusement que les dernières fois, une idée peu charitable germa dans son esprit. Avec un détachement forcé et une lassitude extrême, il offrit charitablement son aide. « Savez-vous ce que nous allons faire ? N'attendez pas votre cavalier pour aller voir les purs sang. Allez-y dès à présent. Je sais qui est votre cavalier. Dès que je le verrai, je m'empresserai de lui faire savoir où vous trouver. » Matthew était ainsi, grand prince. Son envie de voir les chevaux devait véritablement la terrasser, car son offre malhonnête lui fut si alléchante qu'elle accepta tout de suite. « Si je peux rendre service. » philosopha le jeune homme après des remerciements. La seconde d'après, dans un froissement de tissus et dans le cliquetis délicat des diamants qui ornaient sa chevelure brune, elle s'en fut hors de la salle de réception. « Votre grenadine, monsieur. » Les prunelles de Matthew transpercèrent le serveur comme deux lames de glace. « Ma parole, même le personnel est demeuré ici ?! » jura-t-il en anglais.

***

Une demi-heure.

Il n'eut droit qu'à une demi-heure de répit avant que ses mauvaises actions ne se manifestent à lui. Tandis qu'il s'était approché du buffet pour récupérer une coupe de champagne et savourer quelques canapés au terme d'une discussion très intéressante avec un auteur en vogue, plusieurs silhouettes s'approchèrent de lui. S'il reconnut sans mal son père, il ne put déterminer qui était la magnifique dame à son côté. Le mystère fut rapidement levé au cours des présentations : Madame Bennett, la mère d'Héloïse. Shit… « C'est un immense plaisir de faire votre connaissance, Monsieur McGregor. » pérora Madame Bennett avec une musicalité qui le fit songer à sa fille. « Je suis ravie que ma fille soit entre vos mains ce soir. Mais d'ailleurs, où est-elle ? » Matthew marqua un grand silence où il se sentit bien idiot. Il ne pouvait vraisemblablement pas lui soutenir que sa fille enfilait des perles avec des chevaux et qu'il l'avait laissée livrée à elle-même pour la soirée. Il comprit d'autant plus qu'il ne pourrait pas afficher cette version en observant la mine ombrageuse de son père. « Votre fille est… partie se repoudrer le nez ! Elle ne devrait plus tarder à se montrer. » - « Êtes-vous sûr ? Je dois m'entretenir un instant avec elle. Je vais aller la chercher. » Usant de tout son charme et de sa persuasion, le lord arrêta son geste à temps. « Ne vous donnez pas cette peine, chère madame Bennett. Je vais la chercher de ce pas. Après tout, je suis son cavalier ! » En dépit de tout le mal que cela lui causait ! Il s'empressa de faire mine de rejoindre les commodités mais, quand il fut sûr qu'ils ne l'observaient plus, il dévia vers l'extérieur de la demeure. Où pouvaient bien se trouver ces cons de chevaux ? Il pesta dans la nuit, s'allumant machinalement une cigarette tandis qu'il partait à l'exploration du domaine. Jusqu'où cette petite dinde avait-elle pu se perdre ? Il lui fallut un temps qu'il jugea bien trop long pour finalement trouver l'antre des équidés. Par chance, Héloïse s'y trouvait également, ravie du spectacle qui s'offrait à elle. « Vous devriez revenir à la réception, votre mère vous cherche. » dit-il sans s'annoncer, se moquant bien de l'effrayer en jaillissant de nulle part. Il s'était nonchalamment adossé à une poutre de bois derrière elle, fumant tranquillement ce qu'il lui restait de sa cigarette. Forcément, il ne pourrait plus se défiler pour la suite. Il devait trouver une nouvelle tactique pour ne pas éveiller les soupçons. Il verrait plus tard pour lui fausser compagnie à nouveau. « Il semblerait que votre cavalier ait eu un empêchement. Convenons que je tienne ce rôle pour la soirée. » Il ne lui laissait pas vraiment le choix. Ses mots étaient trop sévères et glacials pour qu'elle s'y oppose ouvertement. « Cependant, mes conditions demeurent toujours intactes. » Pas de conversation, pas de danse, et pas de douces paroles. « A cette seule condition, je promets de ne pas parler de votre petite escapade ici. Disons que vous êtes allée vous rafraîchir ? »
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤   Mar 17 Juil - 22:04

Ce Matthieu, c’est quand même quelqu’un. Il n’est vraiment pas aimable du tout. Je ne sais pas s’il a conscience de l’outrage qu’il provoque en s’adressant ainsi de la sorte. Doux Jésus, si Père l’entendait, il serait capable de le mettre à la porte. On ne parle pas ainsi à son enfant chéri ! Mais là, je n’ai guère le temps de m’occuper de ces enfantillages, j’ai un cavalier à retrouver et je souhaite qu’il puisse m’aider. Après tout, la tâche est coriace : je ne sais même pas la tête qu’il a. De plus, j’ignore son identité. Alors je cherche un inconnu. Dans mes rêves fantaisistes, je l’imagine très beau, venant sur son cheval blanc et brandissant son épée, prêt à se battre contre l’ennemi pour me récupérer. Je rêve d’une vie à la hauteur des romances que l’on trouve dans ces récits héroïques où le courage se mêle à l’amour. Par principe, je décrète que tout libre ne finissant pas par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » est un livre tout simplement mauvais. Mais je m’égare et d’ailleurs, je constate que mon hôte peu aimable est surpris. Exprès de quoi je ne sais pas, je me contente de hocher vivement la tête. « C’est insensé ! » Et je me dis qu’au vu de son accent anglais, il doit certainement mal maîtriser le français. En tout cas, il a l’air abasourdi et je ne peux que le comprendre. D’ailleurs, il remonte dans mon estime lorsqu’il me propose de m’aider en cherchant mon cavalier tout en me laissant aller voir les chevaux de Jean-Marc-Emmanuel. Matthieu devient alors mon sauveur émérite et je l’observe d’un regard brillant. « Vous êtes si brave, Matthieu ! Mille mercis ! » Et sur ces mots, ne lui laissant aucune seconde de réponse, je m’envole en prenant garde de ne pas être vue, sortant dans la propriété et me rendant vers l’étable où se trouve les équidés. Pour y aller assez souvent, je les connais par cœur. « Bonjour Doux Vent Soufflant au Clair de Lune ! » Je murmure doucement, voyant le cheval tourner la tête dans ma direction. Il hennit doucement et je tends la main, lui caressant doucement l’encolure. « Alors, comment tu vas mon loulou ? » J’adore les chevaux. Depuis toute petite, je fais de l’équitation. Et bien souvent, j’ai voulu me lancer dans une carrière professionnelle. Mais Père a toujours vu cela d’un mauvais œil, craignant que je ne puisse me blesser. Aussi, je fais du cheval par plaisir. Mais pour le reste, je me contente de les couver comme s’ils étaient mes tout-petits.

***

Je ne fais pas attention au temps qui s’écoule. Heureusement, les stalles sont si propres que je n’ai pas à craindre que ma tenue soit salie. J’ai dit bonjour à l’ensemble des chevaux et je continue à les papouiller quand j’entends alors une voix résonner. Sursautant violemment, je fais alors face à Matthieu. « Diantre ! J’ai eu si peur ! Vous devriez arriver en faisant plus de bruit ! » Je pose ma main sur mon cœur, occupée à me remettre de mes émotions jusqu’à ce que je remarque une chose effrayante. « Nom d’un petit bonhomme ! Vous n’avez pas honte de fumer ? C’est terrible le mal que cela cause ! Et vous allez donner des cancers aux chevaux ! » Alors sans aucune gêne, je viens prendre sa cigarette de son bec et l’écrase sans aucune pitié de ma jolie chaussures à talons aux diamants bien brillants. #larichesse2.0 « Et puis que venez-vous faire là, Matthieu ? Vous avez retrouvé mon cavalier ? Il va bien ? » Je l’observe d’un air innocent quand il m’informe que non, mon partenaire a eu un empêchement. Il se propose alors de le devenir. Et je ne comprends pas du tout ce soudain accès de bonté. Peut-être a-t-il eu des remords à avoir été assez virulent ? Peut-être que Mère lui a fait quelques remontrances. De nature docile, je le laisse parler jusqu’à ce qu’il m’expose le marché.. Parce que ça en est. Je remplis des conditions et il ne parle pas de mon escapade. Ça m’a l’air d’être du chantage. Il est filou celui-là. Mais la perspective que tout le monde sache que j’ai bravé l’interdiction, me remplit d’effroi. Alors j’acquiesce en silence tout en me demandant quelles sont les conditions évoquées. Je dois dire que j’ai complètement oublié notre entrevue. « Je ne crois pas avoir le choix. De plus… Je ne sais plus quelles sont ces conditions mais allons-y ! » De toute façon, ce n’est pas grave, Père et Mère seront contents de me voir accompagnés. Surtout qu’il n’est pas mauvais à regarder. Il est même très beau. « Revenons à la réception, je vous prie ! » Et sur ces mots, je sors comme une princesse, marchant d’un pas énergique pour revenir vers le lieu de la soirée. Je marche à ses côtés, assez intimidée à l’idée d’être aux côtés d’un garçon. Surtout si peu aimable. Alors je conserve le silence, intimidée, sans me douter que je suis en train de respecter ma part du contrat. C’est alors qu’en entrant, je me fonds dans le décor, avant de vite retrouver ma Mère. Elle vient vers vous et je l’accueille avec un câlin empli de tendresse. « Ah Mère, je voulais vous présenter mon nouveau cavalier, Matthieu McGregor ! Il a été si gentil de me proposer de prendre la place de celui qui devait venir… J’espère qu’il n’a rien de grave, d’ailleurs. Les gens roulent comme des fous de nos jours ! En tout cas, la cérémonie est merveilleuse. » Me tournant vers Matthieu, je lui glisse un sourire radieux même si je sais que son manque d’amabilité le rendra imperméable à ma bonne humeur. « Souhaitez-vous vous désaltérer Matthieu, il fait une telle chaleur. » Et c’est alors que ma mère enfonce le clou. « Oui, prenez des forces, mes enfants. Après tout, vous allez ouvrir le bal. »

Diantre.
Doux Jésus.
Flûte.
Non.

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤   Mer 18 Juil - 10:55

Profitant que la jeune fille n'ait pas encore fait cas de sa présence, Matthew se plongea dans l'étude sérieuse de sa cavalière de ce soir. À présent, il le savait, il était évincé et il ne pourrait plus couper court à ses obligations. Il lui parut donc intéressant de jauger la créature qu'on lui avait collé entre les pattes. En premier lieu, il fit un réel effort pour la juger sans tenir compte de l'inimitié qu'il lui vouait avant même de la rencontrer. Il devait l'admettre, sa silhouette demeurait agréable à regarder. Elle était de petite stature, sans l'être trop non plus, la taille fine et la posture gracieuse. Elle détenait toutes les allures d'une grande femme du monde à l'éducation certaine. Même Matthew ne pouvait pas lui retirer cela, bien qu'il doutait de la qualité de cette fameuse éducation à certains niveaux. Puis il y avait ses mains, fines et graciles qui caressaient avec tendresse et affection la crinière des équidés ; sa nuque qui dévoilait une peau laiteuse et à l'apparence douce ; et ce visage aux traits harmonieux et délicats. Son regard intense et sombre surplombait deux pommettes rosées par l'émotion. Ses prunelles brillaient d'un éclat particulier qui le plongeait quelque peu dans la perplexité. Objectivement, le lord pouvait admettre qu'elle était des plus charmantes, bien qu'il ne soit guère sensible à ses charmes. Sauf que Matthew n'avait plus envie d'être objectif depuis que la jeune femme avait osé ouvrir la bouche et qu'elle avait exprimé des opinions. Premièrement, elle prononçait si mal son prénom qu'elle lui procurait des bouffées de rage incontrôlables. Deuxièmement, il la trouvait terriblement sotte, trop naïve, trop ingénue, trop futile pour qu'elle n'éveille la moindre once d'intérêt chez lui. Pire que tout, elle l'agaçait par ses manières de poupée fragile, son insouciance proche de l'attardement et ses lubies étranges. Non… définitivement, la soirée risquait d'être très longue et Matthew déplorait chaque minute qui s'écoulait avec une lenteur mortifère.

« Navré, je n'ai pas pour habitude de faire une numéro de claquettes pour m'annoncer. » Puis dans le fond, une part sadique de son esprit avait apprécié de la voir sursauter de la sorte, faisant scintiller les diamants qui paraient sa chevelure brune. Un sourire mesquin étira ses lèvres mais s'éteignit comme une bougie que l'on souffle quand Héloïse la vola au bec de Matthew pour l'écraser sur le sol. « Non mais qu'est-ce qu'il vous prend ?! » s'insurgea-t-il de son accent anglais marqué, au bord de lui-même. De quel droit lui refusait-elle son unique plaisir de la soirée ?! Cette fille était folle ! Et si elle n'était pas une Bennett, il lui en aurait certainement collé une. Sauf qu'il ne voulait pas d'une pleurnicheuse pour la soirée. Elle serait capable de le dénoncer aussitôt à ses parents. Déjà qu'il devait se débrouiller avec ses mensonges, il n'allait pas se rajouter une difficulté supplémentaire. Aussi se montra-t-il docile quand elle voulut connaître les raisons de sa présence. Sa mère la cherchait et elle devait revenir à la réception. Il se retint de lever les yeux au ciel lorsqu'elle s'enquit de la santé de son cavalier. Dieu tout Puissant, si elle savait… « Matthew. » corrigea-t-il une nouvelle fois d'un ton sévère. Il lui exposa ensuite les termes de leur accord. L'important, c'était de se mettre à l'abris de ses mensonges, surtout vis-à-vis de son père. Il jouait ses prochains mois de liberté si la soirée venait à mal se dérouler. Et le cas échéant, il tiendrait Héloïse Bennett pour unique responsable de son malheur. La demoiselle en question accepta bien vite ses conditions sous l'œil désabusé du lord. Elle n'était manifestement pas très bonne en affaires, toutefois, comme cela servait ses intérêts il demeura muet et la suivit pour retourner à la fameuse réception, satisfait qu'elle respecte ce silence qu'il avait exigé.

En quelques minutes, ils étaient à nouveau au cœur de la soirée sans que quiconque ne soupçonne leur escapade. Ce ne fut toutefois pas pour le satisfaire car il assista à une profusion de tendresse et d’effusions grotesques entre la mère et la fille. Matthew fit un effort manifeste pour ne pas souffler de dépit. Il préféra plonger sa rancune envers son père dans la flûte de champagne qu'il attrapa au vol sur un plateau. « Matthew. » corrigea-t-il à nouveau au milieu de la verve sans limite de la miss Bennett. Il ignora le regard noir de son père qui comprenait parfaitement, au récit de la jeune femme, qu'il avait cherché à se défiler de ses obligations. Toutefois, les choses revenaient dans l'ordre. Il n'y avait pas lieu de se courroucer outre mesure ou d'y voir outrage. Matthew ne se sentit aucunement coupable. Il désigna plutôt sa coupe à Héloïse quand elle s'enquit de savoir s'il avait de quoi se désaltérer, ne lui retournant pas l'intention. De toute manière, boire de la grenadine, c'était sacrilège. Confiant dans ses convictions, il but une gorgée de son champagne au même moment où la mère Bennett annonçait que Matthew et Héloïse ouvriraient le bal. Le jeune homme s'étouffa avec le liquide pétillant, toussant plus que de mesure. Cette fois, ce fut lui qui dirigea un regard meurtrier sur son père qui se défila à ses menaces de mort silencieuses. Au contraire même, il en rajouta une couche. « Allons, mon garçon ne sois pas timide, cela est une excellente chose. De plus, Matthew est un très bon danseur. » ajouta-t-il à l'attention de la mère Bennett qui afficha un sourire ravi. Qu'est-ce que c'était que cette embrouille ?! De plus, il avait bien spécifié qu'il ne voulait pas de danse à sa cavalière et voilà qu'ils devaient ouvrir le bal comme dans Sissi l'Impératrice ?! Acculé, Matthew était vert de rage. Il ne lui fallut pas longtemps pour terminer sa coupe d'alcool, la poser et en reprendre une aussitôt. Bon sang, il avait besoin d'une cigarette !! Il amorça un mouvement pour s'absenter un moment de la soirée mais ce fut sans compter sur le bras de Madame Bennett qui se posa sur le sien, l'empêchant de partir. Elle arborait une expression enchantée qui fit froid dans le dos à Matthew. « Ne partez pas maintenant, Matthieu. Le bal va débuter dans quelques minutes ! » - « Matthew. » grinça le lord, plus irrité que jamais. Autant la mère que la fille ne faisaient pas cas de ce manquement à la linguistique. La mère d'Héloïse préféra plutôt s'atteler à arranger la tenue et la coiffure de cette dernière pour qu'elle soit parfaite. Les poings serrés, Matthew enrageait à côté « Ce soir, je t'ai dit que tu serais son cavalier. Alors tu ne la lâches pas d'une semelle et tu la suis comme ton ombre. Si je te vois ailleurs qu'avec elle, tu peux dire adieu à tes vacances sur le yacht cet été. » le prévint son père en se penchant discrètement à son épaule. Alors maintenant, on en était aux menaces ?! Matthew ne comprenait rien à toute cette machination saugrenue. « C'est à vous, en piste, les enfants ! » s'égaya Madame Bennett. Ils s'approchèrent de l'espace qui avait été dégagé pour laisser place aux danseurs. Quand la musique s'éleva, Matthew comprit que tout le monde était au courant de cette ouverture sauf eux car personne ne s'approcha pour les rejoindre. Ils n'étaient que tous les deux au centre de la grande salle de réception. Au contrecœur et en affichant un ennui certain, il offrit son bras à Héloïse et la guida sur la place qui avait été dégagée pour eux. Si le lord n'aimait pas danser, son père n'avait cependant pas tort sur ses compétences de danseur, ayant suivi des cours obligatoires. Aussi posa-t-il naturellement sa main dans le dos de la jeune fille et son autre main s'empara de celle qui était gantée. « Rapprochez-vous, je ne vais pas vous manger. » grommela-t-il. Ce n’était pas forcément vrai. Si son attitude était exemplaire, il ne faisait rien pour cacher la crispation de sa mâchoire, le froncement de ses sourcils ou l’agacement qui le dévorait tout entier à son orgueil bafoué. Toujours fut-il qu’il agrippa plus fermement sa taille et la colla un peu plus contre lui. Quitte à danser, autant faire cela bien. Il ne souhaitait pas paraître ridicule. Ils ouvrirent ainsi le bal sur des pas mesurés et harmonieux. La bienséance aurait voulu que le cavalier regarde sa cavalière, mais il n’était pas prêt de s’y plier. Au contraire, il observait la foule autour d’eux et ce qu’il en voyait ne plus plaisait pas du tout. « Tout le monde nous regarde. » Sa voix était rendue plus rocailleuse par la colère qui l’habitait. En soi, cela n’était pas un fait extraordinaire, mais ce qui déplaisait considérablement à Matthew était la manière dont ils les scrutaient, comme on voudrait déterminer sur un couple est bien assorti. Par chance, au bout de quelques minutes de danse, d’autres couples se joignirent à eux, estompant le malaise qui engourdissait les membres de Matthew. Ils se retrouvèrent à valser au milieu d’une foule plus dense jusqu’à ce que la première musique s’arrête et qu'une autre reprenne. Il n’offrit pas la possibilité à sa cavalière de jouir d’une nouvelle valse. « On va prendre l’air. » Il l’aurait bien plantée au beau milieu de la salle de réception, mais il ne comptait pas se prendre un nouveau blâme. Il desserra son étreinte sans détacher sa main dans la sienne et la traîna derrière lui au travers des convives. Quelques instants plus tard, ils trouvèrent la quiétude de la nuit sur un balcon digne des plus belles scènes de Roméo et Juliette. Sur le coup, Matthew trouva cela de mauvais goût, mais il avait désespéramment besoin de sa cigarette. Il lâcha les doigts de la brune, sortit une clope de son paquet et l’alluma en jetant un regard méfiant du côté d’Héloïse. Sa réaction ne se fit pas attendre, sauf qu’il était préparé cette fois. Désinvolte, il lui souffla au visage la première bouffée de sa cigarette. « Si vous me l’ôtez une nouvelle fois des mains, je vous assure que vous n’aurez plus l’occasion de vous servir de vos doigts. » La menace n’était pas sérieuse, mais le ton froid employé lui donnait toute la crédibilité du monde. Déjà, il commençait à se détendre quelque peu, bien qu’il eût préféré une autre compagnie. « Je n’aime pas ce qui est en train de se passer. » songea Matthew à haute voix. Il releva son regard sur le visage de poupée d’Héloïse. Il lui offrit sa dernière chance de lui prouver qu’elle n’était pas fondamentalement attardée. « Il n’y a rien qui vous choque dans cette histoire ? »
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤   Jeu 26 Juil - 8:59

Un bal ! Quelle idée incongrue ! J’en avale ma grenadine vegan de travers. Je ne sais que penser, si ce n’est que je me sens terriblement gênée à l’idée de devoir danser avec un tel inconnu. Ce Matthieu si peu sympathique; il est quand même intimidant. Je ne sais pas ce qu’on lui a appris dans les bonnes manières mais il aurait besoin de revoir quelques chapitres entiers. Ainsi que l’introduction et la conclusion, enfin presque tout si ce n’est dire. « Mère, je ne sais si c’est une bonne idée... » J’en rougis déjà mais Mère n’est pas de cet avis. « Voyons Héloïse, tu as si bien dansé la dernière fois avec ton cousin, Paulin. Je n’ai aucun doute quant à être à la hauteur. Tu seras merveilleuse. » Mais je ne suis guère convaincue. Cependant, je ne dis rien pour ne pas la contrarier. Je remarque que Matthieu est en discussion avec son père, mais je détourne bien vite le regard, observant cette piste de danse. Elle me parait presque effrayante. Pourtant, je me débrouille bien en danse. Mais l’idée de danser avec cet étrange si peu sympathique me rebute. Cependant, je ne me rebellerai pas. Et lui non plus, visiblement. Parce que nous finissons bien vite en face de l’autre, prêt à nous lancer dans une valse, d’après ce que m’a dit ma mère. Je n’ai pas envie. Ça se voit rien qu’à mon attitude. Je me tiens devant lui, mais le plus loin possible. La tête est presque renversée comme s’il avait mauvaise haleine. Il me dit pourtant de me rapprocher, arguant qu’il ne me mangera pas. « Euh... oui...  » Je me rapproche d’un centimètre même si je garde une certaine distance, chose qu’il ne respecte pas en me rapprochant de lui. J’en rougis mais conserve mon port incliné en arrière. Il ne faut pas plaisanter avec ce genre de choses. Je suis définitivement mal à l’aise. La musique se lance alors et nous voilà partis.

Je dois admettre qu’il danse bien. Son corps bouge avec grâce au rythme de la belle musique. Il a certainement dû prendre des cours comme moi. On ne commet pas de faux pas mais je garde toujours ma tête légèrement en retrait même si au fur et à mesure, je me suis avancée de nouveau, emportée par le rythme effréné de la danse. Toutefois, je n’ai pas le courage de l’observer. Il m’intimide bien trop. Mais je connais les règles de nos danses, le fait de se regarder les yeux dans les yeux. Alors je trouve une alternative ; choisissant de regarder son visage ... et de compter ses taches de rousseur. Il y en a pas mal, je dois dire. Et ça me permet de croire que je le fixe meme si ce n’est pas le cas. J’en oublie que mon regard exprime bien des choses. J’ai juste l’air très concentrée et les invités vont sans doute me demander ce qu’il se passe dans ma tête. C’est alors que Matthieu prend la parole. « Pardon ? » Je m’exclame d’une voix ahurie avant de mieux comprendre. Le fait que tout le monde nous regarde. J’en rougis assez fortement. « En même temps, nous sommes les seuls à danser. » Alors forcément, nous somme le clou du spectacle. « Et puis je danse si bien, les gens rêveraient d’avoir ce talent inné, Matthieu. » Parce qu’alors, je suis gracieuse, loin de ma gaucherie et timidité éternelle. Et nous tournoyons jusqu’à ce que la musique prenne fin. Je me défais de Matthieu tout en inclinant doucement ma tête. Je m’apprête à le quitter pour aller voir si l’herbe est verte ailleurs mais hélas, il m’en empêche, me proposant qu’on aille prendre l’air. Ce qui me perturbe le plus, c’est qu’il ait pris ma main. Je ne sais que penser. « Enfin, Matthieu... Attendez !  » Cependant, il semble être sourd à mes protestations car nous finissons bien vite dehors. L’air frais me saisit et je me retrouve à fixer le jardin s’offrant face à nous. Peut-être pourrais-je retourner voir les chevaux ? Mais la voix de mon hôte singulier me fait revenir vers la terre ferme. Il vient de s’allumer une clope et me menace si je venais à le lui enlever. Mon visage se tord d’un sourire jovial. « Je n’ai nulle envie de vous l’enlever Matthieu, soyez sans crainte. Je pensais surtout aux chevaux, pas à moi, lorsque je vous l’ai enlevé de la bouche. Vous m’en voyez désolée, mais on ne fume pas n’importe où.  » Les derniers mots sont prononcés d’un air sévère et je serais prête à me lancer dans un discours de lutte pour la fumée montant dans l’espace. Surtout qu’avec sa cigarette, il aurait pu mettre le feu dans l’étable. Heureusement, ce n’est pas le cas. Et je finis par me taire contemplant le paysage autour de nous. Je ne sais même pas pourquoi je suis venue avec lui. J’aurais dû me dégager de son emprise mais la bienséance m’en a empêchée. C’est alors que Matthieu reprend la parole me demandant si je n’ai rien remarqué d’étrange. « Non, je ne crois pas avoir remarqué quelque chose de bizarre... Ceci dit...  » Je réfléchis quelques secondes, ajoutant naïvement « C’est bien la première fois que Mète m’impose de danser avec quelqu’un d’antipathique. » Il me faut quelques secondes avant de réaliser la bourde que je viens de commettre. Me voilà en train de rougir et de me confondre en excuse. « Enfin non !! Ce n’est pas ce que je voulais dire Matthieu. Mais avouez que nos débuts ne sont pas très ... sympathiques ... Enfin non sans vouloir vous dire que vous n’êtes pas agréable enfin .. Euh ... vous me perturbez !!!  » Je secoue la tête, posant ma délicate main sur mon front. « Diantre, j’ai besoin d’un remontant.  » Et je le plante là. Il me faut absolument de quoi me remettre de mes bourdes. Un verre de grenadine, vite !

Je n’ai pas cherché à revoir Matthieu et je me suis faite remonter les bretelles par Père et Mère. Je trouve leur attitude étrange, surtout que ce n’est pas dans leur habitude de m’imposer un cavalier. D’ordinaire, je me retrouve avec une personne que je connais, avec qui j’ai envie de discuter et de passer du temps. « Mais Maman, cet homme a voulu me couper la main ! Et il fume dans des étables, J’en suis sure que Vent-au-sein-du-soleil-couchant va nous développer des ulcères !!  » Ce qui serait dramatique mais pas le souci de ma mère. « Heloïse, tu ne peux pas te défiler. De toute façon, ça ne sert à rien de te cacher le secret plus longtemps. J’ose espérer que tu comprendras. Mais vous êtes destinés à vous marier, nos familles respectives voulant s’unir. » J’en perds les mots, même la réaction. Ma mère prend cela pour une approbation, venant déposer un baiser sur mon front. « C’est un très bon parti, il est de surcroît très beau. Bref, c’est le mari parfait... - Mais il fume !! -Vous aurez des enfants magnifiques ! » Ma mère continue imperturbable, me délivrant un grand sourire, visiblement enchantée. « Vos fiançailles seront annoncées le mois prochain, d’ici là ça vous laissera le temps d’apprendre à vous connaître ! » Je l’observe d’un air médusé n’osant plus rien dire, tant la situation est irréaliste. Ma mère finit par s’en aller me laissant seule, l’esprit en ébullition. Il faut absolument que je trouve Matthieu. Je le repère se dirigeant vers les toilettes et aussitôt, je fonce à sa poursuite. J’ouvre aussitôt la porte dans un claquement alarmant « Ah Matthieu ! Bonté du ciel ! Je vous retrouve ! La situation est très très grave.. J’ai... Mais... Vous ... Vous faites pipiiii ? Doux Jesus, c’est affreusement gênant ! » Je m’exclame dans un hurlement de diva et me tournant pour me trouver face au miroir qui me renvoie le reflet de Matthieu. Je pousse un nouveau hurlement avant de plaquer mes mains sur mes yeux. « Mais quelle vision d’horreur ! » Je m’exclame d’une voix dramatique.
Mais quelle cruche je fais !
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤   Jeu 26 Juil - 16:44

Il existait un tas de raisons qui poussait Matthew à ne pas apprécier les soirées mondaines. A commencer par les gens qui s'y trouvaient, orchestrant une ronde d'hypocrisie, de faux-semblants, de bienséance et de politesse déguisée. Si le lord savait parfaitement s'accommoder de ces comportements et qu'il ne détenait pas son pareil pour se fondre dans cette masse d'acteurs, il n'en était pas moins irrité à chaque fois qu'il savait qu'il devrait jouer la comédie. Il fallait tenir la conversation aux hommes qui croyaient refaire le monde d'une simple pensée bien amenée, répondre aux compliments de ces vieilles dames en manque de libido depuis bien longtemps, écarter l'ambition de ces jeunes demoiselles qui voyaient en lui un bon parti, ou simplement donner la sensation de passer une soirée agréable quand lui-même se faisait chier comme un rat mort. Mais ce soir, il y avait une raison supplémentaire qui motivait son agacement d'être présent : Héloïse Bennett. Cette petite princesse sortie tout droit d'un conte de fée. Il n'aurait pas eu grand-chose à lui reprocher si son père ne s'était pas mis en tête de la lui coller dans les pattes avec un entêtement proche de l’obsession. Au départ, Matthew songeait à une punition bien sentie face aux nombreux débordements dont il avait été l'auteur depuis son arrivée en France -outre sa propension à défier la bienséance même lorsqu'il était en Angleterre- mais il commençait à déceler une embrouille derrière toutes ces obligations. Il n'aurait certainement pas eu de doute s'il n'avait pas vu le regard énigmatique que son père et Jean-Marc-Emmanuel de Lavallières s'étaient lancés, ou encore, en observant l'insistance avec laquelle Madame Bennett l'étudiait, comme si elle le jaugeait des pieds à la tête. Matthew n'était généralement pas gêné par ce genre d'étude sur sa personne, mais cette fois, cela avait le don de le troubler. En somme, il sentait venir le coup foireux et cela le dépitait d'être le seul à s'en rendre compte. Car il y avait plus énervant que cette situation ! Sa cavalière avait le don de le mettre dans tous ses états, à croire qu'elle ne venait pas de la même planète. Elle semblait tout droit sortie d'un univers parallèle où les licornes gouvernaient, les fleurs chantaient et les oiseaux venaient l'aider à faire son lit et tresser ses cheveux bruns. Elle n'en oubliait cependant pas que cette particularité était l'adage des princesses et elle se comportait comme telle. Sauf que les princesses nunuches, ce n'était pas sa tasse de thé. Il les avait en horreur, et les rares interactions sociales qu'il pouvaient détenir avec elles étaient sujets à moqueries. Il l'avait d'autant plus mauvaise qu'elle jouait les saintes nitouche à ne pas vouloir s'approcher de lui pendant la danse. Parce que ça l'enchantait peut-être ?! Non, mais il s'y pliait convenablement pour ne pas se couvrir de ridicule. « Matthew. » la reprit-il, une fois de plus. Il était irrité, bafoué dans son orgueil, mal à l'aise de ces regards qui les contemplaient. Et ce n'était certainement pas parce qu'ils dansaient bien. Non, il y avait autre chose, il en aurait mis sa main à couper ! « Je constate que mademoiselle est modeste. » Il fit cette remarque sur un ton acerbe, pas prêt à lui en laisser passer une. Si Héloïse était bouffie de vanité, il allait vite lui faire revoir ses prétentions.

Une nouvelle musique. Une nouvelle danse. Une foule d'autres danseurs pour les perdre dans la masse. L'occasion était trop belle pour qu'il ne la saisisse pas. Matthew avait besoin de respirer et il prit son envol, non sans embarquer princesse nunuche avec lui. Pas que cela l'enchantait, mais il repensait aux menaces de son père. Hors de question de se faire sucrer ses vacances sur le yatch à cause de cette demeurée. Quelques secondes plus tard, ils étaient au calme sur le balcon. La quiétude de la nuit fut propice à ses réflexions sur l'enjeu véritable de cette soirée et il s'alluma une cigarette, agrémentée d'une mise en garde pour la jeune fille. « Matthew. » Il voulut lui donner une chance de ne pas être l'éternelle écervelée qu'il discernait chez elle. Il fut déçu. Son désintérêt se marqua par la fuite de son regard vers le jardin couvert du manteau de la nuit. Il ne lui prêta plus aucune attention jusqu'à ce qu'elle enchaîne avec des propos bien mal accueillis par son orgueil. « Je vous demande pardon ? » dit-il sur un ton outré. Lui, antipathique ?! Certes, il n'avait pas été un modèle de sympathie ce soir, mais il n'en était pas antipathique ! Rho et puis merde ! Qu'est-ce qu'il s'en fichait, il détestait cette fille ! Rageur, il prit une longue bouffée de sa cigarette pour se dénouer les nerfs. Ce ne fut pas assez. « Bon sang, pour la millième fois, c'est Matthew ! » Sauf qu'elle continuait à s'embourber dans ses malentendus. Il la troublait ? Bien évidemment, il troublait tout le monde par son charme. Il n'était pas plus étonné que cela, mais la réaction de la jeune fille était disproportionnée. « Allez-vous vous taire, à la fin ? » Excédé, il s'était exprimé en anglais, pas bien sûr qu'elle comprenne ses propos. Mais elle s'en était déjà allée et il n'était pas prêt à lui courir derrière. Peu importe, qu'elle aille au diable, elle, ses chevaux et sa grenadine ! « Quelle plaie, bon sang ! » Plus que jamais énervé, il s'alluma une seconde cigarette. Hélas, sa tranquillité ne fut que de courte durée. Il fut rejoint par Jean-Marc-Emmanuel de Lavallières sur le balcon pour son plus grand malheur. « Avez-vous fait bien connaissance avec ma nièce ? C'est une créature charmante, vous en conviendreaaanh. » Accoudé sur le rebord, il songea un instant à se jeter dans le vide plutôt que de répondre à cette question. La raison le poussa néanmoins à grommeler quelques syllabes incompréhensibles. Son hôte ne se démonta pas, absorbé par ses propos. « Elle est d'une nature si délicate. Elle a été élevée en grande dame du monde et elle possède la grâce de sa mère. Saurai-je vous vanter toutes ses qualitéhaan ! » Matthew en doutait fortement. Il ne lui en trouvait aucune, hormis quand elle était absente, ce qui n'était pas assez souvent au goût du lord. « Elle est tout à fait apte pour devenir une parfaite épouse. » D'ordinaire vif d'esprit, Matthew ne cerna pas la perche qui lui était tendue et ne se sentit pas concerné. « Grand bien lui fasse et du courage pour l'heureux élu. » Oh oui… « Maintenant, si vous voulez bien m'excuser. » Sous le regard troublé de son hôte, il quitta le balcon pour partir se soulager. Il se crut en paix quand une furie brune débarqua dans les toilettes. Il sursauta en constatant qu'il s'agissait d'Héloïse. « Bordel mais qu'est-ce que vous foutez ici ?! » Pourquoi le suivait-elle jusqu'ici ? Pourquoi le mettait-elle dans une situation si gênante ? Et pire… une vision d'horreur ?! Elle était bien la première à dire ça ! Il termina son affaire, referma sa braguette, tira la chasse, prit le temps de se laver les mains avant de jeter un regard meurtrier à la brune. Furibond, il l'agrippa par le bras et la fit sortir des toilettes sans douceur. Il chercha un endroit plus propice pour lui parler, et surtout l'engueuler sans oreilles indiscrètes. Il les enferma finalement dans une grande bibliothèque où il la jeta plus dedans qu'il ne la fit rentrer. « Non mais ça ne va pas de débarquer comme ça ! Ça ne pouvait pas attendre ? Qu'est-ce qu'elle a la sucrette ? Il n'y a plus de grenadine ? On a éternué sur votre poney ? » Matthew en avait marre de faire des efforts. Il explosait totalement de rage. Mais comme elle ne disait rien, peut-être étourdie par sa fureur, il la prit par les épaules, prêt à la secouer avec un poirier. « Vous allez finir par parler ?! » Et elle parla, imbriquant toutes les pièces de ce puzzle que le lord tentait de reconstituer depuis le début de la soirée. Il se sentit idiot de ne pas avoir pu y penser avant. Eux, fiancés dans un mois ? Être mariés ensembles, avoir des enfants et la supporter l'appeler Matthieu chaque jour durant ? Matthew resta comme un gland planté devant Héloïse, la bouche ouverte sur une surprise sincère. « Certainement pas ! » réagit-il enfin en la lâchant. Il fit les cent pas devant elle, se passant une main nerveuse dans les cheveux. « Quel espèce d'idiot, j'aurai dû m'en douter ! » Il s'en voulait d'avoir été si crétin. La situation lui semblait surréaliste. « Je vous l'avais bien dit qu'il y avait quelque chose derrière tout ça ! » Il enrageait. C'était pourtant si évident. « Bon reprenons notre calme, en soi, ils ne peuvent pas nous forcer, n’est-ce pas ? Et si je suis aussi antipathique que vous le prétendez, je doute qu'ils veuillent marier leur fille chérie à moi. Il va falloir y mettre du vôtre ! » Face au manque de réactions de la jeune fille, il s'énerva à nouveau. « Non mais ça ne vous fait rien vous ? Vous restez sans rien faire ?! »

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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤   Dim 29 Juil - 16:19

Bonté du ciel ! Qu’ai-je vu ?! C’est terrible, c’est affreux ! Je crois vivre un véritable cauchemar comme je n’ai jamais connu auparavant. Mes yeux brûlent de ce qu’ils viennent de voir. Son… Sa… Seigneur ! Je suis incapable de prononcer l’objet de cette vision infernale de sa… enfin son… son machin. Dieu du ciel ! Me voilà complètement remuée alors qu’à la base, j’étais venue lui dire quelque chose de très grave. Même qu’il pourra me remercier d’avoir eu cette idée. Or, pour l’instant, je suis au bord de moi-même, occupée à me cacher les yeux, ne sachant que faire. Je n’ose pas bouger de peur de me cogner contre quelque chose. Contre Matthieu par exemple. Cependant, ce dernier ne me laisse pas le temps de me remettre de mes émotions – oui je suis assez longue pour réagir – qu’il tire sa chasse, fait couler de l’eau et, tout à coup, m’agrippe violemment le bras. De ce fait, mes yeux retrouvent la vision du monde réel et nous sortons des toilettes. « Attendez Matthieu ! » Mais il reste sourd à mes supplications, m’entraînant dans la magnifique bibliothèque de Jean-Marc-Emmanuel. « Mais vous allez me … » Le mot « lâcher » se noie dans la colère que Matthieu émet à mon égard. Pourtant, si je respecte profondément mes parents et les autres membres de ma famille, ce n’est pas la même chose concernant cet énergumène. Il s’énerve contre moi et j’essaye de rétorquer à chaque fois mais c’est compliqué parce que sa voix porte sur la mienne, qu’il enchaîne les questions tout à fait étranges. Je fronce les sourcils, la bouche grande ouverte et incapable d’en placer une. Jusqu’à ce qu’il me somme de parler. Je ne peux m’empêcher de sursauter tout en échappant une exclamation indignée. Non mais il manque d’éducation, c’est terrible. « Je pourrais parler si vous me laissez le faire, Matthieu ! » J’essaye d’être digne et brave, mais c’est impossible. Sa colère m’intimide un peu. Je n’ai pas l’habitude qu’on me traite ainsi. Je vais avoir un bleu sur mon bras délicat. Je pourrais d’ailleurs m’en servir contre lui, en me plaignant auprès de mon père. Enfin, encore faut-il avoir le courage de faire une telle chose ? « Et je voulais simplement vous dire qu’une chose très grave est en train de se produire. Nos parents respectifs ont l’air d’apprécier l’idée de nous marier. » Voilà la bombe est lâchée, cependant, je suis peu prête à la réaction immédiate de Matthieu. Un peu vexée, je dois l’admettre, je me tortille sur mes escarpins diamantés, hochant la tête et croisant les bras. « C’est la même chose pour moi ! Je ne pourrais dire oui à quelqu’un qui fume dans des étables ou qui envoient la fumée de leur cigarette dans le visage de leur partenaire ! » Je l’observe d’un air sévère tandis qu’il fait les cent pas, pestant en anglais. C’est vrai que la situation prête à son drame. Enfin, depuis quand se marie-t-on par intérêt ? Ça me semble fou, nous ne vivons plus dans l’époque de Jane Austen après tout. Le fait d’entendre Matthieu pester en français à nouveau, me ramène à notre conversation. « Oui enfin bon, c’était peu évident cela dit. » Je déclare d’une voix platonique, en haussant les épaules quand il me demande alors de me calmer. Je vais pour ouvrir la bouche pour rétorque mais il parle un peu trop ce jeune homme. Je n’arrive même pas à en placer une. Jusqu’à ce qu’il me reproche mon manque de réaction. « Est-ce que vous réalisez, Matthieu, que j’essaye d’en placer une depuis tout à l’heure ? Mais vous monopolisez la conversation. Et puis quand bien même… » Je pose ma main sur mon cœur et ajoute d’une voix de drama queen. « Réalisez-vous que mes yeux chastes ont vu un vil démon en ces lieux emplis de souvenirs d’enfance ? Vous auriez pu avoir un peu de retenue en compagnie d’une dame !! » Bon, j’avoue que j’aurais pu, aussi, ne pas être entrée dans des toilettes pour homme. Mais quand même ! « De toute façon, je vous rassure, je compte bien parler à mon Père. Si Mère est d’avis pugnace sur le sujet, je dois dire que mon père ne refuse jamais rien à son enfant chéri. » Je pose délicatement mon postérieur sur l’un des fauteuil se trouvant dans la bibliothèque. « Vous allez voir, cette histoire de mariage ne sera qu’un mauvais souvenir. »

***

« Il est hors de question d’annuler cette union. » La réponse de mon père me scie littéralement. Nous sommes tous les deux sur le balcon et j’ai fait en sorte d’avoir une entrevue avec lui. Je lui ai expliqué ce que je pensais de ce mariage, de ce que Mère a dit. J’étais complètement convaincue que j’obtiendrais gain de cause. Mais force est de constater que non. « Mais enfin père, je refuse ! Vous savez bien que j’attends mon Prince Charmant, celui qui m’aimera pour l’éternité. Or là, nous ne nous aimons pas. En plus, il est méchant. » Et j’ai vu son.. Sa… Enfin, j’ai vu quelque chose à ne pas voir. « Mon cœur, tu es l’unique enfant Bennett. Nous voulons le meilleur pour toi ; et le fils McGregor est un très bon parti. Il a l’éducation, la classe, tu ne trouveras jamais mieux qu’un tel homme. Et puis de surcroit, nos entreprises Bennett et McGregor fusionneront ensemble. Alors ce mariage est la meilleure solution pour parfaire cette union. » Je regarde mon père d’un air outré, mais j’ai du mal dans cette expression indignée dans la mesure où je suis incapable de lutter contre mes parents. D’ailleurs, ce dernier – tout comme ma mère – considère mon silence comme une approbation. Déposant un baiser sur ma tempe, il finit par rentrer au milieu de la réception, me laissant en plan, l’esprit complètement en ébullition. Il faut absolument que je parle à Matthieu. Aussitôt, je tourne les talons, bien décidée à retrouver cette chose impolie. On a convenu de s’attendre dans la bibliothèque à minuit, un quart. J’en profite juste pour prendre un verre de grenadine, trop secouée et ayant besoin de quelque chose de très fort. « Matthieu, Père n’a rien voulu entendre, je suis catastrophée. » Je m’installe dans un des fauteuils, l’air complètement effarée. « Il tient à ce que nous nous marions. Visiblement, c’est un mariage de raison et d’affaires. Et j’ai beau lui expliquer que je ne marierais qu’avec un prince charmant, il refuse de l’entendre. C’est terrible… » Je secoue la tête doucement, dépitée « Et dire que je rêve d’un mariage d’amour, d’être amoureuse, de sentir mon cœur palpiter pour l’élu de mon cœur, que j’aimerais à la folie… » Tout à coup, je me lève de ma chaise, le visage lointain et l’esprit romanesque. « Et qui m’aimera autant que je l’aime… J’imagine tant de choses… Vous savez, Matthieu, j’ai écrit tant de choses au sujet de cette rencontre avec l’élu de mon cœur. Ce serait un véritable coup de foudre. » Je me mets à rire, devenant une princesse Disney occupée à faire tournoyer ma jolie robe brillante. Bientôt, si ça continue, dans une minute, je me mets à chanter et les oiseaux de nuit entreront dans cette pièce. #QueenDisney « Je l’imagine avec des cheveux noirs… Des yeux incroyablement bleus océan… J’ai même imaginé son prénom… » Mais je cesse de tournoyer, fixant le visage de Matthieu Qui doit hésiter entre me tuer ou m’interner et fixe cet homme d’un air très grave. « Rendez-vous compte, si on se marie, on sera obligé d’avoir des relations sexuelles, c’est terriblement gênant. » Dit celle qui sait plomber l’ambiance comme personne.
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤   Mer 1 Aoû - 18:25

Matthew pouvait se targuer d'avoir vu beaucoup de choses dans sa vie. Cela allait des discours invraisemblables des riches sur la réalité du monde, que la notion de valeur que les gens accordaient à l'argent, ou encore, l'avilissement l'homme par l'homme. Il avait déjà vu, au cours de ses soirées, des femmes ou des hommes tenus en laisse par d'autres, des personne achetés des milliers de dollars pour subvenir aux moindres besoins de leurs maîtres ou bien des gens qui n'avaient eu aucun scrupules à se faire payer en tant qu'escort juste pour tenir compagnie à des vieux friqués en manque de divertissements. Ainsi, la palette de ses rencontres était variée. Il connaissait des gens simples, extrovertis, introvertis, discrets, coincés, extravagants, imbus d'eux-mêmes, dangereux, pompeux, versatiles, lunatiques, impertinents, fêlés, bipolaires, bilatéraux, singuliers, inconstants, uniques, hystériques, malhonnêtes, pathologiques, dérangés. Mais personne… personne n'égalait le degré de de particularité que représentait Héloïse Bennett. Matthew n'était même pas capable de poser un mot sur sa nature profonde. Il lui semblait qu'aucun terme, dans toutes les langues qu'il connaissait, ne pouvait être assez fort pour estimer la démence dans laquelle baignait la jeune fille. Et sans doute aurait-il éprouvé de la compassion s'il ne la détestait pas viscéralement depuis qu'elle avait ouvert la bouche. Matthew, en dépit de tous ses défauts, n'avait jamais tenu un discours de macho mais il était capable d'affirmer avec beaucoup d'aplomb que la demoiselle était de celles à qui la parole ne devrait pas être laissée. De plus, il demeurait d'autant plus hostile à la présence de cette princesse folle qu'elle ne cessait de l'insulter depuis le début de la soirée entre ses erreurs de prononciation concernant son prénom, sa définition particulière de l'antipathie ou encore, ce moment où elle s'était émue de ce qu'elle qualifiait de vision d'horreur. Pour ce dernier point, toutefois, Matthew voulait bien se montrer clément. Il ne doutait pas une seule seconde qu'elle n'avait jamais dû voir le loup, et que cette partie si bien membrée du lord avait dû l'effrayer. Elle ne serait pas la première à avoir une expression de surprise en voyant la taille de son engin. coucou c'est Matthew qui parle Après tout, la seule représentation qu'elle devait en avoir devait être celle des statues grecques, et tout le monde savait que la taille était diminuée en signe de virilité. paye ta logique de grecque. Toutefois, Matthew aurait bien pu s'accommoder de la présence de la jeune femme durant cette soirée. Elle aurait fait partie de son panel de belles anecdotes grotesques à raconter à ses amis. Sauf que là… l'affaire allait bien trop loin. De sa propre famille, Héloïse tenait l'information certaine qu'on voulait les marier. À cette déclaration, le lord se portait en faux et sans s'émouvoir de blesser son orgueil. Jamais de la vie il se marierait à une créature comme celle-ci. Il s’en faisait le serment ! « C’est Matthew. » grinça-t-il entre ses dents serrées. Evidemment qu’il ne voulait pas lui laisser la parole ! Le moindre de ses mots, associé les uns aux autres, offraient une florilège épatant d’inepties. « Je vous ferai également remarquer que vous n’aviez pas à débarquer aux toilettes des hommes de cette manière ! A quoi vous attendiez-vous ? A ce que je me repoudre le nez ? » Quelle idiote, cette fille ! Elle lui donnait envie de taper sur tout ce qui bougeait tant elle était agaçante. « Eh bien allez voir votre père et parlez-lui de vos poneys asmathiques ! Car je vous préviens, je ne vous épouserai pas. »

***

« Tu vas l’épouser. Tout est déjà prévu avec la famille Bennett, c’est impossible d’annuler. » Incrédule, Matthew dévisagea son père sans trouver une réponse correcte à formuler. Il ne savait pas par quelle anecdote sur cette soirée avec la jeune fille il devait commencer pour lui prouver qu’elle était complètement timbrée. Au milieu de la réception, il ne pouvait guère faire d’esclandres. Il secoua la tête, buvant une coupe de champagne d’une traite pour s’offrir du courage. « Faites-moi épouser n’importe qui, mais pas elle ! Est-ce qu’elle n’a pas une sœur cachée ? Une autre cousine ? Je prends ! » Monsieur McGregor eut une moue agacée. « Ça suffit, arrête de faire l’enfant. Personne ne te demande de l’aimer, mais de l’épouser et de lui faire des enfants. Dois-je te rappeler que nous nous connaissions à peine quand j’ai épousé ta mère ? » Cette expérience personnelle ne retirait rien à l’ineptie de la chose. Matthew souffla de dépit et de découragement, sachant qu’il ne pourrait obtenir justice ce soir. En espérant que cela se soit mieux déroulé du côté de la jeune Bennett. Quoi qu’il advienne, vers minuit, il serait rapidement fixé. Ils s’étaient donné rendez-vous dans la bibliothèque de la demeure. L’éditeur n’eut pas à attendre très longtemps, car la soirée était déjà bien avancée quand ils s’étaient mis en tête chacun de convaincre leur parent respectif.

A l’heure dite, Matthew était présent. Héloïse arriva quelques minutes après lui, lui laissant le temps de s’allumer une cigarette qu’il fumait patiemment près de la fenêtre. Quand elle débarqua, ce fut dans un froissement de tissus, un claquement de talons et le cliquetis de ses bijoux, mais surtout, dans le désespoir de sa voix qui n’augurait rien de bon. « La petite fille à son papa n’a pas obtenu ce qu’elle voulait ? » Il s’était moqué sur un ton goguenard, savourant dès qu’il le pouvait un brin de sa vengeance. Ce qu’elle expliqua par la suite coulait de source. Un mariage d’affaires et de raison, à croire qu’ils vivaient à quelques siècles de différences. Matthew soupira longuement, rejetant par la même occasion la fumée de sa cigarette. Et puis là… il entendit l’un des discours les plus surréalistes qu’il entendit de toute son existence. Ce genre de discours qui ébranle énormément de convictions, jusqu’à ce que l’on se demande si tout ceci n’est pas un rêve ou une farce grotesque. Oscillant entre effarement et frayeur, il la dévisagea tout le long de sa diatribe sur le prince charmant, lui faisant oublier sa clope. Tout ce qu’il parvenait à faire, c’était se déplacer discrètement vers la porte de sortie, motivé par l’idée de courir à toutes jambes loin de cette fille démente. Si elle l’exaspérait, maintenant, il en avait peur. Brusquement, elle se tourna vers lui. Il s’immobilisa, la main sur la poignée, prêt à prendre son envol. « Pour que nous ayons des relations sexuelles, il faudrait que j’en ai envie. Et je vous rassure Sucrette, ce n’est certainement par le cas. » Parce que son petit monstre, il savait se lever au moindre ordre, mais il ferait la gueule en voyant cette horreur face à lui. Faire l’amour à Héloïse, ce serait comme faire l’amour à une enfant, et Matthew ne faisait pas l’amour aux enfants. Il prit une bouffée de cigarette, pensif et revint vers le centre de la bibliothèque. Inquiet de la nature de la jeune fille, il l’était toujours, mais sa dernière remarque avait eu le don de la rendre moins menaçante qu’il y a quelques secondes. La situation s’éclaircissait peu à peu dans son esprit. « Nous marier, au pire, ce n’est pas si grave. Personne ne nous demande ne nous aimer. Il faudra juste jouer un peu la comédie en public. » Ce qui risquait de demander un effort surhumain. Néanmoins, il reproduisait le discours de son père. « Nous ne serions pas les premiers, et pas les derniers non plus. Rien ne nous oblige à passer notre temps ensembles, à s’apprécier, ou encore, à produire des héritiers. Nous serons mariés sur le papier, point final. Je ne vous demanderai pas non plus d’être fidèle, vous pourrez courir à votre prince charmant à votre guise. Il pourra même vous enlever s’il le veut. En fait, il faudra surtout que vous vous fassiez oublier de moi. » Déjà qu’elle serait sa femme, il ne la voulait pas entre ses pattes. Elle serait trop encombrante, trop embarrassante, trop bruyante. Il sentait déjà qu’elle allait lui apporter plus d’embêtements qu’autre chose. « Je vous dis à dans un mois. » Il écrasa son mégot dans un cendrier pas loin et quitta la pièce sans un regard de plus pour elle. Un mois… un mois avant que leurs fiançailles ne soient annoncées. Un mois avant de revoir cette folle furieuse… Sauf que Matthew ne se doutait pas encore qu’il la reverrait bien avant cela et pour bien longtemps…
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤   Mer 8 Aoû - 18:14

Mon dieu, mais plus je passe du temps avec Matthieu, et moins je ne l’apprécie. Il m’insupporte de manière tout à fait disproportionnée. Alors … Me dire que je vais me marier, ça me donnerait presque envie de me suicider à la grenadine, tant pour vous dire combien je me sens défaillir à l’idée de devoir être mariée à lui. Oh non… Je refuse, cependant, Père ne semble pas de cet avis, il est bien décidé à ce que nous finissions nos jours ensemble, que nous nous unissions dans un mariage arrangé. Et mes rêves dans tout ça ? Mon Prince que j’espère tant ? Où sera-t-il ? Grand Dieu, il ne voudra jamais d’une Princesse déjà mariée. Aura-t-il le courage d’entendre mes récits terribles où il faudra évoquer ce fiancé fort désagréable ? Oh non, je ne pourrais faire une telle chose. C’est bien trop de tracas pour moi, d’autant plus que je réalise qu’il me faudra avoir des relations sexuelles avec cet homme. Et autant dire que ma vertu en prend un coup. Faire l’amour avec cet homme ? Seigneur Dieu, non ! Jamais ! Et c’est déjà une bonne chose qu’il ne veuille pas sauter le pas également. « Je suis bien d’accord. Je souhaite conserver ma vertu pour celui qui le méritera. » Lui dis-je en agitant un éventail sorti de ma pochette en diamant et me faisant de l’air sur le visage. Non pas que j’ai chaud, mais cette conversation est inconvenante. « Je ne ferais pas l’amour avec des anglais. C’est contraire à mes principes. » Finis-je par dire en retroussant le nez. « Et cessez de m’appeler Sucrette, c’est agaçant. » Non mais c’est qu’il commence à me chauffer avec son agressivité. Je suis une personne extrêmement bienveillante, gentille et attentionnée. Les animaux sont mes amis, il y a des oiseaux qui chantent à ma fenêtre tous les matins. Mais au bout d’un moment, la méchanceté gratuite m’insupporte. Je ne sais pas ce que je lui ai fait. Mais il est hors de question que je lui dise oui. D’ailleurs, il a une vision assez horrible du mariage à venir. Et si ça ne le gêne pas que je suis puisse le tromper avec quelqu’un d’autre, je l’observe la mine choquée, la bouche grande ouverte, sourcils froncés. « Doux Jésus… Mais je ne serais capable d’une telle chose… Être mariée et oser embrasser quelqu’un d’autre ! C’est honteux ! » Je secoue la tête d’un air effaré. Je ne comprends pas comment Père peut me faire épouser ce crétin. Il a visiblement peu de considération pour autrui. « Désolée mais je vais me contenter d’œuvrer pour la non réalisation de ces noces. L’idée de vous dire oui m’est trop insupportable. » Nous ne sommes pas faits pour nous entendre. Et finalement, il s’en va évoquant le fait de se revoir dans un mois. « Surtout pas, Matthieu. Bonne continuation. » Je détourne les yeux, m’asseyant comme une princesse, sursautant quand la porte claque. Vite de la grenadiiiine ! J’ai grand besoin de me défouler. Viiiite mon livre de Jane Austen.



***



Matthieu a bien vite disparu de mon esprit. Deux jours après notre rencontre, j’étais plus concentrée sur mon emploi du temps chargé. Entre chants, peintures, balades à cheval, autant dire que je n’ai pas une minute à moi #viederiches. Et de ce fait, quand Mère m’a évoqué un voyage en Angleterre, je me suis sentie prise d’un enthousiasme débordant, prête à côtoyer la Haute société Londonienne. J’avais déjà prévu une virée près de Nothing Hill pour flâner telle une Julia Roberts en quête de calme. Dans mon esprit, j’étais à mille lieux de me dire qu’on irait rendre visite à mon … fiancé. Mes parents n’ont pas cherché à me le faire comprendre. Sinon on communique bien… Et de ce fait, quand on arrive dans une immense propriété bien luxueuse, je suis loin de penser que je vais revoir le père et le fils McGregor. Au contraire, je suis emplie d’une véritable joie de vivre. Et aussitôt que la voiture cesse, que le valet m’ouvre la porte, je sors avec un grand sourire. Ma vie devient alors une comédie musicale. Accompagnée de ma mère, je sautille doucement faisant virevolter ma jolie robe en soie de Chine, Et aussitôt je chante : « I close my eyes and I can see, the world that's waiting up for me, that I call my own. » Je marche le long d’un très beau jardin où jardiniers s’affairent. Il y a même une fontaine dans lequel je trempe ma main avant de tourner sur moi-même pour observer cet écrin de verdure nous endurant. J’adore cet Airbnb du luxe. Souriant à ma mère, elle me renvoie un sourire fier et tendre, alors je continue de faire profiter les salariés de ma jolie et douce voix, fierté de la famille Bennett. Ça et mon talent pour monter à cheval comme personne. « Through the dark, through the door, through where no one's been before but it feels like home » Je rentre dans l’immense entrée. Et j’adore aussitôt l’endroit, le fixant avec émerveillement. Il y a forcément des chevaux par là. Mais j’ai une visite à faire. Je découvre le salon, la salle à manger. Ma mère croit que je cherche quelqu’un, et me laisse faire ravie de voir mon bonheur d’être ici. La méprise est grande. « They can say, they can say it all sounds crazy, they can say, they can say I've lost my mind, I don't care, I don't care, so call me crazy, we can live in a world that we design. » Je monte les escaliers tout en chantant, me trémoussant comme si j’étais dans un Walt Disney particulièrement réussi. J’entends le cuicui des oiseaux et ça m’égaie encore plus. Même que je tourne sur moi-même, sans même tomber, ni rien. Je continue de m’époumoner sur cette chanson que j’adore, désireuse de vite trouver ma chambre. Je vais vers une femme de chambre et je mime le geste de dormir, continuant à chanter. Elle sourit et tends son bras vers un couloir. Ah j’adore ce personnel. Et quand j’arrive au bout de cet escalier, que je suis dans ce couloir. « 'Cause every night I lie in bed, the brightest colors fill my head : A million dreams are keeping me awake. I think of what the world could be, a vision of the one I see. » ADans le couloir, il y a déjà deux autres servantes me fixant, tandis que j’enlève ma veste et mon couvre-chef que je leur lance, continuant ma danse en adéquation avec ce que je chante. Je sautille tout au long du couloir, ne remarquant pas l’agitation des femmes me faisant des signes pour ne pas que j’aille vers là. Mais je suis tellement prise dans ma chanson, comme si j’étais une princesse. J’ouvre une porte et m’y engouffre les yeux fermés, un bras tendu et continuant à chanter de ma si belle voix. « A million dreams is all it's gonna take. » Si je n’étais pas une Noble, je m’inscrirais à The Voice mais j’aurais peur de décourager les autres candidats. Serrant les poings que je ramène vers moi, je continue à chanter. « A million dreams for the world we're gonna makAAAAAAAAAAAHHHHH !!!! » Tout à coup, je hurle quand je remarque où je suis entrée. Surtout qui je vois soudainement. Dans une salle de bain. Bien sûr, je vous laisse imaginer la suite… « Que faites-vous dans ma demeure de vacances !!!? Et tout nu en plus !! Cessez de vous exhiber Matthieu !!! » J’attrape une serviette et lui jette dessus en fermant les yeux. « Et habillez-vous bon sang ! Ou allez dans un camp pour naturiste ! Vous avez interrompu ma chanson ! » A MILLION DREAMS OF NIGHTMAAAAARES !!!
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤   Dim 12 Aoû - 17:26

Pour lui, c’était trop de bêtises et de futilités assemblées dans un seul corps. Au premier abord, elle n’avait pas été sans plus plaire, outre le fait que son père lui avait imposée. Elle possédait ces traits doux, un ovale gracieux de visage, un regard clair et profond, des lèvres roses et charnues, une courbe délicate de ses cils. Tout en elle était fin, élégant. Elle détenait la stature frêle de ces créatures que l’on veut protéger, que l’on veut perdre dans une étreinte tendre. Hélas, cette belle poupée de porcelaine détenait un défaut qui beaucoup trop de femmes possédaient : elle avait une voix. Et dès lors que sa bouche s’était ouverte, déversant un torrent d’absurdités, Matthew avait su qu’il ne pourrait pas l’aimer ; pire, qu’il la détesterait viscéralement. Elle faisait partie de ces petites choses fragiles qu’il exécrait, de ces jeunes filles qui n’étaient encore jamais sorties de l’enfance, de ces âmes trop fragiles et trop innocentes pour qu’elles ne puissent éveiller son intérêt. De plus, elle n’était même pas discrète, ou respectueuse, n’ayant aucun scrupule à écorcher son prénom ou à empiéter sur son espace personnel. Alors en faire sa femme ? Certainement pas ! Donc qu’elle la conserve sa vertu, il n’en voudrait pas, même pour un contrat avec Hachette. « L’Anglais, il vous emmerde. » répondit Matthew dans sa langue natale, sachant pertinemment qu’elle ne comprenait rien à son charabia. Pour peu qu’elle daigne l’écouter de toute façon… En plus d’être fondamentalement idiote, elle était raciste. C’était bien sa veine ! « Alors cessez de m’appeler Matthieu. » Il avait un nom, bordel ! Néanmoins, une petite voix dans son esprit lui dictait de se rendre à l’évidence. Autant sa famille que celle d’Héloïse ne voulait revenir sur cet engagement qui avait été contracté. Cela était utile de lutter. Dans un sens, cela ne dérangeait pas Matthew outre mesure. Ce mariage pourrait n’être qu’une union de façade, et il ne se ferait pas prier pour aller voir ailleurs. Quant à une descendance, il s’en moquait bien plus encore. Il n’avait aucun désir d’avoir un enfant. Encore moins avec cette hystérique. Elle pourrait même aller voir où ça la chantait, mais l’idée semblait l’ulcérer. Apparemment, elle était suffisamment naïve pour être fidèle. Il leva les yeux au ciel, se résignant à ne plus avoir le moindre espoir pour elle. « Eh bien faites donc. Toutes mes pensées vous accompagnent. » Et sur ce, il prit congés d’elle. De tout cœur, il espérait qu’ils n’auraient pas à se revoir dans un mois. Hélas...

***

« Et que personne ne me dérange ! » Les femmes de chambre hochèrent toutes docilement la tête tandis que Matthew s’engouffrait dans la salle de bain. A l’expression ombrageuse qui s’étirait sur son visage parfait, elles savaient que l’ordre devait être suivi à la règle. Déjà, à son retour en Angleterre, il avait fait preuve d’une humeur exécrable. Le personnel en avait pâti, ses amis, des éventuelles conquêtes. Il ne parvenait pas à se sortir cette stupide Héloïse de la tête qui venait le hanter avec sa voix de crécelle et ses attitudes de princesse de conte de fées. L’abnégation de la dernière fois avait laissé place à un désir farouche d’annuler cette union. Elle avait raison, mieux valait œuvrer pour empêcher de massacre plutôt que de l’encourager. Aussi n’avait-il cessé de s’engueuler avec son père depuis son retour et leurs cris se faisaient entendre dans toute la demeure. Les employés n’avaient de répit que lorsque l’un et l’autre sortait. D’ailleurs, sa matinée à la maison d’édition avait été éreintante et il venait actuellement en rentrant de se prendre la tête avec son père. Alors un bain, il en avait bien besoin. Il s’engouffra dans l’eau qu’on lui avait fait couler, recouvert de quelques bulles dans un long soupir de lassitude. Il se savonna immédiatement, puis il laissa la chaleur délasser les muscles tendus de son corps. Peu à peu, il sembla qu’il s’apaisait, occultant la misère de ces derniers jours. « Voilà, plus rien ne pourra me déranger à présent… » Il se sentait d’attaque pour étudier le problème de ses fiançailles et y trouver une solution. Après tout, il y avait forcément une faille dans leur petit plan. Il suffisait juste de la trouver et… « BORDEL MAIS CE N’EST PAS VRAI ! » Non, il ne rêvait pas. Une furie venait de débarquer dans sa salle de bain, hurlant à plein poumon une chanson qui le dérangeait dans son repos mérité. Lorsqu’il reconnut Héloïse, son expression se décomposa. « Vous ?! Non mais ce n’est pas vrai ! » Naturellement, il avait repris l’usage du français au même titre qu’une expression enragée durcissait ses traits. « Je suis ici chez moi, espèce de créature stupide ! Et je vous… » Il se reçut une serviette en pleine poire, se dépêchant de la rattraper pour qu’elle ne s’immerge pas dans le bain. Décidément, elle enchaînait les attentats à la pudeur. Dès qu’elle eut fermé ses yeux, il s’extirpa de l’eau mousseuse, enroulant la serviette autour de sa taille. En soi, il n’était pas très pudique, se sachant bien membré, mais la première fois, elle avait insulté son petit monstre. Il ne souhaitait pas que ça se reproduise. Les yeux emplis d’orage, il s’approcha d’elle et attrapa son bras. Il se mit à l’agiter comme un poirier. « Je peux savoir ce que vous foutez ici ?! Qu’est-ce qui vous prend de venir me pourchasser jusque chez moi ?! » Quelle triple buse cette nana ! Et sa chanson, elle pouvait se la mettre où il pensait. Tenant toujours la demoiselle en otage, il sortit de la salle de bain, furibond. Il la jeta sur la première femme de chambre qui passa dans le couloir comme si elle n’était qu’un vulgaire tas de chiffons. « Jetez-moi ça dehors ! » Sans plus de considération, il s’éloigna vers sa chambre. Cette fois-ci, il prit soin de verrouiller derrière lui. Qui savait de quoi cette fille était capable ! Il s’empressa de se sécher et de s’habiller. Encore une manigance de son père ! Ce dernier ne payait rien pour attendre ! Sauf qu’en sortant de sa chambre et en se dirigeant vers le bureau de son paternel, il croisa Héloïse dans le couloir. « Qu’est-ce qu’elle a Sucrette ? Elle ne trouve pas le chemin de la sortie ? » Si ce n’était que ça. Il allait l’aider ! A nouveau, il l’attrapa par le bras, la tirant derrière lui. Elle pouvait se débattre autant qu’elle voulait, il le tenait fermement. Il lui fit parcourir les couloirs, dévaler les marches avec lui, longer les corridors jusqu’à l’entrée. Hélas, avant qu’il ne puisse parvenir à destination, une voix trop connue se fit entendre. « Matthieu, quel plaisir de vous revoir ! » Mortifié, il pila net en entendant la voix de Madame Bennett. Un sourire immense sur le visage, elle s’approcha de lui et ce fut là qu’elle remarqua la présence de sa fille. Apparemment, elle voyait cela sous un beau jour. « Oh mais je constate que vous n’avez pas attendu pour vous retrouver. Petits polissons. » Les mots se mourraient dans la gorge de Matthew. Il était choqué par ce qu’il entendait. Plus encore par l’audace de cette femme qui venait déposer un baiser délicat sur sa joue comme s’ils appartenaient déjà à la même famille. « Je dois le reconnaître, vous avez une demeure ra-vi-ssante ! Quel bonheur cela sera de se promener en ces lieux en votre compagnie. Puis vous aurez tout le loisir de faire connaissance, ainsi. » Il ne put s’empêcher de tourner la tête vers Héloïse, affichant une mine de dégoût semblable à la sienne. Dans quel piège étaient-ils encore entraînés ? Quelques secondes plus tard, Monsieur Bennett parut accompagné de Monsieur McGregor. Au regard que lui jeta son père, il prit conscience qu’il maintenait toujours le bras d’Héloïse entre ses doigts. Il la lâcha immédiatement, serrant plutôt la main du nouveau venu, plus par réflexe que par envie. « Matthew, j’espère que c’est un accueil chaleureux que tu feras aux Bennett. Ces derniers seront nos hôtes jusqu’à l’annonce de vos fiançailles. » QUOI ?!
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MessageSujet: Re: « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤   Mer 22 Aoû - 9:14

Cette situation est intolérable. Je supporte très mal ces atteintes à la pudeur que Matthieu me fait subir. Cet homme est un vrai exhibitionniste comme je n’ai jamais vu auparavant. Pourtant, son père est un homme très charmant mais hélas, ça ne suffit pas à véhiculer de l’estime pour ce garçon qui me paraît très mal élevé. Qui plus est, c’est terriblement gênant. Jamais je n’aurais cru que je serais en face de lui, me cachant les yeux pour éviter de voir des choses honteuses. « « Cachez ce sein que je ne saurais voir… » » Je marmonne en pensant à Molière. Et on ne se moque pas ! C’est la seule chose qui me vient en tête et me permet de chasser cette dramatique image de la chose de ce garçon. Il a l’air furieux et je le suis tout autant, d’autant plus qu’il me sort qu’il se trouve chez lui. Dans mon esprit révolté, je me dis qu’il a vraiment un très mauvais français. « Votre français est très mau…Aaaaaah ! » Ne me laissant aucun répit, il me chasse en dehors de la salle de bain et je me retrouve aussitôt dans le couloir, projetée pratiquement contre une employée de maison qui me réceptionne et m’aide à me redresser. « Mais quel toupet ! » Je souffle de colère alors que la femme de chambre me demande comme je me sens en anglais. « Comment je vais ? Comment je vais ?! Vous croyez que c’est une bonne chose de se faire mettre à la porte de ma salle de bain ? Non mais quel impoli ce garçon. Je dois en référer à Mère. C’est intolérable. Et puis que fait-il ici, d’abord ? Répondez-moi ! Pourquoi Matthieu est là ? » Mais elle me regarde sans trop comprendre. Claquant ma langue, je soupire de plus belle et cette fois-ci, je m’exprime en anglais. « Que fait Matthieu ici ? » Mais elle semble ne pas réagir. De toute façon, elle n’a pas le loisir de répondre que la porte de la salle de bain s’ouvre sur un Matthieu qui m’emprisonne le bras sans que je puisse rien y faire. « Mais lâchez-moi le bras, Matthieu ?! Vous êtes d’un impolitesse, c’est énervant !! » Mais il ignore mes supplications me faisant prendre le chemin inverse emprunté. Si j’avais été plus calme, j’aurais pu voir les photographies trônant de partout et montrant Matthieu avec des membres de sa famille. Mais je suis occupée à me débattre, même que je frappe avec mon gant que j’ai pris soin d’enlever. « Vile manant ! Vous n’obtiendrez jamais votre place au Paradis. D’ailleurs, il faudra que je dise à Mère que nous devons trouver une autre location. Il est hors de question que nous puissions rester une seule seconde de plus en votre compagnie. Et puis, de quel droit, osez-vous nous voler notre résidence secondaire ?! Matthieu ! Matthieu ? Matthieuuuuuuuuuh !! » Et lorsque nous arrivons dans le hall, j’utilise la technique ultime. Pile au moment où ma mère arrive… Mes dents sont plantées dans la peau de sa main, tandis que Mère vient vers nous avec un grand sourire. Aussitôt, je lâche ma prise et pendant ce temps, Matthieu reçoit un baiser sur la joue de Maman. « Vous ne devriez pas l’embra… » Mais il est monnaie courante que personne ne m’écoute jamais. Ma mère a repris la parole et là… Seulement là, je percute l’endroit où je viens d’atterrir. « Co…Comment ? » Faire connaissance avec Matthieu ? Je tourne la tête pour regarder ce singulier personnage me disant que non, jamais je ne ferais connaissance avec un être tel que lui.

Mais je suis loin d’être au bout de mes surprises. Très loin, car Sir McGregor arrive en compagnie de mon père. Je remarque qu’à peine, il pose le regard sur nous, la prise se défait aussitôt. Et soudain, le père prend la parole et lâche la bombe, « Quoiii ?! » Je m’exclame d’une voix forte, la mine atterrée. Je comprends bien vite la machination dont nous sommes victimes. Par la force des choses, je ne me trouve prisonnière dans la demeure des McGregor et ce, jusqu’à la date officielle des fiançailles. Déjà que mes parents m’imposent de me marier, voilà qu’en plus, je dois me coltiner la présence constante de cet énergumène nudiste. « Mère, ne peut-on pas s’octroyer des vacances aux Maldives plutôt ? J’ai le teint trop pâle. » Un rire nerveux franchit mes lèvres, essayant de trouver par tous les moyens, une possibilité de fuir cette situation grotesque. « Oh non chérie, nous restons ici. Mais si vous voulez partir tous les deux, ce sera avec… » - « Merci bien, je n’ai plus envie de partir. » Je croise alors les bras, ce qui ne semble pas émouvoir mes parents et le père de Matthieu. Les voilà partis dans un rire bourgeois. « Ils sont si mignons ensemble hahaha ! » - « La descendance sera assurée hahaha ! » - « Allez, nous vous laissons entre jeunes hahaha ! » Et entre deux rires étouffés, les trois finissent par s’en aller, nous laissant dans ce hall, avec un silence gênant. Je suis tout simplement hors de moi, j’ai envie de crier mais ça ne servira à rien, je crois que je risquerais juste à m’enrouer la voix plus qu’autre chose. C’est terrible, mais ma seule façon d’exprimer ma colère, c’est de m’en prendre à celui d’à côté. « Je vous préviens, vous avez intérêt à bien vous comporter avec moi ! Il est hors de question que je subisse vos simagrées !! » Relevant le nez en l’air, je le toise avec froideur bien qu’il soit beaucoup plus grand alors que je suis incroyablement petite. « Pouvez-vous me faire visiter les lieux s’il vous plait ? » je remets mes gants en place et observe la belle journée qui se trouve dehors. « Et vous n’avez pas intérêt à me refuser cela, j’irais me plaindre à votre père sinon. » Et ça, j’ai bien vite remarqué qu’il a l’emprise sur son fiston. Cependant, mon âme n’est pas aussi fourbe, ni dotée d’une once de méchanceté. Alors je me calme aussitôt, soupire avec lassitude. « Ecoutez, je ne suis pas votre ennemie. Mais si nous devons passer un séjour ensemble, il vaut mieux que nous nous entendions bien. Peut-être même qu’on trouvera une solution pour empêcher cette union, ça vous va Matthew ? »

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤   Ven 24 Aoû - 9:19

Quelques puissent être les raisons de la présence d’Héloïse dans sa demeure, Matthew n’était pas prêt à la supporter. Ce manque de patience portait pour coupable principal le tempérament insupportable de la brune. Des chieuses, le lord pouvait se targuer d’en avoir connues beaucoup, mais rarement de ce calibre-là. Il devait l’admettre : elle était hors compétition. Ils avaient pu évoluer dans les mêmes sphères, Matthew et Héloïse ne vivaient pas dans le même monde. Trop innocente, trop exigeante, trop niaise, trop sensible, trop bruyante également. Elle était arrivée en braillant à pleins poumons dans sa salle de bain, brisant un instant de tranquillité qui lui était précieux. L’affront était de trop ; en comptant la manière insultante avec laquelle elle s’adressait à lui et son petit monstre. Et pire que tout, elle écorchait son prénom à l’en rendre complètement dément. Ne détenait-elle encore respect pour le genre humain ? Ne vivait-elle donc que de ses fantaisies sirupeuses et improbables ? Il se retenait de la jeter par la fenêtre. Pourtant, dieu que la tentation était forte… « C’est Matthew ! » gronda-t-il une fois encore tandis qu’il la traînait brutalement à travers les couloirs de l’imposante demeure. Et ce n’était pas peu dire que le trajet fut particulièrement long avec une diablesse qui se débattait pour lui échapper en l’invectivant sauvagement. Sauf qu’il demeurait hermétique à la moindre de ses injonctions et de ses menaces. Elle n’était rien de plus qu’un nuisible qu’il comptait bien mettre à la porte de chez lui. Des princesses casse-noisettes, il n’avait pas besoin de s’en coller une ! D’autant plus qu’il se trouvait de plus en plus convaincu qu’elle était simple d’esprit. Pourquoi parlait-elle d’une résidence seconde alors qu’elle venait envahir son espace à lui ?! Elle allait en bouffer de la résidence secondaire ! Il poussa soudain un cri. « Rhaaa non mais ça ne va pas ?! Vous êtes complètement folle ?! » La rustre, elle venait de le mordre ! Quelle espèce de tarée ! Plus que jamais déterminé à la balancer dehors, il hâta le pas. Sauf qu’il dut interrompre sa traversée quand Madame Bennett parvint jusqu’à eux. Son sang se glaça dans ses veines à cette apparition qui était de trop parmi eux. Egalement parce qu’il commençait doucement à comprendre ce qui était en train de se tramer. Avaient-ils tous osé comploter dans leur dos ? Et cette idiote d’Héloïse ne devait pas être plus au courant que lui de la destination où elle se rendait. Cela expliquait l’incident de la salle de bain, bien que ça n’excusait rien à son comportement impoli. Et finalement, son père et celui d’Héloïse arrivèrent la sentence tomba…

UN MOIS AVEC CETTE NERVROSÉE ?! Matthew crut défaillir en apprenant la nouvelle. D’ailleurs, il avait relâché le bras de la jeune fille, lui rendant sa liberté. Même reclus à des milliers de kilomètre, loin de cette tarée congénitale, il fallait qu’elle se retrouve dans ses pattes. Le discours du trio parental n’arrangea rien à la stupeur qui était en train de s’écraser sur Matthew. « Oui, puis Londres est si peu agréable en cette saison ! » surenchérit le lord sur la réplique d’Héloïse. Pour une fois qu’ils tenaient le même discours… il était prêt à lui payer son billet d’avion pour les Maldives et la conduire lui-même à l’aéroport, mais ce fut peine perdue. Le stratagème ne fonctionna aucunement. Il se raidit d’horreur à entendre parler d’une potentielle descendance avec sucrette. Il grimaça, incrédule. Et finalement… ils furent livrés l’un à l’autre dans ce grand salon. Les rires bourgeois du trio laissèrent place à un silence affreusement gênant. Une expression orageuse assombrit les traits de Matthew. Sans qu’une parole ne franchisse le bord de ses lèvres, son regard évoquait la haine la plus viscérale pour cette créature avec qui il allait devoir partager un mois de vie commune, si ce n’est plus ! Elle-même semblait bouillir de rage en dépit de ses traits lisses. « Je me comporterai correctement si vous arrêtez de débarquer à n’importe quel moment dans mon intimité ! » Et si elle arrêtait également de l’appeler Matthieu à tout bout de champ ! Ils se retrouvèrent face à face, l’une levant le nez d’un air farouche, l’autre baissant les yeux pour observer ce si joli microbe. Il se contenta de grogner quand elle lui demanda une visite des lieux. Qu’elle aille se promener, la sucrette ! « Je ne suis pas un larbin. » grommela-t-il avant qu’elle ne se mette à s’insurger. Insupportable, mais futée la brunette. Elle avait bien cerné la relation de dominance entre le père et le fils. Il soupira. Pour une fois qu’elle était clairvoyante… c’était bien sa veine ! Ses derniers mots eurent le don d’éveiller son attention. Il redressa un sourcil circonspect mais attentif à cette demande de paix. Et là… « Attendez, qu’est-ce que vous venez de dire ? » Ses oreilles lui jouaient-elles un tour ? Avait-il bien entendu ? ELLE VENAIT DE L’APPELER MATTHEW ?! Incrédule, il la dévisagea avant de l’attraper par les épaules et de la secouer un peu trop brusquement. « Petite sucrette, vous venez vraiment de m’appeler Matthew ?! » Trop de bonheur exultait en lui. En vérité, l’enseignement par la répétition et les cris avait fini par fonctionner. Il la délivra de son emprise, un sourire satisfait sur les lèvres et reprit contenance. « Bon, je suppose que si nous faisons des efforts ensembles, nous pourrons arriver à trouver une solution et sauver ce séjour… » Il devait l’admettre, elle avait raison et elle venait d’avoir la réaction la plus mature des deux. Il reprit un air las. « Je vous dois donc une visite ? » La question était purement rhétorique. Consterné du rôle qu’il endossait, il enfouit les mains dans ses poches et parcourut la demeure d’un pas lent. « Je dois vous prévenir, cela risque d’être un peu long. » C’est qu’ils n’habitaient pas dans une chambre de bonne à Paris. La demeure était outrageusement grande ; néanmoins, il lui fit une visite appliquée. Au fur et à mesure, cela le dérangea moins, sauf lorsqu’il cernait les regards et les expressions du personnel. Ces derniers chuchotaient parfois entre eux avant de vite se remettre à l’ouvrage quand Matthew leur jetait un regard noir. Il n’avait pas besoin d’entendre quoi que ce soit pour comprendre qu’ils spéculaient sur le statut de la petite Bennett. Pour beaucoup, elle serait la prochaine Madame McGregor. Heureusement, Ellana et June n’étaient pas là pour assister à cette mascarade… Ellana filait le parfait amour avec son militaire dans leur maison. Quant à June, elle passait le plus clair de son temps à l’hôpital. Ainsi, c’était une succession de petits et grands salons, d’antichambres, de bureaux, de bibliothèques, de salle de réception, salle à manger, salle de jeux, fumoir, jardin d’hiver, en passant par les quartiers du personnel, et lorsqu’ils montèrent à l’étage, cela était en particulier réservé pour les chambres et les commodités attenantes. « Chère Sucrette, afin que notre entente soit complète, je dois vous montrer un usage très complexe à respecter en société. Vous permettez ? » Il lui tendit la main lorsqu’ils furent arrivés devant sa chambre. Elle la lui offrit de bonne grâce. Délicatement, il lui fit replier le poing et tira sur son bras, l’obligeant à frapper plusieurs coups à la porte. « Vous voyez, ça, ça s’appelle « frapper à la porte » et c’est bien moins compliqué que ça en a l’air ! » PARCE QU’ELLE N’ALLAIT PAS CONTINUER A DÉBARQUER COMME UNE FOLLE FURIEUSE CHEZ LUI ! Il planta son regard d’acier dans ses prunelles pâles. « Et, toujours, vous devrez frapper quand il vous viendra l’idée folle de venir dans cette chambre ! » La sentence était donnée. Pour ce qui était de la salle de bain, il prendrait ses précautions en fermant à double-tour. Il allait s’en prendre une, mais il s’en moquait bien. Il fallait lui apprendre les bonnes manières à cette princesse rustre ! En voyant plus loin dans le couloir un membre du personnel, il le héla pour lui demander où se trouvaient les appartements d’Héloïse. Manifestement, tout le monde était au courant de sa venue, sauf lui ! Il enrageait, mais il n’en oubliait pas leur accord. Ainsi, il la guida dans un couloir adjacent où il la fit rentrer dans une chambre destinée aux invités de marque. Une future fiancée… « Voilà pour vos appartements. » Il s’adossa contre le linteau de la porte en bois, mains dans les poches. Il l’observa pénétrer dans les lieux, se familiariser avec l’endroit et scruter chaque recoin. Elle était mignonne quand elle ne parlait pas… « Est-ce que cela vous plaît ? » Elle avait intérêt. C’était suffisamment luxueux comme ça ! « Si ça vous tente, il reste la visite du domaine. Mais je vous préviens, ce sera plus agréable et moins fatiguant à cheval. » Leurs terres étaient très étendues et ce n’était pas à entreprendre à pied.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤   Ven 21 Sep - 19:36

22. Tu dois placer les mots/expressions suivant(es) dans ta réponse : "je suis très spontané", "aphrodite", "mamma mia", "fontaine de l'amour".

Je suis bien décidée à lutter contre cette chose s’appelant Matthew tout compte fait. Oui, je viens de comprendre qu’il ne supporte pas lorsqu’on l’appelle autrement que par son prénom. En même temps, les anglais n’ont pas le sens de l’articulation. Lorsqu’ils parlent en anglais, j’ai toujours cette impression de chewing-gum mâché. Aussi, je fais toujours un effort pour m’exprimer clairement, inventant des mots et surtout son prénom. D’ailleurs, jamais, je n’aurais cru que cela lui ferait un tel effet. Ses mains se posent sur mes épaules et il me regarde comme si je venais de dire qu’il était devenu l’homme le plus riche de la planète ou que Noël était dans deux jours. Je le fixe comme s’il était complètement stupide. « Ne m’appelez pas Sucrette je vous prie. » Non mais c’est quoi ce surnom pourri. Que je confonde Matthew et Matthieu, c’est une chose. Mais Sucrette ?! Il est si étrange. Il faudrait que je demande à son père d’où il tient cette manie étrange de surnommer des inconnus de cette façon. Néanmoins, il ne semble pas tenir compte de ma requête et je l’oublie bien vite lorsqu’il ajoute accéder à ma demande d’amitié. Il est motivé pour me faire visiter les lieux et je le fixe bien plus surprise. Il est facile à contenter visiblement. Et tant mieux. Je n’aurais pu supporter l’idée de devoir subir ses mauvaises manières. Il se propose de me faire les lieux. « Alors en avant, Matthieu ! » Je m’exclame d’une voix enjouée, avançant sans attendre vers une pièce se trouvant être un somptueux salon. Les lieux sont superbes et chaque pièce, que nous visitons, m’arrache un cri de ravissement. Puis, nous finissons par arriver à l’étage. Un sourire flotte sur mon visage, et je suis curieuse de voir quel sera le lieu où je pourrais me reposer. Naïve à l’excès, je tends une main gantée à mon hôte croyant qu’il sera gentleman. Erreur ! Une mouche semble l’avoir piqué car, tout à coup, il porte ma délicate main près d’une porte, semblant pris d’une folie passagère. Je rêve ou il est en train de m’apprendre à frapper une porte. « Je ne voudrais pas polémiquer mais je ne pouvais savoir que je vous trouverais dans le plus simple appareil. » Je tire mon bras afin de lâcher cette prise, lui répondant avec un  ton sec. Il est hors de question que je le laisse me faire subir ses sottises. Fort heureusement, aucune guerre n’éclate, il semble satisfait de lui, continuant la visite et me montrant mes appartements. La décoration est jolie, le lieu est vaste et me convient. « Cette décoration anglaise me plait. C’est parfait. » je lui glisse un sourire poli, constatant que les employés de maison ont déjà apporté mes imposantes valises. Peut-être que je pourrais en profiter pour changer ? Ma jolie robe de chez Hermès est trop blanche pour la sobriété des meubles en chaîne massif que l’on trouve de partout. Cependant, pour se faire, il faut que mon hôte s’en aille. Mais il a d’autres plans en tête, me proposant d’aller visiter le domaine… Et à cheval. Là, je dois dire qu’il m’a perdu. Il m’en faut peu de toute façon. « Vous savez, je suis spontanée, et de ce fait, j’accepte sans me poser de questions ! » Oh bien sûr, je me demande juste quel sera la tenue apte. Mais en dehors de cela… « Par Aphrodite, allons donc visiter tout cela !! »

Peu de temps après, je suis déjà en tenue adéquate pour faire du cheval, ayant attaché mes cheveux pour que ce soit plus simple. Matthew nous emmène vers les tables où je découvre, avec ravissement, les cheveux. « Mamma Mia ils sont tellement beaux !!! » Même si ça n’a rien à voir avec ceux de Jean Marc Emmanuel, disons que c’est une autre classe. Plus British. J’en repère un blanc que je caresse doucement en lui adressant des mots tout doux afin qu’il prenne confiance avec moi. Je suis déjà conquise, ayant bien vite oublié la raison pour laquelle nous devons prendre des chevaux. « J’en suis certaine que ce cheval s’appelle Fontaine de l’Amour ! » Ce serait un nom fabuleux mais l’écuyer m’informe qu’il s’appelle Storm. Ils ne sont pas très originaux en terme de prénom, c’est fort dommage mais ça ne ‘empêche de me retrouver, bien vite, assise et en place. Je constate que Matthew se débrouille bien aussi. « Visiblement, l’équitation n’est pas un secret pour vous. » Je déclare avec un grand sourire, même si je me sais meilleure que lui. Le cheval c’est toute ma vie, je leur confie des secrets au creux de l’oreille, je crois en la communion des esprits entre nous. J’arrive même à faire des tours comme lancer un cheval en plein galop et passer sous son ventre et me hisser sur son dos. C’est très dangereux mais je n’ai jamais eu peur. Par exemple, je suis effrayée à l’idée de rentrer dans un centre commercial et d’y voir du monde #viederiches. Autant dire que là faire du cheval me convient et je finis par monter sur ma monture, ravie de pouvoir chevaucher. On se met en route et je ne peux que m’extasier face à la beauté du paysage. Cet endroit est magnifique. « Votre domaine est superbe. » Finis-je par dire lorsque nous trottons durant quelques instants. « L’Angleterre est si différente de la France. Vous n’avez pas notre nourriture mais vous savez cultiver le vert. » Je ne peux lui dire que les anglais sont désagréables, puisque son père est charmant et que ça ne le concerne que lui. « Bien, Matthew, nous devons trouver une solution pour empêcher ce mariage. Je ne peux dire oui à un homme tel que vous. » Je parle d’une voix claire, sans aucune gêne, ni aucun tact d’ailleurs. « Comme je vous le disais, je compte épouser un Prince Charmant et vous ne remplissez AUCUN critère de ma liste. Nous n’avons rien à faire ensemble. Et de surcroit, vous passez votre temps à vous exhiber… Mais vous êtes brave et gentil, je vous apprécie. » Je lui souris, nullement gêné de l’avoir descendu comme jamais. « Vous devriez dire à votre père que vous choisissez les voies du libertinage. Ça vous ira mieux à vous plutôt qu’à moi, et nous serons sauvés. Ça vous va Matthieu ? »

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤   Dim 14 Oct - 20:18

Le mariage… quelle ineptie ! Matthew ne croyait guère en l’union sacrée du mariage. A ses yeux, cela n’était qu’une montagne de bêtises et bien plus encore quand il s’agissait d’un mariage arrangé. Déjà qu’il n’était pas forcément évident de s’attacher pour l’éternité à une personne que l’on aime, mais alors quand il n’y avait aucun sentiment… de la démence ! Autour de lui, tous les mariages étaient ainsi. Des mariages arrangés, des mariages de raison, de mariages d’affaires. A croire que des milliers d’années d’évolution n’avaient pas existé. Et parmi tous les exemples que le jeune homme pouvait citer, cela qui lui était le plus proche était le mariage de ces parents. A les écouter, cette union appartenait à la catégorie des « privilégiés » au regard de l’unique argument qu’ils ont fini par avoir des sentiments l’un pour l’autre à la suite de leur mariage. Vous parlez d’une chance… Et même si son père, encore endeuillé, n’avait jamais songé à reprendre une épouse par amour pour sa première femme (notion plutôt romantique en soi), Matthew n’était toujours pas convaincu par les bien-fondés d’un mariage arrangé. Et plus encore quand ses yeux se posaient sur la créature étrange à qui on souhaitait le lier. Des demoiselles de belles situations, il en avait croisé des tas au cours de sa vie. En général, soit des demoiselles bien élevées, réservées, dociles et indolentes, un brin fades, bref, tout ce qu’il pouvait y avoir de plus somptueusement désintéressant, et puis il y avait ces demoiselles totalement folles et débridées, déjà désabusées de tout sans n’avoir jamais abusées de rien. Le jeune homme ne s’en cachait pas, elles faisaient des partenaires de soirées et de coucheries remarquables, mais de là à agiter une quelconque émotion dans les tréfonds de son cœur, cela n’était pas le cas. Si l’éditeur n’était pas hermétique aux charmes féminins, son cœur n’avait jamais relevé un intérêt flamboyant pour une jeune fille. Année après année, il s’était consciencieusement employé à rejeter toutes les avances intéressées, les unions indésirables et les complots de son père. Jusqu’ici, il pouvait se targuer d’y être bien arrivé avant qu’Héloïse Bennett ne débarque dans son existence. Une jeune fille comme il n’en avait encore jamais vu jusqu’alors, à la raison inexistante et à la démence évidente. Et elle, plus que quiconque, ne serait jamais celle qui partagerait ses jours. « J’arrêterai de vous appeler Sucrette quand vous aurez compris que mon prénom est « Matthew » et non « Matthieu ». » Elle ne croyait tout de même pas qu’il allait la laisser s’en tirer de la sorte ?! Et qu’elle l’ait accidentellement appelé par son véritable prénom n’y changeait rien, il fallait qu’il s’assure que ce n’était pas uniquement par mégarde. Néanmoins, il se radoucit quelque peu et entreprit de lui faire visiter l’imposante demeure des McGregor. « Matthew. » corrigea-t-il, une fois encore entre ses dents serrées. Décidément, cette fille était une sacrée niaise. Il revêtit cependant le costume d’hôte exemplaire, la guidant à travers les couloirs, la faisant passer à travers une procession interminables de lieux qui semblait égayer son visage. Et enfin, désireux de l’embêter et motivé à lui donner une bonne leçon désormais qu’elle était plus docile, il lui apprit à frapper à une porte en s’essayant sur celles de ses appartements. Le manège ne la fit guère rire, à l’inverse de Matthew qui souriait à plaisir de sa farce. « Allons, admettez seulement que vous le saviez et que vous brûliez de retrouver la vision de ce corps d’Apollon. » Il lui accorda une œillade malicieuse. Peu désireux de créer de l’ambiguïté entre eux, son plan était surtout de la mettre mal à l’aise. Il se contenta plutôt d’ouvrir la porte, lui laissant à loisir découvrir ses appartements pour les prochaines semaines à venir. Manifestement, elle était ravie. Pour une fois qu’elle était satisfaite de quelque chose celle-là. « A la bonne heure. » Il lui proposa ensuite un tour à cheval, éveillant vraisemblablement tout son intérêt. « Parfait, je vous attends donc en bas. » Il ne fit pas prier pour quitter la chambre et fermer derrière lui. Marchant dans le couloir, il s'interrompit brusquement, frappé par ce qu'il venait de faire. « Quel idiot, pourquoi est-ce que je lui ai proposé ça ? »

Il ne pouvait cependant plus reculer, ni se poser plus de questions sur ses réelles motivations. Quelques minutes plus tard, ils se retrouvèrent en bas. Matthew ne s’était pas changé, ayant seulement troqué ses chaussures contre des bottes d’équitation. Il les mena vers l’écurie où tous les chevaux se trouvaient. En observant la réaction d’Héloïse, il se rappela la première fois où il l’avait vu en compagnie de ces animaux. Décidément, elle était une véritable héroïne de dessin animé… Il la laissa se familiariser avec sa propre bête, tandis qu’il rejoignait sa propre monture. Un magnifique cheval à la robe noire et profonde, prénommé Titan. « En dépit de ce que vous pensez de mes manières, vous oubliez que nous avons reçu la même éducation. » rétorqua-t-il à ses propos, sans une once d’irritation pour cette fois. Il se fendit même d’un sourire tandis qu’ils s’engageaient sur ses terres au trot. Ils passaient à la fois à travers la forêt verdoyante, et avaient la chance de trouver des points de vue magnifiques sur les plaines fleuries du domaine. Matthew n’était pas peu fier de l’engouement que cela provoquait chez la jeune femme. « Il faut reconnaître que nous avons un temps plus humide. » Un temps de chiotte pour être plus précis. Il ne releva pas vraiment le commentaire sur la gastronomie. Pour le coup, elle n’avait pas tort… Toutefois, il se montra plus attentif sur la suite de son discours concernant leur futur mariage. « Je n’ai pas plus envie de vous épouser que vous. » crut-il bon de préciser. Parce qu’elle croyait qu’elle remplissait ses critères à lui ?! Quel toupet, cette fille ! Si elle parvenait à l’apprécier, il ne pouvait pas affirmer la réciproque. Il la fusilla du regard tandis qu’elle conservait les yeux ostensiblement rivés vers l’horizon. « Parce que vous croyez peut-être que je n’ai pas déjà soumis mon refus à mon père ? » Il s’était exprimé d’un ton cassant, autant irrité que son nom soit de nouveau écorché que par l’imprudence de ses propos. « Sachez qu’il en faudra plus à mon père pour faire virer son jugement. Et je vous trouve bien présomptueuse dans votre manière de me juger. Vous n’êtes pas un cadeau non plus et vous ne remplissez pas plus mes critères. » Si tant est qu’il puisse en avoir. Sauf que Matthew n’avait jamais fait l’inventaire des cases à cocher pour être digne de lui. « Et je ne vois pas pourquoi vous ne pourriez pas faire un effort de votre côté. Je croyais que vous étiez la précieuse princesse de vos parents. Ils ne devraient rien vous refuser si vous leur demandez quelque chose en chouinant un peu. » Il était presque persuadé qu’elle devait agir de la sorte. « Il vous suffirait simplement de mouiller un peu vos yeux pour donner la sensation que vous êtes sur le point de pleurer, faire trembler vos jolies lèvres et de vous évanouir à moitié en bredouillant que je suis un monstre affreux ! » Il était prêt à assumer l’idée qu’il était un mauvais garçon. Dans le fond, ce n’était pas si loin de la vérité non plus. Il se mit à songer aux différentes possibilités qui s’offraient à eux. « A votre avis, quelle pourrait être la raison la plus terrible pour laquelle vos parents annuleraient cette union ? » Matthew comptait plus sur les parents Bennett pour changer la donne, son père demeurant intraitable sur la question. Puis il en allait de la survie de son yacht pour cet été. Impossible pour lui de risquer ces vacances méritées !
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤   Jeu 15 Nov - 13:11

Non mais quel goujat ! Je suis terriblement mal à l’aise à l’idée qu’il croit que je voulais revoir son corps d’Apollon. Ce qui est inexact, bien qu’à la seule pensée de son corps, je me retrouve à rougir de façon violente. Mon dieu, si je viens à décéder sur le champ, mes yeux auraient alors vu de ces choses… Diantre, il faudrait que j’écrive mes mémoires afin de pouvoir mettre sur le papier le terrible récit de mon existence. J’en suis certaine que ce serait un bestseller, vendu dans le monde, les gens seraient effarés de lire qu’une si délicate personne a vu une chose aussi affreuse que ses attributs. Mais ce qui est le PIRE, c’est de se dire que… « C’était si imposant. » Je déclare à voix haute, avant de remarquer le regard curieux de mon hôte tandis que nous nous rendons aux écuries pour faire un peu de cheval. « CET ARBREEEE !! » Je hurle alors en tendant le doigt vers un chêne, très beau et très touffu. Mon dieu, va falloir que j’arrête de penser en dessous du pantalon parce que ça ne va plus. Sans doute faudrait-il que j’arrête de lire aussi cet essai sur le libertinage d’une époque passée que j’ai trouvé dans la bibliothèque de Jean Marc Emmanuel, cela me donne de telles idées, un peu comme si je perdais ma vertu. Il faut vraiment que je cesse de fréquenter cette chose répondant au nom de Matthieu. Il est en train de me pervertir par sa seule présence. Le fixant d’un air suspicieux, j’entreprends de m’écarter de lui, préférant parler de l’Angleterre à une distance respectueuse. Bizarrement, le fait d’être éloignée me fait élever la voix, mais ce n’est pas grave, je peux alors éloigner son aura malsaine.

Une fois dans l’écurie, je prends possession de mon cheval, appréciant le prénom de ce dernier. Après quelques mamours, nous nous mettons en route et durant le trajet, j’expose clairement mon point de vue à mon hôte. Nous ne devons pas nous marier et il doit se sacrifier au nom de nos non-fiancailles.  Je compte avoir mon prince charmant et non pas un gougnafier de ce genre, j’en suis sûre qu’il n’apporte pas le petit déjeuner au lit… En revanche au lit… « Rhaaaa allez-vous en !! » Je crie tout à coup en chassant les pensées érotiques d'un mouvement répétitif et vigoureux de la main, avant de me rendre compte, qu’encore une fois, je me suis exprimée à voix haute. « Il y avait une mouche, incroyable non ? » Je déclare avec un rire nerveux sachant qu’il n’y a pas une seule qui trône autour de moi. Mais bon, je me défends comme je peux, redevenant attentive à Matthieu qui préfère que ce soit moi qui fasse les choses. Selon lui, son père serait inflexible. Fronçant les sourcils, je l’écoute me conseiller d’être triste avec mes parents, de leur montrer que non, je ne peux pas me marier avec ce garçon, si peu poli. Bon sang, mais son père aurait dû lui claquer les fess… Les mains !! Avec une ceinture. Parce que là… Tout cela me dépasse.

Serrant un peu plus ma monture, je relève mon nez afin de me tenir droite et fière. « Sachez que c’est déjà fait, cher Monsieur. Mais les larmes et la mine triste n’ont pas eu leur effet. Pourtant, j’ai fait du théâtre et même mon professeur d’Arts dramatiques m’a conseillée de devenir actrice – que voulez-vous le talent – mais mes parents m’ont confirmé que je faisais une grave erreur et que non, je vous épouserai… Mon père m’a même dit qu’avec le temps, je le remercierai. » Je lâche un rire faux et aigu, digne d’une Comtesse en plein opéra. « Quelle plaisanterie incroyable. Il n’a pas passé dix minutes à vos côtés. Et de surcroit, il ne vous a pas vu, nu. » Je lui glisse un air sévère, lui rappelant que je suis émoustillée toujours choquée de sa façon de faire. Il est le responsable de tout, actuellement. « Attendez Matthew ! » Je déclare avant qu’il ne s’insurge de mes propos. « Je sais ce qui pourrait faire changer d’avis mon père ! » Je le fixe d’un air jovial. « Le VIOL ! Nous n’avons qu’à dire que j’ai été violée par vous ! C’est une très bonne idée et en gage de ma « sympathie », j’irais même jusqu’à ne pas porter plainte. Comme ça, mon père vous détestera et tout ira bien, vous pourrez continuer votre vie de débauche et moi, je pourrais me réserver à l’amour de ma vie : mon doux et merveilleux prince. » Dans mon esprit fantasque, tout se passera à merveille. « Et si vous êtes gentil après cela, je pourrais même vous donner la recette de mes cookies vegan et sans gluten dans lequel vous retrouverez un fondant comme vous n’en avez jamais mangé et vous resterez un monstre affreux ! » Je tends la main pour qu’il tape dedans et ajoute d’une voix enjouée. « ça marche partenaire ? »

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤   Mar 20 Nov - 22:38

Matthew possédait un mantra bien particulier concernant les femmes. Afin de ne pas gâter leur beauté d'une quelconque manière, il s'interdisait de les autoriser à parler, d'écouter ce qu'elles avaient à dire ou d'être un homme attentif. Dans le fond, elles appréciaient cela d'être ignorées. Cela les rendait plus dépendantes. Le Lord se targuait d'en connaître long dans le domaine féminin. Hélas, il n'avait pas suivi cette ligne de conduite concernant Héloïse Bennett. Et plus il l'écoutait, plus il en arrivait à la conclusion évidente qu'elle oscillait entre hystérie et démence. L'idée de faire un peu d'équitation lui parut soudain la pire du monde. Elle serait capable de l'assassiner dans une partie du domaine, de cacher son corps derrière un fourré, ou pire encore, de faire des rites sataniques en hurlant et en l'aspergeant de grenadine. Le jeune homme frémit à cette pensée atroce où sa merveilleuse dépouille serait souillée par les délires d'une psychopathe. Il lui fallait être sur ses gardes quand ils chevaucheraient leur monture. Par chance, il détenait un lien particulier avec son cheval et Matthew lui faisait pleinement confiance. S'il devait s'enfuir en cas de danger provenant de la brune, il détalerait comme un lapin. Il possédait déjà la désagréable impression qu'elle était sujette à des crises de démence violentes. Elle ne cessait de hurler à s'en rompre les cordes vocales. Si seulement c'était vrai... Peut-être que s'il lui claquait ce petit cul si joliment moulé dans son pantalon, il parviendrait à provoquer un hurlement si aigu que sa voix en pâtirait. Ainsi, il aurait la paix pour le reste du séjour, et la paix pour réfléchir posément à un plan pour contrer leur projet de mariage. Car, plus le temps s'écoulait, plus il possédait la certitude inébranlable qu'il ne pourrait jamais unir sa vie à la sienne.

D'ailleurs, une fois qu'ils eurent parcourus une bonne partie du domaine, elle engagea la conversation sur leur mariage. Lui, comme elle, partageaient le même sentiment, mais elle avait du mal à le comprendre. Se croyait-elle plus désirable que lui ? Des deux, il n'était pourtant pas le plus taré. Certes, il connaissait son petit caractère, mais il était bien plus simple à vivre que cette princesse sortie tout droit d'un conte. S'il n'en tenait qu'à lui, il l'aurait déjà envoyé à son prince charmant à coup de pieds dans le train. Froissé dans son honneur, il prit soin de remettre les choses à leur place. De plus, il n'était plus en son pouvoir de faire changer son père d'avis. Cela était même tout l'inverse. Trop de fois, Matthew s'était opposé à la volonté de son père concernant un mariage avec une jeune femme. Un nouveau refus ne pourrait être toléré. Il était pieds et poings liés. A présent, en observant du coin de l’œil la jeune femme, il regretta toutes ces prétendantes proposées par son père qu'il avait écarté de son chemin. Il aurait bien préféré être uni à n'importe qui d'autre plutôt qu'à cette furie française. Ainsi, il évoqua plutôt l'idée qu'elle plaide leur cause auprès de son propre père. Il n'avait suffi que de quelques rencontres pour qu'il comprenne à quel genre de parents il avait affaire. Ces derniers étaient aussi cinglés que leur fille, et ils la considéraient comme la première merveille de ce monde. Il y avait fort à parier qu'en chouinant un peu, elle parviendrait à les faire changer d'avis. Toutefois, ses parents semblaient être aussi peu conciliants que son père. D'un œil consterné, il l'écouta parler de ses talents théâtraux. « Manifestement, vous ne devez pas être si douée que cela. » nota-t-il avant de se vexer du discours de la brune. Décidément, elle avait le don de se montrer insultante en toutes circonstances. « Si votre père passait dix minutes avec moi, croyez bien qu'il annulerait son mariage en considérant que je ne mérite pas de subir un fléau tel que vous ! » Non mais pour qui se prenait-elle cette abrutie ? Resserrant les brides de son cheval, il reporta son regard sur l'horizon. Il lui fallait se calmer, réfléchir froidement et méthodiquement. Il n'était pas en reste de trouver de bonnes idées généralement. Quand soudain... « Attendez Matthew ! Je sais ce qui pourrait faire changer d'avis mon père ! » A l'engouement qui éclairait sa voix, elle obtint toute son attention. Avec toute la bonne volonté du monde, il l'écouta parler. Et là... ce fut comme s'il n'appartenait pas vraiment à cette réalité. Rêvait-il ? Appartenait-il bien à ce monde ? Héloïse Bennett existait-elle vraiment ? Est-ce que les mots qui sortaient de sa bouche détenaient vraiment ce sens-là ? Est-ce qu'il ne comprenait pas mal le français ? Est-ce que, ce fameux jour où il s'était pris une porte dans la tronche, il n'était pas tombé dans le coma et qu'il vivait un cauchemar sans fin ? Ou bien délirait-il complètement ? UN VIOL ?! EST-CE QU'ELLE SOUHAITAIT L'ACCUSER VRAIMENT DE VIOL ?!! Matthew la dévisagea comme si elle était la pire créature que cette terre pouvait porter, avec un mélange d'incrédulité, de dégoût et de colère. Et en plus, cette sombre conne leva sa main pour sceller ce deal. L'espace d'un instant, il ne parvint pas à réagir. Que répondre à cela ? Il oscillait entre rage et froide consternation. Finalement, ce fut le deuxième qui prit le dessus. Lentement, sa main s'approcha de celle d'Héloïse, mais au lieu de trouver le chemin de ses doigts, il claqua de toutes ses forces l'arrière-train du cheval de sa cavalière. La monture hennit de toutes ses forces, se rua brusquement. Sans qu'elle ne puisse se rattraper, la jeune fille culbuta en arrière et tomba à terre. Le cheval partit au galop sans demander son reste. Quant à la Lady, elle venait de s'écraser face contre terre dans la boue que les récentes averses avaient laissée. Matthew contempla son œuvre d’une froide satisfaction, avant de descendre de son cheval. Il s’approcha d’elle et se pencha un peu pour qu’elle l’entende bien. « Je crois avoir trouvé une solution toute indiquée pour empêcher ce mariage. Que diriez-vous d’un petit séjour dans un asile psychiatrique ? Car il me semble bien que vous n’êtes pas en possession de toute votre raison. » Il n’y avait nul sarcasme dans sa voix. Son ton n’invoquait plus qu’un sérieux glacial qui ordonnait à Héloïse de se taire et de ne rien dire ; ou sinon d’être complètement effrayée. Il l’agrippa par le bras, le soulevant légèrement pour que son visage crotté soit à sa hauteur. En d’autres circonstances, il se serait moqué de la piètre apparence de la jeune fille, mais le Lord n’avait plus envie de rire. « Je ne vous préviendrai qu’une seule fois, Héloïse Bennett. Ayez encore une idée de ce genre et je vous ferai vivre le pire des enfers. Vous vivez peut-être dans votre monde peuplé de princes charmants qui chient des papillons par le cul et où vous êtes une princesse qui chante tout ce qu’elle fait, mais apprenez que la vérité est toute autre. Vous ne pouvez pas détruire la réputation d’une autre personne avec des accusations aussi graves juste pour satisfaire vos caprices de gamine pourrie gâtée. Redescendez sur terre, espèce de démente. » Et pour faire bonne mesure, il la relâcha sans prévenir et elle s’effondra à nouveau dans la boue. Puis sans plus de cérémonie, il remonta à cheval. « Au fait, au cas où vous n’auriez pas compris, nous ne faisons pas affaire ensembles. Et je préfère encore être mariée à vous et vous haïr chaque jour de ma vie que d’être accusé de la sorte. » Il fit faire quelques pas à son monture, jetant à peine un regard à la pauvre malheureuse qui devrait rentrer à pied. « Bonne promenade, Princesse. »
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« Qu'est-ce que j'irai faire au Paradis quand je m'endors près de toi ? Qu'ils le donnent à d'autres le Paradis, moi je n'en voudrais pas. » + Héloïse ❤
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