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 « Princesse de la rue, sois la bienvenue dans mon cœur brisé » + Sirius

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Naïa Argent
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DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
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MessageSujet: « Princesse de la rue, sois la bienvenue dans mon cœur brisé » + Sirius   Mar 17 Juil - 15:16

« Mais voilà qu’il flotte, la lune se trotte, la princesse aussi. Sous le ciel sans lune, je pleure à la brune mon rêve évanouiiiii ! » Ma maman m’a toujours dit que ma voix était comme une perle lovée dans un écrin. Elle était précieuse, douce et tendre. Mais ce soir, elle s’éraille, elle a des ratés, elle manque de sa maîtrise et de son velouté. Hélas, je n'ai pourtant pas le choix, je dois chanter afin de pouvoir gagner un peu d'argent pour vivre. Les temps sont durs de nos jours. Petite fille, je n'avais qu'un rêve : devenir une grande chanteuse. Comme meilleurs alliés, je possédais l'espoir et une détermination sans borne. Tout est plus facile avec les yeux de l'enfance. Aujourd'hui, je serai prête à rencontrer mon double du passé pour la prendre dans mes bras, lui expliquer qu'elle courait après un destin de fumée et de poussière. Elle allait s'y casser les dents, s'écorcher les genoux, se briser l'âme à tenter d'attraper un rêve qui n'était que mirage. Un rêve qui me précipitait tout droit sur les trottoirs de Los Angeles, mendiant mon pain à la saveur de mes notes. Par chance, le temps était clément sur la côte ouest de l'Amérique. Je m'abîme la voix en chansons d'amours déçus, comme une vague se mourant sur les contreforts d'une falaise. Tout est morne en moi, gris, malheureux et dérisoire. Quand soudain… c'est la fulgurance. La réalité qui reprend le dessus et le mensonge qui se dissipe comme on éclaterait une bulle de savon. « Mais je suis une vraie chanteuse ! » je beugle bruyamment, me tapant le front du plat de la main. « Je suis Satine ! » Enthousiasmée par ce brusque revirement de situation, je saute à pieds joints du banc sur lequel je m'étais juchée pour entamer ma sérénade. Je me penche, récupère mon chapeau et le visse sur ma tête, sous le cliquetis de pièces de monnaie qui rebondissent sur le sol. « J'ai un métier, j'ai un avenir, je vis mon rêve ! » je chantonne à la volée à toutes les personnes qui passent non loin de moi tandis que je gambade gaiement le long de la plage de Venice Beach. Alors pourquoi ce vide au creux de tes entrailles et de ton âme ? Pourquoi ce hurlement dans ton cœur ? Pourquoi as-tu si mal dans le noir ?

À cette heure avancée de la nuit, l'animation est bien plus importante qu'il ne pourrait me sembler. A vrai dire, je n'ai pas la moindre idée de l'heure qu'il est. Mon monde n'est qu'une explosion de couleurs qui tapissent les dalles de rouge, d'orange, de jaune, de bleu, de vert et de rose. A moins que ce ne soit à cause de mes lunettes ? Comment est-ce que ces lunettes multicolores se sont retrouvées sur mon nez ? Pas la moindre bribe de mémoire ne manifeste à moi. Mon esprit est aussi lisse et impeccable que du papier blanc, motivant mon insouciance. Mais comme la marée, il tangue parfois et mes pas dévient, se raccrochent à des poteaux, ou des tout ce qui peut se trouver sur leur passage avant de reprendre la route fièrement. Pour aller où ? Je n'en ai pas la moindre idée non plus. À cette heure, c'est la lune qui me guide et je fonce droit sur elle. Puis brusquement, je me prends un poteau en pleine face. De surprise, je passe à déconcertée en réalisant que mon poteau possède des bras, des jambes, une tignasse hirsute et qu'il râle. Je crois que mon poteau est vivant… « Eh gamine ! Tu ne peux pas faire attention ? » Le poteau me fait face. Désormais, il a un visage, et une vilaine odeur d'alcool se dégage de lui. Sans doute à cause de la bière répandue sur son tee-shirt. Oui oui, le poteau est habillé. Je ne réponds que par un gloussement grotesque qui ne semble pas au goût de tout le monde. « Ça te fait rire, espèce de gourde ? Tu veux que je t'en colle une ? » Et là, je m'exclame en posant ma main sur ma poitrine telle une Antigone agonisante. Choquée, je plante aussitôt mes poings sur mes hanches. « Ah non ! Ce n'est pas bien ça, maman est trèèès en colère ! » Le ton faussement sentencieux que je prends se transforme en un grand éclat de rire suraigu. Mon doigt se pose sur le nez de l'homme à la bière. « La violence ne résout rien, petit chenapan ! » Sur ces paroles dignes d'un conte de fées, je m’éclipse sous les jurons de ce poteau peu aimable. L'air du soir me fait du bien. La brise s'engouffre dans ma chevelure sombre et me vivifie. Mais pourquoi suis-je toute seule sur les routes ? Où donc est-ce que je me dirige ? Pourquoi cette gorge qui se serre dès que mes pensées veulent m'imposer de récents souvenirs ? Non, je dois oublier. Je ne dois pas penser. Mon inconscient prend le dessus dans cette danse incongrue de mon esprit et mène mon corps pantelant vers un nouveau bar. « Ton meilleur breuvage, tavernier ! » je m'exclame en frappant du plat de ma paume sur le comptoir d'un bar où je viens de m'engouffrer. Si le serveur se montre sceptique au départ, il l'est  beaucoup moins quand je pose mon chapeau et qu'un billet oublié s'en échappe. En moins de deux minutes, je me retrouve avec un précieux mojito entre les mains. Ma soif n'en est que plus grande en sentant cette divine odeur de rhum, de menthe de sucre et de citron. Instantanément, je songe à Héloïse et à notre première cuite du début de l'année. Dire qu'à ce moment-là je n'étais pas encore Satine et qu'Héloïse vivait tout juste les prémices de son histoire d'amour ! Une nouvelle fulgurance me frappe de plein fouet. « Mais c'est ma coloc ! Ça veut dire que j'ai un appartement ! » Nul besoin d'écumer les bras jusqu'au bout de la nuit ! J'ai un chez-moi, une chambre, un lit, des draps. Et brusquement, il me vient le désir impérieux de me jeter dans ce cocon de douceur et d'amour. Est-ce qu'Héloïse aurait concocté son fameux bananabread sans gluten ? J'en salive d'avance !! Pour la peine, j'en sollicite l'assistance. « Braves gens, je vous remercie de votre assistance ! Grâce à vous, j'ai désormais un toit sur la tête ! » J'applaudis pour la cause, guère suivie dans mon énergie hormis par un homme presque aussi bourré que moi. Je le salue bien bas avant de reprendre mon envol vers mon domicile douillet.
Et je trotte, je flotte, je vogue, tout cela à la fois entre les rues de Los Angeles. J'emprunte des chemins qui me semblent familiers, qui se rappellent à ma mémoire sans véritablement réaliser que je m'engage à l'opposé de mon propre domicile. Cela ne m'empêche toutefois pas de tenter d'insérer mes clefs dans la serrure d'une porte que je choisis comme étant la mienne. A ce moment de ma vie, il ne fait pas l’ombre d’un doute que cette résidence est la mienne. Sauf que la porte ne veut pas s’ouvrir. Je fronce les sourcils, malheureuse. « Pourquoi tu ne t’ouvres pas ? J’ai dit quelque chose de mal ? » Brusquement, je réalise l’incohérence de ma pensée. La porte dort ! Il doit être si tard en même temps, il était évident qu’elle n’allait pas m’attendre toute la nuit. Aussi, je m’empresse de faire taire la personne qui s’exprime à côté de moi. « Chuuut ! Vous allez réveiller la porte. » Dans l’obscurité de la nuit, je ne reconnais pas la figure très familière qui s’est approchée de moi. Au contraire, je m’assois sur la marche, grattant sur le bois de la porte close comme un chat désireux de rentrer chez lui. « Ouvre-moi la porte, toi qui as la cleeef ! » je chantonne doucement, la voix chargée de brume et d’alcool.
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Sirius Clark
Admin Kiki Volage
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MessageSujet: Re: « Princesse de la rue, sois la bienvenue dans mon cœur brisé » + Sirius   Mer 18 Juil - 18:16

Sa main glissa le long des courbes qu’il découvrait doucement, le regard dévorant celle qui venait de se dénuder devant lui. Rencontre inattendue dans un bar en bas de chez lui, elle était en vacance, en quête d’aventure, dans un appartement d’un immeuble voisin. Il n’avait pas eu besoin de faire grand chose pour pouvoir la convaincre de passer la nuit avec lui. Sourire aux lèvres, il découvrait celle qui convoitait ce soir, mince, la peau tannée par le soleil et de longs cheveux noirs, jamais il n’avait encore trouvé une femme telle qu’elle. Elle avait dansé longtemps ce soir, n’avait pas rechigné lorsque Sirius s’était joint à elle quelques instants après avoir accepter son verre. Ils avaient dansé, discuté mais très peu, puis s’étaient embrassé de longues minutes avant qu’elle ne lui propose elle-même de rentrer chez elle, ensemble. On le connaît tous, il ne refuse jamais une soirée en bonne et douce compagnie, il aime bien trop les plaisirs de la chair que pour les refuser tel un parfait gentleman. Il sait qu’elle ne cherche rien, qu’elle s’amuse et c’est parfait pour lui. Une situation qui les arrange tous les deux, l’histoire de passer quelques heures en compagnie de l’autre pour ne plus jamais se revoir ensuite. Elle rentrera chez elle et Sirius continuera de passer son chemin sur Los Angeles.
Deux heures. Il venait de passer deux heures à, non pas coucher avec cette fille, mais à la consoler ! Cette dernière c’était mise à pleurer à l’instant même où les mains du bellâtre se sont glissées dans son dos pour dégrafer son soutien-gorge. Elle l’avait alors gentiment arrêté dans son mouvement et avait déclaré qu’elle n’était en réalité pas prête. Sidéré, l’homme l’avait regardé droit dans les yeux sans savoir comment réagir : fallait-il prendre la remarque au sérieux ou pouvait-il en rire ? Ce sont les larmes coincées aux coins des yeux de la belle qui lui firent remarquer tout le sérieux de la situation. Sirius avait rapidement renfilé son t-shirt alors qu’elle se mit en marche vers la cuisine de l’appartement. Alors qu’il était prêt à partir, elle se mit à parler, parler et parler … De son ex, de sa famille, de ses problèmes de fille dont il n’a rien à faire. Mais il l’a écoutée, prit au piège par cette fille qui venait de le prendre dans ses bras en éclatant en pleurs. Après un long soupir, il avait capitulé et s’était assis avec elle sur le canapé, ajoutant des réponses brèves à ce qu’elle disait, pleurant sur ses genoux jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Une fois bien endormie, il se dégagea des bras de la douce avant de filer, se retrouvant dans un couloir qu’il pensait calme …

Mais non. Rien ne pouvait être normal ce soir. Une autre femme se trouvait là, parlant à … à quoi au juste ? Il n’en avait rien à faire mais il était hors de question que cette folle réveille l’autre folle de l’autre côté du mur ! « Tu ne veux pas te taire ?! » Murmure-t-il avec colère mais aussi frustré. Très frustré. Lui qui pensait passer une agréable soirée … Mais au lieu d’avoir une réponse cohérente, la jeune femme lui fit signe de se taire car … la porte dort ? Vraiment ? Sirius eut beaucoup de mal à contenir le rire qui montait, la silhouette, la voix … Elle lui semblait soudainement familière au delà de son attitude. Mais oui, évidemment ! Ces jambes de folie ainsi que cette taille de guêpe ne pouvaient que provenir de la même famille. Il se frappe le front de la main en réalisant qu’il s’agissait bien de Naïa qui prenait place devant la porte, assise, espérant désespérément qu’elle s’ouvre. Sauf qu’elle ne vivait pas ici, pas du tout … Il le sait, il est déjà passé prendre Caleb en bas de chez elle lorsqu’ils partaient tous deux en virée. Le bon Dieu devait vraiment lui en vouloir pour lui coller une soirée telle que celle-ci, il leva les yeux au ciel en murmurant : « Mais qu’est ce que j’ai bien pu te faire ?! » Nouveau soupir, il l’observa quelques secondes avant de rire de la situation. Oui, Dieu le détestait vraiment et allait lui faire payer les conneries qu’il avait bien pu faire. Il s’avança vers Naïa, sourire aux lèvres, amusé de l’état dans lequel elle se retrouve. « Naïa ? Tu te souviens de moi ? » Il se rendit compte de la stupidité de sa question, dans cet état il y avait peu de chance qu’elle se souvienne de lui. « Tu connais la personne qui vit ici ? » Demande-t-il, riant une nouvelle fois en remarquant que, pour ne pas changer de la première, cette deuxième question était stupide, elle aussi. Après un instant, il fini par lui tendre les mains pour l’aider à se relever. « Allez viens, je peux pas te laisser ici. » Après ça, le grand chef là-haut à intérêt de le laver de tout karma, il fait actuellement sa Béa de l’année et n’est pas prêt de recommencer. Mais c’est Naïa, c’est encore la copine de Caleb aux dernières nouvelles de ce dernier puis … C’est la sœur de Sam. Alors autant montrer qu’il peut être sympa pour gagner des points pour retrouver les soirées torrides qu’il passait en compagnie de celle avec qui il a un enfant.
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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: « Princesse de la rue, sois la bienvenue dans mon cœur brisé » + Sirius   Jeu 19 Juil - 14:58

C’est la terre qui gigote à m’en donner le tournis, à croire qu’elle ne sait pas se tenir en place. Si bien que je finis par croire que notre belle sphère est juchée sur une balançoire dont elle refuse de descendre. Sauf que nous, pauvres voyageurs de sa voûte, nous en subissons les affres ce soir. C’est presque si mes ongles ne se fichent pas dans le bois de la porte. Sans doute le pourraient-ils si le renforcement de la porte n’était pas ingénieusement fait d’un vernis qui en lissait la surface. Même mes gratouilles pour réveiller le passage ne produisent pas un bruit suffisamment conséquent pour mener à bien mon entreprise. Alors je demeure échouée au sol, fredonnant quelques airs de musique, mais à mesure que le temps file, je me demande si je ne l’endors pas plus que je ne l’éveille ! Pauvre de moi qui n’agis jamais comme je le devrais ! Mon esprit dérive comme une feuille sur un cours d’eau et m’amène vers des rivages plus mélancoliques. Un visage se greffe sur ma rétine, si familier et douloureux à la fois que mon cœur se fend rien que d’y penser. Du bout des lèvres, j’effleure son prénom « Caleb ». Un vide immense se creuse au fond de mes entrailles en sachant que tout ceci est fini, qu’il ne sera plus qu’un souvenir qui viendra orner ma mémoire. Et ça fait mal, comme un poison qui se gangrène dans mes veines et qui m’attaque la chair. Puis mes pensées se tassent, s’assombrissent, s’ankylosent et rampent jusqu’à moi dans une danse macabre. Je m’accule jusqu’aux confins de moi-même, mais une fois de plus, je ne peux échapper à ça qui se manifeste à moi dans mes heures les plus vulnérables. Ça ne me laisse aucun répit. Ça qui veut franchir la barrière de ma mémoire. Ça qui veut me faire du mal, torturer mes chairs, brutaliser mon âme, assécher mon cœur et broyer les entrailles. Alors dans un cri désespéré de mon âme, je rejette ces images qui éclatent en moi comme un millier de flashs de photographie. Je bannie la douleur atroce, cette main qui broyait la mienne, ce corps qui malmenait le mien, cette bouche qui me parjurait, cette voix qui m’humiliait… Tous ces instantanés qui m’empêchent de vivre et d’exister, d’aimer et d’accepter. Tout ce qui fait que je n’ai pas réussi à garder Caleb, à me montrer vaillante. Car j’ai peur et que je suis lâche. Je ne suis que ça.

« Chuuut ! Je l’endooors ! » je réponds en murmurant à la haute silhouette qui me surplombe. Mon esprit divague à nouveau, se prend de vertige et j’émets un gloussement étouffé. Je ne relève le nez que lorsqu’il est pris du même désespoir que moi. « Mais qu’est-ce que j’ai bien pu te faire ? » - « A vous aussi, la porte vous fait la tête ? » Manifestement, cette porte détient un sale caractère. Je reprends donc mes caresses sans prêter attention au rire qui agite mon compagnon de fortune. L’univers est comme une bulle immense qui me tient lovée contre son cœur. Ça tournicote, ça chante, ça danse… tout cela à la fois dans une ronde parfaitement charmante. De nouveau, l’inconnu s’adresse à moi en parfaite connaissance de mon nom. Un merveilleux sourire pare mes lèvres. « Whaaa je suis déjà célèbre ! » Reconnaître l’ex-petit ami de ma sœur ? Reconnaître le père de ma nièce Mia ? Reconnaître le meilleur ami de Caleb ? Étrangement, non. Pourtant, je scrute suffisamment son visage de mes yeux vitreux pour pouvoir lui faire un commentaire. « Dieu que vous êtes poilu ! » Une barbe fournie mange la moitié de son visage dans la plus pure des insouciances. « Je comprends que vous ne vouliez pas vexer votre barbe, mais il y a une peau qui a besoin de respirer là-dessous. » Soule, toutes mes personnifications du monde qui m’entoure peuvent prendre des proportions énormes. Je reçois une seconde question qui me fait glousser, sans parvenir à trouver la réponse. « Chez moi ? » Je demande plus que je n’affirme la chose. En vérité, je n’ai absolument pas la moindre idée d’où je me trouve. « Nous sommes des enfants du monde ! Notre maison est partouuut ! » J’ouvre grands les bras pour annoncer ma diatribe emphatique, manquant de me faire perdre l’équilibre par la soudaineté de mon geste. « La Terre n’est pas très stable, vous ne trouvez pas ? » Par réflexe, ma main attrape celle qu’il me tend. N’importe qui pourrait se présenter à moi que je le suivrai les yeux fermés à cette heure si avancée de la nuit. Je me retrouve sur mes deux jambes laborieusement, devant continuer à m’accrocher à la main de cet étranger. Mon rire se fait à nouveau entendre avant que je ne chuchote quelques mots. « Je crois que le monde est en train de jouer à la balançoire. » Ce qui expliquerait ce roulis incessant ! Je me laisse guider hors de la résidence, accueillie bientôt par l’air frais de la nuit. C’est un miracle que je parvienne à rester sur mes pieds, mais je ne suis pas assez lucide pour comprendre que mon miracle réside en deux bras qui me soutiennent. Et soudain, comme si l'air extérieur m'avait donné une vitalité nouvelle, je jaillis sur mes jambes, sautillant sur le trottoir avec entrain. A cet instant de ma vie où mon esprit n'est pas le plus éclairé, où ma vision est trouble et où ma raison est indolente, je rassemble tout ce qu'il y a de plus mature en moi pour me jeter sur l'inconnu, lui toucher le bras, et hurler à plein poumons. « C'est toi le louuup ! » Sûrement un autre que mon ex beau-frère n'aurait pas hésité une seconde de plus à s'en aller, mais il fallait croire que Sirius se sentait investi d'une mission supérieure car il courut sur mes talons quelques secondes plus tard. Les miracles s'amoncellent et j'ignore par quel prodige je parviens à conserver une trajectoire presque droite et à ne pas m'emmêler les jambes comme une bécasse. Je jette parfois des regards derrière moi, éclatée de rire de voir qu'il maintienne sa course. Et soudain… c'est le drame ! N'ayant pas observé devant moi, je heurte quelqu'un ou quelque chose de plein fouet. Premièrement sonnée, je reconnais bien vite mon obstacle. « Bordel, encore toi ?! » enrage le même poteau que tout à l'heure, à nouveau le tee-shirt imbibé de bière. Digne, je ne parviens qu'à offrir un ricanement pathétique qui n'est pas à son goût. « Ça te fait rire ?! Cette fois, tu vas me la payer ma bière ! » Sur ses mots lancés avec colère, il m'agrippe violement le bras. Une terreur indicible me saisit, mais pas pour les bonnes raisons. « LE POTEAU A DES BRAS ! » Je beugle de toutes mes forces à travers Venice Beach, effrayée comme jamais pas cette constatation surnaturelle. Car jusqu'ici, le fait qu'il parle ne m'a jamais causé de problème particulier.
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Sirius Clark
Admin Kiki Volage
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MessageSujet: Re: « Princesse de la rue, sois la bienvenue dans mon cœur brisé » + Sirius   Mar 31 Juil - 18:45

Il aurait pu rire de la situation, se moquer d’elle quelques minutes avant de la laisser simplement plantée là et qu’elle se débrouille pour rentrer chez elle mais au lieu de faire cela, il s’arrêta en se demandant s’il ne valait pas mieux qu’il la ramène chez lui. Un endroit où elle n’était pas prête de rencontrer un parfait demeuré qui serait capable de la séquestrer dans sa cave jusqu’à sa mort. Non, Caleb ne lui pardonnerait jamais de laisser Naïa livrée à elle-même en étant complètement ivre dans la rue. Pire, devant une porte qui n’est pas la sienne et dont les propriétaires risquent de s’énerver très rapidement s’ils venaient à la voir ou l’entendre et l’histoire se terminerait chez les flics et avec une belle amende derrière. Mais même s’il s’apprête à faire sa bonne action de l’année cela ne l’empêche pas de rire aux éclats en l’écoutant parler. Cette dernière avait même la folie de se croire déjà célèbre et de croire qu’une porte peut faire du mal à quelqu’un. Mis à part qu’elle peut se refermer sur les doigts ou être claquée devant un nez elle ne pouvait pas faire grand chose de mal au final. Mais la suite le fait tout de suite moins rire, elle ose s’attaquer à sa pilosité dont il est si fier. Toute sa renommée se base sur le charme de la barbe, il en fait même un atout majeur lors de ses cessions de dragues intenses, d’ailleurs ce soir il est presque certain qu’elle l’avait aidé à monter dans l’appartement de cette fille. Ou alors c’est un mauvais exemple vu qu’elle a fini par pleurer sur son sort le restant de la soirée pour laisser un Sirius plus que frustré. « Ne t’inquiète pas pour ma peau ! » Et se rendant compte qu’elle était complètement bourrée et qu’elle allait croire n’importe quoi il ajouta avec un petit rire : « Tu oserais tuer ma barbe ? Tu sais que c’est illégal de tuer quelqu’un ? » Il lui sourit et s’exclame haut et fort que les enfants de la terre possèdent leur maison partout … Ok, là, il ne sait absolument pas comment il va bien pouvoir réussir à convaincre cette nana qu’elle est complètement hors service pour ce soir et qu’il vaut mieux qu’elle se prenne une bonne nuit de sommeil et aussi boire deux bons litres d’eau.

« Non effectivement, i paraît qu’elle tourne pour nous faire tomber, comme dans un rodéo ! » Se moque-t-il gentiment alors qu’il lui tend la main pour l’aider à se remettre sur ses jambes. Naïa marmonne que le monde joue à la balançoire et il se contente de rire de plus belle en essayant de la maintenir debout pour pouvoir quitter la résidence et faire quelques pas dehors. Malheureusement pour lui lorsqu’une soirée commence très mal elle fini généralement très mal et il sent les conneries arriver à grande enjambée lorsque la demoiselle se met à courir en retrouvant l’air frais. La main de Sirius vient se claquer sur son front, il n’a aucune idée de comment gérer une personne dans cet état et elle n’était pas prête à lui donner un petit coup de main, pour le coup il allait devoir se débrouiller seul pour qu’une fille complètement soûle rentre dans son appartement juste pour être en sécurité la nuit. Mon Dieu cette grande première que nous vivons ! Naïa se mit alors à toucher un inconnu comme si elle se retrouvait dans une coure de récréation et quelques années de moins pour relancer l’un de ses jeux d’enfants des plus célèbres. Le type se retourna vers la demoiselle qui se prenait un grand grain de folie et Sirius se lança à sa poursuite en accélérant l’allure. Il ignora l’inconnu qui grommelait en continuant de fixer la brune, elle regardait par moment derrière elle sans regarder où elle allait et là … « Naïa attention ! » Mais trop tard, cette dernière fini dans les bras d’un nouvel inconnu qui, apparemment, ne lui est pas si inconnu que ça. « Fait chier … » Murmure-t-il avant d’arriver à la hauteur des deux personnes au moment même où Naïa se met de nouveau à hurler des conneries. Sauf que la situation était un peu plus compliqué qu’elle n’en avait l’air … Le type lui tenait le bras et n’était pas prêt à la laisser repartir.

« Il faut l’excuser, ma sœur est complètement soûle ce soir, elle vit une période très difficile et elle se noie dans l’alcool … » Comme Sirius sur un ton mi inquiet, mi amusé dont il espérait beaucoup de chose. Sauf que non. « J’en ai rien à faire, c’est déjà la deuxième fois qu’elle fait de la merde ! Elle paye ma bière ! » Ok, visiblement la conversation est inutile car il était lui-même alcoolisé. Sirius sortit son porte feuille pour tendre un billet à l’homme, ce qui payait largement deux ou trois bières. « C’est pas assez ! » Sirius lui jeta un coup d’œil mauvais tout en lui faisant lâcher Naïa en lui saisissant lui-même son bras. « C’est plus qu’assez alors tu vas nous laisser passer tranquillement et retourner à ta soirée. » Se veut-il intimidant en saisissant Naïa par la main pour pouvoir reprendre leur chemin. « Tu veux bien rester près de moi maintenant ? Je n’ai pas vraiment envie de me prendre un poing dans la gueule ce soir ! » Râle le brun sur son ex-belle sœur en jetant des coups d’œil par dessus son épaule pour vérifier que l’autre imbécile reste bien à sa place.
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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: « Princesse de la rue, sois la bienvenue dans mon cœur brisé » + Sirius   Mer 1 Aoû - 17:24

« Tuer votre barbe ? Grand Dieu, je ne suis pas une criminelle ! » je m’insurge d’une voix plus aigüe que la moyenne. Aussitôt, je prends conscience de l’horreur de mes propos. J’ai songé à cette peau qui ne pouvait plus respirer plutôt qu’à ce poil luisant qui ne demandait qu’à vivre et à parader sous l’éclat du grand astre. La culpabilité me ronge brusquement, et sans doute aurais-je pu continuer à m’apitoyer sur ma cruauté si le monde ne s’était pas à nouveau mis à tanguer. En dépit du malaise que cela me procure, je ne peux pas m’empêcher de glousser. C’est comme être sur un grand 8, ou faire de la balançoire les yeux fermés. Ça me chatouille dans les entrailles tel un manège et je souris de plus belle. A ce moment-là, le visage de Caleb danse à peine dans mon esprit et il s’estompe dans le roulis de mes pensées. Une fois sur mes deux jambes, il semble que je retrouve un brin de stabilité. Je devrais râler que l’on m’éloigne ainsi de mon appartement, mais à cette heure, j’ai oublié où je devais aller, qui j’étais et quelle était ma motivation première en débarquant en ces lieux. D’ailleurs, dans un bref éclat de lucidité, je réalise que cette résidence ne correspond absolument pas à celle que j’habite avec Héloïse. Oh, Héloïse ! Elle doit sûrement se faire du souci. Mais au moment où je songe à cela, un nouvel éclair de lucidité me transperce. Un peu plus tôt dans la soirée, elle m’avait annoncée qu’elle ne serait pas là ce soir. J’étais avec elle lorsqu’elle avait reçu le fameux message où elle était invitée à la demeure du père de Matthew pour s’entretenir avec lui. D’aucun y aurait vu un piège sordide orchestré par un esprit retors, mais ma nature était semblable à celle d’Héloïse. Naïves, nous n’y avions vu que l’espoir flamboyant d’une éventuelle réconciliation. Hélas, je ne suis pas encore en mesure d’affirmer combien nous avions tort… « Attrape-moi si tu peux ! » je beugle à travers les rues animées de Los Angeles, ayant retrouvé toute ma vitalité, comme si ces quelques secondes de répit collée à la porte avaient suffi. Je cours à toutes jambes, coursée miraculeusement par le fameux homme à la barbe. Plus lucide, sans doute aurais-je pu le reconnaître, mais pas encore. Pour l’instant, il m’apparaît comme étant un formidable camarade de jeu. Je suis d’autant plus satisfaite qu’il ne parvient pas à me rattraper immédiatement. Je n’ai jamais été une grande sportive et je suis rapidement essoufflée à l’effort. Mais depuis que Monsieur Goldstein m’avait fait subir un entraînement intensif au vue de la comédie musicale, je détiens une endurance excellente ! Enfin cela, c’est jusqu’à ce que je me prenne un poteau de plein fouet. Le fameux poteau qui sait parler et qui empeste l’alcool. Si la première fois, je m’en suis aisément détournée, ce n’est pas le cas cette fois. Ce dernier m’agrippe avec son bras, me causant une frayeur atroce. Non pas à cause de son ton menaçant, mais bien parce qu’il détient des bras ! Une fois encore, pour une raison surréaliste encore, mon héros barbu me vient en aide. « Konan ?! » je m’exclame soudain quand il affirme que je suis sa sœur. J’écarquille de grands yeux, scrutant chaque détail de son visage tandis qu’il est en train de régler l’affaire avec le poteau. D’ailleurs, c’est aussi lui qui reprend possession de mon bras et qui m’emmène plus loin. Je jette un regard derrière nous, constatant que la rixe avec le poteau est achevée. Toute mon attention se focalise à nouveau sur le personnage mystère.

« Mais tu n’es pas Konan ! » j’affirme haut et fort, me détachant d’un pas de lui. Non, mais frère a le visage bien plus glabre, il n’est pas aussi grand et il a les épaules moins larges. Et surtout, il est moins vieux. De la part de l’inconnu, j’obtiens des explications qui me laissent perplexe. Je ne détaille plus encore à travers le rose de mes lunettes multicolores. « Sirius ? Comme dans Harry Potter ? C’est pour ça que tu es aussi poilu ? Tu vas te transformer en chien ? » Pour le coup, je suis prête à le ramener chez moi juste pour le présenter à Héloïse rêve pas trop, ça n’arrivera jamais fuck. Certains soirs, il nous arrive de regarder des Harry Potter jusqu’à tard, grandes fans que nous sommes de la saga. Cette distraction suffit à me faire oublier qu’il est un inconnu et je ne suis pas censée parler avec les inconnus. J’ai bien été élevée par mes parents, moi ! « Dis dis dis ! On fait quoi maintenant ? Et si on allait sur la plage ? On pourrait aller nager ? On trouve une fête foraine ? » Je sautille en tapant dans mes mains devant lui comme une enfant surexcitée. Mais avant qu’il n’ait pu formuler sa pensée, une fulgurance me traverse. « Je veux une glaaaace ! » Ma main agrippe d’autorité celle du héros barbu et nous repartons à travers Venice Beach à la recherche d’un glacier. Finalement, nous en voyons un qui trouve ma préférence. En soi, je ne suis pas très compliquée. « Je veux la framboiiiise ! J’adore la framboise ! Et goût mojitoooo ! Et toi, inconnu à la toison chatoyante ? Je t’invite ! » Joignant le geste à la parole, je sors quelques dollars de ma poche que je pose sur le comptoir. Bien plus qu’il n’en faut, mais je m’en fous. Nous repartons avec nos deux cornets de glace. « Mmmh, c’est trooop booooon ! Tu veux goûter ? » Je lui plante le cornet près du visage avant qu’il n’ait pu donner son avis, mais je lui colle simplement la glace dans le nez. Je me mets à glousser de le voir barbouillé du sorbet. « Oups, pardon ! » Mes pas nous guident jusqu’à la plage où nous marchons sur le sable rafraîchi par l’air du soir. Je gambade gaiement, manquant plusieurs de perdre l’équilibre mais je suis généralement secourue par une main qui me rattrape par le bras sans que je ne m’en rende compte. Je décide de faire la parlote. « Tu sais quoi ? Bah avec mon petit copain, notre premier rencard, on est allé manger une glace sur la plage ! » J’annonce cela, toute fière de moi, jusqu’à ce que la réalité ne me revienne en pleine face. Je m’immobilise brusquement, les prunelles fixées sur le vide et le cœur écrasé de chagrin. L’instant d’après, je tombe à genoux avec théâtralité. « Oh mais c’est vrai… il m’a plaquée… » je bredouille d’une voix pathétique avant d’éclater en sanglots comme une enfant. J’en laisse tomber ma glace qui s’échoue dans le sable. « Tout ça parce que je suis trop nuuulle... ! » Naïa, rupture, acte II, scène 1.
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