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 « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤

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Matthew McGregor
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Matthew McGregor
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MessageSujet: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyMar 17 Juil - 23:08


« Sans doute suis-je un soleil pour toi, mais à mes yeux, tu es bien plus. Tu m’es apparue un jour, sans crier garde. Je n’ai même pas eu le temps de me défendre, ni même de m’en rendre compte… et je suis tombé amoureux de toi. Tu n’es pas un soleil qui m’éblouit, tu es celle qui m’a réveillé. Tu avais raison quand tu disais que je ne connaissais rien sur l’amour alors que je savais si bien l’écrire… c’est un sentiment que j’ai voulu oublier, que j’ai destiné à la nuit et aux ténèbres. Je n’en voulais pas. Je n’en voulais plus… Mais maintenant, tu es là. Ma Héloïse… Ma douce Héloïse. Mais je ne peux pas t’aimer comme ça. Je voudrais t’aimer tellement mieux… Tu es cette femme unique qui ne doit pas être aimée à moitié, mais entièrement et simplement. Je voudrais pouvoir te promettre que je t’aimerai comme tu le mérites parce que mon corps et mon âme me le crient chaque seconde que je passe avec toi, mais j’ai peur de t’aimer à peu près, de ne pas mériter tout cela. Je voudrais être entièrement digne de toi. Je voudrais t’aimer mieux, Héloïse Bennett… »


***

Les prunelles de Matthew, aussi acérées que des griffes de faucon, étudiaient scrupuleusement chaque détail des premières ébauches de couverture qui lui étaient proposées pour un titre phare qui paraîtrait prochainement. Face à lui, les deux graphistes missionnés pour cette tâche importante n’osaient plus respirer ou même bouger un muscle. Ils évitaient même d’échanger le moindre regard, de peur d’afficher trop ouvertement leur détresse. Matthew McGregor était un patron terriblement exigeant, parfois trop, et il ne mâchait généralement par ses mots pour afficher son opinion. Toutefois, il n’en était pas moins respecté pour son professionnalisme et ses sentences qui demeuraient rudes, mais toujours justes. Voilà plusieurs minutes qu’il s’abimait les yeux sur les créations étalées sur son bureau, silencieux comme les pierres. Les deux employés avaient beau avoir plusieurs années de service au sein des éditions McGregor, ils n’étaient toujours pas parvenus à déchiffrer la moindre expression de leur patron. Ils n’eurent la sentence tant redoutée que lorsqu’il secoua la tête en réprimant un soupir ennuyé. « Cela ne me plaît pas du tout. Vous pouvez faire bien mieux que cela. Je ne ressens pas du tout l’âme du bouquin dans ces couvertures. » Quelques éléments étaient bons, mais l’ensemble n’était pas harmonieux. Aux yeux de l’éditeur, c’était rédhibitoire. Quelquefois, il se demandait sur les équipes de graphisme comprenaient bien l’enjeu des visuels de couverture. « La couverture d’un ouvrage est la première chose qu’un lecteur voit en librairie ou sur les affiches. C’est ce qui doit accrocher l’œil en premier. Si la création est insipide, elle ne va pas attirer le regard. Il faut recommencer. » Un nouveau travail mis à terre par les inflexions de Matthew. Sauf qu’il ne démordrait pas. Si la couverture n’était pas bonne, c’était toute la chaîne de communication, de commercialisation et de diffusion qui était bonne à jeter à la poubelle. Les éditions McGregor n’étaient pas destinées à afficher du médiocre ou de l’à-peu-près. Matthew se laissa retomber lentement sur le dossier de son fauteuil, relâchant les feuilles qu’il tenait entre les mains, songeur. « Cela n’a pas été facile de parvenir à trouver un bon compromis entre toutes les exigences souhaitées… » amorça l’un des graphistes avec assurance, mais il fut coupé par le regard froid de Matthew. « C’est censé m’attendrir ? » Son ton était placide, ôtant tout courage aux employés qui commencèrent à partir avec leurs ébauches après qu'il leur ait donné de nouvelles directives. Ils n’étaient guère en position de parlementer. Au même moment, tandis qu’ils gagnaient la sortie, un poing s’abattit timidement sur le plat de la porte. Le cœur de Matthew fit un bond dans sa poitrine en reconnaissant la figure si familière qui tenait un monticule de dossiers dans ses bras. Une chevelure brune nouée en chignon négligé au-dessus de la tête, des lunettes vissées sur le bout du nez, un visage adorablement rougissant et des attitudes un peu gauches… c’était Héloïse.

« Entendons-nous ainsi, Héloïse. Je le reconnais, je n’ai pas eu la bonne attitude avec vous et je m’en excuse. J’étais dans un instant de faiblesse et j’ai agis inconsidérément. Considérez que tout ceci ne s’est pas passé. Vous êtes un élément bien trop important et talentueux pour que j’accepte de vous perdre pour une histoire aussi bête. Je vous estime trop et vous respecte trop. Faisons table rase de passé et oublions tout ce qui a pu se passer. Est-ce que cela vous convient, Héloïse ? »

C’était au retour du Japon que ce pacte avait été scellé. En signe de bonne foi, à la fin de son contrat d’apprentissage, Matthew avait engagé Héloïse en CDI aux éditions McGregor en tant qu’assistante d’édition de la collection principale. Deux mois s’étaient écoulés depuis leur retour du pays nippone et la vie reprenait son cours normal. Au départ, cela n’avait pas été simple, mais avec le temps, la gêne s’était estompée et ils avaient repris cette relation d’autrefois. L’éditeur avait à cœur de fournir tous les efforts possibles et inimaginables pour ne plus gâter cette relation particulière qu’ils détenaient et sur laquelle on jasait au bureau. Mais peu lui importait, il savait que tout ceci se déroulait dans un respect mutuel, contrairement à la manière dont il avait pu traiter toutes ses différentes employées d’autrefois. A vrai dire, il souhaitait tant que les choses se passent bien –pour ne plus revoir le chagrin sur le visage d’Héloïse- qu’il était parvenu à se convaincre farouchement que les élans de son cœur n’étaient dus qu’à un moment d’égarement et qu’il ne résidait plus aucune ambiguïté entre eux. « Héloïse, vous tombez à pique. J’avais justement besoin de ces dossiers, posez-les sur mon bureau. » La jeune femme avait eu tout les mois de juillet et août pour souffler. Elle avait obtenu son diplôme au début de l’été. En signe de bonne foi, Matthew s’était même rendue à la remise de ses diplômes, puisqu’elle s’était distinguée en étant la meilleure de sa promotion. Voilà seulement trois jours qu’elle avait pris ses fonctions à la maison d’édition, prenant possession d’un bureau personnel. Matthew se redressa de son fauteuil pour attraper le premier dossier de la pile et le feuilleter avec attention. Héloïse n’était toujours pas partie. Il releva son regard profond sur elle. « Je suis navré, je n’ai pas vraiment eu le temps de venir vous voir depuis le début de la semaine. Vous reprenez facilement vos marques ? » En dépit de tous les efforts qu’il manifestait pour n’afficher aucune gêne, il sentait chaque fibre de son être qui était tendue mais il fit taire ce sentiment en repartant à l’étude distraite de son dossier.
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Héloïse Bennett
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptySam 18 Aoû - 21:32

Je m’appelle Héloïse Bennett, j’ai vingt-quatre ans. Je suis assistante de direction dans une Maison d’Édition très réputée, à un poste que beaucoup envient. Je suis sortie major de ma promotion. Et je n’en pince pas du tout pour mon patron, mais alors pas du tout. Il m’est indifférent. Il ne m’a pas embrassée. Il ne m’a rien fait qui nécessite tant de palpitations cardiaques. Rien... Comme chaque matin, depuis trois jours, je me répète tout cela quand il me faut aller à mon travail dès lors que le moteur de ma petite voiture est coupé et que je me suis garée. Comme à chaque fois que j’entre dans les lieux, j’ai le coeur gros et lourd, et puis petit à petit, ça disparaît avec la masse de travail que j’ai, que je prends pour ne pas me retrouver face à mon patron, pour avoir le nez collé à l’ordinateur, à exécuter tout ce que l’on me demande, pour ignorer le coeur qui tambourine un peu trop fort. À force, je me suis déjà laissée marcher dessus par pas mal de collaborateurs considérant mon acquiescement silencieux à prendre du travail supplémentaire, pour une peur constante de dire non, pour une faiblesse qui n’en est pas une. En effet, tous ces gens se fourvoient complètement. Je me contente de dire oui parce que j’ai peur de n’avoir rien à faire, peur d’être face à lui et de devoir voir des dossiers avec lui. Alors si j’ai d’autres choses en cours avec tout le monde sauf le grand patron, ça m’arrange bien. Est-ce que c’est une solution ? Je n’en sais rien. Je me suis posée la question durant tout l’été, me demandant s’il valait mieux ne pas chercher dans un autre endroit, trouver un patron qui ne me chamboulerait pas autant, qui ne me ferait pas autant d’effet, qui ne me causerait pas autant de chagrin. Hélas, j’ai agi avec raison, me disant que des opportunités de commencer ainsi dans la vie active, ne se présentent pas deux fois. De même, je me dis qu’il faut que je me fasse suffisamment d’expérience ici pour pouvoir chercher ailleurs par la suite. Il est évident que je ne peux rester ainsi, et faire semblant éternellement, à sursauter quand quelqu’un vient me parler, à avoir les joues rouges pour un rien. À être autant fébrile et anxieuse, je n’ai jamais autant été maladroite. Je ne compte même pas le nombre de fois où j’ai fait tomber mon café par terre, où les dossiers se sont éparpillés au sol. Fort heureusement, ces catastrophes ne sont pas produites devant Monsieur McGregor. J’en aurais pleuré sinon. Tout le monde m’appelle « la maladresse » mais je m’en moque un peu. C’est sûr que ce n’est pas une bonne idée pour se faire respecter. J’essuie aussi les réflexions au sujet de ce nouveau poste, certains accusant clairement mal le fait que je puisse déjà occupée un poste si haut pour mon statut. Et je le vis assez mal quand bien même, en étant stagiaire, les choses ont toujours été ainsi. J’ai toujours travaillé pour Matthew McGregor. Et ça ne change pas même si je suis désormais salariée à part entière, que les études ne sont plus qu’un lointain souvenir. Maintenant, il faut aller de l’avant ... Mais c’est plus facile à dire quand l’objet de sa convoitise ne se trouve pas sous les yeux.

Lorsque j’entre, je salue brièvement quelques personnes ayant la gentillesse de me remarquer. Et comme à chaque fois, l’envie de fuir est forte mais je tiens bon, je m’installe et m’active aussitôt, me plongeant dans la lecture de mon manuscrit. Quand je suis passée devant son bureau, sa porte était fermée. Soit il n’est pas là, ou alors il est en rendez-vous. Je voudrais bien pouvoir m’en contrefaire mais j’ai toujours cette contraction à l’estomac qui se fait ressentir. C’est plus fort que moi. Surtout aujourd’hui quand je sais qu’il me faudra être face à lui. Vu la pile de dossier qui se traîne dans mon bureau, et que je dois lui faire valider, je ne peux plus reculer. À vrai dire, je me dis qu’accumuler les dossiers prêts ainsi, me permettra d’être moins dans son sillage. De toute façon, tout est fait pour que nous ne soyons pas l’un en face de l’autre. Il faudrait alors me rappeler avec quelle force, je me suis faite jetée, lorsqu’il m’a demandé d’oublier son moment « d’égarement » et de faire comme si de rien n’était. J’ai acquiescé parce que je ne savais que trop dire ou faire. Plus tard, quand il s’est assoupi dans l’avion qui nous ramenait à Los Angeles, j’en ai profité pour m’éclipser aux toilettes et pleurer tout mon aise, regrettant que cette aventure se soit finie ainsi. Peut-être ai-je nourri un espoir fou, la soirée qui a suivi la signature du contrat avec les japonais y a beaucoup aidé. Alcoolisés, enhardis par la joie, j’ai cru que quelque chose pouvait se créer mais hélas, j’ai rêvé simplement et purement. Un rêve qui a pris fin et désormais qui n’est qu’un sombre cauchemar. Celui où je dois m’armer de suffisamment de courage pour prendre mon épaisse pile, marcher doucement pour ne pas tomber. Malheureusement, je manque de chuter mais l’un des nouveaux community manager me rattrape de justesse. « Tu devrais faire attention. » Qu’il dit avec un sourire amusé, ce qui me fait m’empourprer. « Je ferais attention. Merci Archibald. » Je lui souris avant de continuer et d’arriver  devant la porte de Monsieur McGregor. Inspirant profondément, je toque et sans plus attendre, j’ouvre, constatant qu’il était en compagnie des deux graphistes. Je les salue d’un vague sourire, évitant de le regarder lui. Je le laisse deviner la raison de ma visite et alors que nous nous retrouvons seuls, j’entreprends de poser l’épaisse pile sur son bureau. Sa voix m’a transpercée comme jamais, avec cet intérêt poli qu’il manifeste rarement à l’encontre des autres employés. Souvent, on m’a posée la question de ce qu’il en était de nous deux et je me suis contentée de décliner d’un signe de négation de la tête, précisant qu’il n’y avait rien entre nous. Et effectivement, c’est le cas. Alors qu’il commence à prendre un dossier au sommet de la pile, je me demande si je ne ferais pas mieux de m’en aller, sauf qu’il y a quelque chose que je dois voir avec lui. J’attends qu’il lève les yeux vers moi pour parler mais il a déjà pris la parole, me demandant comme se passe cette « rentrée » pour moi. « Tout se passe très bien, Monsieur McGregor. Je n’ai nullement perdu mes repères. » Sauf que je t’aime comme une grosse couillonne, idiot ! J’esquisse même un petit sourire, avant de me racler la gorge et de rentrer dans le vif du sujet, relevant mes lunettes sur le haut de mon nez. « Il faudrait que vous me donniez votre accord sur le dossier Hopkins qui se trouve en haut de la pile. J’ai besoin de savoir si vous validez et si je peux tout envoyer à l’imprimeur. » Je tends ma main vers la pile. « Je vous ai tout préparé pour que vous ne perdiez pas de temps à tout relire et… » Mais ma main tremble si fort que le dit dossier n’atterrit jamais dans mes mains mais par terre, faisant s’envoler et s’éparpiller toutes les feuilles se trouvant à l’intérieur. « Oh flûte !! » Je me suis déjà accroupie sauf que je me rends compte que mon patron a exécuté le même geste que moi. Le voir à proximité achève de me faire rougir tandis que je m’écris. « Ne vous embêtez pas à tout ramasser, ce n’est pas votre job. Je vais m’en occuper… » Je me mords l’intérieur de la joue pour ne fondre en larmes tellement je me trouve nulle, et qui plus est face à lui. Alors, une fois que j’ai tout réuni, je lui tends l’épais dossier, tout éparpillé, récupérant l’essentiel à voir. « Tenez, c’est ça. J’ai besoin de votre accord, s’il vous plait. » Et vite s’il te plait, que je puisse m’enfuir et ignorer le carnage qui règne dans mon cœur.

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyMar 21 Aoû - 20:18

Matthew affectait une aisance qu’il ne détenait pas. Pourtant, il ne manquait guère d’assurance en toutes circonstances, même lorsqu’il était dans une position délicate. En premier lieu, il le devait à une éducation privilégiée. Il jouissait du statut de fils unique de la lignée McGregor, destiné à reprendre la lourde gestion de l’empire familial et de tenir le rang de son titre aristocratique. Ce n’était même plus un homme d’affaires qu’ils avaient élevé, mais bien un petit prince. Rien que cela était une douce nourriture pour son égo démesuré. Puis il fallait reconnaître à Matthew une aisance toute naturelle qui n’était due qu’à son tempérament. De cette capacité à s’accommoder de toutes les situations et à s’adapter à son public représentait son plus gros atout. Evidemment, la certitude intrinsèque qu’il valait mieux que les autres jouait en sa faveur et encourageait ce charisme qu’il dégageait. Cela ne le rendait pas nécessairement plus aimable et encore moins appréciable, mais cette fameuse confiance en lui-même le dispensait d’éprouver le moindre remord à ne pas être aimé. Il s’en moquait éperdument. Il n’avait pas besoin du jugement de quelques-uns ou du regard des autres pour savoir ce qu’il valait véritablement. Il valait mieux que les autres. C’était inscrit en lui.

Alors pourquoi est-ce que je perds tous mes moyens dès lors que tu défiles dans mon sillage ? Pourquoi ne suis-je plus rien dès que tes yeux se posent sur moi ?

En dépit de tout, il y avait une unique personne qui grattait le fin vernis de son assurance, menaçant de faire voler en éclat sa carapace. Cette même personne qui parvenait à le toucher en plein cœur, avec pour seules armes la rougeur à ses joues et l’infini dans ses prunelles claires, comme un sortilège dont elle était unique détentrice de la formule. Elle était son trouble et sa frustration. Elle était sa faiblesse et son angoisse constante. Nombre de fois, il s’était interrogé sur les raisons qui le poussaient à la garder auprès de lui. Ce n’était en rien raisonnable, et guère plus raisonné. La réponse ne se livrait, hélas, pas à lui et il ne parvenait pas à lutter contre toutes les excuses qu’il se trouvait pour la garder. Il y avait son talent indéniable pour l’édition, sa capacité d’organisation et d’efficacité, ses qualités littéraires incontestables et, plus que tout, elle était la seule à parvenir à le supporter, et inversement. Il ne supportait personne d’autre que la brunette. Autant d’arguments qui ne laissaient pas la place au doute et à l’interrogation. Elle lui était devenue essentielle –à bien des égards- mais il ne considérait que celui du regard professionnel. Cela était bien plus rassurant. Plus confortable. De même qu’il ne se rappelait qu’avec trop de clarté de la peine qu’il avait pu lui causer en laissant ses pulsions prendre le dessus sur ses droits et son statut. D’elle, il n’avait rien à exiger. D’elle, il n’attendait rien non plus. Il n’avait pas le droit, pas la prétention suffisante. De tout, il la protégerait, mais principalement de lui. Il s’en faisait le serment, il ne verrait plus jamais la douleur s’échouer sur ses traits délicats et fins par sa faute ; pas plus qu’il ne souhaitait voir à nouveau ses larmes. Et pour cela, il constituait, morceau par morceau, un masque parfait qu’il revêtait jour après jour, parvenant à se convaincre lui-même, en son cœur et en son âme, qu’elle n’était pas si importante pour lui. Juste une passade. Juste un béguin stupide. Juste une amourette inconséquente.

Alors pourquoi je ne parviens pas à oublier la saveur de tes lèvres sur les miennes ? Pourquoi est-ce que les battements de mon cœur sont comme l’éclat du tonnerre lorsqu’il gronde ?

Et cette femme n’était nulle autre qu’Héloïse Bennett. Evidemment… Devant elle, dépouillé de son assurance naturelle, il affichait pourtant un air tranquille. Devant elle, dépourvu de ses certitudes, il parvenait à lever un regard inébranlable sur elle. Devant elle, en dépit du grondement de son cœur, il mimait l’indifférence. Posément, il l’écouta parler des nombreux dossiers qui requéraient son attention. Son discours l’aida à se convaincre qu’il la gardait exclusivement pour ses compétences professionnelles. Il fallait l’admettre, lorsqu’il savait que les affaires étaient gérées dans l’ombre par Héloïse, il ne craignait rien. Au contraire, il était même soulagé. Il en avait la présentation actuellement. « Oui, j’ai déjà eu un premier retour du secrétaire éditorial concernant le BAT. Je crois bien que tout était en ordre. » Sauf qu’il n’excluait jamais le contrôle. Il s’apprêtait à prendre les papiers que lui tendait Héloïse, mais ils échouèrent au sol. D’instinct, il se pencha pour les récupérer, mais la brune fut plus rapide que lui, ne créant qu’une situation de gêne lorsque leurs visages se retrouvèrent un peu trop près l’un de l’autre. Matthew marqua un arrêt, pas moins troublé par leur proximité que par la tempête que cela déclenchait en lui. Il se dépêcha de se redresser, se raclant la gorge pour reprendre un brin de contenance. Bon sang, reprends-toi, McGregor ! Finalement, il eut les papiers entre les doigts. Il y jeta rapidement un coup d’œil, incapable de se concentrer véritablement. « Hmm euh… Oui, vous allez pouvoir envoyer en production. N’oubliez pas de prévoir les services presse et les exemplaires pour l’auteur. » Il serait bien capable d’en chier une pendule, ce con de Hopkins. Il retourna les papiers à Héloïse. Son cœur rata un premier battement quand ses prunelles rencontrèrent les siennes, puis un deuxième quand ses doigts frôlèrent les siens par mégarde. Il tressaillit momentanément. « Je vous remercie, vous faites du bon travail. » ajouta-t-il précipitamment, l’enjoignant poliment à quitter ce bureau. Avant qu’il ne lui prenne l’envie de lui sauter dessus. A regret, il l’observa tourner les talons. Puis… « Héloïse, n’avez-vous… » … rien à me dire ? Mais la question mourut sur ses lèvres. Que voulait-il vraiment entendre ? Que pourrait-il attendre de cette question ? Qu’elle lui dise qu’elle ne lui en voulait pas de cette situation ? Qu’elle lui dise qu’elle était heureuse ainsi ? Qu’elle lui dise combien elle l’aimait pour qu’il n’ait plus la sensation que son cœur résonnait seul dans l’immensité du monde ? Il secoua la tête et se reprit. « Oubliez. Vous pouvez y aller. » Pas possible d’être aussi con ! Seul à nouveau, il s’offrit un soupir de lassitude et se pinça l’arête du nez. Les débuts risquaient d’être vraiment durs…

***

Matthew quitta les bureaux de la maison d’édition que tardivement. Les dossiers s’étaient accumulés sur son bureau et il ne voyait plus non plus le bout de son manuscrit. Matthew devait le reconnaître, il avait le syndrome de la page blanche. Alors pour compenser, il passait plus de temps aux éditions McGregor. Il en avait même décalé son rendez-vous de ce soir avec Ellana, ce qui n’était pas une mince affaire quand il fallait affronter une femme enceinte. Quand il sortit, il se rendit compte qu’il était bien le dernier. Il s’apprêtait à rejoindre sa voiture, quand il avisa une silhouette brune face à une coccinelle, le nez plongé dans le capot. Il reconnut immédiatement Héloïse. En d’autres circonstances, sans doute l’aurait-il évitée, mais la situation paraissait plutôt critique. Il s’avança vers elle, attestant de l’étendue des dégâts. « Un problème ? » A la réaction de la jeune femme, il devina qu’il s’ajoutait en problème supplémentaire. Elle sursauta, manquant de lui faire lâcher ses clefs de voiture. « Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous faire peur. » La frayeur… Plus pour se donner un genre que pour jouer véritablement les experts, il jeta un coup d’œil par-dessus l’épaule d’Héloïse. Sa Chouquette aurait du mal à démarrer dans ses conditions… « Je ne crois pas que vous puissiez faire grand-chose… Vous devriez appeler une dépanneuse. » Après tout, qu’est-ce qu’elle faisait avec la tête dans le capot ? Il y avait des gens pour ça ! Il osa enfin la regarder et il put voir son visage plus nettement. Elle avait des marques noires sur le front et la joue. « Oh euh… vous avez… Enfin là. » Sa main se posa sur sa joue, tentant d’effacer de son pouce la suie. Mais au trouble que cela lui généra à lui, ainsi qu’à la rougeur sur les joues d’Héloïse, il constata que c’était une très mauvaise idée. Il retira sa main précipitamment, raide comme un piquet. Mal à l’aise, il se racla la gorge. « Venez, je vous ramène chez vous. Ça… vous fera économiser un taxi. » Piteux argument... Et je pourrai profiter de vous plus longtemps…
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyVen 24 Aoû - 8:48

C’est terriblement épuisant, je dois l’admettre. Je suis tout le temps sur les nerfs mais j’ai pour habitude de ne pas flancher. Je suis une fougère sauvage et peu importe ce qu’on lui fait, elle repousse toujours. Et là, ce sera le cas : je repousserai les élans de mon coeur, je deviendrai forte et je saurai faire taire le tonnerre de mes sentiments. C’est ainsi. à chaque fois que je le vois, à chaque fois que ses yeux se posent sur moi, au son de sa voix aussi. Mais je tiens bon, je me cantonne à mon travail, je me noie littéralement dedans, même si face à mon patron, je perd pieds, la maladresse revient et je fais n’importe quoi. L’empressement pour réparer mes erreurs se fait ressentir et je m’accroupis aussitôt pour tout ramasser, et le voir en faire de même me trouble aussi. Ce n’est pas son rôle, il ne fait pas ça pour les autres. C’est comme ça que les rumeurs s’entretiennent, par cette porte ouverte où quiconque qui passe, pourrait voir un patron qui ramasse les papiers que son idiote de salariée a fait tomber. Je me redresse assez vite lui tendant le fameux document que j’ai pris soin d’attacher avec un trombone. Pour le reste, c’est éparpillé mais ce n’est pas grave. Je le laisse étudier avant de finalement me donner ses instructions. J’acquiesce en silence, avant de tendre la main pour tout récupérer. Cependant, je manque même m’étouffer quand nos doigts finissent par se frôler. Je m’empourpre un peu plus, manquant de ne plus faire attention an ce qu’il me dit. Heureusement, je suis assez consciencieuse dans ce que je fais. « C’est ce qui est prévu, Monsieur McGregor. » Finis-je par avant de prendre la fuite. Oui, il me faut fuir... Fuir cette aura entêtante... Fuir ce que je refuse à admettre... Fuir ce coeur qui bat trop fort. Je rebrousse chemin mais à mi-parcours, sa voix m’interpelle, me fait me retourner et l’observer avec une expression indéchiffrable. Son visage semble exprimer une attente, une gêne aussi, si semblable à la mienne. Mon coeur a un raté mais il ne finit par sa phrase, me demandant d’oublier. Aussitôt, je sens mon estomac se contracter sous le poids de la peine. Comme si je souffrais pas assez de ces non-dits. Comme si c’était évident mais masqué par trop de mal-être. Je me contente de rebrousser chemin, avec mon dossier en main, bien décidée à me plonger dans la masse de travail, avec l’envie de fuir, l’envie de pleurer, l’envie de revenir à cette période du Japon où les comportements étaient déroutants. Ces photos que j’ai gardé dans mon téléphone, pour me rappeler que même si nous étions un peu trop alcoolisés, c’était juste bien ce que l’on vivait.

***

La journée s’est passée de façon fort étrange. Il y a eu du travail, beaucoup de travail. Du téléphone, des rendez-vous. Et puis, je n’ai cessé d’accumuler les gaffes en faisant n’importe quoi, en imprimant trop de documents, en renversant mon pot à crayons, en manquant me rompre le cou causé par un fil électrique traînant devant moi. Aussi, je suis contente de pouvoir rentrer chez moi, d’être maladroite sans subir de moqueries de personne. Cependant, je rêve un peu trop. C’est à ce moment-là que ma voiture choisit de tomber en panne. Pourquoi, ne s’allume-t-elle pas ? Pas très douée pour un sou, j’entrouvre le capot et observe avec désespoir cet amas de plaques, d’acier et de saleté. Il y a même un réservoir que j’ouvre, avec une moue dégoûtée, il s’agit du lave-glace mais j’en ai encore. Trop occupée à chercher avec application la panne, je n’entends pas la voix qui m’interpelle. Je sursaute si fort que ma tête vient heurter le capot ouvert. « Ouille !!!  » - « Je suis désolé Héloïse, je ne voulais pas vous faire peur. » La mine souriante d’Archibald Avoue, tu ne t’y attendais pas hein ? apparaît dans mon champ de vision. « Oh c’est vous, Archibald. » Je me mets à rire, me passant une main sale sur mon front comme pour masquer ma gêne. J’en ai oublié que j’avais du cambouis sur mes doigts. « Vous m’avez fait peur. Je ne vous ai pas entendu arriver. » Il m’observe, un sourire amusé craquant son visage. « Je... Vous avez du... » Mais je l’interromps, traversée par une idée soudaine. « Dites ! Peut-être pourriez-vous m’aider ? Ma voiture est en panne, elle ne démarre pas. Et avant d’appeler un dépanneur, peut-être pourriez-vous jeter un coup d’œil ? » Non parce que les dépanneurs c’est hors de prix. Et des fois, c’est juste d’un peu de jus dont elle a besoin. J’espère que ce n’est pas trop grave. Je le laisse examiner la voiture, me trouvant à côté. Il démarre, le moteur tourne mais ça ne marche pas, puis revient vers le capot et moi, je suis plantée debout comme une andouille. « Je vous fais perdre votre temps, Archibald. » Mais il me glisse un sourire étincelant. « Voyons Héloïse, c’est normal. Entre collègues, on s’entraide toujours. » Je lui souris, intimidée jusqu’à ce qu’il s’exclame : « Votre batterie est à plat, je vous propose d’aller chercher ma voiture. J’ai des pinces dans le coffre, je pourrais vous donner de mon jus en espérant que votre voiture démarre. Mais il faudra songer à changer votre batterie !  » Joignant mes mains entre elles, je m’empresse de lui répondre « Oh oui oui ! Promis ! Je vais appeler mon garagiste... Enfin demain.. »

Le soulagement est là quand il part chercher sa voiture. Et moi, j’attends tout en venant jeter un coup d’œil au moteur. Je n’ai pas compris comment il a fait pour voir que c’est la batterie. Est-ce de la magie ? Je n’ai guère le loisir de pousser dans cette recherche ; Pour la deuxième fois, mon crâne rencontre le capot relevé, tant je sursaute face à la voix qui résonne. Pivotant, mon sang se glace quand je constate qu’il s’agit de mon patron. « Ah euh... » Bon sang dis quelque chose ! Mais les mots se meurent dans ma gêne. Je n’ose rien faire, sentant mes joues me bruler comme jamais. Il regarde mon capot et déclare qu’il me faudra appeler une dépanneuse. « Et bien, il y a... » Mais ma voix est si faible, qu’il ne m’entend pas. De toute façon, sa main se pose sur ma joue. Sur le coup, je ne réalise pas que c’est dû au noir sur mes joues. Mes yeux s’écarquillent et le mouvement de recul est si infime, qu’il est invisible à l’œil nu. Mais il semble réaliser son erreur, qu’aussitôt sa main retombe me laissant pantelante, les pensées tourbillonnant sans arrêt dans ma tête. Puis, tout à coup, il me propose de me ramener chez moi, ce qui me fait réagir très vite. Même trop vite. « Non ! Non... Merci... » Je rougis, puis baisse les yeux au sol. « On ... On est déjà en train de m’aider. C’est Archibald, il est allé chercher sa voiture. J’ai un souci de batterie : elle est à plat... Alors, il va m’aider à là redémarrer. » Et je m’éloigne un peu plus de lui, venant ouvrir la portière opposée à lui. Je ne compte pas rentrer dans ma voiture mais juste semer de la distance, le plus possible. « C’est gentil, mais vous pouvez rentrer chez vous. » Je me racle la gorge. « C’est mieux. » Parce qu’à ses côtés, je flanche, que sa présence, si lointaine et si près de moi, me paraît semblable à un supplice. Un bruit de voiture se fait entendre, et Archibald arrive au volant de ce qui me sauvera la vie. Il aperçoit bien vite que je ne suis pas seule. « Bonsoir McGregor. J’espère que vous allez bien, vous partiez sans doute ? Ce soir, il y a des petits soucis de panne. » Il adresse un sourire éclatant à notre patron tout en sortant de la voiture, enlevant sa veste, puis retrousse les manches de sa chemise laissant apparaître ses avants-bras musclés et bronzés Puis il se tourne vers moi alors que je suis toujours en transe, à deux doigts d’étouffer. J’aimerai qu’il s’en aille mais sa présence se ressent jusqu’aux tréfonds de mon âme. « Heloïse, on va bosser en équipe, je vais mettre les pinces entre ma batterie et la vôtre. Puis, j’accélèrerai et il faudra que vous allumiez le contact à ce moment-là, l’électricité va alimenter votre batterie. » Sauf que je n’ai pas écouté un traitre mot. J’ai croisé le regard de Monsieur Mcgregor par inadvertance et je me suis sentie mourir de honte, braquant mon visage sur un point invisible. Forcément, je ne réagis pas. « Héloïse ?  » Et là, je m’éveille. « Pardon, vous me disiez ? »
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyDim 9 Sep - 19:33

Matthew était glace et brasier immense. Il était la tempête dévastatrice et la brise légère dans les feuillages. Il était la terre et les océans. Il était le jour et la nuit. Il était tout et son contraire. Il n’était plus qu’une contradiction déraisonnée à laquelle ses sentiments ne laissaient aucun répit. En dépit de ce qu’il voulait s’avouer et de ce qu’il montrait, une guerre sauvage ébranlait tout son être depuis ce voyage au Japon avec Héloïse. Désormais, chaque jour passé auprès d’elle était autant une horrible souffrance qu’une merveilleuse agonie ; un calvaire dont il ne pouvait pas se passer ; une frustration et un plaisir intense à la fois. Ce n’était pas raisonnable, ni même correct de sa part de l’enchaîner à lui de la sorte, mais il ne pouvait vivre dans un univers où elle n’existait pas. Il n’aurait plus le goût d’y vivre s’il ne croisait pas son regard au moins une fois dans la journée. Il avait besoin d’elle, c’était une certitude ancrée en lui, comme les épaisses racines qui dévorent la terre. Toutefois, Matthew était aussi bon acteur qu’il n’était bon menteur et s’il n’avait aucun scrupule à user de ce don pour manipuler les autres, il apparaissait qu’il était encore plus doué pour se fourvoyer lui-même. Aussi parvenait-il à se convaincre que toutes ces émotions qui s’agitaient en lui ne détenaient aucun lien logique avec Héloïse, encore moins avec un probable attachement sentimental pour elle. Certes, il ne niait pas l’ambiguïté manifeste qu’il y avait pu y avoir entre eux, ou cette attirance qu’il avait ressentie et qui l’avait poussé à l’embrasser dans un moment d'égarement, néanmoins, cela était fini dans son esprit. Il ne se permettrait plus de s’égarer à nouveau sur une pente trop dangereuse et abrupte. Il se refusait à revoir une once de tristesse sur le visage d’Héloïse par sa faute. Il ne pourrait plus tolérer que sa chair et son cœur soient si faibles. Après tout, il pouvait avoir toutes les filles qu’il désirait. Pourquoi elle en particulier ? Pourquoi gâcher une opportunité rare de travailler en toute honnêteté avec une si bonne collaboratrice ?

Pourquoi me faire à nouveau du mal avec une histoire qui ne fonctionnera jamais entre nous ? Nous sommes trop différents…

Hélas, c’était plus fort que lui. Il pouvait se mentir à lui-même, se parer de mille masques, endosser tous les déguisements du monde, il ne pouvait se battre contre ce que lui dictait son âme. Il aurait dû partir. Il n’aurait pas dû venir la voir. C’était juste plus fort que lui… Ainsi, il se retrouvait à tirer Héloïse de son capot. A cet instant, il n’y avait plus qu’elle et lui, son cœur battant furieusement à sa poitrine et le rythme assourdissant de son pouls contre ses tempes. Son trouble fut semblable au sien sans qu’il n’en prenne véritablement conscience. C’était comme être aveugle par un soleil immense qui lui grignotait les rétines. Il fronça les sourcils à son aide qui fut refusée. Pas moins par orgueil que par déception d’être rejeté par Héloïse, son expression se durcit. « Cela ne me déran… » La fin de sa phrase ne trouva jamais le chemin de ses lèvres. Le nom d’Archibald venait de résonner à ses oreilles dans un fracas désagréable. Archibald ? Le maquettiste et graphiste ? Qu’est-ce qu’il venait emmerder, ce con ?! La colère chassa la déception, mais fut aussitôt raflée par une vague plus grande encore. Vous pouvez rentrer chez vous. C’est mieux. C’était mieux… Mieux qu’il rentre chez lui. Mieux qu’il soit loin d’elle. Loin d’une nouvelle erreur. Matthew se rembrunit en même temps que le fameux trouble-fête arrivait avec sa voiture. La mâchoire de l’éditeur se crispa en voyant sa tête d’abruti sortir du tacot qui lui servait de fier destrier véhicule. « Bonsoir. » répondit-il d’un ton froid et terrible, pas moins pour être poli que pour afficher son mécontentement de le voir ici. Visiblement, il ne remarqua pas l’air glacial de Matthew. Ses employés avaient sans doute trop l’habitude de le voir ainsi qu’ils ne voyaient plus la différence. Les connaissances en mécanique d’Archibald écrasèrent plus encore l’orgueil de l’éditeur qui se sentit bouillir de rage à côté de la demoiselle. Un instant, leurs regards se croisèrent et il ne put s’empêcher d’avoir des prunelles aussi dures que du métal. « Monsieur Thorpe vous expliquait la procédure à suivre pour redémarrer votre voiture. » Le ton était dépouillé de chaleur. Il détestait être lésé de la sorte et d’être bafoué dans sa virilité, bien que personne ne l’ait remise en cause présentement. Hélas, son orgueil lui fit prendre la mauvaise décision. « Je vous vois entre de bonnes mains, Mademoiselle Bennett. Je ne vais pas vous importuner davantage. Bonne soirée. » Il accorda un signe de tête adressé à Archibald en guise d’au-revoir et ne se permit pas un seul regard vers Héloïse en partant.

Il ne pouvait pas ressentir tout ce qu’il ressentait. Il n’avait pas le droit.

***

Merde, mais ce n’est pas possible, qu’est-ce que j’ai bien pu en faire ?! Matthew pestait intérieurement en piochant parmi toutes les injures les plus biscornues qu’il détenait en stock. Pourtant, il lui semblait bien qu’il avait pris les papiers avec lui en quittant la maison d’édition ! Ce n’était pas comme si ce n’était pas suffisamment important… Après tout, ce n’était qu’un contrat de sessions de droit pour récupérer l’un des auteurs les plus en vogue du moment. Dire qu’il était parvenu à lui offrir un contrat plus alléchant qu’au groupe Hachette. Cela ferait une sacrée histoire dans le milieu éditorial ! Mais pour cela, il fallait qu’il ait le contrat avec lui ! Il ne comptait plus le nombre de fois où il avait harcelé des avocats renommés de Los Angeles pour qu’il lui fasse un contrat en bonne et due forme, sans aucune aspérité afin que le fameux auteur le signe sans rechigner. Et il avait fallu qu’il l’oublie sur son bureau et le rendez-vous était dans moins d’une demi-heure. Il n’aurait certainement pas le temps de faire un aller-retour jusqu’à la maison d’édition. Quel espèce d’abruti ! Et cela, il ne pouvait certainement pas le partager avec ses pairs à quelques temps du rendez-vous. « Si vous voulez bien m’excuser… » Il se retira rapidement dans les toilettes, prenant soin de fermer derrière lui et dégaina son portable. « Benn… Héloïse ? Vous êtes là ? Très bien, arrêtez tout ce que vous êtes en train de faire. Vous allez bien m’écouter, maintenant. C’est une question de vie ou de mort ! » Jamais trop de drama ! Il tenta de se faire le plus clair dans ses explications. Heureusement, il savait qu’Héloïse était suffisamment intelligente et maline pour tout comprendre d’un coup. « Vous allez vous rendre dans mon bureau. Normalement, sur mon bureau, vous allez trouver un dossier dans une pochette rouge. Vous l’avez trouvé ? Avec le nom de « Brandson » écrit dessus. Vous le voyez ? Parfait ! Il faut que vous me l’apportiez dans moins d’une demi-heure au Shore Hotel. » Un des hôtels les plus luxueux de Los Angeles, mais il fallait l’admettre, ce n’était pas la porte à côté. « Bennett, soyez prudente, prenez un taxi pour vous y mener. Je vous rembourserez la course. Je compte sur votre discrétion. A tout à l’heure. » Il raccrocha sans lui laisser la possibilité d’en ajouter plus. De toute manière, elle n’avait pas le choix. Rien qu’au nom sur le dossier, elle comprendrait forcément de quoi il s’agissait. Il rajusta correctement le col de sa chemise et les manches de sa veste avant de quitter les toilettes. Afin de faire bonne mesure, il rejoignit ses collaborateurs pour échanger quelques mots avec eux, non sans consulter trop régulièrement sa montre. Bientôt une demi-heure… Et soudain, il vit le fameux Monsieur Brandson qui débarquait à l’hôtel. Il réprima une grimace. Merde… qu’est-ce qu’elle foutait maintenant ?! Le rendez-vous allait bientôt commencer ! Il quitta discrètement le salon où la rencontre devait avoir lieu, se dirigeant dans l’immense hall. Son regard engloba l’entrée et il l’aperçut avant qu’elle ne le voie. En quelques enjambées, il fut près d’elle, lui agrippa le bras et la tira à lui derrière une colonne, forçant une proximité non voulue au départ. A vrai dire, il avait autre chose en tête que l’ambiguïté qui se tissait entre eux. Il était atrocement nerveux et irrité de sa propre étourderie. Cela tombait hélas sur Héloïse. « Bon sang, vous tricotiez un tapis ou quoi ? Est-ce que vous l’avez ? »
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyDim 30 Sep - 14:42

C’est insoutenable comment je peux me sentir mal en l’état actuel des choses. Je ne voudrais pas ressentir cela, je voudrais être forte mais j’en suis incapable. C’est compliqué. À chaque fois je ressens les soubresauts de mon coeur, il s’emballe et je me dis que tout ira bien, que je dois tenir bon, penser à ma carrière uniquement. Pourtant, l’âme crie, pleure, me malmène, me rappelle que cette situation n’est pas saine du tout, que nous ne pouvons continuer ainsi. Je n’arrive pas à me voiler la face et de cette froideur dont je dois faire usage, je n’arrive qu’à être bredouille, bégayant, rougissant. Et surtout m’insultant d’être horrible avec mon patron. De son aide, j’en refuse la totalité expliquant qu’il y a déjà quelqu’un d’autre sur le coup. Dans mon esprit, il ne s’agit nullement de compétition mais je préfère mettre les choses au clair, Archibald est déjà là en train de m’aider. Et d’ailleurs, il vaut mieux qu’il s’éloigne, il vaut mieux qu’il ne me touche pas. Il vaut mieux que j’apprenne, à la longue, à le détester. Même si c’est dur. Même si ça me crève de voir cette expression sur son visage, que ça puisse lui crever le coeur ainsi... Et puis de redevenir cette froideur. Je vois bien le ton peu chaleureux qu’il emploie à l’encontre d’Archibald. Et je ne dis rien, me perdant dans le fil de mes pensées, jusqu’à ce que je sois réveillée, sortant de ma léthargie et regardant Archibald et notre patron. Ce dernier finit par dire qu’il s’en va, nous souhaitant une bonne soirée, ce dont je réponds dans un souffle inaudible. « Bonne soirée Monsieur McGregor... » Et il nous laisse avec ma voiture en panne, j’ai le coeur étrangement vide, l’impression d’être horrible en agissant ainsi. Je ne devrais pas. Mais c’est plus fort que moi, je me protège, j’érige une muraille autour de mon coeur. C’est mieux ainsi...

***

Quand Monsieur McGregor n’est pas au bureau, je dois avouer que je me détends un peu. J’arrive à mieux travailler même si j’ai l’impression que les autres employés abusent un peu de ma gentillesse. « Heloïse ? » Maisie entre dans mon bureau sans même toquer - une habitude devenue automatique - puis vient poser un dossier sur une pile déjà imposante. « J’ai ce manuscrit à terminer d’ici ce soir. Mais je dois partir plus tôt alors si tu peux le faire... Tu serais un amour, merci... » - « Mais je... » Mais elle l’interrompt aussitôt. « Ah non, je veux rien savoir. Je sais que tu es la meilleure ici, que tu vas pouvoir gérer cela en plus. S’il te plaiiiiit. Je t’adore ! » Elle m’envoie un baiser du plat de sa main et part aussitôt, me conférant le sentiment d’être une véritable idiote incapable de dire quoi que ce soit, à qui que ce soit. Je ne sais que penser réellement. Même si je me sens, tout à coup, très seule. C’est alors que le téléphone vibre. Quand je vois le nom, j’ai presque envie d’aller à la machine à café. Mais c’est ça le problème, j’ai une conscience professionnelle faisant que je me dois de faire mon travail et puis c’est tout. Soupirant, je réponds d’une petite voix et là... C’est presque comme s’il m’aboyait dessus. Je sursaute mais l’écoute aussitôt alors qu’il me demande d’amener des documents importants, notamment ce fameux dossier dans lequel j’ai apporté quelques contributions. J’acquiesce, constatant qu’il me demande un défi un peu juste niveau timing. Une demi heure ?! Il est fou. Mais bon, je m’active aussitôt, venant prendre mon dossier et partant vite fait de la maison d’édition. Je hèle un taxi et quand j’annonce l’adresse et demandant d’y aller en moins de trente minutes, le chauffeur pivote et me fait face comme si je lui avais demandé de m’amener à Tokyo. « Enfin ma petite dame. En trente minutes. Vous voulez qu’on se fasse arrêter !? » Mais la situation me paraît désespérée. J’use le tout pour le tout. « On vous paiera cinq cents dollars !!! » Il me fixe avant de se tourner s’enclencher sa ceinture. « Alors c’est partiiii ! » Et il démarre comme un fou, me faisant hurler alors que j’étais en train de m’attacher. Plaquée contre le siège, j’observe l’homme foncer, éviter des voitures et rouler vite... très vite... Ça devrait être interdit des voitures puissantes. Je déteste ça, c’est trop dangereux mais en vingt six minutes, j’arrive à être sur le lieu du rendez-vous de Monsieur McGregor. Sortant de la voiture, je demande au chauffeur d’attendre quelques secondes - ce qu’il m’accorde sans hésiter en voyant l’apparence luxueuse de la façade de l’immeuble - et je me prends quelques secondes pour me reprendre, le dossier dans les mains, les jambes tremblantes. Et doucement je marche, demandant où se trouve une réunion McGregor/Brandson. On m’y conduit et pendant la traversée, je me remets les cheveux en place, j’efface les larmes de peur, et j’essaye d’avoir l’air digne. Mais je n’ai pas le temps de faire plus que Monsieur McGregor me saute dessus, m’accolant à une colonne. La proximité immédiate me coupe le souffle et je n’ose plus rien dire, jusqu’à ce qu’il prenne la parole, m’engueulant presque d’être si lente. Non.. Mais je rêve !? « Voilà le dossier. » Je le lui tends, le hissant à la hauteur de mon visage, me dissimulant face au sien. Je ferme les yeux deux secondes, avant de les rouvrir et de froncer les sourcils. « Et de rien. Ce fut un plaisir. » La réponse claque sur un ton de reproche tant je suis sidérée de son manque de reconnaissance. « Vous devez cinq cent dollars à un taxi. C’est ce qu’il a pris pour rouler trop vite pour être dans la légalité. Au moins, nous sommes arrivés à temps. » Et il n’a pas intérêt à me hurler dessus sur ça. J’ai fait de mon mieux. « Bon courage pour la signature du contrat. Vous avez travaillé dur sur ça, ce n’est que le fruit d’un dur labeur. » Et c’est l’heure pour moi de me taire. Je suis froide, je ne me reconnais même plus.

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyDim 14 Oct - 20:24

Quel espèce d’idiot ! Il n’était pourtant pas dans la nature de Matthew d’être aussi étourdi et d’oublier des choses aussi importantes qu’un contrat pour un auteur qui valait de l’or. Si jamais ce dernier venait à se rendre compte de quoi que ce soit, il risquait de se faire rire au nez et d’être la risée de toute la profession une fois que la nouvelle serait parvenue aux oreilles de tous. Et pire encore, Hachette allait lui voler cette opportunité en or d’avoir un auteur de marque ajouté à son catalogue. Alors non, Matthew n’était pas prêt à subir les affres d’un orgueil mortellement blessé. Dans sa manche, il lui restait un atout non négligeable : Héloïse Bennett, son employée aussi professionnelle qu’efficace. Non seulement, il obtiendrait sûrement d’elle la résolution de son problème catastrophique, mais également une discrétion sans faille de sa part. Aussi, son esprit n’hésita pas sur l’identité de la personne à joindre pour l’aider dans cette situation, néanmoins, sa main ne fut pas du même avis. Lors d’une fraction de seconde, son doigt faillit ne jamais se poser sur la touche « appeler » de son portable. Les traits de Matthew se contractèrent, autant d’exaspération contre lui-même que parce qu’il était décontenancé par sa propre réaction. Tout en lui criait un sentiment particulier : il n’osait pas. Matthew McGregor, héritier des éditions McGregor et grand écrivain de son temps, n’osait pas face à un petit brin de femme. Pour quelles raisons ? Il préférait n’y pas songer, autant pas désaveux que parce que la réponse ne lui plaisait guère. Il envoya au diable toutes ces émotions contradictoires qui enflammaient son cœur et balaya sa gêne pour ne se concentrer que sur le problème le plus urgent qui se présentait à lui : son contrat n’était pas entre ses doigts.

« Un scotch. » Si le barman fut surpris de la demande du jeune homme alors qu’il n’était que le début de l’après-midi, il n’en montra rien. Assurément, Matthew était terriblement tendu et il lui fallait quelque chose pour délasser ses nerfs. Ses doigts ne cessaient de s’agacer sur sa montre, vérifiant l’heure à chaque seconde et pestant plus que jamais contre le temps que mettait Héloïse à parvenir jusqu’à l’hôtel. Certes, il lui fallait presque traverser tout Los Angeles pour parvenir jusqu’ici, mais cela ne comptait pas pour lui. L’éditeur était un être terriblement exigeant, plus encore quand l’urgence de la situation requérait des résultats rapides. Son verre en face de lui, il ne fit guère de manière et le vida d’un trait la première fois, en redemanda un autre qui suivit le même chemin, avant de se montrer plus patient sur le troisième verre. L’alcool eut pour effet de dissoudre quelque peu la tension dans ses muscles, de dénouer le nœud de ses pensées et de réchauffer ses entrailles. Toutefois, son être se glaça d’un seul coup dès lors qu’il aperçut l’agent de Monsieur Brandson vers l’entrée de l’hôtel. « Et merde… » jura-t-il dans sa propre langue. Engloutissant les dernières gorgées de son scotch, il s’évapora le plus discrètement possible vers le hall d’entrée du Shore Hotel, prêt à guetter l’arrivée d’Héloïse. Il était grand temps que la petite brune montre le bout de son nez ! Qu’est-ce qui avait bien pu la retarder ? Subitement, une image fort déplaisante se greffa dans le flou de ses pensées. Une Héloïse retenue par le sourire flamboyant d’Archibald. Instantanément, sa mâchoire se contracta sous le coup d’une colère qu’il ne chercha pas à étouffer cette fois. Aussi, lorsqu’il aperçut la silhouette empressée de son employée passer la porte d’entrée, il se montra plus brusque qu’il ne l’aurait voulu. Il l’agrippa par le bras, la tirant avec lui sous le couvert d’une colonne monumentale pour dissimuler leur échange. Ses mots ne furent pas plus tendres que ses gestes. Matthew se saisit prestement du dossier qu’elle lui tendit. Préoccupé, il ne songea pas un instant à la remercier. A la place, il s’assura qu’il s’agissait bien du bon contrat et qu’il ne manquait aucun élément essentiel. Le ton froid d’Héloïse le tira brusquement de son étude et le surprit fortement. Il fronça les sourcils, l’observant comme si elle était la créature la plus étrange que cette terre ait pu porter. « Je vous demande pardon ? » rétorqua-t-il, plus choqué par le ton de la jeune femme que par ses propos. Qu’est-ce qu’il lui prenait encore ?! A défaut de susciter sa culpabilité, la réaction d’Héloïse eut pour don d’exciter un peu plus son agacement. Ne pouvait-elle pas comprendre que sa position était délicate ? Qu’il était détenteur d’un nombre incommensurable de responsabilités ? Il émit un grognement ennuyé. « Tenez, prenez ça. » Farfouillant dans sa poche, il tira son portefeuille d’où il extirpa la somme demandée oui, il se balade avec cinq cent dollars dans ses poches et la fourra entre les doigts d’Héloïse. « Réglez-lui la somme rapidement et revenez ici ensuite. » Il l’attendit cinq minutes où il rajusta le nœud de sa cravate et les manches de sa veste. Une fois qu’elle fut de nouveau dans le hall avec lui, il se tourna vers elle avec un regard d’étude. Sans demander son autorisation, il lui rajusta convenablement son chemisier, remit une mèche de ses cheveux derrière son oreille et s’assura une dernière fois de son allure. « C’est convenable. Venez avec moi. » Il ne lui laissa guère le choix. Posant sa main sur son dos, il la fit avancer jusqu’au salon-bar de l’hôtel où ils s’approchèrent de concert vers l’agent de Monsieur Brandson. En Amérique, il était rare de traiter avec l’auteur en personne, ces derniers étant toujours assistés d’un agent qui défendait leurs droits et leurs écrits. « Enchanté Monsieur Fineghan. Laissez-moi vous présenter Mademoiselle Héloïse Bennett, mon assistante. Je suis content que nous puissions enfin nous rencontrer. » Il n’était pas spécialement prévu qu’Héloïse assiste à cette entrevue. Lui-même n’était pas certain des raisons qui le poussaient à agir de la sorte. Mais au plus profond de lui, une petite voix qui intimait qu’il préférait l’avoir auprès de lui maintenant plutôt que de l’imaginer rentrer à la maison d’édition et glousser aux blagues spirituelles de cet abruti d’Archibald, l’alcool aidant à décupler toute sa jalousie. Ensemble, ils s’assirent autour d’une table afin de discuter plus en profondeur des termes du contrat. Matthew faillit prendre un café, mais risquant d’être plus agacé encore, il opta pour un thé. Ce furent ensuite le début de presque deux heures de débat sur les termes concrets du contrat, à débattre sur toutes les closes, trouver des compromis, apporter sa propre force de proposition. Pour Matthew, cela était à la fois l’exercice le plus complexe et grisant de la vie d’éditeur. Aussi ne fut-il pas peu fier quand ils parvinrent à un accord et que l’agent assura qu’il ferait parvenir ledit contrat à son auteur. Rendez-vous achevé et Monsieur Fineghan parti, l’éditeur s’accorda le droit de se détendre un peu. Il se détendit sur sa chaise et poussa un léger soupir de soulagement avant qu’il ne se souvienne qu’Héloïse était à côté de lui et qu’elle était sûrement toujours en colère contre lui. Un silence gênant s’installa entre les deux avant qu’il ne se décide à parler. « Je suis navré pour tout à l’heure, je me suis emporté. » maugréa-t-il. Qu’elle n’en attende surtout pas plus de lui. Il n’était pas prêt à se confondre en mille excuses plus larmoyantes les unes que les autres. Il se racla la gorge, mal à l’aise avant de revenir sur un terrain plus professionnel. « Alors, qu’est-ce que vous en avez pensé ? »
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyVen 26 Oct - 8:20

Mon dieu mais quel gougnafier ! Dire que j’ai fait de mon mieux pour finalement arriver ici et avoir un ton de reproche. Se rend-il compte de la tache qu’il m’a demandé ?! Je n’en suis pas si sûre tant je suis stupéfaite et blessée de son manque de considération. Je crois qu’il s’insurge du montant de la course - sans savoir qu’il s’agit du ton de ma voix employée- ce que je peux comprendre même si je n’en suis pas responsable. « Je suis désolée. » J’ajoute sur un ton froid, me reprenant un peu, parce qu’après tout, c’est mon patron. Et je me dis que si un jour, je veux m’en aller, vaut mieux partir de façon intelligente. Et surtout en bons termes. Il extirpe alors son portefeuille et me tend une liasse de billets afin que je règle le taxi. Le remerciant d’un signe de tête, je m’enfuis sans demander mon reste. J’en aurais bien profité pour retourner bosser mais il m’a ordonné de rester ici. Je ne sais pas trop pourquoi, est-ce qu’il va m’engueuler ? Probablement que oui, je ne lui ai pas bien parlé mais je compte bien me défendre quoi qu’il arrive. Je veux que la situation se soit arrangée entre nous mais quand même !! C’est fou de passer d’une proximité si grande à une situation aussi froide. Quelque part... ça me rend triste tout ça. Mais je serre les dents et une fois que j’ai payé le tarif exorbitant de trente minutes de trajet, j’inspire profondément avant d’entrer à nouveau dans l’hôtel. Il m’attend près de la colonne et je vais vers lui, sentant le rythme cardiaque s’envoler. Je ne devrais paraître aussi stressée mais c’est impossible de ne pas l’être. Il est si beau, si imposant et alors que je vais pour lui dire que je m’en vais, sa main se pose sur mon chemisier, me faisant sursauter. Rougissant à l’excès, je manque défaillir quand il vient remettre une mèche de cheveux derrière mon oreille. Ce simple contact suffit à m’embraser, raviver les souvenirs que je souhaite renier du plus profond de mon être. Hélas, je me rends compte que je n’ai jamais été aussi faible de toute ma vie. Monsieur McGregor m’annonce que je viens avec lui, ce qui me procure un mélange de terreur et d’intérêt. De honte aussi, parce qu’aussitôt, les souvenirs du Japon me reviennent et que je nous revois - par bribes ceci dit - être alcoolisés et profiter de la nuit nippone. J’acquiesce en silence, empêtrée dans ces souvenirs heureux, le suivant comme une roule accrochée à son rocher. Et nous rencontrons l’agent de l’auteur. Les présentations se font, je souris à l’homme et prend place à côté de Monsieur McGregor et l’échange commence.
C’est long, très long mais ça n’en demeure pas moins passionnant. Je ne cesse de les dévisager dans leurs discussions mais je dois admettre que mon patron est ce qu’il y a de plus beau à voir. Je l’observe de ces regards dont les amants ont le secret, avec une intensité manifeste et l’amour faisant briller les yeux. Comme au Japon, comme si nous revenions à ce que nous avons été. Si proches durant un instant d’égarement éphémère où force est de constater que je me suis imaginée de ces choses, où nous aurions pu être ensemble. J’aurais pu croire qu’il puisse être mon petit-ami, il m’aurait embrassé avec la même saveur que la dernière fois. Sauf qu’il n’est rien de tout cela. Nous n’avons aucun avenir ensemble. Et je compte bien, d’ici six mois, avoir changé d’employeur.
Pour le fuir,
Pour y voir plus clair.
Pour cesser, une bonne fois pour toute, de l’aimer.

Je finis par partir dans mes pensées, vagabondant entre la réunion, mon patron et mes éternels regrets. Et puis, l’entrevue se termine sur le succès de l’auteur. Mes gestes sont mécaniques quand il s’agit de dire au revoir mais alors que je crois que nous partons, je remarque que mon patron est toujours assis sur sa chaise. J’en fais de même, fixant mes mains et sentant mes entrailles se tordre. Cette situation me rend triste et si ça continue, je vais me mettre à pleurer. Mais je tiens bon et le son de sa voix me permet d’éviter de trop penser. Il s’excuse pour son emportement de tout à l’heure. Au travers de son ton neutre, j’en ressens ce même regret qui me consume. Mais si je croyais que nous aurions ce genre de conversation, il dévie sur ce que je viens de voir. Cette entrevue que j’ai à moitié écouté tant j’étais focalisée sur le tableau de ses lèvres si charnelles et tellement attirantes. Comme si je voulais qu’elles viennent se poser contre les miennes. Encore et encore. « C’était intéressant. Vous vous défendez bien. » Je lui dis d’une voix gênée. « Il faut avoir une bonne répartie pour contrer toutes les questions d’un client... Ce n’était pas comme au Japon... » Je deviens rouge vif tandis que je continue à parler d’une voix piteuse. « Je... Je n’ai pas eu besoin de me déguiser. » Je relève aussitôt un regard vers lui, intense et triste à la fois. « Mais je n’avais pas besoin d’arrêter d’être moi-même, non plus... On s’en va ? » Finis-je par dire d’une voix précipitée, presque en apnée.

***

Il est très tard. Cette escapade m’a fait perdre un temps fou. Et j’ai accumulé un retard énorme. Entre le trajet, l’entretien et à nouveau, le trajet, je n’ai pas vu le temps passer. Ce n’est que quand on a franchi la porte de la maison d’édition, que j’ai pris conscience de ma monticule de dossiers qui s’étalaient sur mon bureau, avec de nouveaux post-it de gens qui m’adorent et qui veulent que je fasse leur boulot. La mine échevelée, les lunettes glissant sur le bord du nez, je ne peux m’empêcher de hurler tout à coup « ALLEZ TOUS ROYALEMENT VOUS FAIRE METTRE ! » Pile au moment où Monsieur McGregor passe devant ma porte, me fixant d’un air que je ne saurais d’écrire tant je me sens mortifiée. Je me contente de revenir vers l’écran, tapant n’importe quoi, rouge pivoine. Mon dieu la honte... Je continue à taper sans me rendre compte que je viens d’écrire « Maisie est une affreuse sorcière ». Poussant un petit cri, j’efface aussitôt mais cesse d’écrire tant je me sens lasse, fatiguée et énervée. Un café s’impose et je me dis que je n’y rencontrerai personne. Erreur ! Je pousse un hurlement quand je me rends compte qu’il s’agit de mon patron. « Vous !! Enfin ... Euh.. » Je continue à bégayer des onomatopées, sans savoir que dire. Finalement, je n’ai pas réussi à prononcer une phrase correctement, mais j’appuie sur le bouton pour me faire couler un peu de caféine. Juste ce qu’il me faut pour tenir encore un peu. Cependant, je trouve que la machine est trop lente et sa seule présence suffit à me rendre fébrile. Mes mains tremblent tandis que j’attrape une touillette dont je défais le sachet afin de la mastiquer. Je me sens nerveuse mais je conserve le silence, bien décidée à ne rien dire qui pourrait me rendre encore plus ridicule que je ne le suis déjà. Pourtant, malgré moi, mon regard se lève vers lui et je l’observe en silence, avec insistance. Toutes les idées les plus folles me passent par la tête, me plongeant dans une gêne immense même si c’est tellement grisant d’imaginer qu’il puisse me prendre dans ses bras et l’embrasser comme jadis il l’a fait. Le spectre de son baiser en bas de sa main me revient avec une force qui me désarme, me rend faible, me pousse presque à venir vers lui pour me rappeler que ce jour-là, je n’ai pas rêvé, que ce jour-là, ses lèvres étaient bien plus douces que je ne le pensais. « Ah mon chargeur, il est là !! » La voix d’Archibald me fait de nouveau hurler de peur. Je pivote pour l’observer. « Héloïse, vous avez pris un joli coup de soleil. » Me dit-il, me faisant me lancer dans un bégaiement incompréhensible. Finalement, je préfère carrément fuir sans même emporter mon café, retrouvant le calme de mon bureau, mon cœur battant comme un fou. Il faut que je me calme vraiment... Je vais mourir sinon. Et d’ailleurs, je remarque aussitôt que j’ai oublié mon café. Me levant d’un bond, je me dirige vers la salle de pause, souhaitant secrètement qu’elle soit vide. Et elle l’est sans aucun doute puisque quand mon chemin, je percute alors Monsieur McGregor de plein fouet, ne m’apercevant pas qu’il tient deux gobelets dans ses mains. Je sens juste un liquide chaud me couler dessus, m’arrachant un cri de douleur tant la douleur est forte. « Mais ce n’est pas vrai !!!! » Je glapis avec fureur avant de me rendre qui est l’interlocuteur.
Merde.
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyLun 5 Nov - 21:05

Il ne voulait pas se montrer si désagréable. A vrai dire, il ne s'en rendait pas véritablement compte. Il semblait qu'ils étaient revenus à cette époque où elle n'était que la stagiaire et lui l'employeur, à cette indifférence teintée de froideur, cette exigence qui ne connaissait pas l'intransigeance. Il agissait avec la roideur qui le caractérisait d'ordinaire. Héloïse n'aurait pas dû être étonnée. Elle n'aurait pas dû se froisser de son attitude à ce point-là. De même qu'il n'était pas sensé éprouver une culpabilité si profonde et une amertume qui agitait l'étendard de la jalousie. Mais il n'étaient plus le patron et l'apprentie. Il n'étaient pas même collègues. Un baiser se dressait entre eux et les éloignait l'un de l'autre. Un bref moment d'insouciance. L'attitude mortifère de Matthew tranchait avec la complicité qui s'était tissée entre eux au fil des mois. Il aurait dû la comprendre, s'excuser de ses mots, mais il n'y arrivait pas complètement. Et si Héloïse pouvait condamner l'orgueil du poète, en vérité, c'était un sentiment bien inédit qui l'animait pour cette affaire. Ce n'agissait pas pour lui-même mais bien pour la protéger de lui, de son monde. Il craignait ses faiblesses face à la jeune femme, ses sentiments qu’il ne pouvait refreiner. S’il la laissait s’approcher à nouveau, il n’était pas certain de lui résister. C’était impulsif, puissant, instinctif, irrépressible. Il s’effrayait du peu de contrôler sur ses mots, ses gestes, ses attitudes, les mouvements de son âme. Toutes ses frontières s’effritaient sous les regards de la brune, ses joues écarlates, ses manies empotées mais attendrissantes… et maintenant que la tension de l’urgence était redescendue, il prenait du recul sur ses attitudes. Il sortit des excuses rapides qu’il noya sous une question sur le déroulement du rendez-vous. Il aimait avoir son avis. Il aimait l’entendre impressionnée. Il aimait qu’elle apprenne pour un jour pouvoir faire la même chose et comprendre les rouages d’un monde dans lequel elle excellait. La question se voulait innocente, mais il ne manqua pas de s’étouffer dans sa gorgée de thé quand elle évoqua le Japon. Il s’empêcha de la regarder, de la dévisager. Il n’avait pas besoin véritablement de la voir pour savoir qu’elle était désespéramment gênée et rougissante. « Différence de culture. » expliqua-t-il, lapidaire. Puis sa dernière phrase le laissa totalement  idiot. Arrêter d’être elle-même ? Qui lui demandait d’agir de la sorte ? Mais il connaissait déjà la réponse et sa bouche se referma aussi vite qu’elle s’était ouverte, ne délivrant aucun son. Matthew se racla la gorge, tout aussi mal à l’aise qu’Héloïse. « Oui, allons-y. »

***

« ALLEZ TOUS ROYALEMENT VOUS FAIRE METTRE ! » Il n’était jamais anodin pour Matthew de passer devant le bureau d’Héloïse. En général, son cœur battait un peu plus fort, il se faisait violence pour ne pas regarder la jeune femme. Il étudiait son attitude, sa posture, sa nonchalance. Pire encore, quand il venait dans le but précis de lui parler. Sauf que là, c’était complètement différent. Il n’avait pu s’empêcher de piler net, observant son employée comme si elle était la créature la plus gênante que cette terre ait pu porter. Un mélange d’inquiétude et de curiosité fascinée. Il hésita à lui demander la cause de son soucis, mais chaque mot de la phrase précédente d’Héloïse indiquait clairement qu’elle ne souhaitait pas être dérangée. Il poursuivit donc son chemin sans demander son reste jusqu’à son bureau. Avec une matinée aussi chargée, des dossiers l’attendaient encore, des appels en absence s’accumulaient, des futures réunions et sa secrétaire s’arrachait les cheveux entre tous ses rendez-vous. Mais face au monticule de papiers qui tapissait son bureau, il fut saisi par le découragement. Café, pensa-t-il en urgence. Désormais, il y avait droit, ne serait-ce que pour dissiper l’engourdissement que lui laissaient trois verres de whisky ce matin. « Vous !! » - « Moi ? » Il fut surpris par une Héloïse survoltée et contrariée au moment où il se faisait couler un café bien mérité. Qu’est-ce qui lui prenait à la fin ?! Elle bredouilla des propos incohérents. « Héloïse, ce que vous dites n’a aucun sens… » nota Matthew. Il l’observa ensuite mastiquer sa touillette en plastique énergiquement. « Héloïse, est-ce que vous… » Les mots s’évanouirent dans le regard que la brune porta sur lui. Il se sentit ébranlé, idiot, déconcerté.
Pourquoi est-ce que tu me fais ça ? Pourquoi est-ce que tu me fais ressentir tout cela ? Quel est ce sortilège que tu as jeté sur mon âme ?
L’envie dévorante de l’attirer à lui pour l’emprisonner dans ses bras et lui exiger un nouveau baiser fut balayée par un haut-le-cœur quand Archibald débarqua dans la salle de pause. Son regard devint orage et il se raidit dans chaque fibre de son être. Qu’est-ce qu’il veut encore, ce connard ?! Il ne parvint d’ailleurs qu’à effrayer un peu plus Héloïse et à l’embarrasser, si bien qu’elle prit la fuite. Certes, il aurait pu en rire, sa carnation ayant pris une rougeur inédite s’il ne haïssait pas autant l’homme qui portait ces mots. « Qu’est-ce que j’ai dit ? » demanda-t-il, interdit. Matthew ne se sentit pas des élans de sympathie. « Allez savoir avec elle. » Archibald remarqua le café oublié. « Mince, elle est partie sans son café. Je vais lui am… » - « Je m’en occupe. Retournez travailler. » le coupa irrespectueusement l’éditeur. Il attrapa son café, celui de la brune et sortit rapidement de la salle de pause. Il n’aurait pas dû se montrer si empressé… Brusquement, il percuta de plein fouet Héloïse. Leurs cris se couplèrent en un seul à la douleur de la brûlure des deux boissons. S’en fut assez pour Matthew qui s’emporta dans sa colère. « Bennett ! » tonna-t-il pour qu’elle se calme enfin. Il jeta les gobelets dans la poubelle la plus proche. Après la désagréable douleur du chaud, il n’aima pas le contact mouillé de sa chemise sur sa peau. « Venez par-là. » Il ne lui laissa pas le choix. Sa colère était devenue froide. Il l’agrippa par le bras et l’entraîna avec lui sous les regards stupéfaits de quelques témoins. Il la traîna dans un couloir jusqu’à des toilettes où il la fit entrer sans pudeur dans les toilettes des hommes. Heureusement, il n’y avait personne à cette heure, aussi verrouilla-t-il derrière eux. « Je peux savoir ce qu’il vous prend ? Vous êtes d’un naturel maladroit, mais là ! » Il attrapa plusieurs serviettes de papier qu’il tendit à Héloïse avant d’en faire de même pour lui et de tapoter sa chemise humide de café. Il chercha à se calmer un peu. « N’avez-vous rien à me dire ? » Il ne savait pas s’il parlait du travail ou non. Il ne savait même pas ce qu’il désirait vraiment entendre. Tout était embrouillé pour lui. Trop brouillon. Trop emmêlé. « Si quelque chose doit vous contrarier et vous empêcher de travailler, vous feriez mieux de rentrer chez vous ! »
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyLun 12 Nov - 17:46

Il faut que je me calme, il faut que je me contrôle. Il faut que j’arrête de réagir ainsi, d’être autant à fleur de peau. Ça ne me réussit pas et j’en arrive à faire des bêtises : c’est infernal. J’ai l’impression que ma maladresse s’est, plus que jamais, accentuée et que rien ne peut m’aider en dehors de ma ténacité et de mon courage. Mais je sens que tout s’effrite et que chaque jour, c’est un petit peu plus dur. Surtout quand il se trouve dans la même pièce que moi, quand il me paraît si loin de moi alors que nous avons été si proches l’espace d’un instant. Ai-je réellement vécu cet instant magique ou bien tout n’a été qu’un rêve, une illusion que je conserve en moi. Il faut que cela cesse… Cette phrase je ne cesse de me la répéter en boucle. Parce que tôt ou tard, je vais exploser, je sens que ça gronde, que la colère bouillonne en moi. Je prends sur moi, je serre les dents et les poings, je tiens bon dans ce monde si terrible. Parce qu’il est ce seul moyen que j’ai de pouvoir le voir… Encore un peu, même si nous demeurons si éloignés. Enfin… Quand le café ne s’y met pas. Parce qu’après avoir fui mon patron et Archibald dans cette salle de pause, je me rappelle y être allée pour un café. Cependant, mon état de nerf est si grand que je ne l’ai pas vu, lui, alors que d’ordinaire, je reconnais le son de sa voix d’entre milles, je connais la cadence de ses pas. Je peux me remémorer le bruit paisible de sa respiration. Alors que là… Je perds mes moyens, le percutant de plein fouet et sentant un liquide brûlant jaillir sur moi et me faire très mal quand le café atteint la peau. Je pousse un gémissement de douleur alors qu’une voix résonne à mes oreilles. Mes entrailles se tordent aussitôt et je gémis de plus belle « Je … je … » Mais tu vas parler espèce de gourgandine ?! alors que je suis face à mon patron, rougissante et mortifiée quand je constate le carnage du café sur sa chemise. Cramoisie, je le laisse m’embarquer je ne sais où… Ah si, des toilettes. « Mais nous sommes dans les … » Mais il ne me laisse pas en dire plus, tandis qu’il verrouille la porte #AlertePsychopathe, me posant une question auquel je n’ai pas de réponse. Que puis-je y répondre ? « Je suis désolée … » Je marmonne en baissant la tête pour fixer le spectacle intéressant de ses chaussures. C’est toujours mieux que d’avoir à le regarder droit dans les yeux, et à y lire la colère. Ça me fait tellement de la peine que je préfère contempler le sol jusqu’à remarquer des serviettes en papier dans mon champ de vision que mon patron me tend.

« Ah euh … Merci ! » Lui dis-je en bredouillant piteusement, m’éponger la gorge et mon haut, imbibé de café. C’est douloureux… ça brûle mais ce n’est pas aussi terrible que les élancements de mon cœur, surtout lorsque Monsieur McGregor me demande si je n’ai pas quelque chose à lui dire. « Et bien… » J’en aurais des choses à lui dire, des tas, des mots emplis de douleur et de joie, des mots d’amour, des tirades sans fin dans lesquelles je pourrais lui conter tout ce qu’il m’apporte en joie et en peine… Et surtout, oser lui dire qu’un jour ou l’autre, je quitterai cet endroit en quête d’un endroit plus paisible pour pouvoir me lancer dans ma vie d’adulte. Je pourrais aussi lui dire que je tente de l’oublier, d’ignorer ce que mon cœur me crie si fort, que je voudrais revenir au Japon, boire du saké en sa compagnie, prendre des photos avec lui et rire comme si nous n’étions pas ce que nous sommes. Hélas… Il a fait son choix et je l’ai acceptée. Il ne peut en être autrement, mon amour se meurt et j’essaye vaillamment d’avancer.
« Je n’ai rien à vous dire. » Je ne reconnais même pas le ton glacial que j’emploie à son égard, continuant de m’essuyer vainement, même si ce n’est pas d’une serviette en papiers mais plutôt d’une bonne douche. Le spectre de mes derniers mots me hante, j’aurais presque envie de me mettre à pleurer. C’est con comme réaction. A croire que lorsque j’essaye d’être quelqu’un d’autre, je n’y arrive pas. « Je suis désolée… Je ne vous avais pas vu… » Je murmure ensuite, d’une voix plus faible, sentant mon regain de férocité et de froideur s’en allaient sur le champ. « J’espère que vous pourrez la récupérer. Je vous la rembourserais sinon… » Je déclare en désignant sa chemise, afin de dévier le sujet. N’avez-vous rien à me dire ? « J’ai du travail… Je peux sortir ? » Ou bien a-t-il encore quelque chose à me dire ? Je ne comprends même pas pourquoi nous sommes ici dans des toilettes pour hommes, pourquoi il a fermé la porte à clé. Ce genre de détails a le mérite de me rendre folle, bien que je garde mon calme… Extérieurement.

Jetant les serviettes usées à la poubelle, je passe devant lui, sans rien dire d’autre, me retrouvant devant la porte que je déverrouille sans pour autant l’ouvrir… Le cœur comme un fou et je sens que les larmes picotent mes paupières. Je ne saurais l’expliquer, peut-être parce que la peau au-dessus de ma poitrine me semble rougie par la brûlure du café. C’est douloureux. J’inspire doucement, fermant les yeux et ajoutant d’une voix faible. « Et vous… » Allez Héloïse, du courage, tu ne dois pas faillir ! « N’avez-vous rien à me dire ? » Que tout ceci a du sens, qu’il y a quelque chose qui fait que je me sens si mal quand il est là, que ce souvenir me hante, de ce baiser partagé que je ne peux oublier. Tout comme cette fois dans mon école, à jouer du piano à deux mains. Et pourtant, nous sommes dans cette pièce minuscule, incapable de le regarder droit dans les yeux. Quand soudain, la porte s’ouvre d’un coup venant heurter mon visage qui s’y trouvait tout prêt. Poussant un cri de douleur, je recule instinctivement, projetée par l’ouverture soudaine et violente. Je suis sonnée, essayant de me redresser et plaquant mes mains sur mon visage et notamment mon nez. Aussitôt, je blêmis en constatant que du liquide chaud s’écoule dans mes mains. « Oh mon dieu !! Je saigne !! » Je braille quand une voix familière résonne alors « Oh mince, je vous dérange peut-être ? »
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyMar 13 Nov - 14:04

La gêne se disputait à la colère dans l'esprit de Matthew. Il contrôlait mal l'irritation qui montait en lui, troublé par les incohérences d'Héloïse et presque convaincu qu'il était à l'origine de tous ses émois. Mais la contradiction s'agitait au fond de lui, émaillant sa raison. Il ne voulait pas être l'origine de son mal, mais il ne pouvait pas supporter l'idée que quelqu'un d'autre puisse envahir ses pensées. Il ne voulait pas qu'elle soit si ébranlée par sa présence, mais il ne saurait supporter son indifférence. En vérité, il était incapable de savoir ce qu'il voulait. Pourtant, quand il attrapa son bras pour la mener dans les toilettes avec lui, il semblait parfaitement sûr de lui. Il tentait de se convaincre qu'il ne l'entraînait avec lui que pour une réprimande strictement professionnelle. Elle devait calmer cette hystérie qui la dévorait, la faisant agir étrangement, la rendant lunatique et plus étourdie qu'elle ne pouvait déjà l'être. Jusqu'ici, Matthew n'avait jamais eu à se plaindre des compétences de son assistante d'édition, encore moins de sa rigueur et de son professionnalisme. Mais à présent, elle semblait si survoltée qu'il craignait l'erreur de travail. Et si l'éditeur était bien plus tendre avec Héloïse Bennett qu'avec le reste de ses employés, il n'était pas prêt à subir les conséquences d'une incompétence. Aussi, il lui fallait remettre les choses en ordre, potentiellement poser des mots sur les problèmes qui s'érigeaient entre eux. Sauf que les mots, il les connaissait très bien. Ils s'appelaient baiser, sentiments, attirance. Les mots vivaient au travers de ce trouble qui les habitait l'un et l'autre quand ils étaient en présence de l'autre. Et si Matthew pouvait se vanter de masquer ses sentiments et ses malaises, ce n'était pas le cas d'Héloïse. Aussi, n'était-il pas certain de savoir ce qu'il souhaitait entendre quand il s'en prit à elle. Il ne pouvait réprimer l'accent d'agacement qui transparaissait dans sa voix. Qu'est-ce qu'il lui arrivait à la fin ? Ses excuses ne parvenaient pas à le satisfaire complètement. Il lui fallait une vérité qu'il désirait et redoutait à la fois. Seule la colère dans son cœur lui donnait l'audace nécessaire pour oser poser cette question qui ne franchissait jamais ses lèvres.

Il lui fallait se calmer lui-même. Il focalisa sa concentration sur le nettoyage sommaire de sa chemise avec du papier, sans gère de succès. Sa chemise était complètement fichue. Sa langue émit un claquement agacé. Dans le fond, il s'en moquait bien pas mal de sa chemise. C'était juste que la situation l'irritait dans sa globalité. Parce qu'il était gêné par ses sentiments, par le trouble qui naissait en lui à mesure que la fureur quittait progressivement son corps et ses membres. Son cœur se serra dans sa poitrine en réalisant qu'ils n'étaient que tous les deux. Le cadre n'était propice à aucun romantisme, mais une tension palpable se faisait sentir. Il se mit à songer à ce moment qu'ils avaient partagé dans la salle de musique et la gêne enfla dans sa poitrine. Quand il prit la parole, sa voix se fit étonnement plus grave qu'elle n'aurait dû. « Ne dites pas de sottises. Je ne manque pas de chemise. » Qu'elle lui achète une nouvelle chemise ou qu'elle la lui lave aurait été un comble ! Et soudain, il lui posa cette question. N'avez-vous rien à me dire ? Qu'espérait-il véritablement entendre ? Lui-même n'en était pas vraiment sûr. Si le ton se voulait professionnel, l’ambiguïté transpirait par chaque pore de ses mots. Ses entrailles se tordirent, peu désireux d'obtenir une réponse, trop effrayé par ce qui pourrait être dit entre eux. Leur dernière dispute avait failli leur coûter cette relation si privilégiée qu'ils entretenaient. Il ne voulait pas perdre ça à nouveau. Pourtant, depuis qu'ils étaient rentrés du Japon, il lui semblait qu'ils n'avaient jamais été plus mal... « Oui, vous pouvez sortir. Soyez plus vigilante à l'avenir. » D'ordinaire, il n'aurait pas accepté un refus. D'ordinaire, il n'aurait pas aimé que l'un de ses employés lui échappe de la sorte. Mais cette fois, il était presque soulagé qu'elle se décide à mettre les voiles sans qu'ils n'aient à se confronter l'un à l'autre. Une lassitude déçue transparaissait dans sa voix. Il ne chercha pas à la retenir quand elle déverrouilla la porte. Il ne l'attacha pas à ses paroles pour l'empêcher de partir. Cependant, il n'entendit jamais la porte s'ouvrir, ni même la silhouette de la brune disparaître dans le reflet du miroir qui lui faisait face.
Et lui, n'avait-il rien à dire ?
Il sentit son sang se glacer dans ses veines. Ses mains se figèrent, interrompant leur ouvrage pour éponger le café de sa chemise. Il se remémora l'explication qu'il avait eu avec la jeune femme à leur retour en Amérique. Il entendait ses excuses, ses explications, ses attentes concernant la suite de leur relation. Du professionnalisme. Oublier ce qui s'était passé entre eux. Une erreur. Mais d'elle, il ne se souvenait aucun mot. Parce qu'il se rendait compte qu'elle n'avait pas eu le choix. Qu'il ne lui avait pas laissé le choix. Il demeura muet. Pour la première fois, il ne savait que dire, que formuler. Qu'était-il prêt à lui dire ? Qu'était-il prêt à s'avouer à lui-même qu'il cachait au plus profond de son être ? Matthew se tenait dos à elle, observant ostensiblement le papier taché de café jaunit entre ses doigts. Soudain, il ne réfléchit plus. « Héloïse, je... » Hélas, le destin en décida autrement. Un grand fracas avala la suite de sa phrase. D'abord un coup, puis un cri de douleur puissant. Il se retourna brusquement et fit un pas en avant instinctivement pour rattraper Héloïse qui partit brutalement en arrière. Il la réceptionna maladroitement dans ses bras, l'aidant à se redresser et tenir debout. De l'autre côté de la porte, la haute silhouette d'Archibald apparut et le sang de l'éditeur ne fit qu'un tour. « Espèce d'imbécile, vous ne pouviez pas faire attention ?! » Lorsque le graphiste réalisa ce qu'il venait de se produire, il s'excusa avec empressement et proposa son aide. Matthew le repoussa de ses mots sans ménagement. « Non, vous en avez déjà assez fait. » Il attrapa de nouveaux tissus, les posant sur le visage d'Héloïse pour stopper l'hémorragie. « Héloïse, est-ce que ça va ? Tenez ça bien contre votre nez. » Manifestement, à la grimace qui tordait son si joli visage, ce n'était pas le cas. Et pour autant qu'il put en voir, l'angle particulier que prenait désormais son nez n'était pas bon signe. « Je crois que votre nez est cassé... Vous devez aller aux urgences. » Il ne lui laissait pas le choix. Il l'entraîna avec lui hors des toilettes et s'arrêta au pied de l'ascenseur, ignorant Archibald qui se proposait pour l'accompagner. « Attendez-moi ici deux minutes. J'arrive. » Il s'empressa d'aller récupérer sa veste avec son porte-feuilles et les clefs de sa voiture, puis il fit un crochet par le bureau d'Héloïse pour récupérer le sac de la jeune femme. L'instant d'après, il était auprès d'elle dans l'ascenseur. Il n'osait pas lui demander plus comment elle allait, de peur de recevoir une réponse cinglante. Puis la réponse se lisait assez bien sur son visage. « Ne m'en voulez pas mais on va utiliser ma voiture. » Il aurait pu ne pas s'occuper de ça. Demander à un autre employé de l'emmener. Appeler carrément une ambulance. Mais il ne se posait même pas la question. Cette réaction était instinctive. Il conduit jusqu'aux urgences, jetant des coups d’œil du côté d'Héloïse pour s'assurer de son état. Il sortit de la voiture en premier, allant lui ouvrir la portière pour l'aider à s'extraire du véhicule. « J'ai pris votre sac. Vous avez tous vos papiers ? » Ils pénétrèrent ensemble dans les urgences. Forcément, ils n'étaient pas les seuls présents. Matthew émit un claquement de langue agacé. « On ne va quand même pas attendre tout ce temps ? » Tout à coup, il réalisa qu'il avait la main posé sur le bras d'Héloïse depuis qu'ils étaient arrivés. Il la retira vivement, partant à la recherche de quelqu'un pour les prendre en charge plus rapidement. Il parvint finalement à trouver une infirmière pour s'occuper d'elle. Il fit signe à Héloïse de s'approcher, et en voyant son nez, elle accepta de la mener tout de suite à un médecin. Matthew fit mine de les suivre, mais l'infirmière lui jeta un regard suspicieux. Il le savait, ceux qui n'étaient pas de la famille n'avaient pas le droit de suivre les patients, mais il n'était pas prêt à attendre bêtement dans la salle d'attente. « Vous êtes de sa famille ? » - « Son mari. » répondit-il avec une décontraction toute naturelle. Une chaleur toute particulière se répandit dans sa poitrine tandis qu'il ignorait superbement la réaction d'Héloïse. L'infirmière, elle, se détendit et accepta qu'il les suive pour désormais rencontrer le médecin. Matthew dut poser sa main dans le dos d'Héloïse pour la forcer à avancer. « Avancez, Bennett. »
Bon sang, mais qu'est-ce que je fais ?! songea-t-il en passant les battants de la porte.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyMer 28 Nov - 8:23

Je fixe la porte, sentant mon cœur battre comme un fou. Et lui, n’a-t-il rien à me dire ? Suis-je la seule qui doit se justifier ? Que pourrais-je dire sinon que j’ai mal au fond de moi ? J’ai terriblement peur de ce qu’il dira, peur que le fossé se creuse un peu plus. Jamais, la situation n’aura été aussi mal depuis le Japon. Je pensais qu’on aurait dépassé cela, mais la vérité est toute autre. Je fuis le vrai en m’enfermant dans le faux. J’ai mal de l’aimer encore, j’ai mal de devoir vivre avec ce chagrin, j’ai mal de me dire qu’un jour, il me faudra partir. Et j’ai mal parce que je viens de me prendre une porte dans la figure. De plein fouet, sans que je puisse l’éviter, trop occupée à être sur le qui-vive de ce que mon patron me répondra. J’entends la voix d’Archibald mais je suis bien trop sonnée pour comprendre quoi que ce soit. Je sens ce liquide chaud qui coule, tandis que j’essaye de reprendre contenance, entendant la voix de Monsieur McGregor s’insurger et celle d’Archibald se confondre en excuses. Des mouchoirs sont appliqués sur mon visage et je les tiens d’une main tremblante, ouvrant les yeux et finissant par comprendre que mon collègue a ouvert la porte et que je me la suis prise en pleine tronche. Quelle veine ! Quelle humiliation ! « Ce n’est pas grave… » Je murmure faiblement alors que Monsieur McGregor décide de m’emmener à l’hôpital. « Non ne vous inquiétez pas pour moi, je vais y aller en voiture ! » Mais la faiblesse de ma voix ne présage rien de bon, tout comme l’angle de mon nez. Je ne peux cependant croire qu’il me dise une chose pareille même si je doute que ce soit dans un but de me rassurer. Alors je n’ai pas trop le choix, et au lieu de monter dans une ambulance, je me trouve bien vite dans la voiture du big boss. Plus mal à l’aise à l’idée d’être seule avec lui, que celle d’être aidée par le patron. Je ne crois pas qu’il ait fait ça à d’autres employés. Cette situation me met plus mal à l’aise, je pourrais très bien réitérer ma question mais j’ai mal au nez, mal à la tête et je me sens comateuse. Archibald n’y est pas allé de main morte. « Le pauvre… Il doit tellement s’en vouloir… » Je marmonne d’une voix nasillarde, plus à moi-même qu’à celui qui m’accompagne.
Le reste du trajet se passe sans encombres, jusqu’à arriver à l’hôpital où une fois encore, mon patron prend les choses en main. Quand nous sommes pris en charge par une infirmière, il se présente comme mon mari et là.. J’en reste bouche bée, le fixant comme l’on regarde un alien jusqu’à ce que… « Mademoiselle, vous saignez… Attention.. » Je plaque à nouveau les mouchoirs sur mon nez, devenant rouge comme une tomate, et sentant les saignements s’intensifier. L’infirmière me propose de la suivre mais je suis tellement choquée qu’il faut que lui me pousse à bouger, à reprendre vie telle une poupée désarticulée. Le cœur bat comme un fou et je finis par arriver dans une pièce emplie d’objets médicaux, sentant le désinfectant. Automatiquement, je me sens encore plus mal, me mettant à haleter. Les hôpitaux ne me mettent jamais à l’aise. Je déteste cela et j’espère qu’on pourra faire vite. Mais l’infirmière est alors appelée pour une urgence, elle nous indique qu’elle reviendra très vite. Et là… Nous nous retrouvons tous les deux. C’est terriblement gênant.

« Ce n’est rien du tout.. Il y a plus grave. » Mon ton se veut confiant alors que je me dirige vers le meuble où se trouve des compresses, diverses bouteilles. J’en répère une que j’ouvre et y renifle une odeur d’alcool. « Regardez, un peu de désinfectant et une compresse et le tour est joué. » Je montre tout cela à mon patron, afin qu’il comprenne que tout va bien. « Vous pouvez rentrer chez vous… Mon mari doit avoir du travail. » J’asperge, en me forçant à rire, de l’alcool sur la compresse avant de l’appliquer sur mon nez. Esquissant une grimace, j’essaye d’ignorer la brûlure sur la peau malmenée et vive. Grave erreur, des larmes apparaissent aux coins des yeux et je me veux être rassurante bien que la voix soit crispée. « Ça.. ne … fait… pas … mal… » C’est pile au moment où un brancard passe devant la porte ouverte, un médecin hurlant alors que le patient est en arrêt cardiaque, qu’il le perde. Je blêmis aussitôt, effrayée de ce qu’il vient de dire. « Je vais rentrer chez moi. C’est mieux. Ce n’est pas grave si mon nez est tordu. Je ferais de la chirurgie esthétique quand j’en aurais les moyens. Mais je ne peux pas rester ici… Des gens meurent. » Alors vite que je quitte cet endroit de malheur. Cependant, je suis loin d’être sortie de l’auberge. Le nez coule toujours aussi abondamment et je me sens presque nauséeuse. Sentant que ça tangue, je finis par m’asseoir sur le lit, plaquant la compresse imbibée qui se teint de rouge lentement. « Je vous remercie de m’avoir accompagnée. » Et surtout qu’allait-il me dire quand Archibald a ouvert la porte ? J’ai bien envie de lui poser la question mais j’ai l’impression que ce n’est pas dans mon droit. Je suis juste celle qui est un peu trop étouffante. Ça me rend triste quelque part… « Et vous pouvez vous en aller, si vous le voulez… Vous avez peut-être mieux à faire, Monsieur McGregor. » C’est peut être mieux ainsi, mon cœur n’aura pas besoin de pleurer autant en sa présence.
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyMer 5 Déc - 23:03

En vérité, n’importe qui de censé aurait appelé une ambulance. Cette même personne censée qui aurait privilégié son travail plutôt que la « sécurité » d’une employée qui se voulait lambda dans une si grande entreprise. Cette même personne censée qui serait tranquillement retourné aux nombreuses tâches qui lui incombent en tant que directeur associé d’une maison d’édition telle que la sienne. Sauf que Matthew n’était pas quelqu’un de censé en présence de la jeune femme, et qu’Héloïse n’était en rien une personne sans importance. Pour ainsi dire, elle était tout. Son tout à lui. Celui qui ne peut être remplacé. Celui qui débarque un beau jour, sans prévenir, et qui prend la place qui lui était destinée depuis le commencement. Celui qui fait claquer l’étendard majestueux de l’évidence. Mais son orgueil aveuglait la partie raisonnée de son âme. Et il errait, incohérent et troublé, au travers de ces jours qui défilaient sans queue ni tête, qui le faisaient dériver vers mouvements insoupçonnés de son cœur. Un peu comme dans cette voiture où toutes les fibres de son être étaient en train de se révolter pour s’empêcher de réfléchir à la situation présente et à la gêne qu’elle occasionnait. Tout cela pour ne pas penser qu’il était le pire idiot de la terre et qu’il aurait dû la laisser se débrouiller toute seule. Pour s’interdire de s’insulter de tous les noms et pour ne pas songer aux sentiments qui pouvaient motiver chacun de ses actes inconsidérés. Ne pas songer. Ne pas réfléchir. Ne pas avouer tout ce qui frappe le cœur. « Mmh. » Son allocution prenait plus des airs de grognement tandis qu’Héloïse s’inquiétait de l’état psychique d’Archibald. A titre tout à fait personnel, Matthew s’en contrebalançait singulièrement des remords du graphiste. Au contraire, il trouvait même qu’il n’avait pas été suffisamment percutant dans ses propos sentencieux à l’égard du fauteur de trouble. Après tout, si cet abruti ne possédait pas une fâcheuse tendance à se mettre constamment entre eux deux, tout ceci ne serait pas arrivé. A cette pensée, son ventre se tordit. Un froid étrange l’envahit et parvint pourtant à enflammer ses joues. Si Archibald n’était pas arrivé au moment où Héloïse se trouvait devant la porte, qu’aurait-il dit ? Quelle était cette réponse qu’il aurait offrir à son ancienne stagiaire ? N’avez-vous rien à me dire ? Cette question, qu’il lui avait posé trop de fois, lui martelait l’esprit avec plus de force encore maintenant qu’elle sortait de la bouche de la brune. Qu’aurait-il été prêt à avouer dans ces toilettes et la chemise recouverte de café ? Matthew écarta ces pensées désagréables d’un claquement de langue agacé. Non, il n’avait rien à lui dire.

Il ne fut pas malheureux d’arriver enfin à l’hôpital et de détourner momentanément le fil de ses raisonnements. Il prit à nouveau les choses en main. Certes, il prenait la peine de se déplacer jusqu’aux urgences pour elle, mais hors de question d’attendre comme le reste du commun des mortels. Avec cette aisance mcgregorienne caractéristique, il trouva quelqu’un pour être pris en charge rapidement. Et puisqu’ils n’étaient plus à un malaise près, il annonça qu’il était le mari d’Héloïse. A ce moment-là, il n’était plus certain de détenir toute sa raison. Une part de son esprit, enfouie en son for intérieur, était en train de le dévisager avec incrédulité. Quel abruti ! Toutefois, la contraction imperturbable de ses traits ne laissaient deviner aucune gêne et guère de scrupule. Il prit tout de même garde à ne pas croiser le regard de la brune, de peur de perdre toute contenance. Par chance, il était tout de même assuré d’une chose : elle ne dirait rien. De toute façon, il n’avait aucune explication crédible à lui concéder.
Ensemble, ils pénétrèrent dans une salle de soin. Il dut presque la pousser afin qu’elle avance, toute réticente qu’elle était. D’une certaine manière, il ne pouvait que la comprendre. Les hôpitaux ne le gênaient guère, mais ce ne pouvait être le cas de tout le monde. D’ailleurs, il ne remarqua le malaise d’Héloïse qu’une fois que l’infirmière fut partie à cause d’une urgence. « Est-ce que vous allez bien ? » Il observait sa respiration saccadée, la crainte dans son regard à la vision de tous ces outils étalés devant eux. En effet, ça se révélait assez effrayant quand on savait qu’ils nous sont destinés. Sans qu’il ne puisse l’en empêcher, il l’écouta le rassurer, puis tenter avec sa maladresse légendaire d’appuyer ses propos par des actes. Il eut sincèrement mal pour elle quand elle s’enduit le nez de désinfectant, jusqu’à ce qu’il se sente obligé d’intervenir quand elle évoqua le départ. Il lui retira le bocal des mains. « Aux dernières nouvelles, et si je me souviens bien de votre CV, je ne crois pas que vous soyez infirmière ou médecin. Alors vous allez laisser ces gens soigner votre nez. Vraiment, vous faites peur à voir. » Sûrement aurait-il pu être plus percutant avec des paroles mieux choisies. Certes, elle était effrayante avec tout ce sang. Mais elle restait belle. Elle était toujours belle. Tais-toi, idiot ! « Dans votre état d’agitation, je ne vous laisse pas ainsi. Vous semblez sur le point de vous évanouir à tout moment. » Peut-être exagérait-il. Le fait était qu’elle demeurait plus pâle que d’ordinaire. Tandis qu’elle s’asseyait, prouvant son argumentaire, il enduit une compresse propre de désinfectant avant de s’accroupir devant elle. D’autorité, il lui écarta l’ancien du visage et plaqua soigneusement la nouvelle contre son nez. « Je ne vous fais pas trop mal ? » Ils étaient proches. Bien trop proches pour qu’il ne sente pas son épiderme se hérisser. Il se força à ne pas relever le regard pour croiser la clarté envoûtante de ses prunelles. Son cœur ne l’entendit pas de cette façon-là, battant à tout rompre dans sa poitrine. Cette situation le mettait au supplice. Plus qu’il ne pouvait le supporter véritablement. « Héloïse, je… » Il se racla la gorge, mal à l’aise. Sa voix était plus enrouée qu’il ne l’aurait voulu, lui donnant des intonations plus graves qu’à l’accoutumée. « Ce que je voulais vous dire, c’est que vous me manquiez. » Il sentit un poids immense lui tomber sur les épaules, le cœur, les entrailles. Ses paroles pourraient-elles être bien reçues ? Avaient-ils seulement le droit de les dire ? Il marqua une pause qu’aucun des deux n’osa briser. Il lui fallut plus encore de courage pour poursuivre. « Ce que nous avions auparavant, notre complicité me manque… Ce quelque chose qui faisait que vous n’étiez pas seulement ma stagiaire. » Une amie, peut-être ? Cela semblait si insensé. Mais ne savait pas ce qu’il désirait aujourd’hui, mais ce qu’il ne voulait plus, c’était de ce malaise qui régnait entre eux. « J’ai conscience que je ne peux rien vous reprocher et que je ne peux que m’en prendre à moi-même. Si je le pouvais, je reviendrai en arrière pour tout effacer. » Reprendre son baiser. Effacer ce moment d’égarement. S’il avait su qu’ils en seraient là aujourd’hui, il n’aurait jamais agi de la sorte. « Désormais, c’est à vous de savoir si vous serez capable de me pardonner. » Pour revenir à ce qu'ils possédaient avant. Ou du moins, un beau mirage. Un merveilleux mensonge qu'ils tisseraient ensemble et qu'ils se conteraient l'un et l'autre pour apaiser les souffrances de leurs âmes blessées.
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyLun 10 Déc - 8:59

Partir de l’hôpital n’est pas aussi simple que je l’espérais. Alors qu’il n’y a personne dans la pièce en dehors de mon patron, je me retrouve à devoir rester malgré tout. Il refuse que je m’en aille, m’intimant l’ordre d’attendre qu’un médecin me prenne en charge. Je ne suis pas docteur, c’est vrai, mais je ne supporte pas les hôpitaux. Ça me met à l’aise. Pourtant, le dire me paraît comme quelque chose de vraiment stupide. Et je ne conçois pas l’idée de le contredire. Ça n’a jamais été dans mes habitudes. Et je ne peux m’empêcher de rougir quand il décide de tenir la compresse contre mon nez, à ma place… Au cas où je fuirais ? La respiration est courte et cette proximité me met dans tous mes états. Même s’il est bienveillant et qu’il va jusqu’à me demander s’il me fait mal ou non. « Non… Ça va. » Je lui déclare d’une petite voix, bien trop gênée par sa présence si près de moi. Dès que je relève les yeux, je peux observer chaque détail de son visage, la courbe de ses cils, l’arrondi du nez et même ses lèvres me paraissant être si douces. Je me focalise dessus, sentant mon cœur d’emballer, alors que son parfum m’embaume, que je peux observer les taches de rousseur se trouvant sur sa main.. Si près… Mon dieu, tellement près. J’émets un râle comme si j’étais en train de reprendre mon souffle avant de plonger en apnée. Non, je vais finir par mourir ici, vidée de mon sang, si près et si loin de lui… Si seulement, je pouvais hisser un peu plus la tête, il pourrait même m’embrasser. Enfin…

« Ce que je voulais vous dire… » Et aussitôt, je redescends sur terre pour le dévisager, m’apercevant, mortifiée, que je levais la main pour la poser, je ne sais où. OMG !! J’en profite pour me gratter les cheveux au moment où il me dit que je lui manque. Et là, je m’étrangle presque au moment où je déglutis, par trop de gêne. « Quoi ?! » Cette fois-ci, je le dévisage franchement alors qu’il me révèle que notre complicité d’avant lui manque. Je ne sais pas si je rêve ou si c’est le coup sur le nez mais je fixe mon patron, en plein aveu. Et ça me désarme complètement. Je ne respire plus. Je le fixe, entourée de sa fragrance me faisant défaillir. Revenir à avant… Tout effacer. Mais que veut-il effacer !? Durant un instant, l’espoir m’inonde totalement et dans mon esprit, tout paraît clair : il veut effacer ce qu’il y a eu après le Japon. Ce moment terrible où il a fallu m’entendre que nous devions faire comme si nous nous étions jamais embrassés, qu’il n’y aurait jamais rien. Veut-il dire que finalement, ce baiser a compté pour lui ? Et quand il dit qu’il voudrait que je sois plus que sa stagiaire ? Mon dieu, j’en rougis… Et en même temps, je doute. « Vous… » - « Ah Héloïse ! Vous voici ! » La voix d’Archibald nous parvient alors qu’il brandit ma carte d’assurance maladie. « Je me suis fait passer pour votre mari pour qu’on me laisse entrer ici… Monsieur McGregor. » Dit-il en saluant Matthew d’un franc sourire. Non mais comment il fait pour être toujours souriant avec le boss. Je n’ai pas souvenir d’avoir vu une fois, ce dernier, être gentil avec Archibald. « Vous êtes vraiment gentil, Archie. » Je lui dis avec un doux sourire. « C’est normal… Je m’en veux d’avoir atteint un si joli visage.. Je le regrette… » C’est alors que l’infirmière revient. « Votre mari… » Mais elle se tait en voyant les deux hommes. Prenant un air pincé, elle ajoute d’un ton dédaigneux. « Vos Maris sont là. » Et moi de me ratatiner sur place tant je me sens gênée de la situation. Que vont penser les gens ? « Vous ne les avez pas choisi laids. » Dit-elle sur un ton accusateur, ce qui me mortifie un peu plus. « Gardez vos commentaires pour vous. Notre épouse a le droit de nous aimer tous les deux. » Déclara Archibald tandis que je suffoque. Je ne sais pas si c’est parce qu’il me semble que la main de Monsieur McGregor me sert un peu plus fort. Sans rien dire, je viens poser mes doigts sur les siens et desserrent délicatement, n’osant pas dire qu’il est en train de m’étouffer. Archibald vient alors prendre ma main libre et la sert doucement. « Heloïse, ça va aller ? Tu vas tenir le coup ? » Rouge cramoisi, je hoche furtivement la tête, alors que l’infirmière relève le regard vers mon patron, comme si elle s’attendait à ce qu’il prononce une parole de réconfort… Un peu comme quand il y a un débat, les visages se tournent vers l’adversaire qui parle.

Qu’a-t-il voulu dire bon sang ?

C’était quoi ce « comme avant ». Je suis toujours indécise, même quand l’infirmière vient se poster devant moi, ôte la main de mon patron et la compresse. « Et bien.. Et bien… On ne vous a pas loupé. » Me dit-elle avant de prendre une compresse et de l’imbiber. « Il faudrait faire une radio pour vérifier qu’il n’y ait pas une déviation nasale. Si c’est le cas, cela voudrait dire une opération à prévoir. » Mais ce ne sont pas les mots à dire, j’ôte sa main et sa compresse. « Non.. Non .. Non… Pas d’opération. Jamais. Hors de question. Rester ici ? Plutôt me vider de mon sang. Je déteste ces endroits. » Je pose un pied à terre, un sourire apparaissant quand je m’aperçois que je ne flanche pas. « Vous voyez, je marche ! » Sauf que dès lors que j’avance d’un pas, tout tourne autour de moi, et je m’effondre contre celui qui est à côté de moi… En l’occurrence mon patron, m’empêchant de tomber. Le nez coulant à flots, je redresse mon visage ensanglanté vers Matthew le fixant d’un air malheureux et lui murmurant « Pitié… Je veux rentrer chez moi… J’ai peur… »
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyMar 11 Déc - 21:41

Matthew n'était pas un homme très doué pour exprimer ses sentiments. Certes, il avait le verbe, les mots, l'art du discours, le génie sémantique, mais sa gorge était comme une prison d'où sa voix ne laissait rien échapper. Alors, il ne parvenait pas à parler à Héloïse, à lui expliquer simplement ce qu'il avait sur le coeur. En vérité, ce n'était rien de terriblement complexe. Presque un peu idiot tant c'était évident... Elle lui manquait, un point c'est tout. Il se souvenait de cette époque où elle n'avait pas encore éveillé un grand intérêt chez lui. Il la considérait avec une pitié amusée, tout au plus, avec ses maladresses et ses étourderies continuelles. Il avait pensé une chose : “Elle ne sera pas de taille, trop empotée pour faire quoi que ce soit.” Après tout, son père lui avait collé dans les pattes sans lui demander son avis. Il comptait uniquement souffrir en silence, attendant le jour où elle prendait ses bagages, peut-être en observant son charmant fessier à la recherche d'une boucle perdue, à tout hasard. Sauf qu'elle n'était pas que maladroite. Elle n'était pas qu'une créature futile. Il l'avait découverte passionnée, talentueuse, acharnée, courageuse et bourrée de potentiel, mais aussi douce, bienveillante, attendrissante dans ses attitudes qui n'appartenaient qu'à elle. Ses rougeurs le faisaient chavirer. Son sourire éclairait ses matins. Cette complicité apaisait ses mauvaises humeurs. Et à force, il s'était habitué à sa compagnie, la souhaitant, la quémandant, la réclamant dans toutes ses tripes. Elle était devenue un besoin, une raison d'être jusqu'il ne puisse plus se passer de ce lien qui s'était noué entre eux. Il en avait besoin comme d'une part d'oxygème dans ses poumons. Sauf que tout avait été gâché par un bête baiser dont il était l'auteur. Pourquoi une telle faiblesse ? Pourquoi céder à un geste qui les condamnerait forcément tous les deux ? Matthew se haissait pour cette chair vulnérable dont il était fait, et qui avait anéanti une relation aussi précieuse autant sur le plan professionnel que personnel.

Alors maintenant, qu'avait-il à lui dire qu'il ne parvenait pas à formuler dans son esprit pourtant fécond ? La situation, l'atmosphère étrange, sa proximité d'Héloïse, son doux parfum... il ne sut ce qui permit à ses lèvres de se délier pour confesser un tel aveu à la jeune fille. A mettre son orgueil de côté au profit d'une vérité qui pourrait les guérir tous les deux. La gorge sèche, il attendait une réponse qu'il craignait. Que pouvait-il espérer après son attitude au cours de ces derniers mois ? Pourrait-il seulement le pardonner ? Croyait-il que tout redeviendrait comme auparavant ? Son regard se perdit dans le clair des yeux de la brune. Il y cherchait une réponse. Il souhaitait déceler une étincelle bien particulière... Quand tout à coup, la porte s'ouvrit à la volée. Si Matthew crut à l'arrivée du médecin ou au retour de l'infirmière, il déchanta bien vite quand il reconnut Archibald. Qu'est-ce que ce connard fout ici ?! Matthew se raidit, sentant dans chaque fibre de son être les affres amères de sentiments bien trop forts. Il avait subitement envie de fourrer son poing dans la tronche du graphiste. De quel droit avait-il quitté son poste pour venir à l'hôpital alors qu'il gérait clairement la situation ? Instinctivement, l'éditeur se redressa, s'éloigna. Une fuite. Une retrait qui ne lui ressemblait guère d'ordinaire. Il fut le spectateur malheureux de cet échange qui lui tordit les entrailles. Lentement, mais sûrement, une haine souveraine prenait possession de chaque parcelle de son corps. Son mari ?! Matthew foudroya Archibald d'un regard d'orage, avant de reporter son regard sur Héloïse. Sa voix douce. Ses paroles tendres qu'elle accordait à Archibald, mais qui ne lui étaient plus destinées. Du plomb chaud tomba dans son estomac. Et pour compléter ce tableau grotesque, l'infirmière revint. Voilà où ils en étaient désormais avec son mensonge idiot. Une Héloïse polygame. Aux accusations sentencieuses de la femme, Matthew se racla la gorge à défaut de s'animer comme le graphiste qui aggrava la situation. « Vous feriez mieux de vous taire, Archibald, au lieu d'empirer les choses. » Sourd à ses mauvaises paroles, Archibald sonna le coup de grâce en prenant la main d'Héloïse, à l'image d'un cheval vneant secourir sa belle. L'éditeur faillit s'étouffer à cette vision qui lui retournait tout l'être. Puis sans qu'il comprenne pourquoi, tous les regards convergèrent vers lui. Pourquoi ?! Que pouvaient-ils bien attendre de lui ? Il se sentit décontenancé, acculé, sans que rien dans ses attitudes ne le trahissent. Finalement, sa bouche s'ouvrit, prête à annoncer son départ. Après tout, elle semblait être entre de bonnes mains. Elle n'avait pas besoin d'un second mari pour la soutenir. Elle n'avait pas besoin de lui... Sauf que l'infirmière le coupa dans son élan, et cela suffit à éloigner ses intentions. Il ne pouvait supporter cette situation, mais il supporterait encore moins d'être absent. La femme posa un premier diagnostique. Si l'éditeur grimaça seulement, cette nouvelle provoqua la panique d'Héloïse. Archibald tenta de la raisonner. En vain. Elle se redressa en dépit des recommandations de l'infirmière. S'il ne fallait en juger qu'au sourire de la brune, il semblait que tout allait bien. Mais ce n'était pas ce que disaient la pâleur maladive de sa peau, le sang qui coulait abondamment de son nez et le vertige qui la saisit brusquement. Elle s'écroula sur lui en même temps qu'il se précipitait pour la rattraper. Elle tomba dans ses bras, désemparée et en détresse. « Héloïse, calmez-vous. Je vous assure qu'il ne peut rien vous arriver. » Il avait chuchoté ses mots près de son oreille, de sorte qu'elle soit seule à l'entendre. En dépit de toute la colère qui enflait dans ses veines, il ne parvenait pas à lui parler froidement. Il se voulait rassurant, bien que son expression demeure de marbre. Sûrement l'effet ne devait pas être renversant. Il la soutint pour la mener jusqu'à la chaise où il l'assit. « Je vais vous enchaîner à cette chaise si vous continuez à vouloir vous enfuir. Cette opération est rapide et sans danger. Ne soyez pas affolée. » dit l'infirmière. Plus facile à dire qu'à faire pour la brune. Au moment où Matthew posait une main rassurante sur l'épaule d'Héloïse, Archibald s'empressa de prendre sa main et s'agenouilla à côté d'elle. « Ne t'en fais pas, Héloïse. Tu n'es pas seule. Je reste avec toi. » Il dut faire un effort suprême pour ne pas attraper sa tête et l'éclater contre le carrelage. Qu’avait-il fait pour mériter un idiot pareil ? Mais à ce regard soucieux et sincère qu’il portait sur Héloïse, il sentit quelque chose se casser en lui. Un petit bout d’être qu’il ne soupçonnait même pas. « Héloïse, je crois constater que vous êtes entre de bonnes mains ici. Je vous laisse avec Archibald. Du travail m’attend. » Lapidaire. Presque sans chaleur. Ce n’était pas véritablement le ton qu’il aurait souhaité employer. Seulement, il n’était pas capable d’agir autrement qu’avec froideur. Il n’accorda même pas un regard au graphiste, tout juste une attention vite échappée pour la brune avant de s’éclipser de cet endroit, avec la sensation affreuse de commettre une grave erreur.

***

Il s’en était voulu d’être parti comme un idiot. Après tout, pourquoi agir de la sorte ? Mais bien avant cela, il mettait en avant l’idée qu’il n’aurait jamais dû avoir ce comportement avec une simple employée. Il se mettait dans une position délicate, et Héloïse avec. Sauf qu’il s’était promis de ne plus lui faire de tort. Il s’était donc résolu à avoir une attitude exemplaire. Pour se faire pardonner son faux-pas, il avait même acheté des fleurs qu’il comptait déposer dans le bureau d’Héloïse sitôt qu’il fut arrivé. Ce qu’il fit. Par chance, la demoiselle n’était pas encore arrivée et Matthew s’était montré très matinal afin d’être certain de ne pas être observé de ses employés. Il entra dans le bureau de la demoiselle, prêt à déposer son bouquet quand soudain… Il vit un autre bouquet sur le bureau. Plus grand, plus beau, plus coloré. À côté du celui-là, son bouquet faisait grise mine. Une carte était posée dessus et il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre de qui il s’agissait. « Mais quel sombre connard… » grommela Matthew dans un anglais impeccable. Puis, dévoré d’une émotion puérile qui ne lui ressemblait guère, il déposa son bouquet, attrapa celui d’Archibald avec l’intention ferme de l’emporter avec lui et de le jeter aux oubliettes. Déterminé dans sa tâche, il s’apprêtait à gagner la porte quand celle-ci s’ouvrit subitement à la volée… « Bennett ?! Vous êtes déjà là ? » Nez-à-nez avec Héloïse, le bouquet d'Archibald dans les mains.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyJeu 20 Déc - 21:18

Je n’arrive pas à me défaire de ma peur. Elle est là, me guette, me fait des signes de la main. Et je suis tétanisée, je voudrais tellement ne plus ressentir quoi que ce soit, mais c’est impossible : les hôpitaux m’effraient bien trop. À chaque fois, j’ai l’impression qu’on va m’annoncer une mauvaise nouvelle, que je vais voir mourir quelqu’un sous mes yeux. Et même s’il y a Monsieur McGregor et maintenant, Archibald, je n’arrive pas à me calmer. Force est d’admettre, cependant, que je n’ai pas le choix quant aux soins qui me doivent donnés. Je ne tiens pas debout… Et je m’écroule dans les bras de mon patron. Pourtant, au lieu de m’engueuler, il prononce des mots se voulant rassurant. Je pourrais presque les accepter, m’asseoir et laisser l’infirmière faire ses soins. Mais c’est sans compter cette dernière… Qui ne me rassure guère. « Vous … Vous voulez m’attacher ? » Blême, je l’observe d’un air atterré quand Archibald me rassure lui aussi. Mon regard dévie vers lui, et j’acquiesce silencieusement sans trop savoir si je dois le croire ou non. Mais son visage se veut rassurant, il me sourit et je me force donc à lui faire confiance. Je ne suis pas seule même si, soudainement, notre patron, par lui-même, de s’en aller arguant qu’il a du travail. « Vous… Ne … » Mais je me tais, sentant mes joues se couvrir de rouge, incapable de lui demander s’il ne veut pas rester. De toute façon, sa voix froide m’empêche d’aller plus loin dans ma requête. Je le fixe s’en aller, sans même avoir un regard pour nous, sans même dire au revoir. Une fuite que je considère plus comme un abandon, et il fait mal.

***

Finalement je n’ai pas été opérée ! L’infirmière m’a expliquée qu’il faut d’abord laisser la blessure se guérir et ensuite, vérifier jusqu’à quel point, j’ai été amochée. Archibald est restée jusqu’à tard, et quand je suis enfin rentrée chez moi, il était minuit passé. Ça ne m’a pas empêché d’être debout, assez tôt, pour aller bosser. Du travail m’attend et même si j’ai un gros bandage sur le nez et une voix nasillarde, mon cerveau est prêt à emmagasiner toute sorte d’informations, diverses et variées. Quand j’entre dans les lieux, la standardiste m’observe avec un drôle d’air. C’est sûr j’ai une tête affreuse, affublée de mes lunettes et surtout de ce bandage blanc. Mais j’ignore, je suis pas pour mener ma mission à bien, suivant le chemin habituel vers mon bureau. Je sais qu’il est tôt, aussi, je ne prends pas le risque de croiser mon patron. Pourtant, c’est bien ce qu’il se passe lorsque je tombe nez à nez avec lui, un bouquet de fleurs dans ses mains, sortant de mon bureau. « Oh .. Euh … Bonjour Monsieur … McGregor … » Bredouillante, j’observe son visage entre trois tulipes colorées. « Il est imposant ce bouquet… Mais très joli. » Sans doute, est-ce pour quelqu’un qui mérite plus sa place, dans son cœur, que moi. Je ne fais même pas attention à la carte qui dissimule le mot d’un autre. Je suis juste focalisée sur ce visage qui me hante un peu trop. « Je suis désolée pour mon pansement, je suis obligée, hélas, de le garder pour quelques jours… » Surtout qu’il y a un bleu énorme qui me défigure complètement. Même si je ne me trouve pas Jolie, que je manque de confiance en moi, je ne peux m’empêcher de détester cet indésirable trop imposant. « Enfin… Euh… » Je rougis un peu plus. Vous me manquez. Que voulait-il dire ? Pourquoi cette porte s’est ouverte alors ? Je pourrais avoir le cran de lui dire ce que j’ai sur le cœur, qu’il me manque aussi. Mais j’ai peur… Si peur d’avoir mal un peu plus, d’étouffer alors que je respire si mal déjà. « Je … Je peux entrer, s’il vous plaît ? » Il s’écarte, je passe, le frôlant brusquement, enveloppée du parfum de fleurs trônant dans la pièce. Rouge pivoine, je le laisse s’en aller, posant mes affaires et enlever mon manteau quand, en me retournant, je constate la présence d’un joli bouquet, moins coloré que celui qu’il tenait, moins gros aussi, mais si jolie par ses couleurs douces. Ne sachant que croire, je viens prendre la carte dans laquelle je reconnais l’écriture du patron me souhaitant un bon rétablissement. J’en ai le cœur serré : je trouve cette attention si touchante mais hélas, que voulait dire cet autre bouquet qu’il tenait. Peut-être était-ce destinée à quelqu’un d’autre en qui il tient plus.

Vous me manquez…

Je suis presque tentée de le jeter à la poubelle mais je suis incapable de le faire. Au contraire, je m’assois et l’observe avec insistance. Mes doigts frôlent une rose rouge, et je suis si indécise. Heureusement, ma rêverie est bien vite interrompue. « Bonjour Héloïse, finalement tu n’as pas été arrêtée. » Mon visage s’éclaire d’un sourire tandis qu’Archibald rentre dans la pièce. Le tutoiement me gêne un peu, mais je prends sur moi. « Bonjour, Archibald comment allez… vous .. ? » Merde. Je vois son visage accuser le coup, mais bien vite, il me sourit. Il vient s’installer en face de moi, et c’est là qu’il remarque le bouquet. « Vous avez reçu mon bouquet ? » - « Quel bouquet ? » Je demande d’une voix interrogatrice. « Et bien, je vous ai commandé un bouquet pour m’excuser de vous avoir blessée. Je l’avais posé ici, mais … Je ne le vois pas. Et ce n’est pas celui-ci. » Il hausse les épaules. « Ce n’est pas grave, la femme de ménage a dû le jeter. » Sauf que… Un sentiment terrible me parcourt toute entière. Et si le bouquet que lui tenait… Et si… Mais non, ça ne peut pas être ça quand même ! « Il… Il était comment ? Je .. Je lui en toucherais deux mots… »

***

Ainsi, j’en suis là…
Dans le bureau de mon patron… Et je suis paralysée, je n’ose rien faire. Il est parti pourtant mais je ne sais pas. Je me dis que c’est une mauvaise idée, que c’est probablement une TRÈS mauvaise coïncidence mais je tiens à en avoir le cœur net. Sauf que je n’arrive pas à me décider. Je suis indécise, pourtant c’est simple. Je n’ai qu’à contourner le bureau et à vérifier dans sa poubelle. S’il y a le bouquet, je pourrais vérifier si c’est bien celui qu’Archibald m’a pris, et s’il y a bien un mot. Monsieur McGregor est censé être parti à un rendez-vous. Alors j’avance d’un pas. La porte est fermée derrière moi, je suis entrée au moment où personne ne m’observait. Et petit à petit, j’arrive à proximité du bureau. J’inspire un grand coup et me penche en avant et là… Le bouquet se trouve dans la poubelle. Un froid immense me parcourt et je repère la carte de vœux que je prends d’une main tremblante. J’ai presque envie de pleurer lorsque la vérité m’éclate au visage, au même titre que j’entends la voix de mon patron, parlant dans le couloir. J’ai juste le temps d’aller me calfeutrer dans un coin du bureau quand la porte s’ouvre en grand, venant me dissimuler dans ce recoin. Je vois mon patron qui entre et je me dis qu’il vaut mieux fuir tant qu’il est dos à moi, occupé à parler à un auteur. Le ton est désagréable, sans doute un capricieux…
Ma main tremble et je ne sais pas quoi faire ! Je suis coincée et j’ai terriblement peur, d’autant plus que le bougre bouge pas mal, heureusement la porte me dissimule … Jusqu’à ce qu’il se décide à fermer la porte. J’aurais dû me cacher ailleurs… Un placard. Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt !?
Je sursaute en poussant un petit cri quand nous nous faisons face. Je tiens la carte dans la main et celle-ci me donne du courage. Nécessaire pour ne pas faillir. Obligatoire pour oser lever les yeux vers lui. Vital pour arriver à lui parler : « Son bouquet… Pourquoi l’avez-vous jeté ? » Je lui manque mais par ses agissements, il me fait du mal. Que diable dois-je comprendre ?
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyJeu 27 Déc - 18:26

Il n'y avait rien de raisonnable dans sa démarche. Il n'avait que besoin de prendre ce bouquet entre ses doigts pour se rendre combien son comportement était dépouillé de toute logique, qu'aucun bon sens ne venait l'effleurer d'une quelconque manière que ce soit. Tout ceci n'était que le résultat d'un maelström étrange qui sévissait dans sa poitrine, qui envahissait tout l'espace de ses sens, qui rendait confus ses sentiments par un sortilège qui ne pouvait être le ressort que d'une magie maléfique. Parfois, Matthew en venait à se convaincre qu'il était envoûté, maudit, sous l'emprise d'une maléfice puissant qui ne lui apportait que déraison. Pourquoi se retrouvait-il avec le bouquet d'Archibald entre ses mains ? Pourquoi un sentiment si violent était venu le frapper de plein fouet sans qu'il ne puisse s'en défendre ? Pourquoi cette volonté si farouche de le détruire pour qu'il ne paraisse jamais à la vie d'Héloïse ? Un florilège de questions venait l'étouffer, toutes plus effrayantes les unes que les autres. Par orgueil, il se refusait encore à y trouver la moindre réponse. Celle-ci lui déplaisait trop. Il ne l'aimait pas. Il la fuyait. Sauf qu'il ne pouvait éviter Héloïse quand elle se présenta à lui. Il ne put dissimuler à temps sa stupéfaction de tomber nez à nez avec elle. Premièrement parce qu'il pensait qu'elle aurait au moins pris sa matinée ou sa journée, et deuxièmement, parce qu'il était très tôt. Justement, il avait prévu son coup pour que personne ne le voit déposer ses fameuses fleurs. D'ordinaire, il se moquait des commérages, mais concernant la brune, il n'appréciait pas que l'on puisse jaser. Bêtement, il se dit que ce ne pouvait qu'être un coup du destin pour le punir de tant de puérilité. « Mmh. Oui. Imposant. » Ce fut ce qu'il trouva de plus pertinent à répliquer. Qu'aurait-il pu lui dire d'autre sinon ? Il n'allait certainement pas admettre que ce bouquet appartenait à Archibald. Bien plus beau. Plus coloré. Plus grand. Rien que de songer qu'elle pourrait remarquer la carte posée entre les tiges, il en avait des sueurs froides. Il se concentra plutôt sur l'apparence de la jeune femme. Cette dernière, manifestement, n'avait pas l'air d'avoir subi la moindre opération. Toutefois, elle arborait un pansement imposant qui lui mangeait une bonne partie du visage. Elle n'était pas reluisante, mais il ne pouvait s'empêcher de remarquer que ses prunelles ressortaient plus encore ainsi. « Le principal, c'est que vous alliez bien. » répondit-il, froid et laconique. En vérité, il était incroyablement soulagé, mais la tension dans son corps indiquait tout le contraire. Il ne se rappelait que trop les mots qu'il avait prononcés dans cette chambre aux urgences. Des paroles qui n'avaient obtenu aucune réponse à cause de cet autre abruti de graphiste. Ne regrettait-il vraiment ? Il n'en était pas certain. La réaction de la jeune femme le plongeait dans une angoisse atroce. Il préférait encore essuyer un silence que des mots blessants. « Oui, pardonnez-moi. » Il s'écarta du chemin, réalisant qu'il l'empêchait de regagner son bureau. « Ne forcez pas trop aujourd'hui. » Il s'enfuit en marmonnant entre ses dents, le bouquet dans ses mains. Sitôt dans son propre bureau, il expédia les fleurs dans la poubelle comme une marmite d'eau brûlante entre ses doigts. Il se passa une main sur le visage, soupirant d'impuissance. « Bon sang, mais qu'est-ce qu'il me prend ?... »

***

« Mais quel abruti... » - « Je vous demande pardon ? » Matthew redressa la tête, observant cette petite assemblée qui se tenait face à lui. Toute une équipe pour parler du prochain lancement d'un titre phare. Ashton était en train de faire la présentation, faisant défiler son diaporama, mais l'éditeur écoutait à peine. Il ne cessait se morigéner intérieurement de sa conduite de ce matin. Qu'espérait-il faire en jetant ce bouquet ? Pensait-il que cela ne se saurait pas que c'était lui qui avait détruit le cadeau d'Archibald ? Et qu'est-ce que cela pouvait-il bien vouloir dire sur le sens de ses actes et les fondements de ses sentiments ? Il n'était en rien à ses affaires sur un sujet aussi important. Ses yeux les fixèrent tous, les uns après les autres. D'un geste impatient de la main, il les invita à poursuivre. Déjà qu'il ne se sentait brillant, voilà qu'il s'affichait en public. Il n'aimait pas apparaître troublé. Ou vulnérable. Il ne fut pas plus attentif pour la suite, mais il s'offrit une fuite lorsque son portable se mit à sonner. En voyant le nom s'afficher sur son portable, il ne fut pas certain d'être ravi d'avoir l'un de ses auteurs au téléphone, mais il savait qu'il ne pouvait éviter l'appel. « Veuillez m'excuser. » Il s'éclipsa de la salle de réunion, décrocha et regagna son bureau pour plus de tranquillité. Comme il s'y attendait, Monsieur Hartch était là pour quémander une rencontre au plus vite. Matthew n'était pas dupe, cet imbécile souhaitait encore négocier une avance sur son à-valoir. Sauf que tant qu'il n'aurait pas reçu de nouveaux chapitres à se mettre sous la dent, il refusait de lui verser un centime de plus. Déjà excédé avant d'avoir entamé les cinq premières minutes d'appel, il parvint à son bureau. Peu enclin à cette rencontre, il se montra quelque peu timoré sur la possibilité d'un rendez-vous. Jusqu'à ce que... il était en train de refermer la porte derrière lui quand Héloïse en apparut juste derrière. Il sursauta, manquant de lâcher un juron qu'il contint. Bon sang, qu'est-ce qu'elle faisait là ? Il l'observa, pétri d'incompréhension. « J'ai une urgence. Je vous rappellerai plus tard, Monsieur Hartch. » Il ne lui laissa pas l'opportunité de répondre qu'il raccrocha, non sans lâcher Héloïse de son regard sévère. Il s'apprêtait à lui demander les raisons de sa présence, mais elle le devança. Ses yeux ne dévièrent que pour regarder la carte qu'elle tenait entre les doigts. Du plomb lui tomba dans l'estomac. Elle savait. Elle savait qu'il avait jeté le bouquet. Il resta muet, immobile, imperturbable longtemps. Sûrement trop, si bien qu'il sembla que tout le bureau se glaçait. Acculé, il n'était pas sûr de ce qu'il devrait répondre à ses allégations. Nier aurait été idiot. Dire la vérité était plus terrifiant encore. Comment avouer qu'il crevait de jalousie ? « Je suis le patron d'une grande entreprise, mademoiselle Bennett. Cela implique certaines responsabilités. » Il attrapa la carte des mains d'Héloïse et s'éloigna vers son bureau. En chemin, il déchira le papier et jeta tout à la poubelle. « Je ne peux pas permettre que mes employés perdent leur temps en badinage inefficace. » Absurdité. Idiotie. Mensonge. Qui était-il pour empêcher son personnel d'être ensemble ? « Il est important que vous considériez que vous êtes au travail et qu'il vous faut entretenir des relations professionnelles. Hier, avec vos péripéties, vous avez fait perdre un temps considérable sur le temps de travail d'Archibald, et sur le vôtre. Toutes vos heures perdues pénalisent l'entreprise et nous avons un devoir d'excellence. » Et je ne supporte pas ce regard qu'il porte sur toi. Ces attentions qu'il te voue. Ses mots rassurants qui ne sont que pour toi. Tous ces mots qui ne parviennent pas à sortir de ma gorge pour te dire combien je... « Ce geste était simplement déplacé. » conclut-il en se tournant à nouveau vers elle, s'adossant à son bureau. « Aviez-vous autre chose à me dire ? » Pourquoi ne me réponds-tu pas quand mon cœur se consume pour toi ?
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyVen 11 Jan - 21:57

Mon dieu.. Face à Monsieur McGregor, je suis tout simplement tétanisée. Je n’ose pas réagir, comme si j’étais devenue une statue de cire. Mon coeur bat si fort et j’ai si peur... Pourquoi ai-je agi ainsi ? Pourquoi suis-je allée dans son bureau alors qu’il était absent !? Et surtout, pourquoi a-t-il jeté le bouquet d’Archibald ? Pourquoi, POURQUOI !? Cette question me rend folle, malheureuse. Et bien vite, je finis par me reprendre et le faire face à ses responsabilités. J’ai besoin de connaître la vérité même si elle me fait peur. Il a dit que je lui manquais et pourtant, il dissimule le bouquet qu’on m’offre ? Je ne suis pas stupide, j’essaye de comprendre, me disant que cela couvre, sans doute, une forme de jalousie. Cependant, s’il était jaloux, est-ce que cela veut dire que j’ai de l’importance pour lui ? Mais alors... pourquoi ne cesse-t-il pas de me rejeter ? Pourquoi continue-t-il de jouer avec mes sentiments, d’être à la fois tant de contradictions ? Mon dieu, ça en est au point où je pourrais devenir folle, perdre la tête, hurler mais je prends sur moi. Je masque la tristesse, je dissimule la colère et je parle sur un ton un peu trop neutre. La boule est grosse dans ma gorge, je pourrais me mettre à pleurer mais je tiens bon, le fixant alors qu’il se dirige vers moi.
Dans mon esprit romantique, je pourrais le laisser s’approcher de moi, glisser ses mains de chaque côté de mon visage, le laissant se jouer de moi, être à sa merci. Mais il en est rien. Au contraire, c’est d’une voix glaciale qu’il rompt un silence gênant, saisissant la carte d’entre mes mains. Et tout en continuant à aller vers son bureau, il commet l’acte le plus terrible à mes yeux, déchirant la carte et la jetant à la poubelle, tout en me reprochant mes agissements d’hier. Le fait qu’il me rappelle que nous sommes dans une entreprise, me donne l’impression de me brûler. Et mon visage se décompose, alors que je le fixe comme si je le découvrais pour la toute première fois. Une aura de froideur, une méchanceté sans égale que je ne lui connais pas. Qu’est-ce qu’il lui prend !? Hier encore, je lui manquais, il m’accompagnait à l’hôpital alors que je voulais me débrouiller seule. Et maintenant... ça ? Ses reproches alors que je me donne corps et âme à son entreprise, que je ne sais combien de salariés se jouent de moi, m’utilisent pour se dégager plus d’heures de pause... Et moi ... Moi, je dois entendre que le badinage est interdit...
Mais bon sang...
Je t’aime vile con !
Le cri de désespoir demeure silencieux. Je déglutis avec difficulté ne sachant que dire, que faire. Si seulement, je pouvais arrêter de trembler. Je sers les poings. Je me dis qu’il faut tenir bon.
« Ok... » Je bredouille, en contenant au mieux mes larmes.
J’ai alors de la peine pour bien des personnes, y compris moi-même. Mais surtout, Archibald, qui m’a offert son bouquet, qui se trouve dans cette poubelle. Le ton sans appel du patron me fait comprendre que je peux m’asseoir dessus. Que le mystère de ce bouquet sera simplement résolu par moi. Il ne me vient même pas en tête d’aller le révéler. Ce n’est pas dans ma nature d’attiser le feu quand il est déjà bien ardent. « Je tâcherais de faire de mon mieux, Monsieur McGregor. » Et elle glisse le long de ma joue, sournoise et silencieuse. La larme qui ne peut rester plus longtemps dans mes yeux. « Je suis désolée... » Je bredouille en essuyant furtivement ma joue avec ma manche. « Peut-être devriez-vous récupérer le vôtre... Je ne voudrais pas que l’on pense que je... badine...avec vous... » Et sans un mot de plus, je détale guère motivée à subir une quelconque colère ou à entendre de méchants reproches. Je ne les supporterais pas. J’arrive dans mon bureau et pour une fois, je ferme la porte afin d’être seule, de m’isoler un peu pour pouvoir pleurer à mon aise, mais si d’ordinaire ceci soulage. Là avec mon nez amoché, c’est douloureux. J’ai bien vite mal au crâne mais ça fait du bien. Ça remet les idées en place, ça apaise. Et je me lève d’un bond pour aller foutre le bouquet dans un placard que je referme. Bien sûr l’idée que ce dernier puisse mourir par manque de lumières me lacère le coeur, mais je ne peux pas supporter de l’avoir sous les yeux et de me remémorer tout ce que je viens de me prendre en pleine figure. C’est tellement humiliant... Comme si j’étais Portia de la comptabilité qui rejoint toujours Mike, à 13h aux toilettes. Portia est mariée et a des enfants. Et j’ai compris cela en étant coincée dans les toilettes, mortifiée et comprenant pourquoi il n’y a JAMAIS personne à cette heure-là. Ou alors Maddie, la standardiste qui passe son temps sur Facebook. Ou alors Joey... Mon dieu... Et c’est moi qui badine alors que je ne compte pas mes heures, que cet incident s’est passé à une heure avancée de la journée... Je me demande même si je n’étais pas en dehors de mes heures comme toujours. Parce que ça se passe toujours comme ça. Je bosse trop, je rentre à pas d’heures chez moi. Et sincèrement, je commence à en avoir marre, même si travailler ici est un bienfait, que plus tard, ce sera une belle opportunité d’avoir une carrière ailleurs. Mais là... J’en ai gros sur la patate, qu’on puisse me juger si mal.
Je reviens vers mon bureau et devant cette pile monstrueuse et là, je fais des piles de dossier. Ça prend du temps mais à la fin, une pile énorme se trouve devant moi, que je saisis me dirigeant dehors avec difficulté, et puis j’entreprends la redistribution des dossiers. « Je suis désolée mais il n’y a pas marqué bonnichesur mon front. » Que je dis, de façon française, à une Maisie médusée. Et telle une factrice, je dépose des dossiers qui ne sont pas les miens, expliquant que non, je ne fais pas le boulot des autres. J’ai déjà suffisamment à faire. Je suis tellement en colère que je pourrais hurler sur le premier qui l’ouvre mais étrangement, personne ne dit rien, récupérant leur boulot. Une fois que c’est fait, je reviens dans mon bureau, le coeur vide et mais l’âme apaisée. C’est sûr que c’est moins envahi. « Ouaaah ! Tu as bien avancé dans tes dossiers. Je n’ai jamais vu ton bureau avec autant d’espace. » Que me dit un Archibald revenant avec un grand sourire. Passé la frayeur de sa visite surprise, je ne peux m’empêcher de lui sourire. « Je me suis débarrassée du superflu... » Me rappelant ce que m’a dit mon patron, je reprends bien vite mon sérieux, remontant mes lunettes sur mon nez, non sans grimacer de douleur. « En quoi puis-je t’aider ? » Il me montre un dossier ayant été validé il y a peu, et me pose une question assez technique je l’admets. Je réponds comme je peux, jusqu’à ce qu’on entende un bruit de quelqu’un qui entre.
Et merde...
« Avant que vous n’ayez un doute, nous ne sommes pas en train de flirter. » Je déclare d’une voix très froide. Trop même, parce que ça me fait si mal mais qu’il est nécessaire. Je ne tiens pas ce qu’il pense que je passe mon temps à me draguer du salarié par ici. Ou du patron, même si pour le coup, je n’ai rien demandé de tel. Mes propos ont le mérite de faire s’esclaffer Archibald qui n’a pas l’air de percuter la tension qui s’est engouffrée dans ce bureau. « J’ai eu plaisir à jouer ton mari, à l’hôpital, en tout cas. Mais ce n’était que pour te sauver la mise, cette fois-ci ! » Bon sang, mais il ne peut pas se taire !? « Tu as répondu à ma question, je t’en remercie. » Et nous saluant chaleureusement, il me laisse avec Monsieur McGregor. Des fois, je ne comprends pas Archibald et sa manière d’être imperméable à n’importe quelle émotion. Non vraiment, comment fait-il ?! Parce qu’à peine, a-t-il quitté la pièce que je sens un froid m’envahir tel un Harry Potter face à un détraqueur. Je lève les yeux vers ce regard d’acier. « Avez-vous quelque chose à me dire ? » Que je lui dis faiblement, me sentant défaillir face à lui.
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyMer 30 Jan - 21:40

Les mots tranchaient aussi aisément la bouche de Matthew que le beau visage d'Héloïse. Il voyait son expression se modifier sous le coup d'une émotion mal contenue, frappée d'une violence injustifiée, abattue par l'absurdité des propos que son patron osait lui tenir. Lui-même ignorait pourquoi il en venait à user d'une verve accusatrice et malveillante. N'était-il pas l'adorateur du moindre de ses sourires ? N'était-il pas l'assoiffé qui cherchait à s'abreuver du moindre de ses mots ? N'était-il pas l'homme qui, hier encore, admettait que la brune lui manquait et qu'il était au supplice de cette distance qui s'était érigée entre eux ? Sa face était impassible, austère, glaciale. Il reflétait une volonté de marbre qui n'était en rien ressentie dans ses tripes. Un maelström insolent soulevait sa poitrine, ses pensées, la pagaille de ses sentiments. La culpabilité l'étouffait de lui servir des accusations qu'il n'était pas en droit de lui jeter à la figure. Il n'était rien pour lui en vouloir d'approfondir sa relation avec un autre homme et d'accepter ses avances. Il n'était personne pour légitimer ses humeurs qui blessaient la jeune femme. Il n'était personne hormis cet homme qui avait donné un baiser pour le reprendre aussitôt. Il n'était personne hormis cet homme qui avait érigé mille chimères, créé mirages et illusions devant les yeux émerveillés d'Héloïse pour les faire disparaître d'un claquement de doigts. Un imposteur. Un traître. Un charlatan. Matthew ne se voyait pas autrement. Mais si sa raison lui hurlait d'être un spectateur passif et de maîtriser la folie de ses sentiments, il ne répondait que par des pulsions destructrices et déraisonnables. Il s’énervait après Archibald, il réagissait avec roideur envers cette femme qui déchaînait toutes ses passions, il commettait des actes absurdes. Pourquoi avait-il jeté ce bouquet ? Pourquoi ressentir une telle colère face à cette profusion de couleurs, de senteurs et d'affection que prodiguaient ces fleurs ? Qu'avait-il bien à prouver pour se sentir si insignifiant, écrasé par le poids de cette attention ? Matthew ne se l'expliquait pas, mais il identifiait une terreur indicible qui broyait ses entrailles à l'en rendre totalement dément. Une peur qu’il craignait de s’avouer tant la vérité était une chose cruelle et époustouflante à la fois. Un peur qui écrasait le vent de révolte qui soulevait son être à la vision de cette larme silencieuse qui roulait sur la joue de la jeune femme. Il aurait souhaité s’approcher d’elle, effacer cette marque profane d’une profonde douleur, faire disparaître cette souffrance qui creusait les traits de la jeune femme en dépit de tous les efforts qu’elle rassemblait pour demeurer brave. A cet instant, il l’admira comme il ne l’avait jamais admirée auparavant. Lui qui se sentait désormais si misérable. Si terrible. Si lâche. Assez lâche pour ne pas le retenir quand elle tourna les talons pour s’enfuir de ce bureau qui devenait le théâtre d’atroces absurdités. Il aurait dû la rattraper. Il aurait dû chasser toute cette violence injustifiée. Il aurait dû lui révéler ce qui bouillait au fond de son gosier. Je vous aime, bon sang. Je vous aime tant, Héloïse ! Mais il ne le fit pas. Il n’en trouva pas le courage. Tout juste celui de poser ses mains sur le rebord de son bureau pour s’empêcher de trembler de cette rage qui le consumait à lui en faire perdre la raison. « Monsie… » - « Quoi ?! » Il avait rugi en se retournant vers ce pauvre assistant qui fit un pas en arrière et sembla produire un effort manifeste pour ne pas déguerpir au loin. Ses prunelles paniquées hurlaient d’une hésitation que Matthew put aisément lire dans son regard. Rudement, l’éditeur mit fin à son supplice. « Vous n’allez pas resté pas planté là toute la journée ? Dites-moi ce que vous avez à me dire et déguerpissez ensuite ! » Ce fut un florilège de balbutiements qui se bousculèrent, s’entrechoquèrent, se heurtèrent les uns aux autres pour finalement amener l’information que son rendez-vous de dix heures ne se présenterait pas à cause d’une déconvenue. Le poète n’eut pas la patience nécessaire. « Cassez-vous, Kent. » Le jeune partit sans demander son reste tandis que Matthew contournait son bureau pour s’écrouler dans son fauteuil. Un soupir exaspéré brûla ses lèvres. Incapable de travailler, ses méninges s’échauffaient sur un problème auquel il ne trouvait nulle issue. Il eut beau tenter de se plonger corps et âme à l’ouvrage pour s’ôter toutes ces images désagréables de l’esprit, mais il n’y parvint pas. Son unique recourt fut de s’acharner à la tâche de maltraiter son gobelet de café vide jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que des copeaux. Pouvait-il se permettre d’entretenir à jamais une telle relation avec la jeune femme alors qu’ils demeuraient sur le même lieu de travail ? Il avait tant insisté pour qu’elle travaille à ses côtés. Et si elle décidait de partir ? Si sa raison était résolue pragmatique, il aurait décidé que cela aurait été la meilleure solution pour eux. Toutefois, il n’était en rien rationnel concernant la brune et il refusait qu’elle puisse s’éloigner de lui d’une quelconque manière. « Mais quel con ! » se morigéna-t-il avec humeur avant de se redresser subitement de son fauteuil.

Soudain enflammé par la détermination, il s’engagea sans hésitation vers le bureau d’Héloïse. Il devait mettre les choses au clair, parvenir à communiquer avec elle afin que les choses ne gâtent pas irrémédiablement. Après tout, il était parvenu à lui ouvrir son cœur la vieille. Pourquoi ne pourrait-il pas en faire de même dorénavant ? Son but n’était en rien de la blesser. Ainsi, l’esprit à peu près limpide et son discours coordonné dans sa tête, il entra dans le bureau de la jeune femme et… « Qu’est-ce que… » Mais qu’est-ce que tu fous encore là, connard ?! Il sentit une vive bouffée de colère lui agripper la gorge. Archibald. Cette tête de gland était là. Encore. Il fallut un effort considérable à l’éditeur pour maîtriser son envie terrible de l’éjecter de ce bureau. Et comme s’il n’était pas assez au supplice, voilà qu’Héloïse en rajouta une couche. Une fois encore, au prix d’une grande maîtrise de soi, il s’épargna de lever les yeux au ciel en soufflant de dépit. N’oublie pas ce que tu dois lui dire. N’oublie pas ce que tu dois lui dire. N’oublie pas ce que tu dois lui dire. se répétait-il inlassablement, attendant que le graphiste comprenne que sa place était dehors. Sauf que ce ne fut pas le cas. Et Matthew se sentit comme un homme à terre qu’on continuait à rouer de coups. Plaisir à jouer ton mari ?! Plaisir à jouer ton mari ?! Et mon poing dans ta tronche, il te ferait plaisir ?! Le patron se raidit comme un balai, saluant à peine Archibald quand ce dernier eut la présence d’esprit de déguerpir. A ce moment-là, dévoré de colère et de jalousie, il perdit le moindre de ses mots. Ce qu’il voulait lui dire ? Il aurait voulu lui dire qu’elle comptait terriblement pour lui. Il aurait voulu lui dire qu’il avait mal de ce regard perçant qu’elle portait sur lui. Il aurait voulu lui dire qu’il était au supplice de cette froideur qui le gelait jusqu’à la moelle. Il avait tant de choses à lui dire. Mais aucun mot ne trouva le chemin de sa bouche. Ses lèvres se délièrent une première fois sans qu’aucun son ne s’en échappe. Une deuxième tentative où il fit claquer sa langue nerveusement sur son palais. Il dansa maladroitement d’un pied sur l’autre, reprit un brin de contenance en enfouissant ses mains dans ses poches, puis plongea son regard métallique dans le sien. « Non. » En l’espace d’une seconde, comme sous l’effet d’un sortilège, il perdit un brin de sa superbe. Il sembla qu’un poids immense venait de se poser sur son cœur. « Rien que je ne sois en droit de vous dire. » dit-il d’une voix qui se fit à peine audible. Il tourna les talons sans attendre la moindre réponse et quitta son bureau sans un mot de plus.

***

La capacité des gens à faire comme si de rien n’était est assez extraordinaire et il semblait que Matthew et Héloïse en goûtaient le pouvoir depuis quelques jours. Depuis leur altercation, ils entretenaient des rapports cordiaux et d’une rigueur professionnelle effrayante. Matthew limitait le plus possible les moments où il pouvait être en sa compagnie, ne la sollicitant que lorsque le sujet le requérait véritablement. Il s’illustrait en des propos lapidaires, allait obstinément à l’essentiel, ne passait jamais trop de temps à la machine à café et se calfeutrait maladivement dans son bureau quand il n’était pas à l’extérieur. Heureusement pour eux, un tel changement de comportement entre eux aurait pu être frappant et à l’origine de tous les ragots si un événement plus réjouissant n’agitait pas toute l’entreprise. En effet, le mois de décembre s’était installé et la réception de Noël de l’entreprise approchait à grands pas. Les éditions McGregor ne ménageaient généralement pas leurs efforts pour que la soirée soit exceptionnelle. Les employés pouvaient profiter d’une réception dans une immense villa qui se trouvait en périphérie de Los Angeles avec tout le service qui allait avec. Un semblant de luxe et de richesse l’espace d’une nuit. Et comme s’il s’agissait du bal du lycée, les rumeurs allaient bon train sur les cavaliers potentiels des uns et des autres. D’ailleurs, durant les cinq minutes que l’éditeur s’accorda pour aller chercher son café, Matthew intercepta une conversation qui lui déplut fortement sur les fortes probabilités qu’Archibald y aille avec Héloïse. A peine entendit-il cette idée qu’il s’en alla sans demander son reste, oubliant totalement son café qui était en train de couler. Bande de cruches. jura-t-il pour lui-même en s’engouffrant dans l’ascenseur pour aller à sa réunion qui devait débuter dans dix minutes au prochain étage. Mais avant que les portes ne se referment, quelqu’un sauta in extremis par l’ouverture. Son cœur rata un battement quand il reconnut Héloïse, les bras chargés de dossiers. En un éclair, il s’offrit une froide contenance. « Bonjour. » dit-il du bout des lèvres. Instantanément, l’atmosphère se glaça dans la boîte de métal et Matthew pria pour que l’ascenseur arrive vite à destination. « Je suppose que vous allez à la réception avec Archibald. » Les mots étaient sortis sans qu’il les commande. Il sentit un frisson glacé lui remonter le long de la colonne vertébrale. Pourquoi avait-il fallu qu’il dise cela ?! Et comme si l’ascenseur souhaitait exprimer son désaccord complet avec cette question impromptue, il s’interrompit brusquement. L’éditeur ne sut s’il s’agissait d’un miracle ou d’un fléau, mais cela lui permit de rebondir avant que la brune ne puisse réagir. « Bon sang, qu’est-ce qu’il se passe ?! » Il appuya sur le bouton pour faire redémarrer la machine, mais rien ne se produisit. Il s’acharna ensuite sur les autres, sans plus de succès avant de taper dedans avec rage. « C’est pas vrai ! » tempêta-t-il, autant en colère à l’idée de rester bloqué à cinq minutes de sa réunion que d’être coincé avec Héloïse pour une durée indéterminée.
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Héloïse Bennett
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤   « What value will there ever be in life, if we are not together ? » + Héloïse ❤ EmptyDim 17 Fév - 9:57

Il y a forcément un Dieu amusé qui nous observe. J’en viens à cette réflexion parce qu’à chaque fois que je suis avec Monsieur McGregor, Archibald surgit sans crier gare et quand je suis avec Archibald, c’est Monsieur McGregor qui entre, sans prévenir. Cette situation est aussi cocasse qu’usante, me donnant envie de me rouler en boule et de pleurer toutes les larmes de mon corps. Heureusement, la froideur m’aide à ne pas perdre pied, et je me justifie sans attendre auprès du patron. Je ne voudrais pas qu’il pense que je flirte. Au-delà du fait que je ne tiens pas à ce qu’on pense, de moi, des choses infondées, je réalise, mortifiée, que je lui ai sacrément manqué de respect en l’agressant de la sorte. Cependant, je ne sais pas si c’est parce que nous évoluons dans un espace-temps étrange, mais Monsieur McGregor ne me fait aucune réflexion. A vrai dire, il ne fait même rien, rendant sa présence plus qu’étrange. Archibald s’en va aussitôt sans avoir remarqué mon trouble et je me retrouve face au patron terrible à qui je demande s’il a quelque chose à me dire. Peut-être un dossier ? M’engueuler parce que j’ai redistribué des dossiers qui ne sont pas les miens ? Non, finalement, il n’a absolument rien à me déclarer et s’en va, non sans m’avoir répondu d’une voix assez sèche. Quand il s’en va, je m’autorise à souffler un peu, sentant mes jambes trembler. Me rendant dans mon fauteuil, je m’autorise quelques secondes afin de m’apaiser un peu, tant je suis sur les nerfs, ne comprenant pas pourquoi il est venu ici. Est-ce sa façon à lui de me surveiller ? Peut-être m’a-t-il dans le collimateur et veut me faire payer mon manque de respect ? Fermant les yeux, je sens mes entrailles se tordre. Mon dieu, faites que je puisse bosser ailleurs… Je vais devenir folle sinon. Combien de temps puis-je tenir à bosser dans ces conditions ?

***

Finalement, je tiens bon et quand la maison d’édition se drape de décorations de Noël, je réalise que j’ai tenu trois mois à adopter un comportement neutre, à parler d’une voix dénuée de chaleurs à mon patron. Finalement, l’entente n’est plus là, plus de sourires, plus de travail à ses côtés. Oh non… Moins, je le vois, mieux je me porte, souriant à Archibald ayant toujours une gentille parole à mon égard. Malgré tout, j’essaye de l’éviter afin de ne pas être prise en flagrant délit de drague, ce qui n’est pas mon cas. Au contraire, j’essaye toujours de ne pas laisser nos conversations s’éterniser et à chaque fois, qu’il évoque Monsieur McGregor, je feins de me rappeler que Maisie m’attend. Un moyen d’éviter d’aborder le sujet du patron, de ne pas sentir ce froid immonde m’envahir. En vérité, je suis terriblement malheureuse de la situation.

Mais c’est comme ça. Je tiens bon et me laisse porter par la bonne ambiance régnant dans les bureaux. Et pour cause, tout le monde n’a qu’un seul mot en tête : la fête de Noël organisée comme chaque année par les patrons. C’est la première fois que je suis conviée en tant que salariée. Cependant, si tout le monde en parle comme étant l’évènement de la fin d’année, je n’ai pas encore osé avouer que non, ce genre de soirées n’est pas ma tasse de thé, que je ne compte pas m’y rendre. Pourquoi faire ? La moitié de l’entreprise me déteste depuis que j’ai osé rendre les dossiers litigieux qui m’avaient été lâchement attribués. Aussi, il est hors de question que je me rend au bal des hypocrites et je n’ai aucunement envie de me retrouver face à mon patron qui osera encore me dire que je drague à tout va. Et puis, s’il faut danser ? Non, non, non, ma place est avec mon lapin, devant un film de Noël avec une fin romantique et heureuse. Ici, tout est désespoir. Et ce sentiment s’intensifie quand j’entre, dans l’ascenseur, en train de se fermer. « Juste à temps !! » Je m’exclame, en me félicitant de ne pas avoir chuté malgré la pile de dossiers que je tiens. Enfin, j’aurais mieux fait de tomber parce que je remarque très vite, que l’habitacle n’est pas inoccupé, qu’il y a mon patron qui me saluant d’une voix sèche. J’en perds ma voix, me contentant de le saluer d’un signe de tête, piquant un fard. Mais ce trouble est encore plus accentuée quand il me demande si je vais à la réception avec Archibald. « Quoi ?! » Que je m’exclame de façon française, tournant la tête pour l’observer d’un air consterné.

Et c’est pile, à ce moment-là, que l’ascenseur se décide à tomber en panne.

Je ne sais pas ce qui est le plus gênant… Sa remarque rhétorique ou le fait  que je sois incapable de réagir, autrement, que par un mutisme. Je ne dis rien, l’observant se démener contre les boutons jusqu’à taper dessus. Je sursaute, très vite effrayée, par cet accès de rage. « Ces boutons ne vous ont rien fait !! » Je m’exclame, d’un ton outré, comme si j’étais devenue, à ce jour, la Sainte mère protectrice des boutons malmenés. « Il faudrait, peut-être, appuyé sur le jaune… » Je m’exclame d’une voix tremblante, « Celui-ci avec la cloche… » Et je le laisse faire, appuyer et constater que pour seule réaction, la cabine cesse complètement de fonctionner, s’éteignant et nous plongeant dans la noir, la lumière de la sortie de secours d’urgence brillant faiblement.

Oooook.

« Oh non… non… » Je me jette contre la porte et me met à crier et taper en même temps. « Ohé !!! A l’aide !!! Aidez-nous !!! » J’ai une voix aigüe qui porte, car heureusement, quelqu’un vient aussitôt. J’entends une voix de femme. « Il faut nous aider !! Je suis coincée !! » Des éclats de rire se font entendre. « Et bien Héloïse, on prend du bon temps en bonne compagnie ? » Ce qui m’arrache un soupir dépité avant que je ne rétorque d’une voix calme, très calme. « Je suis coincée avec Monsieur McGregor. » et je pourrais expliquer en dix chapitres pourquoi je ne prends pas du bon temps avec mon patron, mais je me terre bien vite dans un coin de la cabine, m’accroupissant avec ma pile de dossier, laissant le patron se démener avec superbe, pour râler. Je crois vite comprendre qu’ils ont appelé la société de maintenance car les portes high tech n’ont pas de possibilité d’être ouvertes manuellement. Génial… « Toute cette modernité me fatigue… » Je marmonne en me massant les tempes, essayant de trouver une solution. « Et si on escaladait par le plafond ? J’ai vu un film une fois… » Et je me tais, sentant que je raconte un peu n’importe quoi. « Non laissez tomber. C’est une idée stupide. » Le fait d’être dans une pénombre étouffante m’inquiète quelque peu, me donne envie de péter un plomb. Mais je me fais violence, me contentant de lâcher un rire sans joie. « La bonne nouvelle, c’est qu’ici, je ne séduire qui que ce soit. » Mon regard se veut accusateur alors que je pense fixer le visage de mon patron, voilà que j’en deviens accusatrice.
Tout ceci… ça va mal finir.
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