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 « The flowers have come, and are adorable, dusky, tortured, passionate like you » + Skylar ♥

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TEAM HARRY
Raphaël Grimes
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MessageSujet: « The flowers have come, and are adorable, dusky, tortured, passionate like you » + Skylar ♥    Mer 18 Juil - 20:18

Raphaël n’aimait pas les gens en général. Peu importe d’où ils venaient, qui ils étaient, ce qu’ils faisaient. Qu’ils soient blonds, bruns, roux, hétérosexuels, homosexuels, blancs, noirs, jaunes. Tout ceci lui importait peu car il détestait tout le monde sans exception. Et cette aversion du genre humain, il la faisait sentir à tout le monde. Premièrement, en faisant la gueule continuellement pour dissuader quiconque de lui adresser la parole. Ensuite, en travaillant son regard de meurtrier quand un imprudent osait s’approcher trop près de lui ou tentait d’entrer en communication. Enfin, il râlait comme un soulard dès qu’il le pouvait pour que les gens ne viennent pas chercher sa compagnie. Il appréciait sa tranquillité où il pouvait songer à loisir à toutes ces choses qui l’énervaient dans l’univers, à boire pour oublier qu’il était constamment en colère et à haïr des personnes qu’il n’avait encore jamais rencontré. Raphaël n’était pas sociable. Il n’était pas patient non plus avec les gens. Il ne cherchait pas le contact humain. Et dès qu’il le pouvait, il s’en prenait au reste du monde. Pourtant, il lui fallait travailler sur ce trait de caractère quand il était au travail. N’étant plus son propre patron, il ne pouvait plus envoyer chier les gens à sa guise. En tant que mécanicien, il travaillait dans le garage d’Alaric. Après toutes les recherches infructueuses qu’il avait faites –et qui lui avaient donné matière à râler encore plus- il avait finalement trouvé sa place dans un garage de Santa Monica. Se faire son nid à Los Angeles ne lui plaisait guère, mais pour la première fois, il faisait cela pour quelqu’un d’autre. Pour sa sœur Becca qui avait désespéramment besoin de lui. Après autant d’années de séparation et des retrouvailles éprouvantes, il s’était décidé à dédier son existence à lui rendre la vie meilleure, à la protéger quoi qu’il puisse lui en coûter. Et quelque part, caché au fond de lui, il y avait les visages de Skylar et de Lyra qui ne le quittaient pas. Raphaël n’était pas un homme bon. Il n’était pas une personne aimante, mais sa famille comptait pour lui. Il ne craignait pas de faire des sacrifices, surtout à un moment de sa vie où il avait tout perdu. Donc il faisait des efforts pour avoir un travail et le garder, afin de pouvoir se payer un logement. Il se montrait relativement aimable la journée, ce qui le rendait d’autant plus aigre le soir venu. Il ruminait en jurant comme un charretier dans son petit réduit de Los Angeles. Il buvait des verres de Whisky bien mérités.

Et ce soir n’était pas différent des autres. Sur le chemin qui l’avait mené jusqu’à chez lui en rentrant du travail, il avait eu le temps de s’engueuler avec deux personnes sur la route, de donner un coup de pied dans une voiture qui avait osé doubler sa moto fraîchement réparée grâce aux dédommagements de Lou et de faire un doigt d’honneur à une mamie qui avait voulu traverser sur le passage piétons. Il était arrivé dans son appartement en ruminant sur les connards qui se trouvaient sur la route. Il avait claqué la porte derrière lui, jeté ses affaires sur le canapé de son salon et s’était servi immédiatement un verre d’alcool. Il alluma la télé, la mettant sur une chaîne de sport. Un match de boxe était en train de se dérouler pour son plus grand bonheur. Voir les autres se battre dans un écran, ça le soulageait, ça le purifiait. Il se laissa tomber lourdement sur son fauteuil, soufflant un coup pour la première fois de sa journée. Il se pensait pénard quand tout à coup, les décibels suraigus et insupportables appartenant à sa voisine se mirent à résonner à travers le mur et à vriller ses tympans. En plus, ce n’était pas comme si elle chantait bien ou qu’elle chantait des trucs potables. Non, elle chantait mal et de la grosse merde. Plusieurs fois, il avait tapé comme un fou furieux contre leur mur conjoint, s’égosillant pour qu’elle ferme sa gueule. D’autres fois, il s’était carrément pointé à sa porte, la défonçant presque avec son poing jusqu’à ce qu’elle ouvre. Il lui hurlait dessus comme un gros putois, mais elle appartenait à cette catégorie de femme qui se moquait totalement du respect ou de ce que les gens pouvaient dire. D’ordinaire, il aurait été dans la nature de Raphaël de prendre son flingue et d’aller éclater la tronche de sa voisine, mais il ne le fit pas. Car au même moment, il reçut un message de sa sœur qui lui demandait de rappliquer chez elle pour boire un coup ensembles. Il râla un bon moment, déjà ennuyé de devoir quitter son appartement, mais il ne dit pas non pour autant. Et aux décibels qui s’amplifiaient à côté de chez lui, il se dit que ce n’était pas une si mauvaise idée que cela. Récupérant sa veste, quittant son appartement –non sans tambouriner comme un fou furieux sur la porte de sa voisine- et enfourchant sa bécane, il prit la direction de l’appartement de sa sœur. A nouveau, la circulation de Los Angeles lui offrait d’autres occasions d’hurler à en perdre la voix jusqu’à ce qu’il n’arrive finalement à la résidence de sa sœur. Il se présenta à sa porte et au moment où il toqua plusieurs fois pour qu’elle lui ouvre, il reçut un nouveau message qui l’informait qu’elle serait très en retard à cause de ses répétitions qui s’éternisaient. Le motard grommela, conscient qu’il était bon pour faire demi-tour ou attendre comme une pauvre tache, quand la porte s’ouvrit brusquement sur… une rousse ? « Toi ?! » s’exclama Raphaël, sincèrement choqué de voir sa fille dans l’appartement de Becca. Il fronça les sourcils. « Qu’est-ce que c’est encore que cette connerie ? » Intérieurement, dans une partie très enfouie de son esprit, il était soulagé de la trouver ici. Même s’il n’avait plus eu de lien avec elle depuis la dernière fois, cela ne l’avait pas empêché de s’inquiéter pour elle et de songer régulièrement à elle en se demander ce qu’elle pouvait bien foutre de sa vie désormais. Heureusement, elle ne traînait pas dans des affaires louches et en la sachant ici, il pouvait l'estimer en sécurité. Il rentra dans l’appartement sans se gêner. Cette situation ne plaisait pas totalement. Pourquoi se trouvait-elle chez sa sœur et pourquoi n’était-il au courant de rien ? « Je peux savoir ce que tu fais ici ? » lui demanda-t-il peu aimablement.
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Skylar Morgan
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MessageSujet: Re: « The flowers have come, and are adorable, dusky, tortured, passionate like you » + Skylar ♥    Ven 20 Juil - 13:36

Mes doigts passèrent une nouvelle fois tout près de la touche pour appeler le numéro enregistrer sur mon téléphone. Couche dans mon lit je me repasse en boucle cette rencontre étrange avec mon père. Avait-il envie que je l’appelle ? Aucune idée, il n’en avait pas tellement l’air lorsque nous nous sommes quittés la dernière fois. Il y a un bon moment à vrai dire. Depuis pas de nouvelles, silence radio, même Bébé n’avait rien à me dire sur lui, enfin du moins quelque chose susceptible de m’intéresser, pour enfin comprendre ce qu’il pense derrière ces grimaces incessantes qu’il me fournissait lorsqu’il prenait enfin connaissance de mon prénom. Depuis, c’est moi qui me torture l’esprit à savoir si je dois lui passer un coup de fil, prendre des nouvelles ou autre ou s’il est préférable de rester dans le silence. Et puis je fini toujours par demander si l’inverse n’aurait pas été plus simple, que ce soit le père qui prenne des nouvelles de sa fille et non la fille obligée de prendre des nouvelles de son père. J’aurais aimé que l’inverse se passe, ce serait terriblement plus simple pour, peut-être pas pour lui mais au moins ça prouverait tellement de chose qu’il m’appelle, qu’il me demande ce que je deviens et ce que je fais maintenant. Tout comme ma mère avait l’habitude de faire lorsque je rentrais le soir après l’école, qu’elle me pose des questions sur ma journée, sur mes amis et sur mes heures passées là-bas. Elle savait tout de moi, mes amis, mes chagrins, mes amourettes nées de rien et partie tout aussi vite en fumée. Elle avait tout connu de ma vie avant que je ne retrouve mon père. Et peut-être que je recherche à tord ce même lien avec mon père, je m’attends à ce qu’il me connaisse en un éclair, qu’il comprenne ce que je ressens avant même que je puisse l’exprimer.

Je fini par éteindre l’objet, le laissant glisser sur le matelas de mon lit alors que je finie étendue sur ce dernier en fixant le plafond. Depuis peu, je vivais chez Bébé, ma famille après tout et elle est même devenue une amie. Edwin … Edwin restant Edwin il valait mieux que je parte de l’appartement que l’on partageait. J’avais besoin de me retrouver en famille également alors tout s’arrangeait finalement très bien. Mais toujours le plus grand flou sur la relation que je possède avec Raphaël. S’il avait vraiment envie de me voir, s’il voulait me connaître, tout comme ma mère l’avait fait pendant des années, ne ferait-il pas des efforts pour moi ?

Plus le temps de rêver, de continuer à penser ou de s’énerver sur le sujet car quelqu’un sonne à la porte. Bébé n’étant pas présente pour le moment c’est donc à moi d’aller ouvrir.
Je pense être tout aussi stupéfaite de voir mon père de l’autre côté de la porte que lui est surpris de me voir chez Bébé. Comme quoi ça aurait été sympa de garder des nouvelles de l’autre pendant tout ce temps. C’est lui qui brise la glace, s’étonnant de me voir ici et je ne sais pas dire s’il s’agit de quelque chose de positif ou non. Impossible à déterminer d’ailleurs au vu de sa tête, encore des grimaces indéchiffrables. Je vais finir par croire qu’il ne m’aime pas du tout ou alors de temps en temps quand je lui permets de frapper des inconnus pour qu’il se défoule. « Déjà c’est pas une connerie ! » Je reprends aussitôt en croisant les bras sur ma poitrine en le toisant d’un air mauvais. Il va voir, moi aussi je peux être super désagréable quand je m’y mets. J’occupe l’espace de sorte à ne pas le laisser entrer dans l’appartement. « Ça ne se voit pas peut-être ? » Je râle de plus belle en le toisant une nouvelle fois. Il a le don de m’énerver, de me provoquer encore et encore et je ne suis pas prête à lui laisser l’avantage. « J’habite ici ! Je t’avais déjà dit que je devais trouver autre chose. » Si seulement il se souvenait de ce que j’ai bien pu dire ou peut-être n’avais-je pas mentionner mon déménagement ? Peu importe, il n’avait cas prendre des nouvelles de moi quand le temps s’y prêtait. Là, ce n’est plus du tout le bon moment. « Toi, qu’est-ce que tu viens faire ici ? » Je lui pose la question en relaissant tomber mes bras le long de mon corps, m’écartant finalement de l’entrée pour le laisser passer s’il le souhaitait. Parce qu’il ne serait jamais venu à l’improviste, Bébé l’avait sûrement invité je ne suis pas conne et j’aurais été vraiment stupide de lui refuser l’entrée alors qu’au final ce n’est pas totalement chez moi non plus. « Je croyais que t’étais mort, toi aussi. » Je regrette aussitôt avoir prononcer ma phrase mais je m’en fou. Il me tape sur les nerfs, un véritable don chez mon père biologique apparemment. Mais je suis simplement en colère, en colère parce que je trouve simplement que ce n’est pas à moi de l’appeler mais l’inverse et c’est tout. Oui, je suis une gamine mais je l’assume très bien et non je ne vais pas l’avouer tout haut pour lui faire plaisir.
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Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: « The flowers have come, and are adorable, dusky, tortured, passionate like you » + Skylar ♥    Lun 23 Juil - 17:00

Raphaël n’en croyait pas ses yeux. Qu’est-ce que sa fille foutait ici ? Aussi stupéfait qu’elle, ils se dévisagèrent longuement sans qu’aucun des deux ne parviennent à réagir. Le motard n’était pas un homme qui berçait dans l’émotion et qui laissait facilement ses sentiments s’exprimer. Sauf que là, il masquait difficilement son étonnement. La surprise s’évapora finalement au profit d’un sentiment qui le toucha soudainement en plein orgueil. Si Skylar était chez Becca depuis tout ce temps, pourquoi sa sœur n’avait-elle pas cru bon de l’en informer ? Et puis pourquoi ne pas lui avoir dit qu’elle avait gardé contact avec la jeune fille ? A sa décharge, la blonde pourrait se défendre en disant que Raphaël ne s’était pas montré un frère très présent depuis le début de sa paternité, mais son absence à l'appartement empêchait de lui brandir cet argument sous le nez. La colère prit donc place dans son esprit, à la fois pour sa cadette, mais également pour sa fille. Il avait décidé de lui faire confiance en lui donnant son numéro de téléphone, prenant sur lui pour amorcer un premier pas vers elle. Certes, il n’était pas un maître de la communication, mais il pensait qu’il avait suffisamment bien travaillé ses mots et ses intonations pour lui faire comprendre qu’il voulait qu’elle le rappelle et qu’elle entretienne les prémices de cette relation si singulière et étourdissante qu’ils entretenaient. Son appel, il l’avait attendu pendant des jours, se haïssant parfois de ne pas lui avoir demandé le sien en retour. Et en même temps, cela l’arrangeait de ne pas prendre la responsabilité de ce premier appel, car, si les situations avaient dû être inversées, il n’était pas certain qu’il aurait eu le courage de la joindre le premier.
 
Raphaël mentirait s’il disait qu’il ne s’était pas fait du souci pour elle. Une inquiétude qui se traduisait par de la colère, des jurons et de l’irritation, mais une inquiétude sincère et bien présente chez le motard. Dire qu’il commençait à détenir la fibre paternelle serait mentir, mais il savait dès à présent qu’il y avait une relation spéciale entre lui et ce petit bout de femme. Ce petit bout de femme qui ressemblait tant à Mary, qui était un bout de lui et d’elle, qui était cette trace du passé, et le mirage de cette vie qu’il aurait pu avoir. En dépit de tout ce qu’il pouvait affirmer et des convictions qu’il souhaitait se donner, il n’aurait pas eu la force de la rejeter éternellement. Cette dernière rencontre entre eux, même sous les desseins du hasard, se présentait comme une opportunité pour eux, une nouvelle chance de travailler les bases et leur attachement. Forcé de constater que la rouquine n’avait pas pris ce lien à cœur autant que lui. Mais manifestement, elle s’était empressée de profiter de l’hospitalité et de la gentillesse de sa tante. D’un naturel méfiant, il aurait été logique que Raphaël s’interroge sur les dires véritables de la jeune fille concernant cette étrange paternité. Elle aurait pu mentir pour profiter de la situation, mais quelque chose, de l’ordre de l’incompréhensible et de l’indicible, empêchait le motard de douter de sa parole ou de ses véritables intentions. Et quand bien même, elle fomentait une arnaque, il se disait que –aussi farouche arnaqueuse soit-elle- n’importe qui aurait pris la fuite face au caractère exécrable de Raphaël. Non, cette petite-là, elle s’accrochait en dépit de tout. Il s’étonnait même de ne pas encore l’avoir découragée.
 
Au froncement irrité des sourcils de la jeune fille, n’importe qui assistant à la scène ne pourrait plus douter du lien filial qui rattachait Skylar et Raphaël. Bien au contraire, la ressemblance était saisissante dans les attitudes, les mimiques, le ton employé pour se parler l’un et l’autre. C’était à se demander si le caractère pouvait transcender la génétique, ou si elle agissait par pur mimétisme. Toujours fut-il qu’en quelques secondes, ils étaient déjà parvenus à se rendre furieux l’un et l’autre. « Eh, tu me parles sur un autre ton ! » Si Raphaël n’était pas prêt à devenir un père, il commençait à en prendre les réflexes face à l’insolence de sa fille. Il fulmina intérieurement en se faisant confirmer ce qu’il savait déjà. Ainsi, elle habitait chez Becca. En soi, cette nouvelle était plus que rassurante, mais il ne décolérait pas. Elles auraient pu le prévenir, merde ! « Ravi de l’apprendre. » jeta-t-il sur un ton cinglant avant de se frayer un chemin à l’intérieur de l’appartement. Ils n’allaient pas non plus restés comme deux glands l’un en face de l’autre sur le perron de la porte. « A ton avis, p’tit génie ? Je viens voir Becca. » Il n’y avait pas trente-six raisons qui pourraient le pousser à lever son cul de son canapé pour se rendre chez quelqu’un. Et puis, à la dernière réplique plus insolente de la jeune femme, Raphaël haussa un sourcil d’agacement. Il l’observa d’un regard orageux, allant se servir une bière dans la cuisine. C’était généralement plus facile de discuter avec un peu plus d’alcool dans le sang. « Bah si tu voulais le savoir, fallait appeler, grosse maligne. Tu crois que je t’ai donné mon numéro pour quoi ? » Là, le reproche n’était pas légitime dans la bouche de la rouquine et il ne se sentait pas en faute. Il lui avait donné son numéro, lui laissant comprendre qu’elle pouvait l’appeler. C’était elle qui devait faire un nouveau pas vers lui. Il revint dans le salon, ayant décapsulé sa bouteille qu’il s’empressa déjà de boire au goulot. « Tu crois que je peux deviner les choses si tu me les dis pas ? Vous vous êtes bien foutues de ma gueule toutes les deux. » Il était aussi en colère contre sa fille que contre sa sœur. Cette dernière risquait de s’en prendre plein la tête à son retour aussi. Pour l’heure, il avait aussi besoin d’une cigarette. Il l’aurait sûrement fumée en intérieur s’il ne savait pas que Becca détestait qu’il empreigne l’air avec ses odeurs de nicotine. Il s’accouda donc à la fenêtre du salon qu’il venait d’ouvrir pour déguster sa cigarette. N’observant plus Skylar, ce fut plus facile pour lui de prononcer la phrase suivante. « T’es con, j’me suis inquiété. » Inquiété de savoir si elle allait continuer ses bêtises. Inquiété de savoir si elle s’était à nouveau mise dans le pétrin. Inquiété de savoir où elle dormait. Inquiété de savoir si elle n’était pas partie. Inquiété de savoir si elle voulait encore de lui.
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Skylar Morgan
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MessageSujet: Re: « The flowers have come, and are adorable, dusky, tortured, passionate like you » + Skylar ♥    Mar 7 Aoû - 19:39

Je mentirais si je disais que je n’avais pas eu envie d’avoir de ses nouvelles bien plus vite que maintenant. J’aurais aimé savoir comment il allait, s’il se sentait peut-être l’envie de me connaître un peu plus, avoir davantage d’informations sur moi et qu’il sache que j’ai fait une montagne de connerie depuis que mes parents sont morts. Enfin, ma mère et mon faux père et mon petit frère. Mais j’avais eu ce besoin terrible de retrouver mon père biologique, de connaître son identité et de le voir en face de moi. Parcourir le pays à mon âge était une preuve suffisante pour monter ma maturité. Maturité qui semble totalement s’effacer lorsque je me retrouve en face de mon vrai père. Je me comporte comme la pire des gamines, une véritable adolescente en pleine crise de nerfs qui semble affronter le monde entier juste en parlant avec une personne et cette personne ! A croire que nous sommes faits l’un comme l’autre pour nous prendre la tête dès que l’on se rencontre. On se prend la tête, on s’agace mutuellement, enfin je prends aussi un malin plaisir à le provoquer et à l’embêter plus que nécessaire. Parce que oui, alors qu’il se trouve sur le pas de la porte je ne trouve pas mieux à faire que de le provoquer une nouvelle fois. En toute connaissance de cause en plus de ça. Car oui, la dernière fois que l’on s’est vu il m’a sauvé, on a parlé un peu mais il m’a également donné son numéro de téléphone. Me demandant de l’appeler, enfin si on sait lire entre les lignes on peut comprendre qu’il en avait envie même si on aurait pu croire que non parfois, du coup j’étais en possession de son numéro de téléphone mais lui n’avait pas le mien. Mais s’il avait voulu faire le premier pas alors il aurait pu se débrouiller comme moi j’ai dû le faire pour le retrouver après autant de temps. J’étais irritée, agacée et je n’avais plus la force de faire un pas de plus envers lui.

Il réplique aussitôt que j’ouvre la bouche, si certaines personnes passaient près de l’appartement ou pouvaient nous entendre ils pourraient penser qu’on se connaît depuis bien longtemps et que le lien familial est la cause de conflits incessants entre nous. Je réplique, il réplique, je m’énerve, i s’énerve, c’est un peu un cycle sans fin et plus je le vexe et plus il me vexe. C’est à croire qu’on ne peut pas communiquer normalement sauf en se prenant la tête. « Super. » Je réponds en prenant une mine boudeuse lorsqu’il me prend soudainement pour un génie, ce que je n’apprécie pas au passage et encore moins le ton de sa voix. Mais je fini par me pousser pour le laisser rentrer dans l’appartement tout en râlant une nouvelle fois même si, je l’avoue, j’y vais encore assez fort et je me sens automatiquement coupable juste après. Je ne suis pas encore capable de plaisanter sur le sujet, c’est encore trop dur, trop lourd à supporter pour moi, mon deuil n’est pas fait et je n’ai aucune idée de si j’y arriverais un jour. Passer au-dessus de cet abandon complet de ma famille est une chose bien trop dure. Mais pour le moment, Raphaël me prend la tête et il n’y a que ça qui compte après ce petit instant de tristesse. « J’ai passé plus d’un an à te chercher à travers tout le pays, t’aurais pu au moins parcourir ma liste d’amis sur les réseaux sociaux pour avoir mon numéro ! » Je grogne à mon tour en prenant place sur une chaise, je sais très bien que j’aurais dû, que s’il s’agissait de ma mère je lui aurais téléphoner le jour-même pour qu’elle puisse m’appeler à n’importe quel moment. Oui mais voilà, il ne s’agit pas de ma mère mais de mon père que je ne connais que depuis trop peu de temps pour me conduire comme une enfant parfaite en tout point qui ne se rebelle pas. Non, je suis une gamine agaçante et chiante et ce jusqu’à ce que je décide que Raphaël est un père sympa ou s’il veut réellement le devenir finalement.

Il revient dans le salon où je finis par me planter aussi, dans le canapé, alors que Raphaël revenait avec une bouteille en main, je levais les yeux au ciel directement en le voyant porté la bouteille à ses lèvres. « Et tu me dis ça avec une bière en main ? Tu crois vraiment que je vais te prendre au sérieux ? » Je reprends aussitôt, genre on se fou de sa gueule ! Ah ouais c’est vrai que c’est super drôle. « Je ne vois pas en quoi on se fou de la gueule de quelqu’un, j’habite avec Bébé et ça lui plaisait bien comme idée, point. » Même si je sais que je suis une nouvelle fois en tord dans cette histoire. Mais mon petit cœur d’enfant rebelle fini par fondre un peu quand, dans une nouvelle insulte, il dit s’être inquiété. Je fini par lui servir un petit sourire mal à l’aise, ne sachant pas comment réagir à ce genre de commentaire et encore moins lorsque ceux-ci viennent de mon vrai père. « Fallait pas, je suis grande. » Je ne trouve que ça à dire avec un ton plus doux, voulant le rassurer un peu, je suis grande tout de même malgré la crise d’ado à retardement que je lui sers. « Mais sinon … Je pensais que Bébé te l’aurais dit, je ne croyais pas qu’elle garderait ça secret … » Je m’ouvre un peu plus, paumée dans l’attitude à avoir. « T’aurais dû venir ici plus tôt. » Je finis par déclarer en haussant les épaules, ne sachant pas comment je devais me comporter maintenant.
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Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: « The flowers have come, and are adorable, dusky, tortured, passionate like you » + Skylar ♥    Dim 12 Aoû - 17:54

Une fois de plus, Raphaël était en colère. Mais si cette humeur représentait un aspect permanent de sa personnalité, les raisons de son courroux n’en étaient pas moins différentes. Généralement, il en voulait à la terre entière pour des futilités. Il reprochait la bêtise humaine, le manque de respect des gens, le simple fait qu’ils ne vivent pas comme lui et qu’ils soient –en définitive- plus heureux que lui. Tout cela, ajouté à une misanthropie spectaculaire, motivait tous les râles, toutes les injures et l’humeur massacrante du motard. Et pourtant, aujourd’hui, l’enjeu était tout autre. Si l’agacement enflait dans ses veines, requérant le besoin d’une bière et d’une cigarette pour se calmer, c’était bien parce qu’il s’était inquiété. Oui, Raphaël Grimes s’était inquiété, et pour quelqu’un d’autre que lui-même. Mais tout ceci n’était pas si simple à admettre pour un être aussi orgueilleux que lui. Alors il lui fallait passer par un humour acide qui n’en était pas vraiment un, par de l’amertume, des paroles blessantes pour exprimer tout ce que ses mots ne parvenaient à dire. Sa fille, en dépit de toutes les émotions qu’il s’empêchait de ressentir, commençait à prendre une place spéciale dans sa vie. Une place qu’il ne voulait pas lui donner. Pas par manque de cœur, mais uniquement à cause d’une terreur indicible qui ourdissait dans son âme. La peur de laisser la place à quelque chose de si grand, de si important, qu’il craignait de le perdre de la même manière que Mary et Judith s’étaient effacées progressivement de son paysage. Et si, à elle aussi, il lui faisait du mal ? Cette fille qui ressemblait tant à sa mère, comme un miroir du passé. C’était aussi douloureux à voir qu’il n’en était hypnotisé par ses traits qui faisaient écho à ses fantômes du passé. Il ne s’expliquait plus toutes ces pensées qui le poussaient vers elle, en même temps que tout son être se démenait pour s’abattre dans l’indifférence. Après tout, il ne la connaissait pas. Il ne l’avait pas élevée, il n’avait jamais eu aucun lien avec elle et elle avait une forte propension à l’agacer dès qu’elle ouvrait la bouche ou qu’elle l’observait de ce petit air insolent. Il ne supportait pas qu’elle puisse lui répondre, ou bien lui tenir tête, et pourtant, ce simple aspect de son caractère aurait dû lui faire comprendre qu’ils partageaient bien plus qu’il ne semblait le penser. A la place, il avait envie de la tuer chaque seconde un peu plus, mais il ne pouvait se battre contre cet instinct étrange qui voulait la protéger, s’enquérir de sa situation et de son avenir. Avait-elle un toit sur la tête ? Est-ce qu’elle mangeait à sa faim ? Est-ce qu’elle n’était pas seule ? Est-ce qu’elle avait arrêté ses conneries ? Pourquoi est-ce qu’elle ne rappelait pas ?

Il ne se sentait pas en faute pour la première fois. Raphaël lui avait donné son numéro de téléphone, ce qui, bien que l’intention ne soit pas des évidentes, représentait un effort considérable pour le motard. Par ce geste, il lui faisait comprendre qu’il voulait qu’elle prenne contact, qu’elle s’agrippe à un petit bout de sa vie. Aussi, face à ce long silence qui ne s’était brisé que par accident, il ne ressentait aucune culpabilité. Il haussa d’ailleurs les sourcils, comme si Skylar venait de balancer l’idée la plus stupide du monde. Les réseaux sociaux ? Est-ce qu’elle réalisait qu’il ne s’y était jamais intéressé ? Raphaël possédait un portable, et c’était déjà beaucoup pour lui. Alors retrouver sa fille sur des réseaux… « Je n’ai pas de temps à perdre sur ces conneries… » Quand il voyait le taux d’emmerdes qui proliféraient sur ces réseaux, il préférait s’en affranchir. Décidément, elle ne pensait à rien. Afin de calmer ses nerfs, il s’empara d’une bière et commença à s’allumer une clope. Ce n’était pas sain, mais au moins, il se détendrait un peu. « Mais visiblement, ça ne lui plaisait pas de me le dire. » grommela à nouveau Raphaël. Il était également en colère contre sa sœur. Pourquoi n’avait-elle pas daigné le prévenir que sa fille habitait avec elle ? Bien qu’il n’aurait pas apprécié forcément l’idée, il aurait au moins été rassuré qu’elle soit en sécurité quelque part. Sauf que non, il s’était inquiété à ne pas savoir où elle se trouvait, à se dire que cette gamine n’était qu’une ingrate et que finalement, elle avait fui plutôt que de rentrer dans la vie de son vrai père. A sa place, n’importe qui aurait pris la poudre d’escampette. Mais pas elle… c’était même tout l’inverse. Pourquoi ? Elle l’intriguait à sa manière, et c’est pourquoi, dans un bref moment où ses sentiments furent plus forts que son orgueil, qu’il dévoila qu’il s’était inquiété. Cela eut pour don d’ôter momentanément la parole à sa fille. Dos à elle, il ne vit pas le petit sourire qui apparut sur ses lèvres, gêné et maladroit. Mais un sourire quand même. Un sourire qu’il n’avait encore jamais pu voir sur ses lèvres. L’unique manière qu’il eut de comprendre qu’il l’avait un peu touchée, fut d’entendre le son de sa voix. Plus douce. Plus rassurante. Si cela lui faisait du bien, il ne s’empêcha pas de maugréer encore un peu. Grande, oui, elle l’était. De ces dernières dix-neuf années, il n’avait rien vu. Il ne la connaissait pas. Il ne l’avait pas vue grandir, cette fille qu’il avait eue avec Mary. Ça le rendait fou. « Grande, mais pas très maline. » Sans insolence, elle se justifia de ce silence, songeant que Becca l’aurait informé. Il serra la mâchoire. « Non, elle ne m’a rien dit. » Là encore, un mystère. Pourquoi un tel silence ? Très probablement parce qu’elle savait que l’initiative ne plairait pas à Raphaël. Et surtout parce que son frère n’avait plus trop donné signe de vie dernièrement. Et puis la remarque de Skylar le fit tiquer. Venir ici plus tôt… Il aurait pu l’engueuler, lui dire qu’elle n’avait jamais appelé, mais il ne le fit pas. Il songeait plutôt à ces derniers jours où il n’avait plus pensé à sa sœur, tout son être obnubilé par une douleur atroce. Et l’origine de son malheur résidait dans ses papiers que Judith lui avait remis. Les papiers d’un divorce qu’il ne voulait pas, et bientôt, il savait qu’il aurait à nouveau à faire à elle. Elle voulait définitivement être séparé de Raphaël, quitter sa vie à jamais. Un peu comme Mary. Et putain, ça faisait mal. Qui pouvait dire que Skylar ne ferait pas pareil ? « Pourquoi t’as pas appelé ? » demanda-t-il simplement, s’interdisant toujours de la regarder. Il n’y arrivait pas, au risque de ressentir une gêne immense. Avait-elle si peur de lui ?
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Skylar Morgan
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MessageSujet: Re: « The flowers have come, and are adorable, dusky, tortured, passionate like you » + Skylar ♥    Mer 12 Sep - 20:49

Perdue était le sentiment exact qui coulait doucement dans mon cœur depuis notre première rencontre. J’étais perdue face à cette multitude de nouvelles choses et face à la réalité qui, lentement, me faisait face. J’étais orpheline, ma mère et mon père étaient décédés dans un accident de voiture très violent, j’étais orpheline et même sans aucune famille connue réellement. Mon petit frère y avait également laissé la vie et, malgré toutes les choses horribles et monstrueuses que j’ai pu lui dire en lui hurlant qu’il était adopté, il me manquait cruellement. Le vol de mes chaussures dans mon placard en venait même à me manquer, finalement c’était devenue une sorte de routine presque rassurante de voir l’une de mes chaussures favorites disparaître et être enterrée dans le bac à sable de mon frère. Mais alors que l’espoir semblait se faire rare j’avais appris pour lui. Lui qui n’était pas présent, lui qui avait disparu, lui que je n’avais jamais connu. Lui qui était en réalité mon père … Toutes ces recherches m’avaient emplie d’un nouveau sentiment revigorant et puissant : je n’étais pas seule. Malgré la présence d’un meilleur ami je ne me sentais pas complète, je me sentais toujours comme l’orpheline laissée sans se retourner par un chauffard. Mais maintenant que cette orpheline venait de retrouver son père, un tonnerre de sentiments contradictoire se mêlaient à la foule déjà confuse de mes sentiments. L’aimer ? Le haïr ? Apprendre à le reconnaître ? Le rappeler ? Attendre ?

J’avais bel et bien attendu. Cette petite voix me soufflant encore et toujours que s’il avait réellement envie de me voir alors il serait capable de gravir des montagnes pour connaître sa fille peu importe le contexte et les évènements, il est mon père. En tant que tel, cela ne lui donnait-il pas un soudain instinct protecteur envers moi ? N’aurais-je pas dû devenir le centre de sa vie comme j’ai pu l’être de ma mère et mon autre père ? Qui devais-je encore appeler papa et traiter l’autre de faux ? Trop … C’était beaucoup trop pour moi. Trop de souffrance, trop de questions, trop de choses s’emboitant les unes dans les autres comme un formidable jeu de tetris nouvelle version version 2018. Alors oui, je fini par exploser sous le coup de l’énervement … Et je me rends pourtant compte que je sus ridicule à agir de la sorte mais je ne sais pas quoi faire d’autre.

Raphaël se fait alors un plaisir de me le rappeler, j’ai été conne, stupide car oui effectivement comment pourrais-je croire qu’un type comme lui trainait sur les réseaux sociaux lors de son temps libre ? Ou tout le temps tout court, en réalité même la moindre seconde serait étonnante voir hilarante. Un léger sourire se peint sur mes lèvres à cette idée, le voir froncer les sourcils sur son portable tout en essayant de comprendre pourquoi mille et une chose s’affiche sur son écran et comment pouvoir revenir en arrière ou simplement consulter un profil …

Il me remet encore une fois au visage que je suis stupide et je me laisse tomber dans le canapé pour être plus à l’aise alors que je ne le suis pas du tout. Je réponds tout de même, je tente de me défendre un minimum parce que je ne supporte pas d’être mise à faux de cette manière. L’odeur de la clope me dérange, la fumée me dérange aussi mais tant pis, j’ai déjà vu pire et me contente de fermer ma bouche sur ce point tant que cela est encore possible. Et voilà qu’il me demande une nouvelle fois pourquoi je n’ai pas appelé … Mes épaules se décontracte instantanément et ma garde s’abaisse totalement, je n’ai pas envie de le satisfaire en lui répondant qu’il avait raison et que j’étais simplement une gamine bornée, je n’avais pas envie de lui donner cette satisfaction que de me voir capituler et pourtant je ne trouve aucune excuse valable alors c’est en maugréant que je m’en prends à l’odeur de sa cigarette. « Tu peux pas éteindre ta foutue clope ici ? C’est chez moi je te rappel. » Je chasse l’air de la main devant mon nez tout en faisant semblant de tousser. « Tu vas me donner le cancer avec ta merde, va-t’en expliquer que t’a foutu cette saloperie à ta fille à un médecin ! » Je peste une dernière fois tout en commençant à me ronger m’ongle de pouce de rage. De rage et de colère parce que je ne trouve toujours rien à lui dire alors c’est avec un regard mauvais qui en disait long sur la situation que je capitule. « Parce que je suis complètement paumée et que je n’arrive pas à gérer ma vie depuis la mort de mes parents. » Je râle en baissant aussitôt les yeux pour fixer mon pouce dont l’ongle ronger avec application ne laissait plus aucune prise dessus pour continuer ma tâche. « T’es content ? T’as raison ! Je suis qu’une pauvre gamine orpheline. » Et bon sang, cela fait un coup au cœur de l’admettre à voix haute, j’ai mal, je sens ma poitrine se soulever durement sous le poids de la tristesse qui m’accable.
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Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: « The flowers have come, and are adorable, dusky, tortured, passionate like you » + Skylar ♥    Jeu 20 Sep - 23:40

Il lui arrivait de l’observer à la dérobée, comme on étudierait une créature étrange et inconnue. Pour Raphaël, c’était bien le cas. Qu’y connaissait-il aux filles ? Et plus encore aux adolescentes ? Il lui apparaissait, dans la plus claire des évidences, que cette période de l’existence n’était pas simple pour elles, mais pire encore pour les personnes qui se trouvaient autour. Quand il croyait la cerner parfois, une seconde plus tard, il se trouvait totalement perdu. De l’adolescence, Raphaël en peignait un tableau étrange à travers le prisme de sa propre expérience, si tant est que les quelques heures passées avec sa progéniture soit une expérience très parlante en soi. Il lui semblait que c’était une période où les adolescents se rebellaient contre tout, mais surtout contre n’importe quoi, qu’ils hurlaient une indépendance sans vouloir être lâchés, qu’ils demandaient le chaud et se plaignaient de ne pas avoir le froid, d’être complètement perdus alors qu’ils avaient eux-mêmes décidés de jeter le plan à l’entrée du labyrinthe, qu’il n’y avait rien pour les satisfaire, et qu’il fallait faire tout l’inverse pour leur plaire. Trop de données aléatoires et impromptues qui n’aidaient pas le mécanicien à progresser dans cette ébauche de relation avec sa fille. A son crédit, il voulait bien lui reconnaître une sortie de l’enfance plutôt foireuse avec une famille qui meure bien trop tôt. Et que lui restait-il désormais ? Que lui. Lui qui n’avait jamais su que s’occuper de lui-même. Qu’offrir à une gamine égarée quand lui-même n’était plus capable de retrouver son chemin ? Pourtant, lui, il ne l’avait pas lâché son plan. Il l’avait toujours tenu contre lui, le nez levé au ciel pour se guider à la lueur des étoiles. Mais les nuages voilaient l’horizon et la nuit était d’encre. Le destin l’avait égaré sur la route toute cabossée de l’existence, abrupte, dangereuse et périlleuse. Qui pourrait-il amener sur ce chemin avec lui quand même Judith n'avait pas voulu le suivre ? Personne. Personne d’assez fou pour vouloir de lui ou tenir sa main tout au long de la route. Skylar n’avait pas besoin d’un chemin tortueux.

Raphaël haussa un sourcil désapprobateur à la demande fort peu aimable de sa fille. Éteindre sa clope ? Lui qui faisait déjà l’effort d’aller la fumer au coin de la fenêtre ? Pour quelqu’un qui vendait des herbes aromatiques à la sortie des universités, il fallait lui reconnaître un certain culot. Il réprima sagement cette remarque. Il poussa un soupir de découragement, râla un peu, mais l’éteignit avec toutes les manières possibles pour donner la sensation que cette décision était entièrement la sienne et que personne ne pouvait lui ordonner quoi que ce soit. Il retourna se pencher à la fenêtre tandis que ses pensées s’agitaient sous sa caboche. De cette rencontre inattendue avec sa fille, il ne savait qu’en penser. De la colère, il en ressentait assurément pour avoir été berné, pour être le dernier au courant de tout, pour avoir cette sensation qu’on faisait les choses dans son dos, mais plus encore, c’était le soulagement qui le tenaillait à savoir sa progéniture ici et en sécurité. Toutefois, il ne se faisait toujours pas à son caractère et s’agaçait de ses accusations malvenues. On pouvait accuser Raphaël de beaucoup de choses, mais pas d’avoir tenté de faire un premier pas vers sa fille. C’était elle qui ne l’avait pas appelée. Mais pourquoi ? Il se tourna vers elle lentement peu de temps après avoir posé sa question. Tout à coup, à la voir avachie sur ce canapé, à se ronger les ongles et se bouffer les doigts, elle lui fit la sensation de n’être qu’une petite fille qui luttait dans un monde bien trop grand pour elle, avec des adultes qu’elle ne comprenait pas, une histoire toute aussi cabossée que la sienne. Hélas, elle était si jeune. Et dans cette attitude de petite fille, il sembla qu’elle avait trouvé un brin d’honnêteté à lui offrir. « T’es content ? T’as raison ! Je suis qu’une pauvre gamine orpheline. » En d’autres circonstances, sûrement s’en serait-il amusé. Sitôt qu’elle avait laissé paraître un pan de faiblesse, elle contrebalançait par de l’agressivité. Dans un bref moment de lucidité sur le monde et sur lui-même, Raphaël crut se voir sur son visage ravagé par la colère, le chagrin et l’injustice. Il croisa ses bras sur sa poitrine, réfléchissant aux paroles les plus adéquates qu’il pouvait lui offrir, si tant est qu’il était la bonne personne pour lui apporter du réconfort. « Aux dernières nouvelles, tu n’es pas totalement orpheline. » fit-il remarquer. Désormais, elle l’avait lui. Il prit son paquet de cloques de sa poche par pure réflexe, voulut s’en allumer une puis se ravisa. Il jeta le paquet sur un meuble à côté. « Tu n’y gagnes sûrement pas aux changes, mais c’est mieux que rien. » Si elle avait dû choisir, elle aurait gardé ses parents et son frère plutôt que d’hériter d’un père bougon, alcoolique et presque aussi paumé qu’elle. Tout cela, il le comprenait bien. Il lui aurait même souhaité plutôt que d’être livrée à un père tel que lui. « Sacrée bande de paumés, pas vrai ? » Il se força un sourire conjugué de dépit et d’ironie. Le père et la fille aussi perturbés l’un que l’autre. Rien qui ne faisait spécialement rêver. Son regard amusé croisa celui de sa fille et, l’espace d’un bref instant, il croit voir naître comme une complicité. Moment fugace qu’il noya dans une gorgée de bière. « J’aurai dû prendre ton numéro. » affirma-t-il, non comme une question, mais une évidence toute parfaite. Cela aurait dû être à lui de l’appeler, pas autrement. Il amena sa carcasse sur le canapé où il s’assit à côté d’elle. « On a pas commencé comme il fallait, pas vrai ? » Que pouvaient-ils en dire de leur rencontre ? Une déception pour Skylar et une douleur immense pour Raphaël. Il l’avait fuie alors qu’elle avait besoin de lui. Et désormais, c’était presque l’inverse.
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MessageSujet: Re: « The flowers have come, and are adorable, dusky, tortured, passionate like you » + Skylar ♥    

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