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 « Le lien immuable de la fraternité » + Peter

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TEAM HARRY
Raphaël Grimes
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MessageSujet: « Le lien immuable de la fraternité » + Peter   Lun 23 Juil - 17:06

« Et maintenant, il faut que tu souffles sur les cartes. Va-s’y. Pas trop fort ! » Retenant un soupir de lassitude, Raphaël s’exécuta malgré tout entre deux gorgées de bière. Visiblement satisfaite d’elle-même, Becca rassembla le paquet de cartes, fit ses petits tours de magie avant de tirer une carte du jeu, la brandissant fièrement sous le nez de son frère. « Alors, c’est ta carte ? » Le motard l’étudia un moment avant de hocher nonchalamment la tête. « Il semblerait que oui. » répondit-il, laconique. Totalement fière d’elle, la blonde s’extasia de joie. Dans ces moments-là, il avait la sensation de la retrouver des années auparavant quand elle lui faisait des démonstrations de magie, une petite lubie personnelle avant qu’elle ne se lance dans la danse. Elle n’était pas plus haute que trois pommes, mais elle était déjà terriblement douée. Malgré la lassitude évidente de Raphaël, elle poursuivit ses tours de magie. Elle n’était pas suffisamment bête pour ne pas se rendre compte qu’il s’en tamponnait ouvertement, toutefois, dans un recoin de sa tête, elle devait se dire que cela finirait bien par lui remonter le moral d’une manière ou d’une autre suite à l’annonce de son prochain divorce. Il eut droit à encore trois autres tours de magie avant qu’il ne mette le holà. Il avait attendu que sa bière soit terminée pour cela. « Bon, je pense que ça ira pour la magie. » dit-il en faisant mine de se redresser. « Eh non attends ! Je t’ai pas montré mon clip ! » Elle attrapa rapidement son ordinateur, laissant une page internet à la vitesse de la lumière. Raphaël, qui avait amorcé un mouvement de départ, se renfonça dans le canapé en réprimant un soupir. Dans le fond, il râlait, mais il ne pouvait rien lui refuser. Il découvrit ce clip dont Becca était si fière. S’il devait admettre qu’elle dansait remarquablement bien, c’était une toute autre affaire pour le reste. « Tu n’es pas très habillée dans ce clip. » bougonna le motard à l’attention de sa sœur qui lui fit une moue innocente en riant. Il se montrait protecteur qu’avec peu de gens, mais une fois que c’était le cas, il agissait à l’accès. « Je suis contente que ça te plaise ! » s’enthousiasma-t-elle, sachant lire entre les lignes quand son aîné s’exprimait. Elle lui déposa un baiser sur la joue avant de le libérer définitivement. Il s’éclipsa rapidement de l’appartement, emportant avec lui les clefs de sa moto.

L’existence était plutôt singulière pour le motard en ce moment. Et s’il était aussi empressé de s’évaporer, c’était également parce qu’il savait que sa fille rentrerait bientôt. Becca et Skylar avaient eu la meilleure idée –pour le plus grand bonheur de Raphaël- de faire une colocation. S’il était rassuré de la savoir auprès de sa sœur, il n’avait toujours pas décoléré de ne pas avoir été mis au courant. Alors il évitait un peu la rousse, surtout qu’elle l’intimidait bien plus qu’il ne voulait l’admettre. Elle avait le même caractère de cochon, cette insolence particulière et ce sang chaud. Une bonne soirée chez lui à réfléchir à tout cela ne serait pas de trop, mais pour cela, il fallait qu’il traverse Los Angeles. Une vraie plaie pour le motard qui détestait fondamentalement la ville. Ainsi quand il arriva en plein cœur de la ville, il ne put qu’esquisser une grimace de dégoût. Cette ville lui déplaisait au plus haut point, des murs des façades en passant par la gueule des habitants, ou bien à la vue de la mer qui s’étendait à perte de vue. Qui pourrait apprécier vivre auprès de la plage, avec cette saloperie de sable qui venait se ficher dans le vent ? Il ne comprenait pas. Et il s’énerverait d’autant plus que sa femme ait pu avoir l’idée de se foutre dans cette ville. A croire qu’elle l’avait fait exprès pour la faire chier. Et en même temps, c’était aussi l’endroit où il avait retrouvé une part de sa famille… Le destin pouvait se montrer parfois si capricieux et incohérent.

Raphaël arrêta sa moto à un feu rouge, envoyant sa main en arrière pour récupérer une bière dans sa sacoche. Il la décapsula d’un uniquement coup de dents avant d’en avaler une bonne partie du contenue. Généralement, il en emportait toujours une dans ses bagages. Dès que le feu vert, il reprit la route vers la côte. Il avait la dalle et il escomptait bien trouver un endroit où il pourrait acheter un sandwich et une bouteille de Whisky dont il allait bientôt manquer mais il n’eut pas fait quelques mètres qu’une silhouette sortit sans prévenir de l’un des palmiers du bord de la route et se mit à traverser. Il manqua de l’écraser, mais il freina juste à temps si fort qu’il en envoya valser sa bouteille de bière pas encore finie. Cette dernière s’écrasa brutalement au sol dans un grand fracas de verre.« Putain, s’pèce de connard, tu ne peux pas regarder où tu vas ? » rugit-il avec colère, le foudroyant du regard. En plus, il était l’archétype même de tout ce qu’il pouvait détester chez un être vivant, et chez un homme. Sa malheureuse victime portait sur tous les éléments qui lui prouvaient qu’il était fortuné et qu’il ne devait pas souffrir de grand-chose, hormis d’une petite crise d’hémorroïdes de temps en temps. Et en plus, il avait gâché la fin de sa bière. « Dégage de là avant qu’il ne me prenne l'envie de t’écraser complètement la gueule ! » Son côté infecte aurait pu être mis sous le coup de la rage, mais il était tristement toujours ainsi. Peu charmant. Bourru. Quand soudain, l’homme se tourna mieux vers lui, de sorte à ce que son visage lui apparaisse clairement. La rage de Raphaël fut momentanément chassé par la stupéfaction. « Peter ?! » Les années l’avaient changé, mais c’était bien lui. Il ne pouvait pas oublier le visage de celui qui était son frère aîné. Le premier à les avoir abandonnés. Ses prunelles devinrent électriques. « Qu’est-ce que tu fiches ici ? » Aux tonalités furieuses et orageuses de sa voix, il semblait que Raphaël cherchait plus une bonne raison pour lui de ne pas l’écraser complètement et de passer son chemin.
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TEAM BILL
Peter H. Grimes
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MessageSujet: Re: « Le lien immuable de la fraternité » + Peter   Jeu 26 Juil - 3:59


   


Le lien immuable de la fraternité.


Il rangeait son téléphone et continuait à marcher. Cet homme allait sûrement le rappeler bien avant les trente minutes menaçantes qu’il lança. Peter inspirait doucement l’air qui lui parvenait de l’océan beaucoup plus près de sa position maintenant. Depuis son arrivée récente à Los Angeles, il aimait beaucoup se promener autour des canaux du quartier de Venice Beach. Toutefois, la plage était vraisemblablement son point faible et surtout la nuit amenant toujours plus de liberté et de tranquillité. Peter s’habillait alors d’un jeans, d’un polo et de chaussures de marche et passait une bonne heure voire souvent plus à marcher et arrêter de penser. Il se mettait à rêver. Il enlevait ses chaussures et chaussettes pour laisser le sable glisser sur ses pieds. Il fermait ensuite les yeux pour se laisser aller dans un monde si inaccessible, mais dont il avait besoin de ses effets telle une drogue.

Et Peter Henry Grimes avait bien besoin de cette promenade sur la plage ce soir, car un problème fut survenu par la suite à l’achat de l’hôtel. Un ami, en quelque sortes, de l’ancien propriétaire était entré en contact avec lui prêt à en découdre en justice et reprendre l’hôtel. Peter n’était, certes, pas né de la dernière pluie : il savait que l’ami et l’ancien propriétaire étaient de mèche dans ce plan.

Puis, ce moyen inspirant la peur faisait comprendre à Peter avoir eu raison sur toute la ligne : ces hommes étaient vraiment des criminels. L’homme avait levé le ton aujourd’hui prêt, coûte que coûte, à engager un avocat contre Peter Henry Grimes pour prouver que cet achat n’avait pas été légal.

Une brise marine caressait sa chevelure et il mit le pied dans la rue séparant le quartier de Venice Beach de la plage du Beach Pier. Tout était calme en cette heure tardive de la soirée et Peter ne voyait pas de voiture ni d’âme qui vive. Il ne pensa, tout bonnement, pas à regarder des deux côtés de la rue avant de traverser la deuxième partie du boulevard, celle après le terre-plein central.

Mais c’est là qu’il sursautait. Peut-être que ce silence si présent et dense faisait en sorte que ce bruit devint bien plus assourdissant et effrayant telle si une personne venait de tirer une balle en sa direction. Peu importe, Peter se figeait net au bruit de freins puis, le bris de verre qu’il savait être jeté non loin. Il laissa aller un souffle puis, plus rien jusqu’à ce que des insultes fusèrent vers lui. Un homme était furibond et il avait, évidemment, raison de l’être.

- Je  … Je suis dé … Tentait-il de s’excuser malgré et de désarmer le conflit qui s’enclenchait malgré être visiblement sous le choc.

Peter Henry Grimes avait mis ses mains devant lui tout en avançant vers l’homme qui se trouvait sur une moto. Le freinage fut tellement fort que de la fumée tardait à s’évaporer. Il n’avait pas encore vu correctement l’homme que ce dernier s’exclama l’appelant par son prénom.

- Quoi ? Comment ?

Baissait-il les bras confus et soupirant juste au moment ou l’homme éleva à nouveau le ton. Mais Peter n’avait pas arrêté d’avancer pour autant et sa confusion se tarissait pour aussi faire place à la stupéfaction.

- Raphaël ? C’est toi !

Il y avait eu le début d’un sourire, mais Peter voyait bien que Raphaël était dans un état de colère voire de rage avancée. Oh mon dieu marmonnait-il tout en se passant les mains sur le visage. Il ne savait pas quoi dire. Son frère venait pratiquement de l’écraser et probablement de le tuer; ce frère qu’il n’avait plus vu depuis l’adolescence. Il avait souvent eu peur de le penser mort. Et là, c’était l’inverse. Ce frère semblait vouloir véritablement l’écraser.

- Je suis désolé Ralph … Tu me fais peur là. Wow. Je crois que je suis encore sous le choc.

Lâchait-il plus bas alors que la Terre semblait s’être mise à tourner étrangement et cela plutôt rapidement. Peter se prenait la tête et à tâtons trouvait finalement le bord de la rue côté terre-plein central. Il trébuchait tout près, mais n’en avait cure n’ayant plus la force de s’y tirer.

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TEAM HARRY
Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: « Le lien immuable de la fraternité » + Peter   Lun 6 Aoû - 20:34

Raphaël ne détenait aucun scrupule à gueuler comme un putois après un homme qu’il avait manqué d’écraser. Peu importait qu’il soit en tort, peu importait qu’il s’en ouvre une au volant de son bolide, peu importait encore plus que ce connard soit choqué au beau milieu de la route. Il râlait, il pestait, il injuriait sans autre forme de procès, en homme peu patient et peu courtois. Mais il était ainsi Raphaël. Il n’y avait que peu de gens qui ne subissait pas son courroux dévastateur. A tort souvent, à raison parfois. Pourtant, il était une époque où il se serait arrêté, la peur au ventre, où il se serait excusé et qu’il se serait probablement inquiété de l’état de la malheureuse victime. D’ailleurs, sans doute n’aurait-il même pas failli l’écraser, soucieux d’observer tout autour de lui qu’un piéton ne traverse pas. Mais cette époque était révolue, loin derrière lui. Comme une autre vie qui ne lui appartenait plus vraiment. Et si Raphaël se retournait pour contempler le paysage de son passé, il ne trouverait que des images peu familières, trop lointaines pour qu’il s’en souvienne vraiment, si peu vraisemblables et douloureuses qu’il préférait s’en éloigner. Son enfance, même rendue plus rude par la précarité de leur situation et le nombre croissant de leur fratrie, avait été une bonne enfance. Il n’avait pas véritablement souffert. Il avait réussi à évoluer au milieu de ses frères et de ses sœurs, à détenir une place importante dans leur cœur, celle du grand frère, d’être une main utile pour sa mère, puis d’être un bon bricoleur aussi, pour remplacer le père qui n’existait plus. L’amour aussi, il l’avait trouvé. Mary était ce ravissant visage qui venait le retrouver dès qu’elle avait fini les cours, dès qu’elle avait quelques heures et qu’elle échappait à l’impitoyable vigilance de ses parents. Alors, elle retrouvait ceux que les autres auraient appelé « un garçon de mauvaise vie » mais il s’en fichait totalement Mary. A l’époque, elle aimait défier l'autorité parentale et elle l'aimait encore plus lui. Dans les bras de Raphaël, elle rêvait d’un futur où ils pourraient se marier dès qu’ils seraient en âge de le faire, ils quitteraient ce quartier miteux où ils vivaient à Chicago. Elle voulait fendre l’horizon, collée au dos de son amant, alors qu’il conduirait sa moto avec pour uniques bagages leur amour insouciant, passionné et rebelle. Tout l’avenir de Raphaël s’était tissé autrefois dans les mots de Mary, dans ses rêves de liberté et de grands espaces. Elle était belle Mary, avec son sourire immense et son regard qui englobait le monde. D’une certaine manière, Skylar lui ressemblait à s’y méprendre. Elle avait cette même flamme qui animait ses prunelles, cette impertinence dans les paroles et cette vivacité dans le geste, ainsi que dans la réflexion. C’était cela qui lui faisait un peu mal à chaque fois qu’il regardait sa fille. Cette apparition improbable de Mary qui le ramenait à ses souvenirs d’autrefois et qui lui rappelait qu’il ne la reverrait plus jamais. Parce que cet horizon, ils ne l’avaient jamais entrepris ensembles. L’armée s’était immiscée entre eux. Mais au départ, ce n’était pas grave. C’était juste l’histoire de quelques temps, de quelques années pour aider sa mère à joindre les deux bouts et que les autres soient en âge de travailler. Henry, leur aîné, était parti en les amputant d’une rentrée d’argents qui leur avait fait du mal. Pour cela, il avait paru logique à Raphaël de partir à l’armée, sur le terrain. Cela faisait une bouche de moins à nourrir, mais une rentrée d’argent supplémentaire. Le mécanicien aurait pu haïr son frère de l’avoir forcé à prendre une telle décision. Une décision qui l’avait éloigné de l’Amérique, de sa famille, et qui avait reculé son mariage avec Mary. Mais dans le fond, ce n’était pas si grave. Ça, ce n’était pas aussi grave que le reste. Et cette colère sourde qui empoisonnait les veines de Raphaël depuis tant d’années, c’était le poids de l’injustice suite à tout ce qui s’était produit après. Parce que si Henry n’était pas parti comme un lâche, Raphaël n’aurait pu eu besoin de partir à l’armée, il n’aurait pas été fait prisonnier, il n’aurait pas vécu l’enfer pendant six ans, il n’aurait pas été traumatisé par cette rude captivité, il n’aurait pas été déclaré mort tout ce temps, il aurait pu être avec Mary. Et pire encore aujourd’hui, cela lui faisait réaliser qu’il aurait pu élever sa propre fille, Skylar.

Alors revoir son frère, là, en plein milieu de la route, son agacement se transforma en une haine viscérale qu’il contenait par la puissance d’un miracle. Son œil était mauvais, noir, orageux. Présage d’une réaction plus violente encore s’il ne répondait pas à ses allégations. Et visiblement, en dépit du changement, des années qui s’étaient écoulées, de l’alcool qui avait bouffi son visage, des épreuves qui avaient éteint l’éclat dans ses yeux, il semblait qu’Henry le reconnaissait encore. « Bien sûr que c’est moi. Qui veux-tu que ce soit ?! » Un connard lui démangea le bout de la langue, mais il ne sortit pas. Un bête réflexe de quand il était gosse. Le fameux respect des aînés. Manifestement, son frère était sous le choc, mais le motard s’en foutait bien pas mal. Etait-ce à cause de ce potentiel accident ou le faire de revoir son frère ? Le poids de la culpabilité qui venait enfin l’étouffer ? Il ne fut pas ému. « T’avais qu’à pas te foutre sur mon chemin. Dégage de là, maintenant ! » Henry se traîna péniblement sur le trottoir sous le regard consterné de son cadet. N’était-il qu’un espèce de faiblard ?! Ce fut là qu’il l’étudia un peu mieux. A ses vêtements, à sa mine, à ses biens, à sa coiffure, il devina qu’il devait vivre une belle vie. Cela le fit enrager encore plus. « J’suis pas là pour jouer les infirmières. T’as qu’à te payer une thérapie avec toute la thunes que t’as. » Oui, il devait typiquement être ce genre de gars qui consulte son psy toutes les semaines comme un croyant va se confesser à l’église les dimanches. Juste pour parler à quelqu’un qui écoutera, parce qu’il parle dans le vide de sa grande demeure chaque jour. Les billets, ça fait tendre l’oreille. « J’me casse. » Il n’était pas descendu de sa moto, prêt à reprendre le large sans compassion. Sauf qu’en essayant de redémarrer son véhicule, il se rendit compte que l’appuie devant était plus mou. Il ne lui fallut que quelques secondes pour comprendre qu’il avait crevé à cause d’un freinage trop brusque. Jenesaispasic’estpossiblemaisons’enfout « Putain de merde ! » beugla-t-il, hors de lui en désenfourchant sa bécane. Dire qu’elle venait tout juste d’être réparée après que Lou lui ait réduit en miettes ! Sauf que derrière lui, des voitures commençaient à se masser et qu’il n’avançait toujours pas. Au premier coup de klaxon à son encontre, Raphaël se mit à jurer comme un fou, à invectiver en même temps qu’il transportait sa moto sur le bas-côté, près de son frère, hélas. Quelle journée de merde, putain !
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Peter H. Grimes
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MessageSujet: Re: « Le lien immuable de la fraternité » + Peter   Mer 8 Aoû - 3:27


   


Le lien immuable de la fraternité.

Peter croyait avoir fait erreur sur la personne alors. Peut-être que cet homme l’avait pris pour un autre Peter et lui s’imaginait des rêves impossibles. C’était totalement impossible qu’il rencontre Raphaël, son frère perdu, ici à 20 minutes de sa nouvelle résidence depuis la dernière semaine. C’était impossible. C’était impossible aussi que Raphaël lui hurle des injures de la sorte. Son petit frère n’avait jamais été aussi sauvage et irrespectueux. Ce n’était pas son frère. C’était impossible. Non, ce n’était pas lui.

Il était malheureux, toutefois, que cet homme confirmât finalement sa question continuant, tout aussi malheureusement, de le dire en criant des injures tel une personne sortie tout droit de la jungle et n’ayant jamais appris à vivre dans la civilisation. Le choc commençait à passer et Peter Henry Grimes regardait Raphaël partagé entre une attitude qu’il voulait insolente et de la pitié, de la tristesse. Son frère était enragé et l’insultait pour sa richesse, celle que notre homme avait accumulé pour sa famille pourtant.

- Je suis désolé, je te jure. Je ne t’avais pas vu et je m’en excuse dit-il beaucoup plus calmement que son vis-à-vis, une boule se formant dans sa gorge et bien contre sa volonté. Mais … Ça fait si longtemps … Raph … Je … Je n’arrive pas à y croire. Tu es là.

Murmurait-il finalement plus émerveillé qu’autre chose. Peter ressentait même un mince sourire fendre le bas de son visage. Quelle était la chance de le retrouver ici, à Los Angeles là ou se trouve aussi sa sœur Bébé ? Savait-elle que Raphaël était à Los Angeles ? Il devait le lui annoncer ! Mais son sourire ne durait pas et tomba, la boule dans sa gorge se faisant plus intense même. « J’me casse ». Peter baissait le regard, penaud et sans voix au bord de la rue. Il ressentait à peine sa main gauche, fortement contre le rebord de la rue, devenant de plus en plus blanche telle la force en celle-ci était grande. Il n’arrivait plus à bouger. Il n’en avait même pas envie. Il se sentait triste et désemparé. Peter perdait tout courage sachant, pourtant, devoir rappeler son frère, lui crier de revenir. Mais rien.

Les klaxons, à sa place, l’avaient eu ce courage et aussitôt les jurons recommençaient. Fronçant les sourcils confus de la tournure des événements, Peter voyait Raphaël amener sa moto près du bord de la route les gens d’autres voitures se dépêchaient à passer. Il croyait même entendre un juron et apercevoir ce signe insultant par excellence.

- Je peux t’appeler une remorqueuse. Je te dois bien cela.

Dit-il tout en montant son regard vers Raphaël et toujours assit sur le bord de la rue. Oui, il ne connaissait aucune remorqueuse à Los Angeles, mais Internet existait; c’était le moindre de ses soucis pour le moment, car il devait aider son frère pour se faire pardonner. Ce dernier avait vieilli et malheureusement bien plus que lui. Peter avait toujours fait jeune pour son âge. Ici, il semblait même être le cadet et non l’ainé. Il prit une grande inspiration tâchant de vaincre la tension installée entre les deux hommes.

- Ou étais-tu ? Je te croyais m … Je ne savais pas où tu étais réussissait-il à se rattraper à temps refusant de dire le mot mort si cela concernait sa famille. On … On ne savait pas où tu étais. Cela fait si longtemps Raph. Je suis désolé de t’avoir mis en colère, mais …

Peter eut un petit sourire en coin soupirant légèrement faisant ressortir un aussi petit rire, le premier depuis le début de la soirée, la boule se faisait tellement près de sa bouche maintenant.

- … C’est probablement la manière Grimes de saluer un membre de la famille lâchait-il sur cet air plus léger malgré ces quelques larmes qui coulaient le long de ses joues

Une larme passait sur la cicatrice sous son œil gauche qui était si profondément ancrée en lui qu’elle se trouvait toujours aussi vive.

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Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: « Le lien immuable de la fraternité » + Peter   Dim 12 Aoû - 17:50

A croire que Los Angeles était destiné à le rassembler avec toute sa famille. Cette ville, dès qu’il y avait posé le premier pied, il l’avait détestée. Il la détestait pour son agitation constante, pour ses grands bâtiments, pour son climat, pour l'air iodé qui venait constamment emplir ses narines, pour les gens qui s’y trouvaient. Ici, Judith y avait trouvé un refuge dans les bras d’un autre. Elle s’était constituée un semblant de famille avec cet inconnu et sa fille, construisant ce qu’elle n’avait pu bâtir avec Raphaël. Et pour cela, il haïssait du plus profond de son cœur et de son âme la cité des anges. A ses yeux, cela ne devait être qu’une étape temporaire. Il y venait, il récupérait sa femme, et puis il mettait les voiles loin de cette terre de malheur. Sauf que Judith n’avait jamais voulu rentrer et abandonner cette nouvelle vie dont il ne faisait pas partie. Et puis sa route avait croisé celle de Becca, par un hasard étrange de la vie, lui interdisant de partir à présent qu’ils s’étaient retrouvés. Raphaël s’était exilé de longues années durant, coupant toute relation avec sa famille. Los Angeles, c’était comme une terre de retrouvailles. Il ne les souhaitait pas vraiment, mais il ne pouvait plus s’enfuir comme autrefois. Il y avait sa sœur. Puis il y avait eu Lyra qui, en dépit de tout ce qu’il pouvait dire, l’enracinait un peu plus ici. Skylar aussi, en débarquant dans son existence comme un boulet de canon, venait de l’enchaîner définitivement à Los Angeles. Sa fille. Cette fille qu’il avait eue avec Mary sans jamais le savoir. Et désormais, contre toutes attentes, sa vie se forgeait ici. Il avait trouvé un travail, un appartement. Pourtant, toujours dans un coin de son esprit, il se rassurait à l’idée qu’il ne resterait pas malgré les promesses qu’il avait pu faire à sa sœur. Il se sentait étouffer dans cette ville qui lui imposait tant. Il était un esprit libre, un voyageur, un homme sans attaches. Mais dans le fond, il avait juste peur de tout perdre à nouveau. Alors il préférait tenir le rôle de celui qui part, parce que c’était beaucoup moins douloureux que d’observer, avec des yeux impuissants, les gens quitter sa vie progressivement. Et alors qu’il croyait qu’il ne pourrait pas être plus cerné par sa famille, voilà que sa route croisait celle de Peter. Sauf que cette fois, ce n’était même plus douloureux. C’était au-delà de ça. C’était une colère immense qui le dévorait contre ce frère qui les avait abandonnés, contre ce frère qui, d’une certaine manière, avait gâché entièrement sa vie. Et il ne supportait pas de le voir, portant sur lui tous les signes d’une vie parfaite. Lui, il avait réussi. Lui, il devait certainement avec une femme, des enfants, une belle maison et beaucoup d’argents. Tandis que Raphaël, que lui restait-il ? Un premier amour mort, une femme qui l’avait quitté, une fille qu’il n’avait jamais pu élever, une vie en ruines. Et plutôt que de s’en vouloir à lui-même de tous ses mauvais choix, c’était plus simple d’accuser Peter.

« J’en ai rien à foutre de tes excuses. » grogna Raphaël. Si Peter était ému par ses retrouvailles providentielles, il n’en était pas de même pour son cadet. Ce dernier contenait mal sa rage et son amertume. Mais plutôt que de laisser éclater tous ses ressentiments, il préférait partir. La fuite avait toujours été plus facile. Sauf qu’il ne parvint jamais à faire démarrer sa moto, l’obligeant à se placer sur le bas-côté près de son frère. Il fulminait, toujours plus en colère contre le reste de la terre. Son frère lui proposa alors d’appeler une remorqueuse. Les muscles de Raphaël se tendirent. « Je n’ai pas besoin de ton aide. » Les mots étaient crus, abrupts. De quel droit osait-il lui tendre la main alors qu’il avait été absent toutes ces années ? Qui était-il pour lui offrir son aide ? A la place, il prit son portable et appela l’un de ses collègues en service au garage d’Alaric. Quitte à travailler dans un garage, autant que cela serve. Sauf qu’il était condamné à attendre sur le bord de la route comme un gland, avec son frère à côté de lui, jusqu’à ce que son collège vienne avec la remorqueuse. Une fois encore : Chienne de vie ! Il s’était décidé à ignorer son frère de toute sa superbe, mais ce dernier eut l’affront d’engager la conversation. Il lui jeta un regard noir, dépouillé de toute compassion pour cet homme qui cherchait à instaurer un dialogue. « J’étais ailleurs. » répondit-il, lapidaire. Il n’avait aucune envie d’expliquer son parcours, surtout que son présent n’était guère glorieux. Oui, il était parti. Mais uniquement parce que son frère avait montré l’exemple en premier. « Faut croire que c’est un trait de famille. » De partir sans prévenir et de ne plus donner aucun signe de vie. Peter s’y connaissait assez pour cela. Il fut d’autant plus irrité de le voir tenter une nouvelle approche, de trouver un lien fraternel où il n’y en avait plus ou de les considérer comme une famille. Les larmes qu’il vit couler le long de ses joues furent de trop pour lui. La mâchoire de Raphaël se crispa et ses doigts se resserrèrent sur les poignets de sa moto. Il contenait une rage dévastatrice au fond de lui. « Écoute Peter, je ne sais pas ce que tu essayes de prouver avec ton discours de tapette, mais il n’est pas question que je t’en apprenne plus sur ma vie ou que nous reprenions une relation de frère. Ça fait longtemps que nous ne sommes plus une famille, sans doute au moment où tu as décidé de te casser de la maison. » grommela Raphaël avec amertume. Il détourna son regard de son frère, observant ostensiblement la circulation face à eux. « Alors maintenant, tu dégages et tu repars dans ta belle petite vie. Je ne veux pas avoir à faire à toi. »
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TEAM BILL
Peter H. Grimes
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MessageSujet: Re: « Le lien immuable de la fraternité » + Peter   Mar 21 Aoû - 3:37


   


Le lien immuable de la fraternité.


- Mais … Je peux …

Ses maigres tentatives pour que Raphaël accepte son aide étaient évidemment vaines. Son frère refusait tout de lui que ce soit ses excuses d’être pratiquement entré en collision avec la moto à sa proposition d’aide. Il semblait cracher sa haine sur lui tel si cela le faisait se sentir mieux. Raphaël refusait même de le regarder préférant fuir le regard que Peter tentait de capter tant bien que mal de sa position assise.

Ce dernier soupira, gonflant ses joues dans une tentative de se détendre, avant de baisser le regard à son tour. Peter appuyait les coudes contre ses genoux et inspirait profondément tâchant de calmer ses émotions, sa frustration. Pourquoi je suis encore assit près d’un homme qui me déteste songeait-il tout en écoutant machinalement la conversation qui se jouait un peu plus haut. Raphaël semblait bien connaître la personne qui se trouvait à l’autre bout du fil et s’entendait bien mieux avec elle.

Alors, pourquoi s’entêtait-il à rester ici près de cet homme qui le haïssait et ne semblait même pas vouloir expliquer plus que cela sa présence à Los Angeles ? Pourquoi avait-il tenté d’ouvrir un dialogue même avec lui ? Parce que c’était son frère. Parce qu’il voulait savoir ou il fut toutes ces années. Il aurait dû s’attendre à la réponse, mais encore Peter devait aimer se faire mal sans le savoir. Ce fut tel plusieurs coups de cognés durement contre son ventre et à répétition. Honnêtement, Peter aurait voulu se faire frapper par Raphaël en ce moment. Aller frappe ! Frappe ! Tu veux le faire, frappe-moi ! Mais non, car les mots faisaient bien plus mal que les poings. Ils entraient par chacune des pores de sa peau pénétrant jusqu’à l’âme s’il en avait une bien sûr : Peter avait tellement fait de mal dans sa vie, c’était difficile à croire. La boule dans sa gorge augmentait comme le nombre de larmes le long de son visage. Peter ne le regardait pas, incapable de faire face à son frère. « Il croit que je nous aie abandonné » pensait-il tout en se passant les mains contre son visage. Et c’était vrai à l’évidence.

- Ok … Je … te laisse levait-il les mains en signe d’abandon. Je suis désolé encore … Je ne te dérangerais donc pas plus longtemps …

Murmurait-il dans un trémolo allant avec les larmes crystallines coulant le long de ses joues. Peter se forçait à se lever et regarder une dernière fois Raphaël dans les yeux. Il se sentait subitement fatigué, triste, démolit. Il tentait de sourire légèrement, mais détournait le regard pour commencer à traverser la rue vers la plage.

Subitement, son corps se tendit et Peter se retournait au beau milieu du boulevard pour faire face à son petit frère qu’il avait manqué de protéger durant toutes ces années. Ses yeux luisaient de larmes, mais la noirceur tendait à le cacher. Cependant, on le pressentait plus fort et comme un meneur d’hommes lorsqu’il dirigeait ses condos et son hôtel. Son ton était aussi affirmatif et même frustré et colérique.

- Je ne vous ais pas abandonné ! Je voulais faire des études, mais maman n’a jamais rien voulu savoir ! Donc, je suis parti. Je voulais avoir de l’argent et le donner à vous tous. Ce que j’ai fait !

Appuyait-il plus fortement sur les derniers mots alors que sa colère s’emparait maintenant entièrement de sa personne. Peter se fit klaxonner et faillit vraiment finir la tête contre le ciment ce soir, mais il ne jetait qu’un seul petit regard à l’automobiliste. Peut-être par réflexe de sécurité, il sortit de la rue d’un pas décidé vers Raphaël.

- Je suis désolé, mais cela ne s’était pas très bien passé et j’ai honte de moi pour … Certaines choses déglutissait-il tout en baissant momentanément le regard. Mais je suis revenu vers la famille et je ne t’ai pas trouvé là-bas. Je te croyais mort mon frère !

Cela lui fit un grand bien de tout laisser sortir et séchant ses larmes, mais Peter savait aussi qu’il le regretterait bien trop rapidement.

© Frimelda, sur une proposition de © Blork
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MessageSujet: Re: « Le lien immuable de la fraternité » + Peter   Jeu 20 Sep - 23:51

C’était une colère impérieuse et douloureuse. Une colère qui prenait sa source depuis une fêlure profonde et ancienne qui ne s’était jamais résorbée, qui avait eu le temps de grossir, de suppurer, de pourrir, de se nécroser au fil des années. Raphaël n’avait jamais pardonné à Peter d’avoir quitté le domicile familial à la soi-disant conquête de ses rêves et de ses aspirations. Qu’en était-il d’eux ? Du reste de sa famille qui était restée derrière ? A l’époque, il ne s’en était pas vraiment rendu compte. Il se souvenait parfaitement de cette pointe d’admiration qu’il avait éprouvé face au courage de son aîné d’avoir su s’extraire de ce quotidien qu’ils menaient. Quelque part, au fond de lui, il ne lui en avait jamais tenu rigueur. Non, cela allait bien plus loin que ça. Cela avait toujours été bien plus grave que cela. Raphaël ne lui en voulait pas d’avoir abandonné sa famille pour suivre une route qui partait tout droit vers l’horizon. Après tout, n’en avait-il pas fait de même par la suite ? Sa haine, il la puisait ailleurs, à ces heures où il observait d’un œil malheureux et impuissant les ruines de son existence ; toutes ces heures où il réalisait qu’il ne lui restait plus qu’un tas de cendre derrière lui. Une existence gâchée par des mauvais choix, un destin injuste, un meilleur inaccessible… Depuis que Raphaël avait quitté Mary, il avait toujours eu peur de se retourner. Il avait peur de ce passé qu’il quittait à regrets, de ce présent médiocre et misérable qui s’achevait en souvenirs douloureux qu’il rechignait à contempler de ses prunelles désabusées. Regarder devant, s’obstiner à dévisager l’horizon jusqu’à s’en abîmer les yeux avait été son crédo. Et aujourd’hui, tout ce qui pouvait lui rappeler son passé et ramener à sa mémoire toutes les reliques sacrées de ce qu’il avait perdu le mettaient au supplice. De son frère, il ne voulait rien recevoir, ni son aide, ni sa générosité, ni son pardon, ni ses larmes, ni son soulagement de le revoir enfin ; car tout ce qu’il souhaitait, c’était récupérer Judith, récupérer sa vie, récupérer ses espoirs, récupérer cette paternité volée, récupérer cette histoire qui n’avait jamais pu être la sienne. Il lui semblait qu’il avait été le spectateur impuissant d’une existence qui ne lui appartenait pas tout à fait. Qu’en restait-il aujourd’hui ? De la fumée et des cendres. Et face à ce frère retrouvé, Raphaël ne voyait en lui qu’un bourreau. Il ne lui pardonnerait pas. Il ne le voulait pas. Il le lui dit.

L’atroce discours de Raphaël eut pour don de précipiter le départ de son aîné. Si le motard avait considérablement changé depuis la dernière fois où il avait vu Peter, il lui restait un trait de caractère qu’il avait toujours possédé : être buté. Il ne voulait pas plus de ses excuses et y répondit simplement par un grognement méprisant. Il le laissait donc partir sans regrets, sans scrupules, mais pas sans douleur. Il se refusait juste à la sentir. Sauf que c’était mal connaître l’aîné des Grimes qui revint à la charge. La tristesse avait été chassée par une colère qui le terrassait ses traits et chaque nervure de son corps. Raphaël haussa un sourcil à sa venue. Il s’apprêta à lui signifier qu’il pouvait aller se faire voir mais Peter fut plus rapide que lui. Sans ciller, il l’écouta se justifier sur les raisons de son départ. Rien ne résonnait dans son cœur et de son âme. Aucun de ses mots ne trouvaient de légitimer sur les remparts de sa raison. Néanmoins, un mot le heurta, ébranlant la fine pellicule de son être. La « honte ». Quel avait pu être son destin en partant ? Avait-il vécu des affres semblables aux siens lors de son exil ? Mais le motard ne pouvait pas y croire. Pas en décelant cette richesse qu’il portait sur lui. Encore moins par ses attitudes. Il ne pouvait pas avoir souffert plus que lui. Il ne pouvait pas avoir vécu l’enfer. Il n’y croyait pas une seule seconde. Ainsi, il était revenu. Un bref rire sans joie franchit les lèvres de Raphaël, première véritable réaction aux allégations de son frère. « Mort ? » répéta-t-il comme si une idée absurde venait d’être évoquée. En soi, cela n’avait rien d’idiot. Peter n’avait pas été le seul à le penser après toutes ces années d’absence et de silence. Becca elle-même avait cru faire face à un fantôme lorsqu’ils s’étaient retrouvés. Et là, une idée plus foudroyante saisit Raphaël. Et si Mary, au cours de ces longues années, avait tenté de reprendre contact avec lui ? Et si cela avait été vain ? Et si elle avait finalement changé d’avis et qu’il avait laissé s’échapper son unique chance de retrouver son paradis perdu ? Une part de lui s’enfonçait dans ces ténèbres jusqu’à ce qu’il ne se rebelle contre cette pensée contre nature. « Mort, oui. Je l’étais. » Et sûrement l’était-il encore un peu encore. Les plaies ne s’étaient pas refermées. Il n’avait jamais affronté ses traumatismes. Il n’avait pas combattu ces abysses qui grignotaient ses entrailles chaque jour un peu plus. Il ne voulait pas se souvenir de toutes ces années où il n’était plus rien. Enfermé, maltraité, oublié. La guerre avait fait sur lui bien plus de ravage que la vie. « Tes excuses, je ne les veux pas. Elles me ramèneront pas tout ce que je n’ai plus. » grinça-t-il d’une voix qui exprimait bien plus de fureur que le moindre cri. « Grand bien t’en fasse si tu es revenu avec l’argent et que tu en as bien plus qu’il n’en faut. Mais ce n’était pas d’argent dont nous avions besoin. Ce n’était pas de ça dont j’av… » Il lui aurait fallu son frère. Il aurait fallu qu’il soit là pour ne pas partir dans l’armée. Pour qu’il ne signe pas son arrêt de mort. Abattu dans son propre orgueil, Raphaël coula un regard atroce vers son frère. « Et à quoi est-ce que tu t’attends ? A ce que tout redevienne comme avant ? Tu n’es plus mon frère, Peter. Depuis bien longtemps. » A défaut de ne pas pouvoir partir car il lui fallait encore attendre pour le dépannage de sa moto, il se détourna complètement de son aîné pour observer l’état de sa machine. Il souhaitait uniquement qu’il parte.
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