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 « Humans respond to fear in two simple ways: fight or flight. There’s no shame in getting the hell out of the way. » ∞ Marcus

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Naïa Argent
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MessageSujet: « Humans respond to fear in two simple ways: fight or flight. There’s no shame in getting the hell out of the way. » ∞ Marcus    Mer 1 Aoû - 17:19

Morphée ne veut indéniablement pas de moi. Cela fait plusieurs heures que je suis assise au beau milieu de mes draps, incapable de trouver le sommeil. Pourtant, je devrais être épuisée. Épuisée des représentations qui s’enchaînent au moins trois fois par semaine depuis deux mois suite au succès immense qu’a connu la comédie musicale de Gabriel Goldstein dont je tiens le rôle principal. Épuisée de courir de tous les côtés entre les répétitions, les promotions, les séances de photo, les rendez-vous avec des journalistes, les entrevues avec mon manager. Épuisée de cette nouvelle vie qui me propulse au cœur d’une célébrité naissante. Épuisée de pleurer dès que l’obscurité me cache parce que j’ai perdu Caleb et qu’il ne reviendra jamais. Épuisée que ça cherche à rejaillir dans ma mémoire et qu’il ne me laisse aucun répit. Mais non, mes paupières ne parviennent à se clore. Les pensées envahissent mon esprit vulnérable et fatiguée. Elles pullulent autour de ma tête telle une nuée de parasites. Je songe au fait que je devrais être heureuse. Mon rêve de toujours était en train de se réaliser. Chanter n’était plus uniquement un loisir, cela allait devenir ma véritable profession. Et je serai reconnue pour cela. Corps et âme, je pourrai me dévouer entièrement à ce qui me faisait vibrer depuis toujours. Il y a ce brasier immense qui m’anime depuis tant d’années, comme s’il avait toujours été au creux de moi. L’étincelle, c’était Gabriel Goldstein qui me l’avait donnée en me sortant de l’ombre, en décelant mon potentiel lors des auditions et en m’aidant à repousser mes limites chaque jour un peu plus. Je me souviens de cette époque où je le haïssais pour le calvaire qu’il me faisait vivre du matin au soir, n’étant jamais satisfait de rien, à devoir travailler encore et encore pour avoir un semblant de compliment, ou simplement pour qu’il m’épargne de sa critique. Il avait été un directeur artistique exécrable. Je n’en dormais plus, je n’en mangeais plus, je n’en vivais plus, tournée uniquement vers son désir d’excellence. Et finalement, aujourd’hui, je comprends les raisons de son intransigeance grâce au succès immédiat que la comédie musicale rencontrait. Reprendre le grand classique du Moulin Rouge était un pari audacieux que Goldstein avait remporté avec brio. Et avec ce triomphe, c’était aussi le mien qui naissait. Moi, la Satine de cette pièce insolente, je n’étais plus cette figure anonyme d’il y a quelques mois. Certes, ce n’était qu’un début, mais c’était déjà bien plus que je n’aurai jamais pu en rêver. Désormais, même un manager avait décidé de me prendre sous son aile pour gérer tout le tapage qui se créait autour de moi. Docile et ignorante, je le laissais faire. Il m’avait même décroché déjà un nouveau rôle pour une prochaine pièce. Tout ceci était surréaliste ! Mais toute cette joie demeurait ternie par l’absence. Entre mes doigts, je tiens fermement une photographie de Caleb et moi lors d’une sortie à la fête foraine. Cela aussi, c’était nouveau pour moi. D’avoir un petit-ami, de faire des efforts pour faire confiance, pour ne plus avoir peur, pour briller dans le regard d’un autre… mais j’avais tout réduit à néant parce que je ne sais pas aimer correctement. Amoureuse de Caleb, je l’étais sûrement. Sinon, mes entrailles ne se tordraient pas si violement au creux de moi, je n’aurai pas ce vide immense dans ma poitrine, ce froid mauvais dans mes veines. Mais aimer, en serai-je seulement capable un jour ? Et toutes ces questions, elles me font mal. Elles me grignotent lentement, elles se repaissent de mes doutes et de mes angoisses. Ce sont elles qui m’empêchent de trouver le sommeil. Et déjà, je vois poindre le jour à la fenêtre.

Mon portable sonne soudain. Les brumes autour de ma tête se dissipent et je me ressaisis pour répondre à l’appel de mon manager. « Ah quoi ? L’entraînement ? Ah bon ? Oh oui ! 9h ? D’accord ! » Comme le soleil chasse l’ombre, toutes mes idées douloureuses se dissipent et je m’extirpe de mes draps avec une énergie nouvelle. Des cours d’escrime… quelle idée encore ! Pourtant, je ne peux pas m’empêcher d’être débordante d’enthousiasme bien que je sache que cela risque d’être aussi laborieux que lorsque j’ai dû apprendre les chorégraphies pour la comédie musicale. Je ne suis pas une danseuse innée, mais à force d’entraînement et persévérance, je suis parvenue à être aussi douée que les autres. Ma force, je la tiens de ma détermination sans faille. Aussi, je me dépêche de me préparer, croisant au passage ma colocataire Héloïse qui s’éveille tout juste. Et finalement, c’est bien en avance que je débarque au conservatoire. Au cours de cette dernière année, ce lieu est devenu comme ma deuxième maison. Du matin tôt jusqu’au soir tard, j’y vivais toutes mes heures de galère avec les entraînements avec Goldstein, puis mes cours de danse, les cours de chant, les répétitions avec la troupe. Ces murs avaient connu mes instants de joie, de découragement, d’excitation, d’épuisement, d’espoir et de partage. Aujourd’hui, c’est étrange d’y revenir en me disant que j’y serai pour m’entraîner à autre chose qu’à la comédie musicale du Moulin Rouge. Toutefois, c’est devant une nouvelle salle que je me poste pour assister à ce fameux cours après m’être changée aux vestiaires. Je frappe plusieurs fois à la porte, mais je ne m’étonne guère de l’absence de réponse. Je suis vraiment en avance… mais plutôt que d’attendre bêtement devant la porte, je m’enhardis à la pousser. « Il y a quelqu’un ? » Le son de ma voix me fait écho dans cette grande pièce dans laquelle je pénètre. « Oh ! » Ici, nulle trace d’instruments de musique, de pupitres, de scène ou de costumes. A vrai dire, cela ressemble plus à une salle de danse, des miroirs presque sur tous les pans de mur, qui a été réaménagée pour un cours spéciale. Des tapis ont été disposés sur le sol et sur des présentoirs spéciaux se tiennent des bâtons, des répliques d’épées ou d’armes blanches qui me fascinent. Je dépose mon sac de sport dans un coin et m’approche, les détaillant avec beaucoup d’attention. « Mais je vais mourir ! » je m’exclame pour moi-même. Pas uniquement à cause des vraies armes, mais aussi en attestant de la longueur des bâtons. Ils sont presque aussi grands que moi ! miss exagération Et en continuant de marcher entre les présentoirs, je m’embronche sans raison apparente, cherche à me rattraper à la première chose qui se présente à moi sans succès, jusqu’à m’affaler sur les bâtons qui tombent tous avec moi comme des dominos dans un grand fracas. Je me redresse sur mes coudes, attestant de l’ampleur des dégâts et pousse un cri de désespoir. « Oh non, flûte ! » Je m’empresse de vouloir tout remettre en ordre avant que le professeur n’arrive, mais dans ma précipitation, je les récupère, me les refais tomber sur le nez et ne parviens finalement qu’à empirer les choses. C’est là que je discerne une silhouette dans l’encadrement de la porte. Depuis combien de temps assiste-t-il à la scène ? Je suppose que n’importe qui aurait pu comprendre qu’il s’agissait vraisemblablement du fameux professeur, sauf que je ne suis pas n’importe qui et je ne possède aucun raisonnement sensé. « Oh… euh… bonjour ! Excusez-moi, mais est-ce que vous pourriez m’aider ? Il faudrait à tout prix que je range tout ce bazar avant que le prof n'arrive… » Autrement, je ne suis pas sûre qu'il apprécierait grandement !
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Marcus T. Hartford
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MessageSujet: Re: « Humans respond to fear in two simple ways: fight or flight. There’s no shame in getting the hell out of the way. » ∞ Marcus    Sam 4 Aoû - 0:48



Fight or Flight

ft. naïa argent

Six heures zéro trois. Les paupières de Marcus semblaient d’une lourdeur sans pareille. L’alarme stridente du radio-réveil ne cessaient de retentir désagréablement dans la pièce plongée dans l’obscurité. Un très léger liseré d’un soleil vraisemblablement levant commençait à se dessiner à travers les rideaux. Malgré tout, le brun ne parvenait pas à se donner l’énergie nécessaire pour sortir de ses draps veloutés. Il avait positionné son réveil sur le petit bureau dans l’angle de la pièce, afin qu’il ait absolument besoin de se lever pour éteindre l’engin de malheur. Il y avait déjà huit minutes que la machine criait dans toute la maison, mais la seule chose qu’avait daigné faire Marcus pour atténuer l’affreux tintamarre, était de couvrir sa tête à l’aide de son oreiller. C’est alors que Claire, sa soeur cadette, entra en furie dans la pièce. « Mais t’es complètement sourd ou juste abruti ? Tout le monde se lève pas aux aurores ! » hurla-t-elle sur son frère avant d’appuyer puissamment sur le petit réveil. Il n’allait même peut-être pas s’en remettre. Avant de quitter la chambre, elle tira violemment les draps dans lesquels reposaient paisiblement Marcus et s’en alla, plus furax que jamais, faisant claquer la porte derrière elle.
À la fois honteux et terrifié par l’humeur décapante de sa petite soeur, il ne fallut que quelques secondes à Marcus pour poser les deux pieds à terre et enfin se lever de son lit. Il attendit que la demeure soit de nouveau plongée dans le silence et commença à se déplacer tel un astronaute afin d’éviter de réveiller de nouveau le monstre qui sommeillait à quelques mètres de là. Il saisit des vêtements au hasard et se faufila jusque dans la salle de bain, au bout du couloir. Une fois prêt, il alla se confectionner un petit-déjeuner de champion : un PBJ (beurre de cacahuète et confiture entre deux tranches de pain de mie coupé en triangle) qu’il dégusterait sur le chemin du travail, et une brique de jus de fruits, avec la paille collée sur le côté. Si sa mère le voyait, elle serait folle de rage : il venait de passer les trente ans, et il n’était pas encore capable de manger un petit-déjeuner d’adulte. Et tout cela pour aller donner cinq heures de cours d’escrime, au bas mot ! Marcus jeta d’ailleurs un coup d’oeil à sa montre : six heures trente-huit, il était temps. Il enfila sa paire de baskets et se rendit dans le grand garage. Une étendue de treize ans de bazar se tenait devant ses yeux. Des étagères emplis de cartons de différentes formes et tailles couvraient l’intégralité des murs. Une vieille tondeuse rouillée, trois pneus de voitures usés, des mallettes à outils, des caisses de jouets et de peluches ayant appartenus à toute la fratrie Hartford, autant de vieilleries qui formaient une véritable caverne d’Ali Baba. Marcus ne se contenta pourtant que d’enfourcher son vélo, qui dépareillait par son allure moderne. Il ferma la porte derrière lui et commença à rouler vers le centre ville, où se trouvait son lieu de travail pour la journée : le conservatoire de Los Angeles. Jamais encore il n’avait mis les pieds dans un endroit si prestigieux. Et aujourd’hui, il allait avoir le privilège -l’honneur même- d’y donner des leçons ! Bien que simple maître d’armes, Marcus commençait à sérieusement se faire un nom à Hollywood. À aucun moment aurait-il penser qu’en passant deux ou trois castings de cascadeurs, il finirait par enseigner sa passion de l’escrime à des acteurs de renom et encore moins devenir un 'vrai’ acteur lui-même. Le terme 'vrai' était certes encore prématuré, mais pour une fois, il n’allait pas falloir attendre pendant huit minutes pour voir apparaître (à une vitesse folle, qui plus est) son nom dans le générique de fin.
La veille au soir, Marcus avait reçu un appel de son agent (qu’on lui avait conseillé d’engager une semaine plus tôt seulement). Il n’en voyait pas une grande utilité mais s’était donné un mois d’essai pour constater ou non si le bonhomme lui apportait véritablement quelque chose, et seulement trois jours plus tard : un casting pour une mini-série et des cours d’escrime particuliers pour la nouvelle héroïne d’une comédie musicale. De quoi presque convaincre un client.
Marcus se rendait donc à ce fameux cours, dont il serait le maître ; ce qui n’avait rien de très compliqué à vrai dire puisqu’il en avait fait son métier. Pourtant, le lieu prestigieux qu’était le conservatoire lui fichait une sacrée trouille. Il avait donc demandé à quelle heure au plus tôt il pourrait s’y rendre pour installer son matériel : sept heures du matin en fut la réponse. Il n’avait pas souvent l’habitude de se réveiller si tôt, mais il avait préféré faire l’effort plutôt que de passer pour un nigaud dans l’école d’arts la plus prestigieuse de l’est du pays ainsi que devant une actrice qu’il s’imaginait exigeante.
Sept heures passées de quatre minutes, le vélo stationné devant le bâtiment, Marcus mit un pied dans l’immense hall vitré. Il était impressionné et ému de voir une telle splendeur. Il continua d’avancer vers l’accueil et se présenta à la jeune secrétaire. Elle portait une jolie paire de lunettes rondes et une queue de cheval serrée. Elle-même ne semblait pas plus à l’aise dans les lieux. Elle lui indiqua tout de même une salle au quatrième étage et lui prêta une petite clef cuivrée pour ouvrir la porte.
La salle était merveilleuse, elle était presque entièrement tapissée de miroirs, le sol était couvert d’un superbe parquet vernis, au fond de la pièce résidait un piano noir et dans le coin opposé une grande sono reliée à de grosses enceintes aux quatre coins de la pièce. La jeune femme de l’accueil lui avait mentionné que tout le matériel nécessaire se trouvait dans le placard à la droite de la porte d’entrée. Marcus y trouva de gros tapis en mousse et une vaste malle que son club d’escrime avait fait livré la veille. Il la tira au milieu de la pièce et commença à installer minutieusement son équipement : les bâtons et cannes d’un côté, les fleurets et épées de l’autre. Il ignorait totalement le niveau de sa future élève et avait donc prévu un large choix d’activités à réaliser, des plus simples aux plus complexes et dangereuses. Il s’était tout de même contraint à ne pas prendre de sabre avec lui, choisissant de ne d’abord travailler qu’avec deux armes blanches.
La mise en place terminée, Marcus avait même le loisir de s’octroyer une petite pause avant le début des festivités. Il se sentait prêt et nettement plus confiant que lors de son arrivée au conservatoire. Il descendit dans le grand hall et se rendit à la machine à café qu’il avait remarqué plus tôt. Il avait une sainte horreur du jus de chaussette que distribuait ce genre d’automate, mais la journée allait sans doute être longue et son réveil matinal allait bien vite lui faire regretter de ne pas avoir consommer une forte dose de caféine, si mauvaise soit-elle. Deux morceaux de sucres couvriront le vilain goût. Soufflant doucement sur son breuvage, il regagna sa salle de cours sans se presser. Il avait encore une bonne demi-heure devant lui et tout était prêt pour commencer. Ou… si seulement.

À quelques encablures de portes seulement de la salle que l’on lui avait attribué, un vacarme se fit entendre. Des cours avaient lieu dans les salles voisines à la sienne, mais seule une musique fort mélodieuse ou des pas en rythmes s’en échappaient. Ce tapage venait bien de sa salle à lui. Il précipita le pas quelque peu et se retrouva nez à nez avec une ravissante demoiselle. Ses traits étaient fins et parfaitement dessinés, tout comme les formes de son corps svelte. Mais elle était surtout complètement empêtrée, la moitié des cannes dans les bras, et l’autre entre les pieds. Marcus était impassible et légèrement dans l’incompréhension. Elle devait très certainement être son élève, mais elle était aussi très en avance et avait réussi à mettre en pagaille tout ce qu’il avait prit le temps de mettre en place. Tant de paramètres qui le mettaient sur les nerfs. Il ne parvenait même pas à comprendre comment elle avait réussi à se mettre dans une telle situation.
La jeune femme lui exprima son désarroi, lui demandant son aide. Il s’empressa alors de venir à son secours, essayant tant bien que mal de reprendre son calme. Elle ne semblait d’ailleurs pas comprendre non plus que c’était bien lui le professeur de combat qu’on lui avait attribuée. Cannes et bâtons de nouveau rangés sur leur présentoirs, Marcus se décida enfin à ouvrir la bouche. Il ne se rendait pas vraiment compte de son impolitesse mais il venait seulement de réussir à se calmer suffisamment pour pouvoir engager la conversation.

« Je suis Marcus Hartford, maître d’armes. Je serai le professeur aujourd’hui. » informa-t-il en tendant sa main droite à la jeune femme. Il sentait la froideur de ses propos et de ses gestes mais ne savait pas encore comment y remédier. Un blanc s’installa dans la pièce, témoignant du malaise qu’il subissait. Il se hâta de trouver une parade et continua : « On va se tutoyer, ça sera plus simple, j’ai horreur des faux-semblants de politesse. Et puis le cadre est posé comme ça. » Il essaya de sourire le plus naturellement possible, tentant de rétablir l’ambiance qu’il avait imaginé pouvoir installer. « Il est encore tôt, mais on va commencer tout de suite si ça te va. Quitte à finir plus tôt s’il le faut. Donc je vais me présenter : je fais de l’escrime depuis que je suis enfant, d’abord en loisir puis en compétition amateur puis professionnel. Je suis double champion des Etats-Unis et vice-champion du monde. Mais j’ai dû arrêter les compèt’ après ça, pour blessure, et depuis je suis maître d’armes, ou ce que tu as appelé 'prof'. Je donne des cours principalement à des enfants et à des ados, mais il m’arrive également d’entraîner des novices, comme toi… Voilà pour moi. » récita-t-il. Il n’avait pas préparé son discours à l’avance, mais il lui était habituel de devoir expliquer son parcours sportif et il sortait quasiment toujours de la même manière. « Est-ce que tu peux me parler de toi maintenant ? Pourquoi tu as besoin de ce cours ? Si tu as déjà fait du combat ? Des arts martiaux ? De l’escrime ? Même de la boxe peut-être ? On ne m’a rien dit du tout sur toi… » demanda-t-il avec bienveillance. Il avait vraiment besoin de ce moment de parole avant de pouvoir se lancer vraiment dans le combat. Il n’avait pour le moment qu’une image distordue de son élève, qui lui semblait n’être qu’un petit être fragile physiquement et très maladroit, à prime abord. Il pouvait bien sûr se tromper, et il n’attendait même qu’à être instruit.
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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: « Humans respond to fear in two simple ways: fight or flight. There’s no shame in getting the hell out of the way. » ∞ Marcus    Sam 4 Aoû - 18:43

La maladresse est comme une deuxième nature chez moi. Depuis que je suis toute petite, je n’ai de cesse de me prendre des portes dans la tête, de me cogner à tous les coins de meuble, de trébucher sur tout, d’être aveugle aux poteaux ou de me retrouver dans des situations improbables. La liste de mes grands moments de solitude s’étend comme un florilège. Aujourd’hui n’échappe pas à la règle. Manifestement, l’agencement de la salle venait d’être produit avec soin et je m’en voulais d’avoir saccagé ce qui avait été minutieusement mis en place. D’autant que je n’ai pas la moindre idée de qui est le fameux maître d’armes. Je ne sais rien de son apparence, de son caractère… Je n’ai perçu aucun écho de sa réputation, bien que mon manager m’ait assuré de ses solides références et de ses compétences certaines. Quoi qu’il advienne, avec mon expérience, un enfant de quatre ans aurait certainement eu plus à m’apprendre sur le sujet que je n’en sais déjà. Bien que l’univers soit nouveau et que je n’ai jamais émis un quelconque intérêt pour les armes, j’admets que l’expérience promet d’être grisante et intéressante. Tout ceci allait s’effectuer dans le cadre d’une prochaine comédie musicale. Et tout ce qui concerne ma carrière et qui m’aide à progresser me transporte toujours dans une excitation qui me fait oublier tous mes soucis. J’en viens à oublier que j’ai le cœur en lambeaux, que c’est un malaise indicible qui vibre dans mes veines à chaque seconde, que j’ai un vide immense qui me dévore les entrailles et que toute cette nouvelle vie m’effraie plus que je ne voudrais le montrer. La détermination engourdit mon être, mais je n’en suis pas moins peu confiance en dépit de ce que je montre. Est-ce que cette célébrité naissante n’est-elle pas destinée à sombrer aussi vite qu’elle avait jailli ? Serai-je à la hauteur de tout ce travail qui m’attendait ? J’aime à penser que oui. Après tout, j’ai réussi à affronter les entraînements exténuants avec Gabriel Goldstein et j’ai été soumise à ses exigeantes répétitions. Je ne compte plus les instants de découragement, d’épuisement ou d’angoisse, mais j’ai toujours réussi à tenir bon. Quelque part, il y a une pensée que je n’ose véritablement formuler. Et si c’était uniquement Monsieur Goldstein qui parvenait à me faire me surpasser ? Et si je ne parvenais pas à trouver le courage et la force nécessaire pour me dépasser ? Bien qu’il ait été un directeur artistique exécrable et qu’il n’ait jamais ménagé mon orgueil, il avait toujours cette manière de s’exprimer à moi pour me mettre plus en colère que pour m’humilier concrètement. Il allumait une flamme en moi qui se ravivait à chacune de ses remarques économes de bons sentiments et qui me faisait repousser mes limites.

Et ce matin, à nouveau, la question se pose. En serai-je capable ? De toute évidence, je suis surtout capable de me plonger dans des situations catastrophiques. Le rouge aux joues, le cerveau en panique, les membres fébriles, j’essaye de tout remettre en ordre avant que le maître d’armes n’arrive en ces lieux. Et là, je le vois, cet homme qui pourrait être ma planche de salut. Intimidée, je n’hésite tout de même pas à solliciter son aide avant que mon professeur ne s’arrache les cheveux en voyant tout cela. L’inconnu s’empresse de me prêter assistance et de tout remettre en place méthodiquement.  « Je vous remercie de m’avoir aidée. Je peux être tellement maladroite parfois ! Heureusement qu’il n’a rien vu. » Je force un rire qui s’évanouit bien vite au profit d’une expression décomposée quand l’homme se présente à moi. Marcus Hartford, maître d’armes. Mon visage devient livide avant qu’il ne s’embrase d’un seul coup sous l’effet du choc. Morte de honte, mon cœur s’emballe à une vitesse folle. Pour quelle espèce d’empotée suis-je en train de passer à ses yeux ? Ma main se tend mécaniquement vers la sienne sans que je ne puisse formuler une seule phrase. Sa main est chaude et roide sur la mienne. Je cherche des mots que je ne trouve pas pour exprimer mon embarras. Pire encore, le léger ton froid de sa voix m’ôte tout courage. « Euh… d’accord. » Il s’essaye à un sourire qui me paraît si peu convaincant que j’en suis presque à chercher un trou où me cacher. Est-il possible qu’il puisse déjà me détester en seulement quelques minutes de rencontre ? J’ai tendance à croire que oui. Pourtant, ses efforts semblent sincères quand il tente d’établir des bases de bonne entente et de détendre l’atmosphère entre nous. J’ouvre de grands yeux quand il m’expose son parcours. Outre le fait qu’il est incroyablement beau et que son charme me perturbe très probablement, je suis impressionnée par ses expériences. « Whaaa… » Rien de plus édifiant ne parvient à franchir la barrière de mes lèvres. Je ne parviens à reprendre une partie de ma contenance que lorsqu’il me pose un chapelet de questions. Un rire s’échappe de ma gorge quand il me demande si j’ai une expérience quelconque avec le combat. Pour moi, ça me paraît tellement surréaliste. « Si les combats avec mon frère et mes sœurs comptent, alors oui. » je ne peux pas m’empêcher de plaisanter, mais je ne suis pas certaine que ce soit au goût de ce grand brun. Je m’éclaircis donc la gorge, reprenant un brin de sérieux. « Je m’appelle Naïa Argent et… tout ceci est un peu nouveau pour moi. Je n’ai jamais eu l’occasion d’apprendre une quelconque méthode de combat, ou encore, d’avoir une arme entre les mains, moi, c'est plus le chant, la musique et la danse. Après, au cours des derniers mois, suites aux exercices pour les représentations de Moulin Rouge, je suis devenue très endurante. Je suis motivée ! Et justement, c’est pour une nouvelle pièce que je dois apprendre à manier l’épée et apprendre à me battre. C’est mon manager qui a grandement insisté pour que j’apprenne avec vous… enfin toi. » La comédie musicale qui se jouerait porte sur la piraterie et retrace la vie de Mary Read. Il allait de soi qu’en incarnant un personnage de la piraterie, il faudrait apprendre à se battre. Marcus Hartford était vraisemblablement la personne toute indiquée. « Tu sembles avoir sacrément d’expériences… Tu travailles souvent avec des artistes ? » J’espère surtout qu’il ne sera pas trop déçu par mes piètres performances. Car je me suis endurcie, mais je reste une brindille qu’un moindre coup de vent ébranle. J’affiche un sourire éclatant pour prouver mon dynamisme et ma motivation. « Je suis prête en tout cas ! » Dans mon enthousiasme, j’ouvre les bras, heurtant une fois encore le présentoir. Je manque à nouveau de faire tomber un bâton, mais je me précipite pour le rattraper. Cette fois, l’accident a été évité. Ouf ! Et je redresse légèrement un regard gêné du côté de Marcus. Décidément, ça ne commence pas forcément très bien…
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Marcus T. Hartford
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MessageSujet: Re: « Humans respond to fear in two simple ways: fight or flight. There’s no shame in getting the hell out of the way. » ∞ Marcus    Jeu 9 Aoû - 0:44



Fight or Flight

ft. naïa argent

Marcus plongea son regard dans les doux yeux noisettes de sa jeune élève alors qu’elle s’apprêtait à lui serrer la main. Il put immédiatement y lire son désarroi. Elle semblait se décomposer de honte, n’assumant pas un seul instant son moment de maladresse précédent. Tentant de rester le plus professionnel et détaché de la situation possible, Marcus préféra ignorer tout cela et enchaînait sur ce qui lui semblait être primordial pour la suite de leur journée ensemble. L’ambiance, bien que toujours tendue, et loin d’être naturelle, se détendit quelque peu. Il parvint même à retrouver un peu de naturel lorsqu’il parlait à Naïa -puisque c’était comme cela qu’elle s’appelait. Elle-même paraissait soudainement plus décontractée. Elle fut toute estomaquée d’entendre le résumé que fit Marcus sur sa courte carrière de sportif de haut niveau. Il n’avait pas fait cela pour retirer le moindre laurier, mais simplement expliquer en quoi il était légitime à entraîner une jeune femme comme elle. Qu’elle soit impressionnée ne lui déplaisait cependant pas, cela lui permettait encore quelque fois de croire qu’il fut un grand athlète au moins une fois dans sa vie. Juste un léger moment de gloire.
Naïa se prit au jeu et répondit sans attendre aux questions qui venaient de lui être poser. Elle commença par faire une plaisanterie sur le combat entre frères et soeurs, ce qui fit évidemment sourire Marcus. Lui-même se reconnut dans cette idée. Il s’était toujours dans l’ensemble entendu à merveille avec toutes ses jeunes soeurs, mais il était impossible de ne pas souligner les diverses bagarres, chamailleries, querelles qui rythmaient la vie fraternelle des Hartford. Il ne put donc s’empêcher de calquer sa situation familiale à Naïa. Il ne connaissait rien d’elle, mais il venait inconsciemment de décider qu’elle devait avoir une famille nombreuse, tout comme lui. Elle terminait sa courte présentation et semblait à présent beaucoup plus sûre d’elle qu’auparavant, ce qui rassura Marcus.
« Oui, mon agent a l’air de beaucoup apprécier ton manager. Visiblement, les bons amis font aussi les bons comptes. » déclara-t-il. Il fallait avouer que ce nouvel agent avait eu du flair pour lui jusqu’à présent. Il ne pouvait pas lui enlever ce mérite. « Pour être tout à fait honnête, tu es la première artiste à qui je donne des leçons. J’ignorais même que ce genre de cours pouvait exister avant hier soir. Mais il faut bien commencer quelque part, et si ça peut te rassurer, je pense que ça sera même plus facile de travailler avec toi qu’avec des mouflets de cinq ans qui ne connaissent pas leur droite et leur gauche. » argua-t-il en plaisantant.

Marcus fut emprunt de confiance quant à la suite de ce cours. Certes, elle n’avait aucune notion de ce qu’était le combat, mais elle faisait de la danse, et l’escrime n’était autre qu’une sorte de danse, après tout. Et cette fameuse endurance allait également lui être primordial. Il avait totalement oublié la bévue qu’elle avait commis avant son arrivée, et ne voyait que du positif devant ses yeux. Elle était motivée et dynamique, c’était tout ce dont il avait besoin pour faire des merveilles.
« Bien, alors, commençons ! » répondit-il. À ces mots, Naïa fut prise d’un soudain enthousiasme, ouvrit brusquement les bras, et fit disparaître toute l’espérance que Marcus avait réussi à rassembler. Une nouvelle fois, la gaucherie avait frappé. Elle se retrouva de nouveau empêtrée par les bâtons pourtant entreposés à une distance très raisonnable de là où elle se trouvait. Elle parvint tout de même à rattraper sa bêtise de justesse, empêchant une nouvelle catastrophe. Sur le visage du maître d’armes, on pouvait lire un sourire qui mêlait condescendance et amusement. Marcus était surtout pris d’une certaine perplexité, qu’il fit de son mieux pour cacher. Il se devait de rester le plus neutre possible à présent, afin de garder Naïa concentrée et qu’elle ne se sente aucunement jugée ou mal à l’aise. Il le fallait, c’était pour le bien de son entraînement. Marcus s’approcha de la jeune femme en souriant -sincèrement cette fois- et pris le bâton qu’elle avait dans les bras. « Je vais récupérer ça, si tu veux bien », il le posa à terre ; il ne pourrait pas tomber plus bas. Il hésita à faire de même avec tous les bâtons, mais se ravisa, de peur qu’elle réussisse à se prendre les pieds dedans et qu’il se retrouve responsable d’un vrai accident.
Marcus se racla la gorge, comme si cela pouvait faire oublier le moment passé. « On va commencer par s’échauffer. » annonça-t-il en se mettant à courir dans la salle. « On court doucement d’abord, pour mettre un peu le corps en situation. Et quand tu te sens prête, n’hésite pas à augmenter un peu le rythme. Tu peux y ajouter ce que tu veux : talons aux fesses, montées de genoux, pas chassés… Tout ce qui te semble le bienvenue pour échauffer tous les muscles de ton corps. » Il courait en marche arrière, pour observer la mise en chauffe de son élève. Il aimait bien commencer ses cours de cette manière, mettre les néophytes dans une situation d’autonomie dès le début du processus lui semblait important. Le combat n’est pas qu’une question d’apprentissage, il s’agit aussi beaucoup de raisonnement individuel, et le simple fait de commencer par un échauffement que l’on décide soi-même était un bon début pour se sentir plus libre. Inutile de dire qu’il n’était pas question pour autant de laisser les élèves se débrouiller complètement seuls. Marcus ne se permettait jamais un quelconque moment d’absence durant l’un de ses cours. Il persistait à participer à tous les entraînements de ses élèves, quel que fussent leur âge, et il produisait lui-même toutes les passes qu’il faisait apprendre, sans jamais se débiner. Il avait appris l’escrime de cette manière et s’était toujours promis de ne pas faire partie de ceux qui se contentaient d’observer et de crier.
Plusieurs minutes d’échauffements passèrent. Marcus commençait à s’essouffler légèrement, il savait donc que cela suffisait. « Très bien, on va parler un peu de théorie, et on passera à la pratique juste après. C’est le plus fastidieux, mais ne t’inquiète pas, ça ne sera pas long. » Il s’approcha du présentoir où étaient entreposés les bâtons. Il récupéra celui qu’il avait déposé à terre et saisit un plus grand sur le support. « Il y a deux types de bâtons. Le premier, le plus petit, qui est en fait une canne, et le second, le plus grand, qui lui est bien appelé bâton. Ils servent pour deux disciplines différentes, mais qui se ressemblent beaucoup : la canne d’arme et le bâton de combat. Les deux sont d’origine française. Ils sont très peu réputés en tant que sports mais ils sont beaucoup utilisés dans le cinéma parce que c’est très cool de se battre avec un truc en bois. » engagea-t-il d’abord. Il essayait de rendre son discours le moins rébarbatif possible. La dernière chose qu’il voulait était d’ennuyer Naïa avec son vocable spécialisé. Il reposa les armes sur leur socle et s’approcha du second présentoir, où étaient rangés les lames. « Voici maintenant les armes que l’on utilise en escrime -qui est aussi un sport d’origine française. Il y en a normalement trois types, mais je ne t’en ai choisi que deux, qui sont les plus faciles à manier et les plus usitées : le fleuret, qui est très fin et très flexible. Elle est très légère. Tu peux la soupeser si tu veux. Pas d’inquiétude, les armes d’escrimes ne coupent pas. » il lui sourit et lui tendit l’arme par la poignée. Fort heureusement que ça ne coupait pas, pensa-t-il. Il aurait été dans de beaux draps, avec le phénomène qu’il avait avec lui. « La règle de base, c’est qu’il ne doit toucher que le buste de l’adversaire, et seulement avec le bout de la pointe. C’est une arme de mousquetaire un peu, si tu veux. Alors que l’épée, que tu as ici », il la pointa du doigt, « est beaucoup moins flexible que le fleuret et plus lourde aussi. Et avec elle, on peut toucher l’entièreté de l’adversaire, tête comprise. C’est l’arme de duel des chevaliers, dans l’esprit collectif. C’est moins maniable que le fleuret, mais c’est à mes yeux plus intéressants. Mais j’étais épéiste, donc je ne suis pas vraiment objectif. » ajouta-t-il en riant. « La troisième arme c’est le sabre, qui est vraiment beaucoup plus compliqué à utiliser quand on est débutant, donc je n’ai pas trouvé pertinent de l’amener aujourd’hui. » Il reprit le fleuret des mains de Naïa et lui tendit l’épée, afin qu’elle puisse comparer les deux armes qu’elle aurait le loisir de tester dans sa journée. « As-tu des questions là-dessus ? Par quoi tu veux commencer ? »
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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: « Humans respond to fear in two simple ways: fight or flight. There’s no shame in getting the hell out of the way. » ∞ Marcus    Dim 12 Aoû - 18:02

Faire face à Monsieur Hartford, c’est terriblement intimidant. Et plus encore en sachant qu’il a été témoin de ma maladresse et que je l’ai pris pour un autre. A ce stade, il doit me prendre pour une attardée mal finie. Sûrement me glissera-t-il l’idée de faire un procès à mes parents. Mais il faut l’admettre, pas une seule seconde, je me suis doutée que cet homme pouvait être le fameux instructeur. Pour une raison idiote, je me le figurais plus vieux, à l’air plus sévère et austère, et, également, pas aussi beau. Par chance, la carnation de ma peau est suffisamment mate pour que la rougeur qui dévore mes joues passe inaperçue, autant par timidité que par honte. Sauf que le naturel revient au grand galop. Je ne suis pas du genre à rester figée dans un état d’esprit et je tente de dissiper la gêne pas une plaisanterie. Le sourire qui s’empare des lèvres de Marcus est une victoire qui m’encourage à poursuivre, répondant à ses questions sur mon expérience avec les armes. En soi, je n’en ai aucune, hormis si les oreillers sont considérés comme des armes dangereuses, mais j’en doute fortement. Aussi, tout cet étalage de bâtons, d’épées, de fleurets m’ouvre les portes d’un univers inconnu. Et je ne suis pas tant impressionnée par la diversité des armes exposées que par l’idée qu’il les maîtrise toutes, surtout après l’exposé qu’il m’a fait de ses compétences et de son parcours. L’angoisse me vient, se tortillant comme un serpent dans mes entrailles. Est-ce que j’en serai seulement capable ? En démarrant les cours de danse, je n’ai pu que confirmer les difficultés de coordination que je rencontre avec mon corps. Mais si je n’ai pu blesser personne hormis moi-même durant mes heures d’entraînement, je crains qu’il n’en soit pas de même avec des armes entre mes doigts maladroits. Est-ce que cet homme en a seulement conscience ? Aussi, je ne peux pas m’empêcher cette petite remarquer une fois qu’il m’a confirmé que je suis la première artiste qu’il entraîne en ces lieux. « Oh, je ne suis pas si sûre… » Un rire gêné cache les appréhensions qui règnent en moi. Des enfants de cinq ans sont sûrement plus doués que moi. Ou du moins, disons que cela ne peut pas être pire. J’espère qu’il ne se fait pas trop d’illusions et qu’il ne détient pas trop d’espoir. Car maladroite, je le suis, et d’une manière toute spectaculaire.

Néanmoins, je demeure cette jeune femme motivée, enthousiaste et confiante. Après tout, face aux premiers entraînements de Monsieur Goldstein, j’ai cru cela insurmontable mais j’y suis finalement arrivée. De même pour les cours de danse. J’en avais presque désespéré ma professeur, mais à force de travail, d’acharnement, de combativité, j’y suis parvenue et je suis presque aussi douée que les autres danseurs de la comédie musicale. Dans le fond, il n’y a rien qui ne soit pas à ma portée, seulement, je mets plus de temps à apprendre et à maîtriser un art. Il n’y a que le chant qui est véritablement inné chez moi, bien que Goldstein m’ait appris à me surpasser plus que je n’aurai jamais pu le penser. Est-ce que cela fera pareil avec Marcus ? Peut-être bien, en tout cas, je suis prête à commencer. Hélas, la maladresse frappe encore, semant le doute en moi. Par chance, je rattrape ma bévue avant que tous les bâtons ne jonchent à nouveau le parquet de la salle. La gêne fait monter en moi une bouffée de chaleur et une rougeur manifeste sur mon visage. Je n’ose pas regarder le maître d’armes, m’éloignant à pas mesurés de la scène du crime. Mais lorsque, finalement, je remonte les yeux vers son visage, je ne sais comment interpréter son sourire. Est-il amusé ou simplement désespéré ? A moins que ce ne soit les deux. Je me racle la gorge, mal à l’aise. « Pardon… » Il s’approche pour récupérer le bâton que je garde contre moi, comme un Frodon avec son anneau. Je n’ose plus toucher à rien, encore moins bouger d’un iota. Je reste les bras le long du corps immobile tandis qu’il démarre son cours. En premier l’échauffement. Il y a encore un an, je lui aurai jeté un regard désespéré mais maintenant, je suis rodée. Aussi, je le suis tandis que nous nous mettons à faire des tours de salle. Je dois admettre que je suis étonnée et contente qu’il se plie à l’entraînement en même temps que moi. Pour le coup, Goldstein se contentait uniquement de me regarder faire en me répétant que j’étais nulle, que je n’avais aucune endurance et que j’allais perdre mon rôle si je ne faisais pas des efforts. Rien qui ne me mettait en confiance, bien que cela motivait profondément mon orgueil. A la place, je me retrouve face à un instructeur qui m’offre des libertés et qui m’accompagne dans cet échauffement. Ça me donne encore plus envie de bien faire. Aussi, je suis une élève attentive, appliquée et dynamique.

Finalement, l’échauffement arrive à son terme. Essoufflée, je m’arrête et je m’étire un peu en même temps qu’il commence à m’expliquer les différentes fonctions des éléments à notre disposition. Je l’écoute avec énormément d’attention. Dès qu’il évoque la France, j’ai une petite pensée pour ma colocataire Héloïse qui partage du sang français par sa mère avec du sang américain. La manière dont il énonce son exposé me fait sourire et rire parfois. Cela n’a rien d’un cours pompeux et ennuyeux comme les cours d’histoire au lycée. « Je ne pensais pas que la France était autant bercé dans l’art de la guerre. » je fais remarquer, ayant retrouvé une partie de mon souffle. Il faut dire que tout ce qu’il m’expose a été inventé par les Français. Très étonnant pour un peuple qui ne me semble pas belliqueux de prime abord. Nous passons ensuite aux lames, et d’instinct, je conserve mes distances. Je ne me fais pas spécialement confiante. C’est pourquoi, j’hésite à prendre le fleuret qu’il me tend malgré l’assurance que c’est inoffensif. C’est son sourire qui me convainc de le prendre dans ma main qui s’est approchée avec appréhension. Je soupèse l’arme, réalisant que c’est très léger. Effectivement, en éprouvant le métal de mes doigts, je constate que cela ne coupe pas. D’ailleurs, la pointe de la lame est surmontée d’une petite boule. Conservant le fleuret dans ma main, je délaisse mon étude pour l’écouter me parler de l’épée. Manifestement, ce ne sera pas l’arme que je choisirai en premier. Mais à ce qu’il m’apprend, notamment le fait qu’il soit épéiste, je ne peux pas m’empêcher un commentaire. « La classe… » Je murmure plus cela pour moi-même, mais à la distance où nous nous trouvons, il faudrait qu’il soit sourd pour ne rien entendre. Quant au sabre, je ne peux lui donner que raison. A vrai dire, je suis même tentée de lui dire de ne jamais l’amener, mais je me retiens. A regret, je le laisse reprendre l’inoffensif fleuret pour me coller l’épée dans les mains. En premier, comme il l’a précisé, je remarque la différence de poids évidente. « Whaaa.. est-ce que c’est toujours si lourd ? » C’est alors qu’il me demande si j’ai des questions et par quoi je veux commencer. Je l’observe, incrédule. « J’ai le droit de choisir ? » Avec pareille occasion, j’aurai bien proposé d’utiliser des épées en plastique, je me dis que je risque de toucher en plein cœur son âme d’épéiste. Néanmoins, je ne me sens pas tout de suite capable d’utiliser les lames, même le fleuret. « Euh… les bâtons, c’est bien non ? » Ou on pourrait juste faire un goûter sur le tatamis sans se battre. Tu me racontes ta vie, je te chante une chanson et on se fait la bise puis au revoir. Avec toutes les précautions du monde, je lui rends l’épée avant de commettre la moindre gaffe. Je crois que si je devais le blesser, je ne m’en remettrai jamais. « Mais… je vais devoir maîtriser chacune de… ces armes ? » Pas que ça m’inquiète, mais carrément en fait. « A ce compte-là, je vais auditionner pour être la prochaine Tomb Raider. » ma blague de rpgiste est drôle je tente de plaisanter, mais cela me paraît bien piteux. Je transpire le malaise à plein nez. Je ne suis pas encore prête à me faire tabasser à grands coups de bâton. « Et euh… tu as appris tout ça comment ? Tu as dû mettre sacrément de temps ! » Rien n’est trop bon pour gagner du temps avant le début des hostilités.
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« Humans respond to fear in two simple ways: fight or flight. There’s no shame in getting the hell out of the way. » ∞ Marcus
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