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 « But I know I don't possess you with all my heart, God bless you. You will be my love and my life… You’re my one and only… » + Héloïse ♥

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Matthew McGregor
Admin Christian Grey toi même !
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MessageSujet: « But I know I don't possess you with all my heart, God bless you. You will be my love and my life… You’re my one and only… » + Héloïse ♥   Mar 7 Aoû - 21:06

« Pour la date, nous conviendrons du 15 décembre de cette année. » Matthew haussa un sourcil, surpris de l’intervention de son père. La réunion de ce matin venait tout juste de s’achever et tous ses participants s’étaient dispersés. Il ne restait que l’éditeur qui rassemblait ses dossiers pour regagner son bureau. Mais son père demeurait encore avec lui, évasif quand il annonça cette date. Au départ, il ne fut pas sûr de comprendre où il voulait en venir. Son idée première fut qu’il souhaitait décaler la sortie de son livre à cette date, mais c’était bien trop idiot. Son roman allait paraître dans les librairies la première semaine de septembre. Tout le planning éditorial avait été formaté de cette manière, jusqu’à ce qu’il ne comprenne de quoi il en retournait. De nouveau, sa réaction ne fut pas celle qu’il aurait pu avoir il y a encore quelques semaines. Il y a quelques semaines, il aurait serré les dents, ses membres se seraient tendus, il aurait eu cette furieuse envie de hurler après son père, et sa rage aurait exulté en une réplique cinglante. Sauf que cette fois, il n’abordait plus la nouvelle avec tant de colère et de frustration. Il ne se sentait plus pris au piège, la petite voix d’Héloïse soufflant tranquillement dans son oreille qu’ils trouveraient ensembles une solution. En dépit des plans de son père et de Jane, ce mariage n’aurait pas lieu. Aussi se contenta-t-il de dévisager longuement son père, soutenant ce regard inflexible qu’il lui adressait. Le mariage serait dans moins de six mois. Cela leur laissait amplement le temps de trouver une stratégie pour contrer cette manigance. « Cela se déroulera également en Angleterre. Tu te marieras là où tous nos ancêtres se sont mariés jusqu’alors. » Là, ce fut franchement étonné qu’elle accueillit la nouvelle. Il fronça les sourcils. Autant aller droit au but en lui disant que ce mariage serait la copie parfaite du précédent. Cela laissa un goût désagréable dans la bouche de Matthew. Comme si ce premier mariage était une bévue immense qu’il fallait réparer tant bien que mal pour restituer les apparences. Reprendre tout là où l’histoire s’était arrêtée pour la terminer comme elle aurait dû. Parce qu’il y a plus de cinq ans, Matthew aurait dû se marier avec Jane et sans doute auraient-ils déjà une famille si elle ne s’était pas enfuie au bras de James. Serait-il allé en Amérique alors ? Aurait-il pu rencontrer Héloïse ? Aurait-il daigné lever les yeux sur elle ? Une part de son esprit se plaisait à croire que, marié ou non, elle aurait éclairé son chemin de ses grands yeux clairs et qu’il n’y aurait plus eu de place au doute. Elle aurait été cette âme jumelle que son être réclamait. Seulement, le destin aurait juste mis un peu de retard à leur rendez-vous… Non, les choses étaient bien mieux telles qu’elles étaient. Avec ce mariage qui n’avait jamais eu lieu. Il n’aurait voulu rien effacer, car chaque douleur, chaque plaie, chaque cicatrice l’avait mené vers Héloïse. Et il n’y avait pas une seule de ses souffrances qu’elle n’avait pas éclipsé dans le creux de ses bras. Oui, ils étaient destinés l’un à l’autre. Toutefois, bien qu’il savait que ce mariage n’aboutirait pas, il se sentait plus que troublé. Mais il ne devait rien montrer. Aussi grommela-t-il pour lui-même comme il avait pris l’habitude de le faire pour afficher sa contrariété et s’éclipsa-t-il sans objecter quoi que ce soit pour autant. Il préférait se montrer prudent face à un père plus suspicieux que jamais depuis la déclaration que Matthew avait faite en public au jour de son anniversaire et de l’annonce de ses fiançailles. Si tout le monde avait été dupe, Jane et Edward ne l’avaient pas été, comprenant que cette ode à l’amour n’était destinée qu’à une seule. Encore aujourd’hui, alors qu’ils arrivaient au début du mois d’août, son père fulminait de cet affront inconsidéré. Afin d’éteindre ses soupçons, Matthew se montrait plus prudent que jamais, ayant défendu à Héloïse qu’il ne se revoie avant quelque temps. Il lui avait promis qu’il reviendrait vers elle après leur nuit d’amour fou et qu’elle ne devait pas faire le premier pas. Elle lui manquait affreusement, à lui en déchirer les entrailles, mais ce n’était pas la même douleur qu’autrefois. Celle-là était plus douce, car il était empli de la certitude que ce calvaire n’était que temporaire. Il n’avait plus peur de l’avenir car elle était auprès de lui.

***

La journée avait paru bien trop longue à Matthew. Sûrement parce qu’il savait que la fin de ce manque atroce qui lui dévorait le cœur s’arrêtait ce soir. Il avait quitté la maison d’édition plus tôt en fin d’après-midi pour être certain de ne pas la rater. Directement, il avait pris la direction du conservatoire, et c’était désormais ses couloirs qu’il arpentait à la recherche de sa belle brune. Presque trois semaines s’étaient écoulées depuis qu’ils s’étaient quittés. Matthew avait préconisé cette courte séparation, le temps que l’histoire se tasse un peu avant qu’ils ne puissent reprendre contact. Il avait même interdit le téléphone. Une précaution qui le rendait fou, mais qui lui paraissait nécessaire. Néanmoins, il ne venait pas les mains vides pour ses retrouvailles amoureuses. Il avait une surprise pour elle qui nécessitait sa présence. Finalement, il la trouva dans les coulisses de la grande scène du conservatoire. Tandis qu’elle rangeait distraitement des affaires, son attention était constamment braquée vers la scène où la troupe de son amie Naïa répétait pour une énième représentation. D’ailleurs, la douce chanson de Come what may était en train de se faire entendre tandis qu’il s’approcha discrètement d’elle. A sa simple vision, son cœur s’inonda d’un bonheur et d’un amour sans limites. Ses mains vinrent doucement se poser sur les yeux de la brune et il se colla contre son dos. « Until the end of time… » murmura-t-il en même temps que la chanson au creux de son oreille avant qu’elle ne se retourne complètement vers lui. Elle se jeta dans ses bras et il l’accueillit d’un baiser passionné, la faisant reculer dans un renfoncement discret des coulisses afin qu'ils disparaissent dans l'ombre. Il était prêt à la dévorer toute entière. Quand ils mirent fin à leur baiser, un sourire immense orna ses lèvres. « Je suis désolé, je n’ai pas pensé à la casquette et aux lunettes. » Il songeait encore à cette idée saugrenue de se déguiser qu'elle avait eue. Il repartit à l’assaut de ses lèvres, comme un assoiffé se jetterait dans une source d’eau après une traversée du désert. « Tu m’as manquée… » Mais ça n’avait pas été la même douleur. C’était même presque agréable à ressentir après le calvaire de ces derniers mois. A nouveau, il pouvait la sentir se blottir dans son étreinte. Il lui caressa les cheveux, le visage, les joues. « Tu es libre bientôt ? J’ai une surprise pour nous… » Il se montrait énigmatique. Sa surprise, il la mûrissait depuis qu’ils s’étaient retrouvés. L’idée avait germé en lui à cause de cette trop longue absence. Et maintenant qu’il l’avait préparée, il souhaitait la faire partager à cette femme qu’il aimait plus que tout au monde.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « But I know I don't possess you with all my heart, God bless you. You will be my love and my life… You’re my one and only… » + Héloïse ♥   Mer 8 Aoû - 18:03

« Never knew i could feel like this… » La voix puissante de Naïa résonne dans l’immense pièce du Conservatoire où les répétitions ont lieu. Parfois, je lui jette des coups d’œil émerveillés, tant je suis fière d’elle et heureuse de son parcours. Comment ne pas être émue de ce petit bout de femme faisant le maximum pour atteindre ses rêves. Et dire qu’elle était inconnue auparavant. Voilà que le succès frappe à sa porte, qu’elle devient connue grâce à la Comédie Musicale. Et j’en suis l’une des plus ferventes spectatrices, l’observant avec gratitude et une immense tendresse. Parce que même si sa carrière décolle, Naïa ne change pas sa façon d’être. Elle est toujours aussi enjouée et innocente. Grâce à elle, j’ai pu sortir la tête hors de l’eau, retrouvant du travail grâce à elle et à la Comédie Musicale, gardant mon appartement parce qu’elle est venue habiter avec moi. Elle pourrait très bien s’offrir autre chose, de bien plus grand, de luxueux mais elle est avec moi et j’adore nos soirées quand il n’y a pas de représentations. On peut se reposer, rire de n’importe quoi à en avoir mal au ventre, à être incapable de manger ou de boire sans en mettre de partout. L’avantage de bosser ensemble, c’est que de ce fait, nous sommes tout le temps collées ensemble. On nous appelle même les sœurs siamoises parce qu’on va ensemble au travail, au volant de la Chouquette, parce qu’on rentre même si c’est tard parce qu’il y a eu une représentation. Mais qu’importe, ce n’est pas grave, j’aime ce que je fais même si c’est différent de l’Edition. Je bosse sans vraiment réfléchir même si j’ai la pression depuis que Monsieur Goldstein est venu me voir et m'a dit, de façon très sérieuse, que comme j’étais la colocataire de Naïa, il était de mon devoir de m’assurer à ce qu’elle aille bien, qu’elle mange bien. Alors je veille avec une tendresse manifeste pour cette petite personne. Elle apporte du sourire et de la joie dans ma vie. Et pour ça, je lui en suis éternellement reconnaissante. C’est pour ça que dès je peux, je l’observe, coincée dans les coulisses, avec admiration tandis qu’elle s’entraîne. Qu’elle soit là me permet de moins ressentir l’absence de Matthew. Voilà trois longues semaines que je ne l’ai pas vu, ni appelé ou envoyé de messages. Il m’a conseillé de ne pas le faire, afin de ne rien ébruiter. Il m’avait clairement fait comprendre que son père et Jane le surveilleraient. Lorsqu’on s’était dit au revoir, Matthew m’avait promis de me voir, qu’il ne savait pas quand mais qu’il reviendrait, observant un temps de trois semaines. Et  c’est long… Très long, même si avec le travail, je ne vois pas le temps passer. Je ne fais pas attention et de ce fait, même s’il me manque, je suis surprise que trois semaines se soient écoulées. Continuant à travailler, je me laisse bercer par la voix de mon amie sans me douter qu’une frustration sera comblée dans peu de temps. J’ouvre la bouche pour murmurer la chanson pour moi-même mais des mains se posent sur mes yeux. Je sursaute sentant qu’on se colle contre moi. Je me raidis dès lors que j’entends cette voix. Un frisson parcourt mon échine et un sourire s’étale sur mes lèvres. Je pivote aussitôt pour pouvoir le contempler. « Matthew !! » Et sans plus attendre, je me jette à ses bras, me laissant être emportée dans un coin sombre des coulisses. Je ne réponds que de la joie à le voir, dévorant sa bouche de milles baisers, sur ses joues, son visage entier. « Bon sang, comme je suis contente de te voir ! » Et c’est merveilleux de pouvoir combler ce manque. De rire parce qu’il n’a pas prévu le fameux déguisement. « Oh ce n’est pas grave, je peux facilement te travestir en Roxanne. » Je me mets à rire me laissant encore être embrassée, avec une fougue créée par le manque, ce manque terrible de l’être tant aimé.

Même si nous sommes au travail, j’en oublie où je suis, fixant cet être avec une adoration proche de la dévotion. Pouvoir être à ses côtés à nouveau me semble inespéré. Je revis tout simplement de l’aimer comme une folle. Et même si la situation n’est pas simple, je réfléchis à chaque fois à comment empêcher ces fiançailles. Bon, il faut dire qu’avec le travail, les horaires étranges, je suis souvent trop fatiguée pour y faire quelque chose. Mais j’ai espoir de m’y mettre. Je me dis qu’un mariage de cette envergure doit se préparer dans un an, voir plus. J’ignore encore la date mais j’ai foi en le temps, ne m’alarmant pas trop. Une petite voix me le rappelle mais à chaque fois, le travail, mon lit, Naïa sont des facteurs faisant que je m’éloigne du problème. Et puis on s’aime avec Matthew et ma faculté à m’adapter à la chose arrive presque à l’intégrer. Et je dis presque parce que la distance, le silence ne sont pas des choses évidentes à accepter. Mais je fais avec, souriant quand Matthew me demande si j’ai du temps, qu’il a une surprise pour moi. « Et bien, ce soir, il y a une représentation. Mais la dernière fois, j’ai rendu service à un collègue en prenant sa place. Alors, je peux lui demander un service en retour ! Il acceptera de me remplacer. Je lui dirais que j’ai un rendez-vous avec quelqu’un de très très très important pour moi… »  Je prends ses mains dans les miennes, laissant nos doigts s’enlacer et se délacer. « On me dit dans l’oreillette que c’est toi ! » Gardant ses doigts agrippés aux miens, j’enroule ses bras autour de moi en tirant doucement dessus, le faisant se rapprocher de moi. « Je suis curieuse de ce que tu me réserves… » Je lui vote un baiser passionné avant d’ajouter « Il faudra juste que je laisse mes clefs de voiture à Naïa pour qu’elle puisse rentrer à la maison. Tu crois que tu pourras me ramener ? Bon après, si vraiment c’est inquiétant, je peux prendre un chapeau et des lunettes de soleil, si tu veux ? Ou me déguiser en basketteuse. » Je pouffe de rire, puis mon visage prend une expression inquiète. « Attends, tu ne m’emmènes pas dans un endroit chic, hein ? » et là, je m’écarte pour observer ma tenue en esquissant une moue ennuyée. Il faut dire que le jean, t-shirt, converses, c’est bien pour le boulot, pas pour les surprises d’un Matthew McGregor.  
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « But I know I don't possess you with all my heart, God bless you. You will be my love and my life… You’re my one and only… » + Héloïse ♥   Jeu 9 Aoû - 20:24

Il l’avait trop imaginée… Tous ces mois durant, privé de la lumière de cet être qu’il adore, Matthew avait failli en perdre l’esprit. Pour ne pas vivre seul, il avait habillé de ses heures de tant de mirages qu’il s’en était presque étourdi. Elle demeurait ce reflet parfait de son esprit, l’identique réplique de ce visage qu’il avait admiré tant de fois à s’en abîmer la rétine, de ce regard perse qui illuminait son univers, de cette voix qui résonnait encore avec une clarté terrifiante dans son âme, de ce rire qui emplissait encore chaque parcelle de son être. Il l’avait trop inventé à en devenir dément. Il s’était noyé dans ses douces chimères, se laissant lentement couler vers des abysses aux saveurs de paradis où Héloïse tenait encore sa main dans la sienne. Il s’était glissé dans sa réalité, en dessinant les contours par tous les souvenirs qui le hantaient comme des fantômes. Elle n’était jamais loin de lui. Elle ne le quittait jamais vraiment, à emplir sa coupe pleine, à calmer ses névroses, à combler les manques, à soulager ses plaies du velours de sa voix. Et quand il songeait à elle, tout ne lui semblait plus si gris et malheureux, froid et statique, désolé et asséché. Mais à ces tristes heures de lucidité, lorsque Matthew fixait l’horizon de ses prunelles dépouillées de rêveries entêtantes, il ne voyait qu’un amas estompé de bleu et un étirement vaporeux de blanc. Il ne voyait qu’un ciel qui ne brillait plus pour lui, un soleil qui n’appelait plus sa chaleur, des étoiles qui s’éteignaient les unes après les autres. Il l’inventait trop, réchauffant son être aux couleurs d’or et de lumière de cet astre perdu, mais au réveil, elle n’était plus là. La réalité accueillait sa carcasse pantelante et malheureuse dans ses bras rudes et silencieux. Et sa peine, comme la mer, était sans limites tant son amour était profond et déçu. Il ne vivait plus tout à fait. Il ne vivait plus du tout, hormis dans le linceul de ses souvenirs. Et puis soudain… ce fut comme s’il avait retrouvé sa juste place dans l’univers. Et les champs nus s’étaient réensemencés, les étoiles recouvraient à nouveau le tapis sombre de la nuit, son épiderme éprouvait la chaleur des rayons du soleil, le parfum des fleurs fanés s’était métamorphosé aux fragrances d’antan. Matthew avait retrouvé le goût de vivre dans l’espoir d’Héloïse qui s’étirait vers lui comme deux bras offerts. Et plus que de l’aimer, il l’admirait pour cette force incroyable qu’elle possédait au creux de son cœur. Sans orgueil et sans pudeur, Matthew l’admettait humblement : elle avait toujours été plus courageuse que lui. Il se souvenait de la première fois où sa route avait croisé la sienne, où il la pensait insignifiante et futile, avant d’être impressionné par sa témérité, son audace cachée sous une épaisse couche de timidité et de manque de confiance en elle. Au fil des mois, il l’avait vue s’ouvrir telle une fleur, de même qu’il se retrouvait un peu lui-même. Et depuis, que de chemin parcourut… Qui aurait pu croire que, à l’heure de cette première rencontre où il l’avait considérée avec tant de mépris, elle serait aujourd’hui son trésor le plus précieux ? Personne, pas même lui désormais qu’il la tenait dans ses bras. Heureux, ils l’étaient en dépit des stigmates qui leur rappelaient la fatigue d’avoir vécu l’un sans l’autre, la vieillesse avancée de leur âme amputée de sa jumelle, où l’incertitude qui planait sur l’avenir et leurs êtres, témoignages de ces trop longs mois de séparation. Mais un espoir profond les habitait, paré de toutes leurs certitudes. Ils s’aimaient, et juste cela, c’était amplement suffisant pour se battre. « Ose un peu ! » répliqua Matthew sur le ton de la menace, contrastant avec son sourire radieux, après qu’Héloïse eut proposé de le travestir en Roxanne. Très peu pour lui. Il n’avait pas besoin de déguisements pour qu’ils puissent se voir en cachette. Et dieu que ces trois semaines avaient été longues…

Dissimulés dans l’ombre, ils pouvaient entendre la musique des répétitions juste à côté d’eux. Elle masquait leurs voix et leurs échanges amoureux passionnés. Il ne se rassasiait jamais de son contact. Mais ce soir, il la voulait pour lui. Il avait des projets pour eux, aussi en fit-il part à sa petite amie. Manifestement, elle pouvait parvenir à se libérer. Quoi qu’il advienne, il aurait certainement trouvé un stratagème pour qu’elle l’accompagne. Un sourire étira ses lèvres quand elle lui confirma qu’il était cette personne importante. Il la laissa guider ses mains sur sa taille, l’enlaçant doucement jusqu’à rencontrer ses lèvres dans un baiser tendre. « Une belle surprise, miss la curieuse ! » Il ne doutait pas que cela devrait lui plaire. Il l’écouta avec attention avant d’hocher la tête. « Oui, bien entendu. Je te ramènerai. Je ne pense pas que nous devrions rencontrer le moindre problème. » Bien que dans un coin de sa tête, il se disait qu’il n’était pas certain qu’elle ait besoin de rentrer chez elle ce soir. le coquinou Soudain, elle manifesta son inquiétude sur l’endroit où il voulait la mener. Il haussa innocemment les épaules. Avec lui, il était difficile qu’ils ne se rendent pas dans un endroit chic. Pour le coup, ce n’était pas vraiment le cas. Enfin… disons que c’était moins chic que d’ordinaire. « Tu verras bien. Et tant pis, s’il le faut, tu piqueras un costume quelque part dans les coulisses. » se moqua-t-il avant de reprendre possession de ses lèvres. Bon sang, comme c’était bon de la retrouver ! Tandis qu’à côté, les voix commençaient à se taire et que le monde n’allait pas tarder à se dissiper, Héloïse attrapa la main de Matthew. Il se laissa guider à travers les coulisses, puis les couloirs du conservatoire jusqu’à être entraîné dans une loge qui portait le nom de la fameuse Naïa. Ici, ce serait plus sûr pour l’attendre apparemment. Chose vraie, puisque la petite brune apparut pas moins de cinq minutes plus tard dans la pièce. Si elle ne fut pas étonnée de la présence d’Héloïse, elle le fut un peu plus de celle de Matthew. Est-ce qu’elle allait aussi mal réagir qu’Elsa ? Sauf que non, un beau sourire para les lèvres de la comédienne. « Aaah ça y est, ton beau prince charmant est venu te chercher ! » Manifestement, elle était au courant pour Héloïse et lui. En dépit du regard qu’il coula vers sa demoiselle, il pouvait comprendre. Elle était sa colocataire, elle l’aurait forcément su et cela facilitait les choses. « J’étais sûre que vous n’étiez pas le monstre que tout le monde disait. En fait, vous êtes un peu comme Satine qui se sacrifie pour sauver Christian ! » L’analogie n’était pas trop mauvaise, bien qu’un peu dramatique pour le coup. Cela eut le don de faire sourire le poète avant que Naïa ne se mette soudain à rougir. « Enfin… pas que vous compare à une prostituée hein ! » Et là voilà qui s’embourbait dans ses propos, amusant l’éditeur. Ce fut Héloïse qui coupa court à l’embarras de son amie et à sa maladresse, enchaînant sur la mission qu’elle lui donnait pour ce soir en lui remettant les clefs de la Chouquette. A la voir trébucher sur tous ses mots, c’était presque troublant de ressemblance avec Héloïse. « On se demande pourquoi c’est ton amie… » souffla Matthew à l’oreille de sa compagne une fois qu’ils eurent quitté la loge. Quelques secondes plus tard, ils étaient dans sa voiture. Il s’apprêta à démarrer, mais se rappela soudain quelque chose. Il ouvrit la boîte à gants. « Avant que je n’oublie, j’ai aussi prévu quelque chose pour faciliter nos échanges. Même si j’espère que nous n’aurons plus à attendre trois semaines pour nous revoir la prochaine fois, je préfère prendre mes précautions. » Il tendit le téléphone portable à Héloïse. « C’est un nouveau portable. Il y a déjà mon autre numéro de téléphone enregistré dedans. Pour se contacter, tu n’auras qu’à utiliser ce numéro. » Sans doute trouverait-elle qu’il prenait bien trop de précautions, mais Matthew préférait être prudent. Finalement, ils prirent la route. « Comment se sont passées ces dernières semaines ? Raconte-moi tout. » Il s’en voulait de ne pas avoir pu être disponible après l’avoir fait souffrir tout ce temps, mais cette distance lui semblait essentielle jusqu’alors. Et tandis qu’Héloïse lui racontait les derniers événements de sa vie, Matthew les mena vers un quartier résidentiel de Los Angeles qui, sans être chic, n’était pas mal non plus. Disons que c’était un bel entre-deux. Quand il fut garé, il sortit le premier, allant ouvrir à Héloïse. Il l’aida à sortir, prenant sa main dans la sienne pour s’empresser de rentrer avec elle dans le bâtiment. Il n’osait pas vraiment rester plus longtemps sur le trottoir… On ne savait jamais. Ils étaient montés au troisième étage, et tandis qu’ils longeaient le couloir, Matthew fouilla dans les poches de sa veste. « J’aurais dû t’en parler avant, mais l’idée m’est venue qu’au cours de ces dernières semaines. J’ai pensé que tu n’y verrais pas d’inconvénient… c’est ce dont nous avons besoin, je crois. » Arrivés devant une porte, il inséra la clef dans la serrure et la déverrouilla mais il ne les fit pas rentrer tout de suite. Il se retourna d’abord vers Héloïse, prenant ses mains dans les siennes. « J’ai pensé, avec tout ce que nous avons traversé et ce qui nous attend, que nous avions droit à un endroit rien qu’à nous, une cachette où nous pourrons nous retrouver dès que nous le pourrons. Ce sera notre refuge… » Et sur ces mots, il ouvrit la porte, laissant le loisir à Héloïse d’entrer, d’explorer et de découvrir les lieux… leur paradis à eux.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « But I know I don't possess you with all my heart, God bless you. You will be my love and my life… You’re my one and only… » + Héloïse ♥   Mer 15 Aoû - 18:33

J’ai l’impression de revenir à la maison, d’être à nouveau dans un foyer que je connais si bien, qui est sécurisant pour moi. Et ça me rend tellement heureuse, même si on doit être encore plus dans la confidence de ce coeur qui bat tendrement. Si auparavant, j’avais fini par m’épuiser de vivre dans le secret, là les choses sont différentes. Je n’ai plus peur d’en avoir assez. Je ne crains plus d’être usée de vivre dans l’ombre. Quand on a cru perdre ce tendre amour, que l’on retrouve ce sentiment si beau, alors tout nous rend invincible. Je n’ai plus peur de rien, je profite du peu en en faisant ressortir le meilleur. De toute façon, dès lors que ces lèvres se posent contre les miennes, j’en oublie ces trois semaines loin de lui, sans nouvelles, ces trois semaines de manque de l’autre. Elles se traduisent par une montée de désir très puissantes pour l’autre, me faisant presque frissonner dans ses bras, me rappelant avec force notre dernière fois... Cette nuit d’amour n’ayant connu de fin plus douce que dans ses bras, engourdie par la force de ses baisers, abreuvée de plaisir à l’excès, galvanisée par la douce saveur du pardon et des retrouvailles tendres. Je suis moi-même surprise de ne pas lui en vouloir. Je pourrais même avoir de la rancoeur. Après tout, fut un temps où j’avais le sentiment d’avoir tout perdu. Mon travail, mon amour, ma raison d’être, ma maison aussi. Mais heureusement, j’ai cette faculté merveilleuse de savoir me relever. Et là où d’autres se seraient heurtés à la pénibilité du travail, des horaires en dents de scie, j’arrive à m’y sentir bien, à aimer bosser avec Naïa. Là où beaucoup auraient abandonné la partie avec Matthew, une partie de moi n’a jamais cessé d’espérer, de l’aimer avec force. Ça explique pourquoi j’ai continué à y croire malgré les larmes et la déception, pourquoi ma route n’a jamais cessé de croiser la sienne. Il est cet être suprême que j’adore, pour qui ses regards d’amour me sont réservés. Je suis la muse d’un homme qui m’aime avec les yeux, le coeur et l’âme. Et c’est tellement bon de retrouver ça, tellement bon de pouvoir le voir sourire encore, m’amusant de ses réactions quand je la taquine, et puis me faisant mousser au sujet de cette surprise qu’il me réserve. « J’ai hâte de savoir ce que c’est. T’as un don pour me surprendre à chaque fois. » À chaque fois, Matthew a toujours su être original dans ses cadeaux, me surprenant toujours, me ravissant à souhait. Bien sûr, je préfère cent fois mieux sa présence à ses présents, mais ceux-ci rendent nos retrouvailles encore plus heureuses. Cependant, je m’inquiète au sujet de la tenue, parce que bon, s’il m’emmène dans un endroit luxueux, je ne serais pas habillée pour l’occasion. Ceci dit, pour connaître Matthew, il serait capable de faire des pieds et des mains, d’user de son pouvoir pour me faire accepter en l’état, même quand il me retourne l’idée du déguisement. « Avoue que tu ne dirais pas non pour me voir en Roxanne, hein. T’aurais qu’une seule envie que je te chante El Tango de Roxanne avant de me débarrasser de ma tenue ! » Ma voix se fait cajoleuse avant que nos lèvres ne se retrouvent dans un baiser fou et passionné. Ce manque me paraît si grand alors qu’on se dévore furieusement. Malheureusement, les bruits de voix semblent se rapprocher et je remarque que la musique s’est tue. « Viens, suis-moi avant que l’on ne te voie... » Saisissant sa main, je le tire dans les coulisses, trottinant légèrement pour semer de la distance entre nous et l’ensemble de la troupe. Cependant, alors que nous sommes encore dans ce lieu un peu sombre, je pivote sur moi-même, venant fondre sur ses lèvres avec empressement, le temps de quelques secondes à le serrer contre moi avec force. « Ça a été si long... » Je murmure avant de lui reprendre sa main, les joues bien rouges, et de nous sortir des coulisses. Je ne voudrais pas avoir de questions embarrassantes de la part de la troupe. Dans ce secret, seule Naïa est au courant, et autour dire que ce n’était pas prévu, même si elle l’a deviné assez rapidement.

***

Il y a trois semaines...

Le coeur gonflé d’amour, je rentre à l’appartement avec la certitude que tout va pour le mieux. Le sourire est béat, les yeux pétillent d’amour, les lèvres sont gonflées de tous ces baisers échangés et mon corps frémit encore de tous ces échanges passionnels échangés avec Matthew. Le quitter n’a pas été évident, j’ai même cru que j’allais me mettre à pleurer tant je vivais mal de me séparer de lui, même si c’était temporaire. Cependant, passé l’appréhension du départ et après bien des baisers échangés, je rentre finalement chez moi. Tout en moi vibre de bonheur. Je sais que la route va être longue, les hésitations, nombreuses. Mais tout ce que je souhaite, c’est l’amour de Matthew, la chaleur de ses bras, la douceur de ses lèvres contre les miennes. Et je l’ai retrouvé, comme si après un long chemin dans le brouillard, l’étendue nébuleuse s’est enfin dissipée. Perdu dans mes souvenirs récents, j’en oublie très vite qu’il faut dissimuler cela. Je ne pense pas à ma colocataire, au fait que nous vivons ensemble et qu’elle s’est peut-être fait du souci. Je suis tellement loin de tout ça, montant dans l’ascenseur et fredonnant les délicates paroles de cette chanson chantée cette nuit, perdue dans l’amour aveuglant que j’éprouve pour cet homme, dans cet instant-là où les étoiles n’appartenaient qu’à nous. Quand j’ouvre la porte de notre chez-nous, un sourire émerveillé flotte sur mon visage, entourant un air groggy et des cernes immenses, mais qu’importe je suis.. « Heloïse !! Grand Dieux !! Tu es vivante !! » Une masse brune se jette sur moi, m’entourant de ses bras frêles. Quand elle se détache de moi, je constate que c’est Naïa, le visage brillant et inquiet. « J’étais si inquiète !! Tu es partie à cette soirée et jamais tu es revenue. J’ai cru que tu étais allée te jeter sous un train ou sauter d’un pont !! J’étais à deux doigts d’appeler la poliiice ! » Je l’observe avec un sourire rêveur, essayant de la rassurer « Oh... » Le monde entier se souviendra qu’un jour, j’ai rassuré quelqu’un avec un « oh... » « Oh ... ? C’est tout ce que tu as me dire !? » Le visage choqué de ma coloc a le mérite de m’extirper de ma rêverie, me faisant reprendre mon sérieux. « Euh... Non, je n’avais plus de batterie. Je n’ai pas pu te répondre... Je suis désolée Naïa ! Je ne voulais pas t’inquiéter. » Elle paraît se radoucir, sourit, avant de reprendre une mine inquiète tout en me répondant d’une petite voix « Et ... Comment ça s’est passé ? que t’as dit son père ? » C’est alors que je prends conscience que je suis toujours en train de sourire avec ravissement et que si je dois trouver une excuse pour justifier que nous ne sommes toujours pas ensemble avec Matthew, c’est assez mal parti. « Euh.. Et bien, je ... Ça ne s’est pas bien passé. J’ai compris que ... Qu’il valait mieux tourner la page ! » Et là, je pouffe  de rire, tout en enlevant mes boucles d’oreilles, foutant mes lunettes de vue sur le nez. « La vie continue ! » Sauf que pour le coup, je suis une bien piètre actrice. Naïa me saisit alors les deux joues et tire dessus. « Hilouiiiiiz, t’as pas le droit de me mentir ! Par tous les Eddie Redmayne de la terre, tu n’as pas le droit ! Je veux la vérité !!! »

Je capitule trop vite, n’empêche. Mais l’attaque de Naïa sur mes joues, me convainc de ne pas trop lui mentir. Après tout, ce n’est pas une bonne idée, c’est ma coloc et je l’aime. Surtout qu’elle m’a vraiment aidée pour que tout se passe bien avec le père de Matthew. « Et bien... Comment te dire... » Je saisis les mains de Naïa et la dévisage d’un regard brillant. « On s’est remis ensemble, avec Matthew ! Bon, c’est vrai, j’ai vu son père hier. Et ça été plutôt catastrophique, figure-toi qu’il m’avait convié uniquement pour m’humilier un peu plus - oui en soi, c’est tout simplement affreux - surtout qu’il a annoncé publiquement que Matthew épousait Jane. Je l’ai assez mal vécu. Et là... Matthew - qui n’était pas content de me voir - a fait un discours dans lequel il disait qu’il m’aimait... Si tout le monde a cru qu’il s’adressait à Jane, je savais qu’il s’adressait à moi ... C’était tellement beau. J’en ai le coeur qui palpite quand je m’en souviens... Et puis, j’ai préféré m’en aller et je me suis rendue devant chez lui où je l’ai attendue. Et puis, il est arrivé et là, je lui ai dit la vérité, de tout ce que je ressentais, je lui ai proposé de se battre pour nous, de faire en sorte que ce mariage n’ait pas lieu. Qu’il n’était pas trop tard pour nous... Et on s’est remis ensemble ! » Je remarque combien le sourire de ma coloc est grand. « Et puis, il pleuvait beaucoup, alors Matthew m’a proposé de rentrer chez lui... Et ... » on a joué aux échecs Mes joues se couvrent de rouge avant que je ne me mette à sautiller dans tous les sens. « On a nanana touuuuute la nuit !! »

***

Naïa finit par arriver, et lorsqu’elle voit Matthew, elle est contente de le voir. Ça doit être la seule personne ravie de le voir d’ailleurs. Elle a d’ailleurs des mots très gentils pour moi, et sa comparaison me laisse tellement en admiration devant elle. « Mon dieu, tu es mon Christian !! » Dis-je en fixant Matthew avec un regard amusé, tandis que Naïa, elle, s’embourbe dans une gêne bien spécifique à elle même. « Mais non voyons ! Ce n’est pas juste une prostituée, c’est bien plus. C’est « Come what may » » Et je m’empourpre aussitôt, parce que je l’ai quand même chanté à Matthew cette chanson, chantée par une prostituée. Mais qu’importe, c’est beau, c’est romantique et je finis par donner mes clefs de voiture en expliquant à Naïa qu’elle rentrera seule ce soir. Après un long câlin dénué de mots, on finit par se quitter et je suis toute contente de rester avec Matthew. Pendant que nous allons vers sa voiture, il évoque Naïa, sa réponse me fait sourire. « C’est vrai qu’on s’entend bien. On rigole souvent toutes les deux. » Et autant dire qu’elle illumine ma vie, mes journées. « Elle est aussi maladroite que moi. À force, on a mis en place des gages si on casse quelque chose... Et depuis, on ne casse plus rien ! » Ça doit paraître si obscur pour lui. En tout cas, nous entrons dans la voiture et avant qu’il ne démarre, Matthew me tend un nouveau portable en m’expliquant que ce sera notre moyen de communiquer ensemble. Je le prends tout en me demandant si ça ne va pas un peu trop loin. Cependant, je ne dis rien, car si ça rassure Matthew, alors je le prendrais sans problème. « C’est une bonne idée. Mais je pourrais t’écrire normalement ou bien je fais comme si j’étais quelqu’un d’étranger à ta vie. Ou alors il vaut mieux que je t’appelle. On évite les écrits... » J’ai presque l’impression d’être dans une série d’espionnage. Néanmoins, je conserve le silence jusqu’à ce que mon petit-ami me questionne au sujet de ces trois dernières semaines. « Oh c’était boulot, boulot, et dodo, aussi. En ce moment, la comédie musicale marche bien, alors ils ont prolongé. C’est une bonne chose, c’est un salaire pour moi, et je ne vais pas me plaindre. » Il ne m’est toujours pas venue en tête l’idée de bosser dans une Maison d’Édition. J’aurais pu mais l’idée d’être séparée de Naïa m’attriste trop. Alors pour l’instant, je ne fais rien, je fais ce que j’ai à faire. « Et toi ? J’espère que ça n’a pas été trop compliqué, que personne ne te soupçonne de quoi que ce soit.. » J’ai conscience aussi que les épaules de Matthew sont bien plus chargées que les miennes, que mon rôle à moi, est juste de lui montrer que le monde est doux et beau, qu’il n’a rien à craindre. J’espère que j’arriverais à lui insuffler cette énergie nécessaire.

Nous finissons par arriver dans un quartier de Los Angeles, assez résidentiel même si nous sommes loin du quartier huppé de Beverly Hills. Je ne vois aucun restaurant, ni hôtel, ou autre. Rien qui me laisse présager que nous entrions dans un immeuble de bon standing. « Où est-ce qu’on va ? » Je demande alors que nous entrons dans l’ascenseur et qu’il nous mène au troisième étage. C’est alors que la surprise prend tout son sens. Ce n’est pas un hôtel, un magasin, un restaurant. Non, Matthew m’offre un refuge où on pourra se retrouver sans craindre personne. Je le fixe, surprise de ce cadeau, puis mon regard se reporte vers l’appartement plonge dans le noir. « C’est vraiment une très bonne idée, Matthew... » Je murmure avec un sourire tendre, avant de pivoter pour allumer la lampe donnant alors sur un couloir, il mène tout droit vers un salon. Et je remarque que l’appartement est déjà meublé. « Tu me fais la visite ? » Je demande en saisissant sa main, puis j’entre, allumant toutes les lampes qui m’éclairent et me permettent de découvrir un appartement spacieux et confortable, composé de ce salon, d’une chambre, d’une cuisine et de toutes les commodités, me permettant de comprendre que cet endroit, c’est notre chez-nous, ce lieu où tout ce qui nous destine sera ici. Pivotant vers Matthew, je l’observe avec un sourire empli d’amour. « J’adore cette surprise ! J’aurais presque envie d’y être tout le temps. » Cependant, je sais qu’il faudra être prudent, qu’il vaudra mieux pour moi d’en user avec parcimonie. Tout comme pour Matthew. Venant me blottir contre lui, je garde ma tête écartée pour le fixer. « C’est que tu sais bien recevoir tes amantes comme il le faut, Monsieur l’écrivain. J’en suis flattée. » Je me hisse sur la pointe des pieds afin de l’embrasser, déclenchant l’embrasement de tous mes sens. Néanmoins, je garde la tête froide et à bout de souffle, je me détache un peu pour l’observer. « J’ai un cadeau pour toi aussi. » Me détachant, je prends mon sac en bandoulière abandonné négligemment dans l’entrée. Puis, j’en extirpe une enveloppe, ayant connu quelques misères puisque ça fait trois semaines qu’elle se trouve dedans, plus précisément au lendemain de notre nuit d’amour. « C’est pour ton anniversaire... » Dès lors qu’il l’ouvre, je me lance alors dans l’explication du cadeau « Je me suis dit qu’il valait mieux être discret. Alors, je me suis dit que passer le week-end dans notre mini-japon était une bonne idée. Après tout, personne ne pouvait nous retrouver par là. Enfin voilà... » Je me tais un peu gênée. « Je me disais que créer encore et encore des souvenirs ensembles étaient moins voyants qu’un cadeau à porter. »
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « But I know I don't possess you with all my heart, God bless you. You will be my love and my life… You’re my one and only… » + Héloïse ♥   Mar 21 Aoû - 20:31

De la tenir à nouveau dans ses bras, c’était presque insensé. De pouvoir encore s’abreuver de ses baisers, savourer le velours de ses caresses, entendre le son de sa voix, son rire, ses mots qui ne vibraient que pour aimer. Il craignait d’être dans un rêve, mais constamment, comme une relique sacrée qu’on adore, le sourire débordant d’espoir d’Héloïse le ramenait à la raison. Puis il y avait ses gestes tendres, cette joie commune de s’être retrouvés et cette certitude immuable d’être plus forts à deux. Matthew y croyait plus que tout, à cet avenir glorieux et invincible. Le mariage était bien plus proche qu’il n’aurait pu le penser, mais il ne craignait plus d’être prisonnier de cette conspiration. La main d’Héloïse était dans la sienne et c’était tout ce qui comptait. Pour l’heure, il avait l’impression qu’il leur fallait retrouver le temps perdu durant ces longs mois amputés de la présence l’un de l’autre. Une déchirure atroce dont il fallait panser les plaies, cicatriser les chairs, guérir l’âme. Durant trois semaines, il n’avait fait qu’y songer, jour et nuit, ne trouvant de repos qu’à la réalisation de ce rêve sans prétention, humble et presque pudique. Un lieu à deux où ils pourraient se retrouver et ne plus avoir à faire face de longues séparations. Cette dernière demeurait nécessaire aux yeux de l’écrivain. Suite à la soirée d’anniversaire et d’annonce des fiançailles, Jane et son père s’étaient montrés plus que vigilants quant au comportement de Matthew. Cela avait été long d’endormir leurs soupçons et de leur prouver qu’il ne ferait plus de grands coups d’éclat comme lors de son discours. Aujourd’hui, il leur avait offert l’assurance qu’il se plierait au chantage et qu’il épouserait Jane. Dans l’ombre, son cœur battait insatiablement pour l’élue de son cœur et brûlait de la revoir. A présent, il pouvait la tenir contre lui avec la satisfaction de ne plus la quitter.

Matthew haussa un sourcil, circonspect face à l’analogie qui était faite sous ses yeux. Leur histoire, celle du Moulin Rouge ? Certes, il connaissait l’œuvre, mais de là à se comparer à Satine et Christian, cela lui paraissait plutôt étrange. Néanmoins, il ne pouvait que s’amuser de la rougeur qui enflammait les visages d’Héloïse et Naïa. Ces deux jeunes femmes, comme deux copies conforment, s’emballaient aussi vite qu’elles ne s’embourbaient dans leurs histoires, métamorphosant leur discours en un florilège de malaise assez comique à observer. A s’y méprendre, c’était comme regarder dans un miroir. Matthew ne s’étonnait guère de cette amitié, en faisant la remarque à Héloïse une fois qu’ils furent seuls. Cette dernière confirma la quantité phénoménale de similitudes qu’elles partageaient. Dans le fond, ça le soulageait qu’elle vive avec une personne comme Naïa. Une personne tendre et douce à vivre comme elle. Cela était bien plus rassurant que s’il avait dû se confronter à Elsa en colocataire de sa brunette. Une fois dans la voiture, il lui fournit le téléphone. Précaution utile à ses yeux. Il valait mieux se montrer prudent. « Non, tu peux m’écrire. Cela sera sans doute plus pratique que les appels auxquels je ne suis pas sûr de pouvoir répondre constamment. De mon côté, je me contenterai simplement d’effacer les messages au fur et à mesure. On ne sait jamais. » Il connaissait Jane pour son absence de scrupules à fouiller dans les affaires des autres. De l’époque où ils étaient ensembles, Matthew l’avait surprise quelquefois le nez dans ses placards et tiroirs. Un comble pour une femme qui le trompait avec son meilleur ami… Prenant la route, il préféra lui demander comment les choses s’étaient déroulées au cours de ces dernières semaines pour Héloïse. Manifestement, ce nouvel emploi au conservatoire bousculait tout son rythme ordinaire. « Il faudrait songer à ce que tu réintègres une maison d’édition. Je pourrai te recommander auprès d’éditeurs que je connais. » Il userait de son réseau étendu. De plus, l’empire McGregor n’était pas qu’une unique maison d’édition. Les éditions McGregor étaient la maison principale, mais ils étaient à la tête d’un groupe bien plus étendu. D’autres maisons d’édition un peu partout leur appartenaient, leur permettant de détenir une mainmise sur le marché du livre aux USA et à l’internationale, en concurrence direct avec le groupe Hachette. Ainsi, il lui serait facile d’insérer Héloïse dans une succursale. Même son père n’en entendrait jamais parler. La brunette lui retourna finalement la question. Il réprima une grimace. « Cela n’a pas été simple de les calmer après la soirée des fiançailles. Ils sont devenus terriblement méfiants, mais je pense que pour l’heure, nous n’avons plus rien à craindre d’eux. » Pas s’ils se montraient prudents. « Il faudra que je te parle de certaines choses aussi, mais pas pour l’instant. Cette soirée est à nous. Pour le reste, c’était le travail habituel. » Un travail qu’elle connaissait bien puisqu’elle était son assistante.

Bientôt, ils furent dans la résidence où Matthew voulait la mener, juste devant la porte. Ce lieu secret, il y songeait depuis longtemps. Ces trois semaines avaient aidé à concrétiser ce projet. En soi, il aurait préféré que cet amour ne soit pas caché, mais ils n’avaient pas le choix. La surprise eut l’effet escompté. Il se surprit à être incroyablement soulagé. « Si Mademoiselle Bennett veut bien se donner la peine… » dit-il avec un sourire en lui présentant le chemin vers le salon. L’appartement était déjà meublé. Quelque chose de simple, mais de moderne. Ils seraient encore à temps qu’ils en fassent leur cocon. Il guida Héloïse à travers l’appartement, lui faisant découvrir chaque pièce avec un sourire heureux sur les lèvres. Puis lorsqu’ils revinrent dans le salon, il tira doucement sur ses poignets, la ramenant contre lui. « Nous pourrons nous y retrouver dès que tu le voudras. Cet endroit n’appartient qu’à nous, Héloïse. » Il la serra contre lui quand elle vint se blottir contre son torse. Il pouffa légèrement en l’entendant parler d’amante. Si elle savait tout ce qu’il avait fait pour elle, même du temps où elle n’était que sa stagiaire, et qu’il n’aurait jamais fait pour ses amantes, elle serait surprise. Seulement, ce n’était pas forcément un détail qu’il voulait mettre en lumière. Il préféra se vouer à ce baiser enflammé, la quittant à regret quand elle se détacha de lui. Elle avait le don d’éveiller le moindre de ses sens et de le frustrer presque aussitôt. Il haussa un sourcil. « Un cadeau ? » Il ne s’y attendait pas vraiment, intrigué ;et bien plus encore quand il sut que c’était pour son anniversaire. Il n’y pensait même plus, n’ayant pas passé le meilleur anniversaire de sa vie. A un détail près… « Il me semblait pourtant que j’avais déjà reçu un merveilleux cadeau de ta part. » Le ton était mutin et le regard équivoque tandis qu’il faisait référence à ce fameux soir où elle s’était jetée dans ses bras et qu’ils avaient laissé libre cours à leur passion. Il se rappelait même un somptueux air de musique qui avait tinté à son oreille durant trois semaines. Néanmoins, il prit l’enveloppe et l’ouvrit. Une réservation dans un hôtel pour tous les deux, dans ce refuge qui avait été le leur si longtemps. « Je constate que vous avez aussi de bonnes idées, miss Bennett. » Il s’approcha d’elle, entourant sa taille fine de ses bras. « Je crois que tu as raison. Nous avons bien besoin de ce mini-Japon. » Sa main s’échoua dans la sienne, éprouvant du bout des doigts la bague qu’elle portait à son annulaire. Un réflexe qui ne se perdait pas et qu’il retrouvait avec bonheur. La promesse, qu’un jour, elle serait sa femme et qu’alors, il n’y aurait plus de Jane, plus de barrières pour les séparer. Un sourire mutin étira ses lèvres et il la souleva brusquement dans ses bras, l’emportant avec lui à travers l’appartement. « Est-ce que je t’ai fait visiter la chambre ? »

***

Voilà quelques kilomètres qu’il roulait et la doute ne pouvait plus être possible dans l’esprit de Matthew. Il était suivi. Il grimaça, pesta, tempêta. Cela ne pouvait être que Jane. Hier matin, elle avait débarqué dans son bureau, affirmant qu’elle avait des plans pour eux ce weekend. Encore des inepties dues au mariage dont il se serait bien passé. Froidement, il lui avait fait comprendre qu’elle ne pourrait pas compter sur lui et qu’il était en déplacement professionnel pour le weekend. Manifestement, elle remettait sa parole en doute. Quelle plaie ! Surtout qu’il comptait profiter avec Héloïse plutôt que de supporter cette furie rousse. Heureusement, il s’en rendait compte avant. En homme prudent, il envoya un message à Héloïse pour lui dire de prendre possession de la chambre d’hôtel directement et de l’y attendre à l’intérieur. La suite, il lui expliquerait sur place. Il était fou de rage, ne voulant pas qu’on puisse lui gâcher ses retrouvailles. Enfin, il parvint dans leur mini-Japon. Ce fut avec satisfaction qu’il constata qu’Héloïse n’était pas venue avec sa voiture, bien trop identifiable, mais qu’elle avait emprunté celle de Naïa. Heureusement qu’ils prenaient leurs précautions ! A l’hôtel, il récupéra l’autre clef de la chambre. Il ne se retourna jamais, mais il sentit bien que Jane le suivait à la trace. Sauf que lorsqu’il s’engouffra dans l’ascenseur, il put goûter à un peu de liberté et plus encore quand il parvint devant la porte de la chambre. Il se surprit à sourire comme un idiot, trop heureux de bientôt la revoir. Il s’empressa d’ouvrir la porte avec la clef, rentra dans la chambre et referma prestement derrière lui. « Mon cœur, il y… » Il n’eut pas le temps d’achever qu’une brune lui fonçait déjà dessus. Il lâcha ses bagages, la réceptionnant dans ses bras. Ses lèvres s’écrasèrent sur les siennes avec avidité et tendresse. « Tu m’as manquée… » soupira-t-il, front contre front. Il aurait souhaité poursuivre cet échange amoureux, mais ils avaient un peu problème plus important face à eux. Il n’aimait pas ce qu’il avait à dire. « Héloïse, j’ai une mauvaise nouvelle. Jane m’a suivi… »
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « But I know I don't possess you with all my heart, God bless you. You will be my love and my life… You’re my one and only… » + Héloïse ♥   Dim 2 Sep - 8:02

Je découvre ce nid douillet avec ravissement, m’extasiant de tout. Il faut dire que je trouve l’idée très bonne. Je me suis souvent posée la question de comment on aurait pu nous revoir, à quel endroit. Il est vrai que je lui aurais proposé mon appartement, mais il y a Naïa et puis, j’ai l’impression que le lieu est trop voyant. La méfiance est de garde et le père de Matthew connaît mon adresse, il pourrait très bien se rendre chez moi et je n’ose imaginer s’il trouve son fils avec moi. Forcément, cette situation déclenche en moi des états de stress supplémentaires que je me serais bien évitée. Mais pour Matthew, je les accepte sans broncher. Naïa m’a suggérée les hôtels pour se voir en cachette, mais moi, je trouve ça terriblement gênant. Se voir en journée, diantre. Que diront les standardistes qui nous verront ? Accepteront-ils de croire que nous sommes là uniquement pour parler ou... Je n’en sais rien, c’est trop de questions qui, finalement, trouvent des réponses avec cette initiative de Matthew. Je suis ravie de découvrir cette deuxième maison, constatant qu’il a laissé suffisamment de vide pour qu’on le comble avec une partie de nous-même. J’ai même des idées de décoration, m’attardant sur chaque détail, avant de me centrer sur ce point bien plus important : mon amour. Je viens me blottir contre lui le remerciant pour ce présent - je ne saurais le qualifier autrement ceci dit - et parce que le bonheur de le retrouver est toujours aussi fort. J’aime le fait de pouvoir l’embrasser, de le sentir si près de moi, de sentir son cœur battre contre le mien. Sa présence est bienfaitrice et je me laisse apprécier la saveur suave de ses lèvres contre les miennes. Ça, jusqu’à ce que je me rappelle le cadeau que je tiens à lui offrir. Parce que son anniversaire aura toujours ce parfum amer. Certes, nous nous sommes retrouvés mais je n’oublie pas que l’année de ses trente ans aura été marquée par l’annonce de ses fiançailles. Alors, ce week-end me semble être un pansement parfait pour guérir des mauvais souvenirs, même si Matthew estime avoir été suffisamment gâté. Son allusion achève de me faire rougir et me voila à bégayer « Oui... Enfin.. Non.. C’est pas vraiment un cadeau... Ouvre !!! » Et je lui tends l’enveloppe sans plus attendre. L’observant avec crainte, un soulagement m’envahit quand je constate qu’il aime mon cadeau et bon sang, ça fait du bien de le savoir. Un sourire s’étire sur mes lèvres quand il me prend dans ses bras et ses mots font du bien, plus que jamais. « Nous sommes d’accord sur ce point et j’ai terriblement hâte d’y être.  » Alors que je m’approche pour l’embrasser, il me soulève soudainement et je lâche un rire amusé. Sa voix cajoleuse me fait frissonner et je ne peux m’empêcher de glousser. « Mmmmh, je ne crois pas. Je veux bien d’une visite approfondie, je t’écouterais avec beaucoup d’attention. » Et aussitôt, mes lèvres happent les siennes alors qu’il me guide vers la chambre où les retrouvailles prennent des tons bien plus doux, bien plus passionnels. 

***

Finalement, il s’est écoulé quelques jours avant que nous fixions une date pour notre week-end. Cette fois-ci, on a pas attendu trois semaines, d’une part parce que je ne pouvais pas imposer trop d’attentes à l’hôtel, et d’autre part, parce que trois semaines, c’est long, très long. Et il me manque cruellement. Je sais que c’est pour la bonne cause mais voilà. J’ai fait le trajet avec la voiture de Naïa qui est plus récente que mon antiquité. Quelque chose me disait que la Chouquette n’aurait pas tenu la route. J’ai envoyé un message codé à Matthew en lui indiquant que son manuscrit était arrivé à destination. Ça m’a fait rire et je me suis empressée de prendre une douche, de me changer et d’attendre Matthew avec une impatience bien grande. Quand j’entends le pass glisser dans la porte, je n’attends pas une minute pour l’accueillir en lui sautant dessus. Comme lors de la soirée de nos retrouvailles, je me koalise complètement à lui, l’abreuvant de baisers passionnés sur chaque parcelle de visage. Je ne lui laisse pas la possibilité de parler. Je comprends juste que je lui ai manqué. « Et toi donc ! C’était trop long ! » Et je repars chercher ses lèvres mais il stoppe net dans mon élan en m’annonçant la nouvelle. Ma seule réaction est d’éclater de rire. « Ta blague est nulle mon amour. » Mais l’air sérieux de Matthew me fait cesser de rigoler. « Jane. » Je me tais, m’écartant de Matthew. « Jane ? » Je l’observe avec gravité. Sérieusement !? Depuis quand on suit les gens !? Je suis atterrée, dépitée et par-dessus tout « Elle va pas nous gâcher le week-end celle là !!! » Et dire que j’ai attendu tout ce temps pour ça ? « Peut-être qu’il y a un moyen de la renvoyer chez elle ? Mais quoi… ?  » Je réfléchis sans forcément trouver de solutions. Je ne connais pas cette personne pour décider d’une telle chose. Touteofis, je nous connais, Matthew et moi. Et je sais que cette nouvelle nous agace profondément. Mais mon visage s’éclaire aussitôt. « Je sais ! Tu vas commander une chambre pour toi … Et elle. Je resterais ici. On aura qu’à acheter des somnifères, on lui en donne plein, et elle dormira touuuuut le weekend ! Qu’est-ce que tu en dis ? » Elle pourrait même ne jamais se réveiller mais je crois que ça partirait trop loin. « On peut même jeter sa valise à la poubelle, elle n’aura pas de fringues, elle sera obligée d’aller s’en acheter et de ce fait, nous aurons quartier libre, t’en dis quoi ? » Revenant vers Matthew, j’enroule mes bras autour de sa taille, le fixant, une expression mutine sur le visage. « Elle nous gâchera pas notre instant à nous, cette allumée. Nous allons faire de sa vie, un enfer. » Et je suis bien décidée à me venger, moi qui d’ordinaire ne suis absolument pas vindicative. Soudain, je pouffe de rire et l’observe d’un air amusé : « Je crois bien que j’en ai marre d’être gentille, c’est grave docteur ? »


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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « But I know I don't possess you with all my heart, God bless you. You will be my love and my life… You’re my one and only… » + Héloïse ♥   Dim 14 Oct - 20:12

Il lui semblait qu’une éternité s’était écoulée depuis qu’il avait eu la chance d’entendre le doux son de la voix d’Héloïse. Pourtant, cette attente qu’ils s’étaient imposée ne pouvait être pire que tous ces mois d’absence, de silence, de souffrance et de désaveux. Mais depuis qu’ils s’étaient retrouvés, il vivait avec la certitude irrévocable qu’un seul jour ne pourrait plus s’écouler sans qu’elle soit auprès de lui. Elle était sa première pensée du matin, et sa dernière pensée du soir. Elle était ce visage qu’il croyait discerner dans les étoiles, ce parfum qu’il croyait sentir dans son sillage, ce rire qu’il croyait tinter dans son oreille. Elle était une partie de lui. C’était fort, c’était puissant, c’était insensé. C’était la force de leur amour à l’état pur qui brûlait dans chaque fibre de son être, qui faisait bouillir ses veines à tel point qu’une seule seconde sans que ses doigts éprouvent la douceur de sa peau était une souffrance véritable, autant physique que dans l’âme. Tout autant de sentiments qui le poussaient à s’empresser de rejoindre sa belle pour ce weekend tant attendu. Regard tout droit dirigé vers l’horizon, Matthew s’empêchait de réfléchir trop à toutes les pensées qui l’assaillaient, tels de parasites. Il n’en oubliait pas ce florilège de soucis qui les guettait constamment. Ils étaient peut-être réunis, deux entités prêtes à défendre farouchement leur amour, mais la bataille ne pourrait être si aisément gagnée. Il restait tous les éléments de chantage de son père qui pesaient sur ses épaules, les manigances secrètes de Jane, les promesses qu’il avait été contraint de formuler et dont il pourrait difficilement se défaire. Puis il y avait cette échéance de mariage qui s’était resserrée. Matthew avait espéré bien plus de temps avant la cérémonie du mariage pour trouver une combine qui lui évitait cette union grotesque et qui mettrait Héloïse à l’abri de toutes les menaces qui gravitaient autour d’elle. Hélas, il allait devoir entreprendre un plan bien plus rapidement que prévu. Chaque jour depuis leurs retrouvailles, il se torturait les méninges à la recherche d’une solution, troublant ses nuits et ses heures de travail. Mais pour ce séjour auprès de la femme de sa vie, il souhaitait mettre tout cela de côté. Ne songer qu’à leur amour. Ne songer qu’au bonheur de pouvoir la serrer à nouveau dans ses bras. Songer au soulagement de savoir que son avenir s’écrirait auprès d’elle.

« Eh merde… » pesta Matthew, bien conscient qu’il n’était pas seul sur la route. Il ne parvenait pas à y croire. Jane l’avait suivi ! Conservant difficilement son calme, il hésita un instant à annuler pleinement son escapade avec Héloïse. Mais l’idée ne fit que le frôler. Non ! Cette furie rousse lui gâchait déjà ses journées, il était hors de question qu’elle réduise à néant son weekend avec sa charmante brune. Il préférait encore se creuser la cervelle à trouver des stratégies pour l’éviter ou lui faire rebrousser chemin plutôt que d’imaginer une seule seconde le visage d’Héloïse quand elle saurait que son cadeau tombait à l’eau. Aussi, se fit-il prudent quand il arriva au lieu du rendez-vous. Il prit bien soin de ne dévoiler la présence d’une autre personne sous aucun prétexte. Heureusement que la réservation avait été faite à son nom uniquement. Il sema Jane dans l’ascenseur. Dès qu’il fut dans le couloir, il ne put empêcher son cœur de tambouriner furieusement dans sa poitrine à l’idée de retrouver l’élue de son cœur. Utilisant sa clef, il se dépêcha de rentrer dans la chambre, de refermer derrière lui et… de recevoir une fusée brune dans les bras. Il lâcha prestement ses bagages pour la réceptionner complètement et ses lèvres s’écrasèrent sur les siennes avec passion. Bon sang, ce qu’elle lui avait manqué ! Malheureusement, il ne pouvait cacher la vérité plus longtemps. Jane était ici. Débordante de bonne humeur, Héloïse ne le prit pas du tout au sérieux. Sa première réaction fut de rire, mais face à l’expression de marbre de l’éditeur, la vérité la heurta de plein fouet. Elle descendit de ses bras, perdant ce sourire qu’il aimait tant voir sur ses lèvres. « Héloïse, je suis dés… » Matthew s’attendait à bien des réactions de la part de sa bien-aimée, mais certainement pas à une telle explosion de colère. Non loin de lui déplaire, les propos furieux de la brune lui firent néanmoins hausser les sourcils. « Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait à Héloïse Bennett ? » demanda-t-il dans un rire alors qu’elle venait de faire la liste exhaustive de toutes les manigances diaboliques pour pourrir le séjour de Jane. Ses bras se posèrent sur sa taille pour l’attirer contre lui. Il la contemplait comme s’il la découvrait pour la première fois, l’émerveillement demeurant intact dans son regard. « J’en dis que toutes ces idées me plaisent énormément… Dark Héloïse est-elle de retour sans avoir besoin de boire ? » Car il était bien connu que la belle demoiselle possédait un evil twin quelque peu déconcertant. Matthew ne pensait juste pas qu’il pouvait naître en toute sobriété. « Je crois bien que j’en ai marre d’être gentille, c’est grave docteur ? » Un sourire mutin sur les lèvres, Matthew vint cueillir un baiser passionné tandis qu’il faisait glisser ses mains sur ses courbes, jusqu’à atteindre le bas de ses fesses. Il la souleva contre lui, s’agrippant au haut de ses cuisses. « Je crois bien que je vais être obligé de faire une auscultation approfondie pour pouvoir vous dire ça, Mademoiselle Bennett. Je pense que vous allez avoir besoin d’un traitement qui nécessitera les plus grands soins. » Il captura à nouveau ses lèvres avant de s’écraser avec elle sur le lit de leur chambre, prêt à accomplir son devoir de médecin.

***

Cinq minutes plus tard Une heure plus tard

« Je ne pouvais pas supporter de passer une seconde de plus sans toi. » Non mais de la gueule de qui on se foutait ? Matthew haussa un sourcil circonspect face à Jane qui jouait habilement la comédie devant le réceptionniste. Précaution terriblement inutile, mais l’éditeur y reconnaissait là l’amour de la rousse pour le théâtre. « C’est un voyage d’affaires, Jane. Cela ne va pas être passionnant et je ne serai pas disponible. » soupira-t-il, enfouissant ses mains dans ses poches. Il songeait à Héloïse qui se trouvait dans leur chambre quelques étages plus haut, à ce plan qu’ils avaient élaboré entre leurs baisers enfiévrés et à la flamme diabolique qui les animait. Matthew devança Jane qui s’apprêtait à débattre plus encore. « Mais je suppose que je n’ai guère le choix. Je vais nous prendre une chambre pour deux. La mienne est trop petite. » La rouquine l’observa réserver cette fameuse chambre d’abord avec étonnement avant d’afficher une expression satisfaite. Le réceptionniste, quant à lui, offrit un regard lourd de sens à Matthew. Manifestement, il cernait la tromperie. Par chance, il demeurait professionnel. Clefs en main, il en jeta un jeu à Jane. « Tu n’as qu’à aller t’installer. Moi, j’ai un rendez-vous important. Je te rejoindrai plus tard. » Il la planta dans le hall et sortit de l’hôtel. Il patienta dehors suffisamment longtemps pour que la rouquine ne soit plus dans les parages. Il s’empressa donc de rentrer à nouveau et d’utiliser les escaliers –car Jane n’utilisait jamais les escaliers s’il y avait présence d’un ascenseur- pour rejoindre sa propre chambre. Il y retrouva Héloïse. Sa main se leva pour qu’elle puisse taper dedans. « Première phase remplie ! Jane est dans la chambre. » Il exhiba les clefs devant le nez de sa bien-aimée. « Il ne manque plus qu’elle s’en aille faire un tour et nous pourrons commencer nos terribles plans ! » Il l’entraîna avec lui dans le couloir. Par chance, ils résidaient un étage plus haut que celui de Jane. Aussi, ils s’engouffrèrent par la cage d’escaliers et attendirent devant la porte du couloir, vérifiant par intermittence si Jane ne sortait pas de sa chambre. Finalement, ils l’observèrent discrètement quitter sa chambre, lunette de soleil sur le nez et sac sur l’épaule. « Je crois que c’est à nous de jouer, agent Bennett. Est-ce que vous êtes prête pour cette mission ? »
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « But I know I don't possess you with all my heart, God bless you. You will be my love and my life… You’re my one and only… » + Héloïse ♥   Ven 9 Nov - 17:12

Si au début, je crois en une simple farce de Matthew, force est de constater que non. Non, il ne plaisante. Non, Jane n’est pas sagement à Los Angeles en train de s’acheter des fringues. Jane est ici, dans cette ville qui n’est autre que notre refuge où nous avons toujours été avec Matthew. Et cette… greluche est ici ! Elle a suivi Matthew ! Mon dieu, je suis tellement en colère mais surtout, je ne me laisse pas abattre par les événements. Il est hors de question qu’elle vienne me pourrir ce week-end que j’ai tant attendu avec mon amoureux. Aussi, les plans fusent dans mon esprit et pour la première fois de ma vie, je suis emplie de millards d’idées toutes les plus affreuses les unes des autres. Je n’ai aucun scrupule à l’idée de lui faire bouffer du somnifère, tout comme de détruire ses vêtements, ce qui amuse grandement mon petit-ami. « Un peu de sérieux, jeune homme. Je suis sérieuse. Et je suis moi-même, Dark Héloïse n’existe qu’avec un peu d’alcool ! » Je lui réponds d’une voix taquine, avant d’expliquer que je refuse de voir mon week-end être gâché, que cette fois-ci, je ne veux pas être celle qui subira. Après tout ce que nous avons vécu, les vices et les plans des uns et des autres, je ne veux plus être la victime. Nous devons agir. Même si Matthew a quelques idées en tête qui sont plus… pacifiques. Alors qu’il me rapproche un peu plus de lui, je glousse de contentement caressant son visage tant aimé. « C’est une proposition si indécente, docteur. » Échouant sur le lit, renversée par Matthew, je dépose mes lèvres contre les siennes. « Je suis à la merci de votre diagnostic… » Et nous pouvons donner une issue bien plus douce à ces retrouvailles, savourant un peu de répit avant d’attaquer le plan de ligue contre Jane. Je ne laisserais rien passer cette fois-ci.

***

La première partie du plan se met en route et nous avons convenu que j’attendrais dans notre chambre. Entre le lit défait, les bagages un peu à droite, à gauche, je suis dans tous mes états. Fébrile, j’ai hâte de revoir Matthew ce qui signifiera qu’il s’est débarrassé de cette imbécile de Jane. L’attente me paraît tellement longue. Je marche de long en large, incapable de m’occuper autrement. La lecture ne m’apaise pas, la télé ne diffuse que des bêtises, et je n’ose pas aller sur la terrasse de peur que Jane se décide à faire la même chose. Autant dire que j’attends Matthew avec une GRANDE impatience. Quand la porte s’ouvre, je pousse un petit cri apeuré avant de sourire quand je remarque qu’il s’agit de mon chéri. Tapant dans sa main avec enthousiasme, je suis ravie d’apprendre que tout se passe comme sur des roulettes. Ne reste plus que Jane s’en aille. Aussi, nous partons bien vite de notre chambre pour aller vers celle que la rousse a prise avec Matthew. À cette pensée, un vent de jalousie s’engouffre en moi, me confortant encore plus dans l’idée de lui faire du mal. Nous passons par les escaliers et régulièrement, Matthew regarde par la porte de secours entrebâillée si Jane est partie. Ce qui ne tarde pas à arriver. Quand il me l’annonce, mon cœur se met à battre un peu plus vite : je suis fébrile mais impatiente. « Attends ! » Je m’écrie avant que nous nous élancions. Mes mains l’agrippent aussitôt et je l’attire à moi pour l’embrasser fougueusement. Un long baiser empli de passion me rendant toute rouge quand nous terminons. « Pour nous donner du courage, Monsieur McGregor. » Et sur ces mots, nous nous rendons vers la chambre déserte. Il s’agit d’une suite et nous entrons dans un petit salon qui mène à la chambre. Nous y entrons et aussitôt, je repère la valise que Jane a pris. Un Louis Vuitton qui me parait bien insultant d’ailleurs. J’entrouvre son sac et ajoute « On jette, on brûle ou on déchire ? » Je pose ma main sur ma joue et prend une fausse mine faussement atterrée « Cette pauvre enfant n’aura rien à se mettre sur le dos. » Je continue à chercher dans son sac, au cas où je trouverais quelque chose d’intéressant. Mais il n’y a rien. Sauf une photo que je trouve dans la poche intérieure de son sac. Jane avec un homme que je n’identifie pas. « À ton avis, qui ça peut bien être ? » Quelque chose me dit que ça peut être James mais j’en ai aucune idée. Je n’ai jamais su à quoi il ressemblait. Tendant la photo à Matthew, je sors la trousse de toilettes en souriant de plus belle. « On pourrait y mettre du savon dans tout ça ? Elle va adorer se passer de la crème sur son visage. » Je pouffe de rire  tout en posant la trousse. Encore un autre méfait à accomplir !

« Toi aussi tu me manques … » La voix de Jane, étouffée, résonne en même temps que la porte qui claque. « Oui, je suis revenue, j’ai oublié de prendre ma carte bleue. » Je relève un regard paniqué vers Matthew et sans plus attendre, nous réagissons par ce même instinct de se cacher. Furtivement, nous atterrissons sous le lit, tous les deux, le cœur battant comme un fou. Heureusement que nous n’avons pas trop foutu le bordel… en espérant que sa carte bleue se trouve dans le salon et non la chambre. Cependant, l’adrénaline m’empêche de complètement paniquer. Elle bloque les émotions néfastes et je ne peux m’empêcher de sourire, trouvant cette situation drôlement amusante. Tellement que je viens enfoncer mon doigt dans la joue de Matthew, juste pour l’embêter parce que mine de rien, je suis heureuse de le voir. Pendant ce temps, Jane continue sa conversation. « Je ne sais pas même où est parti ce con, il me fuit que veux-tu… oui je sais ! Ne t’inquiète pas, je vais aller dans ce patelin le trouver. J’comprends même pas qu’il aille dans un bled pareil.. […] » La conversation se stoppe au même moment où la porte de la chambre se claque et laisse le silence revenir. « Fiouuu ! On l’a échappé belle ! » Je chuchote en souriant. « Je me demande bien à qui elle parlait … »
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « But I know I don't possess you with all my heart, God bless you. You will be my love and my life… You’re my one and only… » + Héloïse ♥   Mar 13 Nov - 16:53

Si Matthew était habitué à Dark Héloïse dans ses heures d'ivresse maléfique, il n'avait pas encore eu le plaisir de faire la rencontre d'une vilaine brune en toute sobriété et pleinement détentrice de ses moyens. Il devait l'admettre, il ne demeurait pas insensible aux charmes de cette créature démoniaque qui échafaudait des plans plus machiavéliques les uns que les autres afin de pourrir le séjour de Jane. Le poète ne parvenait pas à croire que cette dernière ait décidé de le suivre jusqu'ici. Manifestement, elle n'avait pas cru une seule seconde à ses histoires de déplacement professionnel. Ou alors, elle souhaitait véritablement forcer un rapprochement entre eux pour susciter l'affection de son futur mari, mais Matthew n'était pas suffisamment naïf pour y croire. Elle s'en moquait bien qu'il l'aime ou qu'il l'apprécie ne serait-ce qu'un peu. Tout ce qu'elle cherchait par cette union, c'était retrouver son ancien statut social, un rang prestigieux et un compte en banque bien fourni. Les discours qu'elle déployait pour le convaincre du contraire n'avaient aucun effet sur ses convictions. Elle cherchait simplement à lui pourrir l'existence, et surtout, elle ne lui faisait pas confiance. Pourtant, il lui semblait qu'il était parvenu à endormir un brin la vigilance de son père et de la rouquine. Suite à la réception de son anniversaire, les deux conspirateurs s'étaient montrés très courroucés par la discours de Matthew et son incartade. Mais avec abnégation et d'ingénieux mensonges, il avait réussi à leur faire croire qu'il s'agirait de son dernier coup d'éclat. Il tirait sa révérence et préférait les convaincre qu'ils étaient les grands vainqueurs de cette manche. Tout autant de stratagèmes pour qu'ils le pensent dociles et qu'ils retirent leur surveillance accrue. Ainsi, il pouvait à nouveau profiter de la présence d'Héloïse et poursuivre sa quête d'une solution pour eux. Ce mariage n'aurait pas lieu. Cela était une certitude. Mais si l'heure était plus grave pour eux car la date officielle avançait à grands pas, pour ce weekend, leur plan était tout en simplicité. Ils devaient d'abord attendre que Jane sorte de la chambre de Matthew avait réservé pour eux, que le champ soit libre et qu'ils puissent disposer tous les pièges pour la rousse. Pour la première fois depuis longtemps, Matthew se sentait comme un petit garçon qui s'apprête à accomplir d'innombrables bêtises. Il se rappelait son enfance où il redoublait d'ingéniosité pour embêter ses sœurs. Généralement, il était plutôt bon à cet exercice.

Cachés tous les deux dans la cage d'escaliers, ils attendaient leur heure. Et finalement, quand Matthew vit que Jane quittait la chambre et disparaissait dans l'ascenseur, il sonna le départ. Sauf qu'Héloïse le retint brusquement. Inquiet un premier temps, il fut subjugué par la fougue que la brune donna à son baiser. Il serra sa taille plus fort contre lui, dévorant ses lèvres avec autant de passion. Un tendre sourire se posa sur sa bouche en observant la rougeur qui tapissait les joues de sa petite-amie. Il aimait autant son audace que l'effort que cela lui demandait pour l'être. « Je crois que j'ai bien fait le plein de courage. » Il lui vola un dernier baiser avant de s'engager avec elle dans la chambre de Jane. Il sortit son pass et ils pénétrèrent dans l'antre de la sorcière ensemble. Le salon les accueillit en premier. Héloïse se jeta sur la valise, tandis que Matthew se mit à fouiller dans le manteau qu'elle avait laissé sur le portant. Elle en avait changé pour repartir. Il ne trouva rien de véritablement intéressant et s'approcha d'Héloïse pour observer ses trouvailles dans sa valise. « Je serai bien tenté de tout brûler... et de jeter ensuite le tout par la fenêtre. » Et d'arracher le sourire sardonique qui marquait ses traits cruels. Tout à coup, il se retrouva avec une photo sous le nez que la brune venait de trouver dans un sac. Il ne lui fallut guère de temps pour reconnaître Jane et l'homme avec elle. James. Il n'avait pas vraiment changé. Juste un peu plus vieux avec les années. L'éditeur marqua une pause, décontenancé par cette vision d'une époque si ancienne qu'il l'avait enterrée depuis bien longtemps. « C'est James. » annonça sobrement Matthew. Presque avec une indifférence peu naturelle. Pourtant, il ne parvenait pas à détacher son regard de la photographie, accroché malgré lui à ce couple qui représentait tant pour lui autrefois. Il en occulta même les paroles d'une Héloïse fort enthousiaste.

« Cachons-nous ! » s'empressa de dire Matthew dans un chuchotement affolé. Il attrapa la main d'Héloïse et les dirigea en urgence sous le lit. La voix de Jane venait de se faire entendre, en même temps que la porte avait claqué. Cette idiote était revenue ! Ils étaient désormais cachés tels deux criminels. Il fallait reconnaître que la situation était plutôt comique. En se tournant vers Héloïse, il put voir le sourire immense qui parait ses lèvres et son cœur s'envola dans sa poitrine. Il dut se retenir de pouffer de rire quand elle planta son doigt dans la joue de l'éditeur. Il captura son index dans sa main et le porta à sa bouche pour le mordre, pas trop fort pour qu'elle n'ait pas mal, mais suffisamment pour qu'elle grimace. Sauf que dehors, la discussion de Jane se poursuivait. Matthew se montra bien plus attentif, notamment sur la partie qui le concernait. Sans surprise, il s'entendit traiter de con et ne décela aucune affection dans sa voix. Au moins, ils étaient sur la même longueur d'onde. Quel couple ! Néanmoins, le discours de la rousse laissa un goût amer dans l'esprit du jeune homme. Quelque chose le dérangeait sans qu'il ne puisse déceler véritablement pourquoi. Finalement, elle fut partie. Ils ne bougèrent pas tout de suite. Héloïse continua même de chuchoter, s'interrogeant sur l'identité de la personne. A ce moment-là, Matthew réalisa qu'il tenait toujours la photographie dans ses mains. James. Non, c'était impossible. Il était mort. Matthew éloigna cette pensée, sans pour autant parvenir à bouter les sentiments désagréables qui le tenaillaient. Et pourtant... « Sûrement un de ses charmants amis. Voire mon père. » ... mais il préférait la rassurer plutôt que d'exposer ses doutes. Après tout, ce n'était qu'un ramassis d'idées absurdes. Ils s'extirpèrent de sous le lit. « Nous devrions avoir du temps devant nous si elle doit tourner en bourrique dans toute la ville à ma recherche. » Il émit un ricanement moqueur. Héloïse repartit à la fouille appliquée de la valise de Jane tandis qu'il partait vers la salle de bain en quête de méfaits. Dans un premier temps, il s'amusa à remplir une partie de sa bouteille de shampoing avec du dentifrice, et vice et versa. Si bien qu'elle risquerait d'avoir une sacrée surprise en se brossant les dents, ou lors de sa douche. Pour faire bonne mesure, il dévissa l'assise de la cuvette des toilettes, de sorte qu'elle glisserait au moment où Jane voudrait s'asseoir dessus. Il attrapa ensuite un spray senteurs marines pour toilettes et revint dans la chambre auprès d'Héloïse. « Tiens, tu ne voudrais pas parfumer un peu ses vêtements ? » Un large sourire étendit les lèvres de l'éditeur en observant les dégâts accomplis par Héloïse. Il l'attrapa par la taille et l'attira contre lui, sa bouche frôlant voluptueusement la sienne. « Vous travaillez avec beaucoup d'application, partenaire. » Il l'embrassa langoureusement, empli d'amour et d'euphorie. Quand il s'affranchit de son contact, il demeura frustré et fiévreux. « Je crois que nous devrions remonter. Il y a d'autres méfaits qui me viennent en tête pour nous féliciter de ce beau travail. » Il lui jeta un regard gourmand avant de l'emporter avec lui.

***

Encore vibrant de plaisir et de fièvre, essoufflé, il ne parvenait pas à se détacher des lèvres d'une Héloïse nue contre lui. Étendu dans les draps, il la tenait serrée dans ses bras, caressant son épiderme velouté, remontant jusqu'à sa chevelure soyeuse. Il ne laissait de répit à aucun centimètre de sa peau. Sa main voyagea jusqu'à son visage, faisant glisser ses doigts sur l'une de ses joues rebondies. « Comment ai-je fait pour me passer de toi si longtemps ?... » La réponse, c'était qu'il n'avait pas pu. Il n'avait pas été véritablement vivant. En vérité, il était mort durant des mois jusqu'à ce qu'elle ne rallume la vie dans son corps et dans son cœur. Ils restèrent ainsi longtemps, l'un contre l'autre, le cœur battant, à se repaître du souffle de l'autre, à s'abreuver de leur chaleur. Il l'aimait à en devenir fou. Elle lui était si essentielle... Le jour déclina sans même qu'ils ne s'en rendent compte. Dans une semi-obscurité, ils s'étreignaient, lovés dans la tendresse du silence. Hélas, Matthew sentit qu'il était temps de lui dire. Il ne pouvait pas lui cacher cela plus longtemps. Il avait besoin d'elle pour affronter tout cela et il lui avait promis une sincérité absolue. « Héloïse, j'ai discuté avec mon père cette semaine. Il a été décidé que le mariage se déroulerait en Angleterre. » Comme depuis des générations chez les McGregor. Cela n'était pas une nouvelle renversante à vrai dire. Toutefois, ce qui l'inquiétait, c'était la suite. « Il est convenu que ce sera le 15 décembre de cette année. »
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « But I know I don't possess you with all my heart, God bless you. You will be my love and my life… You’re my one and only… » + Héloïse ♥   Mar 27 Nov - 6:48

Cachée sous le lit de Jane, je ne peux m’empêcher de trouver la situation très amusante. L’adrénaline parcourt mes veines et je serais capable de faire des tas de bêtises. Je m’imagine même sortir de sous le lit et lui foutre mon poing dans la figure même s’il faudrait que je me calme, me sachant incapable d’une telle chose. Je me contente de reprendre mon sérieux après que Matthew m’ait mordu le doigt, écoutant la conversation avec attention. Je ne saurais savoir de qui il s’agit mais Jane a bien des alliés et semblent contrariée. Pourquoi ? Telle est la question et j’espère en savoir plus, sauf que sa conversation est dénuée de sens et elle finit par s’en aller, ayant retrouvé sa carte bleue. La porte claque doucement et je sais qu’il est temps pour nous d’agir. Matthew est incapable de me dire qui était l’interlocuteur mais je m’acquitte de sa réponse. Certainement qu’il ne s’agit pas d’un fan de mon histoire à Matthew. Qu’importe ! Il est l’heure de faire de bêtises. Et tout en ricanant, j’entreprends de m’attaquer à la valise, exhibant des habits coûteux. Je ne retrouve pas de photos comme tout à l’heure, de ce fameux James. Ainsi, le meilleur ami de Matthew ressemblait à ça ? Il était plutôt bel homme bien qu’a mes yeux, mon chéri restera toujours le plus beau. Je me demande quelles ont été les raisons de sa mort ? Là question reste étrange mais je me dis que ça expliquerait le retour de Jane. Si demain Matthew venait à mourir, je serais incapable d’agir comme elle… En revanche, lui trouer ses vêtements, je peux. Et c’est d’un geste précis que je trouve le tissu avec un stylo que j’ai trouvé dans ses affaires. Elle va être folle. D’ailleurs, le chemisier en soie blanche se retrouve bariolé de stylos, je n’aurais qu’à faire croire que le stylo était ouvert. Ça va la rendre folle ! Et je ne peux m’empêcher de rire, m’attaquant a tous ses vêtements. Au moins, j’ai une occasion de pouvoir me venger de tout ce qu’elle me fait. Souriant à Matthew quand il arrive avec sa bombe désodorisante, je ne peux m’empêcher de rire face à son idée. « Elle va hurler de rage !! » Et j’aurais aimé être là, bien que dès qu’il me prend dans ses bras, j’oublie tout, émue par la force de son baiser, l’intensité du désir qui émerge aussitôt.  À bout de souffle, je l’observe d’un regard brillant, acquiesçant vivement à sa proposition fort indécente. « Je te suis, partenaire. J’ai des choses à te dire pour te féliciter de ton engouement. » Enfin … Dire, c’est un bien grand mot.

***

Repue de plaisir, je savoure la douce chaleur de ce corps blotti contre le mien, profitant de l’avoir avec moi avant qu’il ne soit temps de rentrer chez nos habitations respectives et de retrouver nos quotidiens où le manque de l’autre nous habite constamment. Frissonnante, amoureuse, je le contemple avec l’adoration dans le regard, la dévotion d’un amour immuable malgré le temps qui s’écoule au gré des jours. « Je me dis la même chose, mon amour… Je suis si contente de t’avoir retrouvé » Et je n’ai tellement pas envie de partir d’ici, même si Jane est là. « J’aurais presque envie de rester dans ce lit, tout le week-end… Au moins, nous serions sûrs de ne pas croiser Jane. » Même si ce serait bien dangereux, mine de rien. Il ne suffirait à Jane que de voir que Matthew a confirmé deux réservations de chambre et le secret risquerait de voler en éclat. Aussi, le rêve demeure songe et je me contente de savourer chaque seconde, occupée à embrasser, regarder, rire avec Matthew, de ces instants devenus trop rare et bien précieux. Je caresse doucement son visage, souriant à cet être auquel je tient plus que tout. « Je t’aime Monsieur McGregor. Et encore plus, quand il faut rencontrer ton jumeau maléfique. » Ces propos me font rire et je me sens tellement inondée de tendresse dans cette chambre où il y règne une magie tel un cocon nous protégeant de tout. Mon chéri finit, cependant, par reprendre la parole, avec un peu trop de sérieux, quittant cette atmosphère faite d’amour et de chair. Ce qu’il m’annonce ne me fait guère plaisir. Non pas qu’il en soit responsable mais il nous ramène à la réalité de la situation. Se cacher, prendre un appartement secret, trouer les vêtements de Jane et inverser ses produits de beauté, n’annulent pas le mariage et je suis consternée en apprenant qu’il aura lieu en décembre, en Angleterre. « C’est si près.. » Je secoue la tête, dépitée. « Pourquoi tout avancer ? Nous n’avons même pas trouvé de moyens de discréditer ce mariage, de convaincre que ton père que nous… » Je me tais, songeuse. « Ou alors, je viens le jour j et je serais celle qui s’oppose à cet union, qui s’enfuira avec le fiancé et on ira se marier sous les cocotiers. » L’idée paraît follement romantique. Insensée. Mais je refuse l’idée de le voir épouser quelqu’un qu’il n’aime pas, en dépit de ce que nous vivons. Fixant ces prunelles claires, je lui souris plus pour le rassurer qu’autre chose. « On trouvera une solution, Matthew. Je te le promets. Tu sais ce qu’on devrait faire. C’est arrêter de subir. Inversons la situation. Jane nous suit ? Très bien, suivons la en retour. On pourrait découvrir des secrets qui la nuiraient plus qu’autre chose. » Je prends le visage de mon bien aimé et ajoute d’un ton revanchard. « S’ils veulent la guerre, ils l’auront. Ils ne peuvent plus rien me faire. S’ils le veulent, ils peuvent aller voir mon patron et me démolir mais il s’en moquera, tant que j’apporte les bouteilles d’eau aux acteurs, le reste il s’en moque. Et s’ils pensent pouvoir faire du mal à ma grand-mère, c’est qu’ils n’ont jamais eu affaire à elle…. On essaye pas d’affronter une Bennett. » Un sourire en coin, prête à rendre cette situation plus légère. « Je connais quelqu’un qui a essayé de me rendre folle… Et bien, j’ai fini dans son lit, et il m’a appris des tas de choses. Même qu’il en redemande… » Je l’embrasse furtivement. « Encore et encore… » J’ajoute avant de reprendre possession de ses lèvres.
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