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 « But I know I don't possess you with all my heart, God bless you. You will be my love and my life… You’re my one and only… » + Héloïse ♥

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Matthew McGregor
Admin cuniculophobe
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MessageSujet: « But I know I don't possess you with all my heart, God bless you. You will be my love and my life… You’re my one and only… » + Héloïse ♥   Mar 7 Aoû - 21:06

« Pour la date, nous conviendrons du 15 décembre de cette année. » Matthew haussa un sourcil, surpris de l’intervention de son père. La réunion de ce matin venait tout juste de s’achever et tous ses participants s’étaient dispersés. Il ne restait que l’éditeur qui rassemblait ses dossiers pour regagner son bureau. Mais son père demeurait encore avec lui, évasif quand il annonça cette date. Au départ, il ne fut pas sûr de comprendre où il voulait en venir. Son idée première fut qu’il souhaitait décaler la sortie de son livre à cette date, mais c’était bien trop idiot. Son roman allait paraître dans les librairies la première semaine de septembre. Tout le planning éditorial avait été formaté de cette manière, jusqu’à ce qu’il ne comprenne de quoi il en retournait. De nouveau, sa réaction ne fut pas celle qu’il aurait pu avoir il y a encore quelques semaines. Il y a quelques semaines, il aurait serré les dents, ses membres se seraient tendus, il aurait eu cette furieuse envie de hurler après son père, et sa rage aurait exulté en une réplique cinglante. Sauf que cette fois, il n’abordait plus la nouvelle avec tant de colère et de frustration. Il ne se sentait plus pris au piège, la petite voix d’Héloïse soufflant tranquillement dans son oreille qu’ils trouveraient ensembles une solution. En dépit des plans de son père et de Jane, ce mariage n’aurait pas lieu. Aussi se contenta-t-il de dévisager longuement son père, soutenant ce regard inflexible qu’il lui adressait. Le mariage serait dans moins de six mois. Cela leur laissait amplement le temps de trouver une stratégie pour contrer cette manigance. « Cela se déroulera également en Angleterre. Tu te marieras là où tous nos ancêtres se sont mariés jusqu’alors. » Là, ce fut franchement étonné qu’elle accueillit la nouvelle. Il fronça les sourcils. Autant aller droit au but en lui disant que ce mariage serait la copie parfaite du précédent. Cela laissa un goût désagréable dans la bouche de Matthew. Comme si ce premier mariage était une bévue immense qu’il fallait réparer tant bien que mal pour restituer les apparences. Reprendre tout là où l’histoire s’était arrêtée pour la terminer comme elle aurait dû. Parce qu’il y a plus de cinq ans, Matthew aurait dû se marier avec Jane et sans doute auraient-ils déjà une famille si elle ne s’était pas enfuie au bras de James. Serait-il allé en Amérique alors ? Aurait-il pu rencontrer Héloïse ? Aurait-il daigné lever les yeux sur elle ? Une part de son esprit se plaisait à croire que, marié ou non, elle aurait éclairé son chemin de ses grands yeux clairs et qu’il n’y aurait plus eu de place au doute. Elle aurait été cette âme jumelle que son être réclamait. Seulement, le destin aurait juste mis un peu de retard à leur rendez-vous… Non, les choses étaient bien mieux telles qu’elles étaient. Avec ce mariage qui n’avait jamais eu lieu. Il n’aurait voulu rien effacer, car chaque douleur, chaque plaie, chaque cicatrice l’avait mené vers Héloïse. Et il n’y avait pas une seule de ses souffrances qu’elle n’avait pas éclipsé dans le creux de ses bras. Oui, ils étaient destinés l’un à l’autre. Toutefois, bien qu’il savait que ce mariage n’aboutirait pas, il se sentait plus que troublé. Mais il ne devait rien montrer. Aussi grommela-t-il pour lui-même comme il avait pris l’habitude de le faire pour afficher sa contrariété et s’éclipsa-t-il sans objecter quoi que ce soit pour autant. Il préférait se montrer prudent face à un père plus suspicieux que jamais depuis la déclaration que Matthew avait faite en public au jour de son anniversaire et de l’annonce de ses fiançailles. Si tout le monde avait été dupe, Jane et Edward ne l’avaient pas été, comprenant que cette ode à l’amour n’était destinée qu’à une seule. Encore aujourd’hui, alors qu’ils arrivaient au début du mois d’août, son père fulminait de cet affront inconsidéré. Afin d’éteindre ses soupçons, Matthew se montrait plus prudent que jamais, ayant défendu à Héloïse qu’il ne se revoie avant quelque temps. Il lui avait promis qu’il reviendrait vers elle après leur nuit d’amour fou et qu’elle ne devait pas faire le premier pas. Elle lui manquait affreusement, à lui en déchirer les entrailles, mais ce n’était pas la même douleur qu’autrefois. Celle-là était plus douce, car il était empli de la certitude que ce calvaire n’était que temporaire. Il n’avait plus peur de l’avenir car elle était auprès de lui.

***

La journée avait paru bien trop longue à Matthew. Sûrement parce qu’il savait que la fin de ce manque atroce qui lui dévorait le cœur s’arrêtait ce soir. Il avait quitté la maison d’édition plus tôt en fin d’après-midi pour être certain de ne pas la rater. Directement, il avait pris la direction du conservatoire, et c’était désormais ses couloirs qu’il arpentait à la recherche de sa belle brune. Presque trois semaines s’étaient écoulées depuis qu’ils s’étaient quittés. Matthew avait préconisé cette courte séparation, le temps que l’histoire se tasse un peu avant qu’ils ne puissent reprendre contact. Il avait même interdit le téléphone. Une précaution qui le rendait fou, mais qui lui paraissait nécessaire. Néanmoins, il ne venait pas les mains vides pour ses retrouvailles amoureuses. Il avait une surprise pour elle qui nécessitait sa présence. Finalement, il la trouva dans les coulisses de la grande scène du conservatoire. Tandis qu’elle rangeait distraitement des affaires, son attention était constamment braquée vers la scène où la troupe de son amie Naïa répétait pour une énième représentation. D’ailleurs, la douce chanson de Come what may était en train de se faire entendre tandis qu’il s’approcha discrètement d’elle. A sa simple vision, son cœur s’inonda d’un bonheur et d’un amour sans limites. Ses mains vinrent doucement se poser sur les yeux de la brune et il se colla contre son dos. « Until the end of time… » murmura-t-il en même temps que la chanson au creux de son oreille avant qu’elle ne se retourne complètement vers lui. Elle se jeta dans ses bras et il l’accueillit d’un baiser passionné, la faisant reculer dans un renfoncement discret des coulisses afin qu'ils disparaissent dans l'ombre. Il était prêt à la dévorer toute entière. Quand ils mirent fin à leur baiser, un sourire immense orna ses lèvres. « Je suis désolé, je n’ai pas pensé à la casquette et aux lunettes. » Il songeait encore à cette idée saugrenue de se déguiser qu'elle avait eue. Il repartit à l’assaut de ses lèvres, comme un assoiffé se jetterait dans une source d’eau après une traversée du désert. « Tu m’as manquée… » Mais ça n’avait pas été la même douleur. C’était même presque agréable à ressentir après le calvaire de ces derniers mois. A nouveau, il pouvait la sentir se blottir dans son étreinte. Il lui caressa les cheveux, le visage, les joues. « Tu es libre bientôt ? J’ai une surprise pour nous… » Il se montrait énigmatique. Sa surprise, il la mûrissait depuis qu’ils s’étaient retrouvés. L’idée avait germé en lui à cause de cette trop longue absence. Et maintenant qu’il l’avait préparée, il souhaitait la faire partager à cette femme qu’il aimait plus que tout au monde.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « But I know I don't possess you with all my heart, God bless you. You will be my love and my life… You’re my one and only… » + Héloïse ♥   Mer 8 Aoû - 18:03

« Never knew i could feel like this… » La voix puissante de Naïa résonne dans l’immense pièce du Conservatoire où les répétitions ont lieu. Parfois, je lui jette des coups d’œil émerveillés, tant je suis fière d’elle et heureuse de son parcours. Comment ne pas être émue de ce petit bout de femme faisant le maximum pour atteindre ses rêves. Et dire qu’elle était inconnue auparavant. Voilà que le succès frappe à sa porte, qu’elle devient connue grâce à la Comédie Musicale. Et j’en suis l’une des plus ferventes spectatrices, l’observant avec gratitude et une immense tendresse. Parce que même si sa carrière décolle, Naïa ne change pas sa façon d’être. Elle est toujours aussi enjouée et innocente. Grâce à elle, j’ai pu sortir la tête hors de l’eau, retrouvant du travail grâce à elle et à la Comédie Musicale, gardant mon appartement parce qu’elle est venue habiter avec moi. Elle pourrait très bien s’offrir autre chose, de bien plus grand, de luxueux mais elle est avec moi et j’adore nos soirées quand il n’y a pas de représentations. On peut se reposer, rire de n’importe quoi à en avoir mal au ventre, à être incapable de manger ou de boire sans en mettre de partout. L’avantage de bosser ensemble, c’est que de ce fait, nous sommes tout le temps collées ensemble. On nous appelle même les sœurs siamoises parce qu’on va ensemble au travail, au volant de la Chouquette, parce qu’on rentre même si c’est tard parce qu’il y a eu une représentation. Mais qu’importe, ce n’est pas grave, j’aime ce que je fais même si c’est différent de l’Edition. Je bosse sans vraiment réfléchir même si j’ai la pression depuis que Monsieur Goldstein est venu me voir et m'a dit, de façon très sérieuse, que comme j’étais la colocataire de Naïa, il était de mon devoir de m’assurer à ce qu’elle aille bien, qu’elle mange bien. Alors je veille avec une tendresse manifeste pour cette petite personne. Elle apporte du sourire et de la joie dans ma vie. Et pour ça, je lui en suis éternellement reconnaissante. C’est pour ça que dès je peux, je l’observe, coincée dans les coulisses, avec admiration tandis qu’elle s’entraîne. Qu’elle soit là me permet de moins ressentir l’absence de Matthew. Voilà trois longues semaines que je ne l’ai pas vu, ni appelé ou envoyé de messages. Il m’a conseillé de ne pas le faire, afin de ne rien ébruiter. Il m’avait clairement fait comprendre que son père et Jane le surveilleraient. Lorsqu’on s’était dit au revoir, Matthew m’avait promis de me voir, qu’il ne savait pas quand mais qu’il reviendrait, observant un temps de trois semaines. Et  c’est long… Très long, même si avec le travail, je ne vois pas le temps passer. Je ne fais pas attention et de ce fait, même s’il me manque, je suis surprise que trois semaines se soient écoulées. Continuant à travailler, je me laisse bercer par la voix de mon amie sans me douter qu’une frustration sera comblée dans peu de temps. J’ouvre la bouche pour murmurer la chanson pour moi-même mais des mains se posent sur mes yeux. Je sursaute sentant qu’on se colle contre moi. Je me raidis dès lors que j’entends cette voix. Un frisson parcourt mon échine et un sourire s’étale sur mes lèvres. Je pivote aussitôt pour pouvoir le contempler. « Matthew !! » Et sans plus attendre, je me jette à ses bras, me laissant être emportée dans un coin sombre des coulisses. Je ne réponds que de la joie à le voir, dévorant sa bouche de milles baisers, sur ses joues, son visage entier. « Bon sang, comme je suis contente de te voir ! » Et c’est merveilleux de pouvoir combler ce manque. De rire parce qu’il n’a pas prévu le fameux déguisement. « Oh ce n’est pas grave, je peux facilement te travestir en Roxanne. » Je me mets à rire me laissant encore être embrassée, avec une fougue créée par le manque, ce manque terrible de l’être tant aimé.

Même si nous sommes au travail, j’en oublie où je suis, fixant cet être avec une adoration proche de la dévotion. Pouvoir être à ses côtés à nouveau me semble inespéré. Je revis tout simplement de l’aimer comme une folle. Et même si la situation n’est pas simple, je réfléchis à chaque fois à comment empêcher ces fiançailles. Bon, il faut dire qu’avec le travail, les horaires étranges, je suis souvent trop fatiguée pour y faire quelque chose. Mais j’ai espoir de m’y mettre. Je me dis qu’un mariage de cette envergure doit se préparer dans un an, voir plus. J’ignore encore la date mais j’ai foi en le temps, ne m’alarmant pas trop. Une petite voix me le rappelle mais à chaque fois, le travail, mon lit, Naïa sont des facteurs faisant que je m’éloigne du problème. Et puis on s’aime avec Matthew et ma faculté à m’adapter à la chose arrive presque à l’intégrer. Et je dis presque parce que la distance, le silence ne sont pas des choses évidentes à accepter. Mais je fais avec, souriant quand Matthew me demande si j’ai du temps, qu’il a une surprise pour moi. « Et bien, ce soir, il y a une représentation. Mais la dernière fois, j’ai rendu service à un collègue en prenant sa place. Alors, je peux lui demander un service en retour ! Il acceptera de me remplacer. Je lui dirais que j’ai un rendez-vous avec quelqu’un de très très très important pour moi… »  Je prends ses mains dans les miennes, laissant nos doigts s’enlacer et se délacer. « On me dit dans l’oreillette que c’est toi ! » Gardant ses doigts agrippés aux miens, j’enroule ses bras autour de moi en tirant doucement dessus, le faisant se rapprocher de moi. « Je suis curieuse de ce que tu me réserves… » Je lui vote un baiser passionné avant d’ajouter « Il faudra juste que je laisse mes clefs de voiture à Naïa pour qu’elle puisse rentrer à la maison. Tu crois que tu pourras me ramener ? Bon après, si vraiment c’est inquiétant, je peux prendre un chapeau et des lunettes de soleil, si tu veux ? Ou me déguiser en basketteuse. » Je pouffe de rire, puis mon visage prend une expression inquiète. « Attends, tu ne m’emmènes pas dans un endroit chic, hein ? » et là, je m’écarte pour observer ma tenue en esquissant une moue ennuyée. Il faut dire que le jean, t-shirt, converses, c’est bien pour le boulot, pas pour les surprises d’un Matthew McGregor.  
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « But I know I don't possess you with all my heart, God bless you. You will be my love and my life… You’re my one and only… » + Héloïse ♥   Jeu 9 Aoû - 20:24

Il l’avait trop imaginée… Tous ces mois durant, privé de la lumière de cet être qu’il adore, Matthew avait failli en perdre l’esprit. Pour ne pas vivre seul, il avait habillé de ses heures de tant de mirages qu’il s’en était presque étourdi. Elle demeurait ce reflet parfait de son esprit, l’identique réplique de ce visage qu’il avait admiré tant de fois à s’en abîmer la rétine, de ce regard perse qui illuminait son univers, de cette voix qui résonnait encore avec une clarté terrifiante dans son âme, de ce rire qui emplissait encore chaque parcelle de son être. Il l’avait trop inventé à en devenir dément. Il s’était noyé dans ses douces chimères, se laissant lentement couler vers des abysses aux saveurs de paradis où Héloïse tenait encore sa main dans la sienne. Il s’était glissé dans sa réalité, en dessinant les contours par tous les souvenirs qui le hantaient comme des fantômes. Elle n’était jamais loin de lui. Elle ne le quittait jamais vraiment, à emplir sa coupe pleine, à calmer ses névroses, à combler les manques, à soulager ses plaies du velours de sa voix. Et quand il songeait à elle, tout ne lui semblait plus si gris et malheureux, froid et statique, désolé et asséché. Mais à ces tristes heures de lucidité, lorsque Matthew fixait l’horizon de ses prunelles dépouillées de rêveries entêtantes, il ne voyait qu’un amas estompé de bleu et un étirement vaporeux de blanc. Il ne voyait qu’un ciel qui ne brillait plus pour lui, un soleil qui n’appelait plus sa chaleur, des étoiles qui s’éteignaient les unes après les autres. Il l’inventait trop, réchauffant son être aux couleurs d’or et de lumière de cet astre perdu, mais au réveil, elle n’était plus là. La réalité accueillait sa carcasse pantelante et malheureuse dans ses bras rudes et silencieux. Et sa peine, comme la mer, était sans limites tant son amour était profond et déçu. Il ne vivait plus tout à fait. Il ne vivait plus du tout, hormis dans le linceul de ses souvenirs. Et puis soudain… ce fut comme s’il avait retrouvé sa juste place dans l’univers. Et les champs nus s’étaient réensemencés, les étoiles recouvraient à nouveau le tapis sombre de la nuit, son épiderme éprouvait la chaleur des rayons du soleil, le parfum des fleurs fanés s’était métamorphosé aux fragrances d’antan. Matthew avait retrouvé le goût de vivre dans l’espoir d’Héloïse qui s’étirait vers lui comme deux bras offerts. Et plus que de l’aimer, il l’admirait pour cette force incroyable qu’elle possédait au creux de son cœur. Sans orgueil et sans pudeur, Matthew l’admettait humblement : elle avait toujours été plus courageuse que lui. Il se souvenait de la première fois où sa route avait croisé la sienne, où il la pensait insignifiante et futile, avant d’être impressionné par sa témérité, son audace cachée sous une épaisse couche de timidité et de manque de confiance en elle. Au fil des mois, il l’avait vue s’ouvrir telle une fleur, de même qu’il se retrouvait un peu lui-même. Et depuis, que de chemin parcourut… Qui aurait pu croire que, à l’heure de cette première rencontre où il l’avait considérée avec tant de mépris, elle serait aujourd’hui son trésor le plus précieux ? Personne, pas même lui désormais qu’il la tenait dans ses bras. Heureux, ils l’étaient en dépit des stigmates qui leur rappelaient la fatigue d’avoir vécu l’un sans l’autre, la vieillesse avancée de leur âme amputée de sa jumelle, où l’incertitude qui planait sur l’avenir et leurs êtres, témoignages de ces trop longs mois de séparation. Mais un espoir profond les habitait, paré de toutes leurs certitudes. Ils s’aimaient, et juste cela, c’était amplement suffisant pour se battre. « Ose un peu ! » répliqua Matthew sur le ton de la menace, contrastant avec son sourire radieux, après qu’Héloïse eut proposé de le travestir en Roxanne. Très peu pour lui. Il n’avait pas besoin de déguisements pour qu’ils puissent se voir en cachette. Et dieu que ces trois semaines avaient été longues…

Dissimulés dans l’ombre, ils pouvaient entendre la musique des répétitions juste à côté d’eux. Elle masquait leurs voix et leurs échanges amoureux passionnés. Il ne se rassasiait jamais de son contact. Mais ce soir, il la voulait pour lui. Il avait des projets pour eux, aussi en fit-il part à sa petite amie. Manifestement, elle pouvait parvenir à se libérer. Quoi qu’il advienne, il aurait certainement trouvé un stratagème pour qu’elle l’accompagne. Un sourire étira ses lèvres quand elle lui confirma qu’il était cette personne importante. Il la laissa guider ses mains sur sa taille, l’enlaçant doucement jusqu’à rencontrer ses lèvres dans un baiser tendre. « Une belle surprise, miss la curieuse ! » Il ne doutait pas que cela devrait lui plaire. Il l’écouta avec attention avant d’hocher la tête. « Oui, bien entendu. Je te ramènerai. Je ne pense pas que nous devrions rencontrer le moindre problème. » Bien que dans un coin de sa tête, il se disait qu’il n’était pas certain qu’elle ait besoin de rentrer chez elle ce soir. le coquinou Soudain, elle manifesta son inquiétude sur l’endroit où il voulait la mener. Il haussa innocemment les épaules. Avec lui, il était difficile qu’ils ne se rendent pas dans un endroit chic. Pour le coup, ce n’était pas vraiment le cas. Enfin… disons que c’était moins chic que d’ordinaire. « Tu verras bien. Et tant pis, s’il le faut, tu piqueras un costume quelque part dans les coulisses. » se moqua-t-il avant de reprendre possession de ses lèvres. Bon sang, comme c’était bon de la retrouver ! Tandis qu’à côté, les voix commençaient à se taire et que le monde n’allait pas tarder à se dissiper, Héloïse attrapa la main de Matthew. Il se laissa guider à travers les coulisses, puis les couloirs du conservatoire jusqu’à être entraîné dans une loge qui portait le nom de la fameuse Naïa. Ici, ce serait plus sûr pour l’attendre apparemment. Chose vraie, puisque la petite brune apparut pas moins de cinq minutes plus tard dans la pièce. Si elle ne fut pas étonnée de la présence d’Héloïse, elle le fut un peu plus de celle de Matthew. Est-ce qu’elle allait aussi mal réagir qu’Elsa ? Sauf que non, un beau sourire para les lèvres de la comédienne. « Aaah ça y est, ton beau prince charmant est venu te chercher ! » Manifestement, elle était au courant pour Héloïse et lui. En dépit du regard qu’il coula vers sa demoiselle, il pouvait comprendre. Elle était sa colocataire, elle l’aurait forcément su et cela facilitait les choses. « J’étais sûre que vous n’étiez pas le monstre que tout le monde disait. En fait, vous êtes un peu comme Satine qui se sacrifie pour sauver Christian ! » L’analogie n’était pas trop mauvaise, bien qu’un peu dramatique pour le coup. Cela eut le don de faire sourire le poète avant que Naïa ne se mette soudain à rougir. « Enfin… pas que vous compare à une prostituée hein ! » Et là voilà qui s’embourbait dans ses propos, amusant l’éditeur. Ce fut Héloïse qui coupa court à l’embarras de son amie et à sa maladresse, enchaînant sur la mission qu’elle lui donnait pour ce soir en lui remettant les clefs de la Chouquette. A la voir trébucher sur tous ses mots, c’était presque troublant de ressemblance avec Héloïse. « On se demande pourquoi c’est ton amie… » souffla Matthew à l’oreille de sa compagne une fois qu’ils eurent quitté la loge. Quelques secondes plus tard, ils étaient dans sa voiture. Il s’apprêta à démarrer, mais se rappela soudain quelque chose. Il ouvrit la boîte à gants. « Avant que je n’oublie, j’ai aussi prévu quelque chose pour faciliter nos échanges. Même si j’espère que nous n’aurons plus à attendre trois semaines pour nous revoir la prochaine fois, je préfère prendre mes précautions. » Il tendit le téléphone portable à Héloïse. « C’est un nouveau portable. Il y a déjà mon autre numéro de téléphone enregistré dedans. Pour se contacter, tu n’auras qu’à utiliser ce numéro. » Sans doute trouverait-elle qu’il prenait bien trop de précautions, mais Matthew préférait être prudent. Finalement, ils prirent la route. « Comment se sont passées ces dernières semaines ? Raconte-moi tout. » Il s’en voulait de ne pas avoir pu être disponible après l’avoir fait souffrir tout ce temps, mais cette distance lui semblait essentielle jusqu’alors. Et tandis qu’Héloïse lui racontait les derniers événements de sa vie, Matthew les mena vers un quartier résidentiel de Los Angeles qui, sans être chic, n’était pas mal non plus. Disons que c’était un bel entre-deux. Quand il fut garé, il sortit le premier, allant ouvrir à Héloïse. Il l’aida à sortir, prenant sa main dans la sienne pour s’empresser de rentrer avec elle dans le bâtiment. Il n’osait pas vraiment rester plus longtemps sur le trottoir… On ne savait jamais. Ils étaient montés au troisième étage, et tandis qu’ils longeaient le couloir, Matthew fouilla dans les poches de sa veste. « J’aurais dû t’en parler avant, mais l’idée m’est venue qu’au cours de ces dernières semaines. J’ai pensé que tu n’y verrais pas d’inconvénient… c’est ce dont nous avons besoin, je crois. » Arrivés devant une porte, il inséra la clef dans la serrure et la déverrouilla mais il ne les fit pas rentrer tout de suite. Il se retourna d’abord vers Héloïse, prenant ses mains dans les siennes. « J’ai pensé, avec tout ce que nous avons traversé et ce qui nous attend, que nous avions droit à un endroit rien qu’à nous, une cachette où nous pourrons nous retrouver dès que nous le pourrons. Ce sera notre refuge… » Et sur ces mots, il ouvrit la porte, laissant le loisir à Héloïse d’entrer, d’explorer et de découvrir les lieux… leur paradis à eux.
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« But I know I don't possess you with all my heart, God bless you. You will be my love and my life… You’re my one and only… » + Héloïse ♥
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