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 Livin' life in the fast lane • Otto

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Jordan McGrath
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Jordan McGrath
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MessageSujet: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptyMer 15 Aoû - 18:38


" LIVIN' LIFE IN THE FAST LANE"


Si il y a un mot qui me caractérise bien, je crois qu’on pourrait dire : tornade.
Je suis une vraie tornade et quand on me jette ce mot à la figure je ne m’en sens nullement offusquée. Car oui, voilà la tornade blonde britannique qui débarque. Mais que voulez-vous, je suis du genre énergique, speed, toujours à faire des trucs que ça soit dans ma vie professionnelle ou mes loisirs. Et je déteste la lenteur ! Et encore plus la lenteur d’esprit. Les gens mous et flasques, je les ai en horreur !
C’est pourquoi ma patience commence à sérieusement s’échauder tandis que j’observe le  PDG lire et relire minutieusement mon rapport d’analyses. Il tremblote, marmonne dans sa barbe et c’est tout juste si il ose lever les yeux vers moi. Bon sang mais bouuuuuge ! Il n’y a pas à tergiverser trois heures pour comprendre que le chiffre des investissements de l’année passée est bien supérieur à celui du retour sur investissement. Je ne vois donc pas ce qu’il ne comprend pas en tournant et retournant les pages comme s’il cherchait à être certain de ce qu’il lisait.

« Oh euh... oui en effet. »

Je lui adresse un sourire à mi chemin entre pauvre naze et oui en effet.

« Il est vrai que nos chiffres de l’année passée n’ont pas été... enfin disons que les ventes n’ont pas été ce qu’on attendait et... »

« Monsieur Colby. La McGrath Global Company à investi plusieurs millions dans votre entreprise. Les entreprises que possèdent mon père dans le domaine automobile et d’ingénierie sont pionnières en matière d’innovation et bien au dessus du palmarès que toute autre entreprise cotée en bourse dans le même domaine. Mon père a choisi personnellement votre écurie pour vous permettre de vous démarquer des autres. La moindre des choses est de répondre quelque chose de plus censé que les “ventes n’ont pas été ce qu’on attendait“. Parce que vu vos chiffres, ça, je le sais déjà. Ma question est donc : que comptez vous faire pour faire remonter ces chiffres, et comptez vous seulement le faire ? Ou préférez-vous jeter des millions par les fenêtres ? »

Implacable. Je suis implacable. En même temps, mon père et son conseil ne m’ont pas envoyé faire la tournée de leurs boites américaines pour que je profite de la plage et du soleil. La tête de Monsieur Colby vaut tout l’or du monde, mais moi, ça m’énerve bien plus. Ce type possède un manque total de réaction, c’est d’ailleurs certainement ce qui l’a perdu, et ça m’insupporte. Dans un soupire pour tenter de conserver mon calme, je baisse mes yeux et contemple mes pieds plein de boue.  Je fais d’ailleurs jouer mes orteils désespérés avant de glisser mon regard sur mes talons Jimmy Choo crotté au possible. Seigneur, Sophie va me tuer. Et comment je vais faire nettoyer ça moi ? Et quelle conne j’ai été de songer pouvoir porter de tels talons sur un circuit FMX. On est pas à Daytona Beach, c’est pas du goudron merde ! Et pas un seul glandu de leur équipe à la noix s’est proposé de m’aider. Quel pays de gros noeuds ! Ma colère redouble, furieuse d’avoir pourrie ma paire de talons préférée. « Monsieur Colby. Vous êtes viré. Mademoiselle Hopkins, félicitations, vous êtes promue. » Dis-je en redressant la tête. Les deux concernés me regardent comme si le ciel venait de leur tomber sur la tête. Le reste de leur équipe se regarde comme s’ils n’en croient pas leurs oreilles. « Mais… »

« Il n’y a pas de mais à avoir. En cinq ans vous avez plus fait couler la boite qu’autre chose, les chiffres parlent d’eux-même. Bonne continuation monsieur. »

Les regards se baissent. Je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Mon père va me tuer mais j’assume mon choix impulsif. On est dans un secteur d’activité où s’endormir sur ses lauriers ne fonctionne pas. Il faut que ça bouge. Et la Debbie Hopkins, ancienne assistante de Colby, me parait fraiche, dynamique, moderne, même si pour l’heure elle est plus en état de choc qu’autre chose. Patiemment, bien qu’ayant une envie irrépressible de lui flanquer mon pied nu et plein de boue dans le derrière, je regarde l’ancien PDG sortir en trainant les pieds. Tout en l’observant prendre son temps, je tapote sur mon téléphone à la recherche d’un magasin local qui vendrait des bottes. Non, je ne tiens pas particulièrement à passer ma journée ainsi. Une fois ma commande passée et la livraison estimée pour l’heure qui vient, je me lève et plante mon regard dans celui de la nouvelle PDG.

« Bien. Dans un premier temps il nous faut absolument revoir votre image. Les propositions que vous avez faites la saison dernière en matière de sponsors et de communication étaient excellentes. »

Debbie Hopkins parait surprise que j’ai pu m’intéresser à son travail. Je fais simplement mon travail chérie. Mais le compliment semble la revigorer, et la voilà qui redresse de suite les épaules en souriant, prenant l’allure d’un vrai leader. « Je suis flattée que vous trouviez les idées intéressantes. Quand pensez-vous que nous devrions les retravailler et les mettre en place ? »

Ce que j’apprécie, là, maintenant, tout de suite, c’est que non seulement elle prend confiance, mais en plus, le reste des responsables ne bronche pas. Tous observent avec attention, le regard brillant l’échange qui se produit. J’en conclu que tous attendaient le départ de Colby et tous approuvent mon choix de nouveau leader à leur tête.
« Le plus tôt possible. Organisez déjà une séance photo. Dégagez les pilotes qui n’ont pas assurés. Engagez en de nouveau. Trouvez une tête d’affiche. Pourquoi pas lui ? » Je lui glisse un magasine ouvert sous le nez. Un article fait mention d’un jeune coureur néo-zélandais « Je l’ai vu s’entraîner sur le circuit en arrivant. Pourquoi n’est-il pas dans votre équipe ? » Un homme se lève. Il a l’allure du négociateur. Un agent ?

« Monsieur Winspire vient tout juste de rentrer d’un congé. Il a eu des soucis de famille, rien de méchant, il se remet déjà en selle. » Il donne des excuses mais flaire déjà une opportunité pour son poulain. C’est bien un agent. Durant un long moment j’observe le type en question. Puis finalement, comme le choix ne me revient pas vraiment, je tourne la tête vers Debbie et hausse un sourcil. Elle hésite, regarde son assemblée, puis inspire.

« Richard va me le chercher. Alicia, sort-moi son contrat. »

Le fameux Richard saute quasiment de sa chaise pour courir chercher son pilote. La tension s’apaise et j’en profite pour me rasseoir, tandis que mes yeux se reposent piteusement sur mes orteils et leur trône de velours ravagé à 600 dollars à leur coté. Je grimace, au bout de ma vie.
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Otto Winspire
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptyMer 15 Aoû - 20:27





Une semaine depuis que je suis rentré à L.A. Me tenir éloigné de cette ville pendant un temps a sûrement été la meilleure décision à prendre. Même si j’ai dû essuyer la colère de Richie, je ne me voyais pas rester ici. Et puis, je suis revenu, le plan pour l’Allemagne est tombé à l’eau, je n’ai plus qu’à reprendre les entraînements pour la saison à venir. C’est ce que j’ai dit à l’autre râleur, au fond, l’essentiel est que je ne me sois pas décidé à retaper des vieilles bécanes sur place, sans rien dire en le laissant s’expliquer sur mon absence définitive. J’avais bien le droit à un temps de repos. Et si je m’étais blessé, si je m’étais cassé le bras ? Ca aurait fait pareil, clac, deux mois sans personne.
Bref, me voilà de retour sur ma bécane depuis deux jours. Hier j’ai passé mon temps à la décrasser en testant les modifications effectuées par les mécaniciens ; j’ai passé la journée à la tester et leur rendre pour qu’ils règlent ce qui n’allait pas, et ainsi de suite, jusqu’à arriver à un résultat satisfaisant. Lorsque j’ai pu faire quelques figures correctes, avec la bonne accélération et des amortis corrects, je l’ai reposée et je suis rentré chez moi. J’ai fait une multitude de détours, en réfléchissant à ce dont j’avais envie. J’avais envie d’avoir quelqu’un qui m’attendait chez moi. Mais ça, je n’y avais plus droit ; l’avais-je réellement eu à un moment, en sortant avec une fille déjà fiancée à un autre, en vérité ? Puis, je me suis dit qu’aller me promener me ferait pas de mal, aller m’abandonner sur des kilomètres sur la plage. Alors, j’ai récupéré mon chien et j’ai roulé un moment encore, jusqu’à trouver une belle plage, où on pouvait apercevoir des groupes d’amis qui faisaient des barbecues. Et j’ai marché une bonne partie de la nuit, Guapa s’amusant à sauter dans les vagues, courant après les bâtons de bois sec que je lui envoyais, me les rapportant. Voilà de quoi avait été faite ma soirée, et je m’étais senti bien, et libre. Pas une seconde je n’ai pensé à elle, et ce matin, en me réveillant tout seul, avec ma chienne couchée au pied du lit, j’ai senti que je commençais à guérir de Kimi.

Le type au fond me fait un décompte avec ses doigts. Trois, deux, un… Et je peux me lancer sur la piste. Je prends de la vitesse, et fonce sur la rampe, balançant un premier trick, plutôt tranquille pour débuter. J’enchaîne les figures, en retrouvant de bonnes sensations, la peur est restée au fond du vestiaire, ici je me sens dans mon élément, je sais ce que je fais. Je poursuis, et sens la confiance qui grimpe, assez pour tenter quelque chose de plus risqué, un trick que je n’ai pas repassé depuis la saison dernière. Si Richie me voit faire sans être passé par la case piscine à mousse aux entraînements… Tant pis. Au moins je saurai où je me situe aujourd’hui ! Je fais un tour de piste en regardant la bosse à passer, et vais me placer ; la main sur l’accélérateur, un pied à terre, mes yeux se posent sur l’endroit exact où je ferai décoller la bécane. L’endroit où je replaque la figure est caché derrière la bosse. Je me lance, et commence à accélérer à fond, et pile au bon moment, je prends les airs et fais ma figure. Je gueule de satisfaction dans mon casque, mais j’arrête au moment où je vois mon agent faire de grands signes au bord de la piste. Oh merde, pile au mauvais moment. Il me fait de grands signes et je me dirige doucement vers lui, sur la moto. « Sors de la piste tout de suite, j’ai un contrat pour toi, là-haut ! » - « Quoi ? Mais je suis pas au courant ! J’ai pas fini ma sessi… » - « Rien à foutre, sors de là, va prendre une douche en quatrième vitesse, et enfile ce que je t’ai laissé comme fringues dans le vestiaire. » - « Mais putain, mon entraînement, Richie ! » Ca me fout les nerfs ça, je retire mon casque alors que des mécaniciens rappliquent pour reprendre ma motocross et je saute par-dessus les barrières. « J’avais pas fini et t’as vu ce que je viens de passer ?! » je continue en arrivant à sa hauteur alors qu’il s’éloignait d’un pas pressé. « Colby vient d’être renvoyé. » Je le regarde interloqué, ne comprenant pas pourquoi. « Le big boss est ici, si tu veux pas être interdit de foutre un pied sur cette piste, je te conseille de rappliquer fissa dans le bureau dans les dix minutes, Hopkins est en train d’imprimer ton contrat. » L’air incrédule, je me dirige aussitôt vers les vestiaires, en commençant à me déssaper, sans avoir ajouté quoi que ce soit. Qu’est-ce qu’il se passe dans les bureaux ? Je prends une douche rapide, me sèche aussitôt sorti et enfile les vêtements laissés par mon agent, avant de le retrouver, le nez sur sa montre, tapant du pied. « Magne-toi, allez ! Et t’as les cheveux qui dégoulinent, bon sang Otto ! » - « J’ai pris une douche et j’ai enfilé ta chemise à la con, je peux pas faire un brushing en plus ! »

Je le sens tellement tendu que plus un mot n’est échangé jusqu’à ce qu’on arrive à la porte du bureau où je suis apparemment attendu. Les manches remontées sur les avant-bras, j’arrange le col qui me gratte dans la nuque à cause de cette fichue étiquette. D’un signe de tête, il me signale qu’on va faire notre entrée, je hausse les épaules et le laisse ouvrir la porte et me précéder. Le bureau est rempli de têtes plus ou moins connues, et je vois Debbie Hopkins, tout sourire, qui se tient à côté d’une jeune femme que je n’ai jamais vue jusqu’alors. Je le sais, parce que les jolies filles, elles ne se trouvent pas dans les bureaux, elles secouent les drapeaux autour de la piste. Richie prend la parole pour me présenter, bien que la plupart ici me connaissent puis il s’approche de la nouvelle : « Mademoiselle McGrath, voici Otto Winspire, excusez-nous pour la légère attente, il était encore sur la piste lorsque je le cherchais. » Je regarde Richie d’un air curieux, puis pose mes yeux sur Miss McGrath : c’est elle le big boss ? Je tends ma main dans sa direction, afin de la saluer. « Enchanté. » La poigne est franche, et je me recule un peu, j’imagine que je n’ai pas grand chose à dire à partir de maintenant, puisque Richie a le bagout qu’il faut pour tout négocier à mon sujet. En plus, cette ambiance tendue et guindée propre à ceux qui traînent dans les bureaux me rend mal à l’aise. Mon agent fait son boulot, en expliquant mon parcours ces dernières années, et le fait que je suis en place à Los Angeles depuis six ans, ainsi que mes victoires dans des compétitions différentes. Mon regard traîne sur le bureau et je remarque un magazine ouvert sur une double page me concernant. Je ne l’ai jamais vu. Puis je vois quelques photos de types qui ne me disent rien… Je m’approche du bureau tandis que Richie fait la conversation, et j’entends Debbie dire que ça irait parfaitement. Je ne sais pas du tout de quoi ils parlent, je suis concentré sur les visages posés là et j’en reconnais un : un mec tout jeune qui vient s’entraîner quelques fois, doué, mais qui manque de gens qui poussent derrière lui. Lorsque je relève les yeux, je tombe sur l’azur des iris de la jeune femme qui a l’air de tout commander ici. Je tapote sur la photo puis je lui glisse discrètement : « Lui, il est tout bon. » Et avant que je ne puisse tirer le magazine vers moi pour savoir ce qu’on raconte à mon sujet, Richie m’interpelle. Je m’arrête tout net tandis qu’il me tend un porte-bloc avec des papiers dessus. « Tiens, signe ça Otto, tes droits sur ton image, etc, etc… » Il sait que je n’ai strictement rien à faire de son jargon et tant qu’il tire son épingle du jeu et la mienne, ça me va. J’ai pleine confiance en lui. Debbie s’approche aussitôt, avant que je n’ai pu attraper un stylo et vient me féliciter, tout en m’indiquant qu’elle est la nouvelle directrice ici. Je lui tire un clin d’œil, je la connais depuis mes débuts et je sais que c’est mérité. Enfin, c’est Richie qui m’a toujours dit qu’elle était source de bonnes idées et que Colby ne l’écoutait jamais. Je jette un coup d’œil sur les papiers, juste pour avoir une vague idée de ce dont on attend de moi. Utilisation de l’image, publicité, droits, entreprise… « Je vais vous faire de la pub, c’est ça ? » Je demande directement à Debbie, mais à Mademoiselle McGrath aussi qui se tient juste à côté. Autant demander aux personnes les mieux placées. Et aux jolies personnes, en plus de ça.
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Jordan McGrath
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptyMer 15 Aoû - 22:19

Les yeux toujours fixés sur mes pieds je me morfonds. Je n’ai qu’une envie, prendre mes chers Jimmy Choo dans mes bras et les bercer comme des enfants. Seigneur mais que je m’en veux ! Ceci dit je ne peux me permettre un tel comportement. Je suis là pour négocier, faire des affaires, et déjà que je suis pieds nus sur leur belle moquette… Le temps passe, des mots s’échangent, et moi je pianote sur mon smartphone entre deux regards désespérés vers mes talons. Pour un peut je chercherais même comment nettoyer une paires de godasse à 600 dollars en velour, sur internet. Mais entre mes mails et les murmures je n’en ai guère le temps. Un quart d’heure plus tard le retour de l’agent est annoncé. Il ramène son poulain. Otto Winspire. Ce n’est pas un hasard si je me suis intéressé à son profil. Au détour d’une conversation avec Lou, une copine de beuverie, j’ai mentionné l’idée que mon père avait investi dans des teams de FMX. La discipline l’amuse et ils voulait en comprendre le fonctionnement et le sport en lui-même. Toutefois, ces investissements n’ont pas été vraiment fructueux. C’est là qu’elle m’a dit connaitre un pilote. Un ami à elle, professionnel dans le domaine. Son nom en poche j’ai cherché, étudié, et même observé. Il s’avère que le gars en question, était dernièrement sous contrat de l’écurie concernée. Bénef’. J’ai vu une opportunité, je l’ai saisie. D’autant que le problème de cette Team c’est son manque total de communication et sa mauvaise gestion marketing. L’homme entre et m’est officiellement présenté. D’après ma copine c’est un gars sympathique. Il en a l’air. Mais en toute franchise, qu’il soit sympa ou pas, à l’heure actuelle je m’en tape profondément. Ce qui m’intéresse c’est son potentiel et ses scores. Bien pour ça que je l’ai étudié. Il m’a l’air un peu perdu, là, devant toute l’équipe de management avec sa chemise sur laquelle gouttent ses cheveux. Un sourire à Richard et je m’approche des deux hommes. « Et vous l’avez étrillé… comme c’est mignon. » Je suis moqueuse, peut-être un brin insultante, mais c’est une façon de montrer que les apparences, je m’en tape un peu malgré mon accent british. Preuve en est mes orteils rajoutant un peu de boue sur la moquette tandis que je m’approche pour tendre une main ferme au pilote. « Ce n’était pas nécessaire, un peu de boue n’a jamais tué personne. » J’hausse un sourcil amusé, consciente que tous comprendront mon allusion à mes pieds nus.

S’ensuivent alors les explications. On me présente d’abord le pédigrée du pilote, que entre nous, je connais déjà par coeur. Sur ce sujet là, j’ai toujours suivi l’enseignement de mon père. Ne jamais arriver dans une négociation sans connaitre le sujet de A à Z, et sans avoir envisagé les différentes possibilités ou éventuelles magouilles de l’adversaire. En gros, être maitre suprême de la situation à dix mille pour cent, et ne jamais laisser la moindre ouverture au doute. Une fois le palmarès mis en avant, l’agent tente de présenter à son poulain les futurs enjeux, tout en négociant avec Debbie. Ça parle, ça parle, mais je n’écoute que d’une oreille. Appuyée sur la table de réunion, mes yeux ne lâchent pas le pilote une seule seconde. C’est ainsi que je l’observe être attiré par le magazine, s’en approcher et contempler quelques photos. Lorsqu’il relève la tête il ne peut que croiser mon regard. Sa remarque me surprend, et je comprends la remarque de Lou. Gentil. Ce type n’écoute même pas les négociations sur son avenir et me vend un autre gars. Ma réponse ne se fait pas attendre. « Oui mais il a été controlé positif il y a 8 ans et roule avec la mauvaise bécane. Il n’est pas fiable. » Je me redresse au même moment où Richard interpelle son poulain pour le faire signer. Quelque chose me déplait. Ce n’est pas comme ça qu’on conclu des affaires. « Un instant s’il vous plait. »Je m’avance tout en prenant des mains du coureur le bloc-note et le stylo, que je pose sur la table derrière moi. Sa question est d’ailleurs des plus pertinente. Me penchant à travers la table je tends la main pour qu’on me rende mon rapport d’analyses, qui ne tarde pas à atterrir entre mes doigts. D’un geste précis je l’ouvre à la page diagramme. Ce fameux diagramme que Colby avait du mal à comprendre. « Asseyez-vous. » que j’ordonne gentiment. Une fois installé je lui met mon diagramme sous les yeux. « Ce chiffre, là, c’est ce que nous avons injecté dans cette écurie l’année passée. Et ça, c’est ce que votre société à gagné. Si vous êtes malin, vous constatez qu’il y a un problème. » Debbie intervint aussitôt, mal à l’aise, mère poule à souhait, du genre que les chiffres ne sont pas les affaires des coureurs. « Jordan je ne crois pas que… » Je lève un doigt intimant le silence. Elle s’exécute. Déjà, elle vient de m’appeler par mon prénom, et ça m’agace. On a pas élevé les cochons ensemble tout appréciée qu’elle soit par ma personne. Je décide de l’ignorer pour me concentrer sur Otto. « Vous n’allez pas simplement faire de la pub Monsieur Winspire. Vous allez être le visage et l’âme de cette Team. Ces chiffres là… doivent s’inverser. Vous comprenez ? » Je pars du principe que si ce type doit porter à lui tout seul l’image de la boite autant qu’il sache dans quoi il s’engage. Je ne veux que lui comprenne. Que lui signe. Pas qu’il obéisse comme un brave mouton néo-zélandais à ce que son agent lui dit. Je ne veux pas de mouton. Je veux des loups. Je récupère donc le contrat pour le lui donner, sans pour autant lâcher le papier. « Lisez ce contrat. Étudiez-le, raturez-le, posez vos exigences, négociez. Je veux que vous sachiez pertinemment dans quoi vous vous engagez. Vous. Pas votre agent. Lui il fait son job. Moi je vais vous demandez plus que votre job. Pas seulement courir, faire des figures et remporter des médailles, non. Vous allez, avec un autre gars, porter une image, une entreprise. Il y a des fortunes en jeu. Alors avant de signer quoique ce soit, réfléchissez bien. » Je m’éloigne, mon portable vient de vibrer, et je m’avance pour le récupérer. « Si vous échouez, toutes ces personnes seront au chômage. » Oui, comme Colby. Les affaires c’est les affaires, et mon père s’emmerdera pas avec une boite qui ne rapporte pas. « C’est une grande responsabilité. Mais si vous acceptez et que vous réussissez, vous ne manquerez jamais de rien. » Chouette !! Mon application m’informe que mon livreur est là ! Mon coeur fait un bon dans ma poitrine. Je ne vais déjà plus être pieds-nu. Maintenant ne restera qu’à faire nettoyer mes bébés. Récupérant ces derniers, et les tenant aussi dignement que possible je déclare haut et fort. « On fait une pause. J’ai besoin d’un thé. » Je me tourne vers Debbie. « J’aimerais si c’est possible, faire ensuite le tour des installations et du terrain de jeu. » Grand sourire que je coule ensuite vers Otto. Après tout, on parle de moto, de gadoue, et de sport. Rester dans la salle de réunion n’est pas vraiment le but non ?
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptySam 18 Aoû - 15:52



Je lance un regard désabusé à Richie qui me présente tandis que la patronne fait une réflexion à mon sujet. Ca se voit tant que ça que je porte des chemises seulement pour les grandes occasions, un contrat, entre autres ? Je ne m’en formalise pas, c’est mon agent qui risque d’être un peu piqué, vu qu’il tenait à ce que je sois présentable. Et alors que je la salue, sa réflexion m’échappe un instant : les mots semblent totalement étrangers à ce qu’elle représente, le pouvoir. Qui de ce monde aime traîner dans la boue ? Elle avec ses jolis vêtements et ses chauss… Ah ! Je comprends et un petit sourire moqueur me vient en jetant un coup d’œil sur ses pieds nus qui ont justement de la boue sur eux. Je me détourne rapidement de la conversation en cours, toute cette paperasse et ces discours, ça a le don de me fatiguer. Richie sait ce que je vaux et ce que je veux, j’ai pris l’habitude au cours des dernières années de lui laisser gérer ça pendant que je me concentre sur le reste.
En voyant ce portrait, je ne peux pas m’empêcher de faire une remarque au sujet de ce gars. Et ça ne tombe pas dans l’oreille d’une sourde. Sa réponse m’interpelle, je fronce un instant les sourcils : elle-même s’est renseignée sur les pilotes pour avoir ce genre d’informations en tête ? Une légère moue qui souligne ma surprise et mon appréciation étire mes lèvres, alors que mon attention est vite détournée par mon agent qui souhaite me faire signer les papiers qu’il tient en mains. Bon, ça aura été vite plié finalement, si on se bouge un peu, j’aurais peut-être le temps de retourner m’entraîner un moment.

Mais apparemment, ce n’est pas du goût de tous et les regards se tournent vers la demoiselle qui arrête tout et fait naître le silence. Elle prend le contrat, le stylo, de mes mains et je la laisse faire, ne comprenant pas trop ce qu’il se passe : je jette un coup d’œil à Richie, qui n’a pas l’air de savoir à quoi cela rime. Je m’assois aussitôt lorsqu’elle me le demande, après avoir vérifié que c’était bien à moi et pas à d’autres personnes qu’elle s’adressait. Installé, mes yeux suivent ses mouvements alors qu’elle tend un document devant moi. Je me penche un peu, de sorte à pouvoir lire ce qu’elle veut me montrer. Des graphiques, et des chiffres. Je soupire silencieusement ; tout ça, je n’y touche pas, jamais, j’ai aucune idée de ce à quoi ça correspond. Elle m’indique un chiffre en m’expliquant ce qu’il représente, puis un autre, et me demande d’en tirer une déduction : c’est pas compliqué jusque là. Je vois où elle veut en venir ; elle n’est pas venue chercher du pilote, elle est venue remblayer les caisses. Chacun son job. Debbie veut intervenir, gentiment, parce qu’elle sait, comme tous ceux ici, que j’ai jamais été concerné par cela et qu’on ne m’a jamais laissé savoir quoi que ce soit. On m’a dit de gagner, de faire ce que je savais faire, c’était ça le plan, jusqu’à présent. Sauf que la jolie blonde en a décidé autrement et la faire taire sur le champ. Jordan, donc. Elle reporte son attention sur moi, et m’explique mon vrai rôle là-dedans. Mes sourcils se haussent légèrement alors que je l’écoute. Je me redresse un peu dans le siège, jetant un coup d’œil à Richie qui ne bronche pas derrière. « Donc, le but c’est de présenter un gagnant irréprochable… » Je soupire un peu. En fait, je ne comprends pas concrètement pourquoi moi ? Parce que j’ai remporté des championnats ? Puis je fais le lien avec ce qu’elle a dit sur le pilote, juste avant. Contrôlé positif. Un gagnant blanc comme neige, qui ne fait pas de remous en dehors de la piste et des circuits. « Pas de scandale, pas de nez cassé, pas d’excès ? Une belle image et des victoires. » Si je compte résumer ce qu’il lui faut pour l’image de l’équipe.
Elle tend le contrat dans ma direction, je m’en saisis mais elle ne le lâche pas pour autant, et répond en quelque sorte à ma question. Puis quand son téléphone sonne, je m’empare des papiers, tout en la suivant du regard alors qu’elle se déplace dans la pièce. Lorsqu’elle évoque la perte d’emploi des personnes ici présentes, je me retourne légèrement sur mon siège pour voir leur tête. Ils restent stoïques mais je peux percevoir l’étincelle de panique briller dans leurs yeux. Et ça m’amuse beaucoup, je me retourne ensuite, et m’empare d’un stylo posé sur le bureau. Je peux demander à modifier ce contrat et ne pas accepter certaines clauses, ou en rajouter, apparemment… Je fronce un instant les sourcils en me tournant vers elle, le corps légèrement plié dans la chaise. « C’est qui l’autre type ? » Ca me rend curieux ces histoires. Jordan finit par un mot encourageant, en parlant de réussite et de ce qui en découlerait. Au fond, il ne me faut pas grand chose, j’ai déjà ce qu’il me faut. Mais bon, tant qu’on me laisse faire mon travail. « Très bien, je vais lire ça et je vous dirai si ça m’intéresse ou pas. » Le ton se veut désinvolte, et je lui envoie un petit sourire ; si elle compte me filer les cartes en main, la demoiselle ne sait pas à quel point je peux être joueur. L’instant d’après, c’est la mine de Richie, qui est outré par le fait que je réfléchisse et que je compte lire ce contrat qui me fait rire doucement, alors qu’enfin, je pose mes yeux sur les lignes écrites devant moi. A peine ai-je lu les cinq premières lignes, qu’elle annonce une pause et un léger sourire moqueur se greffe sur mes lèvres quand je la vois transporter ses talons crottés, du bout des doigts, et qu’elle s’éloigne pieds nus. L’idée qu’elle avance ensuite me séduit, sûrement autant que le sourire qui craque son visage. Je lorgne sa sortie en regardant les gambettes bronzées filer vers la machine, puis je rebaisse le regard : j’ai de la lecture. Stylo en main, je suis les paragraphes, certains termes me sont étrangers mais par déduction j’arrive à comprendre l’idée qui se cache derrière. Au besoin, je demanderai. Rien ne me choque, et quand je vois le montant des primes, mes yeux s’écarquillent légèrement. Qui a négocié un tel tarif ? Si c’est Richie je lui dois un resto. Si c’est pas lui… Je le dois à quelqu’un d’autre. Les conditions posées sur le papier ne me semblent pas surhumaines. Quelques conférences supplémentaires, sûrement des voyages imposés. En soi, ce n’est pas vraiment contraignant. Je termine de lire le contrat lorsqu’elle arrive, avec les autres qui étaient partis en pause également. Richie s’approche avant quiconque, venant me demander ce que je compte faire et me tendant un thé aussi. Je me contente de hausser les épaules, puis lui demande : « c’est toi qui a négocié des trucs là-dessus ? » Il me fait signe que non, le regard bourré de questions. Je hoche doucement la tête d’un air pensif, sans en dire davantage. Debbie vient d’être nommée, ça ne peut pas être elle, et Colby n’en avait rien à faire de moi. Mes yeux se posent sur la jeune femme qui revient avec son thé et.. des bottes en caoutchouc. Je cache mon sourire derrière ma main en la regardant déambuler dans le bureau. J’attends qu’elle reprenne sa place en face de moi, au bureau, puis je lui tends le contrat, en montrant un paragraphe qui stipule que les conditions pouvaient être discutées oralement par le pilote. « Je veux un mécano personnel. J’en ai marre que deux ou trois types différents s’occupent de ma bécane, à chaque fois les réglages diffèrent et je perds un temps fou pour l’entraînement. Un seul mécanicien, qui s’occupe tout seul de ma moto, ça vous paraît raisonnable ? » C’est quelque chose que j’ai réclamé pendant longtemps, et on m’a toujours dit que si chaque pilote avait son mécano, on ne s’en sortirait pas. Sauf que je m’en sors pas avec plusieurs mécaniciens. « Et j’aimerais bien un peu plus de communication vers le pilote, sur les événements, pas qu’on apprenne tout à la dernière minute. C’était n’importe quoi l’année dernière, Richie devait harceler ceux de la comm’ pour avoir les infos. Si vous voulez un investissement personnel, faut qu’on se sente investi aussi. Pour le reste… Je ne vois rien à redire, j’imagine que j’aurai des questions en temps et en heure le moment venu. » D’un regard je la questionne pour savoir si elle souhaite ajouter quelque chose, puis je signe les trois pages, et lui tends, puis lui serre à nouveau la main : je comprends que je suis en affaire avec elle aujourd’hui. « Vous vouliez visiter ? J’ai vu que vous vous étiez équipée. » Je pose mes yeux sur ses bottes et les remonte jusqu’à son visage, l’air amusé et sur le ton de la plaisanterie, j’ajoute : « On a peut-être un casque en rab’ à vous prêter. » Debbie, Richie et les autres me fusillent aussitôt du regard.
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Jordan McGrath
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptySam 18 Aoû - 19:41

D’ordinaire, je devrais dire que perchée sur mes talons, je me sens maitre de la situation. Et là, pieds nus, devant tous ces gens, et tant d’hommes, je pourrais me sentir quelque peu… désabusée. Mais il n’en est rien. Si mes précieux talons m’aident à me sentir grande et puissante, sans eux, je ne perds en rien de ma superbe. Je suis le genre de fille qui assume. Chose qui avait tendance à énerver plus que de raisons mes parents, mes professeurs, ou encore mes tuteurs à l’orphelinat. J’assume de regarder quelqu’un droit dans les yeux, et j’assume le bobard éhonté que je lui sors. J’assume de prendre les gens pour des cons, et j’assume pleinement mon caractère de merde. Cela me donne un aplomb que peu de personnes ont et encore moins les femmes dans le monde des affaires. Voilà pourquoi, mon père, je le sais, veut faire de moi la négociatrice en chef de son empire. Voilà pourquoi, je dois d’abord me taper tout le continent américain pour faire mes preuves. Donc non, je n’ai pas honte de foutre de la boue sur leur moquette, pas honte d’exposer mes orteils manucurés et crottés et la bague minuscule qui orne l’un d’entre eux. Pas honte de montrer mes jambes, et encore pas honte de pleurer ouvertement le décès de mes précieux Jimmy Choo. Alors quand un sourire moqueur se dépeint sur le visage de Monsieur Winspire, j’assume de le regarder droit dans les yeux et de ne pas me sentir offusquée pour le moins du monde.

Les minutes qui suivent, je ne fait qu’écouter et observer. Oui j’observe. J’observe comme on observe un cheval qu’on s’apprête à acheter. On juge la robe, les muscles, les allures, l’oeil, le comportement. On juge tout. Lou m’a parlé de ce garçon. Elle m’en a dit que du bien. Je me suis renseignée, et j’ai vu les scores, les vidéos, les capacités, le potentiel. Mais rien ne vaut une rencontre et un jugement en bon et dû forme, en direct. C’est peut-être méchant, malsain, ou ce que vous voulez, mais je joue mon avenir là. Je joue une entreprise, plusieurs millions de dollars et l’emploi de dizaines de personnes. Je ne peux pas me permettre de me louper, de faire un mauvais choix, ou de suivre ce qu’une copine m’a dit. Non. Ce business, cette affaire, on m’a demandé de le refaire décoller, et je compte bien réussir. Peu m’importe les états d’âme de ceux qui se scandaliseront de la façon dont j’observe celui qui est censé tout sauver. Superman a été jugé lui aussi ! Merde !

Je parle et il écoute. Finalement il conclut de manière… trop simple. « Non. Le but, c’est d’augmenter les ventes de moto cross de 120% d’ici la fin de la saison. Histoire de combler le déficit et de faire des bénéfices. » Si je lâche cette info, c’est pour lui faire comprendre que non seulement nous avons investi dans cette Team, mais aussi dans l’entreprise qui fabrique ses jouets de compétitions. Tout est lié. Absolument tout. Mon père ne se serait pas amusé à acheter une écurie simplement pour le spectacle. Pour ça, il aurait plutôt choisi une équipe de pompon-girls. Une belle image et des victoires. « C’est a peu près ça oui. Après rien ne vous empêche de vous casser le bras. On ne fait pas de guerre sans faire de blessés. Je demande juste à ce que soit spectaculaire et en voltige. » J’ai l’air d’un monstre. J’en ai conscience. Heureusement mon sourire constant et chaleureux permet d’adoucir les mots, du moins j’espère. Avec un peu de chance, ça passe pour de l’humour anglais.

Lorsque mon téléphone vibre, je me jette dessus. Enfin sauvée !!! Il me pose une question et je réponds par l’automatique. « Arthur McMillan. Jeune espoir montant. Score édifiant en Angleterre la saison dernière. Il arrive par avion dans la semaine. » Je souris, puis annonce la pause. Une fois sortie de la salle de réunion, je m’empresse de rejoindre l’accueil où mon livreur express m’attend. Après l’avoir remercié, je lui confie une autre course. Celle de ramener mes talons à une adresse bien précise. Le meilleur pressing de la ville. Mot d’amour, supplications, excellent pourboire, et je confie ma paire de chaussure préférée à un amateur. C’est comme confier une bouteille de vin millésimée à un buveur de bière irlandais. Enfin, je passe aux toilettes, mon colis sous le bras, nettoie rapidement mes pieds puis enfile mes bottes. De belle bottes de ferme noires. Rien de mieux pour patauger dans la boue. J’imagine très bien le look que ça peut me donner avec mon short blanc et mon chemisier. Je dois avoir l’allure d’une festivalière en concert mais hey… à la guerre comme à la guerre. Une fois tout cela fait, je m’empresse d’aller me chercher un thé. Ah !! Glorious tea ! Puis, mon téléphone en main, je passe deux coups de fil, réponds à quelques mails et bientôt l’heure de reprendre la réunion arrive.

Lorsque je reviens dans la salle de conférence, armée de mes bottes de ferme, et de mon thé et je ne peux que souligner le regard amusé de certaines personnes. N’éprouvant aucune honte de quelque sorte et bien consciente du look décalé que j’affiche, c’est tout juste si je lève mes yeux de mon téléphone. Ce dernier ne quitte jamais mes mains. Du moins jamais quand je travaille. Ce n’est que prise de notes sur prise de notes et mes pouces tapotent sur l’écran quai aussi rapidement que les idées fusent dans mon esprit. D’un rapide coup d’oeil je note que tout le monde est revenu, que le pilote à lu son contrat si j’en juge la différente place occupée par les papiers et je remarque même le sourire que le jeune homme tente de cacher derrière sa main. Soit. J’ai affaire à un plaisantin. Mes yeux se reposent sur mon téléphone histoire de vérifier si ce que j’écris tient la route, et tout en faisant, je viens m’asseoir sur le coin de la table. Je pose mon thé à coté de moi, puis lève mes yeux d’azur vers le concerné. Il prend alors la parole tout en me tendant le contrat, ouvert sur une page spécifique. Un coup d’oeil rapide puis je l’écoute avec attention. Tiens, tiens, tiens…  En voilà une idée. Judicieuse en plus. Et en fait, je ne comprends pas pourquoi ses exigences n’ont pas été acceptées avant. Il me demande si ça me parait raisonnable et il me faut toute ma concentration pour ne pas me mettre à sourire. C’est qu’il en serait presque impertinent, et j’aime ça. Après un silence durant lequel je l’ai profondément regardé, je me tourne vers Debbie. Après tout, c’est son business maintenant, ses équipes. « Est-ce raisonnable ? » Elle écarquille les yeux, surprise que je lui pose la question. Je crois qu’elle s’attendait à ce que je gère tout de A à Z. Il faut que je leur essuie le derrière après popo aussi ? Elle se reprend subitement.
« Oui ! Oui, tout à fait raisonnable. On fera ça Otto. »

Mes doigts reprennent leur course effrénée sur mon écran. « Bien. Engagez un chef mécanicien et le nombre nécessaire d’aides. Que les protocoles de réglages de Monsieur Winspire soient mit sur tableau dans l’atelier histoire que tous les mécano savent quoi faire. » Je marque une pause pour observer Debbie, puis Otto. « Un. Un chef mécano. Qui chapeaute le tout. Est-ce que ça vous parait raisonnable ? » Le sourire me brule les lèvres tandis que la question s’adresse directement au pilote.
A sa requête suivante je lâche un « Alleluia. » pour moi-même tout en attrapant mon thé pour en boire une gorgée. Inutile de rajouter des commentaires. Sa requête est concise et ma remarque est claire. Si il y a un truc que je ne comprends pas c’est bien le manque de communication. Je n’intègre absolument pas pourquoi les pilotes ne sont pas au courant de ce qu’on leur demande de faire, alors qu’ils sont l’essence même de leur Team. Je n’ai, personnellement pas été élevée comme ça. Dans ma famille on se dit tout. Absolument tout. J’ai ma mère bien une fois par jour par texto et mon frère tous les trois jours au téléphone. Quant à mon père… sérieusement, pour qui croyez-vous que ces prises de notes sont ? Chaque soir, voir quasiment en temps et en heure, mon père reçoit un rapport des affaires que je négocie pour lui. Communication. Voilà la clé d’une bonne équipe, quel que soit le domaine. Debbie a parfaitement compris mon allusion, et s’empresse donc de rassurer ma tête d’affiche.
« Nous ferons le nécessaire Otto. Nous allons veillez à ce que nous communiquions plus, entre nous, et avec toi. »

Elle a intérêt, sinon je lui pète les dents. Je n’accepterai pas de perdre d’autres millions dans cette boite. Quand je relève le regard, je constate que Monsieur Winspire m’observe. Il m’interroge du regard. Non je n’ai rien à ajouter. Et vous ? Finalement il attrape un stylo, signe les documents qu’il me tends ensuite. Je lâche enfin mon téléphone pour récupérer le contrat et serrer la main du jeune homme. La remarque qu’il me sert ensuite et le regard qu’il porte à mes bottes ont aussitôt fait de réveiller la joueuse qui est en moi. Oui. J’ai bien affaire à un impertinent. Toutefois, je suis sur mon lieu de travail, et aussi détendue que je puisse paraitre, j’ai moi aussi une image à conserver. « Talentueux, exigent et observateur. » que je murmure en l’observant intensément. « A croire que j’ai misé sur le bon cheval. » Aussitôt je saute de la table, et récupère mon téléphone et le contrat. Je tends ce dernier à Debbie, ce qui me permet d’esquisser un sourire des plus amusés à sa remarque suivante, sans qu’il ne me voit. Je pourrais répondre à son allusion que le seul casque que je mets sur ma tête c’est pour monter à cheval, ou que les seuls bécanes que je monte sont des taureaux mécaniques, mais encore une fois… je suis sur mon lieu de travail… Au lieu de quoi, je me retourne pour lui adresser mon plus beau sourire. « J’ai déjà bousillé mes pieds, on va passer pour cette fois pour la coiffure. Il me reste encore un peu de dignité. » Je lui adresse un clin d’oeil, puis sort de la salle comme une reine.

Une fois arrivée sur le terrain, un sentiment de victoire m’envahit lorsque mes bottes foulent la boue. Mouahaha !! Tu ne m’auras plus vilaine gadoue ! Je suis comme une enfant qui vient de remporter une victoire puérile sur un élément dont elle n’a absolument pas le contrôle. Et même si j’en est conscience, peu m’importe, je gagne et ça fait du bien. Une fois que le pilote arrive à mon niveau, je ne peux m’empêcher de me demander ce que peut ressentir cet homme en faisant des figures avec sa moto sur ce type de terrain. « C’est donc votre terrain de jeu. » Constat évident. Je coule alors sur lui un regard aussi espiègle que ce qu’il a bien me couler un peu plus tôt. Et le détaille de bas en haut. « C’est marrant, vous n’avez pas du tout l’allure d’un pilote de FMX. » Je m’éloigne alors en pouffant de rire, trop fière de mon humour britannique, et m’empresse d’emboiter le pas au personnel de piste.
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptySam 1 Sep - 14:17



Une chose est sûre, la franchise fait partie des qualités de la patronne. Lorsqu’elle annonce clairement qu’elle s’en tape d’un bras cassé, tant que ça se fait en compétition… Ca donne tout de suite le ton. Mais je ne m’en offusque pas ; j’aime autant avoir affaire à quelqu’un comme elle, qui ne se cache pas de ses objectifs et qui s’investit, plutôt qu’un type qui ment en essayant de jouer le bon pote et en a rien à carrer à côté. Elle pose les bases, et je les aime bien, ses bases. La preuve, je ne rétorque rien et accepte les paroles en silence, sans rajouter quoi que ce soit. J’ai aussi quelques questions, et elle répond sans filtre, sans détourner le sujet ou me sortir que ça ne me regarde pas, et là encore, j’apprécie. Alors le type qui me rejoint est un Anglais. McGrath va donc chercher dans sa patrie : impossible de passer à côté de son accent britannique. Lorsqu’elle précise qu’il arrive par avion, j’ai envie de lui rétorquer qu’heureusement, puisque le type n’est pas supposé être champion de natation pour venir ici à la nage.. ha-ha-ha. Elle était nulle. J’ai bien fait de me taire.
La pause retentit, et alors qu’ils sortent tous de la salle, je reste ici à lire le contrat, comme on me l’a demandé. Première fois de ma vie que je dois lire ces petites lignes sans avoir Richie qui me traduit tout à côté. Je jette un coup d’œil vers les personnes qui se pressent à l’extérieur : tu m’étonnes, l’autre vient de se faire virer, Debbie passe directrice, et la big boss a fait le déplacement. Et je suis là, en plus ! Fait étonnamment rare pour être souligné. On m’attend sur la piste, et pas ailleurs. Les types connaissent mon nom mais n’ont jamais vu à quoi je ressemblais sous mon casque… Et pourtant ! Je leur assure une part de leur salaire mine de rien.

Mon regard suit l’entrée de la patronne suivie de près par ses subordonnés. Elle a l’air de s’être équipée pour le terrain, cette fois-ci. Je dois admettre qu’elle est jolie à regarder, cette jeune femme, et avec ces bottes là… Ca retire un peu de l’autorité qu’elle dégageait jusqu’à présent. Même pieds nus. Maintenant elle a un petit look qui casse totalement son image, et ça me fait sourire avec amusement. C’est fou comme les apparences changent les perceptions qu’on peut avoir. Alors, c’est à mon tour d’exposer ce que je pense et ce que je veux, selon les libertés que propose le contrat. Richie doit être angoissé de savoir que c’est moi qui vais négocier cette histoire ; je suis certain qu’il est allé parler à Debbie durant la pause, pour essayer de faire changer d’avis Jordan McGrath. Mais, je crois que ça ne prendra pas. D’ailleurs, cette dernière me fixe durant de longues secondes sans rien ajouter quand j’expose ma demande : un mécano personnel, c’est pas compliqué ! Et sans un mot, elle se tourne vers Debbie, reprenant ma question. Mon regard qui était posé jusque là sur la nouvelle directrice se dirige sur la jolie blonde ; un sourire étire légèrement mes lèvres et j’ai envie d’ajouter « Oui, Debbie, est-ce raisonnable ? » puisque la Britannique semble dotée d’humour. Mais encore une fois, je fais l’impasse, je sens bien que l’ambiance n’est pas à la plaisanterie et que tous sont tendus à mort. Sauf moi, parce que ma place est assurée – et parce que je ne suis pas d’un naturel anxieux, faut le reconnaître… Et sauf la boss qui commande tout.

Debbie accepte sans discuter ma proposition, et un léger sourire satisfait flotte sur mes lèvres. Je coule un regard dans la direction de Mademoiselle McGrath et me dis qu’elle a vraiment bien fait de venir dans le coin. Elle a les yeux rivés sur son écran de téléphone et ses doigts pianotent tandis qu’elle donne des indications parfaites à respecter pour les mécaniciens. Pile ce que je voulais et qu’on ne m’a jamais accordé. Lorsque ses iris céruléens me frôlent à nouveau, je remarque une once de malice et je ne peux dissimuler la mienne en l’entendant. Me laissant tomber dans la chaise, je lui adresse un sourire plus charmeur que nécessaire et réponds du tac-o-tac : « Parfaitement raisonnable. Et j’ajouterai, nécessaire ! » Je lance un coup d’œil dans la direction de la RH qui n’a jamais voulu augmenter les effectifs. Toc, ma vieille, j’ai Blondie de mon côté ! Et lorsque j’en rajoute une couche, la réaction allant dans mon sens ne se fait pas attendre, et j’en suis bien content. Enfin quelqu’un qui va faire bouger les choses ! Debbie se réveille aussitôt aussi sur ce point, et ne rechigne pas à ma demande : on va me tenir au courant. « Super Debbie, je savais que je pouvais compter sur toi ! » je lui lance gentiment, armé d’un sourire charmeur qui fera son effet sur la quarantenaire. Je suis à la limite de lui réclamer un high five mais je m’arrête à temps, et remets sagement mon contrat. Par contre, je ne m’empêche pas de taquiner la patronne, ce qui n’est pas du goût de tous, vus les regards que je remarque ensuite. Mais je m’en tape. Je suis concentré sur ce qu’elle me murmure, et mes yeux pétillent d’amusement. « Bon pari. » j’ajoute sur le ton de la confidence, sûrement un peu trop joueur pour le coup, mais je vois qu’il y a du répondant en face, et peu importe son statut, elle est humaine avant tout, non ? Je l’observe quitter son assise sur le bureau, et malgré moi, mon regard traîne légèrement sur elle. Je détourne le regard, juste avant de la relancer sur le ton de la plaisanterie. Quoique si elle est partante, je vois pas le problème ! Elle me fait alors face, et je remarque aussitôt son charmant sourire, encore une fois. Je crois que c’est la plus jolie femme que j’ai vu traîner dans les bureaux jusqu’à présent. Et elle m’a à la bonne ! Un léger rire m’échappe lorsqu’elle dit rattacher sa dignité à son brushing, puisqu’il ne lui reste que ça, apparemment ! Son clin d’œil ne passe pas inaperçu, et je reste un instant scotché, sentant le charme de la demoiselle agir. Heureusement, c’est la patronne, et cette image me calme immédiatement. « Je suis certain que même l’effet décoiffé vous va ! » Richie qui est dans son dos me fait signe qu’il va me saigner. Et avec amusement je hausse les épaules d’un air détaché tandis qu’elle se dirige vers la porte pour sortir de cette salle de réunion. Mon agent s’approche et me laisse comprendre que j’abuse carrément. « T’es qu’un jaloux parce qu’elle m’apprécie et pas toi. Je t’ai vu mater son cul. » Il lève les yeux au ciel, comme si je racontais n’importe quoi, mais le bougre ne s’est pas gêné ; aucun des types dans la salle n’a raté l’occasion de poser les yeux sur les fesses de la jeune femme quand elle leur a été donnée ! On reste légèrement en arrière, tandis que Debbie et ses acolytes entourent Jordan McGrath jusqu’au terrain. Il y a un type qui s’entraîne et qui vient de s’arrêter en voyant tout ce beau monde débarquer. Pas de chance pour lui… Je le regarde repartir dans l’autre sens, s’éloigner de l’autre côté pour profiter d’une petite rampe sans gêner la troupe qui vient de se ramener. J’aperçois la jolie blonde qui évolue dans la terre battue et la boue, avec ses bottes aux pieds, en train de piétiner le sol distraitement. Je m’approche, un sourire amusé sur les lèvres en la regardant faire. Elle me remarque et m’adresse la parole. D’un mouvement de tête je confirme, et j’ajoute : « Pourquoi, vous ne le trouvez pas sympa, ce terrain de jeu ? » Puis je la vois me détailler, et lorsque ses iris croisent les miens, je me laisse un peu plonger dedans. Et toc, elle me tacle, sans que je ne m’y attende ! Fière d’elle, je la regarde s’éloigner un peu, marchant d’un pas assuré, alors qu’elle s’approche des types en train de vérifier les installations. Debbie et les autres piétinent, mal équipés, dans la boue, lorgnant jalousement sur les bottes en caoutchouc de leur supérieure. Je vois les types reluquer la blonde avec un manque de discrétion aberrant, puis me pointer du doigt. Qu’est-ce qu’ils ont ceux-là ? Je m’approche, les sourcils légèrement froncés. « Otto, explique-lui ce qu’on fait, on n’a pas le temps nous ! Dis à la demoiselle de se pousser aussi ! » Je coule un regard vers McGrath et hausse les épaules. D’un geste naturel, sûrement un peu trop vus nos statuts, je plaque une main derrière son épaule pour la faire déraper d’ici. « Venez, au lieu de vous expliquer leur boulot, vous allez m’expliquer en quoi je n’ai pas la dégaine d’un pilote de FMX. » Un sourire glisse sur mes lèvres avant que je n’ajoute : « Il a l’air de quoi, par exemple, votre compatriote qui nous rejoint bientôt ? » Je retire ma main et l’enfonce dans ma poche, après m’être rendu compte, réellement, de la familiarité du geste. C’est la patronne. « Vous n’êtes du genre à faire du favoritisme au moins ? » Toujours se méfier des Britanniques ! Mes ancêtres étaient Irlandais lorsqu’ils sont venus en tant que colons en Nouvelle-Zélande, enfin du côté de ma mère. Mon père, on s’en tape. Peut-être bien qu’il était Anglais celui-là. Je m’arrête un instant en contemplant les rampes qui sont devant nous, d’où les pilotes se propulsent dans les airs. « Vous faites un peu de bécane ? » Je demande sérieusement, mais avant qu’elle n’ait le temps de répondre, je commence à rire et à dire avec amusement : « Ah non, c’est pas compatible avec le brushing ! »
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptyMer 5 Sep - 13:42

Mon look de festivalière porté comme une reine, je me surprends même à songer à ma semaine à Coachella d’il y a deux ans. De la boue à perte de vue, tous crado jusqu’aux oreille, mais une ambiance de folie. Voilà ce que m’évoque le suintement de la boue sous mes pieds. Ce souvenir m’arrache presque un sourire carnassier, et j’ai soudainement envie d’embarquer mon frère dans le prochain festival de malade qui se présentera… Toutefois, mes rêveries s’arrêtent bien tôt, puisque n’étant pas en vacances mais sur mon lieu de travail, je suis bientôt rejointe par les têtes pensantes de cette écurie de FMX, et leur fougueux poulain. Je dis fougueux, oui, car soyons francs, ce jeune homme est un impertinent. Il est d’une répartie culottée et d’un humour audacieux. Un brin cavalier, effronté, plaisantin, taquin, et tant d’autres adjectifs qui me passent par la tête concernant son charme insolent. Ce gars, a osé me faire du rentre dedans devant tout une assemblée. Ne croyez pas que je sois stupide. Je sais très bien à quoi rythmait son compliment sur mon coiffé-décoiffé. Le compliment était limite déplacé devant un tel conseil d’administration et encore plus devant une patronne qu’il ne connait que depuis quelques minutes. Son boss s’est fait dégager sans cérémonie, et lui, semble si sur de lui, si droit dans ses godasses que c’en est indécent. C’est dangereux, impudent. Mais je dois admettre, j’aime. Même si ça agace un brin la chargée d’affaire en moi. Toutefois, il ne tarde pas à me rejoindre et je me fais un plaisir de le jauger comme on jauge un cheval avant de lâcher un commentaire moqueur sur sa tenue. Sa tête vaut le détour et c’est amusée comme jamais que je m’éloigne de lui. Mes pas me conduisent vers l’atelier où j’observe des mécaniciens triturer une moto. Ils semblent agacés et en pleine galère. Je passe, observe, flâne… curieuse. Les regards que me jettent ces types ne m’offusquent nullement. Ce serait comme être scandalisée du regard que nous jette un chien tandis qu’on tient une saucisse fraiche en main. Non sérieusement. Je sais à quoi je ressemble, merci. Sans vouloir être arrogante ou prétentieuse, j’ai conscience d’avoir été gâtée par mère nature, et je connais mon potentiel génétique. Alors non, je ne m’offusque point du regard désespérément salace que peuvent me jeter certains mâles inconsolable… Otto finit par me rejoindre une nouvelle fois. Un vrai petit chiot celui-là. Joueur et collant. C’est alors que j’étends la remarque des deux compères.


J’hausse un sourcil surpris et déconcerté. A tel point que ça m’en fait limite rire. Non mais il est sérieux celui-là ? Il sait à qui il parle au moins ? La Crazy Jodie qui se cache en moi -toujours présente celle-là- rêve soudainement de lui faire remonter les dents par le nez avant de le rouler dans la boue comme un cochon. Mais en professionnelle responsable et arnaqueuse semie-professionnelle, je gratifie l’idiot d’un sourire et joue à la plus blonde de toute. « Oh pardonnez-moi. » Je laisse alors Monsieur Otto Winspire me prendre par l’épaule et me guider un peu plus loin. Quelque chose en moi s’agite comme un chaton, ronronne de plaisir et grogne d’avidité à la bataille qui se prépare. Certains ici ont tendance à me prendre pour une blondasse de première zone, d’une bourgeoise crétine et une bureaucrate sans cervelle. Trésors… vous ne savez pas sur qui vous êtes tombé. Laissant le requin en moi ruminer sa future vengeance, je m’attache aux paroles de mon sauveur de chiot. Il me relance sur son look de pilote. Un sourire amusé nait sur mes lèvres. « Je parlais de votre chemise et de vos cheveux fraichement lavés. Mais si vous le prenez pour une vérité générale, c’est à vous de voir. » Soudain je fronce les sourcils, réalisant que… « Ceci dit, ça voudrait dire que j’ai misé sur le mauvais cheval. » Je le regarde, moqueuse et interrogatrice. Ai-je tord ou raison ? Il ôte alors sa main de mon épaule, réalisant certainement que non, nous n’avons pas élevé les poules ensemble, et me questionne sur le jeune prodige que je fais venir d’Angleterre. Lui faisant face, j’éclate alors de rire. « Bien sur que je fais du favoritisme. God save the Queen Darling ! » Seigneur, sa tête… Non c’était trop tentant… Je le suis alors jusque devant les rampes. C’est haut c’est raide. C’est impressionnant. Je note une nouvelle fois toutes les compétences physiques et mentales que demande une telle discipline. J’en suis admirative. J’ouvre alors la bouche afin de répondre sincèrement à sa question. Toutefois il me surprend par sa remarque. Sale petit impertinent. J’éclate de rire. Bien joué sale gosse. Je plante alors mes yeux azur et plein de défiance dans ses prunelles. « Sachez, Monsieur. Que non, je n’ai pas peur de me décoiffer. » Comprend ce que tu veux… Puis j’ajoute. « Mais non, je ne fais pas… de bécane. Du vélo, du cheval, du chameau, mais pas de moto. » Et oui mon gars… J’ai bien envie encore une fois de mentionner le taureau mécanique, mais là ce serait carrément déplacé, et contrairement à lui, je n’oublie pas ma place. Cependant mon regard s’attarde longuement sur son visage, fort agréable à regarder d’ailleurs. En fait, ce n’est pas faute de ne pas l’avoir contempler auparavant. Avant de le citer au conseil, j’ai fait mes devoirs. J’ai lu tout ce qui pouvait se lire sur internet à son sujet, vu toutes les photos qu’il pouvait y avoir. Je sais qu’il est sensible, qu’il est téméraire, qu’il a une réputation de tombeur, qu’il est tatoué… Mais ce que j’ai appris sur lui durant cette réunion, contraste pleinement avec ce qui se dit dans les magazines. Je détache alors mon regard pour le porter sur les rampes. J’inspire profondément, songeuse. « Qu’est-ce que ça fait ? Là haut ? » Un coup d’oeil puis de nouveau je regarde les rampes, la piste, les bosses, le gars qui s’entraine plus loin. « Qu’est-ce que vous ressentez quand vous faites vos figures et que la foule vous acclame ? » Oui je suis curieuse. Ce doit être une sensation proche de celle d’un rockeur qui entre en scène. Du moins c’est comme ça que je me l’imagine. Une sensation grisante. Certainement…
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptyDim 9 Sep - 21:21



C’est très étrange. Il y a un contraste saisissant chez cette nana duquel je suis témoin, mais que j’ai du mal à expliquer. Elle représente la hiérarchie à laquelle nous devons rendre des comptes ; elle l’a prouvé en arrivant et mettant à la porte notre directeur, nommant une autre personne et réorganisant tous les plans. Elle semble savoir ce qu’elle fait et maîtriser à la perfection son rôle et se sentir bien à la place qu’elle occupe. Dans le même temps, je n’aurais jamais parié sur elle en la voyant évoluer maintenant sur la piste. L’œil curieux de tout, les pieds qui trépignent légèrement dans la boue… Elle ne ressemble plus à la femme d’affaires qui se trouvait dans les bureaux. Et bien que je n’ai pas de problème à me comporter de la façon la plus naturelle, peu importe qui se trouve en face de moi, j’arrive à noter ces différences en l’observant faire. Bon peut-être que je la mate un peu. Mais… Elle est jolie, cette fille, ce serait dommage de se priver de poser un regard sur elle. Après tout, je ne fais rien de mal. Et elle sait ce qu’elle vaut ; ça se voit aussi. Et ce n’est pas pour me déplaire. Mais on s’en fiche, c’est la patronne qui vient surveiller ses comptes, qui m’a fait signer le contrat désiré, et basta. Une patronne en bottes en caoutchouc quand même…
Si bien que les gars ne comprennent pas à qui ils s’adressent en réalité ! La réaction de la demoiselle m’étonne un peu, c’était l’occasion de faire briller son badge de supérieure et à l’inverse, elle s’excuse, amusée de la situation apparemment. Je fronce légèrement les sourcils, mais je n’ajoute rien, la laissant faire comme bon lui semble.

Elle répond à ma question, et je jette un coup d’œil à cette chemise que m’a refilé Richie. Je soupire, un sourire amusé malgré moi flottant sur mes lèvres, alors qu’elle fait mine de revoir ses positions. Je me demande si elle est sérieuse en disant cela, et la sonde un peu du regard afin de savoir, mais elle finit par en rire, alors je ne me renfrogne pas. Haussant les épaules, je réponds : « Mes titres parlent mieux qu’une chemise dont m’a affublé mon agent. Elle n’est même pas à moi… » je finis par dire, amusé qu’on me travestisse pour un rôle que je ne suis pas capable d’endosser : le sérieux ne me correspond pas, et chemise ou pas, c’est toujours le même type qu’on trouve sous ces fringues. Pour le plus grand malheur de Richie, je le concède ; je suis certain qu’il a frôlé la syncope une ou deux fois durant la réunion. Ca m’amuse. « Vous voilà rassurée, j’espère ! » je rajoute en voyant sa mine un peu froissée par ses sourcils froncés.
Je me renseigne légèrement sur la nouvelle recrue, je n’ai pas envie d’en savoir bien plus, je préfère me faire une idée en voyant la personne directement, mais… Je me méfie de l’esprit patriotique des habitants outre-Atlantique. Je la pointe d’un doigt accusateur, agrémenté d’un rire et m’exclame : « J’en étais sûr ! » Le ton de la plaisanterie est de mise, mais il y a un fond de vérité malgré tout.

Puis je m’intéresse un peu à elle, pour savoir si elle touche un peu à la moto, et si de ce fait, elle a déjà tâté à la motocross. On ne sait jamais, les filles en font aussi ! Mais malgré ma question sérieuse, le naturel revient au galop et je lui assène un petit coup mesquin, le regard pétillant de malice, et je suis plutôt fier de moi en la voyant rire aux éclats. Et je la trouve encore super jolie, quand elle rit. On l’aura compris, cette nana est canon. En plus d’avoir de l’humour et une bonne place. Etrange de ne pas voir une bague ornée son annulaire, j’aurais parié sur le contraire. C’est à mon tour de rire, amusé par sa réplique et son aplomb alors qu’elle me fixe droit dans les yeux. Elle m’avoue alors ne pas pratiquer, je hausse les épaules, retenant la réflexion qu’il n’est jamais trop tard, alors qu’elle me liste ce qu’elle préfère monter habituellement. Je la regarde, un peu interloqué : « Du chameau ? Ca pue ces bestioles, non ? » Puis le son d’une moto attire mon attention, et je regarde au-dessus de sa tête au loin, alors qu’un type est en train de faire fumer une bécane dans les stands des mécanos. Gros problème là-bas. Sa question me tire de ma contemplation, et je mets une petite seconde à comprendre de quoi elle me parle. Je suis alors son regard qui se pose sur l’une des rampes. J’enfonce les mains dans les poches et hausse légèrement les épaules, un peu surpris par son interrogation. Je regarde la rampe, puis la réception derrière la bosse, en écoutant la question suivante. Un petit sourire en coin me vient, et je reste encore un peu silencieux tout en contemplant le domaine où je m’exprime le mieux. « Souvent, je pense au gamin que j’étais, qui rêvait de ça, mais qui n’aurait jamais pensé en arriver là. » Je hoche la tête pour moi-même. « La foule est là pour encourager, elle applaudit quand on réussit, mais… Peut-être que ça va paraître égoïste, prétentieux ce que je vais dire, mais en fait je ne cherche à faire plaisir à personne d’autre qu’à moi. » Je tourne un instant le regard vers elle, pinçant les lèvres. « Je cours pour l’équipe, pour vous, je le sais, mais le plus heureux là-dedans quand je gagne, c’est moi, parce que je fais ce pour quoi je suis le meilleur, ce que j’aime le plus. C’est pas un métier, c’est une passion. » Un grand sourire étire mes lèvres sous la confession de la chance que j’ai de faire ce que j’aime, avec plaisir, même si ça comporte des risques, même si ma carrière ne sera pas éternelle. Peut-être que le petit nouveau va m’en mettre plein le museau, peut-être que ça va me donner envie de lui montrer de quoi je suis capable après toutes ces années à baigner dans ce milieu. « Le premier saut est toujours flippant. Quand je démarre j’ai toujours cette sensation au creux du ventre ; une fois que le saut est passé, je prends que du plaisir. C’est satisfaisant, c’est grisant. Je me sens vivant ici. » Rien que d’en parler, je peux parfaitement imaginer la sensation qui se glisserait en moi à cet instant précis. Le casque sur la tête, le pied sur l’accélérateur et le regard posé au loin. La foule qui scande le nom, et la voix des commentateurs dans les haut-parleurs. « Vous avez déjà assisté à une compétition de ce genre ? » Curieusement, je crois qu’elle va me dire non. Son regard est trop avide de détails alors qu’elle scrute ce qui l’entoure. Je sens mon téléphone vibrer dans ma poche, et vois le nom de ma mère s’afficher ; je fronce un instant les sourcils… Ah oui, c’est déjà samedi matin à la maison. Je m’excuse et me tourne, m’écartant d’à peine deux mètres de ma patronne. « Salut m’man ! Je suis au travail, je… » Elle s’excuse en m’interrompant, mais m’explique pourquoi elle m’appelle : elle veut de mes nouvelles, je ne lui en ai pas beaucoup donné depuis que je suis rentrée à Los Angeles et elle s’inquiète. « T’en fais pas pour moi, j’ai retrouvé les copains ici. Et puis… » Je me tourne légèrement en regardant Jordan McGrath qui se tient non loin, un petit sourire amusé sur les lèvres. « J’ai un nouveau contrat pour le FMX. Oui je sais, je sais ce que tu préférerais mais c’est chouette ce qu’on me propose. Ecoute, je te rappelle tout à l’heure, je sais pas exactement quand.. Oui, bisous. » Je raccroche, et fais un pas dans la direction de la patronne, une moue dubitative imprimée sur le visage, secouant mon téléphone avant de le ranger. « Ma mère. Elle… Elle n’avait pas l’air d’être enchantée de savoir que je signais encore. Moi si. » Voyant le groupe des autres membres du conseil approcher dans notre direction, j’hésite puis glisse doucement à la blonde qui se tient à côté de moi : « Merci d’avoir pensé à moi. » Un dernier sourire, puis je m’éloigne légèrement, retrouvant Richie qui me surveille assidument, et voyant Debbie fondre sur sa supérieure.

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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptyDim 30 Sep - 12:23

Si j’ai déjà vu des compétitions, je dois avouer que ce n’est pas la même que de fouler le terrain lorsqu’il est vide. C’est comme assister à des courses, puis ensuite marcher longuement à coté du cheval et son jockey lorsque l’hippodrome est vide de tout public. On se sent privilégié, seul, et intimidé. On foule le territoire d’un univers qui nous est profondément étranger. Le public n’a rien à voir avec l’athlète. Il ne fait que voir et s’extasier. Il ne comprend pas, ne ressent pas, ne perçoit pas. Alors toucher du bout des doigts ces sensations, c’est… sacré. Je m’en estime heureuse, et j’ai un profond respect pour ces sportifs qui passent leur vie à s’entrainer. C’est pourquoi il était important pour moi de découvrir le terrain de jeu de mon coureur. Et le fait qu’il m’accompagne ajoutait un plus. Je crois que je l’aime bien ce gars là. Il a de la répartie, un esprit vif et ne semble pas intimidé. Rien de plus énervant que des crevettes qui tremblent. Et après les discours qui font peur suite au licenciement de Colby, je me laisse un peu plus aller au naturel et à la découverte des lieux. Ma conversation avec Otto Winspire s’en ressent et devient plus légère. Va falloir qu’il arrête de taquiner celui-là ou ça risque de mal finir… Je l’ai attaqué sur sa chemise, et il se défend en disant que de toute façon ses scores parlent pour lui. En effet. Et puis la chemise n’est même pas lui. Dieu merci. Non parce que franchement c’est d’un manque de gout. Je ne suis pas du genre à me saper qu’avec des vêtements de créateurs -petite pensée pour mes feu Jimmy Choo- mais je dois admettre que j’aime la mode. Et même si le look jean-basket me convient bien, il y a des choses qui s’accordent et d’autres pas. On est d’accord ? On est d’accord… Et s’il veut me savoir rassurée, je ne réponds pas, hormis par un sourire. Je la joue mystérieuse, et c’est marrant. En même temps, mon rôle de boss, ne me permet pas de m’étendre plus que ça. Il enchaine avec la nouvelle recrue. Arthur McMillan, anglais. Comme moi.
Je me fiche qu’il pense que je fais du favoritisme ou pas. En fait s’il le croit c’est tant mieux, parce que ce n’est absolument pas mon genre. Je crois que je l’ai prouvé un peu plus tôt non ? Je suis du genre implacable en affaires. C’est juste que du haut de ses dix-huit ans, Arthur McMillan a tout d’un champion. Il est jeune, mignon est extrêmement doué. Tout ce qui lui manque c’est une équipe derrière lui pour lui permettre d’exprimer son talent, ainsi que des encouragements pour prendre confiance en lui et en ses capacités.

Otto me questionne alors sur mes activités. Est-ce que je fais de la moto ? Seigneur non. Je n’en ai ni la capacité physique et encore moins mentale. Je suis du genre tête brulée oui, mais je crois que ce genre de trucs.. Enfin ce que lui fait sur sa bécane, ça me ferait bien trop peur. Au lieu de quoi, je mentionne tout ce que j’ai pu monter auparavant, en dehors d’une bécane et sans préciser les hommes, ni le taureau mécanique. mdr Et ce qu’il retient c’est le chameau. J’éclate de rire.

« Oui… assez… Mais je suis sure que vous même ne devez pas sentir la rose après un run. » Elémentaire mon cher Watson. En même temps vu déjà les protections qu’ils ont, plus l’adrénaline, la tension du corps pour maintenir la moto dans les voltiges, la pression des juges et du public, tu m’étonnes que ça doit transpirer la-dessous. Mais je m’égare là je crois…
Je le questionne alors sur les sensations lorsqu’on voltige. Je vous l’ai déjà dit, je reste admirative de ces athlètes de l’extrême et de leurs performances.
Sa réponse ne se fait pas attendre et je ne suis pas déçue.
Il devient nostalgique et je dois bien avouer que j’en ai des frissons. La façon dont il parle de son désir, de ses sensations, de ses rêves. Ça a quelque chose à la fois de touchant mais aussi d’enivrant. Lorsqu’il se tourne vers moi je lui rends son regard, l’écoutant attentivement me parler de son égoïsme. Je comprends et j'approuve totalement. « Vous avez de la chance monsieur Winspire. Peu de gens peuvent vivre de leur passion. Savourez chaque instant. Et restez au top. » Un petit rappel à l’ordre. Non seulement pour lui remettre dans le crâne qu’il bosse pour moi, et que je ne tolèrerai pas l’échec, mais aussi que face à des poulains montants comme McMillan, il a tout intérêt à rester au niveau s’il veut continuer à vivre de sa passion. Ce genre de carrière peut s’arrêter tellement vite.

« Vous avez déjà assisté à une compétition de ce genre ? » Je le regarde longuement, les mains dans les poches de mon short. Il s’attend certainement à ce que je lui réponde par la négative. Parce que je suis ce genre de fille non ? La jolie blonde britannique, fille de riches qui se fringue en Chanel et Louboutin. J’apparais certainement plus proche de Paris Hilton que l’américaine moyenne marchant pied nus dans la boue. Dingue les a priori que les gens peuvent avoir sur les britanniques… On apparait comme un peuple coincé alors qu’en réalité on est bien plus festifs que ces colons de bas étages. « J’ai bien recruté McMillan non ? Et vous. » Quoi ? S’il pense que je l’ai fait sur catalogue ou par agent intermédiaire… « C’était pas mal du tout à Daytona. Mais j’ai été déçue de vos score à Sturgis. Heureusement que vous vous êtes rattrapé sur le second run. Mais vous avez eu chaud. » D’un coup d’oeil je lui fais comprendre que oui, j’étais là, et oui je sais de quoi je parle, et oui, ça fait un moment que cette prise de contrôle de la boite se prépare. La moto, ce n’est vraiment pas mon truc de base. Mais mon père adore sa Harley, et en passionné de sport, voir obsédé, il nous a toujours trainé dans une tonne d’endroits plus fous les uns que les autres. Toutefois, lorsqu’on me donne une mission, je m’implique à fond. Et ce, même si ça signifie en apprendre le maximum sur un domaine dont j’ignore les rouages. C’est comme ça qu’on fait des affaires dans ma famille. On en apprend le maximum, on gagne une, deux ou trois longueurs d’avance, et on maitrise ainsi notre sujet de A à Z. C’est ainsi qu’on a pas de surprises, qu’on esquive les magouilles, et qu’on dégage les menteurs. Parce qu’en plus de ça, je sais de quoi ça a l’air. C’est un milieu masculin, et je suis une petite blonde perdue loin de son pays natal. Et bien non…

Son téléphone sonne et je m’éloigne un peu. De loin j’observe les trois hommes qui m’ont demandé de me pousser. Enfin.. qui ont demandé à Otto de me pousser. Eux ils ne perdent rien pour attendre. Je sais qu’une occasion se présentera où je pourrais les rembarrer habilement. Mon oreille capte des bribes de conversation. Il est… avec sa mère ? Un sourire nait sur mes lèvres, et puisqu’on parle parents… Je sors mon portable de ma poche et constate avec effroi une dizaine de nouveaux mails, et autant de textos. Soupires…  Je parcours le tout rapidement, jugeant ce qui est important et ce qui ne l’est pas. A ce rythme là, va falloir que je me trouve un(e) assistant(e). Avant l’assistante c’était moi, mais là, j’ai du mal à tout mener de front. Mais en même temps, je me vois mal déléguer. J’aime trop tout contrôler.

Lorsque Winspire revient vers moi, il se justifie, s’excusant presque. Bah c’est une maman. C’est normal. Enfin je crois. La mienne me textote tous les jours. Soudain, je reste interdite. Il me remercie. J’en reste surprise oui. Ce mec est d’une sensibilité au final. Il prend ce contrat comme un cadeau, et je ne suis pas bien sure sur l'instant, qu’il en ait compris tous les enjeux. A cet instant précis je n’hésiterai pas à le sacrifier sur l’autel si ses résultats ne me convenaient pas. Et pourtant, sa façon de me remercier me touche. Je le regarde alors s’éloigner, me demandant qu’est-ce qu’ils peuvent bien foutre dans le lait maternel en Nouvelle-Zelande pour créer des hommes si sensibles.

Debbie me saute aussitôt dessus, et m’explique son plan de bataille. Je replonge aussitôt dans les affaires, approuvant ici, refusant nettement là. Notre tour des lieux continue et la restructuration se met en place.

Quelques jours plus tard, je dois dire que je suis fière de l’avancée des travaux. Cette boite est un vrai chantier, mais grâce au départ de Colby et à la promotion de Debbie Hopkins les choses se mettent en place rapidement. Je ne regrette pas mon choix. Hopkins est motivée, pleine d’ambitions et de bonnes idées. Elle est aussi réactive et prend aisément les rennes de la boite. A son contact tout le monde semble s’épanouir. Elle est douce et ferme et je me régale de la voir se réaliser et prendre confiance. Ensemble on a décidé dans un premier temps de remodeler l’image de la boite. McMillan est arrivé et plutôt que de le loger dans un hôtel qui nous coutera une blinde et lui fera perdre le sens des réalités, je l’ai fait installer au dessus du garage. Il y avait là, un ancien bureau qui servait plus de débarras qu’autre chose, et en trois jours je l’ai fait débarrassé, repeint, et transformé en joli et confortable studio. Quand Arthur aura prit ses marques et prouvé sa valeur, on pourra songer à l’installer ailleurs. Mais pour l’heure le jeune est enchanté. Et lorsque les mécanos sont venus se plaindre qu’on perturbait leur travail et leurs petites habitudes, je leur ai demandé gentiment de… se pousser.
Entre temps nous avons organisé une séance photos afin de présenter nos coureurs ainsi que des interviews et une conférence de presse pour la fin de la semaine. J’ai aussi mis la pression à l’entraineur pour qu’il me fasse travailler nos coureurs H24. La saison va bientôt commencer et je ne veux laisser aucune chance à l’adversaire. Bien sur, tout ceci se fait dans le plus grand secret. Filtre, que ce je veux bien qu’il filtre et pour le reste, je laisse planer le doute. Nos sponsors sont pour l’instant soumis à la confidentialité et la menace de racheter leur boite pour la faire couler fonctionne relativement bien. Toute le monde marche au garde à vous, et ça fonctionne.

Habillée un peu mieux pour les circonstances, j’ai troqué mon short pour un jean, et mes bottes de fermière ne me quittent plus. Sur le bord de la piste je cherche mes coureurs des yeux. A coté de moi, Debbie continue de s’extasier sur ce qu’elle tient entre les mains. Une série de photos prises au dépourvu de tout le monde. J’ai en effet engagé, un photographe sportif, que j’ai planqué en mode paparrazzi tout le weekend. Il m’a prit des clichés fantastiques des pilotes en train de s’entrainer, et ce sans que personne, et surtout pas les coureurs, s’en aperçoivent. J’ai donc des photos d’une qualité incontestable avec une émotion et une concentration hors du commun et des plus naturelle. C’est ça, que le public veut voir. Ça qui le fait rêver et à qui il peut s’identifier. Des pilotes, concentré, serein, développant leur art et souriant en toute simplicité.

« Je n’arrive pas à croire que vous ayez fait ça Jordan. C’est une idée… fantastique. »

« Merci Debbie. Je compte les envoyer à FMX Pro Magazine. Mais pour ça, j’ai quand même besoin de l’accord des concernés. »

« Oui je comprends. » Elle me rend alors le dossier de photos et s’éloigne pour aller chercher les garçons. Les garçons… je songe alors qu’il nous faudrait une fille dans l’équipe. C’est possible ça une fille dans l’équipe ? En attendant, je m’approche d’une table en bord de piste, sur laquelle je m’appuie négligemment. Je suis satisfaite. Extrêmement satisfaite de la tournure des événements et de ces clichés incroyables.
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptyMar 9 Oct - 17:10



Un rire m’échappe lorsqu’elle compare l’odeur du chameau à celle que je peux avoir à la fin d’une compétition. J’ai donc à faire à une fervente défenseuse des chameaux, aucune critique ne semble possible ; ou alors, elle saute sur la moindre occasion pour me tacler. Ce n’est pas impossible.
Et ensuite, elle change carrément de sujet, s’attardant un peu plus sur ce que je ressens dans mon métier, quand je fais mes tricks. C’est curieux, il n’y a pas grand monde qui s’attarde sur ça. On pense davantage que je suis fait pour, que c’est mon métier, et le reste n’a pas trop d’importance. Alors, que cette fille, qui a l’air de ne jurer que par les chiffres, s’intéresse à cet aspect, c’est plutôt surprenant. Mais en bien. Alors j’essaie de lui répondre le plus franchement possible ; et je lui raconte ce que ça fait, et pourquoi je me sens chanceux. Parce que clairement, j’aurai pu vivre le rêve de l’autre côté : être mécanicien, et contempler les mecs faire du FMX, en me disant qu’ils avaient une chance incroyable. Et rien que d’avoir eu la chance d’être repéré, poussé jusqu’ici, c’est énorme à mes yeux. Chaque jour j’en suis conscient, et lorsqu’elle me dit qu’il va falloir que je reste au top, je ne rajoute rien, parce que je sais pertinemment que rien n’est acquis. Dans la vie de tous les jours, à tous les niveaux, on doit constamment faire nos preuves. Alors, ici, où les places sont extrêmement chères, je le sais mieux que quiconque, et je ne me suis jamais reposé sur mes lauriers. Il faut toujours aller plus loin, surpasser les autres. Si l’esprit compétitif n’est pas là, on n’a pas sa place dans ce milieu. Et plus que battre les autres, j’aime me battre moi-même, dépasser mes propres résultats. C’est peut-être pour ça que ça fait maintenant sept ans que j’évolue dans le milieu sans jamais avoir été relégué dans les derniers. Sauf évidemment, la saison où je me suis blessé. Mais ça ne compte pas : je suis revenu au même niveau.

Je lui demande si elle a déjà assisté à des compétitions de FMX, ses yeux se baladant tout autour d’elle, on croirait la voir découvrir l’univers, et elle reste silencieuse en me scrutant. Je me demande bien ce qu’elle va me répondre, si je pense qu’elle a le temps de se distraire peut-être ? Ou si ce n’est pas son job de nous regarder sur les pistes ? Ou qu’elle préfère regarder des photos de chameau… Qui sait. « J’ai bien recruté McMillan non ? Et vous. » Je fronce un instant les sourcils, ne comprenant pas exactement où elle veut en venir, et ce qu’elle veut dire par le fait qu’elle nous a recrutés. Elle, personnellement ? C’est à mon tour de plonger les mains dans les poches de mon jeans, et de la regarder sous un autre angle. Ainsi, elle s’est penchée elle-même sur nos cas ? Et sur la jeunesse à recruter ? Elle a lu des comptes rendus de ces mecs qui repèrent les talents en devenir ? Je hausse les épaules, attendant qu’elle poursuive. La suite me laisse sur le cul. Un léger sourire en coin me vient sans que je ne parvienne à le retenir, alors qu’elle me dit avoir été là à Daytona et Sturgis. Et en plus elle a clairement suivi la compétition ; je n’irai pas lui faire l’affront de lui demander mes points à chacune de ces compétitions. Je suis déjà assez impressionné par le fait qu’elle ait suivi le parcours de cette année. Mes sourcils se froncent légèrement.. Depuis quand nous a-t-elle dans le viseur dans ce cas ? Ces courses remontent à plusieurs mois en arrière. Tout a donc été préparé depuis un petit moment, tout était calculé. Je réalise qu’il va falloir que je me refasse très prochainement une idée sur cette patronne qui a l’air d’avoir plus d’un tour dans son sac. « …D’accord. » Je laisse échapper, un brin amusé par toutes ces petites révélations. Je reste à l’observer encore un peu, me questionnant davantage à son sujet. Cette nana… Il va falloir s’en méfier, elle est bien trop maligne. Je sors de mes pensées lorsque ma mère m’appelle pour prendre des nouvelles. Ah, celle-ci, elle ne changera jamais. Et j’imagine que ça n’ira pas en s’arrangeant puisque je suis fils unique. Bien qu’elle se soit miraculeusement trouvé un copain, enfin. Depuis le temps que je lui dis qu’elle devrait trouver quelqu’un, pour partir en bateau, faire des randonnées, partir en vacances… Tant qu’elle m’a élevé il n’y a eu que moi dans sa vie. Toute sa vie a tourné autour de moi, et je suis content pour elle, qu’enfin, elle ait compris qu’elle pouvait faire de la place à un autre homme.

Je retourne auprès de Jordan McGrath, m’excusant pour le dérangement et justifiant naturellement. Je n’ai pas grand chose à cacher, en réalité. Je m’en tape qu’on puisse penser que je suis un fils à sa maman. Une mère inquiète à l’autre bout du monde, voilà surtout ce que ça représente, cette situation. Comme je sens que le tête à tête entre le coureur et la boss doit se terminer, je la remercie d’avoir pensé à moi pour ce contrat. Je ferai au mieux, comme d’habitude, mais sûrement avec une nouvelle gratitude. Elle aurait clairement pu me reléguer derrière les figures montantes comme ce McMillan qu’elle a trouvé. Elle aurait pu choisir de miser sur la jeunesse, un vent frais dans l’équipe, et pourtant… Alors je pense qu’un merci a bien sa place. Et puis, je laisse la mienne, voyant Richie me faire signe, et Debbie fixer celle qui lui a offert un joli poste. Elle doit avoir une tonne de choses à lui dire et à se faire expliquer.


Assis sur ma motocross, je regarde les papiers que Richie place sous mon nez. Un planning pour les interviews de la semaine. Je soupire à l’idée de devoir répéter les mêmes choses aux mêmes questions des journalistes, d’un jour à l’autre, pour des magazines sportifs. Mais c’est le jeu. Debbie a sûrement fait passer le mot pour que l’accent soit mis sur McMillan et moi, avant que la compétition ne reprenne sérieusement. Les entraînements se passent chaque jour : entraînements de figures dans le bac à mousse, entraînements sur ma propre condition en allant courir, en allant à la salle avec un coach qui cible exactement ce qu’on doit bosser. Lorsque je rentre chez moi le soir, je suis rincé. Ca fait quelques jours qu’on tient ce rythme et je me dis que ça me met un sacré coup de pied au derrière tout ça. J’ai hâte d’être au week-end pour profiter du surf. Je n’ai plus le temps en semaine, ni la force. Il faudra que j’écrive aux copains pour savoir qui serait partant pour une session… Mais en attendant, Richie s’éloigne une fois que j’ai pris connaissance de toutes les informations qu’il souhaitait me transmettre, et j’enfile mon casque, démarre la motocross. Aujourd’hui on s’entraîne sur la piste. McMillan est à fond, je le vois voltiger dans tous les sens. Mais il n’arrive pas à passer la figure qu’il tente au bac à mousse. Je le regarde pendant de longues minutes, tenter et puis changer de figure à réaliser. Je sais pertinemment qu’il a la frousse. Je suis passé par là, et aujourd’hui encore, il m’arrive de flipper comme un débutant avant de me lancer. C’est nécessaire, la peur. Si on ne craignait rien, ce serait bien trop dangereux pour faire ce qu’on fait actuellement. J’attends qu’il termine son tour, puis ce sera à moi. Les gars vont me faire signe pour reprendre la piste. Ca tire dans les bras. Ca fait des heures qu’on s’entraîne ici, alors que l’après-midi touche à sa fin.

Je tourne en rond sur ma moto, visière relevée pour l’instant. J’attends le top avec impatience, c’est long quand on attend après un autre coureur qui s’entraîne. Au moment où je tourne la tête, je vois Debbie qui approche. Oh non… Elle ne pouvait pas se pointer quand Arthur s’entraînait ? Je soupire dans mon casque, et le retire lorsqu’elle n’est plus qu’à quelques mètres de moi. « Bonjour Otto, tu peux venir s’il te plaît ? Nous allons faire un point avec Mademoiselle McGrath. » D’un geste de la main, elle indique les barrières et je vois alors la patronne, un dossier dans une main, le téléphone dans l’autre. « Ca peut pas attendre ? Je voulais terminer l’entraînement. Après j’ai fini, je serai à votre disposition. » Elle m’envoie un petit sourire contrit puis secoue la tête. Très bien. Je redémarre, et au lieu d’aller faire quelques figures, je vais ranger ma moto au stand. Déposant casque et gants au passage, je m’asperge le visage d’eau, me lave les mains, avant de retraverser la piste à pied, dépité d’avoir attendu pour rien. Parce qu’il est clair que je ne vais plus monter sur la bécane après ça. McMillan est déjà auprès de Debbie et Jordan quand je m’approche d’elles. Je serre la main de McGrath, que je n’avais pas encore vue aujourd’hui et la salue. En fait, je ne l’avais pas revue depuis la veille, et de façon très rapide. Le dernier « vrai » contact était les sms échangés dans le weekend. A cette pensée, j’ai un petit sourire qui me vient et que j’efface aussitôt. « Si j’ai de mauvais résultats, ce sera de votre faute, parce que vous avez écourté mon entraînement ce soir. » J’accuse les deux femmes qui se trouvent en face de moi, avec un petit sourire amusé, sous les yeux tout ronds de Arthur qui ne peut pas encore se permettre de parler comme ça. Ou qui n’ose tout simplement pas ; je suis trop entier pour me cacher derrière des protocoles, la hiérarchie tout ça.. très bien, mais les choses doivent être dites quand j’en ai besoin. Je suis à peu près certain que Jordan va trouver une réplique pour me la faire fermer, mais je dois avouer que j’aime bien sa répartie, alors peut-être qu’inconsciemment, je la cherche un peu. Je la regarde, armée de son dossier, et me demande ce pourquoi on a été appelé maintenant. Arthur prend la parole, avec son parfait accent britannique, se tournant vers moi : « J’ai demandé à Madame Hopkins si on pouvait s’entraîner tard le soir, c’est non. Par contre on peut venir le week-end, si les mécanos sont d’accord pour bricoler quand on a besoin d’eux. » Je lui colle une tape sur l’épaule avant de rétorquer : « J’ai une vie à côté du taff, les weekends quand il n’y a pas de compét’… » Je ne termine pas ma phrase, sentant le regard clair de Jordan posé sur moi. Mademoiselle avait fait preuve d’une clairvoyance sans limite le week-end dernier. Ou alors, elle s’était transformée en stalkeuse. Ou bien, c’est ma nouvelle voisine et elle me matait à travers la haie. « .. Je profite. » dis-je en posant un instant mes yeux sur elle. Puis mon attention se reporte sur McMillan : « Et tu sais pas bricoler ta moto toi ? » Il secoue la tête et je me dis qu’il a dû monter toute sa vie sur une bécane révisée dans un garage, avec papa et maman qui assurent les réparations, l’équipement, etc. Un autre mode de vie que le mien, où j’ai d’abord appris à réparer une vieille motocross avant de pouvoir l’utiliser. Et il fallait que je bosse pour payer les pièces qui déconnaient dessus. « Je te montrerai des trucs basiques. » je lui glisse rapidement, un clin d’œil complice pour le décoincer un peu. « Alors, en quoi pouvons-nous nous montrer plus utiles que là-bas ? » je demande en indiquant d’un geste la piste. Sans hésiter, Jordan ouvre la pochette qu’elle tient entre ses mains, et dépose sur la table un cliché où on me voit de dos, le casque à la main, me dirigeant vers ma moto, la seconde, c’est Arthur qui regarde au loin ce qui l’attend… Je relève le regard vers McGrath, qui est concentrée et continue de distribuer les clichés, et ensuite je porte mon regard sur Debbie qui a un petit sourire en me voyant avec le sifflet coupé. Les photos sont toutes récentes, puisque Arthur est dessus. Je regarde les nouvelles qu’elle a posées sur la table, frottant mon menton en restant pensif devant tout ça. Je l’ai pas vu, l’autre avec son objectif. Où est-ce qu’il se planquait ? « C’était donc ça… » je commente en pensant à ce photoshoot dont elle m’avait parlé, qui était prévu, avec un styliste. Il n’y a que nous deux qui pouvons faire le lien. « On ne l’a même pas vu faire. » Je regarde autour de la piste, les endroits où il aurait pu se planquer, et en fait, ça pouvait être n’importe où : on ne fait pas attention à l’environnement, en vérité. J’attrape une photo où on me voit m’enfiler un litre d’eau. « Pas mal. Faut dire que les modèles aident… » Je termine ma phrase en me marrant, ne me prenant pas au sérieux pour deux sous. Voyant le regard de Jordan sur moi, j’ajoute : « Je sais. Vous allez dire que les plus réussies sont celles où je porte un casque. Ou celles où il y a Arthur. »
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Jordan McGrath
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptyMar 30 Oct - 14:38

Ces derniers jours j’ai fait passer les consignes suivantes : de nouveaux contrats avec les sponsors ayant été signés, il était hors de question que mes têtes d’affiche se baladent en vieux t-shirt pourris et pantalons troués. Non. Plusieurs sets de vêtements tout neuf à l’effigie de nos sponsors leur ont été fournis, et les bécanes ont été lustrées comme un sou neuf dans les limites du possible.
Une fois les consignes expliquées et appliquées, j’ai planqué mon photographe paparazzi sur le terrain. Le type était payé à la journée. Inutile donc de préciser que j’ignore concrètement ce qu’il a pu photographier. Cela peut aller de moi sortant de mon taxi à mes coureurs en train de se mettre le doigt dans le nez. Et dans le fond je m’en fous. Ma seule exigence était que sur la multitude de clichés prise, il y en ait une douzaine qui ressortent du lot. Et c’est chose faite. J’ai passé un long moment à contempler ces clichés. J’ai même appelé mon frère pour lui demander son avis. Son regard masculin sur l’affaire et ce qu’il en pensait. Il m’a aidé à choisir, et c’est avec une grande fierté que j’ai présenté ces photos à Debbie. Oui. Je compte les envoyer à FMX Pro Magazine. Oui, elles accompagneront les récentes interviews qui ont été faite cette semaine. Et non, mes poulains n’étaient pas au courant qu’ils étaient photographié à chaque secondes ces derniers jours. Cela risque de les vexer, j’en ai conscience,  mais je m’en fiche.
Petit un, parce que cela leur apprendra que la célébrité et la renommée ont un prix. Que le type célèbre, sous les feux des projecteurs n’a plus de vie privée, et que s’il en veut une il ferait bien de surveiller ce qu’il fait ou ce qu’il ne fait pas…
Petit deux, cela m’a aussi permit d’avoir un aperçu de ces gars dans leur élément naturel sans qu’ils ne sentent le regard des patrons sur leur dos. Je sais maintenant que les deux gars que j’ai choisit ne trainent dans rien de louche. Je suis satisfaite. Oh que oui je suis satisfaite.
A cette allure, et selon les résultats des garçons à la prochaine rencontre sportive, je pourrais passer à la vitesse supérieure, lâcher les rênes de l’entreprise et me concentrer sur une autre boite à restructurer. Tout cela est d’un positif ! Et ça m’enchante !

Une fois dehors, j’attends patiemment que Debbie aille chercher les garçons. Je l’observe s’approcher d’eux. Elle m’envoie d’abord Arthur, qui accoure comme un gentil petit chiot. Ce gamin est touchant. Il est pimpant, passionné, déterminé, et… candide. Elle va ensuite chercher Otto. Otto… ce mec me laisse interdite. Entre impertinence et sourire en coin, j’avoue que je ne sais pas trop quoi penser. Je l’ai observé toute la semaine lui aussi. Il est sérieux, assidu, et tout aussi déterminé que son jeune confrère. Mais son caractère parfois impétueux, frisant l’insubordination… Et puis, bon je dois bien admettre que sa répartie ne me laisse pas de glace. Il en a dans la tête, et j’aime ça. En plus d’avouer qu’il a un physique qui me laisse bien songeuse… Lorsqu’ils approchent, je me redresse pour serrer la main à tout le monde. Mon regard croise celui d’Otto. Le petit sourire en coin qu’il affiche est contagieux. Je sais exactement à quoi il pense à ce moment précis, et moi-même cela m’amuse. Les sms que je lui ai envoyé le weekend dernier. Seigneur que j’étais fière de moi à le faire tourner en bourrique sur mon canapé ! Je suis certaine qu’il s’est demandé si je n’étais pas venue en personne l’espionner. Son sourire finit par s’effacer pour aussitôt m’envoyer une pique. A oui ?
Je passe négligemment un doigt derrière mon oreille pour y coincer une mèche de cheveux tout en déclarant. « Vous n’aurez qu’à vous entrainer le weekend au lieu de profiter de votre piscine. » Et toc ! Prend ça !
Au mot piscine, je vois le jeune Arthur écarquiller les yeux et ouvrir la bouche. Ce petit s’imagine déjà. Il n’est pas bête, il sait que la villa de son ainé lui a été attribuée pour ses bons résultats. Finalement le petit saute sur une autre idée. Ah oui en effet, Debbie m’en a parlé et nous en avons discuté. L’installation de projecteurs n’est pas exclue si réellement c’est souhaité par l’équipe. Otto intervint de nouveau et je suis… choquée de son attitude désinvolte. Si il n’y avait que nous deux je ne manquerais pas d’ouvrir la bouche en mode W-T-F, complètement abasourdie. Et le pire c’est qu’il ose poser ses yeux sur moi dans la plus invraisemblable des provocations. Toi tu perds rien pour attendre. Ah si seulement je n’étais pas sa patronne et si nous n’étions pas entouré ! Je lui rabattrais efficacement son caquet sur sa belle gueule de pilote. Reportant mon regard sur Arthur je soupire, pliant sous le poids de la tristesse je lui réponds, en commentaire à ce que vient de dire le néo-zélandais. « Il y en a qui ont bien de la chance… » Sous entendu que ce n’est peut-être pas forcément un exemple à suivre de… trop profiter…


Quelques secondes plus tard, j’étale mes photos devant les deux concernés. Je laisse doucement le silence s’installer afin que chacun puisse contempler la qualité de l’image mais aussi l’allure des modèles. C’est une réussite parfaite. Et en témoigne d’ailleurs leurs têtes lorsqu’ils se saisissent des clichés. Tout le monde en reste bouche bée, et mon égo s’envole vers les hautes sphères. Effet garanti. Je suis tellement fière de moi ! Otto annonce qu’ils ne l’ont même pas vu faire. Sourire en coin je réponds. « C’était le but. » Bah oui trésor. Aucun de ces gars n’aurait posé naturellement pour obtenir ce genre de photos. Un coureur marchant son casque à la main, un autre contemplant la piste. Une figure de haute voltige parfaitement exécutée. Des sourires de joie et de fierté, des encouragements, l’esprit d’équipe.  Ce naturel, cette spontanéité. Tout cela n’aurait pas été possible si l’un et l’autre avait su. Otto enchaine, faisant le pitre, un nouvelle fois, et tout en contemplant une photo le montrant. Qu’il est bête. Mon regard azuré se fixe sur lui, sceptique. Non mais il est sérieux celui-là ? C’est quoi ? De la fausse modestie ? Un manque de confiance en lui ? Bizarre, il ne m’apparaissait pas comme un type qui manque de confiance en lui. Bien au contraire. Pour toute réponse je lui offre mon sourire le plus mystérieux. Non, je ne préciserais pas que de toutes les photos, celle que je préfère est celle où on le voit de dos avec son casque à la main et contemplant la piste.

«  Nous souhaiterions envoyez ces photos à FMX Pro Magazines. »

Debbie intervint et prend le contrôle. Nous, dit-elle. Celle-ci a très bien compris les jeux de pouvoir. Sa réaction m’arrache à la contemplation d’Otto, et je réprime cet agacement de voir la PDG de la boite s’attribuer le mérite. Calme-toi ma fille, en la nommant, c’était le but. J’affiche donc un sourire cordial puis prend la relève.

« En effet. Nous avons négocier une première page, pour l’édition du mois prochain. A cet effet, vous devez chacun choisir trois photos, celles que vous préférez et nous les enverrons ensuite à l’éditeur. »

Voilà, au moins les choses sont annoncées. Et si l’un d’entre eux est vexé d’avoir été pris en photo sans consentement, au moins ils auront l’impression d’avoir un semblant de contrôle sur leur image. Je les laisse patiemment choisir leurs trois clichés que je classe de façon différente dans ma pochette.

« Bon travail messieurs. Vous avez super bien bossé cette semaine. Vous pouvez être fiers de vous. »

Je ne mentionne même pas les retombées que vont avoir une telle publication dans un magazine sportif de haut niveau. Avec ce genre de publicité on va se retrouver de suite sous les feux de la rampe, et par la suite la moindre erreurs risque de nous être fatale. Mais ça c’est pas à moi de l’expliquer. C’est pourquoi sur ces bonnes paroles et ces doux encouragements, je laisse Debbie expliquer la suite des événements à nos deux coureurs et m’éloigne pour aller rejoindre les bureaux.
Une fois assise devant mon ordinateur, je m’empresse de rédiger un long email pour mon père, lui faisant rapport de la journée et de mes décisions. Puis c’est un second mail qui part, à destination du rédacteur en chef du magazine. Une fois les photos réceptionnées, il mettra le tout en page et me renverra le tout pour que je puisse le valider. Oui, même la-dessus, j’aime avoir le contrôle.

Le temps passe et je finis par me lever pour éteindre mon ordi et ranger tout mon barda. Je commande un taxi via une application dédiée, puis laisse une liste de tâches à effectuer sur le bureau de la patronne. Enfin, je troque mes bottes de ferme contre une paire de basket. Mes talons me manquent. Mais même si des bureaux au parking je ne risque pas de me mettre une tonne de boue sur les pieds je ne prendre plus le risque de trainer une paire de Jimmy Choo ou Louboutin ici. La facture a été suffisamment salée. Parce que oui ! Ils ont été sauvés ! Que dieu en soit remercié dans toute sa générosité ! Une fois ma paire de chaussure propre au pied, je me dirige vers la sortie tout en enfilant ma veste, mon sac à main au bras. Une fois dehors, je ressors de nouveau mon téléphone afin de vérifier où peut bien se trouver mon taxi. Je dois dire que j’ai quelque peu hâte de rentrer chez moi, au chaud, après ces longues journées de boulot.
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptyMer 31 Oct - 16:06




Je me retiens de rire lorsqu’elle m’envoie paître en me conseillant de sacrifier mes weekends pour m’entraîner. Et puis quoi encore ? Tout ça parce qu’elle n’a pas de piscine, et c’est la jalousie qui parle, j’en suis sûr… Ou parce qu’elle s’est vexée durant notre échange. J’ai du mal à définir ça. Ou juste parce qu’elle veut me faire taire et me soumettre une idée pour que j’arrête de râler maintenant. C’est sûrement ça. L’information n’est pas passée inaperçue et si je peux nettement capter l’envie explosive de Arthur, qui doit sûrement être en train de comparer son studio au-dessus du garage à ma villa avec piscine, je note également le petit regard que je me jette Debbie et je sais très bien qu’elle doit se dire que je suis vraiment le dernier à pouvoir se plaindre ! Mais, tant pis. Je dis ce que je pense et de toute façon, elle me connaît suffisamment depuis ces quelques années à bosser ici pour savoir que je ne l’épargnerai pas avec mon franc parlé.
D’ailleurs je donne le fond de ma pensée à ce cher Arthur quant à sa nouvelle idée. Non, mais ça va bien, il veut se donner d’autres occasions de se péter quelque chose en dehors des compétitions ? Au fond, je ne peux pas lui en vouloir, à son âge, je ne pensais qu’à ça. Et aux filles. Mais beaucoup au FMX, et je n’avais aucune minute à perdre, aucune occasion à laisser passer pour m’entraîner. En témoigne ma carrière aujourd’hui… Bon, il n’a qu’à s’entraîner tout seul, mais faut pas compter sur moi pour rajouter des entraînements. Après, je n’aurai plus de vie. Bien qu’en ce moment, plus je me retrouve sur ma bécane et mieux je me porte. Ca change les idées, on ne pense à rien d’autre qu’à ce qu’on fait sur cette machine infernale. La remarque de Jordan me tire un sourire, et je suis à deux doigts de lui envoyer un clin d’œil mais je me retiens. « Vous devriez prendre du temps pour vous aussi. Davantage peut-être ? » Parce que peut-être qu’elle en prend, mais j’ai l’impression que cette nana ne doit quitter son bureau que lorsqu’elle n’a plus rien à faire et qu’elle commence à s’ennuyer. Et une fois chez elle, elle doit encore réfléchir à tout ce qu’elle a lancé. Il n’y a qu’à l’observer ici : un peu plus d’une semaine ici, et j’ai pu remarquer qu’elle tenait constamment son téléphone à la main, quand ce n’est pas un dossier ou quand ce n’est pas une tablette !

Le coup des photos je ne l’ai pas vu venir, et surtout je n’ai pas vu le type faire son petit truc là. Il s’est camouflé. Il devait avoir enfoncé une casquette sur sa tête, se déplacer tout autour de la piste pour qu’on ne remarque pas un gars planté fixement à un endroit précis. C’est plutôt réussi à vrai dire. J’ai jamais vu des photos comme ça, en tout cas pas dans ce domaine. Il y en a même une où je me marre en buvant à la bouteille et l’eau me dégouline sur le menton, j’ai l’air d’un attardé, mais… C’est vivant ce genre de clichés, c’est l’envers du décor. Heureusement quelques photos contrebalancent avec des mines concentrées pour Arthur et moi, histoire de montrer qu’on peut être un peu sérieux, quand même. Et que ce n’est pas que de la rigolade.
D’ailleurs je lance une boutade puis retire aussitôt la perche que j’ai tendue à la patronne pour éviter qu’elle ne s’en saisisse et m’assomme avec. Ce serait trop facile. Mais elle ne répond rien à la suite, me scrutant avec un petit sourire énigmatique sur les lèvres ; soit elle se fiche de moi, soit elle est plus joueuse que ce que j’imaginais encore jusqu’à présent.

Debbie explique alors à quoi vont servir les clichés, et je regarde les deux femmes tour à tour, surpris de leur démarche. Je ne m’y attendais pas du tout, et je trouve ça super chouette ; ça se traduit par le léger hochement de tête que je fais, avec un sourire en coin de satisfaction. Je suis épaté des changements et de l’innovation mise en place depuis que Jordan est passée par ici. Ca fait du bien, mine de rien. Alors, à leur demande, Arthur et moi nous emparons des clichés nous correspondant et faisons le tri pendant quelques minutes. J’essaie de mettre une photo de différents moments, une sans la moto où j’observe un peu ce qui se passe, une avec ainsi qu’avec les mécanos dont on peut distinguer les ombres, et puis une où l’entraînement est au poil ! C’est presque gênant d’être le juge de photos de soi-même. Mais bon, je me presse et une fois que c’est fait, je redonne les photos à Mademoiselle McGrath qui les range soigneusement. Suite à ses félicitations, je colle une tape sur l’épaule de Arthur, puis me tourne vers Debbie et Jordan avant de me diriger vers les vestiaires, et je lance : « Profitez bien de votre week-end surtout ! ».

Une bonne douche plus tard, des fringues enfilées qui sentent encore la lessive, je range toutes mes affaires qui traînent, mets les vêtements et l’équipement dans les bacs adéquats pour leur prochain lavage, puis je claque la porte pour le weekend au circuit. Il est temps de rentrer à la maison, me claquer une petite bière, commander à manger et me caler devant un film. Un sac de sport sur l’épaule, je me dirige vers ma voiture, un coup d’œil sur le téléphone, Nate qui propose une session surf dans les prochains jours, Lou qui réserve le dimanche soir pour le match (et donc mon canapé, ma télé, mes bières et mes chips). Puis je repose le téléphone, me disant que j’aurai toute la soirée pour leur répondre, de toute façon. Un coup d’œil dans le rétro me laisse entrevoir la silhouette de la patronne sur le parking. Téléphone à la main, évidemment. Je ne démarre pas tout de suite, regardant ce qu’elle fait. Elle ne se dirige vers aucune voiture… Elle attend ? J’attends encore un peu, la regardant faire. Ah, elle a changé de chaussures ; la remarque me fait sourire tout seul dans l’habitacle. Elle a l’air de s’impatienter un peu, replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille, tapotant sur l’écran de son téléphone. Alors je tourne la clef et mets le contact, un joli vrombissement se fait aussitôt entendre, puis lentement, je roule jusqu’à sa hauteur et baisse la fenêtre côté passager. « Vous attendez quelqu’un ? » J’hésite une seconde ou deux après sa réponse, puis je poursuis : « Venez boire un verre, voir la piscine, démarrer le week-end sous de bons auspices et ensuite je vous ramène ? » Je fronce un instant les sourcils. « Chez vous, pas ici. » Et pour la forcer à se décider, je me penche et ouvre la portière pour elle. J’attends un peu, me demandant si elle va rester à attendre son taxi ou si elle va grimper à bord et venir visiter les lieux qu’elle avait l’air de bien connaître par sms… Finalement, je la vois tenir la portière pour l’ouvrir un peu plus grand, et elle vient s’asseoir à côté de moi. Je la regarde faire, s’attacher et une fois qu’elle est prête, je me mets en route aussitôt, un sourire en coin. « Je suis votre employé le plus sympa, non ? » je demande en tournant légèrement mon visage dans sa direction, juste pour voir ses mimiques suite à ma question. Puis elle retourne à ses occupations : le visage penché sur son téléphone encore une fois, concentrée à bloc. Je me reconcentre sur la route, et prends directement l’autoroute pour ne pas perdre davantage de temps sur le trajet. Ca ne devrait pas être trop long puisqu’on évite le centre-ville pour aller chez moi. Je jette à nouveau un coup d’œil dans sa direction, mais elle pianote toujours, imperturbable. « Han ! Jason Momoa, là-bas ! » Elle lève la tête alors, se détournant de son écran, et je me marre aussitôt, pointant du doigt une affiche pour Aquaman que l’on aperçoit au loin.

Le trajet se fait rapidement comme prévu, et après quelques virages, on arrive sur les hauteurs de Santa Monica. La vue n’est pas trop mal ici, mais le gros plus, c’est la tranquillité et les buildings qui ne sont pas dans le coin. Je me gare devant mon allée ; pas la peine de mettre la voiture au garage s’il faut que je la remmène plus tard chez elle. En sortant de la voiture, je regarde ma maison, puis Jordan et je lui demande : « Vous saviez que c’était celle-ci ? » avec un air amusé. Puis arrivant devant la porte, je me retourne vers elle : « Vous avez pas peur des chiens au moins? J’en ai un, un peu brusque, mais super gentil. » Et au moment où j’ouvre la porte, j’entends le son commun des pattes qui claquent contre le sol, et la voilà qui débarque comme une furie, commençant par me sauter après, réclamant sa dose de caresses, et comme si elle avait déjà vu Jordan, elle se jette contre elle, réclamant aussi sa dose de câlins auprès de ma patronne. Ca me fait sourire. « Guapa, arrête, elle n’a pas mis ses bottes en caoutchouc ! » et je pars en me marrant, invitant la jeune femme à me suivre dans la cuisine.
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptyMer 31 Oct - 20:44

Putain de taxi de merde ! Mais qu’est ce qu’il fout ? Je suis là, toute seule, sur ce parking, la nuit tombant progressivement, à attendre un taxi qui aurait déjà dû être là depuis cinq bonnes minutes. C’est pas que je suis du genre impatiente, mais… en fait oui je suis carrément impatiente et exigeante, et c’est pas faute de m’y être prise en avance pour commander ce débile de taxi. J’ai beau répondre à des mails et des textos, en attendant, ça commence à m’énerver quelque peu. Soudain le moteur ronronnant d’une voiture me fait sursauter. Bordel je suis pas seule ! J m'y attendais pas ! Ceci dit je ne peux m’empêcher de noter que ce ronron là signifie belle voiture. Relevant la tête je regarde dans la direction d’où provient le bruit et remarque une magnifique Porsche de couleur blanche venir vers moi. Au fur et à mesure que la voiture avance, un air amusé s’installe sur mon visage. Otto Winspire. Encore lui. Bizarrement le fait qu’il roule en Porsche ne m’étonne même pas. Cela va bien avec le personnage. Taquin, arrogant, crâneur… Je pince d’ailleurs les lèvres en songeant à ces adjectifs… Il s’arrête alors à mon niveau, baissant la vitre et me demande si j’attends quelqu’un.

« Non. Seulement un maudit taxi qui se fait languir. »

Mon sourire ne me lâche pas, et je continue tout de même à guetter ce satané chauffeur tout en surveillant son avancement sur mon application. Soudain, c’est la douche froide. Ou plutôt un coup de chaud incroyable alors que tombe une proposition que je ne peux m’empêcher de juger indécente. C’est peut-être mon coté ”trop à l’aise dans mes basket” ou britannique de bonne famille, mais je suis carrément scandalisée. J’éclate donc de rire, tout en regardant autour de moi. Monsieur Winspire vient de me proposer, cash comme ça, de prendre un verre chez lui. Okay ! Je sais que je suis une fille accessible, mais je suis pas une nana facile okay !?! Il rajoute qu’il me ramènera chez moi. Galant avec ça… Non. C’est une mauvaise idée, et il ne devrait pas faire ce genre de proposition ! Je suis sa boss et même si ce garçon m’intrigue fortement depuis le premier jour, je ne peux pas m’empêcher de penser que ce n’est pas protocolaire. Ça ne se fait pas. La langue coincée entre mes dents, je le contemple un instant, en dualité avec moi-même. Partagée entre la raison professionnelle, et cette curiosité piquante que j’éprouve à son égard. Il se penche alors pour ouvrir la portière, décidant pour moi. Je me mets à rire, entre stupéfaction et amusement. Ce mec est couillu, faut l’admettre.

« D’accord. Un verre. Et je ne rentre pas tard. »

J’insiste. Je fixe des règles. Ça me donne l’impression d’avoir le contrôle sur quelque chose que clairement je ne suis pas prête de maitriser. Et puis, plus sérieusement, on a beau être un vendredi soir, j’ai pas envie non plus de faire la fête jusqu’à pas d’heure. Je finis donc par grimper dans sa voiture et m’installer. Je m’attache, prudente, et souris de plaisir au ronronnement du moteur lorsqu’il démarre. Il ne peut s’empêcher toutefois d’en rajouter, pour changer. Oh oui ! Quel employé sympa. Que serais-je devenue sans lui ? On se le demande !

« Un vrai employé modèle ! Sympa la voiture au fait. Pas du tout tape à l’oeil… »

Que je lui lâche en souriant, avant de me replonger sur mon téléphone. Dans un premier temps j’annule le taxi. Ce crétin n’avait qu’à arriver à l’heure. Puis je me plonge de nouveau dans mes mails. Six nouveaux viennent d’arriver et je m’empresse de tous les lires dans leur intégralité et de répondre rapidement à certains. Je m’en excuse d’ailleurs. Ou du moins je m’apprête à le faire, sauf qu’au moment où j’ouvre la bouche, il me crie que Jason Momoa se trouve là. J’adooooore Jason Momoa !!! Aussitôt je lève la tête et devant son éclat de rire je l’assassine du regard.

« Ah ah ah… Très drôle! D’abord c’est pas sympa parce que je suis absolument fan de Jason okay, et ensuite avec votre blague vous m’interrompez dans de difficiles négociations pour de nouvelles motos. »

Je lui adresse un sourire grimaçant puis range mon téléphone.

« Tant pis pour vous. Vous roulerez en trottinette sur le prochain circuit. »

Je fais mine de bouder et de me concentrer sur la route. Bien entendu je mens. Je viens de terminer mes réponses, et les négociations sur les nouvelles motos cross ont été entamées il y a belle lurette. Sourire en coin, j’imagine sa moue de sale gosse. Ce type est d’une impertinence folle, c’est terrible. Je n’ai qu’une envie : me mettre à rire toute seule comme une conne.
Quelques longues minutes plus tard, nous arrivons enfin sur les hauteurs de Los Angeles, dans le quartier résidentiel, où autant de belles et luxueuses maisons s’alignent les unes à coté des autres. Otto gare finalement sa voiture devant une splendide villa californienne. Mes yeux observent avec délectation l’architecture raffinée, et un long sourire fend mon visage lorsqu’il me demande si je savais que c’était celle là. Je le regarde alors, haussant un sourcil mystérieux, et laissant planer le doute. J'adore l'idée qu'il se pose la question. En réalité, non, j’ignorais à quoi pouvait bien ressembler sa villa. J’ai simplement épluché tous les contrats précédemment passés entre lui et ses différents sponsors et ai donc lu de A à Z les conditions de location et le bail. Ouvrant la portière, je sors de la voiture pour le suivre jusqu’à sa porte d’entrée. Là, il marque une pause et me demande si j’ai peur des chiens. Je fais signe que non. Il annonce qu’il en a un. Un peu brusque mais gentil. Bizarrement les qualificatifs me rappellent quelqu’un et je me mords l'intérieur de la joue pour ne pas souligner l'écho que ça m'évoque. La porte s’ouvre alors et un tap tap tap précipité de coussinets agités se fait entendre. L’animal apparait alors.

J’accueille le chien dans un premier temps avec surprise devant tant d'énergie, mais ensuite grande joie. Cet enthousiasme et cette amitié offerte si simplement. Je finis par m’accroupir pour mieux caresser la chienne tandis que son maitre lâche, encore une fois, une remarque. Décidément dans le genre taquin, il en perds pas une. Caressant la chienne avec vigueur, je vais même jusqu’à secouer ses babines en répondant, m’adressant à Guapa plutot qu’à son maitre.
« Ouuuuh mais non, n’écoute pas ce qu’il dit ton imbécile de maitre. Il est juste jaloux parce que je porte les bottes mieux que lui. » La chienne, appuyant mes dires, me gratifie de plusieurs coup de langue sur le visage, ce qui ne fait que renforcer mon rire. Je finis quand même par me lever pour suivre Otto dans sa villa. La demeure est tout simplement splendide ! Je ne peux m’empêcher d’admirer ici et là l’architecture et la décoration. C’est tellement différent de mon Angleterre natale. Je pénètre un peu plus dans la pièce laissant mes yeux s’attarder sur des objets, des photos, des souvenirs. J'aime vraiment beaucoup la décoration et l'aspect épuré mais chaleureux des lieux Régulièrement une truffe vient secouer ma main, ce qui m’arrache un petit rire.

« C’est vraiment une très belle maison. Vous avez de la chance. Félicitations.  »

Que j’annonce, avant de m’excuser soudainement lorsque mon téléphone se met à sonner. Regardant qui m’appelle, je ne peux faire autrement que décrocher lorsque je vois qu’il s’agit d mon père. Aussitôt je m’éloigne de quelques pas vers la cuisine, où ma main vient négligemment suivre l’arrête du plan de travail. J’admire tout en répondant à mon paternel, mon fort accent britannique ressortant plus que jamais, bien que je n’en sois pas particulièrement consciente. A coup de « Hum hum. Oui. J’ai déjà envoyé le mail. Oui. » Je mets finalement un terme à cette conversation en expliquant simplement que je ne suis pas seule, et que non, ça ne regarde pas papa ce que je fais et avec qui je suis. Une fois que je raccroche, je mets mon téléphone en silencieux puis revient vers Otto, laissant mon téléphone derrière moi sur le plan de travail. Il me tend un verre que je prends gracieusement en souriant. Je l’observe un moment, me demandant concrètement, ce que je fais ici… Puis d’un geste je pointe la baie vitrée.

« La piscine ? »

Que je demande en me dirigeant vers le jardin. Aussitôt Guapa se précipite dehors à peine la porte fenêtre ouverte et court cherche son jouet. Putain quelle vue !
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptyJeu 1 Nov - 21:33




Peut-être que je lui ai un tout petit peu forcé la main. Mais après tout, je suis certain que boire un verre ne va pas lui déplaire. Ce qui pourrait la faire hésiter est le fait que je l’invite chez moi : je suis d’accord, c’est la patronne et c’est pas tous les jours qu’on propose ça aussi spontanément, mais bon… Je ne vois pas le mal après tout ! C’est aussi une personne comme moi, et elle n’a pas toujours une espèce de couronne sur la tête. Si ? Bon, eh bien tant pis, je m’en cogne ! J’ai décrété en ouvrant la portière que c’était une bonne idée, et peut-être qu’elle l’a pensé pendant un fragment de seconde et que c’était le fragment de seconde le plus convaincant de son débat interne !
Tout ça pour dire que je suis sur la route du retour, avec la patronne la plus mignonne du monde dans ma voiture. Faut avouer que c’est un joli brin de fille, je ne m’en cache pas ; elle a du charme cette nana. Même si j’envisage pas grand chose à son sujet : elle a sûrement tout ce qu’il lui faut à la maison, je ne me fais pas trop de souci pour elle. Quoique.. Est-ce qu’elle a vraiment quelqu’un à la maison ? Pour accepter de boire un verre en fin de journée ? Possible. Surtout qu’elle précise ne pas vouloir rentrer tard. Je confirme d’un long hochement de tête : c’est ce que je lui ai proposé, un verre et je la ramène. Bon, si elle insiste pour en prendre un deuxième parce que ma compagnie lui est agréable, ou parce que la boisson est savoureuse, je ne vais pas la mettre à la porte non plus !

Je n’ai pas envie que le trajet se déroule dans un silence dérangeant : oui le silence, ça peut être carrément plus dérangeant que du bruit, à mon sens. D’abord parce que je m’entends trop penser, et que l’un entraînant l’autre, je pense de plus en plus, et de plus en plus fort et profondément et ça ne me va pas. Je déteste partir dans une espèce de philosophie de la vie qui me fait revoir un peu la façon dont je mène mon existence et parfois j’arrive à ne plus savoir si c’est bien ou non. Et ensuite, parce que j’ai l’impression que je peux entendre réfléchir la personne à côté de moi, et ça, c’est pire que tout. Alors, l’alternative la plus simple est de sortir une balle, voilà, puisque c’est plus facile que de trouver un sujet de conversation sérieux. D’abord, de quoi je vais lui parler ce soir ? Je lui jette un coup d’œil, et je me dis que finalement… Je ne sais pas d’où m’est venue cette idée de l’inviter. Peut-être parce que son jean lui faisait de super jolies fesses quand j’ai jeté un coup d’œil dans le rétro. Sauf que clairement, je vais pas pouvoir aborder ce sujet-là avec elle ce soir. Là je me sens comme un con, parce que je suis à des années lumières de savoir quelles peuvent être ses passions, ses hobbies, ses sujets de conversation préférés ? Sa remarque au sujet de ma voiture me fait sourire, pas peu fier. « Content que vous appréciez ! » Parce que même si c’est tape à l’œil, je vois bien son coup d’œil appréciatif sur l’habitacle, ou le regard qu’elle a posé sur le compteur quand j’ai commencé à doubler. Je peux pas lui en vouloir : c’est grisant la vitesse, mais je m’efforce de ne pas appuyer trop fort.

Et pour la forcer à relever le bout de son nez, je ne trouve rien de mieux que chercher de quoi attirer son attention, sans lui faire peur, évidemment. Ça me fait tellement rire de voir que ça marche ! Surtout vu le regard qu’elle m’envoie suite à ça, oh, ça valait le coup ! Et mon rire s’accentue quand elle l’appelle simplement par son prénom… C’est trop bon. Mais elle évoque des négociations pour de nouvelles motos ce qui m’interrompt tout à coup. J’ai jamais entendu parler de ça ! Pourquoi elle le dit maintenant ? Je fronce les sourcils, mes yeux faisant des aller-retours entre la route et elle. Puis elle évoque des trottinettes qui remplaceront les motocross et mon visage se fend d’un sourire. « Oh alleeez mademoiselle McGrath ! Je vous crois même pas ! » Mais la voilà bras croisés, le minois tourné vers la fenêtre… Je soupire silencieusement, hésitant à la relancer. C’est pour Momoa qu’elle fait la tronche là ? C’est quoi ce caractère, ce.. caprice ? Bon, on n’a peut-être pas la même compréhension de l’humour, en même temps, c’est une Britannique… Mais je laisse couler, et le reste du voyage ne sera pas long de toute façon. Elle aura même pas le temps de ruminer. Peut-être qu’elle va refuser de sortir de la voiture une fois qu’on sera arrivé ?!

Je la questionne, parce que toute cette histoire tournant autour des sms me turlupine : comment elle savait ? Je vous jure, j’étais resté scotché devant mon écran, partagé entre l’envie de rire et celle de fouiller mes haies au cas où elle se serait planquée dedans. Je l’observe jeter un coup d’œil à la maison et elle me balance un grand sourire comme ça. La bouderie est terminée et elle est vachement mieux comme ça. Elle refuse de me répondre, se servant d’un air énigmatique pour attiser ma curiosité. Bon, je le saurais plus tard. D’une façon ou d’une autre, je saurais comment elle savait ! Puisque sa bonne humeur semble revenue, je n’hésite pas à la taquiner une nouvelle fois en lançant une petite réflexion quand ma chienne se jette sur elle. Je m’avance un peu plus loin, mais garde les yeux posés sur la scène qui se déroule dans l’entrée, et je suis surpris en la voyant s’accroupir ici, juste pour gratifier ma chienne de caresses. Je fronce légèrement les sourcils, mais un sourire perce avec amusement lorsque je l’entends lui parler. Elle me traite d’imbécile, et ça me fait mourir de rire, bizarrement. Peut-être parce qu’une espèce de barrière à sauter de son côté, laissant les paroles filer et je trouve ça super cool. Même si c’est pas à mon avantage dans ce cas précis, mais je préfère nettement ce genre de comportement qu’un truc totalement lisse et protocolaire. Jordan rit alors que Guapa en profite pour lui offrir ses bisous et… merde, je la trouve canon. Toute une dimension sérieuse la concernant s’effondre à cet instant. Sans ôter non plus quoi que ce soit à son rôle, c‘est juste.. Elle a l’air d’être encore plus sympa que ce que j’imaginais.

Je la laisse prendre son temps pour arriver là où je me trouve et je vois son regard fureter ça et là. Son commentaire m’arrache un léger rire. « Je n’en avais pas demandé autant, à l’époque. Mais bon.. Quand on me l’a mise sous le nez, je n’ai pas bronché. C’est juste un peu grand. » Je hausse les épaules, retenant la réflexion que c’est un peu grand pour un mec en solo. Qu’est-ce que je vais pouvoir lui servir à boire… Je me retourne vers elle, mais la voilà s’excusant et répondant au téléphone tout en s’éloignant un peu. Je repars dans mon questionnement sur ce que je vais lui proposer mais, même sans vouloir écouter la conversation, sa voix porte jusqu’à mes oreilles et je note d’abord son accent qui ressort lourdement tout à coup. Un fin sourire me vient. Bière, rhum, whiskey, vin.. ? Je la regarde du coin de l’œil en faisant tourner en boucle les idées. La façon dont elle termine la conversation m’interpelle un peu, mais je ne dis rien. Pour l’instant. Allez, whiskey. Je sors deux verres assez larges ainsi qu’une bouteille que j’avais commandée il y a quelques temps en arrière. Un truc bien noté sur le site. Soit, on verra ce que ça donnera en bouche ! Je lui tends le verre, avec une dose raisonnable de liquide ambré et je la vois l’échanger contre son téléphone qui reste sur le plan de travail, alors que son corps pivote vers la baie vitrée. Un sourire me vient et j’ouvre la porte fenêtre, Guapa en profitant pour filer à toute allure et Jordan et moi pour prendre l’air. « Je croyais que c’était vous qui alliez mener la visite… » dis-je en la toisant légèrement, le sourire flottant sur mes lèvres ; puis je lui indique d’un geste la droite, là où un angle de la maison la cache légèrement. En bordure de terrasse, voilà la piscine. C’est vrai que le cadre est plutôt sympa. « Vous habitez dans quel coin ? Enfin, j’imagine que vous louer ? » Je m’assieds sur l’un des transats disposés à côté, et l’invite à faire de même en le lui indiquant silencieusement. « Ah et j’vous ai servi un whiskey, si vous n’aimez pas… J’ai du sirop. Santé. » dis-je avec malice en la contemplant, et prenant une légère gorgée qui réchauffe instantanément la gorge. Guapa vient se caler entre nous deux, ne sachant pas à qui donner la balle qu’elle a ramenée. Je tends la main et elle la dépose, attendant impatiemment que je la renvoie au loin. « Elle a de l’espace ici. C’était l’une de mes seules réclamations quand le sponsor m’a dit vouloir me faire un joli cadeau alors que je m’établissais définitivement. » Posant mes iris sur elle, je constate que son chemisier rayé bleu roi fait ressortir ses yeux de façon indécente. Elle est drôlement troublante cette McGrath. Elle respire la confiance en elle depuis le premier jour où je l’ai vue et je dois dire qu’elle aurait tort de s’en priver. Je reporte mon attention sur mon cabot qui cherche la balle sous les haies comme une hystérique ; ça me fait sourire. C’est d’un calme ici, après la journée passée sur la moto, avec le moteur qui vrombit, les bruits alentours… Ca fait du bien. « Y a pas de mal à vouloir profiter du week-end ici, non ? D’ailleurs, vous allez faire quoi ? » Elle va peut-être me trouver curieux, mais honnêtement j’ai juste envie de savoir ce qu’elle fait en dehors du boulot, ses passions, ses centres d’intérêts. Je suis certain qu’elle est sportive, ça se voit à la façon dont elle se tient. Bon et ok, j’ai eu l’occasion de jeter un œil à la silhouette.

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Jordan McGrath
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptyJeu 1 Nov - 22:22

J’ai hésité, c’est vrai. J’ai hésité à monter dans cette voiture et à répondre par la positive à son invitation. Mais il faut bien l’avouer, ce type m’intrigue depuis le premier jour. Sa tête de sale gosse, son regard de coquin, sa répartie cassante, et son comportement à la limite du raisonnable. Au final, j’ai beau être sa patronne, et j’ai beau savoir que c’est une mauvaise idée, je n’ai pas vraiment pu résister. Et même quand il me fait la blague de Jason Momoa en se payant ma tête, j’ai beau faire semblant de bouder, je n’ai qu’une envie : rire. Il ne s’interrompt dans ses moqueries que lorsque je lui dis que tant pis pour lui, il roulera en trottinette pour le prochain concours, m’empêchant de finaliser des négociations pour de nouvelles motos. Il me donne du Mademoiselle McGrath et pour toute réponse, j’hausse des sourcils provocateurs et me mure dans le silence. Je ne retrouve l’usage de ma langue qu’en arrivant chez lui où ma première réaction est : putain de baraque ! S’ensuivent ensuite les présentations avec la chienne de monsieur, Guapa. Aussi accueillante et fofolle à première vue que son patron. Entrant à la suite d’Otto je suis scotchée par l’intérieur de la maison et je ne résiste pas à l’envie de me déplacer ici et là, et d’admirer les lieux. Lui, il trouve à redire. C’est trop grand. Le pauvre…

« Oh quel malheureux ! C’est grand comme il faut pour faire des fêtes. »
Que je lâche en rigolant. Non pas que ce soit mon genre, de faire des fêtes, mais il est vrai que cette baraque m’évoque surtout l’idée d’un barbecue géant entre copains. Et de ce que j’ai pu voir du jeune homme et son caractère, je devine qu’il y a dû en avoir quelques unes de fêtes ici. Je fais une pause de quelques minutes dans mon observation des lieux, le temps de répondre à mon père. Mais comme je suis plutôt occupée, voyez, j’abrège rapidement la conversation. Je rejoins rapidement Otto, qui entre temps m’a servit à boire. Il me tend un verre, que je prends puis je pointe la baie vitrée et demande si la fameuse piscine est par là.

« Je croyais que c’était vous qui alliez mener la visite… »
Mon sourire s’accompagne d’un haussement de sourcil mystérieux. Bon okay, on l’aura compris, je n’ai jamais mis les pieds ici avant et de sa baraque, je ne sais que ce qu’il y avait de marqué sur le contrat de location. Ceci dit je ne peux m’empêcher de rire en moi-même. J’adore cette répartie, ce ping-pong de mots que nous échangeons, la légèreté avec laquelle nous échangeons, et cette vivacité d’esprit. Je suis donc la direction indiquée et me retrouve devant une splendide piscine toute turquoise. Le jardin attenant est tout aussi magnifique. Ouwah ! Je siffle d’admiration. Et tandis que je contemple, admirative, les lieux, il m’interroge sur ma propre condition, et présume que je loue un appartement. Hum pas tout à fait.
« J’ai acheté un appartement sur Venice. »
Je sais, oui, un simple appartement. Oui un joli deux pièces tout refait à neuf. J’aurais pu louer c’est certain, mais entre un crédit et un loyer, je pars du principe qu’une fois que les murs sont à moi, je peux y faire ce que je veux, et ça pour le même prix. Mais elle est anglaise direz-vous. Et ? J’ai de quoi payer mes traites, et si jamais je repars en Angleterre, je pourrais toujours mettre mon appart’ en location, ce qui me fera des rentes, ou simplement le revendre au plus cher. Mais pour l’instant, j’y habite et c’est à moi.
Guapa arpente le jardin de long en large, à la recherche de quelque chose et apparemment bien déterminée à le retrouver. Ah non. Une pause pipi d’abord. Son comportement me fait rire. Lorsque je me retourne vers Otto, il est assis sur un transat et m’invite à le rejoindre. Il mentionne mon verre et son contenu. Du whiskey. Je souris en regardant mon verre puis hume légèrement le parfum. Rien qu’à l’odeur je sais que ce n’est pas le breuvage de famille. Doucement je trempe les lèvres, ça picote sur la langue avant que le feu ne descende dans la gorge. Ce n’est pas celui de la famille mais il est bon. Un jour, je lui ferai gouter l’excellence. -on ne relève pas la projection okay !-

« C’est très bien merci. Il est très bon. »

Je me décide enfin à le rejoindre sur le transat, et m’assois, à distance respectable bien sûr. Ce type à beau me retourner des pieds à la tête, je préfère tout de même rester dans une attitude convenable. Oui, oui, il me retourne la tête. Tout son être m’attire inexorablement, me rend curieuse au possible, mais je ne dois surtout pas oublier quels sont nos statuts respectifs. Aussitôt surgit la chienne, une balle dans la gueule. Voilà donc ce qu’elle cherchait avec autant d’insistance. Otto s’en saisit et la lance, Guapa disparaissant aussi rapidement. Il évoque ensuite son exigence lorsque les sponsors lui ont fournis la villa. Du terrain pour sa chienne. Je trouve l’exigence parfaitement justifiée, surtout si il avait son chien avant de signer avec les sponsors. Ce ne sert à rien d’avoir un animal si c’est pour ne pas s’en occuper. Personnellement à la maison, Gloria est la reine de l’appartement. Mon chat a un arbre à chat géant, ainsi que plusieurs étagères où elle peut se réfugier si elle le souhaite. C’est sans compter la multitude de jouets et diverses occupations que j’ai pu mettre à sa disposition. Mon chat est pourri gâté, ce qui explique peut-être qu’elle soit un véritable tyran. Quoiqu’il en soit j’approuve la réclamation du pilote et je me perds en riant dans la contemplation d’une chienne qui retourne les fourrés afin de retrouver sa balle. Il me demande ensuite ce que je compte faire du weekend. Pour sa part, il affirme qu’il n’y a aucun mal à profiter du weekend, et j’imagine qu’il a raison dans un endroit pareil. Je suis, je dois bien l’admettre, entièrement d’accord avec lui. Mais pour ma part, je n’ai pas le même luxe. Arrachant mon regard d’une Guapa toute heureuse d’avoir trouvé son précieux, je regarde Otto tout en souriant et vais même jusqu’à faire une petite grimace. J’ai même pas encore répondu que je sens déjà le jugement venir. « Hummm, je vais probablement travailler. » Et voilà je le savais, il me juge. « Le Conseil d’Administration m’a fait parvenir plusieurs rapports d’enquête qu’il va falloir que j’épluche pour me faire une idée de comment remettre ces entreprises d’aplomb. » Autrement dit, une tonne de paperasse hyper barbante à lire, mais à laquelle je ne peux pas échapper.
« Mon père m’a chargée d’une mission importante, et… je ne tiens pas à le décevoir. »
Voilà qui est dit, et qui justifie certainement mes weekend à travailler d’arrache pied, ou mes soirées au téléphone. Il est vrai que mon père nous pousse, mon frère et moi, à prendre plus tard la suite de son business. En attendant il nous met une grande pression et nous oblige à partir du bas et à gravir les échelons, afin que nous comprenions tous les rouages des compagnies McGrath.

Doucement, je trempe mes lèvres de nouveau dans mon verre. Je prends mon temps. Je n’ai pas envie de finir ce verre tout de suite, parce qu’après, si je m’en tiens à ce que j’ai dit, je rentre chez moi. Je ne veux pas rentrer de suite. Une balle pleine de bave atterrit soudainement sur mes genoux. Sans être dégoutée pour autant, je m’en saisis et la lance le plus loin possible, puis je m’essuie la main sur mon jean. Enfin, je m’appuie en arrière, un bras derrière mon dos et observe un moment le jeune homme en face de moi. Un sourire amusé vient étirer mes lèvres quand je songe à ce que je m’apprête à dire. Je sens que sa tête va être mémorable.
« Il faut que je vous fasse un aveu Monsieur Winspire. » Ah voilà. J’ai toute son attention. « Votre nom n’est pas arrivé par hasard sur mon bureau. Enfin pas exactement. » Je ménage le suspens. J’aime ménager le suspens. « Nous avons une amie en commun, et c’est elle qui m’a parlé de vous. » Bon bien sur, après qu’elle m’ait dit son nom, j’ai fait mes recherches, mes observations, et j’ai prit une décision professionnelle. Nouvelle toute petite gorgée du liquide ambré. Il me brule la gorge et me réchauffe. Je marque une pause dans mes aveux. J’hésite. Si j’hésite, c’est parce que connaissant la personne qui m’a parlé de lui, et ses manières de folie divine, je sais que toute l’image que je dégageais jusque là, peut s’effondrer d’un claquement de doigt. Et va s’effondrer. Otto va avoir soudainement une toute nouvelle idée de ma personne, ce qui n’est pas pour me déplaire attention, mais si ils sont si amis que Lou le dit, il est clair que mon image de surface va en prendre un coup. Le verre quitte à peine mes lèvres que je souris. Attention, impact dans : trois, deux, un.
« Lou Morland. »
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptyDim 4 Nov - 17:06



Lorsqu’elle souligne le fait que la maison est parfaite pour organiser des fiestas, j’ai l’intelligence de me taire, alors que j’étais prêt à rétorquer que c’était le cas. A vrai dire, vu la taille de la maison, la terrasse, le jardin et la piscine… Les copains ont tendance à trouver que c’est la meilleure option pour nos barbecues et je ne peux pas vraiment être en désaccord. Et j’aime voir du monde, avoir des copains à la maison, qui profitent et sont contents d’être là. Mais cette réflexion me fait d’autant plus sourire du fait qu’elle vient de ma nouvelle patronne. Elle est peut-être hyper fêtarde et s’en cache bien. Quoique si elle me parle direct de ça, elle ne s’en cache pas. Je sais pas.
On passe à la suite et verre à la main, on va profiter de l’extérieur, il fait encore bon ici, à L.A. même en automne, à cette heure-ci. Elle ne trouve rien à redire quand je lui rétorque qu’elle aurait pu la faire elle-même la visite, mais comme elle me répond par un nouveau silence, je me dis que c’était que des conneries tout ça ! Elle le connaît pas mon chez moi. Et déception… Elle ne me matait pas depuis les haies ! En tout cas, ce qu’elle voit a l’air de lui plaire et je peux pas retenir un sourire satisfait. Eh ouais, tout ça, c’est grâce à mon talent. J’ai envie de lui dire qu’elle a misé sur le bon cheval, et qu’elle n’avait qu’à repenser à ça quand elle aura un doute là-dessus, le jour où j’aurai pas la forme et qu’elle aura envie de me le reprocher. Même si j’imagine qu’elle ne va pas s’éterniser pour la saison entière. C’est Debbie qui me fera des reproches. Et j’en ai rien à carrer, honnêtement, elle n’y connaît absolument rien. Elle connaît le marketing et les chiffres. Jordan McGrath… Elle est venue voir des compétitions. Alors, je trouve que sa parole compte une bricole plus.

Et elle, alors, où vit-elle ? Je suis curieux. Sa réponse me fait légèrement hausser les sourcils. Venice… J’aurais pas misé sur ce quartier. Je l’aurais bien vue en plein centre-ville, à vrai dire, au plus près de tout, là où tout bouge à toute vitesse, avec les grands buildings. Un achat, en plus. J’esquisse une légère moue en hochant distraitement la tête. « Vous aimez bien le quartier ? C’est sympa avec l’océan pas loin. » Je pique une petite gorgée du liquide alcoolisé et relève le regard sur elle. Bon allez, je les pose mes questions qui me viennent en tête. « Vous comptez rester en Californie ? C’est le soleil qui vous a convaincue, ça change de chez vous, c’est ça ? » je demande, les yeux pétillants de malice. A vrai dire, si le Royaume-Uni a la vilaine réputation de recevoir énormément de pluie, la Nouvelle-Zélande n’est pas bien mieux de ce côté-là. Le temps change à une vitesse folle, et il n’est pas rare de passer des averses, au beau temps, au froid, aux averses à nouveau avant d’avoir un joli coucher de soleil. Tout dépend des coins. Si en plus on commence à se diriger vers le sud-ouest, là, l’Angleterre ressemblerait probablement à une île tropicale en comparaison. Mais je me garde bien de lui dire.

Elle sent le whiskey comme je le fais pour la bière et ça me fait sourire. Si elle ne grimace pas à la première gorgée parce que c’est trop fort… Je commencerai à me poser de sérieuses questions sur elle. Bon, ok, il va falloir que je creuse sur ses loisirs, parce que la demoiselle là, elle me parle de fiestas, et elle sait apprécier le whiskey. Ca couve quelque chose ! « C’est du japonais. Ils sont plutôt balèzes là-dedans. Ils font des bières pas mal du tout, aussi. » Mais ce sera pour une prochaine fois, ça ? Elle doit tellement être à cheval sur ce qu’elle dit. Si elle dit quelque chose, elle fait comme elle l’a dit, et pas autrement. De la rigueur jusqu’au bout des ongles dans une vie hyper cadrée. Et peut-être qu’elle se repointera jamais ici parce que c’est déjà une première entorse à ses règles super strictes ! J’ai l’impression qu’il n’y a que moi qui pose les questions ce soir : je lui demande même son planning du week-end pour le coup. Lorsqu’elle m’envoie un petit sourire, je me dis qu’elle va faire un truc palpitant, ou alors un truc dont elle a très envie, comme une journée au spa. C’est pas le rêve de toute femme ça ? Rien faire, aller se faire masser, rester au chaud dans des serviettes toutes douces. Enfin… Qu’est-ce que j’y connais aux femmes, au fond ? Je ne suis pas capable d’en garder une seule. La pensée me fait presque grimacer, mais c’est Jordan qui grimace la première au sujet de son week-end. Ouh. Peut-être pas le spa finalement… Sa réponse m’arrache un sourire un peu moqueur et je me redresse légèrement en passant une main dans mes cheveux, me retenant de lui répondre aussitôt. Ah, mais c’est dingue de travailler autant ! Elle m’explique en quoi ça consiste et… Non, je ne suis toujours pas convaincu pour travailler moi-même. Loin de là ! Ce dont elle me parle, je n’y connais absolument rien. « Ca a l’air absolument… passionnant, dites-moi ! » je constate, le rire dans la voix, en faisant tourner le whiskey dans le fond de mon verre. Je sonde un instant son regard – je m’y perdrais un peu si je me laissais faire… - et finis par lâcher : « Octroyez-vous au moins le dimanche. Allez vous promener à la plage ! Partez à dos de chameau… Que sais-je… Vous vous occuperez de ces entreprises en déroute en temps et en heure. » Mais elle sort la carte du paternel à ne pas décevoir et je hausse simplement les épaules. « Soit. Mais vous devriez vous reposer quand même. » Non, je ne démordrai pas, fierté familiale ou pas, peu importe, se faire des semaines à 60h de taff, tout le temps… C’est invivable. Et elle va devenir invivable avec nous, en plus, après ! C’est ça le pire là-dedans !

Guapa arrive à fond et s’arrête pile devant Jordan, déposant une balle pleine de bave sur son jean. Je m’apprête à dire à ma chienne de la reprendre, sachant que c’est généralement pas très apprécié, mais sans aucun commentaire, la jeune femme s’empare de la balle et la renvoie pour le plus grand bonheur de ma meilleure pote à quatre pattes (pas Lou à quatre pattes, voyons !). Elle s’essuie la main sur son jean, et ça me fait sourire bêtement. Je ne sais pas quoi penser d’elle, sincèrement. Une belle contradiction à elle toute seule. Comme un Rubik’s cube. Je détourne le regard vers Guapa, partie au fond du jardin et dis simplement : « Je vous paierai le pressing. » Secouant la tête en la voyant faire la folle toute seule, se dégourdissant les pattes autant qu’elle le peut. Mais lorsque ma patronne m’appelle aussi sérieusement par mon nom en parlant d’aveu, mon attention est toute à elle. Légèrement penchée en arrière sur le transat, je vois qu’elle se met à l’aise. Ca, c’est l’effet whiskey et fatigue, ma p’tite dame. Et quand elle commence à parler, je fronce doucement les sourcils, m’avançant légèrement, les coudes posés sur les cuisses, j’écoute attentivement, car ça me concerne de près. Je suis super surpris de savoir qu’on connaît tous les deux quelqu’un, moi l’ignorant tout à fait. Oh pétard… Ca pourrait être une nana que j’ai sautée pendant quelques temps et v’là l’image auprès de la patronne. Elle laisse planer le suspens, et j’attends patiemment, en l’observant s’amuser à me teaser une info comme ça ! Puis le nom tombe et là c’est l’incompréhension la plus totale avant que tout se décrispe et que j’éclate de rire. LOU ! Bon sang ! Je pars un peu en arrière en me tenant le ventre et repose mes yeux sur Jordan en riant toujours. « Vous êtes sérieuse ?! » je demande et elle a l’air de l’être oui ! « Mais qu’est-ce que vous fichez avec Lou ? » L’association me paraît totalement improbable, je me calme un peu. « Elle ne m’a jamais parlé de vous, en plus… C’est bizarre. » Je l’observe en plissant doucement les yeux, l'analysant soudain et me demandant quelle relation elles peuvent bien entretenir toutes les deux. Ce serait bien le genre de Lou en plus. Du coup le mien. Et là, toute la logique se met en place. « Ah si, je sais pourquoi ! » et je me marre encore un peu, sans en dire plus. « Et c’est Lou qui vous a convaincue ?! Racontez-moi ! » Je me demande bien ce qu’elle a pu lui raconter à mon sujet. Et depuis quand elles se connaissent, d’ailleurs ? Lou ne m’a absolument rien dit, ni du fait d’avoir rencontré une nana carrément canon, ni d’avoir parlé de moi et de ma profession à cette même nana ! « C’était quand ? Quand j’étais.. absent ? » j’hésite sur le terme à émettre, je ne sais pas ce qui lui a été clairement répété, ce qui a circulé à mon sujet. J’avais dit à Richie de parler d’une raison familiale, pour éviter les questionnements superflus. Mais lui-même savait pertinemment que j’avais Kimi dans ma vie et que du jour au lendemain, il n’a plus été question de faire mention d’elle. Alors peut-être que Lou l’a rencontrée quand j’étais loin et a oublié ? Peut-être qu’elle n’a pas eu le cœur à me parler d’une fille qui me plairait pas mal alors que je m’étais barré pour oublier cette histoire ? Je bois une vraie gorgée cette fois-ci, comme pour passer un coup de chiffon sur ces pensées. « Et s’il vous plaît, ne m’appelez pas Monsieur Winspire, Otto suffira amplement. Surtout quand vous me traitez librement d’imbécile auprès de ma chienne. »
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptyMer 2 Jan - 21:47

Cette soirée a tout pour me surprendre. Si j’étais à moitié partante pour ne boire qu’un verre avec Otto et déterminée ensuite à rentrer tôt, il faut bien reconnaître que ce n’est absolument pas ce à quoi je m’attendais. Je suis bien reçue, et en tout simplicité. Et c’est en toute simplicité que doucement je me laisse aller à la discussion ou au jeu avec le toutou. Je ne peux qu’approuver à sa remarque sur mon logement, et acquiesce vigoureusement de la tête. Être proche de l’océan c'est vraiment un grand bonheur. J’aime aller courir sur le bord de mer, me prendre un café au Starbucks avant de rentrer chez moi travailler le weekend. Oui c’est mon break de la semaine et c’est vraiment très agréable. On a pas idée du bien fou que peut procurer une balade sur le bord de mer ou simplement le fait de nager jusqu’à une bouée. Toutefois, monsieur enchaine avec une critique déguisée sur mon pays. Bon sang mais fluuuuuteuuuhh !!!! Arrêtez de croire et de dire qu’il fait tout le temps froid et moche en Angleterre ! Ce n’est pas vrai d’abord ! Et puis quand bien même ça l’était - ce n'est pas un aveu okay ? -, nous avons bien d’autres choses qui peuvent séduire. Les pork and leak sausages déjà, et puis les plus beaux musées du monde, les meilleurs acteurs du monde, et aussi Camden Market !

« Gna gna gna. Non c’est uniquement le business. Et quand j’en aurais fini ici, je revendrais mon appart’ ou le mettrais en location. On verra bien... » J’hausse les épaules, ne sachant pas très bien encore pour combien de temps j’en aurais ici. La boite qui emploie Otto n’est pas la seule sur ma liste à se trouver en Californie, et Papa me veut déjà sur d’autres contrats pour négocier des accords. Donc bon... on verra bien... Lorsque j’apprécie son whisky avec parcimonie, il m’apprend que c’est du whisky japonais, et que d’ailleurs ces derniers font aussi de très bonnes bières. Si j’ai déjà gouté tous les breuvages concurrents à notre distillerie, je ne m’aventure pas sur les bières. Je grimace, pas très convaincue. « Oh vous savez, je suis assez chauvine pour le coup. Rien de mieux qu’une bonne irlandaise... » Mes meilleures soirées en pub sont aromatisées d’irlandaise !! Oy !

La conversation dérive sur les loisirs et ça ne loupe pas. Moquerie, comme je m’y attendais lorsque j’évoque mon weekend passionnant en perspective. Je le laisse donc me chambrer - c’était inévitable - sourire aux lèvres. Je suis un véritable bourreau de travail, j’assume. D’autant, qu’en toute franchise, j’aime travailler. J’ai ce besoin constant d’être toujours active et de devoir m’occuper. Et comme j’ai très peu d’amis ici, sur L.A, forcément je m’occupe en étant productive, et en m’avançant sur mon travail. Et soudain, dans la voix d’Otto je crois entendre ma mère, me disant qu’il faut que je me repose. « Mais je me repose ! Je fais mon quota de sommeil rassurez-vous. » Ouais... enfin... quand le chat veut bien me laisser dormir en fait... Vive Gloria et ses crises de folie à 3h25 du matin. Et en parlant de poilus, voilà que la chienne d’Otto débarque avec sa balle pleine de bave, que je m’empresse de lui relancer. La voir détaler comme un lapin pour courir après son précieux m’arrache un sourire joyeux. Le propriétaire s’empresse de m’informer qu’il me paiera le pressing tandis que j’essuie ma main pleine de bave sur mon jean.

« Oh vous inquiétez pas, j’en ai vu d’autres… » Non mais carrément ! Il m’a prise pour qui ? C’est pas que mais moi monsieur, j’attrape les moutons et les canards au moins une fois par an quand je vais voir mes grands parents au Cottage familial ! Tout ça pour dire que c’est pas un peu de bave ou de boue qui vont changer quelque chose. C’est là que je me rends compte que du point de vue d’Otto, je ne suis que la patronne. Parce que oui je suis la patronne, c’est vrai. Mais il a une image de moi complètement faussée. Il me voit comme l’aristocrate britannique que je suis certes, mais avec le cliché de la blonde bourgeoise et coincée, trop BCBG pour oser ramasser une balle pleine de bave. Sa tête me le confirme. Il me fixe, et j’entends d’ici les rouages de son cerveau ne sachant pas trop comment interpréter tous les signes contradictoires qui ne correspondent pas aux codes et à l’image qu’il s’est faite de moi.
Mais sans trop m’attarder sur sa tête de chaton en perdition, je préfère le prendre à contre pied et lui dévoiler un scoop. Ménageant mon effet, je lui annonce que son nom n’est pas arrivé par hasard à mon oreille. Qu’il m’a été chuchoté par une amie commune.
Le suspens est à son comble. Et quand je lâche ma bombe, la réaction ne se fait pas attendre. Oh seigneur sa tête ! Elle vaut tout l’or du monde ! Honnêtement je kiffe, et l’expression de son visage et son rire ! Il ne semble pas y croire et je vois toute la conception de ma personne dans son esprit basculer. C’est l’effet Lou Morland. Il me demande d’ailleurs ce que je peux bien faire avec un tel énergumène. Mais c’est que je l’aime moi ma Lou !!! C’est mon Ariel, ma princesse au petit pois, ma folle dingue préférée. J’hausse les épaules d’un air négligé.

« Oh... on fait la fête. On boit beaucoup surtout. Et on danse. Bref… »

Oui sans rentrer dans les détails j’assume tout de même. Après tout, mon image de bourgeoise BCBG en a prit un sacré coup, alors puisqu’on y est... Autant garantir la réponse à ses questions. Parce que des questions il en a. Cela semble pour lui tellement inconcevable que je connaisse Lou. Sa réaction m’amuse et je ris de bon cœur.

« En fait j’ai rencontré Lou d’un bar… » J’éclate de rire. « J’ai l’impression que toutes les histoires avec Lou commencent dans un bar… » Ce qui ne doit pas être loin de la vérité... Et là je lui raconte. Bon je fais bref sur la soirée de débauche, mentionnant simplement le fait d’avoir trop bu et d’être aller enflammer la piste de danse. Mais je lui explique qu’après notre soirée détente, nous nous sommes revues plus sérieusement autour d’un café et qu’en discutant elle m’a sorti son nom. En effet, ce jour là, j’expliquais à Lou que mon père, en passionné de voiture, moto et sport en général, cherchait à investir dans des équipes de sport extrême. Sur quoi mon amie m’avait dit avoir un super pote dans le FMX. Puis entre une chose et l’autre, et beaucoup de recherches... voilà que...

La soirée se poursuit sur des notes légères et de grandes conversations. Curieuse, je lui demande un peu comment il en est venu au FMX. Il me raconte alors dans les grandes lignes son enfance, ce fameux voisin et les cascades après les cours. Puis ensuite les compétitions, le repérage, les sponsors etc. Presqu’à chacune de ses phrases je réponds par une question. On finit même par retourner dans le salon afin qu’il me montre ses trophées et même la vidéo de sa blessure. Car oui, tout est filmé. Et tandis que nous parlons, je ne touche pas ou très peu à mon verre. Parce que j’ai dit que je ne restais que pour un verre. Et donc... Parce que j’ai dit que je partirai quand je l’aurai fini. Mais surtout parce que là, tout de suite, je n’ai pas envie de partir. J’ai envie de continuer à échanger, à discuter avec lui et à lancer la balle à Guapa.

Ce n’est que mon estomac criant famine qui m’indique que l’heure passe. Et j’en profite qu’il s’absente quelques secondes pour commander deux pizzas via une application. Je zieute aussi sur mes mails et la dizaine de textos qui m’attendent. Mais peu m’importe. Je souffle. Pour ma part, je lui parle des entreprises McGrath, biaisant un peu sur l’étendue de la fortune familiale. Je mentionne surtout Londres, mes études, mon frère, mes voyages... Dont la Nouvelle-Zélande fait partie. Que j’ai aimé ce pays. J’y ai d’ailleurs rencontré l’homme de ma vie avant de lui briser le cœur. Mais là dessus je ne m’attarde pas, le mentionnant à peine. Je préfère parler sport. Papa est un psychopathe du sport, mon frère pas très loin derrière. Du coup, je papote un peu voiture, bécane... chameaux... J’en suis à essayer de comprendre la prouesse technique des figures, vidéos de monsieur à l’appui sur le téléviseur, lorsque la sonnette retentit. Penchant la tête sur le coté pour tenter de visualiser comment la position des épaules peut faire pivoter le tout, je déclare simplement. « Ce doit être les pizzas. C’est déjà réglé. » Ma tête n’en finit plus de tourner. Non décidément j’ai du mal à percevoir les nuances dans le mouvement. Assise sur le canapé, j’attends patiemment que les pizzas reviennent tout en me permettant de lancer une nouvelle vidéo avec une nouvelle figure expliquée. Mouai... c’est trop technique pour moi. Installée, ou plutôt avachie sur mes genoux, Guapa mâchouille sa balle tout en bavant éperdument sur mon jean. C’est bon, j’ai renoncé, Gloria va me faire la gueule... « Mais ces figures là... tu t’entraînes combien de temps pour les acquérir ? Ou du moins à moitié ? Et comment ça se passe, tu te lances et tu fais, ou tu étudies d’abord le mouvement en répétant ensuite au sol, comme pour le patinage artistique ? » Car oui, on ne se lance pas dans un triple axel si on ne maitrise pas les pirouettes de base sur un praticable. Bref, une telle aptitude ça me dépasse, et en admiration et en condition physique. Lorsque les pizzas sont là, je m’avachie un peu plus sur le canapé, caressant négligemment Guapa, toujours heureuse d’avoir trouvé une copine. Mon verre, toujours rempli, de whisky à la main, je me permets une nouvelle gorgée.
« Et sinon ? Une demoiselle dans ta vie en dehors de cette adorable poilue ? Ou bien était-ce la raison de ton absence prolongée ? »
Probable question qui fâche car je pense déjà connaître la réponse. Il m’a parlé de sa mère, il aurait obligatoirement mentionné, malgré lui, si il était rentré au pays pour raison familiale. Et il n’y a que deux choses qui font fuir les mecs : la famille, et les femmes. Je suis une fille perspicace que voulez-vous... Ceci dit, ne croyez pas que la question est intéressée... Tout aussi sexy et charmant soit-il, je n’ai pas le temps pour ça, et je suis la patronne okay !
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptyLun 21 Jan - 20:52


Toute ma vision d’elle est brusquement faussée. Depuis quand Lou côtoie-t-elle des femmes aussi trempées dans le business ? Je n’arrive pas à faire cesser mes pensées autour de ça, malgré le bref résumé qu’elle me fait de leurs activités en soirée. J’ai du mal à croire que Lou se limite à ça avec une nana aussi canon que Jordan. Ca me laisse pensif et je me dis que ce serait pas mal d’avoir une petite conversation à propos de tout ça. Je suis curieux. Lorsqu’elle m’indique l’endroit où elle a rencontré ma meilleure amie, elle éclate de rire et je l’imite, ajoutant : « Je peux confirmer, c’est aussi dans un bar que je l’ai rencontrée ! » Un souvenir mémorable.
C’est alors qu’elle me dit d’elle-même comment elles sont venues à parler de moi. Et c’est d’une oreille affutée que je l’écoute, récoltant les informations me concernant d’abord et puis, mine de rien, des informations sur elle aussi. D’où vient l’idée d’investir dans cette écurie particulièrement, notamment… Là encore, mes idées préconçues sur la motivation de cet investissement prennent une bonne gifle.
Jordan enchaîne, voulant en savoir plus sur mes propres motivations pour cette discipline bien particulière. Alors je lui raconte un peu mon parcours, comment je suis tombé là-dedans, et ce qui ressemblait d’abord à un passe-temps pour un gamin est devenu une vraie passion. De quelle façon j’ai mis les mains dans le cambouis pour la première fois et qui a été là pour m’enseigner les bases de la mécanique, de sorte à retaper une première moto à un moindre coût. Je crains de l’ennuyer avec tout ça, car au fond, ce n’est pas elle qui est à l’origine de cet investissement ; pour l’instant son intérêt se trouve centré sur les chiffres produits par la boîte. Mais c’est elle qui me questionne à chacune de mes réponses et forcément, je deviens intarissable à ce sujet. Ca touche pile ce que j’aime, ce que je maîtrise sur le bout des doigts, ce que je fais par plaisir. J’en viens même à lui sortir des vieilles vidéos. Celles toutes mal filmées par ma mère qui tremblait sur place en filmant et qu’on entend hurler de joie à chaque fois que je réalise une figure. Ca me fait rire. Ca fait une éternité que je n’avais pas sorti tout ça et ça me replonge dans des drôles de souvenirs d’une époque un peu oubliée. Je lui montre aussi celles de mes qualifications, c’est déjà plus intéressant. C’est probablement Kimia qui devait les filmer, quand on était ado et un peu plus vieux ; je reconnais sa voix sur une vidéo et ça confirme ce que je pensais. Alors avant que ça fasse une boucle dans mon esprit, je bascule sur des vidéos plus récentes, certain que je n’entendrai pas cette voix.
Alors je lui montre celle où j’ai tenté le premier une figure assez technique, que personne n’avait osé faire. A présent, tout le monde s’entraîne et les meilleurs arrivent également à la passer : le niveau a augmenté.

Puis habilement, je détourne la conversation vers elle, ce qu’elle a fait de sa vie, en dehors de longues études de commerce comme je le devine aisément. Depuis combien de temps travaille-t-elle pour cette entreprise familiale ? Est-ce que ça lui plaît ? Les avantages ? Les inconvénients ? A-t-elle jamais rêvé d’autre chose ? Alors elle me raconte et j’écoute attentivement. Sa façon de parler de tout ça me captive, elle m’explique les concessions qu’elle fait évidemment, mais bien plus, les voyages qu’elle peut faire grâce à son travail. Et c’est là qu’elle évoque la Nouvelle-Zélande. Alors je questionne d’autant plus, voulant à tout prix savoir ce qu’elle a eu l temps de voir là-bas, ce qu’elle a préféré… Et je suis ravi d’apprendre qu’elle a aimé son séjour là-bas. Elle mentionne rapidement une relation passée et passe à autre chose, alors je ne questionne pas. C’est peut-être trop s’aventurer dans le domaine du privé, à vrai dire.
Alors, elle reparle de sa famille et en particulier de ses figures masculine : son père et son frère, plus jeune qu’elle, tous deux passionnés de sport et de sport automobile. On bifurque à nouveau sur ce que je fais, le FMX. Et devant la télé, assis sur le canapé, je la regarde se mettre debout et se contorsionner pour comprendre comment on fait passer la moto de ce côté-là et à quel instant on donne l’impulsion. Alors j’essaie de lui expliquer, et je suis à deux doigts de lui proposer de faire un essai dans le bac à mousse où on ne risque rien quand on se balance dedans, lorsque la sonnerie retentit. Bizarre, je n’attends personne… Mais Jordan m’indique qui cela peut bien être et je me lève sans rien dire mais à peine ai-je fait quelques pas que je me retourne pour la regarder, toujours concentrée devant la télé. Je secoue la tête, un sourire aux lèvres et vais récupérer les pizzas. « T’avais faim et t’as rien dit ? » Je reviens dans le salon et dépose les cartons qui dégagent une odeur irrésistible sur la table devant nous. « Merci pour les pizzas, c’est super sympa. » Assise sur le canapé, je vois Guapa grimper à côté d’elle et se faire de sa cuisse un coussin confortable. « Elle risque de vouloir un bout de pizza, tu la vires si elle commence à être chiante ! » Une nouvelle vidéo défile sur l’écran et je regarde ce qui se prépare. Puis les questions affluent pour en savoir davantage, alors je me saisis de la télécommande, je retourne en arrière pour regarder à nouveau. « Ca dépend… Ca dépend du degré de difficulté et si elle me fait flipper d’entrée de jeu ou pas. » Je soulève l’un des cartons de pizza, et constate qu’elle est déjà découpée. Parfait. Guapa relève aussitôt le museau, comprenant qu’il se passe des choses intéressantes dans le coin. « Alors, non non non ! Je m’entraîne sur des trampolines d’abord. Comme ça je peux envoyer à mort sans trop craindre une blessure. Et comme ça je me rends compte de ce que ça va demander ensuite. Puis petit à petit, je migre vers les essais aux bacs à mousse. Là je fais la figure avec la moto, mais avec une réception dans des blocs de mousse. Donc là encore, à moins que la moto me retombe dessus.. Ca limite la casse. Et là… Ca peut prendre quelques jours, comme des semaines, jusqu’à ce que je sente que je maîtrise le truc. » Je lui tends une part de pizza, puis me sers et croque directement, finalement j’avais bien les crocs, et l’odeur ne fait que confirmer que mon estomac criait famine après cette journée d’entraînement.

Mais sa question suivante me fait arrêter de mâcher un instant. Qui est-ce qui est allé lui cafter ça ? Lou ? Je lui jette un regard en coin, avant de poser le regard sur la poilue en question. Je prends le temps de terminer ma part de pizza avant de me décider à lui répondre. Est-ce que Lou lui a raconté l’épisode de ma rupture ? Peut-être pour expliquer mon absence au moment où elle lui avait parlé de moi ? Ou est-ce que c’est juste une question comme ça et elle ne sait rien du tout ? Eluder, mentir, ou raconter sont les trois choix qui s’offrent à moi.
« L’adorable poilue qui serait la cause de mon départ, c’est ça ? » je demande, bêtement, histoire de dédramatiser l’instant. Je pose une main affectueuse sur la truffe de Guapa qui a posé sa tête sur les genoux de Jordan, un léger sourire aux lèvres. « C’est l’intuition féminine ou de très bonnes informations recueillies auprès de ma meilleure pote qui te font poser cette question ? » Cette fois-ci je pose le regard sur Jordan, voulant trouver la vérité sur son expression. Mais elle reste assez indéchiffrable comme fille, c’est perturbant. Elle a une capacité à porter un masque, et je n’arrive pas à savoir ce qu’elle pense. « Je crois que j’ai perdu la seule fille assez frappée pour envisager quelque chose de sérieux avec moi. » J’ai envie de le dire sur un ton léger, même d’en rire, mais ça reste coincé dans la gorge et je me sens encore plus con. Je soupire, et tape une nouvelle part de pizza ; peut-être que manger apaisera un peu tout ça ? « Je lui ai proposé de tout quitter, la ville, les amis, un fiancé… Pour une nouvelle aventure en Europe avec moi. Au début ça l’a séduite. J’avais un contrat sous la main qui permettait d’imaginer une vie ailleurs. Elle aimait bien bouger… Elle m’aimait bien aussi. Je crois. » Je hausse les épaules pour moi-même face à cette constatation qui ressemble à une supposition. « Finalement, ça lui a fait peur et elle a préféré tout arrêter, retrouver la sécurité auprès d’un fiancé stable, un peu moins… » Moi. « Et je m’suis retrouvé comme un con. Alors je suis parti un moment pour me ressourcer et savoir quelle direction je voulais prendre sans elle. Et je suis rentré, prêt à reprendre la routine, la compèt’, revoir les copains. » Les iris bleus de ma patronne semblent me sonder et je me sens un peu mal à l’aise, un peu à découvert. Peut-être même qu’elle va avoir pitié de moi, et j’en ai pas envie. « Mais maintenant ça va, je me suis fait une raison. Et j’ai les entraînements qui m’occupent assez pour ne pas avoir le temps d’y penser. J’ai une patronne qui m’aide sans le savoir, avec la pression qu’elle me fiche. » Allez, on repart sur quelque chose de léger, ou je me permets de lui retourner la question. « Et toi ? A peine le temps pour un verre, prête à prendre le premier vol pour aller redresser ou couler une boîte… Soit tu n’as pas le temps, soit il a un programme aussi chargé que le tien. »
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptyMer 20 Fév - 11:58

J’ai rarement rencontré de gars aussi intéressant. En dehors peut-être des potes de fac de mon frère. Mais bon... ce sont les potes de mon frère... Otto est captivant. Il a de la conversation et m’explique sa passion en termes simples et compréhensibles. C’est comme un enfant qui nous parle de ses jouets préférés mais avec tout le sérieux du professionnel. Je plonge littéralement dans ses histoires et renchéris même en posant tout un tas de questions. Oui, il est captivant, et j’aime, non j’adore, la petite lueur passionnée et enfantine qui brille dans son regard. Il m’emmène sur les chemins de son enfance, ses premières motos, ses premières compètes et tout ce qui a suivi. Un véritable roman d’aventure conté avec ferveur et passion. Puis finalement la conversation s’inverse, et c’est de moi qu’il est question. Je me vois donc dans l’obligation de lui parler de l’empire McGrath. Ce cette multinationale possédant bon nombres d’autres entreprises à travers le monde et du rôle que mon père me fait jouer. La pression que ça représente, mais aussi le challenge. Mon frère Duncan, avocat en droit des affaires, est voué à reprendre un de ces jours les rennes de l’entreprise et moi, je sais que mon père veut faire de moi LA négociatrice de l’entreprise. Parce que j’aime le challenge, que je suis futée et que j’ai un don pour renifler les menteurs et les magouilleurs. Mais avant, le paternel m’a fait partir du bas de l’échelle. Histoire de voir et comprendre comment fonctionne le monde des affaires. De la simple stagiaire de vacances, je suis peu à peu devenue plus présente dans les bureaux, je me suis imposée, j’ai suivie les patrons, j’ai observé, appris, et là, mon père me charge de fouiner dans toutes ses entreprises de la Côte Ouest pour trouver ce qui ne va pas et régler la situation. Oui grosse responsabilité, mais aussi grosse récompense à la clé. Otto peut facilement le percevoir dans mes mots, ma famille c’est ma vie, mon clan, et nous sommes tous extrêmement soudés. Finalement, je décide de repartir sur le FMX, et peu après on sonne à la porte. J’annonce que ce doit être les pizzas et reçoit instantanément une remontrance. Hey ! Gars ! Je suis ta boss, parle moi mieux okay ! :p J’hausse donc négligemment une épaule tandis qu’il se lève pour aller récupérer le précieux colis.

« J’aime pas boire le ventre vide, et tu étais occupé. Vois l'avantage, pas de vaisselle. »

Dis la fille qui a à peine touché à son verre car ce soir il représente l’ennemi public numéro un. Le finir reviendrait à partir, si je me tiens à ce que j’ai dit en tout début de soirée, sauf que vous l’aurez bien compris, je fais reculer au mieux l’échéance. Une fois les pizzas revenues et installées sur la table basse, je me rassois dans le canapé. Guapa rapplique aussitôt mais pas vraiment pour des câlins ou pour sa balle cette fois. L’odeur alléchante des pizzas captive toute son attention. Otto me met d’ailleurs en garde. « Promis. » J’acquiesce. De toute façon dans ma famille les chiens n’ont pas le droit à grappiller à table. C’est la règle c’est comme ça. Je pousse donc délicatement la chienne de façon à lui bloquer la vue des pizzas. Le couvercle s’ouvre et le fumé me heurte de plein fouet, me faisant prendre conscience que oui, j’ai faim !! Tendant un bras, j’attrape un morceau tout en écoutant Otto m’expliquer comment il procède pour ses entraînements et surtout ses figures. La fosse à mousse. Oui je vois. Je les ai déjà vu, Arthur et lui se lancer dedans avec de petites motos plus légères. N’empêche que pour moi cela reste une prouesse physique et technique incroyable. Pour le coup, j’ai beau aimer les sports extrêmes, ce qu’ils font ne me tente pas vraiment...

Soudain je me décide à poser une question par pure curiosité. Question que je regrette aussitôt en voyant la tête qu’il fait et le temps qu’il met à choisir ses mots. J’aurais, je crois, mieux fait de me mordre la langue.
Je crains d’avoir posé la mauvaise question. Ce qui se voulait être une simple curiosité banale et sans conséquence, se révèle être une grosse confession gênante et limite déplacée envers son boss. J’ai honte. Et je ne sais plus où me mettre. D’autant que je vois que mon regard le perturbe. Il doit se sentir tellement mal. Alors je me concentre sur Guapa, plongeant mon regard dans ses poils pour ne plus observer Otto et la papouillant derrière les oreilles en écoutant attentivement ce qu’il me dit. Lorsqu’il ralentit la cadence, je me jette sur une part de pizza, afin que la bouche pleine je ne puisse pas répondre, le laissant aller là où il veut aller et en finir. Ainsi donc c’était bien une fille qui l’a fait fuir en Nouvelle-Zélande. Une fille qui lui a brisé le cœur et d’une odieuse façon en plus. Cela est douloureux, encore aujourd’hui. Je le vois. A ses traits et au son de sa voix. Il termine sur une note plus légère : moi. La patronne qui lui fout légèrement la pression. Je souris et lâche un sincère : « Ça n’a pas du être facile. Je suis désolée pour toi. Je suis certaine qu’elle le regrettera. » Puis j’ose enfin le regarder. Je ne sais pas pourquoi je dis ça. Mais je ne sais pas. Cette fille devait être sacrément ennuyante pour ne pas aimer le frisson et l’aventure, ni même le dépaysement qu’Otto semble offrir à lui tout seul. Qui veut d’une vie bien rangée de A à Z ? Du peu que je connaisse de lui, il m’a l’air d’un type bien, et relativement extra pour que cette fille ait choisi de rebrousser chemin. Mais après tout qui suis-je pour la juger hein ? N’ai-je donc pas fait pire que ça ? D’ailleurs en parlant de moi, il était évident que je n’allais pas y couper. Affichant un sourire, je termine len-te-ment de mâcher ma part de pizza, réfléchissant précautionneusement à la réponse que je vais donner. « Il n’y a pas de Il. » Voilà c’est dit. « Je n’ai... pas le temps. Et... disons que je ne suis pas vraiment faite pour l’engagement. » Voilà, je saute le passage où j’ai effectivement fait pire que son ex en abandonnant mon propre fiancé la semaine même du mariage, tout ça parce que je n’ai pas su gérer la nouvelle de Mère Nature. J’ai paniqué oui, j’ai tout lâché pour courir dans les jupons de maman, et depuis je refuse catégoriquement de m’engager avec qui que ce soit. C’est un blocage psychologique, il faudrait que je vois un psy, oui, mais je n’ai de toute façon pas le temps. La responsabilité que m’offre mon père au sein de son empire dépasse largement les regards attristés de ma mère. Donc jusque là... on s’en fout hein, ou on fait tout comme. Et prise dans cette guerre psychologique avec moi-même, je clos le débat en terminant mon verre de whisky. « Il faudra que je t’en fasse goûter un bon. Du tourbé, la crème de la crème. »que j'annonce fièrement. Parce que oui, clairement son machin japonais c’est du pipi de chat face au breuvage de famille. Là dessus, je lui offre un sourire léger et reprend un part de pizza. Mon verre est terminé, je suis censée partir, alors autant trouver une bonne excuse pour rester : manger le plus lentement possible. Il parait que c’est bon pour la digestion...
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MessageSujet: Re: Livin' life in the fast lane • Otto   Livin' life in the fast lane • Otto EmptyJeu 28 Fév - 12:44



Pragmatique. En plus d’être particulièrement futée et charmante, entre autres. L’argument phare du pas de vaisselle grâce aux pizzas me va droit au cœur ! Cette fille… Elle a compris pas mal de choses très simples sous ses airs de grande dame, grande patronne. Et sa remarque sur le fait de boire le ventre vide me fait sourire : son verre, elle le touche à peine depuis que je lui ai servi ! Peut-être qu’elle n’est pas très habituée à boire et que ça lui monte vite à la tête et elle veut rester maître d’elle-même ? Quoique… Ca ne tient pas debout : cette fille fait la fête avec Lou, autant dire qu’il faut tenir correctement l’alcool pour vouloir suivre l’autre phénomène en soirée ! J’ai terriblement envie d’écrire à Lou, d’ailleurs, et lui dire que sa copine Jordan McGrath est ma patronne, que je suis au courant qu’elle le sait déjà puisque c’est elle qui a glissé mon nom à l’oreille de la blonde, mais que cette même patronne boit un coup à la maison. Je me demande si elles ont couché ensemble. Ou si Lou est encore sur le coup.

Mais très vite, la réalité me renverse et me sort de mes pensées. La franchise, mêlée à la curiosité, de Jordan la pousse à me poser une question un peu plus personnelle ; de celles qui touchent la corde sensible. Comme si elle avait vu une petite plaie en train de se refermer, et qu’elle avait gratté la croûte qui venait de se former : c’est encore un peu sensible et pas tout à fait cicatrisé, du coup ça fait grimacer sur le coup. Mais plutôt que de l’envoyer paître ou me cacher derrière un mensonge tout beau, je lui donne la vérité toute nue. Pas de camouflage, pas de repli, rien que la vérité : c’est pas très beau, je m’entends raconter ça et je pense qu’elle va avoir un peu pitié. Je veux pas qu’elle ait pitié, je n’en veux pas de sa pitié. Mais je la sens être désolée. Sûrement désolée d’avoir posé la question à quelqu’un qui fait preuve d’une franchise à toute épreuve et qui la met elle-même dans une situation un peu gênante. Qu’est-ce que tu veux répondre au mec qui s’est fait larguer comme une merde, hein ? Bon, c’est bien, au moins on est deux à se sentir un peu stupide, je me sens moins seul.

Lorsqu’elle a terminé sa part de pizza et que j’ai fini mon récit triste à en crever, en faisant quand même l’effort de terminer sur une note moins dramatique, elle se retrouve obligée de dire quelque chose. Et la phrase qu’elle sort me touche et me laisse perplexe à la fois. Elle semble sincère lorsqu’elle dit être désolée pour moi, mais dire que Kimia regrettera de m’avoir quitté me fait sourire en coin et me laisse un peu désorienté à la fois. J’imagine que c’est… une espèce de compliment qu’on glisse aux célibataires qui se sont faits méchamment jeter ! Je détourne le regard sur Guapa. « C’est ce que tu dis à tes copines quand elles se font larguer ? » je demande en riant doucement, un rire sincère. Puis je me reprends et j’ajoute simplement : « Je sais pas si elle le regrettera et à vrai dire… je m’en tape. Je sais que nos chemins ont pris des directions opposées. » J’espère bien ne pas la recroiser : ça ferait assez mal ; rien que de l’imaginer c’est désagréable. C’est encore un peu frais pour pouvoir croiser mon ex sans que ça ne m’atteigne.

A mon tour de lui retourner la question. Je sais pas à quoi m’attendre. Casée ou libre comme l’air. Elle a ce je-ne-sais-quoi qui ne me permet pas de déterminer grand chose à son égard. Une petite étincelle d’espièglerie dans le regard, un sourire énigmatique qui tous deux mettent à mal mes suppositions. Alors, j’attends patiemment qu’elle fournisse une réponse. Elle commence et je me surprends à écouter avec attention ; le début annonce un célibat. Et la suite, je ne peux m’empêcher de sourire légèrement ; sourire que je cache derrière ma main, un peu gêné de dévoiler mes pensées si vite. J’avais vu juste : son emploi du temps surchargé l’empêche de mener une relation correctement. Ceci dit, elle ne s’en porte pas plus mal apparemment, elle semble épanouie à travers sa carrière. C’est ce que je prévois de faire de mon côté aussi : me rendre heureux via ma profession. Pis deux-trois bonus à côté quand même ; les potes évidemment, quelques fiestas, le surf et une nana dans mon plumard de temps en temps. La recette du bonheur, ou quelque chose qui s’en rapproche, en somme !
Mais ce qu’elle ajoute juste après la raison du temps lui manquant me fait un peu tiquer. Pas faite pour l’engagement. Est-ce dû à une rupture un peu trop abrupte ? Ou peut-être l’infidélité ? « La monogamie, c’est surfait. » Je dis très sérieusement d’abord, avant de rire de ma connerie et me pencher pour piocher une nouvelle part de pizza. On est en train de la tuer ! Mais en tout cas, elle a très rapidement résumé sa situation sentimentale. C’était concis et précis. Libre comme l’air et compte le rester.

Et la voilà qui termine enfin son verre. Le commentaire qui suit me fait sourire ; c’est la promesse d’un autre apéro, ça. Je note mentalement la suggestion. « Un tourbé, hein ? » Ca me rend curieux. « J’imagine que c’est l’un de ceux que ta famille produit ? » Elle a eu le temps d’évoquer brièvement les différents domaines qui font partie de l’empire familial et j’ai fait preuve d’une écoute sans faille, retenant plein de petites choses, dont la production de whiskey. « Je suis preneur. » C’est un oui à ton bout d’invitation, boss ! « Tu le trouves pas très bon, celui-ci ? » je demande en faisant tourner la bouteille de whiskey posée sur la table basse, pour jeter un coup d’œil sur l’étiquette. Devant son air interrogatif, j’ajoute : « T’as mis un temps fou à boire ton verre. » Eh oui ma petite dame, je suis observateur et je t’ai vu pinailler à le boire ce whiskey. Soit parce qu’il ne lui a pas plu, soit pour… le faire durer ?

Guapa saisit l’occasion pour s’aventurer un peu trop près de la dernière part de pizza restante, mais du coin de l’œil je la vois faire. Je tape dans les mains pour l’arrêter dans son mouvement puis me lève du canapé et lui indique la baie vitrée restée entrouverte dans la cuisine en tendant le doigt dans cette direction. « Dehors Guapa. » Et hop, sans discuter, elle quitte la pièce pour aller dans le jardin avec son air de chien battu. « Tssss. » je laisse échapper me détournant de la vue. « La pauvre. Il faut que je lui donne ses croquettes, d’ailleurs… » J’avais complètement oublié de la nourrir. Une seule invitée à la maison et me voilà déboussolé. Je vais dans la cuisine, sors le sachet de croquettes, remplis la gamelle et la pose juste à l’entrée, sur la terrasse. « Tu peux finir la pizza, on va pas se la jouer en mode « trop polis pour terminer » jusqu’au petit matin. » j’annonce, en retournant auprès d’elle sur le canapé. Je l’observe prendre la part restante, et m’attarde un peu sur les traits de son visage. C’est vrai qu’elle est super jolie, ma boss. Je soupire discrètement, et me saisis de la bouteille de whiskey. Et soudain je crois comprendre. Je crois que c’est ça : elle a pensé qu’à la fin du verre j’allais annoncer le top départ pour la ramener chez elle ? Si c’est ça, elle se trompe sacrément ; j’aimerais bien qu’elle reste un peu. Je me décide à le sous-entendre, sans rien forcer non plus. J’aime sa compagnie, elle est super ouverte, curieuse, et ça fait du bien de discuter avec quelqu’un de nouveau, qui a un nouvel angle de vue sur moi, et moi sur elle. « S’il n’y a pas de… Il, chez toi, tu n’as pas d’heure précise à laquelle rentrer ? » Et je soulève la bouteille dans sa direction, savoir si elle est partante pour que je remette une petite tournée.
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