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 This is a dream come true. Or not. ~Dean ~

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Roxane Mayfair
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Roxane Mayfair
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MessageSujet: This is a dream come true. Or not. ~Dean ~   This is a dream come true. Or not. ~Dean ~ EmptyMer 5 Sep - 16:10

Roxane fulmine littéralement. Elle pianote nerveusement sur la table, croisant et décroisant les jambes. Devant elle, un mojito qu'elle n'a pas encore touché. Elle n'est pas attentive au léger brouhaha des autres dîneurs. Non, la jeune femme a du mal à se détacher de son échange avec Marine, sa meilleure amie. Qui a sérieusement intérêt à se faire pardonner. Comment est ce qu'elle a  osé lui faire un coup pareil?!

***
Les deux jeunes femmes ont passées l'après midi ensemble, dans la villa de Roxane, avec Helyos jouant dans le jardin ou venant les voir pour demander un peu d'attention. Somme toute, un moment tranquille et détendu. Jusqu'à ce que la petite blonde lâche sa bombe d'un ton faussement nonchalamment

- Au fait, Roxane, tu as quelque chose de prévu pour ce soir?
-Non, pas spécialement. Tu veux rester et que l'on mange  une fois Helyos couché?
-Désolée ma belle, mais cela ne va pas être possible. J'ai un rendez vous avec l'homme de ma vie!
Le visage de Roxane trahit une certaine surprise. Jusqu'aux dernières nouvelles, celle ci était célibataire. Mais cela fait plusieurs semaines qu'elles ne sont pas vues. Donc.. peut être que... Elle se penche vers son amie et enchaîne
-Et tu ne m'as même pas envoyé de sms ou de whatsapp pour m'en parler plus tôt? Il est comment?
- Il a les cheveux bruns, de grands yeux azur, il est super chou, super bien élévé!  Ce soir, il finit au lit!
-Marine! -ne peut elle s’empêcher de rire devant ses paroles sans fard. -Et il s’appelle comment, ce bel apollon?
-Helyos!
-Qu'est ce que...
-Je garde ton fils pendant que TOI tu sors en ville. Je t'ai réservé une table au Blue Bayou en compagnie d'une charmante personne. -Voyant le visage de Roxane s'assombrir, elle se hate de poursuivre. -J'ai crée un compte Tinder à ton nom, en mettant une de tes photos. Tu n'as pas idée du nombre de Hit que j'ai eu!
-MAIS! Tu es completement folle! Ca ne m'înteresse pas!  Qu'est ce qui t'as pris, putain!
-Ca fait trois ans que tu es séparé de Seth! Trois ans que tu vis presque comme une bonne soeur! Tu es jeune, tu es séduisante, ca suffit! Etre maman, c'est bien, mais être une femme, c'est important aussi!
-Ca ne te regarde pas, bordel! Tu te débrouilles comme tu  veux, mais tu annules! Je vais pas sortir avec n'importe qui!
-Impossible. J'ai aucun moyen de le faire, j'ai confirmé le rendez vous, le lieu, l'heure et tout et tout. Et  j'ai effacé toute information de Tinder! Et comme tu es incapable de poser un lapin même à la personne le plus insupportable de l'univers....
-Je te deteste!
-Je sais. Maintenant, va te préparer pendant que je m'occupe de ton gnome!
-Tu fais chier, Marine. Vraiment! Recommence jamais une connerie pareille! Et il s'appelle comment?
-Surprise, surprise. Tu verra pendant le diner!

Marine disparait dans le jardin avant de se prendre un coussin en pleine tête, laissant la jeune femme completement destabilisée par la situation inattendue devant elle.  De mauvaise grace, elle essaie de se convaincre, que peut etre, juste peut être, ce sera sympa. Qu'elle va s'amuser. Que sortir un peu, en dehors du  cadre du travail lui fera du bien. Sans conviction.

****

Roxane n'en revient toujours pas. Elle écoute distraitement le groupe de contry live qui passe à quelques tables d'elle. Au moins, Marine a choisit un lieu qu'elle adore. Le Blue Bayou est sans doute le restaurant Cajun le plus réputé de toute la ville.  Situé dans l'une des parties les plus luxueuses de la ville, on ne le trouve qu'en  s'engageant dans une des petites rues transversales, bien plus discrete que ses consœurs.  La devanture, un néon bleu qui  flashe avec le nom du restaurant n'indique pas vraiment la nature du lieu. Quand on entre, on est surpris de trouver un vaste billard, avec une ambiance des plus casuals. Puis, on gravit un escalier de bois et on se retrouve nez à nez avec un énorme alligator en bois. Une fois la surprise passée, la salle est chaleureuse. Sur le devant une scène légèrement sur élevée permet à des groupes de musique de jouer pendant que les convives profitent de leur soirée. On a rapidement l'impression de se retrouver dans une cabane au fond du bayou, avec les hautes poutres, les barils en bois disposés un peu partout et les différents elements de décoration qui ornent les murs.  De la cuisine, parviennent les fragrances épicées des plats qui mijotent lentement.

Il lui a fallut un peu de temps avant de choisir une tenue adéquate. Puis, Marine, commençant à être exaspérée par ses atermoiements, a sorti  elle même une robe du dressing. Une robe légère, printanière, qu'elle n'a pas porté depuis... trop longtemps. Pourtant, Roxane en aime le drappage asymétrique qui dévoile l'une de ses épaules. Le motif lavande rehausse les yeux clairs de la jeune femme tout en mettant en valeurs ses jambes sans être non plus ostentacieusement Sexy. Elle doit reconnaitre que le choix est bon!  Elle se sent jolie dedans sans être allumeuse. Pour un premier rendez vous à l'aveugle. Ses pieds chaussés de sandales argentées se balancent au rythme des musiciens qui s'échauffent.  La carte n'est pas encore devant elle, la serveuse lui adressant un sourire complice lorsqu'elle lui a affirmé attendre une autre personne.  Elle est un peu avance. Elle est Toujours en avance. Elle espère simplement que l'autre ne sera pas trop en retard. Quoique. Elle attendra dix minutes de plus que l'heure convenue et s'en ira. Ce sera un bon moyen d'esquiver la soirée sans être directement en tord!










Rip Blue Bayou, restaurant cajun de paris de mon coeur Very Happy
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Dean S. Neverson
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Dean S. Neverson
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MessageSujet: Re: This is a dream come true. Or not. ~Dean ~   This is a dream come true. Or not. ~Dean ~ EmptyVen 7 Sep - 3:49



Roxane & Dean



This is a dream come true. Or not.



Tout avait été calculé au millimètre près. Pas besoin d’une weeding planneuse quand on avait affaire à Layce Hamilton et Dean Neverson. Une femme beaucoup trop sûre d’elle, n’ayant peur de rien et surtout pas de la moindre folie et excentricité ; et un homme qui voulait gérer uniquement la cuisine sachant que c’était son domaine et que la blonde gérait complètement le reste. Les invités commençaient à arriver en masse. Le bruit des talons aiguilles claquetaient et se faisaient entendre jusque dans la salle où je me préparais en enfilant mon beau costume. Ma mère versait toutes les larmes de son corps sous l’émotion tandis que mon père préférait boire un whisky avec l’aîné des enfants Neverson. Pitié, que l’on me sauve de là ! La porte s’entrouvrait doucement, laissant apercevoir la brune chevelure de Sarah. Alléluia, mes prières avaient été entendues. Des embrassades rassurantes de la part de mon amie, une nouvelle accolade de ma mère et nous étions partis. Les bancs étaient remplis, l’autel me faisait face. J’avançais doucement. Je sentais le regard de chaque invité sur moi, me donnant l’impression de devoir contrôler ma démarche, ainsi je faisais attention, et c’est comme si je ne savais plus marcher. Vous voyez ce genre de moment ? Bref. Arrivé à l’autel, la musique annonçait la venue de Layce que l’on commençait à apercevoir vêtue de blanc dans le fond de la salle. Même de loin, je savais qu’elle était magnifique. Nous n’étions plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre, mon cœur battant à tout rompre. Puis la seconde, arrêt. Le drame. L’arrivée de Connor me volant Layce avec ses belles paroles. Des larmes. Beaucoup trop de larmes. L’annulation du mariage.

« EH MERDE ! » hurlais-je en me réveillant, sursautant comme si c’était la première fois que je vivais cette situation. J’aurais préféré qu’il ne s’agisse que d’un cauchemar, mais le retour à la réalité me faisait bien comprendre que cela s’était déjà produit. En gros, il s’agissait simplement d’un acte masochiste, juste histoire de me faire souffrir même pendant que je dormais. Des mois que c’était passé et il fallait encore que j’y pense ! Megan m’avait bien dit que j’y penserais encore jusqu’à ce que je me trouve une autre femme. La blague, comme si c’était aussi simple. Les sites de rencontre, avait proposé Joyce la dernière fois que je l’avais appelé au téléphone au moment de faire la cuisine le soir. On parlait recettes tout d’abord, puis ça dérivait toujours sur le sujet sentimental. Ce n’était clairement pas mon truc. Déjà, je trouvais qu’il s’agissait d’une plateforme pour recherchait des personnes avec qui pratiquer le coït et non pas partager sa vie. « Je t’ai entendu hurler à la mort. » déboula Holly - chez qui je squattais depuis l’échec avec Layce - dans ma chambre, toute paniquée. « Ne t’inquiète pas, ce sera la dernière fois. » déclarais-je, bien décidé à ce que tout cela change.

***

Joyce a toujours été d’excellent conseils. Oui, tout va bien se passer. Ou peut-être que ça va être ridicule à souhait. – Je traînais des pieds dans la rue, me dirigeant vers le lieu du rendez-vous. « Mais qu’est-ce que je fous, sérieusement ? » me questionnais-je à voix haute, m’énervant tout seul. Un regard vers ma montre suffisait pour me dire que j’étais – beaucoup trop – en avance. Super, comme ça, j’aurais le temps de bien stresser devant une chaise vide en attendant qu’elle arrive. Bravo Dean, pourquoi n’es-tu jamais en retard quand il le faut ? – Je stressais peut-être un poil, il fallait l’avouer. Cela faisait un moment que je n’avais pas été dans une telle situation. Enfin, à vrai dire, jamais. Jamais je n’avais eu de rendez-vous avec une parfaite inconnue. Ou du moins, uniquement connue au travers d’un écran avec quelques mots et une photo d’elle. Je n’étais clairement pas à l’aise, et pourtant, je n’étais même pas encore arrivé. Qu’est-ce que cela allait être une fois devant elle ? Une catastrophe, voilà ce que ça allait être ! L’idée me vint de retourner les talons et de retourner dans mon lit. Non, tu ne vas pas fuir. T’y es presque, tu y vas maintenant. Et puis, ça ne peut pas être si terrible. Tu vas sûrement passer un bon moment. Et qui sait, peut-être que ce sera la bonne ! tentais-je de me convaincre par pensées. Des fois, comme dans ce genre de situation, je me pensais schizophrène. Le temps passait, les rues se traversaient mais impossible de trouver le lieu du rendez-vous. « Non mais sans déconner, j’suis aveugle ou quoi ? J’me suis trompé de quartier ? » m’interrogeais-je à voix haute, regardant partout autour de moi avant de m’apercevoir que je m’étais effectivement complètement gouré d’endroit. « Bien sûr Dean, tu n’as qu’à dire oui à ce restaurant en disant que tu l’apprécies énormément alors que tu n’y as jamais foutu les pieds de ta vie ! » baragouinais-je dans ma barbe, à presque m’insulter, baissant la tête pour décamper de cet endroit. Fort heureusement, j’avais regardé sur le GPS avant de partir, et je n’étais pas si loin que ça. Ce devait être ma tête qui me faisait à nouveau des tours. Cependant, il fallait dire qu’on aurait dit que le restaurant, bar ou je ne sais quoi se situait au trou du cul du monde, dans la rue la moins passante de la ville. Ou alors, c’était moi qui était totalement nul en orientation.

Alléluia, les néons de la devanture attirèrent mon regard, j’avais enfin trouvé ! J’entrais en trombe dans le bâtiment, balayant la salle du regard afin de trouver mon rendez-vous. Ok, aucun signe. Si ça se trouve, elle ne viendra pas. Enfin, en soit, je ne voyais qu’un billard pour le moment. Certainement que je devais monter les quelques marches, ce que je faisais pour me retrouver à l’étage supérieur. Nouveau zieutage de salle en avançant d’un pas. Oui, elle est là, déjà assise à la table. Immédiatement, en la voyant, je faisais demi-tour pour redescendre de deux marches. Petit recoiffage de cheveux, ok. Test haleine, ok. On était parti ! Je me redirigeais d’un pas décidé vers la brune déjà installée, jusqu’à arriver devant la table. « Excusez-moi, je ne suis pas en avance. » présentais-je tout d’abord, regardant ensuite ma montre pour m’apercevoir que je n’étais pas non plus en retard. « Vous ne m’attendez pas depuis trop longtemps, je l’espère ? » lui demandais-je timidement. C’était au vouvoiement qu’on pouvait clairement comprendre que je n’étais pas à l’aise. Surtout qu’en plus, sur Tinder, on ne tutoyait. Là, on aurait dit que j’allais à un entretien d’embauche. Mais sans la tenue adéquate, surtout en voyant sa tenue. « Oh, j’aurais peut-être dû m’habiller un peu plus. » murmurais-je en observant ma tenue trop classique à base de jean, et d’un tee-shirt caché sous un pull, soit, ma tenue de tous les jours. Tandis qu’elle, elle s’était habillée. Oui, ça commençait très mal pour moi.


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Roxane Mayfair
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MessageSujet: Re: This is a dream come true. Or not. ~Dean ~   This is a dream come true. Or not. ~Dean ~ EmptyMar 11 Sep - 9:32

Roxane se détend dans l'atmosphère familière du Blue Bayou. Ses nerfs se relachent et sa tension redescend. Après tout, elle n'a aucune raison d'être nerveuse! C'est juste un diner avec un parfait inconnu, après tout! Un sourire crispé répond à celui, chaleureux, de la serveuse. Oui bien sur. Juste. Elle se souvient soudainement qu'elle n'a pas pris le temps de mettre son téléphone en vibreur.  Les yeux baissés, la jeune femme quitte du regard l'entrée de la salle. Quelques secondes pour faire les manipulations nécessaires. Et quand elle relève la tête... c'est pour s'appervoir qu'un  homme se tient devant la table, juste devant elle. Génée, elle se mord les lèvres.  Espérant qu'il n'a pas pris le fait qu'elle trifouille sur son telephone pour un signe d'impatience. Les quelques mots qu'il prononce prouve à quel point il ne parait pas plus à l'aise qu'elle.

-Non, non, ne vous inquitez pas. Dix minutes à peine, lui répond t'elle, l'invitant à s’asseoir en face d'elle. - J'arrive souvent bien trop à l'avance, parce que je deteste être en retard.

Elle parle trop. Elle babille. Roxane s'en aperçoit  mais  ne sait pas vraiment comment réguler son flot de paroles. Il a une attitude... Charmante. Elle ignore à quoi elle aurait du s'attendre, mais les prunelles océanes naviguent sur lui, l'apprenant peu à peu. Puis elle se rend compte de ce qu'elle fait et détourne immédiatement le regard. Et pourtant... Il est séduisant sans chercher à écraser l'autre de sa présence. Elle apprécie sa tenue décontractée, il ne tente pas la poudre aux yeux. Avant qu'elle ne se redresse sur sa chaise. Machinalement, son index enroule une de ses mèches brune, avant de la relacher. -Non, non, c'est très bien. C'est.. c'est moi qui en en fait trop. J'aurais du venir en jean.

Elle s'arrête juste avant de décréter que c'est de la faute de Marine, parce que ce serait complement stupide. Roxane est une grande fille. Il se dégage quelque chose de... doux de l'homme qui lui fait face. Il ne parait pas être un de ces dragueurs professionnels que l'on trouve par centaine sur les sites de rencontres. Il ne parait pas avoir pour seul objectif de mettre un corps parfaitement curvé dans son lit. Sa timidité est manifeste. Et par un effet de vase communicant, il lui permet de se détendre. Parce que c'est okay de se sentir aussi à sa place qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Elle lui sourit. Un sourire un peu plus naturel, moins dédié aux parfaits inconnus. Bien qu'il le soit encore. Elle ne connait pas encore son prénom!

Un instant, elle est projetée sept ans en arrière. Son journal lui avait demandé de prendre contact avec un jeune photographe dont l'étoile ne cessait de monter. Il avait pris, dès le premier mail, le contrôle de tout. En particulier de l'endroit où se reglerait les premiers détails. Le restaurant l'avait mis fortement mal à l'aise. Une cuisine hautement gastronomique, un lieu extrêmement select dont les reservations sont bouclées des mois à l'avance. Normalement, elle aurait refusé, mais débutant dans son métier, dire non aux exigences de son possible futur collègue n'avait pas été une option. Aussi Roxane s'était retrouvée dans un restaurant grec, tellement snob que par un des employés ne parlaient le moindre mot d'anglais. Seth lui... Seth a géré le repas d'une main de maitre, commandant pour elle ses plats et le vin. En temps normal, elle aurait quitté les lieux, mais était resté muette, happé par la personnalité d'icare du jeune homme.

Elle revient à la réalité en constatant le silence qui vient de s'installer entre eux. Elle n'a pas froid, mais maintenant, elle préferait couvrir son épaule nue. Pourquoi ne s'est elle pas contentée de mettre un top et un pantalon, au lieu de vouloir jouer les vamps? Elle ne va pas lui demander son prénom, c'est débile. Il a déjà du le dire dans les échanges Tinder qu'il a eu avec Marine. Si elle l'interroge là dessus, il va croire qu'il est le xxxxx avec qui elle a ce genre de rendez vous! Non qu'elle n'en ait pas le droit mais.... Ses pensées tournent et tournent, carousel fou. Elle s'impose un vernis de calme.

-Est ce que vous voulez boire quelque chose? La barmaid fait de très bons coktails. J'ai pris un Mojito, je ne suis jamais décue! Est ce que vous aimez la cuisine Cajun?
-Avant de s'apercevoir que c'est peut être un peu tard pour ce genre de question- Et.... je suis désolée. J'aurais du vous le demander avant.

Okay. C'est bon. Elle ferait mieux de partir avant de se ridiculiser d'avantage. Elle n'aurait jamais du venir. Décidement, elle n'est absolument pas prête pour revenir sur la scène des célibataires à la recherche de partenaires. Surtout que Sabrina, la serveuse s'approche déjà. Et le balancement sensuel des hanches, le chaloupé de sa démarche, la manière dont elle se penche vers Dean, mettant ainsi parfaitement en avant les rondeurs de sa poitrine quand elle lui tend la carte, montre que si Roxane n'est pas intéressée, elle par contre... La brunette lui lance un regard légèrement agacé. D'habitude, les manières frontales ne la dérangent pas, mais là, c'est un peu plus rude. Non qu'elle soit intéressée! Enfin. Non. Ils ont échangés dix mots et il doit déjà vouloir se sortir de ce bourbier.
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Dean S. Neverson
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Dean S. Neverson
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MessageSujet: Re: This is a dream come true. Or not. ~Dean ~   This is a dream come true. Or not. ~Dean ~ EmptyMer 12 Sep - 20:07



Roxane & Dean



This is a dream come true. Or not.



Tout le trajet m’avait servi à une chose particulièrement : me demander pourquoi j’y allais. Parce qu’elle avait l’air fort sympathique. Parce qu’il fallait que je passe à autre chose. Parce que nombreux étaient les personnes m’ayant conseillé de voir des femmes. Parce que la compagnie d’une femme me manquait. Parce qu’il était temps, tout simplement. Temps que je me trouve quelqu’un. Bien sûr, je n’y allais pas dans cet optique premièrement. J’y allais pour parler, faire connaissance, voir du monde. Bien sûr, ces longs derniers n’avaient pas été que solitude, j’avais bien vu du monde, mais du monde connu. Que du déjà-vu. Il fallait du sang neuf, de l’inconnu, du mystère. Il fallait que je me reprenne en main également, ce qui ne semblait pas tâche aisée alors que je m’étais paré d’un simple pull et d’un jean basique. La classe attendra. Mais que je sorte pour voir de nouvelles personnes, et qui sait, trouver la femme de ma vie.

***

Un premier pas avait été fait en m’inscrivant sur un tel site. Un site de rencontres. Honnêtement, je n’aurais jamais cru m’inscrire là-dessus. Je trouve, personnellement, qu’ils ne servent qu’à une chose : trouver quelqu’un avec qui passer la nuit, et non pas une vie. Mais soit, je tentais l’expérience. Les débuts furent silencieux, étant bien trop timide pour aller parler à telle ou telle femme. Je n’étais pas ce genre d’homme entreprenant, loin de là. Je restais dans mon coin, attendant la venue d’une femme avec qui il pourrait potentiellement se passer quelque chose. Et elle était venue. Roxane, vingt-huit ans. Une photo, un sourire. Il faut dire qu’elle était tellement jolie que je me demandais bien ce qu’elle faisait sur un site de rencontres. Elle ne devait pas en avoir besoin, les hommes devaient lui courir après. Ou bien, elle avait un travail pesant qui lui prenait tout son temps ou bien qui l’obsédait tellement qu’elle ne vivait qu’à-travers celui-ci. Pas de place pour une histoire d’amour. Forcément, la question me trottait en tête, mais je la gardais pour moi dans un premier temps, je ne voudrais pas la brusquer. Des conversations aussi bien amusantes qu’intéressantes, et le rendez-vous était rapidement pris. Il valait mieux un bon restaurant pour parler de choses concrètes qu’un chat de site de rencontres où les choses ne pouvaient pas être dites totalement ou interprétées exactement comme on le souhaiterait. Ainsi, la date était calée, réservée. Ce jour-là, je la rencontrerais.

***

J’y étais. J’étais présent. J’étais entré dans ce restaurant, bar ou quoi que ce puisse être. Elle avait choisi le lieu, ce devait donc être un endroit qu’elle appréciait particulièrement. La décoration, l’ambiance… Tout était là pour m’en faire découvrir plus sur elle, sur ce qu’elle aimait. Elle semblait donc mystérieuse, atypique, intéressante. Ce qui avait pour effet de m’intimider, pour une raison que j’ignorais. Très certainement que c’était la situation en elle-même qui m’impressionnais. Je ne savais plus comment agir devant une nouvelle femme, j’étais perdu. Je n’avais jamais vraiment dû y réfléchir auparavant. Détends-toi Dean, tout va bien se passer. Ce ne sera pas la première que vous vous parlez. Relax. Take it easy. « Non, non, ne vous inquiétez pas. Dix minutes à peine. J'arrive souvent bien trop à l'avance, parce que je déteste être en retard. » Première analyse. Elle a une belle voix. En plus d’un regard dans lequel on se noierait. Elle est ponctuelle. Bon point. Installé face à elle, c’est là que la question me passait par l’esprit. Aurais-je dû venir avec un bouquet de fleurs ou que sais-je ? Comment ça se passe dans ces moments-là ? Rho, quel nul. « Oh non non, surtout pas. Une si belle robe, il faut la porter. » répliquais-je quand elle prétendu en avoir fait trop pour la tenue. Pour ne pas dire « Vous êtes magnifique dedans. ». Et son sourire… Il paraît si sincère, si vrai. Je tentais alors de me détendre, je semblais être de bonne compagnie. Peut-être qu’elle s’était inscrite parce qu’elle cherchait honnêtement le grand amour, et qu’elle n’avait pas pu le trouver ailleurs que sur internet.

Un moment de silence s’instaurait. Malheur. C’est ainsi que je me retrouvais comme une nouille, ne sachant que dire. Et pourtant, dieu sait que j’avais des questions en tête. « Est-ce que vous voulez boire quelque chose ? » demandait-elle, cessant le silence pesant. Je l’en remerciais clairement. « Ne vous en faites pas… Enfin... Ne t’en fais pas ? Ça te convient si on recommence à se tutoyer ? » commençais-je à dire, tentant de passer au tutoiement. Probablement que nous serions plus détendus ainsi, et puis, sur Tinder nous nous tutoyons. Alors autant faire de même ainsi. C’est comme si nous étions plus proches d’un coup.  « J’aime la cuisine cajun. Disons que le cliché oblige, un cuisto aime forcément toutes les cuisines, n’est-ce pas ? » poursuivais-je en riant – alors que ce n’était même pas drôle – certainement que je riais car j’étais nerveux. J’essayais de me détendre, voir ça comme un simple rendez-vous, sans pression. Et c’est sans compter sous le regard de la serveuse qui vient vers nous afin de nous apporter les cartes de boissons si nous souhaitions un apéritif. C’est comme si ça m’infligeait une pression supplémentaire, simplement d’être vu par d’autres dans un moment qui m’intimidait plutôt car il s’agissait de me remettre dans le groupe des célibataires en recherche d’amour. J’avais l’impression que ça se lisait sur mon visage "homme qui n’a pas eu de relation depuis trop longtemps". Je me jetais alors sur la carte pour ne pas voir les gens autour, avant de remonter la tête vers Roxane. « Que m’as-tu conseillé ? Un mojito, c’est bien ça ? » demandais-je confirmation à la brune, après qu’elle ait passé sa commande, afin de passer la mienne à mon tour. Gentleman oblige diront certains, je dirais plutôt que c’est naturel, comme si c’était logique. Ma foi, peut-être qu’un petit verre d’alcool aiderait à me décoincer davantage, ce ne sera pas plus mal. « Alors un mojito, s'il vous plait. » commandais-je à mon tour à la serveuse en lui redonnant la carte. Ainsi, je verrais si elle est de bons conseils. Qu’elle revienne vite nous apporter nos consommations, j’ai déjà la gorge sèche.


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Roxane Mayfair
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MessageSujet: Re: This is a dream come true. Or not. ~Dean ~   This is a dream come true. Or not. ~Dean ~ EmptyJeu 13 Sep - 17:22

Peu à peu, un premier pas de danse s'installe entre eux. Hésitant, tremblant, au charme un peu désuet. Il n'est pas encore l'heure des mesures d'un tango sensuel et troublé. Non, c'est un lent menuet dont ils ont oubliés les figures. Ils apprennent. timidement. Ensemble. Ils s'apprenent. Les gestes de Roxane se détendent et la journaliste se prend a espérer que ces heures qui s'annoncent seront agréables.

Parce qu'elle en a envie. Tout simplement. Et sous le léger compliment de son vis à vis, sous  son appréciation délicate de sa tenue, elle se retrouve choquée. Parce que depuis Seth, elle n'a jamais cherché à Plaire. Oh, elle a eu quelques conquêtes, souvent en lien avec son travail, qui ont explosés rapidement, en plein vol. Parce que si sa vie professionnelle est glamour, elle, elle l'est tellement moins! Et à cet homme dont elle ignore encore tout, elle a envie de plaire. Pas forcement de le séduire, non. Ni même de le mettre dans son lit, ce sont des considérations bien trop lointaine. Cependant, le faire sourire? Partager des instants qui resonneront en lui encore quelques heures une fois qu'ils se seront séparés? Oui, Roxane peut vivre avec cette vanité là.

Devant eux, les musiciens commencent à accorder leurs instruments, la chanteuse ajuste son micro. Ils sont encore silencieux, discutant ensemble. Il leur reste quelques minutes avant que la scène ne les reclament. La brunette leur accorde quelques regards, presque jalouse de leur complicité évidente. Le batteur laisse échapper un rire amusé à une remarque qui s'est perdue dans le brouhaha des  convives. Mais son attention reste portée sur Dean, malgré ces breves divagations.

-Bien sur, excuse moi. J'ai tendance à toujours vouvoyer, une de mes manies professionnelles! -Sauf... Sauf que bien sur, lors de leurs discussions Marine devait tutoyer le jeune homme. Et si... non... un instant, ses prunelles se voilent sous la pensée fugitive qui se forme. Mais elle l'écrase sauvagement. Refuse de simplement la laisser prendre forme. -Je suis journaliste, ajoute t'elle alors qu'il précise qu'il est cuisinier. Un rire qui lui échappe et elle en aime les notes rondes, naturelles. Tout en lui s'ouvre quand il sourit, et la jeune femme sent qu'elle y est sensible. Or liquide sinuant dans ses veines. De charmant, il devient incroyablement séduisant.

Impossible de manquer la lueur gourmande qui vient illuminer son regard. Elle se rapproche de la table, et son buste s'incurve vers l'avant, réellement intéressée par le monde mystérieux qu'il dévoile dans ces simples mots. - Je vais avoir l'air d'une groupie, mais tant pis! Si je me débrouille pas trop mal en cuisine, je suis bien loin d'etre une professionnelle! Je trouve que c'est une carrière incroyablement passionnante et diverse, de l'extérieur. Tu as ton propre restaurant?

La serveuse s'approche de la table. Elle se prend à trouver l'attitude un peu trop franche de Melissa désagréable. Si ce rendez vous explose en flamme,  ce sera différent. Mais là... Non. Le jeune homme ne parait pas s'apercevoir de ce manège si typiquement fémimin.  -Oui, leur cocktails sont parfaits. Après cela dépend aussi de ce que tu aimes. -  Roxane désigne son premier verre qu'elle a peine bu, désireuse de l'attendre avant de commencer à boire. -Je n'ai pas eu à le demander -Un sourire amusé devant ses propres habitudes. Tant pis si cela la fait passer pour une femme un peu trop routinière - C'est vraiment un de mes endroits préférés, alors je viens au moins une fois par mois, parfois un peu plus .

Tout en prenant la commande, Melissa a déposé devant eux la carte des menus, les laissant regarder à leur convenance. Le coktail, lui, ne tarde pas à arriver devant Dean, mais en professionnelle, elle ne leur demande pas encore leur commande, ayant bien senti qu'ils n'avaient pas encore eu le temps nécessaire pour faire leur choix.  Roxane prend son verre en main et l'entrechoque délicatement avec celui de Dean

-Cela me fait plaisir de faire ta connaissance.

Okay. Difficile de faire plus tarte. Mais c'est réellement le sentiment qu'elle ressent. Et c'est bien à cause de cela qu'elle se force à continuer. Parce que la pensée qui vrille et remue, qui prend de plus en plus de place refuse qu'elle se taise d'avantage. Elle se recule. Reprend d'avantage de distance. D'un coup, la brunette a trop chaud.

-Il... Il faut  que je te dise quelque chose. J'ai pas envie que cela ne surgisse plus tard et que tu penses que je t'ai piégé ou que c'était une mauvaise blague, ou je ne sais quoi

Bordel, elle se sent mal. Brievement elle aspire une longue gorgée de Mojito, et malgré tout, ses papilles dansent sous l'afflux sensoriels. Elle se force à relever la tête. A croiser son regard. Gosh, il a des yeux magnifiques. Ce regard caramel menace de la faire fondre et rend ce qu'elle veux dire encore plus difficile. Nerveuse, elle finit par reposer son verre et crispe ses mains sur son ventre.

-Je... Ce n'était pas avec moi que tu as échangé sur Tinder. Je ne connais même pas ton prenom -souffle t'elle, un ton plus bas. Avant de reprendre, se forcant à parler plus clairement. -Ma meilleure amie, Marine. C'est elle qui s'est inscrite, pour moi. Pas pour moi, je veux dire, je lui ai jamais demandé de le faire! C'est elle. Elle toute seule. Elle trouve que je suis  célibataire depuis trop longtemps et....  Et... je suis désolée. J'ignore tout de vos échanges. Peut être que c'est avec elle que tu veux vraiment passer ta soirée. Je.. .Je peux te donner son numéro... si... si vous avez vraiment cliqué ensemble... je veux dire.

Misérable, elle finit par se taire. C'est sur, elle va tuer Marine. Ce qui est le moment choisi par Mélissa , qui se matérialise en lançant  un joyeux :
-Vous avez fait votre choix? Nous avons aussi les plats du Jour qui sont inscrits sur les ardoises, juste à coté de vous
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Dean S. Neverson
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MessageSujet: Re: This is a dream come true. Or not. ~Dean ~   This is a dream come true. Or not. ~Dean ~ EmptyVen 14 Sep - 3:28



Roxane & Dean



This is a dream come true. Or not.



Maintenant que j’étais en face d’elle, j’étais perturbé. Son regard me perturbait. Des yeux captivants, d’un bleu azur incroyable. Je jurerais ne jamais en avoir vu de tels auparavant. Forcément, une simple photo en toute petite icône au-dessus d’un chat de site de rencontres n’avait rien à voir avec le vrai, la réalité. Mon dieu, c’est là que je me rendais compte que je l’avais fait. J’avais réussi. J’avais pu aller jusqu’au rendez-vous avec une femme rencontrer sur un tel site. Et elle n’avait pas l’air d’une psychopathe, d’un cœur brisé qui ne s’en remettrait certainement jamais, ou quoique ce soit dans le genre. Elle avait l’air tout simplement normale. D’une femme comme une autre, en apparence. Elle semblait calme, elle se tenait bien, elle était polie et ponctuelle. Pour l’instant, c’était un sans-faute. Pas que je comptais les points dans ma tête ou que je les répertoriais dans un tableau avec une première colonne pour les points positifs et la seconde avec les points négatifs. Non, j’avais passé l’âge de faire ça, même si nombreux amis me le conseillaient pour y voir plus clair. Désormais, je savais ce que j’aimais chez une femme, et ce qui montrerait que nous ne sommes pas compatibles. Mon expérience m’avait appris beaucoup pour ça. La seule que je pourrais remarquer, c’est qu’elle semblait peut-être trop renfermée, réservée. Mais n’était-ce pas normal lors d’un premier rendez-vous, et encore plus après seulement quelques minutes de rencontre ? Si, complètement. Alors je ne m’en faisais pas trop là-dessus pour le moment. Pour passer ce cap, je proposais – maladroitement peut-être – de repasser au tutoiement comme nous l’avions entrepris pendant nos échanges sur internet. Comme pour nous mettre plus à l’aise avec l’autre. « Bien sûr, excuse-moi. J'ai tendance à toujours vouvoyer, une de mes manies professionnelles ! Je suis journaliste. » répondait-elle suite à cela, me décrochant un sourire. Une incompréhension également, surtout après nos conversations à échanger en se tutoyant naturellement. Mais soit, je passais outre. Premièrement, elle n’avait pas à s’excuser pour si peu. Deuxièmement, se trouver une excuse était mignon. « Journaliste dans quel domaine ? » m’intéressais-je, haussant même les sourcils, amenant à peut-être un peu trop d’expression. Mais la suite qui venait me rassurait sur ce point. Si j’étais trop démonstratif par mes mimiques de visage, elle, c’était par la parole. Elle me questionnait sur mon métier, s’approchant même un peu plus près de moi. Vraiment, j’allais me perdre dans ses yeux. Finalement, je l’avais joué soft avec ma simple question. Son enthousiasme sur le sujet me fit sourire. Machinalement, je me mordais l’intérieur de la lèvre inférieur. Invisible, mais pas dénué de sens. « Non, je n’ai pas mon propre restaurant. Mais un jour, je l’espère ! » répondais-je d’un large sourire, rien qu’avec ça, elle avait monté d’un grade. Un rêve qui réalisera peut-être, peut-être pas. Je ne me mettais pas de pression avec cela. J’étais du genre rêveur sans limite, mais sans pour autant chercher à tout prix à avoir ce que je voulais. Ça venait quand ça venait. J’avoue que mon ambition sur ce point était restreinte. J’attendais toujours que tout me tombe dessus, comme par miracle. Et si j’avais affaire à une embûche, je faisais avec. Buvant toujours le verre à moitié plein, je voyais du positif dans tout. Ainsi, si je n’avais jamais mon propre restaurant, j’en déduirais sûrement que ce n’était pas ma destinée. On pouvait aussi qualifier cela de naïveté associée à un peu de flemmardise. Probablement.

La conversation allait finalement s’enchaîner autour de verres, après avoir passé commande – pour ma part – à la serveuse. J’allais suivre les conseils de l’experte, Roxane. Roxane qui semblait être une grande habituée des lieux pour avoir déjà son verre à portée de main, certainement depuis son entrée dans le bar. Loin de moi la pensée de croire qu’elle était fan de boisson alcoolisée ou quoique ce soit. Non, je respectais. Je respectais clairement la petite dose de réconfort hebdomadaire. C’est alors qu’elle expliquait qu’il s’agissait de son endroit préféré et qu’elle y venait régulièrement. J’avais également mes petites habitudes, je comprenais cela. « En toute honnêteté, je ne connaissais absolument pas cet endroit. Je suis curieux de savoir ce qu’il vaut. Ceci dit, tu le vends si bien que j’ai l’impression qu’il est fantastique. Mais avant toute chose, commençons par goûter à ce mojito dont tu m’as vanté les mérites. » taquinais-je, prenant mon verre en main afin de l’amener jusqu’au verre de Roxane pour les entrechoquer. « Cela me fait plaisir de faire ta connaissance. » dit-elle, avant que je plonge mes lèvres dans le liquide, et je l’en remerciais sinon j’aurais pu m’étouffer avec. Je n’étais pas prêt à une telle phrase, tout de suite, maintenant. Je voyais l’action de trinquer comme un moment spécial, quand les deux personnes se regardent dans les yeux en amenant le verre à leur bouche. Et de telles paroles sortant de sa bouche à ce moment-même m’avait complètement déstabilisé. Il m’en fallait peu, certainement. « Pareillement. » Mais quel abruti répond uniquement « pareillement » à une telle phrase ? Dean Neverson, bien sûr ! Il faut dire que j’étais perturbé, pour ma défense. La première gorgée passée, la brunette se réinstalla dans sa chaise, reposant à nouveau son dos contre le dossier de celle-ci. Son ton était plus solennel, tendu, grave. Je voyais au léger plissement de ses sourcils, à son regard évitant le mien et à la gorgée supplémentaire bue que l’annonce qui allait suivre ne m’enchanterait guère, ou alors n’était pas ce que j’aurais imaginé à la base. Elle commençait, bredouillait mais avançait d’un pas décidé. Honnêtement, je m’attendais au pire. De toute façon, elle ne pourra jamais faire pire qu’un « Désolée, Dean… Je ne peux pas. » avant de fuir avec un autre. Et puis, ce n’est pas comme si elle pouvait me faire grand mal comme nous venions de nous rencontrer. Elle remettra juste toute ma vie sentimentale en question, me donnera sûrement envie d’acheter un chat, puis deux, puis quinze. « Je... Ce n'était pas avec moi que tu as échangé sur Tinder. Je ne connais même pas ton prénom. » balançait-elle, me laissant silencieux sous la surprise. Ok, je devais avouer que je ne m’y attendais pas à celle-là. Je la laissais poursuivre dans ses explications, sans prononcer un seul mot. Des explications claires, exprimées par saccades, bien que des explications qui pouvaient toutefois faire mal. Légèrement. Je positive en me disant qu’il ne s’agissait pas d’un simple pari ridicule, certes. Mais j’avais tout de même l’impression d’être le dindon de la farce. Je m’en vexais presque. Presque. « Donc… Nous n’avons jamais parlé ensemble avant, c’est bien ça ? » redemandais-je confirmation, au cas où j’aurais loupé une information dans le tas. Il faut dire que ça faisait beaucoup à entendre en si peu de mots. Elle avait pourtant été concise, mais il fallait le temps que l’information monte. « Je… Je dois avouer que je ne sais pas réellement quoi dire. » Et il était vrai, je ne savais absolument pas quoi répondre. J’étais perdu. Elle me lâchait une bombe, naturellement, simplement, calmement. Il m’avait déjà fallu des jours et des jours pour me préparer à un tel rendez-vous. Je crois bien avoir pensé à tous les cas de figures. Mais non, pas lui. Je n’avais pas pensé que des amis pouvait prendre l’identité d’un tel, échanger avec les personnes pour prémâcher le travail, et laisser le reste à la vraie personne concernée. Et si… J’avais finalement eu ce feeling avec cette Marine et non Roxane ? Après tout, cette Roxane n’était qu’une image. Rien de plus. Son physique m’avait évidemment plu, c’était certain. Mais peut-être que je n’en apprécierais pas la personne pour autant. « Vous avez fait votre choix ? Nous avons aussi les plats du Jour qui sont inscrits sur les ardoises, juste à côté de vous. » décidait d’intervenir la serveuse au pire moment possible. Un regard haineux de ma part se tournait vers elle, la maudissant immédiatement. Est-ce qu’on a des têtes à avoir fait nos choix ? NON. « Non, nous n’avons pas fait notre choix encore. Pouvez-vous revenir plus tard, s’il vous plait ? » répondais-je avec un large sourire d’une fausseté effrontée, avant qu’elle ne file s’occuper d’autres clients. Des clients qui, eux, auraient certainement eut le temps de choisir leur plat car il ne s’était pas mangé une telle information en pleine face. Je me retournais à nouveau vers Roxane, qui paraissait désormais comme une inconnue alors que j’avais maintes informations sur elle. Car tout ce qui avait été dit concernait Roxane, et non Marine. Après tout, je ne la connaissais pas cette Marine. Pourquoi m’intéresserait-elle ? Je ne savais rien d’elle. « Bon, j’avoue que je ne m’attendais pas vraiment à cela… » commençais-je à dire doucement, plus calmement que mes pensées antécédentes. « Tu as vraiment une bonne amie. » ajoutais-je, laissant une petite pause silencieuse. « Elle a de bons goûts. Elle a vraiment choisi le meilleur homme de Tinder pour toi. » concluais-je en pouffant de rire, fier de moi. Bien sûr, ce n’était que fausse vantardise, je n’étais pas comme cela. Toujours boire le verre à moitié plein.

J’attrapais ensuite une des deux cartes que la serveuse avait déposées sur notre table, cachant ainsi mon sourire satisfait de ma dernière phrase. Seuls mes yeux pouvaient être vus au-dessus du menu, et je ne me cachais pas pour la regarder de temps à autre. J’en amenais à me dire que si son amie m’avait choisi, c’est peut-être parce que je respectais les critères physiques de la brune qui se situait face à moi. Ce qui me faisait à nouveau sourire stupidement derrière mon menu. Reposant le menu à plat sur la table, je relevais le regard vers Roxane pour la fixer avec un sourire taquin. « Donc tu ne sais pas comment je m’appelle, c’est bien ça ? Ecoute, on va tout recommencer du début, comme s’il n’y avait eu aucune conversation sur Tinder. » Quitte à ce que je sois là maintenant, autant faire de nouvelles connaissances et repartir sur des bases saines. Et puis, je n’allais pas quitter les lieux le ventre vide maintenant ! « Alors, je m’appelle Dean, enchanté. Comme tu l’as compris, je suis cuisinier. Sous-chef, pour être précis dans les termes. J’ai vingt-six ans, et… Je crois que ce n’est pas mal déjà pour un début, non ? » me présentais-je comme si c’était la première fois. Du moins, face à Roxane. Le reste des informations viendra plus tard, en temps voulu. « Et je pense qu’on va pouvoir commander avant que la serveuse ne désespère de nous servir. » ajoutais-je finalement, faisant même un petit clin d’œil complice comme si nous étions déjà proches. Ça c’était mon côté je-suis-ami-avec-tout-le-monde qui ressortait. Au moins, cette histoire avait clairement permis de me décoincer !


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Roxane Mayfair
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MessageSujet: Re: This is a dream come true. Or not. ~Dean ~   This is a dream come true. Or not. ~Dean ~ EmptyMar 18 Sep - 10:25

Roxane doit admettre que ce n'était pas du tout ce à quoi elle s'attendait. Quand Marine lui a asséné son rendez vous de ce soir, elle craignait un individu dragueur et sur de lui, un de ces kéké des plages qui abondent tellement à Los Angeles, Ville jumelle de Las Vegas pour son attrait des paillettes et de la supercialité. Mais.... Mais elle doit reconnaitre que l'homme en face d'elle est désarmant. Il est passionné, et ses yeux ont quelque chose de tendres, intimes. La manière dont il la regarde, avec une intensité contenue la fait frissonner. Il vient de lui poser une question sur son travail, mais elle l'a à peine entendue. Perdue dans les notes caramels de son timbre de voix. Elle croise ses jambes et finit par répondre -Journaliste mondaine, je couvre les oscars, les grands galas, les inaugurations, ce genre d'évènements

Son ton est léger, détaché. Elle apprécie énormément les rapports humains que son travail lui permet de construire, mais elle a aussi conscience que c'est un métier de vent et de plume. Elle a envie d'en savoir d'avantage sur lui, mais ne désire pas non plus qu'il se retrouve sous une avalanche de question! Le restaurant a l'air de lui plaire, la compagnie aussi. En tout cas, son telephone n'a pas sonné. De ces appels prévus en cas de detresse.  Pour se sortir d'un rendez vous qui tourne au vinaigre. Non, il est là, et la jeune femme commet sa première bourde. Elle le décèle dans sa réponse un peu maladroite. Mais qu'est ce qui lui a pris de lui sortir ca, aussi! Serieusement, elle se comporte comme une ado de quinze ans à son premier rendez vous! Roxane sent qu'elle rougit. Que ses pommettes prennent une teinte écarlate qui ne peut être dissimulée. Elle finit par avaler une longue gorgée du coktail, manquant de peu de s'étrangler, mais réussissant à éviter ce désastre.

Finalement, elle se lance à l'eau. Elle se décide à avouer ce qui la plombe depuis qu'il est entré pour s'assoir face à elle et qu'elle a pris conscience qu'il y a quelque chose chez lui qui l'attire. Beaucoup. Si l'homme en face d'elle lui était indifférent, elle ne chercherait pas à dissiper tout malentendu, mais si jamais... si jamais il y a un second rendez vous. Il est surpris, mais pas en colère.

-Non, c'est la première fois. Je ne voulais vraiment pas t'attirer dans un traquenard ou quoi. J'ai appris l'existence de ce compte tinder il y a quatre heures. - Elle se mordille la lèvre inférieure, avant de sentir que son coeur manque un battement. Et si c'est vraiment Marine qui l'attire? Si ils avaient sextotés pendant des heures avant que son amie ne décide d'arrêter les frais? Melissa se matérialise et disparait aussi sous la remarque acide de Dean, et elle ne peut lui en vouloir. Elle lance au couple un regard un peu mécontent, alors que devant eux résonnent les premières notes de musiques. De la country largement assaisonnée de Louisiane. Une reprise de Tim Mac Graw, et malgré la tension entre Dean et elle, ses pieds marquent le rythme. Avant qu'il ne fasse une remarque qui la sèche totalement. Elle éclate de rire à ses mots et  tous les doutes qu'elle conservait viennent de s'envoler. Même si ils ne se connaissent pas, il est bien là pour elle et c'est une chape de plomb qui la libère.

-Je commence à le penser aussi, lui répond t'elle d'une voix délicieusement feutrée, sans le quitter du regard. Il est délicieusement brun et ses iris océans sont captivant. Seth était blond, d'un blond cendré et chatoyant, avec des yeux verts, légèrement en amande. Est ce pour cela que Marine a choisi Dean? Parce qu'il est à l'opposé de son ex? C'est une très bonne manoeuvre!

-Dean, répète t'elle, laissant la syllabe chanter sur le bout de sa langue.  Pour ma part j''ai ving huit ans,  et un jour j'aurais le Pulitzer, ajoute la jeune femme avec une arrogance qu'elle surjoue.  -J'espère que Marine ne t'a rien raconté de trop embarassant, hein... Elle n'a pas pris la carte, n'en a pas besoin. -Tu veux des entrées?  Si jamais, il y a une  soupe aux écrevisses qui est absolument divine! Et je t'avoue que pour moi, en plat, rien ne vaux leur Goumbo. Le Jambalaya est aussi une superbe découverte. Je ne suis pas trop pour les beignets frits par contre. Est ce que tu voudra aussi un peu de vin?

L'attitude de Roxane est nettement plus déliée, et elle est impatiente d'apprendre à le connaitre d'avantage. Tout en ayant peur de bruler les étapes. Elle ne sait plus comment se comporter. Ignore quels sont les codes en vigueurs. Melissa revient à leur table, et cette fois repart avec leurs commandes, ayant laissé le temps à Dean de lui poser quelques questions et précisions à sa convenance avant que les choix ne soient arrêtés.  Roxane la regarde s'éloigner et prend une gorgée d'eau avant de se pencher une nouvelle fois vers lui.

-Tu voudrais ouvrir un restaurant de quel type de cuisine à Los Angeles? Il faudra que je vienne diner dans le restaurant où tu travailles, si tu le veux bien. Je suis curieuse, maintenant. Je ne suis par originaire de Californie pour ma part, je viens d'Utah. Et non. Je ne suis pas Mormone, un sourire rayonne sur son visage, amusée par le cliché le plus répandu sur son état d'origine. Certes, l'Eglise De Jesus Christ des Saints des Derniers Jours (atchoum) est née à Salt Lake, mais elle est de Saint Georges, Bordel! - Je ne partage pas l'homme que j'aime. -Oh, comme son ton est innocent.

Roxane se doute que la présentation de Dean ne couvre pas le centième de l'homme qu'il est. Mais elle comprend sa retenue. Néanmoins, la Plume se demande ce qui pousse un homme comme lui à s'inscrire sur une app de rencontre. Il n'a pas l'air de chercher un coup d'un soir.  Elle ne mentionne pas Helyos, son fils de trois ans n'est pas un test de relation. Il est bien trop important pour elle pour qu'il soit sujet d'une curiosité non sincère. Elle ne veux pas non plus d'un homme qui s'interesserait à son enfant juste pour lui plaire. Plus tard, oui. Mais pas ce soir. Sa main se pose à plat sur la table, proche de celle de Dean, sans le toucher pour autant. La brune ne peut se demander si sa peau est aussi veloutée qu'elle en a l'air.  Il a de belles mains, malgré quelques coupures en voie de  cicatrisation, sans doute les risques de son métier. L'envie brulante de glisser ses doigts dans le creux de sa nuque puis ses mèches sombres. Juste pour savoir. Pour apprendre le contact de sa peau contre la sienne. Heureusement, c'est à ce moment que les plats arrivent. La sauvant d'un geste bien trop inconsidéré. Mais qu'est ce qui lui prend! Sa paume se recule et prend sagement place à coté de son assiette, attendant que la serveuse revienne avec la bouteille de vin choisi.

-Tu es en voiture? J'espère que tu n'as pas eu trop de mal pour venir?
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Dean S. Neverson
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MessageSujet: Re: This is a dream come true. Or not. ~Dean ~   This is a dream come true. Or not. ~Dean ~ EmptyDim 30 Sep - 3:17



Roxane & Dean



This is a dream come true. Or not.



Je ne m’étais clairement pas préparé à tout cela. Je ne m’attendais pas à ce qu’une telle bombe sorte de sa bouche. Elle n’était pas la femme de Tinder avec laquelle j’avais discuté pendant de longues minutes, heures, voire plus encore. Elle n’était que l’amie. L’amie de la fille qui s’était inscrite sous l’identité de Roxane pour espérer que la brune trouve l’homme de sa vie. Le plus étrange dans cette histoire était la sensation d’être face à une inconnue en sachant tout plein d’informations sur cette personne. Je ne lui avais jamais parlé jusqu’alors, mais je savais comment elle s’appelait, ce qu’elle faisait dans la vie, l’âge qu’elle avait, toutes ces petites informations nécessaires pour faire connaissance avec quelqu’un. Elle n’était que la fille de la photo, finalement. Elle n’était qu’une image, mais je ne savais pas comment elle s’exprimait réellement. Ou bien, son amie, Marine, avait joué Roxane à fond en l’imitant jusqu’à la façon de parler. Elle avait peut-être utilisé le même humour, emprunté les mots que Roxane aurait certainement dit dans chaque conversation que l’on avait eue. J’avais l’esprit complètement brouillé. Je ne savais pas trop que penser de tout cela. Etais-je un pigeon dans l’histoire, s’il s’agissait d’une blague entre elle, ou alors étais-je l’homme que Marine considérait comme parfait pour son amie ? La question était là. Si Marine avait voulu entamer une conversation avec moi, c’est peut-être qu’elle estimait que j’étais un homme qui pourrait convenir à Roxane, et qu’elle offrait directement sa bénédiction. Est-ce que je réfléchissais trop ? Probablement. Toutes les questions fusaient à l’intérieur de moi, sans que je ne puisse réellement avoir de réponse. Roxane s’était expliquée sur toute cette histoire, mais elle ne devait pas en savoir bien plus sur les pensées de son amie Marine. Qu’importe. Je n’allais pas partir pour autant. Après tout, tout se passait bien depuis que j’étais arrivé, et il fallait avouer que j’avais faim, donc il fallait que je mange immédiatement. Et puis, Roxane était d’agréable compagnie pour le moment, alors pourquoi partir ?

Finalement, je choisissais d’en rire. Je n’étais pas le genre de personne à s’énerver pour un rien. Et là, clairement, ce n’était pas grand-chose. A bien y réfléchir, c’était une bonne intention de la part de Marine et peut-être que ça en sera profitable pour Roxane et moi. Qui sait. Ainsi, je me débridais. Je me présentais comme si c’était la première fois qu’on se rencontrait – ce qui était d’ailleurs le cas – mais je répétais, à défaut de ne pas lui avoir dit via le site de rencontres, mais à son amie qui avait probablement oublié de partager les informations sur ma personne. Roxane semblait être une femme intéressante, bien que mystérieuse. Mais ça donnait un certain charme à la demoiselle. Rien que son métier me passionnait, bien qu’effrayait un poil. Une journaliste, oui, c’est classe en plus de ça. Et quand elle avait précisé journaliste mondaine, couvrant les oscars et autres événements dans le milieu, ça m’époustouflait. C’était assez impressionnant en même temps. Elle devait être habituée à un certain luxe, pour être toujours dedans finalement. Moi, je n’étais qu’un simple type, un mec banal comme il y en a plein d’autres. Après, peut-être que c’était une spécificité qu’elle ne recherchait pas obligatoirement. Son travail ne la reflétait peut-être pas entièrement. Il faut dire que moi, en étant sous-chef dans un restaurant gastronomique, il aurait pu s’agir d’être chef dans un bistrot, j’aurais accepté tout autant. J’aimais juste la cuisine, pas forcément le superflu qui l’entourait. Mais il est vrai qu’elle semblait être une femme de grande classe. Rien que la façon dont elle se tenait. Droite, les jambes croisées. Mais elle semblait tout autant douce, fragile, sensible, d’autant plus quand elle avait dit être heureuse de me rencontrer en rougissant par la suite. Elle était de celles que l’on n’arrive pas à mettre dans une case, d’un mystère encore absolu qui nous donne envie d’en découvrir plus. Elle m’intimidait, oui, mais je ne souhaitais pas le montrer. Je feintais donc une aisance naturelle.

Et on était là, à faire connaissance. Une seconde fois, pour ma part, mais avec la bonne personne. Elle avait appris l’existence de ce compte Tinder il y a à peine quatre heures, et la pauvre s’était excusée platement. Est-ce que je pouvais lui en vouloir ? Absolument pas. Elle était tout autant une victime dans l’histoire. Et elle semblait sincère. Elle avait ce regard qui donnait l’impression qu’elle était la bonté incarnée, d’une vraie gentillesse. Une qualité de haute importance. Alors je me permettais de plaisanter. Comme à mon habitude. Je devenais alors plus naturel. « Je commence à le penser aussi. » répondait-elle à ma bêtise, après avoir ri à celle-ci. Ses paroles, son regard… Elle me chamboulait totalement. Honnêtement, je me sentais bien avec elle, dans cette ambiance de country vraiment agréable. C’était plus fluide qu’escompté, beaucoup plus naturel que je ne l’aurais cru. J’appréciais beaucoup ce moment. Non pas parce qu’elle rigolait à ma blague – même si ça me faisait extrêmement plaisir, parce que l’humour nous sauvera tous – mais parce que ce rendez-vous se passait vraiment bien. Il aurait pu être fracassé à cause de la nouvelle, mais je trouvais que ça amenait quelque chose à la rencontre. Finalement, j’en finirais presque à me dire que c’était une bonne chose. « J'espère que Marine ne t'a rien raconté de trop embarrassant, hein... » ajoutait Roxane après une rapide nouvelle présentation d’elle qui avait eu le mérite de me faire sourire pour son arrogance surjouée que j’avais hautement apprécié. Je plissais alors les sourcils, regardant ailleurs comme pour affirmer que des informations compromettantes sur sa personne ont été dites. « Eh bien… Peut-être que deux ou trois choses ont été dites, si… » Est-ce que je commençais à m’amuser de cette histoire ? Totalement ! Mais il fallait qu’elle fasse confiance à son amie, elle avait parfaitement géré à sa place, en dire assez sans en dire trop non plus. Le juste milieu. Je laissais planer le doute sur la vérité de mon affirmation, pour me pencher sur l’étendue des plats proposés, la taquinant un petit peu. Roxane, habituée des lieux, me donnait alors quelques recommandations. Une femme parlant de cuisine était terriblement sexy à mes yeux, j’appréciais grandement. Certains préféraient que les femmes disent des choses salaces pour les exciter, moi, t’avais simplement des noms de plats à me donner pour me fasciner. La serveuse revenait au même moment pour prendre nos commandes, qui étaient finalement faites. J’allais me laissais guider une nouvelle fois par Roxane. « Votre Jambalaya, vous la faites avec du blanc de poulet ou de dinde ? » demandais-je à la serveuse. J’avais osé. J’avais osé faire le lourd. On me le disait souvent, il fallait que j’arrête de faire le connaisseur de la sorte. Il paraît que ça dérange. Mais c’était toujours plus fort que moi. « Alors je vais prendre ça. Mais ne mettez pas trop de piment, s’il vous plait. Et on prendra une bouteille de vin également. » demandais-je en redonnant la carte du menu à la serveuse. Vraiment, je me retenais de faire l’œnologue en demandant un Rully premier cru Champs Cloux rouge qui se marierait parfaitement avec la Jambalaya. Finalement il semblait évident qu’un vin de la côte nord californienne serait sur notre table.

Je retournais finalement mon regard vers Roxane, un peu gêné pour tout cela. J’espérais surtout ne pas faire trop arrogant, prétentieux ou je ne sais quoi qui ne me ressemblerait pas. « Désolé, quand il s’agit de cuisine, je suis un peu trop pointilleux. Défaut professionnel. » m’excusais-je comme il semblait utile de le faire d’après les dires de mes proches qui vont au restaurant avec moi et qui étaient gêné après ça. Mais finalement, la brune semblait s’intéresser à mon travail, me demandant quel type de restaurant je souhaiterais ouvrir, précisant également qu’elle n’est pas californienne d’origine. Utah, mais pas mormone pour aussi. Cette dernière remarque me fit énormément rire, parce que je devais avouer avoir eu ce cliché directement en tête. Je ne partage pas l’homme que j’aime, qu’elle disait. Information à mettre dans un coin de ma tête, au cas où. « Un restaurant simple, qui me ressemble plus que celui dans lequel je travaille. Actuellement, je travaille dans un restaurant gastronomique. Je préférerais une ambiance plus champêtre, tu vois ? J’aime bien la cuisine française aussi, c’est de la poésie pour les papilles. » expliquais-je en rêvant légèrement, avant que je revienne à la réalité. « Enfin, ce ne sera pas pour tout de suite, c’est sûr. » Si ça se trouve, je la saoulais carrément avec ma cuisine. Je devenais un vrai moulin à paroles quand on abordait le sujet. « Mais bien sûr, tu pourras venir au restaurant. Je te préparerais personnellement ton plat ! » précisais-je avec un large sourire, c’est comme si je me donnais un défi personnel. Juste pour tenter de l’impressionner. J’aurais pu dire que je pourrais lui préparer un plat au restaurant, comme en-dehors du restaurant, mais ça aurait fait trop d’un seul coup. Soyons raisonnables.

Puis il y avait ce moment de flottement, ce moment propice au rapprochement, moindre soit-il. Elle déposait sa main sur la table, proche de la mienne. J’aurais presque pu en sentir la douceur qu’elle semblait avoir. J’aurais pu prendre ça comme un signe, un geste de rapprochement. Mais non, je préférais me dire qu’elle l’avait simplement posée, ici comme ça aurait pu être autre part. Il faut dire que quelque chose m’attirait irrésistiblement vers elle. Ou plusieurs facteurs. Sa voix, son regard, sa prestance, son sourire, la sensibilité qui se dégageait d’elle. Mais ce moment était vite interrompu par l’arrivée de nos plats. Chose notable : le service était rapide. L’odeur était déjà délicieuse alors j’osais imaginer le goût. Je savourais déjà, rien qu’à l’odorat, attrapant mes couverts, impatient de goûter au plat, tandis que la serveuse finissait de nous verser le vin dans nos verres. « Bon appétit ! » disais-je alors avant d’entamer mon plat. Plat qu’elle m’avait recommandé, je précise, donc j’allais pouvoir à nouveau juger ses goûts culinairement parlant. Et honnêtement, c’était un pur délice, un régal absolu. Ce mélange de saveurs, divin. « Tu es en voiture ? J'espère que tu n'as pas eu trop de mal pour venir ? » me demandait-elle alors que ça me demandait de me remémorer tout le trajet. Trajet qui avait été un enfer, forcément. « Non, je ne suis pas en voiture. Par contre, pour trouver, j’avoue avoir un peu tourner en rond. Il faut dire que c’est bien caché ici ! Mais peut-être que je ne regardais pas bien aussi, ça m’arrive. » Comme me disait ma mère « regarde avec tes yeux, pas avec tes fesses », brillant conseil. Et il faut dire que je me perdais souvent, très régulièrement. Je n’avais pas le sens de l’orientation, de base, et souvent j’oubliais par où je passais et je tournais en rond. « Et toi, tu viens dans cet endroit depuis que tu es arrivée en Californie ? Tu es partie de l’Utah il y a longtemps ? » lui demandais-je, vraiment intéressé d’en savoir plus sur elle. Au moins, ce n’était pas un sujet abordé sur le chat du site de rencontres. Là, elle pourrait me l’apprendre de sa bouche. « Et d’ailleurs, pourquoi apprécies-tu autant cet endroit ? » Là, c’était uniquement pour avoir des informations supplémentaires sur ses goûts, ses préférences, ce qui découlerait forcément de son caractère. Est-ce qu’elle appréciait cet endroit pour son calme, sa musique, sa cuisine, sa chaleur, son originalité ? Indirectement, j’en apprenais sur elle. « Dis-moi tout, vas-y. Tes passions, ton enfance dans l’Utah, ta famille… » Ok, j’en demandais un peu trop. Au pire, elle n’aurait qu’à trier et donner les informations qu’elle souhaitait. Pour le coup, j’étais peut-être un poil trop euphorique.


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MessageSujet: Re: This is a dream come true. Or not. ~Dean ~   This is a dream come true. Or not. ~Dean ~ EmptyMer 31 Oct - 11:36

Peu à peu, il devient clair que Dean ne lui tient pas rigueur de ce vilain quiproquo et Roxane se sent libérée. Elle peut se concentrer totalement sur le jeune homme, sans craindre sa réaction, ou pire si il le découvrait de lui même plus tard dans leur relation. Elle est sensible à ce qu'il dégage, à sa gentillesse, à son charme. Son charme. Sans s'en rendre compte, la jeune femme permet à ses yeux de dériver sur la courbe délicieuse de ses lèvres. Se demandant si elles sont aussi... aussi... délicieuses qu'elles en ont l'air. Elle redresse soudainement la nuque lorsque elle prend conscience de la course de ses pensées. Non, non, non. C'est un peu trop rapide tout cela! Mais Marine avait raison sur un point, cela fait plus de trois ans que Seth la fait tourner en bourrique, que leur histoire n'a plus de sens. Il est possible qu'elle soit enfin, réellement, prête à passer à autre chose, à un autre homme. Tellement absorbée par l'éducation de son Fils qu'elle ne l'a pas réalisé. Sans compter un métier qui ne laisse que peu de temps libre.

Roxane se permet de le taquiner un peu, de... de flirter, tout simplement. Et avec Dean, c'est si facile, sans ces temps morts qui trahissent une gêne, un besoin de combler le silence avec des mots sans importance. Une pointe de cramoisi teinte ses joues lorsqu'il évoque ses conversations avec Marine, la possibilité que celle ci ait révélé certains détails croustillants sur sa personne. Cependant, elle décide de ne pas creuser. Préférant ne pas savoir. Et si il a décidé de venir, de lui proposer un diner, c'est que cela ne devait pas être si affreux. Ou bien... Mince. Est ce que c'est "elle" qui a fait le premier pas? Qui a lancé l'invitation? Qu'importe. Cela ne change pas grand chose. Cette fois, c'est à son tour de rire lorsqu'il questionne plus en avant la serveuse. Elle ne trouve pas cela tatillon, au contraire. Cela lui plait. Sa passion est exubérante, sincère. Il n'en est que plus attirant, alors qu'il n'essaie pas de se faire passer pour un autre, qu'il n'essaie pas d'atténuer sa personalité.

-C'est de la Dinde , Monsieur, répond bien volontiers la serveuse, agréablement surprise par la question. -Notre Chef cuisinier choisit lui même les volailles dans un élévage d'un village voisin et elles sont nourries exclusivement de grain. -Il y a une fierté réelle dans la voix de la jeune femme. Cela fait plusieurs années qu'elle travaille ici et c'est devenu un peu plus qu'un simple boulot. Les équipes sont soudées et se soutiennent. Cela se ressent pleinement dans l'ambiance particulière de la salle de restaurant. C'est peut être pour cela que Roxane adore autant le Blue Bayou. Le vin est choisi par Dean, un Champs Cloux qu'elle n'a pas encore eu l'occasion de gouter.

-Ne t'excuse pas, j'aime te voir aussi impliqué, cela te va parfaitement. Et comme ca, j'en apprend aussi! C'est sans le moindre ennui qu'elle l'écoute décrire le lieu dans lequel il aimerait travailler. Quel restaurant le correspondrait le mieux. -Pas forcement un lieu branché et hype, mais un endroit plus authentique? Plus... réel? Il n'y en a pas tant que ça, à Los Angeles. C'est souvent le paraitre qui prime. -Il évoque la cuisine française et cette fois, elle secoue la tête. -Je ne connais pas vraiment, mis à part les grands classiques que l'on peut trouver dans certaines cartes. Je ne suis jamais allée en France ou en Europe. Tu as eu l'occasion d'y cuisiner? -Il semble se laisser le temps de finir ses armes avec la brigade avec laquelle il travaille, il n'a pas cette ambition dévorante qui animait parfois Seth et le rendait absolument insupportable. Ce besoin chez lui de voir son travail reconnu par ses pairs et cette envie de décrocher un Pullizer, au prix de la vie qu'ils auraient pu avoir ensemble.- Il faudra que tu me donnes l'adresse où tu travailles dans ce cas, poursuit elle avec un léger clin d'oeil à son égard. Oui, ils viennent bien de décider d'un second rendez vous alors que le premier n'est pas encore terminé. Et ce sont des papillons qui naissent dans son ventre à cette perspective. Si elle vient en fin de service, peut être pourront ils manger ensemble?

Elle n'ose pas toucher sa main si proche. Franchir ces quelques ridicules centimetres. Et puis, elle aime cette délicate tension qui se construit entre eux, toute en douceur, en langueur. Ils ne sont pas pressés, elle a envie de le connaitre d'avantage, de ne rien précipiter. De se laisser guider par ce qu'il pourrait aussi désirer. Cela fait tellement longtemps qu'elle n'a pas pas vécu un moment aussi agréable avec un homme. L'arrivée de leur diner se glisse entre eux et c'est avec délice qu'elle plonge dans son plat. Laissant Dean tester en premier le vin avant qu'un verre ne leur soit servi à tous deux. L'accord entre les deux est parfait, et c'est sans fausse honte, sans minauderie qu'elle mange. Si elle ne se goinfre pas, elle ne fait pas partie de ces femmes à manger une feuille de salade pour paraitre parfaite. Et ne pas faire honneur à leurs plats serait sacrilège.

-Si cela peut te consoler, mon sens de l'orientation est absolument affreux. Heureusement que j'ai un gps dans ma voiture et google maps sur mon teléphone, sinon je serais encore plus en retard que je ne le suis déjà en général. -Elle ne retient pas un éclat de rire devant les questions qu'il lui pose et lève ses deux mains en signe de redition amusée. Entre deux fourchettes, elle prend le temps de lui répondre, pas forcement dans l'ordre. Continuant de manger, de boire de temps en temps une gorgée de vin.

-Je suis arrivée il y a un peu plus d'une quinzaine d'années après le divorce de mes parents, ma mère s'étant raprochée de mes grands-parents. Mais je n'ai jamais quitté totalement l'Utah puisque mon père y vit encore et que nous y allons, avec mon frère pour les vacances scolaires, ce genre de chose. Mon petit frère y vit encore d'ailleurs. Tu as des frères et soeurs?

Elle n'a aucun mal à parler du divorce de ses parents. Si sa mère a toujours été un peu froide, ils ont toujours été assez matures pour ne pas inclure leurs enfants dans leurs disputes et s'en tenir à une ligne commune pour leur éducation. Roxanne a parfaitement conscience de sa chance dans ce domaine. -Pour le Blue Bayou, je l'ai découvert il y a trois ou quatre ans. Je cherchais un lieu avec de la cuisine Cajun. Je venais de rentrer de vacances en Louisiane et l'ambiance particulière me manquait. Depuis, c'est devenu un de mes lieux préférés. La cuisine est délicieuse, les équipes sont vraiment attentifs à leurs dineurs, et les groupes qui passent sont aussi divers que bons musiciens. Il y a un endroit qui te tient vraiment à coeur? Là où tu va pour te ressourcer?

Hummmm comment parler de l'Utah a quelqu'un qui n'y a peut être jamais mis les pieds? Elle repousse son assiette vide et garde son verre de vin en main, jouant avec le délicat ballon, le buste incurvé vers Dean. Elle se tait quelques secondes, captivée par la manière dont la lumière paillette d'or ses mèches brunes et les lueurs malicieuses de ses prunelles. Il est vraiment célibataire? Il ne cache pas une petite copine avec qui cela ne va plus et du coup en profite pour aller flirter avec d'autres femmes, "le temps que cela s'arrange"? Elle espère vraiment que non. Elle reprend

-Tu as déjà été là bas? Les paysages de l'Utah sont magniques, divers. Les terres sont ocres, oranges, parfois presque noires et à d'autres endroits, blanche!. Est ce que tu as entendu parler de The Wave? J'ai grandis juste à proximité de ce genre de terrain. Les rochers sont fait d'une telle manière qu'ils ne glissent pas. Tu peux juste tout faire dessus, tu ne tombera pas. Il y a des endroits immenses à explorer et des canyons si étroits que tu ne passes pas avec un sac à dos. Mon petit frère a quitté la Californie dès qu'il a finit ses études pour y habiter défintivement. .C'est vrai qu'il faut aimer le désert. Et les hivers y sont aussi gelés que les étés sont des fours. Mais... Et si jamais tu aimes monter? C'est le paradis. J'adore être à cheval. Plus jeune, on partait un we avec mon père et mon frère pour bivouaquer dans la nature, à cheval. Cela me manque, je n'ai plus vraiment le temps pour ces escapades.

Sans compter que cela voudrait dire laisser Helyos à Jeanne et sa mère s'occupe déjà beaucoup de son fils. Il est encore trop jeune pour vraiment profiter de ce genre de sortie. Peut être, peut être qu'ils pourront peut être y aller avec Dean, si il aime aussi les chevaux? Il y a plus proche que l'Utah pour une première expérience à deux. La serveuse a débarassé leurs assiettes vides, les laissant tranquille, profiter de ce temps particulier, entre le plat et le dessert. Là où la fin de ne se fait plus vraiment sentir et que l'on profite de la compagnie de l'autre. Elle se rend compte qu'elle a déjà bien trop parlé.

-Arf, excuse moi. J'ai du mal à m'arreter quand je commence! N'hésite jamais à m'interrompre. -Elle repose son verre vide, abasourdie par la manière dont le temps leur a filé à travers les doigts. Pas une seule fois elle n'a regardé sa montre ou son teléphone. Se laisser bercer par la chaleur de Dean. -Je sais que tu es passionné de cuisine? Il y a d'autres choses qui sont tes moteurs?

La carte des desserts finie par leur être présentée et Roxane hésite. Elle n'est pas certaine de vouloir en prendre un, ils sont toujours gargantuesque, et en même temps, elle aime finir un repas sur une note sucrée. Mais en partager un avec Dean? Il y a là quelque chose de particulièrement intime et elle ne désire pas qu'il s'effraie dès le premier rendez vous!
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Dean S. Neverson
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MessageSujet: Re: This is a dream come true. Or not. ~Dean ~   This is a dream come true. Or not. ~Dean ~ EmptyDim 11 Nov - 23:26



Roxane & Dean



This is a dream come true. Or not.



Finalement, de qui avait entamé la première démarche, on s’en foutait bien, non ? A la première pensée, on pourrait croire que ça avait son intérêt, puis en y réfléchissant un peu plus, je me disais qu’on s’en moquait. Car après tout, elle était bien là. Elle était face à moi, prête à faire connaissance. Alors, certes, elle ne connaissait rien de moi, elle ne savait même pas à quoi je ressemblais à la base, elle était venue dans le flou complet. Mais elle était là. Elle n’avait même pas l’air d’être là pour se moquer de ma personne ou quoique ce soit. A force de regarder des films et séries d’adolescents, j’imaginais bien des scénarios tordus, de la nana qui vient à son rendez-vous Tinder suite à un pari fait avec ses copines, mais ça ne semblait pas être le cas. Roxane semblait être une jeune femme ne se laissant pas porter par de telles motivations puériles, engendrant en plus une perte de temps pour moi, comme pour elle. Il est vrai que j’étais du genre à faire confiance facilement. Il n’était pas rare que je me fasse avoir, par n’importe quelle personne, dans n’importe quelle situation, et par n’importe quel moyen. J’étais du genre à vouloir être ami avec la Terre entière, m’imposant alors certaines blessures avec mon vécu. Je me laissais facilement berner, sans m’en rendre compte. On avait beau me le dire également, je ne faisais pas attention. Je voyais de la bienveillance en chaque être humain, je ne regardais pas les points négatifs. Trop bon, trop bête, probablement. C’est pourquoi j’étais célibataire, finalement. Si je n’avais pas donné mon cœur à Layce, ne me doutant de quoique ce soit quand elle était avec son cavalier partenaire, Connor. Derrière mon dos, ils flirtaient, ils filaient le grand amour. Dans mon dos. Par devant, elle agissait comme la fiancée parfaite. Certes, il y avait bien des prises de bec, mais je passais outre. Elle fuyait pour aller au centre équestre, mais je ne voyais rien. Et tout m’est venu dans la face le jour du mariage. Ce jour qui devait être plus beau de ma vie, où je me mariais avec la femme de ma vie. Elle avait belle jambe la "femme de ma vie". Malgré tout ça, parmi toutes ces pensées négatives, je me souvenais des bons moments avec Layce et j’y voyais le positif. Si elle était partie, c’est qu’elle n’était pas heureuse avec moi, et elle méritait de trouver le bonheur ailleurs. Bon sang Dean, ce que tu peux être stupide des fois. Maintes fois, il m’arrivait de me dire que je devais penser à moi, qu’il serait mieux pour mon mental de la détester. Mais je ne détestais personne. Trop bon, trop bête.

Cette fois-ci, je faisais encore confiance. Je gardais tout de même un peu de recul au début, histoire de ne pas me faire trop de mal si jamais ça tournait au vinaigre. J’étais fragile, sensible. Mais je pressentais une bonne aura s’échappant de Roxane. Et puis, ce n’était qu’un premier rendez-vous. Je pouvais toujours fuir ou ne pas donner suite, si ça se passait mal ou que le feeling ne passait pas. Pourtant, je sentais qu’elle pouvait me plaire. Si son amie nous avait mis en relation, peu importe la façon de procéder, c’est qu’il y avait une raison. Je pourrais lui plaire, comme elle m’avait plu. Alors que je pensais que ce n’était pas seulement physique, étant donné que j’avais bien discuté avec elle, je pensais alors que sur le plan psychologique, ça passait également entre nous. Seulement, j’avais conversé avec Marine. Alors, mon attirance envers Roxane n’était réduite qu’au plan physique. A voir par la suite, si ça matchait à nouveau. Pour l’instant, tout se passait parfaitement bien, malgré la bombe lâchée. Je me sentais plus détendu après ça, même. Je me voyais plaisanter avec elle, avec encore plus l’envie de la connaître. Parce qu’après toutes les informations requises sur elle par Marine, je ne savais rien d’autre sur elle. Et j’avais même envie de tout apprendre de sa part, souhaitant même oublier tout ce que je savais jusqu’alors.

M’inviter au restaurant pour un premier rendez-vous était toujours plus ou moins compliqué pour moi. J’avais peur de trop montrer ma personnalité, mon amour pour la cuisine, faire trop petit chef en herbe. Je ne voulais pas gêner les personnes qui pourrait être dérangées par mes questions aux serveurs du restaurant. Plus d’une fois, on m’avait demandé de me faire petit pour ne pas qu’on se fasse remarquer et faire penser aux serveurs ou gérants des restaurants que je jugeais leur nourriture. En aucun cas c’était ce que je souhaitais, je voulais juste m’informer. Défaut professionnel. Chacun avait son petit tic provenant du métier qu’il exerçait. Pour ma part, c’était ça. « Ne t'excuse pas, j'aime te voir aussi impliqué, cela te va parfaitement. Et comme ça, j'en apprend aussi ! » me rassurait gentiment Roxane, m’en demandant même davantage sur mon restaurant idéal, le restaurant de mes rêves, celui que j’aime diriger plus tard. Forcément, je répondais avec plaisir. Elle comprenait directement ce que je voulais dire, ajoutant même que ça ne courrait pas les rues de Los Angeles. Effectivement, comme elle le disait si bien, le paraître était de mise ici. Toujours plus de strass et de paillettes. « Non, je n’ai pas eu l’opportunité. Un jour, peut-être. » répondais-je alors quand elle me demandait si j’avais eu l’occasion de cuisiner en France. Il est vrai que c’était l’ambition principale d’un chef, mais pas vraiment pour moi. Bien sûr, si l’opportunité se présentait, je sauterais probablement dessus. Mais j’aimais ma petite vie à Los Angeles, mes habitudes et je n’étais pas totalement prêt à changer tout mon environnement et ma petite vie. « Il faudra que tu me donnes l'adresse où tu travailles dans ce cas. » Et un clin d’œil. Un clin d’œil. Ça me chamboulait. Oui, tout ça me chamboulait. Que ce soit elle, son regard, sa façon de parler, le fait qu’elle demande à venir dans mon restaurant, sa manière de conclure sa phrase par un clin d’œil… Elle me perturbait, dans le bon sens du terme. Finalement, c’était une façon de se proposer mutuellement un deuxième rendez-vous. Bien sûr, dans la réserve que le premier se passe bien, mais ça semblait se passer à la perfection. J’en étais tout chose.

Les plats finissaient par venir prendre place entre nous deux. La serveuse, ramenant la bouteille de vin, me l’a fait tester au préalable. Parfait. Elle nous en servait donc des verres. Un simple « bon appétit » venait débuter le repas, sans pour autant stopper la conversation. Point très important pour ma part. Il est vrai que quand deux personnes n’étaient pas spécialement à l’aise ensemble, le fait qu’il y ait un déjeuner à portée aidait, ainsi ils plongeaient dans leur repas respectif et ils n’éprouvaient plus le besoin de faire la conversation. Roxane, elle, enraillait sur autre chose. Ça me plaisait beaucoup. Elle marquait à nouveau des points. Moi qui suis un très grand bavard, une jambalaya ne m’arrêtait pas. Alors, suite à sa première question, je m’emballais peut-être trop pour déballer toutes les miennes qui me venaient sur le moment. Euphorique. Je voulais en savoir plus sur elle, sur son arrivée à Los Angeles, sur son passif dans l’Utah, sur sa famille… On aurait clairement dit un flic, il fallait l’avouer. Mais je posais les bases, j’étais très curieux. D’autant plus quand la personne face à moi semblait être pour le moins très intéressantes en tous points. J’avais beau aimer parler, j’adorais également écouter. Roxane présentait alors rapidement sa famille et son décor. J’attrapais chaque information pour tenter de m’en souvenir le plus longtemps possible, chose de plus en plus compliquée avec le temps. Il fallait que je retienne. Généralement, les choses à ne pas oublier, je les notais sur un bloc-notes, mais ce n’est clairement pas quelque chose que j’allais faire en plein rendez-vous. Tant pis, je ferais sans. Je ferais travailler ma mémoire. Si certains me diraient que ce n’est pas non plus les points les plus importants de la conversation, je leur répondrais que j’avais envie de m’en souvenir, de tout savoir d’elle encore le lendemain. « Oh oui, je viens d’une famille nombreuse. J’ai deux frères et quatre sœurs. Dont deux ont été adoptées par mes parents, mais je les considère comme des sœurs à part entière. » présentais-je rapidement. Il y aurait tellement à dire sinon. J’étais très porté famille, c’est alors pour cela que j’avais posé de telles questions à Roxane pour savoir si elle l’était également. Pour moi, la famille prenait une grande place. Puis la brunette enchaînait ensuite sur son lieu fétiche, le Blue Bayou où nous déjeunions. Elle semblait s’y sentir bien, apprécier venir régulièrement sans pour autant se lasser. Je l’écoutais d’une oreille fort attentive, ne cessant pas de manger pour autant. J’y allais simplement plus doucement, tout en relevant à chaque fois mon regard vers elle, le sentant bien sur moi. Je ne voulais pas qu’elle croit que je ne l’écoutais pas, alors que ce n’était aucunement le cas. Je l’écoutais avec attention, réellement intéressé par ses dires. « Personnellement, je n’ai pas vraiment de lieu que je préfère. Généralement, c’est juste aller voir ma famille et être avec eux. C’est là-bas que je me ressource. » répondais-je honnêtement à Roxane après avoir bu une gorgée ou deux de vin. Je pouvais passer pour le fils ou le frère agrippé à sa famille, mais tant pis. Aucun voile, aucun filtre, j’y allais en transparence. « Mais ça pourrait rapidement devenir cet endroit tellement leur jambalaya est excellente ! » plaisantais-je, savourant réellement mon plat. « Tu as vu du paysage. En réalité, je n’ai jamais bougé de Los Angeles, jamais voyagé. Je suis envieux. » expliquais-je, voyageant en revanche par ses propos. Roxane avait cette façon de s’exprimer, d’expliquer, qu’on s’y croyait. Elle plantait parfaitement le décor, que si je fermais les yeux, j’y étais réellement. Cette femme était d’une poésie incroyable. J’aimais l’écouter, j’aimais ce qu’elle transparaissait, j’aimais la douceur qui se dégageait d’elle. Je pense que j’aurais facilement pu passer des heures à l’écouter parler de l’Utah. Tellement que j’avais envie d’y aller de ce pas, afin de faire un peu trekking dans les montagnes qu’elle décrivait. « Non, vraiment, c’est génial. J’aime beaucoup ta façon de raconter, de décrire les choses. On s’y croirait, ça donne envie. » confessais-je à la brune, avant de poursuivre « Avant la cuisine, je faisais des études d’astronomie pour évoluer dans ce domaine. Les choses ont fait que ce fut pas possible, mais je ne regrette pas pour autant. Je garde tout même un œil sur les étoiles, étant toujours autant amoureux du ciel. Les étoiles ont chacune une histoire, elles ont tant à nous apprendre, elles sont fascinantes. » expliquais-je alors d’un ton rêveur, doux. « J’aime beaucoup observer le ciel, le soir, scintillant. Je me dis que l’univers est si vaste, ça éveille ma curiosité, mon intérêt. Je suis un grand rêveur, en réalité. » concluais-je en riant, presque embarrassé, me sentant vider mes pensées, comme un vrai romantique en parlant des étoiles. Dans ses yeux bleus, j’y voyais des étoiles, scintillants de la même manière que les lumières du ciel.

Heureusement pour moi, la serveuse interrompait se moment de gêne pour nous présenter les cartes des desserts, mon regard s’y plongeant directement. Trop de choix. J’étais chamboulé dans mes pensées maintenant. Et j’en arrivais même à penser bivouac énoncé par Roxane, et d’une nuit à la belle étoile, comme scénario parfait. Le rouge me montait alors aux joues, l’envisageant même avec Roxane elle-même. Je me sentais partir loin, envisager des choses bien trop précipitées pour un simple premier rendez-vous. J’allais clairement trop vite en besogne. Pour l’heure, il fallait que je me décide sur le dessert que j’allais prendre. « Hm, ça a l’air bon ça. Ça aussi, ça a l’air pas mal. Oh, et ça alors… » réfléchissais-je à voix haute, sans réellement m’en rendre compte. L’eau à la bouche. « Que vas-tu prendre Roxane ? Tu as encore faim ? » lui demandais-je, comme si sa réponse allait me faire me décider à mon tour. « Je crois ne pas me tromper si je choisis la tarte à l’érable et aux noix de pécan... » me convaincs-je d’une faible voix. Il faut dire que la jambalaya m’avait bien calé, et pourtant, j’étais un gros mangeur. « Si jamais c’est ça te convient, on peut la partager ? J’ai peur que ça fasse un peu trop pour moi seul. Généralement, ils donnent de sacrées parts. » proposais-je naturellement, ayant l’habitude de partager ma nourriture. Une preuve que je me sentais à l’aise avec elle. Car oui, j'étais à l'aise avec elle, je me sentais bien. Mais je ne voulais pas la brusquer pour autant, car en y réfléchissant, c’était quelque chose de plutôt intime. C'était également une façon de se rapprocher davantage, voir comment elle se sentait avec moi, comprendre plusieurs choses de par cette audacieuse proposition. Je n'avais rien à perdre, après tout. J’avoue que c’était plus de la gourmandise qu’autre chose ce dessert, dans tous les sens du terme.


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MessageSujet: Re: This is a dream come true. Or not. ~Dean ~   This is a dream come true. Or not. ~Dean ~ EmptyJeu 20 Déc - 18:06

Leur échange est fluide, petillant. Elle ressent un réel intéret de la part de Dean sur ce qui peut la passionner, sur ce qui la motive. Roxane a conscience qu'en ne parlant pas d'Helyos, elle concerve une grosse part d'elle même dans l'ombre. Mais.. elle n'est pas encore prête. Pas encore prête à parler de celui qui représente un croissant de lune non négligeable de son existence. Ce n'est pas qu'elle veuille le dissimuler ou faire comme si il n'existait pas. Simplement, pour un premier rendez vous... non. Elle a envie que Dean la voit d'abord pour elle même. Pour la première fois depuis longtemps ou presque -La jeune femme n'a aucune envie de revenir sur une nuit de dérapage sans lendemain- elle se sent un peu égoiste. La Femme qu'elle a occulté pendant si longtemps passe au devant de la scène, derrière la mère attentive et probablement trop présente.

Lui se livre avec la meme simplicité, la même ouverture d'esprit. Il n'y a aucun ennui lorsqu'il se montre un peu plus tatillon ou lorsqu'il évoque ses envies d'aller en Europe. La jeune femme ose suggérer, avec une pointe de subtilité qui la caractérise bien, le tout cousu d'un fil bien blanc, un second rendez vous. Elle aime songer à un Plus tard avec lui. Pas forcement dès le lendemain.... Mais rapidement. Ses joues se colorent, son ton s'anime au fil de la discussion. Il apprécie les plats qu'il déguste avec une sincérité gourmande qui éveille des papillons sur son épiderme. Comment une gemme tel que lui peut être encore célibataire, c'est un mystère qu'elle ne s'explique pas. Sinon qu'il doit avoir des horaires extrêmement rigoureux et qu'une éventuelle compagne pourrait avoir du mal à s'accommoder d'un tel emploi du temps. Elle même le comprend, en tout cas théoriquement, puisqu'il lui arrive d'écrire ses articles à tout heure et que ses obligations mondaines peuvent la conduire à ne rentrer  chez elle qu'au petit matin. Heureusement, elle a une baby sitter en or qui accepte volontiers de passer la nuit dans la villa lorsque cela se produit.

Elle ne peut s'empêcher un petit rire lorsqu'il décrit sa famille. Il n'y a pas de moquerie, mais un étonnement sincère. Deux frères et quatre soeurs, cela doit faire un sacré chambardement dans la maison. -Tes parents ont du être des saints pour gérer autant de Vous à l'adolescence! Tu étais comment? Du genre à leur en faire voir de toutes les couleurs ou bien au contraire tu étais la force tranquille qui canalisait la fratrie? Tu es l'ainé? Au milieu? Ou bien le Darling baby, lui sourit t'elle, s'amusant de l'imaginer à seize, dix-sept ans. Cela ne les empêche pas de continuer à savourer un peu de vin ou de manger leurs plats. Leurs questions ponctuent le repas plutôt que de combler un silence gênant.

Il puise ses ressources et ses racines avec les siens. Elle admet une certaine curiosité à leurs égards, mais ne désire pas l'effrayer en en rajoutant trop. Sa famille est plus traditionnelle, parfois un peu froide, du moins sa mère. C'est comme si elle se rattrapait de ses émotions contenues avec ses enfants avec son petit-fils. Parfois, Roxane en éprouve une pointe de jalousie, mais n'a jamais confronté Jeanne à ce manque de son enfance. Avant qu'il n'ouvre les vannes de son état bien-aimé. Et là, elle doit admettre qu'elle parle beaucoup. Trop probablement. Mais... l'Utah... L'Utah, c'est un maillon de son âme. Certes, cela fait petite provinciale, mais tant pis. Elle ne renie pas ses racines dans l'ocre rouge de sa terre natale.

Tout en elle danse et chahute lorsqu'il la regarde avec cette attention si particulière, avec ce regard si intense, si intime. Et qui pourtant ne la met pas un instant mal à l'aise. Il la fait se sentir bien plus sensuelle qu'elle ne le ressent habituellement. Il lui permet des audaces dont elle n'aurait jamais osé avec un autre. La perspective qu'il puisse avoir envie, dans un futur pas trop lointain de peut être partir en escapade avec elle, fait monter à ses pensées des reveries qui ne sont pas toutes responsables. Sa voix manque un octave alors qu'elle s'arrache à ces extravagances bien trop rapide pour un premier soir - Qu'est ce que tu dirais, comme résolution pour 2019, d'aller visiter un des endroits des Us que tu as toujours voulu visiter et où tu n'as jamais pris le temps d'aller?  De partir sans prendre en compte tous les détails avant le départ, juste toi et  ta destination en tête. Peut être que cela te donnerait des inspirations nouvelles pour ta cuisine?- Elle ajoute en secouant la tête.-  Je n'ai pas voyagé tant que ca, tu sais. Je n'ai jamais quitté les Etats-Unis, ni été au delà des états accessibles facilement en voiture depuis Saint-Georges. Je ne suis jamais allé en Louisiane par exemple. La Nouvelle Orleans, j'adorerais y aller! Je suis sure que cela doit être magique!

Il dévoile un gout académique pour l'Astronomie et cela lui va tellement bien. Il se dégage de lui une douceur sublimée parcet intéret pour cet univers si vaste dont ils ne sont qu'une infime composante.  -Les rêveurs et les poètes sont les tisseurs de Demain, et je trouve que la cuisine et l'astronomie, cela va bien ensemble. Nourriture du corps et de l'esprit-, s'entend t'elle prononcer, sa langue allant plus vite que ses filtres habituels. Il est d'une beauté qui l'envoute, bien au delà de son physique sylvain. Elle a envie.... elle a envie de lui faire plaisir, de lui offrir ces étoiles qu'il contemple et qui peuplent son imagination.

Ses mots s'embrouillent et se précipitent. Merde. Pourquoi faut il qu'elle soit si maladroite? A l'instant où la serveuse arrive pour leur proposer un dessert, son poignet heurte son verre d'eau qui se renverse sur une partie de la nappe avant de finir son naufrage à terre, sans pour autant se briser. Ouf. Ce qui a au moins le bénéfice de changer le sujet pendant qu'ils épongent précipitamment. La jeune femme reprend un peu de contenance une fois que le plus gros est rattrapé. Les cartes leurs sont laissées et elle la parcourt des yeux sans voir les écritures. C'est Dean qui la sauve. Sa proposition rejoint ce qu'elle n'avait pas osé énoncée

-Je l'ai prise une fois, elle est divine. Mais je n'ai certainement plus assez faim pour la manger... seule. Avec toi? Oui. - Un Oui a bien plus qu'une simple patisserie. Et cette fois... cette fois, elle rompt la distance qui les sépare. Sa paume vient se poser sur le dos de la sienne. Ils ont visiblement les mêmes désirs, en tout cas, en ce qui concerne ce dessert, là, maintenant. Ses doigts se referment sur les siens et elle enlace ses doigts, à peine. Juste... Juste parce que cela fait depuis le début du repas qu'elle en meurt d'envie. Et qu'après tout, ils sont adultes. Et que... Si elle ne le fait pas, elle va le regretter. Elle sait qu'elle a tendance à etre timide dans sa vie personnelle, sans doute un contre coup de son attitude bravache face  aux célébrités qu'elle interviewe. Elle finit par ajouter -En Utah, les ciels étoilés, l'été, sont des mirages venus d'un autre monde. Tu sais que l'on peut voir la voie lactée au-dessus nous, lorsque l'on s'éloigne dans le désert? Mais... personnellement, je n'ai aucune connaissance. A part reconnaitre Orion et les Ourses. Je crois que j'aurais besoin d'un professeur la prochaine fois...

Okay. Elle l'a fait. Cette fois, c'est presque une invitation en bonne et due forme. Elle avale précipitament une grande gorgée de vin quand elle réalise ce qu'elle vient de dire. Il va la prendre pour une fille inconstante et totalement planante. Ils se connaissent depuis moins de quatre heures! -Dean. Je... Il n'y a aucune obligation bien sur. Je ne veux pas dire... Enfin... on a le temps. Je ne parlais pas pour demain.... -Pour autant que ses joues se soient enflammées, sa main reste exactement là où elle. Et lorsque la serveuse revient prendre la commande, assortie d'un café pour elle, Roxane ne la dérobe pas d'avantage.
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MessageSujet: Re: This is a dream come true. Or not. ~Dean ~   This is a dream come true. Or not. ~Dean ~ EmptyVen 21 Déc - 22:08



Roxane & Dean



This is a dream come true. Or not.



J’appréciais notre échange. Il était simple, sans réflexion réelle au préalable. Dans mes pensées, j’avais bêtement cru que les femmes n’agrémentaient jamais une conversation. Pourquoi ? Aucune idée. Peut-être à cause de la phrase bien que trop entendue « c’est aux hommes de faire le premier pas ». Ainsi, je pensais qu’il s’agissait toujours aux hommes de créer un nouveau sujet de conversation, faire à ce la discussion ne faiblisse jamais, qu’elle reste présente. Mais je n’avais pas grand mal, avec Roxane face à moi. Elle avait de la discussion, elle était intéressante, et s’intéressait en retour. La conversation se poursuivait naturellement. C’était comme si je parlais avec une amie que je côtoyais régulièrement. Aucun stress, des récits contés facilement, une foule de questions me venant en tête pour en savoir plus. En savoir plus sur elle, sur son vécu, sur ces préférences en tous genres. Elle avait captivé mon attention. J’avais réellement envie d’en savoir plus, j’étais en haleine de la suite. Tout s’enchaînait parfaitement, dans une simplicité incroyable. Je devais avouer être surpris par la tournure que prenait les choses. Ce n’était pas comme je l’avais imaginé. J’avais pensé à maints scénarios dans ma tête, la veille de notre rendez-vous. Vous savez, quand votre cerveau ne veut absolument pas dormir, alors que ça faisait trois heures que vous êtes allongé sur votre lit, plongé dans le noir absolu. Vous vaguez à diverses pensées, imaginez des tas d’histoires. Cette nuit-là, toutes convergeaient sur ce rendez-vous. Mais je n’avais pas imaginé que ça puisse se dérouler de cette façon. Ou alors, je l’avais imaginé mais mis rapidement dans un coin de ma tête car ça me semblait impensable que ça se passe aussi bien pour un premier rendez-vous. Ok, j’avais peut-être été Monsieur Pessimiste lors de mes pensées nocturnes. C’était possible, carrément probable. Pourtant, je n’étais pas à l’aise avec tout cela. Toute cette façon de faire. Je m’étais toujours dit qu’il était impossible de trouver quelqu’un sur un site de rencontre. Ou du moins quelqu’un pour un peu plus qu’une simple nuit sous les draps, si vous voyez ce que je veux dire. Je n’étais pas dans mon élément à cet instant-même, qu’on se le dise, mais je m’y adaptais plus que je ne l’aurais cru. Peut-être parce que Roxane me facilitait la tâche. Je n’avais même plus cette impression que nous nous soyons connus grâce à un site de rencontre. Bien sûr, ça restait dans un coin de ma tête, car c’était l’origine de ma venue ici. Mais tout ce qui avait été dit sur ce site avait disparu de ma tête depuis qu’elle m’avait annoncé ne pas être à l’origine de tous les messages que nous avions échangés. Face à moi, j’avais eu une nouvelle personne que celle rencontrée sur Tinder. C’est comme si je déjeuner avec une femme que j’avais rencontré à l’instant-même où je m’étais assis à cette table, sans que rien ne soit prémédité. Etrange, mais j’aimais l’idée. « Tes parents ont dû être des saints pour gérer autant de Vous à l'adolescence ! Tu étais comment ? Du genre à leur en faire voir de toutes les couleurs ou bien au contraire tu étais la force tranquille qui canalisait la fratrie ? » demandait-elle, s’intéressant à ma famille, alors que je disais que mon endroit préféré était avec eux. Pour le coup, ça faisait romantique, maintenant que j’y repensais. Mais c’était ce que je pensais. J’étais très "famille". L’énonciation des diverses places d’un enfant au sein d’une famille me fit décrocher un sourire, suivi d’un léger rire. « Je n’ai pas beaucoup changé, en réalité. J’ai toujours eu la tête que j’ai actuellement. Tu verrais des photos de moi petit, tu penserais que la photo a été prise la veille alors qu’elle date de dix ans. » plaisantais-je, faisant allusion à mon physique. Un physique aux traits enfantins, ce qui fait beaucoup rire certains, me pinçant les joues comme si j’avais encore douze ans. Mes sœurs en sont l’exemple parfait. C’est pour cela que je me faisais pousser un semblant de barbe dernièrement. « Je suis le quatrième enfant de la famille, donc mes aînés ont su me mater quand il le fallait. J’étais turbulent. Certainement que je le suis encore d’ailleurs… Mais je n’ai pas vraiment causé de soucis. Je n’étais pas du genre rebelle, en tout cas. Mais je n’étais pas le plus sage non plus ! » affirmais-je en riant, me disant que mon explication n’était pas très claire. Il fallait dire que j’étais tout ce qu’il y avait de plus banal. Il était difficile de se faire une place dans une grande famille comme la nôtre, mais chacun avait réussi à se démarquer. Alex, l’aîné était la parole divine. Il était un modèle pour plus d’un d’entre nous. Un modèle de réussite professionnelle, comme de réussite sentimentale. Personnellement, je me suis toujours dit en riant que si j’étais une femme, et que ce n’était pas mon frère, je serais clairement tombée amoureuse de lui ! Leah, la seconde, a été une grande rebelle durant ces années lycée. Souvent, on se demandait où elle était encore barrée à l’heure du dîner. Mais je l’ai toujours trouvée fascinante, drôle et persévérante. Joyce a toujours été la maman des enfants. Une vraie gentille, se laissant parfois marcher sur les pieds, une conseillère et confidente incroyable. Justin, quant à lui est le plus indépendant. Certainement qu’il s’est senti brouillé dans toute cette famille, pensant qu’il a probablement manqué d’attention en étant le petit dernier d’une grande famille. Alors il a fait sa vie de son côté, sans pour autant manquer de participer aux divers délires de la famille. Lexie, c’est comme une Joyce bis. Une force tranquille, qui sait toutefois montrer son caractère quand il le faut. Tandis que Megan est son total opposé. Ce qui est plutôt amusant, quand on sait qu’elles sont jumelles, mais si différentes. Megan, elle a une grande gueule, elle fait du bruit, on sait quand elle est là, mais on l’adore ainsi. Nous sommes une famille haute en couleur, mais je ne la changerais pour rien au monde. Précipitamment, je m’imaginais la rencontre de Roxane avec eux. Il était trop tôt pour s’imaginer une telle chose, mais mon esprit divaguait facilement. Il était certain que si elle les rencontrait un jour, c’est qu’elle compterait énormément pour moi. Les rencontrer, c’était une marque de grande affection et d’immense confiance. Ma famille, c’était ma faiblesse, et ce serait remettre en main la carte à jouer pour me détruire si on le désirait.

Roxane parlait alors de la sienne, sa famille, passant alors par son état natal. Ça donnait envie. Le voyage, quelque chose que je ne connaissais pas. Le seul voyage que je faisais étant de mon chez-moi à mon travail. Qu’on se l’avoue, ce n’est pas un très grand voyage, et celui-ci est plus que connu en l’empruntant tous les jours. « Et toi, laisse-moi deviner… » murmurais-je à la fin de ses récits. Je tapotais sur mon manteau avec mon index, partant dans de grandes formules mathématiques dans ma tête. « Donc tu es l’aînée, étant donné que tu ne m’as parlé que d’un petit frère. » Déjà, je ne me mouillais pas trop en répétant simplement ses dires. « J’imagine que t’étais la petite fille sage, réussissant tous tes examens haut la main. Familialement parlant, tu veillais toujours sur ton petit frère, comme une deuxième figure maternelle. J’imagine que ça n’a pas totalement changé pour le dernier point, si ? » C’était un jeu risqué auquel je jouais. Cela revenait à lui expliquer l’image qu’elle reflétait, même si ce n’est pas ce qu’elle souhaitait. Mais je tentais, j’osais. J’aimais décrypter les gens, imaginer leur histoire, leur passé, ainsi que leur avenir. J’étais arrivé à un tel résonnement assez basiquement. Elle était journaliste, ce qui était un métier plutôt pas mal. De la rédaction, des écrits d’articles… J’imaginais alors une petite fille aimant lire. Et ne me demandez pas pourquoi, mais j’associais forcément cela avec de bons résultats à l’école. Le divorce de ses parents était la deuxième étape du processus. Sa mère s’étant rapprochée des grands-parents, elle était alors avec son père et son petit-frère, étant alors la seule figure féminine. Et étant la grande-sœur, elle voulait forcément bien agir pour son petit frère. Empruntais-je de trop courts chemins pour arriver à une telle conclusion ? Probablement. « Qu'est-ce que tu dirais, comme résolution pour 2019, d'aller visiter un des endroits des Us que tu as toujours voulu visiter et où tu n'as jamais pris le temps d'aller ?  De partir sans prendre en compte tous les détails avant le départ, juste toi et ta destination en tête. Peut-être que cela te donnerait des inspirations nouvelles pour ta cuisine ? » émettait-elle comme idée, plutôt pas mal dans le fond. Seulement, c’était impossible. Pas parce que je ne le voulais pas, mais c’était que je ne le pouvais pas. Je ne pouvais pas partir seul depuis qu’on m’avait décelé la maladie d’Alzheimer. Je pourrais me perdre, oublier ma tête et faire absolument n’importe quoi. Je le savais, j’en étais conscient. Partir seul était inenvisageable. De toute façon, il y avait beaucoup de choses qui étaient désormais inenvisageable en prenant en compte ma maladie. « Cela me plairait beaucoup. » répondais-je simplement, sans vraiment émettre un vrai avis dessus. Je n’avais pas envie d’expliquer le pourquoi ce serait compliqué, ne serait-ce que de l’envisager. Je n’allais clairement pas annoncer à un premier rencard que j’étais un mec à problème. Paraît que ça ne le fait pas, ça peut effrayer. Cependant, elle continuait sur ses envies de voyage, ce qui m’arrangeait grandement. Quand elle annonçait vouloir aller à la Nouvelle-Orléans, ça ne me surprenait absolument pas, ce qui me faisait rire joyeusement. « Ah ouais ? T’aimerais aller là-bas ? Etrange quand on sait quel endroit est ton préféré à Los Angeles. » plaisantais-je avec un large sourire. Peut-être qu’un jour, on pourrait y aller ensemble. Ce serait plutôt comique, en sachant que tout commencerait d’ici, de ce restaurant aux allures de Louisiane. Je secouais intérieurement ma tête, histoire de remettre mes pensées au clair. Il était beaucoup trop tôt pour penser à ça. Mais bizarrement, je rêvais. Je me laissais imaginer un après ce rendez-vous, un plus loin.

Le déjeuner se déroulait à la perfection, jusqu’à l’arrivée de la carte des desserts. En une fraction de seconde, le verre de Roxane se retrouvait sur le sol, et l’eau contenue à l’intérieur, éparpillée sur la table et glissant jusque sur le sol. Un mouvement de brève panique se fit sentir. Des gestes rapides tentaient de rattraper le verre, en vain, idem pour l’eau déjà imbibée par la nappe. La serveuse s’activait alors, nous donnant par la même occasion la carte des desserts. Fallait-il agir comme s’il ne s’était rien passé ? Derrière la carte des desserts, un fin sourire se formait, repensant à toute cette scène dont on finirait certainement par en rire, ensemble. Mes yeux lisaient attentivement chaque ligne de la carte pour savoir ce qui finirait mon repas. Je devais avouer aimer terminer sur une note sucrée, bien que mon ventre soit déjà bien plein. Naturellement, je proposais à Roxane de partager le dessert, si elle le désirait également. Cela devait sûrement provenir de la sensation où je me sentais à l’aise avec elle, comme avec une bonne amie, quelqu’un connu depuis un bail. Alors qu’il n’en était rien. « Je l'ai prise une fois, elle est divine. Mais je n'ai certainement plus assez faim pour la manger... seule. Avec toi ? Oui. » répondait-elle à ma proposition. Parfait ! Si elle pouvait répondre le « Avec toi ? Oui. » à chaque fois que je le désirais, je signais de suite. Un doux sourire se dévoilait à mesure que j’abaissais la carte des desserts de devant mon visage. Le moment suivant fut aussi surprenant qu’agréable. Je sentais le contact de la main de Roxane sur la mienne, le chemin de ses doigts parcouru pour se placer entre les miens. Mon regard se fixait tout d’abord vers le spectacle de nos deux mains, tandis que mon souffle se coupait une demi-seconde pour s’accélérer ensuite. Mon cœur s’emballait. Cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti ça. Cette proximité, cette attirance, ce contact, ce sentiment. Mes yeux se relevaient finalement Roxane, afin de plonger dans les siens. Quelques secondes se déroulaient ainsi, dans le silence, un silence appréciable, pour finalement être adorablement brisé par Roxane. « Je pense que je peux être ce professeur. Oui, j’en suis même certain. » répondais-je doucement, comme si l’ambiance avait changée d’un coup et que je devais adapter mon ton de voix. Je suis également certain que j’aimerais l’être, ce professeur. Elle me fascinait, me surprenait. Elle était entreprenante, comme ne l’était pas toutes les femmes. Elle n’avait pas peur de tenter des choses, créer un rapprochement, inviter à une prochaine rencontre. J’aimais ça. J’étais même jaloux d’une telle aisance à faire cela. Quitte à ne pas créer ces opportunités, j’y répondais favorablement. « Dean. Je... Il n'y a aucune obligation bien sûr. Je ne veux pas dire... Enfin... on a le temps. Je ne parlais pas pour demain... » se défendait-elle inutilement après avoir bu une gorgée de vin remarquée. Mécaniquement, mon pouce caressait lentement le sien, comme un signe censé la rassurer. « Certes. Mais j’en serais ravi. » annonçais-je alors, dans la plus grande des sincérités. Peut-être qu’on souhaitait tous les deux la même chose : se revoir. On pensait peut-être grand, trop loin, mais qu’importe. J’aimais ça. Elle devait être aussi rêveuse que moi, ce que j’appréciais également. Roxane semblait être une femme passionnante, ce qui me laissait penser qu’il devait y avoir un problème quelque part. Sinon elle ne serait pas célibataire et ne tenterait pas de rencontrer des hommes via un site de rencontre, même s’il s’agit clairement de l’initiative de son amie à la base. Cependant, je ne m’attardais pas sur de telles pensées, préférant largement apprécier ce moment à sa juste valeur. Enfin, un moment vite interrompu par l’arrivée de la serveuse venue pour prendre la commande des desserts. Sans lâcher la main de Roxane, je quittais pourtant son regard pour m’adresser à la serveuse. « Une part de tarte à l’érable et aux noix de pécan, et deux petites cuillères, s’il vous plait. » commandais-je pour nous deux, comme convenu. Quel romantisme pour un premier rendez-vous, ça pouvait effrayer en imaginant les prochains, en pensant que ça pouvait monter crescendo. Elle gribouillait la commande sur son calepin, encore plantée devant notre table sans dire un mot. « Et je prendrais un café également. Retenez-bien Sabrina, je pourrais aussi devenir un habitué du lieu. » ajoutais-je en lisant le badge de la serveuse avant qu’elle ne file avec la commande. Par cette phrase, j’envisageais l’idée de revenir ici. Forcément, dans cette hypothèse je la voyais avec Roxane à mes côtés, dans l’idéal. C’était une phrase quelque peu osée, mais après ce qu’elle avait pu dire ou nos mains toujours en contact, je me disais que je pouvais aussi me laisser aller. Après tout, si nous changions d’avis entre temps, nous ne donnerions pas suite. Si affinité il y a, alors ça se prouvera dans le futur. Tout simplement. Il fallait cependant que je me contienne, j’étais connu pour m’emballer trop rapidement. J’en avais fait les frais maintes et maintes fois. Roxane me plaisait, je n’avais pas envie de tout gâcher alors que rien n’avait encore débuté entre nous. « Tu veux que je te dise ? En réalité, je ne m’attendais pas à ce qu’un rendez-vous de ce genre se passe aussi bien. » avouais-je, d’un souffle rassuré sur tout cela. Je m’étais mis bien trop de pression, plus que nécessaire. « Tu pourras dire à Marine qu’elle a géré, mine de rien. Enfin, personnellement, j’aime beaucoup ce rendez-vous. Tu m’as l’air d’être une femme passionnante. Je te l’avoue en toute transparence, j’aimerais beaucoup te revoir après ça. » Je pensais ne pas me tromper en pensant qu’elle le souhaitait aussi. Disons que tous les signes convergeaient en ce sens. J’espérais vraiment ne pas me tromper. Je ne quittais pas son regard bleu azur. Je pourrais me perdre pendant des yeux dedans, sans même vouloir vraiment retrouver mon chemin. « Plus j’y pense, et plus je me dis que ce serait bête de venir dans le restaurant où je travaille pour que tu goûtes à un de mes plats. » annonçais-je d’abord, une idée me venant en tête doucement mais sûrement. « Ce serait encore mieux de se voir en-dehors. Et pourquoi pas, faire le dîner ensemble ? » Et ça résonnait vraiment comme une excellente idée dans ma tête. Une façon de partager un bon moment ensemble, de se rapprocher davantage. « Enfin… Tu aimes faire la cuisine ? » lui demandais-je, ne voulant pas aller trop vite dans mon idée. Si ce n’était pas le cas, elle n’avait aucun souci à se faire pour autant. Il faut dire qu’on avait beau parler cuisine depuis le début du repas, je ne lui avais même pas posé la question. Au moins, elle devait se douter que son amour ou non pour la cuisine n’était pas un critère de sélection chez une femme pour moi.


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Roxane Mayfair
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MessageSujet: Re: This is a dream come true. Or not. ~Dean ~   This is a dream come true. Or not. ~Dean ~ EmptyMar 5 Fév - 18:26

Roxane a envie d'en savoir d'avantage sur lui. De le connaitre mieux. C'est une certitude, elle veux le revoir. Qu'importe le lieu, qu'importe la date, du moment qu'elle sait qu'ils pourront passer d'autres moments à se découvrir.  Elle n'imaginait pas qu'un premier rendez vous puisse se passer aussi bien. Ces dernières années ont été tellement décevante sur ce point qu'elle avait presque oublié les sensations de se sentir sur la même longueur d'onde avec un homme, d'avoir envie de le séduire, de lui plaire. Ces petites bulles de savon qui chantent dans les veines. Seth... Seth malgré leur séparation continue de prendre une place mentale trop importante. Mais Dean? Dean, elle a envie de s'ouvrir à lui. Il lui inspire une confiance qu'elle etait certaine d'avoir perdue.  

Elle n'est pas encore prete à le lui avouer trop clairement ,aussi préfère t'elle aborder des sujets sincères mais sans épines. Sa famille est sa clef de voute, aussi est -elle curieuse de celle ci. Il allume à nouveau un petillement dans ses prunelles. - J'aimerais bien voir de moi même, à l'occasion. Tu as un facebook? En plus de tinder j'entends.

Une pointe de jalousie.  Totalement irraisonnée. Totalement déplacée. Mais elle ne peut s'empecher de se demander combien de femmes il a rencontré par l'appli et combien... combien ont t'elles pu finir dans ses bras? Dans son lit? La brune ne pourrait même pas le leur reprocher. Il est profondement attirant. Terriblement séduisant. Elle n'a pas le droit, bien sur, de s'en enquérir. Il a totalement le droit d'agir comme il l'entend. Cependant, cette pensée lui est désagréable. Roxane finit par réaliser qu'au cours de ces quelques heures en sa compagnie, elle a défintivement envie de plus. Plus que juste ce diner. Et si il enchaine les conquêtes... Non.  Il se rapprocherait trop de Seth et ses trop nombreuses maitresses.  Malgré elle, les prunelles océannes de la demoiselle se sont parées d'orage et de trouble. Elle se contraint à cesser ces désagréables pensées vagabondes et revenir à Dean. uniquement à Dean.  Pour s'appercevoir qu'elle n'a rien ecouté de ce qu'il lui disait. Une rougeur un peu coupable vient envahir à nouveau ses joues alors qu'elle reprend le fil. Megan. Il parle de sa dernière petite soeur.  C'est presque plus facile d'enchainer sur l'Utah.  Et le jeune homme s'amuse à dresser un portait qui, elle doit l'avouer, est remarquablement juste!

-Ma mère était toujours un peu distante de nous, émotionnellement parlant, complete t'elle. Il n'y a pas de jugement sur sa mère. Elle a apprit à l'accepter. -Aussi c'est vrai que j'ai passé beaucoup de temps avec mon frère , même si il y a peu d'écart d'age. -Elle a un geste délié du poignet alors que les musiciens reprennent leurs instruments après une pause pour un autre morceau, avec d'avantage d'influence rock cette fois. -Tu as raison, j'ai toujours aimé lire, et l'ecriture, c'est venu un peu après.  Quand j'ai compris que je voulais en faire mon métier, je n'ai plus changé de voie, malgré les difficultés. Ce n'est pas aussi glamour qu'il n'y parait. Je ne suis pas Clark Kent!
Elle lance une idée un peu folle, et parfois, Roxane aimerait être capable d'avoir une telle liberté. Mais Helyos n'est pas une peluche ou un animal de compagnie qu'elle peux confier comme bon lui semble. Son père est suffisament peu fiable pour qu'elle n'en rajoute pas. Bien que les faits qu'il soit à Los Angeles depuis plusieurs mois et qu'il essaie de passer d'avantage de temps avec son fils soient importants, elle ne peut s'empecher de songer que cela ne durera pas. Alors partir en voyage, comme ca, du jour au lendemain, sur un coup de tête? Non.  Impossible.  Pourtant, elle évoque la Nouvelle Orleans. Peut être un jour. Avec lui.  

Au dessert, sa maladresse la rattrape, malediction familière, qui semble l'amuser plus que l'agacer. Une tarte pecan qu'ils vont gouter à deux. La perfection pour finir ce repas. Et soudain, elle en a assez de la distance entre eux. Ses doigts enlacent les siens. Parce qu'elle en meurt d'envie depuis un bon moment. Parce qu'elle est adulte et non plus une jeune fille en fleur. Et parce que... elle sait ce qu'elle veux. Et là, maintenant, tout de suite, elle veux sa main sous la sienne. Découvrir le velouté de sa peau. Elle peut sentir son poul qui  tambourine à la saignée de son poignet. Il ne retire pas ses doigts. Et quand il la regarde. Quand ses yeux s'abiment dans les siens, c'est un trait de désir qui la transperce. Il y a une telle douceur, une telle tendresse dans ses prunelles là. Il la contemple comme si il ne l'avait pas encore vue du repas. Leurs envies se rejoignent.  Le timbre de sa voix est un frisson liquide qui glisse sur sa peau. Velouté. Intense.

-Si l'Utah est un peu loin en ce moment, Los Angeles a encore quelques endroits déserts. Où nous pourrons attendre la nuit tombée et l'apparition des étoiles...  

Avant de reculer un peu. De peur d'avoir été trop entreprenante. Son pouce qui épouse le sien, qui s'abime lentement contre lui, dans un geste à la régularité délicate.  La serveuse revient  puis repart. Sans que Roxane ne lui ait réellement prêter la moindre attention.  Sauf. Sauf un détail. Il a envie de revenir. Ici. Et ce n'est pas anodin. Le sourire de la jolie brune se teinte d'anticipation. Sa main bouge un peu sous la sienne, pour venir caresser la soie de la paume. Juste pour le faire frissonner. Au moins un peu.
-Moi non plus. J'étais prête à trouver le premier pretexte pour  m'enfuir si besoin. Et cela ne m'a pas traversé l'esprit une seule fois. Tu... tu as l'habitude de ce genre de rencard?
Il sait déjà que ce n'est pas le cas pour elle. Que c'est Marine qui a orchestré ces échanges textes et ensuite ce diner. Son amie a déja fermé le compte tinder qu'elle avait ouvert pour Roxane. Il n'y aura pas de seconde expérience pour elle. Rien ne pourrait se comparer avec ce rendez vous. Elle ne veux pas essayer avec un homme différent.  Il ne la quitte pas des yeux. Et la serveuse a beau déposer leur dessert sur la table, elle ne lui accorde qu'une vision périphérique. Ce qu'il lui demande correspond à ce qui danse en elle depuis un moment déjà . Elle se penche vers lui. Rompant  la distance qui existe entre eux, uniquement séparés par la largeur de la table.

-J'ai envie de te revoir aussi. J'ai envie d'apprendre à te connaitre mieux. De savoir ce qui te fait rire. Quels films tu aimes. Ceux que tu detestes. Un peu tout... Tout ce que tu voudra partager avec moi, Dean.
Il parait changer d'avis quand à leur idée de futur lieu de rendez vous. Et ses prunelles paraissent diffuser une lumière qui leur est propre. Qui la réchauffe. Qui n'est destiné qu'à elle. Une courte inspiration, sans que ses mains ne cessent de tracer des arabesques abstraites sur sa peau, remontant de son poignet au bout de ses doigts.
-Je ne suis certainement pas du niveau d'un chef... mais j'aime cuisiner. Je suis terriblement gourmande. Et... J'adorerais le faire avec toi. Qu'est ce... qu'est ce que tu voudrais organiser, exactement?

Aller chez lui la prochaine fois? Un pique nique plus ou moins improvisé? Qu'importe. Elle a envie de ce dont il a envie. Elle a envie de lui. Pas ce soir. Pas forcement ce soir. Mais dans un futur proche ou lointain. Quand ils en auront envie tous les deux. Librement.  De sa main esseulée, elle repousse la pauvre tarte sur le coté. Soudainement, elle n'en a plus envie. Non qu'elle n'ait pas l'air délicieuse. Il est possible qu'elle choque Dean. Peut être. Roxane espère que non. Délicatement, elle porte leurs mains jointes à ses lèvres. Embrassant du bout des lèvres les phalanges masculines. Elle aime ses mains. Elles sont soignées, avec parfois de fines traces de coupures, des doigts fins, élancés. Elegantes. Un coup de dent. Minuscule.

-Je crois que je n'ai plus envie de dessert. Est ce que cela te dérange si l'on s'en va? On peut la prendre à emporter et la manger ailleurs?


Soudainement, elle n'a plus envie du cadre contraint du restaurant. Elle veux être dehors.  Marcher un peu dans les rues avec lui. S'assoir sur un banc dans un des parcs encore ouverts si le temps est encore clément. Roxane ne supporte plus la table entre eux. Elle est si souvent pondérée. Elle s'interdit trop souvent de suivre les élans un peu fou de son coeur.

-J'ai envie... j'ai envie de prendre des risques avec toi.
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MessageSujet: Re: This is a dream come true. Or not. ~Dean ~   This is a dream come true. Or not. ~Dean ~ EmptyLun 11 Fév - 0:08



Roxane & Dean



This is a dream come true. Or not.



Etrangement, je me voyais penser que je n’avais pas eu de tels échanges avec une inconnue depuis longtemps. Bien trop longtemps. Des échanges autant faciles qu’agréables. Plus la discussion avançait, plus Roxane m’intriguait, me passionnait même. J’avais envie d’en savoir toujours plus sur elle et son monde. Je commençais à laisser mon esprit s’évadait, penser à de belles choses qui pourraient potentiellement se produire avec Roxane. Physiquement, il n’y avait rien à dire, elle me plaisait. C’était un fait que je connaissais déjà, depuis que j’avais vu son profil passer sur le site de rencontre. Le reste, je l’ignorais jusqu’alors. Désormais, je savais que j’aimais l’extérieur comme l’intérieur. Pour l’instant, tout était parfait. Elle était intéressante, d’une conversation sans blanc, sans silence aucun, ce qui rassurait énormément pour le grand bavard que j’étais. Finalement, je m’étais laissé aller plus facilement que ce que je ne l’aurais cru. Comme si c’était normal, qu’on se connaissait déjà, tellement c’était facile entre nous. Pour ma part, j’avais l’impression que ce premier rendez-vous, malgré qu’il ne soit pas encore terminé, était une réussite. Je ne m’attendais pas à rencontrer une personne comme Roxane sur un tel site. Je me demandais toujours d’ailleurs, et cette question hantait mon esprit depuis le début du repas, pourquoi elle avait besoin d’un tel site pour rencontrer le potentiel homme qui partagerait sa vie. Je ne voyais en elle que des bons points, et me voyait presque déjà la présenter à ma famille. Pour dire. J’allais vite en besogne dans ma tête, mais fort heureusement, ça ne restait qu’une pensée intérieure. Je ne voudrais pas la faire fuir. Me précipiter m’avait beaucoup coûté auparavant, dans mes histoires amoureuses passées. J’allais toujours trop vite, étant persuadé qu’elles étaient les femmes de ma vie à chaque fois. Grand romantique, je m’en mordais toujours les doigts une fois que je me retrouvais seul, les ayant fait partir avec mon oppression. Alors je voulais y aller plus lentement maintenant, prendre le temps de bien faire les choses. Nous n’en étions pas encore là, à entamer une relation amoureuse sur le champ, en plein premier repas, mais j’avais un bon pressentiment sur ce déjeuner, sur Roxane. Je voyais en elle le début d’une potentielle belle histoire. « J'aimerais bien voir de moi-même, à l'occasion. » dit-elle alors, me faisant cligner plusieurs fois des yeux sur le coup de la surprise. C’est que je doutais même d’avoir bien entendu ces paroles. Et elle me demandait si j’avais un facebook, alors je souriais. « Bien sûr, j’en ai un. Tu me trouveras sous le nom de Dean Neverson. » Et je ne l’avais même pas piqué au voisin, c’était bien mon nom. Heureusement pour moi, je me passais de faire cette blague à voix haute, ce qui aurait pu instaurer un moment de gênance extrême. Devais-je lui dire que je n’étais pas le seul Dean Neverson dans le monde ? Oh, ce serait une bonne chose qu’elle fouille et me trouve, ça montrera qu’elle y a passé un petit moment dans l’espoir de vraiment me trouver.

Nous parlions d’un point qui m’intéressait fortement, la famille. Alors que j’énonçais la place que j’avais dans ma famille, comme elle me l’avait demandé, j’attendais plutôt de savoir quelle était la sienne dans sa famille. Au lieu de lui demander directement, je souhaitais m’amuser à le deviner. On m’avait déjà dit à de nombreuses reprises que j’avais un certain don pour comprendre les gens, deviner leur vie, etc. Bien sûr, ça ne fonctionnait pas à chaque fois ; je n’étais pas un demi-dieu non plus. Et pourtant, il s’avérait que j’avais tapé juste ! A ma plus grande surprise. Elle paraissait comme elle était finalement. Elle n’était pas juste un masque comme l’était certaine personne, cachant leur personnalité sous un voile de mensonge ou de paraître. Roxane était vraie, fidèle à elle-même. Et j’aimais ça. Les points positifs ne faisaient que de s’accumuler au fur et à mesure du repas, ce qui me faisait croire que j’avais la femme idéale sous les yeux, sans qu’aucun homme n’ait pu s’en apercevoir avant moi. Ou alors, elle était tellement parfaite qu’elle les avait fait fuir, ou bien qu’elle les avait fui parce qu’ils n’étaient pas assez bien pour eux. Cette pensée me mit un doute. Étais-je assez bien pour elle ? Je secouais intérieurement la tête, souhaitant m’ôter une telle pensée sombre de la tête. Si je commençais déjà à douter de la sorte, je n’allais pas m’en sortir et profiter à fond de de ce rendez-vous, en tous points, parfait. Il paraîtrait que j’étais trop pessimiste et que je me sous-estimais facilement. Je travaillais là-dessus depuis des années, d’autant plus depuis que j’étais séparé de ma dernière petite-amie qui avait failli être ma femme, si elle ne m’avait pas quitté devant l’autel. Ça traumatise un homme, ce genre de chose. Alors j’essayais de ne pas me diminuer tout seul, une tâche complexe que je souhaitais pourtant réussir. Alors j’en revenais à Roxane et sa famille. Tout ce que j’avais dit sur Roxane et sa famille était donc vrai. Il faut dire que ça n’avait été qu’un enchaînement logique de points déjà évoqués. Elle était journaliste, alors j’avais émis l’idée qu’elle était sérieuse et réussissait tous ses exams. Pure hypothèse, mais vraie réussite. Pour l’aspect familial, je pensais simplement qu’elle exerçait une sorte de deuxième figure maternelle pour son petit frère parce qu’elle était simplement l’aînée, je ne m’attendais pas à ce que la mère soit détachée de la famille. Je me sentais alors presque mal à l’aise d’avoir tenté de la cerner comme je l’avais fait. Peut-être n’avait-elle pas envie de la distance qu’avait mis intentionnellement leur mère entre eux et elle.

Sa main. Ses doigts effleurant d’abord les miens, pour venir parfaitement épouser la forme de ma main. Ma main couverte par sa paume. « Si l'Utah est un peu loin en ce moment, Los Angeles a encore quelques endroits déserts. Où nous pourrons attendre la nuit tombée et l'apparition des étoiles... » On était sur la même longueur d’ondes. On parlait le même langage. A partir de là, je me sentais pousser des ailes. Je me sentais devenir le roi du monde, à la Jack dans Titanic. Je me sentais presque invincible, pouvant oser toutes les folies. Alors, par la venue de la serveuse, je me voyais dire que je deviendrais peut-être un habitué du lieu, comme pour faire passer un message à Roxane, comme pour lui dire que je passe un excellent moment en sa compagnie et que j’aimerais que ça se reproduise. Au départ de Sabrina, je rejetais mon regard vers Roxane. Son regard bleu azur valait mieux que n’importe quel voyage, tellement il transportait. J’aurais pu me noyer dedans, que je n’aurais pas voulu ressortir de ses eaux turquoise. Je gagnais toujours plus en assurance, ne lâchant pas une seule seconde le contact avec sa main. Sa peau douce. J’avouais à la brune que je ne m’attendais pas à autant de réussite dans ce genre de rendez-vous. Il faut dire que je m’attendais à un gros échec, doublé d’une humiliation et d’un nouveau questionnement sur moi-même. Finalement, il s’agissait d’un des meilleurs déjeuners que j’avais pu avoir. Autant au niveau de la nourriture qui avait été excellente, mais surtout par la compagnie que j’avais eu. Roxane. Rien que son prénom me faisait frissonner désormais. « Moi non plus. J'étais prête à trouver le premier prétexte pour m'enfuir si besoin. Et cela ne m'a pas traversé l'esprit une seule fois. Tu... tu as l'habitude de ce genre de rencard ? » me demandait-elle alors, probablement curieuse de savoir si j’étais rodé sur ce style de rendez-vous. « Absolument pas. » avouais-je, souriant timidement. « Il s’agit en réalité de la première fois pour moi. Pour être honnête, je venais juste de m’inscrire sur le site, sous les bons conseils d’un ami, et directement y a eu match… Avec toi. » expliquais-je, voulant être totalement transparent avec elle. Comme quoi, le hasard fait bien les choses. Je ne voulais pas non plus qu’elle croit que j’étais un habitué des sites de rencontres collectionnant alors les conquêtes d’un soir ou bien collectionnant les échecs amoureux et étant toujours à la recherche de la perle rare. Mais à priori, je l’avais trouvée directement. Il s’agissait peut-être bien d’elle.

Roxane s’avançait encore, subtilement mais efficacement. Son regard me troublait, terriblement. Je pourrais tomber amoureux de son regard, c’était certain. Je ne pouvais m’empêcher de penser qu’elle pourrait obtenir n’importe quel homme, celui qu’elle voulait, aussi si facilement qu’un claquement de doigts. Alors pourquoi moi ? Moi, l’homme basique un peu trop naïf, sans réellement de talent hormis l’imitation de la chèvre à mes heures perdues. C’est ainsi que je brillais en société, j’avoue. Elle pourrait avoir des hommes grands, fichtrement bien musclés, à l’intelligence débordante… Plutôt que moi, la petite crevette sans muscles, légèrement limité depuis que j’oublie certaines choses bien trop facilement. Elle pouvait avoir tellement mieux, j’en étais persuadé. Ou alors, c’était une ruse. Elle savait que j’étais une proie facile. Mais je ne pouvais déviais mon regard du sien, totalement subjugué par sa beauté, autant que tout le reste. Je sortais des mots sincères, une réelle envie de la revoir en-dehors de ce restaurant. « J'ai envie de te revoir aussi. J'ai envie d'apprendre à te connaitre mieux. De savoir ce qui te fait rire. Quels films tu aimes. Ceux que tu détestes. Un peu tout... Tout ce que tu voudras partager avec moi, Dean. » Elle m’avait totalement envoûté. De par ses mots, sa voix, son charme. C’est comme si elle disait tout ce que j’avais toujours voulu entendre. Comme si elle savait pertinemment ce que je voulais, ce dont j’avais besoin. Et à ce moment, j’avais envie de tout partager avec elle. Absolument tout. J’émettais l’idée de faire un repas à deux, ce que je trouvais vachement romantique, pour l’amoureux de la cuisine que j’étais. Alors, naturellement, elle me demandait ce que je souhaitais organiser. Forcément, je n’avais encore songé à rien. J’avais émis cette idée comme elle m’était venue, subitement. Je ne voulais pas qu’elle prenne peur si je l’invitais chez moi pour un deuxième rendez-vous, mais il s’agissait bien ce que j’avais pensé automatiquement. « A vrai dire, pour le repas, je n’en sais encore fichtrement rien. Mais on pourra voir avec ce que j’ai chez moi. Ma cuisine ressemble à une véritable épicerie. » Et j’arrivais à me servir de tout, dans les temps impartis s’il y avait. Oui, j’osais dire ce que je voulais réellement, sans perdre de temps, sans que ce soit trop brutal dans mes mots pour autant. Oui, c’était clairement une invitation à venir chez moi. Nous étions adultes, nous n’avions plus le temps de prendre des pincettes et faire durer les choses pendant trop longtemps, de peur d’aller trop vite alors qu’on est certain l’un comme l’autre que c’est ce qu’on veut. Je ne pouvais pas lire dans les pensées de Roxane, mais elle l’avait dit, elle souhaitait également me revoir. Une fois de plus, Roxane me surprenait en poussant la part de tarte jusqu’alors entre nous, vers le rebord de la table, prétextant qu’elle n’en veut plus. Nous n’aurions pas été dans un restaurant, je crois bien que j’aurais pu lui sauter dessus. Parce que Roxane me faisait beaucoup plus envie que la part de tarte. « Ça ne me dérange absolument pas ! Bien au contraire. » répondais-je en levant presque immédiatement ma main pour que la serveuse me voit et vienne à nous. Je tentais de contenir ma joie, mêlée à l’euphorie que me procurait ce rendez-vous, mais mes gestes me trahissaient. « J'ai envie... j'ai envie de prendre des risques avec toi. » ajoutait-elle de sa douce voix. Je pourrais également tomber amoureux de sa voix. Personnellement, j’avais déjà l’impression de prendre des risques avec elle. Parce que, même s’il s’agissait d’un simple premier rendez-vous au restaurant, j’avais l’impression que je lui donnais presque déjà mon cœur. J’étais beaucoup trop fleur bleue, beaucoup trop romantique, beaucoup trop sensible. Je ne sais pourquoi, mais j’étais sûr qu’elle pourrait être la bonne. La serveuse revenant pour la énième fois, je lui demandais alors qu’elle emballe la part de tarte pour qu’elle soit dégustée plus tard, ainsi que l’addition. Je me détachée alors difficilement de sa main, qui me manquait déjà. « Je t’invite. » dis-je à Roxane, naturellement, afin qu’elle ne sorte pas inutilement son portefeuille. Mais avais-je réellement besoin de le notifier ? C'était une évidence, à mon sens. D'autant plus avec la perfection de ce déjeuner. Rôle de gentleman, dirons-nous. Ce n’est qu’une fois la note réglée que je me levais de ma chaise afin d’enfiler mon manteau. « Partons. » lui dis-je en l’invitant jusqu’à l’extérieur de la bâtisse. L’air frais faisait du bien. Le vent brassait les cheveux de la brune, me faisant parvenir son parfum en pleine figure. Agréable parfum. Je commençais à entamer la marche, dans une direction inconnue. Il fallait avouer que j’avançais sans réellement savoir où j’allais. Juste être à côté d’elle m’importait. Peu importe la destination tant que j’étais avec elle. « Et du coup, en-dehors de ton travail, quelles sont tes occupations, tes hobbies ? » Parce que la conversation continuait, je reprenais sur une note plus sûre. Plus sûre, pour éviter de lui sauter immédiatement dessus, je savais me tenir. En clair, je voulais savoir comment elle dépensait son temps libre. Je trouvais que les occupations de chacun montrait un autre trait de caractère. Ça démontrait si on pourrait faire des activités ensemble, quand nous partagerions des journées de repos.


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Roxane Mayfair
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MessageSujet: Re: This is a dream come true. Or not. ~Dean ~   This is a dream come true. Or not. ~Dean ~ EmptySam 16 Fév - 11:01

Le nom du facebook est bien noté et elle se fait déjà la promesse de le chercher.  Non par envie de le surveiller ou le traquer. Mais pour le plaisir de le découvrir sous cet angle. Roxane se laisse bercer par l'atmosphère particulière de ce premier rendez vous. La musique du restaurant est un riff idéal pour le va et vient presque tendre de leur discussion.  Ils apprennent, à petites touches timides, le contact de leurs peaux autant que celles de leurs reveries. La jolie brune se laisse porter par l'atmosphère unique que Dean tisse autour d'elle. Un cocon de douceur et d'attention. Il apaise, sans même le savoir, les rares épines de la soirée. Il ne lui vient pas une seconde en tête de douter de sa parole lorsqu'il lui dit qu'il n'est pas un grand consommateur de l'application de rencontre. Là où pourtant elle aurait pesé et analyser la moindre des intonations de Seth.  L'envie de lui faire confiance, instinctive, sans les chaines de la méfiance et de la retenue.

Elle a conscience qu'elle s'expose à une cruelle désillusion. Qu'il peut se reveler beaucoup plus retors ou manipulateur que son sourire rayonnant ne le laisse paraitre. Que derrière les lumineuses prunelles peut se dissimuler une volonté toxique. Non. Elle n'en croit rien. Alors même que ces pensées l'effleurent, elle le rejette immédiatement. Tout ce qui émane de son compagnon du hasard résonne en harmonie avec elle. Roxane refuse de se laisser empoisonner par des relans néfastes de sa relation avec son ex compagnon.  Le sourire qu'elle lui offre est limpide. Reveuse, pas toujours les pieds à terre, elle se laisse souvent porter les courants des vents qui  visitent.

-J'étais vraiment furieuse que Marine m'ait fait un coup pareil. Du coup, j'ai déjà désinstalle l'appli!


Il n'y aura que lui. De toute manière, elle a absolument aucune envie de faire d'autres rencontres. Ce n'était pas dans ses projets. Sa vie est déjà bien occupée entre ses divers articles à rédiger, les interviews à mettre en place. Sans compter la place prépondérante d'Helyos. Helyos qu'elle oublie pratiquement pendant leur repas. Mais ouvrir la porte d'un possible avec lui? Oui. Il y a des murmures du destin qui ne peuvent être refusés.  De plus en plus, la présence de la table, du restaurant en lui même, de la serveuse qui continue son ballet de fourmis, tous ces éléments commencent à peser  à la jeune femme.  Elle a envie d'un cadre moins stricte pour les prochaines heures.

Plus la perspective d'un diner chez lui, sans aucun autres regards que les leurs sur eux se dessinnent, plus elle sait que c'est cela dont elle a envie. Bien d'avantage que de venir dans son restaurant. Bien qu'elle garde la possibilité pour un Après. Il y aura un après. Le contraire serait impensable. Pas avec une telle alchimie entre eux. Roxane devine qu'elle pourrait se laisser envouter par le jeune homme. Se demande si ce n'est pas déjà le cas. Peut être un peu. La sensation en est ennivrante. Réelle et sincère. Elle prend bien plus de risques que ce qu'elle aurait fait dans un autre contexte, avec une autre personne. Elle se dévoile peu à peu. Avec cette simplicité qui pourrait ennuyer. Avec cette absence d'artifice d'où pourrait manquer une part de mystère. Elle n'a plus envie de jouer à ce jeu de masque. De vouloir paraitre femme fatale ou évenescente. Pas avec lui, en tout cas.

-Ca tombe bien, j'aime l'improvisation. Et le poisson! J'adore le poisson!

Elle ne peut s'empecher d'avoir un bref éclat de rire, l'amusement etincelant dans son regard. A vrai dire, il y a peu de choses que Roxane n'aime pas. Le celeri. Le fenouil.  L'anis. Pour le reste.... ils devraient être capable de trouver des accords qui n'en contiennent pas. Ou alors... Dean pourrait etre capable de les lui faire aimer. La brunette doit avouer qu'elle est impatiente de ces instants. Impatiente de le voir plongé dans sa passion. De s'assoir avec un verre de vin rouge et d'observer la finesse de ses gestes. Ou de l'assister à sa convenance. Il lui est impossible de rompre l'étreinte légère de sa main dans la sienne.

Lorsque elle émet le désir de quitter les lieux en zappant toutes idées de dessert, elle trouve en lui des idées jumelles. Dean prend les devants et signale Sabrina qui ne tarde pas, heureusement, à  revenir vers le couple avec l'addition. Elle n'aime pas ce moment flottant de l'addition lors d'un premier rendez vous, alors qu'ils n'en ont pas discuté avant. Mais Dean ne laisse aucun flottement s'installer et lui annonce  qu'il s'en charge.  La jeune femme passe son manteau et la lanière de son sac en bandoulière sur l'épaule.  Sa main retrouve la sienne naturellement. Roxane entrelace ses doigts au sien. Elle aime la nature de ce silence qui s'invite entre eux. Il n'a rien de pesant ou de ceux qui s'éternise dans l'ennui. Non. Il a la symphonie de ces instants partagés et compris. Los Angeles est magnifique ce soir. Ou bien peut être est la compagnie de Dean qui peint en pastel ce qui les entoure. Elle ne renie pas l'hypothèse. Elle a conscience de la tournure impossiblement naive et fleur bleue de ses pensées. Elle croyait sincèrement en avoir finit avec ce trait là de sa personnalité. Elle a l'impression de retrouver les émotions intenses et fulgurantes des premiers amours. Il faut absolument qu'elle s'ancre dans la réalité. Sans parvenir à le vouloir réellement. Il lui faut un certain controle pour ne pas s'interrompre en pleine rue et l'embrasser, sans un souci pour l'univers autour d'eux. Beaucoup de controle. La destination de leurs pas n'importe pas vraiment. Elle est venue en voiture, qu'elle a garé à un bloc ou deux de distance, mais marcher un peu ne la dérange absolument pas. Du pouce, elle effleure la saignée de son poignet, juste à cet endroit secret où la peau est si fine qu'elle devient l'écho des battements de son coeur.  Elle tourne la tête à demi vers lui, s'attardant sur son profil qui se dessine dans la relative pénombre de la soirée. Sa question la fait sourire.

-J'aime bien jardiner un peu. Planter des fleurs, quelques légumes, quelques baies genre framboises et fraises, des herbes aromatiques. J'ai un grand jardin et j'ai reservé un espace spécialement pour mes cultures. Oh, c'est vraiment un loisir, mais je trouve ca sympa de me faire des salades de tomates qui j'ai fait poussé moi même!  Je n'ai pas beaucoup de temps autre, je t'avoue. De temps en temps, je vais marcher, mais je reserve ca surtout pour quand je rentre en Utah voir mon père et mon frère.  -Elle le regarde, hésite un peu. Et finit par ajouter, consciente qu'elle pourrait lui déplaire avec cette habitude récréative. Mais Roxane n'est pas parfaite et elle préfère qu'il n'en ait pas l'impression. - Je fume ponctuellement,  et de temps en temps, aussi un d'herbe. Que je ne fais pas pousser par contre! -L'idée même d'Helyos jouant dans un plan de cannabis l'horrifie. Son herbe est soigneusement rangée et absolument inaccessible pour le bambin de trois ans!  Elle ajoute, réellement curieuse - Et toi? A part les étoiles?

Elle le laisse répondre, aimant la langueur de leur démarche. Quand un dicret bip la tire de leurs univers. Elle s'excuse auprès de Dean et se permet de lire rapidement le whatsapp qu'elle vient de recevoir. Son visage s'assombrit un peu. Helyos a une poussée de fievre. Rien de bien grave, mais Marine semble plus que désemparée devant la manière de traiter l'enfant un peu malade, qui refuse de dormir, un peu grognon et surtout qui ne cesse de réclamer sa mère. Il faut qu'elle rentre.  La jeune femme s'immobilise devant Dean, proche à le froler, et il est certain que son visage exprime une certaine frustration. Elle n'avait pas envie que la soirée s'achève aussi vite. Mais laisser son fils malade n'est pas une option. Pour l'instant, en tout temps son fils passe au dessus de toutes ses autres préoccupations. C'est une promesse qu'elle a faite lorsque Seth a décidé qu'avoir un enfant ne faisait pas parti de ses plans de  carrière. . A lui et elle même.

-Dean, je suis désolée, je vais devoir rentrer. Rien de grave, je te promet. J'ai envie de te revoir, vraiment, je n'avais pas envie de finir la soirée aussi abruptement. Ce n'est vraiment pas une excuse de fuite!  Je veux cuisiner avec toi, chez toi. Appelle moi rapidement... -Genre demain? Mais elle n'ira pas aussi loin. -
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Dean S. Neverson
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MessageSujet: Re: This is a dream come true. Or not. ~Dean ~   This is a dream come true. Or not. ~Dean ~ EmptyLun 29 Avr - 23:46



Roxane & Dean



This is a dream come true. Or not.



Ee passais une délicieuse soirée en la compagnie de la douce Roxane. Le déjeuner s’était déroulé dans une perfection que je n’aurais osé imaginer. J’avais pensé à maints et maints de scénarios, mais jamais à un aussi parfait que la situation actuelle. Les discussions s’étaient enchaînées naturellement, sans le moindre blanc délicat généralement de mise lors d’un premier rendez-vous. Rendez-vous pourtant engendré par une personne tierce, l’amie de Roxane qui s’était inscrite à sa place sur l’application de rencontre. Application que je m’imaginais déjà supprimer, ayant trouver celle que je recherchais. Parce que Roxane semblait être la femme idéale, celle que j’avais toujours attendu. Je m’impressionnais à penser à cela, précocement sûrement. Mais je me félicitais d’être passé au-dessus ce qui aurait pu être pour plus d’un une trahison. Pour moi, ça n’avait été qu’une aide. Peut-être que je n’aurais jamais rencontré Roxane si son amie n’avait pas fait ce qu’elle avait fait. Si elle n’avait pas créé ce profil, ne m’avait pas parlé pour finalement proposé un rendez-vous au restaurant préféré de Roxane. Je la remerciais désormais. J’avais bien mangé, passé un agréable moment et j’avais rencontré une femme d’allure fascinante, intéressante, passionnante. Il était clair que je voulais en savoir plus sur elle. Je souhaitais la revoir plus tard, ailleurs, dans d’autres conditions. Je voulais la revoir pour un second rendez-vous, pourquoi pas le soir. Je m’imaginais déjà admirer les lumières des lampadaires reflétant dans ses sublimes yeux couleur azur. Peut-être étaient-ils différents la nuit, comme la mer s’assombrissant mais virevoltant toujours le reflet de la lune par ses vagues. Je prenais même le risque de lui proposer une soirée chez moi, dans ma propre demeure. Osé ? Peut-être, mais qu’importe. Je lui proposais un repas cuisiné à quatre mains, les nôtres. Je trouvais ça romantique dans le fond. Puis ça me permettait de la voir dans mon monde.


***


Les quelques pas jusqu’à la sortie du restaurant se firent dans le silence. Le premier silence de la soirée. Mais pas un de ses silences pesants. C’était ce genre de silence qui permettait de penser à la situation dans laquelle nous étions. Ce genre de silence qui me permettait de réfléchir à ce que je pourrais dire ou faire pour la retenir encore quelques instants après avoir franchi le seuil de la porte donnant sur la rue. Parce que je ne voulais pas la quitter tout de suite. Ça aurait été trop brutal de la voir partir simplement après ce bon repas, après ces jeux de regards dont j’avais été participant. Je devais avouer que je ne pensais pas tomber sur une femme qui me plairait autant. Après, il était peut-être trop tôt pour dire cela, après seulement un déjeuner, mais j’étais un cœur d’artichaut. Ce qui signifiait que je pouvais vite m’attacher à la personne. D’autant plus avec une personne avec qui le feeling passait magnifiquement bien, comme Roxane. J’étais un homme qu’on pourrait qualifier d’amoureux de l’Amour. Je donnais mon cœur sans me douter qu’on pouvait me le briser aussi facilement que je l’avais offert. Il en avait déjà souffert. Surtout ce fameux jour, notre mariage annulé devant l’autel par la femme que je pensais être la femme de ma vie, ayant fui avec mon témoin en m’annonçant que je n’avais jamais été le bon pour elle. Depuis ce jour, je n’aurais pas penser pouvoir retomber amoureux. Et là, Roxane, me donnait envie de croire le contraire. Roxane me donnait envie d’aller de l’avant. Peut-être avec elle, qui sait. Ce n’était pas l’envie qui me manquait. J’avais envie de tenter quelque chose avec elle.

Je rompais finalement le silence pour demander à Roxane ce qu’elle faisait de ses journées libres. C’était un moyen de savoir comment elle s’occupait, ce qu’elle aimait faire, mais également une façon de la garder près de moi encore un moment avant qu’elle ne parte chez elle. Ses premières occupations me firent sourire. Le jardinage, un potager, ça me plaisait rien que de l’imaginer. Le deuxième point me surprit plus. Roxane fumait. Je ne pu cacher ma surprise, directement retranscrite sur mon visage, puis venant jusqu’à ma bouche. « Ah bon ? » m’étonnais-je. Je n’allais certes pas rajouter le fameux " tu n’as pas une tête à fumer" bien trop ridicule à mon goût, même si je ne l’imaginais pas réellement comme cela. Mais honnêtement, je ne pouvais pas encore me vanter de bien la connaître, ce n’était pas le cas. « Surprenant. » finissais-je simplement par ajouter, histoire de ne pas laisser un silence de désapprobation alors qu’il n’en était rien. Je n’étais pas un adepte, mais elle faisait bien ce qu’elle voulait. « Personnellement, quand j’ai du temps libre, je le passe avec mes amis ou ma famille. Je les vois bien trop rarement à mon goût. Sinon, j’aime la natation, il m’arrive d’aller faire quelques longueurs. Ça me permet de m’oxygéner. Ou bien quand j’ai vraiment le temps de me poser, je regarde des séries. Naturellement, en la charmante compagnie de mon coéquipier, Boule de poils, mon chat. » répondais-je à mon tour. La dernière information était réfléchie. J’affirmais avoir un animal de compagnie. Ce n’était pas anodin. Certaines personnes n’aimaient pas les animaux ou encore étaient allergiques à leurs poils. Je pouvais surtout me méfier de la deuxième raison. Qui sait. Mais il faut dire que ça faisait un moment que je n’avais pas pris le temps de me poser pour prendre du temps pour moi. Mes derniers jours de repos s’étant déroulés à l’hôpital pour un check de saison. Un tintement dans le sac de Roxane se fit entendre, coupant court à mon monologue. Le message qu’elle venait de recevoir semblait être important pour qu’elle m’annonce finalement devoir me quitter prématurément. « Dean, je suis désolée, je vais devoir rentrer. Rien de grave, je te promet. J'ai envie de te revoir, vraiment, je n'avais pas envie de finir la soirée aussi abruptement. Ce n'est vraiment pas une excuse de fuite! Je veux cuisiner avec toi, chez toi. Appelle-moi rapidement… » Ses paroles me firent sourire. Je pouvais sentir qu’elle était réellement désolée de me quitter comme cela, et qu’elle souhaitait vraiment me revoir. Qu’elle le souhaitait autant que je le désirais. Pour me faire craquer, il me fallait juste quelques mots. Elle les avait prononcé. J’ai envie de te revoir, vraiment. Je veux cuisiner avec toi, chez toi. Appelle-moi rapidement. Rapidement… « Roxane, avant que tu partes… » l’appelais-je, la tirant doucement vers moi par mon bras entourant sa taille. Parce que j’en rêvais depuis des dizaines de minutes déjà. Parce qu’elles me faisaient de l’œil depuis un moment. Parce que j’en avais terriblement envie. Parce que je le regretterais si je ne le faisais pas. Mes lèvres viennent se plaquer contre les siennes pour y déposer un tendre baiser. Un baiser qui annonçait l’envie de commencer quelque chose avec elle, sans pour autant trop en faire pour un premier baiser. Un baiser doux, délicat. J’en profitais enfin les saveurs, de ses lèvres qui m’avaient tant attiré durant ce déjeuner. Et j’espérais les goûter à nouveau plus tard. Lors de ce fameux prochain rendez-vous. « Je t’appellerais rapidement, sois-en sûre. » confirmais-je avant qu’elle puisse finalement fuir suite à son texto. Je l’appellerais sans faute.


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