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 Quand j’etais petite, on me volait toujours mes chocolatines [Rafiki]

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Lou Morland
Admin Karaté Kid
Lou Morland
DATE D'INSCRIPTION : 16/08/2015
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MessageSujet: Quand j’etais petite, on me volait toujours mes chocolatines [Rafiki]   Quand j’etais petite, on me volait toujours mes chocolatines [Rafiki] EmptyVen 16 Nov - 17:35

Que j’aime le dimanche ! C’est un jour où j’ai décidé d’user de mes pouvoirs en ne bossant pas. Ainsi, je suis au foyer tout le temps, y compris le samedi mais le dimanche, c’est mon jour de repos. Je me donne à fond pour ce job et il me tient à cœur, moi qui était partie pour devenir médecin, j’ai finalement pris le goût de bosser avec des enfants. Ce n’est pas évident tous les jours et forcément, c’est tout le temps ouvert. Je ne pourrais pas me dire, demain « on ferme boutique » car il faut bien les nourrir matin, midi, goûter et soir, il faut les doucher, les occuper les emmener à l’école. On ne s’ennuie jamais. Mais il y a ce dimanche qui est là, qui me permet une belle coupure et surtout, me permet de me coucher à neuf heures du matin après une soirée de folie à faire la con et à boire à l’excès. C’est ce qui se passe. Il est sept heures du matin et je rentre d’une boîte de nuit, en compagnie de Debbie, vingt six ans, avocate en devenir, qui embrasse comme une déesse et m’a promis bien des choses au pieu. Autant dire que je suis excitée comme jamais, et que j’ai trop hâte de l’emmener chez moi, pour lui faire ardemment l’amour. Occupée à chantonner, je n’en ai absolument rien à foutre de réveiller le voisinage encore endormi de Los Angeles. Comme j’ai garé ma voiture dans un autre quartier et que durant la soirée, nous avons fini de bar en bar jusqu’à une boite de nuit, forcément il faut un peu marcher. Mais ce n’est pas grave, on rigole bien : Debbie est pleine d’humour, mais elle parle un peu trop et prend les choses un peu trop à cœur. J’arrive à la faire taire mais il est vrai que la bécoter quand on marche, ce n’est pas évident.  « Tu verras, tu vas vite arrêter de parler quand je te déshabillerai. » Lui dis-je en susurrant d’une voix charmeuse mais ça n’atténue pas le flot de paroles. Debbie rit mais reprend bien vite son histoire que j’ai écouté à demi-mot. Putain, j’ai trois grammes dans le sang, et je veux m’envoyer en l’air, pas entendre les histoires d’école que rencontre cette blonde. Mon dieu… Je m’empresse vite d’envoyer un sms à Otto en lui disant avoir trouvé une Shelly lesbienne intelligente, ce qui est une espèce assez rare ceci dit. D’ordinaire, elles ricanent et baisent furieusement. Or là, ce n’est pas ça. « […]Et tu comprends ! Quand j’ai vu qu’il parlait de cet article de loi, je me suis dit que j’allais gérer. Sauf que le professeur a été un connard ! » Je l’observe avec amusement avant de murmurer un « oooooh » plein de sens, le genre « ooooh je me fais chier, oooooh arrête de parler où je te casse les dents » Mais je ne dis rien, elle m’a trop promis des choses. D’ailleurs, à ce propos. « Et si on parlait de tout ce que tu vas me faire chez moi ? » Debbie rougit alors, passant une main derrière ses cheveux. « Et bien Lou… Tu verras… Mais tu vas aimer. » Là elle m’intéresse la petite coquine. « Et donc pour en revenir à mon histoire… » Et là j’abandonne. Déjà parce que j’ai tous mes sens en éveil et d’autre parce que son histoire ne m’intéresse pas. Et enfin, parce QUE JE VOIS UNE LYRA SAUVAGE SUR LE TROTTOIR D’EN FACE. « Shelly .. » - « Non moi c’est Deb… » - « Tais-toi !! Je reviens ! » Je braille en fonçant vers Lyra.

En tout cas, pour une fille bourrée, je cours vite mais Lyra entend mes pas d’éléphant et elle se décompose puis se met a courir. « ARRETE TOIIIII !! » Je braille en soufflant comme un bœuf. Une nuit blanche n’aide pas mais heureusement Lyra est petite et je la rattrape très vite en lui attrapant l’épaule. Elle proteste en hurlant et en se débattant, alors que je la maîtrise comme je sais si bien faire. Les latter ces chiards, c’est ma spécialité. « Minute, Gamine ! Où vas-tu comme ça !? » Lyra me jette un regard noir avant de se débattre pour s’enfuir. « Lâche-Moi Lou ! » Ce qui a le don de m’enrager un peu plus. « Hey oh ! C’est Mademoiselle Morland, et tu me vouvoies ! Non mais oh, on n’a pas élevé les cochons ensemble ! Et où est ce que tu vas comme ça !? Je te laisserais pas partir alors parle bon sang !!! » Mes arguments mêlés à ma poigne l’empêchant de partir, la font réfléchir un instant. Elle se calme avant de répliquer d’un ton impérieux. « Je vais voir mon père !! Et je lui amène son petit déjeuner. » - « Mais Lyra… » Je soupire déjà prête à m’accroupir et à entamer une discussion pourrie dans laquelle je vais lui expliquer qu’elle n’a pas de père. « Si j’ai un père maintenant ! Et je veux aller voir Papa Raphaël ! Il faut que je lui amène ses muffins ! » Cet enfant me sidère. Je ne comprends pas comment elle peut s’attacher à un type et le considérer comme son père, tout comme elle a pu s’acheter des muffins alors qu’elle n’a pas de pognon. Agile et volatile comme elle est, Lyra a certainement dû aller fouiller dans quelques poches. Mais le problème n’est pas là. « Le dimanche c’est la famille ! » Ajoute l’enfant la plus tenace du monde. Que répondre à ça ? Je la fixe, la tenant toujours, la fatigue de ma nuit blanche venant alors. « Et il habite où Rafiki ? Comment tu sais d’ailleurs ? » - « J’ai mes sources. » Et l’air mystérieux couplé à ce sourire en coin, Lyra a raison de ma faible volonté et dans un soupir, je la lâche pendant qu’elle se glisse contre moi pour me serrer dans contre elle. Comment résister à ça ?

Et puis de toute façon, j’ai perdu ma Shelly, je ne la vois nulle part comme si pouf ! Magie, disparition ! La pression sanguine est redescendue et je dois dire que l’idée de bouffer des muffins me va. Bah quoi ? Vous croyez pas quand même pas que je vais laisser Lyra aller toute seule chez Raphaël ? Je pourrais alors combler mon chagrin de ne pas avoir fait l’amour en martyrisant le papa. Quelle idée fantastique ! Nous avançons, et j’écoute Lyra me conter sa journée d’hier et l’ensemble de ses rêves. C’est là que je remarque combien elle est plus enjouée et avenante, et ce depuis, qu’elle connaît Raphaël. Qui serais-je pour l’empêcher de voir quelque-qu’un qu’elle adore ? Personne. De ce fait, je la suis curieuse de voir où est-ce que ce blaireau habite. En tout cas, nous ne sommes pas voisins et Beverly Hills, il ne connaît pas. Lyra me montre un immeuble dont la porte d’entrée s’ouvre comme si nous entrions dans un moulin. Puis, elle monte quelques étages avant d’attendre patiemment. Elle insiste encore un peu, et voyant qu’elle tape trop doucement, je tambourine comme une folle en braillant sous couvert des rires de Lyra. « OUVRE CONNARD J’AI FAIM ! » Au moins, c’est sur, il entendra.
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Raphaël Grimes
Admin Brisé
Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: Quand j’etais petite, on me volait toujours mes chocolatines [Rafiki]   Quand j’etais petite, on me volait toujours mes chocolatines [Rafiki] EmptySam 8 Déc - 16:12

Raphaël n’aimait pas les gens en général. Peu importe d’où ils venaient, qui ils étaient, ce qu’ils faisaient. Qu’ils soient blonds, bruns, roux, hétérosexuels, homosexuels, blancs, noirs, jaunes. Tout ceci lui importait peu car il détestait tout le monde sans exception. Et cette aversion du genre humain, il la faisait sentir à tout le monde. Premièrement, en faisant la gueule continuellement pour dissuader quiconque de lui adresser la parole. Ensuite, en travaillant son regard de meurtrier quand un imprudent osait s’approcher trop près de lui ou tentait d’entrer en communication. Enfin, il râlait comme un soûlard dès qu’il le pouvait pour que les gens ne viennent pas chercher sa compagnie. Il appréciait sa tranquillité où il pouvait songer à loisir à toutes ces choses qui l’énervaient dans l’univers, à boire pour oublier qu’il était constamment en colère et à haïr des personnes qu’il n’avait encore jamais rencontré. Raphaël n’était pas sociable. Il n’était pas patient non plus avec les gens. Il ne cherchait pas le contact humain. Et dès qu’il le pouvait, il s’en prenait au reste du monde. Néanmoins, il en allait d’une profonde irrationalité dans sa démarche quand on le retrouvait tous les soirs dans le même bar, à s’enivrer jusqu’à en oublier qui il était véritablement. Et cette nuit ne faisait pas exception à la règle. Son travail au garage lui avait apporté une nouvelle stabilité, une raison de boire moins pour être frais et compétent dans son métier le lendemain. Il en allait de ce qu’Alaric pourrait bien penser de lui. Même s’il s’en défendrait sûrement, cela était important à ses yeux. La présence de Becca lui rappelait qu’il n’était plus tout seul. Qu’il possédait toujours cette famille qu’il avait reniée autrefois, par douleur et par orgueil. Et puis, d’une manière tout à fait singulière, l’existence de Skylar et de Lyra lui donnait l’envie de faire les choses mieux, à défaut de les faire complètement bien. Il n’était pas un homme bon, toutefois, il devenait progressivement une meilleure version de lui-même. Il ne l’avouerait sans doute pas, mais il ne haïssait plus autant cette ville qu’autrefois. L’envie dévorante de quitter Los Angeles, le pied sur l’accélérateur, se faisait moins cuisante. Progressivement, dans son univers, d’autres couleurs tapissaient le ciel de son existence. Des tonalités plus douces, un vent moins violent, des chants moins rauques. Une vie inattendue et des mains se tendaient vers lui sans qu’il ne comprenne véritablement pourquoi.

Sauf que Raphaël oubliait ceux qui étaient présents. Et à ces heures les plus sombres, il ne vivait qu’au travers de tous les absents qui peuplaient ses songes. Ils hantaient son esprit en des ombres informes et mouvantes, menaçant de le jeter du précipice de sa folie. Alors il lui fallait noyer tous les parasites de sa tête dans les vapeurs d’alcool. Effacer le visage de Judith de son esprit. Condamner définitivement le souvenir de Mary à l’antre des morts. Ignorer chaque part de cette histoire qui faisait si mal. Bannir les souffrances de son âme. Pas pour longtemps. Au moins pour quelques heures. Juste pour détenir un semblant de répit au cœur de cette tempête qui le pourfendait de toutes parts. Il se tenait là, solitaire et sombre à cette table qui avait vu défiler tant d’âmes à la dérive. Raphaël n’était qu’un carreau de plus dans cette sombre mosaïque qui ne trouvait pas fin. A ruminer un chagrin qui lui collait au corps, qui se tassait contre ses chairs sans qu’il ne puisse s’en défendre. Puis à annoner des paroles incohérentes et prononcer des mots creux que lui seul pouvait entendre pour combler le silence de ses grands espaces vides. Jusqu’à ce qu’il ne traîne sa carcasse usée en d’autres lieux, titubant plus que marchant pour trouver un chemin qui s’était inscrit automatiquement dans son être. Il retrouvait la route de sa résidence, son appartement pour s’enivrer encore des alcools qui l’attendaient soigneusement dans les placards, comme si ces poisons étaient l’unique chose qui pouvaient tuer ce qu’il y avait à l’intérieur de lui. Un monstre pourrissant. Tout juste vivant. Qui se nourrissait de ses chagrins et de ses faiblesses. Et soudain, le trou noir. Immense. Nébuleux.

Jusqu’à ce que…

« OUVRE CONNARD J’AI FAIM ! » Ce n’était pas uniquement les mots qui hérissaient chaque fibre de son être. Pas plus que le hurlement qui le tirait brutalement de cet état semi-conscient dans lequel il se trouvait. Toute la rage qui enflait en lui s’éveillait à son de cette voix qu’il n’identifiait que trop bien à force de l’avoir entendue beugler, vociférer, éructer. Qu’est-ce que cette abrutie de Lou Morland venait faire chez lui ? Il grogna une première fois, l’esprit embrumé, le crâne douloureux, la bouche pâteuse, l’œil vitreux. Il lui fallut quelques secondes pour repérer l’endroit où il se trouvait. Avachi dans une position peu naturelle sur le canapé, la gueule de travers. Il se redressa tant bien que mal, se frappa le genou dans le coin de la table basse, jura avec la passion d’un homme qui souffre, et boita jusqu’à la porte qu’il ouvrit avec l’intention féroce de renvoyer cette créature aux enfers auxquels elle appartenait. « Espèce de… » Son juron s’étouffa dans sa gueule au moment où il avisa la petite silhouette qui se tenait à côté de la brune. Lyra. « Papaaaa ! » Elle se jeta au cou de Raphaël sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit. Surpris par cette étreinte fougueuse auquel elle l’avait habitué, il tituba légèrement, peu stable sur ses appuis. « Pouah, tu pues l’alcool ! » Son visage se tordit d’une grimace tandis qu’elle se détachait pour l’observer mieux. Qu’est-ce qu’elle foutait ici ? « Puis tu as une sale tronche… » Le motard grogna sans trouver à répliquer davantage. D’autorité, la gamine rentra en toute décontraction dans l’appartement. « Eh mais… » parvint-il juste à émettre avant de se tourner vers Lou. Radicalement différente. Bien habillée. Bien maquillée. Bien coiffée. Elle portait tout juste la marque de la fatigue sur ses traits, si bien que l’esprit de Raphaël s’égara au point de trouver cela charmant. « J’peux savoir ce que tu fous là ? » Des bruits dans la cuisine attirèrent son attention, l’empêchant de mener plus loin son interrogatoire. Il retourna dans l’appartement, Lou sur ses talons pour découvrir une Lyra qui fouillait dans les placards. « Eh touche pas à ça ! » L’appartement était mal rangé, pas aéré. Il y avait des affaires qui trainaient partout. Une vaisselle qui n’était pas faite. Des placards vides et un frigo rempli de bières. « Mais j’ai faim ! » protesta la fillette. Elle fut toutefois forcée de constater que ses désirs ne trouveraient pas satisfaction. « Je n’ai rien… » grommela Raphaël, presque piteusement. Il en oubliait de s’insurger contre le fait qu’elles débarquaient complètement à l’improviste et qu’il avait une gueule de bois atroce. Il songeait plutôt à sa conversation avec lui. Je n’ai rien à lui offrir, lui avait-il confié. Jusqu’à ce que Lou lui dise qu’elle avait besoin d’un repère, d’une famille, d’une stabilité. Mais quel genre de sécurité pourrait-il être pour elle, lui qui n’était pas même capable de lui offrir un petit-déjeuner convenable ?
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Lou Morland
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Lou Morland
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MessageSujet: Re: Quand j’etais petite, on me volait toujours mes chocolatines [Rafiki]   Quand j’etais petite, on me volait toujours mes chocolatines [Rafiki] EmptyVen 11 Jan - 22:02

Je suis frustrée. Forcément, je suis de mauvais poil bien que motivée à me taper un petit déj solide chez le vieux de Lyra. J’espère qu’il sera là, parce que bon, repartir l’estomac vide me mettrait en rogne. Mais heureusement, la porte s’ouvre et on s’engouffre, sans aucune gêne, avec Lyra. Elle a l’air assez contente de le voir et c’est déjà un bon signe. Elle fonce dans un appartement, assez simple niveau déco. Le véritable mot serait lugubre. Ouais, c’est ça. Ce n’est pas vivant, ni chaleureux. On a juste envie de se barrer en courant. Et l’odeur, on en parle ? Non pas que ça pue mais ça sent clairement l’odeur d’alcool. Un peu comme si j’étais entrée dans un bar : c’est la même chose. Et le Raphaël, oh con, il n’a pas l’air frais du tout. Pire même, c’est de l’alcool que je renifle autour de lui ? Bon bref, j’suis pas de la police et voir sa gueule me donne une seule et unique motivation : lui casser les boules jusqu’au bout. « Olas chiquittaaaa ! » Je lui dis en venant lui foutre une claque dans le dos, guère emmerdée par l’odeur. Il faut dire que j’ai bu aussi, mais tellement désireuse de me taper de la Shelly, je me suis modérée. Finalement, j’en suis là, frustrée de ne pas baiser, et même pas ivre. JE T’EN FOUTRAIS DU SAMEDI SOIR A LA CON ! Pendant ce temps, Lyra est en train de fouiller dans les placards, ce qui ne semble guère faire plaisir à Raphaël. Suivant la gamine, je commence à prendre une bouilloire afin de faire chauffer de l’eau ? Pourquoi faire tiens ? Il y a une machine à café dans le coin. « J’espère que t’as des capsules Nespresso parce que sinon, j’bois pas. J’ai des gouts de luxe moi… » Je déclare de mon ton le plus bourgeois du monde. « Et c’est vrai qu’elle n’a pas tort. T’as vraiment une sale gueule. » Je fixe le gus avec un petit sourire et ajoute : « Faut arrêter de se bourrer la gueule, papy, c’est pas comme ça que tu vas te taper de la p’tite jeune. Puis Popol… » Un petit rire discret laisse sous-entendre ce que je veux dire, surtout que Lyra a des yeux et des oreilles et qu’aussitôt dit, aussitôt… « C’est qui Popol ? » Son regard soupçonneux oscille entre Raph et moi pendant que j’éclate de rire. « Sers-moi donc un café bien corsé, esclave, vu que tu connais la place de chaque objet ici. Et pour répondre à ta question… Popol c’est un gentil monsieur qui adore courir sur du gazon et explorer des trous… Un peu comme une taupe !! » Et là, j’explose d’un rire tonitruant afin de me figer et de m’écrouler sur une chaise se trouvant dans cette petite cuisine, rejetant la tête en arrière comme une diva en plein drame de chaussures. « ‘Taaaaain, j’avais rencontré la femme de ma vie. T’y crois ça ? » Mon regard fixé sur Raph dérive sur Lyra occupée à mettre en route le café et se tournant vers moi. « Et cette écervelée l’a faite fuir. Le temps de l’attraper et hop ! Plus rien, envolée ! Plus de Shelly… J’suis au bord du suicide… » Puis calant mes pieds sur la table et prenant mes aises, je tape dans mes mains, impérieuse. « Bon il arrive ce petit déjeuner ou quoi ? » Pendant que Lyra se rebiffe, posant ses mains sur ses hanches. « Et tu pourrais m’aider d’abord, Lou !! » Mais le monde reste impitoyable. « Nan, pas envie. » Elle m’a déjà cassée ma soirée/nuit, hors de question que je fasse le petit déjeuner. J’en profite pour prendre un muffin que j’enfourne en une seule bouchée, tuant le glamour de la situation et cassant le fait que je suis toute en beauté pour une fois, et pas en sueur, sortant de ma séance de sport. « Bon sinon ça va, gros ? » Que je demande avec difficulté, tant ma bouche va exploser, empli de ce muffin aux myrtilles, délicieux ceci-dit. Je déglutis bien vite et ajoute « Tu sais quand tu adoptes, t’as souvent des assistantes sociales qui viennent surveiller, au début, et voir si t’es digne de ta fille. Tu devrais faire attention Pedobear. » Conseil d’ami.
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Raphaël Grimes
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Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: Quand j’etais petite, on me volait toujours mes chocolatines [Rafiki]   Quand j’etais petite, on me volait toujours mes chocolatines [Rafiki] EmptyMer 10 Avr - 21:30

Il n’avait certainement pas besoin de la présence de cette mégère dans son appartement. Et même si son affection était un peu plus étendue envers Lyra, il n’était pas spécialement ravi qu’elle vienne tomber sa porte aussi tôt de bon matin. Il n’appréciait pas l’agitation qui remuait sa demeure, ni même le bruit assourdissant qui se répartissait entre les voix des deux demoiselles, de l’entrechoc de la vaisselle qui se préparait sur la table. Il écoutait à peine le blabla irritant de Lou. A croire que cette fille ne s’arrêtait jamais. Raphaël était prêt à se lancer dans l’expédition sérieuse et appliquée d’un bouton « off » sur une partie quelconque de son corps qui pourrait lui permettre de s’accorder un bref instant de répit. Quant à Lyra, il n’aurait qu’à la mettre devant la télévision. Cela avait bien marché la dernière fois. De toute manière, dès qu’il y avait la présence d’un son quelconque, l’attention d’un enfant était tout de suite dirigée vers l’objet en question. Hélas, il fallait se rendre à l’évidence que, -à moins d’un violent coup asséné à l’arrière de sa nuque- il serait impossible de faire taire cette créature improbable qui venait de pénétrer dans son antre en défonçant presque la porte avec ses gros sabots. En même temps, d’un œil consterné, il observait la petite protégée parcourir son appartement sans complexe, ouvrir les placards, fouiller. La gêne ne l’étranglait manifestement pas plus que Lou qui poursuivait ses élucubrations grotesques. « Va chier. » grogna-t-il sobrement quand elle renchérit sur les propos de la petite. Evidemment, il se doutait qu’il n’avait pas une tête bien fraîche. Il avait bien trop bu la veille, il n’avait pas suffisamment bien dormi, il n’avait pas l’esprit assez apaisé. Sa sale gueule, il se la traînait tous les jours sans moyen de s’en défaire. Parce qu’il ne souriait pas. Parce qu’il faisait la tronche. Parce qu’il râlait constamment. Parce qu’il ne trouvait pas de bonne raison d’arracher ce masque sépulcrale. Ses yeux se voilèrent d’orage et foudroyèrent la jeune femme quand elle se mit à évoquer son fier membre. Outre le fait qu’il n’appréciait pas la tournure que prenait cette conversation, il n’appréciait pas non plus qu’elle se déroule en présence d’une enfant. Qui était l’adulte responsable dans cette pièce, bon sang ?! « Ta gueule, Lou. » Sauf qu’elle ne semblait pas se départir de sa bonne humeur. Avec une analogie plus qu’étonnante, elle parvint à trouver une explication qui permit à Lyra de conserver toute son innocence. Elle ponctuait ses phrases d’un rire qui vrillait les tempes du motard.

« J’m’en fous. » décréta Raphaël, avec déjà la pleine certitude qu’elle ne se contenterait pas de cette information. Elle poursuivrait son récit coûte que coûte. Il lâcha un soupir qui ressemblait plus à un grognement et entreprit d’aller prêter main forte à Lyra pour trouver les divers éléments nécessaires pour le petit-déjeuner qu’elles projetaient de faire tandis qu’il écoutait d’une oreille distraite le conte pittoresque de sa soirée. Manifestement tous ses espoirs de conquête avaient été avortés à cause de la petite brune à ses côtés. Tandis qu’il tournait le dos à l’autre furie, Raphaël observa la gamine d’un air circonspect. Lyra leva des yeux innocents vers lui, brillant néanmoins d’une certaine malice. Un sourire craqua le visage du mécanicien. Il lui accorda un clin d’œil avant de se détourner pour contempler une Lou qui avait pleinement pris ses aises. Elle avait ses pieds sur la table, prête à boire un café qui lui serait bientôt apporté par Lyra. En passant près d’elle, Raphaël donna un léger coup dans ses jambes pour qu’elle les retire de la table. Outre le fait que cela l’énervait énormément, la vision de ses jambes nues et au galbe parfait n’était pas pour lui déplaire. « Te fais pas d’idée, aucune femme saine d’esprit ne voudrait partager ta vie. » Qui serait suffisamment fou et maso pour se la coltiner quotidiennement ? Qui aurait l’audace de vouloir avoir une vraie relation avec Lou Morland ? Personne ! Pas même pour tout l’argent qu’elle détenait sur son compte en banque, attendant chaudement que ses parents meurent.
Finalement, presque par miracle, ils parvinrent à rassembler de quoi faire un petit-déjeuner à peu près convenable sur la table. L’odeur du café n’était pas pour lui déplaire et encore moins quand il atterrit dans sa tasse grâce à l’assistance de Lyra. Quant à la bouffe, elle finissait dans la bouche de Lou qui ne s’arrêtait plus d’engloutir son muffin. Elle vint remettre sur le tapis cette histoire d’adoption. « Rho ta gueule. » Bien que grognon, bien que véhément, bien qu’il l’envoyait chier une fois de plus, cela était fait avec bien moins de conviction que les dernières fois. Certes, la nuance était mince, mais elle existait malgré tout. « Je rangerai, papa. T’en fais pas ! Personne ne pourra rien te dire ! » renchérit Lyra au grand damne du motard. Ce dernier leva les yeux au ciel. Décidément, que ce soit l’une ou l’autre, il n’aurait jamais la paix. Il fallait toujours qu’il en ait une pour en rajouter une couche. « Ah toi, ne commence pas… » grogna-t-il, tout nounours mal léché qu’il était à cette heure matinale. Il engloutit son café pour aller s’en resservir un autre. Il avait besoin de s’éclaircir les idées, de dissiper les brumes d’alcool. « Lou, arrête ! Tu manges tous les muffins ! » protesta la petite fille. S’ensuivit une légère bataille à laquelle Raphaël ne participa guère. Pour ne pas dire, pas du tout. Il estimait qu’il avait suffisamment de problèmes comme ça pour ne pas s’encombrer d’une guérilla entre une hystérique et une enfant. A vrai dire, il se perdit dans l’abîme de ses pensées. Progressivement, il s’éloignait quelque peu, songeait à Judith, au bouleversement de sa vie, à sa fille, à sa famille. A tout ce qui se bousculait actuellement et qui lui donnait l’envie écrasante de s’enfuir pour ne jamais se retourner. Et quand il émergea sous la voix mélodieuse de Lou, ce fut pour se rendre compte que le déjeuner de la petite était englouti et qu’elle avait été collée devant la télévision. Quant à l’autre, elle avait décidé de tenir compagnie à Raphaël. « Lâche-moi, un peu. » râla-t-il. Toutefois, la force de persuasion de la brune était bien plus forte qu’il n’aurait pu le penser. Etonnement, elle parvient à lui tirer les vers du nez. Si bien qu’il finit par annoncer : « J’ai signé les papiers. Elle est venue les chercher… c’est fini. » Cela était dit plus brutalement qu’il ne l’aurait voulu. Il n’avait pas spécialement envie de s’étendre sur le sujet. Non, il préférait lui demander… conseil sur autre chose. Cela lui faisait bien mal de demander une chose pareille à Lou, mais il appréciait son avis tranché. Evidemment, il ne l’admettrait pas devant elle. « Dis-moi… t’y connais quelque chose aux filles de dix-neuf ans ? » Sans se rendre compte que cela pourrait être si mal interprété…
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Lou Morland
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Lou Morland
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MessageSujet: Re: Quand j’etais petite, on me volait toujours mes chocolatines [Rafiki]   Quand j’etais petite, on me volait toujours mes chocolatines [Rafiki] EmptyVen 3 Mai - 21:56

Confortablement installée, je laisse mes pieds trôner sur la table, bouffant les muffins que cet enfant du diable a achetés pour rendre visite à son père, qui ne l’est pas encore. Oooook. Et sinon, moi qui voulais m’envoyer en l’air, personne n’y songe ? Personne n’a un soupçon de compassion pour moi ? Pour cette pauvre Loulou qui se retrouve frustrée comme jamais ? La vie est trop injuste ! Aussi, me remplir la panse est un moyen de combler ma peine et je reprends bien vite gout à la vie en pratiquant l’un de mes jeux favoris : énerver Pedobear. C’est qu’il en a en réserve et j’adore quand il m’insulte ou essaye de m’envoyer chier. Je vois bien qu’il rêverait de m’atteindre. Mais avant d’y arriver, il y a du boulot mon gars. Et puis, je dois admettre qu’il a des réactions adorables avec Lyra et ces derniers, finalement, semblent s’être bien retrouvés. Et c’est touchant, ça donnerait presque envie d’avoir un gosse, surtout quand je vois Lyra faire sa vie, donner une tasse de café à Raph, et aller s’installer devant la télé. Mon regard inquisiteur revient vers l’alcoolique qui pue et je l’observe sans rien dire, avant de finalement prendre de ses nouvelles. Ça m’arrive de me montrer gentille et d’avoir un bon cœur. Après tout, il permet à Lyra – en dehors du fait qu’elle fugue souvent pour le retrouver – d’avoir un substitut de famille. Et puis, ça ne court pas les rues les gens qui veulent adopter des enfants défavorisés. Alors… Autant ne pas le lâcher.

On se retrouver donc dans cette petite cuisine, juste deux chaises pour nous, pendant que je m’empiffre de muffins et de café. Il m’a déjà repoussé mes jambes de la table et en guise de protestation, j’ai lâché un gémissement étouffé par l’énorme morceau de muffin que je viens de m’enfiler. Et ensuite, je finis par lui demander comment il va. Après tout, il a fini bourré, et ça se voit, ça se sent aussi. Et puis, vu comment il est associable, ce con d’ours, je doute fort qu’il est allé faire la fête avec les copains. Je m’imagine tout à coup Raphaël en train de se déhancher sur le dance-floor et un sourire s’étire sur mes lèvres. Me connaissant, je suis capable de me faire rire toute seule.
Mais je reprends mon sérieux quand il me répond. « Tu pourrais être aimable, tête de cul. » Je lève les yeux au ciel, dépitée de tant de mauvaise foi chez ce garçon. « Attends, j’me suis pas tapée six heures de route pour t’entendre me parler ainsi. J’essaye d’être gentille, ok ? Et tu aurais pu au moins me dire que ça va. » Je fronce les sourcils et ajoute « T’as tes régles, c’est ça ? » Mais il finit par me répondre. Et j’apprends que son divorce a été finalisé, que sa femme a récupéré les papiers du divorce. Durant le temps où le silence plane entre nous, seulement perturbé par le bruit de la tv en fond sonore, je regarde son visage sans rien dire. Peut-être qu’il va chialer ? Et je fais quoi si c’est le cas ? Je sais réconforter un enfant, ok. Mais si c’est un homme d’âge mûr ? Je soupire. « Ecoute, je suis désolée pour toi. Mais c’est peut-être le moment de se reprendre en main. C’est mieux ainsi. Peut-être que tu vas rencontrer une femme – ou un homme – et tu seras heureux. Tu peux essayer la so.. » Mais je me tais, en me rendant compte qu’il ne m’écoute pas. Au contraire, il finit carrément par me poser une question, confirmant que 1) il n’a pas écouté ce que j’ai dit, 2) ce mec est carrément chelou.
Ma réaction ne se fait pas attendre et j’explose de rire. « T’sais que je t’adore ? » C’est un sujet qui me parle plus et je m’installe plus sagement sur ma chaise, délaissant le muffin et le café pour faire face à Raph. « Dix-neuf ans… Excellent choix. Bien sûr, je m’y connais absolument. Ces petites jeunes, en général, elles cherchent la sensation forte, l’envie d’explorer des continents inconnus. Et quoi de mieux qu’un gars comme toi… Tant que t’as pas de souci pour user de ton … Instrument. Le mieux c’est d’utiliser … » Je lui glisse un sourire d’expert, faisant glisser ma langue sensuellement sur le bord de mes lèvres. « Ta langue ! Et tu vas voir que tu la tiendras toute tremblante, je t… » Mais je me tais en remarquant l’expression de Raph’. A mon avis, je suis hors sujet. Même trop. « Ok, donc tu ne me parlais pas de te faire une un point neuf. » Je me tais, fronçant les sourcils et ajoutant « Mais tu me parles de quoi au juste ? » Et t’es qui toi ? Non là, je suis perdue. Je ne comprends pas. Alors je lâche un lourd gémissement de fatigue. « Rhooo j’suis frustrée. J’avais tellement envie d’avoir un orgasme !! » Pour le coup, j’ai que ça en tête. Je me contente donc d’enlever mes chaussures de pouf’ et les installe sur les genoux de Raphaël assis en face de moi. « Pour la peine, masse-moi les pieds ! » Glamour, toujours.
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Raphaël Grimes
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Quand j’etais petite, on me volait toujours mes chocolatines [Rafiki] Empty
MessageSujet: Re: Quand j’etais petite, on me volait toujours mes chocolatines [Rafiki]   Quand j’etais petite, on me volait toujours mes chocolatines [Rafiki] EmptyHier à 16:46

Quiconque connaissant suffisamment Raphaël ou ayant assisté à ses actes de ces derniers mois aurait facilement conclu que ce n’était pas un homme bien. Le motard lui-même ne pouvait prétendre le contraire. Il s’employait d’ailleurs quotidiennement à ce que tout le monde aboutisse à cette même conclusion. Toutefois, il se sentait auréolé d’une grâce toute particulière en ne cédant à cette pulsion dévorante de ne pas écraser la tête de Lou dans ces muffins qu’elle dévorait goulûment. Il se sentait bon. Il se sentait clément. Il se sentait miséricordieux. Cependant, d’où pouvait bien lui venir cet accès de patience et de contrôle de soi ? Lui qui n’était que magma en fusion ? Il accusait en premier lieu cet alcool qui naviguait toujours dans ses veines, qui le maintenait vaseux en dépit du café qui éloignait les nuages de son esprit. Aussi un peu la fatigue qui pesait sur son être, un abandon languissant face à une existence qui éteignait peu à peu sa flamme. Et peut-être, juste un peu, parce que Lyra était là et qu’il n’était pas prêt à commettre un homicide devant des yeux innocents. Tuer ne le dérangeait pas. Mais pas devant une enfant. Il possédait un minimum de principe.

Néanmoins, Lou possédait ce pouvoir étrange de parvenir à le faire passer d’une émotion à une autre. La seconde d’avant, il souhaitait plus que tout au monde éclater l’émail parfait de ses dents contre le coin de la table, et à présent, il se retrouvait à lui confier des informations intimes. Il n’aimait pas parler de Judith. Encore moins de ses échecs. Il n’était pas parvenu à la retenir comme il l’aurait voulu. Elle avait refusé de rester auprès de lui, s’abandonnant totalement à cette vie que lui offraient un autre homme et son enfant. Un choix intolérable pour l’ancien soldat. Dès qu’il y songeait, une souffrance atroce venait lui tordre les tripes, il en ressentait une colère démente jusqu’aux tréfonds de ses entrailles. Il en crevait d’amour. Mais c’était aussi ce même amour qui l’avait poussé à la laisser partir malgré tout. Ce même amour qui avait réussi à lui faire lâcher la corde qui usait ses doigts, les malmenait, les blessait. Ce même amour qui acceptait son abandon et qui s’y pliait, piteusement. Voilà qu’il venait se mettre le cœur à nu devant cette créature dépourvue de la moindre distinction et de la moindre diplomatie. Chaque mot qui sortait de la bouche de la brune lui hérissait le poil. Mais c’était à elle qu’il avait souhaité en parler. A elle et à personne d’autre. Pourquoi ? Il l’ignorait complètement et en craignait la réponse. Et comme toute chose qui effrayait Raphaël, il ne cherchait pas à répondre à la question.
Cependant, il ne se faisait aucune illusion sur la spiritualité qui risquait de s’échapper des lèvres de Lou. Ainsi, il lui importait peu de connaître sa réponse. A vrai dire, ses réflexions l’avaient mené sur d’autres sentiers, faisant apparaître le visage de sa fille dans le creux de sa rétine. Skylar n’était pas non plus un sujet simple à aborder. Sûrement se serait-il abstenu d’en parler à quiconque et aurait-il tenu un silence de mort si Bébé n’avait pas été présente au moment même où il l’avait appris. Il aurait enterré cette vérité ailleurs. Trop violente. Trop laide. Trop terrifiante. Toutefois, les choses ne s’étaient pas déroulées de cette manière et il voulait bien admettre qu’il avait un peu besoin d’aide pour parvenir à communiquer avec cette tête de mule de fille. Lou n’aurait pas forcément été son premier choix, mais il n’oubliait pas qu’elle était la présidente d’un foyer. Les jeunes à problème, elle connaissait ça. Les enfants, c’était plus ou moins son domaine. Sur le coup, il songea que prendre conseil auprès d’elle serait pertinent. Quelle erreur…

Il haussa un sourcil à l’instant même où elle ouvrit la bouche, flairant que la conversation risquait de ne pas prendre la direction qu’il souhaitait. En vérité, ce fut au-delà de tout ce qu’il put imaginer. Si son discours le révoltait au plus haut point, il en demeurait muet de stupéfaction pour l’instant. Comment… comment pouvait-elle parler de cette manière de sa fille ?! Il s’imagina le visage de Skylar et… Oh mon dieu, quelle horreur ! « Quoi ? Mais non ! » parvint-il tout juste à protester tandis qu’elle se rendait compte de sa propre erreur. Pas décontenancée, elle agit… comme une Lou Morland pouvait agir dans ce genre de circonstances. Pour le coup, il n’était plus d’humeur à plaisanter pas qu’il ait pu l’être à un moment, cependant. D’un coup de main brutal, il éjecta les pieds de la brune de ses genoux et se redressa comme si un bourdon lui avait piqué le derrière. « Espèce de tarée ! Je ne parlais absolument pas de ça ! » s’indigna-t-il. On pouvait lui prêter beaucoup de mauvaises intentions, mais certainement pas celle de flirter avec une gamine qui pourrait être sa fille ! Putain, c’était le cas !! « Abrutie, à mon âge ! Dix-neuf ans… je ne suis pas un pervers ! » Et maintenant, comment lui expliquer qu’il parlait de son enfant depuis le début ? Sur le coup, c’était bien la dernière chose qu’il souhaitait révéler à Lou, mais il se devait de clarifier la situation pour que son esprit dérangé ne s’envole pas. « Cette fille… ce n’est pas pour la draguer que je t’en parle. C’est… » Le silence captura ses lèvres. Il se rendit qu’il ne l’avait encore jamais dit à haute voix. Il ne l’avait encore jamais exprimé concrètement. Puis, presque dans un soupir, il s’y résigna. « Ma fille. Je te parle de ma fille. La vraie. » Sans le vouloir, il ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil du côté de Lyra qui regardait sagement la télévision. Manifestement, elle n’avait pas écouté un seul mot de ce qui se disait entre eux. Dans un sens, il était rassuré. Mais certainement pas à l’idée que Lou puisse en apprendre un peu plus de sa vie. Il n’avait pas envie de lui parler de Mary. Pas envie de lui parler de la guerre. Pas envie de lui parler de ses échecs. Pas envie de lui parler de ses souffrances les plus profondes.
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