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 « J'ai seulement choisi l'étoile que j'aimais et depuis ce temps-là je dors avec la nuit. » + Héloïse ♥

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Matthew McGregor
Admin Christian Grey toi même !
Matthew McGregor
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MessageSujet: « J'ai seulement choisi l'étoile que j'aimais et depuis ce temps-là je dors avec la nuit. » + Héloïse ♥   Ven 7 Déc - 22:16

Il était rare que Matthew soit sujet à de fortes angoisses. En règle générale, il affichait une nonchalance qui collait à son état d’esprit. Guère d’un naturel inquiet, son attitude contrastait fortement avec son caractère habituel. D’aucun qui l’aurait vu ainsi jugerait que cela n’augurait rien de bon –en cause de ses humeurs froides et sévères– et se serait empressé de ne pas croiser son chemin. Toutefois, nul trouble professionnel ne venait ébranler son esprit. Le sujet demeurait pleinement personnel, raison pour laquelle il se trouvait à nouveau dans un café d’un quartier plutôt lambda autrement qu’à son bureau en train de travailler. Pourtant, ce n’était pas les dossiers qui lui manquaient, néanmoins, d’autres affaires plus urgentes requéraient toute son attention. Songeur, ses doigts jouaient négligemment avec la bague d’Héloïse. Ce fameux bijou qui scellait dans ses reflets discrets tous les secrets de leur amour et les promesses immuables. Matthew éprouva un léger pincement au cœur. Parmi toutes ces promesses, celle d’une sincérité intangible était de rigueur. Ils ne devaient plus rien se cacher. Plus aucun secret. Une franchise à toute épreuve, après que les mensonges aient failli les détruire tous les deux. Cependant, le poète jugeait qu’il en était mieux ainsi. Avec Héloïse maintenue dans le secret. Pas avant qu’il ne soit pleinement certain de ses doutes. Inutile de l’effrayer pour rien ou de l’inquiéter outre mesure. Matthew la savait forte et courageuse, mais il ne considérait pas nécessaire de la mettre immédiatement dans la confidence et de l’exposer à ses craintes. Après tout, ce n’étaient que de simples suppositions… Des questionnements qu’il souhaitait éclaircir. Il voulait en avoir le cœur net.
Presque comme la première fois, Matthew fut étonné de l’aspect terriblement quelconque de l’homme à qui il avait confié cette charge de mener l’enquête. Un détective privé. Rien de plus logique pour amorcer une enquête toute en discrétion. Pour cela, l’éditeur lui vouait une confiance totale. Désormais, il était temps d’avoir des premières réponses. Après des brèves civilités, ils rentrèrent dans le vif du sujet. « J’ai pu trouver quelques informations sur leur vie. En premier, j’ai pu tracer leur voyage jusqu’en Italie où ils ont vécu quelques années. Ils s’y sont même mariés en été 2014. A vrai dire, il n’y a pas grand-chose à noter quant à cette période. De ce que j’ai pu en tirer, ils étaient un couple plutôt discret. Profondément amoureux l’un de l’autre. » Pour tout dire, Matthew n’était pas passionné par ces informations. Pas plus qu’il n’était ravi d’apprendre que son meilleur ami et son ex-fiancée coulaient des jours heureux sous le soleil latin. Toutefois, il ignorait qu’il y avait eu mariage. Jane n’en avait jamais fait mention. « Mais concernant la mort de James ? » L’éditeur nota un éclat dans le regard de l’homme assis en face de lui. « Pour être honnête, c’est là que ça devient assez intéressant. » Il sortit des papiers de son sac pour les montrer à Matthew. Au premier coup d’œil, il s’agissait de certificats de décès, de rapports d’accident. Il attendit la suite. « Le 4 janvier 2016, James Parker meurt dans un accident de voiture. Un bête accident sur une nationale en pleine nuit. Sa femme témoignera qu’il l’avait appelée un peu plus tôt, complètement bourré. Le véhicule aurait dégringolé d’une falaise, manquant de terminer dans un court d’eau. Aucun corps retrouvé, mais l’enquête a conclu qu’il avait dû être éjecté de la voiture au moment de la chute, terminant tout droit dans le précipice. Du moins, c’est ce que croient les autorités. » - « Et vous, que croyez-vous ? » Le détective se recala plus confortablement dans sa chaise, observant Matthew avec sérieux. « Qu’il y a une possibilité pour que James Parker soit toujours en vie, et je compte bien le découvrir. »

***

Grande heure. Grande jour. L’anniversaire d’Héloïse. Et comme il n’était pas du ressort de Matthew de faire les choses simplement, ce dernier avait eu une idée toute particulière pour fêter ce jour comme il se devait. Dans la confidence, une certaine brune surexcitée et un directeur de comédie musicale plutôt rigide. Toutefois, le jeu en valait la chandelle. Et toute la journée, il lui avait fallu se faire violence pour ne pas révéler l’information à la belle de son cœur, ni même se fendre d’un message pour lui souhaiter un joyeux anniversaire. En outre, il aurait pu le faire puisqu’ils les avaient pourvus l’un et l’autre d’un téléphone portable. Toutefois, il était un homme qui aimait ménager son suspens. Un homme d’effet. Si bien que lorsqu’il se retrouva le soir à débarquer au conservatoire, il était plus qu’impatient de découvrir la tête d’Héloïse. Cependant, ce fut celle de Naïa qui s’afficha en premier sur le parking. Elle tirait derrière elle une grosse valise. « Matthew !! J’ai tout ce que tu m’as demandé ! Voilà la valise et le passeport. Tu n’as pas idée comme j’ai dû chercher pendant des heuuures pour le trouver. Est-ce que tu crois sérieusement qu’elle le cachait dans une boîte à l’intérieur de la maison de son lapin ? Qui fait ça ? Qui ?! » La jeune femme secoua la tête, éloignant du revers de main le sujet. Enfin bref, là n’est évidemment pas la question ! Et sa valise, j’ai fourré de tout dedaaans ! Elle devrait trouver son bonheur ! Roh là là ce que ça va être excitant ! Tu as tellement eu une idée de génie concernant… » - « Oui oui, Naïa. Merci beaucoup pour ton aide, mais je suis un peu pressé là. » Un véritable moulin à paroles celle-là. Pas étonnant qu’elle soit la meilleure amie d’Héloïse. Néanmoins, elle était plutôt attendrissante dans son genre. Avec un grand sourire, elle lui indiqua qu’elle se trouvait dans sa propre loge, à organiser toutes les affaires pour la nouvelle représentation de demain. Il se hâta donc de fourrer la valise dans son coffre, puis de rentrer dans le bâtiment et de trouver le chemin de la loge de Naïa. Il toqua en premier, heureux de pouvoir entendre la voix de sa dulcinée de l’autre côté. Il ouvrit la porte, la refermant aussitôt pour s’assurer qu’ils soient bien seuls. « Si j’en crois mon fidèle agenda, il me semble que quelque chose d’important se déroule aujourd’hui. » dit-il d’un ton malicieux. La bonne humeur d’Héloïse fut contagieuse. Il la réceptionna dans ses bras et apprécia ce merveilleux baiser qu’elle lui exigea. « Joyeux anniversaire, miss Bennett. » murmura-t-il contre ses lèvres une fois qu’ils n’eurent plus de souffle. La tenant serrée tout contre lui, il caressa sa joue, une lueur particulière dans le regard. « Ce soir, je dois partir en voyage d’affaire. Une petite visite de courtoisie avec nos agréables collaborateurs. Ça te dirait de venir ? » A l’expression interloquée de la brune, il ajouta. « A vrai dire, ce n’est pas vraiment une proposition. Tout est déjà prêt pour qu’on parte. » Il avait même trouvé une remplaçante pour que Goldstein ne s’ulcère pas de perdre une assistante. Il afficha un sourire mutin sur ses lèvres. « Dis-moi, tu connais le Japon ? »
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Héloïse Bennett
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « J'ai seulement choisi l'étoile que j'aimais et depuis ce temps-là je dors avec la nuit. » + Héloïse ♥   Dim 9 Déc - 22:26

Quand à seize heures, j’ai regardé mon téléphone pour la 839498ème fois, je me suis dit qu’il ne m’enverrait pas de messages, ni ne m’appellerait. Que visiblement, c’était une journée bien trop ordinaire pour lui, et qu’il avait visiblement oublié. Oui, oublié mon anniversaire. Et autant dire que la frustration a été bien grande. Mon téléphone n’a pa cessé de vibrer, sonner en raison des messages, appels que j’ai reçu de la part de ma famille et de mes amis. J’ai même mangé le midi en compagnie d’Elsa et de Naïa, profitant d’un peu de répit de continuer à bosser en vue de la représentation à venir. Mais de Matthew, je n’ai rien eu et ce silence m’a un peu attristée. Même si je n’ai pas cessé de lui trouver des raisons. Trop de boulot, une Jane qui devait l’enquiquiner grandement, un père autoritaire et envahissant, et puis notre relation secrète. C’est sûr qu’il en a des choses en tête… mais quand même… Juste un joyeux anniversaire m’aurait fait plaisir. Mais non, rien du tout. Au lieu de cela, j’ai surtout passé mon temps à avoir de l’espoir en entendant la sonnerie de mon téléphone mais à chaque fois, la déception arrivait au grand galop. Aussi, j’ai fini par ranger mon téléphone, d’un geste rageur, dans mon sac à main, rangé dans le vestiaire. Tant pis pour ceux qui voudront m’avoir. Malgré cela, même si mon téléphone demeure loin de moi, je n’arrête pas d’y penser et je continue mon travail, en étant un peu ailleurs. Ceci dit, heureusement il y a Naïa pour me remonter le moral, qui ne cesse de chanter Joyeux Anniversaire à chaque fois qu’elle me croise, ayant eu le culot de le chanter en pleine répétition, me faisant me ratatiner sur place pendant que tout le monde a repris en chœur. Et pendant ce temps… silence radio pour mon petit-ami. Enfin, je pense… Puisque désormais, mon téléphone est rangé et plus du tout dans mes mains. Ce n’est pas grave, j’ai du travail jusqu’à tard ce soir et quand je rentrerais à la maison, il sera une heure avancée de la nuit et je n’aurais plus besoin de vivre cette journée d’anniversaire. Ce sera le lendemain ! Et tant mieux, j’oublierais qu’il a zappé de m’appeler ce jour-là. « Enfin quand même quoi… » Je pépie sur un ton impatient, occupé à ranger les tenues de Naïa par ordre d’apparition, profitant d'être seule dans la loge. « Bon, d’accord. Ce ne sont que mes vingt-six ans… Mais quand même… Je pensais qu’il n’oublierait pas. En plus… Organisé comme il est, il aurait pu le noter sur son agenda… « Anniversaire de la stagiaire » ou « aller au pressing » qui voulait dire, j’appelle ma copine et je lui chante happy birthday to you my love… » Et sinon, j’ai des revendications dans la vie et je le vis très bien.

Tout à coup, on toque à la porte, bien que Naïa ne soit pas là. Ça ne m’empêche pas de glapir un « KWAA ?! » Légèrement rageur mais bon, ma mauvaise humeur va passer. Et effectivement, elle passe comme la neige fond en plein désert. Elle s’évapore alors qu’un Matthew sauvage apparaît. « Matthew ?! » Oui, sur le coup, je suis bien bête alors qu’il m’apprend une chose fondamentale : il n’a pas oublié. Je répète: IL N'A PAS OUBLIÉ. « Rhooo que je t’aime toi !! » Je m’exclame venant vers lui afin de me jeter dans ses bras. Tout sourire, et là, j’ai droit à mon vœu d’anniversaire tant désiré avec un baiser passionné qui me laisse pantelante, une fois que nous y mettons fin. « Je suis tellement heureuse de te voir même si ce n’est que peu de temps… J’ai une représentation ce soir… » J’esquisse une moue attristée, même si je suis trop contente qu’il soit venu me voir, finalement. « J’aurais tellement aimé rester avec toi… Que vas-tu faire, toi, ce soir ? » Et là… je tombe sur les fesses. Bon d’abord, je dois avouer que je me suis sentie carrément malheureuse à l’idée qu’il puisse partir en voyages d’affaires… mais cette tristesse s’envole aussi vite quand j’apprends que je fais partie de l’aventure. J’en suis même bouche bée, surtout quand il dit que tout est prêt – peut-être pour lui, mais pour moi ? Et mon travail ? – et quand il dit le mot « Japon », je me sens encore plus surprise. « Mais… Je… Et ici… Et les … Enfin… » Je bredouille ne sachant plus où donner de la tête. « Matthew… Je travaille ce soir… » Mais je me tais en fixant son visage malicieux et son expression McGregorienne qui veut dire qu’il a visiblement tout prévu. Ça expliquerait pourquoi Naïa a paru super bizarre et empressée de vérifier si je n’avais pas son pull vert dans ma garde robe. « Toi… » Je souffle d’une voix tendre. « Je suppose que je n’ai plus qu’à dire au revoir et à m’en aller avec toi, hein ? » Néanmoins, mon sérieux laisse place à une excitation sans nom. Je sautille comme une folle, l’embrassant fougueusement. « Et moi qui pensais que t’avais oublié !! Quelle idiote je fais !! » C’est fou comme je suis ravie. Et dire qu’il y a quelques minutes, encore, je pestais contre le monde entier.

***

Excitée comme une puce, je ne peux contenir ma joie de me trouver dans l’avion avec Matthew, assis l’un à côté de l’autre. « Mon dieu… Mon dieu… Mon dieu… Mon dieu… » Je tape dans mes mains discrètement, ne cessant de rire, de m’exclamer, de regarder les films.. On dirait une enfant qui découvre l’avion pour la première fois de sa vie. « On va au Japon !! On va au Japoooon ! Nihaaahoooo Madame ! » Je salue une hôtesse de l’air nipponne avec un grand sourire avant de me tasser dans mon fauteuil, pouffant de rire. « Il faut que je me calme. » Non parce que si ça continue, on va me foutre chez les deuxièmes classes. Mais la joie d’être là est tellement grande. Nous avons tant galéré ces temps-ci, que cette fois, je sais qu’on pourra profiter sans craindre d’avoir été suivi. « En tout cas, il va falloir que je me méfie la prochaine fois ! Avec Naïa, vous avez été des sacrés filous, j’étais à mille lieux de me douter de quelque chose ! » Autant dire que la surprise est réussie. « Et personne n’a eu de soupçon concernant ce voyage ? » Non parce que si on croise Jane, je lui ferais avaler des baguettes. Hors de question qu’elle me gâche mon séjour d’anniversaire.
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Matthew McGregor
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « J'ai seulement choisi l'étoile que j'aimais et depuis ce temps-là je dors avec la nuit. » + Héloïse ♥   Jeu 13 Déc - 19:44

Il n’aurait pas pu oublier l’anniversaire d’Héloïse. Matthew était un homme très méthodique et organisé. Il était rare qu’il rate un rendez-vous qu’il succombe sous le point d’un planning trop chargé. Il conservait toujours le fil de son calendrier, l’exemptant de s’approprier les talents d’une secrétaire sur ce sujet. Il était rigoureux, organisé, pointilleux. Toutefois, l’événement était autrement plus important qu’une réunion d’affaires ou un énième rendez-vous avec auteur capricieux. Nettement plus agréable surtout. Après avoir passé une longue journée à attendre de mettre à jour sa surprise, Matthew pouvait enfin retrouver sa belle à qui il n’avait donné aucune nouvelle. Mais le jeu en valait la chandelle. Il ne s'était guère torturé l'esprit longtemps pour trouver une idée de cadeau qui pourrait la ravir. Matthew n'était pas eu genre à faire les choses à moitié, mais pour cette fois-ci, il avait mis un point d'honneur à ce que cela soit grandiose. Quelquefois, il songeait à l'idée que cet anniversaire aurait pu être souhaité sans lui. Quelques semaines auparavant, ils n'étaient encore que de grands absents dans la vie de l'un et de l'autre. Il n'était pas censé revenir auprès d'elle. Alors, sûrement par volonté de remettre les choses dans leur juste ordre et un peu par culpabilité, le plan s'était enclenché naturellement dans son esprit. Et aussi surprenant et ironique que cela pouvait l'être  c'était son père qui avait allumé les lumières dans son esprit préoccupé. Lors d'une récente réunion, il avait été question de traiter de l'état des différents partenariats éditoriaux qu'ils possédaient à l'étranger. Le cas du Japon était évidemment parvenu. Matthew s'était porté volontaire pour effectuer ce voyage de pure courtoisie. Cela n'avait pas véritablement éveillé les soupçons de son père. Bien au contraire, il mettait sous le coup de son enthousiasme un besoin pressant de s'éloigner de Jane durant quelques jours. De plus, ils auraient la paix pour organiser ce mariage auquel Matthew ne portait aucun intérêt. Il n'était pas un grand passionné de la question et mieux valait qu'il soit à des kilomètres du problème plutôt que de répandre sa mauvaise humeur. L'aubaine avait été trop belle pour que Matthew ne décide pas immédiatement de mettre son plan à exécution. Il avait fallu mettre Naïa à contribution, solliciter Goldstein, faire preuve d'une grande discrétion pour qu'il en soit là ce soir, face à Héloïse, prêt à lui annoncer qu'ils allaient décoller tout droit vers le Japon. Ce pays prodigieux qui avait vu naître leur amour.

« Evidemment que tu m’aimes, je suis parfait ! » Un léger ton mcgregorien bien particulier avait accompagné ses paroles. Toutefois, son sourire mutin laissait clairement transparaître la plaisanterie. Il réclama à nouveau ses lèvres, très heureux du petit effet qu’il venait de créer en débarquant à l’improviste au travail d’Héloïse. Néanmoins, il ne fallait guère qu’ils traînent. Leur avion n’allait pas tarder à décoller, et même s’ils voyageaient en première classe, la compagnie aérienne ne les attendrait pas. Aussi dévoila-t-il leur destination prochaine, le cœur fou d’attendre la réaction de sa bien-aimée. Cette dernière qui fut totalement décontenancée. Sa nature sérieuse se mit à considérer ses responsabilités et son travail. Certes, elle ne pouvait s’improviser de telles vacances sur un coup de tête. Sauf que Matthew avait tout prévu en ce sens, et son expression le fit comprendre à la jeune femme. Habituée, elle devina bien vite. « En effet, tu es bien perspicace. Tout est déjà minutieusement prévu. Ta valise est dans mon coffre. J’ai ton passeport. Nous n’avons plus qu’à décoller ! » Et enfin, ce fut l’excitation qui gagna la brune, la faisant trépigner de bonheur et d’excitation à l’idée d’atterrir dans ce lieu paradisiaque. Sourire aux lèvres, front contre front, il murmura : « Joyeux anniversaire, mon amour. »

***

Héloïse était presque comme une enfant à côté de lui. Tout le long du trajet vers l’aéroport, elle n’avait cessé de s’extasier sur leur prochain voyage, agrémentant régulièrement son discours d’anecdotes sur leur première escapade au Japon. Pour le coup, la présence d’Héloïse s’était faite sur une fantaisie de l’éditeur. Il comptait la faire venir avec lui dès le départ, mais leur grosse dispute lui avait fait réviser ses plans. Sauf que lorsque la jeune femme s’était présentée à l’aéroport, réclamant qu’ils se réconcilient, il lui avait paru évident qu’elle devait venir. En soi, Matthew considérait qu’il s’agissait là de la meilleure décision qu’il avait pu prendre dans toute son existence. Et dans l’avion, il savourait de retourner au Japon avec Héloïse à son bras et dans son cœur. « Calme-toi, sinon tu vas finir dans la soute et je ne viendrai certainement pas te chercher. » plaisanta Matthew tandis qu’elle s’agitait de tous les côtés. Finalement, elle reprit ses esprits. Néanmoins, il ne pouvait s’empêcher de sourire et d’exprimer son ravissement de la voir si heureuse. Eux qui avaient tant souffert… « Oui, j’ai été agréablement surpris de la discrétion de Naïa. Elle qui parle tant, elle est parvenue à tenir sa langue. » Ce qui n’était pas forcément évidemment, compte tenu de son débit de parole et de sa propension à enchaîner les gaffes. « Non, personne n’a de soupçons. Au contraire, ils sont plutôt ravis que je m’envole à l’autre bout du monde tandis qu’ils préparent ce satané mariage. Je ne suis pas un fiancé très agréable et je crois que la dernière expérience de Jane lui a suffi. » Elle avait été verte de rage de voir tout ce qui avait été fait à ses affaires. Ses accusations s’étaient portées sur Matthew qui avait feint de ne rien savoir. Il s’était pris une gifle, mais cela en valait la chandelle. De toute manière, sans preuve, elle n’y pouvait rien. Même si leurs plans avaient été modifiés, Matthew gardait un très bon souvenir de ce weekend avec Héloïse. Il attrapa l’un de ses mains, la portant à sa bouche pour y déposer un baiser. « Tu ne m’en voudras pas, je n’ai pris qu’une seule chambre cette fois-ci. Je me suis dit que ce serait plus simple pour parler affaires. » Sourire aux lèvres, il observa Héloïse rougir comme elle savait si bien le faire. Ce séjour promettait d’être plus merveilleux encore…

***

Ce fut un soulagement de sortir de l’avion. La première classe était confortable, mais il n’y avait rien de mieux que de se dégourdir les jambes. Une fois sur place, il leur fallait encore passer quelques contrôles pour passer sur le territoire, mais comme tout demeurait en règle, ils furent bientôt à la sortie de l’aéroport où un taxi les attendait déjà. Le décalage horaire le déphasait quelque peu, mais il était certain d’une chose essentielle : « Je meurs de faim ! On dépose les affaires à l’hôtel et on essaye de trouver quelque chose ? »
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Héloïse Bennett
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « J'ai seulement choisi l'étoile que j'aimais et depuis ce temps-là je dors avec la nuit. » + Héloïse ♥   Jeu 20 Déc - 21:11

Mon dieu ! C’est incroyable, nous allons au Japon pour mon anniversaire. C’est si insensé, et pourtant, c’est une jolie réalité que je vis. Partir si loin avec Matthew est une idée tellement parfaite. Et je ne peux qu’être encore plus amoureuse de cet être qui sait se montrer surprenant, à bien des égards. Ainsi, j’apprends donc les ficelles de ce secret jalousement gardé. Naïa a été d’un grand secours et je ne peux m’empêcher de rire quand il me fait remarquer la capacité de parole de ma chère colocataire. « Arrête, nigaud ! Elle est trop bien ma coloc ! » Et je l’aime si fort et encore plus, après tout ce qu’elle a fait pour moi. J’ai quand même peur de ce qu’elle a pu mettre dans ma valise. Je doute que Naïa soit comme Molly et ait mis des affaires sexy. Mais quand même ! Ne sait-on jamais. Soucieuse, je le questionne aussi sur ce que sa famille a bien pu dire de ce voyage d’affaires. Ont-ils eu des soupçons ? Ont-ils embêté Matthew ? Heureusement, et à mon grand soulagement, ce n’est pas le cas. Au contraire, il semble que sa présence soit souhaitée bien lui du mariage dont la date se profile à l’horizon. La seule évocation de ce fameux jour est un peu déprimant. « C’est une bonne chose s’ils n’ont vu que du feu… Mais tout ceci me fait réaliser que ce mariage est pour bientôt… » Je fixe mon petit-ami, avec une petite moue triste sur mon visage. « Et nous n’avons pas avancé d’un iota. Nous n’avons pas trouvé le moyen de la discréditer. » Ou de convaincre son père. Je suis censée avoir disparu de sa vie. Visiblement, ils le croient tous. Et la date approchant, je n’ai cependant aucun scrupule à imaginer divers plans pour sauver notre histoire. « De toute façon, si on ne trouve pas de solutions, je viendrais te kidnapper. Ce serait follement romantique et digne d’une telenovela ! » Le regard est brillant, l’œil est amoureux et je le contemple avec ravissement alors qu’il porte ma main à ses lèvres et y dépose un baiser me faisant frissonner. L’évocation de la réservation de notre chambre, achève cet aspect morose de notre conversation. Ce weekend sera celui de mon anniversaire, d’un instant a nous, avec un seul lit, une seule carte d’accès et juste deux personnes qui s’aiment. « Tu as tellement de bonnes idées. » Je finis par lui en reportant mon regard vers l’écran se trouvant devant moi, les joues rouges. « Et tu sais que je suis consciencieuse quand il s’agit de parler affaires avec toi Tu es si professionnel... »

***

Le voyage s’est merveilleusement bien passé. J’ai parlé avec mon chéri, regardé des films, mangé et dormi. Parce que mine de rien, il y a des heures de vol. J’ai aussi appris, mortifiée, que des gens avaient des ébats dans des avions. Et sous l’œil moqueur de mon copain, je ne m’en suis toujours pas remise. Y compris quand nous sommes sortis de l’avion et avons récupéré nos bagages. « Mais c’est si étroit ! Puis, on peut nous entendre ! Imagine tout le monde nous voit sortir des toilettes, on va se douter. » Et ça me semble si évident et tellement incroyable. J’en suis sure que Naïa doit ignorer cela. Autant vous dire, que ce potin – de la plus haute importance – méritera d’ouvrir un pot de glaces à la fraise. Mais sitôt que nous avons récupéré nos bagages, j’oublie très vite ce détail perturbant, toujours rouge, mais cette fois-ci, excitée de voir les caractères nippons s’afficher sur tous les panneaux. Matthew propose que nous rejoignons l’hôtel pour y poser nos valises et puis d’aller manger un bout. Même si je suis cuite du vol, je suis bien trop excitée à l’idée de commencer notre séjour. Nous entrons dans le taxi, nous amenant au cœur de Tokyo, dans l’hôtel de grand standing que mon amour nous a pris. Je m’extasie devant la chambre que nous avons : une suite avec un lit gigantesque. « Bon. Tu dormiras sur le canapé. » Je déclare, hilare en déballant quelques affaires. Je suis tellement, tellement, tellement, heureuse, que je viens me blottir contre lui, amoureuse, en paix, et juste contente de ce cadeau incroyable. « Je t’aime, Matthew. » Relevant mon visage, mes lèvres viennent capturer les siennes, tendres et aimantes. Cet instant n’est rien qu’à nous. Personne ne pourra rompre ça.
Personne.
Sauf les estomacs grondants. Quand j’entends le lien, je ne peux m’empêcher de rire. « On devrait aller manger avant de franchement mourir de faim. » Et de ce fait, nous finissons par quitter notre chambre et nous retrouvons dehors, galvanisé par le bruit et le monde entourant. C’est étrange, il y a deux ans, j’ai découvert ce pays et pourtant, j’ai l’impression de ne plus rien reconnaître. Mais l’agitation me saisit et je suis prête à tout visiter, à marcher, manger, aimer à n’en plus pouvoir. On marche un peu, main dans la main. C’est dans ces moments-là que je réalise combien nous avons eu si peu l’occasion de le faire, à vivre caché pendant un temps, puis à assumer la révélation mais agir comme tel. Et puis, la séparation. Sommes-nous destinés à agir ainsi. « Je savoure tellement ce moment rien qu’à nous.. » Je finis par dire, à Matthew. « Cette fois-ci, personne ne pourra nous voler cet instant. » Et puis, bientôt, je sais que tout ça sera loin derrière nous. Que peu importe les épreuves, nous sommes destinés à être ensemble. Nous arrivons dans un restaurant assez chic où on nous fait nous installer à des tablées traditionnelles. Des tables où il faut s’asseoir par terre, savourant une couverture qui nous réchauffe doucement, à l’orée de cet hiver qui s’annonce. On prend nos commandes et quand le serveur s’en va, on se retrouve rien que tous les deux. « Alors qu’as-tu prévu pour ce week-end ? Je serais autorisée à t’accompagner à ton rendez-vous d’affaire ! Je sais !! » Mon visage s’éclaire. « Ici, ils adorent se déguiser. Je n’aurais qu’à me travestir en quelqu’un d’autre ! » Bon je ne suis pas sure d’arriver à tenir mon rôle ne sait-on jamais. Ma main vient saisir la sienne, la serrant doucement. « Si je devais recommencer une chose dans ma vie, ce serait de débarquer dans ton bureau, pour y faire mon stage et perdre ma boucle d’oreille. Si je devais recommencer juste une chose, ce serait ça.. Parce que tout ce qui s’est passé après… Ça a pris tant de valeurs… » Et tellement d’importance. Nous en avons parcouru du chemin, qui plus est. Mais nous y arriverons. Nous l’aurons enfin, ce bonheur
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Matthew McGregor
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « J'ai seulement choisi l'étoile que j'aimais et depuis ce temps-là je dors avec la nuit. » + Héloïse ♥   Lun 7 Jan - 17:08

C'était à l'image d'une boucle qui se bouclait dans la plus parfaite des évidences. Leur histoire était née au Japon, elle y avait fleuri jusqu'au jour où elle avait éclaté au grand jour. Dans son cœur, il avait la sensation de revenir en terrain conquis. Son unique regret était qu'une situation ne s'était pas modifiée : la clandestinité de leur relation. En quittant le Japon plus d'un an auparavant, ils étaient des amants secrets, destinés à rester cachés dans l'ombre en attendant leur heure. Matthew avait tenu à préserver ce secret le plus longtemps possible, pensant protéger Héloïse du mieux qu'il le pouvait des foudres familiales, avant de réaliser qu'il ne cherchait qu'à se protéger lui-même. Aujourd'hui encore, ils y retournaient en portant le poids de ce secret qui prenaient des allures plus graves que la première fois. Car s'ils ne trouvaient pas vite une solution, ce mariage avec Jane risquait de se produire. A moins que... Héloïse pointa ce problème du doigt. L'échéance se rapprochait dangereusement. Matthew aurait voulu la rassurer en lui affirmant qu'il avait déjà entamé des démarches pour percer le secret de Jane. L'entreprise était en bonne voie, mais la simple idée que James puisse être en vie promettait des noirs desseins de la part de sa fiancée actuelle. Il ne souhaitait pas inquiéter la brune avec ses suppositions, déjà que la situation était suffisamment compliquée comme cela. Il prit sa main dans la sienne, la portant à ses lèvres pour y déposer un baiser. « Ne t'en fais pas, mon amour. Nous trouverons une solution comme nous l'avons toujours faits. Je te fais la promesse que rien ne pourra jamais nous séparer. » Puis il rit à la remarque d'Héloïse, un peu plus mutine chaque jour. « Dusses-tu me kidnapper, oui. » Un programme qui s'avérait grandement intéressant. Autant que celui qui les attendait au Japon !

***

« Peu importe que les gens sachent. C'est toute la beauté de la chose. » Il aimait à voir les rouges pivoine de sa petite amie, l'ourlet choqué que prenait ses lèvres à chacune de ses remarques. Il adorait l'embêter, la mener en bateau. A chaque fois qu'il voulait la faire marcher, elle courait. C'était irrésistible ! Si la fatigue ne le terrassait pas encore, il mourrait cependant de fin. Suite à leur débat, il proposa de déposer les valises à l'hôtel avant de trouver un endroit pour manger. Il aurait été capable de tout dévorer ! Ainsi, ils embarquèrent dans un taxi qui les mena à la luxueuse chambre que Matthew avait réservé pour eux. Il ne fut pas mécontent d'attester de l'espace prodigieux de leur suite. « Pardon ?! » Croyait-elle vraiment qu'elle pourrait le faire dormir sur le canapé ? Si tel était le cas, elle ne resterait pas dans le lit très longtemps ! Toutefois, son petit corps venant se blottir tout contre lui eut raison de ses récriminations. Ses bras encerclèrent ses épaules, la rapprochant de lui pour profiter de sa chaleur, de son odeur, de son parfum. « Je t'aime, Héloïse. » Leurs lèvres se lièrent aux siennes, tendrement, doucement. Il affectionnait ce bonheur simple de retrouver le contact de la femme qu'il aimait, de se convaincre que rien ne pourrait les séparer et qu'il leur restait encore tant à vivre.

Mais aussi fort que l'amour, la faim survint. Ils se mirent donc en route pour trouver un endroit où manger. Quoi de mieux pour démarrer leur séjour que de flâner dans les rues de ce pays si particulier à la recherche d'un restaurant typique ? Main dans la main, il lui semblait que son cœur était léger, dépouillé de tous les soucis qui l'alourdissaient. Plus de Jane pour lui casser les pieds, pas de père pour regarder par-dessus son épaule constamment ou observer ses moindres faits et gestes. Uniquement le bonheur d’être ensemble et de ne pas avoir besoin de se cacher. Il ne pouvait s’empêcher de jeter des regards à la dérobée à Héloïse, observant son émerveillement, le doux sourire qui paraît ses lèvres. Son bonheur le plus fort, le plus complet, le plus évident résidait dans celui de la brune à plus d’un titre. Il songeait à cette époque où ils venaient tout juste de s’avouer leur sentiment. Là encore, il leur fallait se cacher pour ne pas que leur relation éclate au grand jour, mais le Japon leur avait offert un abri pour voir fleurir leur amour. Et comme si sa pensée s’accordait à celle d’Héloïse, cette dernière lui exposa ses réflexions. Elle appréciait autant ce moment que lui, mais surtout l’idée qu’il ne serait jamais troublé par une tierce personne. Et certainement pas par Jane. La main posée sur sa hanche, il la rapprocha de lui pour déposer un baiser sur son front. « Moi aussi j’aime ce moment rien qu’à nous… Cela me ramène tant d’années en arrière. » Finalement, ils trouvèrent leur bonheur dans un restaurant typique. Cela était toujours plaisant d’être bousculé un peu dans ses habitudes. Ils durent retirer leurs chaussures, s’asseoir autant d’une table basse où il fallait se tenir en tailleur, et profiter de la chaleur d’une couverture. Les commandes furent vite prises, la faim précipitant leurs choix. Immédiatement, elle s’enquit du programme de ce séjour, l’amusant par son enthousiasme débordant. Puis elle l’attendrit par ses paroles si belles qui résonnaient avec les notes de l’amour absolue. « Tout nous a mené l’un vers l’autre. C’était écrit, Héloïse. » Son ton était doux, mais empreint d’une conviction profonde. Sa main serra plus fort la sienne. « Moi non plus, je ne changerai rien… » Il fit mine de réfléchir quelques secondes. « Quoi que… Sans doute n’aurai-je pas attendu tant de temps pour t’embrasser. Et je ne me serai jamais rétracté. » Il ne lui aurait pas fait tant de mal. Cette fois-là, dans son bureau, il n’aurait pas parlé d’erreur. Il ne se serait pas excusé pour son geste et ce baiser. Il lui aurait dit combien elle le rendait fou, combien il perdait pied avec la réalité, combien elle lui manquait à chaque seconde, enracinée dans la moindre de ses pensées. Elle était une part de lui, toujours présente dans son âme, mais qui s’était allumée à son contact. Oui, il lui aurait dit tout cela. « Quant à notre programme, il se veut très simple pour l’instant : profiter. Dans tes yeux, je ne veux que voir l’émerveillement et je veux un sourire constamment sur tes lèvres. Je ne vis que pour cela… » L’arrivée du serveur les coupa. Les plateaux disposés devant eux étaient les bienvenus. Ils ne tardèrent pas à commencer à manger. « Pour le rendez-vous, j’ai peur que ce soit compliqué de t’amener… même si tu es déguisée. Je ne veux prendre aucun risque. Surtout pas en étant si proche de la date du mariage. » Il n’aimait pas l’évoquer, mais il se refusait à en avoir peur. C’était donner trop d’importance à cette union qui était contre-nature. Il fallait qu’ils en parlent comme quelque chose qui n’aurait pas lieu. Il lui accorda un clin d’œil mutin. « Mais ne t’en fais pas, jamais un rendez-vous ne se déroulera aussi rapidement que celui-là. J’y veillerai. » Ils mangèrent ainsi, profitèrent de ce moment agréable où ils se remplissaient la panse et atténuaient la sensation de fatigue. Si bien que lorsqu’ils sortirent du restaurant, ils préférèrent faire un tour dans la ville. Main dans la main, ils se délectaient de la promenade, parlaient gaiement, imaginaient un monde dans lequel ils n’auraient plus besoin de se cacher, si bien qu’à force de converser, ils se retrouvèrent dans ce fameux parc où ils étaient allés se promener la première fois après la nuit qui avait vu naître leur amour. Il semblait que le paysage était resté figé dans le temps, que ce jardin les avait attendus toutes ces années. Ils s’arrêtèrent sur ce même pont, auréolés de la présence des cerisiers qui déversaient leurs pétales rose sur eux et ils contemplèrent le merveilleux spectacle qui s’offrait à eux. Le silence les cueillit dans sa sublime simplicité. La main de Matthew vint saisir celle d’Héloïse après un certain temps. « Je fais tout mon possible pour évincer Jane et que ce mariage n’ait pas lieu. Je traque une faiblesse, une faille, un secret qui la mettrait en défaut. Il n’y aura que quelque chose de très grave pour que mon père revienne sur sa décision et je suis persuadé qu’elle cache quelque chose de gros. Je sais que la date du mariage se rapproche et que c’est terriblement angoissant, mais je vais tout faire pour empêcher avant la date… » Il tourna la tête, imbriquant ses yeux dans ceux de la jeune femme. « Néanmoins, si nous ne trouvons aucune solution, si nous ne trouvons rien avant la date du mariage, alors tu m’épouseras Héloïse. Tu deviendras ma femme pour que Jane ne le soit jamais. Nous nous marierons en secret. » Matthew n’avait aucune foi en le mariage. Cette idée ne lui plaisait pas. Il aimait Héloïse de tout son cœur, mais il ne pensait pas encore la faire sienne pour les liens sacrés du mariage. Cette idée lui coûtait quelque peu, d’une certaine manière, mais il savait qu’elle serait la femme qu’il aimerait à jamais. Cette solution s’imposait d’elle-même. « Est-ce que cette solution te convient ? » Il se rendit subitement compte que sa voix était devenue plus grave, de gêne et d'incertitude. Mais il n’hésitait pas. Il n’hésiterait jamais.
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MessageSujet: Re: « J'ai seulement choisi l'étoile que j'aimais et depuis ce temps-là je dors avec la nuit. » + Héloïse ♥   Ven 11 Jan - 21:39

Je suis tellement contente de me retrouver au Japon. C’est un peu comme si je revoyais un vieil ami après un certain temps sans se voir. Chaque décor que j’observe, me ramène à cette première fois pour nous, ce moment où nous nous sommes déclarés notre flamme, que tout est devenu si évident. Ce souvenir me réconforte autant qu’il me transporte. C’est un instant heureux. Et en nous promenant par ici, je me remémore combien ce soir-là, et cette nuit, aura été quelque chose d’incroyablement beau et puissant, le début d’un tout. Et face à Matthew, aujourd’hui, je suis tout simplement radieuse. Et affamée. J’ai bien hâte de manger, de me délecter de nourriture japonaise. Mais en attendant, je ne perds pas de vue que nous sommes là pour profiter de nous deux, de savourer cette échappée rare pour mon anniversaire. Lui déclarer ma flamme me parait si précieux et je ne me lasse jamais de lui rappeler combien je l’aime, combien je ne regrette rien de ce qui a pu se produire au Japon. Ni même avant. J’ai des souvenirs plein la tête, je me dis qu’un jour, nos enfants seront émerveillés d’apprendre comment nous nous sommes aimés. Et combien, cet amour défie l’espace et le temps. « Les détours étaient nécessaires pour que la route devienne plus belle. » Pragmatique, je me dis que rien n’était lié au hasard, c’était ce rendez-vous si beau, continuant encore.
Je finis par l’interroger sur le programme et je n’en sais pas beaucoup plus, en dehors que nous allons profiter. Ça me convient tout à fait. « On profitera, je te le promets. » Toutefois, je ne peux m’empêcher d’être déçue quand Matthew m’explique que, même déguisée, je ne pourrais l’accompagner. Les enjeux sont trop importants. Je le comprends tout à fait, puisque notre priorité n’est pas d’ébruiter quoi que ce soit. « J’aurais bien aimé assister à un rendez-vous d’éditeur. Parfois, ça me manque, même si j’aime ce que je fais à la Comédie Musicale et que Naïa a besoin de moi. » Ce n’est pas grave ceci dit. Et tôt ou tard, nous finirons par être heureux. « D’ailleurs, il faut que je te raconte... Travailler pour Goldstein, c’est pire que dans tes bureaux, les ragots fusent tout le temps.. » Et je m’empresse de lui raconter les potins entre deux sushis et des makis, sourire aux lèvres, savourant l’instant plus que jamais.

***

« Heureusement que nous sommes allés nous promener. J’ai trop mangé... Si je m’écoutais, je roulerais. » Je gémis avant d’éclater de rire. Au milieu de la foule nippone, il y a nous deux, déambulant dans les rues, main dans la main. On s’est cassés le ventre au restaurant et maintenant, on digère. Le temps est magnifique, il fait un peu frais mais ce n’est pas grave, tout est si secondaire à côté du fait que nous marchons côte à côte sans craindre les regards. Matthew me parle du travail et j’en ressens encore tout le manque et l’envie de vouloir travailler avec lui, à nouveau. Et si je parlais à Naïa ? La connaissant, elle me dirait que ça ne la dérangerait pas que je retourne bosser dans l’édition. Je ne sais pas... J’hésite.
Et puis, j’oublie cette interrogation, happée par la beauté des lieux, dans ce jardin japonais que nous arpentons, si paisible, comparé à l’agitation de la ville. « Regarde mon amour, il y a ce pont. Tu te souviens ? » Que je lui montre du doigt. Nous nous y rendons l’esprit chargé de souvenirs, où je nous revois arriver à cet endroit, la silhouette svelte se courbant alors qu’il m’annonce que nous allons devoir nous cacher. A cette époque, je l’avais accepté sans réfléchir de la difficulté que ce serait. Avec du recul, je me rends compte que nous sommes encore dans la même situation. Et pour combien de temps encore ? Je fixe l’étang dans lequel, les carpes nagent paresseusement. Je n’en demeure pas moins détendue, dotée d’une certitude tranquille. Peu importe le chemin que nous prenons, je sais qu’on s'aime et quand on a pas le choix, on s’accroche à ça. La certitude. Matthew m’expose alors son plan, me confirmant qu’il fait tout pour évincer Jane de notre histoire. Il cherche une faille, une faiblesse. Le fixant sans rien dire, je l’écoute, le coeur battant. Ce dernier manque de s’arrêter quand il évoque la possibilité de m’épouser si aucune solution ne s’impose avant la date fatidique. Mes joues se couvrent de rouge et je l’observe avec gravité, le palpitant aux battements désordonnés. L’épouser ? Ainsi, il en est là ? À envisager cette possibilité ? Il finit par me demander si cette solution me convient ? Agir au nez et à la barbe de tout le monde. C’est sûr que Jane serait folle de rage et je n’ose même pas imaginer le père de Matthew. Mais que ferait-il de son fils ? Il pourrait le châtier, le déshériter ? C’est possible aux états-unis et je trouve cela, désolant. Néanmoins, qu’est ce qui est préférable ? Une vie d’amour sans matériel ou une vie de tristesse dans le confort d’un roi ?

« Je ne suivrais que ce que me dicte mon coeur, Matt... Et ce dernier ne me suggère qu’une seule chose. » Je porte sa main à mes lèvres, l’embrassant avec dévotion. « C’est de t’aimer jusqu’à la fin de mes jours, jusqu’à ce que ton visage me devienne insupportable. » Je ne peux m’empêcher de pouffer légèrement. « Je n’imaginais pas que tu me demanderais ma main, ainsi, je l’admets. » Et en soi, ce n’est pas dérangeant. « Mais de toute façon, je m’en fiche, tant qu’on s’aime alors rien d’autre n’a d’importance. Je t’aime et si on doit faire ça pour que tu restes mien, alors on le fera. Ceci dit... Je pense qu’on deviendra des parias dans ta famille... Et ça, pourras-tu l’accepter ? » Cette décision qui donne un risque certain de tout perdre pour lui. « Tu hériterais d’une famille un peu loufoque, et qui espionne les gens à la fenêtre, les soirs de Noël. Mais sinon... Nous sommes normaux. » Je me mets franchement à rire. « De toute façon, si je m’écoutais, je t’épouserai sur le champ. » Qu’est ce qui fait que j’arrive à avoir tant d’optimisme ? Je n’en sais rien. Juste que mon coeur est en paix depuis qu’il est revenu, que ceci m’a permis de réaliser combien le reste est tellement secondaire. « J’aurais même pu me mettre à genoux pour toi. » Comme quoi, les épreuves endurcissent, changent, permettent de grandir. « Je t’aime Matthew et si devenir ta femme est la seule solution pour empêcher Jane d’avoir ta main, alors... Marions-nous ! »
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « J'ai seulement choisi l'étoile que j'aimais et depuis ce temps-là je dors avec la nuit. » + Héloïse ♥   Mer 30 Jan - 21:36

Il s’agissait d’une sensation étrange que celle d’être à nouveau au Japon, au bras de la femme qu’il aimait. Un même décor, des mêmes acteurs, mais une histoire autrement différente. A s’y méprendre, il aurait pu s’agir d’un bon dans le passé, de la vision de souvenirs si tendres d’un séjour inattendu et merveilleux à la fois. Ce pays avait vu leur amour éclater au grand jour. Ils avaient été aveuglés, étourdis, médusés. Dès lors, il semblait à Matthew que le temps n’avait cessé de défiler à une vitesse impressionnante, les embarquant sur un manège qui ne décélérait pas, les propulsant à pleine puissance sur les rails improbables de l’existence. Mais avec sa main dans celle d’Héloïse, il ne craignait pas le lendemain, ni la destination de cette machinerie diabolique. Il avait confiance en l’avenir tant que la jeune femme demeurait à ses côtés. Ils avaient tant vécu, ils avaient affronté tellement de choses, ils avaient ouvert leurs cœurs avec tant de sincérité que le doute n’était plus possible. Leur histoire laissait place à une évidence folle, celle qu’ils étaient destinés l’un à l’autre, que rien ni personne ne pourrait jamais les séparer. L’un ne pouvait vivre si l’autre n’existait pas. Il était dépendant d’elle. Autant que l’assoiffé a besoin d’eau, autant que les poumons ont besoin d’oxygène, autant que l’enfant a besoin des bras de sa mère. Le secret les avait transportés dans une expérience grisante et merveilleuse. Il avait aimé défendre l’intimité de leur relation, l’idée qu’elle n’était qu’à lui et que son cœur battait pour lui uniquement. Jouer la comédie avait été amusant au départ, à masquer les regards, à voiler les mots d’amour pour ne les chuchoter que dans l’ombre, pour s’aimer dans le noir. Puis il avait dû assumer sa relation avec la jeune femme, lui montrer l’étendue de son amour en affrontant le regard des autres et de son père. Il avait imposé son choix, faisant fi de toutes les craintes qu’il pouvait ressentir face au courroux familial. Mais il s’était cru plus fort, plus imposant que son père et il avait négligé la cruauté de ses plans. De même qu’il n’avait pas pris au sérieux la menace que représentait Jane. Finalement, c’était eux qui étaient presque parvenus à les briser. Ils avaient été séparés, accablés de chagrin. Ils avaient souffert chacun de leur côté, le corps et l’âme à l’agonie. Sauf qu’il s’était montré trop naïf. Comment avait-il pu croire qu’il parviendrait à traverser cette existence démente sans Héloïse ? Comment avait-il pu croire qu’elle se laisserait abuser par tant de mensonges ? Comment avait-il pu croire qu’ils n’étaient pas assez forts pour défier les machinations qui s’écrasaient sur eux ? Désormais, Matthew voyait l’avenir différemment. Et même si le Japon conservait ses paysages d’antan, son œil était neuf et clair. Il savait qu’il ne serait pas aisé d’annuler ce mariage. Ses pistes le menaient vers une vérité qui glissait vers un terrain dangereux. Il commençait à douter de l’issue véritable de cette histoire. Mais il demeurait sûr d’une chose : il n’épouserait pas Jane, même si pour cela, il devait déjà unir sa vie à Héloïse. Et c’était ce qu’il était en train de lui expliquer.

Il n’était pas simple pour Matthew d’évoquer cette alternative. Voilà longtemps que sa vision du mariage n’était guère florissante. Bien qu’il aime Héloïse de tout son être et qu’il sache qu’il lierait sa vie à la sienne, il n’était pas prêt à un tel engagement. Toutefois, si cette solution devait être la seule qui les sauverait d’un mariage injuste, alors il était prêt à sauter le pas. Et en même temps qu’il prononçait ces mots, il réalisait qu’elle pouvait très bien dire non. Jusqu’où les mènerait cette histoire ? Jusqu’à quel sacrifice était-elle prêt à subir pour l’amour de Matthew ? Affronter sa famille en étant sa petite-amie était une chose, en subir les foudres en étant sa femme était autre chose. Il savait qu’il s’exposerait à une disgrâce terrible de la part de son père et de sa famille. Il perdrait son héritage, son entreprise, sa fortune. Il ne serait plus rien. Mais être aux côtés d’Héloïse lui suffisait. Il s’en rendait compte à présent. Lui qui avait tant craint de tout perdre, il comprenait que son unique bien le plus précieux était le regard de cette brune qui prenait maintenant sa main. Il contempla la flamme merveilleuse qui brillait dans ses yeux et embrasait son cœur. Il s’abreuva de ces mots si chers à son cœur, si doux et si sincères. Il sourit à l’adorable rougeur qui prenaient ses joues. Cette rougeur qui lui faisait toujours autant tourner la tête, même après tout ce temps. « Je ne vois guère d’autres solutions. » admit Matthew quand elle reconnut être étonnée par sa proposition. Sa réponse paraissait d’une rigueur pragmatique mais la brune savait y apporter l’émotion nécessaire. Bon sang, qu’il l’aimait… De tout son être, de toutes ses tripes, de toute son âme. « Je sais ce qu’un tel acte impliquerait. Mais je n’ai pas peur, Héloïse. Je n’ai plus peur d’être rejeté, déshérité, bafoué si la récompense est de vivre pour toujours à tes côtés. » Ses doigts se serrèrent plus forts autour des siens. Un sourire naquit au coin de ses lèvres. « Et si je perds ma famille pour hériter d’une famille plus loufoque encore que la mienne, alors j’essayerai de me faire une raison. Il paraît que le jeu en vaut la chandelle. » Il retrouva son sérieux, plongeant son regard dans celui d’Héloïse pour obtenir toute son attention. « Néanmoins, ce mariage ne doit avoir lieu qu’en dernier recours. Je pense avoir peut-être trouvé quelque chose… une piste qu’il me faut approfondir, mais je ne suis encore sûr de rien. Tout ce que je demande, Héloïse, c’est de me faire confiance. » Il quitta la gravité de son expression. Il ne souhaitait pas inquiéter la jeune femme outre mesure. « Ce séjour est à nous, mon amour. Rien qu’à nous. Profitons-en et ne pensons plus à demain. »

***

Ils avaient poursuivi leur promenade jusqu’à ce qu’ils ne soient complètement fourbus et que la fatigue du vol ne se fasse ressentir. Ils retournèrent donc à l’hôtel et s’accordèrent un bref repos dans les bras l’un de l’autre. L’attrait des beautés du Japon les reprit cependant plus tard. Et tandis que l’après-midi touchait à sa fin, ils repartirent faire un tour dans les rues de la ville main dans la main. Il appréciait la simplicité de ces instants où ils parlaient de tout et de rien, où le silence pouvait s’installer parfois sans la moindre forme de gêne, à ces regards complices qu’ils s’échangeaient dans une tendre intimité. Puis leurs pas les menèrent vers une rue qu’ils reconnurent. « Héloïse, tu vois ce que je voie ? » Ils observèrent l’un et l’autre l’établissement qui recueillaient de trop bons souvenirs pour être oubliés. « Dis-moi, tu n’aurais pas envie d’un petit cocktail par hasard ? » dit-il d’un ton mutin.
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