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 Un jour tu verras, ton cœur chantera et tu comprendras. | ft. June ♥

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Josh McCarthy
Josh McCarthy
DATE D'INSCRIPTION : 30/10/2016
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MessageSujet: Un jour tu verras, ton cœur chantera et tu comprendras. | ft. June ♥   Lun 14 Jan - 2:42



June & Josh



Un jour tu verras, ton cœur chantera et tu comprendras.




LOS ANGELES

Je me retournais dans tous les sens dans mon lit. Je ne pouvais pas dormir. Mes pensées étaient bien trop prises, tout se bousculait à l’intérieur. Je ne savais plus quoi penser, plus quoi faire. J’essayais de tout réinterpréter. Si son frère était venu me voir, ce n’était pas pour rien. Des signes ont sûrement dû être laissés par-ci par-là avant son départ. Impossible qu’elle se soit dit que je lui manquais un petit peu en mangeant ses raviolis réchauffés dans la salle de pause de son nouvel hôpital. Et pourtant, j’avais beau tenté de me souvenir, je ne me souvenais pas d’un moindre signe. Vraiment, mon haut coefficient intellectuel ne me servait absolument à rien dans cette situation. J’en revenais à douter de tout, de moi-même. Comment avais-je pu aussi mal interpréter certaines de ses paroles ? Je m’épuisais par ma nullité en matière de relations amoureuses. Je n’avais plus les idées claires. Je quittais mon lit, emportant sans le vouloir la couverture à moi, la laissant tomber contre le parquet. Sortant de ma chambre, la lumière dans le salon était allumée. Qui j’y retrouvais ? Megan, forcément. J’aurais souhaité la retrouver en train de faire la vaisselle, un brin de ménage ou bien du rangement, mais non, elle était affalée dans le canapé devant un film, un seau de pop-corns en main. « Tu ne dors toujours pas ? » lui demandais-je. Question stupide et inutile, bonsoir. « Si si, je suis en plein rêve. Je te rappelle à la pub. » répondait-elle tout aussi stupidement. Question bête, réponse bête. Je soupirais. « C’est plutôt à toi que je devrais demander ça. Tu ne dors toujours pas ? Tu ne bosses pas demain ? » demandait-elle à son tour. « Si, je travaille demain. Mais je n’arrive pas à dormir. Quelque chose me tracasse. Et je précise déjà que je ne veux pas en parler. » Au moins, je m’étais directement les choses au clair. Megan, cette fouineuse, voulait toujours tout savoir. Et je n’avais pas envie de recevoir des remarques, conseils ou autres paroles non désirées de sa part. Elle haussait simplement les épaules, certainement plus intéressée par son film que par mes problèmes, en replongeant sa main dans son pot de maïs soufflé. Elle allait tout prendre sur les hanches avec un encas nocturne comme celui-ci. Il y en avait assez pour cinq personnes dans son saladier. Puis je restais un moment comme ça, les yeux rivés sur l’écran de la télévision, sans pour autant la regarder.

Qu’est-ce que je foutais là ? Je quittais le canapé en trombe, me dirigeant d’un pas décidé vers ma chambre. J’ouvrais d’un geste sec la porte de mon dressing, en sortant ma valise. Une valise généralement utilisée pour les voyages d’affaires, uniquement pour le travail. Il faut dire que je n’avais pas la possibilité de voyage pour le loisir très souvent, voire carrément jamais. Là, ce n’était ni pour les affaires, ni pour le loisir. C’était une nécessité. C’était un voyage obligatoire. J’allais à New York. Sur un coup de tête, certes, mais un coup de tête réfléchi un minimum. Il fallait que j’arrête tout cela, toutes ces pensées se bousculant dans tous les sens dans ma tête. Il fallait que je la voie, que je la retrouve, que je lui parle. C’était urgent, comme un besoin irrémédiable. Il y avait trop de non-dits. J’aurais pu l’appeler, lui envoyer un texto, mais j’avais fini avec ces jeux de gamins. Là, il fallait du concret, du face à face, de vraies paroles directes. Je jetais la valise sur mon lit, n’ayant pas peur de réveiller quelqu’un dans la colocation avec tout le remue-ménage que je faisais. Les murs étaient trop fins pour que ça passe totalement inaperçu. J’attrapais des fringues carrément au pif dans l’armoire, les déposant rapidement dans ma valise pour qu’elle soit remplie au plus vite. J’avais mis le minimum syndical dans ma valise pour un court voyage. Par court voyage, j’entendais un jour ou deux uniquement. Ce n’était pas prévu que ça prenne plus de temps. C’était juste une discussion, pas un événement s’étalant sur plusieurs jours. Puis je prenais la route de l’aéroport.

Arrivé à l’aéroport, je me dirigeais au comptoir en demandant le premier vol pour New York, présentant ma pièce d’identité. « Nous sommes désolés, les vols sont annulés momentanément. Un violent orage nous oblige à suspendre nos lignes aériennes. » présentait l’hôtesse avec un air compatissant. Il était évident qu’on voulait me mettre des bâtons dans les roues quand je semblais prendre une bonne décision. Oui, j’étais persuadé que c’était la chose à faire, pour avancer, tous les deux. Chacun de notre côté, ou bien ensemble. Je reprenais ma pièce d’identité, la glissant tristement dans la poche de mon manteau. Demi-tour. Sur le trajet me ramenant chez moi, je réfléchissais à ce que je pouvais faire. Lui téléphoner ne faisant toujours pas partie des options. Puis une pensée me traversa l’esprit. Los Angeles-New York, ce n’est pas si énorme. Allez, ça fait quoi… Une petite dizaine d’heures de route ?


***


NEW YORK

J’avais été bien loin du compte. J’avais finalement opté pour faire le trajet en voiture. Mais quelle idée ! J’avais déjà fait deux jours route, j’entamais le troisième, avait dormi dans des motels miteux, avait pris un baba cool en stop pendant une centaine de kilomètres, avait dû remettre trois plein d’essence, avait aidé une pauvre âme au bord de la route à changer sa roue qui venait de crever, m’étais perdu dans une cambrousse dont je n’arrivais pas à me dépêtrer… Et le pire dans tout ça, c’est que j’avais oublié de prévenir l’hôpital de mon absence ces prochains jours. J’avais eu la tête tellement occupée à prendre les voiles et filer vers New York que ça m’était sorti de la tête jusqu’à leur appel. Heureusement pour moi, ils ne m’en tiendraient pas rigueur pour le travail exceptionnel que je fais à l’hôpital tous les autres jours de l’année. Mais j’y étais finalement arrivé, à New York, devant l’hôpital de New York. Il faut dire que je n’avais pas d’autres pistes pour la retrouver dans la ville de la grande pomme. Je ne connaissais pas ses habitudes, où elle traînait en-dehors du travail, ni même l’adresse de son appartement. C’était ma seule et unique piste. Je me réarrangeais dans le rétroviseur, histoire de ne pas voir que j’avais passé trois jours dans ma voiture avec pour seule compagnie la radio. Clairement, on pouvait me faire un blind-test des musiques du moment, j’étais imbattable. Je sortais de ma voiture, plus fatigué que jamais. A cet instant-là, je n’avais plus jamais envie de reprendre le volant de ma vie. Trop de route tuait la route. Puis j’avançais doucement vers l’entrée de l’hôpital. Je me demandais désormais si ça se faisait de débarquer à son travail, comme ça, sans prévenir. C’était légèrement impoli, non ?

Arrivant au comptoir des infirmières, je souriais à la bonne femme me faisant face. « Bonsoir. Pouvez-vous me dire où puis-je trouver le service de neurochirurgie, s’il vous plait ? » lui demandais-je bien poliment. J’étais déjà venu dans cet hôpital – par un trajet par avion, je précise – et connaissais donc déjà les locaux. Cependant, si je souhaitais me rendre dans les couloirs de neurochirurgie en toute sérénité, il me fallait un laisser-passer. « Vous êtes ? » me demandait-elle, d’un air méfiant. C’était certainement une femme qui devait se faire prendre pour une pigeonne régulièrement, elle se méfiait d’un rien désormais. Probablement une naïve bien trop gentille. C’est triste. « Josh McCarthy. Neurochirurgien à l’hôpital de Los Angeles. Je n’ai pas prévenu pas prévu de ma visite qui est plutôt improvisée. J’ai besoin de voir un confrère. » me présentais-je avec un large sourire, sortant même mon badge pour donner de la crédibilité et qu’elle accélère le mouvement. Et quelques instants plus tard, j’obtenais mon pass pour entrer dans les coulisses de l’hôpital. C’était l’avantage. Je masquais tout de même la raison de ma vraie venue, à savoir : voir June McGregor. Je ne savais pas encore réellement ce que j’allais dire, comment lui dire, ce qui se passerait ensuite… C’était le flou complet. Mes pensées se mélangeaient à nouveau dans l’ascenseur qui me menait jusqu’à mon ancienne interne. Je ne savais même pas si elle travaillait à l’heure qu’il était, au jour où nous étions, j’étais venu sans la moindre information. Et bien sûr, je n’avais rien demandé à l’infirmière tenant l’accueil en cette fin de journée. Vraiment, des fois, j’avais de bonnes idées. Les portes de l’ascenseur s’ouvraient enfin, les gens présents à l’intérieur de celui-ci sortaient chacun à leur tour, jusqu’à ce qu’il ne reste que moi. Et alors que j’allais sortir de l’ascenseur pour avancer dans le couloir de neurochirurgie, je fus bloqué dans mon élan par la vue de June déambulant dans le couloir. « June. » soufflais-je avant que les portes dudit ascenseur ne se referme lentement. Crétin. Je restais quelques secondes comme cela avant que je percute qu’il fallait que j’appuie rapidement sur l’ouverture des portes avant que celui-ci ne reparte à un autre étage. Je m’exécutais et sortais rapidement de cette cage de fer une fois ses portes ouvertes. Elle était là, au fond du couloir à parler à un collègue. Je restais muet, l’observant silencieusement de loin jusqu’à ce qu’elle finisse sa conversation.

Je la revoyais enfin.


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June H. McGregor
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June H. McGregor
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MessageSujet: Re: Un jour tu verras, ton cœur chantera et tu comprendras. | ft. June ♥   Jeu 17 Jan - 15:55


Ses yeux étaient rivés sur son cavalier, les mains posées autour de son cou dans une danse sensuelle, elle n’avait d’yeux que pour lui et juste lui. Ce n’était pas une réception simple ni un lieu des plus quelconques. La salle était grande, l’une de ces salles de bals magnifiques que l’on ne trouve plus que dans d’ancienne bâtisse. Une salle de bal aux plafonds peint par des artistes trop peu connus au vu de leur talent, une décoration digne des plus grands décorateurs d’intérieur, les tables se trouvaient autour de la piste de danse. Recouverte de nappe d’un blanc nacré, pour que la robe de la jeune femme paraisse aussi blanche et pure que possible, il y trônait au centre de chaque des décorations dignes de contes de fées. Chacun possédait sa place dans cet orchestre de beauté, les serveurs apportaient quelques coupes de champagne sur de petit plateau argenté. Toute l’assemblée portait des tenues radieuses, la famille McGregor prenait même plaisir à plaisanter avec des personnes inconnues à leur cercle d’amis si restreint. La jeune femme s’autorisa une brève œillade sur ces personnes rassemblées autour d’eux et un sourire peignit ses lèvres tandis que, rougissante, elle posait de nouveau les yeux sur son homme. Son homme. Oui, rien n’y personne ne pourrait plus les séparer désormais. La cérémonie fut solennelle telle que dictée par les conditions de la famille d’aristocrates, la réception également fut gérée par les parents de cette mariée, mais son amour pour cet homme n’était bien que pour elle et elle seule. Personne n’avait à leur dire quoi que ce soit, sur comment ils devaient s’occuper de leur couple, comment se dire « je t’aime » au creux de l’oreille lorsque personne ne les observe, personne n’a le droit de dicter leur conduite car ils sont l’un à l’autre. Et à part l’avis de son époux, de son mari, rien ne compte désormais. Dans un léger soupir, son front vient s’appuyer sur l’épaule de son amant, est-ce que ce bonheur serait éternel ? Allait-elle le ressentir pour toujours maintenant ?
Mais alors que la danse n’est pas terminée, elle sent son homme s’éloigner d’elle. Curieuse elle redresse la tête en ouvrant les yeux. La scène semblait se passer au ralenti devant elle. Personne ne les observait, son amant lui accorda un bref sourire comme l’on sourit à une amie de manière polie. Ses yeux se portaient au loin dans la petite foule d’invités, l’une d’entre eux ressortait clairement du lot. Une blonde, une blonde à la silhouette i parfaite et envoutante que de nombreux regards se posèrent sur ce corps parfait et sans aucuns défauts. La jeune femme voulut rattraper son époux, posant une main sur son bras pour freiner cette course qui semblait irrémédiablement le diriger vers cette inconnue. Avait-elle été invité par des amis à lui ? Ou était-elle venue avec sa famille à elle ? Il partait, il s’éloignait, June fit de son mieux pour ne pas se mettre dans tous ses états alors que cet homme prit l’autre femme dans ses bras, la serrant si fort contre lui que son cœur faillit en exploser en milles morceaux. Elle se reprit, voulut faire un pas en avant … « Josh ! » Dit-elle dans un murmure plaintif, elle ne sentit pas la première larme rouler sur sa joue, ni la deuxième, tant la blessure était vive dans son cœur et alors des paroles qui lui semblaient familières résonnèrent contre les murs de la magnifique salle de bal. « La vérité, c’est que désormais, tout est fini. Plus rien ne nous lie. Tu es libre de faire ce que tu veux McGregor. » Son cœur explosa, se laissant tomber sur le sol dans sa somptueuse robe de princesse tandis qu’il quittait la pièce au bras de cette mystérieuse inconnue, bien plus belle, bien plus intéressante qu’elle.


Un coup sur le côté de son lit la ramena brutalement dans la réalité. Snow venait de sauter sur son lit avec très peu de discrétion. La neurochirurgienne poussa un long soupir en se frottant le visage énergiquement. Encore ? Venait-elle encore de rêver de lui ? Venait-elle encore de rêver de ces horribles paroles qui lui avaient lancées au visage bien avant son départ pour New-York ? Il faut croire que oui. Cela faisait des mois qu’elle n’avait aucunes nouvelles de lui, qu’elle s’efforçait de ne rien regarder de sa page Facebook et qu’elle se freinait des 4 fers pour ne pas lui envoyer un message pour prendre de ses nouvelles. Elle ne s’abaisserait pas à ça, ce serait rendre son humiliation plus grande encore. Comme si fuir à New-York n’était pas encore assez cuisant comme défaite contre cet homme. Son chat se mit à ronronner, avait-il senti la détresse de sa maitresse dans son sommeil ? Elle lui devait une belle friandise pour l’avoir réveillée de ce cauchemar, car, en général, cela si finissait en crise de larme dans sa belle robe blanche, les moqueries de ses parents sur son incapacité à trouver quelqu’un de bon et le regard de profonde tristesse de la part de son frère et de sa sœur. Incapable de bouger ou de faire le moindre pas vers elle, seule contre le monde, comme elle l’est en ce moment à New-York.

Il était 16h. La veille s’était terminée sur une opération très longue et compliquée, enlevée une tumeur du cerveau n’est jamais un jeu d’enfant. Son patient n’allant pas s’éveiller avant de longues heures, elle avait préféré rentrer chez elle pour se reposer et nourrir son chat. Il ne fallait pas l’oublier. Elle était donc rentrée chez elle vers 8h du matin et s’était écroulée sur son lit après une douche rapide.
Son bipper la tira du lit, son patient commençait à émerger et elle devait pratiquer les derniers examens pour voir si tout était bon. Très bien, elle sauta du lit après un bref câlin à son chat, enfila une tenue simple et fila vers son lieu de travail.

« Très bien, les derniers résultats sont bons, tout semble en ordre, en ce qui concerne la mémoire il vaut mieux attendre encore un peu. Il doit encore avoir du mal à se réveiller mais comme tout le reste semble parfait, je pense pouvoir assurer que cette opération fut une réussite ! » Dit-elle en signant des papiers sur un bureau devant la chambre de son patient, parlant avec l’infirmière présente et une de ses amies qui avait participé avec elle. « Très bien ! Alors je rentre enfin chez moi ! » Dit cette dernière en s’étirant longuement. « Quoi ? Tu n’es pas rentrée chez toi ?! » S’exclame June qui aurait été parfaitement incapable de ne pas se reposer après une telle opération. Son amie lui accorda un clin d’œil et la neurochirurgienne sourit, d’accord elle ne s’était pas reposée seule ici. « Tout s’explique donc ! Tu t’es donc réconciliée avec ton urgentiste ? » Dit-elle sur un ton léger, l’enviant un peu de cette relation, certes tumultueuse, mais romantique. « Oui ! D’ailleurs c’était vraiment épi… » La blonde la stoppa directement d’un petit signe de main. Son amie se moquait généralement d’elle en lui racontant les moindres détails de sa vie amoureuse et la jeune anglaise en entendait bien assez pour finir parfois choquée et rougissante. « C’est qui lui ? Pourquoi il nous fixe comme ça ? » S’exclame alors son amie, redressant la tête pour observer un point dans le dos de la blonde. Celle-ci regarda encore les papiers, vérifiant qu’elle n’avait rien oublié pour pouvoir les donner à l’infirmière « J’ai l’impression de le connaître, il me semble l’avoir vu pour donner un coup de main pour un ancien patient en neuro. » Dit la vieille dame en se saisissant du dossier que la chirurgienne lui tendait. « Mais je suis là maintenant ! Vous n’avez plus besoin de qui que ce soit ! » Rie-t-elle de bon cœur, heureusement d’avoir sauvé une vie, du moins l’espère-t-elle. Les deux autres femmes se joignirent à elle et June se saisit de son gobelet de café pour se diriger vers l’ascenseur. C’est alors que ses yeux croisèrent ce regard si familier pour lequel elle se damnerait chaque nuit. Tétanisée devant cette soudaine apparition, elle en lâcha son gobelet sur le sol, étalant le café par terre. Son cœur tambourinait si fort qu’elle crut qu’il allait s’enfuir de sa poitrine, elle entendit son amie s’exclamer, suivit par l’infirmière, toutes les deux s’inquiétant directement pour la santé de la jeune femme qui semblait pétrifiée. Ses yeux ne pouvaient pas s’empêcher de fixer celui qui lui faisait face un peu plus loin, impossible, elle ne pouvait pas se tromper. Sa voix résonnait encore trop clairement dans sa tête et ce qu’elle ressentait pour lui formait une énorme boule dans son estomac. Elle se félicita d’ailleurs de n’avoir rien avaler tellement elle avait l’estomac retourné. « Josh … » Finit-elle par murmurer au bot de longues minutes à étudier cet homme dont elle est littéralement et irrévocablement amoureuse. « Je ne savais pas que l’hôpital avait fait une demande pour te recevoir un moment ici, j’ai finalement réussi par retirer la tumeur toute seule … » Qu’elle commence à murmurer, ne comprennant pas pour quelle autre raison il pourrait bien se trouver devant elle.
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Josh McCarthy
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MessageSujet: Re: Un jour tu verras, ton cœur chantera et tu comprendras. | ft. June ♥   Dim 20 Jan - 23:07



June & Josh



Un jour tu verras, ton cœur chantera et tu comprendras.



J’étais désormais à New York. J’avais fait tous ces kilomètres pour finalement la voir, la retrouver. J’espérais intérieurement qu’on aurait le droit à de romantiques retrouvailles. On arriverait en slow motion vers l’autre, courant avec le vent dans les cheveux, sourire aux lèvres, pour finalement se serrer longuement dans les bras afin que j’ai le temps de sentir son odeur, son parfum, retrouver toutes ces petites choses qui m’avaient manquées, pour finalement tout sceller par un baiser. Une typique scène de film à l’eau de rose dont on se moque mais dont on rêve de vivre la scène. J’aurais voulu que ça se passe comme ça, juste histoire de vivre une telle scène comme celle-ci dans ma vie, mais rien ne se passait comme dans les films… A peine le pied déposé devant l’entrée de l’hôpital de New York, une peur m’envahissant me demandait de faire demi-tour. Je n’étais pas sûr de moi, je ne l’avais jamais réellement été avec June, sauf le soir à Vegas. C’était l’unique fois où j’étais sûr de moi, où je disais réellement ce que je pensais, que je faisais vraiment ce que je voulais faire. Je ne pensais à rien d’autre, à personne, et encore moins aux conséquences que tout cela engendrait. C’était juste elle et moi. Puis tout s’est compliqué à Los Angeles. Des non-dits, de sombres pensées, de fausses paroles. Tout s’était embrouillé dans ma tête, à un tel point que je pensais avec conviction que j’agissais dans notre intérêt. Mais c’était faux. Ça m’avait pourri l’existence de vivre dans ce déni complet. Ça m’avait complétement dévasté de tout faire dans le sens contraire que ce que j’aurais voulu. Je venais pour remettre les choses en ordre, dire tout ce qui avait été caché tous ces mois, faire tout ce que je n’avais pas osé faire. Cependant, même si mon cœur en mourrait d’envie, ma tête semblait être plus résistante. Et si j’avais bien agi tout ce temps-là et que je venais tout casser ? Si nous avions finalement réussi à se sortir de tout cela, et que je venais tout rassembler inutilement afin de se faire plus de mal ? Je doutais de tout. Mes pieds refusaient de faire le moindre pas vers cet établissement. La peur, l’appréhension. Et si j’étais mal reçu de la part de June ? Peut-être n’avait-elle pas envie de me voir. Elle était partie à New York pour tout rompre avec moi, s’éloigner le plus possible, allant même jusqu’à l’autre bout du pays. Elle avait probablement tourné la page depuis bien longtemps. Elle devait voir d’autres hommes, même si cela me surprendrait un peu, mais qui sait, peut-être avait-elle changé de la sorte. Elle m’avait sûrement déjà oublié, n’étant qu’une poussière dans sa prestigieuse vie, d’un avenir assuré. Je ne devais plus n’être qu’un souvenir, et encore, ce serait me considérer. Elle devait se plaire ici, avoir rencontré de belles personnes et ne plus vouloir jamais en partir. Que faisais-je ici ? Je ne pouvais pas basculer toute sa vie new-yorkaise ainsi, ce serait déplacé après tout ce qu’on a vécu ensemble. Et surtout, après lui avoir eu des paroles comme je lui avais sorties avant qu’elle quitte Los Angeles. J’avais mal agi avec elle, même sans compter cette histoire de mariage bidon. J’avais été dur avec elle, elle qui semblait si fragile pourtant. Et pourtant, je tentais de me convaincre que je l’avais fait pour elle. Oui, je l’avais fait pour elle. Aussi pour moi, afin que je l’oublie au plus vite. A voir ce que ça avait donné… J’étais bel et bien ici, dans la ville de la grosse pomme, prêt à la retrouver. A rouler des heures, des jours, avec la seule envie en tête : revoir son visage. C’était presque si j’avais oublié, après tous ces mois, à quoi elle ressemblait. J’avais beau y réfléchir, y repenser, j’étais persuadé d’avoir oublié quelques signes de son visage. Je ne me souvenais plus de si elle avait les oreilles percées, si elle avait un grain de beauté dissimulé sur son visage de poupée, si elle avait les cheveux qui lui arrivaient au niveau des épaules ou bien en milieu de dos… Je n’avais pas assez mémorisé son visage. J’en perdais son image, mes souvenirs d’elle s’effaçaient un peu plus chaque jour. Je sentais que je la perdais. Et pourtant, je ne voulais pas croire que tout était déjà perdu. J’avais envie de sauver cette histoire, si toutefois il restait quelque chose à sauver.

J’avais finalement réussi à joindre l’étage où se trouvait le service de neurochirurgie, jusqu’à la voir apparaître devant moi. Soudain, tout revenait. Son image. Sa mèche blonde déposée derrière son oreille, sa façon de penser ses lèvres avant de parler, ses stylos tous si bien alignés les uns à côté des autres dans la poche de sa blouse blanche, ses yeux olive et noisette, tout me revenait. Peu à peu, je m’imprégnais à nouveau de tout ce que ma mémoire avait souhaité effacé. J’en hésitais même à presque faire demi-tour à ce moment-même, quand les portes de l’ascenseur se refermaient devant moi. J’aurais pu, elle ne m’avait pas vu, tandis que j’avais vu ce que je voulais voir. Elle allait bien. C’était le principal. J’avais peut-être bien fait de lui dire toutes ces choses pour qu’elle vive une vie qu’elle méritait, une vie sans moi. C’était comme s’il m’avait fallu ma dose de June McGregor et que je pouvais finalement retourner à Los Angeles, mieux. Mais mon doigt en avait décidé autrement pour appuyer sur l’ouverture des portes. J’en sortais, fragilisé par son apparition. J’avais peur d’être faible face à elle, simplement parce que j’avais beaucoup trop voulu que ça arrive, que je la revois. J’avais surtout peur qu’elle me rejette. J’avais peur qu’elle me dise que j’avais été dur, que j’avais eu des paroles autant brutales que blessantes, que j’avais été le pire des hommes. Et j’avais peur par-dessus tout qu’elle me demande de partir, me disant qu’elle ne voulait plus jamais me voir parce qu’elle était mieux sans moi. Moi, je ne serais jamais mieux sans elle…

Je l’observais de loin, faisant par moments comme si j’étais à une exposition de peinture en feintant de regarder les murs blancs comme si c’étaient de véritables œuvres d’art, pour finalement mieux raviser mon regard vers elle. Elle était en grande conversation avec l’une de ses collègues. Leurs sourires en disant beaucoup, elles semblaient bien s’entendre. Et rien qu’à la regarder sourire, j’avais envie de sourire à mon tour. Elle s’était fait de nouveaux amis, et je remerciais lesdits amis pour qu’ils aient fait que son déménagement fut plus facile. Elle avait tout quitté, toute sa vie californienne pour aller dans l’inconnu de New York. Je l’avais fait fuir, j’en étais convaincu. Sa collègue dirigeant son regard vers moi, je détournais le mien pour regarder les autres personnes parcourant le couloir, je regardais mes chaussures pour voir si mes lacets étaient bien faits, puis je jetais un coup d’œil à ma montre. Il était tard, bon sang. L’heure filait à une vitesse monstre. Mes yeux se retournaient finalement, très lentement, vers les deux chirurgiennes pour voir qu’il n’en restait plus aucune à l’endroit où elles étaient jusqu’alors. Paniqué, perdu. Je l’avais à nouveau perdu. Enfin, c’est ce que je pensais avant de regarder un peu plus près de moi, attiré par le bruit d’une femme qui venait de renverser son café sur le sol. June, c’était June. Immédiatement, je courrais vers elle. Je ramassais son gobelet de café, avec plus une seule goutte de café à l’intérieur. Elle avait toujours été gauche. C’est aussi ce que j’aimais chez elle, elle en devenait attachante. « Tu ne t’es pas brûlée ? » lui demandais-je, la regardant d’un air inquiet. Alors que finalement, il ne s’agissait que d’un café. Et puis, les cafés qu’on buvait à l’hôpital étaient rarement chauds, tellement une mettait une éternité à commencer à les boire, toujours appelés au four et au moulin. Au moins, grâce au café, nous avions évité le fameux « Oh tiens June, tu viens souvent ici ? » que j’aurais facilement pu sortir sous le coup de la pression que ces retrouvailles me donnaient. « Josh … » Le son de sa voix. Si reconnaissable, comment avais-je pu l’oublier. Surtout quand celle-ci prononçait mon prénom. « Je ne savais pas que l’hôpital avait fait une demande pour te recevoir un moment ici, j’ai finalement réussi par retirer la tumeur toute seule … » ajoutait-elle, certainement surprise de me retrouver ici, à l’hôpital de New York. Et de toute façon, il n’y aurait pas de raison d’appeler un autre neurochirurgien s’ils avaient June McGregor. Je le savais, je l’avais formée. « Il n’en a pas fait. » répondais-je alors, laissant alors comprendre que je n’étais pas là pour le travail, mais bel et bien pour autre chose. Il ne fallait pas être malin comprendre que j’étais là pour elle. « Je suis là pour… » J’hésitais. Est-ce que je prenais le risque de tout dire ? Est-ce que je lui disais que j’avais fait tout ce chemin pour elle, pour lui dire que je l’aimais ? Ce serait remettre notre histoire passée sur le tapis. Ce serait alors ramener un tas de questions, un tas de doutes. Ce serait demander de remettre nos vies en question. Et si elle aimait New York et les personnes qui s’y trouvait ? Et si je ne comptais pas pour elle, tandis qu’elle était devenue tout pour moi ? « Pour toi. Pour te voir. » dis-je enfin, arrêtant de faire le fier. Les choses devaient être dites. Je ne voulais plus vivre dans le mensonge. « Tu me manquais, McGregor. » Je lui disais enfin. Je n’avais pas eu peur de le dire à voix haute, de le dire directement à June. Elle me manquait. Cruellement. « Je suis désolé de débarquer à l’improviste. Je ne me voyais pas vraiment t’envoyer un message. Je passais à côté, et je me suis dit que j’allais venir voir comment tu te sentais à New York, tout simplement. » Faux. Totalement faux. On sentait le mensonge à plein nez. Elle allait cramer que je mentais, c’était sûr. J’avais le don de ne pas dire réellement les choses, c’était maladif. « Tu as du temps devant toi ou tu es prise ? » lui demandais-je, histoire de ne pas discuter dans le couloir. J’étais déjà bien assez gêné devant elle, je n’avais pas besoin de l’être devant des dizaines d’autres personnes. D’autant plus que le passage me dérangerait sûrement si je disais tout ce que j’avais à lui dire. « De toute façon, tu as besoin d’un autre café, non ? » tentais-je de plaisanter afin d'enlever l’embarras qui m’avait envahi.


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