AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Maybe together we can get somewhere | Anne&Colin

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Colin Finningham
Colin Finningham
DATE D'INSCRIPTION : 28/01/2019
MESSAGES : 188

MessageSujet: Maybe together we can get somewhere | Anne&Colin   Sam 2 Fév - 0:02


 
Maybe together we can get somewhere
  Christian Kane - Fast car
 
 

 


Je marchais d’un pas nonchalant, une cigarette aux lèvres, une main dans la poche de mon jeans délavé, levant à peine les yeux pour regarder les gens qui passaient près de moi sur le trottoir. C’est que j’étais concentré; depuis quelques jours, je travaillais sur une mélodie avec laquelle je m’étais éveillé un matin. Je n’avais encore aucune idée des paroles qui l’accompagnerait, mais ce n’était pas le choix de textes qui manquait; mon carnet de notes (probablement le numéro 75) en était rempli et je continuais d’en ajouter d’autres régulièrement. J’arrêtai de marcher subitement, provoquant la colère muette de la personne derrière moi qui dut me contourner pour ne pas me bousculer et me mis à fouiller dans les poches de mon veston à la recherche de ce fameux carnet de notes qui ne me quittait jamais. Je le trouvai immédiatement (il était toujours dans la même poche) et, sans réfléchir, je saisis la cigarette entre mes lèvres à la manière d’un crayon et vint l’écraser sur la page vierge du carnet que je venais d’ouvrir d’un rapide mouvement de poignet.

« Bravo… », me félicitais-je dans un murmure, en détachant chacune des syllabes. C’est que, lorsque je réfléchissais, j’avais tendance à mâcher mon crayon; j’avais seulement oublié que je marchais dans Beverly Hills et non assis à la table de ma cuisine à écrire, voilà tout… Instinctivement, je levai les yeux et regardai autour de moi pour m’assurer que personne n’avait été témoin de cette étourderie. Heureusement, à l’exception de l’homme qui avait dut m’éviter et qui s’éloignait rapidement, les yeux rivés sur son téléphone, le trottoir était désert.

Je jetai la cigarette, que j’aurais bien aimée terminée, au loin devant moi et plongeai aussitôt la main dans la poche de mon veston pour y trouver, cette fois, un petit bout de crayon. Alors que je gribouillais quelques notes de musique sur la page abimée de mon carnet, toujours debout en plein milieu du trottoir, mes narines furent titillées par l’odeur caractéristique de la torréfaction du café. La Terre se serait mise à trembler que je n’aurais pas détaché les yeux de mon carnet, mais l’odeur du café, à elle seule, réussissait à me faire sortir de mes pensées.

Je cherchai du regard l’endroit d’où provenaient ces effluves exquis et découvris, seulement de l’autre côté de la rue, la vitrine d’un café que je ne connaissais pas encore. Si leur café était aussi bon que son odeur, je deviendrais assurément un client régulier; le café, c’était mon secret pour tenir éveillé toute une journée.

Je rangeai le carnet de notes et le crayon dans leur poche respective, regardai de chaque côté de la rue et lorsque je pus traverser sans risquer de me faire frapper par une luxueuse voiture (dont le propriétaire me demanderait certainement de payer pour les réparations de mon lit d’hôpital) j’atteignis la porte du café au moment où elle s’ouvrait pour laisser sortir une cliente visiblement satisfaite. Elle me sourit, mais ne m’accorda pas plus d’attention; ici, à Los Angeles, je n’étais connu que des amateurs de country. Pour les autres, je n’étais qu’un beau gosse de plus.

J’entrai dans le café bondé de monde (ce qui était bon signe pour la qualité de leurs produits) et cherchai immédiatement une table libre tout au fond pour m’y installer. À grand coup de « excusez-moi », je réussis à m’assoir à une petite table qui semblait invisible aux yeux de tous. C’est qu’elle se trouvait dans un coin plus sombre et près d’une porte qui donnait certainement accès aux vestiaires des employés ou quelque chose comme ça. C’était néanmoins la table parfaite pour moi! Habitué d’écrire aux petites heures de la nuit, j’avais appris à utiliser le moins de lumière possible pour ne pas réveiller une hypothétique demoiselle. Ainsi, l’éclairage, bien que plus faible que celui près des grandes vitrines à l’entrée, était à point et la tranquillité non négligeable.

Je n’étais pas aussitôt assis que mon carnet de notes se retrouva ouvert sur la table; la découverte de ce lieu paradisiaque venait de m’inspirer une nouvelle chanson. Me coupant du monde extérieur, je me penchai sur mon carnet de chansons, le front appuyé dans une main, mon bout de crayon dans l’autre…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anne Oswald
Anne Oswald
DATE D'INSCRIPTION : 11/12/2018
MESSAGES : 89

MessageSujet: Re: Maybe together we can get somewhere | Anne&Colin   Sam 2 Fév - 21:53

" Vous ne prenez pas une pâtisserie avec votre café ? Le chef a préparé des merveilles !" Voilà l'éternelle question que je devais poser à chaque client qui commandait seulement un café. Le propriétaire voulait absolument augmenter le chiffre d'affaire, soi-disant pour acheter une nouvelle machine à café et une nouvelle décoration. Mais aucun des employés ne le croyaient, il voulait simplement payer des vacances à sa maîtresse. Comment on l'a su ? Il a laissé des indices au salon de thé, il n'a pas vraiment été malin sur le coup. J'irais jusqu'à dire qu'il est un peu con de base, mais pas méchant. La situation nous faisait plus rire qu'autre chose. Cela nous permettait de jouer aux commères et de nous imaginer tous les scénarios possibles.

L'après-midi était le moment de la journée où le salon de thé ne désemplissait pas. Le sourire aux lèvres, je m'occupais de la caisse, de servir les fainéants qui n'ont pas voulu aller jusqu'au comptoir et de passer un coup rapide sur les tables. Ce n'est pas forcément ce à quoi je me prédestinais, mais j'aimais bien ce job. J'étais au contact des clients, le patron me laissait même improviser des petits concerts pour créer une ambiance et ramener le plus de monde possible. Les employés étaient devenus à force des amis. On se permettait de rester après la fermeture pour manger les invendus du jour et faire des paris sur la suite des aventures extraconjugales de notre patron. Celui avec qui je m'entendais le mieux était Matteo. J'essayais de lui apprendre l'anglais et lui, me laissait chanter dans la cuisine pendant qu'il nettoyait tout son bordel. On formait une joyeuse équipe, ce qui n'était pas pour déplaire aux nombreux habitués du lieux.

Profitant d'une pause, je me suis éclipsée dans la cuisine et j'ai subtilisé une pâtisserie. Mon ventre criait famine depuis une heure et je ne pouvais pas le laisser dans cet état. Matteo ne m'en voudra pas. Après avoir savouré la pâtisserie, je reviens dans la boutique pour continuer le service. A croire que tout le monde s'est donné le mot pour venir aujourd'hui au salon de thé. Mais bizarrement, je réussissais à gérer, enfin un peu près. C'est peut être parce que je portais cette robe rouge que j'ai acheté il y a quelques jours, j'avais bien dit qu'elle allait tout changer ! Puis, ce soir, j'étais de sortie avec Ivy. Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas vu et que je n'étais pas aller faire la fête. Boire jusqu'à ne plus savoir rentrer chez soi, faire de nouvelles rencontres, ne plus se soucier des tracas de la vie quotidienne, ressentir cette jeunesse qui s'envolait petit à petit. Voilà ce dont j'avais besoin, décompresser pour repartir du bon pied. Je profitais d'un petit moment de vide pour envoyer un sms à l'intéressée et lui proposer mon idée. J'aurais pu le proposer aux trois quiches qui composent la coloc', mais j'avais besoin de voir d'autres faciès que les leurs.

La fin de l'après-midi pointait le bout de son nez et ramenait plus de client que le début d'après-midi. Ma queue de cheval commençait à se défaire, quelques mèches tentaient de prendre leur liberté. Une collègue avait pris ma place à la caisse, je m'occupais donc de la salle et de servir les clients. Un groupe d'amies, une famille, un coupe de personnes âgées, des étudiants venus ici pour finir un travail, la clientèle était très variée. C'est ce qui me plaisait, on ne voyait jamais le même genre de personne et les interactions étaient à chaque fois différente. En général, les clients étaient des crèmes mais on pouvait très bien tomber sur des cons. On prenait plaisir à les envoyer balader et mettre un temps infini à les servir. Mais aujourd'hui, je ne pouvais pas me le permettre, il y avait beaucoup trop de monde. Je ne prenais pas le temps de m'attarder à chaque table, il fallait les servir au plus vite et ne pas perdre de temps. Je volais de table en table, prendre les commandes, ramener les boissons et pâtisseries. Un collègue m'indiqua une table où la commande n'a pas encore été prise ; ayant compris le message, je me dirigeai en direction de l'endroit. Calepin ouvert et stylo à la main, j'étais prête. "Bonjour et bienvenue. Avez-vous choisi ?" Je n'avais pas vraiment fait attention à la personne en face de moi, juste que c'était un homme avec un carnet.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Colin Finningham
Colin Finningham
DATE D'INSCRIPTION : 28/01/2019
MESSAGES : 188

MessageSujet: Re: Maybe together we can get somewhere | Anne&Colin   Dim 3 Fév - 15:42


 
Maybe together we can get somewhere
 Christian Kane - Fast car
 
 

 


« Bonjour et bienvenue. Avez-vous choisi ? »

J’avais entendu une voix, mais non compris le sens des mots. Pas que je sois simple d’esprit, au contraire, mais parce que j’étais en train de relire les quelques paroles que j’avais écrites en les imaginant sur la mélodie sur laquelle je travaillais parallèlement. Je ne faisais que remuer les lèvres, mais dans ma tête, j’entendais le résultat final que cela pouvait donner et étais donc très concentré. La voix féminine me ramena toutefois à la réalité; j’étais assis à une table toute au fond d’un café (ou salon de thé/haut lieu des hipters) que je découvrais pour la première fois et je devais consommer quelque chose pour pouvoir rester ici à écrire.

« Hum ? » fis-je pour toute réponse en me grattant le dessus du crâne par-dessus la tuque que je portais lors de mes jours décontractés, sans néanmoins lever les yeux vers la serveuse. Je venais de décider de changer une phrase pour suivre la rythmique de la mélodie qui me hantait et ne pouvais risquer d’oublier mes mots; je devais l’écrire immédiatement. De ma main valide (celle qui tenait mon front depuis un moment), je levai un doigt pour signifier « une minute » à la jeune femme qui avait certainement autre chose à faire que d’attendre que je daigne lui accorder mon attention.

Cette manie que j’avais de sortir mon carnet de notes dès qu’une idée traversait mon esprit de peur de l’oublier pouvait, selon les situations, être très désagréable pour les gens qui m’entouraient; comme plus tôt, je pouvais m’arrêter de faire quelque chose pour écrire. Hors de question de garder l’idée en mémoire pour l’écrire plus tard, j’allais l’oublier! Sauf quand l’idée me venait au lit avec une demoiselle, là, j’avais appris à attendre… Ai-je besoin d’expliquer qu’en général, les femmes n’apprécient pas que nous pensions à autre chose qu’elles pendant un moment intime? Alors, si en plus de penser à autre chose, vous cessez de… bref. Disons, tout simplement, que je sais de quoi je parle…

Traçant la dernière lettre du mot que j’étais en train d’écrire, je déposai enfin mon crayon, fière de moi, et redressai la tête pour lever les yeux vers la patiente apparition qui se tenait debout à côté de la table, plus que prête à prendre ma commande, en lui adressant l’un de mes plus beaux sourires, pour me faire pardonner l’attente.

Si j’avais déjà reçu mon café et avais pris une gorgée bouillante avant de lever les yeux vers la jeune femme qui se tenait bien droite devant mes yeux, j’aurais immédiatement tout recraché. Suis-je trop jeune pour mourir d’un arrêt cardiaque? Parce que je crois que mon cœur rata un battement lorsque je découvris l’identité de la serveuse. Je pense même avoir cessé de respirer et le sourire charmeur que j’affichais se décomposa. C’était elle, Anne. Mon Anne.

La dernière fois que j’avais posé les yeux sur cette femme magnifique, c’était il y a cinq ans, quelques heures seulement avant que je ne la quitte sans explications. Nous avions passé une soirée agréable et au moment d’aller dormir, je m’étais comporté comme le fiancé amoureux qu’Anne avait toujours mérité et que j’étais pourtant. Je l’avais serrée dans mes bras, avais embrassé chaque centimètre de son corps, respiré le parfum de sa peau et gouté ses lèvres en sachant que ce serait la dernière fois. J’eus envie d’abandonner mon rêve musical à chacun de ses soupirs, mais ma décision était prise; j’allais partir. Un simple mot sur l’oreille, un numéro de téléphone changé et une nouvelle adresse introuvable et j’évitais ainsi toute forme d’explications qui n’auraient jamais été suffisantes pour justifier ce que j’avais fait, je le savais… Et même si la nuit, dans mes songes, je rêvais parfois de la retrouver, j’avais cru ne jamais la revoir…

« Anne… » fut tout ce que je réussis à dire, pour le moment, dans un souffle. Il y avait trop de choses à dire et trop peu à la fois pour savoir par où commencer. Je ne pouvais pas me lever de ma chaise pour la serrer dans mes bras à la manière de vieux amis qui se retrouvent après tant d’années ni lui demander comment elle allait. Je n’avais pas besoin de lui demander si elle avait réussi à devenir chanteuse, le calepin et le stylo qu’elle tenait  m’apportaient une réponse. Je ne pouvais pas non plus m’informer de sa vie amoureuse, pas compte tenu des circonstances de notre séparation… Moi qui avais toujours eu une facilité à jongler avec les mots (les nombreux textes de chansons comme preuve à l’appui), je me retrouvais à présent sans voix; le jour que j’avais tant redouté, depuis cinq ans, était enfin arrivé…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anne Oswald
Anne Oswald
DATE D'INSCRIPTION : 11/12/2018
MESSAGES : 89

MessageSujet: Re: Maybe together we can get somewhere | Anne&Colin   Lun 4 Fév - 20:41

Le client prenait tout son temps pour me répondre, encore un casse-couille qui pense que les employés ont tout leur temps et que nous sommes à leur service. Je soupirais fort pour lui montrer qu'il n'était pas tout seul et que j'avais besoin qu'il se décide rapidement. Quand il a relevé la tête, ce fut le choc. Vous voyez ce sentiment de se prendre un raz-de-marée en pleine face sans pouvoir l'éviter ? Et bien je viens de le ressentir. Ce fantôme qui n'avait pas cessé de me hanter jour et nuit pendant cinq ans, il se trouvait devant moi, tout aussi surpris de cette rencontre. Pourquoi ? Comment ? Qui a bien pu orchestrer cette putain de rencontre ? Je n'en voulais pas, j'avais réussi à l'oublier, passer à autre chose, me faire une raison sur ma carrière ratée. Et voilà qu'il revient, en seulement deux secondes, il réussit à briser tout ce que j'ai pu construire pour me guérir de lui. L'enfoiré.

Mon regard bienveillant se mua en un regard noir, mais aussi lourd de reproches. Je ne pouvais pas lui faire le plus grand des sourires, même après cinq ans. Il m'a abandonné sans aucune explication et a tout fait pour que je ne le contactais plus, cela avait le mérite d'être clair, il ne voulait plus de moi. Enfin, je n'avais pas tenté de lui chercher plus d'explications. Ma main brûlait d'envie de faire la rencontre de sa joue droite, mais le nombre de personnes présentes l'en dissuada. C'est donc le calepin qui fit les frais de cette poussée de colère. " Je n'ai pas bien entendu. Avez-vous fait votre choix ?" Ma voix trahissait mon état d'esprit, mais je me devais de rester professionnelle devant les clients. Avec une retenue d'ange, je tentais de refouler mes émotions et me concentrer sur mon travail. Travail qui me fit honte sur l'instant. Lui avait réussi et moi... je me retrouve au même point qu'il y a cinq ans. Je ne lui en voulais pas, il a su saisir sa chance et a pu percer. Ce que je ne lui ai pas encore pardonné, c'est qu'il soit parti sans me donner d'explications. Si la raison était qu'il me ne m'aimait plus ou qu'il avait rencontré quelqu'un d'autre, je l'aurais accepté. Au moins, j'aurais su à quoi m'en tenir.

J'avais du mal à me retenir avec ce trop plein d'émotions. Mes mains tremblaient et les larmes menaçaient de ruisseler sur mes joues dans peu de temps. Il ne fallait pas que je lui montre mon état, je ne devais pas lui offrir cette victoire. Mais c'en était trop, le voir a tout réveillé et les larmes montèrent."Excuse moi..." Le calepin de retour dans ma poche, je sortis dehors pour prendre l'air. Je séchais les quelques larmes qui avaient coulé et tentais de reprendre mon calme. Je ne pensais pas que j'allais réagir comme ça. Dans mes rêves, je m'énervais rapidement et ma main venait se poser sur son visage. Je lui déblatérais tout ce que j'avais sur le cœur, en gros j'étais beaucoup plus forte que ça. Je me suis assise sur le rebord de la devanture et je tentais de penser à autre chose. Je pourrais demander à l'un de mes collègues de prendre sa commande mais ils avaient déjà beaucoup de boulot. Après un laps de temps d'environ trente secondes -qui m'a paru des minutes- je suis rentrée et je me suis dirigée vers lui, bien décidée à faire mon travail et faire abstraction de lui. "Je suis désolée pour la gêne... Je t'é.. Je vous écoute." Je préférais le vouvoyer, histoire de mettre une certaine distance, du moins pendant le service. Je l'ai sous la main, autant en profiter pour demander des explications que j'attends depuis cinq ans.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Colin Finningham
Colin Finningham
DATE D'INSCRIPTION : 28/01/2019
MESSAGES : 188

MessageSujet: Re: Maybe together we can get somewhere | Anne&Colin   Mar 5 Fév - 3:09


Maybe together we can get somewhere
Christian Kane - Fast car




J’avais imaginé nos retrouvailles de différentes façons, en différents lieux et moments, j’en avais fait le sujet caché de plusieurs de mes chansons et jamais je n’avais osé supposer qu’Anne me sauterait au cou, exprimant une joie impossible à l’idée de me revoir après toutes ces années, lors de ces retrouvailles. Je n’étais donc pas surpris de lire dans son regard toute la colère qu’elle me réservait. Néanmoins, le vivre n’en était pas plus facile. J’avais envie de disparaître et de me soustraire à ce regard plein de reproches que je méritais. Le jour de mon départ, je doutais de mes motivations à quitter la femme que j’avais rêvé d’épouser depuis mon plus jeune âge et après cinq ans, j’étais convaincu que j’avais commis une erreur, mais j’avais choisi cette voie et avais bâti ma carrière sur des chansons ayant comme thème ce regret de ma vie. J’avais appris à vivre en fuyant l’éventualité d’une rencontre entre Anne et moi, car je savais que rien de ce que je pourrais lui dire pour me faire pardonner ne serait suffisant. Ainsi, de lire dans ses yeux tout ce que j’avais refusé de voir, mais que je savais pourtant, ne faisait qu’augmenter le sentiment de honte que je ressentais à présent.

Anne, contenant sa colère au bout de son crayon, me redemanda si j’avais fait un choix, ignorant volontairement le murmure de son prénom. Je déglutis puis décidai de baisser les yeux vers le menu, qui se trouvait sur la table et que j’avais tassé dans un coin pour écrire, tout en laissant traîner mon regard sur les traits du visage de la jeune femme, sur sa coiffure légèrement défaite et sur la robe rouge qu’elle portait et qui lui allait diaboliquement bien. Anne ne voulait visiblement pas discuter et je pouvais la comprendre. Le jeune Colin, qui se souvenait avoir avalé du sable enfant, et qui se trouvait toujours quelque part en moi, ne se plaignait pas d’éviter le sujet épineux de notre séparation. Il n’était pas prêt… Mais ne le serait-il jamais?

« Euh… je vais prendre… » commençais-je d’une voix presque timide, mais un léger mouvement m’avait interrompu et je tournai les yeux vers les mains de Anne; elles tremblaient. Je levai doucement mon regard vers son visage et crus apercevoir ses yeux briller de larmes au moment où elle s’excusa et quitta subitement ma table. Je la regardai sortir du salon de thé, me sentant à la fois coupable et impuissant face à sa détresse. C’en était trop. Je ne pouvais supporter de la voir ainsi et de savoir que j’en étais responsable. C’était pour lui éviter une vie misérable que j’étais parti, pas pour la faire souffrir davantage! Même si je n’étais pas capable de lui expliquer et de lui faire comprendre mes motivations (chose que je n’avais jamais essayé de faire), c’était pourtant la vérité.

Je rapportai mon attention sur mon carnet de notes et le crayon que j’avais déposé plus tôt et décidai que je ne pouvais pas rester ici. L’idée de faire exactement ce que j’avais fait il y a cinq ans, fuir sans un mot, traversa mon esprit et je rangeai mes biens dans leur poche respective. J’allais me lever de ma chaise lorsque je vis Anne revenir vers moi. Elle avait pleuré, je le savais. Nous avions grandi ensemble, elle avait été ma meilleure amie et la fille dont j’étais amoureux; il fut un temps nous nous comprenions sans même prononcer un mot alors elle pouvait difficilement me cacher ses larmes.

Lorsqu’elle s’excusa et reprit son rôle de serveuse, me vouvoyant comme si nous n’étions que des étrangers, j’eus préféré qu’elle se mette à hurler, à m’insulter, à me frapper si l’envie lui avait pris, plutôt que de garder le contrôle de ses émotions comme elle le faisait en ce moment. Le malaise que je ressentais était indescriptible; même si elle était celle qui avait souffert le plus (je le savais, maintenant sans aucun doute) du choix que j’avais fait, plusieurs années plus tôt, elle réussissait à me faire sentir comme un homme de la pire espèce. Pas même comme un homme, comme un indésirable insecte qu’on laisse vivre par pitié. Je ne lui en voulais pas, tout ça, je le méritais et au centuple, mais j’aurais donné n’importe quoi pour ne jamais avoir eu l’idée d’aller boire un café. Non… j’avais rêvé de ce moment, de cette chance de m’expliquer enfin pour soulager ma conscience; je ne pouvais manquer de courage maintenant et partir. Je décidai donc de rester.

Jouant le jeu (qui n’en était pas réellement un puisqu’aucun de nous deux n’éprouvait du plaisir, ça je l’aurais juré), je pris le petit menu d’une main et sans même le regarder commandai : « J’aimerais un allongé, deux sucres et un soupçon de lait, et je vais également prendre une unité de chacune de vos pâtisseries, s’il-vous plait. ». Des pâtisseries, il y en avait plusieurs au menu, mais ce n’était pas réellement pour combler une gourmandise sans fond ou par découvertes culinaires que je les commandais toutes; je faisais en sorte d’être un client payant pour Anne dont elle ne pourrait pas facilement se débarrasser puisque c’était ainsi, en tant que serveuse, qu’elle voulait se comporter avec moi.

Je devais être masochiste de ne pas m’avouer vaincu, mais j’avais passé trop d’années à fuir, je devais aujourd’hui faire face aux conséquences de la décision que j’avais prise seul et qui concernait pourtant notre avenir à tous deux…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anne Oswald
Anne Oswald
DATE D'INSCRIPTION : 11/12/2018
MESSAGES : 89

MessageSujet: Re: Maybe together we can get somewhere | Anne&Colin   Sam 9 Fév - 22:31

Même si les mots ne sortaient pas, nos visages reflétaient ce que l'on ressentait. Il n'avait pas besoin de parler, ses sentiments se reflétaient sur son visage. Aucun de nous deux ne savaient où se mettre, ni comment réagir. Soit on ne pensait pas que les retrouvailles allaient se passer de cette manière, soit on ne pensait jamais se revoir.

Le meilleur moyen que j'ai trouvé pour calmer mes émotions et me retenir de tout geste malintentionné, je me mis à le vouvoyer. Comme ça, je gardais une certaine distance entre lui et moi. Puis je venais déjà de me mettre la honte avec ma crise de larme, je n'allais pas lui laisser la chance de me ridiculiser encore plus. Dieu merci, il me vouvoyait et ne cherchait pas à discuter. J'ai bien entendu le murmure de mon nom, simplement je ne voyais pas quoi lui répondre. Je ne pouvais pas lui sortir un long monologue comme quoi il m'avait manquait, que je lui pardonnais tout, enfin le tralala. " C'est du foutage de gueule ? Tu vas vraiment bouffer toutes ces pâtisseries ?" C'était venu un peu trop naturellement, je ne pensais pas qu'il allait me faire ce coup-là. Voyant qu'il était réellement sérieux, je me mis à rougir légèrement de mon comportement. Puis, j'étais surveillé par un de mes collègues, que l'on soupçonne de faire de la lèche au patron. "Bien... Je vous apporte ça au plus vite." En allant vers la cuisine, le lèche botte du patron est venu me demander des explications et me faire la morale du bien se comporter face aux clients. "Oh c'est bon, tu ne vas pas m'expliquer ton métier. C'est quelqu'un que je connais.. C'est un truc entre nous, alors ne t'en mêle pas et retourne servir tes clients." Il a intérêt à ne pas insister ou sa tête va finir dans le mur.

Je l'avais pas loin de moi, c'était l'occasion de parler de ce mot qui date de cinq ans et qui a tout changé. Je n'arrivais pas à m'accorder sur la façon de procéder, ne plus lui montrer mes failles. C'est bon, mon plan est fixé, je n'ai plus qu'à le mettre à exécution. Les bras chargés de deux plateaux remplis, je m'aventurais dans la salle du salon de thé, essayant d'arriver à destination sans faire tomber quelque chose. "Voilà votre commande.. En vous souhaitant un bon appétit !" Le tout servi d'un sourire de façade avant de le laisser à sa montagne de gâteaux et de son café pour arroser le tout. J'avais bien fait attention à mettre en évidence un bout de papier sur l'un des plateaux.
Je finis dans 1h30. Attends moi pas loin du salon de thé, il faut qu'on parle. Et ne te défile pas cette fois.

La situation inverse, lui avait écrit pour ne plus me voir, moi je le faisais pour le voir et parler. Marrant, non ? Après cinq ans de silence, j'aurais cette explication tant attendue. Mais... Etais-je vraiment prête à l'écouter ? Et si ça n'allait pas me faire plus de mal qu'autre chose ? Avais-je vraiment besoin l'entendre s'expliquer sur un acte vieux de cinq ans ? Je ne savais plus. De toute façon, cela n'allait rien changer à notre situation, il restera toujours cette star de la country et moi une simple serveuse. Lui à traîner dans le lit de toutes les filles de Los Angeles, moi à rien. J'ai bien rencontré quelques hommes, eu une relation qui a duré plus que les autres, mais à chaque fois rien que me prenait aux tripes. Je me suis retournée, voir s'il n'était pas trop tard et si je pouvais récupérer le papier. Il l'avait lu. J'allais devoir faire face à ce qui me faisait peur maintenant. Il n'y avait plus de retour en arrière possible. Faire comme lui et me défiler ? Non, je valais bien plus que ça.
L'heure de fermeture avait sonné. Je n'ai pas vu quand il est parti, s'il a mangé toutes les pâtisseries. La boule au ventre, je baissais le volet de fer. Allait-il vraiment être là ? Vu son passé, j'avais des doutes. Et pourtant, il était là. Je ne savais plus où me mettre, ni quoi lui dire quand je serais en face de lui. J'avançais vers cette silhouette que je n'ai trop bien connu et parcouru du doigt. Il était devant moi comme un inconnu, une personne étrangère dont je ne connaissais plus rien.

"Salut. Je vois que tu as vu mon message. Au lieu de rester planter là comme deux cons, on n'irait pas se boire un verre au bar du coin ? On a des choses à se dire, enfin surtout toi."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Colin Finningham
Colin Finningham
DATE D'INSCRIPTION : 28/01/2019
MESSAGES : 188

MessageSujet: Re: Maybe together we can get somewhere | Anne&Colin   Dim 10 Fév - 21:06


Maybe together we can get somewhere
Christian Kane - Fast car




S’il n’y avait pas cette espèce de tension désagréable entre Anne et moi, je crois bien que j’aurais éclaté de rire en l’entendant s’exclamer que je devais me foutre de sa gueule en passant ma commande. En l’espace d’une seconde, j’avais eu devant moi la Anne que j’avais toujours connue et n’avais pu retenir un sourire d’étirer mes lèvres. Néanmoins, cela ne pouvait pas être si léger entre nous et rapidement Anne redevint la sérieuse serveuse qui faisait comme si elle ne m’avait jamais connu alors que moi, je recommençais à penser que j’aurais dû quitter ce café dès qu’elle avait quitté ma table pour aller pleurer… par ma faute.

Lorsqu’elle tourna les talons pour disparaitre vers la cuisine, je sentis le regard de l’un des serveurs sur moi et soutint son regard un peu comme si je le défiais. Je l’avais vu apostropher Anne et en vieux réflexe, je tentais de faire comprendre à cet abruti qu’il n’avait pas intérêt à chercher les problèmes avec Anne ou il aurait affaire à moi… Comme si Anne n’avait jamais été capable de se défendre. À cette pensée, je détournai le regard et souris; de nous deux, elle avait toujours été la plus brave et la plus casse-cou. Pas que j’étais faible, eh oh, j’ai quand même une fierté masculine, mais un homme doit être capable de l’admettre lorsque sa petite amie est une furie.

Avant que je ne sois trop perdu dans mes pensées au sujet du passé, Anne revint, les bras chargés de deux plateaux qu’elle déposa avec agilité sur la table devant moi. Si cette commande n’était pas qu’une tactique pour obliger Anne à me parler, j’aurais été surpris du nombre incroyable de pâtisseries que ce salon de thé avait au menu. J’y jetai un coup d’œil, mais cherchai immédiatement à saisir le regard de la belle, qui ne m’offrit qu’un sourire avant de repartir aussi vite qu’elle était arrivée. Je la regardai partir, un pincement au cœur, et alors que je regardais à nouveau les plateaux pour décider quelle pâtisserie serait la première que j’engloutirais en pensant mieux me sentir, je remarquai un bout de papier. Je le pris entre deux doigts et le lu, sans savoir à quoi m’attendre. J’avais fait le même coup, il y avait cinq ans, Anne allait-elle m’envoyer promener par quelques mots?

À ma grande surprise, par le biais de cette note, elle me demandait de l’attendre à la fin de son chiffre. Ignorant ses derniers mots qui me ramenaient à un souvenir douloureux, je me mis à sourire comme un gamin la veille de Noël. Je relevai les yeux de la note pour tenter d’apercevoir Anne et lui faire comprendre que je serais là, mais elle était déjà en train de servir d’autres clients. Bien que la perspective d’une discussion enflammée avec Anne ne m’enchante guère, il y avait un mince espoir pour que les choses se passent bien. Elle voulait parler. Beaucoup de choses s’étaient passées en cinq ans, nous étions tous deux plus vieux et plus matures, peut-être que les retrouvailles déchirantes que j’avais anticipées (en étant tout de même persuadé que jamais je n’allais revoir cette femme) n’auraient pas lieu. Je regardai ma montre; 1 h 30 à attendre…


J’étais sorti depuis quelques minutes et avais déjà eu le temps de fumer une cigarette alors que j’étais en train de m’en allumer une autre. Je ne pouvais pas être parfait, fumer était l’un de mes vices. J’aspirai une grande quantité de fumée que je rejetai vers le ciel, la tête penchée vers l’arrière. Tous les fumeurs pourront vous le dire, il y a un aspect anti-anxiogène à fumer et j’en avais bien besoin. Plus le moment où Anne viendrait me rejoindre approchait et plus je me sentais nerveux.

« Salut. »

Je ne sursautai pas, mais ça y était presque. Je redressai la tête et me tournai dans la direction de la voix. Bien que je sois plus grand que Anne de près de trente centimètres, elle ne s’était pas suffisamment approchée pour que je doive baisser les yeux vers elle. J’allais la saluer en retour lorsqu’elle poursuivit en me proposant d’aller boire quelque chose dans un bar puisque j’avais des choses à lui dire. Le fait qu’elle insiste sur ce fait me fit redescendre sur Terre; elle voulait des explications et rien de plus.

Je portai ma cigarette à mes lèvres, en aspirai la nicotine et approuvai d’un mouvement de tête avant d’expirer à nouveau la fumée, cette fois en tournant la tête. « D’accord. » dis-je d’une voix neutre avant de ramener mon regard vers Anne. « Je ne connais pas vraiment le coin alors, je te suis! » poursuivis-je en levant un bras vers le trottoir devant moi, sans savoir si c’était la direction que nous allions emprunter.

Nous nous mîmes en marche. Pendant tout le trajet qui nous conduisait au bar le plus près, je me contentai de fumer en silence, jetant parfois de brefs regards vers Anne qui semblait m’ignorer à nouveau. Nous marchions côte à côte et pourtant, il y avait un mur entre nous. Je jetais ma cigarette et allais en allumer une troisième, histoire d’avoir quelque chose à m’occuper la bouche puisque parler ne semblait pas une option, lorsque j’aperçus l’enseigne du bar.

« Après toi. » dis-je sans joie en ouvrant la porte à Anne avant d’entrer à mon tour dans le bar. J’eus envie de la laisser entrer et de courir dans l’autre direction, fuyant une nouvelle fois, mais je ne pouvais pas faire ça, pas si près du but. Il restait peut-être encore une chance pour que les choses se passent bien; dans un lieu public, elle ne me tabasserait probablement pas… Mais c’était Anne, je pouvais m’attendre à tout!

« Va choisir une table, je vais commander quelque chose à boire. » dis-je, toujours de cette voix qui n’avait rien d’enjoué et qui aurait été plus appropriée dans un salon funéraire que dans un bar où la musique festive résonnait dans nos oreilles. Alors que Anne se dirigeait vers une table, je la regardai en soupirant et secouant la tête légèrement. Le barman s’approcha de moi et suivit mon regard : « Quelque chose ne va pas, fiston? ». Je tournai les yeux vers l’homme qui me semblait empathique et lui adressai un faible sourire : « Disons simplement que j’ai fait le con et que j’en paye aujourd’hui le prix. Je vais vous prendre un pichet de bière blonde et deux verres, s’il vous plaît. » Respectant le fait qu’il n’en saurait pas plus, le barman se recula et entrepris de me servir : « Tu peux aller la rejoindre, je vous apporte ça d’ici une minute. ». Je le remerciai d’un bref mouvement de tête et me mis à marcher vers la table choisie par Anne.

Chacun de mes pas était un pas de plus vers quelque chose que je sentais que je n’apprécierais pas. Devoir expliquer un geste irréfléchi commis il y avait des années ne faisait pas partie de mon scénario fictif de retrouvailles parfaites. Lorsque j’arrivai enfin à la table, j’hésitai avant de m’assoir et me laissai finalement tomber sur la chaise. Sans regarder Anne, je lui demandai : « Alors, comment vas-tu? ».
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anne Oswald
Anne Oswald
DATE D'INSCRIPTION : 11/12/2018
MESSAGES : 89

MessageSujet: Re: Maybe together we can get somewhere | Anne&Colin   Lun 11 Fév - 9:52

On marchait côte à côte sans se dire un mot. Le silence était gênant, comme si quelque chose voulait sortir mais que pour une raison inconnue, elle était bloquée et ne pouvait sortir. J'aurais aimé détendre l'atmosphère en imitant un espion qui ne devait pas se faire remarquer, critiquer la moumoute du monsieur qui vient de passer. C'est pendant ce simple moment que cette douleur m'a frappé, celle qui me remémore ce que j'ai perdu avec sa fuite. Cet amour aussi fort que celui de Roméo et Juliette, cette amitié indéfectible et cette confiance qu'il m'avait permis d'acquérir. Voilà ce que j'avais perdu il y a cinq ans. J'ai eu un léger sourire en repensant à la fois où j'avais parlé un peu trop fort du bronzage d'une dame qui la faisait ressembler à un ovni. Il s'était bien foutu de moi cette fois-là, on en avait même rigolé pendant longtemps. Mais ce que j'adorais par dessus tout, c'était ses câlins magiques comme il les appelait. Dès que j'étais déprimé ou affecté par quelque chose, il prenait dans ses bras, me serrait légèrement et me chantait quelque chose à l'oreille. Il savait que cela m'aidait à me calmer et que j'adorais ça par dessus tout. Allait-il encore me faire ses fameux câlins magiques ? J'étais convaincue que non avant aujourd'hui, bien que cette rencontre inouïe n'allait pas forcément arranger les choses entre nous.

"D'accord. Je te fais confiance pour le choix de la boisson." S'il connaissait encore mes goûts, il saurait quoi prendre. Je le regardais se diriger vers le comptoir, et l'espace d'une seconde je voulais m'enfuir au courant, encore habitée par cette peur de découvrir la vérité. Mais c'était moi qui avait demandé cette discussion, je ne pouvais pas me défiler. Ayant jetée mon dévolu sur une table en retrait, je me suis assise sur la chaise qui avait vu sur le bar. Mon portable m'a ramené à la réalité lorsqu'il a vibré - ou imiter un aspirateur selon Josh-, c'était mon coloc qui me proposait un repas fait par ses soins et par la même occasion regarder cette série que l'on devait commencer depuis des mois. Connaissant ses talents culinaires, je commençais à m'inquiéter pour la cuisine. Mais je devais décliner son invitation, le moment de vérité m'attendait. Il comprendrait et il savait que j'allais lui raconter les grandes lignes. Le portable dans la poche, j'étais enfin prête à le confronter.

Il était revenu avec un pichet de bière blonde, ma préférée. "Bon choix." Ce pichet me rappelait encore un souvenir avec lui. Cette fameuse soirée où j'ai bu beaucoup trop de bières et j'ai fini à danser sur le bar. Heureusement que mon preux chevalier m'avait sauvé de la honte, il m'avait porté tel un sac à pomme de terre tout le long du trajet pour rentrer chez nous. Il avait pris soin de moi et m'avait encore fait le câlin magique. Mais la situation de maintenant était différente et si je venais à abuser de boisson houblonnée, je devrais rentrer par moi-même. Je nous servais chacun un verre de bière, rempli jusqu'à ras bord, le minimum. Avant de commencer cette fameuse discussion, je pris une grande gorgée de mon verre comme pour me donner du courage.

J'ai été prise d'un rire nerveux lorsqu'il a pris la parole pour demander comment ça allait. Je ne pensais pas qu'il allait me sortir ça, quelque chose que l'on dit à tout le monde sans forcément prendre en compte la réponse. "Comment je vais ? ça se voit non ? Je suis au même point qu'avant, toujours serveuse et non une chanteuse reconnue. Je n'ai pas eu la chance que mon mec, non mon fiancé de l'époque s'est saigné à son boulot pour que j'ai la chance d'enregistrer plusieurs titres afin de les présenter à une maison de disque ! Mais par contre, j'ai eu la chance d'être abandonné comme une merde avec un simple mot sur l'oreiller et sans explication ! Alors oui, tout va bien dans le meilleur des mondes ! Tu peux pas savoir à quel point tu m'as détruit avec ton comportement. Mais putain, je méritais même pas une simple explication ?" C'est parti, il allait enfin connaître toute la vérité, les conséquences de ce qu'il m'avait fait et la colère que je contenais depuis trop longtemps. Au fur et à mesure que je parlais, on pouvait sentir l'émotion au timbre de ma voix. Quand j'avais tendance à me mettre en colère et que je prenais ça beaucoup trop à cœur, ma voix pouvait partir dans les aigus.
" Je pensais que tu m'aimais vraiment, que cette chanson de demande en mariage était vraie.... Mais il faut croire que non... J'ai tout remis en question après ton départ, même ton amour envers moi. Je me suis bouffée la tête à trouver une raison valable à ton départ, mais tout était possible que je ne savais pas sur quoi me baser..." C'était enfin sorti. Maintenant, c'est à lui de s'expliquer, de me dire pourquoi il est parti sans m'en parler. Je pris une autre gorgée généreuse pour étancher ma soif, et reprendre du courage pour affronter la suite.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: Maybe together we can get somewhere | Anne&Colin   

Revenir en haut Aller en bas
 
Maybe together we can get somewhere | Anne&Colin
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [Baptême - R] Anne du Breuil
» Unies par une glace - PV Clara & Andréanne
» Lucilla R. Matthews {F} ft. Anne-Marie Van Dijk
» Quartiers d'Anne Teldy
» (F) Emma Watson ♣ Anne Seymour (LIBRE)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vice et Versa :: d'où venons-nous :: Beverly Hills-