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 We'll see if we can fill an empty heart, but I won't tell you what the chances are | Sora&Colin

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Colin Finningham
Colin Finningham
DATE D'INSCRIPTION : 28/01/2019
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MessageSujet: We'll see if we can fill an empty heart, but I won't tell you what the chances are | Sora&Colin   Lun 4 Fév - 3:47


We'll see if we can fill an empty heart, but I won't tell you what the chances are
Garrett Hedlund - Chances Are




Aujourd’hui devait être marqué d’une croix dans mon calendrier; je faisais le ménage de ma maison! Il y avait des incontournables qu’on ne pouvait pas négliger tel que sortir les poubelles ou nettoyer la toilette, mais je ne me souvenais pas avoir passé autant de temps à passer le balai (je n’ai pas d’aspirateur). Ma lessive était faite depuis le matin et puisque la température me le permettait, j’avais suspendu mes vêtements sur la corde à linge, à l’extérieure. Ne cuisinant pratiquement pas, je n’avais eu que quelques ustensiles à nettoyer avant de m’attaquer au rangement des centaines de feuilles de papier et carnets de notes qui occupaient toutes les surfaces planes de la maison. J’avais réussi à cacher la majorité de mes écrits dans mon bureau de travail, mais avais laissé quelques textes et partitions, dont j’étais particulièrement fier, sur la petite table du salon de manière désordonné (je voulais que la maison soit propre, mais pas que ça se voit que le ménage venait d’être fait). Avant d’aller m’enfermer dans la salle de bain pour me doucher, après un dernier coup d’œil au résultat de mon travail ménager, j’ouvris toutes les fenêtres de la maison afin de faire une bonne circulation d’air.

Si je me donnais autant de mal avec le ménage, c’était qu’il y avait une raison toute particulière; j’allais recevoir la visite d’une jeune femme. C’est vrai que je ne faisais pas le ménage chaque fois qu’une demoiselle traversait le seuil de ma porte d’entrée, mais les priorités ne sont pas les mêmes lorsque c’est à la fin d’une soirée bien arrosée (et qu’une seule pièce intéresse ladite jeune femme) que lorsque c’est pour le travail. Et par travail, je parlais d’une collaboration musicale, bien entendu.

L’idée avait d’abord germé dans la tête de mon manager qui, toujours en quête de nouvelles manières d’exploiter mon talent, avait été convaincu par le duo improvisé que nous avions formé, Sora (c’est son nom, charmant n’est-ce pas?) et moi, dans ce bar intimiste dans lequel nous nous retrouvions quelques fois pour parler boulot avec mon manager. Elle était d’abord montée seule sur scène pour chanter un air jazz que je ne connaissais pas, envoutant la foule (et moi le premier) par sa voix rauque aux tonalités orientales, puis je l’avais rejointe. Ensemble, nous avions chanté une chanson à la musicalité country qui se mariait agréablement bien à la voix de Sora, suivie d’une autre pièce et d’une autre. Je ne sais pas combien de fois nous répétâmes l’expérience, car pendant ce moment, j’eus l’agréable impression qu’il n’y avait que la musique et cette femme magnifique qui existaient pour moi.

Je coupai l’eau chaude de la douche et me séchai rapidement. Le miroir de la salle de bain était couvert de buée que j’essuyai d’un rapide mouvement de main afin d’apercevoir mon reflet; une barbe de quelques jours ornait mon visage et je décidai de ne pas la raser. Je coiffai néanmoins mes cheveux et me parfumai avant d’enfiler des vêtements propres. J’avais choisi de porter une chemise foncée en lin et un jean pour un effet décontracté, mais chic.

Ce n’était pas notre premier rendez-vous, à Sora et moi, mais c’était la première fois qu’elle venait à la maison et j’avais décidé de faire bonne impression (oui, je l’avoue, j’espérais qu’elle vienne chez moi pas seulement pour le travail). Outre son incroyable beauté et son talent indéniable, je dois admettre que la demoiselle m’avait charmé plus que je n’aurais cru cela possible. J’avais alors utilisé la proposition de mon manager de faire une chanson avec la belle pour l’inviter dans mon joli cottage.

Je sortis de la salle de bain et m’arrêtai devant la vieille horloge accrochée au mur; Sora ne devait pas tarder à arriver. Je me dirigeai vers l’une des fenêtres du cottage, dont la vue donnait sur la rue, pour vérifier que mon invitée n’était pas déjà arrivée et j’attrapai l’une de mes guitares avant de sortir de la maison. Une galerie couverte faisait presque entièrement le tour de la maison et à quelques endroits stratégiques se trouvaient des bancs en bois pour s'y asseoir et profiter de la vue. C’est sur celui le plus près de la porte d’entrée que je m’assis pour attendre la jeune femme. Posant la guitare sur ma cuisse, je me mis à pincer ses cordes pour reproduire la mélodie d’une de mes plus récentes chansons qui passaient à la radio.

Pourquoi étais-je si nerveux, tout d’un coup?...
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Sora Kang
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MessageSujet: Re: We'll see if we can fill an empty heart, but I won't tell you what the chances are | Sora&Colin   Mar 5 Fév - 19:50



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Colin & Sora




Tenue | « Sora, viens ! » s'écria la voix de la jolie soprano, d'un large sourire enthousiaste, alors que je rangeais les partitions des diverses chansons de la seconde partie du spectacle. Nous serons bientôt parfaitement au point, et enfin, nous pourrons enchaîner sur la troisième et dernière partie, le final ! L'apothéose, comme disait notre metteur en scène. Les répétitions finies pour la matinée et même la journée, les musiciens s'étaient soudainement emballés dans une improvisation endiablée, dans laquelle ils embarquèrent bien vite les chanteuses, qui n'attendaient que moi pour former ce quatuor de tête d'affiche. Je passais mon tour en levant la main, évitant les clins d'oeil d'invitation musicaux, tout en détachant mes cheveux à la va-vite. J'avais un rendez-vous dans un peu plus d'une heure, et je ne voulais risquer d'être en retard. Un rendez-vous professionnel, qui ne l'était qu'à moitié. Car pour tout vous dire, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, ni comment cela allait se passer. Tout ce que je savais, c'était que j'allais sans aucun doute passer un bon moment avec Colin. Ce dernier était un chanteur, un chanteur de country que j'avais rencontré il y a de cela quelques semaines dans un bar intimiste où il fallait donner un peu de sa voix pour se fondre dans l'ambiance. J'avais esquissé une chanson aux sonorités jazzy, un brin mélancolique je devais le reconnaître, puis l'homme m'avait rejoint en un duo suggéré de son regard bleu lagon. Nous avions quitté la scène ensemble bien une heure après, et les habitués des lieux n'avaient pas semblé nous en vouloir. Nous nous étions enfermés dans une bulle, rien qu'à deux, lui et moi, et l'harmonie avait semblé étonnamment évidente. Les jours étaient passés depuis, les rencontres s'étaient enchaînées, et voilà que je me retrouvais à faire partie d'une collaboration musicale, dont je n'étais même pas certaine d'assumer pleinement. Devais-je rappeler qu'il y a encore six mois, je n'aurais jamais imaginé faire carrière dans le chant ? Cela avait toujours été un hobby, une passion dévorante, mais qui n'avait jamais été un métier à part entière. Et pourtant... j'en avais fait du chemin. Maintenant, après mon quatuor féminin, je m'attaquais à un duo avec un homme qui ne semblait pas manquer de charme, ni de voix. Les deux étaient importants, sinon on s'ennuierait. Appréciant les défis, j'étais tentée de relever celui-ci, d'essayer du moins, afin de ne pas être titillée par un regret frustrant. Je balayais la chevelure d'ébène sur une épaule, et ne pus cacher mes lèvres qui s'étiraient alors que le saxophoniste me tournait autour, pour m'attirer auprès des autres. Il savait que j'avais un faible pour sa musique si particulière, et je finis par me laisser attraper, entraîner. Et la voix de velours s'élança dans l'harmonie qui résonnait.

Trois quart d'heures plus tard, j'étais en route pour Santa Monica. La zone urbaine défila dans mon rétroviseur, puis disparut peu à peu, laissant place à une nature riche et boisée. C'était une très belle journée hivernale, le soleil brillait, réchauffant une forêt endormie par les températures changeantes. Je gagnais une colline accueillante, quelques maisons se détachant à l'horizon, de jolies propriétés où l'on était pas les uns sur les autres comme à Los Angeles. Il y avait de l'espace, de l'espace pour respirer, loin d'une vie urbaine que j'adorais mais étant parfois, bien trop étouffante. Avec cinq minutes de retard suite à une petite route que j'avais raté, j'arrivais finalement à destination. Me garant dans la rue, je sortis de la voiture habillée d'un long manteau bleu ciel, et levais instinctivement les yeux en direction de la maison à la façade blanche, et à la toiture grise qui me faisait face. Je marquais un petit temps de pause, charmée en à peine quelques secondes. Le cottage de Colin était splendide. Il dégageait un je ne sais quoi, une atmosphère positive, chaleureuse que je ne serais expliquer. Je m'engageais sur les pavés en pierre naturelle, admirant nonchalamment les lieux alors que les quelques accords de guitare m'avaient déjà fait repérer le propriétaire des lieux. Il était assis sur un banc en bois à l'entrée de sa véranda, les notes virevoltant au bout de ses doigts. Je lui adressais un sourire naissant, tout en montant les marches. Cette simple expression était un bonjour silencieux, laissant le blond encore quelques instants dans sa bulle, et dans la mienne. J'avançais de quelques pas discrets sous le porche, m'appuyant sur la rambarde pour mieux admirer le jardin. « Peux-tu me dire comment tu arrives à quitter un endroit pareil ? » lui lançais-je un instant plus tard, avant de me retourner vers lui. « Si j'étais toi, je m'enfermerais ici, et je n'en sortirais jamais. » affirmais-je, les yeux amandes le détaillant avec malice. Une brise s'engouffra le long de la maison, des mèches sombres s'échappèrent de l'écharpe en laine que je resserrais doucement autour de mon cou. « Me feriez-vous visiter votre humble demeure, Mr Finningham ? » m'amusais-je à formuler, en penchant légèrement la tête sur le côté.


 

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Colin Finningham
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MessageSujet: Re: We'll see if we can fill an empty heart, but I won't tell you what the chances are | Sora&Colin   Mer 6 Fév - 2:54


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Les yeux fermés, je chantais les paroles de la mélodie que je jouais à la guitare, me concentrant sur la musique plutôt que sur la nervosité que je ressentais. Pas que cette sensation soit désagréable, au contraire, c’était le genre d’émotion qui nous fait sentir vivant malgré son intensité, mais il y avait si longtemps que je ne l’avais pas ressenti que j’avais l’impression de la vivre pour la première fois. La vérité, c’est que, pour la première fois depuis cinq ans, j’avais envie d’ouvrir mon cœur à une jeune femme. Je me pensais prêt à tourner la page et à laisser une chance à l’amour; terminé les histoires d’un soir avec une admiratrice de mon talent (ou de mon statut social)… Une chance à l’amour… Étais-je vraiment sérieux, là? Ce n’était pas parce que Sora, contrairement à la majorité des femmes que j’avais fréquentées, avait accepté de me revoir, suite à notre première rencontre, sans savoir qui j’étais et le succès musical que j’avais que cela signifiait qu’elle allait guérir mon cœur, non? Encore fallait-il qu’elle ressente une attirance pour moi autre que professionnelle et pour le moment, je n’en savais strictement rien.

« Hold me like I mean it… » j’ouvris les yeux et eus l’agréable vision de mon invitée qui montait les marches de l’escalier devant la maison, m’adressant un sourire plein de mystères dont elle seule connaissait les secrets. « Say 'til you believe it » poursuivais-je en chantant en la suivant du regard comme si les paroles avaient été écrites pour elle. « And we'll see if we can fill an empty heart » jouant le jeu, comme j’arrivais toujours à le faire lorsque j’étais sur scène, je lui adressai un clin d’œil, ne pouvais à peine me retenir de sourire. « But I won't tell you what the chances are » chantais-je avant d’entreprendre le dernier refrain en me levant, cette fois, du banc sur lequel j’avais attendu Sora. Je m’approchai d’elle en suivant le rythme de la mélodie que je jouais à la guitare et vint me placer près d’elle, suivant du regard le jardin qui semblait avoir toute son attention.

Au moment où je cessai de jouer, Sora me posa une question qui n’en était pas réellement une, mais qui me fit sourire; j’avais eu le coup de foudre pour cette maison et j’étais fier de l’effet qu’elle pouvait avoir sur les autres. J’étais en train de contempler sa chevelure foncée, profitant du fait qu’elle me tournait le dos, lorsque Sora se tourna vers moi, un sourire malicieux aux lèvres, affirmant qu’à ma place, elle s’enfermerait pour ne pas avoir à quitter la maison. Je détournai le regard en souriant de plus belle et dis, d’un air faussement détaché : « En fait, c’est facile. Une fois de temps en temps, je dois aller acheter de la nourriture. Quand on est affamé, c’est fou comme le paysage perd de tout son charme… ». Bon, l’humour ce n’était pas ma force. Heureusement, j’étais chanteur et non humoriste. Je tournai les yeux vers Sora au moment où une brise plus fraiche se fit sentir et qu’elle m’invitait à lui faire visiter ma demeure.

Puis-je me permettre de vous dire que lorsque Sora prononça mon nom, la tête penchée sur le côté, je priai intérieurement qu’une nouvelle brise vienne me rafraichir? Ah… cette femme! Donc, où en étais-je?

Écartant la guitare que je tenais toujours par son manche de la main gauche, je m’inclinai légèrement à la manière d’un gentilhomme d’une autre époque : « Je le ferai, mademoiselle Kang, et avec grand plaisir! ». Je m’empressai de me diriger vers la porte d’entrée pour l’ouvrir et laisser entrer mon invitée en premier. « Après vous, mademoiselle. ».

La première pièce dans laquelle nous entrions, par la porte avant de la maison, était le salon. Devant se trouvait un petit escalier ancien qui montait à l’étage où devaient se trouver les chambres à coucher et un mur fermé indiquait la présence d’une salle de bain. Dépassé l’escalier et la salle de bain, on pouvait apercevoir la cuisine dont la vue donnait sur l’arrière de la maison. Il y avait également une porte à l’arrière, bien que la maison ne soit pas bien grande. D’autres murs fermés dissimulaient des placards à balais et une descente d’escalier qui menait à un sous-sol (une cave) au plafond bas où rien ne s’y trouvait, mais qui ferait certainement un bon endroit pour y garder des bouteilles de vin.

Lorsque je refermai la porte derrière Sora, je déposai ma guitare dans le coin le plus près (plusieurs guitares et autres instruments à cordes étaient ainsi éparpillés dans toutes les pièces de la maison. « Alors, ici, comme je n’ai pas de vestibule, j’ai installé une patère au mur et le banc qui se trouve juste à côté de la porte me sert de coffre. » Fier de mon meuble, je soulevai le dessus du banc pour montrer l’espace de rangement qui s’y cachait. Refermant le coffre, je tendis les bras vers Sora : « Je peux accrocher ton manteau et ton écharpe? S’il fait frais, j’allumerai le feu de foyer, car oui, j’ai un foyer! » conclus-je en levant le menton à la manière d’un premier de classe qui étale l’étendue de ses connaissances devant ses camarades. Je rigolai moi-même de ma plaisanterie (je vous ai prévenu que l’humour n’est pas ma force); ressaisis-toi Finningham!

La décoration du salon semblait avoir été choisie par les anciens propriétaires de la maison, soit un couple âgé, mais les pièces antiques qui le meublaient avaient été choisies par moi. C’était étonnant de penser que malgré les années de succès et l’argent que cela devait certainement me rapporter (je confirme, j’ai beaucoup d’argent), le cottage ne représentait pas la vie que je menais. Presque comme une copie de la maison dans laquelle j’avais été élevé, par mes grands-parents, cette demeure était mon coin de paradis, l’endroit qui m’aidait à garder les pieds sur terre malgré mes rêves les plus fous.

« Alors, ça, c’est mon salon… Avec… tout ce qu’on retrouve ordinairement dans un salon. » dis-je en passant une main dans mes cheveux, les ébouriffant par le fait même. « Là-bas, il y a la salle de bain, à l’étage il y a ma chambre, mon bureau de travail et une autre pièce qui sert de débarras et tout au fond, c’est la cuisine. Tu veux que je te serve quelque chose à boire, du café, du thé, quelque chose de plus alcoolisé? ». J’avais tapé dans mes mains, prêt à bondir vers la cuisine pour servir la jeune femme qui continuait de me rendre nerveux. Dites, ça se voyait que je l’étais? Je parlais trop? Pas assez? Quoi qu’il en soit, j’espérais que ça ne se voit pas trop; j’avais l’intention de séduire cette femme, pas de la faire fuir ou pire encore, de tomber dans la catégorie de « bon ami, sans plus ».
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Sora Kang
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MessageSujet: Re: We'll see if we can fill an empty heart, but I won't tell you what the chances are | Sora&Colin   Dim 10 Fév - 15:28



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Colin & Sora




Tenue | Les paroles scandées d'une voix rauque, résonnaient à chacun de mes pas esquissés sur la véranda. Le bois craqua, légèrement, le vent s'engouffrait dans les fissures, les ouvertures et dans les cheveux noirs que je gardais sous leur prison de laine. La guitare se rapprocha, je pouvais sentir les notes passer derrière moi. Elle et l'homme qui appuyait sur ses mots d'un accent dont je ne connaissais l'origine, mais qui n'avait pas la même sonorité que ceux de la ville des anges. Le sien était plus marqué, presque plus chantant, c'était presque drôle pour un chanteur. Lorsqu'il eut terminé son morceau, je me tournais vers lui pour engager la conversation sur le lieu où il habitait. La brise fraîche me surprit, amenant avec elle un parfum brut, un arôme de cèdre et de notes épicées que je n'arrivais pas à définir. L'odorat sensible malgré moi, j'entrouvris lentement les lèvres, qui s'étirèrent bien vite à sa réplique volontairement peu convaincante. Comme si j'allais te croire ! « Oh oui, finalement tu as raison. Ce paysage est d'une banalité, on s'en lasserait si facilement... » jouais-je d'un air snob, le menton relevé, avant de marquer une pause statique. Puis mon visage évolua vers lui, avant de relâcher mon personnage d'un rire franc et naturel, que je contrais d'une main devant la bouche. Je l'appréciais. Il était agréable, j'aimais les personnes avec qui c'était facile de discuter, comme si on se connaissait depuis des années. Je ne ressentais aucun malaise en sa présence, juste ce petit jeu de découverte de l'autre, qui pour l'instant, semblait nous plaire tout d'eux. Et puis, je ne pouvais également nier qu'il était plutôt bel homme, pensais-je en le détaillant une brève seconde quand il détourna le regard. Mais pour bien connaître quelqu'un, et comprendre davantage qui il était, n'était-ce pas évident de parcourir son environnement, là où il vivait ? J'étais curieuse, et ce sentiment se manifesta en une requête susurrée avec charme. Mes prunelles s'étaient agrandies avec malice en voyant Colin jouer le jeu d'une scène d'un autre époque. Il ne se prenait pas au sérieux, quelle belle qualité. Il s'inclina, la guitare toujours à la main, et il prononça mon nom de son accent grave. Qu'est-ce que cela donnerait avec mon prénom... Gentleman, il s'avança pour me tenir la porte, m'invitant à rentrer. Je m'approchais alors de quelques pas, avant de poser délicatement les doigts sur son avant-bras gauche. « Vous êtes bien aimable. » ponctuais-je, sensuelle, ne pouvant entièrement cacher l'amusement dans nos manières.

J'essuyais mes pieds sur le paillasson, avant de rentrer calmement, restant plantée dans l'entrée. Il fallait attendre que l'hôte me dise où aller. Si mon corps patientait, mon regard se posa un peu partout, sur l'escalier massif en bois typique de ce genre de maison, sur la décoration des lieux puis le salon dans son ensemble, dont le premier mot qui m'était venu fût "douillet" pour le qualifier. J'ôtais doucement l'écharpe qui emmitouflait mon cou, déboutonnant le long manteau bleuté, alors que Colin déposa sa guitare dans un coin. « Alors, ici, comme je n’ai pas de vestibule, j’ai installé une patère au mur et le banc qui se trouve juste à côté de la porte me sert de coffre. » me lança t-il en me dévoilant le meuble en question avec une certaine fierté qui me fit sourire. C'était la première fois qu'un homme me présentait un meuble de rangement en venant pour la première fois chez lui ! « C'est en effet très pratique ! » confirmais-je, avant de regarder les bras qu'il tendait poliment devant moi. « Ah, oui c'est gentil, merci. » fis-je en lui donnant mon écharpe. Puis, d'un pas en avant, je lui montrais mon dos de sorte à ce qu'il tienne le tissu épais qui m'entourait. Je pouvais sentir son rire en un souffle chaud contre les mèches sombres. « Tu sembles bien équipé dis-moi. Je parie que tu as un fauteuil confortable devant ce foyer, et qu'il t'arrive souvent de t'y endormir ! » rajoutais-je, en me dégageant de l'étau moelleux, dévoilant un pull à l'encolure découpé sur une peau enneigée, et une jupe courte à carreaux aux rayures d'un rouge passion. « Est-ce que je me trompe ? » murmurais-je en me retournant vers lui d'un sourire plein de chaleur, avant que l'on se décide à s'avancer un peu plus dans son salon.

Il se passa la main dans ses cheveux châtains mi-longs, et me présenta l'ensemble de sa maison, sans oublier la moindre pièce. « Ahh c'est là-haut que cela va se passer alors.. » commentais-je, avant de me rendre compte de la légère ambiguïté dans mes propos. N'était-ce pas inconsciemment voulu, Sora ? « Ton bureau, pour travailler la chanson. » complétais-je le coin de mes lèvres se retroussant en lui jetant un coup d'oeil. Arrête de jouer. Je remis une mèche d'ébène derrière l'oreille, avant d'être parcourue par un petit soubresaut suite à ses mains qui venaient de claquer brusquement. Il passait d'une chose à une autre, étouffant bien vite les petits silences qui pouvaient s'installer entre nous. Silences qui ne me gênaient pas, mais cela ne semblait pas être son cas. Je m'avançais vers quelques meubles, me retournant vers l'homme qui attendait une réponse. Était-il nerveux ? Oui, je commençais à le percevoir, alors que je le regardais avec une certaine douceur rassurante. « Essaierais-tu de me soûler ? Car je suis une toute autre personne avec de l'alcool dans le sang. » lui lançais-je d'un sourire amusé. « Un café, ce serait parfait. » Un café noir, et corsé, comme je l'aimais. Féline, je fis glisser la chevelure sauvage sur une épaule, le regard attiré par quelques photos et souvenirs du chanteur. Je regardais longuement une photo en noir et blanc d'un couple d'un certain âge, entourant un petit garçon que je n'eus aucune peine à reconnaître. Le vieil homme tenait une guitare que je remarquais, accrochée non loin dans le salon. « On dirait que la musique est une affaire de famille chez toi... » Je quittais le cocon du passé, pour déambuler vers d'autres meubles. « D'ailleurs, d'où es-tu originaire ? Tu as un joli accent quand tu chantes. J'ai écouté quelques chansons de ton répertoire, mais je n'ai pas parcouru wikipédia, désolée ! » fis-je taquine, en lui jetant des coups d'oeil dans la cuisine, vers laquelle je m'avançais désormais. Je percevais à nouveau son agitation dans ses déambulations, et ses gestes rapides.

« Est-ce que c'est moi qui te rends aussi nerveux ? » demandais-je de but en blanc, accoudée au comptoir, le menton sagement appuyé sous mes mains croisées. Les pierres amandes le fixaient avec une confiance troublante. « Tu n'as pas l'habitude de recevoir, je parie. » Manquée Sora. Mais n'était-ce pas aussi voulu ? Ne sentais-tu pas le petit jeu de séduction s'installer ? Je penchais doucement la tête d'un sourire naturel. « Je pense être beaucoup plus nerveuse que toi... Pour tout avouer, le chant n'est pas mon métier premier, et je suis encore loin d'être une professionnelle. J'ai plus l'habitude de chanter avec des voix féminines, et je n'ai encore jamais écrit de chanson. » lâchais-je avec une franchise qui me caractérisait. « Même en sachant cela, veux-tu toujours que je devienne ta partenaire de duo ? »  


 

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Colin Finningham
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MessageSujet: Re: We'll see if we can fill an empty heart, but I won't tell you what the chances are | Sora&Colin   Mer 13 Fév - 22:35


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Avant de faire mon entrée dans le monde des célébrités, je n’avais jamais réellement été le genre de gars à attirer toutes les filles (ou alors, j’étais trop aveuglé par l’amour que j’avais pour Anne pour remarquer les autres demoiselles), mais maintenant, j’avais également du succès avec les femmes. Succès avec lequel je n’étais toutefois pas si à l’aise; d’une part parce que la majorité des femmes que je rencontrais ne voulaient que coucher avec moi pour avoir quelque chose à raconter à leurs copines, d’une autre parce que ces femmes n’étaient intéressées que par ce que je représentais plutôt que par qui j’étais. Le Colin sensible, elles n’en avaient rien à foutre. Ainsi, il était facile d’être détaché émotionnellement, autant envers elles qu’envers moi-même.

Avec Sora, c’était différent. C’était l’homme que j’étais qui avait attiré son attention, pas le chanteur country qui vend des albums partout au pays. Elle était également différente. Outre sa beauté et son talent, il y avait une réelle chimie inexplicable entre nous. Un intérêt commun, un sens de l’humour certain, une force de caractère balancée par une douceur d’âme. Vous ai-je dit que cette fille me rendait fou?

Quelques instants plus tôt, alors que je lui présentais mon semblant de vestibule, après m’avoir tendu son écharpe, elle m’avait tourné le dos pour que je l’aide à retirer son manteau. Une simple action que j’exécutai néanmoins avec délicatesse, faisant glisser l’épais tissu de ses épaules à la manière d’un collectionneur qui découvre une délicate poupée de porcelaine. Sans sembler remarquer tout l’effet qu’elle avait sur moi, Sora plaisanta au sujet de mon foyer alors que mon regard se posait sur le haut de son dos, dévoilé par le pull qu’elle portait. Elle s’était alors retournée vers moi avec grâce, me murmurant une question à laquelle je répondis que par un sourire avant de me ressaisir et poursuivre la « visite ». Avoir eu la certitude de ne pas commettre un geste condamnable et non consentant, je crois que j’aurais emprisonné son sourire de mes lèvres. J’avais alors énuméré les pièces de la maison, exercice dénué de charme, mais qui avait pour but de me rafraichir les idées. Ce ne fut néanmoins pas facile : « Ahh c'est là-haut que cela va se passer alors… » dit-elle avant d’ajouter : « Ton bureau, pour travailler la chanson. » alors que je devais déjà avoir changé de couleur. Elle n’avait qu’un mot à dire pour que je lui fasse visiter mon lit, ça, c’était certain! Je la regardai glisser une mèche de cheveux derrière son oreille et ce fut ce moment que je choisis pour lui proposer à boire en tapant dans mes mains.

« Et quel genre de personne êtes-vous, mademoiselle Kang, lorsque vous buvez trop d’alcool? » lui avais-je demandé sur le même ton amusé qu’elle avait utilisé pour me poser sa question. Sora me rendait nerveux, mais je ne perdais néanmoins pas tous mes moyens. Je m’éclipsai vers la cuisine pour lui préparer son café, la laissant explorer le rez-de-chaussée à sa guise. Profitant d’un moment seul, je levai le poing vers ma bouche et fis un mouvement pour le mordre, technique non scientifique pour faire descendre la pression qui commençait à me donner des chaleurs.

« Ce l’était, effectivement. L’instrument préféré de grand-père était la guitare, celle-là même qui est accrochée au mur du salon, mais vous pouviez lui tendre n’importe quel autre instrument et il réussissait à vous jouer une chanson! Grand-mère chantait. Elle disait souvent que j’avais appris à chanter avant de parler… » répondis-je en me remémorant de bons souvenirs. Je levai les yeux vers le salon et croisai le regard de Sora. « Ça, c’est l’accent du Texas, looker! » fis-je en caricaturant l’accent texan. « Looker, ça veut dire jolie fille, par chez-moi ». J’adressais un clin d’œil à la belle et remarquai qu’elle s’approchait vers la cuisine.

Aussitôt, je sentis la nervosité revenir au galop. Je tournai le dos à Sora, sentant sa présence derrière moi, pour prendre deux tasses dans l’armoire. Si j’avais imaginé que je cachais bien ma nervosité, Sora me prouva le contraire en me questionnant directement. Je me tournai vers elle, les deux tasses aux mains et vint les déposer devant elle, sans détacher mon regard de ses deux prunelles sombres. Je posai les mains sur le rebord du comptoir et penchai mon torse légèrement vers la belle.

« Oui, je veux que tu sois ma partenaire pour ce duo. Le chant n’est peut-être pas ton métier, mais ta voix est magnifique et elle vibre au rythme des émotions des textes que tu chantes. La technique vocale, c’est une chose, mais ce qui fait qu’une voix émeuve, c’est sa vulnérabilité. ». J’avais baissé mon visage à la hauteur de celui de Sora tout en parlant, changeant de position pour poser mes coudes sur le comptoir. « Et non, je ne suis pas nerveux parce que je n’ai pas l’habitude de recevoir… » dis-je à demi-mot en baissant les yeux sur les lèvres pulpeuses de la jeune femme.

Si je n’avais pas réglé ma machine à café pour qu’elle bip lorsque le café était prêt, j’aurais peut-être risqué de foutre en l’air notre collaboration artistique en répondant à l’invitation silencieuse de la belle (et peut-être non voulue, pour ce que j’en savais) de laisser expulser cette tension voluptueuse qui allait finir par me rendre fou. Si nous voulions faire avancer le projet de chanson aujourd’hui, ce petit jeu de séduction devait s’arrêter là… Arg! Au diable la chanson!, fus-je tenté de dire, mais je me contentai de me redressai avec un sourire en coin pour me diriger ensuite vers la cafetière.

Je crois que je n’eus jamais autant de mal à préparer deux tasses de café qu’à ce moment. Verser le liquide bouillant dans une tasse était banal, mais j’y trouvai, tout à coup, une dimension presque sensuelle. Ou alors, c’était le regard de Sora qui épiait chacun de mes mouvements qui ne m’aidait pas du tout. Calme tes hormones Colin! On dirait que tu n’as jamais été en présence d’une femme de ta vie!

« Tu veux le boire ici ou le monter à l’étage et commencer à travailler? » dis-je pour reprendre le contrôle de la situation et de mon esprit en posant la tasse de café devant Sora, gardant la mienne à la main.
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Sora Kang
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MessageSujet: Re: We'll see if we can fill an empty heart, but I won't tell you what the chances are | Sora&Colin   Aujourd'hui à 20:16



We'll see if we can fill an empty heart, but I won't tell you what the chances are
Colin & Sora




Tenue | Lorsque j'évoquai l'étage dans une ambiguïté presque involontaire, le visage de Colin vira à l'écarlate. Ce qui manqua de m'arracher un rire ! Je crois que ce que j'appréciais chez lui, c'était son naturel, et cette manière assez adorable de dévoiler ses émotions malgré lui. Quand d'autres étaient dans un contrôle permanent, au visage d'un marbre lisse et froid, le blond était d'une compagnie agréable et pleine de chaleur, que j'appréciais. De plus en plus. J'étais à l'aise avec lui, autant humainement que derrière un micro et je commençais à développer une certaine curiosité envers cette personne. Mise à part quelques unes de ses chansons que j'avais écouté avant de venir à notre rendez-vous, je n'avais pas vraiment cherché plus d'informations sur lui, bien que internet devait en grouiller. Je préférais plutôt voir ce qu'il allait me dévoiler de lui-même, dans une conversation simple, entre un homme et une femme.

« Et quel genre de personne êtes-vous, mademoiselle Kang, lorsque vous buvez trop d’alcool ? » Pourquoi lui avais-je parlé de ça ? Je levais les yeux au ciel, en me mordant la lèvre inférieure, avant de soupirer dans un sourire un peu gêné. « En Corée, les hommes aiment beaucoup quand les femmes ont une attitude "mignonne", ça en est presque ridicule parfois. Et c'est plutôt opposé à mon caractère... sauf que quand je bois, la moitié du temps, je deviens comme ça. » fis-je, alors que le chanteur partait vers la cuisine. Je passais entre les canapés, jetant un coup aux papiers déposés sur la table basse, avant de plutôt m’intéresser à son foyer qu'il semblait adorer. « ... je ne deviens plus qu'amour et affection. J'enlace les gens, je fais ami-ami avec n'importe qui, je clame à quel point je peux aimer quelqu'un... Bref, je suis une guimauve ambulante ! » lançais-je, amusée par ma propre personnalité. « Et la version extrême : je fais un karaoké géant, debout sur le comptoir d'un bar bondé ! » rajoutais-je, en passant la main dans la chevelure sombre, l’ébouriffant d'un mouvement rapide, nerveux. Bref, c'était assez rare de passer inaperçu avec moi dans ce genre de moment. De nombreuses vidéos étaient conservées secrètement par mes amis, qui ne se gêneraient pas pour me les dégainer un beau jour ! « Ta célébrité en prendrait un coup si tu étais avec moi en soirée, mon cher Colin. Tu sais maintenant quand il faut m'éviter. » plaisantais-je en me retournant, faisant une croix devant moi avec mes bras.

Et puis, quelques photographies attirèrent rapidement mon attention. Elles me rappelaient à quel point ma propre famille pouvait me manquer. Assez voyageurs par nature, mes parents s'étaient finalement posés au Japon depuis quelques années, pays d'orient si loin de la ville des anges dans laquelle j'étais installée aujourd'hui. Un vieux cadre photo entre les mains, je détaillais l'expression pleine de chaleur du couple âgé, penché vers le garçon au regard ébahi. Sa bouche était entrouverte, il semblait chanter avec eux et la guitare. J'aimais ce genre de photo, elle me touchait, inconsciemment. J'écoutais l'homme me raconter l'histoire du cliché, histoire qui n'était pas si éloignée de celle que j'imaginais. Il semblait avoir vécu avec de bonnes personnes, c'était ce que je pensais. Cela pouvait expliquer sa personnalité, il n'était pas bien différent de ce petit garçon fasciné, figé sur le papier glacé. « Ils avaient l'air adorables, le genre de personnes qui ont une tonne d'anecdotes à raconter, je suis sûre. » J'en vins à aborder son accent, plus marqué que les natifs de cette région. Sa caricature esquissée me fit sourire, une sonorité qui me rappelait des vieux films de cow-boys. « Looker ! » tentais-je de répéter avec ce même accent, avant d'étouffer ma bouche de mes doigts. « Il faut encore que je m'entraîne.. Le Texas, c'est le berceau de la country en plus, si je ne me trompe pas. » rajoutais-je, en m'avançant vers la cuisine.

Mes pas résonnèrent dans l'espace aéré, le regard esquissant la silhouette de dos de Colin, qui s'agitait à droite et à gauche. Il me jeta un coup d’œil, m'accoudant au comptoir, avant de repartir de plus belle, semblant parfois oublier où étaient les éléments qu'il cherchait. Comment rendre quelqu'un plus nerveux ? En lui posant directement la question bien sûr. Ce qu'il pouvait percevoir comme une petite faiblesse de sa part, était en réalité assez charmant à regarder et je ne me gênais pas pour le taquiner là-dessus. Mais lorsque je réorientais le sujet, l'homme qui se retourna vers moi semblait avoir repris du poil de la bête. Nos regards s'accrochèrent, sans se perdre. Il déposa les tasses sur le comptoir, et se pencha en avant d'un simple mouvement, qui ne me fit pas pour autant reculer. « Oui, je veux que tu sois ma partenaire pour ce duo. Le chant n’est peut-être pas ton métier, mais ta voix est magnifique et elle vibre au rythme des émotions des textes que tu chantes. La technique vocale, c’est une chose, mais ce qui fait qu’une voix émeuve, c’est sa vulnérabilité. » Le menton calé sur mes deux mains, je ne pus m'empêcher de laisser échapper un petit rire discret, qui fuyait entre les doigts fins. « C'est bien la première fois que l'on me parle de vulnérabilité chez moi... » murmurais-je, assez surprise. Un terme presque péjoratif dans une personnalité se voulant résistante et imbattable. Pourtant, sa manière de tourner les mots me le fît étrangement accepter. Les pommettes prirent une légère teinte rosée. « J'avais oublié que tu composais, et que tu savais utiliser aisément les mots à ta guise... » rajoutais-je, avant d'enfin me rendre compte qu'il avait changé de position. Désormais calé sur ses avants-bras, nos regards se retrouvèrent à la même hauteur, à une distance qui excluait l'espace personnel. Les prunelles félines se plongèrent dans le bleu ciel, dans les pierres de l'homme qui dérivèrent plus bas, après quelques paroles susurrées... Et brusquement, je sentis cette tension. Brute, et si familière. Mes lèvres s'entrouvrirent lentement en une invitation soufflée par un corps éveillé. Quelques courtes secondes où j'avais senti ma respiration s'écourter... Une vive sonnerie fit éclater la bulle qui nous entourait, en un léger sursaut. Colin s’éclipsa en un sourire en coin, et j'en profitais pour fermer les yeux un bref instant. Il m'attirait plus que je ne le pensais. Mais joueuse par nature, je n'allais pas m'arrêter à un si court échange de tension.

Pour ne pas changer, je le suivais du regard, esquissant lentement son dos et sa nuque légèrement courbée vers les deux tasses qu'il remplissait d'une eau bouillante. Je n'étais plus vraiment certaine du choix d'une boisson chaude désormais. Il déposa l'une des deux sur la table, le tenant encore alors qu'il me demandait si je préférais la boire ici, ou à l'étage pour travailler. En un geste gracile, j'avançais la main vers la sienne qui tenait encore la anse du liquide noir. Je la recouvris délicatement, en une caresse du bout des doigts, l'invitant à relâcher silencieusement sa prise. Je lui offris un sourire plein de mystère, avant de récupérer la tasse que je serrais contre moi. « Montons à l'étage. » tranchais-je d'une voix grave, et presque déterminée, alors que je quittais de quelques pas l'espace de la cuisine. Allez, au boulot ! Je m'arrêtais devant l'escalier ancien, laissant poliment passer Colin devant moi pour me montrer le chemin. Puis, je montais les marches à sa suite, qui craquèrent doucement sous notre poids. Les doigts glissèrent sur la rampe étroite d'un bois foncé, jusqu'à ce qu'elle se termine, nous délaissant sur le palier du premier étage. « Tu sais, je n'ai vraiment jamais écrit de chansons. Par quoi est-ce que tu commences ? » Il ouvrit l'une des portes, dans laquelle on pénétra l'un après l'autre. La première chose qui me frappa, se fût l'immense lumière qui éclaira la pièce, me forçant à mettre la main devant les yeux, qui se plissèrent sous l'intensité. Ils se fermèrent, et en à peine deux pas esquissés, je percutais Colin qui venait de s'arrêter. Un rire m'échappa, alors que je tendais la main vers son bras sous la surprise, que je retirais un instant plus tard. « Excuse-moi ! Quelle pièce lumineuse, dis-moi ! » fis-je en me servant de l'homme pour me faire de l'ombre. « Ne bouge pas, tu es parfait. » lui susurrais-je juste devant lui, taquine. Je relevais les yeux vers lui. « Alors... est-ce que tu commences par la mélodie ou les paroles ? Il nous faudrait un thème, un scénario... » On pouvait dire que quand je travaillais, j'étais assez impliquée. Certes, il était plus dans son univers que le mien, mais je ne voulais pas pour autant être inutile dans notre collaboration. Les cils bruns roulèrent, une moue boudeuse trahissant une femme en pleine réflexion. Puis, je cherchais son regard. « Un homme, une femme... Est-ce que nos deux personnages sont en couple ? Se sont séparés ? Hésitent à se déclarer ? Ou... est-ce comme nous... » fis-je lentement, les coins de mes lèvres se retroussant avec douceur. « Une jolie rencontre ? »   


 

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We'll see if we can fill an empty heart, but I won't tell you what the chances are | Sora&Colin
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