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 Mike ➹ If you love a bird set it free.

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Mike Joker
Mike Joker
DATE D'INSCRIPTION : 10/02/2018
MESSAGES : 168

MessageSujet: Mike ➹ If you love a bird set it free.   Sam 9 Fév - 18:02




" Revenge is a poison meant for others that we end up swallowing ourselves. "



" Michael Joker "


◑ Nom Joker. L'ironie d'une blague c'est quand le blagueur se fait prendre à ses propres blagues. Joker. Comme cette sombre affaire. Cette erreur judiciaire qui ébranle les croyances de l'existence d'une Justice authentique. Et toute la rancœur qui en découle inévitablement. Mais le soleil continu effrontément d'illuminer le regard et les nombreux sourires du condamné tout récemment libéré. Le jour prêt à mourir ou l'aube prête à naître ? L'éternel vacillement inquiétant se rapproche et le temps s'arrête pour contempler ses méfaits bien trop lisses, bien trop soyeux. ◑ Prénom Aussi loin qu'il s'en souvienne, Joker n'a toujours été que Joker aux yeux du monde. Tout d'abord le nom d'un brave flic un peu trop terre à terre, l'Inspecteur Joker, puis celui d'une affaire répugnante qui fait scandale, le nom d'un Homme qui devient Monstre, craché par toutes ces femmes et ces hommes qui furent ses collègues, ses amis, sa famille, le nom a été à maintes et maintes reprises traîné dans la boue, écorché avec dégoût. Il n'y a plus aucune forme de dignité en ces deux syllabes sans identité. Joker, Détective ou Mike, ils sont très peu à l'appeler Michael, tout simplement parce qu'il ne se présente jamais en tant que Michael Joker, mais "Joker, juste Joker". Ce fut la marque de sa délivrance, elle serait maintenant celle de sa servitude. ◑ Date et lieu de naissance Une nuit d'automne, en 1983. Il ignore bien où. Peut-être pas sur cette Terre, après tout. ◑ Nationalité Aucun parent pour l'éclairer sur son identité. Il se dit anglais et en porte fièrement la nationalité car il a vécu un petit moment à Dorchester, un village charmant des campagnes d'Angleterre et qu'il fut un pansement durant ses premiers pas dans sa vie d'adulte sans repères. Mais sa terre natale, celle qui n'a jamais vraiment voulu de lui et qu'il a abandonné à son tour est la France, indéniablement. Il est français sur les papiers également... principalement. Une double nationalité non assumée. ◑ Orientation sexuelle Les femmes, qu'il a toujours aimé sincèrement, éperdument, peut-être un peu trop, finalement. Il n'a jamais eu beaucoup de chance avec la gente féminine. Trop maladroit, trop tête en l'air, trop naïf, trop passionné... Puis il a rencontré l'amour de sa vie, pensait-il, celle qui devint sa femme. La prunelle de ses yeux, sa sublime Hailey. ◑ Statut civil Divorcé depuis près de 7 ans d'une femme qui ne semble jamais l'avoir aimé comme lui l'a aimée. Il est devenu véritablement allergique à l'amour et préfère grandement en rire qu'en pleurer. ◑ Profession Saigneur du temps (wink wink), non, il n'y a aucune faute. Saigneur. Celui qui fait couler les averses rouges spirituelles en espérant faire disparaître les filets du diable de sa vie. Le temps et Mike c'est une histoire d'amour intense et tragique qui remonte à l'enfance. Il lui court après depuis petit et n'a jamais cessé depuis. S'il fut réellement charmé par ses nombreux mystères et son imprévisibilité sans équivalence, au début, il l’exècre au plus haut point maintenant. Lui et tout ce qu'il représente. Le passé, le présent, le futur. Plus rien ne l'amuse, plus rien ne l'émeut. Il veut la mort du temps. Mais son véritable métier, à Joker, n'est pas de tuer, ni de faire des blagues, c'est même l'opposé, contrairement à ce qui fut clamé il y a bien des années à son sujet. Il fut Inspecteur de la police judiciaire de Dorchester, puis de New York, et un bon. Il devint ensuite un célèbre meurtrier... enfin, "apparemment", et il faut forcément croire ce qui est raconté dans les journaux, à la télé et sur le net, et mes ces foutus juges, n'est-ce pas ? Ne peut-il pas ajouter cela à son CV, d'ailleurs ? Ohh, bon, vous n'êtes pas drôles. Enfin, quoi qu'il en soit, après la réouverture de l'enquête, il a été relâché. Actuellement, il agit dans l'ombre (lol) en tant que Détective privé dans son propre cabinet qui ressemble étrangement à une cellule et où ils sont trois à exercer sous ses ordres. Un petit génie de l'informatique qui parle chinois pour lui, une demoiselle impulsive à la détermination époustouflante et un brin de gamine qui semble être plus mature et plus sage que lui. (en même temps c'est pas bien compliqué) Ensemble, ils travaillent souvent en équipe avec la Criminelle de Los Angeles sur des affaires lourdes et particulièrement délicates. Autant dire que les rapports entre rivaux forcés à s'allier se font compliqués, mais les résultats brillants sont là pour conforter les décisionnaires haut gradés dans l'idée de faire perdurer ce partenariat particulier. ◑ Quartier d'habitation À son cabinet situé non loin des lisières forestières de Santa Monica. ◑ Qualités et défauts de ton personnage Extravagant Bout en train Malhonnête Jovial Rayonnant Espiègle Imprévisible Érudit Indépendant Extraverti Taquin Manipulateur Curieux Énigmatique Hyperactif Loyal Intrépide Aventureux Impétueux Étourdi Susceptible Rancunier Prétentieux sans même qu'il n'en ait réellement conscience Abîmé Sombre Sournois Jaloux Incontrôlable Généreux Empathique Désordonné Dépourvu d'un quelconque tact Aisément distrait Peu sérieux Grand gamin Exaspérant... Voire carrément Chiant, en fait. ◑ Avatar Jake Gyllenhaal. ◑ Groupe Les Tentacules de la Déréliction ❧ ◑ Crédits @cliffs edge pour l'avatar.

L'hémorragie de tes désirs s'est éclipsée sous la joue bleue dérisoire



Tics et manies et de ton personnage

D'un naturel enjoué, insolent et décontracté, Mike est un sale gamin ravi de ses conneries, génie dans l'âme mais principalement exaspérant pour ses pairs, lâché dans l'immense et dangereuse cour de récréation qu'est La Vie dont il est le brillant marionnettiste... Personnage turbulent, surprenant, il est fort probable que vous vous retrouviez piégé un jour ou l'autre dans l'un de ses innombrables tours de passe-passes, ses petits jeux puérils qu'il prend malin plaisir à mettre en œuvre pour s'amuser un peu et/ou résoudre ses énigmes, souvent les deux. Il ne faudrait pas non plus que vous fassiez l'énorme erreur que certains font souvent : celle d'essayer de comprendre ses raisonnements brouillons. Quelle perte de temps. Après tout, il va surement changer de sujet et de comportement avant même que vous ne remarquiez à quel moment exactement il a réussi ces exploits. Il a tendance à -trop- plaisanter, à rire ou ironiser sur ce qui ne peut l'être, mais aussi à mixer des informations vitales avec des banalités, dans le but mesquin de manipuler son interlocuteur. Car, oui, c'est un mentaliste hors pairs en plus d'un menteur sincère. Un homme foncièrement rusé possédant un don remarquable d'observation et de déduction.

D'après les témoignages de femmes et d'hommes l'ayant côtoyé au boulot et en dehors avant les événements qui lui ont volé 10 années de son existence, Mike aurait changé radicalement de comportement, mais est-ce seulement étonnant ? Il semble être resté bloqué dans un passé parfaitement imaginé par ses songes, un imaginaire où plus rien n'a d'importance si ce n'est l'amusement et les énigmes, dans le caractère jovial et totalement bouleversé/sant, dans les manières, la spontanéité naturelle et les conneries de l'adolescence. Lorsqu'on creuse un peu et qu'il s'ouvre ne serait-ce qu'un peu pour mettre ses faiblesses en lumière, l'on ne peut que constater avec flagrance l'horreur de ses plaies tragiques au fond de ses grands yeux expressifs. Ces mêmes meurtrissures qu'il tient tant à si bien cacher derrière ses rires et ses fantaisies par millier. Terribles cicatrices qui dessinent le portrait désastreux de son existence. Et avant ? Avant tout ça, avant l'agaçant qu'il est maintenant, qui était-il ? Un jeune homme plutôt distant et autoritaire avec un certain mépris pour le règlement (qui, lui, est resté inchangé) et un don remarquable pour résoudre des enquêtes (toujours debout également #renaud), rien de plus ou de moins. C'était un inspecteur remarquable, un mec bien derrière un comportement souvent très limite, mais la hiérarchie passait volontiers outre toutes ses frasques car il était alors un élément essentiel de la police judiciaire new-yorkaise. Enfin, les gens changent. Et il ne fait pas exception.

Derrière ses airs de type un peu trop joueur, croquant la vie à pleine dents, se morfond une personnalité bien différente de celle qu'il veut bien montrer, bien plus fielleuse et déconcertante. Elle se fond dans le noir pour mieux resurgir à la lumière du jour au moment où l'on s'y attend le moins, où lui même s'y attend le moins. Effrayant, c'est ce qu'il devient lorsqu'on a affaire à sa facette vindicative cruelle. L'Affaire Joker remise sur le tapis, il ne répond plus de rien. Hargneux, sanglant, mauvais, psychotique ; il est prêt à tout et surtout au pire pour tirer cette affaire au clair. Notez bien une chose; rien ni personne ne pourra se mettre en travers de son chemin. C'est la raison pour laquelle il bosse secrètement sur le dossier nuit et jour dans une pièce recluse de chez lui, pour ne pas éveiller les soupçons au cabinet ni ailleurs. Difficile de le canaliser ou d'anticiper ses plans quand son âme s'est déjà laissée aller aux ténèbres de la vengeance qui est l'unique raison pour laquelle il continu de rester sur cette foutue terre à l'heure actuelle. Un jour, Michael se l'est promis, il résoudra son enquête et trouvera ce voleur de Vie. Il le ferra payer de la sienne. Et ce jour là, il le sait déjà, tout ira tellement mieux. Il ne retournera pas en prison. Jamais plus. Il se laissera vaincre par le Temps, s'il ne le tue pas avant.

L'Affaire Joker résumée : Michael Joker, inspecteur renommé de la police judiciaire new-yorkaise, a purgé 10 années d'une peine de prison à perpétuité pour le triple homicide de son meilleur ami, sa femme et sa fille. Crimes qu'il n'a cependant pas commis. Étant un flic en prison, il aurait été moins cruel de le condamner à mort. Tout le monde voulait sa part, gardiens comme détenus. Les premières années, il passait clairement plus de temps à l’hôpital de la prison que dans la prison elle même. Afin d'assurer sa sécurité, il fut décidé que Joker purgerait le restant de sa peine, le restant de sa vie, dans une cellule de six pieds sur huit pieds. Là bas, il a manqué d'y perdre la raison. Il a parlé aux murs, tout seul, à sa femme qui ne pouvait pas l'entendre. Et toujours, cette voix dans sa tête qui ne cessait de résonner, de le hanter, secondes après secondes, jours après jours, "Ce n'est pas moi, je suis innocent." Ces sentiments atroces de trahison, de colère, de tristesse, de solitude et d'abandon. Tout s'est mêlé en un tourbillon d'horreur qu'il n'a jamais su contrôler. Il est une évidence difficile d'omettre : la prison a définitivement creusé sa tombe. Il est mort derrière ces barreaux, ces murs noirs interminables et ces rires gras de gardiens sans âmes, et personne ne pourra prétendre un jour à lui faire entendre le contraire. Il a tout perdu là-bas ; sa liberté, sa femme, ses amis et ses collègues de travail, et même ce qu'il avait de plus cher encore : son identité. Tous (sauf un) l'ont cru coupable et lui ont tourné le dos sans hésiter. Puis, il y a un an de cela, l'enquête fut rouverte par son avocat et seul soutien, Rowan Parker. LA faille qui prouverait son innocence fut enfin dévoilée. Libre sans ne plus jamais l'être, Mike doit réapprendre à vivre au sein d'une société qu'il n'a pas côtoyé depuis bien des années.

Émerveillé d'un rien, l'ancien détenu semble redécouvrir avidement le monde depuis qu'il est dehors. Un peu perdu aussi, souvent, profondément intéressé par la moindre nouveauté lui ayant échappé, il en devient assez ridicule, assez enfantin, mais pas moins adorable. Les évolutions diverses semblent lui échapper. Pourtant, s'il y a bien quelque chose qu'il maîtrisera toujours à la perfection et qui, selon lui, n'a vraiment pas changé : c'est bien le comportement désolant de l'être Humain.

Mike souffre de Synesthésie. Enfin, souffrir est un bien grand mot car ce phénomène particulier lui a été salvateur à bien des niveaux et n'est pas bien embêtant en soi (enfin, cela peut devenir entêtant et causer quelques migraines cependant). Ainsi, pour sa part, elle se présente à lui comme la possibilité étonnante de sentir les couleurs. Pas bien utile, me direz-vous, mais en prison cela lui a permis, entre autres choses, de ne pas perdre définitivement la raison.

Le petit cocon de ton personnage
Le Détective privé vit dans son cabinet... Non, mais réellement. Cet espace aménagé composé de quatre petites pièces est un écho étrange à son ancienne "maison", Pelican Bay. Quelque part, cela le rassure. Dans son bureau, on peut trouver dans un coin près de la petite fenêtre, un canapé de mauvaise facture brun où virevoltent plusieurs dossiers et bouquins. C'est là où il dort chaque soir, incapable de se résoudre à rejoindre l'immense villa vide de toute identité (comme lui) que l'Etat lui a cédé dans le même quartier. Ce cabinet, plus particulièrement sa pièce, est, certes, sinueuse, étouffante pour certains, désorganisée, triste, mais c'est son nouveau chez lui.
Que pense t-il de la ville de Los Angeles ?
Le Détective n'a clairement pas encore eu le temps de s'attarder sur la ville, ni même sur l'Etat en lui même... Et dire qu'il y est pourtant depuis une décennie, sur les terres paradisiaques de cette si belle Californie, quelle ironie ! Pourtant, nul doute qu'il prendra bien le temps de savourer chacun des plaisirs qu'aura à lui offrir LA. Il a du temps à rattraper. Il a tant de temps à rattraper...
Pourquoi avoir choisi ce groupe ?
À quoi rime la vie sans un rire, sans un sourire, sans une glace au chocolat ou sans un jeu pour s'occuper ? Cet état d'esprit enjoué, fêtard et décontracté n'a pas toujours été son leitmotiv dans la vie, on s'en doute, mais, aujourd’hui, Mike n'est plus le même homme et il faudra bien s'y faire.
Quel est le petit secret de ton personnage ?
N'en a-t-il seulement qu'un seul ? Cela ne tient qu'à vous de les découvrir.

Du temps qui se passe contre duquel on ne peut rien...


Parce que nous sommes curieuses, forcément, nous allons te demander touuuuut un tas d'informations bien croustillantes à ton sujet. Ton prénom/pseudo Lou, oui, encore moi     Ton petit âge Toujours le même. Ce que tu fais dans la vie à part tuer des gens Pas grand chose. Personnage inventé ou scénario Inventé. Je vous présente la nouvelle bouille de Bubu  fifou Où as-tu connu le forum? Dans les alentours de quelque part, non loin de nulle part. Pas loin d'ailleurs. Un dernier petit mot ? Esvépé soyez mimi avec Mike, c'est un relou mais très sympatoche  cligne  

Être ou ne pas être, telle est la question sinusoïdale de l'anachorète hypochondriaque

Code:
[url=http://vice-et-versa.forumactif.org/t4416-mike-if-you-love-a-bird-set-it-free][color=red]◑[/color][/url] <span class="titlecat1">Jake Gyllenhaal</span> - Mike Joker
[b]Mike Joker : [/b][i]Santa Monica[/i]
[b]Mike Joker : [/b] [i]Détective privé[/i]

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Mike Joker
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MessageSujet: Re: Mike ➹ If you love a bird set it free.   Sam 9 Fév - 18:02



Path to the void





A little bird from nowhere.

Orphelinat des Petits Princes, Bretagne, France.

Thé mandarine, jasmin d'été, vanille étoilée, camélia blanc, cèdre sauvage, whisky tourbé, caramel tendre, herbe fraîche, feu de bois... Des odeurs se mêlent et s’emmêlent dans le cœur, dans les yeux. L'évasion s’épeule et s'appelle près des doutes, près des peines. Des effluves subtiles, douces ou violentes et passagères d'un instant, de longs moments, cueillis dans l’Étonnant du temps.

Le petit Mike, assis en tailleur au beau milieu des cuisines, était perdu dans la contemplation troublante d'un tableau étonnant qu'il n'avait jamais vu auparavant. Cela devait bien faire une heure qu'il était là, les yeux fermés et la bouche entrouverte, mais la fatigue ne semblait pas apte à le gagner. Les deux beaux oiseaux peints sur l'oeuvre étaient sa seule préoccupation. Jolis, très colorés; ils volaient, volaient, volaient, et lui, volait à leurs côtés dans un imaginaire enfantin, joyeux, délicieux. Ça sentait terriblement bon et il ne comprenait pas une seule seconde comment c'était possible. L'odeur ne venait pas des fourneaux, il était tard et de toute façon, jamais rien ne sentait si bon dans les cuisines. Les odeurs étaient particulières, certaines étaient nouvelles pour lui et les mélanges commençaient petit à petit à lui donner le tournis. Mais, pour la première fois de sa vie, Michael se sentait presque chez lui.

Il était tout juste minuit lorsque sonna le glas du silence.

Et ces effluves entêtantes, ces effluves s'évaporèrent à la seconde même où les bottes de Salazar claquèrent contre le carrelage. Aussitôt, Mike se releva. Le cœur battant, les iris effrayés, il s’apprêtait à se faufiler sous l'une des tables de bois, non loin des plaques chauffantes, lorsqu'une main puissante l'attrapa par le col pour le soulever au dessus du sol. « Tiens, tiens, on peut savoir ce que tu es venu voler, ptit con ? Encore en train de roder après le couvre feu. Tu sais que tu vas encore être puni pour ça ? » susurra le vieil homme de sa voix sombre, avant de resserrer davantage sa prise, cette fois fermement autour du cou de sa jeune proie. « Je... suis pas un voleur! Lachez moi! » Mike se débattait avec hargne, mais c'était peine perdue. Il était de notoriété publique que les gardiens étaient tous assez bien bâtis à l'Orphelinat des Petits Princes et Salazar tout particulièrement. C'était nécessaire. Violent, terrible et immoral, mais personne n'était au courant des horreurs qu'ils vivaient tous ici bas. Ici, ce n'était pas comme dans les autres Orphelinats où Mike avait été auparavant. Ici, il n'y avait que les cas particuliers. Les enfants dits "à problème", ceux dont personne ne voulait, ceux qu'ils (les adultes) se devaient de corriger. Lui, était un évadé récidiviste avec de mauvaises influences sur les autres enfants plus naïfs. Il avait fui, plusieurs fois, lorsqu'il était à Paris, puis en banlieue dans une ville dont il ne se souvenait plus même du nom... Et il avait fini par atterrir ici. Ce n'était que la suite logique, mais rien n'avait changé. Ce n'était pas des sévices physiques et morales qui allaient interférer avec son besoin vital de liberté. C'était si cher demandé ? Qu'on le laisse respirer ? Quand on était petit, oui, enfin, apparemment... « C'est pas étonnant qu'aucun de tes putains de parents n'ait voulu te garder, un voleur doublé d'un menteur, ça fait pas un beau filston, tu crois pas ? » Les mots étaient mauvais, mais pas autant que les maux. « Et un gros con, ça fait quoi exactement ? » rétorqua avec insolence le gamin, du tac au tac. La douleur du poing qui vint se cogner contre sa joue n'eut pas tant d'importance, ni le choc violent contre le carrelage ou les coups de pieds dans les côtes. Cette colère, cette souffrance, ce manque; forgeaient la cage de l'oiseau et pour s'en affranchir, il lui fallait se montrer fort. Pour s'en affranchir, il lui faudrait s'envoler, fuir, devenir ce bel oiseau coloré. Courir après le Temps, la quête de toute une vie... Et elle ne faisait que commencer.

You taught me the kindness of laughs before you left.

Maison de Fleur, Bretagne, France.

Mike n'avait jamais été de ces enfants perdus (peter pan) mélancoliques qui se demandaient à chaque seconde de leur vie ce qu'ils avaient bien pu faire de mal pour que personne ne veuille d'eux. Bien sûr, c'était triste. Bien sûr, il aurait aimé avoir une famille, lui aussi. Bien sûr, mais il ne pleurait jamais. Bien sûr, mais il ne cherchait pas à comprendre, à se torturer l'esprit pour rien. Si sa famille ne l'avait pas choisi, il ne voyait pas pourquoi une autre avait le droit de le choisir à sa place. Et lui, dans tout ça ? Ne pouvait-il pas avoir le choix ? Il voulait celui de l'émancipation, mais il était bien trop jeune pour cela... Ces adultes étaient bien trop compliqués pour lui.

Et puis, un beau jour, il changea d'avis. Comme le dit si bien ce proverbe français "Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis." C'était une grand mère qui avait bien voulu de lui. Madame Fleur. Jamais il n'avait rencontré une aussi gentille personne de toute sa vie. Et pourtant diable qu'il eut tenté toutes les pires saloperies pour la "tester" à ses débuts, faisant régner le chaos dans sa petite maison bretonne. Mais rien n'y faisait, elle restait de marbre, ce même sourire bienveillant aux lèvres. Il avait alors rapidement abandonné toute envie de jouer avec ses nerfs, comme il avait l'habitude de le faire à l'Orphelinat... C'était... visiblement inutile... Après tout, à y réfléchir, il fallait bien qu'il se fasse à l'idée qu'il n'y retournerait plus, et cela devait être plutôt réjouissant, en soi... C'était plaisant, évidemment, mais ce changement brutal ébranlait les barrières qu'il avait érigé pour se protéger et il ne savait tout simplement pas comment se comporter comme un garçon de son âge. Vivre en son plus bel état. Simplement. Se laisser aller. Mais qu'est-ce que c'était que ça ?

Non, Michael n'avait pas tenu très longtemps en tant que petit monstre attitré de la vieille dame, pas face à ses yeux pleins de malices et de sympathie, pas face à ses innombrables histoires folles pleines d’embûches et de sottises. Elle avait ce trait particulier qui faisait tout son charme et l'avait bien vite découragé dans ses élans rebelles. L'humour. Elle était drôle, gamine, peut-être même plus qu'il ne l'était lui même. Et ces rires, les siens, les leurs, surpassaient toutes les horreurs du monde. Il riait. Peut-être même qu'il vivait. Les années passèrent et plus drastiquement qu'il n'aurait jamais pu l'imaginer, elle devint une figure indispensable à sa vie. Fleur, mais également Joker, le selle français qui était aussi fou que sa maîtresse, son plus fidèle compagnon de bêtises.

La vieille horloge murale indiquait trois heures de l'après-midi quand le coucou se mit  à chanter dans le salon. Depuis sa chambre, Michael faisait des tractions. Voilà des mois qu'il s’entraînait. Bientôt, il intégrerait l'armée de terre française et il se devait d'être au top de sa forme. Il n'avait jamais tellement rêvé d'un tel métier, mais il s'était avéré que l'école, ce n'était pas fait pour lui. Alors il avait choisi la facilité... ou presque. L'engagement. En plein effort, il entendit vaguement la voix de Fleur depuis le jardin : « Mikey ? Va nourrir les poules s'il te plait, je dois aller faire des courses au village. » Seulement, c'était impossible. Pas maintenant du moins. Il lui fallait terminer sa session d'entrainement avant. Il ne pouvait pas s'arrêter en plein milieu. « J'peux pas tout de suite, mais j'le fais après, promis. » qu'il lui hurla en retour par la fenêtre afin qu'elle l'entende. Les minutes s'écoulèrent et il termina enfin. Il courut dans les escaliers afin d'aller boire un grand verre d'eau à la cuisine puis prit la porte.

Le paysage se décolora tout à coup et les odeurs, les odeurs vinrent le hanter par millier, jusqu'à l'en faire suffoquer. Pneu brûlé, friandise écœurante, essence entêtante, et puis l'odeur de la douleur, la pire, la plus atroce des odeurs. La plus affreuse des couleurs ; rouge sang.

Ne voyant pas Mike arrivé, Fleur avait décidé de s'occuper elle même de nourrir les poules, et pour ce faire, il fallait monter chercher la nourriture dans une cabane qu'il n'était possible d'atteindre que par le biais d'une échelle fixée à un muret. Cette dernière avait cédée et Fleur avait chuté. Cette dernière s'était brisée et Fleur avait fanée. Par sa faute. Tout était de sa faute. Il était celui qui aurait dû tomber.

Il aurait dû mourir ce jour là.

Ce fut un revers de médaille plus que brutal de la fatalité du Destin. Un repos passager, l'un de ceux que l'on s'octroyait sans ne jamais vraiment le mériter. Un bonheur pour lequel il n'avait jamais signé mais auquel il s'était terriblement attaché. Ce jour là marqua son retour à la case départ. Dans sa cage, l'oiseau revenait toujours. Il avait tout perdu. Il se sentait si bête d'avoir pu un seul instant y croire.

Il s'engagea comme il était prévu, puis fuît le pays de cauchemar à la première occasion.

Can you heal my broken wings ? I wanna fly far away with you, fly, fly, fly.

Poste de Police, Dorchester, Angleterre.

Ces années passées sur le terrain ne furent pas ses plus reposantes, mais elles l'aidèrent à ériger ses nouvelles barrières et le poussèrent à prendre enfin une décision vitale à son avenir. Mike était fort, maintenant, plus fort que jamais et il était temps de se relever, de reprendre son envol. D'un coup de tête aussi puissant que violent; il quitta alors l'Armée de terre, la France, les compagnons qu'il s'était fait avec le temps, toutes ses peines et toutes ses joies, sans ne jamais regarder en arrière. Un simple sac sur l'épaule, une cigarette pincée entre les lèvres, quelques soupirs d’antan et un allé simple pour Londres. Il gravita quelques jours seulement dans la capitale et tomba bien vite amoureux des anglais. Pourtant, il n'y trouva pas sa place. Non, il lui fallait une contrée où règnerait le paisible de la Nature, un ailleurs un peu pommé que personne ne savait trop comment aimer, un quelque part bien plus relaxant que la folie du melting pot anglais, un endroit où réfléchir, où se reposer, enfin.

C'est la douceur de Dorchester qui imposa sa splendeur dans son cœur. Un village où il fit la rencontre de gens merveilleux. Mais aussi un lieu où il trouva sa voie, notamment grâce à son voisin, Mister Leaf, un flic retraité absolument renversant qui lui conta toutes ses enquêtes du plus profond de son être. Depuis tout ce temps, il avait cru n'être bon à rien de particulier, ne faire que copier, tricher et virevolter entre les lignes de la vie. Mais le chemin lui semblait si évident à emprunter maintenant qu'il y réfléchissait. Petit malin assez mesquin, il pouvait changer la donne devenu grand, renverser les défauts pour les transformer en qualités, en atouts évident pour la société, pour lui même, se trouver enfin un but dans la vie et une véritable identité. C'est également au village qu'il fit la rencontre de la femme qui deviendrait bien vite celle de sa vie. Les premières impressions n'avaient pourtant donné aucun indice là-dessus. Non, vraiment aucun...

« Joker ? Y a une dame qui prétend avoir été témoin d'un meurtre. Un certain Tom aurait été assassiné sous ses yeux et euh... » Mike se leva aussitôt de son bureau et ne laissa pas le temps à son collègue de terminer sa phrase, l'abandonnant tout penaud dans les bureaux de l'étage. « Ahhh, bah enfin. Votre collègue avait pas l'air de s'affoler, hein! Nan mais vous vous rendez compte... » Les yeux plissés et le sourire crispé, Mike ne prit pas la peine de l'écouter davantage, elle non plus. Il fallait dire aussi que l'Inspecteur n'était pas commode, et, de surcroit, n'avait pas votre temps, à vous, insignifiants personnages que vous êtes pour lui. « Si vous pouviez vous calmer et reprendre depuis le début, ça m'arrangerait, je vous cache rien. » déclara-t-il le plus calmement du monde, les mains enfouies dans les poches de sa veste. Il la dévisagea un moment, perplexe. Grande, blonde, accent ricain et manières typiques des nanas superficielles de là-bas. Elle allait être atrocement chiante, celle là, il la sentait venir à des kilomètres. Pourtant, s'il était question d'une affaire, il fallait bien qu'il prenne la peine de l'écouter avant de filer à l'anglaise sur les lieux du crime avec sa petite brigade. « Mais vous n'avez pas écouté le rapport de l'autre ou quoi ? Je suis témoin d'un M E U R T R E ! Tom, le pauvre petit bout... J'y crois pas ! » s'emporta la blonde, le faisant rouler des yeux de lassitude. « Où étiez-vous exactement ? Avez-vous vu l'agresseur ? » la questionna-t-il. « Il a prit la fuite après avoir écrasé la pauvre bête sur la route de la mairie, là, je sais plus trop où c'était, j'habite pas ici, moi, vous devez bien savoir vous parce que... ! » Hein ?! « DE QUOI ? Comment ça " pauvre bête " ?! Qui est ce Tom ? Me dites pas que c'est un clébard ou un pauvre chaton........ » s'emporta le flic à son tour, à bout d'écouter les conneries de cette pauvre hystérique. « Non, c'est un lapin. » Et c'en fut suffisant pour tourner les talons. Il avait autre chose à foutre. « Allez, ça suffit, j'en ai assez entendu, cassez-vous, maintenant. » souffla-t-il, lui tournant le dos et marchant déjà dans l'autre direction. « Espèce d'insensible ! Sous prétexte que c'est un animal vous allez laisser ce crime impuni ?! J'hallucine ! » Il sourirait un peu, maintenant, clairement amusé. L'absurdité de la situation devait y être pour quelque chose, ou alors c'était autre chose.

New york, you were meant to be my great everything but you ended up being my worst anything.

Police Judiciaire New-yorkaise, New York, États-Unis.

Tout était allé si vite. Le mariage, le chien, la maison, il manquait plus que les gosses, mais Mike restait complètement fermé à l'idée. Il s'était laissé guidé par l'amour, par les absurdités irrésistibles de son américaine, et rien ni personne n'avait pu le raisonner. Sa belle Hayley était parvenue à le faire quitter son havre de paix, son tendre village confortable, pour vivre à ses côtés une existence de folie à la Grosse Pomme. Un exploit.

L'amour donne des ailes, dit-on, mais l'oiseau n'en avait-il pas déjà ?

Comme une évidence, il rejoignit la police judiciaire new-yorkaise où il se creusa aisément une place de choix. Il bossait seul, au début, et le patron l'aimait bien ; il était putain de doué, le franco-anglais. Ce n'était pas spécialement le cas de ses collègues qui restaient sur leurs gardes à son sujet, mais cela n'avait que très peu d'importance... du moins à l'époque. Au fil des années, les ricains (dont ses collègues) devinrent de très bons amis au même titre que les anglais, et il s'intégra réellement à l'équipe. Il s'ouvrait un peu plus, même sa femme avait remarqué le changement. Il demeurait ce flic un peu bourru et rabat-joie, mais les sourires étaient moins timides, mais les rires étaient plus bruyants.

« Mike ? Ramène ton gros cul par ici, et plus vite que ça, on va louper l'match ! » brailla son gorille attitré, aka l'Inspecteur Stewart, à travers toute la PJ. Un rire spontané s'extirpa des lèvres de Mike, il balaya l'open space du regard rapidement et avisa ça et là les œillades réprobatrices de ses semblables, et surtout, l'air totalement serein et décontracté qu’affichait fièrement son collègue depuis l'autre bout du couloir. Il y a de ça quelques secondes, il était concentré à relire de long en large la déposition de l'affaire en cours, mais toute perspective de nuit blanche s'envola à la vue de son partenaire de crime et meilleur ami, apprêté de la tête aux pieds aux couleurs des Redskins de Washington. Il n'y avait rien à faire, sans lui, ou sans sa femme, Mike ne se résoudrait jamais à vivre de lui même, ne serait-ce qu'à dormir un petit peu et savoir laisser une affaire sur le bureau pour revenir s'en occuper le lendemain. « J'te préviens, si on loupe 2 minutes de match, c'est toi qui paiera les donuts et l'café à la prochaine planque. » râla le roux de sa grosse voix, l’œil malice. Mike roula des yeux et se hâta de rassembler ses quelques affaires pour le rejoindre à l'ascenseur. « T'es vraiment obligé d'être un parfait cliché sur pattes ? » Mais la réponse n'était pas nécessaire. Evidemment. Et il l'adorait comme ça. Les rires des deux amis se joignirent avec évidence. « J'temmerde, Joker! »

Maison de Hayley & Mike, New York, États-Unis.

La nouvelle avait dévasté. Comment avait-il pu encore, après toutes ces épreuves, s'être montré aussi naïf ? La nouvelle avait foudroyé. Il était pourtant évident qu'il n'était rien d'un sauveur, et que la seule manière de sauver les gens lorsque l'on n'était pas un héro, restait encore de les quitter. Pourquoi ne s'était-il pas envolé avant ? Fleur, Joker et maintenant Jacob Stewart et les siens. Il se haïssait pour ça, pour avoir existé dans leurs vies, coupable malgré lui, et il haïssait cet homme ou cette femme qu'il se promit de retrouver et de guider de force devant les tribunaux. La nouvelle avait poignardé. Et il rentrait, maintenant. Les larmes avaient séché depuis une bonne heure, mais pas les maux. Mais il rentrait chez lui, maintenant... La nouvelle avait brûlé. Oh, il n'avait pas de chez lui, il n'en avait jamais eu. Oh, il ne savait plus. « Mike ?! » La voix de sa femme résonna depuis le salon. Max ne vint pas lui faire la fête comme d’habitude. Le silence s'installa. Trempé de la tête aux pieds, la chevelure lui dégoulinant sur le visage, Mike faisait pitié. Il traîna sa carcasse dans le couloir pour la rejoindre dans l'intention de la prendre dans ses bras et lui laisser panser toutes ses peines, comme elle savait si bien y faire. Il l'aimait si fort, sa femme. Il n'avait plus qu'elle. Contre toute attente, ce ne fut pas de la peine, ni de la compassion qu'il lut dans ses deux grands yeux ambrés. Il y avait ce quelque chose en plus, ce petit truc qui ne lui ressemblait pas, ce petit quelque chose qu'il ne lui connaissait pas. De la méfiance... de la froideur... de la peur ? Il se stoppa net à l'entrée de la pièce, s'appuyant, épuisé, tout contre la porte. Elle, se tenait droite, les bras croisés contre sa poitrine, la silhouette tournée en direction de l'écran de télévision. Complètement perdu face à ce regard inconnu que continuait de lui porter Hayley, Mike tenta de se rassurer en entamant une rapide analyse de ses micro-expressions, de son comportement, de .... c'était peine perdue. Il n'était pas au boulot. Et, bientôt, elle parla pour lui. « C'est vrai, ce qu'ils disent ? Tu les as... » Elle peinait à canaliser cette colère douloureuse qu'il ne savait définir. Et ce regard, son terrible regard lui faisait si mal. « De quoi est-ce que tu parles, ma belle ? » souffla-t-il avec difficulté alors qu'il réduisait tout doucement mais sûrement la distance qui les séparait. Il tenta une approche, tendit sa main vers sa joue de poupée. Il en avait tant besoin. De son soutien, de sa présence. Il avait besoin de sentir sa peau contre la sienne, son cœur contre le sien. Il avait besoin d'elle plus que jamais. « NE ME TOUCHE PAS ! » hurla-t-elle tout à coup en se reculant violemment de quelques pas, comme... dégoûtée ? Il se figea sur place. Elle lui faisait mal. Il ne comprenait pas. « Hayley, s'il te plait, ce n'est pas le moment de se disputer pour des bêtises... J'ai besoin de toi. » la supplia-t-il, à bout. Mais elle semblait si loin désormais et la tête lui tournait. Les couleurs familières, rouge souffre, bleu charbon, pullulèrent à travers les vitraux du salon, dans le jardin. Elles venaient se refléter étrangement dans le regard assombrit de son épouse. Les sirènes devinrent assourdissantes et les hurlements, ceux de ses collègues, ne ressemblaient en rien à ce qu'il leur connaissait.

Mike avait lâché prise. Mike avait abandonné. Mike avait perdu toute foi en l'humanité. La sienne, principalement. Il avait trop donné. Il n'y avait plus rien à faire. Il se fit pousser dehors, les poignets emprisonnés, et les seuls mots chuchotés qui revinrent le hanter furent ceux de sa femme : « Tu es un monstre, Michael Joker. »

1st day in hell, i met the deamons.

Prison d'État de Pelican Bay, Californie, États-Unis.

Ce devait être ça. Ce devait être là-bas. Le Berceau de l'Hiver. Mike perdait pas après pas le rythme serein de son pouls, fouille après fouille la chaleur naturelle de sa peau, râle après râle la douceur chaleureuse des mots, poing après poing, toute foi réconfortante en la Justice. Les couloirs interminables étaient glacials. Les regards, les sourires, les murs, les barreaux, la vie là-bas semblait être bloquée dans un univers alternatif, un monde où régissait en maitre l'Hiver maudit et inguérissable.

Qui eût cru qu'il ferait si froid en Enfer ?

Bien assez tôt, on le délaissa aux mains cruelles des prisonniers parmi les plus dangereux des États-Unis. En trois effroyables et longues années, il découvrit les joies des tortures par millier et passa le plus clair de son temps à l'infirmerie. Pas une seule fois, il ne prit la peine de se défendre. Pas une fois, pas une seule, il avait essayé d'entamer une quelconque tentative de discussion avec ses tortionnaires. La plupart n'étaient que des machines à tuer et ne le voyait que comme un sale flic véreux sur lequel taper histoire de se défouler. Mais Mike n'en n'avait que faire. Il avait froid. Il ne ressentait déjà plus rien d'autre. Bien assez tôt, viendrait l'hibernation.

Cela ne put durer plus longtemps, il fut décidé qu'il quitterait les autres. Les coups moraux et physiques avaient fait de lui un robot rouillé, de ceux qui foutent la trouille tant ils respirent l'inhumanité. Il ne parlait plus que pour dire des absurdités et les plus terribles horreurs ne lui faisaient plus rien du tout. Il en était venu à se dire que ce n'était que la vie, la sienne, celle qu'on lui avait choisi. Froide et sans âme, mais la vie qu'il méritait. Malgré la tournure sombre et tragique qu'avait prit la vie de Mike, il restait paradoxalement infiniment conscient de bien des choses, dont la plus importante : il était innocent. Il était innocent et il aimait toujours à l'infinie passion sa tendre Hayley. Il aimait toujours Hayley et il regagnerait un jour sa Liberté. Il était également conscient d'être devenu pathétique. Le gamin qu'il était il y a bien des années se serait tellement foutu de sa gueule en le voyant dans cet état de loque.

On l'envoya dans les bas-fonds de l'Enfer, où même la fraicheur de l'Hiver n'osait s'immiscer. Un quartier de haute sécurité de la prison où il ne voyait qu'en de rares occasions la lueur du jour, dans la cour. Sa cellule de six pieds sur huit pieds devint très rapidement sa maison.

Il était seul. Maintenant. Si seul.

Le silence l'effraya, au début. Puis il finit par l’adopter, lui et la douleur. Il lui parla un peu. Beaucoup. Il s'ennuyait un peu. Beaucoup. Jusqu'au jour où durant sa sortie habituelle dans la cour de béton totalement vide et entourée de murs de plus de 6 mètres de haut, d’où il ne pouvait apercevoir qu’un morceau de ciel à travers un toit de plastique en partie grillagé; il trouva ce cahier. Celui même qui lui avait en partie sauver la vie. Au premier coup d’œil, il n'avait rien d'extraordinaire, ce n'était qu'un cahier à dessin. De beaux dessins, mais c'était bien plus que ça. Des couleurs par millier. Des odeurs et des rêveries à s'y tromper, à s'y perdre et s'y plonger. Son Havre de paix. Il ne se permit d'admirer qu'une seule page par an, se promettant qu'à la toute dernière; il serait libre. Libre de quoi ? C'était bien plus que sortir de cet Enfer. C'était bien plus que ça.

Le jour vint où l'enquête fut rouverte. Maitre Parker, son loyal avocat, était peut-être l'unique maillon humain de cette chaîne pénaliste tristement tombée au combat. Le jour vint mais le cahier n'était pas terminé. Il manquait des pages à découvrir et Mike se décida à l'emporter avec lui. Il continuerait de le feuilleter, une fois par année, jusqu'à la Fin. Il pourrait reprendre sa course contre le Temps.

I spend the night dancing with my own shadow,
and it holds me, and it never lets me go.

LA, Californie, États-Unis.

Dix ans étaient passés. C'étaient les mots du gardien avant qu'il ne soit balancer dehors, avant qu'il ne soit libéré. Dehors. Mais où était-il ? Sa vue s'était brouillée, le souffle coupé, il n'eut pas même le réflexe d'attraper le vieux sac noir contenant ses quelques affaires. Et puis il le sentit. Ce ne fut pas une vague qui le saisit. Aucun coup ne chercha à l'abattre. Michael tomba à genoux, non par faiblesse mais empli soudain d'une profonde certitude, plus intense encore que la peur de la fin imminente. D'un coup, il sut exactement ô combien coutait le droit de vivre. Puis tout à coup, la sphère trouva sa position. Dans le courant d'air chaud, il parvint à rouvrir les yeux sur le monde.

On vint le récupérer, lui présenter la villa et les nombreuses excuses pour se racheter. Mais l'humanité avait péché, et il lui avait déjà pardonné sa faiblesse. Non, ce n'était plus à cette Justice qu'il en voulait tant. Mais il retrouverait assurément ce tueur, ce voleur de Vie. On voulut ses mots, son témoignage; il n'était plus tant le Monstre que la bête de Foire. Il se contenta d'en rire. Valait mieux ça que dépérir.

Cold and silence are at my back
Performing disappearing acts
Now I can escape the smell of black walls.

Et aujourd'hui le nouveau Détective vit pleinement. Il vit, il rit; pour elle, pour lui, pour tous ces gens qu'il a aimé et qu'il a fatalement perdus. Il vit pour un jour, pour une nuit, et pour cet instant, où, il le faudra, faire payer le Temps, abattre cet oiseau qui vole depuis bien trop longtemps...


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Josh McCarthy
Modo babtou fragile
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MessageSujet: Re: Mike ➹ If you love a bird set it free.   Sam 9 Fév - 18:28

Vas-y, j'suis deg pour Madame Fleur. cryyy

Bon, t'façon tu savais déjà que je validais l'avatar à 200%, mais les infos + ce début d'histoire avec, c'est chfjhkgtyh. amour J'veux savoir la suite maintenant.

Du love. coeur
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Roxane Mayfair
Roxane Mayfair
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MessageSujet: Re: Mike ➹ If you love a bird set it free.   Sam 9 Fév - 18:57

hoooooooo Welcome back, Muse heart3 heart3 heart3 léchouilles cute
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Mike Joker
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MessageSujet: Re: Mike ➹ If you love a bird set it free.   Sam 9 Fév - 18:58

@Josh McCarthy RIP Madame Fleur, elle lui aura au moins appris à rire -pour plus tard- fall

Oui, mon petit doigt me l'a dit
Ça fait plaisir à lire, en tout cas! Et comme je te disais par mp ; avec lui, on est sûres de se trouver un lien ou deux facilement. Ce sera mon bol de bonne humeur et de folie, j'en avais bien besoin avec mes trois autres zigotos démoniaques, là (ouais, bon, clairement, on dirait pas trop comme ça en lisant son histoire.... mais je ne serai pas moi même sans drama fifou )

@Roxane Mayfair LOVE U heart2
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Sora Kang
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MessageSujet: Re: Mike ➹ If you love a bird set it free.   Sam 9 Fév - 19:06

Woooow j'aime trop ce début, et quel choix de vava !! affraid cute omg
Eclate-toi bien avec ce nouveau perso heart2
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Mike Joker
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MessageSujet: Re: Mike ➹ If you love a bird set it free.   Sam 9 Fév - 19:14

@Sora Kang Merciii à toi, jolie Sora I love you
Compte sur moi ! huhu heart2
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Priscilla L. Matthews
Priscilla L. Matthews
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MessageSujet: Re: Mike ➹ If you love a bird set it free.   Sam 9 Fév - 23:11

Reeeebienvenue avec cette belle bouille hug heart2
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Bianca Oscuro
Admin Cersei Lannister
Bianca Oscuro
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MessageSujet: Re: Mike ➹ If you love a bird set it free.   Dim 10 Fév - 9:27

Ce détective privé a l'air de tout défoncer fifou
ouelcome again petit ouistiti Razz
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Anya Gallagher
Admin Regina George
Anya Gallagher
DATE D'INSCRIPTION : 11/08/2017
MESSAGES : 260

MessageSujet: Re: Mike ➹ If you love a bird set it free.   Dim 10 Fév - 15:11

La classe ! cute
Bienvenue à la maison huhu
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Mike Joker
Mike Joker
DATE D'INSCRIPTION : 10/02/2018
MESSAGES : 168

MessageSujet: Re: Mike ➹ If you love a bird set it free.   Dim 10 Fév - 16:06

J'vous love What a Face heart2
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Anne Oswald
Anne Oswald
DATE D'INSCRIPTION : 11/12/2018
MESSAGES : 89

MessageSujet: Re: Mike ➹ If you love a bird set it free.   Dim 10 Fév - 19:23

Rebienvenue toi What a Face
Du peu que j'ai lu pour l'instant, Mike a l'air super intéressant !
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Mike Joker
Mike Joker
DATE D'INSCRIPTION : 10/02/2018
MESSAGES : 168

MessageSujet: Re: Mike ➹ If you love a bird set it free.   Hier à 16:54

Merci bien heart2
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Ivy Sawyer
Admin péripatéticienne
Ivy Sawyer
DATE D'INSCRIPTION : 09/11/2015
MESSAGES : 4009

MessageSujet: Re: Mike ➹ If you love a bird set it free.   Hier à 22:53

Je te valiiiiide l'Joker What a Face
Je veux trop un lien avec d'ailleurs ... Je ne sais pas avec qui, ni quand, ni comment mais je veux un lien
Tu connais la maison heart3
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Mike Joker
Mike Joker
DATE D'INSCRIPTION : 10/02/2018
MESSAGES : 168

MessageSujet: Re: Mike ➹ If you love a bird set it free.   Hier à 22:57

Merciii à la meilleure des modos  heart2  (chhhuuuut on dira rien aux autres )
Ah mais carrément, je suis toujours partante pour un lien, moi héhé1
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MessageSujet: Re: Mike ➹ If you love a bird set it free.   

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Mike ➹ If you love a bird set it free.
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