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 Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~

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Siobhan O'Sullivan
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~    Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~  EmptyLun 18 Fév - 10:33

Elle peine à croire qu'il ne soit que 13h00. Que la réapparition et la confrontation avec Neil se soient déroulées sur pas plus d'un quart d'heure, vingt minutes, tout au plus. C'est irréel. Comment une petite poignée de minute peut si profondément bouleverser ce qu'elle croyait savoir de ces cinq dernières années? Oliver lui manque, un manque tel qu'il en devient presque physique. Il n'a pas son pareil pour chasser les ombres tenaces qui aspirent ce qui lui reste de lumineux. ll lui faut un temps infini sous la douche pour chasser les tremblements glacés qui la secouent de manière irrepressible.

Les mots échangés, la violence de ceux- ci, que ce soit les siens ou ceux de l'Irlandais résonnent encore. L'avertissement tout autant. A quel point est il réel? Revoir son visage quand elle s'est efforcée, bien mal il semble, de le gommer de sa mémoire est brutal. L'absence totale de cette pointe de malice, d’espièglerie qui ne quittait jamais ses prunelles absinthe. Ses traits se sont durcit sans altérer la puissance de se qu'il dégage. Siobhan finit par quitter la salle de bain pour découvrir  le message de Cassiopée. Message qui adoucie considérablement la  sylphide. Les deux femmes se sont revues plusieurs fois depuis cette soirée mémorable où la française touchait aux étoiles sous l'influence du champagne. Sans pourtant qu'elle ne parvienne à se livrer ou à dévoiler plus sincèrement. Elle ne sait plus, tout simplement. L'idée même de faire confiance à nouveau lui est étrangère. L'Irlandaise s'est claquemurée si étroitement en elle même qu'elle en a perdu la clef.

Pourtant, aujourd'hui, si elle n'essaie pas de se libérer un peu du poison qui bouillonne dans ses veines, Siobhan n'est pas certaine de retenir une nouvelle fringale destructrice de sex, drugs and booze. Pas cette fois. Surtout, pas cette fois. Elle a un besoin vital de réfléchir aux implications des paroles de Neil. De peser la réalité des menaces suggérées. Le manque de nouvelle d'Oliver ne devrait pas l'étonner, pas après leur dernière rencontre et son sms final. Cela ne change pas la difficulté qu'elle a à l'accepter. Presque fébrile, elle donne rendez vous à Cassiopée dans le petit parc ombragé qui se trouve juste à coté d'une patisserie dont la réputation commence à monter en puissance. D'ici à 15h, ce devrait etre parfait pour lui laisser le temps de retrouver une stabilité mentale illusoire.

Elle passe un jean et une chemise un peu plus légère avant d'attraper un grand cabas. Et de fourrer à l'intérieur deux grands plaids qui traînait sur le canapé. Siobhan ouvre ses placards, une moue bien visible. Tirant sur les bleus laissés par Mégara. Si elle veux éviter une overdose de substances illicites, elle a décidé de les remplacer par une orgie de sucre. Elle balance dans le sac des paquets de fraises tagada, des paquets de nounours à la guimauve, des boules de coco. Qu'importe si elle flingue sa silhouette, elle n'est vraiment plus à ca près ces dernières semaines! Elle a remis sur son nez les larges lunettes de soleil avant de s'engouffrer dans les transports en commun, elle n'a pas assez de contrôle sur elle même pour prendre sa jeep pourrie. Juste avant d'arriver au parc avec quelques minutes d'avance, elle s'arrete à la patisserie et... Là encore, il n'y absolument aucune retenue. Elle prend un peu de tout. Bien plus qu'elles ne pourront en manger à deux.  pour completer, elle récupère quatre boissons à l'emporter. Parce qu'elle ignore ce que Cassie préfère, il y a aura un café noir sans sucre, un caramel machiatto, un thé au macha, un chocolat noir avec une pointe de cannelle et de noisette.

Il ne lui faut pas longtemps pour trouver l'endroit idéal. Un peu à l'écart du chemin sans être hors de vue, un mélange de soleil et d'ombragé grace à la cime des arbres. Elle finit par se poser sur un des deux plaids, adosser à un arbre, les yeux clos sous les verres miroir, laissant le soleil d'après midi la réchauffer un peu. Une cigarette allumée à la main qu'elle fume lentement. Elle a les jambes relevées à l'écart, un paquet de fraise tagada dans lequel elle plonge machinalement.
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Cassiopée Desnuits
"Il se recula prestement quand il l'entendit émettre un son suspect..."
Cassiopée Desnuits
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MessageSujet: Re: Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~    Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~  EmptyMer 20 Fév - 14:37

Le vent s'expira, léger et frais, frôlant un visage endormi, quelque part, à Santa Monica. Bientôt, le printemps chasserait définitivement l'hiver et les longues heures ensoleillées succéderaient enfin aux crépuscules envahissants.
A mi-réveil, inerte, une jeune femme savourait avec langueur la sensation de l'entre-deux mondes. Les oiseaux s'en donnaient à « gosier-joie », pépiant à qui mieux mieux, vocalisant les prémices de la saison des amours et du changement de saison.
Cassiopée s'étira, bâilla avec ostentation, heureuse d'un futur proche qui la fit sourire sur l'oreiller: elle allait retrouver Siobhan tout à l'heure. Siobhan...Une rencontre impromptue, une belle rencontre. Sur ces choses-là, jusqu'à présent, elle ne s'était jamais trompée.
Et la belle lui plaisait, indéniablement. Son honnêteté dépassait largement celle, plus terre à terre, d'un portefeuille rendu. C'était une honnêteté d'être qui animait l'irlandaise. Elle ne jouait ni ne surjouait aucun rôle, demeurant elle-même, profondément, mystérieusement, et rien ne pouvait davantage toucher la française. La jolie rousse était dotée d'authenticité humaine, une denrée rare qu'elle repérait très vite et qu'il l'attirait comme le papillon vers la lumière.
Elles s'étaient revues après cette fameuse soirée et la pétillante serveuse avait bien évité une ou deux questions posées par l'ancienne psychologue. Cette dernière n'avait guère insisté. Bien des histoires de vie contenaient des secrets à respecter, des zones interdites à ne pas violer. Et les deux angelines n'étaient pas suffisamment proches pour s'abandonner aux confidences.
Deux points communs, cependant, les liaient de manière toute naturelle : d'abord leur spontanéité, celle, souvent pathologique de la parisienne, et celle, plus « brute » de la dublinoise, nichée dans une rébellion d'humanité. Elle dégageait une espèce d'animalité féline, emplie de noblesse qui fascinait Cassiopée. Elle admirait ce côté...comment dire... sauvage, qui transpirait une force inaccessible aux yeux des autres.
Ensuite, chacune suivant sa nature, exprimait un caractère entier où l'abordage du monde se réalisait sans faux-semblants, quitte à s'y perdre : tout, sauf la demi-mesure, les miettes.
Lors de leurs entrevues, elles avaient partagé leurs points de vue sur maints sujets, évoqué des souvenirs de vacances, des anecdotes...Discuter de la littérature irlandaise et du vieux continent  les avait passionnées lors d'un tea time bien trop court. Une autre fois, improvisant une sortie de dernière minute, les deux comparses avaient visité la F.R.Weisman Art Foundation à Beverly Hills, s'amusant des pièces exposées, passant un joyeux moment, tout simplement. Elles s'apprivoisaient lentement mais sûrement, peaufinant les détails d'une belle amitié naissante, mais aucune ne s'était autorisée à se confier, il était trop tôt. Leur C V de vie alignait trop de douleurs passées, imposant la pudeur des chagrins sépulcraux. Elles taisaient leurs secrets d'autrefois, goûtant le bonheur de s'être trouvées, mais sans se dévoiler. Pas encore.

Ainsi fut-elle extrêmement surprise du texto reçu. Rien ne présageait un tel message, elle était à dix mille lieux d'imaginer rencontrer la belle rouquine avec une prière aussi inquiétante que surprenante. Que voulait-elle dire par "je perds pied?" Que se passait-il pour qu'elle lâchât les frontières aussi loin ?

Cassiopée soupira de curiosité à son reflet, pressant avec gourmandise le diffuseur de parfum précieux un peu partout sur sa peau. C'était un de ses luxes favoris, s'asperger des grands créateurs français, dans des fragrances raffinées. Une coquetterie finalisée avec une casquette de touriste qu'elle trouvait rigolote, rose pâle,estampillée «L.A», contraignant ses cheveux lourds à rester sages.

Arrivée au parc, elle chercha du regard la mince silhouette et finit par l'apercevoir au loin, assise contre un arbre. Sans se presser, elle prit le temps de l'observer. Elle attendra que ce soit elle qui parle, si tant est qu'elle parlera. Parfois, il est de ces impulsivités émotionnelles qu'on regrettait ensuite. L'irlandaise n'était pas de ceux qu'il fallait brusquer, au contraire.

Elle foula l'herbe tendre et s'avança, souriante, hélant joyeusement son amie :

-Hey, toi! On grignote?

Et lui colla deux bises sonores, pesant une main affectueuse sur son épaule, puis s'assit en tailleur tout près d'elle.

-Salut ma Sio.

Elle ne pouvait voir son regard, parfaitement camouflé par des lunettes miroir, et Cassiopée n'apprécia pas cet aveuglement. Mais elle ne fit aucune remarque. C'était le meilleur cadeau qu'elle pouvait lui offrir: se taire et accueillir ce qu'elle voudrait bien lui dire.
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Siobhan O'Sullivan
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~    Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~  EmptyVen 22 Fév - 10:36

Sa rencontre avec Cassie, poussée par Dionysos et Bacchus dans le bar où elle finissait son service, enchante Siobhan. La jolie française lui fait l'effet d'un kaleidoscope illuminé par le soleil. Des facettes nombreuses, pétillantes, qui se dévoilent peu à peu,  tant au grès de leurs échanges tant par sms -Elles en  abusent tellement!- que de leurs moments partagés. si certaines restent encore plongés dans l'ombre, ce n'est pas l'Irlandaise qui ira le lui reprocher. Le Prisme Cassiopée rayonne de malice, de spontanéité et d'une impulsivité franche et sincère qui l'étonne et la ravit.  Elles se découvrent en respectant les zones plus douloureuses qui  se devine parfois dans l'éclat d'une prunelle ou une lèvre un peu trop ourlée.

Elle est une chasseuse de tempête, il lui est impossible de ne pas sourire en sa compagnie, sans que cela ne nimbe leurs discussions de superficialité. Au contraire. Elles parlent vrai. Et peu à peu, l'Irlandaise sent qu'elle s'ouvre à la parisienne. Qu'elle la laisse entrer dans les murailles qu'elle a dressé cinq ans plus tot. Sans avoir dit un mot encore, ouvrant en silence les portes rouillées de sa confiance absolue.  Pourtant, l'autre jeune femme n'exige rien. Elle Est. Cela suffit à la Sylphide. Cette présence pleine d'humour, bienveillante qui n'a rien de naive. Cassiopée a les yeux grands ouverts sur le monde, mais sans cynisme cruel. En cela, elles se rejoignent. Siobhan peut être extrêmement mordante, néanmoins, malgré tout, sa vision du monde n'est pas un horizon d’abîme et d’apocalypse.

Elle s'est tenue loin d'elle après la violence destructrice des derniers instants avec Oliver. Peut être, avec le recul, Siobhan aurait mieux fait de l'appeler sur le champ. C'est une question qu'elle se pose souvent depuis ce  matin. Est ce que si elle avait lancé une bouteille à la mer  à Cassiopée cette soirée là, au lieu de choisir de sniffer quatre lignes de coke, elle aurait perdu moins pieds ? Est ce qu'elle aurait pu enrayer cette spirale lacérante qui l’entraîne toujours plus en souterrain? Peut être. Peut être pas. Les failles de l'Irlandaises sont profondément tracées, des cicatrices en sillons qui ne sont recouvertes que par une très fine couche de poussières. Elle n'était pas prête à se confronter au regard franc de la parisienne.  Là, ces sursauts d'un orgueil encombrant lui paraissent bien stupides. Les lettres d'Oliver. La voix de Catham. La réapparition de Neil. Too much. So fucking too much.  Il y a des limites à ce qu'elle peut endurer seule.

Est  ce qu'un shoot de sucre peut remplacer un shoot de cocaine? Il est temps de le savoir. Un léger sourire naît sur les lèvres de l'Irlandaise à la silhouette nimbée de soleil et de rose qui s'avance vers elle. Cette casquette un peu décalée, un peu folle lui ressemble tellement que rien que de la voir, l'irlandaise sent un poids s'effondrer le long de sa colonne vertébrale.  Il ne faut pas plus de quelques secondes pour qu'elle la rejoigne et Siobhan se redresse pour l’accueillir, éloignant sa cigarette de leurs visages pour leurs bises.  Elle se retrouve à humer profondément le parfum vaporeux qui enveloppe Cassiopée dans un nuage de fragrance colorées

-Je crois que tu sens encore meilleure que toutes les friandises que j'ai pu trouver! Tout ce que tu veux! Je crois que je me suis emballée, juste un peu.

Euphémisme, quand tu nous tiens! Elle pose la tête sur l'épaule de Cassiopée, savourant pleinement sa proximité. Siobhan attrape ses lunettes de soleil qu'elle retire et replie avant de les glisser dans son sac.  Elle a fermé les yeux, exposant sa pâleur et ses cernes. Les traits tirés de son visage.  L'ombre des coups de Mégara est tout  aussi visible, ne serait ce que pour sa lèvre légèrement fendue.  Mais aussi, à peine perceptible, mais bien présent, les signes d'un usage de drogues qui n'est pas encore tout à fait régulier mais qui pourrait bien le devenir si l'irlandaise n'y met pas un frein très rapidement.  Ho, elle est loin, à des années lumières du génie inventif, de l'esthète de la chimie incandescente que peut être Alastar Black. Cependant, les prémisses en sont bien là.

-Salut ma Cassiopée -Elle aime son prénom entier. Pluie d'étoiles qui irise le monde autour d'elles. Elle en aime les sonorités et le voyage immédiat. De sa main gauche, elle attrape un des sacs contenant les diverses sucreries et les pose entre elles, facilement accessible. Siobhan se redresse un peu et rouvre les yeux. Finalement, elle n'a peut être pas BESOIN de parler, non? Peut être que la simple présence de son amie suffira à rattacher entre eux les fils de son existence qui  cèdent les uns après les autres?

La sylphide fume une dernière longue taffe sur sa cigarette avant de l'écraser. Pour finir dans un cendrier de poche. Bazarder ses mégots n'importe où est un comportement qu'elle execre par dessus tout. Il y a bien deux trois petites choses au dessus, mais c'est en tête de liste! Elle fouille dans la caverne d'ali baba  et finit par trouver un de ces longs tubes de plastiques colorés, remplie de ces poudres délicieusement acidulées, que l'on finit par mâcher,  emballage compris pour aller jusqu'au bout de la friandises.

-Il n'y a pas de roudoudous, j'ai jamais aimé les roundoudous. Ca colle, c'est immangeable et ce n'est que du sucre. Il n'y a pas de réglisse non plus, le réglisse est un crime contre l'humanité,
énonce t'elle d'un ton docte, avant de revenir  contre elle, sa tête lasse trouvant à nouveau le soutien de l'épaule de Cassie.  Elle n'a pas pris d'alcool avec elle. Juste les boissons à l'emporter et une grande bouteille d'eau. Une parenthèse indispensable dans ses excès des dernières semaines.

Sucre et sel. Sel et sucre. Sucre sous ses lèvres. Sel de ses larmes. Elles dévalent, ruisselets silencieux, sans sanglots, sans hystérie.  Un trop plein de tout.  Du  Golden Boy et d'elle. De paroles incendiaires et de ce baiser crucifiant. Des deux lettres d'Oliver. De la bouillie qu'ils ont fait de la promesse d'un Nous parce qu'ils n'ont pas su se dévoiler vraiment l'un à l'autre. De la réapparition de Neil au pire moment possible dans son existence, d'une vie et d'un amour brisés de ne pas avoir su se protéger, de n'avoir pas questionné et d'avoir donné sans limite. Machinalement, elle sort un lecteur MP3 et de mini enceinte. Elle n a pas l air d avoir conscience de ses larmes. Rapidement, des notes mondialement connues.

https://youtu.be/cr-y7N0P7Fc

-tu vois, ca, c est ma famille. Mon père y a perdu son frere. Pour une famille deja radicalisée, ce fut pire ensuite.
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Cassiopée Desnuits
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Cassiopée Desnuits
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MessageSujet: Re: Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~    Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~  EmptyMer 27 Fév - 21:36

1992-Un samedi après-midi

Les deux fillettes chuchotaient sous le drap coincé entre deux chaises:

-Tu as beaucoup mal ? Le sorcier va r'venir. Faut pas qui nous trouve.
-Oui, z'ai beaucoup mal et z'veux pas qui r'vienne. Faut pas faire de bruit.

Un silence.

-z'ai du sang.
-Où ça ?
-Là.
-Z'ai un pansement, com'e ça, ça  saign'ra p'us.
-Si le sorcier revient, i' va vouloir qu'on mange un crapaud vivant.
-Ah bon, tu crois ?
-Bah voui, un crapaud zénorme. Mais moi z'ai le sang là, ze peux pas le manzer. C'est toi qui va le manzer.
-Mais moi z'aime pas ça les crapauds !
-Bah oui, mais moi z'ai le sang, ze peux pas, alors c'est toi.
-Bon, d'accord, ze le mange.

La rouquine le mangea.

-Tu saignes pus maintenant, il est parti le messant sorcier !
-Nan, il est touzours là, i faut le tuer. Tue-le toi !


Le sorcier fut tué par la petite Cassie.

Ô candeur exaltée d'un cœur généreux qui scellait des promesses avec le baiser de l'éternité et enterrait des secrets d'amour dans des boîtes au fond du jardin.

***

L'étreinte éthérée se déroule lentement, se déplie avec délicatesse, accélère ou ralentit, patiente, sans jamais se lasser. L'affection creuse ou flottille, elle s'équilibre, tantôt incisive comme un scalpel, tantôt légère comme une plume. Elle sait se taire. Quelquefois, une respiration de distance oscille entre l'une et l'autre, au nom du respect, au nom de la liberté. Jamais elle ne se trahit, aucune discorde, aucune dispute. Pas un mot ne s'érige plus haut que l’autre. La blessure involontaire, accidentelle, s'exorcise à travers les confidences.

Cette amitié-là n'exige rien, n'attend rien, n'espère rien. Elle aime. Elle protège. Elle est.

Elle aspirait à cette amitié-là  et ne la concevait pas autrement, puisant sa source dans le manque d'un frère ou d'une sœur parmi une famille qu'elle n'avait pas choisie. Il fallait bien faire avec. Certains jours, l'effeuillage de la carence l'avait brûlée, un peu, beaucoup, pas du tout. D'autres jours, elle l'oubliait.
Un rêve fou avait alors émergé : donner de cet amour fraternel qui s'ensommeillait depuis l'origine, à un ami, à une amie. Mais comme avec tous les songes dans lesquels elle pouvait s'embarquer, Cassiopée en cachetait certains. Et celui-ci en faisait partie.

Mais.

Siobhan avait réveillé ce délire de grâce. Quelque chose en elle avait appuyé sur cette strate abyssale qui l'emmenait si loin, si près d'une soif délaissée. Un ailleurs d'affection, un ailleurs de fraternité, un ailleurs d'idéal dont elle avait eu le cœur inassouvi.
Il fallait bien cependant, réfréner ces ardeurs de mortelle, incompatibles avec la réalité.

Mais...

-Super idée ! Merci ! On va se baffrer ! Oui, quand même, n'oublie pas que je suis française, et parisienne en plus, la classe, hein ! Répondit-elle en riant, le ton snob, levant un petit doigt d'un geste précieux.

Quand...subitement, l'irlandaise s'appuya sur son épaule d'un mouvement fluide, d'incroyable confiance, d'abandon. Surprise, elle ne fit aucun geste, laissant faire, quoi qu’immédiatement en alerte. Ce n'était pas normal, la familiarité était bien trop rapide et d'une certaine manière, trop intense. De ce qu'elle connaissait de Siobhan, là, quelque chose n'allait pas, vraiment pas. Celle-ci retira ses lunettes et ferma les yeux, sans remarquer que Cassiopée tournait la tête pour lui sourire. Ce qu'elle découvrit lui fit mal. Les tripes serrées, elle nota les traits tirés, la marque sombre des coups sur son visage, la lèvre abîmée, le teint gris pâle qui paraissait plus fatigué encore à cause du soleil.

Elle se tut, le regard accroché aux dernières volutes de la cigarette. Les confidences difficiles avaient besoin d'espace et de temps, un temps qui leur appartenait.

-Les roundoudous ? Oh c'est joli ça ! Tu me bidonnes trop ma Sio !
-Un crime, tu plaisantes ? J'adore ça le réglisse !  Assassin's Candy ! Achève-moi !

Elle ne brusquait rien. L'humour est un si bel outil.
Elle plongea à son tour dans les gourmandises et choisissait le café noir, lorsque de nouveau, Siobhan se posa contre elle. Cette fois-ci, Cassiopée l'enlaça d'un bras rassurant, alors que les larmes soudaines, silencieuses, en disaient long. Trop long. C'était grave, elle le pressentait.
-Ma Sio, murmura t-elle simplement.
Il n'y avait rien à dire, juste à être là, à diffuser de la tendresse, de la douceur.
Bloody Sunday déchira l'air doux qui s'épanchait, lui aussi, effleurant leurs cheveux mêlés.
La française comprit l'aveu, mais encore une fois, se tut.
Ses doigts glissèrent sur les joues trempées qu'elle assécha délicatement. Elle repoussa une mèche rebelle, étreignant son amie, protectrice. Puis souffla, envahie d'une si vieille, si secrète affection:

-Ma petite sœur, tu n'es pas seule.
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Siobhan O'Sullivan
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~    Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~  EmptyMar 5 Mar - 13:44

La présence de Cassiopée au  coeur de cette après midi presque printanière est un baume pour l'ame à vif de Siobhan. Qu'elle ait accepté de la rejoindre, sans poser de question, promettant simplement d'être là est un cadeau dont l'Irlandaise ne mesure pas encore la portée. Elle a un besoin immodérée de la fantaisie, de la douceur, de l'amitié de la française. La simple vue vue de sa silhouette est une caresse apaisante.  Un sourire naît sincère, bien qu'encore fragile à l'humour de la pétillante rousse. Son parfum  les enlace  dans un monde qui promet d'éloigner les morsures de trop de réalité.

-Il faudra que tu me fasses visiter Paris, j'ai envie de découvrir cette ville avec toi, je n'y suis encore jamais allée .

Plus tard. Un jour. Mais cette simple perspective est parée des teintes de l'optimisme. D'un futur qui ne serait pas uniquement de sang et de larmes. Que cette atmosphère empoisonnée de trop de lutte n'est pas le seul avenir possible pour l'Irlandaise. S'apposer, quelques secondes, sur l'épaule de son amie, rend ce doux rêve presque concret. Presque.  Les lunettes de soleil disparaissent et les traits de son visage, presque maladifs se détendent.  S'adoucissent. Avant qu'un rire ne s'étire de sa gorge brulée par trop de cigarette, trop d'alcool et trop de cocaine.

- Des rondoudous roudoudou, que pour toi! Je suis sure qu'il y a moyen d'en déposer le brevet. -Siobhan ignore d'où proviennent ces plaisanteries, croyais en avoir perdu le chemin. Cassiopée la guide et lui ouvre la voie dans l'obscurité, étoile polaire qui rattrape l'égarée. - Je te couvrirais de réglisse alors!

Elle revient contre l'épaule de la jeune femme. Laissant le silence venir entre elles, de ces silences qui portent la tendresse et n'attendent rien en retour. La sylphide finit par rendre les armes. Par ne plus accepter ce fardeau qui la broie depuis les retrouvailles funestes avec Oliver dans ce bar au jazz qu'elle ne peut plus écouter. Elle pleure si peu et si mal. Cela fait près de cinq ans qu'elle vit une existence coupée, qu'elle a volontairement arrachée d'elle même, une partie de ce qu'elle Est. Les notes du Bloody Sunday sont les premiers points de sutures d'une blessure qu'elle n'a cessé de laisser pourrir de peur de la regarder en face.

Elle était sur le point de murmurer ces excuses civiles. Ces mots que l'on prononce avec des amis lorsqu'on sait que son comportement a dépassé du cadre confortable. Lorsque l'on s'aventure sur des terrains encore non explorés. La main de Cassiopée vogue sur son visage, essuie avec une douceur les pleurs de sa peau. Caresse qui chasse une partie des miasmes non exprimés. Avant qu'elle ne lui offre un don d'une valeur inestimable. Un présent qui implose toutes les limites de leur amitié naissante et pourtant si cruciale pour l'une et l'autre. Une phrase qui rase les convenances et promet une confiance et une acceptation qui se passe des mots. Une promesse de soleil sur des terres brisées de trop de solitude imposée.

Un danger pour Cassiopée pourtant. Siobhan a mis en branle, par son appel à Catham et par l'obtention du numéro de Baile O'Donaigh des forces qu'elle ne peut être certaine de maîtriser et qui pourraient refermer leur étau sur l'existence de la française. Son frère est la faiblesse véritable de l'Irlandaise. Un point de pression dont elle ne se détournera jamais. Sa soeur de coeur pourrait connaitre les mêmes  risques si leur lien venait à être découvert par les mauvaises personnes. Elle se redresse, un peu. Juste assez pour presser un baiser contre la tempe rousse. Un murmure qui n'a jamais été plus sincère qu'à ce cet instant.

-Tu ne sais pas à quel point j'avais besoin que tu me dises ca. Merci. Je t'aime.

La jeune femme reprend un brin de verticalité. Juste de quoi atteindre la décadence du chocolat chaud. Elle place ses jambes en tailleur, sans rompre totalement leur contact physique, son épaule contre la sienne. Une longue gorgée qu'elle savoure. Une partie de son calme retrouvé.

-Je suis lasse, Cassie. Tellement lasse de ma colère. Cela fait près de cinq ans que je suis en rage contre tout et tous le monde. Contre moi même surtout.  Quand j'ai quitté l'Irlande, j'ai du abandonner beaucoup trop de choses précieuses. Mon frère ainé, Catham, en tout premier. Quand tu es venu dans le bar ce soir là, c'était le jour de ses trente cinq ans. Qu'il a du fêter dans une cellule quelconque. Ma capacité à accorder ma confiance  une seconde fois, aussi, entre autres. J'en ai détruit par trop de peur, par refus d'admettre mes sentiments, mes liens avec  le seul homme dont je suis tombée amoureuse en quatre ans. Il m'a bien aidé sur ce point, ceci dit

Si elle avait pu oser reconnaître ce simple fait avec Oliver, si elle avait osé regarder en face ses sentiments, peut être qu'ils auraient eu une chance réelle. Bien que le Golden Prince n'ait pas été plus courageux sur ce plan là. Ils ont tout fait pour se saborder, pour s'aveugler sur la sincérité de leur romance, à la salir dans le jeu et les masques. Elle a rouvert des fêlures profondes, retrouvé un comportement destructeur contre lequel elle avait lutté douloureusement. Elle a dépassé de loin le borderline pour un retour en enfer. La nécessité de renouer avec Catham était devenue vitale. Et porteuse de bien d'autres perils. L'apparition de Neil ce matin... est une claque d'une sauvagerie dont elle ne mesure pas encore les conséquences.  En quelques minutes, il a fait renaître de leurs cendres, phoenix maudit, bien trop de souffrances passées et la promesse de bien d'autres à venir.  O'Maley est  à Los Angeles. Peut être. Si il ne lui ment pas.

-Je suis toxique Cassiopée. Je pourris tout ce que je touche.
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Cassiopée Desnuits
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MessageSujet: Re: Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~    Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~  EmptyMer 6 Mar - 12:28

-Bien sûr que tu viendras, c'est une ville magique, pleine d'endroits à découvrir.

Et de sourire à l'humour léger de l'irlandaise qui émergeait, malgré les douleurs claustrales dont le trop plein débordait.

Ô Amie d'un jour,
Savez-vous, Siobhan O'Sullivan, à quel point elle pouvait sentir les douleurs ?
Les cieux qui se béaient
Sanglotants les nuages acides des malheurs
Comment elle entendait les silences qui se hurlaient 
Guerroyant d'impossibles songes de paradis perdus
Chant funeste s'il en fut
L'instinct avec lequel elle effleurait des yeux les signes ténus d'une lumière oubliée
Grésillante d'espoir éthéré
Ô Amie de toujours,
Vous laisseriez-vous toucher par un ouragan de douceur qui consumait
Gorgeant la brûlure de vos déserts embrasés 
Goûtant par votre abandon à l'ambroisie des Dieux immortels ?


Elle avait pris le risque de se livrer, lâchant cette part d'elle-même qu'elle tenait jalousement enfermée depuis tant d'éternités, sans rien attendre ni espérer en retour. Qui pouvait comprendre ? C'était son secret, fin de l'histoire. Mais l'instant de grâce lui offrit une résonance inattendue, brute de sincérité et de spontanéité. Le murmure s'insinua en elle comme la pluie dans une très vieille terre en friches, si vieille et effacée...L'impact des mots lui ferma les paupières, brièvement.

Les mots. Évanescents, graciles, volages... Ils n'existent que dans les souffles des langages, ne s'animent que par les  sons éphémères des accents et des voix puis meurent... et revivent... et meurent...L'hymne de leurs vies incarne celles, innombrables, de l'Humanité jusqu'à l'ultime Fin. Que sont-ils d'autres que des fugitifs inépuisables ?
Non, le monde n'était pas monochrome. Le chatoiement de ses arcs-en-ciel, au hasard d'une bruine d'amour, quelquefois, transperçait les forêts sybillines des rêves endormis.

« Siobhan...Si tu savais... »

Elle écouta, laissant la belle rousse s'ouvrir à son rythme, à sa manière. Et puis...

-Qu'est-ce qui t'empêche de lâcher cette colère ? De te pardonner ? Je crois...enfin, il me semble que tout part de soi, tu sais. Il n'y a pas de pire juge que soi-même. Qui es-tu pour te juger ? Tu as fait comme tu as pu, non ? Avec les moyens que tu avais, ni plus ni moins. Alors, arrête de te flageller pour rien, regarde là où tu as fait du Bon.  C'est ça qui doit rester. Si tu t'accroches aux échecs, et on en est tous là, ce Bien que tu as fait finira par se ronger et disparaître.

Elle fit une pause brève et ne s'arrêta plus :

-Ce que j'entends, moi, dans ce que tu dis, c'est que tu aimes ton frère plus que tout. Tu l'aimes toujours alors, non, tu ne l'as pas abandonné. On peut désaimer tu sais, et toi, tu n'en es pas là avec lui. Ton amour y est fidèle, donc c'est tout sauf de l'abandon. Il est toujours là et là, ajouta-t-elle, pointant son index sur le cœur et la tempe de son amie.
-La confiance, oui, c'est pas une mince affaire. Commence peut-être, si tu en as envie, par regarder ces peurs qui te hantent, en face, sans essayer de les minimiser ou de les dramatiser? Pourquoi sont-elles là ? D'où viennent-elles ? Pourquoi leur donner tout ce pouvoir qui détruit ? Qui te détruit ? On a tous des peurs tu sais, mais on peut trouver comment les coincer pour qu'elles ne nous manœuvrent pas comme des pantins. Les maîtriser pour avancer. Tu peux le faire, ça, je le sais. Tu peux tout faire ma Sio. Et avant de faire confiance aux autres, si tu commençais peut-être par te faire confiance, à toi-même, et à toi seule, mmh? Personne ne pourra le faire à ta place. Vas-y, fonce et ne t'arrête plus !
-Oui, accepter d'aimer...D'être aimé en retour. Pas facile quand on sait pas...Mais rien n'est impossible, tu sais, j'en suis convaincue aussi fort que l'eau mouille!


Une aura de pudeur douce nimbait leurs confidences. Ni l'une ni l'autre ne donnait de détails, une autre fois peut-être. L'essentiel n'avait pas besoin de discours.
Paisible, empli d'affection, son ton de voix s'infléchit d' une véhémence soudaine, teintée d'une ironie d'absurde:

-Oui, bien sûr que tu es toxique ! Allez, Siobhan O'Sullivan, le poison du 21ème siècle ! Tu te fous de ma gueule ou quoi ? Ça voudrait dire, donc, que dans un temps certain, je vais être pourrie par toi ? Tu vas me pourrir, me détruire ou je ne sais quoi ? Comme tous les autres, comme tous ceux, a priori, que tu as pourris ?

Se reculant un peu, elle saisit fermement son menton, l'obligeant à la regarder en face :
-Pour qui tu te prends  Siobhan ?Hein ? Dans ta vie, qui a commencé à pourrir l'autre ? Mmh ? Dis moi ? QUI ?

Le regard brûlant, elle finit par la lâcher, but une dernière gorgée et se leva, secouant les brins d'herbe collés à son jean.

-Ne redis jamais ça avec moi, tellement ça sonne faux. Et tu le sais très bien au fond, alors arrête ça, tout de suite.

Elle lui tendit la main :

-Allez, viens, on va marcher un peu si tu veux bien. Je crois que tu as besoin de te laver la tête et le cœur. Le soleil, c'est par là.
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~    Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~  EmptyVen 15 Mar - 11:26

Autour d'elles, une murailles de sucres, une forteresse de souvenirs d'enfances dont les murmures n'ont pas besoin d'être partagé, tant ils sont familiers. Elles créent un lagon qui tiennent au loin les tempêtes bien trop réelles. Des mirages de villes à découvrir pour bannir celles qui sont interdites.  Le soleil réchauffe des sens engourdis et permet un délaissement d'une âme usée de trop de silence. Cassiopée offre un édredon d'amour et d'apaisement et Siobhan n'hésite pas un instant à s'y enfouir, les recouvrant toutes les deux de cette chaleur nouvelle qui les unie. L'Irlandaise sait déjà que rien n'est interdit à la Française. Que pour elle, il n'y aura jamais retenue ou questionnement. Le lien qui les unit est inconditionnel. Jamais plus Cassiopée ne sera seule, quand bien même elles seraient séparées par des lieues de distance.

Le regard qu'elle décoche à Cassiopée alors qu'elle pose quelques questions pour comprendre un peu mieux les fils emmêlés d'une Ariane perdue dans un labyrinthe de sa propre fabrication. Il est... penaud. Un peu  contrit aussi. Elle souffle un soupire, entre l'amusement de sa propre conduite et l'agacement que celle ci lui procure dès qu'elle se retourne pour en contempler les reflets.
-J'ai essayé... J'ai retrouvé une amie dans une salle de boxe et ce qui devait être un simple entrainement détendu entre nous a un peu dégénéré! On a perdu le contrôle toutes les deux, non pas l'une envers l'autre, mais plutôt face à tout le reste. -Siobhan effleure machinalement sa levre gonflée et sa pommette tuméfiée, sans pouvoir retenir une grimace en constatant que son épiderme est encore sensibilisé. Une lueur bien plus sombre traverse les prunelles noisettes en sentant la marque de brûlure bien trop ronde, à peine cicatrisée, soigneusement dissimulée par une épaisse couche de fond de teint. Comment fait elle pour se fourrer dans des paniers de crabe tous plus profonds les uns que les autres?-   Plus jamais je monte sur le ring avec elle. -Un léger rire malgré tout. -Presque plus jamais?  Plus deux trois autres excès, qui eux, sont plus glauques qu'autre chose. -Elle referme les yeux. Avant d'admettre. -Non. Ils avaient rien à voir avec la colère, eux.

Cassiopée ne se trompe pas. L'amour qu'elle éprouve pour Catham n'a aucune limite, aucune raison. Ou que se trouve son frère, rien ne peut modifier ses sentiments à son égard. L'irlandaise esquisse un hochement de tête qui confirme les dires de sa compagne. Quand elles abordent la confiance, la jeune femme se  crispe plus perceptiblement. Sa peur principale est si simple, si banale. Chat échaudé craint l'eau froide. Et elle a été salement brûlée. -J'ai tellement peur d'être blessée  à nouveau, de me blesser à nouveau, que pendant longtemps, c'était plus simple pour moi de ne prendre aucun risque. De cultiver une distance respectable, juste pour être certaine que cela n'arrivera plus. -Un rire un peu amer à ses lèvres, devant sa propre naïveté.

-Cela ne marche pas comme ca. Les sentiments se moquent bien des cicatrices passées. En refusant de voir que j'étais retombée amoureuse, de simplement le considérer, en parant cette relation de fausses couleurs, j'ai contribué à son auto-destruction. Et cette perte? maintenant? Elle me ronge, Cass'. C'est un acide dont je ne sais pas comment me débarrasser. Et je ne suis plus certaine de son échec total d'ailleurs, sauf que les choses ont déjà commencé à changer de manière irrémédiable

Se faire confiance à elle même. Siobhan attrape une boule de coco qu'elle croque rapidement, sans même en goutter les saveurs. Avant de s'allumer une autre cigarette. Elle tourne la tête pour accrocher le regard de Cassiopée. Se reposant dans l'affection qui en rayonne. Une longue bouffée plus tard, qu'elle relâche avec une lenteur contrôlée, elle finit par lui répondre.

-C'est le noeud du problème, ma Cassiopée. Je me suis fait confiance il y a sept ans. J'ai écouté tous mes instincts, j'ai suivit mes impulsions, je n'avais aucun doute. J'étais absolument certaine de moi. Pour le coup, ma raison et mon coeur étaient en totale harmonie. J'étais fiancée, il y a six ans et des poussières, à un homme que j'ai aimé éperdument dès les premières heures ou presque. Il n'y a eu aucun signal d'alarme. Aucun avertissement. J'étais sure de moi, sure de lui. Je n'avais pas besoin d'avoir peur, pas besoin de me poser de question, puisque c'était EVIDENT.  Catham est, était un trafiquant d'armes pour le compte de l'Ira et il était son bras droit, celui avec qui il planifiait tout. Le moindre détails de leurs opérations étaient décidés entre les deux. Devine lequel était un membre d'une agence gouvernementale dévouée à la repression des ventes d'armes de guerre, en particulier celles liées à l'Ira? Devine lequel des deux a rassemblé suffisamment de preuves accablantes pour le coller en taule? Indice : ce n'est pas mon frère.  Devine lequel s'est servie de sa "fiancée", en jouant les mecs parfaits pour monter bien plus haut dans l'Organisation? Je n'ai RIEN vu! RIEN perçu! J'avais bêtement, connement, une parfaite confiance en moi et lui. J'ai vécu pendant deux ans avec un flic, qui pendant tout ce temps était en train d'avancer ses pions pour tout foutre en l'air. Pas une inquiétude, pas un soupçon, pas un doute.

Il l'a demandé en mariage! Et quoi? Il l'aurait abandonné devant l'autel? Il aurait été jusqu'où pour être certain d'atteindre ses buts? Jusqu'où il aurait continué sa mascarade du compagnon attentionné? Jusqu'à ce qu'elle tombe enceinte? Siobhan ferme les yeux. Avant de prononcer des paroles dont elle aurait remarqué le mélodramatique si elle n'avait pas à ce point secoué. Malgré elle, un sourire revient sur ses lèvres à la manière dont Cassiopée la ramène  sur terre. A la façon dont elle pointe le ridicule de sa déclaration. Un haussement d'épaule accepte la réprimande. Totalement méritée. Avant que l'intensité du regard et du ton de la française ne l'ancre encore d'avantage à elle. Et elle avait sérieusement besoin que son amie l'aide à se sortir de cette ridicule crise d'auto-apitoiement dans laquelle elle commençait à se perdre.

-Neil. Il s'appelle Neil. Et tu vois, même ca, je ne sais pas si c'est vrai.
Souplement, elle attrape la main tendue pour se relever. Elle prend cinq minutes de plus pour ne laisser aucun souvenir de leur passage sur l'herbe tendre. Siobhan ramasse le sac qu'elle remet en bandoulière, passant son bras libre au creux du coude de celui de Cassiopée.

-Le soleil? c'est quoi? - Un sourire un peu plus assuré qui revient à ses lèvres quand elles commencent à se balader tranquillement dans les allées du parc, la tête de Siobhan penchée vers celle de la rousse jumelle, leurs mèches aux teintes  cuivrées, pas tout à fait identiques, se mêlent parfois, retrouvant leur unité paravent qu'elles avaient eu lors de leur rencontre dans le bas.  Avant qu'une pointe de sérieux ne revienne dans son ton et qu'elle poursuive.

-Te détruire, non. Mais te mettre en danger? Peut être. J'ai commencé à vriller salement une fois que je me suis pris l'échec de ma relation avec Oliver dans la tête. Jusqu'à poser des jalons pour retourner en Irlande. Je ne PEUX pas retourner en Irlande. Pas simplement en tout cas. Ce matin, juste avant de t'envoyer ce sms, j'ai joint Catham en prison, pour la première fois en cinq ans. Dans les dix minutes, même pas, "Neil" a refait son apparition dans ma vie et avec lui, le spectre de l'Ira. L'Organisation aurait envoyé un de ses hommes pour monter une équipe et se rappeler à mon bon souvenir. La magnifique ironie étant que je n'ai aucun  moyen de vérifier la véracité de ses dires. Si il poursuit un nouveau but? Si j'ai vraiment réveillé la Pieuvre?

Elle se passe une main trop nerveuse dans les  cheveux avant de ralentir un peu leur pas. Juste de quoi retrouver dans le joyeux foutoir la carte de visite que Neil lui a imposé il y a quelques heures. Siobhan sait qu'elle ne s'en servira jamais. Mais par contre....

-Cassiopée, si l'homme dont il m'a parlé débarque vraiment à Los Angeles, les risques sont réels. Je ne le sais pas encore. Ils vont éplucher toute ma vie ici. Fouiller dans tous les recoins, je ne suis pas certaine que tu ne les intéresse pas, au moins indirectement.  Tu peux être un peu plus vigilante que d'habitude quand à ton environnement?
-Elle lui tend la carte de visite avec le numéro de portable inscrit dessus- Si jamais tu as le moindre doute quand à certains comportements autour de toi, tu l'appelles. S'il te plait?

Siobhan n'a meme pas conscience de la dichotomie de son attitude. De la certitude absolue qu'elle a que Neil ne prendra pas à la légère tout appel de la française si elle a le moindre doute concernant une présence irlandaise non désiré et l'absence total de crédit qu'elle lui accorde concernant sa propre sécurité.
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Cassiopée Desnuits
"Il se recula prestement quand il l'entendit émettre un son suspect..."
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MessageSujet: Re: Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~    Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~  EmptyDim 31 Mar - 18:13

Le p'tit bout de langue rose se délecta à léchouiller les copeaux de la boule de coco. C'était bon cette rondeur toute douce, saupoudrée d'un arrière goût d'enfance. Siobhan avait eu une riche idée. Se baffrer de bonbons était un délice. Les papilles humides, baignées de suaves sapidités, se repaissaient de ces instants de débauche sirupeuse. Pauvres nounours : une famille entière fut décimée, leurs têtes  arrachées sans ménagement, leurs minuscules corps tout moelleux de guimauve croqués d'un seul coup de dents. Le destin des fraises Tagada fut tout aussi tragique : broyées par péché de gourmandise, la plupart disparurent au fin fond de l'estomac avide. Et le délicieux gâteau aux amandes...A peine eut-il le temps de prendre un peu l'air, qu'il se liquéfiait déjà sous la pression du palais. Cassiopée se gavait, se pourléchant les doigts. Muflée de sucre, elle avait l'air un peu ailleurs, mais de fait, écoutait avec une attention extrême la jeune irlandaise.

Sans les marques douloureuses de son visage, elle aurait  ri de sa déconvenue, imaginant la scène :  les deux nanas finissant par se castagner la bave aux lèvres, féroces, suintantes de rage, dégoulinantes et puantes de transpiration. Mais le moment n'était guère à la plaisanterie car la jolie rouquine souffrait des traces des coups reçus.

-Je t'avoue que je suis soulagée, j'ai cru que...que tu avais été frappée par un mec.

La suite aurait été bien différente et l'affection fraternelle qu'elle vouait à Siobhan n'aurait pas suffit à la libérer de son bourreau. Le « syndrome » des femmes battues comme elle disait, tuait une femme tous les deux jours et demi en France*. Un génocide sans vagues qui perdurait depuis des décennies. Elle se connaissait un peu la Cassie et aurait tout fait, lentement mais sûrement, pour aider sa sœur de cœur à se désaliéner. Il aurait fallu du temps, beaucoup de temps, car le caractère passionné de Siobhan aurait certainement freiné des quatre fers face à l'évidence. Apprendre à désaimer pour se libérer, c'était si difficile, si déchirant... Elle avait accompagné à Paris quelques victimes et pour ce qu'elle en avait vu, la persécution leur paraissait banale, presqu'anodine face à la culpabilité et à l'absence d'estime de soi. Un terrain propice à la violence et à l'emprise de leur dictateur. Elle aurait sorti bec et ongles pour protéger au mieux son amie. Mais heureusement, l'histoire tragique n'aura pas lieu, bien qu'une autre, tout aussi terrible, allait lui être révélée.

-Oui, dit-elle à mi-voix, on se blinde pour ne plus souffrir...On a tous des peurs tu sais...Mais à quoi ça sert de macérer ? Au bout d'un moment, pourquoi ne pas s'en détacher ? Puisqu'à la fin, on y perd, on s'y perd ?

Elle suggérait avec délicatesse, sans brusquer, n'ayant pas tous les éléments à sa connaissance. Et ne pouvait s'empêcher d'évoquer un autre chemin, plus ouvert, plus risqué bien sûr, mais qui comportait toujours cette maladie de l'Espoir qu'elle distillait à tous ceux qu'elle rencontrait, si l'occasion se présentait. Un incurable optimisme qui pouvait agacer, elle le savait, mais aussi, si personne ne le servait au creux des malheurs, alors quoi ? Aucune rédemption ne serait plus possible ? La jeune femme lui en disait beaucoup certes, mais pas tout non plus. Mais ce n'était pas grave car ce qui comptait pour elle, c'était l'instant présent, cet instant précieux où, pour la première fois depuis qu'elles se connaissaient, la jolibelle se confiait comme jamais elle ne l'avait fait auparavant.

-Si tu n'es pas sûre de son « échec total », comme tu dis, alors pourquoi ne pas essayer encore, différemment ? Et pourquoi tu n'as pas accepté de tomber amoureuse ? Pourquoi ?

Elle allait loin la Cassie, mue par une bienveillance et une amitié profonde, creusant sans retenue des questions essentielles dont les réponses ne lui  appartenaient pas.
Elle lui entoura les épaules et se pencha vers elle :

-Pardon d'être aussi directe ma Sio chérie, mais j'ai le fâcheux défaut de titiller pour comprendre, pour aider l'autre à démêler ses nœuds. Je pose des questions dérangeantes quelquefois, j'en suis consciente. Tu n'es pas obligée de me répondre, je ne te demande rien, tu sais. J'aimerais tant que tu ailles bien, c'est tout. Mais sincèrement, je me demande pourquoi tu as refusé de le voir. Pour moi, c'est une vraie question.

Elle perçut presque un haut le corps lorsqu'elle parla de « confiance »  et Siobhan se tut, prenant le temps de s'allumer une cigarette. Qu'avait-elle touché ? Le long regard lourd qu'elle lui décocha la mit mal à l'aise. Pourvu qu'elle ne l'ait pas blessée...

Comment pouvait-elle imaginer que quelques paroles peut-être trop sincères, allaient la mettre à mal ? Cassiopée, tu te trompes, Sio n'est pas de cette race-là... Et les révélations douloureuses qui s'ensuivirent auxquelles elle ne s'attendait absolument pas, lui écorchèrent le cœur. Elle entendit le supplice traversé qui criait à l'injustice, à la tromperie, à l'amour bafoué, trahi. Si les tortures subies pouvaient jaillir leur suc! Elle verrait le sang épais s'échapper de chaque pore où l'amoureuse désespérée avait baigné jusqu'à la moelle. Mon Dieu...Sio...

« ...Qui a commencé à pourrir l'autre... ? » Son intention avait été d'interroger son passé lointain, très lointain. Son enfance, sa prime jeunesse. Comment avait-elle été aimée ? Tant de présents prenaient leur source dans tout le fatras de ce vivier si vite évincé. Mais la réponse fusa : Neil. Il était donc d'actualité celui-là. L'aimait-elle encore... ? A ce point-là ?

Silencieuse, elle la rejoignit pour rassembler ce qui restait de leur orgie sucrée. Ça lui donnait une contenance car elle ne sut que dire ni penser. Tout cet univers de violence et de risques lui était totalement étranger. Elle ne pouvait que subodorer, si succinctement, ce qu'elle avait vécu. Et pourtant, malgré tout, il y avait une grande douceur en elle. Elle la détectait, avec cette insolence d'être qu'elle pouvait balancer à la tête de ceux qu'elle aimait.

Bras dessus bras dessous, Cassiopée se mit à rire à son trait d'humour :

-Ben ma vieille, suffit que tu lèves la tête, juste là ! Regarde !

Et d'un geste malicieux, appuya sur son menton, l'obligeant à lever les yeux vers le ciel si bleu.

-Oh ma Sio, murmura-t-elle, entourant sa taille et la serrant contre elle. Elle l'embrassa tendrement sur sa joue pâle, tentant de lui apporter un peu de baume.
-Que puis-je faire pour toi ? Dis-moi ce que je peux faire ! Dis le moi, je t'en prie !

Que pouvait-elle offrir d'autre ? Quels moyens possédait-elle pour conjurer toute cette merde ?

Oliver...Un autre amant ? Une autre douleur ? Fucking guys ! Son instinct de protection remonta brusquement :

-Qui est cet Oliver ? Un autre qui t'a fait souffrir ? Tu ne peux pas continuer à te prendre des barbelés sur le palpitant comme ça ! Merde alors! Il y a quelque chose à faire, je te le garantis ! Je ne sais pas ce que c'est, là, tout de suite ! Mais tu mérites d'être heureuse ! Tu es une super nana ma Sio, une belle âme ! Tu le sais, j'espère ?

Elle l'enlaça de nouveau avec force :

-Tu mérites tellement mieux ! Si je te le dis, c'est que je le sais, je le sens et si tu n'en es pas convaincue, eh bien, je le serai pour deux jusqu'à ce que tu sois sortie de ces saloperies !

Mais la suite...La suite des aveux lui donna le tournis et la rébellion émergea, teintée de colère et d'incrédulité :

-Qu'es-tu en train de me dire? Que des types sont à ta recherche pour te buter ? C'est ça le deal ? Nanmé! Tu délires ? On est à Los Angeles, au 21ème siècle ! Qui te dit que tout ça n'est pas du gros mytho pour que tu manges dans la main de ce Neil ? Tu ne peux pas prévenir les flics d'ici ? Merde Sio ! Pourquoi se terrer ? Si c'est vrai, dénonce le au FBI ! Préviens les médias ! Je dis ça mais j'en sais rien ! J'en sais rien !

Elle s'arrêta brusquement et se tourna vers elle, saisissant avec une grimace de dégoût la carte de visite :

-Tu crois vraiment que je vais rentrer dans ce jeu de mort et de peur ?

Le regard brûlant, elle toisa son si cher alter ego. Le destin ne pouvait les avoir réunies pour les séparer aussi cruellement.

-Je n'y crois pas, je n'y crois pas ! Je refuse d'y croire ! Je viens à peine de rencontrer une amie, ma petite sœur de cœur et ce cadeau de vie, rare et précieux risque de m'être arraché ?

Le spectre de la nuit éternelle au loin, lui fouetta l'âme. Pas question que ça se reproduise, pas question !

-Qu'ils aillent se faire foutre ! Je vais réfléchir comment je peux t'aider, et je peux t'assurer que je vais remuer ciel et terre pour ça. Je te le garantis, gronda-t-elle entre ses dents.

Dans un élan, elle l'étreignit encore, bouillante d'émotions.

-Ma Belle, attends...Passe moi ton enceinte.

Il fallait conjurer le sort, sortir des perspectives lugubres, passer à autre chose, se baigner dans l'insouciance et la Vie.

Elle la tira sur la pelouse, l'obligeant à poser ses sacs, le sien compris et pianota sur son téléphone, poussant le son à fond. Bientôt, les premières notes crevèrent l'air doux.

https://www.youtube.com/watch?v=wjud3Ue-pFE

-Allez,viens ! C'est un vieux truc français !

Elle ôta ses baskets, tourna sa casquette à l'envers et se mit à danser pieds nus sur l'herbe, entraînant Siobhan. Un groupe d'étudiants lézardaient tout près. Elle leur fit signe, les hélant d'un " Come! Come! A little flash mob in honor of my sister!**"
Amusés par la situation, une dizaine d'entre eux se prêtèrent au jeu.

Elle chantait à tue tête pour elle. Rien de mauvais ne lui arriverait plus désormais.
Elle y veillerait. A jamais.


*Chiffres France de 2012: https://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/wp-content/uploads/2014/03/Egalite_Femmes_Hommes_T6_bd.pdf
**Venez! Venez ! Un petit flash mob en l'honneur de ma sœur!
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~    Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~  EmptyMer 15 Mai - 16:45

Le sucre fond et danse sur les papilles, instant d'allégresse et de satisfaction pure. Juste pour elle. Pour elles. Loin de toutes noirceurs et pensées acres. Et pourquoi pas? Elles y ont le droit. Ces deux femmes, ces deux rousses ont décidées de se satiner autant de la douceur de l'enfance retrouvée que de la présence arc en ciel de l'Autre. Deux âmes jumelles qui se reconnaissent dans les nuances américaines. Un petit signe de dénégation à la supposition de sa Galaxie. Non, nul homme n'est responsable de ses bleus physiques. Et il n'y a aucun mépris dans ce non, à ces ombres rendues muettes de la sauvagerie domestique.  Non. Les plaies de Siobhan sont moins tangibles.  

Elle se livre, au grès des gourmandises et de  la chaleur d'une écoute qui n'est ni passive ni complaisante. D'une sincérité sans nuage. Est ce qu'elle sait combien elle est phare et ancre, cette joyeuse et humaine Cassiopée? Ses questions adoucissent les plaies d'un baume netoient les courants qui les empoisonnent. -J'ai été trop amoureuse, et cela m'a conduit à la ruine. C'était plus simple de profiter d'une liaison douce et printanière sans y relier des sentiments plus profonds. Moins risqué. Et cela nous convenait à tous les deux.

L’effervescente française sent instinctivement quelle est la béance qui diminue son coeur. Confiance. Si elle prend son temps pour peser ses mots, ce n'est parce que sa soeurcière a franchit une limite invisible ou blessé de trop de questions. Non. Siobhan est obligé de regarder en face des vérités dérangeantes.  Avant le retour du Soleil et une évidence qui porte le bras de l'Irlandaise plus étroitement  à la taille de la Française.  -Tu es venue. Tu es là. Quelques aient été tes projets pour l'après midi, tes divers rendez vous... Tu es venue. C'est de passer quelques heures avec toi! Je n'ai besoin de rien de plus.

Une reflexion de Cassiopée, qui la laisse interdite quelques breves secondes. Avant qu'elle n'éclate de rire, un éclat de rire un peu cisaillé, mais bien réel. Qui la fait plaquer un énorme bisou sur la joue sucrée. -Non, non. Pas un autre, pitié. Un troisième homme dans ma vie, mais j'en vire ma cuti! Non, Oliver est mon bel ange blond. Crois moi, le souvenir et la réaparition de l'un et l'inaccessible de l'autre, c'est LARGEMENT suffisant!  

Son amusement ne tarde pas à mourir quelques minutes plus tard quand elle en vient à évoquer. -Chérie... L'Irlande est quasiment en guerre civile depuis un siecle. Pas en  permanence, souvent de manière feutrée, mais toujours meurtière. Tu sais qu'il y a une grille, des murs qui séparent les quartiers catholiques et protestants de Belfast? Autant te dire que la question du Brexit a encore remué les tensions... C'est peut être une manipulation de Neil. Mais peut être pas. En attendant... sa plaque est celle du LAPD... Je vais éviter d'aller voir directement ses collègues, ca ferait désordre!

Quoique... l'idée a du mérite. De quoi foutre le feu à la fourmilière! Oui, c'est une option qu'elle va garder de coté. Quand au FBI. Un instant... elle hésite. Un sourire franchement désabusé aux levres. Elle va laisser de coté le FBI. Ses seuls contacts avec cette branche du gouvernement est Blond et à éviter.  Mais au moins, vaguement, Cassie prend la carte de visite. Siobhan se jure que jamais elle n'aura besoin de s'en servir. Vivante. Ivre de vie. Une fougue et ardence contagieuse. Un clin d'oeil pourtant. -Je suis trop teigne pour qu'une bande d'Irlandais m'abatte si facilement, tu sais?

Un peu circonspecte aux paroles enflammées de Cassiopée, hors de question qu'elle se mette en danger délibérement, elle lui tend sa petite enceinte portable comme elle vient de lui demander. Sans se faire prier, la rousse rejoint sa jumelle, posant ses légers fardeaux alors que la musique ne tarde pas  à s'élever autour d'elles. Suivant son exemple, elle hote chaussettes et chaussures, retrouvant avec plaisir l'herbe fraiche sous ses plantes de pieds. Et quand elle éclate de rire, c'est un rire sincère éclatant, alors que bientot c'est une petite dizaine de personnes les entourent et se mettent aux sons des notes francaises. Elle attrape les mains de Cassiopée et les croise avant de les reprendre. -Je te tiens! C'est probablement quelque chose qu'elle n'a plus fait depuis l'adolescence! Prenant apuis sur ses talons en arrière, s'équilibrant avec Cassie, elle se met à tourner avec elle, en une ronde de plus en plus rapide avant de s'écrouler sur le sol au bout de quelques secondes, alors que le ciel tourne encore autour d'elle. Le souffle court, elle laisse sa respiration retrouver un rythme plus naturel, le coeur plus leger qu'elle ne l'a ressenti depuis des semaines.  Elle finit par tourner la tête vers sa Galaxie, cherchant son regard. Ombre de sérieux. Avant que Siobhan n'ennonce une évidence.

-Cass', tu sais que je suis là autant pour toi? N'importe où, n'importe quand. Quoiqu'il se passe. Un message, un mail, un pigeon voyageur! Rien ne pourra m'empecher de venir si tu en as besoin. Que ce soit demain ou dans dix ans. A Los Angeles, Paris ou Tokyo.
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Et avec ces fraises tagada, vous prendrez bien un peu de Cyanure? ~ Cassiopée douce~
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