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 Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)

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Neil Flaherty
Amateur de Guiness, de lutins verts et de gros lolos #hommefragile
Neil Flaherty
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MessageSujet: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Mar 19 Fév - 13:22

Belfast 7 ans plus tôt.

Les derniers détails de sa tenue s'ajustaient devant le miroir reflétant un homme d'une bonne trentaine d'années, l'air un peu cynique, arrogant, sans qu'il n'en ressente l'influence. Il était ainsi, et souvent il déplaisait par cette allure hautaine. Depuis plusieurs mois cet homme mentait sans aucune honte à tout celle et ceux qu'il croisait. Depuis des mois il était Trafiquant gravissant échelon par échelon jusqu’à se trouver auprès d'un des principaux chefs du réseaux d'approvisionnement d'arme de L'IRA. Catham O'Sullivan dont il se rapprochait à mesure qu'ils se croisaient. Jour après jour, mois après mois, il se faisait une place d'homme de main à son service. Neil était le genre d'homme à savoir influer sur son "boss" autant que sur les personnes qu'il etait censé effrayer, voir pire. La fin justifiait tous les moyens. Neil haïssait cette organisation bien plus que tout au monde et quoiqu'il doive faire pour anéantir une branche, deux branches ou l'arbre entier il le ferait.Et il savait parfaitement où il voulait aller avec cette relation.  

Pouvoir, et richesse ? Peu pour lui, il s'en foutait comme de la première clope. Le but était plus profond, inscrit au fer rouge dans ce cœur qui ne faisait que le maintenir en vie. Avoir la tête de ces salops. Cela aurait pu etre ironique sachant qu'il ne respectait pas la loi depuis des mois, mais de fines stratégies en coups imposants, il faisait son chemin vers la réussite de son enquête. Neil était un traître à L'Irlande, un Traître à l'IRA. Il était un flic. Et il menait sa mission sans trop de consignes sauf celle d'avoir la plus haute tête de l'IRA à arrêter  et ne pas se faire buter. La seconde option il l'avait ajouté lui même, ses patrons n’étant pas du genre sentimentalistes ils trouveraient bien un autre pecnot pour finir l’enquête. Remplaçable qu'il était, pour tout et par tous. Meme son Ex se tapait un de ses collègues , son gamin le connaissait à peine. Il n'avait plus rien à perdre en fin de compte. La vie ? une belle connerie.  

Longuement, très longuement il inspire et expire. Peu à peu il retrouve ce role qui lui tient la peau depuis quelques mois d'infiltration. Il redevient Neil le Tueur, Neil le bras droit. Son regard retrouve un trait prononcé dans la froideur, il n'a pas beaucoup à changer, juste assez pour que son ressentiment pour l'IRA ne se sente pas trop. Il laissa son flingue dans la chambre, il n'aurait pas à se battre ce soir, , l'invitation reçue concernait autre chose qu'il attendait depuis presque aussi longtemps que le début de son enquête. Pas de micro, les irlandais étant plus que soupçonneux, mais il avait la chance d'avoir une très bonne mémoire des visages, et des noms, ce qui lui permettait de faire des rapports détaillés. Ce soir il aurait une toute autre mission, celle de se rapprocher de la sœur de Catham. Il l'avait longtemps étudiée et elle était la faiblesse d'un réseau qui s'accroissait, elle était la faiblesse d'un frère. Etre bras droit c'est bien, être beau frère ou apparenté c'est mieux. Les cercles sont ainsi fait dans la confiance et il ne pourrait aller plus loin en n’étant QUE le bras droit.   Sous couvert d'une invitation à un mariage de l'un de leurs hommes, Neil ferait la rencontre de la rousse qu'il charmerait pour son travail. Les dégâts qu'il pourrait faire ? il s'en foutait, elle avait choisi d’être aux cotés d'un des revendeurs de l'ira, elle en assumerait les conséquences.

Il penche la tete d'un coté, puis de l'autre, remet bien sa veste et la chemise sombres totues deux, qu'il porte, rajuste sa cravate dans les memes tons, jetant un dernier regard assassin à son reflet, puis sort de sa chambre pour prendre une BMW bleue qui le conduira à une vingtaine de Kilomètres de là, dans un petit village fleuris de décorations diverses, c'est jour de fêtes dans le bled perdu au milieu des landes. Il n'y à qu'a suivre la musique pour se retrouver devant la salle des fêtes décorées de roses odorantes. Il allume une autre cigarette sortant du véhicule et entre dans la salle. Bien que débutante, la fête pour les mariés se joue déjà dans des ambiances entraînantes. Bien que semi Irlandais, Neil ne les aime pas plus que ça, ils ont fait trop de mauvais choix dans leur vie, dans leur politique, et dans leurs actes, mais la musique.. ca va encore, voir il adore ça. Cigarette aux lèvres, ses doigts sont emportés dans des petits battements aux rythme des violons.  Ca ne serait pas la pire soirée de sa vie, sauf si on lui demande de chanter.


- Neil tu es enfin arrivé !

L'esquisse d'un sourire en voyant Catham arriver vers lui et lui faire un accolade fraternelle. Accolade qu'il lui rend avant de reprendre sa cigarette et soufflant la fumée qu'il avalait.

- Désolé j'ai mis du temps à trouver. Ou plus exactement je sais quand me faire désirer. Cela fait quelques semaines que Catham lui parle de sa soeur, de sa gentillesse, de sa beauté, de ses études, de son célibat. Et discrètement, sans brusquer Neil entrait dans ce jeu jusqu'à ce moment où il pourrait enfin mettre son plan à execution. Les filles ca se travaille au corps à corps, les mecs par la protection.  Catham n'était pas un mauvais bougre, juste le type qui saisissait des opportunités, pas les meilleures qui soient.Il l’entraîne bras dessus dessous passant sur la piste de danse tellement remplies qu'ils se font bousculer tout en joyeux cris par les invités. Parlant alors qu'ils essaient de rejoindre l'autre coté de la salle et aller aux tables ou le repas sera dégusté. - J'ai rien dis à Sio sinon elle m'aurait tiré la tete, mais je suis certain qu'elle va tomber sous ton charme, fait lui ce sourire quand tu te tapes les putes d'O'hara, elles adorent ça.
- Tu veux que je me tape ta sœur comme une pute d'O'hara.? Il ne peut s’empêcher de rire en voyant la tete de Catham qui se décompose à l'idée . Le rouquin lui envoie son poing dans l'epaule assez fort pour le ramener au sérieux de la conversation, mais pas assez fort pour que le geste soit mal prit.
- Non, pas à ce point, mais qu'elle passe une bonne soirée, tu vois, fait toi charmant, SIO regardes qui est là.
 
Devant eux, une rousse, au corps joliment dessine et quand elle se retourne . Le monde cesse de bouger. La musique cesse de clamer ses histoires joyeuses à ses oreilles. D'un coup violent il est fixé sur la rousse devant lui. Tétanisé .. ou presque.
Il la connait pourtant, l'a étudié, a vu des photos, connait son gout pour un parfum fruité et sucré, il connait sa couleur préféré , sa musique préférée, tout. Mais il ne s'attendait pas à .. ça.  Ça c'est une jeune femme d'une beauté intrigante formée dans la force de ses idées et qui lui porte un regard d'une douceur sans égale, d'un amusement sans commune mesure, mais aussi intimidée. tant de sentiments qui lui sautent aux yeux qu'il se demande si les effluves d'alcool ne lui font pas tourner la tête. Et la volonté de Neil connait une césure, une étrange césure. La volonté mise au sol. Il n'est plus aussi assuré qu'en entrant dans la salle des fêtes.


- Sio je te présente Neil Flaherty je t'ai déjà parlé de lui, Neil c'est ma sœur Siobahn.

Et rien. pas un mot d'un coté ou de l'autre. Juste deux regards fixés l'un à l'autre. Le Frère semble comprendre et s’éloigne en gueulant sur Wilt qui a attrapé l'une des serveuses pour l’entraîner sur la piste de danse. Le silence encore. Il lui faut reprendre un peu de consistance, il tire longuement sur sa cigarette.. ca va mieux. et enfin.

- Salut. hum.. Neil. C'est moi. Enfin je m'appelle Neil pardon, désolé j'ai .. je crois que l'alcool en vapeur m'a fait trop d'effet, j'ai du rentrer trop vite dans la salle.

C’était ca. Surement. Il rigole bêtement, de ce rire amusé et charmeur sans meme s'en rendre compte et surtout sans savoir pourquoi. Peut-etre que l"idée du pallier de décompression avant d'entrer dans une salle des fetes à le pouvoir de le faire rire. Il se sent bien, étrangement bien sous le regard marron de la jolie rousse. Il tend la main vers elle pour la saluer comme il le ferait avec un pote. Neil reprend toi ! Tu es là pour une bonne raison. Tu dois la charmer et non pas être charmé.  

* titre tiré d'un dialogue du film "Ennemis rapprochés"
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Mer 20 Fév - 16:23

Belfast, 2012

Cela ne fait que quelques semaines que Siobhan est revenue de Dublin sur l'insistante croissante de ses parents et celle, il faut bien le reconnaître de son frère! Elle a pris le temps de retrouver un petit appart dans le centre non loin de celui de Catham. Elle a detesté prodigieusement tout le bordel administratif que le déménagement lui occasionne. Le pire a été de faire le changement d'université. Elle a bien cru qu'elle ne s'en sortira pas, du moins jusqu'à ce qu'elle retrouve un nouveau directeur de thèse qui a aplanie bien des difficultés pour elle. Elle n'a pas encore recommencé à s'y mettre, décidant de s'octroyer quelques semaines de vacances.

Et puis le mariage qui se rapprochait entre Finnian et d'Eireen a été une raison parfaite pour un peu de procrastination! lls connaissent les deux depuis des années, Finnian étant l'un des amis proche de catham depuis leurs pré- adolescence, après des débuts un peu... compliqué. Quand à Eireen, elle a rejoint le groupe au lycée. Qui n'a été que très peu studieux. Du moins jusqu'à ce que ses parents ne décident de l'exiler à Dublin avant qu'ils ne puissent vraiment plus la tenir. Du coup, elle aide Eireen dans les derniers détails, comment placer les fleurs, les plans de table. Ces mille et une chose chronophage que Finnian est bien content de laisser à sa future épouse. Et que du coup, elle délègue à ses demoiselles d'honneur que Siobhan a naturellement rejoint. Et les jeunes femmes s'amusent au dépend de la rousse de l'insistance répétée de Catham de vouloir à tout prix la caser avec son nouveau lieutenant. Nouveau lieutenant qui est loin de déplaire à plusieurs de ces demoiselles célibataires, malgré un comportement parfois un peu trop brusque. Il a ses charmes, parait il. Et tous ne sont pas exposés!

Elle sait très bien que son frère a detesté l'ensemble de ses copains dubliner, les trouvant trop mous, trop mièvre, sans caractères ni colones vertébrales. Et surtout... en dehors du cadre de l'Ira. Donc immédiatement indigne de confiance, voir dans certains cas extrèmes, de respect. Ils se sont disputés plusieurs fois à ce sujet, la demoiselle trouvant son ingérence dans sa vie privée un peu insupportable. Surtout quand on voit qu'il a choisit cette truite de Fiona Dungham. Il a surtout attendu qu'elle soit loin de Belfast pour la mettre dans son lit, oui! Siobhan est un peu sur la reserve. Il en peint le portrait d'un mec un peu peu trop parfait à son goût. Et pour un homme qui ne donne que difficilement sa confiance, il donne beaucoup de place à un nouvel arrivant au sein de l'Organisation. Ho, elle se doute qu'il a été vérifié à tous les stades, que les recruteurs n'ont rien laissés au hasard. Il n’empêche. Il passe beaucoup de temps avec son frère et la sécurité de celui-ci passe avant tout. Si ce Neil est moins bon qu'il n'en donne l'impression, moins fiable, ce n'est pas lui qui en pâtira en premier. Et ca, si elle peut le contrôler, elle ne se genera pas pour essayer! La journée arrive bien vite, dans un tourbillon frénétique que seules les femmes savent créer

Siobhan jette un regard dans son miroir avant de rejoindre la salle des festivités. Elle en aime le refet qui lui est rendu. Elle a passé une longue robe blanche à grand imprimé floral dont la fluidité légère du tissu lui permettra de danser jusqu'à s'écrouler de fatigue. Elle apprécie aussi la manière dont les bretelles fines se croisent dans son dos et forment un losange auquel elle a accroché une chaine d'argent  qui se termine par une perle noire dont elle sent la fraîcheur entre ses omoplates. Elle attache ses cheveux sur le haut de sa nuque, dévoilant la courbe de sa nuque malgré quelques mèches rebelles. Des boucles d'oreilles de perles et d'argent harmonisés à celle de son dos,  jouent contre l'angle de sa machoire  seront ses seuls bijoux. Quand elle a dit à Catham qu'elle viendrait seule, l'éclat malicieux de son sourire l'a trahit presque aussitôt. Elle a beau l'avoir prévenu qu'elle ne voulait pas d'un cavalier imposé, que ca lui allait très bien d'être seule, il ne l'a absolument pas écouté.

Ce qu'il confirme quelques vingt minutes après le début de la fête. Elle aime cette atmosphère joyeuse, bousculée. Tout le monde se connait depuis des années et les taquineries fusent sans la moindre pitié. Plusieurs finiront absolument saouls, et si il n'y a aucune bagarre, le mariage sera considéré comme un échec. Les irlandais sont bruyants quand ils sont heureux! Elle entend à peine Catham qui la hèle et ce n'est que lorsqu'il s'approche qu'elle l'entend et finit sa conversation en un mot ou deux avant de se tourner vers son insupportable frangin. Siobhan lui adresse un sourire mi figue mi raison, un regard d'avertissement avant de tourner son regard vers l'homme qui se tient à ses cotés. Ses prunelles s'adoucissent sans qu'elle n'en prenne conscience. Il y a une force tranquille qui se dégage de lui. Et son charme masculin n'a pas cette composante de ces hommes trop beaux et qui le savent. Non. Il se contente d'être lui même. De la maintenir presque captive sous son regard émeraldine. Vaguement, dans un autre monde, Cat' les présente officiellement. Puis s'éloigne avec un sourire bien trop satisfait de lui même. Elle est en train de se rendre ridicule, face à cet homme légèrement plus agé dont les prunelles semblent boire chaque molécule qui la composent. Cela pourrait être exagéré si elle n'était pas en train d'avoir la même attitude. Sa beauté brute est de celle qui s'offre sans artifice et veste parfaitement coupée dissimule bien mal les muscles ciselés sous sa chemise. Sa cigarette se consomme, presque oubliée, et soudain, elle regrette de ne pas en avoir allumée une aussi. Pour retrouver un brin de contenance. Juste un peu. Avant qu'une partie du charme ne soit rompu par ses paroles un peu maladroites, un peu gaffeuse. Il lui rend une partie de sa volonté et ses prunelles pétillent sous un feu malicieux.

-Siobhan, mais vous le savez déjà, n'est ce pas? Ne me dite pas que vous allez repartir déjà? Je crains que les vapeurs d'alcool ne soit que le début! Rassurez moi, vous n'avez pas fait vœu de sobriété? -Oui. Elle le taquine avec une pointe d'ironie. Mais c'est de sa faute. Il n'avait qu'a pas la charmer au premier regard. Il lui faut bien un minimum de défense contre lui! Quand il lui tend la main, la jeune femme éclate de rire. Elle s'approche de cette main tendue et la prend, mais non pour la serrer. Elle s'en sert pour combler  l'espace entre eux et déposer une bise sur chacune de ses joues avant de se reculer. Permettant à ses fragrances d'amande et de fleur d'oranger de sinuer entre eux- Nous sommes en Irlande, il n'y a que les étrangers  qui se serrent la main! Et si vous êtes ici, c'est que vous n'en êtes pas un...

Elle examine sa tenue d'un oeil critique alors qu'elle se recule. Secouant la tête avec une moue faussement réprobatrice. La jeune femme passe son bras sous le sien et l’entraîne vers une petite table à droite de l'entrée. Il lui faut passer pour cela entre les différents danseurs. Siobhan louvoie entre eux, frôlant parfois Neil dans ses mouvements jusqu'à parvenir à son but. Il y a, posé sur le plateau, un présentoir à cravate. Délibérément, elle lui en dissimule la vue, se plaçant juste devant lui. La malice, déjà tendre, de ses prunelles est parfaitement lisible quand elle s'adresse à lui. Avec une certaine reluctance, la jeune femme retire sa main de son bras.

-Je crains que vous n'ayez oublié le dress code du mariage. Vous souvenez vous de l'en-tête du faire part? Mythe et légende celte? Je ne peux pas vous laisser tout en noir. Donnez moi votre cravate s'il vous plait?

La demande est de pure forme, il n'aura pas le choix face à son sourire. Il ignore a quel point elle failli le faire elle même. La lui retirer elle même et effleurer du doigt la peau de sa nuque. Il lui faut un contrôle d'acier pour contenir cette impulsion déraisonnable alors qu'ils se connaissent à peine depuis dix minutes. Il peut entendre Catham éclater de rire alors qu'il passe à coté d'eux. De l'index, il désigne à Neil ses propres boutons de manchette qui sont ornées chacune d'une moitié d'arc en ciel qui se rejoignent, avec à chaque extrémité, un petit pot d'or. Si il étudie la robe de Siobhan, sous chacun des feuillages de sa robe, il y a un visage, un personnage qui se dissimule et se dévoile. Les autres invités ont tous au moins détails qui vient composer une mosaïque des mythes celtiques. Que ce soit un bijou en forme de harpe, une chevalière avec un triskel. D'autres... .sont beaucoup beaucoup, beaucoup moins discret et éclaboussent les yeux de leurs extravagances. Elle finit par lui présenter une nouvelle cravate. Et hooo comme il est difficile de rester sérieuse et stoïque. Son rire est à peine contenue sous l'angle de sa bouche. Autant dire que Neil aurait sans doute préféré choisir lui meme un élément plus discret. Et Siobhan doute qu'il soit consolé par l'abandon de plusieurs autre cravate avant la sienne. Pourtant, elle a essayé de l'épargner par rapport aux choix restants. Il est indéniable... qu'elle est verte. Totalement, désespérément Verte. un vert profond qui fait ressortir les motifs  celtiques blancs qui sinuent le long de celle  ci. Qui, elle le devine, feront ressentir les teintes intenses de ses iris.
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Neil Flaherty
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ven 22 Fév - 15:51

Elle lui plaisait, aussi indéniablement que le soleil faisait le jour et que l'air se rendait indispensable à la vie.  Elle n’était pas le genre de femme qu’il avait cru rencontrer. Là où il s’était imaginé trouver un visage ennemi, il se surpris à être envoûté par sa beauté sans artifice et l'aura tendre qu'elle dégageait en le regardant, en le défiant de petites taquineries d'une voix sans méchanceté. Ces deux elements étaient une bouffée d'air pur dans ce monde de violence qui était son lot quotidien depuis aussi loin qu'il pouvait s'en souvenir. Souvenirs aux cicatrices béantes par faute de ceux qui se trouvaient ici, ceux qui se vendaient à l’IRA , tous sauf elle, cicatrices qui se trouvaient anesthésiées par sa simple présence, par sa taquinerie, par Elle. Il ne comprenait pas, ça ne devait pas se passer comme ca, au contraire même, très loin de cette minaude dont il se faisait acteur sincère. Il avait envie de badiner, pas par devoir, ou parce qu’il avait décidé qu’elle serait la point d’entrée dans le vraie IRA, non mais par un désir profondément enfoui et qui tendait à remonter à la surface. Partir ? Quelle idée. Il se sentait ici en Irlande, ici dans cette salle, pour la première fois chez lui.

- Ni vœux de chasteté, ni vœux de sobriété rassurez-vous.

Elle lui faisait dire n'importe quoi, vœux de chasteté d’où sors-tu cela ? Sa main était saisi en douceur, Les lèvres rosées posées sur ses joues, il ne se ferait jamais aux traditions de ce pays bien qu'l en soit originaire. La proximité que cela déclenchait le laissait souvent aussi froid que la banquise du grand nord, mais cette fois-ci il sentit une chaleur se reprendre sur ses joues. Ce sentiment idiot de ne plus être seul et de voir en elle celle qui saurait le supporter. Un délicieux parfum sucré, rappelant la chaleur de la frangipane aux repas le fit sourire en les séparant de ses fragrances. C'était un entêtant parfum qui allait très bien avec elle.


- Je le suis encore un peu. Mais si vous m’accueillez toujours ainsi, je deviendrais rapidement un des vôtres.

Etranger, il l'était encore plus qu'elle ne pouvait imaginer. Il avait beau etre d'une mère Irlandaise, il avait fait ces 15 dernières années en Grande Bretagne aspirant au jour où son coeur trouverait le repos dans la disparition de l'IRA. Mais de cela il n'avait aucune pensée quand elle lui prit le bras pour l’entraîner vers l'entrée sous le regard de Catham qui se marrait bien à voir sa sœur faire obéir Neil Flaherty, lieutenant au caractère irascible et hautain comme seul un Irlandais pouvait l’être. Il était une poupée irlandaise entraîné volontairement entre ses bras. Il sentait cependant le coup foireux arriver et en eut confirmation à l'arrivée devant ce plateau qui ne lui plaisait pas. Le discours de Siobhan encore moins en jetant un œil à certains hommes dans des costumes typiques d'une ancienne Irlande aux légendes trop nombreuses pour en être connue en une seule vie. Avec toute la modestie qui allait à Flaherty il se pencha simplement vers elle, soutenant son regard qui se révélait être plus moqueur encore  

- Je suis une légende celte à moi tout seul, aucun besoin d'artifice.

Le ton était volontairement et désespéramment amusé. Celui qui était là pour faire tomber ce réseau, badinait comme un adolescent rencontrant l'inaccessible, l'interdit, l'impromptu. Cependant elle ne semblait pas céder un pouce sur ce terrain traditionnel, il lui fallait se faire une raison et se laisser aller au déguisement. A son soulagement,  elle n'avait pas choisi le pire de tous. Vert certes, mais d'un vert pas aussi éclatant que certains ressemblant à St Patrick en personne. Il retira sa cravate et remonta son col de chemise

- Je vous laisse le soin j'ai horreur de faire les nœuds de cravates.


Si elle voulait le voir avec cette chose verte, c'était à ce prix. Les ballades irlandaises languissantes revenaient en lui, combien avait-il pu dire que tout cela n'était que fanfaronnade et rire de sa mère qui n’avait jamais perdu l’espoir de voir arriver son héros. Et voici les mots qui s’accroches en lui,   Approches-toi de moi Sylvide rousse, jolie nymphe irlandaise... Fais-moi défaillir, sois celle qui creusera ma tombe car dorénavant sans toi je ne sais plus vivre. Ainsi les amours Irlandaises avaient deux fins, soit le bonheur, soit la mort. Rien de plus. Il releva le menton laissant la rousse s’occuper de ce nœud

- Catham m'a dit que vous étudiiez à Dublin. quelles matières exa..?


Son téléphone vibra dans la poche de sa veste, il s'excusa d'un sourire et s'en saisit passant ses bras entre cravate et bras féminin, essayant de ne pas s’emmêler

- Flaherty. Silence en écoutant malgré la musique dont le tempo semblait retrouver une vigueur nouvelle après une autre tournée de bières. - Hum.. mmhmhh d'accord, un instant.

Il se pencha vers la rousse qui venait de finir de lui faire le nœud.

- Réservez moi une danse ou vous serez responsable de mon trépas.

Un dernier sourire se dégageant de ce cocon , il redevient plus séreux en s'approchant de Cat et lui tendant le téléphone, tous deux sortant de la salle pour aller discuter affaire en extérieur. Neil le laissait mener sa barque et vu ce qu'il comprenait de la conversation, Mr Hills aurait du souci à se faire quand ils le croisaient à nouveau . Assis sur les rebords d'un bac à fleur, neil fumait tranquillement le laissant finir d'hurler avant qu'il ne lui rende son téléphone. Heureusement celui ci n'avait pas finit éclaté sur le trottoir comme cela avait été le cas quelques semaines plus tot.

- On en parle demain sinon je le fais tuer dès ce soir ce bat .. fils de .. heureusement que ma mère m'a apprit à ne traiter les femmes de.. CE.. il n'a pas ce qu'il faut pour demain, son marchand a eu quelques problèmes judiciaires. Je te jure si je vois un flic débouler, il crève.
- Tuer les flics n'arrangera rien, je m'en occupe demain si tu veux
- Ouais Le visage fermé de Cathma laissa place à celle du frère taquin qui voulait caser sa soeur. Alors, tu la trouves comment ma soeur? Et ne dit pas qu'elle ne t’intéresse pas, tu as encore de la bave aux lèvres. Je te préviens tu lui fais mal je te bute moi même;
- Tu n'en auras pas l'occasion.
- Alors vient vieux frère ! ALLONS FAIRE LA FÊTE

Catham l'appelait de la sorte pour la première fois depuis leur rencontre quelques mois plus tot. Cela aurait du le faire frissonner d’être le "vieux frère" d'un Iralandais impliqué dans un trafic mortel, mais en revenant dans la salle se tenant l'un l'autre, ce n'etait absolument pas le cas. Non il avait aimé ce surnom. C'était amusant, flatteur. Il aurait pu savoir à cet instant précis que Catham lui faisait vraiment confiance, mais il ne pensait pas à ca, pas pour l'instant, ce soir c’était la fête, et il allait en profiter. L'ambiance se réchauffait encore plus dans la salle quand ils y entrèrent à nouveau. La fameuse danse irlandaise qui ne permettait à aucun invité de rester assis sous peine de se faire sortir de la salle manu militari.
D'un coté les hommes en rang se tenant bras dessus dessous , un gobelet de Guinness dans les mains.
De l'autre les femmes.
Dans de joyeuses bousculades hommes et femmes se reprochent et s'éloignent. Les hommes buvant leur gobelet avant de reprendre un autre en s'approchant à nouveau, les vagues des corps allant et venant à la rencontre l'un de l'autre sous la musique et l'alcool qui coulait à flot.  Il ne fallait pas se demander pourquoi certains étaient déjà de couleurs cramoisies et d’autres qui somnolaient sur leurs chaises avant de retrouver gout à la musique et revenir danser comme ils le pouvaient.


Neil n’était pas exactement devant Siobhan, alors durant le recul de sa ligne il changea de place avec son voisin pour se retrouver face à face avec elle en riant. Quand la ligne des hommes retrouva celle des femmes, chacun libéra son voisin pour saisir la femme devant eux . Et tournant en rythme, sautillant en tenant par la taille le ou la partenaire pour les relâcher et revenir en ligne, repartant boire, et revenir. Il se laissait transporter par la musique par ce parfum, par l’ambiance à la joie débordante, riant quand il manquait un pas, manquant de tomber ayant peu l’habitude des cavalcades irlandaises, pour revenir dans ce giron protecteur qu’elle lui offrait, s'éloignant ensuite, et revenant à elle.

Enfin la musique s’arrête sur une dernière note de violon plus longue
.

Allez les irlandais tous à table régalez vous ! le cri du marié fut suivi d’applaudissements. Tout le monde allant rejoindre sa place

Neil relâcha la rousse doucement, à regret, laissant glisser sa main le long de sa taille en se mordant la lèvre . Elle etait pire qu'un aimant . Impossible de s'en détacher sans en éprouver peines et rancœurs. Il le fallait pourtant en s’éloignant , il chercha sa place qui se trouvait bien plus loin que la table des mariés, représentant une distance qui se creusait encore entre famille et travail. Un regard vers Siobahn haussant les épaules d’un air désolé lui montrant là où il était, près d'une autre rousse qui lui jetait une œillade criante. Loin de Siobhan; il pourrait au moins se reprendre et arrêter de déconner. Loin d’elle il lui manquait pourtant quelque chose.
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ven 22 Fév - 18:20

Si les hommes que pouvait lui présenter Catham étaient tous aussi charmant que celui-là, elle n'aurait sans doute pas fait de resistance aussi longtemps pour accepter des blinds dates avec les choix de son frère. Mais il faut bien avouer que c'est la première fois qu'un sourire ou un regard provoquent un éveil immédiat d'arc en ciel et l'envolée subite de milliers de colibri au creux de son ventre. Non qu'il ait besoin de savoir. Et encore moins son frère. Si jamais il apprend à quel point le courant passe entre eux, il n'est pas prêt d’arrêter d'en rajouter!  Les paroles qu'il lui adresse provoquent un flamboiement amusé dans ses prunelles. Pourtant, Siobhan ne relève pas. Non, ho non.  Pas encore.

Elle aime la douceur de sa joue sous ses lèvres. Le contact est bien trop bref  à son gout. Cependant la Sylphide n'est pas du genre à laisser voguer sa bouche sur le premier homme venu, même si celui-ci est particulièrement séduisant.  Pendant quelques secondes, elle se permet de savourer la chaleur qui émane de son corps.  Secondes. Pas d'avantage. Déjà elle se recule et déjà elle le guide à travers la salle jusqu'à une petite table un tout petit en déça du centre de la salle. Avec une assurance ravageuse,  à l'extreme limite de l'arrogance, ses prunelles dansent contre les siennes. Siobhan eclate de rire à son affirmation.

-Faites attention, Neil, -Une syllabe. Qu'elle goute, qu'elle s'approprie. - je pourrais vous prendre au mot. Et vous obliger à  me raconter ce mythe dans tous les moindres.... détails.

Elle lui rend coups pour coups dans ce ballet qui déjà séduit et apprivoise. Qui ne créer ni blessures ni acidité. La cravate dans les mains, elle attend. Peu de temps à vrai dire. Il lui rend la sienne qui vient prendre place à cotés de ses soeurs abandonnées. Il pourra la récupérer si il le souhaite. Plus tard. Beaucoup plus tard. Elle passe la fine bande de tissu verte  autour de son cou, il y a des limites à ne pas succomber à la tentation et ses pouces s'attardent longuement sur sa peau si fine de sa nuque. Jusqu'à sentir que son épiderme réagit à son contact. Siobhan sait la manœuvre déloyale et son sourire quand il croise son regard, est d'un angélisme innocent. Après tout, il lui a demandé de faire son nœud de cravate... Elle commence à le nouer, sans cesser de badiner. Un murmure à son oreille-De votre absence de vœux, une seule  m’intéresse. Je vous laisse décider laquelle . -Finalement, elle se décide à ne pas suspendre d'avantage le mouvement. Nouant sa cravate avec bien plus de dextérité que ce que ces quelques instants laissaient présager. La jeune femme allait lui répondre quand son téléphone les interrompt et qu'il répond.  Une ombre de grimace. Elle n'a que trop l'habitude de ces coups de fils impromptus et dérangeants. Pourtant, il n'y a dans son ton qu'une espièglerie de plus -J'espère qu'il vous arrive de le laisser en vibreur. Il parait que pour avoir une vie privée, c'est mieux!

Il y a une certaine confusion de mouvements, de corps quand il entreprend de se dégager de l'étrange position dans laquelle ils se trouvaient. Le bras tenant le téléphone s'écarte d'un coté, elle lève les siens, sans pouvoir se décaler vraiment, le dos à la table, il se baisse pour se dégager sans la brûler avec sa cigarette se consumant lentement, à moitié oubliée. Une demande, juste avant qu'il ne disparaisse pour traiter whatever affaire urgente. Siobhan le regarde de bas en haut. Et s'assoit à demi sur la table, de manière à ce qu'il puisse enfin avoir la place de passer convenablement.  -Peut être... Cela dépendra du temps que vous prendra votre coup de telephone. Néanmoins, je n'aimerai guère être responsable de votre perte!

Elle rejoint un groupe de jeune femmes qui discutent à tout va, accueillant avec un un amusement certain les commentaires comme seul ce sexe peut en faire. Il est évident que la manière dont elle s'est approprié Neil n'est pas passée inaperçue auprès de celles qu'elle connait depuis de bien trop longues années pour pouvoir faire illusion. Et quelque part... qu'il soit considéré comme sa chasse gardé n'est pas pour lui déplaire. Elles finissent leurs verres, écrasent leurs cigarettes avant de rejoindre l'une de ces farandoles aux des violons traditionnels. Les rythmes entrainants ne sont que le début! Si les pas donnent l'impression d'être un joyeux bordel il n'en est rien . Chaque croisé des chevilles, chaque claquement des talons est en parfait miroir avec l'homme en face et les femmes à cotés d'elle. Siobhan a placé les mains sur ses hanches et se laisse emporter avec bonheur par la musique. Elle adore ces ambiances si propre à son peuple, à ce gout de la fête et à ces danses extravagances. Elle ne  loupe aucun pas, pas d'avantage quand le tempo s’accélère et que la danse devient une chaos de corps qui se mêlent, se joignent, se séparent.  Son chignon ne tient pas la distance par contre et les mèches s'envolent dans un fouillis roux. Elle a repéré le manège de Neil, et s'avoue sans problème que si il n'avait pas changé de place, elle l'aurait fait. Sa taille est ancrage sur pour l'étoile montante de l'Armée, quand bien même elle tourbillonne follement entre ses bras.  Elle sent son souffle revenir à la normale, malgré un eclat de rire irrepressible. De ces instants de joies trop purs pour etre exprimés autrement.

La main sur ses hanches se délie et une nouvelle moue danse à son visage. Elle comprend rapidement le langage non verbal de Neil. Cela ne lui convient pas. Surtout en voyant le regard que lance Deirdre quand elle voit son voisin se diriger vers elle. Non mais non. Elle se dirige vers la table des mariés, repérant sans mal sa place et celui qui est censé lui tenir compagnie pendant le repas. Arg. Le cousin célibataire à elle ne sait combien de degré de Finnian. Elle n'a rien contre Bradaigh en soit, mais il est incroyablement... ennuyeux. Elle sait qu'il a un faible pour elle depuis des années. Et cela fait des années qu'elle le repousse. Nul doute qu'il a fait pression sur Eireen pour qu'elle les place à coté. Oui... mais non. Elle prend le carton qui porte son nom et se dirige droit sur Neil. Sans la moindre hésitation, elle pose celui de Bradaigh à sa place et attrape celui de l'arrogant Irlandais. Qu'elle attire à elle en prenant  sa main dans la sienne. Le regard d'un venin pur de Deirdre, elle y répond par un haussement d'épaule d'une insolence absolue. Elle se  moque d'elle en toute impunité et elle n'accorde visiblement aucun poids à l'autre femme.

-Il y avait une erreur dans le placement, je l'ai corrigé. Vous êtes à cotés de moi.


Si il avait envie de protester c'est un peu tard. Et lorsque les mariés trouvent leurs tables, Eireen lance un long regard amusé à Siobhan, ayant une idée précise de ce que la jeune femme a manigancé. Sans s'en offusquer pour autant. En ce qui la concerne, que ce soit Deirdre qui s'occupe de Bradaigh lui est complement égal.  Le traditionnel toast des mariés est donné, suivit de celui du père de la mariée. Mais aussi, et c'est sans doute une preuve de plus de la manière dont ils sont tous liés par bien plus que de l'amitié, par Baile O'Donaigh. Le numéro deux de l'Ira est placé à trois chaises de distance de Neil, à la droite du marié, place d'honneur si il en est. Une fois le discours terminé, il n'est pas rare que la jeune femme et lui, au court du repas, échangent mots d'esprits et taquinerie. Il est évident qu'ils se connaissent bien. De cette complicité qui peut se créer avec un oncle de cœur bien plus agé. Son oncle paternel est décédé lors du bloody Sunday et Baile a souvent été présent chez eux. Mentor de Catham.  Juste avant le dessert, dans ces minutes de relâchement, il se tourne vers lui.

-Neil, je vois que vous avez attiré l'attention de la plus précieuse d'entre toutes? -Si il le connait évidement de  vue pour être en train de devenir le plus proche lieutenant de Catham, ce doit être la première fois qu'il s'adresse à lui pour autre chose que des instructions précises .
-Baile, s'il te plait! -Il y a un soupire amusé. Ce n'est visiblement pas la première fois qu'il a ce comportement.
- mo neacht * ma nièce*, je ne fais que poser une simple question.  Mais si tu continues à rougir comme ca....
-Neil, ne l'écoutez pas, c'est un vieux monsieur qui radote! -Il n'y a qu'elle. Il n'y qu'elle qui puisse sortir de telles paroles à cet homme là. Le regard vert profond de celui -ci accroche celui de sa recrue et se pose sur lui. Longuement. Le jugeant impitoyablement.
-Pas encore assez vieux pour ne plus être capable de veiller à tes intérêts, Siobhan.
-Entre Catham et  toi, si il n'a pas compris...
-Elle secoue la tête, sachant qu'elle ne parviendra jamais à le faire changer d'avis. - Vous voilà prévenu, vous feriez mieux de fuir, vous auriez moins d'ennui.
il doit avoir passé le jugement de Baile car son regard de faucon le relâche un peu. Juste un peu.
-Allons, Allons, pardonne un peu à ton oncle ses manies.  Je suis certain que Neil te fera passer une excellente soirée.

Cela commence à faire beaucoup pour Siobhan. Elle se lève et prend son paquet de cigarette et son briquet,  verre de vin dans la seconde main, laissant le reste de ses affaires à table. Il faudrait être inconscient pour voler quoique ce soit ce soir. Elle se tourne vers Neil, un sourire désolée aux lèvres.
-Je vais fumer une cigarette, vous m'accompagnez? Il faut un peu chaud dedans.
Au passage, elle dépose une bise légère sur la joue de Baile
- Ar ndóigh, is maith liom tú  *bien sur que je te pardonne.

Néamoins, retrouver un peu de calme à l'extérieur n'est pas de trop et c'est avec un certain plaisir qu'elle entend les pas de Neil derrière elle. La jeune femme choisit de s'éloigner d'avantage, sortant des patchs de lumières qui illuminent le jardin pour gagner les frondaisons des arbres, là où les ombres se fondent et prennent un peu plus de place. Un banc de marbre est situé sous les branches d'un de ces arbres qui ont vu passé des générations d'hommes, dont les branches ploient et s'évasent sous le poids des années mais se montrent bien plus resistances à tous les caprices de la natures qu'il ne parait possible. Siobhan reste debout mais pose son verre sur la pierre. Rougeoient de sa cigarette alors qu'elle allume sa cigarette, bref éclat lumineux sur son visage avant que l'obscurité ne règne à nouveau.

-Pourquoi avez vous choisi de rejoindre l'Ira, Neil? -La voix est douce, si douce. Mais elle a besoin d'une réponse. Siobhan refuse de se laisser entraîner par l'attirance immédiate et sensuelle qu'elle ressent pour lui sans en connaitre d'avantage sur l’homme qui se tient devant elle. Et surtout, sur son caractère. Si il se revele être un de ceux que le sang attire comme des chacals, c'est la dernière minutes qu'ils passent ensemble.
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Neil Flaherty
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Mer 27 Fév - 21:18

Le murmure sur le vœux qui l’intéresse le fait sourire. Elle joue avec Lui, se joue de lui, s'approche et s’éloigne avec une fausse candeur qu'on lui pardonne aisément. Il est amusé, charmé , le plaisir qu'il prend à badiner n'est pas feint. Son murmure trouve un reflet dans la voix de Neil qui se meurt sur la peau rousse encore assez proche de lui -Je vous laisse le soin de choisir, mais que votre choix soit judicieux Ils savent tous les deux vers quelles tentations ils glissent. Il l'effleure à peine des lèvres, mais le frisson naît au plus profond de son corps. Il est envoûté indubitablement . A son tour quand ses doigts le frôlent pour lui mettre sa cravate, il sent le délicat frôlement sur sa peau, et ne peut s’empêcher de la dévorer du regard alors que sa peau frissonne en chair de poule à mesure qu'elle explore son cou du bout des doigts.  Il veut garder le contrôle, sa fierté, son regarde hautain mais rien n'y fait, elle a obtenu de lui un contrôle total en quelques minutes. Heureusement le téléphone et la reprise des affaires l'aident un peu à retourner dans ce rôle de lieutenant armé. Il s'éloigne d'un sourire sans répondre à sa phrase. Il lui aurait bien demandé ce qu'est une vie privée, mais surement aura t-il l'occasion de développer ce sujet .. un jour, plus tard.  

Retour à la salle après l'appel. La danse est déjà oubliée, le sentiment de bonheur également, le rire n'en parlons pas , au moins à quelques tables, loin d'elle. L’éloignement ne semblait au gout d'aucun des deux. D'un regard attristé d'un Neil à celui volontaire d'une rousse, un pas est franchis, rien ni personne ne pourra les séparer ce soir. Il sent un regard sur le coté le dévorant mais il ne détourne pas ses yeux de Siobahn se demandant ce qu'elle va trouver pour la suite. Et il n'est pas déçu. Il la voit prendre un petit carton décoré venant vers lui pour l’échanger au sien. Maline rousse que voici. Sa main est liée à la sienne, elle semble si menue par rapport à lui,  mais leurs doigts se lient comme s'ils avaient été forgés l'un pour l'autre. Il ne pouvait se repartir de son sourire entraîné par elle comme depuis le début de la soirée.


- Je me disais bien qu'il y avait une erreur, heureusement réparée, j'ai crains de ne pouvoir supporter les yeux doux de cette femme très longtemps.

Il parlait bien de celle qui avait lancé un regard assassin au couple qui s’éloignait. Il était ravi que Siobhan ait prise cette décision d'inverser les noms, femme de caractère putain d'irlandaise ! il adorait ça en fait. Assis non loin des mariés, les regards se posaient sur eux deux cote à cote. Neil était connu pour son caractère peu sympathique et beaucoup devaient se demander ce qu'un homme comme lui faisait à coté de la fraîcheur de L’Irlande représentée par une Siobhan toute en beauté et en sourire. Petite perle de douceur dans ce monde de morts et de trahison. Il saisit certains regards entre diverses personnes, la mariée et Sio, le cousin flanqué au loin dans la salle regard que Neil soutient sans faillir, le message est clair, "elle est à moi, et essaies de venir tu t'en mordras les doigts". Mais c'est finalement Baile O'Donaigh qui entame les hostilités sur sa proximité avec Siobhan. Neil le connait. Personnellement il l'a rencontré deux ou trois fois quand Catham partait à Belfast et le prenait comme garde de ses fesses par précaution, mais professionnellement il a un dossier long comme le bras sur le n° 2 de l'IRA. Si Catham et son réseau étaient encore à cette heure sa cible, il était évident qu'il n’était qu'un pion aux mains de Baile.  

- Je crois surtout que c'est elle qui a attiré mon attention Monsieur O'Donaigh, il n'y a pas à ce demander comment elle a pu faire ce miracle.

Le"Monsieur" était quasi obligatoire, bien qu'ayant une position confortable auprès de Catham, Neil n’était pas encore assez haut dans l'organigramme de l'IRA pour oublier la particule de politesse. Cet homme le dégoûtait, il en ignorait la raison profonde. Mais ses poils s'hérissaient en sa présence, et ce n'était pas par plaisir. Le regarde fixé sur le vieil Irlandais qui le toisait d'une œillade menaçante sans en avoir l'air, Neil n’était du genre a être effrayé ou impressionné par des menaces voilées sous quelques paroles d'amitié envers Siobhan, si le message était limpide de vieux, la réponse de Neil se ferait tout autant transparente et lui rendant sur le même ton sans faillir à sa réputation d'arrogance

- Je ne fuis jamais devant l'adversité, encore moins quand j'ai à mes cotés une présence comme celle de Siobhan. Soyez .. sans crainte.

La voix avait été raffermie aux derniers mots, meme si un vague sourire avait accompagné l'affirmation, si bien une chose qu'il n'accepterait pas c'est qu'on l'emmerde et encore plus durant une fête où il était censé se détendre.. officiellement, la seule personne pouvant mettre un terme au badinage des deux était la jeune femme elle même . Celle ci se leva d'ailleurs, semblant sur la défensive après les paroles de "l'oncle" Irlandais, cela ne devait surement pas être la première fois qu'on devait tenir un tel discours devant elle, elle l'invita à la suivre ce qu'il fit sans hésiter, prenant clope et un verre d'un bon whisky. Il l'accompagna dehors, sans un mot, la laissant les guider vers le lieu qu'elle désirait. Quelques minutes d'un cheminement rendant à leur périple dans les jardins, plus de calme, la musique se faisant plus discrète là où ils se trouvaient, la luminosité elle même se tamisant à mesure qu'ils s’enfonçaient dans sous les arbres.

Le lieu était silencieux et paisible autant que la salle des fêtes avait été bruyante et dynamique. Un arbre en particulier les attira tous deux, un petit banc était devant permettant à ceux qui voulaient de goûter ce calme plus longuement. Neil préféra s'adosser à l'arbre meme allumant à son tour une cigarette, regardant l'ombre projetée par le briquet de la rousse.  La question le ramena à une réalité moins plaisante. C'était donc cela qu'elle voulait savoir de lui ? la première chose, la toute première chose concernait l'IRA. De quoi refréner quelques ardeurs qui auraient pu le prendre. Redevenu le Neil à semi flic, à semi trafiquant aussi durement qu'il avait été emporté par ces élans de bonheur dans la salle.


- C'est donc vous qu'on envoi pour m'interroger à nouveau ?
C'était un reproche clair. Loin de comprendre qu'elle voulait simplement le connaitre ou du moins ses attentions, il se sentait acculé. Il prenait dorénavant bel et bien cette soirée et ce rendez vous pour un plan élaboré dans le but de le questionner encore. Lassitude face à cette situation, plus il grimpait, plus on le serrait de près. Bientot il ne pourrait plus agir comme il le voulait . Mais le pire surement était de comprendre que Siobhan avait joué .. comment oses tu la juger Flicard, tu voulais bien te jouer d'elle aussi. La souris a mangé le chat tu es pris au piège, reprends toi. Il lui fallait cependant enchaîner et ne rien laisser paraître sur cette petite deception qu'il ressentait là, juste au creux de l'estomac, ce nœud qu'il avait oublié quelques minutes en dansant avec elle, il aura au moins eu cet instant de plaisir et de bonheur. Il tira sur sa cigarette affirmant sans hésitation car tel était son role.

- Je n'ai pas rejoins l'IRA
Il vida son verre laissant juste un fond pour la couleur - C'est l'IRA qui m'a rejoins. . Sans un mot de trop pour ne pas se trahir. Si elle avait été envoyée par son frère pour le juger et le jauger, il ne fallait pas se départir de son discours qu'il servait depuis quelques semaines maintenant. Jamais il n'affirmait faire partie de l'IRA gardant sa "liberté" de trafiquants comme si elle était sa priorité. - Je revends des armes à l'origine, de New York à Moscou, peu importe qui me paie. De fil en aiguille je me suis trouver à travailler pour Catham, l'IRA paie bien et Catham m'a offert une possibilité d’évolution parmi vous, je ne refuse jamais quand ca peut me rapporter de l'argent.  Je ne suis pas un de ces dingues de la gâchette nationaliste mais un pragmatique. Etant Irlandais, je suis un peu plus .. proche des affaires concernant l'IRA , un petit bout de landes dans ce monde d'acier et de poudre.  Et vous Siobhan, que faites vous avec l'IRA, votre profil d’étudiante est atypique même pour eux. . La question n'avait cessé de lui brûler les lèvres depuis qu'il l'avait aperçu dans la salle. Non. Elle ne collait vraiment pas avec ces fondamentalistes irlandais. Elle ne pouvait pas , elle était trop fraîche, trop douce, trop amusante pour être de des monstres qui posaient des bombes sur les marchés. S’était-il trompé à ce point ? ce n’était pas possible, elle était un livre ouvert à son regard qui d'ailleurs ne la quittait pas admirant chaque geste qu'elle faisait, le tombée de ses cheveux défaits après leur farandole, la respiration tranquille qui s'évadait d'elle. Non elle ne pouvait pas avoir de sang sur les mains ce serait trop injuste. Le regard de Neil quitta ce phare flamboyant  la tête levée vers le ciel, il laissa le poids de son corps peser sur l'arbre finissant le liquide ambré.

- Vous me plaisez. Cette phrase sortait de nul part, ou plus exactement, elle n'aurai pas du sortir, pas maintenant alors qu'elle l’interrogeais, pas de but en blanc alors qu'il devait etre prudent. Avant à la fete oui elle aurait pu etre de circonstance dans cette ambiance de folie, mais pas là. Trop tard. Il avait parlé. Choisis bien tes prochains mots pour ne pas etre ridicule. Son regard est posé à nouveau sur elle, se durcit un peu, le menton redressé altier- J'ai toujours l’habitude de dire ce que je pense. Si mes manières vous choquent, j'en suis -presque- désolé.
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Jeu 28 Fév - 15:00

Cela fait des années que Siobhan n'a pas eu envie de séduire un homme autant qu'elle a envie de le séduire, lui. Il est tout ce qu'elle repousse ordinairement, pourtant. Son arrogance en filigrane est trop dansante dans ses prunelles pour être totalement jouée. La jeune femme a entendu les rumeurs qui courent sur lui et les commentaires récents de ses amies si pipelettes quand elles ont remarquées son intéret. Colérique, peu avenant, rarement deux fois avec la même femme. Bien trop proche de Catham à son gout. Elle n'a vraiment pas besoin que les deux hommes discutent de leurs prouesses de la veille le lendemain! Et Siobhan a beau adorer son frère, son comportement avec ses différentes copines est plus que discutable. Elle sait très bien qu'il les trompe sans le moindre remord avec le premier minois qui passe. Si jamais elle suit son impulsion et cède à la tentation que Neil représente, et que Catham l'entraine dans ses virées débridées, elle va vite, très vite, TRES TRES VITE ne pas le supporter.  

Toutes ces raisons, parfaitement logiques, ne sont d'aucun secours face à l'alchimie qu'elle ressent à ses cotés. Il y a plus qu'une attirance physique, bien qu'elle soit présente. Elle a envie de l'entendre rire, de découvrir l'éclat de ses prunelles sous une taquinerie ou une malice un peu plus acérée. Elle veux s'immerger dans le tressaillement délicieux qu'elle a ressentit au contact éphémère de ses lèvres sur sa peau. L'irlandaise retrouve les émois troubles des  premiers amours, avec une bonne dose de timidité en moins. C'est sans doute pour cela que la perspective de le laisser diner entre les griffes de Deirdre l'herisse.  Elle n'a pas hésiter à lier sa main à la sienne et la manière dont il répond, dont sa paume enlace la sienne lui hote tout doute sur son impulsion.

-Comment? Vous ne sauriez pas vous défaire d'attentions impertinente? Votre vie doit être un enfer.
Ne peut elle s’empêcher de lui répondre, la douceur de son regard porté un instant dans le sien atténue le coupant de sa langue. -Croyez moi, elle vous aurait sans doute fait passer une soirée animée. -Deirdre n'est pas réputée pour son caractère farouche, pas d'avantage que pour la subtilité de ses approches. - Vous êtes sur que vous ne voulez pas que je vous raccompagne à elle?

Jamais de la vie.  Siobhan est complement imperméable à la surprise que la tablée peut éprouver à la voir revenir en compagnie de Neil. Elle a envie de suivre le murmure languissant qui ne la quitte plus depuis qu'elle a posé les yeux sur lui. Le sourire de Catham est bien trop large à son gout et elle lui adresse un regard muet d'avertissement. Connaissant sa soeur, il se détourne, ayant bien du mal à dissimuler son hilarité. Le début du repas se passe en douceur et elle commence à se détendre. Bien mal lui en pris.  Elle aurait du prévoir l'attitude un peu trop protectrice de Baile à son égard. Elle n'a plus quinze ans. Cependant, l'Irlandaise ne se fait pas d'illusion. Il ne s'agit pas que de cela. Il teste le caractère, le répondant de sa recrue. Regarde un peu comment il se positionne lorsqu'il est confronté directement.

Parfois, souvent, elle est lasse que sa vie soit si intimement liée à celle de l'Organisation terroriste. C'est un des rares points sur lesquels ils divergent réellement avec son aîné. Il adore cette vie là. L'adrenaline, le fric facile et les filles tout autant, il s'immerge dans cette cause perdue d'une Irlande du Nord catholique et souveraine, ne se révélant parfaitement entier que lorsqu'il est entouré des autres soldats. Elle ne partage pas ces vues. Ces idéaux. C'est sans doute la raison principale pour laquelle elle n'a pas resisté à ses parents quand ils l'ont éloignés à Dublin. La manière dont Catham plongeait de plus en plus  lui devenait de plus en plus irritante. Elle n'est ni totalement naive ni totalement hypocrite. Une partie de l'argent qui se trouve sur son compte, la nymphe ne l'a pas gagné elle même.  Son appartement, elle s'en appercue il y a peu, là où elle pensait le louer légitimement, a été racheté presque immédiatement après, immeuble compris, par l'Armée. Blanchiment d'argent classique qu'elle ne dénonce pas plus que ca. Elle écoute la passe d'arme entre Baile et Neil. Elle n'en est que le prétexte. Sous des gants de velours et des paroles feutrées, ils se testent. Et la jeune femme finit par agacer d'en être le prétexte. Rapidement, elle prend congé des deux hommes. Invitant le jeune homme à le rejoindre si il le souhaite.

Elle retrouve un peu de son sourire alors qu'il se rapproche d'elle.  Siobhan a besoin d'un peu de calme. D'apprendre à le connaitre sans avoir un nombre incalculable d'yeux sur eux. Elle inspire une profonde boufée de cet air aux fragrances fleuries encore perceptibles de la journée. Il ne fait pas froid et au contraire, la légère brise a une douceur tendre sur sa peau. Cette semi pénombre est propice à quelques instants qui n'appartiendrait qu' à eux, loin de tout theatre social. Neil se déplace avec la souplesse d'un félin, ses pas presque silencieux dans le sous bois alors qu'il s'attarde sous les branches, le tronc pour support. Elle aime la ligne déliée de son corps, ce qui pourrait presque être de la tendresse quand il l'observe. Avant qu'elle n'ouvre la bouche. Soudainement elle a l'impression qu'il vient de claquemurer fenêtres et volets. L'éclat particulier de ses prunelles s'est durcie. Sans même l'avoir désiré, la jeune femme vient de changer la note de l'instant, de trancher dans le badinage taquin qu'ils partageaient jusque là.

Et sa réponse.... L'agace. Tout autant que la réprobation et la critique qu'il lui adresse par ces simples mots. Il vient de s'aventurer sur une plaque de glace très fine qui n'est pas certaine de supporter le poids de ses pas.  Siobhan pourrait lui répondre immédiatement mais décide de le laisser s'exprimer. Elle n'aime pas la nature nouvelle du nœud qui vient de se former dans son ventre. Avec une pointe de surprise à son propre égard, elle réalise qu'il vient de la blesser en la prenant pour le prolongement de l'Ira.  Elle n'est pas certaine d'avoir pu le dissimuler totalement de son regard tant elle n'y était pas préparée. A quel moment a t'elle déjà abaissé sa méfiance pour lui permettre de l'atteindre aussi facilement? C'est presque effrayant.  En silence, elle fume sa cigarette, l'écoutant sans le couper.  Quelques secondes, elle se déplace pour venir empaumer son verre de vin dont elle boit une gorgée.

Un pragmatique. Un dealer. Un marchand. Attiré par les sommes colossales qui transitent par l'Ira, avec une pointe, peut être de patriotisme.  Pas un fanatique, mais les pieds sur terre. Elle lui adresse un sourire en lame de couteau lorsqu'il lui retourne sa question.  Un pas en avant, se rapprochant de lui, juste assez pour ne pas avoir besoin de parler plus haut qu'un léger murmure.  Elle écrase sa cigarette de la pointe de sa chaussure, non sans en rallumer une seconde illico. Preuve parfaite de sa nervosité sous le vernis de calme.

-Personne ne m'envoie. Tous les hommes qui me tournent autour depuis que j'ai quinze ans sont autant excités par moi que par leur flingue ou par les futures prouesses qu'ils vont déposer à mes pieds en trophées en espérant que cela me fasse chavirer  entre leurs bras. A dix sept ans, c'est très romantique, à vingt-cinq ans,  c'est incroyablement creux et lassant. Je n'ai plus envie de perdre mon temps avec ce genre de mec là.

Dont il ne fait pas partie. A priori. Est ce qu'il peut entendre la zébrure et le craquement de l'eau glacée qui se fissure de plus en plus sous sa position? Du bout des doigts elle fait tourner son vin dans le verre à pied. Elle aime plus que de raison son franc parler et son arrogance.... son arrogance est terriblement bien étayée.

-Vous me plaisez aussi. -Il serait absolument idiot de le nier. Elle le ressent depuis l'instant où Catham l'a présenté à son nouveau lieutenant. Et cette fois, il y a le retour d'une petite bulle d'amusement dans son ton. Cependant, elle lève la main. L’empêchant d’enchaîner sur ce point précis.

-Mais vous m'avez demandez ce que je faisais pour l'Ira. La réponse la plus rapide est Rien. Mais vous ne me croiriez sans doute pas.
-La couche de gel vient définitivement de se rompre, onde polaire qui se précipite pour le noyer. Une petite moue à ses lèvres. Comment expliquer sa position à un homme étranger aux liens étroits qui se forment entre tous. - Je suis.... well... I'am a Legacy. Vous voyez ces pouliches de prix qui sont sélectionnées, choisies pour leurs qualités génétiques et montées  par des étalons tout aussi trié sur le volet, dans le but d'avoir des poulains parfaits? -La comparaison est d'une brutalité absolue. Mais elle fréquente ce monde depuis trop longtemps pour avoir la moindre illusion sur sa place.  - C'est un peu mon cas. En moins vulgaire, nous sommes civilisés, parait il... Ma famille a joint le combat de l'Ira depuis sa création je crois. Mon grand père, mon père, mon oncle, mon frère ont tous rejoint les rangs, je pense que vous voyez le tableau.  Je suis censée, le moment venu, blablabla , transmettre à mes propres enfants, la flamme patriotique, blabla. Baile a pendant un temps caressé l'idée que je serais la future épouse de son fils, Kenan. Nous sommes sortis quelques mois ensemble, avant que je ne parte faire mes études à Dublin. Il s'est un tout petit peu emporté, il m'a frappé une fois, je lui ai brisé trois doigts et Catham... Non. Vous ne voulez pas savoir ce que Catham lui a fait, ce n'est pas une histoire pour un mariage.

Elle se tait, laissant reposer le poids de ses paroles entre eux. C'est rare qu'elle avance aussi franchement ce qu'elle ressent. Et si Neil décide qu'elle est tout petit peu trop flippante, elle le comprendrait sans doute. - Personne ne m'envoie, parce que personne ne le peut. Le Soldat de la Famille, c'est Catham. Après, nous discutons parfois -Parfois seulement hein? Oups. mais il est un peu tot pour qu'il ait conscience à quel point elle est informée du moindre détail- de ses opérations, de ses transactions. Je l'accompagne aussi lorsqu'il a besoin d'un element temporisateur ou plus diplomatique. Je suis également à ses cotés quand il doit faire des visites plus... douloureuses. Soit à celles qui vont attendre leurs hommes des années dans un parloir, soit à celles qui n'ont plus qu'une pierre tombale pour consolation.

Un pas de plus qui la conduit pratiquement contre lui. Il est légèrement plus grand qu'elle, aussi Siobhan penche t'elle légèrement la tête en arrière. Elle a envie de clore cet instant. Elle n'a pas envie d'amertume avec lui. Son sourire se fait moins acre. Moins dur. Parce qu'elle n'a pas envie que cette incompréhension de qui ils sont implose ce qui pourrait naître entre eux. Parce qu'elle veux une chance avec lui. Même si au final, cela ne débouche sur rien. Parce qu'elle a cru voir chez lui une volonté jumelle. Peut être.

-Tu me plait, Neil. Et tu m'attires tout autant... Mais tu m'as vexé en pensant que j'étais là pour te tester ou reporter à je ne sais qui tes propos. Comment comptes tu te faire pardonner? -L'arrogance, ils se la partagent à part égale. Pourtant, le timbre de sa voix est loin de toute froideur, à l'instar du feu qui couve dans ses prunelles.
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Neil Flaherty
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Sam 9 Mar - 13:26

Tout fout le camps, tout se casse et se brise par le contact d'une fine main dans la sienne et sa voix délicatement amusée évoquant une rousse aux moeurs faciles. Volonté, boulot, haine tout est balancé à la poubelle pour renaitre en d'autres sentiments qu'il n'a plus connu en plus de 15 ans, voir à peine effleurés dans son enfance. Etre à coté de Siobhan, lui tenir la main, sourire véritablement à ses mots tout semble aussi naturel que respirer . La renaissance est violente , encore farouche, inaccessible et tellement lointaine, mais pourtant, pourtant le voici prêt à prendre ce risque étonnant, alors que la volonté de tous les briser et de les arrêter était si présente voici encore moins d'une heure. Faisant pression sur sa main il stoppe leurs marches vers la table des mariés faisant face à Siobhan gardant un air sérieux en lâchant ces quelques mots murmuré en un secret qu'ils auraient implicitement.

- Ma vie est un enfer, vous n'imaginez pas, devoir repousser bon nombres de donzelles sous peine de crouler sous elles, pauvre vie que la mienne. Si vous désirez Mademoiselle O'Sullivan je peux aller la retrouver et lui dire combien son strabisme à loucher sur moi me fait de l'effet et je suis certain qu'elle me laissera explorer en .. profondeur .. ses charmes. Osé, comme toujours, la réussite dans le culot cela avait toujours été son crédo, si ce n'est la fin de sa phrase dans un sourire non équivoque. Il ne partira pas de l'aura de la rouquine qui le tient par la main sous aucun prétexte, devrait-il y avoir un cataclysme autour d'eux, ils sont et resteront unis quoiqu'il en coûte. le début du repas en charmante compagnie et l'entrée en matière brutale de Baile sont une suite amenant à les faire s’éloigner de la salle pour se retrouver sous le couvert des arbres du parc attenant . Ils sont seuls, avec ce besoin de se découvrir, ou de ... s'interroger.  Siobhan lance maladroitement sa question, Neil la comprend de travers, voilà comment on en arrive à basculer d'un instant de grâce à celui plus frais d'un éloignement.

Elle le laisse parler, lui mentir pour la première fois sur ce qu'il est, après tout, elle veut connaitre celui qui trafique avec son frère et pas l'homme derrière alors qu'est-ce que cela peut bien faire. Il se sent mal, il n'aime pas ce mensonge qu'il distille à tous, pourquoi a t-il fallu qu'ils l'envoient elle, qu'elle aille au diable elle et ces satanés irlandais. Tous pareil dans l'omerta irlandaise. Alliés, amis,tueurs, traîtres, tous à exterminer.  Il sent et ressent bien la distance qui s'est instaurée après son "interrogatoire" court et qui se retourne contre elle mais il n'a prit aucun plaisir à conter encore cette histoire à dormir debout sur ce qu'il etait supposé etre, ni qu'elle lui pose ce genre de questions. Et encore moins qu'elle se soit amusée à jouer au joli coeur avec lui, nous ne parlerons pas ici de la distance ... Il a trop aimé cette sensation de vie, de bonheur, de légèreté avec elle dans la salle de noces pour supporter quelques minutes plus tard cela. Non il n'aurait pas du se laisser aller à vriller pour elle, c'est peut-etre mieux ainsi qu'elle ait lâché le morceau avant qu'il ne soit plus capable de se contrôler, ca les remet en place dans leurs rôles respectifs. Et voilà qu'elle se rapproche de lui. Innocemment, presque si ce n'est cette nervosité cachée derrière sa seconde cigarette. Son regard ne flanche pas s'accrochant au sien dans un défi nouveau.

Personne ne l'envoie ? Il ne peut cacher son soulagement à cette presque vérité, il a du mal à y croire, à croire que ces instants n’étaient pas feints . Il écoute encore sans mots dire et son cœur se met à battre plus vite. Il n'est pas même énervé par le fait qu'elle le prenne pour ce genre de type qui vient poser ses trophées sanglants pour se taper une partie de jambes en l'air, ca aurait pu etre vexant, mais le fait qu'elle l'ait interrogée pour en savoir plus sur lui compense amplement cette faute de discernement. Peut-etre après tout ne s'etait-il pas trompé autant que sa question lui ait fait croire, aucune mauvaise malice en elle c'était une libération étrange. Il en redevient amusé, perdant le ton hautain pour retrouver le badinage qu'il apprécie en sa compagnie, meme si son discours est direct, il perce la fin manteau glacé et s'y engouffre.


- Siobhan, je ne suis pas ce genre d'homme, Plus jeune peut-être mais aujourd'hui j'ai passé l'age de me vanter pour avoir ce que je veux encore moins auprès d'une femme. Je sais que certaines femmes adorent se sentir avec l'étalon de service qui lui ramène le trophée le plus affriolant,  pour moi ce genre de discours est juste bon pour les putes d'Ohara, pas pour vous. Mes affaires restent privées, mes exploits également. Que cela plaise ou non je m'en moque. Avec vous j'ai juste envie d'etre honnête, autant que ce mot puisse exister dans ce que nous faisons et avec ceux qui nous entourent.

Les choses étaient claires, au moins pour lui. Il parlait sans réfléchir aux conséquences, sans même penser à ce qu'il disait, son cœur déversait ces mots avec une simplicité déconcertante, le pire étant surement qu'il en pensait chaque syllabe, chaque souffle. Le regard arrogant fissure la glace entre eux, elle se rapproche, l'effleure, le charme aussi simplement que cela. Il retrouve là, la chaleur de leur rencontre sans aucun faux semblant revenant en son esprit, tout ce qu'il avait ressenti et surement encore des flots lui arrivant dessus pour le submerger. Neil putain tu déconnes !! Cesse de la regarder ou sautes là rapidement, mais putain arretes de déconner. Si elle n'est rien pour l'IRA, son frère c'est autre chose, tu n'as pas le droit d'oublier pourquoi tu es là.

Pourtant il oublie en l'écoutant tout en s'imprégiant de ce délicieux parfum sucré qui lui arrive en effluves legères par la brise tortionnaire qui ne veut pas lui laisser un instant de répit.  le discours de Siobhan est étrange pour lui qui malgré son coté Irlandais ne connait de l'IRA que la face cachée de l'iceberg et non pas toutes les nuances. Il les découvre ici, et ce n'est guère joyeux autant pour Siobhan qui n'est juste qu'un pion qu'on bouge de temps en temps, que pour ceux qui font parti de sa vie. Tous pris dans un tourbillon qui menace chaque vie si ils s'en écartent un tant soit peu, cette révélation oscille entre l'apaisement de la savoir hors ce contexte de mort, mais aussi l’énervement qu'on puisse utiliser cette femme et surement bien d'autres comme des pions vaguement utiles par concours de circonstances.  L'évocation de Kenan lui fait serrer le poing avant qu'il ne tire une dernière fois sur sa clope .


- Ce type est un faiblard, je l'ai rencontré il ne vaut rien en tant qu'homme de main et maintenant je le trouve pitoyable en tant qu'homme. S'il n'y avait pas "Papa" pour lui dire comment lasser ses chaussures, certains que le gosse ne ferait pas long feu dans le métier. Je te promets qu'il ne t'approchera plus, fils d'O'Donaigh ou pas, je m'en carre complètement. Et tu peux aller le lui dire, j'assume mes paroles. C'est aussi quelque chose que tu apprendras de moi, je dis ce que je pense et je pense ce que je dis, j'ai été elevé ainsi

- Si tu es une .. pouliche saches que l'on dit de moi que je suis un connard acariâtre, hautain, blessant et surement d'autres qualificatifs, il te suffit de demander aux autres pour savoir. Tu crois que tu prendrais le risque d'abandonner tes étalons de luxe trié sur le volet pour quelqu'un comme moi ?


C'était bien évidemment rhétorique. Neil est ainsi, alliance d'une froideur et d'une douceur dans la meme phrase, l'une est son abri, l'autre peut-etre son etre profond . Il n'avait jamais su trouver d’équilibre entre ce qu'il était, ce qu'il voulait etre et ce qu'il disait être. Seul depuis ces 16 ans, sauf un vague mariage qui n'avait pas duré, il n'avait jamais pu etre lui meme et il ne craignait pas de passer pour le roi des salops surtout ici où le petit se fait toujours pouffer par plus dangereux et ainsi de suite. Pourtant aujourd'hui dans ce lieu incongru avec cette femme interdite et dangereuse il ne craignait pas de se dévoiler et se laisser aller à s'affaiblir face à elle. Il lui plaisait, aussi étonnant que cela pouvait paraître, ils étaient tellement différent , mais les opposés ne s'attirent-ils pas ? Et tout change, aussi évidant qu'ils étaient à deux doigts de se bouffer quelques minutes plus tot, il redevienne badin, laissant libre court à l'envie irrépressible se de rapprocher, et surement d'aller plus loin que quelques mots de désirs.

- Comment je compte me faire pardonner ? L'esquisse d'un sourire aux reflets amusés, le jeu reprend entre eux - Mais c'est toi qui doit te faire pardonner ta question idiote et aussi pour m'avoir prit pour un saltimbanque aux trophées.

Sa tête doucement en arrière en le regardant est une invitation silencieuse, ils savent tout deux comment cela va finir. Ses lèvres frôlent les siennes , elle peut sentir le souffle chaud mourir sur elle sans pouvoir prendre ses lèvres pourtant si proches. Il aime faire durer l'instant, la frustrant et se frustrant pour la même occasion ca n'en serait que meilleur, ses mains se posant de chaque coté de son visage l'entourant avec une douceur qu'on ne pourrait soupçonner chez un type comme lui. Sa peau était exquise, d'un grain régulier, d'une blancheur tout irlandaise rendant à sa chevelure le feu qu'elle méritait.  Son regard profondément ancré dans le sien tandis que leurs corps n'étaient plus séparés que par quelques infimes centimètres qui s'amenuisait de secondes en secondes. Et bien que le jeu de la frustration soit agréable quelques instants, Neil éprouvait un manque réel de ne pouvoir l'embrasser , manque qu'il combla unissant leurs lèvres dans un baiser d'abord leger, perdant les dernières barrières que son ame aurait pu tenter de lui instaurer, c’était bien trop tard. Ses mains glissant le long de son cou, de ses épaules, de son corps pour l'entourer de ses bras pendant qu'emporté par le désir qui naissait entre eux , l'urgence aussi de ce baiser dont ils avaient éperdument besoin autant l'un que l'autre , promesse d'autre chose qu'une simple nuit qui allait les étreindre, pacte scellé d'un baiser au lendemain encore inconnu et pourtant vécu mille fois avec elle.  
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Mar 12 Mar - 17:38

Had I the heavens’ embroidered cloths Si je pouvais t’offrir le bleu secret du ciel,
Enwrought with golden and silver light, Brodé de lumière d’or et de reflets d’argent, 
The blue and the dim and the dark cloths   Le mystérieux secret, le secret éternel,
Of night and light and the half light,   De la vie et du jour, de la nuit et du temps,
I would spread the cloths under your feet: Avec tout mon amour je le mettrais à tes pieds.
But I, being poor, have only my dreams;   Mais moi qui suis pauvre et n’ai que mes rêves,
I have spread my dreams under your feet;  Sous tes pas je les ai déroulés.
Tread softly because you tread on my dreams. Marche doucement car tu marches sur mes rêves.


Yeats, Aedh Wishes for the Cloths of Heaven


A quelques mètres de rejoindre la table d'honneur, il l'immobilise, créant une sphère intime autour d'eux. Il lui suffit d'un rien. Juste de ses doigts qui enlacent les siens, avec un peu plus de force, un peu plus d'intensité, pour qu'elle saisisse et s'arrête, proche à le frôler. Siobhan se tourne vers lui et cette fois, ne peut retenir un éclat de rire complice devant l'outrageuse insolence de ses paroles. - Mon coeur saigne pour vous. Vous dévouer ainsi pour toutes ces femmes en manque d'un mâle. Vous devez être un ange, vraiment! Je devrais peut être vous laisser poursuivre votre vocation?

Impossible. Il n'y a rien qui pourrait la retenir de passer le reste de la soirée avec lui. Elle ressent le besoin profond, intense, brûlant, de le retenir auprès d'elle. De l'apprendre, secondes après secondes. La Sylphide ignore tout de lui, sinon cette évidence qui bouleverse la manière dont elle mène ses relations à l'ordinaire. Elle n'a jamais cru aux coups de foudres. A une attirance fulgurante et réciproque. A cette certitude d'avoir découvert la partie manquante de son coeur et de son esprit. Pour la première fois en vingt-cinq ans, elle se découvre bien proche d'y croire. Il suffirait peut être qu'ils couchent ensemble pour dissiper l'intensité qui les lie. Peut être. Pourtant, Siobhan n'a pas envie de céder si vite, non pour un désir quelconque de protéger l'idée qu'il pourrait avoir de sa vertu -Elle est suffisamment à l'aise avec son corps et sa féminité pour ne pas devoir s'imposer de limites- mais parce que ces pas de danses séducteurs la font vibrer. Elle a envie de profiter de ces instants dorés et languide où tout est encore possible.

Pourtant, l'attitude de Baile, la manière si typiquement masculine avec laquelle Neil y répond, créer un besoin de solitude. De l'extraire de la scène publique, de l'attention qu'ils attirent pour n'être plus qu'Eux. Sans théâtre ni jeux. Juste Eux. L'atmosphère plus calme, plus sombre des jardins s'impose d'elle même. Son entrée en matière est trop brutale. Elle manque de tact, elle le réalise trop tard. La rousse aimerait retenir les mots à l'instant où ils quittent ses lèvres. Qu'est ce qu'il y a chez lui qui la transforme en une adolescente maladroite? Si facilement, si aisément, ils s'égratignent l'un l'autre, bien loin des volutes frivoles, mutines de leurs précédents échanges. Mais l'Ira a une place prépondérante dans sa vie. Depuis toujours. Et Neil est immergé dans cet univers là. Ho, elle ne se fait pas d'illusions. Catham a tué son premier homme avant ses dix neuf ans. Elle en porte le poids avec lui. Toujours. Et refuse de s'aveugler sur l'homme qui se tient devant elle. Si Siobhan prend le risque de s'avancer vers lui, aussi bien physiquement que mentalement, ce ne sera pas juste pour sa belle gueule.

La jeune femme ne l'interrompt pas et il lui offre la même courtoisie, ses prunelles absinthe plantées dans les siennes. S'attendait il vraiment à une succube avide de sang et de trahison? Elle espère que non. La tension se dérobe entre eux, à ses paroles qui écartent la main de l'organisation de leurs têtes. Siobhan, malgré tout, est sa propre femme. Elle n'obéit qu'à elle même. Et parfois, écoute un peu son frère. La froideur de Neil s'étompe et se dissipe, et déjà, elle en retrouve son sourire plus léger. N'ayant pas conscience combien son humeur s'est accordée à celle de l'homme en face d'elle. Combien l'éclat amusé de ses iris et la moue arrogante de sa bouche dessinent ses propres sourires.

-Je ne vous demande rien d'autre. Mais il me semblait un peu compliqué de pouvoir le deviner d'un regard. Je ne suis pas une Cailleach
-Il peut sentir qu'un nouveau rire est tout juste retenu à l'orée de sa gorge- Vous devriez éviter de mentionner le plus gros bordel de Belfast, je pourrais croire que vous en êtes un client fidèle...

Quoique... Au final, elle s'en moque. Elle ne va pas commencer à s'interroger sur toutes les nanas qu'il a pu se taper. Elle devine que la liste est longue. Il est bien trop séduisant pour passer ses nuits en solitaire. Sans compter l'aura de solidité qui émane de lui. Il est complexe, bien plus que l'impertinence qu'il affiche si clairement. Ses doigts frémissent de l'envie de le toucher, de le sentir tressailler sous un contact trop léger pour etre satisfaisant. Et le soupire languide qui s'exude de sa bouche framboise est traître des désirs contraires qui fusionnent en elle.

Il se crispe quand elle évoque Kennan et la suite de ses paroles! Ses iris s'agrandissent à sa déclaration et le coin de ses lèvres se relèvent. Il est sérieux? Oui. Il est sérieux. Et cette fois, l'amusement n'est pas contenu. Son rire résonne entre eux, effronterie et audace qui se mêlent, inséparables, faisant écho aux cris d'un oiseau de proie qui s'envole d'une des plus hautes branches, ayant sans doute répéré un rongeur inconscient. - Neil... j'ai dit Pouliche, pas Potiche. Je n'ai certainement pas besoin que tu me protèges de lui, je suis largement capable de m'occuper de lui moi même si il s'égare à nouveau. Et de tout autre qui voudrait s'y risquer. -Une pointe de sérieux est clairement perceptible dans son ton et son regard se fait plus aiguë- Contrairement à ce que Catham a l'air penser, ce que Baile a pu laisser entendre, je ne suis pas une demoiselle en detresse. -Elle secoue légèrement la tête à ses mots, mordillant sa lèvre inférieure. - Est ce que tu vois beaucoup d'étalon de luxe autour de moi? Ils ne m’intéressent pas. Pas plus que demander aux autres leurs avis sur toi. Je préfère l'apprendre par moi même. De toi. Je ne cherche pas un protecteur. Je ne veux pas d'un protecteur. Toi. Toi par contre... c'est différent. Si tu arrives à ne pas me considérer comme une poupée de porcelaine, je pense que je serais prête à prendre beaucoup de risque, oui...

Elle n'a pas l'intention de se dévoiler aussi rapidement sur ce qu'elle recherche. Il aura bien le temps de l'apprendre et de le découvrir. Ou pas. Siobhan veux bien plus de lui qu'une étreinte rapide, tous ses instincts lui hurlent que c'est aussi le cas pour lui. Mais elle n'en aura la certitude que dans les lendemains. Il lui est impossible de détourner les yeux. Siobhan n'a qu'un seul désir, c'est de franchir le pas qui le sépare encore de lui.

-Un saltimbanque aux trophées... j'aime cette image! -Une pause qui s'instaure entre eux, la peinture d'une réflexion qui n'en est pas une. Ses prunelles s'ombrent et sont plus intenses dans les siennes, caramel chaud- . Laisse moi le temps de reflechir à quelque chose... de convenable pour cette offense à ton égo.

Sa nuque qui s'incurve vers elle. Pas encore assez, conservant cette infime distance qui achève de la troubler. Sa respiration s’abîme à sa peau, envoûtante proximité de cette bouche qui se refuse. Siobhan tressaille si perceptiblement au contact brûlant de ses paumes à ses joues. C'est elle qui décime la distance qui persistait entre leurs corps. Elle s'abat contre lui à l'instant où leurs lèvres se trouvent enfin. Plus un brin de vent ne peut s'infiltrer entre eux. Son buste s'adoucit contre son torse, ses jambes trouvant refuge avec les siennes. Ses doigts quittent la nacre de son visage et dérivent à sa taille, mouvement qui trouvent son miroir dans ses propres paumes qui se réfugient à ses hanches, délibérément sous sa veste, froissant le tissu sombre de sa chemise. Leur baiser, si léger, si doux, s'approfondie à la mesure des vagues de désirs qui les rejoignent. Sa bouche s'ouvre sous la sienne et c'est sans hésitation que sa langue vient chercher la sienne, la cueille pour mieux la gouter, la découvrir. Elle n'a jamais embrassé avant de l'embrasser Lui. Il balaie toutes ses relations passées, elles n'étaient qu'un vague prélude, un prémisse aux sensations qui la gagnent entre ses bras. D'une puissance et d'une vérité qu'elle n'a jamais fait qu'effleurer jusqu'ici. C'est le souffle altéré qu'elle le rompt après une éternité, sans avoir quitté l'ancre de son regard. -Mardi. Mardi soir, tu viens me chercher à vingt heure. -Son timbre est légèrement mal assuré et ses lèvres lui paraissent engourdies de l'absence des siennes. Sans même connaitre l'issue de cette nuit, il lui est intolérable de ne pas imaginer le revoir. -T'accorder un second rendez vous est une contrition suffisante?

Il n'aura pas le temps de répondre, que ce soit pour accepter ou refuser. Déjà, elle l'embrasse à nouveau, retrouvant la douceur presque trop violente d'un second baiser. L'idée même de retourner dans la salle ne lui traverse pas l'esprit. Elle n'en a aucune envie. Siobhan mordille quelques brefs instant sa lèvre inférieure avant de la relâcher, à regret. Ses mains se sont resserrées autour de sa taille, les joignant plus étroitement encore. Avant qu'une voix par trop nasillarde ne fracasse le calme des sous bois.

-Siobhannnnnnnnnn! T'es où bordel! Ca fait une heure que je te cherche!
Au creux de l'étreinte de Neil, il peut entendre le soupire de frustration de la jeune femme et son très distinct, alors qu'elle rompt leur baiser - Tout le monde, mais pas elle, pitié. -Avec un regret palpable, elle fait un pas en arrière, quittant le refuge des bras de l'irascible Irlandais, laissant simplement une main sur sa taille. - Fiona, casse toi!
-Ha t'es là! Mais qu'est ce que tu fous! La première danse va bientot commencer. .. et .... Haaa... je comprends mieux!

Une grande brune finit par émerger devant eux, manquant un pas sur deux de s'enfoncer avec ses talons aguilles dans le sol trop meuble. Elle pourrait être jolie si elle ne ressentait pas le besoin de se défigurer avec bien trop de maquillage. Son parfum capiteux envahit l'espace personnel de Siobhan quand elle continue d'approcher, venant se placer à la droite de Neil, auquel elle s'adresse d'une voix bien plus contrôlée, aux accents d'un flirt totalement assumé.
-Je vois que Catham a réussi à te convaincre de distraire cette pauvre Siobhan, elle est un peu seule depuis son retour de Dublin et sa rupture avec Teague. J'espère qu'elle n'est pas trop acide avec toi?
Ho putain. Si elle continue comme ca, Siobhan ne donne pas cinq minutes avant de lui faire bouffer de l'écorce d'arbre. L'oeuillade que lui lance la brune lui indique qu'elle a parfaitement conscience des pensées de la jeune femme mais qu'elle se pense intouchable depuis qu'elle sort avec Catham. Elle pose une main aux ongles peint en rouge vif sur l'avant bras de Neil, presque sur le dos de sa main. La seule raison pour laquelle Siobhan n'intervient pas, c'est qu'elle ne sent pas encore légitime. Emphasis sur le Encore.
-Fiona, sérieusement, dégage. on arrive.
Celle ci n'écoute pas et se penche vers le jeune homme dans un mouvement voulant créer une certaine intimité avec celui ci. Et une vue plongeante sur sa robe un peu trop décolté et un peu trop courte pour ne pas friser avec le vulgaire.
-Neil, quand je te dis qu'elle mord, cette irlandaise. Tu sais, je crois que tu manques à Mona depuis nos deux dernières nuits chez Catham.

Le sous entendus est tellement clair, tellement dénué de subtilité qu'il arrache un rire à Siobhan. Qui se transforme en fou-rire à l'évoquation de Mona. Avant qu'elle ne jete un regard, clairement amusé à Neil.

-Fiona ET Mona? Ce n'est plus de la dévotion à ce stade! C'est carrément de la vocation voir un sacerdoce! J'admire vraiment ton implication. Il était vraiment temps que je revienne de Dublin pour te sauver de ce genre de... conquètes! Catham, je lui pardonne, il est incapable de réfléchir plus loin que son bas ventre. Et encore, heureusement qu'il se tape Caitrin régulièrement pour compenser!
Les traits de Fiona se sont durcis à l'évoquation des infidélités de Catham, non qu'elle ne pouvait s'en douter, elle connait elle aussi trop bien le caractère du rouquin. Mais entendre Siobhan le lui balancer en pleine tête, sans le moindre tact est encore autre chose.
-T'es vraiment qu'une salope. Tu te barres quelques années à Dublin, tu reviens et tu crois que tout le monde va tomber à tes pieds? Mais regarde toi! T'es malade de jalousie à l'idée que je passe du temps avec Cat'. T'es sa soeur , connasse. Pas sa meuf. Pour un peu, je vais croire que tu as envie de te le taper, ouais! et je suis pas la seule à le penser. Neil, tu devrais te méfier, tu va finir par la retrouver dans le lit de son frère!

La colère qui envahit Siobhan dépasse le stade du simple énervement. La main qui était encore sur la taille du lieutenant de son frère s'est raidie et elle la retire avec une douceur meurtrière. Et le ton de sa voix quand elle s'adresse à lui est d'un calme bien trop controlé, alors que Fiona, qui n'a pas encore compris le changement de tempête la regarde de haut, triomphante de lui avoir cloué le bec. Pauvre conne. -Ce n'est pas tout à fait comme ca que j'avais envisagé la suite de notre soirée, Neil. Mais là.... -et son timbre... son timbre est une promesse d'une violence à peine bridée. Fiona , qui n'avait pas retiré sa main du bras du transfuge, en entendant la tessiture de Siobhan pâlit brutalement. C'est trop tard. La main droite de Siobhan s'est détendue et est venue la frapper avec une sauvagerie parfaitement distillée. Elle accroche la pommette de ses phalanges, sans la moindre retenue. Sur ses talons hauts, elle n'avait aucune chance et bascule rudement en arrière, le visage enflammé, ensanglanté par le coup recu. Déjà, Siobhan se détourne d'elle. Non sans l'achever :
-La prochaine fois que je te dis de te barrer, tu le fais. Là, tu dégages. Je te parles pas de dégager de ma vue. Je te parle du mariage et de la vie de Catham. La prochaine fois que je te vois avec lui, je me ferais un plaisir de lui rapporter cette conversation. Mot à mot. Et crois moi, sombre conne, tu n'as pas envie de savoir ce qu'il pourrait te faire pour le genre de saloperie que tu viens de débiter. C'est pas une menace. C'est une promesse.
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Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)
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