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 Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)

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Neil Flaherty
Amateur de Guiness, de lutins verts et de gros lolos #hommefragile
Neil Flaherty
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MessageSujet: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) EmptyMar 19 Fév - 13:22

Belfast 7 ans plus tôt.

Les derniers détails de sa tenue s'ajustaient devant le miroir reflétant un homme d'une bonne trentaine d'années, l'air un peu cynique, arrogant, sans qu'il n'en ressente l'influence. Il était ainsi, et souvent il déplaisait par cette allure hautaine. Depuis plusieurs mois cet homme mentait sans aucune honte à tout celle et ceux qu'il croisait. Depuis des mois il était Trafiquant gravissant échelon par échelon jusqu’à se trouver auprès d'un des principaux chefs du réseaux d'approvisionnement d'arme de L'IRA. Catham O'Sullivan dont il se rapprochait à mesure qu'ils se croisaient. Jour après jour, mois après mois, il se faisait une place d'homme de main à son service. Neil était le genre d'homme à savoir influer sur son "boss" autant que sur les personnes qu'il etait censé effrayer, voir pire. La fin justifiait tous les moyens. Neil haïssait cette organisation bien plus que tout au monde et quoiqu'il doive faire pour anéantir une branche, deux branches ou l'arbre entier il le ferait.Et il savait parfaitement où il voulait aller avec cette relation.  

Pouvoir, et richesse ? Peu pour lui, il s'en foutait comme de la première clope. Le but était plus profond, inscrit au fer rouge dans ce cœur qui ne faisait que le maintenir en vie. Avoir la tête de ces salops. Cela aurait pu etre ironique sachant qu'il ne respectait pas la loi depuis des mois, mais de fines stratégies en coups imposants, il faisait son chemin vers la réussite de son enquête. Neil était un traître à L'Irlande, un Traître à l'IRA. Il était un flic. Et il menait sa mission sans trop de consignes sauf celle d'avoir la plus haute tête de l'IRA à arrêter  et ne pas se faire buter. La seconde option il l'avait ajouté lui même, ses patrons n’étant pas du genre sentimentalistes ils trouveraient bien un autre pecnot pour finir l’enquête. Remplaçable qu'il était, pour tout et par tous. Meme son Ex se tapait un de ses collègues , son gamin le connaissait à peine. Il n'avait plus rien à perdre en fin de compte. La vie ? une belle connerie.  

Longuement, très longuement il inspire et expire. Peu à peu il retrouve ce role qui lui tient la peau depuis quelques mois d'infiltration. Il redevient Neil le Tueur, Neil le bras droit. Son regard retrouve un trait prononcé dans la froideur, il n'a pas beaucoup à changer, juste assez pour que son ressentiment pour l'IRA ne se sente pas trop. Il laissa son flingue dans la chambre, il n'aurait pas à se battre ce soir, , l'invitation reçue concernait autre chose qu'il attendait depuis presque aussi longtemps que le début de son enquête. Pas de micro, les irlandais étant plus que soupçonneux, mais il avait la chance d'avoir une très bonne mémoire des visages, et des noms, ce qui lui permettait de faire des rapports détaillés. Ce soir il aurait une toute autre mission, celle de se rapprocher de la sœur de Catham. Il l'avait longtemps étudiée et elle était la faiblesse d'un réseau qui s'accroissait, elle était la faiblesse d'un frère. Etre bras droit c'est bien, être beau frère ou apparenté c'est mieux. Les cercles sont ainsi fait dans la confiance et il ne pourrait aller plus loin en n’étant QUE le bras droit.   Sous couvert d'une invitation à un mariage de l'un de leurs hommes, Neil ferait la rencontre de la rousse qu'il charmerait pour son travail. Les dégâts qu'il pourrait faire ? il s'en foutait, elle avait choisi d’être aux cotés d'un des revendeurs de l'ira, elle en assumerait les conséquences.

Il penche la tete d'un coté, puis de l'autre, remet bien sa veste et la chemise sombres totues deux, qu'il porte, rajuste sa cravate dans les memes tons, jetant un dernier regard assassin à son reflet, puis sort de sa chambre pour prendre une BMW bleue qui le conduira à une vingtaine de Kilomètres de là, dans un petit village fleuris de décorations diverses, c'est jour de fêtes dans le bled perdu au milieu des landes. Il n'y à qu'a suivre la musique pour se retrouver devant la salle des fêtes décorées de roses odorantes. Il allume une autre cigarette sortant du véhicule et entre dans la salle. Bien que débutante, la fête pour les mariés se joue déjà dans des ambiances entraînantes. Bien que semi Irlandais, Neil ne les aime pas plus que ça, ils ont fait trop de mauvais choix dans leur vie, dans leur politique, et dans leurs actes, mais la musique.. ca va encore, voir il adore ça. Cigarette aux lèvres, ses doigts sont emportés dans des petits battements aux rythme des violons.  Ca ne serait pas la pire soirée de sa vie, sauf si on lui demande de chanter.


- Neil tu es enfin arrivé !

L'esquisse d'un sourire en voyant Catham arriver vers lui et lui faire un accolade fraternelle. Accolade qu'il lui rend avant de reprendre sa cigarette et soufflant la fumée qu'il avalait.

- Désolé j'ai mis du temps à trouver. Ou plus exactement je sais quand me faire désirer. Cela fait quelques semaines que Catham lui parle de sa soeur, de sa gentillesse, de sa beauté, de ses études, de son célibat. Et discrètement, sans brusquer Neil entrait dans ce jeu jusqu'à ce moment où il pourrait enfin mettre son plan à execution. Les filles ca se travaille au corps à corps, les mecs par la protection.  Catham n'était pas un mauvais bougre, juste le type qui saisissait des opportunités, pas les meilleures qui soient.Il l’entraîne bras dessus dessous passant sur la piste de danse tellement remplies qu'ils se font bousculer tout en joyeux cris par les invités. Parlant alors qu'ils essaient de rejoindre l'autre coté de la salle et aller aux tables ou le repas sera dégusté. - J'ai rien dis à Sio sinon elle m'aurait tiré la tete, mais je suis certain qu'elle va tomber sous ton charme, fait lui ce sourire quand tu te tapes les putes d'O'hara, elles adorent ça.
- Tu veux que je me tape ta sœur comme une pute d'O'hara.? Il ne peut s’empêcher de rire en voyant la tete de Catham qui se décompose à l'idée . Le rouquin lui envoie son poing dans l'epaule assez fort pour le ramener au sérieux de la conversation, mais pas assez fort pour que le geste soit mal prit.
- Non, pas à ce point, mais qu'elle passe une bonne soirée, tu vois, fait toi charmant, SIO regardes qui est là.
 
Devant eux, une rousse, au corps joliment dessine et quand elle se retourne . Le monde cesse de bouger. La musique cesse de clamer ses histoires joyeuses à ses oreilles. D'un coup violent il est fixé sur la rousse devant lui. Tétanisé .. ou presque.
Il la connait pourtant, l'a étudié, a vu des photos, connait son gout pour un parfum fruité et sucré, il connait sa couleur préféré , sa musique préférée, tout. Mais il ne s'attendait pas à .. ça.  Ça c'est une jeune femme d'une beauté intrigante formée dans la force de ses idées et qui lui porte un regard d'une douceur sans égale, d'un amusement sans commune mesure, mais aussi intimidée. tant de sentiments qui lui sautent aux yeux qu'il se demande si les effluves d'alcool ne lui font pas tourner la tête. Et la volonté de Neil connait une césure, une étrange césure. La volonté mise au sol. Il n'est plus aussi assuré qu'en entrant dans la salle des fêtes.


- Sio je te présente Neil Flaherty je t'ai déjà parlé de lui, Neil c'est ma sœur Siobahn.

Et rien. pas un mot d'un coté ou de l'autre. Juste deux regards fixés l'un à l'autre. Le Frère semble comprendre et s’éloigne en gueulant sur Wilt qui a attrapé l'une des serveuses pour l’entraîner sur la piste de danse. Le silence encore. Il lui faut reprendre un peu de consistance, il tire longuement sur sa cigarette.. ca va mieux. et enfin.

- Salut. hum.. Neil. C'est moi. Enfin je m'appelle Neil pardon, désolé j'ai .. je crois que l'alcool en vapeur m'a fait trop d'effet, j'ai du rentrer trop vite dans la salle.

C’était ca. Surement. Il rigole bêtement, de ce rire amusé et charmeur sans meme s'en rendre compte et surtout sans savoir pourquoi. Peut-etre que l"idée du pallier de décompression avant d'entrer dans une salle des fetes à le pouvoir de le faire rire. Il se sent bien, étrangement bien sous le regard marron de la jolie rousse. Il tend la main vers elle pour la saluer comme il le ferait avec un pote. Neil reprend toi ! Tu es là pour une bonne raison. Tu dois la charmer et non pas être charmé.  

* titre tiré d'un dialogue du film "Ennemis rapprochés"
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) EmptyMer 20 Fév - 16:23

Belfast, 2012

Cela ne fait que quelques semaines que Siobhan est revenue de Dublin sur l'insistante croissante de ses parents et celle, il faut bien le reconnaître de son frère! Elle a pris le temps de retrouver un petit appart dans le centre non loin de celui de Catham. Elle a detesté prodigieusement tout le bordel administratif que le déménagement lui occasionne. Le pire a été de faire le changement d'université. Elle a bien cru qu'elle ne s'en sortira pas, du moins jusqu'à ce qu'elle retrouve un nouveau directeur de thèse qui a aplanie bien des difficultés pour elle. Elle n'a pas encore recommencé à s'y mettre, décidant de s'octroyer quelques semaines de vacances.

Et puis le mariage qui se rapprochait entre Finnian et d'Eireen a été une raison parfaite pour un peu de procrastination! lls connaissent les deux depuis des années, Finnian étant l'un des amis proche de catham depuis leurs pré- adolescence, après des débuts un peu... compliqué. Quand à Eireen, elle a rejoint le groupe au lycée. Qui n'a été que très peu studieux. Du moins jusqu'à ce que ses parents ne décident de l'exiler à Dublin avant qu'ils ne puissent vraiment plus la tenir. Du coup, elle aide Eireen dans les derniers détails, comment placer les fleurs, les plans de table. Ces mille et une chose chronophage que Finnian est bien content de laisser à sa future épouse. Et que du coup, elle délègue à ses demoiselles d'honneur que Siobhan a naturellement rejoint. Et les jeunes femmes s'amusent au dépend de la rousse de l'insistance répétée de Catham de vouloir à tout prix la caser avec son nouveau lieutenant. Nouveau lieutenant qui est loin de déplaire à plusieurs de ces demoiselles célibataires, malgré un comportement parfois un peu trop brusque. Il a ses charmes, parait il. Et tous ne sont pas exposés!

Elle sait très bien que son frère a detesté l'ensemble de ses copains dubliner, les trouvant trop mous, trop mièvre, sans caractères ni colones vertébrales. Et surtout... en dehors du cadre de l'Ira. Donc immédiatement indigne de confiance, voir dans certains cas extrèmes, de respect. Ils se sont disputés plusieurs fois à ce sujet, la demoiselle trouvant son ingérence dans sa vie privée un peu insupportable. Surtout quand on voit qu'il a choisit cette truite de Fiona Dungham. Il a surtout attendu qu'elle soit loin de Belfast pour la mettre dans son lit, oui! Siobhan est un peu sur la reserve. Il en peint le portrait d'un mec un peu peu trop parfait à son goût. Et pour un homme qui ne donne que difficilement sa confiance, il donne beaucoup de place à un nouvel arrivant au sein de l'Organisation. Ho, elle se doute qu'il a été vérifié à tous les stades, que les recruteurs n'ont rien laissés au hasard. Il n’empêche. Il passe beaucoup de temps avec son frère et la sécurité de celui-ci passe avant tout. Si ce Neil est moins bon qu'il n'en donne l'impression, moins fiable, ce n'est pas lui qui en pâtira en premier. Et ca, si elle peut le contrôler, elle ne se genera pas pour essayer! La journée arrive bien vite, dans un tourbillon frénétique que seules les femmes savent créer

Siobhan jette un regard dans son miroir avant de rejoindre la salle des festivités. Elle en aime le refet qui lui est rendu. Elle a passé une longue robe blanche à grand imprimé floral dont la fluidité légère du tissu lui permettra de danser jusqu'à s'écrouler de fatigue. Elle apprécie aussi la manière dont les bretelles fines se croisent dans son dos et forment un losange auquel elle a accroché une chaine d'argent  qui se termine par une perle noire dont elle sent la fraîcheur entre ses omoplates. Elle attache ses cheveux sur le haut de sa nuque, dévoilant la courbe de sa nuque malgré quelques mèches rebelles. Des boucles d'oreilles de perles et d'argent harmonisés à celle de son dos,  jouent contre l'angle de sa machoire  seront ses seuls bijoux. Quand elle a dit à Catham qu'elle viendrait seule, l'éclat malicieux de son sourire l'a trahit presque aussitôt. Elle a beau l'avoir prévenu qu'elle ne voulait pas d'un cavalier imposé, que ca lui allait très bien d'être seule, il ne l'a absolument pas écouté.

Ce qu'il confirme quelques vingt minutes après le début de la fête. Elle aime cette atmosphère joyeuse, bousculée. Tout le monde se connait depuis des années et les taquineries fusent sans la moindre pitié. Plusieurs finiront absolument saouls, et si il n'y a aucune bagarre, le mariage sera considéré comme un échec. Les irlandais sont bruyants quand ils sont heureux! Elle entend à peine Catham qui la hèle et ce n'est que lorsqu'il s'approche qu'elle l'entend et finit sa conversation en un mot ou deux avant de se tourner vers son insupportable frangin. Siobhan lui adresse un sourire mi figue mi raison, un regard d'avertissement avant de tourner son regard vers l'homme qui se tient à ses cotés. Ses prunelles s'adoucissent sans qu'elle n'en prenne conscience. Il y a une force tranquille qui se dégage de lui. Et son charme masculin n'a pas cette composante de ces hommes trop beaux et qui le savent. Non. Il se contente d'être lui même. De la maintenir presque captive sous son regard émeraldine. Vaguement, dans un autre monde, Cat' les présente officiellement. Puis s'éloigne avec un sourire bien trop satisfait de lui même. Elle est en train de se rendre ridicule, face à cet homme légèrement plus agé dont les prunelles semblent boire chaque molécule qui la composent. Cela pourrait être exagéré si elle n'était pas en train d'avoir la même attitude. Sa beauté brute est de celle qui s'offre sans artifice et veste parfaitement coupée dissimule bien mal les muscles ciselés sous sa chemise. Sa cigarette se consomme, presque oubliée, et soudain, elle regrette de ne pas en avoir allumée une aussi. Pour retrouver un brin de contenance. Juste un peu. Avant qu'une partie du charme ne soit rompu par ses paroles un peu maladroites, un peu gaffeuse. Il lui rend une partie de sa volonté et ses prunelles pétillent sous un feu malicieux.

-Siobhan, mais vous le savez déjà, n'est ce pas? Ne me dite pas que vous allez repartir déjà? Je crains que les vapeurs d'alcool ne soit que le début! Rassurez moi, vous n'avez pas fait vœu de sobriété? -Oui. Elle le taquine avec une pointe d'ironie. Mais c'est de sa faute. Il n'avait qu'a pas la charmer au premier regard. Il lui faut bien un minimum de défense contre lui! Quand il lui tend la main, la jeune femme éclate de rire. Elle s'approche de cette main tendue et la prend, mais non pour la serrer. Elle s'en sert pour combler  l'espace entre eux et déposer une bise sur chacune de ses joues avant de se reculer. Permettant à ses fragrances d'amande et de fleur d'oranger de sinuer entre eux- Nous sommes en Irlande, il n'y a que les étrangers  qui se serrent la main! Et si vous êtes ici, c'est que vous n'en êtes pas un...

Elle examine sa tenue d'un oeil critique alors qu'elle se recule. Secouant la tête avec une moue faussement réprobatrice. La jeune femme passe son bras sous le sien et l’entraîne vers une petite table à droite de l'entrée. Il lui faut passer pour cela entre les différents danseurs. Siobhan louvoie entre eux, frôlant parfois Neil dans ses mouvements jusqu'à parvenir à son but. Il y a, posé sur le plateau, un présentoir à cravate. Délibérément, elle lui en dissimule la vue, se plaçant juste devant lui. La malice, déjà tendre, de ses prunelles est parfaitement lisible quand elle s'adresse à lui. Avec une certaine reluctance, la jeune femme retire sa main de son bras.

-Je crains que vous n'ayez oublié le dress code du mariage. Vous souvenez vous de l'en-tête du faire part? Mythe et légende celte? Je ne peux pas vous laisser tout en noir. Donnez moi votre cravate s'il vous plait?

La demande est de pure forme, il n'aura pas le choix face à son sourire. Il ignore a quel point elle failli le faire elle même. La lui retirer elle même et effleurer du doigt la peau de sa nuque. Il lui faut un contrôle d'acier pour contenir cette impulsion déraisonnable alors qu'ils se connaissent à peine depuis dix minutes. Il peut entendre Catham éclater de rire alors qu'il passe à coté d'eux. De l'index, il désigne à Neil ses propres boutons de manchette qui sont ornées chacune d'une moitié d'arc en ciel qui se rejoignent, avec à chaque extrémité, un petit pot d'or. Si il étudie la robe de Siobhan, sous chacun des feuillages de sa robe, il y a un visage, un personnage qui se dissimule et se dévoile. Les autres invités ont tous au moins détails qui vient composer une mosaïque des mythes celtiques. Que ce soit un bijou en forme de harpe, une chevalière avec un triskel. D'autres... .sont beaucoup beaucoup, beaucoup moins discret et éclaboussent les yeux de leurs extravagances. Elle finit par lui présenter une nouvelle cravate. Et hooo comme il est difficile de rester sérieuse et stoïque. Son rire est à peine contenue sous l'angle de sa bouche. Autant dire que Neil aurait sans doute préféré choisir lui meme un élément plus discret. Et Siobhan doute qu'il soit consolé par l'abandon de plusieurs autre cravate avant la sienne. Pourtant, elle a essayé de l'épargner par rapport aux choix restants. Il est indéniable... qu'elle est verte. Totalement, désespérément Verte. un vert profond qui fait ressortir les motifs  celtiques blancs qui sinuent le long de celle  ci. Qui, elle le devine, feront ressentir les teintes intenses de ses iris.
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Neil Flaherty
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) EmptyVen 22 Fév - 15:51

Elle lui plaisait, aussi indéniablement que le soleil faisait le jour et que l'air se rendait indispensable à la vie.  Elle n’était pas le genre de femme qu’il avait cru rencontrer. Là où il s’était imaginé trouver un visage ennemi, il se surpris à être envoûté par sa beauté sans artifice et l'aura tendre qu'elle dégageait en le regardant, en le défiant de petites taquineries d'une voix sans méchanceté. Ces deux elements étaient une bouffée d'air pur dans ce monde de violence qui était son lot quotidien depuis aussi loin qu'il pouvait s'en souvenir. Souvenirs aux cicatrices béantes par faute de ceux qui se trouvaient ici, ceux qui se vendaient à l’IRA , tous sauf elle, cicatrices qui se trouvaient anesthésiées par sa simple présence, par sa taquinerie, par Elle. Il ne comprenait pas, ça ne devait pas se passer comme ca, au contraire même, très loin de cette minaude dont il se faisait acteur sincère. Il avait envie de badiner, pas par devoir, ou parce qu’il avait décidé qu’elle serait la point d’entrée dans le vraie IRA, non mais par un désir profondément enfoui et qui tendait à remonter à la surface. Partir ? Quelle idée. Il se sentait ici en Irlande, ici dans cette salle, pour la première fois chez lui.

- Ni vœux de chasteté, ni vœux de sobriété rassurez-vous.

Elle lui faisait dire n'importe quoi, vœux de chasteté d’où sors-tu cela ? Sa main était saisi en douceur, Les lèvres rosées posées sur ses joues, il ne se ferait jamais aux traditions de ce pays bien qu'l en soit originaire. La proximité que cela déclenchait le laissait souvent aussi froid que la banquise du grand nord, mais cette fois-ci il sentit une chaleur se reprendre sur ses joues. Ce sentiment idiot de ne plus être seul et de voir en elle celle qui saurait le supporter. Un délicieux parfum sucré, rappelant la chaleur de la frangipane aux repas le fit sourire en les séparant de ses fragrances. C'était un entêtant parfum qui allait très bien avec elle.


- Je le suis encore un peu. Mais si vous m’accueillez toujours ainsi, je deviendrais rapidement un des vôtres.

Etranger, il l'était encore plus qu'elle ne pouvait imaginer. Il avait beau etre d'une mère Irlandaise, il avait fait ces 15 dernières années en Grande Bretagne aspirant au jour où son coeur trouverait le repos dans la disparition de l'IRA. Mais de cela il n'avait aucune pensée quand elle lui prit le bras pour l’entraîner vers l'entrée sous le regard de Catham qui se marrait bien à voir sa sœur faire obéir Neil Flaherty, lieutenant au caractère irascible et hautain comme seul un Irlandais pouvait l’être. Il était une poupée irlandaise entraîné volontairement entre ses bras. Il sentait cependant le coup foireux arriver et en eut confirmation à l'arrivée devant ce plateau qui ne lui plaisait pas. Le discours de Siobhan encore moins en jetant un œil à certains hommes dans des costumes typiques d'une ancienne Irlande aux légendes trop nombreuses pour en être connue en une seule vie. Avec toute la modestie qui allait à Flaherty il se pencha simplement vers elle, soutenant son regard qui se révélait être plus moqueur encore  

- Je suis une légende celte à moi tout seul, aucun besoin d'artifice.

Le ton était volontairement et désespéramment amusé. Celui qui était là pour faire tomber ce réseau, badinait comme un adolescent rencontrant l'inaccessible, l'interdit, l'impromptu. Cependant elle ne semblait pas céder un pouce sur ce terrain traditionnel, il lui fallait se faire une raison et se laisser aller au déguisement. A son soulagement,  elle n'avait pas choisi le pire de tous. Vert certes, mais d'un vert pas aussi éclatant que certains ressemblant à St Patrick en personne. Il retira sa cravate et remonta son col de chemise

- Je vous laisse le soin j'ai horreur de faire les nœuds de cravates.


Si elle voulait le voir avec cette chose verte, c'était à ce prix. Les ballades irlandaises languissantes revenaient en lui, combien avait-il pu dire que tout cela n'était que fanfaronnade et rire de sa mère qui n’avait jamais perdu l’espoir de voir arriver son héros. Et voici les mots qui s’accroches en lui,   Approches-toi de moi Sylvide rousse, jolie nymphe irlandaise... Fais-moi défaillir, sois celle qui creusera ma tombe car dorénavant sans toi je ne sais plus vivre. Ainsi les amours Irlandaises avaient deux fins, soit le bonheur, soit la mort. Rien de plus. Il releva le menton laissant la rousse s’occuper de ce nœud

- Catham m'a dit que vous étudiiez à Dublin. quelles matières exa..?


Son téléphone vibra dans la poche de sa veste, il s'excusa d'un sourire et s'en saisit passant ses bras entre cravate et bras féminin, essayant de ne pas s’emmêler

- Flaherty. Silence en écoutant malgré la musique dont le tempo semblait retrouver une vigueur nouvelle après une autre tournée de bières. - Hum.. mmhmhh d'accord, un instant.

Il se pencha vers la rousse qui venait de finir de lui faire le nœud.

- Réservez moi une danse ou vous serez responsable de mon trépas.

Un dernier sourire se dégageant de ce cocon , il redevient plus séreux en s'approchant de Cat et lui tendant le téléphone, tous deux sortant de la salle pour aller discuter affaire en extérieur. Neil le laissait mener sa barque et vu ce qu'il comprenait de la conversation, Mr Hills aurait du souci à se faire quand ils le croisaient à nouveau . Assis sur les rebords d'un bac à fleur, neil fumait tranquillement le laissant finir d'hurler avant qu'il ne lui rende son téléphone. Heureusement celui ci n'avait pas finit éclaté sur le trottoir comme cela avait été le cas quelques semaines plus tot.

- On en parle demain sinon je le fais tuer dès ce soir ce bat .. fils de .. heureusement que ma mère m'a apprit à ne traiter les femmes de.. CE.. il n'a pas ce qu'il faut pour demain, son marchand a eu quelques problèmes judiciaires. Je te jure si je vois un flic débouler, il crève.
- Tuer les flics n'arrangera rien, je m'en occupe demain si tu veux
- Ouais Le visage fermé de Cathma laissa place à celle du frère taquin qui voulait caser sa soeur. Alors, tu la trouves comment ma soeur? Et ne dit pas qu'elle ne t’intéresse pas, tu as encore de la bave aux lèvres. Je te préviens tu lui fais mal je te bute moi même;
- Tu n'en auras pas l'occasion.
- Alors vient vieux frère ! ALLONS FAIRE LA FÊTE

Catham l'appelait de la sorte pour la première fois depuis leur rencontre quelques mois plus tot. Cela aurait du le faire frissonner d’être le "vieux frère" d'un Iralandais impliqué dans un trafic mortel, mais en revenant dans la salle se tenant l'un l'autre, ce n'etait absolument pas le cas. Non il avait aimé ce surnom. C'était amusant, flatteur. Il aurait pu savoir à cet instant précis que Catham lui faisait vraiment confiance, mais il ne pensait pas à ca, pas pour l'instant, ce soir c’était la fête, et il allait en profiter. L'ambiance se réchauffait encore plus dans la salle quand ils y entrèrent à nouveau. La fameuse danse irlandaise qui ne permettait à aucun invité de rester assis sous peine de se faire sortir de la salle manu militari.
D'un coté les hommes en rang se tenant bras dessus dessous , un gobelet de Guinness dans les mains.
De l'autre les femmes.
Dans de joyeuses bousculades hommes et femmes se reprochent et s'éloignent. Les hommes buvant leur gobelet avant de reprendre un autre en s'approchant à nouveau, les vagues des corps allant et venant à la rencontre l'un de l'autre sous la musique et l'alcool qui coulait à flot.  Il ne fallait pas se demander pourquoi certains étaient déjà de couleurs cramoisies et d’autres qui somnolaient sur leurs chaises avant de retrouver gout à la musique et revenir danser comme ils le pouvaient.


Neil n’était pas exactement devant Siobhan, alors durant le recul de sa ligne il changea de place avec son voisin pour se retrouver face à face avec elle en riant. Quand la ligne des hommes retrouva celle des femmes, chacun libéra son voisin pour saisir la femme devant eux . Et tournant en rythme, sautillant en tenant par la taille le ou la partenaire pour les relâcher et revenir en ligne, repartant boire, et revenir. Il se laissait transporter par la musique par ce parfum, par l’ambiance à la joie débordante, riant quand il manquait un pas, manquant de tomber ayant peu l’habitude des cavalcades irlandaises, pour revenir dans ce giron protecteur qu’elle lui offrait, s'éloignant ensuite, et revenant à elle.

Enfin la musique s’arrête sur une dernière note de violon plus longue
.

Allez les irlandais tous à table régalez vous ! le cri du marié fut suivi d’applaudissements. Tout le monde allant rejoindre sa place

Neil relâcha la rousse doucement, à regret, laissant glisser sa main le long de sa taille en se mordant la lèvre . Elle etait pire qu'un aimant . Impossible de s'en détacher sans en éprouver peines et rancœurs. Il le fallait pourtant en s’éloignant , il chercha sa place qui se trouvait bien plus loin que la table des mariés, représentant une distance qui se creusait encore entre famille et travail. Un regard vers Siobahn haussant les épaules d’un air désolé lui montrant là où il était, près d'une autre rousse qui lui jetait une œillade criante. Loin de Siobhan; il pourrait au moins se reprendre et arrêter de déconner. Loin d’elle il lui manquait pourtant quelque chose.
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) EmptyVen 22 Fév - 18:20

Si les hommes que pouvait lui présenter Catham étaient tous aussi charmant que celui-là, elle n'aurait sans doute pas fait de resistance aussi longtemps pour accepter des blinds dates avec les choix de son frère. Mais il faut bien avouer que c'est la première fois qu'un sourire ou un regard provoquent un éveil immédiat d'arc en ciel et l'envolée subite de milliers de colibri au creux de son ventre. Non qu'il ait besoin de savoir. Et encore moins son frère. Si jamais il apprend à quel point le courant passe entre eux, il n'est pas prêt d’arrêter d'en rajouter!  Les paroles qu'il lui adresse provoquent un flamboiement amusé dans ses prunelles. Pourtant, Siobhan ne relève pas. Non, ho non.  Pas encore.

Elle aime la douceur de sa joue sous ses lèvres. Le contact est bien trop bref  à son gout. Cependant la Sylphide n'est pas du genre à laisser voguer sa bouche sur le premier homme venu, même si celui-ci est particulièrement séduisant.  Pendant quelques secondes, elle se permet de savourer la chaleur qui émane de son corps.  Secondes. Pas d'avantage. Déjà elle se recule et déjà elle le guide à travers la salle jusqu'à une petite table un tout petit en déça du centre de la salle. Avec une assurance ravageuse,  à l'extreme limite de l'arrogance, ses prunelles dansent contre les siennes. Siobhan eclate de rire à son affirmation.

-Faites attention, Neil, -Une syllabe. Qu'elle goute, qu'elle s'approprie. - je pourrais vous prendre au mot. Et vous obliger à  me raconter ce mythe dans tous les moindres.... détails.

Elle lui rend coups pour coups dans ce ballet qui déjà séduit et apprivoise. Qui ne créer ni blessures ni acidité. La cravate dans les mains, elle attend. Peu de temps à vrai dire. Il lui rend la sienne qui vient prendre place à cotés de ses soeurs abandonnées. Il pourra la récupérer si il le souhaite. Plus tard. Beaucoup plus tard. Elle passe la fine bande de tissu verte  autour de son cou, il y a des limites à ne pas succomber à la tentation et ses pouces s'attardent longuement sur sa peau si fine de sa nuque. Jusqu'à sentir que son épiderme réagit à son contact. Siobhan sait la manœuvre déloyale et son sourire quand il croise son regard, est d'un angélisme innocent. Après tout, il lui a demandé de faire son nœud de cravate... Elle commence à le nouer, sans cesser de badiner. Un murmure à son oreille-De votre absence de vœux, une seule  m’intéresse. Je vous laisse décider laquelle . -Finalement, elle se décide à ne pas suspendre d'avantage le mouvement. Nouant sa cravate avec bien plus de dextérité que ce que ces quelques instants laissaient présager. La jeune femme allait lui répondre quand son téléphone les interrompt et qu'il répond.  Une ombre de grimace. Elle n'a que trop l'habitude de ces coups de fils impromptus et dérangeants. Pourtant, il n'y a dans son ton qu'une espièglerie de plus -J'espère qu'il vous arrive de le laisser en vibreur. Il parait que pour avoir une vie privée, c'est mieux!

Il y a une certaine confusion de mouvements, de corps quand il entreprend de se dégager de l'étrange position dans laquelle ils se trouvaient. Le bras tenant le téléphone s'écarte d'un coté, elle lève les siens, sans pouvoir se décaler vraiment, le dos à la table, il se baisse pour se dégager sans la brûler avec sa cigarette se consumant lentement, à moitié oubliée. Une demande, juste avant qu'il ne disparaisse pour traiter whatever affaire urgente. Siobhan le regarde de bas en haut. Et s'assoit à demi sur la table, de manière à ce qu'il puisse enfin avoir la place de passer convenablement.  -Peut être... Cela dépendra du temps que vous prendra votre coup de telephone. Néanmoins, je n'aimerai guère être responsable de votre perte!

Elle rejoint un groupe de jeune femmes qui discutent à tout va, accueillant avec un un amusement certain les commentaires comme seul ce sexe peut en faire. Il est évident que la manière dont elle s'est approprié Neil n'est pas passée inaperçue auprès de celles qu'elle connait depuis de bien trop longues années pour pouvoir faire illusion. Et quelque part... qu'il soit considéré comme sa chasse gardé n'est pas pour lui déplaire. Elles finissent leurs verres, écrasent leurs cigarettes avant de rejoindre l'une de ces farandoles aux des violons traditionnels. Les rythmes entrainants ne sont que le début! Si les pas donnent l'impression d'être un joyeux bordel il n'en est rien . Chaque croisé des chevilles, chaque claquement des talons est en parfait miroir avec l'homme en face et les femmes à cotés d'elle. Siobhan a placé les mains sur ses hanches et se laisse emporter avec bonheur par la musique. Elle adore ces ambiances si propre à son peuple, à ce gout de la fête et à ces danses extravagances. Elle ne  loupe aucun pas, pas d'avantage quand le tempo s’accélère et que la danse devient une chaos de corps qui se mêlent, se joignent, se séparent.  Son chignon ne tient pas la distance par contre et les mèches s'envolent dans un fouillis roux. Elle a repéré le manège de Neil, et s'avoue sans problème que si il n'avait pas changé de place, elle l'aurait fait. Sa taille est ancrage sur pour l'étoile montante de l'Armée, quand bien même elle tourbillonne follement entre ses bras.  Elle sent son souffle revenir à la normale, malgré un eclat de rire irrepressible. De ces instants de joies trop purs pour etre exprimés autrement.

La main sur ses hanches se délie et une nouvelle moue danse à son visage. Elle comprend rapidement le langage non verbal de Neil. Cela ne lui convient pas. Surtout en voyant le regard que lance Deirdre quand elle voit son voisin se diriger vers elle. Non mais non. Elle se dirige vers la table des mariés, repérant sans mal sa place et celui qui est censé lui tenir compagnie pendant le repas. Arg. Le cousin célibataire à elle ne sait combien de degré de Finnian. Elle n'a rien contre Bradaigh en soit, mais il est incroyablement... ennuyeux. Elle sait qu'il a un faible pour elle depuis des années. Et cela fait des années qu'elle le repousse. Nul doute qu'il a fait pression sur Eireen pour qu'elle les place à coté. Oui... mais non. Elle prend le carton qui porte son nom et se dirige droit sur Neil. Sans la moindre hésitation, elle pose celui de Bradaigh à sa place et attrape celui de l'arrogant Irlandais. Qu'elle attire à elle en prenant  sa main dans la sienne. Le regard d'un venin pur de Deirdre, elle y répond par un haussement d'épaule d'une insolence absolue. Elle se  moque d'elle en toute impunité et elle n'accorde visiblement aucun poids à l'autre femme.

-Il y avait une erreur dans le placement, je l'ai corrigé. Vous êtes à cotés de moi.


Si il avait envie de protester c'est un peu tard. Et lorsque les mariés trouvent leurs tables, Eireen lance un long regard amusé à Siobhan, ayant une idée précise de ce que la jeune femme a manigancé. Sans s'en offusquer pour autant. En ce qui la concerne, que ce soit Deirdre qui s'occupe de Bradaigh lui est complement égal.  Le traditionnel toast des mariés est donné, suivit de celui du père de la mariée. Mais aussi, et c'est sans doute une preuve de plus de la manière dont ils sont tous liés par bien plus que de l'amitié, par Baile O'Donaigh. Le numéro deux de l'Ira est placé à trois chaises de distance de Neil, à la droite du marié, place d'honneur si il en est. Une fois le discours terminé, il n'est pas rare que la jeune femme et lui, au court du repas, échangent mots d'esprits et taquinerie. Il est évident qu'ils se connaissent bien. De cette complicité qui peut se créer avec un oncle de cœur bien plus agé. Son oncle paternel est décédé lors du bloody Sunday et Baile a souvent été présent chez eux. Mentor de Catham.  Juste avant le dessert, dans ces minutes de relâchement, il se tourne vers lui.

-Neil, je vois que vous avez attiré l'attention de la plus précieuse d'entre toutes? -Si il le connait évidement de  vue pour être en train de devenir le plus proche lieutenant de Catham, ce doit être la première fois qu'il s'adresse à lui pour autre chose que des instructions précises .
-Baile, s'il te plait! -Il y a un soupire amusé. Ce n'est visiblement pas la première fois qu'il a ce comportement.
- mo neacht * ma nièce*, je ne fais que poser une simple question.  Mais si tu continues à rougir comme ca....
-Neil, ne l'écoutez pas, c'est un vieux monsieur qui radote! -Il n'y a qu'elle. Il n'y qu'elle qui puisse sortir de telles paroles à cet homme là. Le regard vert profond de celui -ci accroche celui de sa recrue et se pose sur lui. Longuement. Le jugeant impitoyablement.
-Pas encore assez vieux pour ne plus être capable de veiller à tes intérêts, Siobhan.
-Entre Catham et  toi, si il n'a pas compris...
-Elle secoue la tête, sachant qu'elle ne parviendra jamais à le faire changer d'avis. - Vous voilà prévenu, vous feriez mieux de fuir, vous auriez moins d'ennui.
il doit avoir passé le jugement de Baile car son regard de faucon le relâche un peu. Juste un peu.
-Allons, Allons, pardonne un peu à ton oncle ses manies.  Je suis certain que Neil te fera passer une excellente soirée.

Cela commence à faire beaucoup pour Siobhan. Elle se lève et prend son paquet de cigarette et son briquet,  verre de vin dans la seconde main, laissant le reste de ses affaires à table. Il faudrait être inconscient pour voler quoique ce soit ce soir. Elle se tourne vers Neil, un sourire désolée aux lèvres.
-Je vais fumer une cigarette, vous m'accompagnez? Il faut un peu chaud dedans.
Au passage, elle dépose une bise légère sur la joue de Baile
- Ar ndóigh, is maith liom tú  *bien sur que je te pardonne.

Néamoins, retrouver un peu de calme à l'extérieur n'est pas de trop et c'est avec un certain plaisir qu'elle entend les pas de Neil derrière elle. La jeune femme choisit de s'éloigner d'avantage, sortant des patchs de lumières qui illuminent le jardin pour gagner les frondaisons des arbres, là où les ombres se fondent et prennent un peu plus de place. Un banc de marbre est situé sous les branches d'un de ces arbres qui ont vu passé des générations d'hommes, dont les branches ploient et s'évasent sous le poids des années mais se montrent bien plus resistances à tous les caprices de la natures qu'il ne parait possible. Siobhan reste debout mais pose son verre sur la pierre. Rougeoient de sa cigarette alors qu'elle allume sa cigarette, bref éclat lumineux sur son visage avant que l'obscurité ne règne à nouveau.

-Pourquoi avez vous choisi de rejoindre l'Ira, Neil? -La voix est douce, si douce. Mais elle a besoin d'une réponse. Siobhan refuse de se laisser entraîner par l'attirance immédiate et sensuelle qu'elle ressent pour lui sans en connaitre d'avantage sur l’homme qui se tient devant elle. Et surtout, sur son caractère. Si il se revele être un de ceux que le sang attire comme des chacals, c'est la dernière minutes qu'ils passent ensemble.
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Neil Flaherty
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) EmptyMer 27 Fév - 21:18

Le murmure sur le vœux qui l’intéresse le fait sourire. Elle joue avec Lui, se joue de lui, s'approche et s’éloigne avec une fausse candeur qu'on lui pardonne aisément. Il est amusé, charmé , le plaisir qu'il prend à badiner n'est pas feint. Son murmure trouve un reflet dans la voix de Neil qui se meurt sur la peau rousse encore assez proche de lui -Je vous laisse le soin de choisir, mais que votre choix soit judicieux Ils savent tous les deux vers quelles tentations ils glissent. Il l'effleure à peine des lèvres, mais le frisson naît au plus profond de son corps. Il est envoûté indubitablement . A son tour quand ses doigts le frôlent pour lui mettre sa cravate, il sent le délicat frôlement sur sa peau, et ne peut s’empêcher de la dévorer du regard alors que sa peau frissonne en chair de poule à mesure qu'elle explore son cou du bout des doigts.  Il veut garder le contrôle, sa fierté, son regarde hautain mais rien n'y fait, elle a obtenu de lui un contrôle total en quelques minutes. Heureusement le téléphone et la reprise des affaires l'aident un peu à retourner dans ce rôle de lieutenant armé. Il s'éloigne d'un sourire sans répondre à sa phrase. Il lui aurait bien demandé ce qu'est une vie privée, mais surement aura t-il l'occasion de développer ce sujet .. un jour, plus tard.  

Retour à la salle après l'appel. La danse est déjà oubliée, le sentiment de bonheur également, le rire n'en parlons pas , au moins à quelques tables, loin d'elle. L’éloignement ne semblait au gout d'aucun des deux. D'un regard attristé d'un Neil à celui volontaire d'une rousse, un pas est franchis, rien ni personne ne pourra les séparer ce soir. Il sent un regard sur le coté le dévorant mais il ne détourne pas ses yeux de Siobahn se demandant ce qu'elle va trouver pour la suite. Et il n'est pas déçu. Il la voit prendre un petit carton décoré venant vers lui pour l’échanger au sien. Maline rousse que voici. Sa main est liée à la sienne, elle semble si menue par rapport à lui,  mais leurs doigts se lient comme s'ils avaient été forgés l'un pour l'autre. Il ne pouvait se repartir de son sourire entraîné par elle comme depuis le début de la soirée.


- Je me disais bien qu'il y avait une erreur, heureusement réparée, j'ai crains de ne pouvoir supporter les yeux doux de cette femme très longtemps.

Il parlait bien de celle qui avait lancé un regard assassin au couple qui s’éloignait. Il était ravi que Siobhan ait prise cette décision d'inverser les noms, femme de caractère putain d'irlandaise ! il adorait ça en fait. Assis non loin des mariés, les regards se posaient sur eux deux cote à cote. Neil était connu pour son caractère peu sympathique et beaucoup devaient se demander ce qu'un homme comme lui faisait à coté de la fraîcheur de L’Irlande représentée par une Siobhan toute en beauté et en sourire. Petite perle de douceur dans ce monde de morts et de trahison. Il saisit certains regards entre diverses personnes, la mariée et Sio, le cousin flanqué au loin dans la salle regard que Neil soutient sans faillir, le message est clair, "elle est à moi, et essaies de venir tu t'en mordras les doigts". Mais c'est finalement Baile O'Donaigh qui entame les hostilités sur sa proximité avec Siobhan. Neil le connait. Personnellement il l'a rencontré deux ou trois fois quand Catham partait à Belfast et le prenait comme garde de ses fesses par précaution, mais professionnellement il a un dossier long comme le bras sur le n° 2 de l'IRA. Si Catham et son réseau étaient encore à cette heure sa cible, il était évident qu'il n’était qu'un pion aux mains de Baile.  

- Je crois surtout que c'est elle qui a attiré mon attention Monsieur O'Donaigh, il n'y a pas à ce demander comment elle a pu faire ce miracle.

Le"Monsieur" était quasi obligatoire, bien qu'ayant une position confortable auprès de Catham, Neil n’était pas encore assez haut dans l'organigramme de l'IRA pour oublier la particule de politesse. Cet homme le dégoûtait, il en ignorait la raison profonde. Mais ses poils s'hérissaient en sa présence, et ce n'était pas par plaisir. Le regarde fixé sur le vieil Irlandais qui le toisait d'une œillade menaçante sans en avoir l'air, Neil n’était du genre a être effrayé ou impressionné par des menaces voilées sous quelques paroles d'amitié envers Siobhan, si le message était limpide de vieux, la réponse de Neil se ferait tout autant transparente et lui rendant sur le même ton sans faillir à sa réputation d'arrogance

- Je ne fuis jamais devant l'adversité, encore moins quand j'ai à mes cotés une présence comme celle de Siobhan. Soyez .. sans crainte.

La voix avait été raffermie aux derniers mots, meme si un vague sourire avait accompagné l'affirmation, si bien une chose qu'il n'accepterait pas c'est qu'on l'emmerde et encore plus durant une fête où il était censé se détendre.. officiellement, la seule personne pouvant mettre un terme au badinage des deux était la jeune femme elle même . Celle ci se leva d'ailleurs, semblant sur la défensive après les paroles de "l'oncle" Irlandais, cela ne devait surement pas être la première fois qu'on devait tenir un tel discours devant elle, elle l'invita à la suivre ce qu'il fit sans hésiter, prenant clope et un verre d'un bon whisky. Il l'accompagna dehors, sans un mot, la laissant les guider vers le lieu qu'elle désirait. Quelques minutes d'un cheminement rendant à leur périple dans les jardins, plus de calme, la musique se faisant plus discrète là où ils se trouvaient, la luminosité elle même se tamisant à mesure qu'ils s’enfonçaient dans sous les arbres.

Le lieu était silencieux et paisible autant que la salle des fêtes avait été bruyante et dynamique. Un arbre en particulier les attira tous deux, un petit banc était devant permettant à ceux qui voulaient de goûter ce calme plus longuement. Neil préféra s'adosser à l'arbre meme allumant à son tour une cigarette, regardant l'ombre projetée par le briquet de la rousse.  La question le ramena à une réalité moins plaisante. C'était donc cela qu'elle voulait savoir de lui ? la première chose, la toute première chose concernait l'IRA. De quoi refréner quelques ardeurs qui auraient pu le prendre. Redevenu le Neil à semi flic, à semi trafiquant aussi durement qu'il avait été emporté par ces élans de bonheur dans la salle.


- C'est donc vous qu'on envoi pour m'interroger à nouveau ?
C'était un reproche clair. Loin de comprendre qu'elle voulait simplement le connaitre ou du moins ses attentions, il se sentait acculé. Il prenait dorénavant bel et bien cette soirée et ce rendez vous pour un plan élaboré dans le but de le questionner encore. Lassitude face à cette situation, plus il grimpait, plus on le serrait de près. Bientot il ne pourrait plus agir comme il le voulait . Mais le pire surement était de comprendre que Siobhan avait joué .. comment oses tu la juger Flicard, tu voulais bien te jouer d'elle aussi. La souris a mangé le chat tu es pris au piège, reprends toi. Il lui fallait cependant enchaîner et ne rien laisser paraître sur cette petite deception qu'il ressentait là, juste au creux de l'estomac, ce nœud qu'il avait oublié quelques minutes en dansant avec elle, il aura au moins eu cet instant de plaisir et de bonheur. Il tira sur sa cigarette affirmant sans hésitation car tel était son role.

- Je n'ai pas rejoins l'IRA
Il vida son verre laissant juste un fond pour la couleur - C'est l'IRA qui m'a rejoins. . Sans un mot de trop pour ne pas se trahir. Si elle avait été envoyée par son frère pour le juger et le jauger, il ne fallait pas se départir de son discours qu'il servait depuis quelques semaines maintenant. Jamais il n'affirmait faire partie de l'IRA gardant sa "liberté" de trafiquants comme si elle était sa priorité. - Je revends des armes à l'origine, de New York à Moscou, peu importe qui me paie. De fil en aiguille je me suis trouver à travailler pour Catham, l'IRA paie bien et Catham m'a offert une possibilité d’évolution parmi vous, je ne refuse jamais quand ca peut me rapporter de l'argent.  Je ne suis pas un de ces dingues de la gâchette nationaliste mais un pragmatique. Etant Irlandais, je suis un peu plus .. proche des affaires concernant l'IRA , un petit bout de landes dans ce monde d'acier et de poudre.  Et vous Siobhan, que faites vous avec l'IRA, votre profil d’étudiante est atypique même pour eux. . La question n'avait cessé de lui brûler les lèvres depuis qu'il l'avait aperçu dans la salle. Non. Elle ne collait vraiment pas avec ces fondamentalistes irlandais. Elle ne pouvait pas , elle était trop fraîche, trop douce, trop amusante pour être de des monstres qui posaient des bombes sur les marchés. S’était-il trompé à ce point ? ce n’était pas possible, elle était un livre ouvert à son regard qui d'ailleurs ne la quittait pas admirant chaque geste qu'elle faisait, le tombée de ses cheveux défaits après leur farandole, la respiration tranquille qui s'évadait d'elle. Non elle ne pouvait pas avoir de sang sur les mains ce serait trop injuste. Le regard de Neil quitta ce phare flamboyant  la tête levée vers le ciel, il laissa le poids de son corps peser sur l'arbre finissant le liquide ambré.

- Vous me plaisez. Cette phrase sortait de nul part, ou plus exactement, elle n'aurai pas du sortir, pas maintenant alors qu'elle l’interrogeais, pas de but en blanc alors qu'il devait etre prudent. Avant à la fete oui elle aurait pu etre de circonstance dans cette ambiance de folie, mais pas là. Trop tard. Il avait parlé. Choisis bien tes prochains mots pour ne pas etre ridicule. Son regard est posé à nouveau sur elle, se durcit un peu, le menton redressé altier- J'ai toujours l’habitude de dire ce que je pense. Si mes manières vous choquent, j'en suis -presque- désolé.
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) EmptyJeu 28 Fév - 15:00

Cela fait des années que Siobhan n'a pas eu envie de séduire un homme autant qu'elle a envie de le séduire, lui. Il est tout ce qu'elle repousse ordinairement, pourtant. Son arrogance en filigrane est trop dansante dans ses prunelles pour être totalement jouée. La jeune femme a entendu les rumeurs qui courent sur lui et les commentaires récents de ses amies si pipelettes quand elles ont remarquées son intéret. Colérique, peu avenant, rarement deux fois avec la même femme. Bien trop proche de Catham à son gout. Elle n'a vraiment pas besoin que les deux hommes discutent de leurs prouesses de la veille le lendemain! Et Siobhan a beau adorer son frère, son comportement avec ses différentes copines est plus que discutable. Elle sait très bien qu'il les trompe sans le moindre remord avec le premier minois qui passe. Si jamais elle suit son impulsion et cède à la tentation que Neil représente, et que Catham l'entraine dans ses virées débridées, elle va vite, très vite, TRES TRES VITE ne pas le supporter.  

Toutes ces raisons, parfaitement logiques, ne sont d'aucun secours face à l'alchimie qu'elle ressent à ses cotés. Il y a plus qu'une attirance physique, bien qu'elle soit présente. Elle a envie de l'entendre rire, de découvrir l'éclat de ses prunelles sous une taquinerie ou une malice un peu plus acérée. Elle veux s'immerger dans le tressaillement délicieux qu'elle a ressentit au contact éphémère de ses lèvres sur sa peau. L'irlandaise retrouve les émois troubles des  premiers amours, avec une bonne dose de timidité en moins. C'est sans doute pour cela que la perspective de le laisser diner entre les griffes de Deirdre l'herisse.  Elle n'a pas hésiter à lier sa main à la sienne et la manière dont il répond, dont sa paume enlace la sienne lui hote tout doute sur son impulsion.

-Comment? Vous ne sauriez pas vous défaire d'attentions impertinente? Votre vie doit être un enfer.
Ne peut elle s’empêcher de lui répondre, la douceur de son regard porté un instant dans le sien atténue le coupant de sa langue. -Croyez moi, elle vous aurait sans doute fait passer une soirée animée. -Deirdre n'est pas réputée pour son caractère farouche, pas d'avantage que pour la subtilité de ses approches. - Vous êtes sur que vous ne voulez pas que je vous raccompagne à elle?

Jamais de la vie.  Siobhan est complement imperméable à la surprise que la tablée peut éprouver à la voir revenir en compagnie de Neil. Elle a envie de suivre le murmure languissant qui ne la quitte plus depuis qu'elle a posé les yeux sur lui. Le sourire de Catham est bien trop large à son gout et elle lui adresse un regard muet d'avertissement. Connaissant sa soeur, il se détourne, ayant bien du mal à dissimuler son hilarité. Le début du repas se passe en douceur et elle commence à se détendre. Bien mal lui en pris.  Elle aurait du prévoir l'attitude un peu trop protectrice de Baile à son égard. Elle n'a plus quinze ans. Cependant, l'Irlandaise ne se fait pas d'illusion. Il ne s'agit pas que de cela. Il teste le caractère, le répondant de sa recrue. Regarde un peu comment il se positionne lorsqu'il est confronté directement.

Parfois, souvent, elle est lasse que sa vie soit si intimement liée à celle de l'Organisation terroriste. C'est un des rares points sur lesquels ils divergent réellement avec son aîné. Il adore cette vie là. L'adrenaline, le fric facile et les filles tout autant, il s'immerge dans cette cause perdue d'une Irlande du Nord catholique et souveraine, ne se révélant parfaitement entier que lorsqu'il est entouré des autres soldats. Elle ne partage pas ces vues. Ces idéaux. C'est sans doute la raison principale pour laquelle elle n'a pas resisté à ses parents quand ils l'ont éloignés à Dublin. La manière dont Catham plongeait de plus en plus  lui devenait de plus en plus irritante. Elle n'est ni totalement naive ni totalement hypocrite. Une partie de l'argent qui se trouve sur son compte, la nymphe ne l'a pas gagné elle même.  Son appartement, elle s'en appercue il y a peu, là où elle pensait le louer légitimement, a été racheté presque immédiatement après, immeuble compris, par l'Armée. Blanchiment d'argent classique qu'elle ne dénonce pas plus que ca. Elle écoute la passe d'arme entre Baile et Neil. Elle n'en est que le prétexte. Sous des gants de velours et des paroles feutrées, ils se testent. Et la jeune femme finit par agacer d'en être le prétexte. Rapidement, elle prend congé des deux hommes. Invitant le jeune homme à le rejoindre si il le souhaite.

Elle retrouve un peu de son sourire alors qu'il se rapproche d'elle.  Siobhan a besoin d'un peu de calme. D'apprendre à le connaitre sans avoir un nombre incalculable d'yeux sur eux. Elle inspire une profonde boufée de cet air aux fragrances fleuries encore perceptibles de la journée. Il ne fait pas froid et au contraire, la légère brise a une douceur tendre sur sa peau. Cette semi pénombre est propice à quelques instants qui n'appartiendrait qu' à eux, loin de tout theatre social. Neil se déplace avec la souplesse d'un félin, ses pas presque silencieux dans le sous bois alors qu'il s'attarde sous les branches, le tronc pour support. Elle aime la ligne déliée de son corps, ce qui pourrait presque être de la tendresse quand il l'observe. Avant qu'elle n'ouvre la bouche. Soudainement elle a l'impression qu'il vient de claquemurer fenêtres et volets. L'éclat particulier de ses prunelles s'est durcie. Sans même l'avoir désiré, la jeune femme vient de changer la note de l'instant, de trancher dans le badinage taquin qu'ils partageaient jusque là.

Et sa réponse.... L'agace. Tout autant que la réprobation et la critique qu'il lui adresse par ces simples mots. Il vient de s'aventurer sur une plaque de glace très fine qui n'est pas certaine de supporter le poids de ses pas.  Siobhan pourrait lui répondre immédiatement mais décide de le laisser s'exprimer. Elle n'aime pas la nature nouvelle du nœud qui vient de se former dans son ventre. Avec une pointe de surprise à son propre égard, elle réalise qu'il vient de la blesser en la prenant pour le prolongement de l'Ira.  Elle n'est pas certaine d'avoir pu le dissimuler totalement de son regard tant elle n'y était pas préparée. A quel moment a t'elle déjà abaissé sa méfiance pour lui permettre de l'atteindre aussi facilement? C'est presque effrayant.  En silence, elle fume sa cigarette, l'écoutant sans le couper.  Quelques secondes, elle se déplace pour venir empaumer son verre de vin dont elle boit une gorgée.

Un pragmatique. Un dealer. Un marchand. Attiré par les sommes colossales qui transitent par l'Ira, avec une pointe, peut être de patriotisme.  Pas un fanatique, mais les pieds sur terre. Elle lui adresse un sourire en lame de couteau lorsqu'il lui retourne sa question.  Un pas en avant, se rapprochant de lui, juste assez pour ne pas avoir besoin de parler plus haut qu'un léger murmure.  Elle écrase sa cigarette de la pointe de sa chaussure, non sans en rallumer une seconde illico. Preuve parfaite de sa nervosité sous le vernis de calme.

-Personne ne m'envoie. Tous les hommes qui me tournent autour depuis que j'ai quinze ans sont autant excités par moi que par leur flingue ou par les futures prouesses qu'ils vont déposer à mes pieds en trophées en espérant que cela me fasse chavirer  entre leurs bras. A dix sept ans, c'est très romantique, à vingt-cinq ans,  c'est incroyablement creux et lassant. Je n'ai plus envie de perdre mon temps avec ce genre de mec là.

Dont il ne fait pas partie. A priori. Est ce qu'il peut entendre la zébrure et le craquement de l'eau glacée qui se fissure de plus en plus sous sa position? Du bout des doigts elle fait tourner son vin dans le verre à pied. Elle aime plus que de raison son franc parler et son arrogance.... son arrogance est terriblement bien étayée.

-Vous me plaisez aussi. -Il serait absolument idiot de le nier. Elle le ressent depuis l'instant où Catham l'a présenté à son nouveau lieutenant. Et cette fois, il y a le retour d'une petite bulle d'amusement dans son ton. Cependant, elle lève la main. L’empêchant d’enchaîner sur ce point précis.

-Mais vous m'avez demandez ce que je faisais pour l'Ira. La réponse la plus rapide est Rien. Mais vous ne me croiriez sans doute pas.
-La couche de gel vient définitivement de se rompre, onde polaire qui se précipite pour le noyer. Une petite moue à ses lèvres. Comment expliquer sa position à un homme étranger aux liens étroits qui se forment entre tous. - Je suis.... well... I'am a Legacy. Vous voyez ces pouliches de prix qui sont sélectionnées, choisies pour leurs qualités génétiques et montées  par des étalons tout aussi trié sur le volet, dans le but d'avoir des poulains parfaits? -La comparaison est d'une brutalité absolue. Mais elle fréquente ce monde depuis trop longtemps pour avoir la moindre illusion sur sa place.  - C'est un peu mon cas. En moins vulgaire, nous sommes civilisés, parait il... Ma famille a joint le combat de l'Ira depuis sa création je crois. Mon grand père, mon père, mon oncle, mon frère ont tous rejoint les rangs, je pense que vous voyez le tableau.  Je suis censée, le moment venu, blablabla , transmettre à mes propres enfants, la flamme patriotique, blabla. Baile a pendant un temps caressé l'idée que je serais la future épouse de son fils, Kenan. Nous sommes sortis quelques mois ensemble, avant que je ne parte faire mes études à Dublin. Il s'est un tout petit peu emporté, il m'a frappé une fois, je lui ai brisé trois doigts et Catham... Non. Vous ne voulez pas savoir ce que Catham lui a fait, ce n'est pas une histoire pour un mariage.

Elle se tait, laissant reposer le poids de ses paroles entre eux. C'est rare qu'elle avance aussi franchement ce qu'elle ressent. Et si Neil décide qu'elle est tout petit peu trop flippante, elle le comprendrait sans doute. - Personne ne m'envoie, parce que personne ne le peut. Le Soldat de la Famille, c'est Catham. Après, nous discutons parfois -Parfois seulement hein? Oups. mais il est un peu tot pour qu'il ait conscience à quel point elle est informée du moindre détail- de ses opérations, de ses transactions. Je l'accompagne aussi lorsqu'il a besoin d'un element temporisateur ou plus diplomatique. Je suis également à ses cotés quand il doit faire des visites plus... douloureuses. Soit à celles qui vont attendre leurs hommes des années dans un parloir, soit à celles qui n'ont plus qu'une pierre tombale pour consolation.

Un pas de plus qui la conduit pratiquement contre lui. Il est légèrement plus grand qu'elle, aussi Siobhan penche t'elle légèrement la tête en arrière. Elle a envie de clore cet instant. Elle n'a pas envie d'amertume avec lui. Son sourire se fait moins acre. Moins dur. Parce qu'elle n'a pas envie que cette incompréhension de qui ils sont implose ce qui pourrait naître entre eux. Parce qu'elle veux une chance avec lui. Même si au final, cela ne débouche sur rien. Parce qu'elle a cru voir chez lui une volonté jumelle. Peut être.

-Tu me plait, Neil. Et tu m'attires tout autant... Mais tu m'as vexé en pensant que j'étais là pour te tester ou reporter à je ne sais qui tes propos. Comment comptes tu te faire pardonner? -L'arrogance, ils se la partagent à part égale. Pourtant, le timbre de sa voix est loin de toute froideur, à l'instar du feu qui couve dans ses prunelles.
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Neil Flaherty
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) EmptySam 9 Mar - 13:26

Tout fout le camps, tout se casse et se brise par le contact d'une fine main dans la sienne et sa voix délicatement amusée évoquant une rousse aux moeurs faciles. Volonté, boulot, haine tout est balancé à la poubelle pour renaitre en d'autres sentiments qu'il n'a plus connu en plus de 15 ans, voir à peine effleurés dans son enfance. Etre à coté de Siobhan, lui tenir la main, sourire véritablement à ses mots tout semble aussi naturel que respirer . La renaissance est violente , encore farouche, inaccessible et tellement lointaine, mais pourtant, pourtant le voici prêt à prendre ce risque étonnant, alors que la volonté de tous les briser et de les arrêter était si présente voici encore moins d'une heure. Faisant pression sur sa main il stoppe leurs marches vers la table des mariés faisant face à Siobhan gardant un air sérieux en lâchant ces quelques mots murmuré en un secret qu'ils auraient implicitement.

- Ma vie est un enfer, vous n'imaginez pas, devoir repousser bon nombres de donzelles sous peine de crouler sous elles, pauvre vie que la mienne. Si vous désirez Mademoiselle O'Sullivan je peux aller la retrouver et lui dire combien son strabisme à loucher sur moi me fait de l'effet et je suis certain qu'elle me laissera explorer en .. profondeur .. ses charmes. Osé, comme toujours, la réussite dans le culot cela avait toujours été son crédo, si ce n'est la fin de sa phrase dans un sourire non équivoque. Il ne partira pas de l'aura de la rouquine qui le tient par la main sous aucun prétexte, devrait-il y avoir un cataclysme autour d'eux, ils sont et resteront unis quoiqu'il en coûte. le début du repas en charmante compagnie et l'entrée en matière brutale de Baile sont une suite amenant à les faire s’éloigner de la salle pour se retrouver sous le couvert des arbres du parc attenant . Ils sont seuls, avec ce besoin de se découvrir, ou de ... s'interroger.  Siobhan lance maladroitement sa question, Neil la comprend de travers, voilà comment on en arrive à basculer d'un instant de grâce à celui plus frais d'un éloignement.

Elle le laisse parler, lui mentir pour la première fois sur ce qu'il est, après tout, elle veut connaitre celui qui trafique avec son frère et pas l'homme derrière alors qu'est-ce que cela peut bien faire. Il se sent mal, il n'aime pas ce mensonge qu'il distille à tous, pourquoi a t-il fallu qu'ils l'envoient elle, qu'elle aille au diable elle et ces satanés irlandais. Tous pareil dans l'omerta irlandaise. Alliés, amis,tueurs, traîtres, tous à exterminer.  Il sent et ressent bien la distance qui s'est instaurée après son "interrogatoire" court et qui se retourne contre elle mais il n'a prit aucun plaisir à conter encore cette histoire à dormir debout sur ce qu'il etait supposé etre, ni qu'elle lui pose ce genre de questions. Et encore moins qu'elle se soit amusée à jouer au joli coeur avec lui, nous ne parlerons pas ici de la distance ... Il a trop aimé cette sensation de vie, de bonheur, de légèreté avec elle dans la salle de noces pour supporter quelques minutes plus tard cela. Non il n'aurait pas du se laisser aller à vriller pour elle, c'est peut-etre mieux ainsi qu'elle ait lâché le morceau avant qu'il ne soit plus capable de se contrôler, ca les remet en place dans leurs rôles respectifs. Et voilà qu'elle se rapproche de lui. Innocemment, presque si ce n'est cette nervosité cachée derrière sa seconde cigarette. Son regard ne flanche pas s'accrochant au sien dans un défi nouveau.

Personne ne l'envoie ? Il ne peut cacher son soulagement à cette presque vérité, il a du mal à y croire, à croire que ces instants n’étaient pas feints . Il écoute encore sans mots dire et son cœur se met à battre plus vite. Il n'est pas même énervé par le fait qu'elle le prenne pour ce genre de type qui vient poser ses trophées sanglants pour se taper une partie de jambes en l'air, ca aurait pu etre vexant, mais le fait qu'elle l'ait interrogée pour en savoir plus sur lui compense amplement cette faute de discernement. Peut-etre après tout ne s'etait-il pas trompé autant que sa question lui ait fait croire, aucune mauvaise malice en elle c'était une libération étrange. Il en redevient amusé, perdant le ton hautain pour retrouver le badinage qu'il apprécie en sa compagnie, meme si son discours est direct, il perce la fin manteau glacé et s'y engouffre.


- Siobhan, je ne suis pas ce genre d'homme, Plus jeune peut-être mais aujourd'hui j'ai passé l'age de me vanter pour avoir ce que je veux encore moins auprès d'une femme. Je sais que certaines femmes adorent se sentir avec l'étalon de service qui lui ramène le trophée le plus affriolant,  pour moi ce genre de discours est juste bon pour les putes d'Ohara, pas pour vous. Mes affaires restent privées, mes exploits également. Que cela plaise ou non je m'en moque. Avec vous j'ai juste envie d'etre honnête, autant que ce mot puisse exister dans ce que nous faisons et avec ceux qui nous entourent.

Les choses étaient claires, au moins pour lui. Il parlait sans réfléchir aux conséquences, sans même penser à ce qu'il disait, son cœur déversait ces mots avec une simplicité déconcertante, le pire étant surement qu'il en pensait chaque syllabe, chaque souffle. Le regard arrogant fissure la glace entre eux, elle se rapproche, l'effleure, le charme aussi simplement que cela. Il retrouve là, la chaleur de leur rencontre sans aucun faux semblant revenant en son esprit, tout ce qu'il avait ressenti et surement encore des flots lui arrivant dessus pour le submerger. Neil putain tu déconnes !! Cesse de la regarder ou sautes là rapidement, mais putain arretes de déconner. Si elle n'est rien pour l'IRA, son frère c'est autre chose, tu n'as pas le droit d'oublier pourquoi tu es là.

Pourtant il oublie en l'écoutant tout en s'imprégiant de ce délicieux parfum sucré qui lui arrive en effluves legères par la brise tortionnaire qui ne veut pas lui laisser un instant de répit.  le discours de Siobhan est étrange pour lui qui malgré son coté Irlandais ne connait de l'IRA que la face cachée de l'iceberg et non pas toutes les nuances. Il les découvre ici, et ce n'est guère joyeux autant pour Siobhan qui n'est juste qu'un pion qu'on bouge de temps en temps, que pour ceux qui font parti de sa vie. Tous pris dans un tourbillon qui menace chaque vie si ils s'en écartent un tant soit peu, cette révélation oscille entre l'apaisement de la savoir hors ce contexte de mort, mais aussi l’énervement qu'on puisse utiliser cette femme et surement bien d'autres comme des pions vaguement utiles par concours de circonstances.  L'évocation de Kenan lui fait serrer le poing avant qu'il ne tire une dernière fois sur sa clope .


- Ce type est un faiblard, je l'ai rencontré il ne vaut rien en tant qu'homme de main et maintenant je le trouve pitoyable en tant qu'homme. S'il n'y avait pas "Papa" pour lui dire comment lasser ses chaussures, certains que le gosse ne ferait pas long feu dans le métier. Je te promets qu'il ne t'approchera plus, fils d'O'Donaigh ou pas, je m'en carre complètement. Et tu peux aller le lui dire, j'assume mes paroles. C'est aussi quelque chose que tu apprendras de moi, je dis ce que je pense et je pense ce que je dis, j'ai été elevé ainsi

- Si tu es une .. pouliche saches que l'on dit de moi que je suis un connard acariâtre, hautain, blessant et surement d'autres qualificatifs, il te suffit de demander aux autres pour savoir. Tu crois que tu prendrais le risque d'abandonner tes étalons de luxe trié sur le volet pour quelqu'un comme moi ?


C'était bien évidemment rhétorique. Neil est ainsi, alliance d'une froideur et d'une douceur dans la meme phrase, l'une est son abri, l'autre peut-etre son etre profond . Il n'avait jamais su trouver d’équilibre entre ce qu'il était, ce qu'il voulait etre et ce qu'il disait être. Seul depuis ces 16 ans, sauf un vague mariage qui n'avait pas duré, il n'avait jamais pu etre lui meme et il ne craignait pas de passer pour le roi des salops surtout ici où le petit se fait toujours pouffer par plus dangereux et ainsi de suite. Pourtant aujourd'hui dans ce lieu incongru avec cette femme interdite et dangereuse il ne craignait pas de se dévoiler et se laisser aller à s'affaiblir face à elle. Il lui plaisait, aussi étonnant que cela pouvait paraître, ils étaient tellement différent , mais les opposés ne s'attirent-ils pas ? Et tout change, aussi évidant qu'ils étaient à deux doigts de se bouffer quelques minutes plus tot, il redevienne badin, laissant libre court à l'envie irrépressible se de rapprocher, et surement d'aller plus loin que quelques mots de désirs.

- Comment je compte me faire pardonner ? L'esquisse d'un sourire aux reflets amusés, le jeu reprend entre eux - Mais c'est toi qui doit te faire pardonner ta question idiote et aussi pour m'avoir prit pour un saltimbanque aux trophées.

Sa tête doucement en arrière en le regardant est une invitation silencieuse, ils savent tout deux comment cela va finir. Ses lèvres frôlent les siennes , elle peut sentir le souffle chaud mourir sur elle sans pouvoir prendre ses lèvres pourtant si proches. Il aime faire durer l'instant, la frustrant et se frustrant pour la même occasion ca n'en serait que meilleur, ses mains se posant de chaque coté de son visage l'entourant avec une douceur qu'on ne pourrait soupçonner chez un type comme lui. Sa peau était exquise, d'un grain régulier, d'une blancheur tout irlandaise rendant à sa chevelure le feu qu'elle méritait.  Son regard profondément ancré dans le sien tandis que leurs corps n'étaient plus séparés que par quelques infimes centimètres qui s'amenuisait de secondes en secondes. Et bien que le jeu de la frustration soit agréable quelques instants, Neil éprouvait un manque réel de ne pouvoir l'embrasser , manque qu'il combla unissant leurs lèvres dans un baiser d'abord leger, perdant les dernières barrières que son ame aurait pu tenter de lui instaurer, c’était bien trop tard. Ses mains glissant le long de son cou, de ses épaules, de son corps pour l'entourer de ses bras pendant qu'emporté par le désir qui naissait entre eux , l'urgence aussi de ce baiser dont ils avaient éperdument besoin autant l'un que l'autre , promesse d'autre chose qu'une simple nuit qui allait les étreindre, pacte scellé d'un baiser au lendemain encore inconnu et pourtant vécu mille fois avec elle.  
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) EmptyMar 12 Mar - 17:38

Had I the heavens’ embroidered cloths Si je pouvais t’offrir le bleu secret du ciel,
Enwrought with golden and silver light, Brodé de lumière d’or et de reflets d’argent, 
The blue and the dim and the dark cloths   Le mystérieux secret, le secret éternel,
Of night and light and the half light,   De la vie et du jour, de la nuit et du temps,
I would spread the cloths under your feet: Avec tout mon amour je le mettrais à tes pieds.
But I, being poor, have only my dreams;   Mais moi qui suis pauvre et n’ai que mes rêves,
I have spread my dreams under your feet;  Sous tes pas je les ai déroulés.
Tread softly because you tread on my dreams. Marche doucement car tu marches sur mes rêves.


Yeats, Aedh Wishes for the Cloths of Heaven


A quelques mètres de rejoindre la table d'honneur, il l'immobilise, créant une sphère intime autour d'eux. Il lui suffit d'un rien. Juste de ses doigts qui enlacent les siens, avec un peu plus de force, un peu plus d'intensité, pour qu'elle saisisse et s'arrête, proche à le frôler. Siobhan se tourne vers lui et cette fois, ne peut retenir un éclat de rire complice devant l'outrageuse insolence de ses paroles. - Mon coeur saigne pour vous. Vous dévouer ainsi pour toutes ces femmes en manque d'un mâle. Vous devez être un ange, vraiment! Je devrais peut être vous laisser poursuivre votre vocation?

Impossible. Il n'y a rien qui pourrait la retenir de passer le reste de la soirée avec lui. Elle ressent le besoin profond, intense, brûlant, de le retenir auprès d'elle. De l'apprendre, secondes après secondes. La Sylphide ignore tout de lui, sinon cette évidence qui bouleverse la manière dont elle mène ses relations à l'ordinaire. Elle n'a jamais cru aux coups de foudres. A une attirance fulgurante et réciproque. A cette certitude d'avoir découvert la partie manquante de son coeur et de son esprit. Pour la première fois en vingt-cinq ans, elle se découvre bien proche d'y croire. Il suffirait peut être qu'ils couchent ensemble pour dissiper l'intensité qui les lie. Peut être. Pourtant, Siobhan n'a pas envie de céder si vite, non pour un désir quelconque de protéger l'idée qu'il pourrait avoir de sa vertu -Elle est suffisamment à l'aise avec son corps et sa féminité pour ne pas devoir s'imposer de limites- mais parce que ces pas de danses séducteurs la font vibrer. Elle a envie de profiter de ces instants dorés et languide où tout est encore possible.

Pourtant, l'attitude de Baile, la manière si typiquement masculine avec laquelle Neil y répond, créer un besoin de solitude. De l'extraire de la scène publique, de l'attention qu'ils attirent pour n'être plus qu'Eux. Sans théâtre ni jeux. Juste Eux. L'atmosphère plus calme, plus sombre des jardins s'impose d'elle même. Son entrée en matière est trop brutale. Elle manque de tact, elle le réalise trop tard. La rousse aimerait retenir les mots à l'instant où ils quittent ses lèvres. Qu'est ce qu'il y a chez lui qui la transforme en une adolescente maladroite? Si facilement, si aisément, ils s'égratignent l'un l'autre, bien loin des volutes frivoles, mutines de leurs précédents échanges. Mais l'Ira a une place prépondérante dans sa vie. Depuis toujours. Et Neil est immergé dans cet univers là. Ho, elle ne se fait pas d'illusions. Catham a tué son premier homme avant ses dix neuf ans. Elle en porte le poids avec lui. Toujours. Et refuse de s'aveugler sur l'homme qui se tient devant elle. Si Siobhan prend le risque de s'avancer vers lui, aussi bien physiquement que mentalement, ce ne sera pas juste pour sa belle gueule.

La jeune femme ne l'interrompt pas et il lui offre la même courtoisie, ses prunelles absinthe plantées dans les siennes. S'attendait il vraiment à une succube avide de sang et de trahison? Elle espère que non. La tension se dérobe entre eux, à ses paroles qui écartent la main de l'organisation de leurs têtes. Siobhan, malgré tout, est sa propre femme. Elle n'obéit qu'à elle même. Et parfois, écoute un peu son frère. La froideur de Neil s'étompe et se dissipe, et déjà, elle en retrouve son sourire plus léger. N'ayant pas conscience combien son humeur s'est accordée à celle de l'homme en face d'elle. Combien l'éclat amusé de ses iris et la moue arrogante de sa bouche dessinent ses propres sourires.

-Je ne vous demande rien d'autre. Mais il me semblait un peu compliqué de pouvoir le deviner d'un regard. Je ne suis pas une Cailleach
-Il peut sentir qu'un nouveau rire est tout juste retenu à l'orée de sa gorge- Vous devriez éviter de mentionner le plus gros bordel de Belfast, je pourrais croire que vous en êtes un client fidèle...

Quoique... Au final, elle s'en moque. Elle ne va pas commencer à s'interroger sur toutes les nanas qu'il a pu se taper. Elle devine que la liste est longue. Il est bien trop séduisant pour passer ses nuits en solitaire. Sans compter l'aura de solidité qui émane de lui. Il est complexe, bien plus que l'impertinence qu'il affiche si clairement. Ses doigts frémissent de l'envie de le toucher, de le sentir tressailler sous un contact trop léger pour etre satisfaisant. Et le soupire languide qui s'exude de sa bouche framboise est traître des désirs contraires qui fusionnent en elle.

Il se crispe quand elle évoque Kennan et la suite de ses paroles! Ses iris s'agrandissent à sa déclaration et le coin de ses lèvres se relèvent. Il est sérieux? Oui. Il est sérieux. Et cette fois, l'amusement n'est pas contenu. Son rire résonne entre eux, effronterie et audace qui se mêlent, inséparables, faisant écho aux cris d'un oiseau de proie qui s'envole d'une des plus hautes branches, ayant sans doute répéré un rongeur inconscient. - Neil... j'ai dit Pouliche, pas Potiche. Je n'ai certainement pas besoin que tu me protèges de lui, je suis largement capable de m'occuper de lui moi même si il s'égare à nouveau. Et de tout autre qui voudrait s'y risquer. -Une pointe de sérieux est clairement perceptible dans son ton et son regard se fait plus aiguë- Contrairement à ce que Catham a l'air penser, ce que Baile a pu laisser entendre, je ne suis pas une demoiselle en detresse. -Elle secoue légèrement la tête à ses mots, mordillant sa lèvre inférieure. - Est ce que tu vois beaucoup d'étalon de luxe autour de moi? Ils ne m’intéressent pas. Pas plus que demander aux autres leurs avis sur toi. Je préfère l'apprendre par moi même. De toi. Je ne cherche pas un protecteur. Je ne veux pas d'un protecteur. Toi. Toi par contre... c'est différent. Si tu arrives à ne pas me considérer comme une poupée de porcelaine, je pense que je serais prête à prendre beaucoup de risque, oui...

Elle n'a pas l'intention de se dévoiler aussi rapidement sur ce qu'elle recherche. Il aura bien le temps de l'apprendre et de le découvrir. Ou pas. Siobhan veux bien plus de lui qu'une étreinte rapide, tous ses instincts lui hurlent que c'est aussi le cas pour lui. Mais elle n'en aura la certitude que dans les lendemains. Il lui est impossible de détourner les yeux. Siobhan n'a qu'un seul désir, c'est de franchir le pas qui le sépare encore de lui.

-Un saltimbanque aux trophées... j'aime cette image! -Une pause qui s'instaure entre eux, la peinture d'une réflexion qui n'en est pas une. Ses prunelles s'ombrent et sont plus intenses dans les siennes, caramel chaud- . Laisse moi le temps de reflechir à quelque chose... de convenable pour cette offense à ton égo.

Sa nuque qui s'incurve vers elle. Pas encore assez, conservant cette infime distance qui achève de la troubler. Sa respiration s’abîme à sa peau, envoûtante proximité de cette bouche qui se refuse. Siobhan tressaille si perceptiblement au contact brûlant de ses paumes à ses joues. C'est elle qui décime la distance qui persistait entre leurs corps. Elle s'abat contre lui à l'instant où leurs lèvres se trouvent enfin. Plus un brin de vent ne peut s'infiltrer entre eux. Son buste s'adoucit contre son torse, ses jambes trouvant refuge avec les siennes. Ses doigts quittent la nacre de son visage et dérivent à sa taille, mouvement qui trouvent son miroir dans ses propres paumes qui se réfugient à ses hanches, délibérément sous sa veste, froissant le tissu sombre de sa chemise. Leur baiser, si léger, si doux, s'approfondie à la mesure des vagues de désirs qui les rejoignent. Sa bouche s'ouvre sous la sienne et c'est sans hésitation que sa langue vient chercher la sienne, la cueille pour mieux la gouter, la découvrir. Elle n'a jamais embrassé avant de l'embrasser Lui. Il balaie toutes ses relations passées, elles n'étaient qu'un vague prélude, un prémisse aux sensations qui la gagnent entre ses bras. D'une puissance et d'une vérité qu'elle n'a jamais fait qu'effleurer jusqu'ici. C'est le souffle altéré qu'elle le rompt après une éternité, sans avoir quitté l'ancre de son regard. -Mardi. Mardi soir, tu viens me chercher à vingt heure. -Son timbre est légèrement mal assuré et ses lèvres lui paraissent engourdies de l'absence des siennes. Sans même connaitre l'issue de cette nuit, il lui est intolérable de ne pas imaginer le revoir. -T'accorder un second rendez vous est une contrition suffisante?

Il n'aura pas le temps de répondre, que ce soit pour accepter ou refuser. Déjà, elle l'embrasse à nouveau, retrouvant la douceur presque trop violente d'un second baiser. L'idée même de retourner dans la salle ne lui traverse pas l'esprit. Elle n'en a aucune envie. Siobhan mordille quelques brefs instant sa lèvre inférieure avant de la relâcher, à regret. Ses mains se sont resserrées autour de sa taille, les joignant plus étroitement encore. Avant qu'une voix par trop nasillarde ne fracasse le calme des sous bois.

-Siobhannnnnnnnnn! T'es où bordel! Ca fait une heure que je te cherche!
Au creux de l'étreinte de Neil, il peut entendre le soupire de frustration de la jeune femme et son très distinct, alors qu'elle rompt leur baiser - Tout le monde, mais pas elle, pitié. -Avec un regret palpable, elle fait un pas en arrière, quittant le refuge des bras de l'irascible Irlandais, laissant simplement une main sur sa taille. - Fiona, casse toi!
-Ha t'es là! Mais qu'est ce que tu fous! La première danse va bientot commencer. .. et .... Haaa... je comprends mieux!

Une grande brune finit par émerger devant eux, manquant un pas sur deux de s'enfoncer avec ses talons aguilles dans le sol trop meuble. Elle pourrait être jolie si elle ne ressentait pas le besoin de se défigurer avec bien trop de maquillage. Son parfum capiteux envahit l'espace personnel de Siobhan quand elle continue d'approcher, venant se placer à la droite de Neil, auquel elle s'adresse d'une voix bien plus contrôlée, aux accents d'un flirt totalement assumé.
-Je vois que Catham a réussi à te convaincre de distraire cette pauvre Siobhan, elle est un peu seule depuis son retour de Dublin et sa rupture avec Teague. J'espère qu'elle n'est pas trop acide avec toi?
Ho putain. Si elle continue comme ca, Siobhan ne donne pas cinq minutes avant de lui faire bouffer de l'écorce d'arbre. L'oeuillade que lui lance la brune lui indique qu'elle a parfaitement conscience des pensées de la jeune femme mais qu'elle se pense intouchable depuis qu'elle sort avec Catham. Elle pose une main aux ongles peint en rouge vif sur l'avant bras de Neil, presque sur le dos de sa main. La seule raison pour laquelle Siobhan n'intervient pas, c'est qu'elle ne sent pas encore légitime. Emphasis sur le Encore.
-Fiona, sérieusement, dégage. on arrive.
Celle ci n'écoute pas et se penche vers le jeune homme dans un mouvement voulant créer une certaine intimité avec celui ci. Et une vue plongeante sur sa robe un peu trop décolté et un peu trop courte pour ne pas friser avec le vulgaire.
-Neil, quand je te dis qu'elle mord, cette irlandaise. Tu sais, je crois que tu manques à Mona depuis nos deux dernières nuits chez Catham.

Le sous entendus est tellement clair, tellement dénué de subtilité qu'il arrache un rire à Siobhan. Qui se transforme en fou-rire à l'évoquation de Mona. Avant qu'elle ne jete un regard, clairement amusé à Neil.

-Fiona ET Mona? Ce n'est plus de la dévotion à ce stade! C'est carrément de la vocation voir un sacerdoce! J'admire vraiment ton implication. Il était vraiment temps que je revienne de Dublin pour te sauver de ce genre de... conquètes! Catham, je lui pardonne, il est incapable de réfléchir plus loin que son bas ventre. Et encore, heureusement qu'il se tape Caitrin régulièrement pour compenser!
Les traits de Fiona se sont durcis à l'évoquation des infidélités de Catham, non qu'elle ne pouvait s'en douter, elle connait elle aussi trop bien le caractère du rouquin. Mais entendre Siobhan le lui balancer en pleine tête, sans le moindre tact est encore autre chose.
-T'es vraiment qu'une salope. Tu te barres quelques années à Dublin, tu reviens et tu crois que tout le monde va tomber à tes pieds? Mais regarde toi! T'es malade de jalousie à l'idée que je passe du temps avec Cat'. T'es sa soeur , connasse. Pas sa meuf. Pour un peu, je vais croire que tu as envie de te le taper, ouais! et je suis pas la seule à le penser. Neil, tu devrais te méfier, tu va finir par la retrouver dans le lit de son frère!

La colère qui envahit Siobhan dépasse le stade du simple énervement. La main qui était encore sur la taille du lieutenant de son frère s'est raidie et elle la retire avec une douceur meurtrière. Et le ton de sa voix quand elle s'adresse à lui est d'un calme bien trop controlé, alors que Fiona, qui n'a pas encore compris le changement de tempête la regarde de haut, triomphante de lui avoir cloué le bec. Pauvre conne. -Ce n'est pas tout à fait comme ca que j'avais envisagé la suite de notre soirée, Neil. Mais là.... -et son timbre... son timbre est une promesse d'une violence à peine bridée. Fiona , qui n'avait pas retiré sa main du bras du transfuge, en entendant la tessiture de Siobhan pâlit brutalement. C'est trop tard. La main droite de Siobhan s'est détendue et est venue la frapper avec une sauvagerie parfaitement distillée. Elle accroche la pommette de ses phalanges, sans la moindre retenue. Sur ses talons hauts, elle n'avait aucune chance et bascule rudement en arrière, le visage enflammé, ensanglanté par le coup recu. Déjà, Siobhan se détourne d'elle. Non sans l'achever :
-La prochaine fois que je te dis de te barrer, tu le fais. Là, tu dégages. Je te parles pas de dégager de ma vue. Je te parle du mariage et de la vie de Catham. La prochaine fois que je te vois avec lui, je me ferais un plaisir de lui rapporter cette conversation. Mot à mot. Et crois moi, sombre conne, tu n'as pas envie de savoir ce qu'il pourrait te faire pour le genre de saloperie que tu viens de débiter. C'est pas une menace. C'est une promesse.
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Neil Flaherty
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Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) Empty
MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) EmptyDim 31 Mar - 12:43

Le regard, de Jean-François Pellet
Recueil : Le barde des Vosges (1828)


Oh ! qu'un regard, doux messager de l'âme,
Quand il lui plaît sait bien nous émouvoir !
C'est là qu'Amour en traits de flamme,
Mieux qu'ailleurs grava son pouvoir.
Pour triompher d'un cœur rebelle,
Pour enchaîner un amant à son char,
Vous le savez !... que faut-il ?... d'une belle
Rien qu'un regard.

Et son regard aux couleurs noisette l'avait fait chavirer, un instant flic sur de lui, seconde suivante un être amoureux de celle qu'il devait conquérir. La situation aurait pu être cocasse si elle avait été conté de la sorte à un public attentif. Il ne riait pas cependant, emporté par un pouvoir plus fort que la colère, maîtresse de son coeur depuis 20 ans, l'amour. Ce sentiment que l'on refoule, que l'on croit connaitre, dont on se moque, comme de ceux qui sont amoureux. Perdre pied en voyant une personne dont on tombe amoureux, quelle rigolade. Et un jour, on la rencontre ... Pour Neil cela avait été ainsi, à son caractère acariâtre, personne et encore moins lui meme n'aurait pu s'imaginer un jour ressentir CA. Ce "ça" inattendu, impromptu dans leur situation , et pourtant ce" ça " qui le frappait avec une telle évidence qu'il ne réalisait même pas toutes les conséquences futures. Non. Il profitait d'un coeur battant, d'un corps se réchauffant au contact d'une rousse, de sa main, de son souffle, de leurs échanges. Et ils avancent, ensemble, dans une direction commune qui les menera dieu seul sait où. Ils n'en savent rien, mais ils avancent, par leurs discussion, par la découverte mutuelle de ce qu'ils sont, et meme si Neil ne devrait pas .. c'est lui qui se dévoile au delà de la couverture crée par ses collègues.

Les mots s'élèvent, puis s'affaiblissent avant de reprendre entre amusement et douce moquerie.   Le plus gros bordel de Belfast est la première remarque amusée à laquelle il prend goût. Il aurait voulu en jouer, la rendre jalouse, mais c’est peut-etre un peu trop tot pour lui faire découvrir ses travers, et Il sait qu’il n’a pas besoin de lui dire qu’il en est un fidèle, cette jeune femme est assez intelligente pour s’imaginer qu’il n’est pas vierge de ces excursions en ville. Tous les hommes qui travaillent pour Baile ont un passe-droit pour des parties de jambes en l’air gratos ou quasi. Et lui ? Il profite également de cet avantage en nature. Pourquoi s’en priver après tout.

La tension entre eux se dissipe avec la même rapidité qu’elle était apparue, la jeune rousse a de la repartie, elle n’est pas du genre minaudante pour un détail comme un ongle cassé, mais pour charmer, là elle sait se muer en féline prête à conquérir sa proie. Et aujourd’hui c’est lui la proie d’une rousse. Il aime ça. Attiré de félin en féline, il se prend au jeu d’une séduction pourtant déjà acquise. Le jeu est dangereux, mortel, mais y résister serait une hérésie encore plus grande que d'y succomber. L'arrogant Irlandais se targue d'un sourire aux chemins croisés entre narcissisme et charme corrompue par la rousseur qui l'attire tel un aimant. Le tutoiement les rapproche, ils se découvrent une proximité éclatante de désirs.


- Faisons un marché, une fois par mois, tu deviens une demoiselle en détresse que je pourrais secourir, tu comprends il en va de mon honneur de mâle arrogant et dominant, il ne faudrait pas que l’on me prenne pour une chiffe-molle face à une rousse. 

Il comptait bien faire durer leur relation et cette petite phrase implicite le lui faisait comprendre à sa manière. A la sienne, le désir naissait dans un baiser effleuré avant qu’il ne soit le précipice de leur envie mutuelle. Dieu que ses lèvres étaient douces, dieu que ce baiser était attendu, jamais de sa vie il n’aurait cru succomber sous des lèvres féminines aux teintes rosées, et pourtant ici il n’était plus rien sauf le réceptacle de leur « couple » naissant. Il y aurait une nuit surement - ou pas -, mais elle ne serait pas unique, il le savait, les tripes vrillées par ce souffle qui lui manquait sous ses levres, par son corps alangui au sien. Oui, il était bien, tellement bien, se sentant à sa place entre ses bras impératif qui le gardait comme sien. .Le baiser s’achève à peine, quelques mots d’un vague rendez-vous sont susurrés - Mardi .. je crois que ta contribution est .. en bonne voie pour te faire pardonner, mais dis moi, que ferons nous jusqu’à mardi ? Je n'ai pas l'intention de te laisser trois jours seule avant qu’il ne retrouve  ses lèvres encore et encore, ses mains se font caresses sur ce corps aux formes généreuses, Siobhan n’est pas le genre sac d’os, il aime pouvoir toucher, glisser ses mains dans la courbure de ses reins, au commencement de ses fesses, oui, sans hésitation ce corps féminin est à lui et personne ne pourrait l’en séparer. Sauf .. sauf cette voix qui beugle le nom de Sio. Soupire des Irlandais dans le meme ton : Non pas elle. Fiona était le genre de femme que l'on évite soigneusement quand on veut débuter une relation avec une autre femme. Harpie parmi les harpies, elle est capable de tout balancer juste pour qu'on la regarde ou pour foutre le bordel. Elle s'avance vers eux, un regard malsain dans ces prunelles aux contours trop maquillés. Si elle n’était pas la légitime de Catham il lui aurait fait fermer sa gueule depuis le début. Siobhan cependant ne s’éloigne pas de lui, sa main accrochée à sa taille, il sent qu'elle tremble de colère face à la brune qui lui minaude quelques mots dans une relative bulle confessionnelle, donnant vision sur une poitrine qu'il a connu quelques nuits.

Il ne peut s’empêcher de rire en écoutant Fiona, petite garce sans pareille, qui semble vouloir tuer dans l’œuf le début de relation entre les deux irlandais. Malgré tout, il éprouve à cet instant une haine profonde par sa volonté de détruire ce qu'il a ressenti, et si la rousse le fuit après cela? Mais c'est encore mal la connaitre, elle lui fait fasse répondant au tac o tac à ses attaques futiles et sans charismes. Retirant la main de l'imprudente brune qui égratignes la sienne de ses ongles écœurants et le fait frissonner de dégoût et non de plaisir,

-Ma dévotion est sans limite pour ces pauvres brebis égarées. Un ange tu avais trouvé le mot juste.

Enfin juste des cuisses ecartées, mais cela n'est pas dans le ton de ce qui se déroule et Siobhan n'a aucun besoin d'aider. Moqueur au possible il laisse Siobhan se débrouiller avec la brune tirant sur sa clope amusé alors qu’il prend un peu plus appuis sur l’arbre, spectateur silencieux d’un combat féminin gagné d’avance par la rousse. Elle est froide, glaciale dans ses mots, raidie dans ses gestes, ce n’est plus la jeune femme alanguie qu'il a eu entre ses bras quelques minutes plus tot. Elle se recule s'excusant de la tournure de leurs instants qui promettaient une soirée délicieuse.

-Fais ce que tu as à faire Rouquine, j’ai toute ma soirée à te consacrer,  surnom trouvé à l’instant T et qui lui resterait ad vitam.

La violence de l’irlandaise est à même mesure que l’acidité de ses paroles. Siobahn l’a cogné, véritablement et foutu les fesses dans la boue et, assassine, lui assène ses vérités ne laissant pas à la vaincue la possibilité de s’en sortir sans trop de dommage. Effectivement elle n’a besoin de personne pour se faire respecter . Le jeune homme en a assez, il n'avait nul envie de rester aux cotés de Fiona, il se redresse de son arbre venant aux cotés de Siobhan, et d'une voix moqueuse, achevant la brune qui allait chouiner ses malheurs.

- Fiona, Fiona, je t’avais dit qu’un jour ta grande gueule  allait te poser souci. S'il y en a une qui crève de jalousie ici, c’est toi. Tu t’imagines bien qu’une fille comme toi ne sera pas dans mon lit plus d’une ou deux fois, tout comme Mona. J’ai bien baisé, je suis content, et encore j’ai connu largement mieux, mais maintenant je passe aux vraies femmes. Écrasant le mégot dans la boue où était tombée la brune, il souffla la fumée une dernière fois. - Et j’oubliais, la prochaine fois que tu manques de respect à Catham ou à Siobhan et même si je la sais parfaitement capable de te flanquer à terre, c’est à moi que tu auras à faire. Et je ne pense pas que tu aies envies de ça.

Prenant la rousse par les épaules, il l’entraina avec lui, sourire fier d’un homme qui a trouvé sa moitié, son double vital, caractérielle et essentielle, c’est ce qu’elle est pour lui, sans qu’il ait la moindre hésitation en son esprit. Elle a anéanti celui qui était arrivé en colère contre tous ceux présent, et l’a fait renaître en un autre homme qui se voulait une chance d'y croire, de rever à mieux que ce que la vie lui avait jusqu'a présent donné. C’était tellement impossible que ce soit avec elle, tellement eloigné de ce qu'il avait prévu, qu'en fait cela en devenait flagrant à chacun de ses pas se calant aux siens.

- Il va falloir mettre de la glace sur ta main, ca serait con que tu te sois cassée un truc

Le chemin les ramenait vers la salle et pourtant une fourche dans la pelouse qui partait jusqu'au petit parking où se trouvait son véhicule alors que la journée tendait à se finir, laissant les rayons du soleil s'amenuiser à l'horizon verdoyant lointain. Elle était toujours entre ses bras, accolé à lui dans une tendresse qui leur appartenait déjà.

-On finit la soirée ici  ou je t'emmène loin de Fiona et de ses amies ? , ce qui englobait aussi Baile et ses sbires, et les autres, tous les autres. Il n’avait pas envie de retourner dans la chaleur de la salle du mariage, pas envie de retrouver la foule qui avait du remarquer leur absence, pas envie de revoir Fiona arriver la robe sale et le visage tuméfié, non il avait besoin de calme après ce baiser bouleversant de désir, il la voulait elle, maintenant, pour toujours, sans partage et sans concession.
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) EmptyMar 2 Avr - 15:26

Siobhan, contrairement à une bonne partie des filles qui gravitent dans l'entourage des Soldats de l'Ira, n'a aucun gout pour les coups d'une nuit. Sans rechercher le Prince Charmant  dans chaque relation, ouvrir les cuisses pour le premier  beau gosse qui passe ne excite pas un instant. Plus jeune, cela lui a value une réputation de pimbêche coincée de la part des autres donzelles et de défi pour les hommes. Avant que sa langue acerbe et son caractère volontiers violent ne mettent fin à ces petits jeux de part et d'autres. Ses relations peuvent aller de deux ou trois semaines à  quelques mois. Parfois elle rompt, parfois elle est plaquée. Elle s'est cru amoureuse plusieurs fois, à pleurer sur l'épaule de Niamh quelques nuits entières  avant de s'en remettre sans trop de mal. L'Irlandaise n'était pas prête pour Neil. N'avait pas prévu le bouleversement qu'elle ressent à sa présence. Si elle était libre de toutes attaches, ayant rompu d'un commun accort avec son Dubliner de petit copain, tomber amoureuse n'était pas une priorité. Quelques semaines de célibat n'était pas pour lui déplaire, flirter éhontément, peut-être un resto ou deux, plus si affinité. Rien d'engageant.

Le regard absinthe que le jeune homme caresse sur elle change tout. Siobhan découvre qu'elle veux tout de lui. Les matins radieux après une nuit de plaisir et les plus grincheux.  Le regarder s'endormir contre elle ou venir le déranger dans une occupation ou une autre. Juste pour le plaisir de sa présence et son semi soupire, entre l'agacement et la tendresse. Elle n'a aucun doute sur sa capacité à être tendre avec elle, même si elle imagine déjà l'incrédulité que ces reveries pourraient suscité. La Sylphide n'a que faire de l'opinion des autres. Elle sait. D'un instinct de prophétie, de destin tissé par d'autres mains que les leurs. Il a la douceur du miel et la tendresse de la soie pour elle, c'est écrit dans ses prunelles.  Elle goute la saveur incandescente d'un coup de foudre.

Est ce que cela signifie  y céder aveuglement? Sans l'apprendre d'avantage? Certainement pas. Si la perspective de s'éloigner de lui est agonisante, elle n'hésitera pas un instant si elle a l'impression qu'il se joue d'elle. Ils ont fierté à la hauteur de l'orgeuil de l'autre. Ils se rapprochent, jouent, de coups de griffes en sourires mutins. Ils ont refermés la fraicheur des premiers instants pour s'abandonner à leurs natures prédatrices. Siobhan rit à sa proposition. Un rire clair, sincère, qui résonne du plaisir de son audace, et ses yeux le détaillent avec une certaine gourmandise. Ho, my love. Tu ne sais pas encore à quoi  tu t'avances... -Tu es en train de dire qu'une fois par mois, je vais boire un whisky et jouer au billard dans les pires bars qui peuplent Belfast ouest, comme une pauvre petite brebis égarée  et j'attends que tu viennes m'enlever des crocs des Loups qui les peuplent?

Elle est presque certaine que ce n'est pas tout à fait ce qu'il avait en tête. Presque. Il y a eu dans ses yeux un éclat particulier lorsqu'elle a mentionné le bordel d'O'hara qu'elle n'est pas tout à fait persuadée d'avoir vraiment apprécié. Mais son sous-entendu ne lui a pas échapé et ils se rejoignent sur le désir de ne pas restreindre ce qui nait entre eux à une nuit. Qu'il le lui dise aussi simplement, aussi limpidement est aphrodisiaque. Il sait ce qu'il veux et n'a pas peur de l'exiger. Il l'embrasse. Enfin. Elle pourrait en gémir tant la tête lui tourne à l'instant où leurs corps se répondent dans une symphonie parfaite. L'Irlandaise entoure sa taille et il lui semble que rien ne pourra plus jamais les séparer. Il sera sa joie et sa peine. Mais dès le premier regard, ils sont Ensemble. Et la passion de son baiser, de ses mains autour d'elle en sont les promesses gravées dans le silence de leurs âmes qui se rejoignent. Leurs bouches s'éloignent à peine, juste le temps pour la jeune femme de mettre des  mots sur ce qu'ils ressentent. Elle veux le revoir. Point. Aucune autre considération n'a d'importance.  Ses mains s'égarent sur son dos, caressant ses flancs, prenant des libertés sans le moindre regard en arrière. -Tu crois pouvoir survivre à trois soirées d'affilée avec moi et tes journées en plus avec  Cat'? - murmure t'elle à son oreille, sans retenir un infime coup de dent à son lobe. -Mort par overdose de la fratrie O'Sullivan, ce serait moche quand même.

La rousse pourrait presque ronronner dans ses bras alors qu'il l'explore peu à peu, à petites touches tranquilles et déjà possessives. Avant que ces instants de langueur ne soient rompu par une voix suraiguë, voix dont la propriétaire est l'une des personnes que Siobhan  supporte le moins. A peine pour éviter les conflits avec son frère. Et encore. Mais Fiona, reine des truites parmi les truites, a décidé de mettre son grain de sel entre eux, detestant la complicité visible qui unit son amant de quelques nuits et la soeur de son mec, avec qui l'antipathie est absolument réciproque.  La rousse ne tolère que très difficilement la main sinueuse qu'elle pose sur celle de Neil. La manière dont elle établie une relation privilégié avec  SON irlandais. La sorcière n'est pourtant pas agacée par le rire de celui ci, tant il se démarque des essais pathétiques de Fiona. Et surtout? Il a dégagé sa main.  Sa réponse lui arrache un sourire amusé et cinglant pour la brune, qui elle n'apprécie pas être devenue le dindon de sa propre farce. La Dinde.  Ses paroles se sont amères, acides, et il est hors de question que la jeune femme permette à l'insulte qui est faite aussi bien à son frère qu'à elle même de rester sans réponse.  La réplique de Neil est exactement ce qu'elle avait besoin d'entendre et pendant un bref instant son regard se fait plus doux, plus complice, alors que Fiona ignore encore ce qu'elle a déclenché.  - Quelques secondes pas plus, et je suis tout à toi, promis.

Elle frappe. Avec autant d brutalité que de dureté.  Sans regrets et sans remords.  Elle ne se contente pas de cela. Elle acheve les prétentions de l'autre femme sur son frère. Hors de question de le laisser avec une vipère pareillr à son bras!  Si jamais elle ose se plaindre à Neil, la rousse n'est pas certaine de retenir un nouveau coup. Oh, que c'est mal connaitre le jeune homme et à nouveau, elle est conquise par la manière dont ils se correspondent,  dont il est évident qu'ils s'appartiennent.  Elle ne s'interpose pas, n'intervient pas. Lui laissant toute carte blanche pour son assassinant verbal. Et franchement, elle espère pour  Fiona qu'elle est assez intelligente pour savoir quand elle est vaincu et se taire.

Il entoure ses épaules de son bras et le sien vient prendre sa place naturelle autour de sa taille. Leurs démarches s'accordent l'une à l'autre, naturellement. Sa tête se niche contre le haut de son bras, savourant simplement la sérénité qu'elle éprouve à sa présence,  à la solidité de son corps contre le sien. Il lui rappelle sa main légèrement engourdie d'une remarque, alors qu'elle n'avait pas prêté attention au léger elancement qui remonte son poignet. -Ho? Ca? Non, c'est rien. Aucune importance.  Je ne l'ai pas tapé si fort que ca.

Elle ne prêtait pas plus attention à l'endroit où leurs pas les mènent. Mais lorsqu'ils arrivent à deux chemins, la proposition de Neil est tellement évidente qu'elle n'a pas besoin d'y refléchir. Siobhan n'a aucune envie de passer le reste de la soirée et de la nuit à être scrutée sous tous les angles, à avoir Neil et elle au centre de tous les regards et de toutes les ragots. Thanks no Thanks.  Elle s'immobilise pour retirer ses talons hauts, aimant marcher pieds nus dans l'herbe, s'équilibrant à son bras. Sa réponse est immédiate. -On s'en va - Aucune idée de où, aucune importance. Avant qu'une idée ne se propose, une parmi tant d'autre. - Tu avais quelque chose en tête ou l'idée d'une crique tranquille te tente?

Ils arrivent tranquillement sur le parking, avant qu'elle ne cherche machinalement à son épaule. Oui, mais non. Partir avec lui, avec plaisir, sans le minimum vital féminin? Hors de question. Elle a tout laissé à l'intérieur. Elle souffle une mèche de cheveux, s'asseyant sur le capot de la voiture que Neil lui désigne, le gardant à proximité d'elle d'une main contre sa hanche.- Est ce que tu peux envoyer rapidement un sms à Catham pour qu'il m'apporte mon sac à main et un peu de glace, tant qu'à faire? Mon téléphone est à l'intérieur.

Siobhan le regarde, sans se cacher, profitant simplement de l'instant présent entre eux. Non. Retourner dans la salle bondée est au-dessus de ses forces, bien qu'ils soient en famille. Pendant qu'il pianote sur son téléphone, elle ajoute, et son ton a retrouvé ses accents badin, matiné d'une présence féline. Très visiblement elle compte sur ses doigts - Le bordel d'O'hara, Fiona, Mona. -Elle lui dévoile sans remord  les aspérités jalouses et possessives de son caractère. Si elle n'a aucunement l'intention de lui faire une scène, ne pas relever totalement est loin de sa personnalité. -Tu crois que tu va pouvoir tenir trois nuits ou soirée sans que l'on couche ensemble, mo chroí? -Premiers mots de gaélique qu'elle lui adresse. Donnant le ton de toute une vie. - Je crois que tu as besoin d'un peu de chasteté, rapport à ton voeux, pour pouvoir  Vraiment  sentir la différence entre ce genre de filles et moi. -Est ce qu'elle le teste? Bien évidement. Si il avait simplement envie de la renverser sur sa voiture, il a l'occasion de partir sans qu'il n'y ait de reproches entre eux. Mais c'est bien plus profond que juste cela. Elle a l'envie réelle de passer du temps avec lui, de jouer avec le désir qu'ils ressentent l'un pour l'autre, sans qu'il ne prenne toute la place pour autant. De connaitre tous les détails idiots sur lui. Elle le veux lui. Entier. Et pas juste une nuit de sexe aux accents enivrants.

Quelques minutes plus tard, ils peuvent voir arriver Catham, avec une poche de glace et les affaires de Siobhan. Et l'attitude colérique, aloes qu'il balance le tout entre les mains de sa soeur.
-Sio! Qu'est ce que tu as foutu! Fiona est en larmes! J'arrive pas à lui tirer une parole cohérente, et elle ne veux meme plus que je l'approche! Tu fais chier! Neil, sérieux, je vous laisse une heure ensemble et c'est déjà le bordel?
-J'ai rompu avec elle de ta part, frangin, ne me remercie pas.
-Tu déconnes, j'espère? Mais de quoi tu te mèles!
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Neil Flaherty
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Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) Empty
MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) EmptyVen 5 Avr - 20:08

Les jeux de l’Amour et du –presque- Hasard se dessine autour du couple qui se forme avec un naturel décontracté. De questions qui n’en sont pas, de petits mots ou remarques tendrement assassine, il se dessine entre eux un jeu dont chacun ressort vainqueur au tour à tour. Nulle volonté de blesser, mais simplement de se jauger l’un l’autre afin de savoir si le premier regard porte vers le même lointain. C’est d’un amusement non borné qu’il découvre que oui. Siobhan a déjà le caractère pour lui tenir tête et cela est déjà un miracle en soi. Personne, pas même son ex-femme n’avait eu ce style de repartie aux dominances subtiles, sans doute pour cela que leur mariage-lune de miel aura duré un mois, suivi de plusieurs mois de souffrances à distances, pour finalement briser l’union. Il n’avait aucun regret sur cette époque, sauf celle de ne pouvoir voir grandir son gamin, mais cela était encore une autre histoire.

Siobhan ironise à sa phrase et son devoir de Rousse de le laisser être « un mâle » sauveur de jolie princesse en détresse, un sourire s’échappe, - Et bien je ne voyais pas cela comme ça, mais on peut toujours s’arranger, tant que je te sauve des vilains crocs, on négocie cette option dès le mois prochain. Le rendez-vous est pris, une nouvelle façon de s’avouer l’envie d’un « plus tard » entre eux. Par contre nous devons équilibrer, si tu me vois en galère avec de pauvres brebis égarées, tu voles à mon secours. La main sur le cœur -  je ne suis pas certain, ô moi, ange d’amour, pouvoir me défier des âmes égarées qui voudraient le confort d’un lit . Petite pique de la donneuse au donneur. Si Siobhan sait lui démontrer une étonnante possessivité en moins d’une heure, l’Irlandais n’en n’est pas au reste, lui montrant bien qu’il ne laissera aucun autre homme lui tourner autour. Et si elle se laissait charmer, personne ne donnerait cher de la vie de ce dernier.

Ses mains glissent sur son corps déroulant une douce symphonie à la courbure de son corps, c’est une jeune femme magnifique, ses formes sont généreuses, et c’est un ravissement de pouvoir en gouter le prélude avant le grand air. Son baiser prend une pause, ses mots s’élèvent en harmonie avec ses idées, son regard est un ouverture dantesque au désir ressenti dans un binôme complémentaire. Comment une telle harmonie peut exister entre deux êtres aux différences marquées aussi criantes. Ils sont un duo parfait, aux notes teintées de romantisme et qui se déroulent, bandes musicales douces aux oreilles, jusqu’à ... cette voix de crécerelles qui brise le morceau en cours. Non, elle repousse vaguement l’inévitable concerto des cœurs, rien, ni personne, encore moins la catin la moins douée d’Irlande ne pourrait les briser. Il le sait, il le sent.  

Siobhan se mue en un éclair de rage, emportée par sa colère contre cette brune au maquillage qui tronque un visage qui se pourrait être beau. Les fesses dans la boue, Fiona finit par se taire, geignant comme une gamine qui a perdu son doudou. Pathétique femme sans valeur. Elle le répugne par sa faiblesse, par son manque de classe dans l’adversité. Relève toi et fait face à ta connerie, assume. Mais les mots d’un vague encouragement lui restent à travers la gorge et il achève la jeune femme de paroles assassines, sans élever la voix, sans plus la regarder. Elle ne mérite rien de plus dans l’attention qu’elle a osé prendre au couple en devenir.

Siobhan autant que lui, ont déjà ce besoin de contact physique permanent entre eux, possessivité corporelle acquise sans un mot. Il est à elle, elle est à lui, rien de plus, rien de moins. Ses doigts s’attardent sur son poignet, léger baume guérisseur après l’inquiétude du coup porté. Non pour Fiona mais bel et bien pour Siobhan. – Tu l’as quand meme bien cogné, je n’ai pas envie que tu te sois cassé la main sur un truc aussi idiot. Il parlait bien de Fiona à laquelle il venait de trouver un qualificatif parfait.  Il ne retient en rien un sourire de fierté face à son comportement. C’est moche, mais il a adoré la voir mettre un terme définitif à la marche des truies sur leur instant de bonheur qu’elle croyait pouvoir égratigner. Marchant sur le chemin d’un seul mouvement, serrés l’un contre l’autre et ces trois petits mots dont il n’avait pas douté quand il lui laisse le choix de retourner dans la salle ou de partir de ce lieu qui a vu naitre l’improbable.

Tu as vraiment besoin de poser la question ?

La crique sans hésiter, il n’avait pas eu à réfléchir longtemps. C’était vrai. Il n’avait pas réfléchis à la suite du chemin qu’ils pourraient faire pour finir cette soirée quand il lui avait posé la question. Il voulait juste partir avec elle, homme égoïste voulant la soustraire à ceux qui auraient les regards posés sur eux, De toute façon il n’aimait pas les gens en général, partir avec la furie rousse brulant son cœur était la meilleure solution. Si elle avait pu lire dans ses pensées sur ses envies de fin de soirées, aucun doute qu’elle aurait rougis, qu’elle lui aurait mis son poing dans la figure  et que catham serait venu l’achever.  Il ne cacherait pas son désir d’elle, mais d’une étrange autre façon que ce dont il avait l'habitude , si elle lui imposait 6 mois de restrictions, putain il attendrait. Folie totale. Neil que t’est-il arrivé.

Trois nuits sans coucher ensemble, tu veux ma mort ou quoi ?

Le ton est badin, amusé, sourcil exagérément surélevé feignant la douleur autant que de montrer que cette idée ne lui plaisait pas. Il fallait montrer l'orgueil de l'homme. S’asseyant sur le bas du capot, entre les jambes de la belle laissant son coude reposer sur le genou féminin après qu’il ait fini d’envoyer son sms, il rallume une cigarette sur laquelle il tire avant de partir en arrière contre elle, lui tendant la clope

- La différence est déjà visible rouquine, moi qui pensait à trois nuits d’amour avant notre rendez-vous de mardi, c’est raté, je me tâte à aller rejoindre Mona, son dos s’affirme contre la poitrine de la belle avant que quasiment joue contre joue, nuque reposant sur l’épaule rousse, il sentait son parfum qui le hanterait des années durant  - ou Fiona pour me faire pardonner de l’avoir traité de mauvais coup.Il retient à peine un rire en sentant un coup de coude bien placé contre son dos, la jalousie possessive de Siobhan est  déjà bien présente autant que la sienne qui s’affirmera à chaque instant passé avec elle. Cela fait quoi ? même pas une heure qu’ils se connaissent, et déjà ils sont une évidence pour ceux qui arrivent en retard au mariage, les regardant en mode « ils sont trop mignons » autant qu’une cohérence dans la suite qui arrive au galop.

L’arrivée de Catham change un peu la donne, brisant la tentative d’une montée de jalousie de part et d’autre, Il semble furieux, contrarié, jette les affaires de sa sœur à celle-ci l’évitant de peu. Pourtant Neil ne bouge pas encore de l’étreinte de la rousse, Et Si Siobhan supporte les premiers frimas d’un frère, Neil en prend aussi pour son grade. Injustice criante.

-Hey, je n’ai rien fais, moi. Vous réglez ça entre vous, Fiona a mérité ce qui lui ait arrivé, on  l’avais assez prévenu de nous lâcher, qu’elle en assume les conséquences. C’était un résumé valable pour le vague incident déjà presque oublié. Mais sa partenaire de crime était loin d’en avoir fini avec son frère et ce qu’elle pensait de leur relation finit par sortir. Laissant frère et sœur s’expliquer il se releva et s’éloigna un peu. Il savait où était sa place, même si les affaires des deux roux étaient privées et non professionnelles. Le ton montait, et même un peu éloigné, il ne rata aucun mot, prêt à faire barrage si jamais Catham allait trop loin avec sa sœur. Oui. Il le ferait sans hésitation comme l’évidence qui le suit depuis une heure. Enfin après l’echange aussi vif que la couleur de leurs cheveux, Catham semblait se calmer, moment idéal pour Neil à revenir et asséner le coup de grâce.

- On se casse avec Sio même si les deux étaient adultes, consentants et qu’elle lui avait bien fait comprendre que trois jours chaste ou rien, l’accord du frère-du moins le fait qu’il sache que Siobhan ne serait pas seule-  était nécessaire, tradition oblige. Après il n’irait pas tout lui dire, Fuck the detail, cela leur appartient, il pouvait se permettre ca avec les putes d’O ‘hara et comparer coups de reins et cris , mais pas avec Siobhan, surtout pas avec elle, jardin secret à découvrir seul. -Je serais là demain à 7h pour aller voir notre ami. Puis un regard amusé à la rousse - Surdose d’O’Sullivan, tu avais raison.

Retirant sa veste , sa cravate verte qu’il rendit au roux et se mit au volant attendant la bonne volonté de la rousse à lui faire découvrir l’endroit mentionné. La voiture démarra, les deux enfin de retour dans leur bulle.

- Alors, prête à vivre de folles aventures dans mon monde chaste et angélique ?

Riant il ouvrit les vitres, laissant l’air chaud  s’engouffrer dans sa voiture alors qu’ils allaient à grande vitesse sur les routes désertes des landes irlandaises. Le monde était à eux, et ils le dévoreraient sans limite
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) EmptyLun 8 Avr - 21:24



Elle se sent bien avec lui. Siobhan a l'impression qu'il la connait depuis toujours. Qu'elle le connait depuis l'aube des temps. Qu'il a toujours été présent, dans un coin secret et verouillé de son coeur. Que ses prunelles absinthe et son sourire ont rendu à la lumière. Que quelques premiers mots un peu maladroit et une arrogance hors norme ont libérés de leur prison. Et pourtant, ils se découvrent, à petites touches qui n'ont que l'apparence de la timidité. Qu'ils auront des disputes homériques est une évidence qui ne l'effraie pas spécialement. Leurs tempéraments sont à la hauteur des incendies qu'ils provoquent l'un pour l'autre. Ils plaisantent, tracent les frontières muables et mouvantes de leur devenir. Une seule constance, ce sera Ensemble.

Un sourire aiguisé à sa réaction lorsqu'elle propose des virées dans les bas de fonds de Belfast pour lui permettre d'exercer son rôle de mâle protecteur et possessif. Siobhan n'est pas encore certaine de l'équilibre entre l'exgération et la pointe de sincérité dans ces deux traits de caractères. Et il ne perd pas une seconde pour badiner dans le même registre, flèche aiguisée destinée à une jalousie qu'il a deja deviné jumelle de la sienne. -Je crains que tu ne doives ranger tes ailes de Cupidon... répond t'elle sur le même ton, sans préciser si c'est pour épargner ses conquètes ou lui même du courroux de la Diane Vengeresse qui tombera impitoyablement.

L'interruption de la pathétique Fiona est bientot derrière eux. Elle n'a été qu'un hiatus minable, un soupire vicié et sans force. Si encore la brune avait tenté de lui prouver que sa place était aux cotés de Catham, réellement. Après des années à vouloir se glisser dans son lit, à intriguer pour obtenir ce rôle de compagne plus ou moins officielle, elle se dégonfle comme un ballon de baudruche sans substance. Confirmant que son ainé mérite tellement mieux que ca. Un long soupire qui expire aux lèvres de la Rousse. Elle aurait souhaité cette soirée lumineuse, sans rien ne puisse découper la partition qui se joue avec Neil. Pourtant, le jeune homme n'a pas l'air agacé que cela par cette scène navrante. Au contraire, sur ses doigts à peine engourdis par le coup donné, sa main se fait caresse. Prélude de sa peau contre la sienne. -Pour cela, il aurait fallu qu'il y ait chez elle plus que de la bile. Comme... oh, je sais pas. Une colone vertébrale, ajoute t'elle, un rire ourlé dans la voix, ses hanches sussurant le murmure de sa robe contre lui. Sa main libre repose contre sa taille si naturellement. -Ce n'était pas mon meilleur moment, Neil, désolée. Je suis rarement aussi violente, je suis colérique, mais pour que j'en vienne en main, il faut vraiment me chercher. Et cette idiote, de A à z, savait exactement comment me provoquer.

Pourtant, l'expression sur le visage de son compagnon, de son double ne contient aucun reproche ni réprobation. Non, uniquement de l'amusement et de l'orgueil à son temperament explosif. La rassurant pleinement et effaçant les quelques doutes qui pouvait encore être ancrés en elle. Ceci dit, cela ne l'étonne qu'à moitié. Une femme plus effacée ne retiendrais probablement que très peu son attention ou disparaitrait dans son ombre. Spontanement, elle retient son bras, ralentissant leur pas conjoint. Ses lèvres aux siennes pour un trop bref baiser de pure gourmandise. - Si tu as la patience pour trente, quarante minutes de voiture, je sais où on va.

Aucune importance qui guide l'autre. Et ces quelques minutes de voiture ne representent rien à l'aune du chemin qui s'ouvre à eux. Se retrouver en pleine solitude avec lui. Elle y aspire avec une intensité qu'elle n'aurait jamais pu deviner. Elle se hisse sur sa voiture, décochant un nouveau coup de griffe, panthère qui ne retient pas ses griffes. Et la réponse de son irlandais ne la décoit franchement pas. Il prend place contre elle et ses bras se croisent par dessus sur ses épaules, autour de son torse, l'attirant contre son buste, l’accueillant contre elle. Siobhan vient murmurer à son oreille, le rire petillant dans sa voix.

-Oh, pardon, tu préfères attendre les résultats de notre dépistage vih? -Chiante ou pas, manie agacante ou pas, elle vient d'un milieu ravagé dans tous les sens par toutes les saloperies possibles. Elle n'a pas la moindre intention de rejoindre ces rangs là. Cela fait longtemps que Siobhan a adopté des pratiques de safesexe. Non. Elle ne plaisante pas sur la volonté en subtexte de faire un test avec lui, et d'ici là, préservatifs seront de mise. Espérant simplement qu'il ne se moquera pas trop d'elle au passage. Elle ajoute d'une voix de gorge, enfonçant le clou de sa menace d'abstinence si il venait à trop la titiller - C'est six semaines, pour être fiable...

Non. Bordel non. Elle n'a aucune envie de passer six semaines avec lui sans lui faire l'amour! Ce serait une torture bien cruelle pour elle aussi. Elle n'a aucune envie de jouer à ce genre de frustration là avec lui, alors que tout le conduit à lui, si violamment. Quoique! Sa reflexion sur Mona et Fiona la ferait presque entériner son badinage. Bien que Siobhan ne rompe en rien la manière dont son corps l'enveloppe, son étreinte autour de lui, elle ne retient pas un léger coup agacé. Elle a beau savoir qu'il n'en fera rien, rien que l'idée l'agresse. Et il aiguise ses crocs sur l'idée à lui donner envie de le mordre, juste pour le faire taire. -Tu as vraiment envie d'attendre en fait. Tu sais, tu peux me le dire! La jeune femme presse sa joue contre la sienne, prenant une taffe et une seconde, avant de lui rendre la cigarette, partage évident. La rousse sait déjà qu'elle pourait tout lui pardonner. Les soirées completement flinguées, les retours à 3h du mat' à moitié mort d' une opération qui mal tournée, les prises de têtes et l'attente. Pas qu'il la trompe. Jamais. A l'instant où il choisit de s'égarer avec une autre, quelque soit la raison, ils sont morts. Détruits. Il n'y aura ni pardon ni seconde chance. Pas pour cela. Tout le reste. Tout le reste est supportable. Pardonnable. Rien d'autre ne pourrait les désunir. -J'ai déjà eu du mal à suporter la main de cette pouf sur ta main et je te connaissais pas depuis une heure. Tu n'as pas envie de me pousser trop loin...

Catham qui se pointe lui épargne de continuer dans cette veine. Ho, il n'est pas content. Décidement, Fiona a décidé de les saouler jusqu'au bout. Elle attrape de justesse son sac, le rouquin manquant de peu le visage de Neil en même temps. N'empeche, il a apporté de la glace. Il est pas SI en colère. Un baiser qu'elle dépose au creux du cou de Neil au moment où celui intervient. Néanmoins, elle se remet sur pied quand il prend un peu de distance. Un sourire qu'elle masque de peur que Catham le prenne mal. première règle de survie en milieu fraternel : Ne jamais s'interposer pendant une dispute. C'est le meilleur moyen d'essuyer les platres. C'est dans un gaellique vif et furieux qu'elle explique exactement ce qui s'est passé. Et son frère n'est pas en reste pour expliquer ce qu'il pense de son ingérence dans sa vie privée. Ce à quoi elle ne se prive pas de lui souligner à quel point il est mal placé pour lui faire ce genre de reflexion. Tout en maintenant le sac gelé contre son poignet ils finissent par se calmer. Tout simplement parce qu'ils savent tous les deux que Catham se moque completement de Fiona au final. Il n'est ni amoureux, ni même attaché. Elle était là, pratique et disponible. Point. Le soupire du roux alors qu'il se passe les mains dans les cheveux à la remarque de son lieutenant vaux son pesant d'or. Ses prunelles lumineuses passent de l'un à l'autre, nottant la manière dont sa soeur est revenu contre l'autre homme. Bordel. Il n'avait pas prévu que cela aille aussi vite non plus! Siobhan  a croisé les bras sur sa poitrine. Vaguement agacée que Neil se sente obligé de préciser, même vaguement ses intentions  à son frère.  -Vous savez quand même que je n'ai besoin ni de la permission de l'un ni que l'autre demande pour faire ce que je veux? Il parait même que j'ai le droit de vote. Et de conduire! -Au moins Catham lui a ramené son sac et elle pioche une cigarette, laissant les deux zouaves régler les détails de leur journée du lendemain. En parlant de conduire... Si elle adore son audi coupé vert emeraude, cadeau d'anniversaire de son frère pour ses 23ans, Neil est déjà au volant de sa BMW -Cat', si je te laisse mes clefs de voiture, tu peux les laisser à Niamh, qu'elle la ramène chez moi? Histoire qu'on soit pas obligé de revenir pour elle?

Elle lance les clefs à Cat' sur son acquiescement,  ne faisant confiance qu'à  lui ou Niamh pour son bébé  à quatre roues avant de s'engouffrer dans l'habitacle aux cotés de Neil. Sa main droite, conduite à gauche oblige, vient se poser à la base de la nuque de Neil, effleurant sa peau du bout des ongles, s'amusant à créer de longs frissons sur la douceur de son épiderme, créant une habitude qui ne la quitera plus. Quand il la ramène à Belfast, autour des 5h du mat', ils n'ont volés que quelques heures de sommeil à leur monde en construction, s'endormant à même le sable. La robe de Siobhan est froissée, raidie du sel de mer dont elle s'est gorgée lorsque la jeune femme a joué avec la houle encore un peu trop froide pour être vraiment agréable. Un rendez vous est pris pour le soir même.

Dans la journée du lundi, elle aurait du progresser sur  sa thèse, maintenant qu'elle a enfin retrouvé un doctorant intéressé par l'angle qu'elle propose. Au lien de cela, Siobhan passe une partie de sa journée à dormir et l'autre les yeux rivés sur son téléphone, comme une gamine à ses premiers émois. Elle tente bien d'être productive, sans effet. Tout la ramène à Neil et à l'envie dévorante de le retrouver. La réalité ne tarde pas à s'inviter entre eux. Il ne détaille guère les raisons, mais la jeune femme n'en a pas besoin. C'est une situation familière et les imprévues dans sa ligne d'occupations sont monnaies courantes. Il n'y a que la frustration de ne pas passer du temps avec Lui qui lui pèse réellement. Elle ne lui en tient pas rigueur, sachant pertinament qu'il partage son état d'esprit. Leur soirée est décalée au lendemain soir. Troisième soirée dans son décompte de privation du corps et quelque part, la rousse a l'intention de lui faire regretter ses allusions trop faciles aux deux pimbèches qu'ils se sont partagés avec Catham. Ils ne coucheront pas d'avantage ce soir là, mais elle a bien l'intention de lui faire profondement ravaler ses paroles trop rapides.

Les heures du mardi sont longues. Si longues. Si atrocement longues que c'est une torture. Neil lui a donné rendez vous tôt, vers dix neuf heures, dans un bar plutot de Belfast centre, le Belfast des touristes avant qu'ils continuent la soirée ailleurs, dans un lieu qu'il n'a pas voulu lui reveler malgré les nombreuses questions, presque un harcelement, par sms. Un coup d'oeil à sa montre lui indique que la journée a finit par s'écouler, dans cette lenteur figée, et qu'il lui reste un peu moins de deux heures pour arriver en toute ponctualité. La jeune femme passe sous la douche, laissant ses pensées et ses doigts vagabonder quelques minutes avant de sortir. La crème satinée dont elle adoucie sa peau à un très léger parfum de canelle, renforcant les notes d'amandes dont la rousse est si friande. La robe qu'elle choisie, Siobhan ne l'a que très peu portée. Un rouge vif, un carmin sans concession qu'elle harmonise à son rouge à lèvres. Le décolté en cache-coeur dévoile à la limite de l'impudeur le galbe généreux de sa poitrine aussi piquetée  que son visage de taches de rousseur. Fluide, elle glisse le long de son ventre pour venir froler le bas de ses cuisses. Quelques secondes, la rousse hésite, puis décide de laisser ses boucles retomber souplement sur ses épaules, sans chercher à les attacher. Une simple chaine d'or blanc supporte une petite émeraude qui repose juste  en dessous le creux de sa gorge, attirant irémédiablement le regard sur sa peau laiteuse. Son perfecto de cuir viendra vaguement  lui éviter le pire des vents printaniers, c'est surtout l'une de ses pièces préférées et elle est rarement sans. Une paire d'escarpins  noir à haut talons dont les petits noeuds qui les ornent l'amuse complete l'ensemble

Elle est un peu en retard, quelques minutes,pas d'avantage. Le temps de trouver le bar exact que Siobhan ne connaissait pas. La jeune femme a hésité à prendre sa voiture avant de se décider contre, ignorant ce que Neil a prévu pour la suite. Elle finit par se repérer et pousse la porte du pub. De breves secondes, elle reste sur le pas de la porte, laissant ses yeux s'habituer à la luminosité moindre qui règne à l'intérieur.  Instant de silence qui étouffe les conversations quand les clients du bar prennent la mesure de la Sirène. Le temps que l'attention se porte sur sa silhouette voluptueuse et que les têtes la suivent sans chercher à s'en dissimuler. Elle n'y accorde que peu d'attention, ses prunelles soulignées de khol ayant deja reconnu Neil. De dos, il ne l'a pas encore vu entrer, bien que le cliquetis des talons féminins soit suffisament perceptible pour attirer son attention. Elle vient à lui et relève son menton pour déposer  un long baiser sur ses lèvres en guise de salutation. - Chaill mé tú, mo aingeal
(tu m as manqué, mon ange)
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Neil Flaherty
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) EmptyJeu 18 Avr - 20:03

- Test VIH ? Vraiment ?

La demande était sérieuse, cela se sentait dans ses intonations, bon... à dire vrai il ne pouvait pas lui refuser le fait de demander ce test. Le pays, comme beaucoup, était ravagé par ces maladies autant que par la pauvreté. Neil était prudent avec les putes d’Ohara , peut-être un peu moins avec d’autres femmes qu’il rencontrait une heure après avoir surpris un regard dans un magasin ou dans un pub, mais ne savait-on jamais. Une heure qu’ils se connaissaient et cette demande semblait tellement légitime, signe d’une promesse de lendemain et d’avenir. Une heure. Voulant dédramatiser l’effet de ses paroles  - Sachez que je suis un ange, aucune âme impure dans mon esprit ni sur mon corps, mademoiselle O’Sullivan. Malgré tout il serra sa main, acceptation implicite de sa demande, avant de manquer s’étouffer en avalant une volute de fumée pendant qu’elle parlait.

- 6 semaines, tu es folle ou quoi ? Déjà trois jours, je vais mourir de ne pas pouvoir te toucher, alors 6  semaines, tu me retrouves mort, décharné,  j’ai trop envie de toi * Non il ne craignait pas de la faire fuir en annonçant simplement ce qu’il désirait, ce qu’il voulait. Les deux savaient où les mènerait ces discussions à l’apparence banales *

- Tu n'as pas envie de me pousser trop loin...
-  Et si on au contraire j’ai envie de te pousser dans tes retranchements, ça te ferait peur Rouquine ? Tu crains de ne pas être à la hauteur ? Il souriait, carnassier en se reposant contre elle. Gestes naturels entre ses bras Et oui, c’est du Neil tout craché, Il lance pique et piquerette pour tester. La tester elle, va être un vrai délice, même s’ils ne se connaissent à peine plus d’une heure, il sait qu’il peut se risquer – un peu – à la titiller. Il savait déjà jusqu’où aller, il le sentait et le ressentait. Pas touche à une autre femme où c’est mort définitivement entre eux, mais un peu de piment leur ferait passer des moments intimes on ne peut plus intéressant. Catham arriva furieux, coupant court à ces idées de disputes monumentales qu’ils auraient avant des retrouvailles hautes en couleurs. Il s’amusa à les regarder s’engueuler pour la forme, parce que Catham n’aimait pas les ingérences dans sa vie privée, mais tous savaient que cela n’irait pas plus loin que des remontrances sans forces.

Le reste de la journée fut comme une sorte de rêve vague, ils avaient rejoint la crique, et si quelques âmes auraient pu croire qu’il ne respecterait pas le fil de sa pensée, ils se trompaient. Le moment avait été doux, parfois des baisers échangés, parfois Siobhan dans l’eau à l’arroser, parfois poursuivie dans la dite eau sans que jamais un geste ne soit fait pour briser sa parole d’attente. Pourtant c’était peu dire qu’il avait envie d’elle. Elle s’était simplement endormie contre lui à la belle étoile il l’avait maintenu entre ses bras caressant son dos, avant qu’ils ne se décident à rentrer forcé plutôt que volontaire.

Le lendemain l’affaire avec Catham avait connu un rebondissement inattendu, et surtout le voisinage de quelques flics si discrets dans leur camionnette de travaux de rénovations dans un quartier qui était à l’abandon depuis des années, ils auraient mis le gyrophare et sorti la grosse artillerie que ça n’aurait pas été aussi criant. Pauvres cons. Neil avait quelque peu oublié la douceur de Siobhan redevenant l’infiltré presque comme la veille, cependant une nuance vague étreignait son cœur. Mr Hills les avait balancé. Ils avaient attendu des heures que les flics partent …. Le reste serait à mettre sur le compte des disparitions inquiétantes pour sa famille. La question de savoir jusqu’où il irait pour que son rôle ne soit pas découvert avait une réponse simple. Jusqu’au bout. Ces gens qui gravitaient dans cette sphère étaient pourris jusqu’à la moelle. Trafiquants, tueurs, poseurs de bombes, revendeurs, sympathisant. Ils ne méritaient même pas un sourcillement quand l’arme se levait sur eux. Il y avait plus en jeu qu’une vie ou deux de perdues. Il fallait les arrêter à tout prix.

Pourtant dans cette ombre et cette détermination,   une lumière rousse le faisait vaciller. Un petit sms de temps en temps le ramenait vers elle. Il avait espéré le matin même que cette bulle ne soit qu’éphémère, qu’il retrouve pied dans ce qu’il devait faire. Mais non, il était définitivement amoureux à voir ce léger sourire aux lèvres quand il répondait à ses messages. Meme Catham soupira un moment à voir son lieutenant en gamin de 15 ans sautant sur son tel dès qu’il vibrait. Où était donc le Neil terrible de ces dernières semaines. Il n’avait posé aucune question sachant pertinemment que l’irlandais ne répondrait pas de toute façon, et puis il ne voulait pas savoir les détails intimes avec sa sœur. La seule chose mise au point fut « si tu fais du mal à ma sœur je te bute ». Affirmation prise très au sérieux par Neil.

Le mardi arrivait enfin. Et il resta l’adolescent de la veille testant chemise et pantalon pour se faire le plus beau pour elle. Et si la magie avait disparu ? si elle se rendait compte qu’il n’était rien pour elle? Que ferait-il de ce vacillement ressenti à chaque respiration, à cette volonté d'oublier l’enquête qu'il menait depuis plusieurs mois maintenant. Le flic voulait cette option, la faire sortir de sa vie le plus vite possible pour retrouver les pieds sur terre. L’homme qu'il était souhaitait tout le contraire,être à ses côtés pour la vie. Jamais l’espoir n’avait été plus grand qu’à ce moment-là. Il regarda le tas de vetements sur le lit et opta pour une chemise d’un bordeaux foncé, pantalon noir et une cravate noire, le tout agrémenté d’une veste sombre. Veste un peu superflue aux vues de la douceur du climat irlandais,

il se rendit dans le pub qu’il connaissait un peu. L’ambiance y était plutôt bonne malgré parfois quelques bagarres entre irlandais et touristes. Mais ce soir il ne comptait pas se battre il voulait juste la revoir, il en avait un besoin quasi vital. Arrivé 10 minutes en avance, pas de rousse.  Il prit une table libre et s'installa tapant du pied sur le sol, nerveux. Les cacahuètes étaient avalées sans gout, la bière fraiche de meme, jusqu’au moment où il entendit le silence se faire, et des talons claqueter sur le sol. Une seule personne pouvait faire cet effet aux personnes présentes. Il eut à peine le temps de se retourner qu’il fut happé et ses lèvres avec, par une rousse qui en une seconde se rappela à lui comme l’évidence qu’il avait connu au mariage. Quelques intonations de Gaelliques qu’il connaissait à peine. Il haussa un sourcil murmurant aux lèvres rouges

-Je ne sais pas ce que tu viens de dire, mais tu peux dire tout ce que tu veux si je peux admirer ta beauté. Qu'est-ce que tu es belle Siobhan.

Autant sa robe pour le mariage était jolie, sage, aux accents tendres, découvrant juste ce qu’il fallait sans trop en montrer, autant celle-ci appelait à une passion à laquelle il répondrait sans aucune hésitation. La couleur rouge était vibrante, son décolleté vertigineux, ses cheveux roux rehaussait le tout, son maquillage la touche finale d'une perfection rousse. Elle avait un physique à faire pâlir bon nombre de femmes. Par St Patrick elle le rendait fou par cette vision mélange d’ange et de démon. Rien n’avait été oublié, rien n’avait été perdu en ces quelques jours, elle était magnifique, autant que dans son souvenir ! Se levant, il l’invita à s’asseoir en parfait gentleman irlandais lançant un regard assassin à un homme qui l’observait avec trop d’insistance,  puis se rassit devant elle, laissant les secondes s’écouler alors qu’il plongeait dans la vision de cette femme aux accents rouges passion. Ses doigts entrelaçant les siens sur la table quand la serveuse vient prendre la commande du couple. Guiness pour les deux et à nouveau leur bulle qui se referme autour d’eux. Le flic avait définitivement perdu face à l'homme.  


- Tu sais j’ai craint que tu ne viennes pas ?  Mais si ça avait été le cas, je serais venu te chercher, plus jamais on ne se sépare toi et moi. Par contre il faudrait que l’on change de pub après la boisson sinon je crains une émeute à ta beauté. Cette robe est renversante et .. * il pencha la tete pour l’admirer un peu plus*… tout le reste aussi.

- Programme de la soirée : Resto qui se trouve un peu plus loin dans le quartier, spécialités irlandaise évidemment, ensuite petite séance cinéma, je te laisse choisir le film si tu me paies un grand pop-corn, tu verras que je suis facilement achetable grâce à la nourriture et enfin fin de soirée sur les rives du Lagan après je te fais l’amour, et ensuite ... encore aussi, et surement encore après  tu m’as fait attendre trois jours, je vais donc les rattraper j’espère que tu n’as rien prévu, parce que tu n’es pas prête de sortir de mes bras.

O divine arrogance, sûr de lui, sûr que ce qu’il disait ne ferait pas peur à cette rousse qu’il dévorait littéralement du regard sans se soucier de ceux aux alentours. Il avait un sourire qui en disait tout aussi long que ses paroles et son regard. Un sourire qui lui disait : Tu es à moi jolie rousse. Les boissons arrivaient, trinquant avec elle sans jamais poser le regard ailleurs que sur elle– Aux rencontres inattendues et à la plus belle des femmes qui a conquit mon coeur d'un regard.
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) EmptyMer 1 Mai - 12:07

Et si il avait décidé de ne pas venir. De simplement lui poser un lapin, de disparaitre dans la nature. Que bosser avec Catham excluait de sortir en plus avec sa cadette? La main sur la porte du bar, Siobhan hésite. Absolument incapable d'affronter cette éventualité. Après tout, n'a t'il pas déjà annulé leur rendez-vous de la veille? Certes, un court message de son frère l'avait prévenu qu'il était rentré à une heure impossible et qu'ils discuteraient plus tard. Les deux ont beaux être adultes, vu la ligne de compétence du rouquin, elle s'assure régulièrement qu'il rentre en un seul morceau, le moins abimé, si possible. Et elle devine que ses inquiétudes vont bientot s'étendre à un grand brun qui la boulverse completement.

Stop. Bien sur qu'il sera dans le bar. Ils ont échangés des sms plus que régulierement. Rien dans leur ton au flirt assumé ne présume l'envie de se fondre dans la nature. Siobhan n'a pas besoin d'un dernier regard dans la vitre du pub pour savoir qu'elle est éblouissante. Si il lui arrive parfois d'avoir des doutes sur son apparence, pas ce soir. Pas dans cette robe, et pas dans son état d'esprit au calme retrouvé. Et avec la volonté de lui faire totalement perdre la tête. En perseverant dans son idée de dernière soirée chaste. Voilà ce que peut donner une rousse poussée dans ses retranchements, puisqu'il avait l'air de se poser la question. Ou du moins, un bien bref avant-gout. Le sourire qui se glisse à ses lèvres lorsqu'elle entre dans l'établissement est d'une séduction parfaitement assumée. Et les regards qui se posent sur elle, si elle ne les soutient pas ni ne s'y interesse ont au moins pour avantage de la confirmer dans l'effet qu'elle produit.

Toutes autres pensées parasites disparait quand elle l'appercoit. Un envol d'oiseaux printaniers nait au creux de son ventre et c'est une vague douce qui la soulève et la porte vers lui. Ses mains se nouent autour de ses épaules pour se joindre sur son sternum alors que ses lèvres se joignent aux siennes sans perdre un seconde.  Revivant à sa bouche qui se marie à sa jumelle, retrouvant les effluves de sa peau. La rousse l'enlace encore un peu plus étroitement avant de lui rendre un peu plus de liberté. C'était long sans lui.  bien plus que de raisonnable pour seulement une journée sans s'etre vu, et elle ne se retient pas pour le lui dire.
-Tu ne parles pas gaellique, love? -Aucun jugement, juste une pointe de curiosité- J'essaierais d'éviter, alors - Sans vraie promesse sur ce point, tant elle navigue entre les deux langues sans y prendre garde. -Je disais que tu m'avais manqué, mon ange. -Son compliment lui vaux un nouveau baiser, alors qu'elle se retient de simplement glisser sur ses genoux et de l'enlacer. Ce qui risquerait de les conduire à un comportement explosant les codes de décence en publique. Ses prunelles le déshabillent avec langueur et une pointe de gourmandise qu'elle n'essaie pas une seconde de dissimuler. -Tu es extrément séduisant aussi. -La rousse aime son élegance discrete et classique, tout comme la touche de couleur qui rehausse l'absinthe de ses yeux. Le monochrome chez les hommes est rapidement lassant. Elle finit par s'assoir, non sans lui permettre une vue savoureuse sur les formes que sa robe épouse. Son bras s'étend en travers de la table et ses doigts se joignent aux siens. Elle prête à peine attention  à la serveuse qui vient  prendre la commande, entièrement absorbée par l'homme devant elle.

-J'ai eu les mêmes doutes... Mais pas trop inquiète, c'est Cat' qui t'aurait ramené par le cou si tu m'avais fait faux bonds, s'amuse t'elle. Ce qui est  loin d'être la vérité. En aucun cas, elle ne laissera son frère s’immiscer dans les rouages de cette relation, quand bien en est il le principal instigateur. La rousse se penche suavement vers lui, offrant une vue plongeante sur son décolté et le galbe rebondi de sa poitrine.  -Tu crois pouvoir tenir la distance plus de quelques semaines, beau brun? Je risque de... t'épuiser, tu sais. Et vu ton grand age, la crise cardiaque  serait dommage...-Qu'elle ignore précisément, mais il est évident qu'il a quelques années de plus qu'elle. Ses doigts se sont légèrement décalés de manière à pouvoir caresser du bout des ongles sa paume et effleurer la saigné de son poignet en des cercles concentriques délicieusement léger.

-Parfait pour ce soir, en dehors de la cuisine Irlandaise, j'adore dès que c'est épicé. Genre Thailandais et Coréen. On regardera les programmes du ciné ensemble, je ne sais pas trop ce qui passe en ce moment. Hummm c'est ton estomac qui commande? Je m'en souviendrais...-Un silence amusé qu'elle laisse peser entre eux. - Par contre, je crains qu'il y ait un petit souci avec la fin de ton programme, mo aingeal. -Et son regard est un pétillement taquin, provocateur, le défiant sans ambage. Délicatement, elle porte sa main droite à sa bouche, dardant un bout de langue contre sa peau avant de l'embrasser du bout des lèvres, pour la reposer quelques secondes plus tard. -Tu ne sais plus compter? Je t'ai fais attendre deux jours.. pas trois. Promis, je vais t'apprendre à compter jusqu'à dix en gaellique! -Délicieuse garce parfaitement assumée alors que Siobhan sait combien la frustration étend ses ailes sur elle aussi. -Tu as décidement trop l'habitude des femmes faciles  qui te tombent dans tes bras après un restau et un peu de charme, aussi difficile à resister soit il.

Bien sur qu'elle a envie de lui. C'est tout son langue corporel qui le lui hurle. Chacun de ses gestes et chacune de ses paroles non prononcée. De le deshabiller, de le découvrir, de le gouter de la plus insolente des manières. D'apprendre ses soupirs et ses cris. Mais... la Sirène est aussi incroyablement tétue et bornée. Tout en ayant en commun une bonne dose d'orgeuil. Elle aime la possessivité intense qui se lit en lui. Cette certitude qu'elle n'appartient déjà plus qu'à lui. Sans que Siobhan ne sache réellement quelle forme concrète cela peut prendre.-Je ne t'empeche pas d'essayer de me faire changer d'avis, ceci dit.

Son attention est à peine détournée par les Guiness qui sont déposées devant eux, alors que son toast l'amuse clairement. - Vu comme Catham a jouer les entremetteurs,  je ne crois pas que nous ayons eu beaucoup de choix en la matière. Avant que son regard se teinte d'une profondeur nouvelle, d'un sérieux qui n'était pas présent jusque là. -Si j'ai conquis ton coeur, tu as le mien aussi Neil. -Et Siobhan sait déjà qu'il ne s'agit pas d'une passade. Que ce qu'elle éprouve pour l'impétueux brun, aussi fulgurant soit il, est intensement ancré en elle. Les liant sans regard en arrière. -Je n'ai jamais cru au coup de foudre, avant toi.  -Elle ajoute d'un ton plus léger, détournant la conversation du sujet de ses sentiments. Il lui faut un peu plus de temps pour être parfaitement à l'aise sur ce plan. Pas encore tout  à fait conciliée avec la violence  de ce qui boue en elle dès qu'il s'agit de lui. Bien au delà d'un désir physique, qui n'a rien d'anodin non plus.  La jeune femme a bu la moitié de sa boisson sans avoir vraiment soif, bien trop centré sur son irlandais. - On peut se retrouver chez moi demain soir, si tu veux... ou chez toi. Si tu n'as rien de prévu. -Sourire angelique. Totalement ignorante des intéret que leur couple peut leur attirer. Notamment de la part de l'individu que Neil a deja assassiné du regard quelques minutes plus tôt. Celui ci alternant entre un examen acide du jeune homme et des prunelles avides quand elles s'attardent sur sa compagne.
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Neil Flaherty
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) EmptyMar 14 Mai - 19:30

La voir à nouveau était un ravissement pur, le manque d’elle, de son sourire et de sa simplement présence à ses côtés avait été en vérité plus difficile pour lui qu’il ne voudrait bien l’avouer. L’humour et le leger défi dans leurs échanges étaient le petit élément cute qui le faisait sourire. Il ne permettait à personne de lui tenir tête, et jouait de sa force et de son caractère exécrable pour s’imposer.  Avec elle, c’était simplement un jeu dont ils étaient tous les deux maitres. D’amusement en connivence, ils évoluaient rapidement ensemble pour trouver un équilibre afin de savoir jusqu’ou ils pouvaient aller. Trouver les limites encore inconnues après seulement deux jours où ils se connaissaient. C’était euphorique et inquiétant d’aimer à ce point. Neil a tant que flic aurait dû passer ce genre d’étape, baiser un coup avec une des putes d’Ohara oubliant les sensations d’une simple danse avec la rousse, mais l’homme derrière n’avait pas voulu ça, non et ne le voudrais jamais tant qu’elle le regarderait avec autant de désir que ce soir. Son désir à elle, leur désir à eux, déjà un tout pour un couple qui ne devrait pas exister.  

Elle s’installe devant lui, laissant ses gestes plus lent et langoureux allumer la braise de son envie. Elle sait jouer de son charme et à vrai dire il est l’acteur volontaire de ce jeu de séduction. Il veut lui plaire, la séduire, la faire succomber, non pas le défi lancé entre eux au mariage, mais simplement parce qu’il en est amoureux. Définitivement. Le gaélique, seul élément qu’il n’arrivait à maitriser de son Irlande natale. Il avait beaucoup haït l’Irlande pour le mal qu’il éprouvait encore aujourd’hui et c’était débarrassé de tout ce qui pouvait le lui rappeler. La langue de leur peuple entre autres. Pourtant à écouter la jolie Irlandaise devant lui, il se prit de regret à ne pouvoir comprendre ce qu’elle lui disait, entre ses levres, c’était une langue qui semblait magnifique.


- J’ai pas mal baroudé depuis mes 18 ans, j’avoue que j’ai perdu beaucoup de mes racines irlandaises. N’évites pas  de me parler en gaélique , surtout pas. C’est si beau entre tes lèvres. Tu me donnes envies d’apprendre, tu te sens assez courageuse pour supporter un élève aussi peu doué que moi ?  Je vais être horriblement indiscipliné et je te réclamerais un baiser par mot prononcé correctement.

Le jeune homme restait taquin, terriblement entre vœux d’avenir et d’être toujours à ses côtés, de trouver chaque petit instant qu’il pourrait partager avec elle et qui ferait d’eux un couple unique. Impossible et irréaliste, essentiel et vital. Il retrouvait la légèreté de leurs échanges lors de la fete quelques jours plus tot, ce n’était donc pas une illusion, un cœur enflammé par un feu follet, non la braise le tenaillait encore et surement bien plus par la vision exceptionnelle qu’il avait devant lui. Le baiser qui accompagne sa traduction est longuement prolongé, main sur la joue douce de la jeune femme. En fin de compte ils ne se sont pas quittés après le mariage, elle a toujours été près de lui, c’était cela cette présence apaisante qu’il avait ressentie. – Tu m’as manqué aussi Rouquine.  

Ses doigts jouant avec les siens, il fait fi des regards qu’il sent sur eux, surtout sur elle, cette robe est une tuerie. Ses formes en sont tout autant les balles. S’il ne pensait pas etre encore plus sous le charme de cette rousse, il s’était fortement trompé. Le compliment sur sa tenue classique et sobre  est pris avec le sourire. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas eu à faire un effort vestimentaire, surtout pour une femme. Meme si il restait élégant, il préférait le confortable, plus utile si il avait à se défendre. A quoi est-ce qu’il jouait bon sang ... Non, il ne jouait pas.

- Je crois que ton frère l’aurait fait juste pour arrêter de me voir sauter sur mon téléphone dès qu’il vibrait. Le rire est leger, amusé, il savait pourtant qu’il n’était pas si loin de la vérité. Catham commençait à en avoir assez de son badinage, surtout avec sa sœur. – je crois qu’il regrette de nous avoir présentés, il devait s’imaginer que tu passerais une soirée sympa et qu’il serait tranquille avec l’autre pendant ce temps. On lui a foutu ses idées en l’air. * le sourire se fait plus large à l’idée d’emmerder un peu l’irlandais et nul doute en lui que Siobhan n’est pas la dernière à lui faire ce genre de coup. *

Le ton change, se fait défiant, le sourcil est haussé à sa remarque sur son age, elle se prend pour qui la jeunette.

- Et toi gamine, tu penses pouvoir suivre l’expérience faite homme que tu as devant toi , ou ton inexpérience te rend timide et dans l’impossibilité de me contenter? Tu dois savoir que les vieux sont très difficiles sur ce sujet.

Ça claque dur,  Ça charme sévère, les dés sont lancés à voir qui tiendra le plus sa promesse de faire ravaler ses mots à l’autre. Englobant doucement sa main dans la sienne, la laissant libre de ses mouvements pour autant, son bras se pare de chair de poule aux caresses à la saignée de son poignet, jamais de telles douceurs lui ont été données, jamais il n’avait profité à ce point.


- Thai ? Oui je crois qu’il y e a un plus loin dans la rue, mais je ne peux pas t’assurer de la qualité, sinon on part au centre, j’en connais un délicieux ils ont un poulet au curry vert à te faire damner. Et si tu aimes encore plus fort, je peux me charger d’épicer ta vie. De paroles en paroles la discussion passe d’un repas à un autre beaucoup beaucoup plus attirant. Elle. Le rire s’élève entre eux, si elle pensait l’avoir avec ce genre de petites paroles, elle serait surement etonnée de ce qu’il a prévu et de comment il l’a prévu. Neil est prévoyant, surement trop, il aime avoir un coup d’avance.

- J’ai très bien compté. Le temps du restaurant, du ciné, de la ballade ;  il sera passé minuit et nous serons donc demain, plus aucun raison de te refuser à moi * se penchant sur la table pour venir saisir ses lèvres *- A minuit tu seras toute à moi Siobhan et crois-moi, le « vieux » va te faire l’amour comme aucun homme n’a pu te faire * se rasseyant il était fier comme un paon de pouvoir se pavaner devant elle. Tout était prévu à la minute près ! Et rien ne saurait l’empêcher*

Le reste de la conversation est plus amusant. S’étouffant avec la fumée de sa cigarette, il lui faut quelques secondes pour se remettre de cette idée stupide de le voir offrir des restos à certaines femmes « faciles », elle le prenait pour quoi ?

- Invité ? Tu crois que j’ai invité des femmes genre celles Lisa ou Fiona ? Non merci je ne suis pas un gentleman avec ce genre de filles. Tu es la première depuis au moins.. *soufflant* facile trois ans que je ne suis pas allé au resto avec quelqu’un. Sois honorée Rouquine. Tu as une chance quasi unique de pouvoir manger avec un ange tel que moi. Tu te souviens bien de mon côté angélique oui ?

Il se redresse, réajuste sa veste dans un sourire, regard empli de fierté. La Guinness est bue, dégustée saveur ambrée, délicate , de ce qui lui plaisait le plus en Irlande, la boisson en faisait partie, la seule chose qu’il n’avait jamais renié. Il aimait boire, parfois trop, mais un bon irlandais qui se respecte doit savoir tenir la boisson.

-  Le coup de foudre ? Tu crois que c’est ce qui nous arrive ?  Tirant sur sa cigarette - Non. Nous c’est autre chose, tu es mon évidence, rien à voir avec ce genre de sentiment qui s’étiole avec le temps, toi et moi ca va etre long il faudra que je dise à toutes mes maîtresses que je suis maqué avec la plus insupportable rousse d’Irlande, je vais en briser des cœurs.* Tu veux jouer Siobhan alors jouons*  

- Tu es prête à partir ou tu as encore décidé de m’en faire voir de toutes les couleurs avant même d’avoir pu te charmer et que tu en tombes en pâmoison ?
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan)   Ce n'est pas une histoire américaine, c'est une balade irlandaise. * (Ft Siobhan O'Sullivan) EmptyJeu 16 Mai - 18:20

Est ce qu'il a conscience à quel point il est beau? Pas seulement charmeur ou séduisant, ca il ne le sait que trop bien! Mais il a une beauté abrupte qui résonne en elle. Elle n'a pas beaucoup de mal à s'avouer qu'elle n'a pensé qu'à lui durant ces heures où ils ont été séparés. A peine plus de vingt-quatre heures et Siobhan se découvre une impatience d'adolescente. Ils s'appartiennent déjà, quand bien même ils n'ont pas encore prononcés les mots. Elle le veux à elle. Subjugé autant qu'elle l'est par lui. La jeune femme n'avait pas prévu de tomber amoureuse aussi profondément, aussi vite. Nier l'évidence ne lui vient même pas à l'esprit tant elle se sent bien avec lui. Ce qui ne signifie pas qu'il a besoin de savoir à quel point le sourire conquérant, sensuel qui ourle ses lèvres aiguise une faim qui n'a rien de sage.

Elle a rarement usé du gaélique avec ses autres amants, gardant cette langue si particulière pour ses échanges avec son frère. Avec Neil, elle en ressent l'envie, le naturel. Une pointe de déception quand elle comprend qu'il ne le parle pas, rapidement chassé quand il exprime son envie de l'apprendre. -Il faudra que tu me dises exactement ce que tu as fait, je veux tout apprendre de toi! -Si l'attirance est évidement physique, elle va bien au delà. L'envie d'une proximité aussi bien spirituelle que sensuelle. De pouvoir tout partager avec lui, sans limite. Et elle se doute bien que son passé doit être loin légal. On ne devient pas trafiquant d'armes pour l'Ira sans tomber dans la criminalité à un certain point! La rousse fait mine de réfléchir à sa proposition, elle lui est déja acquise. -On va faire un marché, je t'apprend le gaellique en faisant preuve d'une angélique patience, récompenses promises, et toi.. de temps en temps, tu me rapelles de travailler un peu ma thèse. Je sens que je vais être terriblement distraite, ces prochaines semaines, années...

Son regard le caresse, s'attarde sur lui. Années. Oui. Si les sensations qu'ils découvrent ensemble ne sont pas une flambée qui se consume dans les prochaines semaines, ils vieilliront ensemble. Elle le sait. Ce baiser qu'ils échangent, qu'ils savourent est une promesse. Une promesse de bien d'autres à venir.  La remarque sur Catham lui arrache un petit rire. Elle visualise parfaitement l'énervement de son frère à voir son lieutenant aussi intéressé par sa petite soeur. Sans compter les images qui doivent lui bruler la rétine. Bien fait. Ca lui apprendra à vouloir gérer sa vie privée! -Franchement, c'est bien fait pour lui! Ce sera la dernière fois qu'il se mèle de mes affaires.

Elle le taquine, le titille sur un point particulièrement facile et il réplique sur le même ton. Mais Siobhan n'a pas la moindre envie de jouer fair play. Sous la table, sans cesser ses explorations digitales, sans cesser de créer un monde fusionnel du bout de ses ongles, savourant pleinement les frissons qui naissent sur sa peau, elle fait glisser son pied droit hors de son escarpin. Son visage devient l'image même d'une débutante faisant son entrée dans le monde. D'une innocence et d'une chasteté qui irait parfaitement à une religieuse. -Non.. Tu as raison... J'en deviens paralysée... on ne se connait pas encore assez et tu as l'air d'avoir l'habitude des femmes avec une expérience extensive... non vraiment... -L'extrémité de son pied satiné dans un bas s'aventure sur sa cheville, effleure sa jambe. Sans monter plus haut. Pas encore.Sourire d'un bouche en coeur, et ses prunelles brillent d'un amusement sans limite.  -Tu crois que tu saura patienter le temps que je sois prête?

La plante de son pied s'est stabilisée à l'arrière de son mollet, juste au creux du genou, présence chatouilleuse alors qu'ils évoquent comment poursuivre la soirée et le choix est rapidement fait. -Le thai dans le centre! -Et c'est peu dire qu'il lui faudra plus que quelques paroles pour le faire dévier de son assurance qu'elle finira entre ses bras avant le lever de l'aube. Elle ne peut s'empecher de rire devant la manière dont il a déjà songé à l'enchainement. Et il obéit parfaitement à la regle fixée sinon à l'esprit. -Et qu'est ce que tu as prévu exactement? D?aller chez toi? Chez moi? Ou bien tu as reservé une chambre d'hotel dans l'un de ceux qui bordent la Lagan? -Ses paroles sont badines, malgré la pointe de curiosité bien réelle qui frisèlent. A quel point exactement est ce qu'il a refléchi cette soirée?  

Siobhan se penche vers lui quand il s'incline. Le baiser qu'il vient lui voler, elle le lui offre, s'éprenant de sa bouche sans pouvoir sans lasser. Mordillant quelques instants sa lèvre inférieure avant de lui permettre de reprendre sa place. Puisque il ne sait plus fumer sans manquer de s'étrangler, elle lui dérobe sa cigarette, inhalant une longue boufée. -Trois ans... et tu ne crains pas que je sois absolument horrifiée parce que tu as tout oublié de la manière dont un gentleman doit se conduire lors d'un premier rendez vous? -Il cherche, il trouve. De cela, elle lui en fait la promesse silencieuse, ce sera toujours le cas. Son ton se fait léger-Tu sors d'une relation compliquée, tu noies ton chagrin dans les putes d'O'Hara et ton ex va te harceler par sms, telephone, mail, visites impromptues, jusqu'à ce que j'en mèle ou il n'y a réellement aucune femme qui ait sérieusement attiré ton attention depuis trois ans?

Pourtant, elle ne plaisante pas tout à fait. Si elle accepte pleinement qu'il ait un passé et le bagage qui va avec, elle préfère en avoir une vague idée. Siobhan a une sainte horreur des ex pots de colle qui s'imposent et font leur possible pour pourrir tout autour d'elles. Elle lui rend sa cigarette, son pied s'égarant sur sa cuisse, mouvement languide que rien ne trahit dans sa posture. Ses prunelles s'adoucissent en croisant les siennes- Tu es devin, mo ghra? Tes prédictions me plaisent bien. -Sa pique agrandit son sourire, il en devient prédateur. Elle se recule dans son siège, croisant les bras sous sa poitrine. -Ne t'inquiète pas pour tes poules. Je leur donnerais le numéro de mes étalons, ils formeront une parfaite ménagerie!

Son pied retrouve son escarpin et elle se lève à ses paroles. La jeune femme récupère son sac à main en bandoulière et vient à ses cotés alors qu'il finit de repousser sa chaise. Un bras s'enroule, propriétaire, autour de sa taille. Le maintenant contre elle quelques instants, ses lèvres trouvant le chemin de son cou pour y déposer une cascatelle de baisers qui remontent vers son oreille. Avec ses talons hauts, elle n'a pas besoin de se hisser sur la pointe des pieds pour y murmurer, d'un ton d'une pureté absolue. D'un cristal de bohème. -Et si je n'ai pas envie que tu me fasses l'amour, Neil, mais que tu me baises en levrette, hard and fast? -Déjà elle le relache ne s'attardant pas sur l'effet que ses mots auront lui tant, tant elle le sait déjà, s'éloignant vers la sortie, lui offrant une vue parfaite sur le déhanché de reins et le mouvement roulant de ses fesses. Arrivée à la porte, elle se retourne, lui décochant un clin d'oeil de pure malice. Are you sure you still want to play with me? You will loose, love!

Siobhan ne remarque pas que l'homme  au costume un peu élimé  qui ne cessait de les observer précédement paye sa consommation au moment où il voit que le couple est en train de quitter les lieux. Il repousse machinalement une mèche de cheveux d'un gris sale, dévoilant une cicatrice boursouflée sur la tempe droite. En se penchant sur sa monnaie, il assassine le serveur du regard lorsque celui ci  a eu un mouvement de recul en apercevant sur son cou  un patch de peau à l'aspect de cire fondue, caractéristique des grandes brulures.

Dès que Neil la rejoint, ils quittent le bar pour retrouver  l'atmosphère plutôt calme de Belfast un jour de semaine. Son bras entrave à nouveau ses hanches, sa paume se glissant dans sa poche arrière sans la moindre hésitation. - Tu as ta voiture ou on y va à pieds? Restau et après on va danser? Sauf si tu tiens vraiment à un ciné... Je m'en voudrais de boulverser tes plans si soigneusement élaborés s'amuse t'elle.  Se faisant justement un malin plaisir de les bousculer. Elle n'aime pas prévoir. Savourant les surprises de la spontanéité. Du moment qu'ils sont ensembles. Du moment qu'ils partagent les prochaines heures, qu'importe la forme qu'elles prendront.
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