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 Quand la soupape de sécurité saute .. et fait peter les plombs. (Siobhan)

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Neil Flaherty
Amateur de Guiness, de lutins verts et de gros lolos #hommefragile
Neil Flaherty
DATE D'INSCRIPTION : 10/02/2019
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MessageSujet: Quand la soupape de sécurité saute .. et fait peter les plombs. (Siobhan)    Sam 2 Mar - 15:48

9 heures. 9 heures entières où il avait été inconscient entre le sang trop écoulé et la morphine en dose suffisante pour endormir un buffle. Le sommeil avait été lourd, sans rêve, juste du noir profond au creux de son cœur et de son esprit envoûté par les produits destinés à calmer sa douleur. Le réveil avait été compliqué, embrumé , douloureux. Un œil vague, qui palpite, frémissant à la lumière du jour qui l'aveuglait. Il semblait avoir la gueule de bois sans les avantages de l'alcool, il avait mal partout, les bleus maculait son visage et son corps, corps alourdi par la position qu'il n'avait pas quitté depuis la veille. Sa main droite avait les phalanges en sang, il était encore en sang, et pas que le sien. Grimaçant il se releva avec difficulté dans le canapé, s'asseyant en se tenant le coté malmené. Il n'avait visiblement rien de cassé mais la blessure par balle en elle même suffisait à lui faire comprendre qu'il ne serait pas en forme quelques temps. Mais cela lui importait peu en voyant Siobhan devant lui, portant un tee shirt lui appartenant. Elle était en vie. Marquée, mais en vie. A dire vrai il ne se souvenait plus vraiment de leur retour, mais ils étaient chez lui , en sécurité au moins quelques jours. Il serait bien temps de penser à la suite plus tard.

Sans un mot inutile ou formule du genre 'salut ca va" il se leva laissant passer l’étourdissement qui le prit et se dirigea vers le plan de travail de la cuisine où se trouvait toujours son paquet allégé de quelques cigarettes et alluma celle qu'il venait de prendre tirant autant que son ventre pouvait se tendre s'intoxiquant avec plaisir, et souffla l’excès de fumée pour avaler un cacheton agrémenté d'une dose non négligeable de whisky et vient la rejoindre . Pas besoin de long discours, du bout des doigts il effleura à peine sa joue gonflée puis se saisit du poignet le soulevant légèrement avec délicatesse. La pauvre avait morflé sévère. Il lui aurait bien dit une phrase assassine sur sa putain d'imprudence, mais ce n'etait pas encore le moment. Plus tard, quand elle serait remise de ses emotions, il lui dirait sa façon de voir la vie. La revoir, même ainsi, était une torture. Une véritable torture. Il l'aimait toujours autant, il ne se le cachait plus, il n'avait plus l'odeur des autres femmes sur lui, et se laissait submerger par la proximité de la rouquine. Il retrouvait l’intensité de ses sentiments rien qu'en la voyant . C'était surement cela le plus dur, la voir, être avec elle, la voir souffrir , la savoir en danger. irlandais de merde, ils allaient payer cela. Ce n'était plus un question de jeu et de survie à se cacher de l'IRA, ca serait une pure et sanglante vengeance quand il les aurait retrouvé. On ne touchait pas à celle qu'il aimait, quand bien meme celle-ci le haïssait toujours.

Sio le mit au courant des dernières paroles de Charis, il se contenta de hocher la tête bien que sortir serait un danger, il fallait des soins à la rouquine qu'on ne pouvait lui apporter ici sans radio, platre ou autre. Il partit sous la douche retirant le pansement orné de sang, pour se débarrasser de la crasse et de la puanteur de ce sang ennemi sentant la charogne. Il resta juste le temps de se sentir moins crasseux , mordant sa joue quand l'eau glissait sur l'entrée de sa blessure. Il profiterait plus tard de l'onde sur sa peau, surement dans quelques jours. Un pansement sommaire fut replacé sur son coté, Charisma le changerait surement à leur arrivée à l’hôpital de Los Angeles. observa dans la glace de la salle de bain le reste de son corps tuméfié, il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas été dans un tel etat, et serviette autour de la taille il partit dans sa chambre pour trouver des vêtements propres. Il opta pour un pantalon de ville sombre, une chemise aux teintes d'un violet foncé et des baskets sombres le rendant plus à l'aise si jamais il devait bouger "vite" autant que son corps pourrait le lui permettre. De l'armoire il sortit un jogging noir, un sweet à capuche, des baskets trop grandes pour elle et revient dans la cuisine auprès de Siobhan. 


- C'est tout ce que j'ai pour toi, on ira t'acheter des affaires plus tard. Habille toi on y va, faut qu'on y soit pour midi, y a moins de monde dans les couloirs du LAGH. Ensuite on revient ici et on se planque quelques jours, le temps de voir où on en est. Tu vas devoir me supporter désolé pour toi.

Il avait décidé qu'elle ne repartirait pas, et elle ne l'emmerderait pas sur ca, sous peine de se retrouver bâillonnée et attachée au radiateur. Si elle etait inconsciente de la situation, lui était un pragmatique et préférait qu'elle lui siffle des horreurs en pleine gueule, plutôt que de la voir crever comme une conne. N'attendant pas sa réponse, il repartit dans sa chambre prendre quelques chargeurs dans la boite qui trônait toujours sur son lit, referma celle ci et la posa sur sa table de nuit. Plus tard il la rangerait, ce qu'elle contenait resterait dedans inconnu du monde et surtout d'elle. Le temps qu'elle se change, il téléphona à Charis la prévenant de leur future arrivée, prit quelques billets de 500$ et descendit au parking où sa voiture de location était dans un triste état avec tout ce sang maculant les sièges. Du coffre il sortit un vieux plaid qui servait surtout à ne pas salir le coffre et le disposa sur les deux sièges avant, cachant le plus gros du désastre sanglant. La douleur s'était évaporée, la morphine et l'alcool jouant en couple un air de soulagement des blessures, enfin. Il nageait dans un monde plus doux, cotonneux. Heureusement car ses allés-retour vers l'appartement auraient été insupportable. Collant sur la tete rousse une casquette NY, il s'assura qu'on ne la reconnaissait pas et main sur son arme passée à sa ceinture, ils descendaient ensemble pour prendre la voiture et partir à l’hôpital.  

Le trajet dura à peine une vingtaine de minutes dans un silence presque total, aucun des deux ne voulant parler, pas maintenant, c'etait encore trop tot, trop récent. A meme se demander s'ils avaient quelque chose à dire. Beaucoup trop surement, cinq ans de regrets, de haine et de colère  ca en faisait des reproches à se balancer dans la gueule. Ils arrivèrent par l'entrée réservée aux médecins , la porte leur fut ouverte par un infirmier, un billet quitta Neil pour aller dans la poche du type qui les mena jusqu’à une salle d'examen où se trouvait Charis.


- Mon chou, tu as meilleure mine. Will tu fais passer une radio du poignet et da la cage thoracique à la rouquette, et ensuite tu plâtres le poignet, si elle a des cotes cassées tu sais quoi faire? Et tu me fais un beau travail sinon tu finis au ménage ! Moi je m'occupe de lui.
- On reste ensemble. Réponse immédiate de l'Irlandais. Non il n'allait pas la quitter des yeux, pas même quelques minutes. il n'etait déjà pas rassuré d'avoir dû sortir alors s’éloigner d'elle, hors de question. Il n'aurait pas encore assez de force pour reprendre le combat aujourd'hui.
- Chou elle sera juste là. La jolie infirmière aux couleurs étincelantes désigna la salle juste à coté séparée par une porte battante. Il pourrait la voir à travers les vitres des portes. Il finit par acquiescer après un léger silence, lui même retirant sa chemise pour que Charisma l'examine, ce qu'elle fit en toute professionnelle, piquant son bras avec une seconde solution ferrique, examinant ses mains marquées, son visage, et lui changea son pansement rajoutant deux agrafes qui avaient déjà sautée.

- Je dois m’inquiéter? Elle lui avait parlé sans le regarder pendant qu'elle finissait de nettoyer la plaie
- O'Maley est sur nos traces.
- Putain Neil ! Il faut que tu te barres, retournes en Angleterre. C'est qui cette rou.. ou... sse . Oh non ne me dis pas que c'est .. Elle ? Le silence de l'Irlandais confirma ce qu'elle craignait, la voix un peu plus stridente - Neilllllll elle va te faire tuer et il est hors de question que je te ramasse encore comme avant.  Tu as réussi à leur échapper pendant des années et là elle se ramène dans ta vie et tu as failli crever ! T'es con ou quoi ?

Il se contenta de grimacer quand elle appuya un peu plus sur son coté, sous le coup de ses émotions et de son mécontentement.  Elle n'avait pas tort, fuir seul était aisé, aucune attache visible, il pouvait passer sous les radars, mais avec quelqu'un ca serait plus compliqué. Et si O'Maley n'avait pas encore découvert ce qu'il était advenu de ses hommes, bientôt il saurait et comprendrait surement l'implication brutale de Flaherty dans la libération de l'Irlandaise;.


- Essaies de savoir si le SAS ou la CIA ont des infos sur le lieu où il est. Je ne te demandes pas de me juger. Tu as fini ?

- Ouais.. Mot soufflé dépitée. Elle connaissait l'historique de leur relation , et tout ce qui avait découlé de cette époque. Neil avait gravement déconné quand elle l'avait revu après cette mission en Irlande. Il n'avait plus été le meme que le soldat qu'elle avait connu. Il remit sa chemise et passa la tete à coté où Siobhan se trouvait joliment dans le plâtre frais entourant main et poignet. Éléments qui seraient à prendre en compte pour tout ce qui suivrait, elle serait autant diminuée que lui. - On part dans 5 minutes

Il récupéra les deux flacons que Charisma lui tendait. Opiacés et Morphine ... Sans alcool qu'elle lui dit .. évidemment que .. non. Quelques pansements et bétadine pour lui, Et attendit que le dénommé Will ait fini. Elle s'approcha de lui alors qu'il la toisait n’appréciant pas ses commentaires, meme si il l'adorait elle et posa une bise laissant la trace de son violet à lèvre sur sa joue mal rasée.

- Fait gaffe à tes fesses Chou. Je t'appelle dès que j'en sais plus.

Un vague sourire Irlandais alors que Siobhan le rejoignait, il déposa une coquette somme sur le siège où il avait été examiné et avec la rousse repartit discrètement dans les couloirs de l’Hôpital. Il était temps, grand temps de retrouver l'appartement et sa vague sécurité. Il ne comptait pas s’éterniser dehors.
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Quand la soupape de sécurité saute .. et fait peter les plombs. (Siobhan)    Sam 2 Mar - 18:59

Elle s'est reveillée  tôt, beaucoup trop tôt pour les dernières vingt- quatre heures  cauchemardesque qu'elle vient, qu'ils viennent de vivre. Se relever a été beaucoup plus douloureux que Siobhan ne l'aurait imaginé. Son corps couvert d’hématomes n'a pas apprécié qu'elle sombre dans l'inconscience à même le sol et le lui fait savoir avec vengeance. Les courbatures sont sévères et lorsque son premier réflexe est de poser la paume droite au sol en appui pour se relever, c'est un sifflement sombre de douleur qui achève de la sortir d'un reste de torpeur. Une bande n'est pas un plâtre. Noté. Neil est encore plongé dans l'inconscience et l'irlandaise préfère ne pas l'en sortir. Plus il dort, plus elle peut faire abstraction de sa présence. Et parler, ce n'est meme pas un seul instant au programme! Elle ne visite rien de l'appart, évite la cuisine. L'idée même de manger lui retourne le ventre. La seule chose qu'elle avale, c'est un peu d'eau avec un comprimé de morphine laissé par Charis.

Douche. Et cette fois, elle savoure la brûlure de l'eau sur son crane. Lave ses cheveux longuement. Deux fois. Jusqu'à ce qu'elle soit certaine que plus un seul cheveux de sa masse rousse ne porte la moindre trace de souillure. Siobhan finit par en sortir, remettant le tee- shirt trop grand qu'elle a enfilé dans les brumes hier soir. Sa robe est abandonnée depuis la veille et strictement rien ne pourra la forcer à la remettre.  Elle a conscience que c'est un peu léger comme habit, meme pour Los Angeles. Il doit bien avoir un manteau.  Penderie dans l'entrée, il y a plusieurs vestes et un manteau plus long qu'il doit mettre lors des rares températures plus basses de la Californie. La jeune femme ne réfléchit pas très longtemps, une cigarette, prise à son paquet entamé, déjà allumée entre deux doigts de sa main gauche.  Elle se barre.  L'Irlandaise refuse d'être cloîtrée avec lui. L'arme est encore sur la console et elle la glisse dans la poche, poids rassurant de l'acier à sa paume. Elle n'a aucune raison de rester avec lui alors que déjà elle enlève la chaine de sécurité et déverrouille la porte. Elle ne peut pas rester avec lui. Elle ne veux pas rester avec lui. Si  c'est déjà insupportable de se retrouver dans la même pièce alors qu'il est inconscient, à quel point cela va le devenir quand il sera réveillé? Il est sorti de sa vie il y a cinq ans. Il ne pouvait pas le rester?! Surtout si son hypothèse de la veille se confirme. Qu'elle le veuille ou non, il faudra qu'elle la lui soumette.

D'accord. Elle file sans qu'il ne puisse l'en empêcher. Et ensuite? Elle retourne dans son appartement à Venice? Combien de temps il faudra à O'Maley pour la récupérer la-bas.  Cassiopée? NON. Jamais elle ne conduira des tueurs  devant sa porte!  Il lui serait intenable de la placer dans un tel danger. La seule perspective que le chacal de l'Ira pose la main sur elle la gele sur place. Mathias, pareil. Oliver. Oliver, une main brutale qui lui retourne le ventre. Le désir de le retrouver est presque palpable tant il est intense.  Lui, il a effectivement autour de lui une telle protection rapprochée qu'il est en presque intouchable. Mais il ne mérite pas cela. Il ne mérite pas qu'elle débarque et renverse totalement le cours de son existence. Sans oublier la charmante Lucrecia qui sera absolument ravie de voir apparaitre sur le seuil de sa demeure l'ancienne amante de son fiancé. Cela promet des explications passionnante. Non. Elle ne peut pas imposer cela au Golden Prince.

Sans oublier la rage de Neil. Ce qui n'est PAS un élément à  prendre à la légère. Si il lui remet la main dessus avant l'Ira et au regard des moyens considérables dont il dispose, ce n'est pas une hypothèse sans fondement, ce sera un pandémonium de toute première catégorie entre eux. Elle n'est pas totalement persuadée de vouloir y faire face aussi vite.  Siobhan sait parfaitement que dans l'état d'esprit dans lequel il se trouve -Elle hait cette facilité de le comprendre encore aussi aisément- il n'écoutera strictement rien de ce qu'elle pourra lui dire. Il se contentera de la ramener et de la boucler chez lui sans qu'elle n'ait son mot  à dire. Dans le meilleur des cas. Et.. Il lui faut admettre que même blessé, il est probablement le seul à avoir une idée réelle, concrète de la menace qui pèsent sur eux. Cela fait des années qu'il vit avec. Devoir lui faire à nouveau confiance est une coulée d'acide. La frustration d'avoir les mains liées éclabousse les prunelles de Siobhan.  Si elle n'avait pas si mal partout, elle aurait probablement donné un coup de poing dans le mur. Juste pour relâcher un minima les tensions qui bouillonnent.  Elle se contente de reposer bien gentiment tout à sa place. Et d'attendre dans un calme relatif qu'il se décide à émerger.

C e qu'il finit par faire, quelques heures plus tard.  Elle a opté pour s'installer dans un fauteuil, piochant au hasard un roman dans sa bibliothèque, sans parvenir à se fixer sur les mots. Et ils évitent soigneusement, l'un comme l'autre d'échanger la moindre parole. La plus infime banalité serait de trop. Son paquet a été délesté de plusieurs cigarettes, il pouvait s'en douter. Siobhan veux retrouver les siennes! Elle hausse un sourcil quand elle le voit avaler du whisky en meme temps que la morphine, mais même cela, elle n'a pas envie d'en débattre. Il sait très ce qu'il en est!  La jeune femme se raidit lorsqu'il tend la main pour effleurer sa joue tuméfiée, pour examiner son poignet. Qu'il continue à jouer la considération, qu'il ait remis le masque de l'homme concerné par son ancienne compagne l'ulcère. Ils sont bien au delà de ce genre de comédie et elle n'a vraiment plus envie de partager ce genre de repertoire. L'oeillade qu'elle lui décoche est sans appel. Pas un mot.  Sur rien.  Sauf... l'essentiel. En quelques phrases succinctes, elle lui rapporte les propos échangés avec Charis, sans omettre les détails. Abus d'alcool compris. Il le prend comme il le veux, ce n'est pas son problème. Elle n'a même pas envie de faire de remarque sur les vêtements. Le plus handicapant restant les chaussures trop grandes.

-Ca ira très bien. -Non. Ca ira pas. Mais elle fera avec. - Quand à rester ici, on en discutera après l’hôpital.

Ca ne sert à rien d'argumenter maintenant. Le plus urgent étant d'aller à l’hôpital, pour l'un comme pour l'autre. Et quand il est buté sur ces positions, il est bien plus intelligent d'attendre le moment propice pour marquer son opposition. Ce n'est pas encore maintenant. Il a l'air super désolé, tiens. Plus désolé que ca et il mérite un oscar pour sa performance.  Son poignet recommence à pulser jusque dans le coude, les deux douches n'ayant pas été tendres pour la bande sommaire posée par Charis. Elle attend qu'il tourne les talons pour enfiler rapidement les habits qu'il lui a tendu. L'absence de sous vêtement lui passe au dessus de la tête, c'est pour le moment le dernier de ses soucis.  Siobhan est rarement aussi peu loquace, mais elle est lasse d'avance de la moindre explication. En ce qui la concerne sa plaque et son frère en prison parlent d'eux meme. Tout le reste était un joli  mirage qu'il a mis en place pour atteindre ses objectifs. Sa faute si elle a été assez crédule pour ne rien voir venir.  Elle n'a pas l'intention de lui donner la moindre ouverture. Quand il estime que ses préparatif le satisfont, il vient la chercher, non sans enfoncer une casquette sur son crane. L'Irlandaise ne retient pas une grimace.

-Franchement, je préfère encore tout couper et teindre ce qui reste en brun plutôt que de mettre ca.

Elle ne sait pas depuis combien de temps elle n'a pas réellement coupé ses cheveux. Les teindre? Facile. Jamais. Néanmoins, il faudra probablement en passer par là. Ca repoussera.  Pour l'heure, elle accepte la nécessité de dissimuler la rousseur de sa tignasse.  Il a  recouvert d'une couverture le sang qui macule les sièges, probablement de manière irrécupérable. Elle tourne la tête vers la fenêtre passager, observant distraitement le paysage qui défile, presque bercée par le ronronnement du moteur.  Visiblement ce n'est pas la première fois qu'il se présente de cette manière. Il y a presque une routine dans l'argent qui change de main. Qu'est ce que tu as fait depuis cinq ans. Depuis quand es tu à La? L'arrivée de Charis coupe net ses questionnements et elle en est heureuse. Elle lui adresse un sourire un peu vacillant, sincèrement reconnaissante à la médecin d'avoir aidé Neil et soulagé son poignet.  Chou, encore? A nouveau, une pointe de curiosité sur les rapports qu'ils entretiennent. Plutot se couper la langue que de poser la moindre question à ce sujet.  L'homme à qui elle s'adresse s'avance déjà, stoppé net devant la méfiance instinctive de son compagnon.  

-Je ne vais pas m'envoler en dix minutes. -Si il se montre aussi étouffant dès qu'ils sont dehors, elle va vite ne pas le supporter et sa volonté de garder un terrain neutre entre eux risque d'en souffrir sérieusement. La jolie donzelle temporise et finit par lui faire entendre un brin de raison. Siobhan suit l'infirmier. Le laissant commencer par la radio des côtes plutôt que par le poignet.  Il l'aidera sans un mot à retirer le pull quand il verra sa difficulté à mouvoir son articulation. Il effectue les deux radios dans la foulée. Après un long regard, il finit par s' avancer. Il a eu du mal à détourner ses yeux de toutes les contusions qui la strient.

-Vous savez... Vous pouvez porter plainte. -Un instant l'incompréhension plane dans son regard. Son absence de réponse l'encourage à continuer sur cette voie là. - Je peux prendre des photos si vous le souhaitez, pour documenter à quel point vous nécessitiez des soins. Vous ne devez pas avoir peur, mademoiselle. Même si vous l'aimez,  même si vous lui trouvez des excuses, il  va recommencer. Vous pouvez être protégé.
Siobhan, pour la première fois depuis longtemps, a envie de rire. Devant cette solicitude tellement inattendue. Devant la sincérité avec laquelle il s'exprime et lui propose son aide. Un instant, elle a envie de lui répondre que celui qui l'accompagne est dans la police. Juste pour voir son regard se décomposer. Mais elle n'a pas envie d'une part de le mettre mal à l'aise et de l'autre qu'il puisse se diffuser qu'un flic accompagné d'une rousse se sont fait soignés discrètement.
-Je vous remercie. Ne vous inquiétez pas pour moi, il n'est pas responsable de ce qui m'est arrivée.

Durant ce bref échange, les radios sont apparues sont l'écran, confirmant que sa cage thoracique n'avait pas subit de dommages réels, sinon des contusions. Il lui conseille d'éviter de nouveaux chocs qui pourraient les fragiliser d'avantage. La fracture du poignet est franche. C'est sans doute ce qui se produit quand on reçoit un coup de barre de fer parfaitement appliqué. Au moins, ils savaient à la perfection ce qu'ils faisaient! Vive les professionnels. Il ne pourra pas comprendre l'ironie amère qui se lit quelques secondes sur son visage. Will a l'impression d'avoir suffisamment gaffé avec elle et se contente de plâtrer efficacement son poignet une fois qu'elle a renfilé l'informe sweat.  Il applique la couche séchante quand Neil revient les voir. Un haussement d'épaule. Ce n'est pas elle qui décide.

Néanmoins, elle ne tarde pas à le rejoindre.  Ensemble, ils repartent vers la voiture et il est évident qu'il est de plus en plus sur les nerfs. Ce qui ne va pas arranger ce qu'elle a l'intention de lui dire.  Sauf que Siobhan n'est pas une enfant qu'il peut trimbaler à sa convenance. Au moment où il déverrouille le véhicule, la jeune femme s'adosse à la portière conducteur. Si il veux vraiment qu'il reparte, soit il emploie la force, soit il l'écoute. Elle prend le temps d'allumer une des  cigarettes de Neil  et le laisse venir pleinement à sa hauteur.

-Il va se passer deux choses. Deux choses que tu va détester mais que tu va me laisser faire. Parce que là, je ne te laisse pas le choix. Je ne suis pas sous ta tutelle, pas d'avantage sous ta responsabilité. J'étais à deux doigts de quitter ton appart ce matin pendant que tu étais inconscient. Ne crois pas une seconde que je ne le ferais pas à une autre occasion. Soit tu me dis oui tout de suite, et ca nous évite de nous prendre la tête, et même que je me  rangerais à tes autres décisions concernant notre sécurité sans discuter. Soit on se prend la tête. Et de toute manière, tu finira par céder, parce que tu sais combien je peux être insupportable quand je m'y met. Et si tu es VRAIMENT décider à être borné, que tu refuses d'écouter quoique ce soit, je te plante là.

Le ton avec lequel Siobhan s'adresse à lui est aussi dur que le regard qu'elle a harponné dans ses prunelles. Elle a posé une jambe sur sa roue, le reste de son corps contre  le véhicule. La position pourrait paraître alanguie, il n'en est rien.  Bien. Avec  cette entrée en matière, il devrait l'écouter. Ou alors elle vient de le mettre en rogne. Mais si il fait l'erreur de la forcer à entrer dans l'habitacle, elle le plante là et se débrouillera par elle même. L'irlandaise n'a pas l'intention de lui permettre de croire qu'il peut la forcer à agir d'une manière allant à l'encontre de sa volonté. Il peut la menacer, certes, mais si il tente de les mettre à exécution, ils entrent en guerre ouverte l'un envers l'autre. Ce qui, avec la menace d'O'Maley est la chose la plus stupide à faire. Sauf qu'elle ne reculera pas.

-Premièrement, on passe à Venice, dans mon appartement. Vingt minutes, trente minutes, pas plus.  Je récupère quelques affaires, deux trois autres indispensables et ensuite on rentre chez toi. C'est bien plus intelligent de faire comme ca que d'aller perdre plus de temps en  courses.  Oui. C'est peut être surveillé. Oui, c'est un risque. Mais je compte sur le fait qu'O'Maley , d'une part n'est peut être pas revenu et de l'autre, si il est revenu, il se retrouve avec une baraque pleine de cadavre qu'il va devoir faire disparaître. On a une très faible fenêtre d'action et j'entend bien en profiter.

Il  va l'interrompre. Elle le sait. C'est toute son attitude qui est devenue celle d'un fauve sur le point de bondir. Siobhan sait qu'elle doit le convaincre avant qu'il ne cesse de réfléchir pour agir. Sa cigarette tremble presque imperceptiblement alors qu'elle prend une longue bouffée.  Il est possible qu'elle ne soit pas tout aussi assuré qu'elle ne le laisse voir. Mais il la connait assez pour savoir qu'ils sont dans une impasse.

-Je n'ai pas finit. La seconde chose, tout aussi non négociable que notre passage à l'appartement. Tu sais où il est, de toute manière, non? Je vais appeler Baile O'Donaigh. Soit tu sera à mes cotés, soit non. Mais quelque soit ton avis, cela aura lieu. A toi de voir dans quelle mesure tu veux pouvoir cadrer cette conversation. Et avant de me traiter de conne, réfléchis Neil. REFLECHIS! Pour le moment, ni O'Maley ni Baile n'ont la preuve formelle que c'est toi qui m'a sorti de leur souricière. Plus on les laisse dans le noir, plus ils vont s'en persuader.  Avec justesse. Mais si j’appelle Baile, si je contrôle le narratif, si je leur donne une autre piste, une autre explications, quelque chose d'assez crédible, tu restes sous le radar. Ils n'auront aucune preuves que tu es dans le tableau ou que tu as la moindre responsabilité dans leur débâcle. Tu comprends l’intérêt à ca, ou il faut que je te l'épelles avec un dessin en prime?
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Neil Flaherty
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MessageSujet: Re: Quand la soupape de sécurité saute .. et fait peter les plombs. (Siobhan)    Dim 3 Mar - 11:46

Le soulagement de sortir de l’Hôpital pouvait se lire sur le visage de l'Irlandais. Trop de choses, beaucoup trop de choses auraient pu foirer pendant cette petite heure et même si sa confiance en Charisma était totale, le reste était obscur et dangereux. On pouvait les reconnaître, O'Maley aurait pu faire surveiller les hôpitaux de la ville, ne pas savoir où se trouvait exactement le tueur de l'IRA rendait la situation encore plus instable. Neil alluma une cigarette à peine la porte franchie, espérant retrouver un peu de calme , il en avait besoin pour réfléchir, et savoir quoi faire pour sauver la rousse de ce marasme dans lequel elle s’était fourrée en beauté. Rousse qui d'ailleurs ne lui soufflait pas un mot. Muette comme une tombe, froide comme un glacier, soit elle se rendait compte par quoi elle était passée, soit c’était sa présence qui la rebutait de façon nette, soit .. les deux. La troisième option sauta en évidence quand elle s'adossa à sa portière et commença à débiter ses inepties toutes plus idiotes les unes que les autres. Le choc à la tete avait du être plus grand qu'il ne l'avait cru .

Elle parlait acerbe, violente, se donnant un style qui n’était pas le sien, assurée de ce qu'elle faisait tout en tremblant, et pour son malheur ne regardant pas plus loin que le bout de son nez. Et plus elle lui parlait, plus elle vomissait sa bile et des ordres, plus il en venait à haïr cette femme qu'il avait tant aimé. La facilité à haïr se lisait en lui , chaque mot prononcé rendait son regard plus dur,  raidissant son corps meurtri qui avait pu trouver un moment "morphinement" cotonneux oublié à présent. Non là c'était une boule de nerf qui le maintenait droit devant elle sans dire un mot, laissant sa cigarette se consumer entre ses lèvres. C'était tellement plus facile que d'avoir d'autres sentiments doux. Et elle continue. Encore plus folle qu'auparavant, encore plus incongrue dans ses pensées. Appeler Baile ? Mais oui idée numéro une pour se faire buter et elle lui dit A LUI de réfléchir ? Les conditions étaient imposées. Et quoi? Elle s'imaginait quoi? Qu'il allait obéir, petit toutou à sa maîtresse? Elle le connaissait donc si mal que ça ? Elle l'avait pourtant vu à l'oeuvre en Irlande et ici avec ces hommes. Le pensait-elle si faible face aux mots crachés? Il reprit sa cigarette après avoir tiré dessus, écrasant le mégot entre ses doigts laissant les restes tomber au sol.


- Ca y est ? tu as finis de débiter tes conneries ? Tu vas m’écouter O'Sullivan. Pas Sio, Pas Siobhan, pas Rouquine. Non juste son nom de famille, preuve en était qu'il était prêt à craquer, que vraiment elle l'avait foutu en rogne et ne plus savoir contenir sa colère sombre qui l'envahissait à nouveau. Il avait été agressif comme cela une seule fois contre elle, cela avait failli leur coûter leur relation quelques jours avant qu'il ne la demande en mariage. Elle avait agit sans réfléchir et avait failli se faire tuer. Encore une fois elle recommençait. Elle n'apprenait jamais fonçant dans les pièges grossiers qu'on lui posait. - Tu crois Il passa un doigt nerveux sur son sourcil. se contenir, ne pas exploser,...que j'ai fais tout ça pour que tu ailles chez toi récupérer un soutif, une culotte et un jean tu te fous de ma gueule ? Tu veux VRAIMENT  te faire buter ? Ou peut-etre que te faire violer c'est ton trip ? Non j'y suis, une petite torture de temps en temps ca fait du bien. Tu veux me planter là? mais vas y dégages ! va te faire buter par tes potes !  PUTAIN TU PENSES A QUOI ??!! est-ce qu'il t'arrive de réfléchir au moins ?

La voix de Neil oscillait entre cris et phrase sifflées froidement dans la plus pure tradition entre eux quand ca s'engueulait. Il ne savait pas se controler, il ne le savait plus, il était épuisé, apeuré aussi pour elle, et tout ce qu'elle voulait c'etait se jeter dans la gueule du loup.

- Ah oui tonton Baile, j'avais oublié ta petite famille de bâtard de l'IRA.  T'es toujours leur petit caniche ou vue ta verve, tu tentes de passer doberman ?

Il l'avait cherchait et l'avait trouvé. Siobhan le cogna avec un peu moins de force que son bras droit dont il avait fait connaissance quelques jours plus tot, mais sa gauche n'etait pas mal , faites pour blesser physiquement , pas ce genre de giflette que donnent certaines femmes outrées. Il n'avait pas eut le temps de réagir mais l'après coup, il attrapa son bras la retournant contre la voiture, son poignet plâtré subit le même sort se retrouvant en arrière et .. menotté. Oui il avait osé. Se plaquant de tout son poids contre elle pour l’empêcher de bouger comme il le ferait d'un vulgaire criminel qu'il arrêterait, et non par plaisir de retrouver son corps allié au sien, sa main venant saisir sa gorge ramenant sa tete en arrière, parlant au creux de son oreille avec un manque de sensibilité et de considération flagrante envers ses idées et surtout avec beaucoup de fureur envers elle. Le courroux irlandais était sans appel.


- C'est la dernière fois que tu me cognes O'Sullivan, si tu tentes encore une fois, je te la rends sans hésiter, et si tu doutes que je le fasses en souvenirs du bon vieux temps, n'oublies pas qui j'ai été pour l'IRA et n'oublies pas que tu m'as planté il y a 5 ans. Alors maintenant tu m’écoutes.  Tu crois que Baile ne va pas se douter de quelque chose si tu l'appelles pour dire "tonton ce n'est pas Neil qui m'a sorti de là". Tu les prends vraiment pour des billes ?  Ça fait des années qu'ils me traquent, qu'ils te traquent, ils nous connaissent ! Ils vont reconnaître mon style , ils vont comprendre que tu me protèges ! Tu crois Qu'ils vont te laisser en vie parce que ce type t'a fait sauter sur ses genoux ? Tu crois qu'ils s'arretent à ce genre de considération? J'ai participé à leurs interrogatoires, je sais de quoi ils sont capables, il ne le feront pas par plaisir , pas pour toi au moins, mais tout simplement que ca doit etre fait, toi et Catham vous allez mourir avant la fin de ce mois si tu agis de cette manière. Et je ne veux pas votre mort, je ferais tout pour vous protéger, même de vous meme . Détestes moi tant que tu veux, craches moi dessus, insultes moi, vas y fait toi plaisir, mais quoique tu fasses on agira à MON idée. Alors on va passer chez toi, si je vois un seul regard suspect on se casse directement. Mais appeler Baile, tu oublies. Je ne me répéterais pas Siobhan. Si je t'ai donné à penser que tu avais le choix,c'est que tu m'as mal compris .  


Arrêtant de faire pression sur elle, il la dégage sans ménagement du coté conducteur, la tirant par les menottes vers celle du passager et ouvrit la portière .

- Montes dans cette putain de voiture tout de suite. Clair, froid et net. Si elle tentait un geste autre, il était certain qu'elle, comme lui, passerait un mauvais moment. La voiture démarre, il ne parle pas, mais ses mains sont contractées sur le volant, tellement qu'il pourrait le déboîter si'l n'avait pas si mal . Il fixe la route insultant dans un silence de mort cette femme à ses cotés. Elle était la seule à pouvoir le mettre dans une telle colère qui ne pouvait qu’éclater un jour ou l'autre, elle savait sur quel point précis appuyer, comment le blesser pire qu'une arme, elle avait toujours eu ce pouvoir. Il n'avait pas l'intention de partir chez elle et si elle gueulait, tant pis pour elle. Pourtant peu à peu, la route qui défilait n'amenait pas à Downtown, mais bel et bien à Venice et ce quartier mal famé dans lequel elle vivait.  Il passa une fois devant l'immeuble, fit demi tour une centaine de mètres plus loin et repassa encore, puis se gara à une vingtaine de metres de son immeuble sur le trottoir d'en face,. Il n'aimait pas ca . Vraiment pas, stupide irlandais qui te laisse mener par le bout du nez, mais si il n'y avait personne peut-etre que la fuite de Sio n'atait pas encore connue c'etait pour cette raison unique qu'il était venu ici et non pour lui trouver des vêtements. Posant la main sur son épaule, il la retourne retirant les menottes,  lui fourre un jeu de clés dans les mains retenant son bras pour qu'elle écoute bien ce qu'il lui disait, regard de défis plongés l'un dans l'autre. Oublié la douceur de son reveil.

- Ce sont les clés de la voiture et de chez moi. Je rentre chez toi, si je ne suis pas ressorti dans 5 minutes, je dis bien cinq minutes, pas six, cinq, tu te casses, tu vas chez moi et tu appelles le numéro qui est noté en noir sur le frigo. Loin de se souvenir de ce qu'il avait dit avant de tomber dans l’inconscient la veille, il radotait. Mais c’était pour lui le plus important.- Si quelqu'un s'amène , tu .. Se penchant un peu il tira de la boite à gant un petit flingue à barillet - Tu vises, tu tires. Et si tu te fais buter, tu ne pourras t'en prendre qu'a toi meme.

Sans autre mot ou un autre égard pour elle, il sortit du véhicule, vissant le silencieux à son flingue qu'il cacha sous une veste qui était dans le vehicule depuis certainement le debut de sa location, contournant la voiture pour rester sur le meme trottoir et s'avança un peu gardant le regard sur l'entrée de l'immeuble. C'était agité, brouillon, beaucoup de monde, beaucoup de voitures. Il ne bougeait pas, fixé comme un prédateur sur sa proie. De l'autre coté de la rue, un autre dans une vieille Cadillac, il semblait attendre depuis un moment à la vue des mégots sur la route jetés avec négligences , jusqu'a l'arrivée d'une pute qui avait du le faire attendre. Les épaules de Neil se relâchaient. Un peu plus loin, sur le même trottoir un "couple" se disputaient, l'homme prenant à partie une autre pute du coin.

- Pourquoi tu mates ce type, quoi? tu veux te le faire ? ou tu te l'ai fais je vais le buter ce connard, HEY toi la bas, OH .. réponds ! S’avançant vers Neil pret à casser du mec pour se faire respecter de sa donzelle il arma son poing pour s'abattre vers celui qui ne lui offrait meme une œillade toujours fixé sur l'immeuble.. Levant simplement son arme qui se découvrait vers lui, arme qui  arriva pile au milieu du front du vindicatif mac . Sans un mot de Neil, juste deux hommes l'un armé, l'autre pas .- Ok mec c'est cool.   Sans attendre son reste, le type repartit vers la nana qu'il embarque dans sa caisse et partit sur les chapeaux de roues.

Tout autre mouvement semblait .. relativement calme, pas de types genre rabatteurs, personne dans le hall qui lisait un journal, on voyait d'ici le "gardien" qui regardait la rediff du dernière match des lakers. Neil se mit enfin en marche, traversant la rue dans un calme relatif, tout comme dans le hall sans qu'un oeil ne soit posé sur lui. Enfin le second étage,  et l'appartement de Sio. Il tira de sa poche un petit étui avec quelques pointes en fer. En une journée à Los Angeles il avait apprit à forcer ces serrures à la sécurité minimale. La porte fut ouverte en silence il se glissa dans l'appartement Bordélique comme il s'y attendait, mais rien ne semblait vraiment .. dérangé ou abîmé Pointant son arme  dans diverses directions pour couvrir tous les angles d'ou on pourrait l'attaquer, il avançait, pas à pas, L'appartement était assez petit , facilitant le tour et la sécurité à peu près retrouvée, meme si ce lieu ne ressemblait pas à Siobhan, non par le fait d'etre petit, mais il était tellement impersonnel, loin d'elle, de ses gouts, c'etait .. frappant. Il revient vers la fenetre et s'y pencha sifflant après elle. Qu'elle se démerde pour monter. Néanmoins, et malgré ses mots,  il ne la quitta pas des yeux avant qu'elle ne soit dans l'immeuble. Quand elle fut là, il souffla en même temps qu'un volute de fumée
- Tu as dix minutes. Non négociable. Se plaçant contre le mur près de la porte d'entrée il aurait de là une vue sur le premier qui tenterait de rentrer sans y etre invité, gardant par la meme occasion un oeil sur Siobhan
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MessageSujet: Re: Quand la soupape de sécurité saute .. et fait peter les plombs. (Siobhan)    Lun 4 Mar - 13:12




Les traits de Siobhan sont tirés et de grands cernes lui mangent les yeux, qui ont un éclat presque maladif dans la lumière trop brutale du soleil californien. Pourquoi chercher aussi séchement la confrontation? Ce serait si simple de retourner à Downtonw avec lui. De passer quelques jours avec lui, sans faire de vagues, en le laissant avancer ses pions et défuser la situation. Rester passive est au dessus de ses forces. Elle prend les devants. Avec la certitude aigue qu'elle escalade les non dit entre eux jusqu'au point de non retour. Mais sa familiarité... Sa posture. Les lignes de son corps. La furie de ses yeux absinthe, la contraction de sa main droite.  Sa manière de fumer. Ou plutôt de ne plus fumer. C'est gravé en elle. Après avoir passé près de cinq ans à tout tenter pour l'effacer de sa mémoire, pour rayer les souvenirs sensoriels qui la rattache à lui,  pour annihiler son visage de ses reves et cauchemars, l'échec est total. Complet. Non seulement il est demeuré Vivant en elle, mais le retrouver? Si il a gagné quelques rides et quelques cheveux gris, cela ne fait que renforcer la volonté et la determination qui l'ont toujours caractérisés. Ces années d'absence n'ont en rien modifié l'attirance physique qu'elle éprouvait pour lui. Il n'a rien perdu ni de son charme ni de son magnétisme. En ayant une connaissance si lacérante de son absence de scrupules, de conscience, de sentiments réels, comment peut elle être encore chavirée par ce masque? Elle se vomit de ces faiblesse. S'écoeure elle même. Il n'y aura pas de seconde fois. Ses mots, son attitude, son ton, tout va trop loin. Et c'est un soulagement de voir enfin la façade mascarade qui se fissure. De saisir si aisément la haine qui étincelle en lui. Enfin. Enfin il rompt avec sa couverture des années passées. C'est un réconfort  aussi  cruel que salvateur que de le contraindre à cesser ces mensonges. Est ce qu'il va gentiment se plier à ses arguments? Aucune chance. Jamais de la vie. Mais il finit par dire exactement ce qu'elle attendait. Son nom cingle avec bien plus de sincérité que son prénom murmuré au creux de son oreille.

Une seule fois. Une seule fois il a été dans cet état, avec elle. O'donaigh l'avait envoyé sur une mission annexe à Manchester pendant quelques jours, laissant Catham aux soins de Kennan.  L'antagonisme était tel entre son frère et le fils de ce dernier que Siobhan, sans consulter Neil ni demander son avis à son ainé, avait choisit de l'accompagner pour une vente d'arme avec un trafiquant d'importance mineure. Sauf que l'homme était aussi paranoïaque que chatouilleux de la gachette. Lorsque les furies sous- jacentes entre Catham et Kennan ont implosées, Donovan n'a pas réfléchi plus longuement. Songeant simplement que l'Ira voulait mettre la main sur son fond de commerce. La cible la plus proche était Siobhan, la première balle la percutant et traversant de part en part son épaule droite. Il n'aura pas eu le temps de penser à une seconde avant de se faire descendre conjointement par les deux Soldats. L'appel de Catham a Neil pour lui apprendre la blessure de Siobhan était à ranger dans la catégorie Épique Apocalyptique. Avec le recul, l'irlandaise a supposé que le revendeur devait être un de ses indics ou une balance du genre et qu'elle avait du foutre en l'air une partie silencieuse de ses fonctions officielles.

Elle ne peut retenir un sourire d'une ironie à découper au couteau. Il ne retient strictement rien et articule des horreurs innomable, il ne les pense, elle le sait. Il essaye juste de frapper là ou c est sensible. Il explose toutes limites.  Il a perdu tout controle sur son tempérament volatile. Parfait. Siobhan n'a rien à foutre de ses vêtements, quand bien meme elle déteste  ce qu'elle porte, elle n'est pas superficielle à ce point.  Cependant, elle n'a absolument aucun désir de l'éclairer quand à ses motivations réelles. Cela ne le regarde pas. Il n'aura aucune explications ou justifications sincères de ses motivations. Elle finit par lâcher,  pas franchement froidement- La raison pour laquelle tu t'es dit que de te prendre une balle étant bandant, je m'en fous. Je t'ai rien demandé il me semble!

Il peut voir dans la manière dont ses hanches pivotent déjà, dont son pied retrouve le sol, dans le mouvement amorcé de son corps qu'il vient de prononcer les seuls mots qu'elle voulait entendre. Elle le prend au sens littéral et s'est déjà  éloignée de lui mentalement, prête à lui tourner le dos et le laisser seul sur le parking. L'Irlandaise préfère de loin gérer les conséquences de ces dernières journées seule. Et... Sans elle, il peut disparaître avec une facilité indéniable. Hell. Il lui suffirait d'un coup de fil en Angleterre pour informer ses anciens CO qu'O'Maley est possiblement sur ses traces pour qu'il soit escamoté dans un autre coin de la planète. Si ils restent ensemble, ils concentrent le danger.  Il se tempère si peu qu'il finit par appuyer pile où ca fait un peu trop mal. Son corps achève son mouvement de pivot. Sauf qu'au lieu de  mettre de la distance entre eux, le mouvement de son bassin la ramène vers lui. Et sa main gauche le cueille furieusement à l'arcade sourcilière. Là encore, elle frappe. Elle cogne vraiment. Siobhan ne cherche absolument pas à retenir sa force ou à atténuer le coup, bien au contraire. Elle veux uniquement lui faire mal. Juste.. .mal.  Il ne saura pas à quel point elle a retenu son poing au dernier moment, le déviant pour éviter son flanc blessé. Elle n'est pas encore tombée aussi bas. Pas encore.  La jeune femme ne peut retenir un cri quand il agrippe au vol son poignet gauche et la plaque sèchement contre la carrosserie, rattrapant dans un même mouvement sa main droite pour les bloquer dans son dos. Il ajoute le poids de son corps contre elle, l'immobilisant totalement. Le malaise est immédiat. D'une intensité dévastatrice. Elle n'a que le temps de prononcer quelques mots avant de s'enfoncer dans l'abysse.

-Neil. Lache moi -Le timbre de sa voix est terriblement altéré.

Il ne l'a probablement pas entendu. Quand il impose à sa nuque une torsion en arrière, elle perd tout repère. Il lui est impossible de se mouvoir. Sous ses doigts le pouls de Siobhan s'emballe et perd tout rythme. Sa vision se brouille et sa respiration en est presque impossible.  Elle lutte pour chaque inspiration d’oxygène. Ce n'est pas l'insupportable irlandais qui pèse sur elle, c'est le corps de Duncan sur le sien, juste avant qu'il ne la morde. Elle se met à trembler, de manière presque convulsive, incontrôlable. Ce n'est pas la voix de Neil à son oreille, c'est le ton du brun qui lui promet de longues heures d'amusements. Elle perd complètement tout rapport à la réalité, se retrouvant à nouveau enfermée dans  cette pièce aveugle, en attente de nouveaux coups, de nouveaux tourments. Ses jambes se dérobent sous elle et la rousse se serait effondrée au sol si il ne la maintenait pas si parfaitement.  Elle n'entend rien. Presque rien. C'est la cadence de sa voix qui perce l'obscurité. Même dans la rage qui l'anime, son phrasé reste le même. Unique à Neil. C'est son odeur, qui n'a rien de commun avec ceux des autres qui  traverse les murs de son esprit. Ses tremblements finissent par se tarir. Lentement. Bien trop lentement. Elle sait qu'elle n'a pas changé d'avis en ce qui concerne O'Donaigh, mais resister à la volonté impérieuse de son ex fiancé lui est tout simplement impossible. Elle est épuisée. Absolument épuisée. Un faible mouvement de sa part vient placer sa joue contre la sienne, tant ils sont proches. Pour la première fois, elle s'exprime avec un calme mortel. Sa colère, sa rage, sa peine ont été effacés de son ton. Il n'y a plus ni ironie ni violence. Ni moquerie ni confrontation dans ce qu'elle lui assène. Mais une certitude absolue- Si j'avais su, il y a sept ans à Belfast, ne serait ce qu'une parcelle de ce que tu allais nous faire subir, je t'aurais mis une balle en pleine tête dès ton arrivée au mariage. Pas Catham, pas un autre. Moi.

Il s'écarte d'elle. Bien trop tard. Beaucoup trop tard. En l'espace de dix minutes, ils ont salement ruinés par mal de possibilités d'une cohésion indispensable à leur survie. Il ne lui retire pas les menottes et elle ne lui demande pas. Siobhan ne le regarde pas quand il continue de lui donner des ordres. Sa crise de panique aura au moins eu l'avantage, pour lui, de casser toute envie de se battre de sa part. Elle veux juste se rouler en boule quelque part. Loin de son regard de preference. - Tu peux me lacher, Neil, ou quelque soit ton putain de vrai nom. Je te suis.

Elle joint le geste à la parole et se rassoit sur le siège passager, lui laissant de facto la fermeture de la portière.  Ses bras attachés dans le dos interdisent toutes positions confortables. Elle retire des pieds des chaussures trop grandes et pose ses talons sur le devant du siège. Sa joue vient s'adoucir contre ses genoux, la tête résolument tournée vers l'extérieur de l'habitacle, refusant de le regarder. Ils sont allés trop loins, l'un comme l'autre. Siobhan a fermé les yeux, elle ne dort pas, non. Elle refuse le monde extérieur. Bien que son paysage intérieur ne soit pas des plus agréables non plus. Quand elle rouvre les yeux, son quartier est immédiatement reconnaissable. Evidemment. Evidemment, bordel, qu'il savait parfaitement où elle habite. Depuis quand. Depuis quand il garde un oeil sur elle? A quel point il n'a cessé de se renseigner sur elle? Ces questions devront être posées. Pas maintenant.  La jeune femme se raidit quand il la manipule pour retirer les bracelets d'acier. Elle s'interdit de se frotter les poignets, il n'a pas cherché à la blesser de cette manière. Ses doigts se referment sur le trousseau de clef qu'il lui donne.

-J'ai besoin que tu arrêtes de me toucher. Vraiment. Au moins pour quelques heures.  Tu peux faire cela pour  moi, s'il te plait? -Oui. Elle a réussit à s'exprimer sur un ton civilisé et avec formule de politesse. Rien que ca devrait lui prouver à quel point elle est écorchée vive. Un vague hochement de tête - Comme tu voudra. -Ce qui veux dire exactement : je ferai comme je le sens, mais je n'ai pas envie de repartir dans un autre argument avec toi. Elle ne lui dira pas qu'ils ont déjà évoqué la question de ce numéro. Il n'est pas encore temps. Pas tout à fait. Siobhan s'y résoudra en dernier recours. Il n’empêche qu'elle récupère l'arme. Et sans se faire prier. Son premier instinct est de lui emboîter le pas. Si elle suit son impulsion, jamais il ne lui permettra de poser un pied chez elle. Gosh, elle va vite saturer de devoir obéir exactement à ses instructions. Qu'il pense sincèrement qu'elle a abandonné son idée de joindre Baile l'étonnerait profondément. Il la connait mieux que ca. Il était devenu totalement inutile de poursuivre dans cette voie là. Pour l'instant.

La scène entre le micheton et Neil ne lui tire pas un sourire. Pourtant, la manière dont il agit, dont il se meut, le moindre de ses gestes et de ses attitudes... Fait chier. Bordel fait chier. Elle en a été la témoin des centaines de fois. Félin en jungle urbaine. Il disparait de sa vue. Sans doute pour vérifier l'état de son appart' et la présence éventuelle de stalkers. Un sifflement aiguë qui perce le silence de la rue après la manière dont l'Irlandais l'a efficacement vidé. La sirène rousse ne se fait pas prier deux fois. Elle pénètre dans le hall de l'immeuble et force sans remord la porte de sa boite au lettre. De toute manière, elle n'a plus ses clefs, le double est à l'intérieur. Au milieu des prospectus, des lettres de rappels, des factures et autre en tout genre, une enveloppe dont le vélin est d'une qualité bien supérieure au reste. Le sceau de cire est inutile pour l'identifier, elle sait immédiatement qui est l'expéditeur. Siobhan ferme les yeux. Malade de son absence.  Lasse à en crever.  L'envie de la décacheter, de la lire sur le champ est si puissante qu'elle en ressent le gout sur la langue. Non. Ce n'est pas le moment.  Il lui faudra quelques trente secondes de plus pour rejoindre la porte principale. Crochetée. Sans blague. Est ce que c'est la première fois qu'il fait ca?  dix minutes.

-Largement suffisant.

Il y a si peu de chose qui lui sont réellement essentielles.  Elle n'a pas de racines véritables à Los Angeles, ils ne sont que trop peu  à l'ancrer véritablement et son amarre principale est rompue. Quand elle rentre dans l'appartement, Siobhan évite de le frôler en passant. Première chose qu'elle attrape au vol, c'est l'un de ses sacs à main de rechange, le plus grand, sans regarder exactement lequel  elle prend. Elle y glisse la lettre non ouverte d'Oliver, les deux autres qu'elle récupère dans sa chambre. Le reste n'a au final, aucune importance. Si.  Elle ouvre deux portes de placard et décroche les cadres qui y sont fixées, pour prendre simplement les impressions papiers des portraits de Catham et elle. En principe, elle pourrait les imprimer à nouveau. Mais... mais la perspective de les abandonner derrière elle, de les laisser à la vue de ceux qui viendront, peut être, tout saccager au passage lui est insupportable.  Deux autres photos prises avec Cassiopée durant l'une ou l'autre de leurs virées. Quelques bouquins, sa liseuse electronique -Elle doute sérieusement qu'ils fassent un stop à Barnes & Nobles sur le chemin du retour- , ses paquets de cigarette d'avance. Siobhan a assez peu de bijoux et encore moins auxquels elle tient vraiment. Une parure de corail, folie douce du Golden Prince. Collier, bracelet et boucles d'oreille dont elle glisse la boite dans son sac à main.

Dans un duffel bag qu'elle sort de sa penderie, elle enfourne des vêtements, un peu au hasard, pareil pour les chaussures. Fermant à demi la porte de sa chambre, elle prend le temps d' enfiler des sous vêtements, un jean et un tee shirt, chaussettes et basquette, luttant un peu avec son plâtre pour s'habiller. Quelques minutes plus tard, le sac est déposé dans l'entrée. Passage rapide dans la salle de bain pour récupérer un minimum vital, mooncup, gel douche, shampoing,  après shampoing compris.  Dans le salon, elle se contente de prendre trois telephones jetables avec leur puce, encore dans leur emballage d'origine. Dans la cuisine, il n'y a rien qui l’intéresse. Elle ouvre simplement une de ses bouteilles de whisky entamée, servant deux verres qu'elle laisse sur le comptoir. Ils en ont salement besoin tous les deux. Finalement, ce n'est pas l'alcool qu'elle désire vraiment. Délaissant l'ambre liquide, elle prend quelques secondes de plus.  Dans un compartiment discret de la cuisine, elle récupère un sachet de poudre légèrement brune. Si Siobhan déteste l'idée de s'injecter quoique ce soit, sniffer ne  lui pose absolument aucun problème.  Et avec sa main droite immobilisée, se piquer avec la gauche serait une connerie monstrueuse.

-Il doit me rester 3 minutes.


Ces dernières semaines, c'est la cocaine qui était son choix préféré. Dans un refus total de se poser. De reflechir. De dormir. De s'arrêter. Dans un besoin constant d'activité et de mouvement. Là maintenant tout de suite, c'est exactement l'inverse. Heroine. La jeune femme a une nécessité vitale de cesser de ressentir. Ou du moins de ressentir différemment. Tout la coupe et l'écharpe. Il faut que cela cesse, au moins quelques heures. Voir un bon paquet d'heure, il y a largement plus qu'une dose ou deux sous plastique. En particulier si elle va devoir passer du temps en vase clos avec "Neil". Il faut un tampon, n'importe de quoi. Méticuleusement , Siobhan divise une petite partie de la poudre, avant de l'écraser soigneusement avec le premier pilon improvisé qu'elle trouve.  Pour ensuite tracer quatre lignes parfaitement régulières. Les gestes sont trop précis, trop instinctifs pour qu'il s'agisse de la première fois qu'elle les effectue.

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Neil Flaherty
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MessageSujet: Re: Quand la soupape de sécurité saute .. et fait peter les plombs. (Siobhan)    Sam 9 Mar - 21:33

Siobhan et Neil, deux êtres aussi enflammés l'un que l'autre sous le masque de l’indifférence qu'ils ont distillé pendant des années à qui voulait les voir. Aujourd'hui les masques tombent, ils se dévoilent malheureusement en s'oubliant dans les comptes qu'ils règlent sans en avoir l'air. Siobhan dans la violence des mots et des attitudes, lui dans la force brute et le désintérêt. Violence qui ne se voile plus quand chacun veut prendre l'ascendant sur l'autre. La jolie rousse le hait du moins elle semble, L'Irlandais  lui rendant tellement bien qu(il pourrait s'effrayer de cette capacité à passer de retrouvailles tant attendues à cette colère sans maîtrise n'avouant ni à Siobhan, ni à son propre esprit qu'il crève simplement de trouille pour elle. Bien sur il était furieux, mais si on lui demandait là, tout de suite de se sacrifier pour elle, il le ferait sans une once d'hésitation dans le regard. Avant .. dans une autre vie, ils vivaient aussi de cette façon se défiant mutuellement, toujours, mais ils étaient tellement complémentaires que cela compensait leurs caractères enflammés. Cinq années de ressentit , de non-dits , de faits qui n’étaient pas si véridiques ou pas si faux auront eu raison d'eux. Il n'avait pas pu lui dire tout ce qu'il voulait pour eux, qu'il allait tout lacher pour elle, elle n'a pas voulu écouter à son depart de Dublin ce qu'il crevait d'envie de lui dire. Il n'y avait aucun étonnement à les trouver tellement à fleur de peau que pour se soulager ils se blessaient car simplement ils en avaient la capacité malgré tout ce temps, ils se connaissaient trop bien qu'ils le veuillent ou non.

Neil se foutait de ses suppliques, de ses tremblements qu'il ressentait à la pression de son corps, il n'écoutait rien venant d'elle, la trouvant irresponsable dans les actes qu'elle voulait commettre, depuis quand la rousse voulait mourir avec autant de violence? Se rendait-elle compte des conneries sortant de ces lèvres pourtant habituellement preuves de modérations.  N’étais-ce pas elle qui avait toujours eu le dernier mot en le responsabilisant sur ses actes. Les choses changeaient, ca le rendait malade de voir cette femme qu'il avait tant aimé et respectée être un vague fantôme sans consistance, elle n’était plus rien, elle ne ressemblait à rien. La secouer ? elle l’était déjà bien assez. La prendre dans ses bras lui permettant de craquer ? Elle ne le permettrait jamais, surtout pas après ce qu'elle lui débitait en venin hostile. Il vomissait à cette idée, et encore plus à savoir qu'il etait responsable de tout ça. Sans Lui Siobhan se serait trouvé un petit mari irlandais, aurait eu un tas de gamins aussi roux qu'elle, elle n'aurait peut-etre pas été la plus heureuse, mais au moins elle ne serait pas assise dans sa voiture à vouloir crever par procuration de l'IRA.

La route jusqu’à chez elle se fit dans le silence le plus total, elle ne le regardait pas préférant fixer ses yeux sur le paysage de vieux immeubles de Los Angeles qui défilait à vitesse modérée. Lui, contracté sur le volant , mordant l'intérieur de sa joue à sang, putain qu'il avait envie de stopper cette caisse, la sortir de là et la secouer pour la sortir de sa léthargie. Cette femme n'etait pas celle qu'il avait aimé, et meme si il avait bien des fois imaginé la revoir, jamais il n'aurait pu croire que cela se passerait ainsi, et pourtant pourtant mille scénarios avaient tourné dans son esprit imprégné d'elle à chaque seconde. Pour chaque femme qu'il avait pu rencontrer et sauter .. il n'y avait jamais eu Elle, il l'avait tellement cherché dans tous les lits possibles, dans tous les bras possible, qu'il n’appréciait même plus le contact de ces moments charnels, qu'on le touche, qu'on l'embrasse, Elles n’étaient pas Elle.


- Neil ..  c'est mon vrai prénom. Enfin oui et non. Je suis né Liam Mcgivney, mais il est crevé depuis bien longtemps celui là, ca valait mieux il n'aurait jamais pu supporter toutes ces conneries. Neil le peut, alors oui c'est moi que tu le veuilles ou pas. Un leger souffle amusé la tete secouant comme se rendant compte d'un lointain souvenir. - C'est bizarre, ca faisait un bail que je n'avais pas dis ce prénom.

Une vérité enfin. Une parcelle de sa vie antérieure qu'il distilla comme un calumet de la paix avec elle.  Il avait besoin de lui parler, de lui dire certaines choses et de prouver qu'il n'avait pas menti sur tout, qu'il avait été sincère dans le plus important. Eux. Il n'attendait pas, dans ce véhicule, une réponse quelconque à cet aveu de qui il avait été, il avait juste parlé, peut-etre un peu pour lui meme aussi, il y avait bien longtemps qu'il s'était oublié et perdu dans ce monde. Et lui expliquer cela à elle, cela n'aurait servi à rien, il en eut la confirmation quelques minutes plus tard quand elle lui demanda de ne plus la toucher. C'etait une demande étrange, mais si c'etait ce qu'elle voulait .. L'entrée dans l'appartement et l'arrivée de Siobhan se déroula sans aucun mot , meme si jamais elle ne quittait vraiment son champs de vision, il la connaissait malgré le fait qu'elle agissait de façon aussi peu habituelle. Elle n'avait surement pas abandonné l'idée de contacter son frère ou Baile, et cela il ne le permettrait jamais, surtout pas avec O'Maley à leurs fesses.

Une idée comme un autre naissait pendant qu'elle se changeait, celle de contacter Baile lui meme pour lui proposer un marché. Neil l'avait assez connu pour savoir ce qu'il voulait, la vengeance bien sur, mais retrouver le flic qui avait tout fait sombrer pour lui, ca serait la cerise sur le gateau irlandais. Pret à lui demander le numéro qu'elle avait pour le contacter, il jeta un vague coup d'oeil dans la pièce à peine close, elle était visible par le leger interstice de la porte. Mon dieu que cette femme était belle malgré les bleus et les griffures marquant sa nuit précedente , en cela rien n'avait changé, il la revoyait encore au mariage où ils s'etaient rencontrés, où il avait terriblement cédé à elle, sans espoir de retour. Tout était foutu aujourd'hui, alors, un peu gêné de lui voler cette vue à moitié dévêtue, il baissa le regard avant de le fixer sur la porte qu'il surveillait à nouveau. La gorge sèche et serrée, il lui fallait penser à autre chose, il tentait. Mais qu'est-ce qu'il avait dans sa vie de plus important ? Son fils qu'il avait au téléphone tous les trois mois ? son ex qui allait se remarier ? son travail qui avait ruiné sa vie ? des amis ? des amies ? Non .. rien de tout cela ne pouvait refermer la plaie beante que Siobhan creusait en son coeur. Ses mains se crispèrent sur son arme avant qu'elle ne revienne passant le plus loin possible de lui. Elle versa deux verres d'un ambré, Putain qu'il en avait besoin, vraiment besoin, ce liquide devenu vital pour lui , l'aidant à tenir la distance face à sa vie de merde.  Et meme si la tentation etait intense, il passa son tour, un verre en entraîne toujours un autre, et tant que Siobahn et lui ne seraient pas à l'abri chez lui, il ne se laisserait pas déborder par ses addictions.

Ce n'etait pas le cas pour la rousse qui sorti un sachet de poudre et en préparait 4 lignes telle une experte. Il n'aimait pas cette idée de la voir sniffer, ca en était trop. Il posa son arme sur le plan de travail et s'avança vers elle. Son idée première était de se saisir due la drogue, de tout balancer, de gifler Sio et de la traîner dehors. Mais cela servirait à quoi ? sauf à la faire craquer, car non il ne voyait pas sa rousse comme une junkie, mais ici dans le besoin d'oublier. Les mains de Neil se posèrent sur les siennes formant un dôme leger et protecteur sur celles ci avant qu'il ne se souvienne de ses mots "J'ai besoin que tu arrêtes de me toucher. Vraiment.". De tout ce qu'elle aurait pu lui demander, c'etait sans doute cela le plus difficile, Neil avait toujours été avec elle tactile, il fallait toujours un contact avec elle, leurs peaux qui se frolent, leurs doigts qui s'enlacent, leurs regards qui s'accrochent, toujours, toujours un contact .. Lentement il retira ses mains, les ouvrant vers elle pour se "rendre" à sa décision de n'avoir aucun contact avec lui.


- Excuse moi. Sa voix avait perdu son coté militaro-autoritaire sans qu'il ne s'en rende compte.. J'ai .. ce n'est pas une bonne idée, pas tant que nous ne serons pas à l'abri, j'ai besoin de toi clean pour assurer mes arrières comme j'assure les tiens. Accordes moi cela s'il te plait, le temps de rentrer après tu .. tu pourras faire ce que tu veux je ne t'en empêcherais pas. Vérité ou pas, il l'ignorait à ce moment précis, mais la voir se détruire lui faisait le même effet. Elle méritait tellement plus et mieux. - Tu es prête ? Je te promets Siobhan que tu reviendras rapidement ici, je vais tout faire pour cela. Dans cet endroit qui n'est pas toi, mais que tu dois quitter par ma faute, si je n’étais pas ce flic tu aurais eu droit à tout cela sans peur. Il en était malade, il se haïssait encore plus si cela était possible, il se serait bien flingué si la solution aurait pu etre aussi simple. Un regard circulaire dans la cuisine , il prit un paquet de biscuit posé près du micro onde et l'ouvrit en calant un entre ses lèvres et lui donnant le paquet qu'il venait d'entamer.

- On a pas mangé depuis un moment, le sucre va te faire du bien. On passe à une épicerie et je te fais un truc à manger, marché conclu? Lui laissant quelques instants, il se saisit du sac le plus lourd et le cala à son epaule en grimaçant par le geste ample de l'avoir posé ainsi, son flan lui rappelant qu'il n'etait pas au mieux de sa forme physiquement et si par malheur quelqu'un arrivait, il ne savait pas ce qu'il pourrait faire sauf tirer. - Il faut que l'on parte, maintenant.

Ouvrant la porte en premier, il pointa son arme de chaque coté du couloir, puis fit un pas retrouvant vaguement la concentration qu'il se devait d'avoir, Siobhan sur ses talons , toujours devant elle, toujours protecteur qu'elle le veuille ou pas, ils passèrent par les escaliers de secours, évitant au maximum de se faire remarquer et regagnèrent la voiture. Quelques secondes plus tard, ils étaient partis, s’éloignant de cette source de danger et le tout en un seul morceau au moins physiquement, malgré les bobos de la veille. Le voyage retour serait plus long, faisant faire des tours et des retours au véhicule l'oeil fixé eu rétro s'assurant qu'aucun véhicule ne les suivait, jusqu'a cet arret à une petite épicerie de quartier prenant le strict necessaire pour cuisiner un quelque chose de different de ses plats surgelés qu'il avait en nombre. Et ce fut reparti, direction l'abri où chacun pourrait décompresser des Evénements.
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Siobhan O'Sullivan
Mais tu peux m'appeler Larusso
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MessageSujet: Re: Quand la soupape de sécurité saute .. et fait peter les plombs. (Siobhan)    Dim 10 Mar - 8:40

Quand aujourd’hui résonnent les tambours de guerre,
le fracas des corps endeuillés, colères sombres
déchiquette l'harmonie des cœurs de naguère.
abandonnant les sourires sous les décombres.


la mélancolie amère d'un souvenir
n' est qu' une piètre consolation
devant le visage d'un amour à bannir,
la souffrance arrogante en abnégation


Ils devraient se taire. Ils devraient interdire au moindre mot de franchir la barrière de leurs lèvres sous peine d’achever la destruction de ceux qu’ils étaient à l’aube de l’arrestation de Catham. Chaque parole qu’ils adressent l’un à l’autre pulverisent les années solaires et mensongères et facilitent la tache du tueur à leur recherches. Si Neil garde sa vigilance, que ses reflexes et instincts sont aiguisés malgré sa blessure, il permet à son ancienne compagne de le plonger dans une colère bien trop eclatante. Déjà, ils attirent sur eux les regards de ceux qui passent à proximité de la voiture, spectacle bien plus interessant que celui du ballet des ambulances. La vision de cette rousse menotée contre la carlingue n’a rien d’invisible et déruit la discretion dont il faisait preuve.

Ni l’un ni l’autre n’en ont une conscience suffisante, perdant de vue les petits cailloux blancs qu’ils sement et qu’un petit poucet assoifé de leurs sangs retrouvera sans doute trop facilement. La crise d’anxiété de Siobhan lui interdit de reflechir clairement, tout comme son manque de sommeil et le refus de l’état de choc dans lequel elle se trouve depuis que Duncan l’a balancé aux mains du spectre armé. Neil a perdu trop de sang et son temperament inflamable lui hote le calme clinique dont il a fait preuve la nuit précédente. Ce n’est que lorsque ils s’engouffrent à nouveau dans l’habitacle qu’ils se taisent enfin. Bien trop tard. La lassitude de la rousse est perceptible dans chacun des mouvements qu’elle n’effectue pas. La distance avec Catham lui semble encore plus infranchissable qu’avant son trop bref appel. La nécessité de contacter Baile, de plus en plus urgente. Pourquoi refuse t’il de comprendre !

Tout a été trop vite. De sa perte de contrôle dans un bar de Jazz face à des lèvres mensongères et traitresses à se retrouver avec Neil qui lui livre un fragment  de sa vérité, elle n’a pas eu la respiration nécessaire pour faire face. Elle est en apnée depuis plusieurs semaines et seuls quelques mots tracés sur du papier et un parfum de créateur français lui ont apporté quelques bouffées d’oxygène. Trop peu. Liam. Liam Mcgivney. Les consonnes lui sont tellement étrangères. Est ce qu’il a tué lui meme ce double plus fragile ou quelqu’un l’a fait pour lui ? Il reste Neil. L’accent de vérité de ses paroles est indéniable. Mais pourtant. Il sait si bien mentir. La sylphide, il est vrai, n’avait jamais cherché à détricotter le tissu de ses paroles et de ses actes à Belfast. Suivant en aveugle ses intuitions et la confiance instinctive qu’elle avait pour lui. Liam.


Chez elle, Siobhan ne perd pas de temps, elle récupère au vol les quelques effets qui lui sont indispensables et abandonne le reste. Si plus tard, il lui faut d’autres choses, elle trouvera le moyen d’y revenir. La présence de Neil, silencieux, ne peut être occultée. Leurs colères semblent prendre un peu de répit. Permettant à la jeune femme d’être un peu plus fonctionnelle. Ou pas. La tentation de l’héroine est bien trop forte pour être délaissée à la manière des verres qui sont abandonnés sur le comptoire. Il n’y avait pas de barbelés en cette proposition muette, mais elle refuse de questionner les motivations de son ex compagnon pour ce refus. Elle trace des lignes. Au parfum de calme et d’oubli. Concentrée, elle ne l’ a pas entendu se déplacer dans cette souplesse silencieuse qui le caractèrise. Elle sursaute presque en le voyant si proche, sans pourtant retirer ses mains de dessous les siennes quand elles se posent pour interrompre les gestes entamés. Le timbre de sa voix est  presque doux. Ses doigts la libèrent. Quelques brefs instants, son front s’appose au sien. Relachant quelques secondes la tension qui ne cesse de la vriller. Siobhan ferme les yeux. Sa paume presse sa taille dans un contact à la familiarité évidente. Il serait si facile d’arrêter de lutter quelques minutes, contre lui, contre tout.

-Tu as raison. C’était une idée stupide. J’ai un peu de mal à refléchir correctement. –Elle se redresse, retire sa main de son flanc, à nouveau de la distance entre eux. –C’est difficile, Neil. Pour toutes les raisons que tu imagines et certaines autres aussi. Je sais qu’en ce moment, tu es entièrement concentré sur la manière de nous de se sortir vivant de ce bourbier. Et je suis loin de t’y aider. Alcool et drogue une fois chez toi.

Elle fait glisser la poudre dans le sachet qu’elle empaume pour le faire disparaitre dans son sac à main. Avant de secouer la tête, un sourire légèrement ironique aux lèvres. Non dirigé contre lui, pas cette fois. Juste... pour l’ensemble de la situation. – Que je revienne ou pas ici, cela m’est égal. J’ai besoin de retrouver Catham,  j’ai besoin de savoir comment vont mes parents. Je ne veux pas quitter Los Angeles, juste là maintenant tout de suite, mais cet appartement ? –Haussement d’épaule alors qu’elle attrape le paquet de gâteaux qu’il lui tend, en grignotant un, avant de se rendre compte qu’elle a vraiment  faim, en avalant deux autres dans la foulée, lui rendant le paquet pour qu’il en prenne d’avantage. –Il y aura deux personnes que je veux revoir avant de prendre toutes décisions définitives quand à me fondre dans la nature si on ne parvient pas à trouver une solution avec O’Donaigh. Et non. Il est absolument hors de question que je te laisse jouer les martyrs. Tu oublies direct. –Son regard s’est posé sur lui, tellement plus aigue. Comme si il avait besoin d’évoquer cette option  à haute voix. Une bouteille d’eau minérale qui rejoint son sac à main avant que Siobhan ne se raidisse en remarquant la  grimace de douleur  qui se peint sur ses traits quand il soulève son sac.

-Si tu veux pour les courses, du moment que c’est rapide. Je crois qu’on  a serieusement tiré sur la corde là. Tu recommences à avoir mal.

Elle aussi d’ailleurs. C’est tout son corps qui lui rappelle qu’elle se conduit à l’inverse de ce qu’elle devrait. L’irlandaise lui emboite  le pas sans en rajouter, le sac à main en bandoulière sur son épaule valide. Le retour dans la voiture est un peu plus supportable, et  si ils restent silencieux, l’absence de colère vive en est perceptible. Il tient parole et les quelques provisions sont faite rapidement. Non sans qu’elle ajoute deux cartouches de cigarettes, n’ayant pas les memes marques préférés. Siobhan soupconne que les clopes vont défiler. Qu’elles soient fumées ou non ou simplement en pretexte pour occuper leurs mains. Elle aimerait pouvoir dormir mais ne parvient pas à sombrer malgré les mouvements bercants de la voiture. Son regard effleure le profil de Neil et elle n’aime pas ce qu’elle voit. Il est aussi las qu’elle. Si ce n’est plus. Elle n’a plus de force pour le courroux, ce qui lui permet d’être plus objective qu’elle ne le souhaiterait envers lui. Son arrogance coutumière est irradiée de tourments. Elle deteste le voir comme ca.  Siobhan finit par se tourner plus franchement vers lui, le dos de sa main effleurant sa joue mal rasée. –Tu es dans un sale état, je suis désolée. –Sa paume finit par se caler dans son nuque, retrouvant sa place habituelle lorsqu’ils étaient en voiture et lui au volant.

-Neil... Liam –Elle teste ce prénom sur sa langue, sans le retrouver pour autant, sans qu’il évoque quoique ce soit.  –Neil. SI on ne veux pas se faire descendre, il faut qu’on arrête de chercher la prise de tête. Au moins en extérieur. On a gravement perdu les pédales, tout  à l’heure. Tu m’as mis les menottes, bordel ! –Siobhan se tait quelques secondes, avant de reprendre. Le timbre de sa voix est posé, calme, sans volonté de l’agresser –Il y a une chose qui me semble assez limpide. Celui que veux vraiment Baile, c’est clairement toi et il se sert de moi pour y parvenir. Et l’inverse est vraie aussi je crois. Tu n’en as pas fini avec lui non plus. Pendant près de 5ans, l’Ira me fout une paix royale, je récupère le numéro d’O’Donaigh, trois jours plus tard, je cherche à joindre Cat’ et tu réapparait magiquement de l’ombre ? 72h plus tard et les hommes d’O’Maley me récupèrent ? Je ne crois pas aux coïncidences.  Me tabasser comme ca, ils avaient pas besoin. Je n’ai rien à leur apprendre qu’ils ne sachent déjà sur mes implications, une balle en pleine tête est un exemple suffisant. Baile a donné des ordres en ce sens pour te pécher toi. Je n’étais que l’appât.

Ce qui soulève de délicates questions sur les motivations de Neil à agir comme il l’a fait et sur ce que le numéro deux a compris de leur relation pourtant inexistantes depuis plusieurs années. questions qu'elle ne veux pas encore se poser. Machinalement, au rythme de ses paroles, l’ongle de son pouce trace des arcs de cercles sur son cou, sans même qu’elle ne le réalise.

-Que tu m’aie fait surveillé, toi directement, ou des quidams bossant pour toi... c’est une évidence. Pitié, n’essaie pas de me faire croire le contraire, ce serait nous  insulter tous les deux. Si on trouve un moyen de déposer la tête de Baile sur tes genoux, je te demanderais de cesser, totalement. On referme cette parenthèse de nos vies, et on continue chacun de notre coté. Tu aura eu ce que tu voulais il y  a sept ans. Une branche entière de l'Ira.


Elle retrouve le silence pendant une dizaine de minutes, non sans prêter attention à ce qu’il pourrait lui répondre. La main de Siobhan finit par descendre de son perchoir, rompant le contact qui existait entre eux. Alors qu’ils se rapprochent de l’appartement de downtown, Siobhan finit par reprendre. Mordillant l’ongle de son index au passage.

-Baile attend mon appel, mo fulaingt. Il sait que j’ai de quoi le contacter. C’est ce qui a tout mis en mouvement. Je n’ai pas l’intention de le joindre pour lui parler de toi. A vrai dire, sauf si lui meme t’insère dans la conversation, j’entends ne pas te mentionner. Il faut entamer les négociations et j’ai deux options viables pour expliquer ma disparitions des mains d’O’Maley. Outre son absence évidement. –Une grimace alors qu’elle vient de mordre une peau un peu trop sensible, passant à l’ongle du pouce.

- ná bíodh feargach ort
*Ne te met pas en colère. –Outch, c’est le genre de début qui ne présage rien de bon mais...- Il y a environ un an et des poussières... j’ai découvert un cercle de jeu clandestin à quelques rues de chez  moi. –Est ce qu’il y a vraiment besoin qu’elle en dise plus ? Siobhan adore ces ambiances, qu’elle joue ou non. Ado’, c’est souvent Catham qui épongeait ses quelques pertes, même à Dublin, elle avait le don pour dénicher les endroits où qu’ils se tiennent. A Belfast, elle entrainait Neil en permanence dans l’un ou l’autre des endroits qui s’ouvraient et se fermaient aussi vite. Parfois pour jouer, parfois non. De toutes les activités de l’Ira, c’est celle qui a son coeur. Trop rarement, quand les affaires de Catham ou Neil s’entre croisaient avec celles des jeux, ils pouvaient toujours essayer de l’empêcher de les accompagner... – Une seule fois ! Promis, j’y suis allée qu’une seule fois il y a 8, dix mois. Je sais plus exactement. Garde en tête que c’est passé, hein ? –Cette fois, sa paume trouve sa cuisse, dans le vague espoir de contenir le flot de reproche qui ne va pas tarder – J’ai bu un verre.... fait une partie de Poker.. que.... Samuel Gallagher  m’a offert et m’a honteusement laissé gagné. –Elle a dit le nom légèrement plus bas. L’homme n’a aucun lien avec l’Ira, de cela, il n’y a aucun doute. MAIS c'est un immigrant Irlandais. Mais il dirige le plus gros cartel de la côte ouest des etats –Unis. – Là j’ai besoin que tu oublies un touuuut petit peu de quel coté de la loi tu te situe ?   Le do thoil?
*S’il te plait ?  -Avant de changer d’avis, elle poursuit rapidement. - Je ne l’ai jamais revu, avant il y a quelques trois semaines... où il abattu un homme devant moi. Enfin j’ai été le témoin involontaire, je me suis écroulée de fatigue après un service dans un bar minable. Bar que Gallhagher avait choisir pour son règlement de compte. Il a finit par comprendre qu’il n’y avait aucune risque que je le balance au FBI ou au LAPD –Est ce qu’elle a vraiment besoin de détailler pourquoi ? Tout comme Neil pourrait toujours essayer de la faire témoigner pour faire coffrer Samuel.  Ce n’est pas un choix qu’elle lui conseille – Là où je veux en venir, c’est que Baile n’aura aucun mal à me croire si je le fais passer pour mon amant et il aurait eu les moyens de me faire retrouver si je disparaissais.

That went well.... Elle allume une cigarette qu’elle passe à Neil avant d’en allumer une seconde pour elle. Et cette fois, la nicotine est désirée et délicieuse. Elle laisse défiler le paysage alors qu’ils ne sont plus qu’à quelques minutes. Elle a une autre proposition, dans la même veine. Plus d’ongles  à ronger cette fois. Siobhan hésite. N’est pas certaine que ce soit une bonne idée. Une courte inspiration, elle aspire une longue bouffée.

-Il y a une autre option, qui n’implique pas la pègre. J’ai... je suis sortie plusieurs mois avec un jeune politicien –Ce qui après le crime organisé est probablement la pire des options lorsque l’on cherche à garder un profil bas. Et Siobhan en a toujours eu une parfaite conscience. – Non, il n’y a jamais eu de photos ou d’articles dans la presse ! J’ai été extrêmement vigilante à ce sujet ! Il a autour de lui un service de sécurité qui est de premier ordre. Plus un besoin de contrôle de son environnement et des personnes de son entourage proche  qui le rend crédible comme explications pour Baile. Si il avait su ce qui se passait ces derniers temps, je sais qu’il aurait pu aussi pu me sortir de ce bordel.-De cela, l’Irlandaise n’a aucun doute, mais à quel prix pour lui ? Et pour eux ? La lettre non ouverte n’a jamais quitté ses pensées depuis qu’elle l’a récupéré avec ses deux sœurs-  Mais très franchement, je préfèrerais impliquer  Gallagher qu’Oliver –Un vacillement infime dans sa voix- dans les marasmes de l’Ira. Il sera probablement le premier président des Etats-Unis à atteindre la présidence avant 45 ans. Pas si des liens entre lui et une organisation terroriste peuvent être établis. –Et maintenant que l’Ira est de retour en pleine force dans sa vie, c’est un risque qu’elle refuse de lui faire courir. Quelque soit son besoin égoïste de le revoir. – Elle détache sa ceinture et ouvre sa portière quittant le véhicule à l’arret, alors qu’ils viennent enfin de se garer dans le parking de l’immeuble de Neil. Elle pioche son sac à main au sol, attendant que Neil sorte à son tour.


-ce que je voulais dire avec tout ca, c’est qu’il n’y a pas de preuves concrètes de ta présence et que tu sois la raison de la mort des hommes d’O’Maley. Sérieusement, Gallagher est incroyablement crédible aussi ! Il est connu pour les cadavres qu’il laisse derrières lui, sans rien qui permette de remonter formellement  à lui. Et son cartel a de quoi faire reculer Baile qui n’a qu une fine enclave ici.  

Elle a cessé de croiser son regard depuis un moment. De plus en plus le sachet d’héroïne lui brule les pensées. Sachant pertinemment que dans quelques secondes  ils seront en sécurité chez Neil. Mais que celui ci est loin, très loin, très très loin d’avoir finit de lui livrer le fond de  sa pensée, ce qu’il n’est pas gêné de faire en partie pendant qu’ils rentraient. Il y a  peut être moyen qu’elle soit high quand il cesse de se contenir ? Mouais. Peu de chance qu’il lui laisse une porte de sortie aussi facilement. Au moment où il referme porte et verrou derrière eux, elle met prudemment quelques pas de distance entre eux.


-Tu nous laisses prendre un verre avant que tu te déchaines sur mes mauvais choix ?
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Neil Flaherty
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MessageSujet: Re: Quand la soupape de sécurité saute .. et fait peter les plombs. (Siobhan)    Mer 13 Mar - 21:15

There's nowhere left to hide*Il n'y a nulle part où aller se cacher*
In no one to confide*Plus personne à qui se confier*
The truth burns deep inside*La vérité brûle au plus profond*
And will never die *Et ne mourra jamais*
(Muse, sing for absolution)

La vérité simple était qu'il n'en pouvait plus. Si retrouver Siobhan était le seul bonheur qu'il aurait voulu pour sa dernière heure venue, la voir si distante, tellement en colère -à la limite dépassée d'une haine latente- et si loin de lui dans tous les sens du terme, était un fardeau, un poids si intense que son corps se brisait dessous morceau par morceau. A chaque geste mécanique de Sio, il fissurait, à chaque parole de mot sans consistance il en crevait de tristesse.  Elle n'avait plus rien de la femme qui voyait à travers son regard et inversement. Ils n’étaient que des étrangers qui ne se comprenaient plus, parlant une langue différente et oubliant combien ils avaient été unis et proches. Heureusement .. Heureusement, chacun en avait finit avec les reproches, avec la peur qui les faisaient s’éloigner à coups d'insultes et de menaces diverses, et dans cette cuisine, un simple geste, un simple enlacement qui les faisaient se retrouver avec autant de douceur qu'ils avaient su être violent quelques minutes plus tot.  Un front qui trouve son miroir, une main qui se décline en douceur le long du dos féminin . Pas un mot, juste eux pour la première fois en 5 ans. Quelques instants où Neil revit enfin, oublie ses blessures physiques et morales, s'apaise presque avant qu'elle ne s’éloigne le laissant retrouver la consistance arrogante qu'il distillait autour de lui.

- Je comprends. Et je te demandes de t'appuyer sur moi, au moins pour ça. Ils créveront tous avant de pouvoir remettre la main sur toi

Il savait qu'elle n'avait aucune confiance en lui, pas après ce qui s’était déroulé à Dublin et Belfast quelques années plus tot, mais si une chose qu'elle pouvait voir en lui, qu'elle comprendrait envers et contre tout, c’était le fait qu'il ne l'abandonnerait jamais aux mains de l'IRA. Il le lui avait prouvé prouvé la veille, et espérait bien qu'il n'ait pas à devoir le faire à nouveau non par peur de recommencer, mais par simple volonté de ne plus la savoir en danger. Il savait aussi qu'elle ne parlait pas que de l'IRA, mais aussi de lui, aussi peu aisé pour elle de le revoir que lui d'etre à ses cotés. Le départ de l'appartement fut plus simple et moins hostile que leurs arrivées.

Le calme et l'apaisement dans leur rapport oubliant la force de leurs échanges précédent, permettaient aux anciens amants de pouvoir réfléchir pendant que la route défilait après leur sortie de l'appartement de Siobhan à Venice. Une petite demi-heure avant d'arriver chez lui si les bouchons ne s'organisaient pas plus tot, bien assez pour que le jeu se calme. Neil écoutait d'une oreille distraite celle qui avait partagé sa vie pour le meilleur et le pire. Après la haine présente à son encontre et la volonté que Neil s’éloigne d'elle, elle venait à l'instant précis de poser sa main sur sa joue mal rasée et tuméfiée s’excusant visiblement de son état dont elle semblait prendre conscience. Il n'avait pas besoin de ses excuses, en aucune façon, mais sa main sur sa joue avait un goût d'Eux avant tout ca. Un délicieux gout.  


- Ne t'inquiètes pas Sio, je m'en remettais. Ce ne sont pas quelques bleus qui vont avoir ma peau.

Si la veille il n'aurai pu jurer de sa survie, aujourd'hui ça allait "mieux". Physiquement les douleurs revenaient, le trou dans son flan le tiraillait et déjà le porhine prise plus tot n'agissait plus;  moralement, meme si l'histoire était plus complexe du fait de la présence de la rousse à ses cotés qui l’anéantissait par ses phrases et son envie de s’éloigner, il vivrait. Le geste qu'elle avait pour lui, ce léger effleurement de nuque du bout des doigts, du bout des ongles était quelques chose qu'il n'avait pas connu depuis Dublin. Il n'avait jamais été assez intimement lié à une femme depuis 5 ans pour qu'ils en arrivent à ce genre de geste là. Non cela lui appartenait à Elle. Rien qu'à elle. Meme si au debut il avait légèrement tressaillit, presque faillit reculer sa tete, non.. non il aimait trop cela pour perdre ce contact entre eux qui ne soient pas empli de violence. Ce simple geste l'aidait aussi .. Il réfléchissait mieux quand elle etait là, près de lui, c’était dans ces instants là qu'il se sentait capable de tout pour elle.  

Elle lui faisait part de ses idées, par certains points elle avait raison, ils avaient déconné, aussi bien elle que lui. Il aurait du garder son calme, et mieux la protéger, là ils avaient pris un risque à s'affronter de la sorte, semant au vent les graines de leurs pertes. Les menottes ? un détail pour lui, mais ou serait-elle si il n'avait pas fait ca? Là ou il n'était pas d'accord c'était sur le fait qu'il soit la vraie cible. Cela faisait des années que Neil gardait un oeil sur Siobhan, et le jour où elle appelle Catham , O'Maley sort de l'ombre et arrive à LA ? Meme si Baile devait se douter qu'il ne serait pas loin de la Rousse, il n'aurait pu prévoir qu'il soit dans son entourage immédiat. Quelque chose avait du changer en Irlande pour qu'ils s'en prennent à Sio, aucune autre explication ne trouvait grâce à ses yeux.  


- Je ne le nie pas. J'ai tenté de garder un oeil sur toi aussi souvent que possible.

A quoi bon le nier ? Il était venu à elle sans hésitation et Siobhan était loin d'etre conne. Parler de Baile, de la tête de l'IRA et de leur futur .. loin l'un de l'autre, elle n'avait donc pas compris. Il souffla simplement sans vouloir entrer dans un debat qui n'etait pas encore à la bonne heure. "- Ce n'est pas si simple Sio, et je n'ai pas envie .. " La phrase reste suspendue alors que simplement il allait lui avouer son désir de rester à ses cotés. Non.. pas maintenant, l'heure n'etait pas venue de lui dire tout cela, elle n'écouterait pas vraiment, s'enfonçant à nouveau dans le rôle de traître dont elle l'esquissait depuis 5 ans. Vague soupir fatigué. Il y avait tant à dire, si peu de temps pour tout regrouper dans un récit cohérent. Elle n'etait pas prete à cela, et lui non plus. Surement pour cette raison qu'il ne répondait pas à son "plan" , au moins pas au début.

- Je connais Gallager Court et précis, il n'avait pas envie de parler de ça, l'esprit occupé à s'imaginer un point d'ancrage avec cette option. Quelques mois plus tôt à son arrivée d’Angleterre il avait du s'infiltrer dans tout ce qui entourait l'Irlandais, avec meme la surprise de retrouver un ancien collègue des stups aujourd'hui au FBI. Mais que Elle soit allé dans un club Irlandais pour s'amuser et c'etait faite amie-amie avec insupportable parrain de LA?, elle n'avait rien dans la tête cette rousse ! ne pas se mettre en colère, elle en avait de bonnes... Pourtant ce n'etait pas si bête.  

- Ca pourrait fonctionner, lui et Baile se haïssent profondément, aucun des deux n'ira chercher à se parler. Un seul grain de sable dans cette idée , ton histoire tiendrait si Ghalager se foutait des femmes qu'il peut avoir en dizaine par arrivage, il ne va pas risquer une guerre ouverte avec Baile pour une donzelle, mais l'idée pourrait être creusée.

La cigarette qu'elle lui offre est espérée par son corps, il en a besoin pour tenir encore un peu sans trembler. Heureusement l'esprit de Siobhan tournait à plein régime , celui de Neil avec beaucoup plus de difficulté. Il avait mal, il était épuisé, il n'arrivait à aligner deux idées pour en former un tout. Pourtant un nom le fit tiquer " Oliver". Sans regarder Siobhan afin qu'elle ne puisse saisir la dureté de son regard à savoir qu'elle avait eu .. ou avait encore une relation durable. C’était trop dur.

- On ne va pas impliquer ton petit copain à ces conneries.

Oui, il savait et le lui faisait savoir. Et même si évoquer cet .. Oliver.. avait le don de le flanquer dans une colère sombre et noire contractant dans un bruit de cuir foirssé le volant de la Pontiac, l'option de se jeter sous la lumière d'un politicien ambitieux n’était pas la meilleure  pour être discret. Et puis .. La jalousie que Neil éprouvait rien qu'en crachant son nom ne se calmerait pas en les voyant roucouler comme deux putain de tourtereaux . C’était sa fiancée merde !!Ex .. mais fiancée quand même . Un frisson d'une profonde répugnance le parcouru de bas en haut rien qu'à l'idée d'assister à ca.

Il se gara dans le parking et sortit de la voiture inspirant la fumée à pleins poumons comme d'autres respirent l'air pur, pour ensuite remonter jusque chez lui après avoir prit le sac de vêtement de la rousse.  Sa main gauche frétillait, son bras ankylosé il ne resterait plus debout encore très longtemps, et Sio qui parlait, jacassait comme une pie encore enfonçant son idée de Gallager  tel un marteau piqueur qui veut enfouir cette idée définitivement en lui. Elle ne pouvait pas se taire. Bien sur il savait qu'elle avait besoin de parler, que cela lui évitait de penser à ce qu'elle avait subit, il avait déjà vu ca un tas de fois après un choc émotionnel et physique. Mais là il voulait du silence. La porte blindée est refermée. Et surement pour la première fois depuis ce matin là, il respire. Ici c'est une sécurité relative, mais un terrain connu, il saurait mieux être protecteur chez lui que dans une putain de voiture. Elle lui parle craignant sa réaction en s'éloignant avant qu' il ne se retourne , dépose son sac dans la chambre d'ami et s'avance vers elle le menton redevenant tout autant arrogant que ce que les personnes détestent chez lui.


- Je me battrais demain, là j'en ai pas la force et encore moins l'envie. Il me faut tes téléphones Sio, je te promets que nous joindrons Catham, mais laisse moi.. deux jours pour réfléchir et nous retourner, on en a besoin si on ne veut pas se fairebuter comme des cons à la sortie de l'appart. Accordes moi ces 48 h et si aucune autre solution n'est trouvée nous ferons à ton idée. Promets moi que tu ne feras rien d'idiot durant ce temps, j'ai besoin de ta parole Siobhan.

Il la connaissait, elle avait abandonné bien trop facilement pour ne rien tenter chez lui. Long soupir abandonnant la joute verbale et les regards se défiant, il ne tenait plus, il avait besoin de sa canne alcoolisée, il se dirigea vers la cuisine pour en sortir deux verres et une bouteille millésimée d'un whisky de 18 ans d'age. L'alcool est versé en de grands verres à la dose bien surpassée, agrémenté pour lui d'un cachet de morphine, il avala les deux sans en savourer l'alcool restant debout au milieu du salon, il avait juste ce besoin de boire tout de suite. Il avait été sobre depuis trop longtemps, et il savait aussi que la morphine ferait bientot effet, qu'il pourrait enfin se detendre oubliant la douleur qui le lançait sur son flan dans un mélange détonnant et dangereux. Il ne semblait pas faire attention au diverses choses qu'il ingérait, ou peut-être le savait-il trop et qu'il n'en avait rien à foutre. Pour l'instant l'alcool lui faisait du bien retardant l'inévitable tombé dans le sombre sommeil alourdit de cachetons. Il retira son arme et ses menottes qu'il posa sur le plan de travail de la cuisine, reprenant un autre verre qu'il vida plus calmement.

- Je sais que tu veux bien faire, mais quand on a été en interne de l'ira il y a des choses que l'on comprends, que l'on connait sans que d'autres personnes ne saisissent les nuances de ce qui se passe. Je suis à LA depuis plus de 5 mois, si quelqu'un avait voulu s'en prendre à moi cela aurait été fait, c'est à partir de l'instant où tu as contacté ce garde à la prison que O'Maley est venu à LA, ils me veulent mort c'est vrai, surement torturé pendant des jours et découpé en morceau, mais aussi Catham et toi. On n’accepte pas les erreurs dans l'IRA et celle d'avoir introduit un flic chez eux, c'est une sacré erreur. Et oui c'est encore ma faute comme tu vois. Bien que je crois que ma vie vaudrait les deux vôtres . Il faut trouver une solution pour vous deux. Là je n'ai pas l'esprit à ca. Tu as encore ton sachet ?

Changement de sujet radical pour ce détail qu'il n'avait pas oublié et qui revenait en lui frappant son esprit par le message simple. Déconnecte pour la soirée.  L'alcool, la morphine c’était bien, mais une dose d’héroïne? Partant dans la cuisine, il prit un plateau, une seringue sous plastique, une cuillère brûlée et vida la moitié du sachet pour faire fondre sa part, laissant le choix à Siobhan d'utiliser le reste ou pas. Il lui avait promis après tout, et lui en éprouvait tout autant le besoin. Pas de Sniffage, pas de brossage de dents du bout de l'index, non, un vrai et long trip violent, dégoûtant, ce n'etait pas demandé trop que de s'abandonner quelques heures, il en avait le droit après tout. Oubliant la présence de la rousse dans la pièce, il en tremblait presque d'exitation à l'idée de se plaisir qui allait enflammer ses veines avec ce poison. Le geste précis de Siobhan dans son appart trouvait ici écho à celui de Neil. Plusieurs fois depuis son arrivée il avait eu ce genre de trip, oublier pour ne plus souffrir , c’était tellement plus facile quand il avait l'aide de l’héroïne et flic ou pas, ce soir il se taperait la défonce de l'année. Se calant dans le canapé du salon, il releva la manche de sa chemise jusqu'au biceps entourant son bras d'un élastique qu'il serra à l'aide de ses dents. Le produit fondu fini dans la seringue, il piqua la veine la plus importante qui éructait sous l’élastique, espérant bientôt finir sa soirée dans le calme de la drogue. Après il irait se coucher, juste après. L'aiguille bien en place, son pouce se posa sur le piston. Enfin une réponse à ses tourments, enfin l'oubli de sa solitude malgré Elle à ses cotés et pourtant si distante . Drogue de la délivrance. Drogue de merde !
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Quand la soupape de sécurité saute .. et fait peter les plombs. (Siobhan)    Jeu 14 Mar - 9:42

Deux blocs d'obsidienne. Ils sont deux blocs d'obsidienne, qui se coupent, se fracassent et se cassent l'un l'autre. Il a coupé un peu trop fort, un peu trop profondement. Siobhan ne cesse de saigner, quand bien même rien ne trahit ces veines déchiquetées. Les traits tirés, le teint trop pale, le regard las de Neil trahissent une douleur jumelle, aux raisons qui en sont moins éloignées qu'elle ne l'imagine. Finalement, l'idée de retrouver la sécurité relative de l'appartement de l'impossible irlandais, quelques heures de solitude, il est suffisament spacieux pour cela, lui apparait comme une nécessité vitale.  Pour la première fois, c'est la sorcière rousse qui vient chercher un baume physique, juste quelques secondes. Elle se dérobe pas à la paume qui lisse son dos, clef de sol de cette partition apaisé. Ils pansent, trop légèrement, les plaies infligées l'un à l'autre. Pourtant, la jeune femme n'est pas encore prête à abandonner toutes retenues. Et sa nuque retrouve sa roideur au lieu de ployer contre son cou. Avant qu'elle ne lui déchoche un premier sourire. Un sourire teinté d'ironie. Il est évident qu'elle ne mentionnait pas QUE la situation avec L'Ira. Et que le choix des mots de Neil, ceux qu'il prononce, ceux qu'il tait, est parfaitement conscient. Au final, l'Irlandaise ne veux pas cette conversation là maintenant.

-Tu es venu me chercher, lui répond t'elle simplement. Cette vérité balaie tous les doutes qu'elle a pu avoir concernant une possible implication de sa part dans l'engrenage qui se ressert autour d'eux. Rien de ce qu'il lui a dit après la destruction de son téléphone n'était faux. Et elle ne se voile pas l'évidence. Il y aura d'autres bains de sang. Un instant, elle songe à lui demander si ses contacts ont une idée de la location d'O'Maley. Non. Plus tard. Après avoir dormi. Toutes ses contusions la tiraillent et la brutalisent. Et quand ils rejoignent la voiture, c'est bien pire pour Neil. Il est loin d'être remis de sa blessure par balle et de la perte de sang trop conséquente qui en a resulté. Il parait évolué dans une mer de ouat abrasive. La rousse ne rejette pas sa responsabilité dans son état. Pas alors qu'elle le voit. Qu'elle le regarde enfin. Qu'une partie de sa colère attenuée lui permet d'être moins acide et injuste. Quelques soient ses raisons, il est venu. Point. Sans lui...  Contact irrepressible. Sa peau sous la sienne. Abimée. Son cou frémit au bout de ses ongles et une seconde, elle se retrouve dans l'ambiance tumultueuse d'un mariage irlandais, une cravate verte au bout des doigts.  Oui. Ils s'en remettront tous les deux. Avec quelles nouvelles cicatrices, elle l'ignore encore. Ses lignes de failles s'affrontent et se creusent, elle le sent. Si elle refuse de contempler l'abyme, Siobhan devine qu'elle n'effleure que l'iceberg.

Elle parle. Alors qu'elle lui avait quasi pas adressé un mot civil depuis son reveil, les mots filent et s'évadent. Il y a une vane qui s'est ouverte, et elle ne parvient pas à se taire! Elle crée une nouvelle barrière, une barrière de reflexion, d'occupation de son cerveau, de tout. Elle échafaude des théories et lui livre, sans filtre. Sans que ses doigts ne cessent de danser sur lui, machinalement, dans un reflexe né d'innombrables heures partagées.  Entre deux arabesques, le mouvement se suspend.  -Disons que tu aurais toujours pu nier, mais je crois que cela aurait sérieusement entamé ta crédibilité! Depuis quand est ce que tu as organisé cette surveillance? Depuis quand tu es à Los Angeles? -Qu'est ce que cela signifie exactement, autant que possible. Il n'en avait pas le droit. Sa propre tête se renverse sur le dossier de son siege, l'écho de sa phrase avortée entre eux. Il n'en a pas envie. Qu'est ce que tu cherches exactement, Neil? L'absolution pour les vies que tu as explosé il y a cinq ans? Je ne peux pas te la donner.  Tu m'en demandes  bien trop.

Un sourire, un second. Moins teinté d'ironie et avec d'avantage d'amusement, cette fois, alors que son regard se perd à nouveau sur son profil. -Evidement que tu connais Gallagher. Question conne. -C'est un miracle, il ne démonte pas d'un bloc son idée. Il parait même lui accorder un certain crédit. Il en explore les ramifications. Elle reviendra sur l'idée, mais là tout de suite, insister sur le fait qu'elle est le témoin direct d'un meurtre effectué de la main de Samuel et qu'elle envisage de faire pression sur lui n'est peut être pas le meilleur moyen de ne pas le faire vriller. Ce serait un jeu dangereux. Qui pourrait devenir mortel.  Insinuer à Samuel Gallagher qu'elle garderait le silence  sur l'assassinat si il convainc Baile qu'ils se fréquentent  ressemble diablement à du chantage. Et le chantage pourrait bien se conclure par une balle en pleine tête. Ils ont le tempéraments agressifs, ces irlandais, il parait...

Sa main s'est décalée, a retrouvé son paquet de cigarette. Il ne se fait pas prier pour en accepter une. Un instant, Siobhan hésite, inspirant une longue bouffée. Mais l'existence d'Oliver est bien trop liée à la sienne pour qu'elle puisse l'occulter. Elle ne le désire pas vraiment. Si elle n'a aucun désir de détailler réellement la nature bien trop complexe de leur relation, il est le seul autre dans sa vie américaine a avoir eu les ressources et l'envie de l'arracher des mains de l'IRA. Et le ton de sa réponse l'herisse sans subtilité. Il a saisit les plus infimes nuances de ses non dits pour en tirer ses propres conclusions. Comment peut il encore faire ca et tomber juste? A peu près juste.

-Neil.

Juste son prénom. Mais dans ces quattre lettres, c'est un monde d'avertissement. Lui interdisant le moindre commentaire. Pour qui il se prend, bordel. Les phalanges de l'irlandais ont blanchies sur le volant tant il a resseré sa poigne sur lui. Il n'en a pas le droit. Il en a perdu le droit, il n'en a jamais eu le droit. Dès les premiers instants, leur couple était faussé, mensongé. Et il se met en rage à l'évoquation d'un autre, alors que pour ce qu'elle en sait, il est marié avec quatre gosses? Et quand bien même, ils sont séparés depuis des années.  Une inspiration plus sèche. En posant le regard sur ses mains sur le volant, ses iris ont accrochés l'anneau d'argent à sa main droite. Elle avait presque oublié sa présence. Mais à quoi tu joues! Pourquoi est ce que tu le portes encore?!  Ce n'est plus qu'une relique d'un temps de mythe.

Ils arrivent enfin et elle se remet à parler. BORDEL. Elle se fatigue elle même. Et au vu du regard de  Neil, elle n'est pas la seule qu'elle fatigue. Il est de plus en plus épuisé, si il continue, il va s'écrouler d'une masse. C'est une évidence qui s'impose. Ils ont besoin de dormir. Il ne doit pas être plus de quinze heures, peut être seize, elle a l'impression qu'ils s'affrontent depuis la nuit des temps. Un yin et yang déchiré. Quand il revient vers elle avec cet air si particulier sur le visage, Siobhan devine qu'elle va detester ce qu'il va dire. Et ho comme sa prédiction est juste. Un eclat de rire bref comme un coup de couteau. Elle est si lisible que cela? Si aisement prédictible? La première chose qu'il lui demande une fois rentré, ce sont ces putains de telephones? Et comment le lui reprocher. Si elle a cessé de le harceler avec la volonté de joindre Catham et Baile, ce n'est certainement pas parce qu'elle s'est pamée sous son charme et sa force de persuasion. Ses prunelles chocolat fondu accrochent l'absinthe des siennes. Elle n'a pas envie. Vraiment, totalement, completment pas envie. Il peut lire la reluctance dans toute sa posture. Sauf... que même dans son état, il est encore capable d'agir pour ce qu'il considère necessaire.  Ce serait trop. Pour les deux. Devoir attendre encore 48h. Elle ferme les yeux, une goutte d'eau par rapport aux cinq années, une vie au vue de leur situation présente. Les rouvrant en le voyant servir deux grands verres de whisky. Son regard se crispe en voyant le comprimé de morphine qu'il ajoute à l'alcool. C'est un mélange un peu trop violent- 48h, pas une de plus. -Besoin de sa parole hein. Visiblement, elle n'est pas la seule avec un léger problème de confiance. Il a raison. Mais si il y a une solution sécurisée... - Tu as ma promesse.

Elle se rapproche du comptoir, et avant de prendre son verre, à son tour, elle pioche les trois burners de son sac pour les poser à coté de lui. Il peut être certain qu'elle ne lui demandera pas son avis au terme de ce délai. Siobhan ne le précise pas alors qu'elle absorbe plusieurs gorgées ambrées. La brulure est aussi intense que bienvenue. Avec un léger effet qu'elle n'avait pas prévu. Ils n'ont pas mangé depuis... elle ignore depuis quand, à vrai dire. Et si en temps normal, elle tient relativement bien ses liqueurs, la chaleur qui reste dans son ventre lui indique qu'elle devrait faire plus attention. Son regard s'étrécit en observant la rapidité avec laquelle il a bu son premier verre pour enchaîner sur un second. Elle finit à peine le premier. Tu déconnes, Neil. Tu déconnes grave! Pourtant, elle ne s'interpose pas. Si il veux se perdre dans l’alcool pour le reste de la journée, ce n'est pas son problème. N'empeche. Ca ne lui plait pas. Pas du tout. Elle l'écoute, mais n'a pas le temps de réfléchir à ce qu'il vient de dire, son changement de sujet est trop détonnant. Pas tout à fait, pourtant.  Il y a un point que Siobhan refuse de laisser passer, en dehors d'une réponse qu'il lui livre. Cinq mois. Cinq mois qu'il est à Los Angeles.  Deuxieme fois qu'elle ressent cette vibe chez lui, et là il l'expose clairement. Et cette fois, elle marche sur lui. Relevant son menton d'un doigt jusqu'à ce qu'il la fixe.

-Tu va te la fermer sur ce point. Je te l'ai deja dit. Je ne te laisserais pas jouer les martyrs pour Catham et moi. Si tu crois un seul instant que je te permettrais de te livrer à Baile, tu te plantes sévère. Je ne veux même plus que tu y PENSES. Neil, c'est aussi con dans ma tête que le fait que j'appelle O'Donaigh dans la tienne.  

Elle abandonne son visage, non sans le dévisager. L'héroine? Il veux sniffer de l'heroine? Maintenant? Machinalement, elle lui tend le sachet. Et sent que ses traits se décomposent quand elle apercoit ce qu'il ramène de la cuisine. Figée sur place, elle est incapable d'intervenir quand il vide la moitié de la poudre dans la cuillère, lui laissant le reste. Certes, on pourrait crier à l’hypocrisie. Sniffée ou injectée, de l'héroine reste de l'héroine. Il s'éloigne dans le salon, s'asseyant dans le canapé. Non. Ho non. Ses gestes... ses gestes sont tellement précis. Il sait terriblement ce qu'il fait Siobhan est horrifiée par cette destruction systématique et parfaitement orchestrée.  Le sang a deserté son visage pour la laisser bleme. Elle ne peut pas, ne doit pas le laisser faire ca. Qu'il puisse se shooter avec une indifférence aussi marquée pour tout ce qui l'entoure la brise bien d'avantage qu'elle ne l'aurait cru possible. Ce n'est pas lui. Jamais il n'aurait agi de cette manière en Irlande! Ils ont pu, parfois, de temps en temps, prendre un peu de drogues ensemble, au fil des soirées dans lequels ils pouvaient se rendre. De l’héroïne? Jamais. Et se piquer?! Encore moins! Déjà il a garrotté sa veine. Quelques aient été ses sentiments pour elle, ceux qu'elle avaient pour lui avait la pureté du Diamant. Lui permettre de se piquer est une trahison d'elle même autant que du jeune homme.  Son ventre se tord dans un spasme violent et son coeur se brise une troisième fois. C'est insoutenable. Ca la rend malade qu'il puisse s'infliger un tel acte sans meme un regard en arrière. Est ce qu'il ne capte pas qu'il vient d'avaler deux verres de whisky,  de la morphine, et il est en train de se piquer? La réalisation la frappe et elle manque de hurler. Avant même d'y réfléchir, Siobhan s'est élancée et l'a rejoint sur le canapé, se posant à genoux à coté de lui.

-NON. Je peux pas te laisser faire ca! Neil, s'il te plait non. -Elle s'en fout, elle s'en fout que son discours soit incohérent. Sa main gauche écarte sans douceur le pouce qui allait procéder l'injection. -Regarde moi. REGARDE MOI! - Du bout de ses doigts plâtrés, elle tourne sa tête vers elle, cherchant son regard. Un signe, n'importe lequel, qu'il a cessé de considérer cette folie . Ses doigts retirent aussi délicatement que possible l'extrémité de la seringue déjà insérée. Siobhan la rejette à terre où elle roule sur la moquette sans se briser. Dans le même mouvement, elle fait sauter l’élastique qui maintenant sa veine.  Plaquant sa paume sur l'intérieur de son coude, comme pour etre certaine d'avoir conjuré le mauvais sort à temps. - Tu viens de me promettre de me protéger,  mo paisean. Et qu'est ce que tu fais à peine dix minutes plus tard? Tu t'orchestres une ravissante putain d'OD! Morphine, alcool, héroine, Neil! Amaideach!

Sa main gauche se pose en coupe sur sa joue, effleurant une marque sur sa peau, sans savoir si elle provient des hommes d'O'Maley ou de son coup de poing un peu plus tot. Un barrage vient de céder, sans doute aider par le verre de whisky qu'elle vient de boire. Ou pas. L'alcool est une excuse trop facile. Elle se penche et ses lèvres viennent embrasser ses yeux, l'un puis l'autre.  Avant que sa bouche ne descende dans son cou,  dissémine sur son épiderme un collier de baiser presque fiévreusement. Un murmure sans réflexion, brute de la panique qu'elle vient de ressentir alors que le spectre d'une overdose s'éloigne. Ses lèvres qui effleurent les siennes dans un souffle aux accents du desespoir- Je suis là, je suis vivante, et on va trouver un moyen de s'en sortir, tous les trois. Je te le promet. Je te le jure. Mais pas de shoot. Promet le moi. Neil, s'il te plait. Je peux pas supporter de te voir comme ca! - D'un mouvement fluide, Siobhan se place à califourchon sur lui, ses cuisses étreignant ses hanches étroitement. Elle a complètement oublié son flanc abîmé alors son bas ventre se plaque au sien, indifférente aux vêtements entre eux. L'irlandaise happe ses lèvres, quelques trop breves secondes, pour les relâcher aussitôt.-Je te jure, je te jure que si je dois retourner tout ton appart pour foutre en l'air la moindre trace de poudre, la mienne et la tienne, je le ferai. Mais je ne veux plus jamais que tu essaie de te piquer devant moi!

Sa main gauche s'est perdue dans ses cheveux et elle lui tire sans douceur la nuque en arrière, lui cambrant le cou, sa bouche venant à la rencontre de la sienne, une seconde fois, brutalement, âprement, au même rythme que ses jambes resserrent encore d'avantage leur prise sur son bassin. Sa main platrée repose plus sagement sur son épaule. Son baiser a la saveur de leurs tourments. Ses lèvres s'écrasent contre les siennes, sans douceur ni tendresse. Elle est bien au delà de ca à cet instant précis. C'est un tumulte incandescent qui explose tout sur son passage. Ses yeux pourtant, sont grands ouverts et ancrés dans les siens.  Elle a eu trop mal de son absence, pendant trop longtemps. Il n'y a aucune place pour la raison, pour les pensées joliement ordonnées. Il n'y a que le manque de lui, la violence épidermique de son corps sous le sien.  Siobhan relache ses mèches courtes. Sa main gronde le long de son cou pour suivre la ligne de son épaule. Elle relève un pan de sa chemise avec trop de sécheresse, ses doigts trouvant enfin le contact de sa peau nue, plantant ses ongles contre ses cotes, remontant vers son torse en une longue griffure feline. Sa  bouche est avide, impatiente, exigeante alors qu'elle force la barrière de ses dents pour retrouver sa langue. Un soupire rauque qui lui échappe, son souffle dans le sien. Brulure de son ventre alors qu'elle se creuse sur lui dans un mouvement  sans équivoque.
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Neil Flaherty
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MessageSujet: Re: Quand la soupape de sécurité saute .. et fait peter les plombs. (Siobhan)    Sam 16 Mar - 14:03

La voiture, les mots qui s’évadent de leurs lèvres, les idées qui tournent en leurs esprits pour ne pas penser à ce vase clos de l’habitacle qui les condamne à devoir se supporter une demi-heure et au vrai problème d’une épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Ils le savent tous les deux, leur vie ne tient qu’à un simple fil.  Même si la colère est disparue - au moins refoulée- pour tenter de ne plus commettre d’erreur, une césure sévère les éloigne malgré la main féminine glissant ongle contre peau dans des vagues tumultueusement délicates et qui agitent le cœur de l’Irlandais. Il ne peut retenir un vague rire à sa remarque sur sa « crédibilité », remarque à laquelle il répond brièvement sans la regarder laissant le trouble de sa proximité ancré en lui, priant pour qu’elle n’en prenne pas conscience, qu’elle ne le repousse pas, son indifférence valait tellement mieux que son refus de sentiments envers elle.  

- Je n’ai aucune crédibilité avec toi Sio, meme si je te disais bonjour, tu irais vérifier qu’on est bien le jour et pas la nuit. Ne.. le nie pas.

Retour presque amusé à L’envoyeur. Il n’avait aucune illusion sur ce qu’elle pensait de lui, il ne tenterait rien de plus pour la convaincre, pas aujourd’hui, peut-être un jour aurait-il son pardon, peut-être jamais, peut-être un jour voudrait-elle savoir, écouterait-elle, comprendrait-elle ... Il craignait tellement cette confrontation avec elle. Durant si longtemps il avait ressassé chaque détail de sa vie avec elle, de sa vie ultérieure, du pourquoi de son gâchis simplement par pure vengeance, alors qu’il aurait pu, qu’il aurait DU lui parler. Aujourd’hui persuadé que la jeune femme l’aurait compris, il y aurait eu cris, claquage de porte, déchirure, mais pas autant que ce qui se déroulait sous son regard. Il se flagellait de son manque de confiance envers elle, plus exactement de ne pas l’avoir mêlée à tout ça, sur l’instant ca lui avait paru une idée formidable de vouloir tout gérer lui même. Aujourd’hui c’était la cicatrice indélébile que portait son cœur.  Il était venu la chercher certes, il lui avait sauvé la vie certes, mais est-ce que cela pouvait l’excuser d’avoir brisé ce cœur irlandais qui avait tant confiance en lui ?

L’appartement, nouvelle et vague confrontation fatiguée entre les deux anciens amants aux caractères enflammés. Chacun croit avoir raison, chacun le veut et pourtant aucun n’est plus en état de prouver quoique ce soit. L’épuisement est général, les idées arrêtées resteront à leurs points d’ancrage sans en bouger d’un iota, corps et âmes ont besoin d’une pause, d’un pouce à lever pour dire stop. Et pourtant jusqu’à l’hallali ils se battront en duel à la débâcle finale. Sans crier il se cale devant elle récupérant ses appareils pour les poser sur le plan de travail de la cuisine à côté des courses qui resteront dessus.

- Ecoute moi bien Sio, j’ai foiré trop de chose avec toi et ton frère pour ne pas tenter de me racheter, je ferais ce que j’ai à faire, que cela te plaise ou non, toi plus que n’importe qui d’autre est ma priorité et si Baile veut me voir mort pour qu’il te laisse la vie, si c’est sa seule demande, alors ça sera comme ça, je ne joues pas au martyr, je joue à celui qui cherche à te protéger, tu n’auras rien à dire, comment m’as-tu clamé ca tout à l’heure, tu en as perdu le droit !

Claquer cette fausse vérité en pleine gueule, c’était limite cruel, mais il était ainsi, perdant le compte du nombre de fois où il s’était fait insulter de part ce genre de remarque acerbe, car en plus d’être irascible Neil était horriblement têtu. Elle le savait pourtant. Ne comprenait-elle pas que sans elle il n’y avait rien dans sa vie ? Qu’elle en était la détentrice depuis 7 ans, et que sans elle.. sans elle, rien n’avait de saveur, l’eau, l’air, la nourriture, tout lui était diffèrent, fade. Heureusement la solution de la drogue lui revient, heureusement il n’avait pas jeté le sachet de Sio quand il l’avait vu, heureusement il lui avait promis qu’ils pourraient s’enfiler ici ce qu’ils voulaient. Alors il s’enfilerait ce qu’il voulait et qu’importe le reste, qu’importent ces conneries entre eux, qu’importent les irlandais. Il était à bout et pire que cela, il ne voyait aucune porte de sortie. Peut-être aussi en cela qu’il avait besoin d’une dose bien concentrée afin de reposer son esprit pour la fin de journée pour demain être en forme. Il ne savait pas, il ne savait plus. Je vous emmerde tous ! L’aiguille est enfoncée, la pression commence à s’exercer sur le piston et c’est un corps féminin qui se jete à ses côtés qui lui fait suspendre son geste l’espace d’une seconde. Elle le retient, elle l’engueule, elle le supplie, l’insulte. Pourquoi fait-elle cela, pourquoi l’en empêcher, qu’est-ce que cela pouvait lui faire de le voir se shooter ? ce n’est pas lui qui a ramené cette drogue dans l’appart alors merde !

Le regard posé sur elle était à la limite de la supplication, pourquoi ne le laissait-elle pas abandonner au moins ce soir ? Alcool, morphine et héroïne, et alors, mêles toi de tes affaires, pourquoi tu ne m’as pas laissé te parler il y a 5 ans, tout aurait été diffèrent, tu aurais pu comprendre ! Tu devrais comprendre aujourd’hui que je crève sans toi, je suis prisonnier d’une vie vide que tu m’as laissé. Lui crier ces mots aurait été si facile,  la rendre responsable de ces maux l’était tout autant, mais la vérité s’imposait avec encore plus de violence que de s’injecter ce poison. Il aurait dû lui parler dès le premier jour ou il l’avait rencontré ou après, quand il lui avait demandé sa main et que sa décision de partir de la police avait été prise, mais non, il avait voulu régler ça à sa manière, et qu’est-ce que cela lui avait apporté à par une souffrance qui s’exprimait chaque jour par une destruction systématique de ce qu’il pourrait devenir. Tout était sa faute.

- J’en ai .. besoin.

Faute avouée, à moitié pardonnée ? non surement pas d’elle, surement pas avec ses beaux discours sur le fait de tenir, surement pas après leur passé, elle avait tellement raison, comment la protéger quand il est incapable de résister à l’attrait d’une dose, pourtant il n’était pas junkie.. Pas vraiment. Peut-être putain il ne savait plus quand ca avait dérapé, l’alcool dès son départ, rentrer seul chez lui à Londres dans un appart qu’il n’avait pas vu depuis deux ans, ne plus avoir son sourire quand il se levait, ne plus l’avoir entre ses bras quand il en avait besoin, ses repas parfois brulés et qu’il mangeait de bon cœur juste pour lui faire plaisir. Non Siobhan, tu n’avais pas le droit de me laisser comme ça, ça c’est réellement de ta faute. Mais la drogue, cette putain de drogue si récente dans sa vie et pourtant ses veines étaient déjà bien marquées des piqures qu’il s’injectait une à deux fois par mois... Une à deux fois par mois ! Neil tu déconnes tellement, t’es mort et tu le sais, il n’y a pas d’espoir pour toi, alors pourquoi ne pas appuyer, appuie sur cette putain de seringue et crève une bonne fois pour toute ! De rage et de haine plus que de volonté il allait appuyer, en finir, jusqu’à ce qu’elle vire la seringue l’empêchant d’achever ce geste qu’il aurait dû commettre tellement plus tôt, il n’en avait jamais eu le courage espérant la revoir un jour, mais aujourd’hui ...

Sa main plâtrée lui fit tourner le visage vers elle, elle lui parlait lui faisant retrouver la raison malgré l’effet cotonneux de la morphine qui se faisait sentir, et même s’il tentait de garder sa putain de fierté dans le regard, cette indifférente flagrante pour tout ce qui l’entourait, il y avait au fond de son regard une tristesse qu’il n’avait jamais pu exprimer autrement que par la violence. Il n’avait plus personne à qui parler, entre ceux qui s’en foutaient et son gosse, sa dernière flammèche de bonheur, encore trop jeune pour porter un poids si lourd sur ses épaules. Elle était si proche, tellement proche de lui qu’il sentait son souffle sur sa peau,  s’hérissant sous la sienne, sous ses baisers posés à même le cou, le surprenant comme rarement il l’avait été. Elle l’embrassait, lui dévorait le cou avec une fièvre apeuré, il en sentait encore le tremblement. Il ne sait pas quoi faire, la peur de bouger mouvements qui pourraient la faire fuir loin de lui, elle souffle quelques mots, répondant la voix étreinte d’emotion par ce flot le bousculant - Je n’ai pas de solution Siobhan je ne sais pas quoi faire pour te sauver. Aveux d'impuissance face à cette réalité terrible. Il avait peur, il l’aimait, il savourait, il laissa glisser une larme le long de sa joue où amertume et lâchez-prise se mêlaient. Il ne savait plus ..

Quand elle joignit ses lèvres aux siennes, il ne put retenir un geignement de plaisir. Oh oui ce baiser était un délice et une bulle d’air prête à exploser. Il l’avait tant espéré et il le haïssait maintenant par cette violence à peine contrôlée entre eux deux. Il ne la retrouvait pas Elle, mais simplement le désir d’Elle. Aucun des deux ne l’avait jamais quitté, mais retrouver l’un sans l’autre était pire que tout. Le pire surement était le fait qu’il ne la repoussait pas, bien au contraire, l’attirant entre ses bras gémissant de ce plaisir brutal qu’elle lui offrait, il ne méritait rien d’autre. Il n'y avait pas une once d'amour dans cet échange à la fois passionné et brutal il avait simplement besoin de laisser libre cours à ce manque cruel de qui se faisait sentir depuis qu'ils s'étaient retrouvés, ce n'était certainement pas la meilleure chose à faire mais Neil n'arrivait pas à raisonner son esprit et à la laisser partir loin de lui alors qu'il avait si besoin d'elle. Il l'embrasse et il l'embrasse tellement, il y avait une telle force qui lui semblait se faire mal et lui faire mal il la dévorait entièrement ardemment , sans limites.

La jeune femme grimpée sur lui, il supportait son poids malgré son genou venant appuyer sur sa blessure, mais il n’en avait rien à faire, une vague douleur faisant oublier les Douleurs. Son torse venait à la rencontre de sa poitrine, ses lèvres des siennes, ses mains se posant sur ce corps qu’il avait tant connu et qu’il redécouvrait suivant l’exemple de la rouquine qui passait ses mains sous sa chemise. Il aimait cette peau si douce comme une soie hors de prix,  jamais il n’avait pu retrouver chez une autre femme cette sensation apaisante en la touchant.  Elle était unique pour lui. C'est pourtant une main tremblante qui repoussa il ne savait comment, cet âpre désir entre eux murmurant tremblant de désir.

- Sio.. Sio.. Níl .. Ní maith liom é. Is breá liom Siobháin, tá grá agam duit ón gcéad lá. Ach ní mar sin. (Sio, Sio ..Non .. Pas comme ca. Je t'aime Siobhan, je t'ai aimé depuis le premier jour. Mais pas comme ca. ). Il parlait très peu gaélique ici, surement un accent de merde depuis le temps, et ce qu’il en savait venait de leurs deux années de vie communes où il avait appris bien plus que durant toute une vie. Souvenirs délicats d’une Siobhan qui lui demandait de l’interroger comme une petite fille récitant un poème pour préparer sa thèse. Sans rompre le contact autant visuel que corporel, il se releva la tenant toujours entre ses bras laissant les jambes féminines se poser au sol avant de relâcher la pression de ses bras autour de sa taille, mais la gardant encore un peu, juste un peu contre lui.

-Tu peux penser ce que tu veux de moi. Je te dis la vérité. Quand nous nous retrouverons ça sera par amour, et pas par désespoir et encore moins par pitié. ca gardes le pour quelqu'un que ca intéresse. Il se détacha d’elle et regretta aussitôt la perte de ce corps fiévreux contre le sien. Traumatisme béant qui éloignait de plus en plus ce qui aurait pu se dérouler entre eux. Et s'ils avaient été plus loin, ils auraient assouvi un vague désir, pulsion animale sans amour ... et après? après quoi? reproches et insultes? Non, il ne pourrait supporter cela. La seringue fut reprise sur le sol et jetée plus loin dans l’évier, la bouteille de whisky fut happée au passage, son arme et sans autre mot il se dirigea vers sa chambre en des pas d'automate alors que son corps réclamait le sien en se contractant, lâchant avant de fermer la porte : - Ne sors pas de cet appartement. La porte est claquée sans un regard derrière lui, et jusqu’au lendemain il serait invisible pour elle. Ce qu’il fit durant cette nuit-là ? à semi allongé dans le lit, chemise retirée, pantalon à terre, il buvait, aussi longuement qu’il le put avant de sombrer de fatigue et d’épuisement. Une nuit agitée, dans un semi sommeil, contrit de fatigue mais gardant toujours une oreille à l'écoute des bruits de la rue.

Le lendemain d’ailleurs fut une journée étrange où chacun s’évita le plus soigneusement possible juste un vague repas congelé en commun et plus rien. Neil n’avait pas envie de lui parler de toute façon, il ne voulait pas qu’elle se trouve d’excuse à ce qui s’était passé la veille, alors il restait loin d’elle, parfois pendu au téléphone, activant ses contacts, parfois sur la terrasse à boire son alcool en solo, parfois dans sa chambre. Journée inutile en quelque sorte. Clopes et Whisky en amis légitimes. Il avait moins dormi, beaucoup plus réfléchis, en support visuel, des bouts de papiers qu’il épinglait sur un tableau en liège, simplement des noms marqués, Neil, Sio, Cat, Baile, O’Maley. Et d’autres noms dans l’organisation de l’IRA. Quelque chose n’allait pas, quelque chose manquait. Un détail, un quelque chose. Baile n’aurait jamais fait mal à Siobhan sous le vague prétexte qu’elle s’était laissée abusée. Non quelque chose d’autre était en jeu.

C’est aux presque 48 h écoulées que Neil lui lança simplement

- Je vais me doucher.
Elle s’en foutait tellement de ce que tu faisais,48 h Neil, pas une de plus. Le téléphone était resté là, ses appareils et menottes aussi, les courses n’avaient pas bougée. Immobilités dans l’attente de ... quelque chose. Il sentait la pression de la décision peser sur ses épaules. La porte de la salle de bain est claquée, l’eau chaude coule de la douche derniers instants de répits avant qu’elle ne lui ordonne de faire ce qu’elle voulait, mais de tout cela une seule chose, elle disparaîtrait de la circulation après avoir joint Catham. C’était la seule chose qu’il allait lui offrir, il lui devait bien ça, le reste ? il s’en occuperait lui-même espérant qu’elle lui pardonne ce qui allait suivre. Il joindrait Warren, prisonnier d'état qui recevait chaque mois une somme d'argent de l'Irlandais pour qu'il garde un œil sur Catham, il lui faudrait parler à Catham en personne . Il lui faudrait lui demander d'avouer à Siobhan une autre vérité qu'il n'avait pu lui annoncer lui même ... Il ne se sentait pas légitime à parler de la famille de Siobhan. Peut-être qu'il saurait aussi POURQUOI, pourquoi tout ca.  
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Quand la soupape de sécurité saute .. et fait peter les plombs. (Siobhan)    Dim 17 Mar - 12:40

Contrairement aux paroles que Neil lui a adressé peu avant de sortir de voiture, Siobhan lui accorde suffisament de crédibilité pour accepter de delayer un appel à son frère. Pour lui remettre les teléphones qu'elle avait sur elle. Pour lui promettre de ne pas commettre de folies pendant ces quarante huit heures. De lui laisser du temps pour trouver une solution qui les satisfirait tous les deux. Est ce qu'il a conscience de la difficulté que cela représente pour la jeune femme, de s'éloigner encore un peu de son frère, quand bien même il ne s'agit que de sa voix? Non. Elle accorde à son ancien compagnon bien plus de poids que ses mots ne le trahissent. Elle voulait prendre le temps d'envoyer un sms à Cassiopée. Ne serait ce que pour lui faire savoir  qu'elle était en vie. A peu près. Mais choisit de suivre un silence de 48h de plus. Alors pourquoi... pourquoi faut il qu'il se montre d'une dureté et d'une impitoyabilité qui n'est ni nécessaire, ni constructive? Le visage de l'Irlandaise se fige sous sa véhémence. Avant qu'un nouveau masque de pierre ne  dissimule tout autre émotion qu'elle pourrait ressentir. Elle croise les bras sur la poitrine - a peu près- et le regarde qui s'enfonce de plus en plus loin.

-Je ne suis pas une POTICHE!
-Si elle élève la voix sur le dernier mot, son ton retrouve bientôt des accents polaires. Elle refuse de perdre à nouveau son calme. Refuse de lui permettre de l'entrainer dans une nouvelle confrontation de leur volonté aussi épuisée que leurs corps. - Je peux t'aider à trouver des solutions qui n'impliqueront pas de poser ta tête sur le billot. Je ne voulais déjà pas que tu t'ériges en en protecteur il y a sept ans. Qu'est ce qui te fais croire, un seul instant, que j'ai changé d'avis sur ce point? Ou tu pense que d'avoir  déconné grave ces derniers jours  te donne le droit de me considérer comme... -le terme lui échappe sur l'instant et elle secoue la tête de frustration, ses prunelles l'épinglant sans douceur. -Je ne sais même pas en fait.

Il y a trop entre eux. Trop de déception, de colère, de souffrances, de non dit. Trop de silences et trop de paroles. Un amour trop profond, trop intense, trop réel qui n'a cessé de déconstruire Siobhan depuis qu'elle a posé le pied sur le sol américain. Un amour dont les parfums de sucre et de douceur ont fanés, abandonnant dans son sillage des effluves pourrissantes, à la fletrissure écoeurante. Ils sont incapable d'agir avec raison, de se conduire avec retenu. Chaque souffle les renvoit à un passé lumineux dont l'évocation rend plus oppressante les ténèbres qui les etouffes depuis qu'ils ont quité l'Irlande.  La Sylphide ne peut le regarder, l'entendre sans  etre projetée en arrière. Sans sentir qu'elle se déchire à nouveau sur des sentiments devenus tortionnaires. Entrevoir la vérité est sans doute le fruit le plus amer qu'elle n'ait jamais gouté. Eve qui croque à pleine dents dans la pomme, chassant toute innocence. Elle l'aime encore. Elle n'a probablement jamais cessé. Et pour cela, elle le hait avec passion. Se haissant deux fois plus.

Siobhan découvre l'exécrable sensation d'aimer deux hommes à la fois. De manière opposées, pour des raisons différentes, avec une passion enflammée et irrepressible pour chacun d'eux. Et mal. Que ce soit Oliver ou Neil, ils se rejoignent sur un point. Mal. Elle les aime mal, bien trop destructive pour trouver la moindre douceur, le plus petit reconfort dans l'acceptation de cette folie. Sans pouvoir imaginer pouvoir renoncer à l'un ou à l'autre. C'est la raison pour laquelle le sachet d'héroine est tendu sans hésitation. Parce qu'elle en a autant besoin que lui. She's in Hell and can't come back. La perspective de sniffer et de sombrer, au moins pour quelques heures dans un oubli chimique représente un attrait qu'il lui impossible de combattre. Elle n'en ressent aucunement l'envie. L'attitude de Neil change tout. Il balaie tout cela. Lorsqu'il prépare de quoi se shooter, la sorcière reste petrifiée. Elle ne le reconnait pas. Ce n'est pas l'homme qui vivait avec elle. Il n'a jamais eu ce genre de comportement à la limite du suicide. Il était... Solide. Présent. Innamovible dans sa volonté touchant au borné. Si il y a toujours eu une violence et une colère lattentes, parfois absolument explosives, cette volonté de se détruire aussi completement n'était pas présente chez lui. Il était seul. Il est venu seul dans un repaire de l'Ira pour faire face à nombre inconnu d'hostiles. La jeune femme vacille. A partir de quand a t' il  décidé que sa vie avait si peu de valeur qu'une balle ou un trip à l'héroine étaient de bon moyen pour flirter avec la mort? Il joue à la roulette russe. Et il espère d'avantage le coup final que le claquement d'un barrillet vide. Les rares fois où il s'est départi de sa rage, les  regards qu'il a posé sur elle avaient trop de desespoir pour etre feints. Elle intervient. Ne peut admettre sa volonté de faire cramer son cerveau en se servant d'elle comme témoin. Ses prunelles emeraldines  chatoient de desespérance alors que sa garde est baissée. Ils continuent d'avoir le pouvoir de s'écharper. Même sans parler. Gachis. Immonde gachis.

Elle interompt le geste mortel, de justesse. Et cesse. Cesse de lutter contre lui, contre elle. Sa parole devient un torent qui n'a plus de barrage et dévale entre eux. A l'instar de ses gestes et de son corps qui se pressent contre lui. Siobhan s'empare de sa peau, de ses lèvres. De lui. C'est un désir aveugle qui n'est tempéré par aucune tendresse. Il n'y a pas de place pour les caresses sineuses et languides, pour ces baisers qui jouent et affolent. Une respiration, un hiatus dans ce styx charnel. -Ce n'est pas ta seule responsabilité, on est deux. Laisse moi t'aider. -Sa bouche sur cette larme, aveu bien plus sincère que ce qu'elle n'est prête à entendre. Ses lèvres aux siennes. Son buste contre le sien. Sa poitrine écrasée contre lui. Son ventre pressé contre le sien. Il lui répond, avec une fievre jumelle. Sa main déchire toute distance et s'infiltre contre son torse, à meme la peau. Il se redresse et l'enlace à la briser. Sous ses baisers, ses levres se gorgent de sang, pulsant de cette faim qu'ils partagent. Ses paumes qui s'inflitrent sous son tee-shirt, qui façonnent sa taille, remontent les planes de son ventre, vers les vallées tendres de ses seins. Il ne lui vient pas à l'esprit de l'arrêter. Là maintenant tout de suite, Siobhan ne désire rien d'autre que lui, d'oublier tout le reste par sa présence en elle. Refus des conséquences. Etreinte illusion qui précipiterait un retour à la réalité impitoyable.

Sa paume  sur son sternum. Qui l'immobilise par cette simple pression sans agressivité. Elle redresse sa colone vertébrale. Rompt l'étreinte de sa bouche. Et sombre. Sombre à l'écoute du gaelique à ses lèvres. Il a toujours été le langage secret de leur couple. Avec Catham, elle le parle depuis l'enfance, son père insistant pour qu'ils l'apprennent. Avec Neil? Elle a adoré le lui apprendre, que ce soit pour le plaisir ou les besoins de sa thèse. Il n'y a pas de mensonge possible dans cette langue, ce serait une hérésie. Celle de trop. Sa main glisse hors de sa chemise et agrippe son épaule, s'ancrant à lui. Elle ne peut pas fermer les yeux. Aussi fort qu'elle en éprouve l'envie, ses yeux chataignes sont grands ouverts, harponnés par les siens, happés par ses paroles. Siobhan tressaille à chaque intonation, coup de poignard qui éventre les fils d'araignée mensonger qu'elle a tissé pour se protéger, pour essayer d'avancer. Pour ne pas couler. Elle le croit. Pour la première fois, elle accepte la possibilité que ses sentiments pour elle étaient aussi sincère que les siens. Que ce qu'ils avaient vécu, au moins entre eux, juste Eux, n'étaient pas au service de sa cause. Qu'i l'ai aimé avec la même ferveur. Qu'il soit réellement tombé amoureux d'elle aux sons des violons. C'est une déchirure nouvelle. Il la remet debout, et la jeune femme a froid. Elle est encore contre lui, et elle est gelée. Elle se met à trembler, d'un froid qui n'a rien de physique. Son murmure est sans force. Vidé de toutes batailles et de toutes hargnes. Nu de tristesse, dans des haillons de souffrance. - Tá sé níos measa, Neil. Tá sé níos measa dá mbeadh grá agat dom agus go bhfuil grá agam dom fós.  * C'est pire, Neil. C'est pire si tu m'as aimé et que tu m'aimes encore.

Comment ne peut il pas voir que cet amour revelé, qu'il lui offre est pire que le mensonge. Il l'a aimé. Et a choisi de la trahir, en dépit de ca. Il a choisit sa plaque et son "devoir" devant la femme qu'il voulait épouser. Elle recule d'un pas. C'est exactement ce qu'elle refusait d'envisager depuis qu'il l'a balancé dans un avion pour Los Angeles. Qu'il ne l'ai pas aimé Assez! Qu'elle n'ait pas su l'aimer Assez! Qu'elle n'ait pas réussi à éloigner de lui ses démons et ses cauchemars. Qu'ils aient échoués et que l'homme qu'il était avec elle  soit, au final, moins crucial que l'homme de Loi. Que sa haine pour l'Ira, pour tout ce que l'organisation représente, Siobhan avec, soit aussi importante que sa volonté de détruire la cellule de Catham. Son désir est de cendre au creux de ses veines. Il a déjà disparu. Il n'y a aucun reproche alors qu'elle poursuit, détruite de toute substance.


-Tá brón orm, mar sin tá brón orm nach raibh a fhios agam conas grá níos fearr a thabhairt duit. Nach raibh grá agam dom níos mó. Ní leor é chun muid a roghnú os comhair do phoist
*Je suis désolée, tellement désolée de ne pas avoir su t'aimer mieux. Que tu ne m'ais pas aimé d'avantage. Pas suffisament pour Nous choisir devant ton boulot


Elle secoue la tête quand il continue. Siobhan ne cris pas. Ne hurle pas. Il ne lui reste pas assez pour cela. Il n'y aura pas de retrouvailles, pas par amour. Jamais de la vie elle s'exposera une seconde fois à ce qu'il choisisse sa volonté de réduire l'Ira à néant devant elle, ou n'importe laquelle de ses missions pour elle  ne sait quelle agence gouvernementale. -Je te crois, Neil et c'est bien le problème. Je te crois quand tu me dis que tu m'as aimé il y a sept ans, et je te crois quand tu dis que tu m'aimes encore aujourd'hui. Ce n'est pas suffisant, c'est tout. Tu ne vois pas que nous sommes encore dans la meme situation qu'à Belfast? Tu es toujours un flic et je suis toujours une batarde de l'Ira, que celle ci veuille ma tête ne change rien. Je serais TOUJOURS dans cette sphère. Ce n'était pas de la pitié.

En parlant, elle a reculé, s'éloignant de lui, reculant vers la chambre où il a posé ses affaires un peu plus tôt. Elle a attrapé son paquet de cigarette, son briquet. Un sourire amer à ses derniers mots. Non, Siobhan ne quittera pas l'appartement. Dès que la porte est close dans son dos, elle s'effondre contre le battant de bois, le corps secoué de lourds sanglots, qu'elle etouffe dans le coude de son bras platré, l'autre replié autour de ses genoux. Impossible de savoir combien de temps la jeune femme reste ainsi prostrée. Elle finit par rejoindre son lit dans lequel elle s'effondre pour quelques heures d'un sommeil lourd et écrasant. Quand elle se reveille, il est autour de trois heures du mat'. Le calme de l'appartement est presque trop serein. Siobhan déniche une bouteille de vin de rouge, un verre. Elle sort sur la terasse dont elle referme à demi la porte coulissante. A nouveau, elle préfère s'assoir par terre. Elle a mal à la gorge de trop de cigarettes fumées. C'est sans hésiter qu'elle allume une autre, ayant enfin retrouvé assez de maitrise d'elle même pour ouvrir la troisième lettre d'Oliver.  Relisant les deux premières. Siobhan reste bien encore deux ou trois heures de plus dehors, refusant le sommeil, le repos dont elle a pourtant un besoin vital. Laissant les échos des mots écrits, des mots dits résonner et tourner en elle. Elle n'a plus de larme.

Ils gardent leurs distances la journée suivante. Et ho comme cela lui convient. Ils sont encore à fleur de peau. Ils sont trop à vif. Elle refuse de reflechir à ce qu'ils se sont dit. Neil, visiblement, n'a aucune envie de partager les avancées de ses recherches. Préférant gérer seul. C'est sur que cela a été si efficace la première fois! Elle devrait peut être aller le voir, en discuter avec lui, mais ne se sent pas encore capable de le faire sans qu'ils risquent un nouveau écharpement. Au final, elle dort, beaucoup. Du moins en journée. Car la nuit? La nuit elle ne dort quasiment pas. Les cauchermars, l'impression d'ettoufer, les crises d'angoisses se succedent pour une farandole folle et démoniaque. C'est sans doute pour cela qu'elle se retrouve debout à cinq heures du matin, devant les courses qu'ils ont completement délaissés. Siobhan finit par vaguement fouiller dans les sacs. Heureusement, il y avait peu de denrées perissables. Une ou deux plaquettes de beurre qui ont commencées à fondre, quelques autres produits. Sans grandes convictions, la jeune femme les attrape et se dirige dans la cuisine, ouvrant le refrigirateur pour les y ranger. Elle le referme brutalement. Une bouteille de jus d'orange lui échappe des mains et s'écrase au sol  sans qu'elle n'y accorde la moindre importance. Elle fourre machinalement ce qui l'encombrait, sans quitter la porte du regard. Siobhan sent sa respiration qui se bloque et une boule qui l'empeche de respirer. Elle écarte l'aimant qui fixait la photo et la prend avec elle. Elle rejoint sa chambre sans se soucier du bordel qu'elle abandonne dans la cuisine.

Siobhan n'arrive pas à détacher son regard de leurs portraits. Elle n'a aucun souvenir concret de leur vie ensemble. N'a rien emporté lorsque elle a quitté Belfast. Du bout des doigts, elle retrace leurs visages. Heureux. Jeunes. Innocent. Du moins, elle l'était encore  à ce moment. Impossible d'oublier quand est ce qu'elle a été prise. Une cigarette. Déjà. Si tot. Il y en avait toute une série, prise sur le vif par Catham. Ils ne posaient pas à ce instant. Son frère a capturé l'expression de leur bonheur le plus limpide. Sans entrer dans les détails, Neil lui avait annoncé qu'il l'emmenait diner ce soir là. Ne précisant pas le restaurant, simplement qu'elle se devait d' être éblouissante. La photo est un peu abimée. Un peu passée. Sur son frigo, putain! Visiblement, l'Irlandais n'avait pas compté sur Catham ayant saisi les projets qu'il avait fait quelques semaines plus tot! C'est sans le moindre remord que celui ci avait payé grassement le propriétaire du restaurant pour le privatiser pour la soirée. Quand Neil et Siobhan sont descendus de voiture, c'était pour être acceuilli par une trentaine de leurs amis les  plus proches. La demande en mariage de Neil  avait été beaucoup moins privée qu'il ne l'aurait sans doute souhaité. Il n'y avait eu aucune hésitation de la part de Siobhan dans son Oui! Mais comment en vouloir vraiment à son ami, quand le reste de la soirée avait été une fête joyeuse, délirante, rassemblant tous les éléments de leurs vies communes et de leurs joies? Comment a t'il pu la demander en mariage. Alors même qu'il était en train de rassembler des preuves indéniables contre Catham? Comment a t'il pu faire preuve d'autant de duplicité? Comment pouvait il vraiment l'aimer d'un coté et orchestrer la destruction de tout ce qui tenait au coeur de la jeune femme? Non. Elle ne peut pas comprendre cette cruauté si particulière. Elle abandonne la photo sur le lit à coté d'elle alors qu'elle sombre à nouveau dans un sommeil tourmenté.

Elle sort de sa chambre qu'autour des dix heures. Avec l'envie d'y retourner immédiatement en croisant Neil. Ils approchent bientot de la fin des quarante huit heures et ils n'ont pas abordé une seule fois ce sujet là. Il continue de garder un silence total sur cette question là. A vrai dire, ils continuent à ne pas se parler. Pourtant, le regard de son ex  compagnon est plus aigue. Siobhan commence à regretter de ne pas avoir forcé les choses. De ne pas s'être impliquée de force dans ses reflexions. Le laisser décider totalement seul est une erreur, elle en est de plus en plus persuadée. Ils n'ont absolument pas la même vision de ce qui est nécessaire. Cela ne doit pas faire cinq minutes qu'il est dans la douche que son téléphone se met à sonner. Il l'a abandonné sur le comptoir après avoir joint elle ignore qui. La curiosité est la plus forte et quand Siobhan le récupère, c'est pour constatater que le nom de Charisma s'inscrit sur l'écran. Une ou deux secondes de plus et elle décroche.

-Mon Chou? -résonne la voix arc en ciel de la medecin
-Non, c'est Siobhan, il prend sa douche. Tu veux que j'aille le chercher?
Un instant de silence au bout du fil avant qu'elle ne reprenne, légèrement plus circonspecte.
-Non, j'appellais juste pour vérifier son état. Qu'il n'y ait pas de trace d'infection autour de sa plaie.
-Je ne crois pas. Il est toujours aussi chiant que d'habitude, alors je ne pense pas qu'il ait de la fievre.

Un rire amusé lui répond. Visiblement, Charisma a une bonne idée de ce qu'implique le caractère tumulteux de Chou. -Tu as raison, c'est plutôt bon signe. Et toi? Ton poignet?
-Mon poignet... ca va. Juste... -Retour dans sa chambre, porte close. Une longue inspiration. Bordel elle a vraiment déconné. Salement déconné. Sur des plans bien trop dangereux et aux conséquences bien trop potentiellement dramatique. Elle a eu le temps d'y reflechir ces derniers 48h.
-Me juge pas, s'il te plait. Je peux pas sortir en pharmacie, Neil peterait un cable. Ou viendrait avec moi. Est ce que tu sais si il existe des kits de depistages que je peux faire moi même?
-Je suis medecin, roussette. C'est pas mon rôle de juger. Résidence surveillée, hein? Despistage de quoi exactement?

-Tu n'as pas idée. A croire que je suis une casserole de lait sur le feu sur le point de bouillir. -Plaisanter l'aide. Mais  ce n'est pas encore assez. Elle a fermé les yeux, se maudissant salement. -Tout... Vih, grossesses, toutes les mst possibles et imaginables.
-Il faut simplement une prise de sang pour les premières detections. Si il y a  certains marqueurs, il faudra que tu reviennes. Je t'envoie un kit par courrier en fin de matinée, test de grossesse compris. Tu t'demerdes pour que Neil fasse la prise de sang,  comment tu présentes ca, c'est ton problème.
-Merci. Je dirais à Neil que tu as appelé.
-Humhum t'as intéret.


Les deux jeunes femmes raccrochent et elle revient dans le salon au moment où Neil sort de sa douche. Avant qu'il puisse se pose x questions et se montrer désagréable, Siobhan lui balance le telephone entre les mains.
-Panique pas, j'ai appelé personne. Charis si,par contre. Elle voulait juste connaitre l'evolution de ton début de cicatrisation. On peut discuter cinq minutes? J'ai juste besoin de savoir où tu en es dans tes différentes recherches. Si tu as besoin de d'avantage de temps ou pas? Je préférerais qu'on essaie de résoudre le bordel ensemble plutot que chacun de son coté, tu crois que ce serait possible?

Elle s'avance dans le salon, prenant place sur un des fauteuil. Pour une fois, Siobhan a abandonné ses jeans pour une jupe en dain cuivre qui s'arrete un peu plus haut que les genoux, un débardeur assymétrique d'un bleu sombre dévoilant une épaule. La jeune femme est restée pied nu, ce n'est pas comme si ils allaient sortir. Peu à peu, elle redevient elle même. Ses cheveux sont brossés, ses boucles tombant souplement sur ses épaules. Sur son visage, les marques s'etompent peu à peu et sa lèvre est presque cicatrisée, ne laissant qu'un trait encore sensible. Elle a meilleure mine. Cependant, il y a un peu plus de fond de teint qu'elle n'en affectionne normalement. Dissimulant une cicatrice ronde bien trop révélatrice pour qui en a deja rencontré. Un rouge à levres chataigne répond à une ombre à paupières dans les marrons irisés, ramenant un peu de vie à son regard trop éteint ces derniers jours. Malgré son manque de sommeil nocturne, elle a perdu ce teint blafard, sans doute graces aux longues heures où elle reste sur la terrasse. C'est sans aucun doute l'endroit où elle passe le plus de temps dans l'appartement de Neil. Celui qu'elle préfère. Que ce soit au soleil ou de nuit. Pourtant, quand quelques coups retentissent à la porte d'entrée, sa main retrouve immédiatement la crosse du revolver à barillet qu'il lui avait donné dans la voiture avant l'entrée dans son appartement et qui n'est jamais loin d'elle.

-Tu attends quelqu'un?
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Neil Flaherty
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MessageSujet: Re: Quand la soupape de sécurité saute .. et fait peter les plombs. (Siobhan)    Dim 17 Mar - 19:24

- Je ne te prends pour rien Siobhan et encore moins pour une pouliche.. défaut de langage qui l’emmena 5 ans plus tôt dans un souvenir le vrillant avec force .. il se reprend rapidement espérant sa faute oubliée par le flot de paroles dont il n'avait pas l'habitude. potiche une potiche. Non il y a 7 ans, tes problèmes étaient tout autre Siobhan, tu avais Catham pour faire barrage, tu m’avais moi, tu avais l’organisation, ici tu risques vraiment ta vie et jamais je ne permettrais qu’on puisse te blesser encore moins si c’est pour m’avoir comme tu sembles le croire.

Ils se défient à nouveau, encore comme un jeu qui n’a que trop duré et qui pourtant revient au pas de courses. Blessures assassines qui n’arrivent pas à fermer ce flots de douleurs éprouvées l’un envers l’autres, ils se font tellement mal, à croire que cela pourrait les sauver de l’amour qu’ils avaient éprouvé et rendre plus facile leur cohabitation, à moins que la facilité ne se situe dans l’éloignement définitif qu’ils semblaient vouloir pour ne plus souffrir de la présence l’un de l’autre et pourtant il ne voulait pas cela, ne plus avoir d’espoir avec elle était tellement peu envisageable, une mort en soi. Que serait-il sans son espoir ? Sans sa volonté d’être à ses côtés ? sans elle il avait survecu avec l’espoir un jour de lui reparler, mais si il n’avait meme plus cela, à quoi bon.

Le chaud, le froid se soufflent à tour de rôle, la drogue est un guide offert par Siobhan, un appui puissant dans lequel il veut s’abandonner, la piqûre est douloureuse, le geste en lui-même est cruellement horrible, son baiser est un pansement, ses murmures une douceur à laquelle il répond simplement dans le ton du secret aux lèvres effleurées – Nous réussirons ensemble, le croyait-il vraiment, non.. Mais il le voulait. Leur séparation est une déchirure. Il voit avec horreur dans son regard ce qu’il est devenu. Loin de l’homme qu’elle avait aimé, loin de la force qu’il avait été autrefois, il n’était rien de plus aujourd’hui qu’un vague déchet tentant de trouver une rédemption qu’il n’aurait jamais. Et putain que c’était dur à accepter dans le silence qui avait suivi leur séparation corporelle. Il croit que la rupture de ce silence lui permettra de rebondir, de cacher ce qu’il avait au plus profond de lui en retrouvant ses habitudes vindicatives. Elle a relevé son defi, et maintenant elle lui envoie en pleine tete qu’elle le croit quand il lui avoue son amour. Corps bouillant qui revit : Bordel elle le croit, elle ne le repousse pas, ne repousse pas l’idée. !! Son corps se detend avant de se crisper à nouveau. Il avait cru un apaisement mais c’était sans compter sur l’air glacial qui s’engouffra dans l’appartement avec le reste de sa phrase.

Il lui faut toute sa volonté pour ne pas s’effondrer devant elle, elle aurait surement été heureuse de voir qu’elle avait gagné sa joute, le brisant définitivement. Pire… Son amour est pire que tout. Cet amour irrationnel pour elle depuis sept ans était donc cela en son esprit ? C’était donc cela qu’elle pensait de lui, que son amour était une tare biaisée, une horreur dégoulinante de putridité ? Elle n’avait pas encore saisie les nuances dans ce qu’il lui disait. Baile n’avait surement jamais fait mention de l’incident survenu entre eux, et la façon dont Neil avait agi ? la rumeur du « pourquoi » était restée secrète pour Sio, pour Catham, et il était certain que Baile avait dû lancer sa propre rumeur sur ce qui s’était déroulé sur ce flic traitre à flinguer en tout premier parce qu’il avait trahi la cause, sans avouer que c’était lui-même qui avait été visé, sans avouer que Neil lui avait précisé qu’il partirait avec la rousse et son frère, les éloignant de sa putain d’influence néfaste.  Elle le repoussait, repoussait son amour ne trouvant à l’Irlandais aucune excuse pour son comportement, ni pour sa « trahison ». S’approchant à nouveau d’elle, il voulait caresser sa joue pour s’imprégner d’elle, mais le geste se refusa de lui-même restant comme une boule dans l’estomac, simplement le ton moins vindicatif, presque dépité par l'inconscience de ce qu'il avait toujours éprouvé.

- Tu te trompes, ton amour était amplement suffisant. Tu ne sais pas tout Siobhan. Catham n'aurait pas du être là, ca ne devait pas se passer comme ca.

Lui dire le reste ce soir ? Non ce n’était absolument pas le moment, elle avait été trop dure avec lui, et il ne saurait pas expliquer quoique ce soit dans son état, tous les deux emmurés dans ce qu’ils pensaient, dans leur colère et le refus de partager la vérité.  –Si ce n’était pas la pitié, un jour, tu m’écouteras alors. Peut-etre le fera- t-elle ? Ou refusera-t-elle, à savoir si lui aura le courage de jauger la force de son amour, et la force de sa vengeance qui lui était tombée dessus avant que tout ne dérape. Comment avait-il pu laisser sa haine être plus forte qu’eux ; agir sans réfléchir n’était pourtant pas sa façon d’etre, à croire que les plombs avaient définitivement sautés.

La soirée se finit ainsi, sans plus un mot, juste lui et sa bouteille, lui et sa solitude, il laisse sa rousse avec ses propres démons, lui meme en ayant assez pour remplir les enfers de sa vie, les mots de Siobhan  tournaient en son esprit alcoolisé, brisant les ailes d’un ange déchu aux élans fragilisés. Le lendemain fut identique, elle l’évite, il l’évite , rien de mieux pour éviter de penser à elle et tenter de se concentrer sur LE souci de leur survie. Plus le temps passe, plus il se dit qu’il devrait lui parler, essayer de développer ses idées, mais serait-elle réceptive à sa demande, et arriverait-il à supporter sa proximité après leur féroce soirée précédente. L’idée est laissée de coté alors qu’il entame un nouveau paquet de clopes et une nouvelle bouteille. La journée s’efface rapidement laissant la nuit faire ressurgir les démons de leurs souffrances, elle semble aussi affectée que lui, entendant ses pas dans le salon alors que la nuit est encore sombre, mais il ne sort pas pour aller l’aider, il ne le peut pas, ca sonnerait tellement faux venant de sa part, bien incapable de gérer sa propre vie. Enfin les 48h qui se terminent égrainant un compte à rebours mortel. La douche est un bien piètre répits,  sa chaleur ne réussit meme pas à calmer les tremblements d’un corps auquel il manque une partie essentielle. Peut-etre aussi un peu le manque de drogue .. mais il ne veut pas y penser. Il se sèche, revet son jean et sort de la douche happé avant d’avoir pu chercher un tee shirt ou une chemise. Le téléphone lui est balancé, et il écoute vaguement ses explications. Charisma les a contacté, vague sourire à l’évocation de son médecin et amie, surement l’une des rares qu’il puisse considérer comme telle. Il s’avance dans le salon pour prendre un débardeur mais la jeune rousse l’interrompt dans ses pensées de vêtements à mettre evoquant ses recherches et le temps dont il aurait besoin. S’affalant sur le fauteuil devant elle, il doit enfin lui avouer qu’il n’a pas de solutions, qu’il est impuissant, et pourtant elle lui offre son aide, sans discours âpre. La lèvre se mort, il acquiesce simplement.

- Oui, j’ai besoin de ton aide Siobhan, J’ai la tête dans le guidon, je fonce sans réflechir dans un putain de piège, et sincèrement je ne suis pas certain que cela t’aide. Si j'en étais totalement persuadé tu te serais retrouvée menottée ici sans pouvoir m'arreter. Depuis 5 ans j’ai pris l’habitude de prendre mes décisions seules, mais aujourd’hui tu es tout autant concernée.

Mais avant, avant nous devons parler d’autres choses, j’en ai marre de me taire. Tu m’as toujours dis que je ne parlais pas assez. Alors je vais te dire tout ce qui s’est passé à Belfast que tu veuilles l’entendre ou pas, que j’arrive ou non à te convaincre, moi ça me détruit depuis 5 ans, 5 ans où je me demande ce que j’aurai pu faire, avec tous ces « et si », et si je lui avais si la verité, et si je n’avais pas su qui était vraiment Baile, et si .. et si. Ca me tue Sio, ca me tue et que tu comprennes ou pas, que tu m’accordes ton pardon ou pas, il faut que je te parle. Ton amour était aussi puissant que tu peux te l’imaginer dans tes reves. Si je t’ai trahi toi .. toi et Catham c’était ... involontaire,  je t’aimais d’une telle force que j’allais tout lâcher, ce job de merde , flic, ira, emmerdes, tout pour rester avec vous, à une journée près, une simple journée nous serions encore ensemble toi et moi , Catham aurait pu être avec sa femme et sa gamine... Comme je te l’ai dit il n’aurait jamais du être là, il devait venir te chercher, mais je crois qu’il a vu que j’allais faire une connerie, alors il est venu à ce rendez-vous avec Baile, Baile tout est sa faute, j’en avais plus rien à foutre de l’IRA ... Baile c’est une vengeance, c’est MA vengeance il a ...

On cognait à la porte et déjà les explications étaient ravalées, oubliées pour faire face à ce danger nouveau,  laissant Neil se saisir de son arme en secouant la tete à sa question, personne ne venait jamais ici, encore moins après qu’il ait voulu se faire oublier, et indiqua en silence à Sio qui l’avait suivi arme au poing , d’aller dans la cuisine. L’arme pointée sur le judas, prêt à tirer qui voudrait tenter de forcer sa porte. La poignée émettait quelques refus de se tourner pour le visiteur impromptu, il allait tirer, vraiment sans voir qui était derrière et que lui importait, quand ..

- Neil ? tu es là ? Ouvres il fait froid dehors.

Cette voix, ce petit accent aux teintes d’orient était bien connu de l’irlandais, il retira son arme de la porte et regarda par l’œil de Judas pour voir la jolie et étrange Lya qui attendait en trépignant devant sa porte . Elle était seule, bien maquillée, frigorifiée. Non putain ce n’était pas le moment. Il n’y aurait que le silence pour lui répondre, si Sio ne trahissait pas leur présence, lui ne ferait aucun bruit et la jolie brune repartirait aussi vite qu’elle était arrivée, elle n’était pas le genre de femme à attendre ad vitam devant une porte close. Haussant déjà la voix stridenteNeilll il y a ta voiture en bas je sais que tu es là, ouvres où j’hurle et je te jure que le quartier va savoir que je suis là et que …

Putain ! La porte est déverrouillée rapidement interrompant ses menaces d’alerter tout le quartier, il la tira dans l’appart par le poignet sans ménagement, sans un mot, et sans s’en faire prier la jolie asiatique lui tomba dans les bras un peu trop facilement feignant de tomber lourdement pour qu’il l’a rattrape. Ses bras entourant le corps masculin en fronçant les sourcils voyant les bleus à son visage qui commençaient à disparaitre mais encore assez visible pour elle.Ouhhh tu es passée sous un camion l’Irlandais ou quelqu’un a réussi à te casser la gueule? Provocation dont elle savait la finalité. Elle la désirait violente autant qu’elle désirait ce corps irlandais à moitié nu encore frais d’une douche à peine finie. Il avait pété un plomb la dernière fois qu’elle l’avait vu, mais jamais elle ne regretterait au contraire, elle en redemandait. Et elle le pousserait à bout encore plus, ayant vu son visage réel derrière son langage d’indifférence.

- Ly, mignon petit diminutif qu’il n’avait jamais sans doute utilisé  ce n'est pas le moment,  vraiment pas.
- Ah oui ? Laisses moi te faire changer d’avis, sa main est plaquée sur son pantalon avant que minaudant d’une petite voix alors qu’elle s’écarte de lui , se reculant dans le couloir en gardant son regard fixé sur lui pour ouvrir son leger manteau de mi-saison et de le faire glisser au sol laissant apparaitre un corps blanc quasi immaculé sauf quelques traces au cou, mais Nue, nue avec de hauts talons. - Ce n’est toujours pas le moment ?

Cette vision était un ravissement, Lya est une belle femme au corps fin, légèrement musclé, et surement s’il avait été seul il se serait plongé corps et âme dans cette offrande corporelle promettant quelques heures de sexe purement violent. Il aimait bien l’asiat pour ce qu’elle lui offrait en sexe et en violence, elle n’était pas emmerdante pour deux sous, étrange mais pas emmerdante. Mais non. Pas aujourd’hui, peut-etre pas demain  non plus. Son regard pouvait lui dire « désir », mais il se contenta de lui désigner la rousse qui avait apparu derrière elle.

- Oh .. non , non merde je ne savais pas que tu avais du monde

Précipitation à reprendre son manteau sur le sol et s’en entourer de nouveau, cachant une nudité quasi parfaite aux yeux d’une rousse armée. Gênée à premier abord, elle se recula presque dans les bras de Neil regardant la rousse – c’est qui elle ?
- C’est hum .. le regard de Neil se troubla un peu, mon ex ? la femme que j’aime ? celle qui m’a rendu aussi con ? .. une amie. Meilleure explication trouvée avant son café du matin.Il ne fallait pas trop lui en demander.
- Neil tu n’as aucun ami et encore moins des femmes. En tout cas si tu te la tape tu as baissé en gamme elle n’est pas vraiment ton style . Salut moi c’est Lya, Neil et moi on baise souvent ensemble et toi t’es qui ? sa conquete du moment ? Faut pas que tu te leurre chérie, il n’aime personne.

L'ambiance se tendait et nul doute que Sio allait réagir parce que PERSONNE n'insulte une Irlandaise, encore moins une Siobhan O'Sullivan .. d'ailleurs c'etait parti comme au bon vieux temps ! Ce n'est qu'après quelques minutes que Neil sortit de sa réserve s'interposant

- Ok, dis aurevoir Lya. La prenant sans ménagement par le bras, il ouvre la porte et la balance dehors vague signe de la main avant de refermer la porte sur son petit nez . Il n'avait pas besoin de ca en ce moment, son ex et sa maitresse qui se retrouvaient dans la meme pièce, l'ambiance etait déjà assez tendue comme ca.

- C’était.. Lya. Levres qui se muent en moue réprobatrice et un peu en style oups désolé je ne l’avais pas vu venir celle là, cette fille complètement tarée avec laquelle il couchait, décidément ses choix n’étaient pas terribles en ce moment, il avait repoussé Sio et pas Lya avant ? Neil faut vraiment arrêter le whisky ! Se rendant dans la cuisine pour prendre son café tant attendu sans lequel il pouvait être encore plus invivable, pourtant ce n'est pas le café, le bazard dans sa cuisine mais un element qui manquent qui le glace.

- Ma photo, ou est ma photo. Non, pas ca. * se mettant à genoux il regarda sous le frigo, sous la table, non non pas ca, pas ca c’est le dernier signe d’eux, non il ne faut pas, où est-elle où .. Et puis la peur se fait évidence en se relevant pour aller saisir Sio par l’épaule à défaut de son cou

- Rends là moi, tu n’as pas le droit de me prendre ca ! , tu me la rends de suite Siobhan, je te jure si tu l’as abimé je te .. Tue ? oui il en serait capable, .. peut-etre. Pour une autre personne il n’aurait pas hésité un seul instant. Pour elle il ne savait pas, sa main s’ouvrit légèrement relâchant la pression qu’il avait fait courir sur ce corps dejà bien maltraité - S’il te plait. La voix venait de perdre 10 intonations d’autorité – rends la moi c’est la seule chose qu’il me reste de Nous alors rends la moi, tu peux croire que je ne t’ai pas assez aimé , tu peux me frapper, me haïr, mais ne me fait pas ca, ne me retire pas ca je t’en prie.Fallait-il se mettre à genoux qu'il le ferait, la supplier encore il le ferait, mais qu'elle lui rende l'une des dernières preuves qu'il avait vraiment vecu ce bonheur avec elle.
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MessageSujet: Re: Quand la soupape de sécurité saute .. et fait peter les plombs. (Siobhan)    Lun 18 Mar - 18:48

Durant ces trop longues heures de vide, d'absence de confrontation, de colère retombée, au moins un peu, Siobhan a eu le temps de reflechir. A vrai dire, elle n'a pas fait grand chose d'autres. Regarder la télé lui semble d'une telle futilité que cela ne lui traverse pas l'esprit. Et discuter avec Neil serait une erreur. Ils ne sont pas encore prêt. Ils sont deux fantomes qui cohabitent. Tant bien que mal. Si ils partagent parfois un repas ensemble, c'est rare. Extrement rare. L'appetit a totalement deserté l'Irlandaise, elle compense avec du café. Trop de café. Elle ne boit pas, très peu. La jeune femme ne peut boire seule. A toujours detesté ça. Ces dernieres semaines de trop d'alcool n'étaient possible que parce qu'elle sortait. Accompagné de cocaine et d'autant de mec de passage. Le plus possible, dans les endroits les plus selects aux plus glauques. Là, tous les débordements étaient autorisés. Reproduire ces schémas, maintenant? Une hérésie.

Non. Elle est seule avec ses pensées. Les paroles de Neil lui donnent le vague espoir qu'il ne prendra aucune décision drastique, sans en avoir la plus infime certitude. Bien sur qu'elle risque sa vie. L'irlandaise n'a aucun doute à ce sujet. L'avertissement a été suffisament sévère pour qu'elle en tienne compte. C'est la raison principale pour laquelle elle accepte de rester enfermer entre les quatre murs de l'appartement de son ancien compagnon. Son laspsus ne lui a pas échappé, sans le désir de le relever. A quoi bon. Souvenir d'un instant sortilège rayé par la réalité qui a repris le dessus quelques années plus tard. L'acceptation que l'amour qu'il avait pour elle était sincère et non un jeu d'illusion créer pour les besoins de son infiltration au sein de l'Ira est d'une amertume qui ne la quitte pas. La solidité de leur couple n'était qu'un chateau de sable balayé par une marée un peu plus sauvage que les précédentes. Ils n'ont pas resistés. Ils n'ont pas resistés aux exigences de sa plaque. Considérer son amour encore présent est plus... compliqué. Ils agissent l'un envers l'autre avec une telle cruauté que Siobhan ne sait pas à quoi s'en tenir. Et il l'a repoussé. Il a choisi de mettre fin à cette esquisse d'étreinte qui s'offrait à eux, certes trop violente, trop exigeante. Mais entre eux. Avec lui. Effaçant de sa peau les mains immondes des hommes d'O'Maley et ce qu'ils allaient assouvir sur elle. Connerie hypocrite! Cela n'aurait été pas la première fois qu'ils auraient eu des rapports agressifs et brutaux! Et elle était loin de s'en plaindre, prenant parfois un malin plaisir à les provoquer! Sauf.. que derrière ces débordements charnels, la passion qu'ils avaient l'un pour l'autre était toujours présente en filigrane. Ce qui n'était pas le cas ce soir là, ou de manière bien trop altérée.


Ce qui est certain, c'est qu'elle n'a pas le courage d'admettre à voix haute qu'elle est encore amoureuse de lui et qu'elle l'a probablement toujours été.  Cela compliquerait trop de chose. Beaucoup trop. Mais l'écouter? Oui. Elle lui doit au moins cela. Elle se doit au moins cela à elle aussi. Pourtant, Siobhan n'a pas envie que la situation entre soit encore plus inextricable. Et se remettre en couple, en effacant ces cinq ans? Non. C'est trop lui demander. Cette simple perspective lui vrille le ventre à lui en donner la nausée. Non. Il leur faut se concentrer sur le moyen de rappeler le chien d'O'donaigh en Irlande. Plus que jamais, elle est persuadée que cela ne peut arriver qu'avec une discussion à peu près franche avec Baile. Neil est trop têtu. Il n'acceptera jamais. Attendre la fin des quarante huit heure et relancer le sujet. Si possible sans hargne.


La pensée d'Oliver ne lui offre pas d'avantage de repit. Que ce soit les instants de leur liaison, les quelques jours passés ensemble à Washington et l'arrivée totalement innatendue de son petit frère, Harlan. Cet éloignement sans heurt, presque tacite. Modelée, Siobhan le perçoit maintenant que trop clairement, par leur volonté commune de ne pas Risquer. De ne rien Risquer l'un pour l'autre, de peur d'abimer l'autre et soit meme. Leurs retrouvaillles bien trop cinglantes lors de l'inauguration de la nouvelle exposition du Musée pour trouver son appocalypse quelques nuits plus tard. Si elle arrivait à se sortir ce baiser de la tête! Les lettres. Qui dessinnent... autre chose. Une vérité plus douce. Une sincérité dont ils n'ont jamais su faire preuve l'un envers l'autre. Quinze fois, elle a failli récupérer un des trois burners qui dort sur le comptoir. Juste pour l'appeler. Juste pour entendre sa voix. Et lui dire quoi? Le contaminer avec la violence et la laideur de passé retrouvé? NON. Jamais.  

Elle ne peut pas dormir. N'y arrive pas.  Pas la nuit en tout cas. Plusieurs fois, elle a failli demander à Neil si il avait de quoi rouler un joint ou deux. Sauf qu'après l'avoir vu hors de controle avec l'héroine, Siobhan ne peut pas s'y résoudre. C'est déjà elle qui a introduit la poudre, amener la question de l'herbe sur le tapis lui fait craindre d'autres débordements. Elle refuse d'être celle qui va nourir plus encore ses addiction. Sans compter le nombre de cadavre de bouteilles qui ne cessent d'augmenter. Il est en train de s'empoisoner.Et Siobhan commence à entrevoir ses limites sur ce sujet. Elle sent qu'il ne faudra que peu de choses pour qu'elle laisse libre court  à ce qu'elle ressent sur ce sujet et n'a aucune certitude sur sa  capacité à le faire dans le calme. Ils sont pris dans une farandole démoniaque et ce n'est pas d'avoir découvert leur photo de fiancaille qui améliore les choses.


Quand il sort de la douche, c'est un sourire qui fleurit malgré elle. La jeune femme hésite à lui rappeler de passer un tee-shirt et décide de ne rien en faire. Malgré les bleus et les contusions qui le couvrent encore, elle aime la manière dont ses muscles jouent sous sa peau, la manière dont son ventre est ciselé, encore défiguré par le pansement qui recouvre sa blessure. Au moins elle pourra dire à Charis' que sa blessure est saine. Elle devrait probablement modérer ses regards. Mais n'en a pas envie. L'attirance qu'elle ressent pour lui n'a jamais été que physique, mais elle a toujours été aussi physique. Elle aime son corps autant que le reste. Ce n'est pas comme si la sylphide allait le toucher. Il y a peu de risque! Et si la manière dont ses prunelles s'attardent le dérange, il saura largement le lui faire comprendre. Siobhan finit par prendre place dans un fauteuil non lui de lui et il se place en miroir d'elle. Elle finit par lui proposer son aide. Sincèrement. Parce qu'elle sent que seuls, ils n'arriveront à rien. Il peut sentir que ses épaules se decrispent quand il accepte. Vague de soulagement. Sourire plus léger. Moins contraint.

-Si ton idée de génie était de te rendre à Baile, je t'ai déjà dit ce que j'en pensais. Plein de fois. Et je peux le faire encore pendant des heures tu sais.
-Il peut sentir l'amusement qui danse dans sa voix à ce qu'elle énonnce avant que son sérieux ne revienne.-  Est ce que tu ne veux vraiment pas considérer que je l'appelle, avec toi qui écoute tout ce qui se dit? Et....


Elle n'a pas le temps de poursuivre sur le sujet de Catham. De lui demander si il a  une idée pour qu'elle puisse le contacter dans une sécurité relative qu'il se penche vers elle et la prend totalement par surprise. La jeune femme se tait. Ses prunelles croisent les siennes et c'est un hochement de tête qu'elle lui adresse. Juste ca. C'est le moment qu'il a choisit pour s'ouvrir réellement sur les motivations qui étaient les siennes. Ils ont besoin de crever cet abscès pour pouvoir avancer, que cela soit ensemble ou non. Siobhan a du mal à suivre le  rythme des paroles de Neil. C'est décousu, instinctif. Il manque trop d'éléments. Mais... Ils avaient discutés ensemble, plusieurs fois, de la possibilité pour Catham et Neil de quitter l'Ira. Niamh, la compagne de Catham était enceinte à l'époque et la condition sine qua none pour avoir cet enfant avec Catham etait qu'il abandonne ses activités les plus criminelles. Neil avait accepté aussi, peu avant sa demande en mariage. Ou peu après? Elle ne sait plus. Son crane s'enfonce dans le fauteuil. Il ne lui avait pas menti sur ce point! Ils étaient vraiment en train de négocier une sortie. Baile? Il y a toujours eu entre eux une puissante inimité, c'est certain. Mais Baile est quasiement intouchable! Sa vengeance? Vengeance pour quoi? pour qui? Siobhan retient un grondement sourd lorsque des coups résonnent à la porte. Elle aime pas le petit revolver qu'il lui a passé mais c'est mieux que rien. Son glock repose quelque part avec les cadavres des hommes d'O'Maley. Avec ses épingles d'acier!  Elle gromelle

-Si un jour tu veux me faire plaisir, offre moi un nouveau glock! Le mien me manque!

Mais la plaisanterie- ou pas- meurt sur ses lèvres. Il n'attend personne. Elle se relève immédiatement et le laisse passer devant. Siobhan se place hors de vue mais de manière à le couvrir si il y a besoin d'une seconde ligne de feu. La voix féminine qui retentit n'a pas des accents franchement terrifiants. La rousse se tait. C'est la décision de Neil, pas la sienne. Finalement, il décide d'ouvrir la porte, sans doute sur les menaces de rameuter  le quartier énoncées par la gonzesse. Siobhan finit par s'avancer dans le couloir. Si elle n'a pas vu la main baladeuse de l'asiatique, elle a une position parfaite sur son dos nu et ses fesses tremoussantes. Sous un signe de son amant, elle se retourne pour faire face à la rousse qui pose son arme. Et qui est prise d'un véritable fou rire à la vue de l'asiatique. Son rire est irrepressible et elle finit par le calmer en portant sa main gauche à ses lèvres. Ses prunelles dansent encore d'hillarité mal contenue, en la voyant se coller pratiquement dans les bras de l'Irlandais. Elle aurait peut être tenu sa langue. Avant de jeter un regard d'avertissement à Neil. Une amie? Très mauvais choix. - Tu as raison, je ne suis pas son amie. Je suis son ex fiancée. Mais visiblement, sa présence déplait  un peu trop à la jeune femme. Le sourire de Siobhan change de nature. Il devient bien plus mauvais et insultant.

-Il te manque juste les bas resilles et le porte jaretelle, pour être un cliché ambulant! Mais je suppose que même les prostituées de bas étages doivent faire des efforts de temps en temps.

Elle croise les bras et la détaille sans la moindre pitié. Elle n'aurait peut être du la chercher. Pas en ce moment. Lya devient un exutoire et elle n'a aucune envie de se retenir. -Ho non, je te rassure, il n'a pas changé de gamme, crois moi. Il a toujours eu un faible pour le facile et le cheap. Tu es l'incarnation parfaite de ce  genre de... le  genre qu'il aime se taper quand il a pas envie de faire le moindre effort avec une femme.  Son sourire s'agrandit et se teinte d'une fausse compassion. Mais son regard est devenu meurtrier. - Au moins tu sais où tu te situe. Ne t'inquiète pas, "chérie", d'ici quelques jours ou quelques semaines, tu pourra reprendre bien tranquillement tes relations tarifées. Tu saura patienter?


Neil la fait sortir avant que iIobhan ne puisse réellement la crucifier. Il tente une vague explication. Et il aurait mieux fait de se taire totalement. Elle décroise les bras et sa voix est d'un calme délicieusement parfait alors qu'elle lui lance une flèche d'une perfidie absolue. - Tu peux sortir pour aller te la taper si tu en as envie. Je bouge pas d'ici. Elle  a moins raison sur un point. C'est le genre de femme  avec qui tu préféres faire l'amour en ce moment visiblement. -Okayyyy non. Elle a pas du tout digéré qu'il la repousse en fait! Et que sa maitresse se pointe en prime? -Je suppose que je dois m'estimer heureuse de ne pas t'avoir retrouvé pendue à ses lèvres. -Son timbre a oscillé entre une glace polaire et un vacillement douloureux. Et là... elle est totalement injuste avec Neil. Il prend pour Oliver, sans qu'il ne puisse en avoir la moindre idée.  Surtout qu'elle n'a absolument aucun droit de lui faire ce genre de remarque. Il n'a jamais été du genre chaste et Siobhan le sait parfaitement. Et son propre comportement de ces dernières semaines est plus que défaillant.

Il se détourne pour aller boire un café et elle allait sortir fumer une cigarette sur la terasse quand il surgit devant elle. Il l'attrape par l'épaule avec bien trop de force et son flanc ploie contre lui quand il appuie sur le nerf qui se trouve à la base du cou. Lui arrachant un grognement de douleur. -Lache moi! Tu me fais mal! Neil! Tu me fais MAL! - Il lui faut quelques secondes pour comprendre de quoi il parle et le spectacle qu'il offre de lui même est... Siobhan hésite entre l'horreur et l'écoeurement. Mais qu'est ce qu'il lui prend! Qu'est ce qu'il est en train de devenir?  Dès qu'il la libère, elle file dans sa chambre et revient avec le précieux rectangle de papier glacé. Elle le plaque contre son torse. Dès qu'il la récupère, elle se détourne. La jeune femme attrape les deux premières bouteilles qui lui tombent sous la main, encore à moitié pleine et les fracasses dans l'évier avec une violence qui explose sans le moindre filtre. Elle en vide les contenus dans les bacs, sans même remarquer qu'elle vient de se couper salement sur les eclats de verre au moment où elle met les corps décimés dans la poubelle. Elle tremble. Elle ignore si c'est de rage ou de despoir de le contempler aussi détruit.

-Neil! Ca suffit! Ca suffit putain! Tu te rends compte à quel point tu es en train de lacher prise?! A quel point... .A quel point tu es méconnaissable?! Tu étais sur le point de t'avilir pour une PHOTO! Mais qu'est ce qui se passe dans ton crâne?!  Je suis tombée amoureuse d'un homme arrogant, un connard accariatre, pas quelqu'un qui se plait tellement dans l'auto-appitoiement qu'il en devient une loque. Je ne peux pas. JE NE PEUX PAS assister à ca. Tu as le choix, mo ghrá. Soit tu veux continuer à boire, à te shooter et à... à -Siobhan sent qu'elle est sur le point de se mettre à pleurer tant elle ne peut accepter une telle déchéance de sa part - A te suicider lentement, mais dans ce cas, je m'en vais. Je trouverai un moyen de gérer Baile seule, mais je ne serais pas le témoin de ce que tu t'infliges, je t'aime trop pour ca. ou pas assez, comme tu veux. Soit... Soit tu basardes toutes les bouteilles qui sont dans l'appartement. TOUTES. Je ne veux plus une goutte d'alcool ici. Et tu me rejoins sur la terrasse une fois que c'est fait pour répondre enfin à une question très simple : Qui es tu? Qui était Liam et qui est Neil. Je te promet de t'écouter. Jusqu'au bout. D'agir avec toi pour contrer l'Ira. Tá an rogha agat. Fágaim an rogha duit.*tu as le choix. Je te laisses le choix. -Elle ne se rend même pas compte qu'à un moment donné, elle a perdu le combat contre ses larmes, qui dévalent sans s'arreter. Sans un sanglot. Chagrin trop silencieux pour ce genre de crise théatrales.
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Neil Flaherty
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MessageSujet: Re: Quand la soupape de sécurité saute .. et fait peter les plombs. (Siobhan)    Hier à 20:54

Le face à face entre Lya et Siobhan lui rappelait vaguement leur première rencontre où Fiona était venu tortiller des fesses devant Neil pour blesser la jeune rousse qui ne s’était pas laissé démonter. Il ne soufflait plus un mot après que Sio ait reprit la main en lui lançant un regard sombre aux termes de Ex fiancée, oui bon elle était aussi ça, mais s’il l’avait dit n’aurait-elle pas trouvé quelque chose à redire sur cette appartenance à un passé commun?  Fille facile Lya ? Ouais pas faux, sauf qu’elle ne se faisait pas tarifer mis à part en  brutalité. Et ça gueule, ça hurle coté Maitresse perdant calme face à une rousse qui ne se répartissait pas de son sourire narquois. Ce qu’elle pouvait être énervante quand elle faisait ça, qu’est-ce qu’il aimait quand elle faisait ça. C’était bien la femme qu’il avait aimé.

-Fiancée ? Alors t’es encore plus conne que tu en as l’air, tu crois que Neil voudrait se marier avec toi, il aime la baise, mais regardes toi tu ne ressembles à rien, j’suis sure qu’il n’a meme pas voulu de toi, et si t’es venue ici pour le récupérer faudra que tu sortes l’artillerie lourde la rousse parce que je ne te laisserais pas le reprendre. Haussement de sourcil de l’Irlandais depuis quand il était sa propriété ? Sio n’a pas besoin de lui pour se défendre, c’est meme tout l’inverse, elle s’impose et en impose face à la petite chinoise qui est remontée comme un coucou suisse de s’etre faite non seulement rejetée mais en plus de voir Neil avec une autre non ça ne lui allait pas alors qu’entre eux c’est juste partie de jambes en l’air violente.  

Enfin, et avant que ça ne dégénère en guerre des tranchées, qu’ils se fassent remarquer par les voisins, il la saisit par le bras la faisant sortir, et surtout espérant s’en sortir, laissant une Lya tapant à la porte avant que le silence se ne fasse quand la voix s’éloigna en hurlant. Tranquille. Débarrassé ! Mais Siobhan reprit son attaque contre lui, bien plus véhémente qu’une femme indifférente aurait pu le faire. Peut-être que même sa pique l’avait amusé sur l’instant, once de jalousie ou once de supériorité, il n’aurait su les distinguer en cet instant. Mais même si la réponse se ferait cinglante il avait apprécié sa fine jalousie.

- Hum attends,  je rêve là, tu es en train de me faire une scène là ? Tu oses me juger ?  Tu te fais tringler dans des night-club par le premier venu et tu oses à moi, me reprocher que je me tape des putes chez moi ? Si j’avais envie de la rejoindre et de la baiser, crois moi je l’aurais fait, si j’avais eu envie de la défendre je l’aurai fait aussi, et ce n’est pas moi qui serait sorti de l’appart mais toi, parce qu’on est chez moi ici. Mais non, déjà je n’en ai pas envie si je voulais du sexe et du hard,  je ne t’aurai pas repoussé la nuit précédente, et ce n’est pas avec elle que je ferais l’amour comme nous faisions avant, elle n’est rien de plus qu’un dévidoir, et saches que j’ai d’autres priorités comme te sauver la vie par exemple. Alors tu me lâches avec Lya, tu ne m’emmerdes pas avec celles au pluriel que je baise et moi je te laisse tranquille sur ce sujet aussi.

La véhémence n'est pas tout à fait feinte, si lui déconne, elle aussi et il est temps de la mettre face à ses responsabilités, avant que l'ascenseur émotionnel l’anéantisse. Sa photo, sa photo disparue, l’inacceptable perte à laquelle il ne pourrait faire face. Il a pu sauver cette photo, son alliance, et une clé usb de leur périple en Irlande avec Catham et Niamh, et même le bout de Thèse que Siobhan ne voulait pas finir préférant rester au creux de ses bras malgré l’insistance de l’irlandais à ce qu’elle reprenne ses études. C’était là tout ce qui lui restait de deux ans de bonheur. Il s’est abaissé, il l’aurait fait encore plus si elle avait voulu, à genoux. Neil Flaherty à genoux !
Elle a raison d’hurler contre lui, elle a raison d’en avoir marre de lui, elle a tellement raison. Ses mots sont déchainés, douloureux à entendre, coup de poignards en plein cœur, brisant tout ce qu’il avait construit en sable autour de lui. Sa tempête frénétique à vouloir le remettre sur pied balayait tout. C’était trop pour lui, il n’avait rien à répondre, absolument rien.  Il aurait voulu  la consoler, lui dire qu’elle se trompait, que ce n’était qu’une image qu’il voulait donner pour faire croire qu’il est devenu faible, mais il ne peut pas, n’arrive pas à faire un geste vers elle quand elle part sur la terrasse en pleurs silencieux pire que des cris stridents auxquels il pourrait répondre par d’autres cris.  

Le dos au frigo, il se laisse glisser assis au sol sale de sa cuisine, respiration saccadée par sa peur panique d’avoir perdu la seule photo originale qu’il avait chez lui, mais aussi par sa putain de réalité qui lui revient en pleine tête. Cette réalité qui lui fait ouvrir les yeux sur ce déchet humain qu’il est devenu. L’alcool, la drogue, les shoots, les cachets, sa solitude, sa vie, il n’a fait aucun effort, aucun depuis le départ de Siobhan se laissant entrainer dans une spirale descendante toujours plus profonde, a-t-il enfin touché le fond, ne peut-il que remonter ? Il n’en savait fichtre rien. Tant d’années perdues dans sa déchéance, est-ce que l’on peut trouver le salut comme cela d’un claquement de doigt. Durant de longues minutes, il reste sans bouger, pétrifié dans sa propre vision, de ce corps tuméfié qui était pétris de douleurs, de manques, pétrifié d’avoir vu ce regard noisette perdre le dernier éclat qu’elle pouvait avoir dans des larmes de colère et de tristesse face à ce qu’il était devenu, pétrifié face à ses mots. A croire que Neil n’avait pas survécu à Dublin et au départ d’une Flamme. Enfin un soupir, souffle vaguement renouvelé, se relevant, laissant cadavre de bouteilles dans l’évier et partant dans la salle de bain pour trouver sa boite de premier secours afin de  se rendant sur la terrasse où la jeune femme attendait un signe de lui, pissant le sang à cause de la bouteille.  

Posant la boite de premier secours un peu vieillotte sur la chaise de bain de soleil, il s’assoit  sur le rebord, faisant face à la rousse. Il ne dit rien, n’exprime rien. Sa main se fait plus douce en saisissant celle de Siobhan et la retournant, son pouce effleurant le haut de sa paume avant s’en poser le dos sur son genou replié. Une compresse est prise,  il nettoie un peu le sang qui s’échappe en une ligne profonde mais pas assez pour avoir touché un nerf, le moment était-il venu de parler ? De lui dire ce qui s’était déroulé depuis leurs rencontres, voir avant ? Qui était Liam ? Qui est Neil ? La question est posée, il lui faut quelques instants pour se remémorer ce passé qu’il avait voulu oublier durant si longtemps, recommencer sa vie du début.  Où chercher qui il avait été. C’était si complexe, il n’avait jamais voulu se replonger dans sa vie d’antan, et pourtant c’était essentiel pour lui, pour elle. Sa lèvre se mord avant d’inspirer et commencer à parler. Pas d’intonation particulière, pas de cris, une voix posée et calmée faite pour conter une histoire depuis longtemps dépassée.


-Tu te souviens le petit bar rouge très flashy que nous avions visité dans ce village Kilkenny juste après nos fiançailles ?  Tu l’avais trouvé horrible avec ces couleurs. Je suis né dans la chambre juste au-dessus, on habitait là avec ma mère pendant * levant les yeux au ciel réfléchissant à la durée qui lui avait paru interminable gamin qui voulait voir la grande ville * - 7 ou 8 ans. Liam elle adorait ce prénom en  mère typiquement irlandaise, mon père était un britannique qui l’a lourdé quand il a appris qu’elle était enceinte,  je ne suis même pas un vrai irlandais c’est ironique non ?  * sa phrase se termine par un léger sourire, décidemment même cela il n’était rien qu’un batard, continuant à soigner sa main en parlant sans remord, sans regret*-  traitre irlandais pour les anglais, traitre anglais pour les irlandais, dès le debut c’était biaisé pour moi.

- Quand j’ai eu 8 ans, mon « père » a bien voulu me rencontrer, et nous a accueilli chez lui, avec sa nouvelle famille, mais j’étais de trop dans sa nouvelle vie, déjà trop en colère pour un gamin de mon âge , trop distant pour ce paternel qui désirait un fils obéissant, petit chien servile à ses ordres, après coups de ceintures, de cravaches, il nous a foutu dehors au bout d’une année à peu près et depuis je ne l’ai pas revu, enfin si une fois au coin d’une rue, il ne m’a pas reconnu et je ne me suis pas montré à lui. On est revenu en Irlande pas loin de Belfast. Ma mère était serveuse, moi j’étais le petit con du coin, voyou au devenir incertain. On s’en sortait comme ça, elle honnetement et moi faisant les mauvais coups du quartier ; mais plus je grandissais, plus je lui en voulais à elle de m’avoir pondu dans ce pays, dans cette pauvreté, d’avoir fait de moi ce batard sans patrie, sans père.

- L’adolescence n’a rien arrangé j’étais pire que tout, la rue m’avait forgé, le manque d’une autorité aussi, , je ne blâme pas le paternel ne te méprends pas, c’est juste que je faisais ma propre loi sans être limité. Ma mère n’arrivait plus à prendre l’ascendant sur moi, et ça aussi je lui faisais payer ce que je prenais pour de la  faiblesse. J’avais un peu plus de 15 ans quand on est parti à Dublin, je voulais absolument la dernière console à la mode parce que c’était comme ça, que j’avais décidé que… Même si on n’avait pas trop de fric, ma mère nous a pris une chambre à l’hôtel, et on a passé 3 jours là-bas. Bien sûr elle ne pouvait pas payer une console à 300£ alors un matin qu’elle voulait aller au marché, j’ai tellement gueulé sur elle, j’ai dit tant d’horreur qu’elle a quitté la chambre sans un mot et je m’en foutais vraiment. Elle allait encore subir ma colère en revenant, Je me suis mis à la fenêtre et je l’ai regardé partir, malgré tout je me disais que je devais la rattraper, m’excuser d’être le petit con de service, mais je ne l’ai pas fait, parce qu’un type comme moi ne s’excuse pas


Ce devait faire 25 / 30 minutes qu’elle était partie j’avais mis ma veste pour aller faire un tour, j’etais pire qu’un lion en cage tu me connais, et puis il a eu ce bruit, quelque chose d’intense et de brutal, les vitres ont explosé sous le souffle, j’ai même été projeté dans la chambre j’avais du verre partout un bout qui s’est figé dans mon arcade, tu sais cette petite cicatrice que laquelle tu m'interrogeais souvent. Une bombe venait d’exploser sur le marché. J’ai couru aussi vite que j’ai pu, il y avait des blessés partout de la crasse de la fumée, des morts .. et ce cratère qui a creusé sur 8 ou 10 mètres de profondeur la place fleurie de Dublin. Les flics arrivaient, les secours aussi, il y avait des cris, tellement de douleurs et une chaleur à faire fondre quiconque voudrait forcer le passage. Ce n’était qu’un brasier horrible, les gens hurlaient à l’intérieur . Si le souffle ne les avait pas tué, ce feu s'en chargerait. Je crois froissement de sourcil frissonnant à revivre cet instant comme s'il se déroulait devant lui- que je n'ai jamais vu quelque chose d'aussi horrible.

- Bien sur je n’ai pas retrouvé ma mère, c’était impossible, j'ai attendu, j'ai espéré; mais chaque fois que je fermais les yeux je la voyais m’implorer de l’aide en feu sur la place, mes nuits étaient .. enfin t’imagines. Souffle long, stressé, perdu avant de la regarder et retrouver un peu de courage à finir son récit. Et puis 3 jours après, j’étais toujours dans cette chambre d’hôtel, des flics ont frappé à la porte me disant qu’ils avaient retrouvé ma mère. Tu n’imagines pas le bonheur dans mes yeux face à leurs airs épuisés. J’ai vite compris que .. * il secoua la tete haussant vaguement les epaules* - Tu sais ce qu’ils avaient retrouvé ? un bras, un putain de bras cramé, comment tu veux .. comment.... * Sa voix avait tressailli, et son regard posé sur sa main qu’il soignait toujours, s’était empli de tristesse avant de se reprendre à mesure que les mots s’écoulaient de ses lèvres en un flot qu'il n'arrivait plus à arrêter. Le souffle de tristesse file pour tenter de se reprendre *

- Je ne me souviens plus trop après, je sais qu’on .. a enterré ce bout d’elle et c’est là que Liam est mort avec elle, il était tellement abattu, tellement mortifié il n’aurait jamais pu survivre après ca. Les regards dans son village, cette pitié qu’on avait pour lui, non ça c’était encore plus dur que la mort elle meme. Neil était né à cette époque , promettant de la venger, dans 10 ans, 20 ans, peu importe. Ils ont pris ce jour-là 115 vies, 115 familles endeuillées, et des centaines de blessés, des vies brisées. Plus jamais je n’ai prononcé mon prénom, plus jamais le sien. C’est comme ça que je suis né. Ce n’est pas du tout un dédoublement de personnalité, ou autre connerie psychotique de ce genre, non c’est juste comme si je pouvais oublier tout ca en changeant de nom, ca marche parfois. Seulement parfois.

La voix se tait, tarissant le reste des mots pour lui laisser intégrer Liam, cet inconnu pourtant présent en lui, qui avait resurgi malgré le fait d’avoir voulu le faire taire à jamais. Il était revenu au moins pour les souvenirs de son enfance et repartirait dès qu’il continuerait son histoire. Siobhan l’avait laissé parler sans l’interrompre comme promis, début d’une confession rédemptrice. Liam avait été faible, mais surement moins que le Neil qui s’était détaché de tout.

La plaie est nettoyée, désinfectée, étrange coïncidence avec ses propres blessures dont il semble oublier la douleur en parlant avec elle. Siobhan a toujours été son appui, même quand il taisait ses douleurs, elle était là. Il lui avait dit beaucoup de choses dans leurs passés, confié bien trop Aujourd’hui il ressentait cette douceur à pouvoir s’exprimer avec elle en toute honnêteté, sans interdit, il soufflait enfin dans leur bulle à peu près retrouvée.  Un pansement est posé, il commence à bander la main.
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Siobhan O'Sullivan
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Siobhan O'Sullivan
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MessageSujet: Re: Quand la soupape de sécurité saute .. et fait peter les plombs. (Siobhan)    Aujourd'hui à 12:02

Siobhan, en toute sincérité, n'est pas réellement énervée. Ne ressent pas une vraie colère contre l'asiatique ou  l'idée qu'elle puisse coucher avec Neil. Si Lya n'avait pas montré les crocs la première, elle aurait peut être laissé passer la visite. Pour être franche, la confrontation amuse l'Irlandaise. Son sourire et sa posture contrastent suavement avec la colère bruyante de l'autre femme. Il n'y a qu'une fois ou deux où le lieutenant de l'Ira a vraiment regardé une autre femme qu'elle pendant qu'ils étaient ensemble, et ce n'était certainement ce genre de tramp'. Elle ne peut pas être enervée tant il n'y a rien qui puisse la faire hésiter sur la nature de son lien avec lui.  Ce qui ne signifie pas qu'elle apprécie la manière dont l'autre  se fait un malin plaisir à mettre en avant leur liaison. Qu'elle couche avec Neil est une chose. Le lui balancer de cette manière en est une autre et Siobhan n'apprécie que moyennement les images un peu trop précises qu'elle conjure. Petasse. Mais la chinoise lui offre soudain une telle ouverture qu'elle est incapable de resister à la tentation. Elle laisse un soupire lascif s'évader de ses lèvres et elle se penche à demi vers l'autre femme, dans un murmure de luxure parfaitement audible. Ses prunelles caramels se chargent du souvenir de voluptés passés, ne relâchant pas les iris charbonneux -A ton avis, poupée, ils viennent d'où mes bleus? Tu veux deviner qui a marqué Neil comme ca? -Neil qu'elle évite soigneusement de regarder. Non parce qu'elle a honte, mais parce que sinon, elle va éclater de rire, et ca fracasserait totalement l'effet qu'elle projette, il la connait trop bien pour être entraîné dans cette comédie. Elle a l'impression que c'est la première fois depuis plusieurs années qu'elle peut laisser s'exprimer cette partie bien garce de son caractère. Puis, elle reprend son sérieux, avant d'achever Lya, et cette fois son ton est absolument implacable. -Tu ne peux pas prendre ce qui ne t'as jamais appartenu, petite fille .

Il ne tarde pas à enjoindre sa maitresse à quitter les lieux. Ou plutot à le lui imposer manu militari. Les imprécations de l'asiatique sont perceptibles pendant encore quelques minutes. Minutes que Siobhan aurait du employer à se taire plutot que de retourner son venin sur Neil. Le retour de flamme est d'une exquise précision. Ses joues s'empourprent sous ses paroles. Malgré les taches de rousseur qui picorent son visage, sa carnation est albatre. Quand elle rougit.... Il n'y a nul part où se cacher, c'est bien trop perceptible. Siobhan a appris avec les années à maitriser  ce genre de réaction. Pas tout le temps, VISIBLEMENT. Elle ouvre la bouche pour répliquer. A lui demander si il  a pris son pied à mater, vu comme il a l'air renseigné! Non. Si elle continue dans cette veine, il va l'allumer avec bien trop de facilité. Et cela risque de dériver à court terme sur des sujets qu'elle n'a aucune envie d'aborder avec lui! Non. Cette fois, elle lui cède le terrain et préfère quitter le salon pour la terrasse.

Avant que l'impossible irlandais ne perde completement pied. Qu'il présente un visage de lui qu'elle ne peut accepter. Pas tolérer. Pas de lui. Jamais de lui. Elle a l'impression qu'en cinq ans, il a cherché par tous les moyens possibles à se détruire, à trancher des fragments de lui. Jusqu'à ce qu'il reste si peu qu'il en devenu méconnaissable. Que seules la colère et la rage lui permettent de préserver certaines facettes de celui qu'il était avec elle. La Sylphide se doute que l'abus d'alcool ne peut être le seul mal. Qu'il ne peut pas être tenu pour responsable de tout. Cependant, en quarante huit heures, la profondeur des griffes plantés en lui par ce besoin de  boire commence à lui aparaitre et elle a conscience qu'il ne s'agit que de la partie emmergée de l'iceberg.

Une partie d'elle  cède à cette réalisation et c'est un ultimatum sans échapatoire qu'elle lui impose. Pourtant, Siobhan sait qu'elle respectera sa décision. Si il ne supporte pas la perspective de commencer à se sevrer, d'essayer de se reconstruire, qu'il préfère continuer avec ses bequilles ambrées, il ne subira pas d'autres jugements de sa part. Pas d'autres critiques. Simplement, elle refuse d'être présente quand il finira sombrer définitivement. Elle s'enfuit presque sur la terrasse. Sa main la lance et elle finit par jeter un coup d'oeil sur sa paume. Retirant de ses ongles un éclat qui était resté figé. C'est pour ca qu'elle pleure de toute manière. Elle s'est coupée, c'est douloureux. C'est tout. Raisonnement enfantin. Elle ne s'aveugle pas à ce point. Quelques minutes plus tard, Neil la rejoint sous le soleil californien qui règne sur la terrasse, avec une trousse de secours sous le bras. Quand il s'assoit sur l'accoudoir de la chaise longue et tend la main vers elle, la rousse le rejoint, offrant sa paume comme il le lui demande silencieusement.

A sa première question, elle hoche la tête. Oui, bien sur qu'elle s'en souvient, il commence enfin à parler, se concentrant sur la fine plaie qu'il nettoie. Les propriétaires devaient adorer ces teintes parce qu'il était clair que la peinture était refaite régulièrement. Ses doigts se courbent un peu sous ses soins, non qu'il lui fait mal, mais de l'importance de qu'il dit. Elle ignorait totalement à ce moment là qu'ils se trouvaient sur son lieu de naissance. Sa main platrée se pose sur son épaule dénudée, caressant légèrement sa peau. Lui indiquant silencieusement qu'elle n'attache aucune importance à ce qu'il puisse être à demi anglais. Ce genre de considération ne lui a jamais importé, ne s'est jamais arrêté à cela, contrairement à bien d'autres de l'Organisation, portant en banière leurs origines Irlandaises pures souches. Cependant, Siobhan comprend aisement pourquoi il n'a jamais clamé son sang mélé. C'est plus difficile pour elle d'entendre sereinement les sevices infligés par un père violent. Son propre père n'était pas un parangon de douceur et il lui est arrivé de corriger ses deux enfants, parfois durement, mais ce n'était ni aveugle ni pour "redresser" leurs caractères.  Ce retour en Irlande n'a pas du être facile pour le préadolescent qu'il était. Et le tableau qu'il dresse de son attitude, déja indomptable, déjà farouche, pourrait la faire sourire si l'existence qu'il esquisse de ses mots n'avait pas été si douloureuse pour sa mère et lui.

Cette colère, du trop plein d'un sentiment d'injustice. La brutalité d'une adolescence tourmentée. Rien ne lui a été épargné et il n'a rien épargné non plus. Sa mère n'avait pas la force de lui imposer un cadre, pas après ses trop longues  heures de services. Dublin. Cette ville a toujours été ambivalente pour lui. La rousse a toujours pu sentir chez lui une reticence muette quand il s'agissait de passer un peu de temps sur place. Sa main se fait plus présente sur lui. Venant se poser à l'ombre de son cou courbé sur sa paume qu'il desinfecte. Et soudain... elle craint la suite de son récit. Parce que si il avait quinze, seize ans, à Dublin... Soit autour des années 1999 ou 2000.... 1999.... Elle continue à garder le silence mais son souffle s'est fait plus court, plus torturé.  5 mai 1999. L'un des attentat les plus meurtriers de l'Ira. Trois voitures piégées, disposées pour un maximum d'impact le jour du marché.  Il y avait la visite d'un des ministres des affaires étrangères anglais, il avait voulu faire passer quelques mois plus tôt elle ne sait plus quelle reforme sur le statut de l'irlande.  Esperant encore qu'elle se trompe. Qu'il n'y ait aucun lien avec cette tragédie meurtrière. Et il lui est tellement facile de visualiser ce Liam, entre l'enfance et l'adulte, pris entre son envie de retrouver sa mère et sa fierté. Entre l'envie d'un apaisement avec elle et son arrogance. Sa tête s'est abaissée vers celle de Neil. Ses lèvres à son front, sans le couper pour autant. Avant qu'il ne décime ce qui pouvait lui rester d'enfance. Et confirme les craintes lattentes de Siobhan. Il a subit le pire de ce que pouvait lui offrir l'Irlande du Nord. Sa joue contre le haut de son crane. Son bras autour de ses épaules. Elle ne peut d'avantage. Ne peut lui rendre ces années volées  et barbarisées. La rousse visualise très bien la cicatrice, a fait un jeu dans leur couple de lui attribuer les provenances les plus improbables. Lui se contentant de négations, parfois amusées, parfois non, sans rien préciser pour autant. Le tableau qu'il recrée pour ses yeux de la scène de l'explosion est d'une violence innomable. Et elle sait... elle sait très bien qui a été l'architecte de ce carnage. De ces morts civiles qui ont été errigées bien malgré elles en martyrs pour la Cause. Il ne pouvait rien faire. Impuissance face à cette scene de guerre au coeur d'une ville pourtant sereine. Comment aurait il pu jamais effacer de ses retines ces corps brutalisés et calcinés? L'odeur de sa memoire olfactive. Elle ressert son étreinte autour de lui quand il poursuit avec son attente. Avec le retour des policiers et leur immonde trouvaille. Deuil impossible. Neil... je ne savais pas. Bien sur, elle savait sa mère décédée, les causes en étaient floues, tout comme le père absent de sa vie. Mais Ca? Cette tragédie? Non.

Neil est né d'un drame insoutenable. Et ses paroles matinales prennent tout leur sens. Sa vengeance, la raison pour laquelle il voulait la tête d'O'Donaigh. Baile qui a gagné au lendemain de cet attentant ses galons dans l'Ira. Qui a atteind les plus hauts échelons de la hierarchie de l'Armée indépendantiste. Parce que dans ces 115 vies, celle du politicien anglais gisait dans les ruines. Siobhan comprend la logique qui a animé Liam à ce moment là. Ce besoin de s'écarter de cette  vie ensanglantée. Avant qu'il ne puisse bander sa paume, Siobhan la retire de ses mains. Elle est restée debout face à lui et attire son visage contre son ventre, caressant ses meches courtes. Elle ne peut pas parler. Pas encore. Le fantome de son adolescence brisée est encore trop présent. Au bout de plusieurs minutes, elle relève sa tête vers elle, effleurant sa lèvre de son pouce. Siobhan n'offrira ni excuse, ni pitié, mais une compassion sans limite. Elle finit par murmurer, d'une voix un peu rauque : Quel était le prénom de ta mère, Love? -Il lui semble essentiel de rendre à cette femme écorchée par la vie autant que son fils, au moins son identité. Même si c'est une seule fois. Juste entre eux. -Tu n'avais pas d'oncle ou de tante, de grands parents maternels qui auraient pu t'épauler et te soutenir?

Aussi disparate soit elle, aussi dysfonctionnelle qu'elle ait pu être, jusqu'à son départ d'Irlande, sa cellule familiaile était bien présente. Jamais Siobhan n'a connu une telle solitude, un tel isolement. Toutes les autres questions sur Liam peuvent attendre. Il lui faudra plus que quelques minutes pour réellement prendre conscience de ce qu'il a vécu. Et si c'est pour dire des platitudes, elle préfère le silence. Elle hésite. Enchainer directement, ou prendre dix minutes pour respirer. Mélant ses doigts aux siens, elle le guide vers l'intérieur. La sylphide n'a pas oublié la question de l'alcool, mais n'a pas envie de raviver le sujet juste là maintenant tout de suite. Plus tard. Ils ont besoin de cette confiance tacite entre eux. -Tu veux bien m'aider à préparer vite fait un petit dejeuner? On ne mange quasiement plus et c'est de la connerie. Nos corps ont tous les deux salement morflés et c'est pas comme cela qu'on va les aider à cicatriser. Ensuite, on retourne dehors et je continue à t'écouter. Si tu veux.

Siobhan reste persuadée qu'ils ont besoin d'en finir avec cette forteresse de silence maintenant. Mais elle ignore à quel point Neil est éprouvé. Elle refuse de le pousser d'avantage à bout. Elle le laisse sortir des oeufs et un peu de bacon. C'est pas avec sa main endolorie qu'elle va vraiment pouvoir lui être utile sur ce point pour l'instant. Heureusement la coupure reste assez légère. Deux mugs de café qui rejoignent la terrasse avant que Sio ne revienne dans la cuisine. Il peut toujours rever si il pense qu'elle va le laisser ajouter du whisky dedans. Plein de sucre à dispositions par contre! Elle s'adosse dans l'embrasure de la porte dans une posture qu'elle affectionne, l'observant oeuvrer avec les deux poeles. Si le poids de ses paroles pèse encore, elle ne peut nier apprécier de pouvoir le retrouver un peu, lui, loin de leurs querelles et de leurs blessures. Ho, elle n'a pas la naïveté de penser que tout est reglé, mais ces quelques minutes de temps moins apre, moins dur.... Siobhan ne peut pas les repousser, pas plus que ses prunelles navigant librement sur son profil et sur la ligne offerte de son torse alors que c'est presque pret. Siobhan rompt la distance et le rejoins à proximité des plaques. Du  bout de ses doigts, elle retrace,  légèrement, ho si legerement les frondaisons d'encre de l'arbre qui orne encore sa peau. Le geste est aussi doux que familier, ramenant vivement à sa memoire la harpe qui dort sur sa propre nuque. Deja, elle cesse, presque comme prise en faute. Elle était presque certaine qu'il l aurait fait disparaître. Ramenant un peu de distance entre eux, choisissant une pointe d'humour, comme pour alléger la portée de la caresse.Tu sais encore cuisiner des oeufs brouillés? - Un sourire clairement amusé dans sa voix. Une fois. Une seule fois il les a laissé cuire et cramer au point de les transformer en une espèce de mélasse cartonnée.

Pourtant, elle devine que la suite de ce qu'a lui dire sera tout aussi difficile à entendre que le début. Si ce n'est plus. Une grimace fugitive qui s'inscrit sur son visage alors que Neil s'écarte des plaques, une grande assiette remplie avec deux fourchettes. Gosh, comment peut elle se montrer aussi inamovible envers lui alors qu'elle n'est pas beaucoup plus vaillante? Le crucifier pour ses addictions quand elle doit lutter contre ses propres faiblesses. Son timbre manque d'assurance quand elle l'interpelle alors qu'il se dirigeait vers l'extérieur. -Neil... tu as un peu d'herbe ou pas? -Non. Elle ne parle pas de persil ou de basilic pour assaisonner les oeufs. - Je sais. C'est pas mal hypocrite de ma part après ce que je t'ai dit sur l'heroine et l'alcool.... Mais...

Un haussement d'épaule, alors que sa phrase reste inachevée. Siobhan n'est pas parfaite. Ne l'a jamais été. Et elle a toujours aimé fumer un peu de cannabis, d'avantage les feuilles séchées que la résine d'ailleurs. Ils ont régulièrement consumés ensemble, que ce soit pour le plaisir ou après des heures un peu trop prenante. Elle  en aime les effets, sans s'en sentir diminuée pour autant. Rouler par contre est une corvée systématique! Pour l'Irlandaise le choix est une évidence. Entre boire ou fumer un joint, l'herbe gagne à chaque fois. Parfois, elle s'agace elle même alors qu'elle retourne dehors pour prendre l'une des tasses de café encore brûlant. Elle s'avance de quelques pas vers la rambarde, posant ses coudes dessus, observant la ville qui s'étend en dessous. Tournant la tête vers lui quand il revient.
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