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 "I know I'll be coming home soon" | Ivy&Chip

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Chip Fletcher
Chip Fletcher
DATE D'INSCRIPTION : 09/03/2019
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MessageSujet: "I know I'll be coming home soon" | Ivy&Chip   Dim 10 Mar - 22:51




Ivy&Chip



- Chipits! Lève ta vieille carcasse de ce lit! Tu sors aujourd’hui!, avait poétisé le gardien de prison en frappant chacun des barreaux de ma cellule avec sa matraque.
- Chipotle sort aujourd’hui?, avait questionné un autre en criant presque pour être certain d’être entendu par tous les détenus de l’unité.
- On lui garde sa cellule prête pour la prochaine fois au Chipmunk?, avait ajouté un autre encore, se croyant probablement très drôle.

J’étirai mes longs membres en grognant comme un ours alors qu’on se moquait de mon prénom. Je pourrais vous dire que cela me mettait en colère, mais en vérité je m’en amusais presque autant que les gardiens-humoristes. Ces trois-là, je les aimais bien. Corrompus? Peut-être, je ne vous en dirai pas plus, mais ils m’étaient sympathiques et plutôt cléments lorsqu’il était question de me punir, d’une manière ou d’une autre, pour une émeute causée à la cafétéria ou pour une bagarre générale dans les aires communes. Je soupirai bruyamment et me donnai un élan pour me retrouver en position assise dans ce qui avait pour fonction d’être un lit. Le confort, ce n’est pas vraiment la réalité carcérale, mais on s’y adapte à la longue. Pendant quelques instants, je contemplai la cellule qui avait été la mienne pendant un peu plus d’une année. Nostalgique? Non, mais je savais qu’il y avait une part de vérité dans les plaisanteries des gardiens : nous allions probablement nous revoir plus tôt que je le voudrais.

Pour ceux et celles qui s’y connaissent un peu en matière de gang criminalisé, vous vous demandez certainement pour quelle raison je me retrouvais en tôle si souvent alors que se faire arrêter pour protéger les membres en règle d’un gang fait partie des joies d’être prospect? Eh bien, la réponse la plus simple est que j’ai toujours été le meilleur soldat des Road Keepers. J’éprouvais également une certaine satisfaction à casser moi-même les dents des néonazis de la prison; je n’avais pas oublié le traitement qu’ils m’avaient réservé, il y a plus de vingt ans, alors que je n’étais qu’un petit drogué qui vendait de la dope pour faire de l’argent.

En général, je ne passais jamais plus que quelques mois en dedans, mais cette fois-ci, disons tout simplement que je m’étais arrangé, involontairement ou pas, pour augmenter ma peine d’emprisonnement. À coup de mois, il y avait maintenant presque un an et demi que j’avais été emprisonné pour, ce qui était au début, une voie de fait. Le gars a qui j’avais cassé le nez (et quelques autres os) était ce genre de type qui rôde dans les parcs pour enfants. Je m’étais seulement un peu emporté et semblerait-il que cet homme n’avait rien à se reprocher. Une chose est certaine, l’envie de toucher un enfant ne lui passera jamais par la tête… Appelez-ça de la prévention.

Je pivotai sur ma couchette et posai mes pieds nus contre le sol froid de la cellule. Je me levai et me dirigeai vers la toilette qui se trouvait derrière une petite cloison permettant une certaine intimité et lâchai enfin la bombe qui m’avait fait tourner les entrailles pendant une partie de la nuit. Je fis ensuite ma toilette matinale au petit évier avant d’enfiler ma combinaison orange qui me donnait presque un joli teint. J’entendis mon voisin de cellule se plaindre de l’odeur que je répandais sur l’étage et je ne pus me retenir de rire à gorge déployée.

Quelques instants plus tard, un gardien revenait pour me libérer et ma cellule et me conduire au poste de sécurité où on me remettrait mes quelques effets personnels.


- Essaies de ne pas revenir tout de suite, Chip., avais murmuré certainement le plus vieux gardien de la prison au moment où il m’ouvrit la porte pour me faire sortir à l’extérieur du bâtiment carcéral.
- Tu sais bien que je finis toujours par m’ennuyer de vous…, avais-je dit avec un sourire sincère pour le bon gardien en lui donnant une légère tape sur l’épaule.
- Je prends ma retraite bientôt, j’aimerais mieux que nous allions prendre un café pour fêter ça, après mon dernier jour de travail, au lieu de te revoir ici…, m’avait alors proposé l’homme dont le regard se perdait au loin, à l’extérieur des dernières grilles. Elle est là depuis une heure…

Le sourire qui était demeuré accroché à mes lèvres s’effaça et je tournai les yeux dans la même direction que le regard du vieillard. Vieillard, on s’entend, les gardiens prenaient généralement leur retraite à soixante ans, sinon avant. Si travailler dans une prison est payant et permet à plusieurs de laisser libre cours à leur désir d’abus de pouvoir, ce n’est tout de même pas un milieu de travail très facile. Je le sais parce que je contribue moi-même à faire des quarts de travail des gardiens un enfer…

Je pourrais vous dire que la présence de la jeune femme qui m’attendait à ma sortie de prison, de l’autre côté des limites de celle-ci, me laissait totalement indifférent, mais ce serait certainement le plus gros mensonge de ma vie. À vrai dire, à cet instant précis, je du battre des cils rapidement pour faire sécher les larmes qui humidifiait mes yeux. Je me raclai la gorge et jetai un dernier regard au gardien de prison qui me salua de la tête avant de fermer la porte derrière moi. Je tirai sur ma veste aux couleurs du club pour me donner une certaine contenance et traversai les quelques mètres qui me séparaient de la dernière grille près de laquelle se trouvait un autre gardien pour me laisser sortir.

Vous vous demandez certainement quelle était l’identité de cette jeune femme qui réussissait à émouvoir le motard que je suis, n’est-ce pas? Non, pas mon épouse, ni une petite-amie. La jeune femme magnifique qui m’attendait, les bras croisés sur sa poitrine, c’est ma fille.

Mettons quelque chose au clair immédiatement : Ivy n’est pas ma fille biologique, mais je la considère comme telle et l’aime éperdument. Ai-je besoin de vous dire que si jamais vous osez lui faire le moindre mal vous risquez de ne plus jamais revoir la lumière du jour?

« À la prochaine, Chip! », avait lancé le gardien après avoir refermé la grille derrière moi; j’étais enfin libre. Quelques pas me séparaient encore de la jeune femme et je dois vous avouer que je n’en menais pas bien large. Dire que j’avais honte serait peut-être un peu exagéré, mais je m’en voulais, d’une certaine manière, de faire vivre ça à Ivy. Elle était toujours là. À chaque fois.

« Hey, Princesse! », avais-je dit en ouvrant les bras en m’approchant de ma fille. Je ne pouvais la forcer à venir se blottir dans mes bras, mais j’espérais que c’était ce qu’elle ferait. J’avais besoin de la serrer et de la bercer ne serait-ce que pour me réconforter moi-même.

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Ivy Sawyer
Admin péripatéticienne
Ivy Sawyer
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MessageSujet: Re: "I know I'll be coming home soon" | Ivy&Chip   Lun 11 Mar - 19:12

Il n’y avait jamais eu d’homme fixe dans sa vie. Bien sûr son père, son vrai père, avait bien tenter de montrer qu’il pouvait être une figure forte qui en impose jusqu’à ce qu’il se casse sans dire un mot alors qu’elle avait douze ans. Et la gamine a fini par haïr cette figure paternelle qui devrait sembler si normal de voir tous les soirs en rentrant de l’école ou encore tous les matins avant de partir, ça aurait dû être normal que ce soit sa mère qui prépare le déjeuner de ses deux filles, ça aurait dû être normal qu’elle soit apte à s’occuper de sa progéniture comme toute personne devrait le faire normalement. Putain normalement. Elle avait préféré boire, jouer, puis encore boire, ramener un mec de temps à autre quand elle pensait ses gamines agréablement endormie avec le ventre vide. Oui, Ivy avait détester devoir prendre le rôle de mère, d’être la maman de Maddy, d’être une figure autoritaire auprès de sa mère, elle lui en voulait terriblement de lui avoir donné cette adolescence. Mais un jour, ou plutôt un soir, c’est sur un autre mec qu’elle est tombée. Il était plus jeune que sa mère, il avait l’allure d’un tueur en série ? Ivy se souvient l’avoir vu en se levant le matin, se dirigeant vers la cuisine pour préparer le petit déjeuner de sa sœur comme elle le faisait toujours pour qu’elle ne se sente pas abandonnée. Elle l’avait longuement observé, longuement détaillé, elle l’avait détesté comme tous les autres. Il avait tenté de lui parler, la mère avait rétorqué qu’elle ne parlait pas aux adultes, que sa gamine « avait des troubles mentaux » sur quoi la gamine avait rétorqué immédiatement. Et puis, le gars est revenu plusieurs fois, la mère semblait l’avoir gardé pendant un moment pour jouer avec. Sauf que, putain, Ivy s’était attaché à lui. Maddy aussi.

Elle se souvient de ses premiers tours à moto pour se rendre à l’école. C’était vite devenu un moyen de liberté, de puissance et de folie pure. Elle avait directement aimé alors qu’il l’emmenait chaque matin et venait la rechercher chaque soir. Elle avait même fini par mettre les pieds dans un endroit que des enfants ne fréquentent pas en général, les gamines s’étaient retrouvés au milieu de mec comme le nouveau de leur mère. Elles ont été adoptées par la troupe, adoptée par un univers qu’elles ignoraient complètement … Il faut donc imaginer quel déchirement se fut pour les gamines lorsque Chip fut foutu à la porte par leur mère qui reprit son fonctionnement, reprenant la bière, l’alcool fort, les jeux, les paris, les histoires de fric que les filles ne comprenaient pas encore très bien. Mais jamais elles n’auraient pu couper les ponts avec lui, elles l’aimaient bien trop, remplaçant dans leur cœur le père qu’elles n’ont eu qu’un temps. Il était devenu la présence paternelle, il était devenu celui auquel les filles se soumettaient à l’ordre, s’il n’était pas tout le temps en prison.

Il avait fallu du temps à la danseuse, il lui avait fallu beaucoup de temps avant de comprendre le fonctionnement de ce père adoptif qui avait bien des raisons de faire partie d’un gang aussi dangereux. Ivy comprit son mode de vie au fil des années, voyant ce qu’il se passait en interne par moment. Elle ne faisait pas partie de ce groupe même si elle avait fini par aimer les côtoyer. Et si elle ne connaissait pas tout de leur monde, elle ne savait pas encore si c’était pas crainte de voir une partie révélée au monde ou tout simplement par protection de la jeune femme qu’elle était devenue. Tout ce qu’elle avait fini par comprendre c’est que c’était par choix qu’elle voyait Chip retourner en continu en prison, que c’était pour quelque chose qui lui échappait encore qu’elle le voyait se rendre derrière les barreaux sans rechigner, même avec le sourire parfois. Ca la rendait dingue. D’ailleurs, c’est de cette manière qu’il venait de rater l’année dingue qu’elle venait de passer. IL avait rater l’Italien un soir au cabaret où elle bossait depuis des années comme danseuse. Il avait raté le coup de trop que lui avait porté son patron, l’Italien était tout de suite intervenu, lui prenant la main pour l’entrainer vers un monde encore plus sombre que le gang de motard que fréquentait son père. Devenue escorte, une sorte de poule de luxe qu’on se paye pour afficher à ses côtés et dont on paie un « bonus » si elle vient à coucher … Vivre de cet argent, vivre de sortir avec des hommes riches et influents …

Appuyée contre le vieux Ford F150 dont la carrosserie légèrement rouillée prenait par moment la même teinte que ses cheveux, elle se surprit à sourire à l’idée de lui révéler la nouvelle vie de riche qu’elle peut mener. Mais sans lui expliquer les étapes où elle peut finir nue, et surtout que c’est le même Italien qui l’a sortie de la merde qui lui dit avec qui elle doit se mettre nue. Même si elle a tendance à ne plus être capable de raisonner en présence de Cesco … Non, elle ne pouvait décemment pas tout dire à Chip sans se prendre une bonne baffe. Et d’ailleurs, c’est lui qui allait s’en prendre une à l’instant même où il se pointerait dehors. Elle n’avait jamais aimé rendre visite même si elle le faisait encore bien de temps à autre. Les premières grilles finirent par bouger, la danseuse ne bougea pas d’un pouce tout en continuant son observer bras croisé, adossée contre la carrosserie. Pas de moto pour fêter le retour de son père pour un temps incertain, il allait se sentir enfermé encore un petit moment.
Ses yeux ne quittaient pas la silhouette qui s’avançait calmement vers elle, les lèvres pincées, le regard indéchiffrable, elle ne savait pas si elle devait être en colère ou folle de joie. Après autant de fois à venir le rechercher, elle avait cessé de s’enthousiasmer. Mais malgré la petite colère, lorsqu’il ouvrit les bras ses barrières s’effondrèrent. C’est avec un grand soupir qu’elle le prit dans ses bras. « T’es vraiment un crétin ! » Qu’elle ne put s’empêcher de sourire en se retrouvant contre lui. Peu importe qu’il soit son père adoptif ou non, c’était un con. « Un an et demi, un an et demi putain ! » Elle sent les larmes piquer tandis qu'elle murmure, mauvais plan. Elle finit par se redresser pour lui donner un coup dans l’épaule en fronçant les sourcils pour lui montrer qu’elle était tout de même un peu en colère. « Et je suppose que je ne peux toujours pas savoir ce que tu vas faire encore et encore là dedans ? » Qu’elle demande même si elle en connaît déjà la réponse.
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