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 Alors, on attend pas Patrick ? [Naïa]

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Héloïse Bennett
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Alors, on attend pas Patrick ? [Naïa]   Alors, on attend pas Patrick ? [Naïa] EmptyVen 7 Déc - 20:52

Le jour de la première est enfin arrivée et avec ça, la fin d’une attente insoutenable. Etant devenue la colocataire de Naïa, j’ai pu assister en direct live à un état de décomposition avancée et permanent chez mon amie qui n’a pas cessé de stresser un peu plus chaque jour. Et pour cause, c’était l’aboutissement d’un projet, le début d’un rêve et d’une carrière qui, je l’espère du fond du cœur, sera prometteuse. Elle a tant travaillé et je ne compte pas les heures où elle a bossé jusqu’à épuisement et jusqu’à s’endormir, tête la première, dans sa soupe. Mon amie a donc mérité que tout se passe bien. Et aujourd’hui est un grand jour. Les évènements ont fait que je me suis retrouvée à bosser pour la Comédie Musicale. Pas forcément un job gratifiant et bien  payé, mais tant que ça suffit à payer le loyer, je ne me plains pas. Et en bossant pour la compagnie, j’ai pu me plonger dans l’univers de Naïa, l’aider à combler ses peurs, à croire en elle et à se convaincre qu’elle allait tout déchirer. Et c’est le cas, ce soir sera l’apothéose pour elle : Naia va briller et je serais sa plus fervente admiratrice. On se connait si bien depuis que nous vivons ensemble. Notre amitié s’est embellie, s’est renforcée et nous avons su panser les maux de nos cœurs même si ce n’est pas évident. Parfois, la crise de larmes survient et le pot de Häägen-Das fait du bien au moral et au cœur. De ce fait, nous nous retrouvons comme deux idiotes à pleurer devant un épisode de Jane the Virgin, fort drôle. Et puis après, on se rappelle que nous sommes ensembles à vivre ici chaque jour. Et tout de suite, ça va mieux. On s’accroche. Il le faut.
Et ce soir, je suis fébrile mais je garde la tête froide. Tout d’abord, je bosse. C’est ce que nous avons fini par comprendre avec Naïa. A la base, j’avais eu les invitation s pour la première, pour Matthew et moi, mais vu les circonstances, tout est parti en fumée et ma grand-mère a bien apprécié de recevoir des places VIP. J’admirerais le spectacle et mon amie, mais du fond des coulisses. Il y a trop de choses à faire et surtout, Monsieur Goldstein m’a chargé de veiller sur Naïa. Il a vu que nous étions très proches – puis dans la compagnie, les nouvelles vont très vite, nous avons même été qualifiées de lesbiennes… - et que j’agissais comme un pansement sur ce petit bout de femme. Aussi, je me suis retrouvée à devoir veiller à ce qu’elle aille bien, qu’elle boive, qu’elle mange et fasse pipi convenablement. Même que Monsieur Goldstein m’a fait peur parce qu’il était, limite, flippant en me disant cela. Mais bon, je suis fière de cettte mission et je prends soin d’elle. Comme en cet instant où le reste de mes collègues me jettent des regards jaloux alors que je suis occupée à amener des sucreries à mon amie afin qu’elle mange. Monsieur Goldstein a exigé qu’elle mange du sucre rapide pour qu’elle soit en forme, toujours avec son regard effrayant. Je me dépêche de la retrouver dans sa loge alors qu’elle est en train de se faire coiffer et maquiller. Une vraie beauté. « Coucouuuuu ! » Je m’exclame en brandissant fièrement le sachet venant tout droit du Starbucks. « Le Big Boss veut que tu manges du sucre alors me voiciii !! Comment te sens-tu ? » Je viens me poster en face d’elle et fixe son visage rebondi… Et stressé. « Mon dieu, tu es tellement belle ! Tu es plus jolie que Nicole Kidman, je t’assure. » Je me mets à rire, la fixant avec émerveillement. « Dommage qu’il n’y ait pas Ewan Mc… » Mais je me tais, sentant mon ventre se tordre à l’évocation de ce nom banni de mon existence. « Enfin d’Ewan tout court. Ça aurait été géant. » Je m’installe sur un tabouret que je ramène en face d’elle et ouvre le sachet exhibant un chocolat viennois, une paille pour qu’elle boive dedans et n’abime pas ses dents et son rouge à lèvres. Et puis un muffin dont je coupe un petit morceau et le lui cale entre ses dents. « Mon dieu, tu te rends compte que dans vingt ans, je pourrais dire à mes enfants que j’ai nourri Naïa Argent le jour de sa première ?! Les gens me croiront jamais ! » Je pouffe de rire, en lui présentant le gobelet muni de sa paille pour qu’elle boive un peu. « Ce n’est pas trop chaud ? » Je demande avant de poser le tout et d’arracher un morceau de muffin que je lui présente. « Mon dieu !! Comme j’ai hâte de te voir sur scène ! Tu vas tout déchirer ! J’ai trop hâte et puis tu es si jolie. J’ai trop hâte de te voir dans tes costumes, pas vrai qu’elle est belle, hein ? » Que je demande à l’attention des filles se trouvant avec nous. J’ai suivi chaque répétition, je l’ai regardé évoluer avec fierté. Et dire que ça y est, nous y sommes. C’est fou !
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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: Alors, on attend pas Patrick ? [Naïa]   Alors, on attend pas Patrick ? [Naïa] EmptyJeu 27 Déc - 18:10

« Je ne vais jamais y arriver... je ne veux pas y aller. » La peur fourmille dans chaque fibre de mon être. Elle s'insinue douloureusement à même mes veines, s'y répand à une vitesse folle, gagne mon coeur qu'il maltraite par ses battements effrénés. Je ne respire plus très bien, chaque bouffée d'oxygène refusant d'emplir correctement mes poumons. Je suis en panique. « Naïa, ne fais pas l'enfant, sors de là ! » La voix de ma jumelle me revient de l'autre côté de la porte des toilettes. Pour ce jour très spécial de la première de la comédie musicale, Jahia a fait un sorte de revenir à Los Angeles afin d'y assister. Avec son travail, elle passe énormément de temps dans les airs, à voguer de pays en pays. Nous qui avons été si inséparables, cela n'est pas évident d'être séparées aussi longuement. Sûrement est-ce également pour cela que j'ai décidé d'emménager avec Héloïse pour découvrir quelque chose de nouveau. Une décision que je ne regrette pas à mesure que les semaines s'écoulent. Cette distance semble néanmoins s'accorder à mon nouveau rythme de vie. A l'arrivée de la première, la fréquence des répétitions est devenue plus soutenue, les entraînements plus durs. Moi qui pensais que cela ne pourrait pas être pire que le début, je me trompais lourdement. Certes, je suis bien plus endurante actuellement grâce aux entraînements de Goldstein, mais la fatigue et l'angoisse ne s'ajoutaient pas encore à mon rythme ininterrompu. Présentement, je crois bien que je pourrai m'écrouler sur place. A vrai dire, je suis étalée sur le sol des toilettes du conservatoire. Jahia est venue manger un bout avec moi entre deux de mes répétitions et pour soulager Héloïse de sa charge de surveillance. Non seulement, je suis incapable d'avaler le moindre aliment, mais je profite de mes rares cinq minutes de pause pour me plonger toute entière dans une crise d'angoisse. Je suis prête à éclater en sanglots, mais une boule de topeur m'en empêche. « Tu ne comprends pas, je vais tout gâcher ! Je vais oublier les paroles... mes pas de danse ! Mon texte ! Oh Jaja, je vais mourir ! Goldstein va me tuer ! » Entre les foudres de la critique et celles de Goldstein, j'ignore ce que je crains le plus. Sûrement celles de celui qui a tant misé sur moi. Je refuse de le décevoir, lui qui me donne enfin ma chance de briller et de sortir de l'anonymat. Lui qui me permet d'être une chanteuse reconnue et pouvant vivre de sa passion. Jahia gratte légèrement à la porte. Sa voix s'attendrit. « Nana, ne ne dis pas de bêtises. Cette pièce, tu la connais sur le bout des doigts. Il est évident que tu vas réussir au-delà de toutes espérances... » Je ne réponds rien. Je ne songe même pas à protester cette fois-là. Les arguments font leur chemin de mon esprit, mais cela n'éclipse pas tout à fait mes craintes. Jahia revient à la charge. « Naïa, c'est ton rêve qui va se réaliser, ce soir. Ton rêve de petite fille. » Oui, c'est mon rêve...

***

Je m'observe brièvement dans le reflet de la glace. Ce soir, maquilleurs et coiffeurs sont scrupuleusement appliqués à la réalisation de mon apparence de Satine. Bientôt, il me faudra enfiler mon costume, ajouter les accessoires, puis monter sur scène pour la première fois face à un public. Mon ventre se tord de peur et d'excitation à la fois. Je suis dans tous mes états, mais je conserve un visage stoïque. Un visage de star qui connaît son métier, affichant un calme que je ne détiens pas. Soudain, Héloïse débarque devant moi. « Hilouiiiz ! » Sa main agite un sachet Starbucks sous mon nez. Si l'odeur alléchante qui s'en dégage me donne envie de me jeter dessus, je secoue la tête. « Tu es folle ! Surout pas ! Je vais prendre quinze kilo avec ça et plus jamais je ne vais rentrer dans mon costume ! » dis-je, horrifiée. Mais voilà qu'elle brandit l'argument Goldstein. Ceci est sa demande. Si je grimace, je n'ose plus protester. Mes entrailles protestent de faim et je sens que mes forces réclament un peu de sucre. Ma colocataire se poste devant moi et s'extasie de mon apparence de ce soir. « Oui, c'est dingue ce que du maquillage peut faire ! » Je perds mon sourire quand je la sens hésiter à citer McGregor. Certes, il s'agit d'Ewan mais dans sa tête, je vois le prénom de Matthew qui s'illumine. Ça me fait de la peine... « Rho là là, je crois bien que je serai morte d'une cardiaque ! En plus, s'il avait fallu l'embrasser... Oh mon dieu ! » Mon coeur fait une embardée folle. Ouhla non, ce n'est pas le moment. Mon Christian est bien différent ! Tandis que le staff poursuit son travail, Héloïse s'assoit en face de moi et commence à me nourrir, à me faire boire. C'est tout un exercice pour s'accorder correctement entre nous. « Attends, j'espère bien que dans vingt ans, je serai tata Naïa ! » Hors de question que nous nous perdions de vue ! Certes, c'était souvent illusoire de penser que nous allons rester proche de toutes les personnes qu'on côtoie à cours de notre vie. Sauf qu'avec Héloïse, c'est différent. Je sais que ce sera à jamais fusionnel et fort entre nous. « Non, c'est parfait ! Tu es la meilleure assistante du monde ! » Il faut dire qu'elle se démène. Je sais que ce n'est pas son métier de prédilection. Elle, elle excelle en édition. Toutefois, en dépit des coups durs de la vie, elle s'illustre une fois encore par sa pugnacité et sa motivation. Elle m'impressionne vraiment.

Suite à la question d'Héloïse, je reçois un florilège de compliments qui me font rougir affreusement. Et en plus de me rendre écarlate, je me retrouve à ressentir une nouvelle poigne d'angoisse. Une poigne aussi puissante que celle de tout à l'heure. « Excusez-moi, est-ce que je pourrai être seule un instant avec Héloïse ? » je demande d'une voix sûrement trop aigue. Suite à des regards étranges que je ne cerne pas, elles sortent de ma loge. Je me redresse brusquement. « Hilouiz, aide-moi ! » Je me dirige vers mon sac de sport où se trouvent mes affaires. J'entreprends de retirer mon peignoir pour remettre mes vêtements. « Il faut que je sorte d'ici. Je ne vais pas y arriver. Aide-moi à m'enfuir. » Je me détourne vers ma colocataire, venant ensuite la prendre par les épaules, paniquée. « Tu m'aideras à changer d'identité ? A trouver un autre pays ? Tu ne m'oublieras pas, hein ?! Tu m'aimeras quand même si je m'enfuis très loin ? Tu n'as qu'à venir avec moi ! On trouvera des hommes gentils ! » J'en viens à avoir les larmes aux yeux. « Hilouiz, je ne vais changer y arriver. Je ne sais pas pourquoi je me suis embarquée là-dedans. Je ne peux pas incarner Satine... »
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: Alors, on attend pas Patrick ? [Naïa]   Alors, on attend pas Patrick ? [Naïa] EmptyVen 11 Jan - 21:28

C’est étrange la faculté que l’humain possède quand il s’agit de se faire du mal. Rien qu’un nom et je sens déjà mon estomac se contracter et les yeux, me piquer désagréablement. L’aura de Matthew m’entoure toujours. Et même si je fais bonne figure, ce n’est pas évident. Fort heureusement, je suis dotée de la meilleure des colocs et de la plus formidable des amies : Naïa me fait rire en s’imaginant devoir embrasser Ewan M. (oui, je préfère l’appeler ainsi) et me fait chasser Matthew de mon esprit. « Mon dieu, je crois qu’à ta place, je tomberais dans les pommes ! Imagine plus tard, vous pourriez participer dans un film qui serait une comédie muscicale. » Ce serait tellement magnifique que de voir cette jolie Naïa au côté d’un acteur/chanteur que nous adorons plus que tout. Même si elle n’en est pas encore là : je ne lui souhaite que le meilleure, fort occupée à la nourrir de sucre comme l’a exigé Monsieur Goldstein. Je lui donne à manger en prenant garde à ne pas détruire le travail des maquilleuses et m’extasiant sur sa beauté. Elle est tout simplement magnifique. Et elle a toujours des mots adorables, me faisant rire. « Il faut déjà trouver le père, ce n’est pas gagné. Peut-être que ce sera un bel acteur que tu m’auras fait connaître. Qui sait ? » Je pouffe de rire, ajoutant avec amusement. « Je pose une option sur Eddie Redmayne. » Et je laisse Ewan pour Naïa, au moins, chacun aura le sien. Notre conversation a le mérite de calmer les angoisses de mon amie, ne manquant pas d’éloges pour mon travail. « Mais c’est normale voyons de prendre soin de toi… Ce soir, c’est le plus beau des changements qui arrive ! » et la comédie musicale se joue à guichets fermés. Aussi, je ne manque pas de m’extasier et les filles s’occupant d’elle, aussi. Cependant, la réaction de Naïa finit par se révéler complètement différente.

Sans crier gare, elle demande aux filles de sortir de la pièce alors que je l’observe d’un œil interrogateur, ne sachant pas très bien ce qu’il y a. Peut-être a-t-elle un secret à me révéler, qu’elle a une histoire d’amour avec Ewan M. Que sais-je ? Hélas, ce n’est rien de tout cela et aussi que la porte se ferme, j’assiste à une Naïa en pleine crise de panique, prenant son sac de sport et entreprenant de s’habiller avec ses vêtements de ville, par-dessus son joli costume. Je l’observe avec ébahissement, l’écouter me proposer de fuir avec elle, de changer d’identité, comme si nous étions dans un film de Woody Allen et que ce genre de choses était possible. « Naïa. » Je dis simplement, venant prendre ses mains et la regardant avec sérieux. « Tout va bien se passer, ok ? » Mes mains se posent sur ses épaules afin qu’elle sache qu’elle n’est pas seule, qu’elle est entourée. « Tu ne dois pas paniquer, tu connais ton texte par cœur, t’as bosser toutes tes chansons, tu vas gérer, tu vas briller et tu vas devenir hyper célèbre. » Mon bras vient s’enrouler autour de ses épaules et doucement, je la fais s’asseoir sur sa chaise griffée à son prénom, comme les acteurs quoi… Et doucement,  je m’accroupis devant elle, venant prendre ses mains dans les miennes. « Alors, non, je t’interdis de t’en aller. Je ne compte pas m’enfuir avec toi. Parce que tu vas aller sur scène, Naïa. Et tu vas déchirer ! Tu vas être adulée et le public sera subjugué par ta voix, ta force de caractère. Alors, non, tu n’abandonnes pas maintenant. De toute façon, même si tu changeais d’identité, j’en suis certaine que Monsieur Goldstein te trouverait, en plein Honduras sauvage, et qu’il te tuerait quand même. Alors au nom de l’amour d’Ewan, d’Eddie et des niffleurs en pagaille, tu vas y aller et tu vas tout déchirer. » Je prends un morceau de muffin que je lui fourre dans sa bouche et lui fais passer à coup de boisson sucrée. « ça va aller ma Naïa. Je te le promets. Et si tu te ridiculises, alors là, j’accepterais de changer d’identité avec toi et de fuir. » Un sourire s’étire sur mes lèvres. « Mais avant ça, montre au public que Naïa Argent est un être fantastique qui mérite le succès. »
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MessageSujet: Re: Alors, on attend pas Patrick ? [Naïa]   Alors, on attend pas Patrick ? [Naïa] EmptyMer 10 Avr - 22:00

Je n’y arriverai pas. C’est un fait. C’est évident. Comment est-ce que je vais pouvoir faire face à cette marée de spectateurs ? Comment ai-je pu croire une seule seconde que je pourrai incarner une Satine décente et me hisser à la hauteur de Nicole Kidman ? Quelle idiote ! Quelle prétentieuse ! Et brutalement, Gabriel Goldstein n’est plus cet artiste providentiel qui m’a donné ma chance et qui m’a permis d’être meilleure encore, mais il se transforme en imbécile totalement dément, inconscient de l’opprobre que je vais jeter sur sa réputation et sur sa comédie musicale. Qu’est-ce qui a bien pu lui passer par la tête pour s’imaginer que je pourrai incarner une Satine convenable ? Que je pourrai être saluée par la critique ? Que je parviendrai à réinventer le rôle et que je possède le talent nécessaire pour mener à bien ce spectacle ? Après tout, ne m’avait-il pas annoncé la première fois que ma voix n’était que « potable » ? Soudain, le mot se duplique à l’infinie dans mon esprit. Et j’imagine ce violent « potable » se placarder en gros sur toutes les critiques qui vont sortir, les commentaires qu’on va faire de moi, sur ma voiture, la porte de mon appartement, sur ma tête et hurlé par tous les gens qui vont me pointer du doigt en ricanant. Une bouffée d’angoisse atroce monte en moi et me dévore comme une vague immense sur une mer déchaînée. Je chasse tout le monde ma loge, ne conservant qu’Héloïse à mes côtés. Après tout, il n’y a qu’elle pour m’aider concrètement dans ce que je m’apprête à faire. Face à la catastrophe terrible qui risque d’arriver si j’ose monter sur scène, je ne vois qu’une unique solution : je dois quitter cet endroit au plus vite. J’entreprends de quitter mon costume pour reprendre ma tenue de ville. Puis je récupère mes sacs, j’y fourre des affaires dans la précipitation. Dans mes esprits embrumés, je songe déjà à la meilleure manière de m’échapper de ce chaos. Il faut que je change de pays. Au mieux, de continent. Afin que Goldstein ne me retrouve jamais et qu’il ne puisse pas m’éviscérer pour s’en faire une corde à sauter, je me dois de changer d’identité. Dans ce plan qui s’échafaude dans l’urgence, il me paraît évident qu’Héloïse va me suivre dans mon périple. Après tout, et bien malheureusement, désormais qu’elle n’est plus avec Matthew McGregor, plus rien ne la retient ici. Même pas sa carrière qu’elle a décidé de lâcher pour quelque temps. Pour l’heure, elle est une des nombreuses esclaves de cette comédie musicale, et je ne doute pas qu’elle n’aura pas le cœur brisé si elle vient à le quitter maintenant.

Je suis perdue dans ma brume de déraison quand la voix d’Héloïse me ramène un peu vers la surface. Elle prononce mon prénom, calmement, doucement. Elle me prend les mains, m’ancre un peu plus dans la réalité, plonge ses yeux clairs dans les miens. Elle me dit que tout va bien se passer. « Ah bon ? » je demande d’une petite voix, presque incrédule face à cette assurance déroutante qui est la sienne. Ma colocataire me rappelle ensuite qu’il n’y a aucune raison que les choses déroulent mal. Je connais mon texte, j’ai répété cette pièce tant de fois que je pourrai la diriger à la place de Goldstein. Néanmoins, je ne peux pas empêcher la bête féroce de l’angoisse de me dévorer entièrement, plongeant ses crocs acérés dans chaque pore de ma peau. Je secoue la tête, les lèvres tremblantes de peur. « Non, je ne vais pas y arriver. J’ai trop peur, Héloïse. C’est terrifiant ! Je n’ai jamais fait ça… » Je me suis déjà produite sur scène. Mais ce n’était pas aussi important, la salle n’était pas aussi grande, le show n’était pas en attente d’une critique si incisive et exigeante, le producteur n’était pas le célèbre Gabriel Goldstein. Alors elle finit par me faire asseoir sur ma chaise, serre mes mains dans les siennes. Une moue déçue ondule sur mon visage quand elle m’annonce qu’elle ne me suivra pas dans mon périple de fuite. Mais la suite demeure plus encourageante. Elle croit en moi. Vraiment. Je le vois dans ses prunelles, je l’entends dans sa voix, je me comprends dans ses paroles et la détermination qu’elle impulse dans chacun de ses mots. Je sens mes yeux se mouiller de larmes, émue par le discours de cette amie si précieuse qui est la mienne, de ma colocataire parfaite. Puis je rigole soudain quand elle affirme que Goldstein me trouvera quoi qu’il advienne et qu’il me tuera. Cela, je n’en ai pas le moindre doute et ça me fait presque frissonner. Telle une enfant, je me laisse faire quand elle enfourne un muffin dans ma bouche et qu’elle me fait boire à la paille. Je crois que le jeun forcé m’a aussi un peu fatiguée et que je débloque totalement. Et finalement, quand Héloïse en vient à la conclusion, je ne peux pas retenir mon élan d’amour envers elle. Je me jette dans ses bras. Sauf que je me précipite de ma chaise et qu’elle n’est qu’accroupie. Alors nous culbutons toutes les deux vers l’arrière, mais je ne la lâche pas. Je me serre toujours plus contre elle. « Oh, Hilouiz, qu’est-ce que je ferai sans toi ?! » La question est purement rhétorique. Evidemment, je ne pourrai rien faire ! « T’es la meilleure amie, la meilleure colocataire, la meilleure assistante, la meilleure future témoin de mariage, la meilleure future marraine de mes enfants du monde !! » Je ne me redresse que très légèrement pour déposer plein de baisers bruyants sur ses deux joues, sur son front, tout le tour de son visage avec affection. Et heureusement que j’ai un maquillage de professionnel, sinon, je l’aurai repeinte totalement de rouge. Je me redresse ensuite complètement, tentant de l’emporter dans mon élan. Tant bien que mal, nous finissons par nous redresser intégralement. Un souffle nouveau de détermination, de passion et de fougue s’est glissé en moi. « Tu vas voir, je vais être une Satine qui va déchirer ! Je vais leur faire mordre la poussière à tous ces critiques ! Et je vais être tellement bonne que même Goldstein va en bouffer son piano ! » Oui, après tout, pourquoi ne pourrai-je pas être aussi talentueuse que la merveilleuse Kidman ? Pourquoi ne pourrai-je pas être une Satine plus convaincante encore ? Je me tourne vers le miroir. Je m’observe longuement, comme me regardant pour la première fois. Avec la coiffure, le maquillage, la tenue… je dois admettre que je me trouve plus belle que je ne l’ai jamais été. Et pourtant, je n’ai jamais eu beaucoup de prétention de ce côté-là, tout en sachant que je n’étais pas non plus désagréable à regarder. Mais là, ça a une saveur différente. Alors je m’arrange un peu puis je retourne prendre Héloïse dans mes bras. « Toi, ne me quitte jamais. J’aurai toujours besoin de toi. » Mes mains viennent prendre les siennes. C’est à mon tour d’ancrer mon regard dans le sien. « Pour la vie. » Brusquement, on frappe à ma porte. Ça va bientôt commencer. Bien que je n’apparaisse pas au début, je me dois d’être dans les coulisses aux côtés des autres artistes, auprès de Goldstein, à soutenir ceux qui sont sur scène. « C’est le moment ! » Et nous nous embarquons toutes les deux vers les coulisses.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: Alors, on attend pas Patrick ? [Naïa]   Alors, on attend pas Patrick ? [Naïa] EmptySam 18 Mai - 7:50

Je peux comprendre l'état de stress de Naïa. A sa place, je serais dans le même état. Il faut dire que ce soir, c'est la grande première, l'aboutissement d'un long travail, d'un entraînement assidu auquel elle s'est adonnée en serrant les dents, en s'écroulant de fatigue. Et je ne peux qu'être fière d'elle, de ce qu'elle va faire, vivre. Les gens vont être sublimés, ils vont rêver face à ce qu'elle va leur présenter. Son talent, sa façon d'être. Et je suis tellement convaincue qu'elle va y arriver. D'une certaine façon, avec ma colocataire, nous nous ressemblons sur beaucoup de choses. Nous possédons en nous des forces insoupçonnées, qui nous permettent de nous surpasser, de donner le meilleur de nous-même.
Aussi, je choisis avec soin, les mots dont elle a besoin d'entendre. Je veux qu'elle ait la niaque, qu'elle comprenne qu'elle est immensément douée, qu'elle est la meilleure. Il faut que Naïa ne se dégonfle pas ce soir, déjà, parce qu'elle mettrait fin à son rêve, et surtout, parce que le big boss serait capable de me tuer si je manquais à ma mission. Alors, je tente le tout pour le tout, je la booster, la gave de sucre. Et puis m'extasie parce qu'elle est vraiment sublilme. Les maquilleuses ont fait un travail parfait. Naïa pourrait être presque méconnaissable, pourtant, moi je la reconnaîtrais d'entre mille, parce que nous nous sommes beaucoup rapprochées depuis que nous vivons ensemble, que Naïa est une amie ô combien précieuse, en qui je tiens plus que tout au monde.
Et la sincérité de mes mots me fait vibrer tant je veux qu'elle réussisse, alors que ses mains sont dans les miennes, que je les serre avec toute la tendresse dont je suis capable, la fixant avec adoration et ferveur. Naïa va réussir, j'en suis convaincue.
Ceci dit, je ne m'attends pas du tout à partir en arrière quand Naïa se jette sur moi et me serra à m'en couper le souffle, parsemant mon visage de baisers déclenchant mes rires, alors qu'elle ne cesse de me faire des compliments. " Rhooo voyons, je ne fais que mon devoir d'amie ! Je sais que tu en ferais de même pour moi... " Comme elle l'a fait quand il a fallu me ramasser à la petite cuillère.
En tout cas, mes paroles ont eu l'effet que je voulais : Naïa est plus motivée que jamais, prête à subjuguer son public, même qu'elle a une confiance qui me font éclater de rire, surtout quand elle évoque le piano et ce que pourra faire Goldstein, sauf que... " On verra pour manger le piano. En attendant, bouffez le coeur du public. " répond Goldtein, en tenue chic, qui est entrée dans la loge sans que nous nous en aperçevions. D'autant plus que nous nous trouvons dans une position assez équivoque. " Et quand ce sera fini, vous pourrez batifoler en paix. En attendant, bonne chance Naïa Argent. " Et il s'en va comme un seigneur, suivie de sa petite Mélodie qui nous salue de la main avec un grand sourire.
Je pivote pour faire face à Naïa qui me prend dans ses bras, me demandant de ne jamais la quitter. " C'est promis ! " Mon sourire est grand, et je prends sa main quand vient l'heure de quitter la loge.
Les artistes se retrouvent tous ensemble et je me tiens en retrait, pendant que Monsieur Goldstein leur prodigue les derniers conseils avant de monter sur scène.
Et puis, brusquement, tout se lance, Damien fonce sur scène afin de se mettre en place. Dans les coulisses, je vois le rideau rouge prêt à se lever pendant que la musique se met en place, que j'aide Naïa à mettre son oreillette, on se tient la main pendant la durée de la prestation des autres acteurs. Jusqu'à ce qu'on invite Naïa à se mettre sur la scène, moment où Satine fait son apparition, prête à charmer le monde entier, à conquérir son public, et à atteindre ses rêves.
C'est tout ce que je lui souhaite pendant que je la regarde à travers les coulisses, les mains croisées. On m'exempte de transporter quoi que ce soit, Monsieur Goldstein ayant demandé à ce que je m'occupe uniquement de ma colocataire. Ce soir, elle va tout déchirer.
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